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Il y a 49 ans, le 19 mars 1962, la guerre d’Algérie qui coûta la mort de près de 3o 000 militaires et civils français et de 8o o 000 Algériens prenait fin, suite aux accords d’Evian signé le 18 mars 1962 entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République algérienne.
Moment historique, victoire de la paix dont nous demandons avec persévérance la commémoration officielle.
Rendons hommage à toutes ces victimes françaises et algériennes d’une guerre qui aurait pu être évitée si le gouvernement français ne s’était pas obstiné, malgré la leçon de la guerre d’Indochine, à refuser de prendre conscience du grand vent de libération nationale soufflant sur les pays des ex-colonies françaises et avait compris à temps que l’ère du colonialisme était terminée.
Tous en notre mémoire, citoyens français et algériens, nous gardons l’empreinte de cette guerre qui nourrit notre volonté de paix et de solidarité avec tous les peuples du monde, nos luttes pour la défense et l’extension des droits des anciens combattants et victimes de guerre, notre engagement pour les valeurs de notre République et pour la démocratie.
C’est avec cette même volonté qu’il faut rappeler l’échec du putsch des généraux factieux en Algérie du 21 avril 1961, tentative fascisante de renverser la République voulant faire obstacle à l’appel du général de Gaulle à engager le processus de paix que souhaitait la majorité des Français, appuyée par la grève générale des travailleurs.
C’est à la suite de cet échec que les généraux félons en fuite et réfugiés en Espagne, auprès du dictateur fasciste Franco, créaient l’OAS, organisation terroriste et criminelle. Aussi, rendons hommage aux appelés du contingent, aux officiers et sous-officiers républicains qui ont refusé de suivre les généraux putschistes.
Fidèles à leur mémoire, aujourd’hui, nous nous opposons de manière résolue à la réhabilitation de tous ceux qui, par la violence et le crime, ont tenté d’empêcher le retour à la paix et la fin du colonialisme, ont attenté aux jours du Président de la République et tentent encore de resurgir. Et nous condamnons l’existence des stèles et des monuments élevés en leur honneur, y compris la pause de la plaque apposée au mémorial du Quai Branly.
Enfin, nous appelons les élus de la Nation et la population à exprimer, dans l’union la plus large, leur volonté de paix et de solidarité entre tous les peuples du monde, y compris le peuple algérien.
Le Conseil national de l’ARAC Créteil, le 6 février 2011
N° 768-769 - janvier-février 2011 b
Depuis 1994, deux musées de la Résistance et de la Déportation préexistaient dans le Cher. Le premier, un des sites de la fédération Musée de la Résistance nationale, était implanté à Bourges. Le second, municipal, avait vu le jour à Fussy, village de 2 000 habitants. L’un et l’autre ont pu rassembler, préserver et présenter de très riches collections sur des surfaces restreintes et avec des moyens modestes, mais leur pérennité n’était désormais plus assurée.
C’est ce constat qui a poussé Maurice Renaudat, secrétaire de l’Association des amis de la Résistance et de la Déportation de Bourges et du Cher à proposer au président du Conseil général et ancien maire de Fussy, le regroupement des deux structures en vue de la réalisation d’un unique musée départemental. Le choix de l’emplacement s’est porté sur le site des Archives départementales et il a été inauguré le 18 octobre 2010. Doté d’une salle d’exposition permanente de 366m2 bénéficiant des techniques muséographiques les plus modernes, d’une salle &exposition temporaire de 155 m2, d’une salle éducative et d’un centre de ressources sur la Seconde Guerre mondiale, ce musée a pour objectif de préserver et valoriser les collections et de participer au « travail de mémoire » pour les générations futures, dans un département marqué très tôt par la Résistance en raison de la présence de la ligne de démarcation.
En effet, conséquence directe de l’armistice, le Cher s’est trouvé coupé en deux par cette véritable frontière. Alors que les autorités allemandes n’acceptaient qu’avec la plus grande parcimonie l’at-tribution d’Ausweis (laissez-passer), des milliers de réfugiés, de prisonniers de guerre évadés, d’aviateurs alliés abattus et de juifs persécutés n’avaient d’autre recours que le franchissement clandestin de la ligne. Ils n’y sont le plus souvent parvenus qu’avec la complicité de gens courageux, les passeurs, qui les ont aidés au péril de leur vie. On en dénombre quelque 400 dans le département, parmi lesquels Raymond Toupet qui fera franchir le Cher à environ 2 o oo clandestins et sera abattu dans sa barque par les Allemands le 6 février 1942. Coulée le jour, renflouée la nuit, elle est d’ailleurs évoquée concrètement par l’exposition d’un bateau de ce type.
Le parcours est original qui, le billet (gratuit) délivré, vous amène, suivant une ligne matérialisée au sol, à franchir physiquement et sonorement un poste officiel de passage symbolique, puis au passage clandestin de la ligne de démarcation et enfin à la libération.
Chaque vitrine d’exposition est assortie de téléphones permettant soit le commentaire de son contenu, soit d’entendre le témoignage vocal de personnages ayant vécu l’événement. Cette formule originale est fort enrichissante dans sa spécificité.
C’est que le département fut riche en résistance. En raison du partage du territoire, les mouvements de Résistance de la zone occupée se sont constitués indépendamment de ceux de la zone dite libre. En zone dite libre, « Libésud » fut solidement structurée. Le mouvement « Combat » implanté à Saint-Amand participera à la première libération de la capitale du Boischaut le 6 juin 1944 avant de poursuivre la lutte dans la Creuse au sein de la compagnie Surcouf.
A l’initiative du Parti communiste clandestin fut créé le Front national de lutte pour la liberté et l’indépendance de la France et des groupes OS (Organisation spéciale) mis en place dès l’automne 1941. Les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) qui en furent issus constituèrent très tôt des maquis en forêt d’Allogny, à Thauvenay et près de Dun. Ils firent partie des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) à la mi-août 1944, ainsi que l’Organisation de la Résistance de l’Armée (ORA), sans oublier les réseaux de renseignement (Fregate-Goelette, Hunter-Lyon, /MM…) et les réseaux d’opérations aériennes, comme le souligne Alain Rafesthain, président du conseil général.
