Agent orange : une décision erronée et inéquitable - 25/02/2008
jeudi 6 mars 2008

Source : Le Courrier du Vietnam

"Le peuple vietnamien est vivement indigné de la décision infondée et inique rendue le 22 février par la Cour d’appel fédérale de New York", a déclaré le porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Lê Dung.


Questionné, lors d’un point de presse tenu samedi à Hanoi, sur la réaction du Vietnam face à cette décision rejetant l’action des victimes vietnamiennes de l’agent orange/dioxine contre les fabricants américains de produits chimiques utilisés pendant la guerre au Vietnam, le diplomate vietnamien a poursuivi que cet arrêt "nie une réalité", celle que l’agent orange utilisé par l’armée américaine a eu des "conséquences gravissimes" sur la santé d’êtres humains comme sur l’environnement du Vietnam, ce que de nombreuses recherches effectuées par des scientifiques étrangers, y compris américains, ont clairement démontré. "Il est en outre particulièrement malencontreux que la Cour d’appel ait rendu une telle décision au moment même où le gouvernement américain s’efforce de coopérer avec le Vietnam pour remédier aux séquelles laissées par l’agent orange", a-t-il souligné.

Les fabricants américains de cette substance toxique doivent "prendre clairement conscience de cette situation" et "apporter une contribution effective" pour y remédier, a déclaré Lê Dung.

"Nous avons la conviction que la communauté internationale, dont de nombreux individus et organisations aux États-Unis, continuera d’être aux côtés des victimes vietnamiennes dans cette lutte pour la vérité et la justice", a-t-il ajouté.

Une opinion publique indignée

Devant cet événement, l’opinion publique est sur la même longueur d’onde. Selon Jonathan Moore, avocat des plaignants vietnamiens, la décision rendue par la Cour d’appel est "injuste et amorale". Il a annoncé que lui et ses clients étaient "très déçus" et formeraient un pourvoi devant la Cour suprême des États-Unis.

Quant à Nguyên Trong Nhân, vice-président de l’Association des victimes vietnamiennes de l’agent orange/dioxine (VAVA), il s’est montré "très peiné car la justice n’a toujours pas eu de voix". D’après lui, la volonté des victimes vietnamiennes reste inébranlable. "La VAVA continuera de mobiliser l’opinion publique nationale comme internationale afin de poursuivre cette lutte jusqu’à ce que justice soit faite", a affirmé Nguyên Trong Nhân.

Selon le Me Lê Duc Tiêt, membre de la VAVA, après confirmation par la Cour d’appel de la décision de première instance et rejet des demandes des victimes vietnamiennes des défoliants, cette procédure devrait parvenir à sa 3e et dernière étape procédurale, devant la Cour suprême. "C’est une procédure jugée aux États-Unis, devant un magistrat américain et selon la loi américaine, de sorte qu’il n’est pas aisé d’obtenir gain de cause. Le combat sera extrêmement complexe et opiniâtre", a-t-il commenté.

Huy Hoàng/CVN (25/02/2008)