Les « Justes » au Panthéon : de "Chambon-sur-Lignon" à "Lidice" par "Chabra et Chatila"
samedi 20 janvier 2007
Le président Jacques Chirac, au nom de la Nation, a rendu hommage aux Justes de France le 18 janvier 2007 en inaugurant une inscription en leur honneur dans la crypte du Panthéon. Par ailleurs, tandis que le village « Juste » de Chambon-sur-Lignon, en Haute-Loire, célèbre le lancement d’un timbre mémoriel, le village de Lidice, en Tchéquie, que les nazis ont rayé de la carte en 1942, fait l’objet d’un jeu vidéo où le gagnant est celui qui a massacré le plus de villageois.  
 
Les « Justes de France » sont entrés au Panthéon
 

Au cours de cette cérémonie du 18 janvier, Mme Veil et le président Chirac se sont rendus ensemble dans la crypte du Panthéon où reposent des grands hommes comme Jean Moulin, Victor Hugo et Victor Schœlcher, pour dévoiler la plaque portant l’inscription à la mémoire des Justes, ces personnes qui ont caché et sauvé des Juifs pendant la guerre.

"Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France pendant les années d’occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s’éteindre. Nommés "Justes parmi les nations" ou restés anonymes, des femmes et des hommes de toutes origines et de toutes conditions ont sauvé des juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité. "

Selon le comité français de Yad Vashem, 2.725 Justes de France ont été reconnus à ce jour. Le nombre de Justes encore vivants n’est pas précisé.

Dans un long discours prononcé en présence de centaines de Justes, de juifs sauvés et de nombre de leurs descendants, Jacques Chirac a dépeint le "cauchemar" de la France occupée : "En France, un sombre linceul de résignation, de lâcheté, de compromissions recouvre les couleurs de la liberté, de l’égalité et de la fraternité", a-t-il dit. "Soudain, devant les yeux incrédules, la République abdique, rend les armes à Pétain et à Laval, cède la place à une clique revancharde et haineuse".

Le chef de l’Etat a rendu hommage aux personnes "de toutes classes sociales, dans toutes les professions, de toutes les convictions" qui sauvèrent des milliers de juifs dans les "ténèbres" de l’Occupation.

Douze ans après avoir reconnu la responsabilité de l’Etat français dans la déportation des juifs, trois ans après avoir fait un pèlerinage au village « juste » de Chambon sur Lignon, un an après avoir reconnu les sacrifices des soldats coloniaux dans la libération de la France, il fait entrer les « justes » au Panthéon. Ainsi, comme il tenait à le faire avant de quitter ses fonctions et comme on le dit dans son entourage, Jacques Chirac a « bouclé la boucle » sans oublier de donner des leçons : "Vous, Justes de France, avez transmis à la Nation un message essentiel pour aujourd’hui et pour demain : le refus de l’indifférence, de l’aveuglement."

Cependant, malgré son talent de savoir trouver les mots pour demander aux Français de regarder leur histoire « en face » et « en bloc » et de reconnaître les lâchetés ou les indignités d’un passé trop longtemps occulté ou enjolivé, il n’a pas regretté l’impunité des coupables ni condamné les états qui, au contraire, laissent les célébrer.

Lancement d’un timbre au village « Juste » de Le Chambon-sur-Lignon.
 

Le village de Chambon-sur-Lignon est la seule collectivité locale d’Europe, avec un village des Pays-Bas où l’ensemble des habitants a reçu la distinction de "Justes parmi les nations". Les habitants de cette commune, où Jacques Chirac s’était rendu en juillet 2004 pour appeler à un "sursaut" face au racisme et à l’antisémitisme, ont caché, entre 1940 et 1945, des milliers de juifs à l’appel du pasteur local, André Trocmé.  
 

La leçon des Camisards
 

En 1685, le roi Louis XIV révoque l’Edit de Nantes, une loi qui autorisait les protestants à célébrer leur culte. La religion protestante est donc interdite. Dans certaines régions, les protestants refusent de se convertir au catholicisme. Les Cévennes, région montagneuse du massif Central, est particulièrement rebelle. Le roi envoie des soldats, des dragons, qui vivent sur le pays (= les dragonnades) et des curés convertisseurs qui font l’appel des habitants lors de la messe dominicale. Mais la révolte couve et des protestants se réunissent secrètement dans la montagne, « au désert » comme ils disent, pour des cérémonies interdites et des prêches enflammés.