Un musée des temps présents Pour Maurice Renaudat : « Ce Musée est, certes, un lieu de mémoire rappelant l’opposition qui, dès 1940, s’est manifestée dans le Cher contre l’occupant et le régime de Vichy, et tout au long des quatre années, avec les sacrifices que cela a entraînés. Mais il est également un lieu d’Histoire, rappelant que la Résistance c’était aussi la défense des valeurs républicaines. La li-berté, la démocratie, la justice, la fraternité constituent le fil conducteur du programme du Conseil national de la Résistance et les principes rappelés ci-dessus sont toujours valables. Les idéologies fasciste et nazie qui ont mis l’Europe à feu et à sang ont encore des adeptes sur notre vieux continent ; et il est nécessaire que les générations actuelles et à venir sachent de quoi est capable le fascisme quand il ale pouvoir. Il est nécessaire de savoir à quoi ont abouti l’acceptation des atteintes aux libertés, car (…) un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre. »
ENTRÉE GRATUITE du lundi au vendredi : 10 / 12h30 - 13030 / 17h30
N° 768-769 - janvier-février 2011 c
Des jeunes, indignés, entrés en Résistance…
Parmi les évocations que permettra le Rassemblement national de Tergnier, il faut d’abord noter l’acte de résistance particulièrement courageux des élèves, professeurs, proviseurs-adjoints et proviseur du lycée Gay-Lussac à Chauny, ville voisine du grand Tergnier située à 6 km de cette localité.
Lorsque les forces d’occupation et le gouvernement de Pétain décidèrent d’exiger que toutes les personnes (hommes, femmes, enfants) d’origine juive portent des étoiles jaunes, les grands élèves, les professeurs et les membres de la direction prirent la décision de faire porter à chaque élève une étoile de couleur différente selon le niveau de sa lasse : 6e, 5e, 4e, 3e, seconde, première, terminale.
Cette initiative n’a pas été du goût des officiers nazis et du gouvernement de la collaboration. Et les officiers nazis ont alors rendu une visite impromptue au lycée qui ne présageait rien de bon. L’officier supérieur a demandé que les élèves d’origine juive sortent des rangs. Le proviseur s’y opposa.
L’officier alors exigea les livres d’inscription et choisit plusieurs élèves à partir des noms qui laissaient penser à des origines juives. Il les arrêta. Ils furent rapidement déportés à Auschwitz et ils n’en sont pas revenus.
D’autres actions ont marqué la Résistance populaire dans cette région du sud de l’Aisne, notamment celle des cheminots. Nous aurons l’occasion de les évoquer lors de la prochaine édition du Réveil.
Ces informations sont de nature à éveiller la curiosité dans l’opinion et il ne faut pas manquer de les diffuser pour s’assurer une bonne participation au Rassemblement. Sans oublier de retenir à temps car et restaurant pour le transport et les repas. L’office de tourisme départemental de l’Aisne est à même de fournir toutes les informations nécessaires sur la restauration de qualité et les visites des sites historiques divers et nombreux dans la région.
NOTA : Le Rassemblement national de l’ARAC a lieu cette année plus tôt, le même jour que le ravivage de la Flamme sur la tombe du soldat inconnu à l’Étoile, par l’U FAC.
Bien évidemment, l’ARAC a pris les dispositions d’organisation pour assurer les deux cérémonies et la présence du maximum de ses drapeaux.
Pour toute question, n’hésitez pas à vous adresser au Secrétariat national de l’ARAC : Tél. 01.42.11.11.11.
N° 768-769 - janvier-février 2011 d
La Révision générale des politiques publiques (RGPP) a entraîné la disparition de la Direction des statuts des pensions et de la réinsertion sociale (DSPRS) et de ses services déconcentrés. Les missions de cette direction ont été transférées, au plan des pensions militaires d’invalidité (PMI), à la Direction des res-sources humaines du ministère de la Défense (Sous-Direction des pensions), laquelle SDP a décidé de la mise en place d’organismes extérieurs : Centres d’expertises médicales et Commissions de réforme (CEM/CR).
• Ces centres ont deux missions :
• Comment sont organisés ces CEM/CR ?
Ils sont composés d’un médecin, de 3 à 5 agents, et couvrent de 2 à 16 départements.
• Où sont-ils localisés ?
A Lille, Lyon, Marseille, Ajaccio, Toulouse, Bordeaux, Tours, Rennes, Metz et Paris, pour la métropole, et à La Rochelle pour les DOM, les COM et les ressortissants à l’étranger. C’est le lieu de résidence du demandeur qui détermine le CEM/CR territorialement compétent.
Nos lecteurs trouveront ci-après les coordonnées de ces centres :
• TOURS
Départements : 18-23-28-36-37-41-45- 49-72-79-85-86-87
53, rue Lavoisier BP 83313 - 37033 Tours Cedex
Tel. 02 47 20 07 93 - Fax. 02 47 20 90 56 cemer.tours@orange.fr
• TOULOUSE
Départements : 9-11-12-15-30-31-32-34- 48-46-65-66-81-82
10 rue Roquemaurel - BP 63117 31000 Toulouse
Tel. 05 62 21 44 57 - Fax. 05 62 21 04 36
• PARIS
Départements : 27-75-89-77-78-91-9293-94-95
295/303 rue Saint-Jacques - 75005 Paris
Tel. 01 44 41 38 76 - Fax. 01 44 41 38 17
• RENNES
Départements : 14-22-29-35-44-50-53- 56-61
Cité administrative Bd de la Liberté - CS 14 404 35044 Rennes cedex (adresse temporaire)
Tel. 02 99 78 49.90 - Fax. 02 99 78 49 85
• METZ
Départements : 25-52-54-55-57-67-68- 70-88-90
Rue du Chanoine-Collin - BP 51055 -57036 Metz -cedex (adresse temporaire)
Tel. 03 87 34 77 76 - Fax. 03 87 34 79 24
• BORDEAUX
Départements : 16-17-19-24-33-40-47- 64
Cité administrative - Rue Jules-Ferry -BP 80 - 33090 Bordeaux cedex (adresse temporaire)
Tel. 05 56 24 83 54 - Fax. 05 56 24 85 73
• LYON
Départements : 01-03-05-07-21-26-38 39-42-43-58-63-69-71-73-74
53/55 rue de Crequi - BP 6057 69412 Lyon cedex 06 (adresse temporaire)
Tel. 04 78 93 93 54, poste 319 Fax. 04 78 89 32 48
• LILLE
Départements : 02-08-10-51-59-60-6276-80
Cité administrative - Rue de Tournai 59045 Lille cedex (adresse temporaire)
Tel. 03 20 62 12.43 - Fax. 03 20 62 12 30
• AJACCIO
(à partir du 1 er novembre 2011) Départements : 2A-2B
18 avenue du Colonel-Colonna-d’Ornano - 21181 Ajaccio cedex 1
Tel. 04 95 21 42 81- Fax. 04 95 51 06 67 ,
D’ici novembre 2011, les ressortissants continueront de s’adresser à leur Direction interdépartementale des ACVG habituelle.
