Nous reproduisons, dans cet article, une brochure parue dans le numéro 72 de Juillet-Août 2008 du « Bulletin mensuel d’Information, de Communication et de Dialogue » de l’ARAC et éditée par notre journal, « Le réveil des Combattants ».
|
Cette brochure sur une bibliographie et une filmographie concernant la première guerre mondiale, celle de 1914-1918, a été décidée à la commission civisme et mémoire de l’ARAC après les travaux du 53ème congrès national de Savigny Sur Orge.
Elle a pour but d’aider à une recherche de documentation pour tous nos adhérents et en particulier pour ceux qui, dans le cadre du 90ème anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, organiseront des expositions ou des soirées-débat sur la guerre 1914¬1918.
Nous nous sommes efforcés de rendre les « fiches » les plus renseignées possible et de garder, en ce qui concerne les fiches des films, un plan identique : genèse du film, scénario, acteurs, réalisation et « autour du film ».
Les listes des livres et des films ne peuvent pas être exhaustives. En effet, les Régions, les Conseils Généraux, les villes et des historiens locaux ont souvent été à l’origine d’ouvrages sur la guerre dans leur localité, département ou Région… ouvrages dont, pour autant, nous ne méconnaissons pas leurs qualités.
La bibliographie est le résultat du travail d’Yves Baroin, membre de la commission civisme et mémoire, celui de la filmographie celui de Pierre Gilbert, tous deux conscients que certains titres importants peuvent manquer. Ils sont prêts à compléter cette documentation. Egalement quand cela est possible nous indiquons la date de la plus récente édition
A chacune des deux parties, suite à la liste des ouvrages et des films, nous joignons deux exemples de fiches de lecture ou de film. Ceci donnera un aperçu de notre travail et de ce que chacun peut en tirer.
L’acquisition de certains livres et de certains films posera des difficultés. Nous conseillons donc aux Parisiens de se rendre aux boutiques des Quais de Paris, à tous de se brancher sur les sites internet www.amazone ou www.xxxx
Pour finir, une remarque, celle que de très nombreux films reprennent en scénario les récits de livres. Nous retrouverons donc des mêmes titres en livres et en films. Mais nous n’aborderons pas l’éternel débat sur la fidélité du film par rapport au livre, les impératifs techniques et financiers obligeant le réalisateur à composer, souvent d’ailleurs en accord avec l’auteur du livre.
En fin d’ouvrage, nous ajoutons une page d’adresses des centres d’informations pouvant être utiles.
Pierre GILBERT
Secrétaire de la commission civisme et mémoire
Livres
Cette liste ne saurait être exhaustive. On trouvera deux excellentes bibliographies, par ailleurs complémentaires du fait de leur approche différente, dans les ouvrages de Frédéric Rousseau (approche sociologique) et de Jean-Baptiste Duroselle (approche plus classique)
1 - Livres de combattants et de contemporains du conflit.
1/1 - Mémoires, souvenirs, romans et poésies de combattants français
Alain (Émile Chartier) : Souvenirs de guerre : Paris- Hartmann, 1937
Barbusse Henri : Le Feu : Paris-Flammarion 1916. prix Goncourt 1916 - Rééditions multiples en, broché, de poche, relié…
Barbusse Henri : Clarté : Paris-Flammarion 1919 - Réédition : Flammarion 1998
Barbusse Henri : Paroles d’un combattant : Paris-Flammarion 1920
Barbusse Henri : Lettres à sa femme : Paris-Flammarion : posthume - Réédition : Buchet et Castel 2006
Barbusse Henri : Carnet de notes du front : intégré dans « Lettres à sa femme de Buchet et Castel ou dans l’édition de poche du Feu.
Barthas Louis : Carnets de guerre 1914-1918 : Paris-Maspéro 1978 - Réédité : les carnets de Louis Barthas, tonnelier : La Découverte, 1997 : Le caporal Barthas, socialiste militant et chrétien est un authentique témoin au sens où l’entendait Jean Norton Cru
Bloch Marc : Souvenirs de guerre
Céline Louis-Ferdinand : Voyage au bout de la nuit : Gallimard 1932
Céline Louis Ferdinand : On peut également lire « Casse pipe » et « carnet du cuirassier Destouches » précieux documents sur la vie militaire
Congar Henri : Journal de la guerre 1914-1918 - Réédition Éditions du Cerf 1997,
Dorgelès Roland : Les Croix de bois : Albin Michel 1919, prix Fémina 1919
Dorgelès Roland : Le cabaret de la belle femme
Dorgelès Roland : Le réveil des morts
Chevalier Gabriel : La peur : Paris 1930
Galtier-Boissière Jean : Loin de la Riflette : Paris — Editions Baudinière
Galtier-Boissière Jean : La fleur au fusil
Genevoix Maurice : Ceux de 14 : Paris — Flammarion 1949 - Réédité Flammarion, 1996
Genevoix Maurice : Sous Verdun
Genevoix Maurice : Nuits de guerre
Genevoix Maurice : Les Eparges
Genevoix Maurice : La boue - Les 4 derniers volumes de Genevoix réédités en 1998 aux Éditions Omnibus
Giono Jean : Le grand troupeau : Paris 1931
Hourticq : Récits et réflexions d’un combattant : Paris — Hachette, 1918
Lefebvre Raymond : La guerre des soldats : Paris Flammarion - en collaboration avec Paul Vaillant —Couturier
Meyer Jacques : La vie quotidienne des soldats pendant la grande guerre : Hachette 1966
Meyer Jacques : La biffe
Meyer Jacques : Vie et mort des Français 1914-1918 : Paris — Hachette 1962 - En collaboration avec Ducasse André et Perreux Gabriel
Poulaille Henri : Pain de soldat : Paris-Grasset 1937 - Roman-document de celui à qui _ Henri Barbusse donna l’étiquette d’écrivain prolétarien
Rimbault Paul : Propos d’un marmité — Paris Fournier, 1920
Rolland Romain : Journal des années de guerre
Vaillant-Couturier Paul : Une permission de détente : Paris Flammarion 1919 - Voir aussi la partie 4 sur les sites et moments particuliers
1/2 - Mémoires, souvenirs, romans et poésies de combattants non français
Beumelburg Werner : Combattants allemands à Verdun : Paris- Payot, 1934
Junger Érnst : Orages d’acier : souvenirs du front de France : Payot 1930
Remarque Érich-Maria : A l’ouest, rien de nouveau : Paris Stock 1928 - Réédition Poche
Basilescu Nicolas : La Roumanie dans la guerre : Paris, félix Alcan 1919
1/3 - Autres témoignages
Aubert Hubert : Pages oubliées : Paris Editions du Combattant
C’est une réédition du livre « Ils disaient : quand nous reviendrons ». La lecture de ces pages oubliées renvoie inévitablement, par la description des horreurs du front et l’expression des aspirations des soldats, à ce qu’exprime Henri Barbusse dans le « Feu. ». Les poèmes et les dessins (de René-Georges Gautier et André Lagrange) rajoutés à la 1ère édition font de ce livre un témoignage particulièrement bouleversant.
Barrès Maurice : L’union sacrée : Paris —Émile-Paul Frères — 1915
Chroniques parues dans l’Écho de Paris
Capy Marcelle : Une voix de femme dans la mêlée : Paris —Ollendorf — 1916
Préfacé par Romain Rolland. Livre censuré
Guéno Jean Pierre : Paroles de poilus : Paris Librio n° 245
Guéno jean Pierre : 1914-1918, mon papa en guerre : -Paris- Librio n° 654
Groupe de poilus : Au bruit du canon et nouveaux contes véridiques de la tranchée
Paris — Lemerre 1916
Loiseau Laurent : Carnets de Ventail — Paris Librio n° 766
Monclin Roger : Les damnés de la guerre : Paris-Mignolet et Storz — 1934
Réédition Union Pacifiste de France — 1978. - L’auteur traite des crimes de la guerre et de la justice militaire de 1914 à 1918. Il rappelle la phrase de Clémenceau : « La justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique »
Redier Antoine : La guerre des femmes : Paris — Éditions Vraie France - 1946
2 - Ouvrages relatifs à la première guerre mondiale
2/1 - Publiés avant 1940
Bourdon Victor : Avec Charles Péguy, de la Lorraine à la Marne : Paris, Hachette 1916
Bridoux Alain : Souvenirs du temps des Morts : Paris — Albin Michel, 1930
Cru Jean-Norton : Témoins : essais d’analyse et de critique des souvenirs des combattants
Paris — Les Étincelles — 1929, Réédité — Presses universitaires Nancy, 2006
Madelin Louis : Les chemins de la victoire, de la Marne à Verdun : Paris — PIon 1927
Tezenas du Montcel Paul : Dans les tranchées : Monbrison, 1925
2/2 - Publiés après 1940
Audoin-Rouzeau Stéphane : 14-18, Les combattants des tranchées : Paris—A. Colin, 1986
Bach André (général) : Fusillés pour l’exemple : Paris- Taillandier, 2003
Becker Annette : Les oubliés de la grande guerre : Paris- Hachette, 2003
Becker Annette : La grande guerre 1914-1918 : Paris — Gallimard, 1998
Becker Jean-Jacques : La première guerre mondiale : M.A. Editions - 1985
Becker Jean-Jacques : La France en guerre, 1914-1918 : Belgique- Ed Complexe, 1988
Becker Jean-Jacques : Les Français et la grande guerre
Becker Jean-Jacques : Victoire et frustrations : Paris — Seuil, 1990
Bonnefous Georges : La Grande guerre : Paris — Presses Universitaires de France, 1957 Canini Gérard : Mémoire de la grande guerre : Presses Universitaires. Nancy
Cochet François : Survivre au front : Éd.14-18, 2007
De Gaulle Charles : Lettres, notes et carnets :- Tome 1 — Paris Plon, 1980
Ducasse : Vie et mort des Français, 1914-1918
Dugain Marc : la chambre des officiers, en livre de poche
Duhamel Georges : Vie des martyrs
Duroselle Jean-Baptiste : La grande guerre des Français 1914-1918 : Paris-Perrin — 1994
Frémeaux Jacques : Les colonies dans la grande guerre : Éd 14-18, 2007
Hardier Thierry : Combattre et mourir pendant la grande guerre : Paris — Imago 2001
Hemingway Érnest : L’adieu aux armes
Isnenghi Mario : La première guerre mondiale : Paris- Casterman, 1993
Japrisot Sébastien : Un long dimanche de fiançailles : Paris- Gallimard, 2004
Miguel Pierre : Les Poilus, la France sacrifiée : Paris Plon, 2000
Miguel Pierre : Les enfants de la Patrie : I /Les pantalons rouges : Paris-Fayard, 2002
Miguel Pierre : Les enfants de la Patrie : 2 / La tranchée : Paris-Fayard, 2002
Miguel Pierre : Les enfants de la Patrie : 3 /Le serment de Verdun : Paris-Fayard, 2002
Miguel Pierre : Les ceints de la Patrie : 4 / Sur le chemin des Dames : Paris-Fayard, 2002
Miquel Pierre : La grande guerre : Paris- Fayard, 1983
Miguel Pierre : La victoire de 1918 : Paris — Taillandier 1998
Miguel Pierre : Les poilus : Paris — Plon, 2000
Miguel Pierre : Le gâchis des généraux : Paris-Plon, 2001
