Le 19 mars est un combat
dimanche 21 mai 2006
Le 19 mars dernier, les cérémonies commémoratives de la fin de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc ont pris un caractère élargi en de nombreux endroits, locaux ou départementaux.

Des camarades de notre association, en plus grand nombre, ont pris la parole aux côtés de dirigeants de la FNACA et même d’autres associations du mouvement combattant.
En quelques endroits ont même été lues des résolutions communes à toutes les associations d’anciens combattants et victimes de guerre.
Avec les nombreux élus locaux qui nous assurent de leur soutien depuis déjà des années, nous avons pu accueillir non seulement des parlementaires de gauche mais aussi un certain nombre de parlementaires de la majorité et même des directeurs départementaux de l’ONAC.

Ainsi donc, la prise en compte de la nécessité de fixation de la date du 19 Mars comme seul moment valable historique et officiel de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc progresse indiscutablement. Mais la partie n’est pas encore gagnée.

Le 19 Mars appartient à la France et à son peuple.

Rappelons les faits : la guerre d’Algérie, après celle d’Indochine, a été la dernière guerre coloniale menée par les gouvernements français contre un peuple qui revendiquait son indépendance.
Les accords d’Evian ont été ratifiés, sous forme de référendum, par 92 % du corps électoral français. La signature de ces accords était donc devenue inévitable.
Elle fut le résultat, d’abord et à la fois de la lutte armée du peuple algérien, de sa farouche volonté de conquérir son indépendance, des innombrables actions qui eurent lieu, en France, au cours des huit années de guerre, organisées par différentes organisations politiques et syndicales.

Il est aussi important de rappeler qu’elle intervient six semaines après la tuerie de Charonne, l’ordre de grève qui suivit et, lors des obsèques, le million de personnes qui entendaient donner, par sa présence, un double sens profond au rejet de la guerre et au massacre des neuf démocrates assassinés, dont Édouard Lemarchand, notre camarade.

Obtenu par la volonté populaire quasi-unanime, le 19 Mars 1962, comme le 11 Novembre 1918, le 8 Mai 1945 et le 20 Juillet 1954, appartient donc à la France et à son peuple.
Tout maintien de l’attitude d’appropriation par une seule association si nombreuse soit-elle, de cette date ne peut donc que nuire à son adoption comme journée historique officielle de la fin de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc et la mettre en péril.
Et c’est pourquoi nous nous félicitons de l’élargissement indiscutable de la participation officielle d’associations du mouvement combattant, dont la nôtre, aux cérémonies du 19 Mars cette année.

Le 19 Mars : un combat permanent.

Cet élargissement vient s’opposer positivement à la division dans le mouvement combattant qui, tant qu’elle est entretenue, favorise le pouvoir et les revanchards colonialistes qui trouvent en elle prétexte et moyens d’imposer et de tenter de justifier le 5 décembre.
La loi du 23 février 2005 dont nous demandons l’abrogation en est une preuve flagrante.

Sans oublier qu’elle donne prise aux arguments de ceux qui militent, année après année, pour la journée unique du Souvenir.

Mettre en valeur toute l’année, à l’occasion d’actions communes, des associations du mouvement combattant, les plus larges possibles, la volonté d’obtenir la commémoration officielle le 19 Mars de chaque année de la guerre d’Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc est pour notre association l’une de ses tâches primordiales, un combat permanent.

Paul MARKIDES