• MARSEILLE
(à partir du 1 er novembre 2011) Départements : 04-06-13-83-84
12/16 avenue Jules-Cantini 13006 Marseille
Tel. 04 91 37 19 54. Fax. 04 91 37 20 18
D’ici novembre 2011, les ressortissants continueront de s’adresser à leur Direction Interdépartementale des ACVG habituelle.
• LA ROCHELLE
DOM-COM-Étranger
5 place de Verdun 17016 La Rochelle cedex 1
Tel. 05 46 50 22 92 - Fax. 05 46 68 08 91
N° 768-769 - janvier-février 2011 e
L’arrêté du 2 novembre 2010 a décidé du transfert des compétences des services déconcentrés de l’ex-DSPRS vers le ministère de la Défense.
Cet arrêté stipule que les activités des directions des services interdépartementaux des ACVG en matière de soins médicaux gratuits et d’appareillage des pensionnés sont transférées à la direction des ressources humaines du ministère de la Défense et qu’elles seront traitées par la Caisse nationale militaire de Sécurité sociale. Il en est de même du service chargé des ressortissants résidant à l’étranger, qui passe à la DRH/ Défense/Caisse nationale militaire de Sécurité sociale (CBMSS/DSMG).
Ces dispositions sont entrées en vigueur le 31 décembre 2010 et la CNMSS est à contacter au :
247 avenue Jacques-Cartier
83050 Toulon cedex 9
Tel. 04 94 16 96 20
www.cmmss.fr
N° 768-769 - janvier-février 2011 f
Le Conseil constitutionnel, saisi le 7 juin de cette question, a statué, par décision n° 2010-18 QPC du 23 juillet 2010, et déclaré par son article r, que « Dans le 3e alinéa de l’article L253 bis du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de la guerre, les mots « possédant la nationalité française à la date de la présentation de leur demande ou domiciliés en France à la même date » sont déclarés contraire à la Constitution. »
Il ressort de cette décision que les supplétifs officiellement reconnus avoir servi durant la guerre d’Algérie et les combats en Tunisie et au Maroc (19521962) ont désormais droit à la Carte du combattant, selon les critères en vigueur, même s’ils ne sont pas de nationalité française, ni domicilié en France.
Par conséquent, pour les dossiers en cours de traitement, l’attribution de la Carte du combattant se fera à partir de cette nouvelle décision. Par contre, les intéressés dont la demande a déjà été rejetée ou qui formulent une première demande devront faire personnellement et individuellement une demande dite « reconventionnelle ».
Autre problème, à quelle date interviendra cette attribution qui compte pour le service de la retraite du combattant ? Celle de la décision du Conseil constitutionnel (23 juillet 2010) ou celle de la date de la demande de carte du combattant, laquelle peut-être antérieure ? Voilà qui ne va pas simplifier le fonc-tionnement des services de l’ONAC et arrive comme cadeau de Noël dans la hotte d’Anita Roth, toute nouvelle chargée de mission sur ces questions… Bon courage à vous, Madame !
N° 768-769 - janvier-février 2011 g
Des militants du Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens qui organisent une campagne appelant au boycott des produits exportés par Israël sont convoqués le 10 février 2011.
On leur reproche d’avoir distribué un tract à l’hypermarché carrefour d’Illzach. Ils sont accusés de provocation « à la discrimination, à la haine ou à la violence » alors que leurs actions s’inscrivent dans le cadre de la campagne internationale BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions). Cette campagne vise à faire appliquer le droit international. La question est de faire respecter les droits fondamentaux des Palestiniens et de sanctionner l’État d’Israël pour ses outrances, ses crimes de guerre et politique discriminatoires à l’égard du peuple palestinien.
Ces militants s’appuient dans leurs actions sur la charte du Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.
Rappelons les termes de la charte :
Six mots d’ordre, approuvés à l’unanimité du collectif en 2002, constituent la référence de chacune de ses interventions publiques :
L’ARAC est signataire de cet appel et de la charte avec 50 autres organisations.
Villejuif, le 26 novembre 2010
Je tiens en ma qualité de président de l’ARAC, association qui lutte, depuis sa création pendant le premier conflit mondial, pour la justice, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, pour le respect de la Charte de l’ONU, pour la recherche constante d’une paix juste et durable, à exiger le retrait des directives du ministre de la Justice adressée aux Parquets et à demander la relaxe des douze militants citoyens, solidaires du peuple palestinien, poursuivis en justice à Mulhouse.
L’action de ces militants relève effectivement de l’état de nécessité, face à la politique actuelle du gouvernement d’Israël dans son intolérable blocus de Gaza et dans son non-respect des résolutions des Nations unies. Résistons ensemble pour ne pas faire taire l’engagement citoyen.
Raphaël Vahé - Président national
N° 768-769 - janvier-février 2011 h
Le Conseil national, réuni les 4 et 5 février 2011 à Créteil, a fait le point de la situation sociale des Français, dont les anciens combattants et victimes de guerre et leurs droits à réparation.
Au seuil de l’année 2011, à un an de la fin du quinquennat de la Présidence de la République, le Conseil national a constaté l’aggravation extrême de la politique sarkozyste, cassant systématiquement les acquis sociaux issus de l’application du programme du Conseil national de la Résistance : emploi, santé, Sécurité sociale, Éducation nationale, logement, retraite, formation professionnelle, etc., casse de la fonction publique et renforcement officiel des groupes financiers nationaux et internationaux (banques, compagnies d’assurance, sociétés du CAC 4.0, etc.), lesquels réalisent des profits de plus en plus faramineux, tandis que la pauvreté, la gène, la misère et l’exclusion s’accumulent tragiquement au sein de notre population, y compris parmi les anciens combattants et victimes de guerre.