C’est le début de ce qui est un peu plus tard appelé la guerre des Camisards.
Cette révolte est menée par Jean Cavalier, un apprenti boulanger, qui réussit par deux fois à faire battre l’armée royale en 1702 et en 1704. Louis XIV fait envoyer des renforts. La région est noyée de soldats jusqu’à la défaite des derniers Camisards, appelés ainsi parce qu’ils n’avaient comme uniformes que leurs chemises.
Les Camisards seront exécutés, envoyés aux galères ou prennent le chemin de l’exil. En 1710, tout est terminé et le protestantisme reste interdit jusqu’en 1787.
Longtemps il restera une tradition de révolte, de tolérance religieuse et d’accueil des pourchassés dans les Cévennes, jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale…

Le combat des protestants pour les juifs
 

Pendant la dernière guerre, dans le temple comme dans beaucoup d’autres, les pasteurs prêchèrent pour l’accueil. Le 23 juin 1940, les pasteurs André Trocmé et Edouard Theis appellent à la résistance avec "Les armes de l’Esprit" afin d’aider les Juifs persécutés.

"Nous ignorons ce qu’est un juif, nous ne connaissons que des hommes" dira le pasteur Trocmé au préfet qui lui annonçait un recensement des Juifs sur le plateau du Chambon.

La population organise l’hébergement et la survie de milliers de Juifs et met en place des mécanismes d’évacuation et des planques en cas de rafle.

Tous participèrent au sauvetage et, fait unique, il n’y eut aucune dénonciation.

Et les autres Français ?
 

Pendant ce temps, la majorité des Français, surtout catholiques mais quelquefois protestants ou athées, collaborait sournoisement avec les nazis et leurs sbires de Vichy.

Hélas, à la libération, il était surtout urgent de redonner les richesses aux riches sous les prétextes bien connus de reconstruction économique, de la solidarité nationale et de la grandeur de la France.

Une autre forme de collaboration allait commencer entraînant, encore une fois, les petits à accepter des sacrifices et à confondre la grandeur de la France avec la supériorité d’être Français.

Si la leçon des Camisards a servi aux habitants de Chambon sur Lignon, la leçon des Justes a totalement été oubliée par les Français face à la renaissance du racisme et d’une extrême droite internationale.
 
 

A Lidice, en Tchéquie, on joue à massacrer.
 

Le 18 janvier 1945, les troupes soviétiques viennent libérer les détenus du camp d’Auschwitz. Une marche de la mort commence alors, car s’ils étaient 3.000 à partir, seuls 280 d’entre eux arriveront. C’est ce qu’a expliqué Jacques Chirac lors de son discours pour honorer les 2.725 Justes de France, au Panthéon.

Puisqu’il évoquait l’Union Soviétique il aurait pu rappeler le rôle primordial de ce pays dans la victoire sur l’Allemagne hitlérienne, dans la libération des peuples soumis en Europe de l’est et dans la lutte contre toute renaissance du fascisme.

Il aurait dû dire aussi que, depuis 1989, dans les pays de l’ex bloc communiste qui ont rejoint « le monde libre », il y a une renaissance fulgurante et tolérée des idées nazies les plus barbares.

En Lettonie, les nazis défilent
 

Nous avons déjà évoqué la Lettonie, ce nouvel Etat de l’Union européenne, où, comme ailleurs, les collabos qui ont servi la dictature hitlérienne sont réhabilités et honorés. Les autorités de Riga, capitale de la Lettonie, autorisent régulièrement le défilé d’anciens légionnaires de la Waffen SS. Des dizaines de nazis lettons d’un certain âge, mais bien valides, défilent solennellement en grand uniforme sous les drapeaux à croix gammée du centre de la ville vers le monument de la Liberté. C’est ainsi qu’ils célèbrent le 16 mars 1943, date de la création de la légion des SS lettons. L’idée du défilé appartient aux chefs de l’organisation d’extrême droite "Club 415" et ils la mettent en œuvre depuis cinq ans avec la bénédiction officielle des autorités municipales de Riga.  
 
