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Communiqué du Bureau National du 21 septembre 2002
Publié le dimanche 12 février 2006

A propos du 19 mars 1962

Le Bureau National de l’ARAC, réuni les 20 et 21 septembre 2002, après avoir pris connaissance du rapport moral qui sera présenté par le Secrétaire général de la FNACA au Congrès national de cette association et des quelques contre-verités et attaques qu’il contient contre l’ARAC et son journal accusés de mener l’action contre le 19 mars et la Fnaca, tient à réaffirmer clairement la position de l’ARAC sur les dates de mémoire concernant la guerre d’Algérie et sur l’unité du mouvement Ancien Combattant. Ces positions ont été déjà exposées dans la totale clarté lors du 50ème congrès national de l’ARAC, qui commémore le 19 mars 1962 depuis 1964.

Regarder notre passé en face, sans ombre complice, pouvoir le raconter sans les silences qui feraient de nous des alliés des véritables coupables, pouvoir avoir le courage de la lucidité pour constater quelles victimes nous avons été d’une période sombre et peu glorieuse de l’histoire de la République Française, agir ainsi nous paraît être la seule attitude réellement citoyenne, nous engageant positivement dans le rôle de porteurs d’une mémoire nécessaire à l’éducation citoyenne des jeunes générations d’aujourd’hui et de demain.

Le Bureau National fait siennes les positions exposées par son Président dans les conclusions du colloque que l’ARAC a organisé les 4 et 5 mars dernier à l’Hôtel de Ville de Paris pour le 40ème anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, positions qui sont en totale adéquation avec les orientations du 50ème congrès national de l’ARAC : C’est également avec une telle conception que nous abordons le problème qui divise actuellement, si douloureusement, le monde Anciens Combattants, celui de la date de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie. Pour nous, à l’ARAC, il est évident qu’aucune autre date que celle du 19 Mars 1962 ne peut être la date officielle de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie.

Et cette date-là ne peut être qu’une date appartenant à l’Histoire et aux peuples qui ont vécu, lutté et souffert pour qu’elle existe, ou qu’ils l’ont acceptée pour en terminer avec un drame dont ont été victimes les peuples d’Algérie et de France. La commémoration du 19 mars 1962 est bien la Commémoration de la Fin de la Guerre d’Algérie et pas seulement la journée du Souvenir des Morts de la Guerre d’Algérie. Il est bien la Commémoration d’une Victoire de la Paix.

Qu’on ne s’y trompe pas, au delà de " la querelle du 19 mars ", bien au delà des désaccords d’Associations d’Anciens Combattants, auxquels il ne faut pas faire de procès d’intention diabolisant des sensibilités différentes, au delà de ces désaccords exprimés trop souvent en termes passionnels où la violence des mots témoigne d’une perte de sang froid traduisant l’extrême hypersensibilité de camarades psychotraumatisés par une histoire personnelle jamais totalement maîtrisée, les invectives et les propos mensongers de certains députés opposés au ‘’ 19 Mars 1962’’ sont, chez eux, l’expression du refus du jugement de l’Histoire et des hommes sur le caractère colonialiste de la guerre d’Algérie, sur ses causes, ses pratiques, ses séquelles et ses conséquences, l’expression de leur volonté d’empêcher la mémoire nationale, la conscience nationale de se cristalliser autour de cette date, l’expression de leur volonté de taire l’action menée pendant la guerre d’Algérie par des Françaises et des Français de plus en plus nombreux, de 1954 à 1962, dans toutes les couches de la population, pour la Paix en Algérie.

C’est aussi en ce sens que la guerre d’Algérie n’est pas terminée. Aujourd’hui, encore, des municipalités de droite débaptisent des rues ou des places du ‘’19 Mars 1962’’, des militants d’extrême droite s’opposent, par la violence, aux commémorations du 19 Mars 1962. Il s’agit donc toujours non seulement d’être vigilants mais d’agir pour la vérité sur la guerre d’Algérie, la vérité sous tous ses aspects.

Et en même temps, il est vital pour le mouvement Anciens Combattants, il est vital pour la défense des droits des Anciens Combattants de poursuivre, patiemment, sereinement, fraternellement, l’action unitaire pour empêcher toute cassure, tout affrontement violent au sein du monde Anciens Combattants.

Les Anciens Combattants ont un intérêt vital à conserver l’esprit de camaraderie qui leur a permis de supporter les conditions de la guerre. Ils n’ont rien à gagner à se diviser. C’est seulement, dans une telle unité que ceux qui n’ont pas encore tiré toutes les leçons de la guerre d’Algérie, où une partie de leur jeunesse a été sacrifiée, où ils ont été entraînés dans la violence, le mépris et la laideur d’une guerre coloniale qui a failli mener notre pays en dehors des chemins de la République, c’est seulement dans une telle unité que, même sur les leçons à tirer de l’histoire de la guerre d’Algérie, nous finirons par trouver les chemins qui nous mèneront au consensus, voire même, pourquoi pas, à l’unanimité.

Cette volonté d’unité a mené le Bureau National de l’ARAC a regretter que la FNACA ait cru bon de mettre fin à l’activité du Front Uni après 15 ans de combats communs des cinq associations nationales regroupant les anciens combattants en Algérie, Tunisie, Maroc, qui ont su pendant toutes ces années laisser de côté toutes les différences d’analyse et d’orientation qui peuvent les séparer en ayant décidé dès la création de ne pas aborder les problèmes posés par l’histoire de la guerre d’Algérie.

C’est cette même volonté d’unité qui fait regretter l’abandon des responsabilités assumées jusqu’à maintenant par les dirigeants de la FNACA au sein de l’UFAC, du Front Uni, où jamais la question du 19 mars n’a été abordée. Plus que jamais, les anciens combattants et victimes de guerre ont besoin de l’unité de leur association pour défendre tous leurs droits en face d’un gouvernement si peu enclin à respecter le droit à réparation et à mener une politique sociale en leur faveur.

C’est pourquoi le Bureau National souhaite ardemment que les camarades de la FNACA réexaminent leur position pour rétablir toutes les conditions indispensables à l’unité de tout le mouvement ancien combattant. Il appelle avec force toutes les instances de l’ARAC à continuer de tout faire pour unir et de ne rien faire qui puisse diviser.



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