Morpurgo Michaël : La trève de Noël — Paris — Gallimard, 2005
Offenstadt Nicolas : Les fusillés de la grande guerre : Paris- Odile Jacob, 2002
Pazery Didier : Derniers combats, portraits de survivants :Vents d’Ouest, 1996
Pedroncini Guy : Les mutineries de l’armée française, 1917
Pottecher Jean : Lettres d’un fils, 1914-1918, infirmier à Verdun : Paris Émile-Paul, 1926 Réédition en 2003 : Louviers Ysec éditions, 1926
Rousseau Frédéric : 14-18, le cri d’une génération : Éd. Privai, 2001
Schor Ralph : La France dans la première guerre mondiale : Paris- Nathan, 1997
Tardi Jacques : C’était la guerre des tranchées : Paris — Casterman, 1993
Vercel Roger : Capitaine Conan
Vincent Maurice : Carnets d’un poilu girondin : Ysec Éditions, 2003
Etudes et actes de colloques
ARAC : Colloque de Villejuif : L’Europe en 1919 : pacifisme et révolution, Éd. du Réveil des Combattants — novembre 1993
Éditions 14-18 : 1916-2006, Verdun sous le regard du monde
Editions 14-18 : Les batailles de la Marne, de l’Ourcq à Verdun — 1914-1918
Lycée technique de Rodez : Cris de la tranchée, mémoires de 2 poilus —Rodez 1986
Verdun 1916 : Actes du Colloque de Verdun de 1976
Ouvrages sur des moments et sites particuliers
Bernède Alain : Verdun 1916, point de vue français : Paris- Cénomane, 2002
Bordeaux Henri : Les derniers jours du fort de Vaux : Paris — Plon, 1916
Bourceret (Abbé) : Sur les routes du front de Meuse : Paris — Perrin, 1917
Canini Gérard : Combattre à Verdun, vie et souffrances : Presses Universitaires. Nancy
Carcopino Jérôme : Souvenir de la guerre en Orient, 1915-1917 — Paris — Hachette 1970
Castex Henri : Verdun, années infernales : Paris — Imago, 1996
De Mazenod Pierre : Dans les champs de la Meuse : Paris — Plon, 1921
Domergue Gabriel : La guerre aux Dardanelles et dans les Balkans :- Paris —Perrin, 1916
Fleury Élie : Sous la botte, Saint Quentin, 1914-1917 : - Paul Dupré 1920
Jubert Raymond : Verdun : Presses uversitaires Nancy, 1989ar
Heuzé Paul : La voie sacrée : Paris — Renaissance du Livre Français, 1919
Kleff Patrick : Ceux de Verdun : Paris — Flammarion, 2001
Larcher : La Grande guerre dans les Balkans : paris- payot - 1929
Laurent André : Les batailles de la Somme et de la Picardie, 1916-1918 : Marielle 1991
Leblond Georges : Verdun : Paris-Presses de la Cité, 1980
Lefebvre Jean-Henri : Images de la bataille de Verdun : Édition des Riaux, 2005
Lefebvre Jean-Henri : Verdun, la plus grande bataille de l’histoire Ed des Riaux, 2005
Mac Orlan Pierre : Verdun : Paris- Nouvelles Éditions Latines, 1935
Miguel Pierre : Mourir à Verdun : Paris -Taillandier 1995
Miguel Pierre : Le Chemin des Dames : Paris — Perrin, 1997
Miquel Pierre : Les oubliés de la Somme : Paris- Taillandier
Miquel Pierre : L’enfer des Dardanelles : Paris — Fayard 2004
Miquel Pierre : Les Poilus d’Orient : Paris - Fayard, 1998
Mornet Daniel : Tranchées de Verdun : Presses universitaires Nancy, 1990
Muénier Pierre-Alexis : L’angoisse de Verdun, infirmier : Presses universitaires, Nancy, 1992
Pastourneaux (général) : Les Gascons à Verdun : Service Historique de l’Armée de Terre
Péricard Jacques : Verdun : Paris — Payot, 1917
Péricard Jacques : Verdun, années infernales : Paris —Librairie de France 1933 - Réédité Nelle Librairie de France, 1997
Histoire des combats de 1914 à 1918 sur les deux rives de la Meuse
Pétain Philippe : La bataille de Verdun : Paris — Payot, 1929
Prost Antoine : Verdun : Paris — Gallimard, 1997
Raynal Colonel : Le drame du Fort de Vaux : Éditions Lorraine
Roland André : La grande guerre dans l’Oise : Saint-Cyr S/ Loire, Éd. Sutton 2004
Rouquerol Jean (général) : le drame de Douaumont :- Paris - Payot, 1931
Voivenel Paul : A Verdun, avec la 67ème division : Presses universitaires Nancy, 1991
Werth Léon : Clave !, soldat : Éd. Viviane Hamy, 1993
Winter Jay : 14-18, le grand bouleversement : Paris - Presses de la Cité, 1997
Autres publications
Association des écrivains combattants : Anthologie des écrivains morts à la guerre - 5 tomes : Amiens — Éd Malfère 1925-1926
Benjamin René : Gaspard : Paris-Fayard 1915 Prix Goncourt 1915
Dictionnaire : Vocabulaire du poilu : Paris- Mannequin, 1917
Larousse : Larousse de la grande guerre : Larousse 2007
Latzko Andreas : .Hommes en guerre Rolland, Barbusse, Martinet : Éd. Agone 2003
Le Naour Jean-Claude : Le soldat inconnu vivant : Paris- Hachette 2002 - Le soldat amnésique Anthelme Mangin frit pendant 20 ans l’objet des revendications de la part de différentes familles. 250000 soldats se sont « volatilisés » pendant la 1ère guerre mondiale, laissant les familles dans l’impossibilité de faire leur deuil.
Malherbe Henri : La flamme au poing : Paris- Albin Michel 1917 — Prix Goncourt 1917
Mercier Raoul : Le vrai visage du combattant 14-18 : Lavauzelle 1932
Quella-Villeger Alain : Grands reportages 14-18 : Paris - Éd. Omnibus 2005
Rouaud Jean : Les champs d’honneur — Paris —Éd. de Minuit, 1990
Technique militaire et armes
Foch Ferdinand : Mémoires pour servir à l’histoire de la guerre de 1914-1918 :1931
Goya Michel : La chair et l’acier : Paris — Taiullandier, 2004
Orthollan Henri : La guerre des chars : Éd. Giovanangeli 2007
Renouvin Pierre : Les formes de gouvernement de guerre
Roland André : Les combattants de la grande guerre : Saint-Cyr S/ Loire, Ed. Sutton 2004.
Weygand Maxime : Histoire de l’armée française : Paris 1947
Revues et magazines
Collection 14 —18 —Soteca —BP 220, 92212 Saint Cloud
- n° 1 : La bataille de la Marne
- N° 2 : 1914, les armées de la République entrent en guerre
- N° 3 : Les Dardanelles
- N° 4 : Guide de Verdun et du front de Lorraine
- N° 5 : Guide de la Somme
- N° 7 : Les combats oubliés de l’Argonne
Les numéros de cette collection sortent tous les 3 mois avec un DVD.
Collection du Patrimoine — 6 Rue Anatole de la Forge Paris 17
Histoire des grands conflits
Iconographie
Dumielle Isabelle : 1914-1918, des soldats, des hommes : Paris –Airelles, 2002
Illustration : Journal incontournable..quand on peut s’en procurer encore des exemplaires.
Lacaille Frédéric : Photographies de poilus, combattants photographes : Somogy, 2004
Meaux Nicolas : Regard de soldat : Paris – Acropole, 2005
Moreau Jacques : 1914-1918, nous étions des hommes : Paris- La Martinière 2004
De Jean Pierre Gueno
Cette compilation de lettres écrites durant la guerre par des soldats aussi bien Français qu’Allemands n’est pas la seule. Et toutes les lettres des poilus n’ont pas encore été toutes publiées. Dans ce livre, l’auteur a recueilli une série de témoignages exceptionnels auprès de 14 millions d’auditeurs de Radio France. Parmi les 8 000 réponses reçues, il a sélectionné ces récits autobiographiques tendres et poignants de ces anciens poilus de tous âges qui venaient d’horizons, de religions et de métiers divers pour devenir fantassin, artilleur, brancardier ou aviateur…
|
Pour beaucoup de ces Français appelés au front, cc sera leur dernière lettre… ce qui rend encore plus poignantes les quelques lignes écrites à l’économie au crayon, sur un bout de papier…Elles ont été écrites un peu partout sur tous les fronts, y compris le front d’Orient et les Dardanelles…Elles témoignent des sentiments divers que purent ressentir les soldats en fonction de la date et du lieu …du patriotisme cocorico à la Boulanger, au pessimisme et à la révolte sous forme parfois d’ironie « J’ai vu de beaux spectacles ! D’abord les tranchées des Boches défoncées par notre artillerie…çà c’est intéressant. Ce qui l’est moins, ce sont les cadavres à moitié enterrés montrant qui un pied, qui une tête… Que c’est intéressant la guerre ! On peut être fier de la civilisation ! ». ou encore l’endroit « tranchée palace »… Les plus poignantes sont celles de Jean Blanchard, de Henry Floch et de Léonard Leymarie, fusillés pour l’exemple à Vingré avec d’autres camarades…
Ces pages sont pleines de descriptions de carnages, de bombardements, de morts (même de religieuses soignantes…), de cris d’amour aux épouses et aux enfants, à la famille aussi.
En plus de lettres, on trouvera aussi des extraits de carnets de guerre dont certains ont été édités après la guerre (Pinat, Gauthé…). D’autres sont de vrais cours de topographie ( La côte 304…) ou de vrais reportages.
Certains poilus, alors un matricule parmi d’autres, deviendront célèbres comme Maurice Maréchal, violoniste que les musicographes considèrent comme l’égal des Casals et Rostropovitch… Jean Giono (radio télégraphiste au 140ème R.I.), écrivain…
Pour chaque poilu retenu, l’auteur donne une rapide notice biographique et a classé les lettres suivant un découpage saisonnier : premier été, automne, hivers, printemps, été, dernier automne.
A la fin de l’ouvrage, une intéressante chronologie des années 1914 à 1920.
Editions Perrin
La collection Librio (2 euros) a édité une centaine de ces lettres (n° 245)
De Roland André
Ce livre n’est pas un énième récit des opérations de la grande guerre. A part quelques notion de rappel concernant la déclaration de guerre et l’état d’esprit des combattants alliés et allemands, il est consacré entièrement à l’intendance …habillement, armement, nourriture…
Il s’adresse en particulier aux amateurs curieux de compléter leur documentation. C’est pourquoi les illustrations en noir et en couleurs sont très abondantes, au moins une par page. L’ouvrage est détaillé en parties et non en chapitres
Les conscrits de France, les troupes coloniales d’Afrique, d’Indochine et de Madagascar. Les différents habillements selon les armes et services, les armes, l’équipement hétéroclite et mal conçu, l’évolution du fusil Lebel…la cavalerie que les Allemands, reste de la furia française aussi éblouissante qu’inutile de Reischauffen d’août 1870 (Bas-Rhin) craignaient beaucoup…l’artillerie . On y apprend les origines de certains noms comme spahi, sipahi en turc qui désignait un cavalier…
Les parties suivantes décrivent la constitution et l’équipement des autres armées.
L’armée royale Belge : avec son roi Albert, symbole de la résistance du pays. Én Belgique le combattant de 1914-1918 est le jas ( qui signifie tunique) dont la signification populaire équivaut au poilu français.