 

En Ukraine, la révolution orange s’est transformée en Peste brune
 

Dans certaines régions de l’Ukraine, la montée d’un racisme anti-russe semble, une fois de plus, aller de pair avec la montée d’un racisme anti-juif. Dernière péripétie en date, rapportée par l’Union of Councils for Jews in the Former Soviet Union, un député aurait très sérieusement « expliqué », en public, la différence entre un Juif et un « Youtre » ainsi que la différence entre un Russe et un « Russkof ». Ce député, Oleg Tyagnybok, s’était déjà illustré, en septembre 2005, par une pétition demandant une enquête sur « la Juiverie organisée », pétition également signée par un autre député, Ivan Spodarenko, responsable du journal Silski Visti, dont nous aurons l’occasion de reparler. Oleg Tyagnybok était l’un des responsables de la « révolution orange », tardivement exclu du parti de Viktor Iouchtchenko, quand aux Silski Visti, elles ont récemment reçu une médaille de ce même Viktor Iouchtchenko pour leur « qualité journalistique ». Plusieurs organisations juives tirent la sonnette d’alarme depuis des mois : l’antisémitisme est de retour en Ukraine, sous sa forme la plus extrême, et aux plus hautes positions du pouvoir politique.  
 

En Allemagne réunifiée on écarte les anti-nazis et on laisse revenir les néo-nazis
 

Depuis la réunification, les autorités complaisantes laissent disparaître des lieux de mémoire anti-nazis et laissent réapparaître des organisations pro-nazies.

Le lieu de commémoration de l’ancien chef du Parti Communiste Allemand assassiné par les nazis, Ernst Thälmann, était menacé. La première attaque avait été sa vente à un particulier.
L’action du Cercle des Amis d’Ernst Thälmann, avait attiré l’attention des progressistes du monde entier sur cette affaire, et considérablement gêné le personnage qui cherchait à le fermer. Celui-ci semble donc avoir décidé d’employer la méthode forte, à moins que le coup ne soit venu d’un commando d’extrême-droite : le mémorial a disparu !

Les têtes pensantes de l´extrême-droite allemande, Horst Mahler ( l’un des anciens avocats de la Rote Armee Fraktion, qui a ensuite dérivé à l’extrême-droite, et actuellement traduit devant la justice à Berlin pour propos justifiant l’holocauste et propos antisémites publics) et Ursula Haverbeck (fille du chef-propagandiste nazi W.G. Haverbeck en Amérique Latine de 40 à 45, qui fonda le Collegium Humanum en 1963) créent des structures internationales avec les descendants des chefs nazis et autres apologistes du national-socialisme ; ils invitent parfois des apologistes d’extrême-droite d’Australie, du Canada ou de France (Robert Faurisson).

La dernière vague de séminaires dans le Collegium Humanum de Vlotho, nid du négationnisme et l’intelligentsia de l’extrême-droite allemande, eut lieu en février 2006 et ne fut pas surveillée par la police

L’affaire Hohmann (antisémite de la CDU) et l’entrée du NPD dans les Conseils régionaux de Brandebourg et de Saxe montrent que le refoulement de l’holocauste et de ses origines par les élites allemandes ne fait que renforcer les mouvements néo-nazis. »

Premiers résultats : des sondages ont récemment montré que 13% des Allemands ont une attitude antisémite.  
 

Lidice
 

Il y a de cela 63 ans, le 10 juin 1942, la commune tchèque de Lidice a subi le même sort tragique que deux ans plus tard la commune martyre française d’Oradour-sur-Glane.
Cette année-là, le 25 mai, des résistants tchèques tuent le SS Reinhard Heydrich, qui dirige de fait la Bohême-Moravie pour le compte d’Hitler.
Les représailles sont terribles : le village de Lidice est détruit. Les Allemands ont fusillé sur place 173 hommes, 19 hommes absents qui revenaient de leur poste de nuit à la mine ayant été abattus plus tard. Le plus âgé d’entre eux avait 84 ans, le plus jeune 15.

Environ 200 femmes, arrachées à leurs maris et à leurs enfants, ont été déportées au camp de concentration du triste renom de Ravensbrück, réservé spécialement aux femmes. 60 d’entre elles n’ont plus jamais revu leur pays natal.
Quant aux enfants, ceux dont l’aspect physique correspondait aux critères raciaux d’un prétendu type nordique, ont été placés pour subir une rééducation dans des familles allemandes. Le reste a été asphyxié dans les chambres à gaz du camp de concentration de Chelmno en Pologne.  
 

Après la guerre, un mémorial sera bien sûr élevé sur le lieu du carnage. Mais dans la République Tchèque, « libérée du communisme » et fascinée par la Grande Allemagne renaissante, ce genre de souvenir n’est plus à la mode. Le mémorial attire de moins en moins de visiteurs.

Début 2006, son directeur, Milous Cervenci, a alors une brillante idée : payer des consultants en communication pour rendre le site plus « vendeur ».

