Le président du FN a décidé d’inaugurer le 20 septembre 2006, à Valmy, par son premier grand discours, sa campagne des élections présidentielles de 2007.
Cela peut surprendre venant d’un ennemi des valeurs de la révolution de 1789 ; ce serait mal connaître sa fourberie qu’il faut dénoncer pour qu’elle se retourne contre lui et provoque son discrédit.
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Dans sa récente autobiographie "A contre flots " Marine Le Pen regrette que " Pendant de longues années, nous avons été victimes d’une dialectique aussi politicienne qu’artificielle : la République d’un côté, la nation de l’autre".
Également vice-Présidente du Front National, elle a estimé qu’il serait profitable de remodeler l’image de son père et de "montrer l’attachement de Jean-Marie Le Pen à la République et à la nation" car le FN serait “ le seul parti à défendre aujourd’hui les principes républicains”. “Nous sommes pour l’unité et la souveraineté nationale, alors que celle-ci est menacée par l’Europe. Nous tenons à l’égalité entre les citoyens, qui est mise à mal par la discrimination positive, et nous tenons à la laïcité compromise dans les écoles et par le financement des mosquées”.
Poursuivant son raisonnement saugrenu, elle découvre que Valmy est l’endroit idéal pour ce toilettage puisque "C’est au cri de "Vive la nation !" que l’armée a vaincu les Prussiens".
Les chefs catholiques participaient activement à la collaboration avec hitler.
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Les catholiques traditionalistes s’élèvent, eux, contre ce virage "républicain et jacobin" alors que "cette République laïque là a été à trois reprises persécutrice des chrétiens et spoliatrice de l’Eglise catholique".
Il faut rappeler que, pendant la guerre contre le nazisme, l’extrême-droite française s’engagea massivement dans la collaboration avec l’ennemi.
Ils s’appelaient Jean-Pierre Thimbaud, Guy Môquet, Gabriel Péri, Danièle Casanova, Michel Manouchian….
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Il prend son nom du Front Populaire, alliance politique des partis de gauche de la fin des années trente.
Créé le 15 mai 1941 par le Parti communiste français (Jacques Duclos, Pierre Villon), il était destiné à être la représentation « politique » des groupes de lutte armée : les Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Il se consacra principalement à la propagande, à la fabrication de faux-papiers, au soutien logistique des clandestins mais aussi au sabotage. Ce Front national a participé au Conseil national de la résistance (CNR).
A l’opposé, la pollution sociale réunissant la grande bourgeoisie, une grande partie de la noblesse, les catholiques extrémistes a été, une nouvelle fois, injustement rescapée après son abominable collaboration avec le nazisme. En 1972, cette racaille ose reprendre le nom du mouvement de la Résistance Française et crée Le Front national, ou FN , situé à l’extrême droite de l’échiquier politique et présidé, depuis lors par Jean-Marie Le Pen. Son nom complet, à l’origine, était Front national pour l’unité française.
"La Bataille de Valmy" - Théodore Yung Musée de Versailles. |
" Vive la nation ! ! ".
Chaque bataillon reprend ce cri.
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L’historien Michelet dit : " Il y eut un moment de silence. La fumée se dissipait. Les Prussiens descendaient, franchissaient l’espace intermédiaire avec la gravité d’une vieille armée de Frédéric, ils allaient monter jusqu’aux Français. Brunswick dirigea sa lorgnette, et vit un spectacle surprenant, extraordinaire. A l’exemple de Kellermann, tous les Français ayant leur chapeau à la pointe des sabres, des épées, des baïonnettes criaient : " Vive la nation ! " Ce cri de trente mille hommes était comme un cri de joie, mais étonnamment prolongé, il ne dura guère moins qu’un quart d’heure. Fini, ils recommençaient toujours avec plus de force. La terre en tremblait. "
Valmy, le 20 septembre 1792 - lithographie de Bellangé. |
Quand les fantassins prussiens s’approchent, ils essuient un feu terrible. Brunswick arrête aussitôt le massacre. Par deux fois l’armée coalisée prend peur devant cette ruée de soldats en guenilles et recule.
A Paris, le lendemain 21 septembre, une nouvelle Assemblée, la Convention, succède à la Législative. La première République de l’Histoire de France est alors proclamée.
La France de la Révolution triomphe du monde monarchique. La royauté étant abolie, les députés ne prêtent plus le serment de fidélité au roi mais à la Nation : "Au nom de la Nation, je jure de maintenir la liberté et l’égalité ou de mourir à mon poste."
" Kellermann à Valmy"
Gravure de Couché
Musée Carnavalet. |
Le cadre national n’est pas l’encadrement nationaliste.
A bien des égards, le cadre national demeure l’une des premières conditions de possibilité de la démocratie pluraliste : c’est en lui que la société civile peut se constituer en société civique.
L’encadrement nationaliste est le contraire de la démocratie car il se fait au profit d’une communauté ethnique, exclusiviste et séparatiste, xénophobe et expansionniste.
Notre Nation n’est pas un territoire fermé et agressif mais un humanisme ouvert et généreux.
Ainsi, l’État-Nation républicain issu de Valmy n’est pas l’État nationaliste des Le Pen.