C’est la volonté du patronat du M E DE F d’en finir avec le CNR, son programme et de ses acquis, qui est mise en œuvre par Sarkozy et son gouvernement C’est aussi l’indépendance nationale et la souveraineté de la France qui sont bradées avec le pillage financier de notre pays, sa mise en coupe réglée et sa vassalisation aux ordres de l’OTAN et des intérêts des USA.
C’est pourquoi l’ARAC, fidèle aux valeurs républicaines du CNR et de son programme, s’engage toute entière dans les luttes sociales, car elle trahirait l’esprit et les acquis du CNR si elle laissait faire sans réagir les fossoyeurs de notre pays.
Dans ce même contexte, le Conseil national dénonce le non-respect des engagements écrits du candidat Sarkozy des 2 et 3 avril 2007. Manifestement, les anciens combattants, les victimes de guerre dont les 0 PEX et les mutualistes ont été roulés dans la farine, à un point tel que le secrétariat d’État aux Anciens Combattants a été totalement cassé, qu’il n’existe plus de secrétaire d’État aux AC dans le gouvernement Fillon 3, tandis que l’essentiel des légitimes revendications des ACVG sont jetées aux oubliettes.
Par conséquent, le Conseil national réaffirme avec force son exigence de la nomination d’un secrétaire d’État aux Anciens Combattants, la concrétisation des engagements du candidat 50rkozy dans le projet de budget 2012 et le respect des engagements du CNR, de ses acquis et des valeurs républicaines qui fondent la Nation française.
Créteil, le 5 février 2011
N° 768-769 - janvier-février 2011 i
à Pierre Pellissier…
Le 31 janvier 2011, un hommage a été rendu au cimetière de Lambesc à notre camarade Pierre Pellissier. Pour commémorer le dixième anniversaire de son décès, le président Jacques Delaubier a salué ce militant infatigable de l’ARAC des Bouches-du-Rhône, ce résistant de la première heure contre le fascisme et le pétainisme, engagé dans l’armée de Lattre qui reçut et diffusa le message de la reddition sans conditions de la Wehrmacht et des armées nazies à toutes les unités des armées nazies à toutes les unités des armées françaises de libération. De nombreux camarades d’Aix, Marseille, Lambesc, la Fare-les-Oliviers, Saint-Cannat, Rognac, Berre, Velaux, avec leurs drapeaux, vinrent témoigner de leur respect, de leur souvenir, de leur fraternité.
… et à Georges Vecco
Ce 31 janvier, un hommage fut également rendu au cimetière de Lambesc à notre camarade Georges Vecco, ancien d’Algérie qui assuma les responsabilités de secrétaire général départemental de l’ARAC des Bouches-du-Rhône de nombreuses années et membre du Bureau national de l’ARAC, où il impulsa en particulier l’organisation du colloque de 2o06 à Marseille sur les psychotraumatismes de guerre, les séquelles des essais nucléaires subies par les soldats du contingent en Algérie à Reggane et Inn-Eckert, les séquelles des armements à l’uranium appauvri pendant la guerre du Golfe.
Georges Vecco, toujours aidé et soutenu par son épouse Brigitte, se dévoua sans compter malgré des problèmes de santé jusqu’à ses derniers jours.
N° 768-769 - janvier-février 2011 j
Le fléau ultra-nationaliste, dans des versions volontiers fascisantes, revient aussi en force désormais à l’intérieur des frontières de l’Union européenne elle-même, particulièrement dans les pays autrefois alliés aux puissances de l’Axe, où le communisme n’a été imposé que de façon artificielle par l’occupation de l’Armée rouge.
Le cas le plus étonnant qui a inquiété dans les années 200o est celui de la Lettonie où des rassemblements de nostalgiques des divisions SS se tenaient annuellement sans émouvoir outre mesure les gouvernements en place à Riga, ni non plus susciter de réactions hostiles de la part des gouvernements d’Europe occidentale. Ces rassemblements néonazis ont fini par susciter une certaine agitation à Londres, en mars dernier, lorsque les partisans de Tony Blair ont reproché au parti conservateur anglais de former un groupe commun au Parlement européen avec le parti « Pour la patrie et la liberté/ LNKK » (un parti membre de la coalition gouvernementale à Riga, ouvertement associé à ces réjouissances fascisantes, qui avait recueilli près de 3o % des suffrages aux premières élections des députés lettons au Parlement européen, et qui a divisé par 4 son score en 2007). La secrétaire d’État Hilary Clinton avait déjà convoqué David Cameron à ce sujet en octobre 2009.
Dans l’ensemble cependant la polémique est restée circonscrite à la campagne électorale britannique. Les grands journaux des autres pays n’en ont guère parlé, pas plus qu’ils ne se sont émus de la marche des nationalistes à Vilnius aux cris de « La Lituanie aux Lituaniens », le mars dernier, ni des exercices paramilitaires très douteux organisés chaque année en Estonie avec la bénédiction des autorités de Tallin, en l’honneur du groupe Erna qui, en 1941, livrait des informations aux nazis sur les mouvements de l’Armée rouge. Comme l’ont noté des observateurs perspicaces, on attend toujours que les autorités des pays baltes déploient le même zèle à arrêter les retraites de Waffen S S qu’elles ne l’ont fait à mettre sous les verrous des agents de l’ancien régime communiste. Aucun ancien criminel d’extrême droite n’a été arrêté dans cette région depuis la chute de l’Union soviétique.
La Lituanie reste aujourd’hui un mélange particulièrement détonnant pour l’Union européenne. Pays où vit la plus forte minorité russe (25 % de la population, et une minorité unie derrière le mouvement de gauche « Centre de l’harmonie » qui a recueilli près de 20 % aux élections européennes), il est aussi celui qui connaît un traitement de choc à la mode argentine : obligé par les financiers internationaux de s’ac-crocher à l’euro fort tout en réduisant drastiquement ses coûts de production pour maintenir sa compétitivité extérieure, il a subi une récession plus violente que celle des États-Unis en 1929. Le PNB a chuté de 24 % en deux ans (2008-2009), et le chômage (très faiblement indemnisé) a bondi à plus 20 %. La bonne recette pour cultiver le nihilisme politique.
