La décristallisation : "Une indemnité de rupture"
samedi 27 janvier 2007
La décristallisation

"Une indemnité de rupture"

Il est né le 23 février 1916 à Chellata, en Algérie, et il a pris sa plume, Ahmed B., pour nous écrire.

Il nous parle de la « décristallisation » et de « l’alignement des pensions militaires d’invalidité à égalité près, après soixante et un an de préjudice, sans pour autant prendre en compte le calcul rétroactif de notre créance… »

Amertume, indignation, émotion et quelle dignité pourtant, tout ce qui a manqué à ceux qui, dès 1958, ont gelé les pensions de nos compagnons d’armes, et ont refusé depuis de les recristalliser… jusqu’à hier.

« L’endroit où fut enterré une partie de mon corps, la terre arrosée de mon sang pendant cet affreux évènement de la guerre 39-45, aujourd’hui sa valeur est inestimable par rapport à l’arriéré de la créance qu’aurait dû nous accorder l’État français pour, peut-être, panser les séquelles psychologiques et physiques, et nos souffrances quotidiennes.

Agé de 91 ans, invalide à 95 %, soucieux de mon état de santé qui se dégrade de jour en jour, je crains ne pas survivre à échéance pour bénéficier de la dite revalorisation de pension, que je consi¬dère comme indemnité funéraire et de rupture. »

Même en rappelant que l’ARAC, sans désemparer depuis près de 42 ans, a protesté, réclamé et lutté pour que soient décristallisées les pensions militaires et les retraites du combattant des « soldats oubliés », comment ne pas se sentir un peu honteux de cette France là, celle des exploiteurs, celle qui n’est pas la nôtre, émus aux larmes et marqués malgré nous de n’avoir pas pu mettre en échec plus tôt ces « politiques de la désolidarité ».

Source : Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, des Combattants pour l’Amitié, la Solidarité, la Mémoire, l’Antifascisme et la Paix