Appel de l’ARAC pour la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie le 19 mars 2009.
vendredi 27 février 2009
Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, des Combattants pour l’Amitié, la Solidarité, la Mémoire, l’Antifascisme et la Paix
Membre de la Commission permanente française pour une Culture de Paix de l’UNESCO

Pour le 19 mars, commémoration de la fin de la guerre d’Algérie

APPEL de L’ARAC

Ce 19 mars 2009 marque le 47e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, et des combats en Tunisie et au Maroc suite aux Accords d’Evian signés le 18 mars 1962 entre les représentants du gouvernement français et ceux du gouvernement provisoire de la République algérienne. Huit ans de drames, de souffrances, de morts par centaines de milliers du côté algérien, par dizaines de milliers parmi les jeunes soldats français du contingent. L’ARAC tient d’abord à s’incliner devant toutes les victimes civiles ou militaires.

Ce 19 mars 1962 aurait dû marquer la fin du colonialisme français en Algérie et ouvrir une ère de paix entre la France et l’Algérie à travers des coopérations entre les deux nations et les deux peuples. Hélas, ce ne fut pas le cas ! La folie sanguinaire des officiers généraux félons créateurs de la criminelle « Organisation Armée secrète » ont conduit à un bain de sang raciste en Algérie et même sur le sol de France, où ils perpétuèrent de nombreux attentats tant individuels (assassinats de personnes) qui collectifs pour des poses de bombes terroristes.

Le gouvernement de l’époque, porte une lourde responsabilité quant aux répressions de manifestations populaires et pacifistes — notamment celle du 17 octobre 1961 à Paris contre les Algériens réclamant la levée du couvre-feu, puis du 8 février 1962 contre les attentats OAS et pour la paix en Algérie — répression qui fit une dizaine de morts et des centaines de blessés.

Le gouvernement et l’Etat-major des Armées, en décidant d’abandonner à leur sort les supplétifs et harkis algériens ayant lutté au côté de l’Armée française, portent également une très lourde responsabilité tant étaient évidents le sort funeste qui les attendaient avec les leurs s’ils restaient en Algérie.

Le 19 mars de chaque année doit rappeler ces terribles réalités et l’ARAC incline ses drapeaux à la mémoire de tous les militaires français tombés durant cette guerre, à la mémoire des européens et des musulmans victimes de l’OAS, à la mémoire de tous les harkis victimes de cette guerre pour eux fratricides.

L’ARAC exprime à nouveau sa solidarité à toutes les familles endeuillées tant françaises qu’algériennes, de même qu’aux rapatriés déracinés par cette terrible tourmente.

Aujourd’hui, près de 50 ans après la fin de cette guerre — et alors qu’il n’avait fallu que 5 ans (en 1950) pour que soient renouées des relations entre la France et l’Allemagne après la 2e guerre mondiale — il est plus que temps de renouer des relations amicales entre les deux peuples et entre les deux nations.

Cela suppose que — en toute transparence, lucidité et responsabilité — toute la lumière soit faite quant à cette guerre, ses origines, ses méfaits, la torture et ses crimes des deux côtés, ses conséquences et le présent des deux peuples. Il est indispensable que la mémoire en soit clarifiée et partagée, enrichie mutuellement sur les deux bords de la Méditerranée.

Pour nous, en France, cela exige qu’au plan de l’histoire la vérité historique s’impose par la reconnaissance officielle de la date du 19 mars en tant que commémoration nationale de la fin de la guerre, de la victoire de la paix.

Ce qui suppose l’abrogation de la loi du 23 février 2005 qui veut imposer une autre date et s’appuie sur une démarche de réhabilitation du colonialisme et des criminels de l’ex OAS.

Cela suppose également que soit refusée l’érection de toute stèle glorifiant les tueurs de l’ex-OAS condamnés et fusillés par la justice républicaine, et que soient démantelées toutes celles qui ont été injustement tolérées.

La commémoration du 19 mars 1962 répond aux vérités de l’histoire, en même temps qu’elle permet de rappeler que le ventre est encore fécond d’où peut sortir l’immonde bête du racisme.

La commémoration du 19 mars 1962 est aussi l’occasion de rappeler qu’il faut bannir les guerres du vécu des peuples, qu’aujourd’hui encore dans le monde, par le feu, les bombes et les obus, la bête sauvage fait encore des ravages, que la faim, la misère, le chômage, les épidémies sont autant d’armes frappant injustement des peuples et qu’il fait en permanence agir pour bloquer le bras de l’agresseur, le désarmer et travailler à un monde de paix, d’unité, de solidarité et de coopération entre tous les peuples.

Voilà la signification que donne l’ARAC à la commémoration du 19 mars 1962, voilà pourquoi elle appelle toutes celles et tous ceux Anciens Combattants, Victimes de Guerre, jeunes et anciens non combattants — qui se retrouvent dans ses orientations à la rejoindre pour agir avec elle au service des hommes et de la paix.

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