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"Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France pendant les années d’occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s’éteindre. Nommés "Justes parmi les nations" ou restés anonymes, des femmes et des hommes de toutes origines et de toutes conditions ont sauvé des juifs des persécutions antisémites et des camps d’extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l’honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d’humanité. "
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Dans un long discours prononcé en présence de centaines de Justes, de juifs sauvés et de nombre de leurs descendants, Jacques Chirac a dépeint le "cauchemar" de la France occupée : "En France, un sombre linceul de résignation, de lâcheté, de compromissions recouvre les couleurs de la liberté, de l’égalité et de la fraternité", a-t-il dit. "Soudain, devant les yeux incrédules, la République abdique, rend les armes à Pétain et à Laval, cède la place à une clique revancharde et haineuse".
Le chef de l’Etat a rendu hommage aux personnes "de toutes classes sociales, dans toutes les professions, de toutes les convictions" qui sauvèrent des milliers de juifs dans les "ténèbres" de l’Occupation.
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Cependant, malgré son talent de savoir trouver les mots pour demander aux Français de regarder leur histoire « en face » et « en bloc » et de reconnaître les lâchetés ou les indignités d’un passé trop longtemps occulté ou enjolivé, il n’a pas regretté l’impunité des coupables ni condamné les états qui, au contraire, laissent les célébrer.
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C’est le début de ce qui est un peu plus tard appelé la guerre des Camisards.
Cette révolte est menée par Jean Cavalier, un apprenti boulanger, qui réussit par deux fois à faire battre l’armée royale en 1702 et en 1704. Louis XIV fait envoyer des renforts. La région est noyée de soldats jusqu’à la défaite des derniers Camisards, appelés ainsi parce qu’ils n’avaient comme uniformes que leurs chemises.
Les Camisards seront exécutés, envoyés aux galères ou prennent le chemin de l’exil.
En 1710, tout est terminé et le protestantisme reste interdit jusqu’en 1787.
Longtemps il restera une tradition de révolte, de tolérance religieuse et d’accueil des pourchassés dans les Cévennes, jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale…
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Des jeunes juifs à Chambon-sur-Lignon. |
Pendant la dernière guerre, dans le temple comme dans beaucoup d’autres, les pasteurs prêchèrent pour l’accueil. Le 23 juin 1940, les pasteurs André Trocmé et Edouard Theis appellent à la résistance avec "Les armes de l’Esprit" afin d’aider les Juifs persécutés.
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La population organise l’hébergement et la survie de milliers de Juifs et met en place des mécanismes d’évacuation et des planques en cas de rafle.
Tous participèrent au sauvetage et, fait unique, il n’y eut aucune dénonciation.
Les chefs catholiques participaient activement à la collaboration avec hitler. |
Hélas, à la libération, il était surtout urgent de redonner les richesses aux riches sous les prétextes bien connus de reconstruction économique, de la solidarité nationale et de la grandeur de la France.
Une autre forme de collaboration allait commencer entraînant, encore une fois, les petits à accepter des sacrifices et à confondre la grandeur de la France avec la supériorité d’être Français.
Si la leçon des Camisards a servi aux habitants de Chambon sur Lignon, la leçon des Justes a totalement été oubliée par les Français face à la renaissance du racisme et d’une extrême droite internationale.
Les Soviétiques libèrent Auschwitz. |
Puisqu’il évoquait l’Union Soviétique il aurait pu rappeler le rôle primordial de ce pays dans la victoire sur l’Allemagne hitlérienne, dans la libération des peuples soumis en Europe de l’est et dans la lutte contre toute renaissance du fascisme.
Il aurait dû dire aussi que, depuis 1989, dans les pays de l’ex bloc communiste qui ont rejoint « le monde libre », il y a une renaissance fulgurante et tolérée des idées nazies les plus barbares.
Démonstration nazie à Riga le 16 mars 2006. |
Oleg Tyagnybok. |
Le Mémorial Ernst Thalmann |
Le lieu de commémoration de l’ancien chef du Parti Communiste Allemand assassiné par les nazis, Ernst Thälmann, était menacé. La première attaque avait été sa vente à un particulier.
L’action du Cercle des Amis d’Ernst Thälmann, avait attiré l’attention des progressistes du monde entier sur cette affaire, et considérablement gêné le personnage qui cherchait à le fermer. Celui-ci semble donc avoir décidé d’employer la méthode forte, à moins que le coup ne soit venu d’un commando d’extrême-droite : le mémorial a disparu !
Les têtes pensantes de l´extrême-droite allemande, Horst Mahler ( l’un des anciens avocats de la Rote Armee Fraktion, qui a ensuite dérivé à l’extrême-droite, et actuellement traduit devant la justice à Berlin pour propos justifiant l’holocauste et propos antisémites publics) et Ursula Haverbeck (fille du chef-propagandiste nazi W.G. Haverbeck en Amérique Latine de 40 à 45, qui fonda le Collegium Humanum en 1963) créent des structures internationales avec les descendants des chefs nazis et autres apologistes du national-socialisme ; ils invitent parfois des apologistes d’extrême-droite d’Australie, du Canada ou de France (Robert Faurisson).
