Alerte ! Les anciens de l’OAS relèvent la tête
jeudi 14 septembre 2006

Alerte ! Les anciens de l’OAS relèvent la tête

Le 20 juin dernier, nous prenions connaissance du contenu du site Internet de l’Association défense intérêts moraux anciens détenus (ADIMAD), qui se qualifie elle-même de « vitrine de l’Algérie française ». Pour l’essentiel, il s’agit en fait d’une association d’anciens membres de l’OAS.

Après la cérémonie d’hommage aux criminels de l’OAS à Perpignan, le 7 juin dernier, l’ADIMAD annonçait un nouvel hommage à Roger Degueldre sur sa tombe le let juillet et une autre cérémonie organisée le 5 juillet au cimetière de Hyères.

Mais l’ADIMAD ne s’en tenait pas à ces seules cérémonies, elle appelait à un ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe de Paris, à l’initiative de l’Association des anciens du lycée La Morissière à Oran (ALLO), ce même 5 juillet 2006. Pourquoi celle-ci ne s’est-elle pas clairement distanciée du soutien des nostalgiques de l’Algérie française ?

Ainsi que notre association l’a précisé par lettre au Président de la République et au Premier ministre, il est inadmissible pour elle que cette organisation, dont 600 membres sur 750 ont été condamnés pour leurs participations aux actions de l’OAS et qui s’affirme à la fois « apolitique et en lutte de toutes ses forces contre les gaullistes, les communistes, les porteurs de valises, les gens de sac et de corde » ne soit pas interdite de manifestation.

C’est pourquoi nous avons tenu à préciser au Chef de l’État et à son Premier ministre que notre association entend voir la loi s’appliquer avec la plus grande rigueur à son encontre.

Et en conséquence, nous avons demandé l’interdiction de toutes les cérémonies d’hommage aux criminels de l’OAS dont elle a pris ou prendra l’initiative.

Nous avons par ailleurs écrit au ministre délégué aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre, au ministre de la Défense, au ministre de l’Intérieur et au ministre de l’Éducation nationale pour leur exposer cet état de fait et solliciter leur appui auprès du Président de la République et du Premier ministre.

Notre protestation, jointe à de nombreuses autres, a conduit à ce que la manifestation du 5 juillet à l’Arc de Triomphe soit interdite par le préfet de police de Paris. Nous en prenons acte et nous nous félicitons que l’action conjointe des forces antifascistes ait contraint les pouvoirs publics à réagir in extremis de façon positive, en interdisant que soit souillé et profané le tombeau du Soldat inconnu par une gerbe marquée OAS, comme ce fut le cas à Versailles, le ter juillet dernier.

Il est évident que nous suivons l’évolution de ces événements avec la plus grande attention et c’est pourquoi nous avons appelé et continuerons d’appeler à la vigilance les responsables de notre ARAC à tous les niveaux, afin que les réactions qui s’avèrent et s’avéreront nécessaires soient rapidement mises en oeuvre.

Et c’est à la demande de nos camarades de l’ARAC que la commission civisme et mémoire de l’UFAC a examiné les écrits d’ADIMAD et décidé à l’unanimité de demander au président de l’UFAC d’intervenir auprès du ministre des Anciens Combattants et du général présidant le Comité de la Flamme, ce qu’il a fait avec diligence.

Ces événements ne peuvent donc être considérés comme des affaires courantes. L’alerte doit être largement diffusée.

Paul MARKIDES.