La Hongrie, autre allié historique du Reich, est aussi à l’avant-garde de la renaissance du fascisme. Le parti Jobbik, un mouvement xénophobe né dans des cercles estudiantins en 2003, qui insiste sur la préservation des identités historiques (le souvenir de l’amiral Horthy), le christianisme, la culture hongroise, la famille ou encore l’autorité, a recueilli 12 % aux dernières élections législatives d’avril 2010, soit presque autant que le Parti socialiste au pouvoir jusqu’alors (et des piques à près de 3o % dans les zones à fortes densités de Rom). L’exemple magyar est un cas intéressant où des formes fascisantes naissent sur le terreau d’un patriotisme conservateur populaire. Jobbik a grandi à l’ombre du Fidesz (Union civique hongroise) qui, alors que le Parti socialiste hongrois (ex-communiste) s’est rallié corps et âme aux politiques néo-libérales, se présente comme un rempart à la mondialisation. Ce parti depuis quelques années promet de donner des passeports hongrois à tous les ressortissants des minorités hors de son territoire (en Roumanie, en Serbie, en Slovaquie), et contribue à banaliser la diffusion de la carte de la Grande Hongrie de 1914. Le Fidesz, au pouvoir depuis avril dernier avec le soutien d’une majorité écrasante, aurait pu renverser par la force le socialiste (social-libéral) Ferenc Gyurcsâny dès octobre 2006. Celui-ci avait provoqué une insurrection populaire contre lui en avouant avoir menti aux Hongrois pour se faire réélire et leur avoir présenté des promesses qu’il ne tiendrait pas. Le Fidesz ayant hésité à renverser le gouvernement à ce moment-là, le Jobbik a pu se présenter comme le parti de la surenchère légitime (« le plus à droite et le plus juste » comme l’indique son nom en magyar).
Comme en Lettonie, la crise financière est pour beaucoup dans ceGyurcsànytionaliste en Hongrie : diminution de salaires de la fonction publique et des retraites, hausse des impôts, baisse du produit national brut de 7 % en 2009. Les deux récents entrants dans l’Union européenne, la Bulgarie et la Roumanie, deux pays sous tutelle du FMI, ont aussi voté massivement pour des partis ultranationalistes, aux discours assez similaires. Au premier tour de l’élection présidentielle bulgare de 2006, le candidat du parti ultranationaliste et xénophobe Ataka (attaque), Volen Siderov, était arrivé second, avec 21,5% des voix, derrière le président socialiste sortant Georgi Parvanov. En 2005, le parti Ataka avait réalisé des affiches montrant une carte de la Bulgarie recouverte de drapeaux turcs et israéliens, pour bien montrer qu’il considère le pays comme « occupé ». Ses militants ont aussi beaucoup exploité la phrase prêtée au président israélien Shimon Peres, le lo octobre 2007 : « De la part d’un petit pays comme le nôtre, c’est presque stupéfiant. Je vois que nous achetons Manhattan, la Hongrie, la Roumanie et la Pologne ». En Roumanie, le Parti de la Grande Roumanie (Romania Mare) est plutôt sur le déclin (il est passé sous la barre des 5 % en 24009) mais la cure d’austérité dans laquelle le pays est plongé pourrait lui profiter.
Certes, certains pays, notamment ceux qui ont été jadis les plus opprimés par le nazisme comme la République Tchèque ou la Pologne, échappent aux résurgences du fascisme (ce qui n’exclut cependant pas le développement en leur sein de mouvements nationaux-conservateurs). En outre la volatilité de l’électorat en Europe de l’Est peut toujours faire espérer un déclin rapide de certains partis d’extrême droite aujourd’hui portés par les conséquences de la crise financière (le cas s’est déjà vérifié dans les années 1990). Mais ces phénomènes récents, en tout état de cause, traduisent un malaise qui imprègne profondément aujourd’hui l’Europe centrale et orientale, un malaise qui signe l’incapacité des puissances occidentales et de la technostructure bruxelloise à proposer au continent européen des options démocratiques et pacifiques auxquelles les populations seraient en mesure d’adhérer sur le long terme.
N° 768-769 - janvier-février 2011 k
Le Conseil national de l’ARAC, réuni les 4, 5 et 6 février 2011, après avoir analysé la situation internationale et particulièrement les événements tragiques qui se déroulent actuellement en Tunisie, en Égypte et au Yémen, salue les peuples de ces nations qui se soulèvent contre la dictature qui les a maintenus dans le sous-développement, qui les plonge dans la misère et les prive de la liberté à laquelle tous les peuples du monde ont droit. Il se déclare solidaire de leur lutte pour la dignité et la démocratie.
Le Conseil national de l’ARAC exige du gouvernement français, de tous les États et de tous les organismes internationaux de ne pas se rendre complices des manœuvres des puissances économiques et politiques qui tentent de maintenir des régimes politiques favorisant l’exploitation et la servitude de ces peuples.
Que cessent les massacres et la répression aveugle. Que ces peuples puissent enfin construire en toute responsabilité et en toute indépendance, dans la démocratie, le présent et l’avenir pour lesquels ils se sont levés.
Frédéric Delorca
N° 768-769 - janvier-février 2011 l
Unis pour défendre les anciens combattants, les victimes civiles et la paix
La 7e Conférence internationale sur la législation des anciens combattants et victimes de Guerre s’est tenue, à Paris au palais de l’Unesco, les 24,25 et 26 novembre dernier. 300 participants représentaient 68 nations, 92 associations nationales et 3o organismes gouvernementaux. Les travaux s’organisaient en trois ateliers se déroulant en séances plénières traitant successivement de la « législation générale », « des victimes civiles de guerre » et des « psychotraumatismes et des dommages des guerres contem-poraines ». Membre du comité préparatoire et rapporteur du 3e atelier, je voudrais faire part aux lecteurs de mes réflexions personnelles sur la dimension internationale de cet événement, même si la presse française est restée muette sur son déroulement et ses conclusions.
Tout d’abord, le sort réservé aux anciens combattants etvictimes civiles de guerre est loin d’être iden-tique d’un pays à un autre. Cela n’est pas nouveau. Par contre, ce qui est nouveau c’est que la France n’est plus aujourd’hui parmi les pays les plus soucieux du présent et de l’avenir de ses ressortissants, aussi bien pour le montant de la retraite du combattant que pour le niveau des soins, des pensions et même des retraites. Ainsi, certains citoyens d’Afrique ont une retraite six fois supérieure à celle des anciens combattants français. Et il vaut mieux être victime de psychotraumatisme de guerre en Norvège plutôt qu’en France. L’atelier consacré aux psycho-traumatismes et dommages des guerres contemporaines a été le plus riche en interventions et en prises de conscience que l’humanité court à la catastrophe si les hommes de guerre, politiques et militaires, continuent l’escalade des massacres organisés avec les armes modernes.