Les armées britanniques : britanniques au pluriel parce que sont regroupés d’abord les 4 pays de la Grande Bretagne, Anglais, Ecossais, Irlandais, Gallois, mais aussi les pays du Dominion britannique, Australien, Canadiens, Néo-Zélandais, Indiens, Afrique du Sud. La première « british expeditionary force » débarquée à Boulogne Sur Mer, forte de 100 000 hommes fut traitée par l’empereur Guillaume de « misérable petite armée ».. La suite de la guerre lui démontra le contraire.
L’Angleterre était entrée en guerre parce que les Allemands avaient violé l’accord anglo-prussien qui garantissait la neutralité de la Belgique.
Dans cette partie on voit que les Anglais, fort de l’expérience de la guerre des Boers en Afrique du Sud, avaient mieux tiré les leçons pratiques de cette guerre (1899-1902) que les Français de celle de 1870. Uniforme, armement, équipement sont très modernisés et serviront de modèle aux autres pays.
Le corps expéditionnaire des Etats-Unis : Sous le commandement du général Pershing, ils n’entrèrent en guerre qu’en 1917. Les USA, à cette époque hostile à la conscription, n’était pas un pays militarisé…210 000 hommes avec seulement 1000 officiers et seulement 60 000 militaires de carrière, les autres étant les gardes nationaux, les garde-côtiers… Le colonel Georges Patton se fit remarquer avec ses chars lors de la prise de Château-Thierry… De 200 000 hommes en 1917, les USA envoyèrent plus de 3 millions de soldats en France…Cette armée américaine était déjà bien mieux équipée que nos Poilus
Les autres alliés :
L’Italie … Élle sort de ses échecs colonialistes en Éthiopie, tentative que les accords de la « triple alliance » avec l’Allemagne et l’Autriche lui laissaient la liberté d’entreprendre. L’Italie déclara la guerre à ses anciens partenaires, le 23 mai 1915 à l’Autriche et seulement le 27 août 1916 à l’Allemagne…C’est contre les Italiens qu’on apprend l’existence d’un officier allemand, Érwin Rommel, jeune lieutenant qui, au cours d’une manoeuvre fit en une seule fois 15 000 prisonniers italiens… Les Italiens, avec leur expérience de leur guerre en Afrique, avaient eux aussi déjà modernisé et simplifié leurs matériel de guerre, habits, armes, équipements…
La Russie : Éntrée en guerre en raison de l’accord de la « triple entente » de 1907 avec l’Angleterre et la France., la Russie tsariste était un colosse aux pieds d’argile. Après un début victorieux, le vieux maréchal Hindenburg, rappelé, fit subir aux Russe de telles défaites que le Tsar fut obligé de démissionner en 1917….
La Serbie : Évidemment, la Serbie, mauvais élève de l’empire austro-Hongrois ne pouvait opter que pour rejoindre les Alliés. La petite armée serbe opposa une résistance efficace et victorieuse aux Autrichiens. Cette partie aborde aussi les armées qui aidèrent la Serbie et les pays avoisinants, sous l’appellation générique de « front d’Orient ». … débarquement d’un corps expéditionnaire franco-britanique de 80 000 hommes en Grèce, pays pourtant germanophile. Les alliés de cette armée d’Orient étaient commandés par le général Franchet d’Ésperey
Le Montenegro : Comme l’Albanie et la Serbie, le Montenegro, tout petit pays, savait que sa destinée était liée à celles de la Servie et de l’Albanie, pays orthodoxes protégés par la Russie tsariste. Son entrée en guerre fut donc naturelle. Mais l’équipement des soldats monténégrins faisait penser plus à une bande de partisans qu’à une armée régulière..
La Grèce, La Roumanie, Les volontaires polonais, russes, tchèques, slovaques, Le corps expéditionnaire portugais, les Japonais.
Les ambitions déclarées par l’empereur Guillaume de se créer un empire colonial et pour cela de s’équiper d’une flotte de guerre puissante au détriment de l’Angleterre, la Triple Alliance (Allemagne Autriche Italie), à laquelle répondit la triple Entente (France Angleterre Russie) , tout cela laissait prévoir une guerre à court ou long terme.
|
Les canons allemands étaient d’une puissance et d’une efficacité importante, les récits concernant les faits de guerre 14-18, rappellent tous les préparations d’artillerie allemandes avant les attaques de fantassins… et combien de morts par obus… !
Canon allemand créé pour lancer des bombes incendiaires contenant de la thermite, mélange de poudre d’aluminium et d’oxyde de fer, et qui dégageait une chaleur intense.
On apprend que les Italiens sont les inventeurs du pistolet mitrailleur, mais ce sont les Allemands qui vont les fabriquer à des centaines de milliers d’exemplaires. Après la guerre, les Alliés, marqués par l’efficacité de cette arme, interdirent à l’armée allemande de s’en équiper… mais pas à la Police… D’où l’Allemagne équipa sa Police de pistolets mitrailleurs en surnombre… et les autres armées s’en équipèrent à leur tour, France, Belgique, Italie, de telle sorte qu’en 1940 les Allemands n’eurent plus qu’à les récupérer sur place à chaque invasion d’un pays.
Pour changer le cours de la guerre en faveurs des Alliés, il fallut trois évènements : Ce fut d’abord l’arrivée des chars, auxquels Hindenburg ne croyait pas…et pour cause, puisque les premiers mastodontes lents des Alliés se faisaient détruire facilement, les Allemands ayant inventé des balles perforatrices… ce qui obligea les Alliés à créer des chars plus efficaces… Ce furent ensuite l’aviation et l’arrivée des Américains.
L’Autriche Hongrie : Éntrée en guerre en même temps que l’Allemagne, l’empire moribond de l’Autriche- Hongrie voulait surtout régler sa question serbe plus que soutenir l’Allemagne. Cet empire était fragilisé du fait de sa composante d’une mosaïque d’états indépendantistes et de 15 langues, rendant difficile un commandement unique. Et si sa cavalerie, formée à la prussienne était solide, le point faible était l’artillerie (pas moins de 45 types de canons…)
La Turquie : Elle entra en guerre le 4 novembre 1914. Comme pour l’Autriche-Hongrie, la Turquie, officiellement encore à la tête de l’empire ottoman, est un pays moribond, attaqué aussi bien en Afrique ( Cyrénaïque) qu’en Éurope (Grèce, Serbie, Bulgarie…) et montré du doigt par les autres Nations après les génocides perpétrés par les Turcs en Crète, en Macédoine et celui des Arméniens (bien que l’Éurope bourgeoise ne s’en soit guerre ému…).
Les Alliés avaient pris peu au sérieux cette armée formée pourtant à l’allemande…
Hélas ! L’échec dramatique des Alliés aux Dardanelles prouva leur tragique insouciance…(145000 alliés tués, dont 27 000 Français..pour rien !)
Les accords de 1920 avaient été durs avec la Turquie, mais le nouveau chef de la Turquie, Mustapha Kemal, réussit en 1923 à atténuer les sanctions.
La Bulgarie : Ce pays s’était libéré de l’emprise turque en 1878 et était gouverné par un « tsar » soutenu par l’Allemagne et l’Autriche qui l’avaient assisté militairement durant la « première guerre des Balkans de mars 1912 à mai 1913. L’armée bulgare avait donc de l’expérience, malgré sa défaite de la deuxième guerre des Balkans de juin et juillet 1913. Humiliée, la Bulgarie se rangea très vite aux côté des « Centraux » se chargeant des combats sur le front oriental. contre la Serbie d’abord puis le Monténégro et l’Albanie. Élle refoula les Français tentant de venir aider leurs troupes de et pénétra en Grèce pour s’installer, avec la complicité du roi Constantin, en face du camp retranché allié. La Bulgarie ne fut pas ménagée aussi par le traité de paix…
|
L’illustration ci-contre montre combien le soldat français de 1914 était mal équipé au point qu’un certain ingénieur militaire, pour protéger le poilu des gaz et des baïonnettes proposa ce type d’armure…on revenait au moyen- âge… ! …Les chenilles des chars furent expérimentées sur des machines agricoles… Le mot tank (réservoir en anglais) a été le nom attribué au char anglais expérimenté en janvier 1916 pour protéger le secret de cette nouvelle arme.
Un livre intéressant à utiliser comme source de chiffres et de documentation iconographique.
Éditions Alain Sutton — 8 Rue du Docteur Ramon — 37540 Saint-Cyr-Sur-Loire - Collection Evocations Mai 2004 — 160 pages plus encart de 16 pages de photos anciennes en couleurs.
1/1 - La guerre
Angelo Yves : Les âmes grises
Annaud Jean-Jacques : La victoire en chantant , 1976
Bernard Raymond : Les Croix de Bois , 1932
Bozon Serge : La France , 2007
Chévenot Axel : Mon papa en guerre, 2005
De Broca Philippe : le roi de coeur, 1966
Deniau Jean-Charles : Les derniers poilus, 2004
De Turenne Henri : Verdun, 1966
Gance Abel : J’accuse, 1ère version, 1919
Gance Abel : J’accuse , 2è"’ version, 1937
Jeunet Jean-Pierre : Un long dimanche de fiançailles, 2004
Hubert Jean-Loup : Marthe
Lubtchansky : Les moissons de fer , 2004
Nadeau Gilles : Les années fracture 1914-1918, 1993
Ornek Tolga : Gallipoli, la bataille des Dardanelles, 2005
Poirier Léon : Verdun, vision d’histoire, 1928
Raynall Gérard : Les mutineries de 1917 au Chemin des Dames, 1998
Renoir Jean : La Grande Illusion , 1937
Rouftio Jacques : L’horizon, 1967
Surcin Jean-Marc : Les derniers de la der des ders
Tavernier Bernard : La vie et rien d’autre, 1989 Tavernier Bertrand : Capitaine Conan : 1996
Vouters Bruno : 14-18, Des hommes dans la tourmente, 2004
I /2 - Fusillés pour l’exemple
Cabouat Patrick : Fusillés pour l’exemple —France 3, 2003
Grimois Nicolas : Fusillés pour l’exemple, 2002
1 / 3 - Les gueules cassées
Dupeyron François : La chambre des officiers, 2001- A rapprocher de Johnny s’en va-t-en guerre
Lorenzi Jean-Louis : Le bal des célibataires :
I / 4 - L’amnésie
Calmettes Joël : Le soldat inconnu vivant, 2004
Le Borain Gabriel : Les fragments d’Antonin , 2006
Arte : Le cas Mangin : (adaptation du « soldat inconnu » de Le Naour)
I / 5 – fraternisations
Carion Christian : Joyeux Noël , 2005
Gaumnitz Michaël : Premier Noël dans les tranchées, 2005
Jayanti Vikram et France 2 : la trêve de Noël, 2004
Lorenzi Jean-Louis : La tranchée des espoirs,
Attenborough Richard : Ah, Dieu que la guerre est jolie, 1969
Boyd William : The trench, 1999
Kassovitz Peter : Le sang noir ,
Kubrick Stanley : Les sentiers de la gloire , 1957
Losey Joseph : Pour l’exemple (king and country), 1964
Power Michaël : Colonel Blimp (the life and death of colonel Blimp), 1943
Trumbo Dalton : Johnny s’en-va-t-en guerre, 1971
Union Dave : La guerre n’est pas leur jeu, 2002, (film d’aimation)
Weir Peter, Galipoli, 1981
A l’ouest, rien de nouveau
|
L’Allemagne déclare la guerre à la France le 3 août 1914. Adrien Fournier, ingénieur issu des Arts et Métiers, est appelé et se retrouve lieutenant dans le. Choisi pour ses qualités d’ingénieur, il est envoyé en reconnaissance à cheval près de la ligne de front afin d’étudier la construction d’un pont.. Un obus éclate et lui arrache le bas du visage.