Or Marine Le Pen justifie son choix de Valmy pour le lancement de la campagne présidentielle de son père par le prétexte que "C’est au cri de "Vive la nation !" que l’armée a vaincu les Prussiens".
Il s’agit, évidemment, d’une erreur historique ; mais ça elle le sait. Il s’agit aussi d’une mystification des électeurs ; mais ça elle le sait aussi. Il s’agit, en plus, d’une profanation d’un lieu hautement symbolique d’une bataille pour la sauvegarde de la Révolution et donc d’un outrage à ceux qui continuent à défendre les valeurs qui en sont issues.
Certes, elle s’en moque aussi mais elle a peut-être mal apprécié un possible effet contraire à celui qu’elle recherche.
"Sans-culotte"
dessin anonyme
Musée Carnavalet |
Nous sommes les passeurs d’une mémoire qui se veut connaissance, prise de conscience au quotidien, pour préparer l’avenir, une mémoire rebelle mais constructive, refusant la soumission, la résignation.
"Le serment Républicain"
gouache de Lesueur
Musée Carnavalet . |
Nous ne sommes pas des nostalgiques du coup de fusil guerrier. Nous ne sommes pas des revanchards d’une quelconque défaite coloniale. Nous n’avons pas envie de bouffer du boche, ni de l’arabe, ni du juif, ni même du yankee car, si nous ne sommes pas les amis de tous les états, nous sommes les amis de tous les peuples.
Comme pour chacun, nos convictions de fraternité et d’égalité de tous les peuples sont nées et ont grandi dans l’enfance et l’adolescence puis se sont vérifiées à l’âge d’adulte où, pour beaucoup, elles ne s’expriment plus car elles s’opposent aux intérêts matériels. Par contre, nous, les Anciens Combattants et les Victimes de guerre avons souffert, dans nos chairs et dans nos cœurs les effets de la haine et de la xénophobie. Notre expérience de la guerre a donné une force exceptionnelle à notre certitude que la paix ne peut venir que par l’expression de la diversité dans l’égalité des droits.
Toutes ces valeurs sont nées de la Révolution de 1789 et ont été défendues, dans le sang, à la bataille de Valmy.
Comme les Robespierre de 1789, 1871, de 1936, de 1968, nous, les Anciens Combattants de l’ARAC, les ferons connaître et dénoncerons les traîtres récupérateurs. Comme les « soldats en guenille » de Valmy, nous les défendrons, par les armes s’il le faut, en respectant le serment républicain.
Le Pen n’est pas un traître à la révolution car il n’a jamais adhéré aux idéaux de justice, d’égalité et de fraternité ; il les a toujours combattus et il en est fier. Il n’est pas, non plus, traître au « Vive la Nation » de Valmy car il n’a jamais défendu l’État-Nation de la diversité dans l’égalité mais l’État nationaliste des différences de droits.
"La liberté ou la Mort"
gouache de Lesueur
Musée Carnavalet |
Alors, que Le Pen vienne à Valmy inaugurer sa campagne aux élections présidentielles de 2007, c’est son droit de Français « libre et égal », d’autant qu’il recueille déjà 13% des intentions de vote et qu’il a participé au deuxième tour des élections présidentielles de 2002. Seul un règlement ou une loi pourrait lui interdire.
Ceux qui voudraient interdire sa venue, ont été nombreux à trahir les valeurs révolutionnaires en soutenant le vote pour Jacques Chirac au deuxième tour de 2002 sous le prétexte de préférer une « droite républicaine » à un risque d’extrême droite. Comme nous l’avons montré dans un communiqué, ce risque n’existait pas.
Car nous, Anciens Combattants de l’ARAC, refusons toute compromission avec ceux, particulièrement les gaullistes et les socialistes, qui nous ont envoyés faire la guerre coloniale d’Algérie.
Ce sont les citoyens électeurs qui doivent sanctionner Le Pen d’être venu à Valmy.
Les Anciens Combattants seront toujours en première ligne de ceux qui luttent contre l’extrême droite mais, fidèles au « Vive le Nation » et au serment républicain de Valmy, nous repoussons toutes les droites, qu’elles soient franchement avouées ou hypocritement camouflées derrière des façades de démocratie et même de socialisme.
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Sources :
- http://www.regards.fr/archives/1995/199511/199511cit07.html
- http://www.page2007.com/ ?p=102
- http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3224,36-791648@51-776560,0.html
- http://www.lefigaro.fr/france/20060703.FIG000000126_le_front_national_voit_le_pen_plus_fort_qu_en_.html
- http://be.altermedia.info/europe/le-moulin-de-valmy-provoque-une-querelle-de-symbole-au-front-national_4961.html
- http://contrecourants.free.fr/texte.php3 ?art=116
- http://jeanchristophegrellety.typepad.com/lactionlitteraire/2006/06/le_front_nation.html
- http://www.humanite.presse.fr/journal/2002-05-06/2002-05-06-33428
- http://www.argonne.fr/docs%20telechargeables/Site%20de%20Valmy.pdf
- http://www.freinet.org/creactif/moulin/EXPOSES/HISTOIRE/REVOLTE/REV15.HTM