Fidel Castro pas millionnaire mais en colère
mercredi 2 août 2006

Journal l’Humanité
Rubrique International
Article paru dans l’édition du 17 mai 2006.

Fidel Castro pas millionnaire mais en colère

Cuba . Un magazine américain cherche à entretenir la fable de la fortune du dirigeant cubain qui réplique non sans humour.

Pour le magnat de la presse américain Steve Forbes, plus il y a de riches dans le monde et plus on rigole. Année après année sa revue Forbes, égrène les noms de ces joyeux milliardaires qui peuplent la planète, selon une méthode aussi éprouvée que contestable, étayée par « l’art plutôt que la science » (tel que l’écrit le magazine dans son récent numéro).

Dans ces conditions, tous les coups semblent permis, comme de voir l’infortuné Fidel Castro au palmarès des hommes les plus riches du monde, Bill Gates devant et la reine d’Angleterre derrière. Septième dans cette course au trésor.

Piqué au vif par les allégations d’une fortune personnelle estimée à 900 millions de dollars, Fidel en direct lundi à la télévision a offert aux États-Unis de démissionner s’ils amenaient la preuve de ce magot.
« Je les convoque tous, le petit voleur Bush d’abord, les organismes de sécurité des États-Unis, toutes les banques du monde, à prouver ces affirmations. S’ils prouvent que j’ai un compte à l’étranger de 900 millions ou d’un dollar, je renonce à mes fonctions » a dit Fidel en colère en demandant à la revue de révéler qu’il est le dirigeant contre qui Washington a fomenté le plus grand nombre d’attentats.

Alors sur quoi se fonde Forbes républicain bon teint et proche des néoconservateurs, pour donner plus de sel à son papier glacé ?
La fortune supposée s’appuierait sur un pourcentage du PIB cubain constitué par les recettes provenant du Palais des conventions, du monopole de l’État sur les importations et les exportations en particulier de médicaments et de vaccins.
Or à ce régime de désinformation là, a expliqué Castro, la fortune de Bush pourrait être de 1,2 million de dollars ou de 50 milliards par an à partir du blanchiment d’agent sale ou encore de 28 milliards équivalent à 10 % du coût total de la guerre en Irak !

« Ils croient que je suis Mobutu ou l’un de ces milliardaires, voleurs, pillards à qui l’empire a donné le sein et protégé », a ajouté Fidel lors de cette émission spéciale en soirée à laquelle ont participé le président de la Banque centrale (BCC), le ministre de la Culture Abel Prieto et d’autres responsables cubains, qui ont assuré tour à tour sa défense après lui.
Pour eux, la seule richesse jamais amassée ce serait plutôt le respect que lui voue son peuple, et d’autres peuples du monde entier vers qui Cuba a donné son aide.
S’il est vrai que Fidel n’est pas né totalement pauvre, son père possédant des milliers d’hectares de terre, « ces terres ont été remises aux paysans à la victoire de la révolution » a-t-il rappelé, avant de reprendre une ancienne formule :
« Toute ma fortune, M. Bush tient dans la poche de votre chemise ! » Et on le sait à l’encolure, ce n’est pas du XXL !

Bernard Duraud