Jamais le credo de la FMAC et l’appel de Vienne de 1986 n’ont paru autant dramatiquement d’actualité qu’aujourd’hui. Et je suis particulièrement heureux qu’en cette année du 6oe anniversaire de la FMAC, le document final clôturant cette 7e conférence internationale ait été voté, à l’unanimité, par acclamations.
Mais encore doit-il être connu, respecté, appliqué. Que ceux qui, au prétexte qu’il ne faut pas faire de politique dans les associations AC, opposent notre devoir de lutte pour le respect des droits des AC et VG à notre devoir de lutte pour la paix, pour les idéaux républicains de liberté, égalité et fraternité, soient un peu logiques avec eux-mêmes. « C’est seulement dans la paix que le droit à réparation, pour les AC et VG, peut être réel et de mieux en mieux respecté dans les États du monde » déclare le document final. Il n’y aura jamais de paix dans le monde sans justice, sans dignité, sans liberté pour tous les hommes !
Si cela c’est faire de la politique, alors de toutes nos forces, faisons tous cette politique-là !
Georges Doussin
N° 768-769 - janvier-février 2011 m
Le général Tran Hanh est président de l’Association des anciens combattants du Vietnam.
Mesdames et Messieurs,
La guerre du Vietnam s’est terminée il y a 35 ans, mais ses conséquences persistent encore : environ 300 000 martyrs, morts pour la réunification du Vietnam, dont les corps restent introuvables laissant les douleurs psychologiques et tenaces pour les familles de leurs proches. Des dizaines de milliers de tonnes de bombes et mines laissées par la guerre restent irrécupérables et continuent à tuer des civils innocents ; les pollutions environnementales demeurent toujours graves et persistantes, les maladies et traumatismes psychophysiologiques ont été transférés à la deuxième et même à la troisième génération des Vietnamiens vivant dans les régions contaminées.
Dans le cadre de cette conférence, j’ai l’honneur de vous présenter les effets sur l’homme de l’Agent orange/dioxine semés par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam.
A l’issue de la proclamation de l’opération militaire « Ranch Hand », entre 1961 et 1971, l’armée américaine a pulvérisé environ 12 millions de galons (soit environ 83 millions de litres) d’agent orange/dioxine sur les régions centrales et septentrionales du centre et du sud du Vietnam. Les conséquences de ces pulvérisations persistent et persisteront encore. Jusqu’à présent, au Vietnam, le nombre des victimes directement exposées à l’agent orange/dioxine s’élève à environ 4 millions de personnes, sans compter 400 000 morts et handicapés dus à ce toxique dévastateur. En plus, il y a environ 500 000 enfants congénitalement malformés. Quarante ans après la cessation de la pulvérisation de l’agent/dioxine et trente-cinq ans après la fin de la guerre du Vietnam, les effets dévastateurs de l’agent orange/dioxine persistent et on peut voir ses ravages même sur les troisièmes générations des victimes.
De nos jours, bien des preuves vivantes et convaincantes ont prouvé que le fabricant chimique Dow Chemical et de nombreux autres fabricants de l’agent orange/ dioxine dont Monsanto, Uniroyal, Diamond, Thomson, Hercules…, ainsi que l’Armée de l’air des États-Unis et les administrations américaines, ont conscience de la nocivité de la dioxine tant sur l’homme que sur la flore.
Les études scientifiques ont montré que depuis 1991, l’augmentation des maladies relatives à l’agent orange/dioxine, dont les dermatoses, le lymphome non-hodgkinien, le cancer du poumon, la paralysie, l’augmentation de la masse grasse corporelle et le diabète type 2 chez des anciens combattants qui ont été directement exposés. En 2009, Falconer a recensé un groupe de 28 maladies et symptômes relatifs à la dioxine.
Les anomalies congénitales qui ont été découvertes chez les descendants des victimes exposées à l’agent orange/dioxine sont très diverses…
L’agent orange/dioxine, qui provoque de nombreuses maladies dévastatrices tant au niveau physique qu’au niveau mental, laisse également à ses victimes des conséquences psychologiques terrifiantes.
Fondée le ro janvier 2004, l’Association vietnamienne des victimes de l’agent (VAVA) a pour but de soutenir et de protéger les droits des victimes exposés à la dioxine et les représente devant les organismes nationaux et internationaux. Le 3i janvier 2004, VAVA a porté plainte contre 37 fabricants de la dioxine à laquelle les victimes vietnamiennes ont été exposées à la Cour suprême de Brooklyn à New-York pour réclamer justice. Mais la Cour suprême des États-Unis l’a rejetée. Pourtant, VAVA l’a déposée encore une fois à la Cour d’appel le 3o septembre 2005.
Le gouvernement et le peuple du Vietnam continuent et continueront de faire tout leur possible pour surmonter les conséquences de l’agent orange/dioxine et réduire à minimum la douleur physique et mentale des victimes exposées à la dioxine épandue par les armées américaines sur le territoire du Vietnam pendant la guerre. Nous continuons de demander au gouvernement des États-Unis et aux fabricants, ainsi qu’aux fournisseurs des produits chimiques que l’armée américaine a utilisés pendant la guerre du Vietnam, d’indemniser le peuple du Vietnam en général et les victimes de l’agent orange/dioxine en particulier.
Nous remercions sincèrement les organisations internationales, les amis du Vietnam d’avoir exprimé leurs soutiens et de nous avoir aidé à surmonter les conséquences de la guerre ces dernières années. En particulier, au nom de l’Association des vétérans du Vietnam, je présente toute ma reconnaissance et tous mes remerciements à la Fédération mondiale des anciens combattants d’avoir octroyé le prix de Réhabilitation au Village de l’amitié ; et je remercie l’ARAC d’avoir participé avec succès à la Cour internationale d’opinion, à Paris en mai 2009, pour montrer son soutien au Vietnam dans le combat de justice pour les victimes vietnamiennes de l’agent orange/ dioxine.
Enfin, nous souhaitons que les organisations internationales, l’opinion internationale continuent d’élever leur voix pour soutenir les victimes vietnamiennes de l’agent orange/dioxine et, si possible, de promulguer une résolution ayant pour objectif de soutenir, d’aider le Vietnam à surmonter les consé-quences de la guerre, surtout des effets nocifs de l’agent orange/ dioxine au Vietnam.