La guerre, il ne l’aura pas connue et c’est à l’hôpital militaire du Val de Grâce qu’il l’a passera, dans une chambre spéciale réservée aux officiers. Entré en 1914, il ne sortira qu’à l’armistice, après un séjour de 5 ans à l’hôpital.
Cette chambre, une chambrée commune à plusieurs, n’a pas de miroir. Défiguré et incapable de parler, c’est à travers le regard des autres que ce blessé grave, pendant cinq ans, va se lier d’amitié avec les autres officiers qui vont s’entraider pour se reconstruire. Officier, il a droit à un peu de morphine et le chirurgien va tenter opération sur opération (16 en tout). Le souvenir de Clémence, sa conquête du jour de départ, le hante tout le temps, pas forcément très gentiment..
| Réalisateur : | François Dupeyron |
|---|---|
| Scénario : | François Dupeyron et Marc Dugain |
| Producteurs : | Laurent et Michèle Pétin |
| Production : | ARP et France 2, Participation de Canal + |
| Budget : | 48 millions de francs |
| Musique : | Jean-Michel Bernard |
| Studio : | Arvo Part |
| Photographie : | Tetsuo Nagata |
| Montage : | Dominique Faysse |
| Décors : | Patrick Durand |
| Costumes : | Catherine Bouchard |
| Sortie : | 18.05.2001 à Cannes et 26.09.2001 en salles |
| Couleurs : | |
| Durée : | 2 h.15 |
| Acteurs : | Dupeyron a fait son premier film en 1988 avec Deneuve et Depardieu
Arditi Catherine (la mère d’Adrien), Azéma Sabine (Anaïs), Caravaca Éric (Adrien), De Guillebon Xavier (Louis), Derangère Grégori (Pierre), Dronne Agathe (la fiancée d’Adrien), Dussolier André (le chirurgien), Lethem Circé (la sœur d’Adrien), Le Person paul (le grand-père), Pailhas Géraldine (Clémence), Podalydès Denis (fleuri), Portal Jean-Michel (Alain), Renauld Isabelle (Marguerite), Tielrooy Élise (Cécile infirmière), Tréjean Guy (le ministre) Certains acteurs sont des chevronnés , Inutile de présenter Azéma et Dussolier, Polydalès est sociétaire de la Comédie Française, Isabelle Renauld a joué pour Planchon et tourné avec Chéreau. |
|
La réalisation du film n’a pas été facile pour Dupeyron. L’ayant bien préparé, en particulier la fin de l’histoire avec laquelle il prend des libertés pour la rendre plus optimiste, il apprend que les droits d’auteur appartenaient à des producteurs anglais. Il veut laisser tomber. Mais après une rencontre avec ces producteurs, il se remet au travail et recrute les acteurs avec lesquels il a déjà tourné dans « C’est quoi la vie » primé à San Sébastien.
Nominé au César du meilleur film au festival de Cannes 2001
César de la meilleure photographie et du meilleur second rôle (Dusselier) Cannes 2002. Nominé au meilleur film, au meilleur réalisateur, au meilleur scénario, aux meilleurs costumes, au meilleur acteur (Caravaca) et meilleur espoir mascuilin `Derangère et Portal) Cannes 2002.
Prix du filin Éuropel
Ce n’est pas un énième film sur la guerre de 1914-1918.11 est à part. Dupeyron aborde un aspect particulier de la guerre, « les gueules cassées » auxquelles jusque là le cinéma français ne s’était que peu intéressé. Il faut remonter au filin de Donald Trumbo, « Johnny s’en va-t-en guerre » avec toutefois la remarque que Trumbo était bien plus réaliste et dur dans ses images sur une réalisation assez semblable, voix off pour exprimer les pensées du blessé devenu muet, le ble’ssé sert de cobaye, le rôle des infirmières…
Il traite de la guerre et des ses horreurs dans un aspect particulier, celui de ses conséquences.
La chambre est en fait le lieu où chacun se voit dans le regard des autres, surtout celui de l’infirmière Azaïs, où se nouent des amitiés qui aideront réciproquement chacun à se reconstruire, à évacuer une souffrance plus morale que physique.
|
L’absence de miroir dont le prétexte est d’éviter les suicides, est voulue pour que le spectateur s’habitue à l’intolérable, où la beauté physique (Adrien était un beau et séduisant jeune homme) n’a plus de place « T’es pas mal de dos » lui dit-on. Prétexte…oui, parce que le réalisateur malicieusement nous montre que les reflets des vitres peuvent remplacer les miroirs…et pas facile de se raser sans miroir, c’est dans ces petits riens que se forge l’amitié.
Le rôle des femmes dans « la chambre des officiers » est primordial. Dès le début il joue sur le nom de Clémence pour nous indiquer que les femmes sont porteuses de clémence : « Clémence, ça ne va pas bien avec la guerre ».
Otto Dix (1891-1969).Soldat blessé : Automne 1916 Bapaume 1924Eau-forte de la série « La guerre ».
|
La scène du départ en train des soldats tord le cou à l’idée à l’idée que l’on sait fausse aujourd’hui, celle qui affirme que les soldats étaient pris d’une sorte d’ivresse patriotique. En effet, Adrien ne comprend pas l’euphorie du moment. Cette idée reçue n’a été, en réalité, que le fait de quelques manifestations sur les boulevards de Paris, grossies par la grande presse, à la solde des dirigeants qui avaient trop facilement ordonné la mobilisation générale.
Ce film est une formidable leçon d’humanisme et de tolérance, en même temps qu’une analyse impitoyable de l’absurdité de la guerre.
Il y a 2 DVD ; un simple et un avec compléments, bandes annonces des films à venir, interviews etc.,
http://www.cdiscount.com/dvd/dvd-dr...
téléchargeable en VOD sur http://www.allocine.fr/film/fichefi...
http://www.amazon.com/Chambre-Offic...
RM Vidéo —125 Bld Gambetta — 95110 Sannois
http://video.fnac.com/a1343275
Des « fusillés pour l’exemple » n’ont pas été exécutés juste seulement en 1917 ; il y en eut dès 1914. Mais, effectivement il y en eut surtout lors des mutineries de 1917. Henri Barbusse, dans son livre « le feu » en donne un exemple.
Monument de Riom
|
Après le récit des exécutions, le documentaire aborde le sujet des réhabilitations qui se firent dès 1920 et 1930 grâce à l’action des associations d’anciens combattants qui soutenaient les familles, les difficultés des historiens à consulter les archives militaires, le peu de traces photographiques, l’opposition des classes politiques réactionnaires à reconnaître un crime de l’armée.
Dans les associations il faut souligner la place importante de l’ARAC de la section de Riom et de son président de l’époque, Julien Fayard, qui, dans le cimetière de la ville, en 1922, a fait ériger un obélisque en lave de Volvic, « aux camarades mis au poteau, ceux de Vingré, Fleury, Flirey, Fontenaoy et Souain »
Les planches qui illustrent le film ont été tirées du l’album « C’était la guerre des Tranchées » de Jacques Tardi
| Titre : | Les fusillés pour l’exemple |
|---|---|
| Réalisation : | Patrick Cabouat |
| Scénario : | Patrick Cabouat et André Moreau |
| Production : | France 3 |
| Durée : | 52 minutes |
| Emission : | 9 novembre 2003 |
Jacques Tardi « C’était la guerre des tranchées » Casterman 1993
|
Le film : Ce documentaire de France 3 s’attache à montrer que les condamnations visèrent d’abord des actes individuels, mutilation volontaire, délit de fuite, passage à l’ennemi, désertion, abandon de poste, recul pendant l’assaut, le tout couvert du délit général de lâcheté.
Ave les inutiles, interminables et meurtrière des offensives, dont surtout celle du « Chemin des Dames », le mécontentement devint collectif et les actions de révolte furent appelées « mutineries ».. Elles furent vite réprimées. Et on apprend avec surprise que ce n’est pas en 1917 qu’il y a eu le plus de fusillés, seulement une cinquantaine, mais en 1914 et 1915.
Le documentaire replace les évènements aussi dans un contexte politique où pacifistes et révolutionnaires tentaient de lancer des mots d’ordres de rébellion contre la guerre. France 3 a réalisé ce documentaire à partir du livre qui sortait en même temps que le film « Joyeux Noël » de Christian Cation. Evidemment, il ne faut pas ignorer le renouveau de l’étude de l’histoire de la guerre 1914-1918, maintenant que tous les protagonistes sont morts. Il ne faut pas oublier non plus que cette monstruosité de faire tuer des soldats français par des soldats français a soulevé la mémoire collective dès l’après-guerre. Lionel Jospin, premier ministre, n’a fait que régulariser une situation qui, tôt ou tard, serait redevenue au devant de l’histoire. « Que ces soldats, désignés pour l’exemple, réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale » ( 5 novembre 1998 à Craonne)
Paris, le 3 mars 1934 - Au cours de la séance de la cour spéciale de justice militaire qui s’est tenue aujourd’hui. Le jugement a été rendu dans l’affaire des quatre fusillés de SOUAIN, exécutés le 17 mars 1915 pour refus d’obéissance devant l’ennemi et dont le procès en révision a eu lieu hier après-midi. En application de ce jugement, la MÉMOIRE des caporaux MAUPAS, LEFOULON, GIRARD, LECHA T est RÉHABILITÉE et leurs veuves reçoivent le Franc traditionnel de dommages-intérêts. |
|---|
Le thème est celui du livre de Michaël Morpurgo. C’est l’histoire réelle de la fraternisation entre soldats ennemis, allemands et anglais, la nuit du 24 décembre 1914 sur le front occidental, à Ypres. Le récit suit de très près la réalité.
|
C’est le soir du 24 décembre que les sentinelles anglaises furent alertées par des mouvements de lumières dans les tranchées allemandes ainsi que par des chants…Un soldat identifia heureusement le vieux chant de Noël allemand « O tanenbaum ». Les Anglais eurent alors l’idée de chanter à leur tour « 0 Christmas tree » (o, l’arbre de Noël). Cependant, toute la nuit, les Tommies se posèrent la question des illuminations, ignorant la tradition germanique du sapin de Noël. Ce n’est que le 25 décembre, au petit matin, qu’ils virent un soldat allemand, casque à pointe sur la tête, s’avancer vers eux brandissant un arbre décoré de bougies, suivi par d’autres soldats allemands non armés. Les soldats britanniques, à leur tour, sortirent des tranchées et allèrent au devant des Allemands. La trêve se prolongea le 26 décembre. Et certains soldats anglais écrivirent à leur famille des lettres racontant cet événement. Ceci fit comprendre en Angleterre que les Allemands n’étaient pas les êtres inhumains terribles que le commandement et la presse décrivaient.
Les poignées de main qui s’ensuivirent firent, que par la suite, ces soldats allemands et anglais refusèrent de tirer sur les tranchées ennemies pour éviter de tuer un des ses camarades d’un jour. Ceci joint aux lettres « démoralisatrices » fit que les commandements reprirent les choses en mains en faisant bombarder les tranchées récalcitrantes par leurs propres canons.