Un jeu fait alors son apparition sur Internet, sur le site www.totalburnout.cz (site tchèque, mais non en anglais bien sûr). « Total burnout » peut se traduire par « combustion intégrale ».

En effet, le but est de… brûler Lidice le plus vite possible ! Et il y a des bonus : un tchèque abattu vaut 10 points. Le double si on le brûle. En revanche, « abattre par erreur un compagnon d’armes allemand » coûte 300 points de pénalité ! Bref, un rejeton des jeux où il faut gazer un maximum de juifs dans un camp de la mort. Quelque part dans un coin, un lien discret renvoyait à l’histoire du massacre et du mémorial…

On ne sera guère surpris que les nouveaux bourgeois ayant fait fortune sur les décombres de la Tchécoslovaquie socialiste soient de cyniques nostalgiques du IIIème Reich. Le plus hallucinant de l’affaire, c’est que le jeu a été agréé par le musée du village qui devrait être le garant de la mémoire de la Résistance tchèque.

Bien entendu, les familles des victimes du massacre de Lidice ont multiplié les plaintes, ainsi que la municipalité, et ont obtenu la disparition du jeu le 14 septembre. Si vous vous rendez sur le site « total-burnout » aujourd’hui, vous lirez un texte d’excuses, et un lien vers le site du musée. N’empêche que pendant des mois, les néonazis ont pu s’éclater en brûlant des femmes et des enfants tchèques dans un Lidice virtuel agréé par le Musée de la Mémoire du village !

La pression anticommuniste dans ce pays est devenue si forte que le mouvement de la Jeunesse Communiste a été interdit alors que sont tolérées les manifestations de sympathie au nazisme dans les lieux mêmes où l’on est censé le combattre avec le plus de détermination…

Rappelons que les organisations les plus radicales des Allemands des Sudètes tenaient beaucoup à ce que le traité germano-tchèque, signé après la réunification des deux Allemagnes, ne comporte aucune clause stipulant que les deux parties renoncent à toute revendication territoriale ou concernant les biens alors qu’une telle clause existe dans le traité germano-polonais. Elles obtinrent gain de cause par une formulation du style " il appartiendra aux gouvernements de régler tout litige ultérieur ".

Retour sur Sabra et Chatila
 

En juin 1982, l’armée israélienne envahit le Liban pour, une fois éliminées les bases palestiniennes au Liban-Sud, libérer le restant du pays de l’emprise des Syriens et des Palestiniens et installer un gouvernement favorable. Pour ce faire, Israël s’est allié aux Forces libanaises, la milice chrétienne dominée par le parti phalangiste que dirige la famille Gemayel.

Le mardi 14 septembre 1982, Béchir Gemayel, élu président du Liban à l’ombre des chars israéliens, avec l’aval de la « communauté internationale », est assassiné.

Le jeudi 16 septembre, les troupes de choc des Forces libanaises entrent dans les camps de Sabra et Chatila, tandis que l’armée israélienne occupe Beyrouth-Ouest. Leur mot d’ordre est : « Jeunes et vieux, pas de pitié. »
Pendant près de quarante-huit heures, les miliciens tueront tout ce qui bouge, êtres humains et animaux.

Les Israéliens savaient parfaitement ce qui se passait dans les camps et leurs officiers étaient en contact permanent avec les dirigeants des milices qui perpétraient le massacre.
Jusqu’au matin du samedi 18 septembre 1982 l’armée israelienne s’est totalement abstenue de toute intervention pour éviter les massacres.

Pire ! Elle y a pris une part active en empêchant des civils de fuir les camps et en organisant leurs éclairages constants durant la nuit, avec des fusées éclairantes, lancées par des hélicoptères et des mortiers.

Les chiffres des victimes varieront entre 700 (chiffre officiel israélien) et 3500 (notamment l’enquête précitée du journaliste israélien Kapeliouk).
Le chiffre exact ne pourra jamais être déterminé parce que, outre environ 1000 personnes qui ont été enterrées dans des fosses communes par le CICR ou enterrées dans des cimetières de Beyrouth par des membres de leur famille, un grand nombre de cadavres ont été enterrés par les miliciens eux-mêmes, qui les ont ensevelis sous des immeubles qu’ils ont détruits avec des bulldozers.
Par ailleurs, surtout les 17 et 18 septembre, des centaines de personnes avaient été emmenées vivantes dans des camions vers des destinations inconnues et ont disparu.

