Frédéric Guillaume II, Roi de Prusse (1744 - 1797) |
La coalition austro-prussienne commandée par Frédéric-Guillaume II, roi de Prusse, engage une vaste offensive contre les armées françaises.
Le 20 avril, Le Général Dumouriez, en sa qualité de ministre des affaires étrangères, déclare la guerre à l’Autriche et à la Prusse. Les premiers engagements à la frontière belge sont désastreux pour les Français.
La France traverse alors une période sombre. Ses armées subissent des pertes considérables. L’armée Austro-Prussienne, commandée par le Duc de Brunswick est composée de soldats aguerris, bien équipés et disciplinés même si les soldats de l’armée autrichienne sont épuisés par une précédente campagne en Turquie.
" Sans-culotte " Musée Carnavalet - Paris. |
En face, l’armée française est composée de volontaires, de soldats français improvisés et de "sans-culottes" dépenaillés. Des rivalités mettent aux prises les soldats de ligne, les culs blancs et les volontaires, plus communément appelés bleuets qui n’ont aucune expérience des champs de bataille. Mais avant tout ce sont des patriotes soudés pour une cause commune, celle de la Révolution.
Cette "guerre de libération", autrichiens et prussiens se la représentent comme une promenade militaire, réduite à sa plus simple expression. Elle commence par la dispersion générale des armées françaises.
La victoire s’annonce facile pour la coalition antirévolutionnaire qui veut profiter de l’état de délabrement dans lequel se trouvent les armées françaises pour les écraser totalement.L’armée prussienne s’empare des places fortes de l’est.
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Devant le danger, l’Assemblée législative déclare, le 11 juillet, "la Patrie en danger ".
La coalition Austro-Prussienne, entreprend une marche sur Paris le 17 juillet 1792 avec l’intention d’atteindre son but en septembre.
Le Duc de Brunswick n’est pas convaincu que l’automne soit une bonne période pour entamer une telle campagne, mais il s’exécute.
Au lieu de céder à la peur, les républicains parisiens prennent les Tuileries. Le 10 août, Louis XVI, soupçonné de trahison, est incarcéré au Temple avec sa famille. L’Assemblée vote alors la suspension du roi et élit une convention nationale chargée de rédiger une nouvelle constitution.
Avant cette journée du 10 août 1792, Paris n’avait pas de défense organisée. En guise de protection, il n’y avait que des rassemblements improvisés de volontaires, la plupart sans armes, ne sachant pas ce qu’ils avaient à faire, mais prêts à sacrifier leur vie.
Gravure en couleur anonyme Bibliothèque Nationale de Vienne. . |
Jamais la révolution n’avait connu un plus grand péril.
L’armée française sera reconstituée et placée sous le commandement de trois hommes :
Le Lieutenant Général Kellermann,
Commandant de l’armée du Centre constituée de 22.000 hommes.
Le Général Biron,
Commandant de l’armée du Rhin constituée de 25.000 hommes.
Le Lieutenant Général Dumouriez,
Commandant de l’armée du Nord constituée de 42.000 hommes.
Puis, il y a encore et toujours les troupes de révolutionnaires qui tiennent coûte que coûte à barrer la route de Paris à l’envahisseur
" Prise de Verdun " gravure de Berthaut. Bibliothèque de l’Institut d’Histoire de la Révolution (1744 - 1797) |
Le 19 août, l’armée austro-prussienne franchit les frontières françaises.
Le 20 août 1792, la ville de Longwy est assiégée. Neuf jours plus tard, c’est au tour de Verdun d’être assiégée, puis occupée.
L’armée austro-prussienne parvient à prendre Verdun grâce à l’aide des royalistes qui font assassiner le commandant de la place.
Le 1er septembre, Dumouriez, à qui l’on a demandé instamment de se retirer de la Belgique vers Châlons pour défendre la ligne de la marne, fait la sourde oreille et choisit de menacer l’arrière de l’armée d’invasion en coupant ses voies de communication.
Lieutenant-Colonel Dumouriez |
Dumouriez se porte audacieusement vers le vaste plateau de l’Argonne qui sépare Metz, Toul et Verdun de la champagne.
L’Argonne est d’une grande valeur stratégique pour qui la contrôle. Ses forêts sont quasiment imprenables. Elles sont parcourues par d’innombrables cours d’eau et truffées d’étangs et marécages. Ce sera un lieu de bataille peu ordinaire. C’est dans cette forêt que près de cent cinquante-trois ans plus tard, français et américains s’y battront côte à côte pour repousser les soldats allemands.
Le 4 septembre, Brunswick commet une grave erreur. Au lieu de marcher directement sur Paris dont la route est ouverte, il s’attarde à investir Thionville.
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Lorsque le 8 septembre 1792, la coalition austro-prussienne abordera à son tour le plateau boueux d’Argonne, elle découvrira avec stupéfaction que cette place stratégique est déjà contrôlée par les Français.
Dumouriez va perdre cette position clé. En effet un gouffre s’est ouvert et l’ennemi s’y est précipité. Dumouriez est acculé, privé de ses bases de ravitaillement. La route de Paris lui est coupée. La situation n’est pas pour autant désespérée.
![]() " Camp républicain "
Aquarelle de Béricourt,
Bibliothèque Nationale de Paris
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Par un coup de génie, il réussit à s’échapper. A la faveur de la nuit, sans torche et sans bruit, il déplace ses hommes dans une fantastique marche. Sa manœuvre réussit si bien qu’il parvient à camper autour de Sainte Menehould.
Tandis que Dumouriez manœuvre, l’orgueilleux Brunswick ne tente même pas de l’en empêcher.
Le 19 septembre, Dumouriez fait sa jonction avec l’armée du Centre menée par Kellermann. Rejoint par d’autres troupes, il est maintenant à la tête d’une armée de 76 000 hommes.
Au même moment, la coalition, enfoncée en pleine Argonne avec près de 70.000 hommes laisse de côté Thionville et d’autres places fortes qu’elle n’a pas pu prendre et se poste au camp de la lune.
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