Déclarations de personnalités marnaises à propos de l’inauguration du Mémorial AFN de la Marne le 16 février 2007
mercredi 17 octobre 2007

Nous avons repris les déclarations des personnalités marnaises telles qu’elles sont parues dans la plaquette éditée par l’"Association du Mémorial AFN" à l’occasion de l’inauguration dont vous pouvez voir les photos et la vidéo sur notre site.


 

Sommaire
 

  •  Gaëtan CHARLOT, Président de l’Union départementale des Anciens Combattants de la Marne
  •  Alexandre ZENTNER, Le Président du Mémorial AFN
  •  Philippe DESLANDES, Préfet de la région Champagne-Ardenne, Préfet du département de la Marne
  •  Bruno BOURG BROC, Président de la Communauté d’Agglomération, Député-maire de Châlons-en-Champagne
  •  René Paul SAVARY, Président du Conseil Général de la Marne
  •  Yves DÉTRAIGNE, Sénateur, Président de l’Association des Maires de la Marne

     


     

    Plus loin que l’histoire…
     
    La guerre d’Algérie n’est pas une guerre comme les autres : c’est une guerre civile non terminée.

    Au cours des siècles, le pouvoir politique de l’Empire Ottoman s’était accaparé l’humanité, dont la liberté de l’actuelle Algérie, et supplanté les qualités des populations autochtones à la civilisation aussi florissante que celle de l’empire romain : civilisation détruite plus tard en quelques décennies.

    Après plus de un million d’Hommes réduits à l’esclavage par les pirates « mauresques » en Méditerranée, l’expédition française de 1830 a mis fin à ces crimes.

    La vaste action sanitaire entreprise a éradiqué, notamment la malaria à l’état endémique dans les zones malsaines et dépeuplées. La population est passée de un million et demi d’habitants en 1830 à plus de dix millions en 1962.

    La liberté était en marche. La liberté est en marche.

    Le juste désir de participer pleinement à la vie politique du pays, transformé en rébellion armée, a déchiré l’Algérie.

    L’armée française reçut une mission propice au développement et à la protection des personnes et des biens. Elle a même dû, aussi, sauvegarder l’existence de la République.

    Le devoir a été assuré. « Les martyrs ont été jusqu’au bout de la souffrance, nous leur devons d’aller jusqu’au bout de la vérité », affirme Georges Bernanos.

    Après tant d’années écoulées et la décrépitude des rancunes, le temps est venu de la passation de mémoire impartiale pour éclairer au mieux, dans la vérité et sans haine, la réalité historique de cette période.

    Dans l’égalité de la mémoire monumentale des générations, un mémorial des « Morts Pour la France » rappelle que nous ne voulons pas renier ce que nous sommes et voulons en rester dignes. Nous souhaitons que l’œuvre entreprise par la France en Algérie par un effort financier considérable, continue pour le peuple d’Algérie (1).

    Le mémorial de la Marne, financé par ceux qui ont pu et ceux qui n’ont pas pu, est l’expression de l’âme du peuple de France qui croit et veut un avenir de Paix et de Liberté pour toutes les nations de la « Mare Nostrum ».

    La projection de la mémoire collective en est la garantie démocratique.

    Gaëtan CHARLOT

    Président de l’Union départementale des Anciens Combattants de la Marne

    (1) Les déficits commerciaux des pays d’outre-mer se sont élevés à 50,7 milliards de francs 1914, de 1900 à 1971, soit plus de quatre fois le montant des emprunts russes sous l’Empire du Tsar Nicolas y compris le financement, en totalité, du plan de Constantine après Evian.  


     

    Mémorial…
     
    LE POURQUOI ?
     

    Ce Mémorial, mémoire des vivants, a été réalisé et financé par toutes les associations d’Anciens Combattants de ce département, leurs amis et par quelques communes au civisme affirmé, dans une symbiose parfaite et exemplaire, démontrant qu’il y a, NI Belle guerre, NI une « Mort pour la France » plus glorieuse qu’une autre, car en DEFINITIVE, au bout du chemin, il ne reste qu’une MERE en pleurs !

