Notre département n’y échappe pas et son seul média, le journal l’Union en fait quelquefois écho.
Dans cet article, nous rapportons les prises de position ; pour mieux coller à l’actualité, la plus récente est au début.
L’analyse de l’ARAC de la Marne sur ce débat du 19 mars se trouve en fin d’article.
Algérie : pas d’autre date que le 19 mars.
Le Drapeau de l’ARAC de la Marne au Monument aux Morts de Reims le 19 mars 2006 |
« Il n’y aura jamais une autre date que le 19 mars pour nous, les soldats du contingent, jour où le gouvernement du général De Gaulle et le gouvernement provisoire algérien signèrent les accords d’Évian.
Ce qui gêne certains, comme les anciens militaires de carrière, les anciens occupants du sol algérien ou l’extrême droite, c’est que ce 19 mars est une victoire pour le peuple algérien ; c’est normal, ils avaient remporté une victoire sur l’envahisseur, comme nous fêtons le 8 mai 1945, victoire sur l’envahisseur hitlérien. »
« Mais le 19 mars 1962, c’est également une victoire pour nous les jeunes appelés, qui n’avions pas demandé à aller là-bas se faire tuer en territoire occupé par la France pour défendre des occupants qui nous prenaient souvent pour des chiens de garde. »
« Le 19 mars restera toujours pour nous les appelés du contingent une date historique… »
Pas d’accord sur la date du 19 Mars.
Dans le journal l’Union du vendredi 24 mars 2006, à la même rubrique "courrier des lecteurs" un lecteur de Gueux répond :
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Pour se souvenir du 19 mars 1962.
Dans la rubrique "courrier des lecteurs" du journal l’Union du samedi 18 mars 2006, un lecteur de Reims prend position sur le contraste des demandes de dénomination de rue à Cormontreuil. Rue "du 19 mars" ou rue "des Anciens Combattants" à Cormontreuil … et ailleurs.
- D’une part, il cite l’intervention à l’assemblée générale du 25 février 2006, du Président de la section de Cormontreuil de l’UNC qui "souhaite que soit dénommée une rue « des Anciens Combattants » tout court qui réunirait tout le monde. « Nous sommes avant tout des patriotes ; que les nouvelles générations n’oublient pas le sacrifice de nos anciens »".
- D’autre part, il rappelle "qu’une autre association d’anciens combattants (en l’occurrence la FNACA) avait formulé une demande pour avoir une rue du 19-Mars".
Le lecteur tranche : "Le 19 mars 1962 est et restera la date officielle du cessez-le-feu, mettant fin à 130 années de colonialisme dont 8 d’une guerre qui ne disait pas son nom."
L’analyse de l’ARAC de la Marne sur ce débat du 19 mars.
L’ARAC, depuis toujours, considère le 19 mars comme seule date pour commémorer la guerre d’Algérie parce qu’elle correspond à un acte officiel : la signature du cessez-le-feu.
Il ne faut cependant pas modifier l’histoire et tout ramener à cette date.
D’ailleurs, demandez aux défenseurs du « 19 mars » ce que commémore cette date. Vous obtiendrez toutes sortes de réponses dont les deux principales seront :
- la guerre d’Algérie
- la fin de la guerre d’Algérie
Or ce sont deux réponses différentes.
Le 19 mars 1962 est la date historique de signature du cessez-le-feu en Algérie, c’est-à-dire de la capitulation de la France devant le FLN.
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Mais la guerre d’Algérie ne s’est pas terminée le 19 mars 1962. Le prétendre serait oublier 2 événements très importants : la lutte contre l’OAS et l’extermination des Harkis.
- La lutte contre l’OAS s’est poursuivie pendant les mois d’avril, mai et juin 1962. Elle a été sévère et meurtrière contre un ennemi sans scrupule qui pratiquait les ratonades dans les quartiers arabes et attaquait les soldats du contingent comme le 26 mars à Alger ou le 16 avril à Oran, provoquant de nombreux morts et blessés. Les Appelés étaient là aussi, comme avant, pour protéger les populations arabes et lutter contre des colonialistes. Qu’on nous rende au moins honneur de cette phase de la guerre.
- L’extermination des Harkis a débuté dès le cessez-le-feu et s’est poursuivie longtemps après.
L’armée du FLN n’existait plus car elle avait été décimée. Les troupes massées en Tunisie et au Maroc ont afflué pour constituer la Force Locale avec les troupes Françaises, comme le prévoyait les accords d’Evian, en attendant le 1er juillet.
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Mais cela ne suffisait pas et, le 3 avril, le Général De Gaulle avait ordonné : « Il faut se débarrasser sans délai de ce magma de supplétifs qui n’a jamais servi à rien… ». Alors a commencé un vaste transfert des Algériens des troupes Françaises vers les troupes algériennes. Souvent, ils ne savaient pas où ils allaient. Souvent, aussi ils étaient massacrés en arrivant chez le FLN.
Là aussi les Appelés étaient parmi les convoyeurs ; mais ils ne savaient pas, eux, que ceux qu’ils avaient cotoyés fraternellement allaient subir l’acharnement de leurs "frères" Algériens qui, souvent, n’avaient même pas fait la guerre faute d’avoir pu passer les frontières.
Puis, dès le début juillet, les massacres organisés se sont développés dans toute l’Algérie.
Contrairement aux engagements qui avaient été pris, le gouvernement français a laissé le FLN violer les accords de cessez-le-feu.
Les supplétifs d’Algérie qui voulaient rejoindre leur pays, la France, étaient refoulés ou parqués dans des camps par leur employeur Français.
Il faut également savoir que dès le 21 juin, soit huit jours après le départ pour la France des premiers convois, le comité des affaires algériennes décidait que « l’intervention d’initiative ne devra être envisagée pour assurer la protection de nos Forces et celle de nos nationaux que dans les cas de légitime défense ou d’attaque caractérisée » (F 60-MA 1373).
Il n’est donc pas question de voler au secours d’anciens supplétifs menacés.
Même actuellement ils n’ont pas eu droit à réparation. Leurs Fils, comme leurs frères, qui ont choisi d’être Français, sont encore considérés comme des "sous-hommes". C’est cela la vraie colonisation et la cause de la guerre.
Alors, célébrons le 19 mars parce que c’est une date historique ; mais la guerre d’Algérie ne s’est pas terminée le 19 mars mais le 1er juillet. La colonisation des Algériens continue ; vous le constaterez en regardant autour de vous.
Les Algériens de France ou d’Algérie sont nos frères comme les Français originaires d’Algérie ; à part entière et à parts égales.
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