Je vous remercie toutes et tous de votre attention.
N° 768-769 - janvier-février 2011 n
Paris-Palais de l’UNESCO - 24-26 novembre 2010
DOCUMENT FINAL
Dans le cadre de la célébration du 60e anniversaire de la création de la Fédération mondiale des anciens combattants, 92 associations nationales et 30 organismes gouvernementaux, représentant 68 nations de tous les continents, se sont réunis pour analyser les évolutions concernant les législations appliquées pour les anciens combattants et victimes civiles des guerres et concernant notamment la prise en compte des psycho-traumatismes et dommages subis dans les guerres contemporaines.
La 7e Conférence réaffirme les principes de base, définis en 1994, à la 21e Assemblée générale de la FMAC, qui devraient être adoptés par chaque gouvernement et constituer une obligation prioritaire pour réparer les dommages subis par les anciens combattants et victimes civiles des guerres. Les anciens combattants et victimes de guerre sont :
• Tous ceux qui, ayant servi sous le drapeau d’une nation impliquée dans un conflit armé, ont ou non subi une invalidité.
• Tous ceux qui, en application des ordres du gouvernement ou d’un mouvement dûment reconnu de résistance à l’occupation étrangère durant les hostilités ou d’autres mesures destinées à préserver ou à recouvrer l’indépendance nationale, subissent de ce fait une invalidité.
• Tous ceux qui, en tant que civils, subissent une invalidité résultant d’actes de guerre et qui sont reconnus comme victimes de guerre imputable au service.
• Les victimes civiles de toute guerre, de tout conflit ou de tout attentat qui, sans en avoir été les participants de façon directe ou indirecte, ont subi des atteintes à leur santé physique et mentale du fait des combats, de leurs circonstances ou de leurs conséquences.
La 7e Conférence internationale déclare avec force que les États doivent poursuivre, avec détermi-nation, leurs efforts pour élaborer et accepter une définition universelle des principes pour l’octroi du statut d’ancien combattant et de victime de guerre devant être appliqué dans tous les États, en collaboration avec les associations d’anciens combattants et victimes de guerre.
La 7e Conférence internationale recommande à tous les États, non seulement de considérer que dia-que ancien combattant ou victime civile a droit à réparation, mais aussi de prendre en compte l’évo-lution des préjudices causés par les armes et les formes nouvelles des guerres contemporaines et de la proportion grandissante du nombre de victimes civiles dans ces guerres.
La 7e Conférence internationale constate de grandes inégalités entre les différents États dans la reconnaissance du droit à réparation, dans l’organisation des soins qui en découlent et dans l’attribution des pensions d’invalidité pour les anciens combattants et victimes civiles de guerre.
Elle souhaite vivement que les organismes officiels internationaux contribuent au respect des droits des anciens combattants et victimes civiles de guerre par tous les États et que des dispositions soient prises pour aider les États économiquement faibles à rendre effective l’application de ces droits.
La 7 Conférence internationale attire l’attention des États et des organisations internationales sur la nécessité de prendre toutes les décisions et mesures condamnant l’utilisation des armes chimiques, nucléaires et bactériologiques. Ces armes, non seulement augmentent directement le nombre des victimes civiles des guerres, mais participent dramatiquement à la pollution de notre planète mettant en danger toute l’humanité.
La 7 Conférence rappelle aux États et aux organismes officiels internationaux la déclaration adoptée à l’unanimité à la 2e Rencontre mondiale des anciens combattants et victimes de guerre, à Vienne en 1986, qui affirmait en particulier : « Nous sommes réunis, conscients de nos différences d’opinions, mais ayant appris à les surmonter pour récuser ensemble la fatalité de la guerre et construire la paix. La paix fondée sur la solidarité et l’interdépendance des et victimeses nations et des peuples et sur des rap-ports de confiance entre les États… Que dans toutes les nations, les hommes et les femmes, conscients de la nécessité d’agir, unissent leurs efforts aux nôtres et qu’ensemble nous pressions tous les gouvernements d’entreprendre réellement la construction d’un nouvel ordre de sécurité, de paix, de liberté et de solidarité. »
En ce soixantième anniversaire de la Fédération mondiale des anciens combattants, la 7e Conférence internationale sur la législation des anciens combattants et victimes de guerre, fidèle aux objectifs de la création de la F MAC, renouvelle solennellement l’Appel de Vienne de 1986. C’est seulement dans la paix que le droit à réparation, pour les anciens combattants et victimes civiles des guerres, peut être réel et de mieux en mieux respecté dans les États du monde.
Paris, le 26 novembre 2010
N° 768-769 - janvier-février 2011 o
Marguerite de Navarre, c’est le nom du lycée de Bourges (Cher) qui a accueilli en décembre l’exposition de l’ARAC sur la guerre d’Algérie.
Cette initiative est la septième organisée par nos camarades de l’ARAC du Cher, qui ont aussi traité, tour à tour, des guerres 1914/1918, 1939/1945, d’Algérie, et du combat antifasciste de notre association. Ainsi nos expositions, assorties de conférences-débats ont-elles été présentées au lycée professionnel Jean de Berry, à l’UIFM (formation des maîtres), à la salle du Duc Jean (Conseil général) et enfin au lycée Marguerite de Navarre, les 7 et 14 décembre dernier. Après une rapide visite au nouveau musée de la Résistance à Bourges (je vous la recommande vivement), Guy Mousset et Paul Fontaine, accompagnés d’André Fillère, ont rencontré 120 lycéens de terminal, dont une majorité de jeunes filles très réactives au débat.
En présence du proviseur et des professeurs d’histoire, et tandis qu’était projeté en boucle un diaporama de photos d’Algérie de Paul Fontaine, les deux régionaux de l’initiative résumèrent leur guerre d’Algérie : l’un, engagé volontaire dans la marine pour ne pas faire la guerre d’Algérie, s’est retrouvé fusilier marin au Sahara. L’autre, servant de batteries d’armes spéciales, a témoigné de l’emploi de celles-ci (gaz, etc.) durant cette guerre.
Dans cette vaste salle dont les murs affichaient l’exposition de l’ARAC, les professeurs avaient demandé à André Fillère d’animer un débat très particulier : « L’évolution de l’opinion publique française durant la guerre d’Algérie », à partir de leur programme scolaire sur la décolonisation.