Documentaire de France 2
Le commentaire réalisé par Vikram Jayanti est produit par France 2 et Célia Quartemain.
Il a été tourné dans la campagne anglaise et la boue lui fut fournie par un élevage de porcs du nord du pays. C’est un mélange de scènes où les figurants jouent aux soldats de tranchées et d’images d’archives. Une des scènes réelles eut lieu près de la Ferme Notre Dame où, à Noël 1999, des Anglais ont érigé une croix.
|
Transcription au cinéma du roman de Roland Dorgelès du même titre
Demachy, étudiant, est mobilisé et se retrouve au front. Il connaît là les horreurs de la guerre, la tranchée, la boue, le froid, la peur. Avec ses camarades de front, il tente de survivre dans les tranchées en 1916. .
Pour ce film, le réalisateur avait fait appel à des acteurs chevronnés, Pierre Blanchar, J. Galland et Charles Vanel, mais, non satisfait des comédiens embauchés comme seconds rôles, il fit appel aux anciens Poilus ayant réellement vécu dans les tranchées.
| Réalisateur : | Raymond Bernard |
|---|---|
| Assistante réalisatrice : | Lucienne Grumberg |
| Scénaristes : | Raymond Bernard, Roland Dorgelès, André Lang, à partir du livre de Roland Dorgelès. |
| Producteur : | Bernard Natan |
| Administrateur : | André Gargour |
| Direction artistique : | Jean Perrier |
| Editions : | Pathé-Natan |
| Photographie : | Jules Kruger, René Ribault |
| Son : | Antoine Archambaud, Reginald Campbell, Roger Loisel |
| Montage : | Lucienne Grumberg |
| Décors : | Patrick Durand |
| 1ère sortie : | 17 mars 1932 |
| Couleurs : | Noir et blanc |
| Durée : | 1 h 48 |
| Acteurs : | Raymond Aimos ( soldat Fouillard), Antonin Artaud (soldat Vieublé) Paul Azaïs (soldat Broucke), René Bergeron ( soldat Hamel), Pierre Blanchar (adjudant Demachy, étudiant), Raymond Cordy (soldat Vairon), Marcel Delaïtre (sergent Berthier), Gabriel Gabrio (soldat Sulphart, ouvrier), Jean Galland (capitaine Cruche) , Pierre Labry (soldat cuistot Bouffioux), Géo Laby ( soldat Belin), Charles Vanel (caporal Breval, boulanger), et René Montis (lieutenant Morache), Jean François Martial (soldat Lemoine) et Marc Valbel (Maroux) |
Il est des films qui apportent de vraies satisfactions aux cinéphiles. Ce film de Raymond Bernard adapté du roman de Roland Dorgelès, du même titre, en est un bon exemple.
Daté de 1931, il relate avec un réalisme terrible la vie quotidienne des Poilus dans l’enfer de Verdun, et les lecteurs du récit non romancé de Henri Barbusse « Le Feu » y retrouveront des scènes identiques et poignantes, parfois dures à supporter. Même si Dorgelès, donc le film, ne va pas aussi loin dans la condamnation de la guerre en soi, le film reste quand même une vraie leçon à méditer.
|
1917, au loin la guerre bat son plein. Nous sommes à l’arrière où Camille, une jeune épouse, vit au rythme des nouvelles de son mari parti au front. Un jour, elle reçoit une lettre de rupture, lettre très courte qui la bouleverse et va changer sa vie. En effet, elle décide d’aller le voir et se déguise en soldat. Elle part vers le fi-ont par des chemins détournés pour ne pas rencontrer les gendarmes. Mais elle finit, dans une forêt, par rencontrer un groupe de soldats qui ne se doutent pas de sa véritable identité
| Réalisateur : | Serge Bozon (L’Amitié 1998, Mods, 2003) est aussi scénariste ( Trafic, Vertigo…) et acteur |
|---|---|
| Scénario : | Axelle Ropert |
| Images : | Cécile Bozon |
| Son : | Laurent Gabio, Pauline Gaillard, Maïkol |
| Montage : | François Quiqueré |
| Musique : | Medhi Zannad, Benjamin Esdraffo |
| Décors : | Brigitte Brassard |
| Costumes : | Renaud Legrand |
| Producteur : | David Thion |
| Production : | Les Films Pelléas |
| Participation : | Centre national de la Cinématographie (CNC), Région Ile de France, Région Centre (subvention de 150 000 euros) |
| Soutiens : | Centre Images ( agence régionale du Centre pour la diffusion du cinéma et de l’audiovisuel), Groupement National des Cinémas de recherche (salles Art et Essai) |
| Distribution : | hellac France, 2007, 1 h42, couleur |
| Récompenses : | Prix Jean Vigo de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes 2007. Serge Bozon a déjà réalisé « l’Amitié » (1988), « Mods » (2003). Scénariste, il est aussi acteur |
| Acteurs : | Il n’y a que les principaux rôles qui sont joués par des acteurs de métier (Testud, Greggory, Négret, talon…).
Les autres ont d’autres professions, professeur, critique littéraire, musiciens pro ou amateur, assureur… Avec : Sylvie Testud (Camille), Pascal Greggory (le lieutenant), Guillaume Verdier (le cadet), Bob Boisadan (guitariste), Lionel Turchi (violoniste), Laurent V alero (bandéoniste), Michel Fossiez (hautboïste), Laurent Talon (Antoine), François Negret (Jacques), Pierre Léon (Alfred), Benjamin Esdraffo (Pierre), Didier Brice (Jean), Laurent Lacotte (Frédéric), Jean Christophe Bouvet (Elias) Emmanuel Lefauvre (le fils d’Elias) et Guillaume Depardieu. Pascal Greggory est un acteur chevronné ayant tourné avec Patrice Chéreau et Rohmer. |
La guerre elle-même ne se dessine pas dans ce film par des batailles, mais par des ennemis invisibles. Ils sont là, on sent leur présence, mais on ne les voit pas. C’est une ballade…avec le double sens du mot, ballade à la façon des troubadours (chants d’amour) et ballade au sens de promenade, (le fils est tourné à 99% en extérieurs). La guerre n’est qu’un prétexte, présente en chansons parfois peu classiques. Mais peu à peu, elle grandit au fur et à mesure des images, vue d’abord de l’arrière par Camille, et avec elle, de plus en plus actuelle au fur et à mesure de son avancée vers le front. Parallèlement la tension monte vers une violence également de plus en plus forte.
La dualité amour-guerre est condensée dans le rôle du lieutenant (Pascal Greggory) qui bien qu’officier conscient d’être acteur de la guerre semble s’en détacher bien qu’il sache que la guerre est présente partout et tout le temps. Et il apparaît vite qu’il se doute de la personnalité réelle du soldat rencontré, Camille ; mais là encore, il laisse filer et ne dit rien.
On a dit que le guerre était présente en chansons, d’où la présence des musiciens de la troupe rencontrée par Camille, le violoniste, l’hautboïste etc..la musique est alors considérée par Bozon comme un élément d’unité entre les soldats, de fraternité … et les chansons, ( ce n’est jamais le même chanteur), ce sont celles de l’amour, celles de Camille qui ne peut parler à personne de son mari. La musique, thèmes musicaux et chansons ont donc ici une grande importance. De plus, Bozon a tenu à reconstituer les formes des instruments de l’époque de 14-18, telles qu’il les avait vu sur des photos de poilus musiciens qui avaient fabriqué ces instruments avec du matériel de récupération pris dans les tranchées. (violon fait de boites de cigares, guitare avec des cordes tendues sur un casque. Bozon a alors demandé à des « inventeurs » belges de fabriquer et de créer des instruments identiques
Prix Jean Vigo à la quinzaine des réalisateurs Cannes 2007
La musique : wwww.lafrance-lefilm.com
Le film : wwww.shellac-altern.org
|
L’idée de la trêve lui a été fournie par la lecture du livre « Batailles de Flandres et d’Artois en 1914-1918 » de Yves Buffetaut et surtout par le chapitre des fraternisations « l’incroyable Noël de 1914 ».
C’est une histoire proche de « la trêve de Noël ». Le chanteur Nikolaus Sprink part au front devant renoncer à sa prodigieuse carrière de ténor à l’Opéra de Berlin et ne plus voir Anna Sörensen, sa partenaire danoise dont il est amoureux. Le jeune Jonathan qui s’est engagé était aide de paroisse dans son Écosse natale et il emmène avec lui le père Palmer prêtre anglican de sa paroisse qui va aussi s’engager comme brancardier sur le Front nord de la France. Le lieutenant français Audebert, fils d’un général, doit quitter sa femme enceinte et alitée. Depuis son départ, les Allemands occupent la petite ville où elle a dû sans doute accoucher.. Il souffre de ne rien savoir.
Noël arrive et ces trois principaux personnages vont se retrouver dans les tranchées près d’Armentières pour découvrir que « celui d’en face » n’est pas le monstres sanguinaire qu’on lui a dit, mais bien un être humain dont ils vont serrer la main et échanger cigarettes et chocolat et chanter ensemble des chants de Noël, prendre des repas en commun, échanger des photos.
| Réalisateur : | Christian Carion : auteur de « Une hirondelle a fait le printemps » en 2001 |
|---|---|
| Scénario : | Christian Carion |
| Direction : | Philippe Larue |
| Producteurs : | Christophe Rossignon et Christopher Borgman |
| Production : | Co-production internationale : Nord Ouest production (France) Artemis Production (Belgique), et Senator films(Allemagne), The Bureau (Grande Bretagne), Media Pro Pictures (Roumanie) |
| Budget : | 18,15 millions d’euros, (22 millions de dollars) |
| Distribution : | UGC (France) — Sony Pictures (USA) |
| Musique : | Philippe Rombi |
| Son : | Pierre Mertens, Thomas Desjonquères et Dean Humphrey |
| Casting : | Susie Figgins et Sabine Schroth |
| Photographie : | JWalther Van Den Ende |
| Montage : | Andrea Sedlackova |
| Décors : | Jean-Michel Simonet |
| Costumes : | Alison Forbes-Meyler |
| Pays : | France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Roumanie. |
| Son : | Dolby digital |
| Couleurs : | |
| Sortie : | 09.11.2005 |
| Durée : | 116 minutes |
| Acteurs : | Diane Kruger, ( Anna Sorensen, une Suédoise), Benno Fürmann (Nikolaus Sprink, musicien), Guillaume Canet (Lieutenant Audebert, fils de général), Gary Lewis (Palmer), Dany Boon (Ponchel), Daniel Brühl ( Horstmayer), Lucas Belvaux ( Gueusselin), Bernard Le Coq ( le général), Alex Ferns (Gordon), Christopher Fulford (Le major), Michel Serrault (le châtelain), Suzanne Flon (la châtelaine), Robin Laing (William), Joachim Bissmeier (Zimmerman), Thomas Schmauser (le kronprinz), Steven Robertson (Jonathan),Ian Richardson (l’évêque), Christian Canon (un infirmier), Tom Duncan (un soldat), Mathias Hen mann (soldat Robert), Christophe Rossignon (soldat Friedmann) . |
Le tournage du film devait commencer en mai 2004. Canon avait réservé des terrains militaires, les seuls assez grands disponibles pour refaire creuser des tranchées. La ministre de la Défense, madame Alliot Marie, était d’accord, tout comme le colonel commandant ces terrains dans le cadre de la mission de l’armée « interposition et paix » q mais une semaine avant la construction des décors sur un terrain de l’armée, le réalisateur se voit refuser ce terrain car le sujet « sympathie entre soldats allemands et français » ne plaît pas à un général pour qui c’est un sujet tabou. Il lui faut trouver un autre terrain d’au moins 100 hectares isolés. Il le trouve en Roumanie près de Bucarest. Le tournage commence donc en août avec deux semaines en Écosse avec le début du film, la suite avec les scènes de tranchées et du no man’s land en Roumanie et la fin en Allemagne dans l’opéra de Berlin. Quelques scènes sont quand même tournées dans le nord de la France. Le château du Kronprinz est celui de Brias, près d’Arras.