    Mais c’est aussi un élément de notre patrimoine commémoratif, érigé afin de redonner vie à tous les noms de ces « Morts pour la France ». Noms enfouis dans les archives vouées au silence depuis trop d’années et qu’il a fallu EXTRAIRE (1), véritable parcours du combattant aux obstacles inattendus ! A juste titre il était à craindre que dans cette vie oublieuse et insouciante, ils ne soient rejetés dans l’ombre des monuments communaux, ou ne deviennent qu’un fait divers de l’histoire et que la connaissance du sacrifice du passé ne s’étiole au fil du temps et ne soit plus que désinformation, déjà trop présente et si agressivement diffusée.

    Désinformation qu’il est de notre devoir de dénoncer, afin de transmettre, dans la VERITE, cette page d’Histoire.

    Et cette page d’histoire, est aussi ici, par ces Mémoriaux réunis dans le respect d’un même Devoir de Mémoire, celui des « Morts pour la France », auprès de nos anciens, sur cette terre de combats, gorgées de leur sang, ou la « grande faucheuse », au siècle dernier y fit une Hécatombe inouïe.

    Et cette même « grande faucheuse », pour notre génération, continua son oeuvre sur cette terre d’Afrique, où toute une jeunesse était appelée à servir le pays, c’est ce qu’elle fit, et elle le fit bien, dans une aventure qui pourtant la dépassait et à laquelle elle n’était pas préparée, seule, face à sa conscience, où le sujet et l’intrigue lui étaient demeurés inconnus.

    Nos pensées vont tout particulièrement aux familles des prisonniers disparus, ces oubliés de l’histoire ; familles qui n’ont jamais pu faire le deuil de leur enfant ; et, à toutes celles qui ont perdu l’un des leurs, fauchés en pleine jeunesse, mais toujours avec le « pourquoi » qui s’impose à eux !, et que nous ressentions, parfois, nous mêmes, dans cette guerre contre-révolutionnaire aux mille facettes.

    Pensées aux combattants musulmans et soldats de l’Empire, tant des unités traditionnelles de l’Armée d’Afrique, qu’à celles dites « supplétives », ces « ECLAIREURS », relais près des populations, et, les « YEUX » de nos régiments, à l’origine de bien des bilans opérationnels.

    Mais aussi d’indignation, face à cette Saint-Barthélemy des « HARKIS » et des dizaines de milliers de « laissés pour compte », en otage, en vertu d’accords virtuels, dits … d’Evian, jamais ratifiés, ni respectés.

    Toutefois ; « Devoir de Mémoire » n’est pas rancune ; ce Mémorial a une histoire, certes, mais c’est aussi un plein d’images, bonnes ou mauvaises, aux sentiments apaisés, mais pas oubliés.

    Il faut laisser le temps au temps !… mais la réconciliation n’en finissant pas d’arriver… la vérité prise dans des vents contraires, n’est toujours pas en vue du port… et, … pourtant le pardon est exigé’.

    A ces outrances, peut-être à usage interne, je citerais une phrase de l’écrivain Albert Camus… « Il est bon qu’une nation soit assez forte de tradition et d’honneur pour trouver le courage de dénoncer ses propres erreurs, mais sans oublier les raisons qu’elle peut avoir de « s’estimer elle même ». Il est dangereux de lui demander de s’avouer seule coupable et de la vouer à une pénitence perpétuelle. »

    En effet, ce Mémorial est celui de la France de tous les temps, celle qui accueille tant de personnes de l’extérieur et dont tous les efforts sont faits pour vivre ensemble et non l’un à côté de l’autre.

    C’est la continuation sur notre sol de l’œuvre séculaire de la France pour une humanité propriétaire de sa belle liberté méritée par l’accomplissement des devoirs de vivre en harmonie.

    Le Président du Mémorial AFN

    Alexandre ZENTNER

    (1) Véritable parcours du combattant  


     

     

    Le département de la Marne a payé un lourd tribut au cours des nombreuses batailles dont son territoire fut le théâtre. Le souvenir et le devoir de mémoire sont ainsi rappelés dans le recueillement à chaque cérémonie commémorative où se rassemblent les autorités civiles, militaires et le monde associatif.

