Verdun toujours, comme un brevet d’appartenance à la Nation.
Les travaux de terrassement et de déminage pour le Mémorial musulman |
La réalisation de ce mémorial, d’un coût de 370.000 euros, sera entièrement financée par l’Etat, essentiellement par le ministère de la Défense.
D’une centaine de mètres carrés, ce monument sera bâti sur un terrain de 4.000 m2, dans le carré musulman de la nécropole qui abrite 592 tombes de soldats algériens, marocains et tunisiens tombés lors de la bataille de Verdun.
La genèse du mémorial remonte aux lendemains de l’Armistice. Il offre une curieuse résonance avec le débat actuel sur la laïcité et le communautarisme, sur la mémoire éclatée ou collective.
Un campements de spahis |
On s’interroge alors sur la forme à donner à cet hommage : religieuse ou laïque. De 1920 à 1932, est finalement construit un ossuaire à l’architecture indéterminée, oeuvre oecuménique dédiée à recueillir sans discernement les restes de 130 000 soldats anonymes.
En hommage à leurs sacrifices, est ménagé dans la nécropole un carré musulman qui rassemble symboliquement 592 tombes.
En 1959 est inaugurée en contrebas de Douaumont une modeste stèle "Aux soldats musulmans morts pour la France". Et, en 1966, le général de Gaulle invite les quatre cultes aux cérémonies du cinquantenaire, en une volonté de sceller l’unité nationale de la France postcoloniale dans le souvenir de ce combat commun.
Une sépulture tournée vers La Mecque au carré des musulmans de Douaumont. |
En 1988, à propos des troupes coloniales, l’association France Plus demande "que soit édifié, à Verdun, un monument véritablement digne (de leur) sacrifice et qu’un hommage soit rendu à la mémoire de ces Africains morts pour la France". Cette revendication n’aboutira qu’au déplacement de l’ancienne stèle musulmane vers un emplacement plus visible…
En 2002, le débat sur l’intégration républicaine des jeunes issus de la deuxième génération conduit Dalil Boubakeur à demander un Mausolée plus digne ; le ministère des Anciens Combattants en est chargé.
Pour Dalil Boubakeur, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) et recteur de la Grande Mosquée de Paris, la symbolique de 1916 est forte : "C’est là que l’islam de France est né, assure-t-il. Il a pris racine dans les plaines labourées de Verdun, Douaumont, Fleury où les tirailleurs algériens, tunisiens, sénégalais, les tabors marocains ont défendu dans les tourments la France. Aujourd’hui, alors que des jeunes Français se posent des questions sur leur identité, il est important de dire que leurs parents ont participé à la défense du pays."
Oecuménisme au cimetière de Dormans |
- L’Association Républicaine des Anciens Combattants et Victimes de Guerre a été fondée en 1917, durant la première guerre mondiale.
- La Marne a été un haut lieu des combats de cette guerre.
- La plupart des adhérents actuels de l’ARAC de la Marne ont participé à la guerre d’Algérie.
C’est à ce triple titre que l’ARAC de la Marne est solidaire de toutes les victimes de toutes les guerres sans aucune discrimination, en particulier de religion.
Journal Le Monde
Journal L’Union
Les chemins de la Mémoire
La cérémonie d’inauguration du Mémorial musulman de Douaumont le 24 juin 2006 .
Lire le discours du Président Chirac lors de l’inauguration.