Les fraternisations dans ce film ne sont pas une révolte contre la hiérarchie, ni contre l’absurdité de la guerre, il n’y a que quelques mois que la guerre a commencé. Elles sont l’expression d’un désir des soldats des deux camps de souffler un peu avant de reprendre le combat ; ce n’est pas une remise en cause du patriotisme ni du bien-fondé de la guerre. És costumes reprennent la vieille tenue garance des Poilus.
Il semble que la trêve a débuté par la volonté de chaque camp d’enterrer ses morts. Une anecdote qui a eu réellement lieu montre le degré suprême d’imbécillité des officiers supérieurs : le chat qui errait entre les tranchées allemandes et françaises a bien été condamné par un tribunal militaire et fusillé comme espion. Canon a eu beaucoup de mal à tourner cette scène car les figurants qui formaient le peloton d’exécution refusèrent de tirer sur le chat, même après que Canon leur ait dit que les balles étaient à blanc. Du coup, il a retiré la scène de l’exécution…
Les airs d’opéra et les chants qui émaillent ce film ont été exécutés par :
Les fraternisations ont été longtemps cachées en France depuis le général Mangin qui avait confisqué les photos et les documents montrant les scènes de ce Noël 1914. Mais la censure n’a pas pu empêcher que quelques témoignages aient passé au travers, surtout du côté anglais. De plus, la plupart des anecdotes ont été racontées ou écrites après la guerre.
Elles témoignent du succès du film
La musique du filin peut être téléchargée au site de musique de la FNAC, après inscription et identification.
|
Ce film est tiré du livre du réalisateur lui-même, Dalton Trumbo, paru en 1939, juste deux jours après la déclaration en Europe de la seconde guerre mondiale.
Ce livre, à sa sortie le 3 septembre 1939, parut être le plus virulent pamphlet anti-militariste aux USA, et malgré son succès en librairie (le tirage fut vendu en quelques jours), la réédition ne pourra se faire qu’après 1945… Il est vrai que Dalton Trumbo avait été catalogué comme communiste et à ce titre inscrit sur la liste noire mac-carthiste de la Commission des activités anti-américaines.
John Bonham est un jeune américain plein d’enthousiasme qui décide de s’engager pour aller combattre sur le front pendant la première guerre mondiale. Il laisse aux USA sa fiancée Kareen. Le dernier jour de la guerre, il est envoyé en reconnaissance de nuit. Il est alors gravement blesse par une mine qui lui arrache les bras et les jambes, lui enlève le bas de la figure, donc la parole, la vue, l’ouïe et l’odorat. C’est donc un épave « décervelée » qui se retrouve sur un lit d’hôpital, au service de médecins qui vont en faire un cobaye médical. Il Entre rêves, cauchemars et souvenirs, il se remémore son passé et essaie de deviner le monde qui l’entoure à l’aide de la seule possibilité qui lui reste, la sensibilité de la peau de son torse. Une infirmière particulièrement dévouée l’aide à retrouver le lien avec le monde extérieur. Lorsque le personnel médical comprend que ce corps contient une âme intacte, il doit se décider à prendre une décision médicale selon la déontologie de l’époque, et malgré la demande de Joe à ce qu’on le laisse mourir, les médecins vont s’acharner à le faire vivre.
| Titre original : | ohnny got his gun |
|---|---|
| Réalisateur : | Dalton Trumbo |
| Scénario : | Dalton Trumbo |
| Producteurs : | Bruce Campbell, Tony Monaco et Christopher Trumbo |
| Production : | Rich Productions |
| Images : | Jules Brenner |
| Musique : | Jerry Feldings |
| Montage : | Millie Moore |
| Décors : | Harold Michelson |
| Costumes : | Alison Forbes-Meyler |
| Pays : | France, Allemagne, Royaume-Uni, Belgique, Roumanie. |
| Son : | Dolby digital |
| Couleurs : | Noir et blanc |
| Sortie : | 4 août 1971 aux USA, et 21 février 2001 en France |
| Durée : | 111 minutes |
| Acteurs : | Bottoms Timothy ( Joe Bonham), Fields Kathy (l’amie de Joe), Hunt Marsha (la mère de Joe), Robards Jason (le père de Joe), Suntherland (Jésus-Christ), Varesi Diane ( 4ème infirmière). |
C’est le seul film de Donald Trumbo, par ailleurs scénariste pour d’autres grands réalisateurs, Frank Capra, Wxlliam Wyler, Otto Preminger, Robert Aldrich, John Frankenheimer et Stanley Kubrick (« Spartacus »). Mais, dans ce film, c’est la 1ère fois qu’il signe le scénario de son vrai nom…ayant pour les autres fois signé d’un pseudonyme, à cause du mac-carthisme.
Une seule ombre peut-être dans ce film, le très mauvais doublage en français.
A sa sortie en France, il fut interdit aux moins de 12 ans.
Les scènes de l’hôpital sont en noir et blanc, couleur qui veut rendre l’atmosphère de la guerre 1914-1918, et en couleurs pour les flash-back de l’enfance.
Le film est très discret au niveau des images, malgré la dureté du récit, pas de sang, on ne voit pas qu’on a affaire à un homme-tronc, car Trumbo ne filme que les parties saines du mutilé, son visage étant toujours couvert par le drap du lit. Et pourtant, ce film est parfois difficilement supportable en raison de la torture mentale que vit Joe Bonham, quand peu à peu il prend conscience de son état. C’est par la voix-off que nous connaissons ses sentiments. Comment cet homme arrive-t-il à communiquer avec son infirmière et à lui faire comprendre sa tendresse et son amour…et un certain besoin physique ?
Le film est un manifeste double, contre la guerre et pour l’euthanasie. Il faut se rappeler que le livre est sorti en 1939 et le film en 1971, alors que les USA sont en pleine guerre du Vietnam, ce qui lui donne une force supplémentaire qui fit que les divers mouvements pacifistes et antimilitaristes des années 1970 s’en emparèrent comme réquisitoire contre l’absurdité de toutes les guerres… et contre l’acharnement thérapeutique qui amène à dire que les assassins n’étaient pas seulement ceux qui envoyaient les hommes au combat mais aussi les médecins militaires américains qui s’acharnent à faire vivre un homme qui aurait du mourir tranquillement..
alapage. com
|
Contrairement à ce que pourrait laisse penser le titre de ce film, Antonin n’est pas « fragmenté » physiquement. Nous sommes en 1919, à la sortie de sa guerre, il est indemne de toute blessure, comme le note l’affiche et la jaquette du dvd « Il y a des combats dont on revient sans blessure apparente ». Cet instituteur est retrouvé errant et ne sait pas qui il est ni d’où il vient. Il ne sait prononcer inlassablement que cinq prénoms et faire que cinq gestes, tics insérés dans une histoire d’amour entre Antonin et Madeleine. Le professeur Labrousse, un éminent psychiatre de l’époque et pionnier du traitement des traumatismes de guerre, s’intéresse à ce cas étrange… Etrange mais pas nouveau au cinéma puisque le sujet de dans « le cas Mangin », entre autres.
| Réalisateur : | Gabriel Le Bomin |
|---|---|
| Scénario : | Gabriel Le Bomin |
| Direction : | Philippe Larue |
| Assistant : | Julie Navarro |
| Production : | Dragoonie film, Les productions Lederrman |
| Directeur : | Mirabelle Giraud-Montagne |
| Distribution : | Rezo films |
| Photographie : | Pierre Cottereau |
| Musique : | Fabien Roemer |
| Son : | Lionel Montabord et Xavier Piroelle |
| Montage : | Bertrand Collard |
| Casting : | Lionel Montabord et Xavier Piroelle |
| Scripte : | JMarion Pin |
| Mixage : | Laurent Chassaigne |
| Décorateur : | Aurélien Geneix |
| Costumes : | Mahemiti Deregneaucourt |
| Concours : | Centre National de la Cinématographie, Fondatioon GAN pour le cinéma, Région Franche-Comté. |
| Attaché de presse : | Laurence Grance et Karine Ménardt |
| Couleurs : | |
| Sortie : | 8.11.2006 |
| Durée : | 1 h 30 |
| Acteurs : | Arestrup Niels (professeur Lantier), Asseraf David (Charles), Collette Yann ( capitaine Oriac), Demolon Pascal (lieutenant Ferrou), Dérangère Grégori (Antonin Verset), Duthilleul Laure (Marie), Grinberg Anouk (Madeleine Oberstein), lera Jean-Baptiste (Mazard), Recoin Aurélien (professeur Labrousse), Samuel Richard (Jergen), Thouvcnin Cyrille (Stan). |
Gabriel Le Bomin est un spécialiste des films documentaires, dont « le puits » sur les traumatismes de guerre qui lui avaient fait découvrir que « la guerre ne provoquait pas seulement des blessures corporelles, mais aussi des blessures de l’âme, qui ne se voient pas et dont on ne parle pas. »
Gabriel Le Bomin a en effet fait son service militaire au Service Cinématographique des Armées et a pu avoir accès à certains documents d’archives. Il a pendant ce temps de biffin réalisé un documentaire pour le compte du Musée de la Marine et d’autres sur les traumatismes des guerres de Corée, d’Indochine et de la guerre du Golfe.
Il livre dans ce premier long métrage sa vison personnelle de la guerre ; il a choisi de parler des blessures intérieures plutôt que des blessures physiques. C’est à travers d’Antonin, secoué de tremblements dus à un choc traumatique, que le réalisateur reconstitue une vie dans une ambiance sonore irréelle, ambiance éthérée telle qu’on peur supposer être celle des amnésiques. Le professeur Labrousse essaie de lui faire revivre certains moments de sa vie pour le soigner.
Ce film est au fond un témoignage celui des traumatismes de guerre et celui des balbutiements de la psychiatrie appliquée aux traumatismes… Il y aurait peut-être un rapprochement à faire entre les soldats cobayes physiques de la « Chambre des officiers » et ici, les soldats cobayes psychiatriques…
C’est un film sobre, sans effets inutiles, on dirait un film de documentation clinique, couleur cendre, aux dialogues réduits… sauf peut-être pour les scènes des tranchées où les acteurs se montrent à un haut niveau professionnel et les vues difficiles à regarder. C »s scènes de guerre ont été tournées au « camp du Valdahon » dans lequel beaucoup de spectateurs, anciens de l’époque de la guerre d’Algérie, ont crapahutés durant la semaine des « manœuvres » des classes. Les figurants sont des militaires permanents de ce camp, en particulier le 13ème régiment du Génie… qui se sont tapé le creusement des tranchées … D’autres scènes ont été tournées dans la forêt de Chaux, près de Dôle …Le fort est celui de Domant dans la région parisienne.