    Traditionnellement situés devant le « Monument aux Morts », ces manifestations en hommage aux Français morts pour la Patrie, pouvaient être ressenties par les familles et amis de nos concitoyens tombés en Algérie comme inachevées dans la solennité et la reconnaissance dues à ces braves.

    L’érection du Mémorial A.F.N. à Châlons-en-Champagne répond donc à une attente réelle et légitime ; je salue l’initiative des associations des Anciens Combattants et plus particulièrement M. Gaëtan CHARLOT, président de l’Union départementale des Anciens Combattants et M. Alexandre ZENTNER, président du Mémorial A.F.N., pour leur action déterminante dans l’aboutissement de ce Projet.

    Aujourd’hui, à Châlons-en-Champagne, la mémoire, le souvenir et l’hommage à tous les Marnais morts pour la France en Afrique du Nord entre 1952 et 1962, s’incarnent désormais dans le Mémorial A.F.N..

    Philippe DESLANDES

    Préfet de la région Champagne-Ardenne

    Préfet du département de la Marne

     

     

     
    Ceux qui ont connu les affres de la Guerre, qu’ils soient civils ou soldats doivent s’afficher aujourd’hui comme des combattants de la Paix en nous aidant, et surtout les plus jeunes d’entre nous, à cultiver le souvenir des disparus et des mutilés.

    C’est dans cet esprit que nous avons participé à l’édification de ce monument au pied de la Cathédrale Saint Etienne de Châlons-en-Champagne.

    Ce mémorial est né de la volonté conjointe de l’ensemble du monde combattant de la Marne. Résultat du dynamisme de l’association du mémorial AFN – Devoir de Mémoire qui a réuni les fonds nécessaires, ce monument est aussi le symbole de reconnaissance aux Marnais morts pour la France entre 1952 et 1962 en Afrique du Nord. Il constituera donc un lieu de rassemblement et d’unité pour le monde combattant de l’ensemble de notre département.

    Bruno BOURG BROC

    Président de la Communauté d’Agglomération

    Cités en Champagne

    Député-maire de Châlons-en-Champagne

     

     

     

    Le projet de monument en mémoire des Marnais morts pour la France lors des conflits en Afrique du Nord de 1952 à 1962 a reçu le soutien de l’Assemblée départementale. Le nom des soldats qui ont perdu la vie lors de ces événements, dont les traces sont encore douloureuses dans notre mémoire collective, sera ainsi fixé à jamais.

    Nous avons souhaité rendre hommage à ces hommes, rappeler la douleur de leurs proches ; la nation doit en effet témoigner de sa reconnaissance envers ceux qui ont donné leur vie pour elle. Puisse ce monument symboliser le lien avec les générations futures, dans un esprit de réconciliation entre les peuples.

    René Paul SAVARY

    Président du Conseil Général de la Marne

     


     

     

    L’édification du mémorial en souvenir des Marnais morts pour la France en Afrique du Nord entre 1952 et 1962 permet de réunir dans un même hommage les 203 soldats marnais tombés, loin de leur département, dans l’accomplissement de leur devoir.

    En ayant pris l’initiative d’ériger ce mémorial, les Anciens Combattants perpétuent les liens de camaraderie et de fraternité nés dans ces douloureux moments et permettent à la « troisième génération du feu » de prendre toute sa place dans la mémoire collective des Marnais.

    L’Association des Maires de la Marne, qui regroupe les 620 communes du département, se réjouit donc que les diverses associations d’Anciens Combattants se soient retrouvées pour cette initiative qui permet, au delà des différences, de rendre ensemble, à tous les Marnais morts au combat en Afrique du Nord, l’hommage qui leur est dû.

    Yves DÉTRAIGNE

    Sénateur

    Président de l’Association des Maires de la Marne


    Regardez les photos et la vidéo de l’inauguration du Mémorial "AFN" le 16 février 2007