Feu vert pour la campagne officielle de lutte contre la grippe aviaire
lundi 24 avril 2006

Feu vert pour la campagne officielle de lutte contre la grippe aviaire
Silvana Adami
D’ici la fin du mois, le gouvernement lancera une campagne d’information et de prévention sur la grippe aviaire - intitulée « adoptons les gestes qui nous protègent » - destinée au grand public et relayée par les professionnels de santé : Xavier Bertrand, ministre de la santé, en a fait l’annonce aujourd’hui (lundi). « Lavez vous les mains le plus souvent possible », « Jetez vos mouchoirs dans une poubelle », « Si vous êtes malade portez un masque en présence d’une autre personne ». Voici les trois principaux messages de la première phase verte - dans laquelle la France se situe actuellement - de la campagne qui figureront sur des affiches. Au total plus de quatre millions d’outils d’information - affichettes, dépliants, autocollants - seront diffusés dans toute la France à partir du mois de mai dans les cabinets médicaux, les hôpitaux et les pharmacies, et dans les écoles à partir de la rentrée.

Trois niveaux d’alerte. La nouvelle campagne, qui n’est pas sans rappeler le plan vigipirate, retient trois niveaux d’alerte, identifiés chacun à une couleur : vert, orange - niveau correspondant à la situation dans le département de l’Ain où des oiseaux infectés ont été découverts - et rouge. Le volet vert correspond au premier niveau d’alerte, niveau purement préventif, qui vise à limiter les risques d’infection liés aux virus respiratoires en général (grippe, bronchiolite, bronchite…), par la promotion auprès de l’ensemble de la population de quelques gestes d’hygiène simples et efficaces - se laver les mains, jeter son mouchoir, mettre la main devant la bouche lorsque l’on tousse, porter un masque pour les personnes malades - qui selon le ministre peuvent paraître « simplistes », mais sont « loin d’être un réflexe » chez l’ensemble de nos concitoyens.

En cas d’épizootie aviaire, la campagne prendrait une autre envergure, l’alerte passerait au niveau orange, et les médias prendraient le relais (spots radio, presse…). A côté d’affiches rappelant les geste « barrières » à adopter en vue de limiter les risques de contamination de l’homme par un oiseaux porteur du virus H5N1, une campagne média nationale et régionale à destination du grand public a été conçue. Quant au troisième volet, le rouge, est en cours de réalisation. Il serait déclenché en cas de pandémie.

Une attention particulière apportée aux enfants. Quel que soit le niveau d’alerte, l’information est adaptée à la cible. Ainsi, les affiches sont déclinés en version adultes et enfants, et ces dernières seront diffusées dans les écoles dès le mois de septembre en amont de la période de recrudescence des infections virales respiratoires contagieuses. Persuadés que « c’est dès le plus jeune âge que nous devons prendre de bonnes habitudes au quotidien », les enfants sont l’une des cibles clés de cette campagne. Exit vouvoiement et formules jugées trop compliquées. Le « ne touchez aucun oiseau, si vous trouvez un oiseau mort, prévenez votre maire » devient « ne t’approche pas des oiseaux, ne ramasse pas leur plume, ne touche pas leurs nids, leurs œufs ou leurs crottes ». Pour aider les enfants à s’identifier, les affiches mettent en scène des enfants en situation.

Enfin, la campagne d’information sera heureusement relayée par les professionnels de santé. Il est prévu qu’ils reçoivent un kit d’information CD-Rom complet et des dépliants pour leurs patients, et qu’ils suivent, par ailleurs, des formations. Celles-ci e dérouleront de juin à décembre selon deux dispositifs : l’un destiné aux professionnels de santé exerçant en ambulatoire, et l’autre concernant les professionnels exerçant en établissement de santé.

Cette campagne de communication, dont le coût (hors frais d’espace publicitaire) est estimé à 2 millions d’euros, contribue selon le ministère à placer la France parmi les pays d’Europe les mieux préparés à une éventuelle pandémie de grippe aviaire, tel que la récemment souligné l’hebdomadaire médical britannique The Lancet.

Source : Actualité egora