Malgré le fait que Le Bomin a passé par le SCA, il a mis 4 ans à préparer ce film dont deux pour écrire le scénario en consultant les médecins du Val De Grâce pour étoffer scientifiquement ses propos. De même il a attribué à Antonin des gestes et des propos qu’il avait visionné dans des films d’archives médicales militaires
Les traumatismes de guerre
César du meilleur premier film Cannes 2007
amazon.fr
www .lesfragmentsdantonin.com
imdb .com
mensuel « l’Histoire »
|
Ce n’est pas le premier roman de Japrisot à être porté à l’écran. « Compartiment tueurs » a été filmé par Costa- Gavras, « l’été meurtrier » par Jean Becker.
Japrisot a été aussi scénariste de « passager de la pluie » avec Charles Bronson, de effroyables jardins », de « enfants du marais ». Il a été aussi réalisateur de « Les mal-partis » ( 1975) et de « juillet en septembre » (1988).
En 1919, Mathilde a 19 ans. Deux ans plus tôt, son fiancé Manech est parti sur le front de la Somme. Comme des millions d’autres hommes, il est mort » au champ d’honneur »…Officiellement, car c’est écrit noir sur blanc sur l’avis officiel, mais Mathilde refuse d’admettre cette évidence. Si Mardech était mort, elle l’aurait su. Elle se raccroche à son intuition comme au dernier fil ténu qui la rattachait à son fiancé. Un sergent a beau lui affirmer que Manech est mort sur le « no-man’s land » qui séparait les tranchées française et allemandes, ce no-man’s land étant appelée « bingo crépuscule », où cinq soldats accusés de s’être mutilés volontairement ont été abandonnés…. Rien n’y fait. Mathilde s’engage dans une véritable enquête et, de faux espoirs en certitudes, elle va démêler peu à peu la véritable histoire de Manech au front et de quatre de ses camarades.
| Réalisateur : | Jean-Pierre Jeunet : (Délicatessen, La Cité des enfants perdus, Alien : la résurrection,le fabuleux destin d’Amélie Poulain, ) |
|---|---|
| Assistant : | Pascal Roy |
| Scénario : | Jean-Pierre Jeunet, Guillaume Laurent |
| Dialogues : | Guillaume Laurant |
| Producteur : | Jean-Lou Monthieux |
| Production : | Warner Bros France, Tapioca Films, TF1 Films |
| Producteur associé : | Francis Boespfluq |
| Producteur exécutif : | Bill Gerber |
| Distribution : | Warner Bros (en France) |
| Nationalité : | …officielle américaine (voir autour du film…) |
| Photographie : | Bruno Delbonnel |
| Musique : | Angelo Badalamenti |
| Son : | Jean Umansky, Gérard Hardy, Vincent Arnardi |
| Décors : | Aline Bonetto |
| Costumes : | Madeline Fontaine |
| Budget : | 46 millions d’euros (le plus gros du cinéma français), 57 millions de $. |
| Montage : | Hervé Schneid |
| Sortie : | 2003 : 1ère sortie 27.10.2004 |
| Couleurs : | |
| Durée : | 2 H15 |
| Acteurs : | Becker Jean-Pierre (lieutenant Esperanza), Bel Frédérique (une prostituée Bettenfeld Dominique (Ange Bassagnino), Butet Stéphane ( Philippot), Cancelier Urbain (le prêtre), Cornillac Clovis (Benoît Notre-Dame, ou Cet Homme), Cotillard Marion (Tina Lombardi), Darroussin Jean-Pierre (caporal Benjamin Gordes dit Biscotte), Depardieu Julie ( Véronique Passavant), Dreyfus Jean-Claude (commandant Lavrouye), Dupontel Albert (Célestin Poux), Duquesne Philippe (Favart), Durand Anaïs (Hélène Pire), Dussolier André (Pierre- Marie Rouvières), Foster Jodie (Élodie Gordes), Gibault Thierry (lieutenant Éstrangin), Hogaldo Ticky (Germain Pire), Karyo Tcheky (capitaine Favourier), Kircher Jérôme (Bastoche), Klein Arnaud (un soldat), Lavant Denis ( Six Sous), Lanners Bouli (caporal Chardolot), Leclaire Virgil (Manech enfant), Le Pechon Solène (Mathilde enfant), Levantal François (Thouvenel), Lôwensôhn Élina (sœur de Gunther), Maly Xavier (ami de Chardolot), Marciszewer Arnaud (Baptistin enfant), Neuwirth Chantal (Bénédicte), Pauly Rodolphe (Jean Desrochelles), Pereira Christian (employé des archives), Pinon Dominique (Sylvain), Reyer Maud (Madame Desrochelles), Rigault Sandrine (Manette), Roustan Myriam (une prostituée), Rouve Jean- Paul (le facteur), Rufus (un Breton), Tautou Audrey (Mathilde), Thomassin Florence (la narratrice), Ulliel Gaspard (Manech), Vuillermoz Michel (P’tit Louis).
Et : Barbier Jean-Gilles, Beche Jean-Philippe, Courau Clotilde, Gaultier Tony, Fraticelli Éric, Gondoin Mick, Robin Michel, Robert Marc, Techer Ida, Serny Michel, Vuillemin Odile, Une brochette de comédiens de premier ordre dont : Clovis Cornillac : Vert Paradis, La Femme de Gilles, Mensonges et trahison, les chevaliers du ciel… Jodie Foster a été récompensée de deux oscars pour « les accusés » et « le silence des agneaux ». Elle a tourné avec Claude Chabrol dans « le sang des autres »… Marion Cotillard a été révélée au public dans « Taxi », « Big fish »… On sait son succès hollywoodien en 2008. |
Jean Pierre Jeunet dans ce film qui suit son précédent succès, « le fabuleux destin d’Amélie Poulain », reste Jean Pierre Jeunet. Mathilde, en dehors du handicap physique, est proche d’Amélie… il a d’ailleurs recruté sa bande d’acteurs de ce dernier film. Il reprend les mêmes trucs, voix-off, humour, galeries de portraits… Possibles reproches qui ne toucheront pas les véritables amateurs de ce genre de film qui reconstitue la mémoire de la grande guerre.
Le reconstitution des tranchées est certainement une des meilleures depuis « les sentiers de la gloire », et c’est normal, puisque Jeunet affirme que c’est à partir de sa lecture du »Feu, journal d’une escouade » de Henri Barbusse, qu’il a conçu cette reconstitution.
Faut-il concevoir ce film comme une enquête policière ? Pourquoi pas ! Pour le film, cela n’enlève rien à ses qualités cinématographiques, (Jeunet a su s’entourer de professionnels compétents pour la technique) ni a sa force de témoignage sur une réalité longtemps occultée.
Ét si le rôle des femmes dans la société française a su trouver une expression forte à l’occasion de la grande guerre, ce film peut être considéré comme une ébauche du féminisme, tout comme l’est à sa façon le filin « La France ». Jeunet ne présente que peu de scènes dures à supporter par la violence de la guerre, il suggère plus par d’autres effets (comme la violence du son des obus à faire trembler la salle de cinéma…).
Dans ce film, Jeunet utilise des reconstitutions, des images d’archives et des manipulations informatiques.
Le film a été tourné en grande partie en Bretagne, en particulier au presbytère de Locronan. On sait que cette région, malgré les dénégations des autochtones, a un temps plus gris qu’aux pays méditerranéens, et cette couleur allait très bien avec les scènes de tranchées. Mais, dès que la caméra quitte les tranchées, elle nous restitue des couleurs jaune-marron, ses préférées…La Bretagne a aussi été choisi parce qu’on prête aux Bretons le caractère de l’entêtement nécessaire à Mathilde, paralysée à la suite d’une polio, pour réaliser sa quête de la vérité.D’autres scènes ont été tournées aux studios de Meudon.
Anecdote ou imbécillité de la justice française ? Le film, réalisé par un Français, tourné en France, avec de nombreux acteurs français (98%) de renommée internationale, avec des fons français, (TF1, Tapioca film, dont le patron est Jean Pierre Jeunet en personne …) a été jugé films étranger par la justice française, en la circonstance le Conseil d’État, parce que le producteur, Warner Bros, était américain…ce qui lui a valu le refus du droit à une aide du Centre National de la Cinématographie française( il aurait perçu 8 millions d’euros)… A-t-on besoin de commentaires sur la considération de notre cinéma français par nos gouvernements de droite…
Autre ennui pour le réalisateur : il avait modifié la nationalité d’un des protagonistes, Marseillais dans le livre de Japrisot et Corse dans le film.. On l’entend s’adressant aux Allemands « Ne me tuez pas, je suis Corse, pas Français … ». Jeunet l’avait changé parce qu’il voulait se donner l’occasion de filmer des paysages corses, non pas créer une polémique… et le film a été boycotté en Corse…d’autant que de très nombreux Corses s’étaient engagés durant la Grande Guerre, que beaucoup d’autres avaient rejoint le général de Gaule à Londres et que la Résistance Corse avait elle même libéré l’Île de Beauté… Cette phrase portait préjudice à l’honneur corse.
La Bretagne a été choisie comme lieu de l’histoire alors que le roman la situe en Aquitaine. Mais comme l’auteur du livre, Sébastien Japrisot, suivait le début du tournage du film (il est mort en mars 2003), il aurait manifesté son désaccord s’il en avait eu un. Mais c’est une Bretagne factice et irréaliste vue par un réalisateur de 2003 qui fait vivre et habille ses Bretons en 2003 et non en 1914 (pas de coiffe pour Mathilde, une voiture, le téléphone…) Le nom de prénom Manech est inventé et, en 1914, l’administration française interdisait les prénoms locaux. Son nom de famille Langonnetest effectivement le nom d’une localité bretonne.
Les cinéphiles patentés retrouveront des références aux films « Jour de fête » de Jacques Tati pour le facteur, « Les sentiers de la gloire » pour le thème musical, à la bande dessinée de Jacques Tardi pour la couleur des images…
Jean-Pierre Jeunet a également attaché beaucoup d’importance à la reconstitution de monuments de Paris tels qu’ils étaient en 1914, la place de l’Opéra, celle du Trocadéro, les Halles, les gares du Nord et d’Orsay, tout ceci avec des procédés numériques, grâce à l’appui technique d’une agence spécialisée (Agence Duboi) dans les effets spéciaux..
Cahiers du cinéma n° 595 (novembre 2005)
Libération, Le Monde du 27 octobre 2004
Un entretien avec J.P. Jeunet dans la revue Positif n° 525 de novembre 2004
Warner Home Vidéo.
|
Le roman de Roger Vercel, paru en 1934, a obtenu le prix Goncourt cette même année. Il est le deuxième tome d’une trilogie balkanique avec « Notre Père Trajan » (1930) et « Léna » (1936)
Le film comporte deux parties assez distinctes. La première présente la guerre 14-18, la seconde le déroulement des exactions des soldats et leur procès.
1 / Dans une forêt au bord du Danube, le capitaine Conan, un Breton, est à la tête d’un corps franc composé d’une cinquantaine de soldats chargés de « nettoyer » les tranchées ennemies et en général tout leiu de cantonnement des ennemis. Il a recruté ce corps franc dans les prisons militaires, autant dire que la discipline n’est pas leur fort. Pour effrayer les Allemands, ils travaillent au couteau. Sous les ordres de Franchet d’Ésperey, il s’est distingué lors de la prise du Mont Sokol bataille qui détermina la reddition de la Bulgarie. Se disant » guerrier » mais pas soldat, Conan n’aime pas l’armée régulière. Il ne respecte que le lieutenant de Scève, de vieille noblesse, qui a quitté sa famille pour s’engager, et un ami, Norbert, jeune licencié ès lettres dont il apprécie la droiture et la morale.