Un défilé de néo-nazis |
L’affaire Hohmann (antisémite de la CDU) et l’entrée du NPD dans les Conseils régionaux de Brandebourg et de Saxe montrent que le refoulement de l’holocauste et de ses origines par les élites allemandes ne fait que renforcer les mouvements néo-nazis. »
Premiers résultats : des sondages ont récemment montré que 13% des Allemands ont une attitude antisémite.
La destruction de Lidice |
Une partie des hommes massacrés |
Cette année-là, le 25 mai, des résistants tchèques tuent le SS Reinhard Heydrich, qui dirige de fait la Bohême-Moravie pour le compte d’Hitler.
Les représailles sont terribles : le village de Lidice est détruit. Les Allemands ont fusillé sur place 173 hommes, 19 hommes absents qui revenaient de leur poste de nuit à la mine ayant été abattus plus tard. Le plus âgé d’entre eux avait 84 ans, le plus jeune 15.
Ici, il y avait Lidice |
Les décombres de Lidice |
Environ 200 femmes, arrachées à leurs maris et à leurs enfants, ont été déportées au camp de concentration du triste renom de Ravensbrück, réservé spécialement aux femmes. 60 d’entre elles n’ont plus jamais revu leur pays natal.
Quant aux enfants, ceux dont l’aspect physique correspondait aux critères raciaux d’un prétendu type nordique, ont été placés pour subir une rééducation dans des familles allemandes. Le reste a été asphyxié dans les chambres à gaz du camp de concentration de Chelmno en Pologne.
Le mémorial de Lidice |
Le monument aux Enfants de Lidice |
Début 2006, son directeur, Milous Cervenci, a alors une brillante idée : payer des consultants en communication pour rendre le site plus « vendeur ».
Un jeu fait alors son apparition sur Internet, sur le site www.totalburnout.cz (site tchèque, mais non en anglais bien sûr). « Total burnout » peut se traduire par « combustion intégrale ».
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On ne sera guère surpris que les nouveaux bourgeois ayant fait fortune sur les décombres de la Tchécoslovaquie socialiste soient de cyniques nostalgiques du IIIème Reich. Le plus hallucinant de l’affaire, c’est que le jeu a été agréé par le musée du village qui devrait être le garant de la mémoire de la Résistance tchèque.
Bien entendu, les familles des victimes du massacre de Lidice ont multiplié les plaintes, ainsi que la municipalité, et ont obtenu la disparition du jeu le 14 septembre. Si vous vous rendez sur le site « total-burnout » aujourd’hui, vous lirez un texte d’excuses, et un lien vers le site du musée. N’empêche que pendant des mois, les néonazis ont pu s’éclater en brûlant des femmes et des enfants tchèques dans un Lidice virtuel agréé par le Musée de la Mémoire du village !
La pression anticommuniste dans ce pays est devenue si forte que le mouvement de la Jeunesse Communiste a été interdit alors que sont tolérées les manifestations de sympathie au nazisme dans les lieux mêmes où l’on est censé le combattre avec le plus de détermination…
Rappelons que les organisations les plus radicales des Allemands des Sudètes tenaient beaucoup à ce que le traité germano-tchèque, signé après la réunification des deux Allemagnes, ne comporte aucune clause stipulant que les deux parties renoncent à toute revendication territoriale ou concernant les biens alors qu’une telle clause existe dans le traité germano-polonais. Elles obtinrent gain de cause par une formulation du style " il appartiendra aux gouvernements de régler tout litige ultérieur ".
Sharon organise ses forfaits à Beyrout |
Le quartier de Sabra à Beyrout |
Le mardi 14 septembre 1982, Béchir Gemayel, élu président du Liban à l’ombre des chars israéliens, avec l’aval de la « communauté internationale », est assassiné.
Une rue de Sabra après le passage des milices chrétiennes protégées par les envahisseurs juifs |
Les « pas-justes » ne méritent-ils que çà ? |
Pendant près de quarante-huit heures, les miliciens tueront tout ce qui bouge, êtres humains et animaux.
Les Israéliens savaient parfaitement ce qui se passait dans les camps et leurs officiers étaient en contact permanent avec les dirigeants des milices qui perpétraient le massacre.
Jusqu’au matin du samedi 18 septembre 1982 l’armée israelienne s’est totalement abstenue de toute intervention pour éviter les massacres.
L’impunité de ce massacreur, élu par le peuple juif, a beaucoup aidé à la réapparition du racisme et de l’antisémitisme |
Pire ! Elle y a pris une part active en empêchant des civils de fuir les camps et en organisant leurs éclairages constants durant la nuit, avec des fusées éclairantes, lancées par des hélicoptères et des mortiers.
