Seniors au volant : signalements au tournant
samedi 27 décembre 2008

Aticle publié dans le journal l’Union du 27 décembre 2008


CHALONS : Seniors au volant : signalements au tournant
 
« Il n’y a pas d’âge pour bien conduire », tel est le nom d’une campagne menée par l’Office des seniors.
  •  Agrandir la photo
  • Un système de signalement des conducteurs inaptes, dans lequel les médecins auraient un rôle capital, est en cours de réflexion au Conseil national de l’ordre. Qu’en pense l’Office des seniors ?

    VIEILLIR ou conduire : il faut choisir. Le permis de conduire à vie est-il en passe de… trépasser ? La question se pose de manière légitime aujourd’hui car l’Ordre national des médecins réfléchit à une procédure visant à faire remonter les infos au sujet de patients dangereux au volant. Quelle « tête » prendra cette procédure et à partir de quand ? Pas de réponse précise pour l’heure. « Nous n’en sommes qu’au stade du projet, la réflexion n’est pas aboutie. D’ailleurs cette thématique n’est pas nouvelle. Notre porte-parole pourra vous en dire davantage en début d’année », glisse-t-on au Conseil national de l’ordre des médecins.

    Circulez…

    Vue déficiente, traitement médical non compatible avec le volant, invalidité ou encore Alzheimer, de nombreuses personnes (dont une majorité de seniors) sont inaptes à la conduite en raison de leur état de santé et de diverses pathologies. Si le secret médical oblige les médecins à garder le silence, l’idée serait de faire remplir un questionnaire de santé aux patients qui l’enverraient à leur toubib. Le document transiterait ensuite vers une commission de médecins en préfecture qui jugerait de l’aptitude ou non à la conduite du sujet. Hypothèses de travail. Déjà en 1999, au Sénat, les parlementaires avaient phosphoré sur « le contrôle de l’aptitude physique et mentale des conducteurs de véhicules automobiles ». Mais sans suites concrètes.

    Le médecin en conseil

    Gilles Debar, directeur de l’Office des seniors de Châlons, estime que la conduite est un élément précieux dans l’autonomie de nos anciens. Pour autant : « Réussir à prendre conscience de sa situation quand elle est critique et prendre soi-même la décision de ne plus conduire : c’est faire preuve de sagesse, mais ce n’est pas donné à tous ! » poursuit M. Debar pour qui il est intéressant que le médecin soit l’interlocuteur privilégié dans ce cas de figure. « Car certains anciens refusent les alertes familiales ou les conseils de leurs enfants quand il s’agit d’abandonner leur auto. » Même position pour Gilbert Dubois, président de l’office : « Si un conducteur est dangereux, il n’est pas choquant qu’une procédure soit engagée notamment par le médecin de famille. Vaut-il mieux renoncer à la conduite avant ou après un accident ? » Avant ou après une autoroute prise à contresens, avant ou après ne pas avoir su négocier un virage, reconnu une cabine de péage…

    Se méfier de la généralisation

    « Dans nos connaissances à l’Office, un homme venait de s’acheter une berline toute neuve. Il a de lui-même décidé de ne plus conduire quelques mois plus tard, c’est une démarche citoyenne », poursuit le président Dubois, dont la structure a mis sur pied une campagne intitulée « Il n’y a pas d’âge pour bien conduire ». L’animateur Jean Berthelot accueille assez souvent des candidats âgés repassant le Code de la route, se familiarisant avec les nouveaux panneaux, aménagements et ronds-points.

    Attention enfin de ne pas classer les générations dans des tiroirs. « Avec leur sagesse, les seniors se méfient de toute généralisation. Ce n’est pas parce que l’on est âgé qu’on conduit mal. Tous les conducteurs arborant un « A » adhésif à l’arrière de leur auto ne sont pas des fous du volant. Ne jetons pas l’opprobre sur des classes d’âge », finit Gilles Debar.

    David Zanga

    Seniors et conduite : les exemples d’ailleurs

    Dans de nombreux pays, les gouvernements se préoccupent de la santé des conducteurs. La France étudie actuellement la possibilité de contrôler l’aptitude des citoyens à se servir d’une voiture. Chez nous, comme en Allemagne ou en Belgique, le permis est obtenu à vie hormis décision judiciaire pour infraction au code de la route. Chez nos voisins, des examens médicaux sont imposés aux personnes âgées.

    En Espagne, le permis B est reconduit tous les 10 ans jusqu’à 45 ans, tous les 5 ans jusqu’à 70 ans, et tous les 2 ans au delà. En Suisse et en Grande-Bretagne, les conducteurs de plus de 70 ans sont soumis à un examen médical régulier. En Finlande, le permis est renouvelé après examen oculaire à 45 ans, un examen médical a lieu à 60 et 70 ans puis tous les 5 ans. Au Danemark, un examen médical a lieu à 70 ans…