2 / L’armistice du 11 novembre 1918 fait cesser la guerre en Éurope Occidentale. Mais l’armée d’Orient n’est pas démobilisée. Car elle doit faire face aux Bolcheviks de Russie. Le groupe se retrouve caserné à Bucarest, la Roumanie étant alors un pays allié. Mais l’inactivité amène les hommes de Conan à l’indiscipline, au pillage et au meurtre au cours d’une attaque contre le « café des glaces » mené comme une opération militaire.
Norbert, nommé commissaire-rapporteur est chargé de l’arrestation et du jugement des coupables. Conan défend ses hommes. Les deux amis vont s’opposer, puis se retrouver, de façon inattendue, quand Conan va prendre la défense d’Érlane, un jeune soldat, neveu du général Pitard, accusé injustement de désertion, que de Scève veut faire fusiller. Norbert a bien plaidé, les meurtriers coupables n’auront que 3 ans de prison. Mais, pour le déserteur, le cas est plus difficile et Norbert, prenant le parti de Conan, remet sa démission au général Pitard.. qui l’envoie sur le front de l’Estuaire du Danube avec Conan et Érlane. Conan reprendra son service de « nettoyeur », Érlane et de Scève seront tués, « morts en héros pour la France ! »
La guerre terminée, Norbert rend visite à Conan dans son village breton et retrouve un être brisé par l’alcool et la solitude, loin de la fièvre guerrière qui était sa seule raison d’exister.
| Réalisateur : | Bertrand Tavernier |
|---|---|
| Scénario : | Bertrand Tavernier, Jean Cosmos |
| Producteur : | France : Les Films Alain Sarde, TF1, Little Bear
Roumanie : Filmex, |
| Directeur de la production : | Yvon Crenn |
| Dialogues : | Jean Cosmos |
| Régisseur : | Pascal Ralite |
| Chef opérateur : | Alain Choquart Éffets |
| Effets spéciaux : | Georges Demetreau |
| Décorateur : | Guy-Claude François |
| Costumes : | Jacqueline Moreau, Agnès Évein |
| Musique : | Oswald d’A2ndréa |
| Son : | Michel Desrois, Gérard Lamps |
| Montage : | Luce Grunenwaldt, Laure Blanchérie, Khadicha Bariha-Simsolo |
| Photographie : | Étienne George, Jea-Marie Leroy (agence Sigma) |
| Attachée de presse : | : Éva Simonet |
| Sortie : | France 16.10.1996-Canada : 11.04.1997 |
| Couleurs : | |
| Durée : | 2 h 10 |
| Récompenses : | Bertrand Tavernier et Philippe Torreton ont reçu un César.
Le film a aussi été distingué aux festivals de Florence (Italie) et de San Sebastian (Éspagne. Il a encore reçu divers prix, Méliès, Kieslowski, Le Masque et la Plumez |
| Acteurs : | Bateau Laurent (soldat Perrin), Berléand François ( commandant Bouvier), Brosset Claude (le père Dubreuil, aumônier), Cruveiler Olivier (officier gare Bucarest), Diffenthal Frédéric (sergent gare de Bucarest), Falcon André ( colonel Voirin), Knobelspiess Roger (major Cuypène), Le Bihan Samuel (Norbert), Le Coq Bernard ( lieutenant de Scève), Levantal François ( Forgeol), Lousteau Olivier (Mahut), Muresan Crina ( Ilyana), Odent Christophe (cabanel), Pierrot Frédéric (chef de train), Pineau Patrick ( Sergent Lanzec), Pitaressi Maria (infirmière), Rich Catherine (Madeleine Érlane), Rich Claude ( général Pitard de Lauzier), Torreton Philippe (capitaine Conan), Val Pierre (Jean Erlane), Vassort Cécile ( Georgette),
Et Brécourt David, Calin Jean-Claude, Descanvelle Tonio, Frecon Philippe, Frissung Jean-Claude, Hélies Philippe, Labasse Laurent, Langlet Daniel, Lelièvre Philippe, Roan Jean-Yves, Savin Éric, Schilling Laurent, |
Capitaine Conan est le troisième film de Tavernier sur la guerre après « La vie et rien d’autre » (1989) et « la guerre sans nom » (1992)
On a dit que le film a deux parties.
La première, surtout dans les quinze minutes du début, est un film de guerre assez traditionnel avec les tranchées la nuit, les mouvements de troupe le jour, la hiérarchie ridiculisée ; seule se distingue par son originalité la guerre à la Sioux que fait Conan, qui ne semble avoir ni dieu ni maître, guerre où Tavernier n’hésite pas à mettre des frondes et des arcs ; guerre où les propos de Conan sont très durs quand il parle du moyen de tuer ses ennemis : « On lui voyait le blanc des yeux au frère et on le crevait en foutant la verte à tout le régiment »…Mais lucide et amer, à la fin de la guerre quand le commandement veut oublier son action, il dit : » Tuer un type, tout le monde pouvait le faire, mais, en le tuant, loger la peur dans le crâne de dix mille autres, çà, c’était notre bouleau à nous, le groupe Conan. Pour çà, il fallait y aller au couteau. Mais quand cette saloperie de guerre s’est arrêtée, on nous a dit de cacher nos couteaux, nos mains pleines de sang, nos gueules et nos souvenirs de tueurs et d’assassins… » . Une remarque à ce sujet des « nettoyeurs » en disant que ce sale boulot incombait d’office à certaines compagnies de « coloniaux »… nos chefs galonnés pensant que les Allemands seraient effrayés par des Noirs…Ici, les hommes de Conan sont des « préventionnaires » argot militaire pour désigner les repris de justice qui dans le civil transgressaient la loi et qui, en temps de guerre, deviennent des hommes héroïques. Il paraît que durant la guerre 14-18, il y en aurait eu plus de quatre mille…
Dans la deuxième partie, les « nettoyeurs » oisifs dans leur casernement tournent en rond et font inévitablement des conneries. Ét on voit vite que les mêmes lois militaires qui en avaient fait des héros, vont en faire des « salopards ».. y compris le pauvre Érlane qui est accusé à tort de désertion…justice militaire qui trouve plus accablant de déserter que de tuer…
Le film est un affrontement entre deux conceptions, le bien et le mal, le juste et la brute, le soldat (Norbert) et le guerrier (Conan)…Cette dualité se retrouve dans les cleux parties du film, qui a surtout l’avantage de rappeler une page de l’histoire de la guerre, totalement oubliée des livres d’histoire, celle d’Orient et de l’errance de l’armée française en 1918 et 1919 dans les Balkans…Dualité aussi, quand le même homme, allié d’hier, le Russe, devient l’ennemi d’aujourd’hui, le bolchevick… dualité entre le réel vécu avec les tripes des hommes de Conan et les sacro-saints principes de la hiérarchie militaire. Sur ce même terrain des Balkans où une nouvelle fois, guerre de 39-45, et enfin à la fin du 20ème siècle et le début du 21ème se reproduiront les mêmes combats entre le bien (civilisation occidento-americano-judéo-chrétienne…) et le mal (les pays islamiques) L’essentiel du film a été tourné en Bretagne et la ville de Dinan a été reconstituée telle qu’elle était dans les années 1920, date du retour de Conan dans son pays L’impression générale, traduite d’ailleurs par les critiques de cinéma, a été que l’on met un bon quart d’heure pour entrer dans le film… Impression que Tavernier avait voulu volontairement comme il l’écrit : « Je laisse aux spectateurs le temps de s’installer. Je les observe. J’aime bien les débuts où on a l’air de chercher quelque chose. Comme eux, avec eux. Ét puis, c’est intéressant de ne pas annoncer tout de suite les thèmes principaux d’un film. Ca doit sourdre des personnages… »
Fusillés pour l’exemple : 2ème partie. De Scève, officier de carrière, veut faire fusiller le soldat Erlane accusé de désertion.
Il y a deux DVD, un pour le film et un pour des interviews de Tavernier et de François, le chef- décorateur, suivis d’entretiens avec l’acteur Torreton, l’historien Audoin-Rouzeau et le journaliste Laurentin.
Studio Canal Vidéo
Video.fnac.com
www.allocine.fr/film
|
Ce film est réalisé à partir de nombreux autres documents, films ou livres.
Moins de 6 mois après le début de la guerre, des soldats ennemis, épuisés par les horreurs et les absurdités de cette tuerie fraternisent. Déjà, dès l’été 1914, l’illusion d’un conflit rapide avait disparu de l’ambiance, surtout avec le temps des tranchées, des barbelés, de la faim, du froid et des offensives aussi inutiles que sanglantes. Et en Noël 1914, c’est le ras-le bol. Ce dvd est un des nombreux témoignages similaires de ce fait de non- arme. (Joyeux Noël, la trêve de Noël…)
| Réalisateur : | Michaël Gaumnitz |
|---|---|
| Production : | Nord-Ouest Documentaires, France 5 et France 3 Nord- pas de Calais- Picardie ;
avec le soutien du CRRAV Nord-Pas de Calais, la Région Nord-pas de Salais et le Centre National de la cinématographie Collaboration de la Radio télévision Belge francophone, de la télévision suisse romande et le Ministère des Affaires Etrangères |
| Dialogues : | Jean Cosmos |
| Editions : | Montparnasse |
| Année : | Alain Choquart Éffets |
| Audio : | dolby digital |
Le réalisateur Michaël Gaumnitz, allemand d’origine française, ressuscite un épisode de fraternisation et décrit minutieusement le quotidien des combattants de 14-18, à cette occasion. Marx Ferro en dit : « Pendant les fraternisations, les soldats veulent oublier la guerre, mais la guerre, elle, ne les a pas oubliés ». Les Etats-majors font une brutale reprise en main.
Pour quiconque a déjà visionné d’autres films sur le sujet ou qui a vu les émissions de télé ( la tranchée des espoirs, joyeux noël….), ce documentaire fiction n’apporte pas de nouvelles connaissances. C’est un bon film de généralisation fait à partir d’images d’archives. Il n’y a donc pas de génériques d’acteurs. Mais, sans doute le plus intéressant, en complément de ce DVD édité en 2005, on trouvera un entretien de 11 minutes avec Marc Ferro, ainsi que des textes de paroles de poilus. On sera aussi sans doute, plus ou moins suivant chacun, intrigué par certains dessins très colorés de faciès torturés, oeuvres du réalisateur en personne.
On sait que les épisodes de fraternisations avaient été cachés par les Etats-majors de toutes les armées et que « fraternisation » était un mot tabou jusqu’à ce que des films comme celui-ci les fassent connaître du grand public.
Ce dvd peut être commandé à www.editionsmontparnasse.fr
1, Avenue du Corps Européen
55100 Fleury Devant Douaumont
03 29 84 35 34
80201 Péronne
0. 22 83 14 18
Château de Vincennes
94 Vincennes
01 41 93 20 95
6 Allée de l’Université
92001 Nanterre
01 40 97 79 00
Hôtel National des Invalides
129 Rue de Grenelle
75007 Paris
01 44 42 54 91
http://education.france5.fr/verdun
www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Ce site permet de trouver trace des soldats morts à Verdun
www.cdiscount.com/dvd/dvdtheque
www.allocine
www.amazone.com
Librairie « Le Tour du Monde » : 9 Rue de la Pompe — 75016 Paris — 01.45.20.87.12