Ce fut une expérience riche et saisissante, animée par le questionnement des lycéens, en particulier les jeunes filles, à la satisfaction du proviseur, des profs, des étudiants et des intervenants, bien sûr.
Une expérience là aussi enrichissante fut tentée avec succès en proposant aux étudiants d’adresser à nos camarades du Cher les questions qu’ils n’avaient pas eu le temps de poser (par lettre ou par Internet) et auxquelles il leur serait répondu par les mêmes voies.
Ainsi furent évoqués la torture, l’OAS et la fusillade de la rue d’Isly, la correspondance des appelés avec leur famille et la censure, les événements jugés les plus marquants ou les plus choquants par nous, l’incendie d’un camion-citerne par l’OAS sur les hauteurs d’Alger. Comment avons-nous ressenti, durant notre séjour en Algérie, les sentiments de la population française ? Quelle était l’attitude de la presse ? Quels journaux, quelles radios avions-nous ? Comment s’est passé notre retour en France et notre réinsertion dans la vie familiale, la vie sociale, la vie professionnelle ? Avons-nous rencontré en Algérie des personnes qui nous ont marquées et pour quelles raisons ? Que pensez-vous de la reconnaissance tardive de la guerre d’Algérie ? Quelles sont les plaies qui font que, parfois, il semble encore trop tôt pour parler de la guerre d’Algérie ? Pensez-vous qu’après avoir vécu un tel drame, il est possible de se reconstruire totalement psychiquement ? Que pensez-vous et comment voyez-vous la réconciliation entre Français et Algériens ? Etc.
Une riche moisson soulignant le vif intérêt de ces étudiants dont l’abord de l’Histoire et de la mémoire part avant tout de leur quotidien au présent et pour l’avenir, et non d’un passéisme dont la rancœur et la haine seraient les moteurs principaux. Une moisson qui nous enrichit par sa fraîcheur et l’angle original de ses réflexions et prouvent que sans être bien nombreux ni historiens, il est possible d’être les passeurs de mémoire de l’ARAC sur le terrain.
N° 768-769 - janvier-février 2011 p
La Fondation prévue par l’ONAC et devant rassembler les écoles de rééducation professionnelles et les maisons de retraites de l’ONAC pose déjà des problèmes avant même sa naissance.
En effet, le projet de loi l’introduisant, qui devait être soumis au Parlement dès le printemps 2011, devra sans doute être retardé : les réunions interministérielles travaillant sur ce projet de loi ont été interpellées par la situation financière des établissements en question, notamment des ERP.
C’est ainsi que des pourparlers ont été entrepris avec le ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale quant aux budgets de ces ERP… qui apparaissent insuffisamment dotés par les ARS (Agences régionales de santé) comparativement aux budgets moyens dans le secteur de la rééducation professionnelle. Il serait donc nécessaire de procéder à un « rebasage » des budgets des ERP par les ARS.
Parallèlement, le Secrétariat général pour l’administration du ministère de la Défense (SGA) a décidé d’une étude sur les modalités de la stabilisation financière des établissements concernés (ERP et maisons de retraite) qui sera confiée à la cellule d’audit interne du SGA avec le concours de l’ONAC. Les propositions devant être présentées à la mi-mars 20II, il paraît probable que le projet de loi verra le jour au début de l’automne.
Rappelons que, pour sa part, l’ARAC est hostile à ce projet de Fondation qui sortirait de l’ONAC les ERP et les maisons de retraite qui font partie de son patrimoine historique depuis 1915 ! D’autant que le prétexte annoncé, le déficit des ERP, pourrait être remis en question si leurs budgets sont « rebasés » correctement par les ARS.
N° 768-769 - janvier-février 2011 q
La direction nationale de l’ONAC, par courrier du 2 décembre 2010, a procédé à un premier bilan en matière de demandes et d’attributions de la Carte du combattant. Elle a ainsi noté que, au cours de la seule année 2009, plus de 16 000 cartes du combattant ont été attribuées.
Certes, l’année 2010, empêtrée dans la mise au point du système Kapta défectueux, sera beaucoup plus faible tant se sont accumulées les demandes déposées en 2008, 2009 et 2010, dont le nombre encore important ne cesse de croître.
Contrairement aux affirmations gouvernementales « le droit à réparation, c’est fini », le besoin de reconnaissance est encore très fort. A tel point que le Secrétaire général pour l’administration du ministère de la Défense, Christian Piotre, a été amené à confier à Anita Roth (administratrice civile hors classe) une mission portant sur l’évolution du traitement des demandes de cartes et de retraites du combattant émanant en particulier des ressortissants algériens. Elle sera en charge de dresser le bilan des procédures en 2011 et de proposer les moyens de rétablir des délais de traitement des dossiers acceptables, en liaison étroite avec les services concernés de l’ONAC, du BCAM, du SND, etc.
Mme Roth a d’ailleurs assisté à la réunion du groupe de travail de la Commission nationale de la Carte du combattant, qui s’est réuni le 14 décembre dernier à l’ONAC. Elle y a évoqué les axes de travail qu’elle se fixait quant à la retraite du combattant, non seulement au plan des ressortissants algériens, mais également de la guerre d’Algérie et des OPEX. Au terme de « l’état des lieux » qu’elle se propose de mener à bien, elle présentera des « recommandations » pour améliorer les circuits en place… puisque retard il y a.
Mme Roth a affirmé son souhait de s’entretenir avec les experts associatifs en la matière et l’ARAC lui a « ouvert ses portes » pour toute rencontre qu’elle pourrait souhaiter.
N° 768-769 - janvier-février 2011 r
La Fédération des pupilles de la Nation, créée à partir des mesures d’indemnisations récentes, a publié un « Manifeste » assorti d’une lettre et d’un questionnaire adressés aux Parlementaires dans lesquels elle réclame « la création immédiate d’un Fonds d’indemnisation des victimes de toutes les guerres » entièrement finançable par une taxe spéciale, à créer, sur les ventes et les achats d’armements. Cette association, dont le siège se situe dans le Bas-Rhin, est affiliée à la Fédération Maginot.
On peut toutefois s’interroger si, sur une telle question, il ne serait pas souhaitable d’aboutir à un texte de loi dont le financement devrait dépendre du budget général des ACVG.