Avant d’abandonner leurs colonies de Gaza, les juifs ont tout détruit sauf, par provocation, les synagogues |
Le chiffre exact ne pourra jamais être déterminé parce que, outre environ 1000 personnes qui ont été enterrées dans des fosses communes par le CICR ou enterrées dans des cimetières de Beyrouth par des membres de leur famille, un grand nombre de cadavres ont été enterrés par les miliciens eux-mêmes, qui les ont ensevelis sous des immeubles qu’ils ont détruits avec des bulldozers.
Par ailleurs, surtout les 17 et 18 septembre, des centaines de personnes avaient été emmenées vivantes dans des camions vers des destinations inconnues et ont disparu.
Non seulement les israéliens n’ont pas puni les responsables des massacres mais ils ont élu Sharon chef du gouvernement.
Par contre, durant tout le mois d’août 2005, nous avons été submergés par des images émouvantes sur les quelques milliers de colons juifs expulsés de Gaza. Rien ne nous fut épargné, ni la détresse des familles, ni les soldates pleurant avec les femmes en partance, ni les officiers priant avec les rabbins.
On nous a beaucoup moins montré les champs de ruine laissés avant leurs départs ; car ils ont tout détruit, sauf les synagogues.
Ils ont même récidivé :
Du 12 juillet au 14 aout 2006, les forces armées de l’état d’Israël ont mené une guerre sans merci contre le Liban. Une opération dévastatrice préparée de longue date qui a provoqué des pertes humaines et des dégâts matériels considérables notamment au Sud Liban et dans la banlieue sud de Beyrouth.
Elles ont même utilisé des bombes à sous munitions en violation des accords passés avec le fournisseur Yankee. A celui-ci qui s’étonnait de cette utilisation contre les civils, elles ont répondu : « Les civils ont été prévenus ».
Maintenant, Israël rechigne à donner les plans des tirs aux démineurs.
Le Centre de coordination des Nations unies pour le déminage (UN-MACC) a identifié plus de 800 sites où sont éparpillés des restes de bombes à sous-munitions et autres munitions n’ayant pas explosé, mais toujours mortels ; selon cette mission, le déminage pourrait nécessiter une année, voire plus.
Evidemment, le hezbollah et beaucoup d’autres donneurs de leçon ne feraient pas mieux ; mais ils ne feraient pas pire.
L’idée de « Justes des Nations » vient du Talmud (traité Baba Batra, 15 b). Au long des générations, il a servi à désigner « toute personne non juive ayant manifesté une relation positive et amicale envers les Juifs ».
Cette aide doit avoir été prodiguée de façon désintéressée, sans tentative de conversion au christianisme.
Il s’agit donc d’un titre strictement religieux qui porte donc intrinsèquement une discrimination même si les bénéficiaires ont surtout agi par compassion et générosité humaines.
Nous reprenons à notre compte la phrase du président de la République lors de son discours au Panthéon :
"Vous, Justes de France, avez transmis à la Nation un message essentiel pour aujourd’hui et pour demain : le refus de l’indifférence, de l’aveuglement."
Nous, Anciens Combattants et Victimes de Guerre de l’ARAC, détenons une expérience qui nous oblige à intervenir pour éviter toute réapparition d’un drame semblable à la shoah.
Notre Association a, dans ses statuts, l’objectif de « la solidarité et la fraternité entre les peuples dans un monde de paix ».
Certains de nous ont été Résistants et ont lutté contre le nazisme. D’autres ont été Déportés parce qu’ils étaient communistes.
Beaucoup ont participé à la guerre d’Algérie et ont vérifié les conséquences du racisme colonial.
Ils ont constaté combien il est spontané, dans une armée en guerre, d’être indifférent et de tirer quand on en reçoit l’ordre.
Ils se rappellent les tentations punitives aveugles après l’effondrement dû à la perte d’un camarade.
Ils se souviennent que, pourtant, ils étaient surs, avant, qu’on ne les y prendrait pas.
Ils savent que les guerres démolissent aussi les survivants.
Ils soutiennent qu’il n’y a pas de meilleur individu ni de meilleur peuple et qu’il existe deux fléaux dévastateurs et responsables de la plupart des guerres, le capitalisme et la religion, parce qu’ils sont générateurs de différences.
Nous serons toujours au premier rang de ceux qui défendent la liberté de penser et de décider mais sans possibilité d’exploiter.
La compassion et la générosité seules ne sont pas suffisantes car elles ne suppriment pas les causes des inégalités.
Coluche et l’abbé Pierre ont eu le mérite d’organiser des services aux plus démunis mais cela n’évite pas qu’il s’en crée des nouveaux car le système qui les produit continue.
Il faut donc, en plus, que nous, les justes, menions un vrai combat pour qu’il n’y ait plus d’injustice.
Alors :
Merci les « Justes » !
Debout les justes !
Sources :