Communiqué du 10 février 2001 sur la torture en Algérie
dimanche 12 février 2006

Communiqué de l ‘Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de la Marne

L’Association Républicaine des Anciens Combattants et victimes de Guerre de la Marne, réunie en bureau restreint le 10 février 2001, constate la polémique qui s’élève autour de la pratique de la torture durant la guerre d’Algérie.

Elle rappelle que les exactions commises par l’armée française sont incontestables et ne doivent donc faire l’objet d’aucun travail de mémoire ni de recherche de la vérité. Le nombre avoué des victimes en témoigne.

Les dirigeants politiques, militaires ou médiatiques de l’époque ont failli à leur devoir en les ordonnant et les dissimulant ou en n’étant pas suffisamment déterminés à les faire cesser. Le devoir de la République est de les punir et non de leur donner le droit à la repentance.

Il existe une généralisation outrancière à l’égard de tous les participants à cette période sombre de notre histoire. L’immense majorité des deux millions de Français mobilisés, prise dans des situations dramatiques et confrontée aux atrocités de la guerre, n’a pourtant jamais eu recours à ces actions extrêmes. Il ne peut, non plus, être reproché au Soldat de la République d’avoir refusé l’insoumission quelquefois présentée, maintenant, comme seule attitude courageuse.

Les appelés du contingent qui revenaient dans leurs familles n’ont été ni écoutés ni soutenus. Ils retrouvaient un pays désinformé où leur réintégration obligeait au silence. Ils ont supporté toute leur vie une pesante solitude dans le souvenir. Ils ne sauraient se suffire, quarante ans après, d’un quelconque geste symbolique ; ils méritaient réparation, ils reçoivent accusation.

Ils refusent, également, d’être séparés des Harkis, leurs compatriotes, qui ont été offensés, quelquefois livrés à la vengeance de l’adversaire d’alors ; les survivants et les descendants sont toujours dédaignés par le pouvoir et abandonnés à la suspicion publique. Réduire la dette à « une journée d’hommage national » serait ajouter l’insolence au dédain.

Les Anciens Combattants dénoncent toute forme d’atteinte à la personne et à la dignité humaines. Ils dénoncent l’hypocrisie des politiciens qui ont laissé faire la torture et les massacres en Algérie et utilisent maintenant la faim et la destruction aveugle comme méthodes d’intimidation et de punition des peuples.

Les Anciens Combattants de l’ARAC, conscients et fiers de la valeur que leur donne leurs passés, réaffirment leur engagement républicain pour le devoir de mémoire, pour la paix et la fraternité.

(ARAC Maison des Sociétés 122 bis rue du Barbatre 51100 Reims)