Non seulement les israéliens n’ont pas puni les responsables des massacres mais ils ont élu Sharon chef du gouvernement.

Par contre, durant tout le mois d’août 2005, nous avons été submergés par des images émouvantes sur les quelques milliers de colons juifs expulsés de Gaza. Rien ne nous fut épargné, ni la détresse des familles, ni les soldates pleurant avec les femmes en partance, ni les officiers priant avec les rabbins.
On nous a beaucoup moins montré les champs de ruine laissés avant leurs départs ; car ils ont tout détruit, sauf les synagogues.

Ils ont même récidivé :

Du 12 juillet au 14 aout 2006, les forces armées de l’état d’Israël ont mené une guerre sans merci contre le Liban. Une opération dévastatrice préparée de longue date qui a provoqué des pertes humaines et des dégâts matériels considérables notamment au Sud Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth.
Elles ont même utilisé des bombes à sous munitions en violation des accords passés avec le fournisseur Yankee. A celui-ci qui s’étonnait de cette utilisation contre les civils, elles ont répondu : « Les civils ont été prévenus ».
Maintenant, Israël rechigne à donner les plans des tirs aux démineurs.
Le Centre de coordination des Nations unies pour le déminage (UN-MACC) a identifié plus de 800 sites où sont éparpillés des restes de bombes à sous-munitions et autres munitions n’ayant pas explosé, mais toujours mortels ; selon cette mission, le déminage pourrait nécessiter une année, voire plus.

Evidemment, le hezbollah et beaucoup d’autres donneurs de leçon ne feraient pas mieux ; mais ils ne feraient pas pire.

Des « Justes » aux justes

L’idée de « Justes des Nations » vient du Talmud (traité Baba Batra, 15 b). Au long des générations, il a servi à désigner « toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs ».
Cette aide doit avoir été prodiguée de façon désintéressée, sans tentative de conversion au christianisme.
Il s’agit donc d’un titre strictement religieux qui porte donc intrinsèquement une discrimination même si les bénéficiaires ont surtout agi par compassion et générosité humaines.

Nous reprenons à notre compte la phrase du président de la République lors de son discours au Panthéon :

"Vous, Justes de France, avez transmis à la Nation un message essentiel pour aujourd’hui et pour demain : le refus de l’indifférence, de l’aveuglement."

Nous, Anciens Combattants et Victimes de Guerre de l’ARAC, détenons une expérience qui nous oblige à intervenir pour éviter toute réapparition d’un drame semblable à la shoah.
Notre Association a, dans ses statuts, l’objectif de « la solidarité et la fraternité entre les peuples dans un monde de paix ».

Certains de nous ont été Résistants et ont lutté contre le nazisme. D’autres ont été Déportés parce qu’ils étaient communistes.

Beaucoup ont participé à la guerre d’Algérie et ont vérifié les conséquences du racisme colonial.
Ils ont constaté combien il est spontané, dans une armée en guerre, d’être indifférent et de tirer quand on en reçoit l’ordre.
Ils se rappellent les tentations punitives aveugles après l’effondrement dû à la perte d’un camarade.
Ils se souviennent que, pourtant, ils étaient surs, avant, qu’on ne les y prendrait pas.
Ils savent que les guerres démolissent aussi les survivants.

Ils soutiennent qu’il n’y a pas de meilleur individu ni de meilleur peuple et qu’il existe deux fléaux dévastateurs et responsables de la plupart des guerres, le capitalisme et la religion, parce qu’ils sont générateurs de différences.

Nous serons toujours au premier rang de ceux qui défendent la liberté de penser et de décider mais sans possibilité d’exploiter.

La compassion et la générosité seules ne sont pas suffisantes car elles ne suppriment pas les causes des inégalités.
Coluche et l’abbé Pierre ont eu le mérite d’organiser des services aux plus démunis mais cela n’évite pas qu’il s’en crée des nouveaux car le système qui les produit continue.

Il faut donc, en plus, que nous, les justes, menions un vrai combat pour qu’il n’y ait plus d’injustice.

Alors :

Merci les « Justes » !
Debout les justes !

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Sources :

  •  wikipedia
  •  Solidarité de classe, journal du CISC
  •  http://www.elysee.fr
  •  Czech Radio 7, Radio Prague
  •  amnestyinternational.be
  •  lemonde.fr/
  •  http://www.humanite.fr
  •  http://aots.com/cz/
  •  monde-diplomatique.fr
  •  crif-grenoble.org
  •  http://www.samizdat.net