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En plus d’un début de correction de plus de quarante ans d’injustice sur les pensions des anciens combattants des ex-colonies, il aide à réparer une occultation de l’histoire et un trou de la mémoire collective française.
Mais il ne faut pas que le film et la mesure gouvernementale donnent bonne conscience aux Français et occultent les autres injustices qui concernent tant le Monde Combattant que celui de l’immigration des pays anciennement colonisés.
Nous, Anciens Combattants de France, avec nos frères des ex-colonies, avons la meilleure qualité pour témoigner des guerres que nous avons subies et du dédain qui nous est infligé après nos sacrifices.
Vue générale et inscriptions du monument inauguré à Reims, en 1963, à la mémoire des Africains morts dans la défense de la ville en 1918.Il remplace celui de 1924, emporté par les nazis en 1940. |
Le décret impérial du 10 octobre 1855 crée les trois premiers régiments de tirailleurs algériens formés à Alger, Oran et Constantine. D’autres unités sont formées par la suite : tirailleurs sénégalais, tunisiens, indochinois, malgaches, marocains et méharistes sahariens.
Dès leur formation, les Tirailleurs algériens ont, en permanence, accompagné l’histoire de l’armée française.
Les tirailleurs algériens sont envoyés en Crimée en 1854, au Mexique en 1857, ils affrontent les Prussiens en 1870.
Des levées d’hommes dans les colonies sont effectuées pendant la Grande Guerre, sur les fronts de France et de Belgique. C’est ainsi que de 1914 à 1918, 173.019 Algériens, 80.339 Tunisiens, 40.398 Marocains servirent la France.
En août 1944, « les indigènes » constituaient le gros des troupes « Françaises » débarquées sur les plages de la Méditerranée.
Sur les 214 000 hommes de Delattre, ils étaient 112 000.
Sur les 18 000 de la 2ième D. B. ils étaient 7 000.
L’armée d’Afrique qui combattit aux côtés des alliés était composée à plus de 90 % de tirailleurs algériens, tunisiens, marocains, sénégalais, gabonais, malgaches, ivoiriens ou soudanais.
Parmi eux, 233 000 « arabo-berbères » furent engagés en France, dont 134 000 algériens, 73 000 marocains et 26 000 tunisiens ; la plupart étaient berbères et volontaires.
Le Maghreb, notamment l’Algérie, a fourni en 1939 plus d’une dizaine de divisions d’infanterie et des brigades de cavalerie qui subirent de lourdes pertes durant la campagne de France en 1940.
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Entre 39 et 45, leurs pertes ont atteint le chiffre effarant de 40 % de leurs effectifs.
Ils sont tombés par dizaines de milliers ayant parfois servi de « chair à canon » comme à Carigliano et à Monte-Cassino. Le 4ième R.T.T. fut entièrement anéanti aux cours des combats qui eurent lieu devant Sienne, Florence et dans les Vosges.
Des photos prises en Italie de nécropoles réservées aux « soldats français », (Photos se trouvant au Musée de la Résistance Nationale de Champigny), démontrent s’il en est besoin, les immenses sacrifices consentis par les « coloniaux ».
Cependant, sur les 253 000 militaires français tués au combat, en 1939-1945, on compterait 16 233 Nord-africains et 21 500 Africains noirs.
Ces chiffres montrent une équivalence des pertes entre les différents contingents. Ce sont les pieds-noirs qui subirent la plus forte ponction du fait de leur intense mobilisation (28 classes, un record) ; logique, puisqu’ils formaient la plus importante réserve instruite à la disposition d’une France Libre qui manquait si cruellement de ressources.
Il ne faut pas oublier les FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans - Main d’Œuvre Immigrée), qui ont eu une part très active dans la résistance, ont payé un lourd tribut et pourtant ont souffert du racisme et de la xénophobie.
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Pire, après la libération, certains espéraient ouvrir un débat en organisant des manifestations. Ils furent massacrés par l’armée française, que ce soit à Madagascar où des dizaines de milliers de personnes furent assassinées, ou bien encore dans la région de Sétif, en Algérie, où de très nombreuses exécutions eurent lieu le 8 mai 1945, le jour même de la capitulation sans condition de l’armée nazie. Il y eut aussi des Sénégalais qui une fois rapatriés dans leur pays, refusant d’être démobilisés avant d’avoir perçu leurs soldes, furent abattus à la mitrailleuse.
Cela suscita d’abord beaucoup d’incompréhensions puis provoqua des révoltes annonciatrices d’autres guerres et, à terme, la perte par la France de son « empire colonial », les ruptures, les vengeances et l’engrenage racisme-communautarisme.
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L’article 71 de la loi de finances pour l’année 1960, sous gouvernement Charles de Gaulle, avait posé le principe de la cristallisation (c’est-à-dire du gel) des pensions, rentes ou allocations viagères servies aux anciens combattants de l’armée française originaires de pays, indépendants depuis, et ayant leur résidence dans ces pays. Ces pensions ont été remplacées par des indemnités annuelles dérisoires.
Bien que des correctifs aient été apportés ces dernières années - en 1981 pour les Algériens - aux indices d’évaluation de ces pensions, la disparité entre bénéficiaires français et étrangers non résidents en France est importante. A titre d’exemple, si l’on compare la valeur du point d’indice PMI applicable à la retraite du combattant au 1er mars 2002, celle-ci est de 12,73 euros pour un Français et de 1,71 euros pour un Algérien résidant en Algérie. Le même indice applicable aux pensions militaires de retraite est de 52,13 euros pour un Français et 8,09 pour un Algérien résidant en Algérie.
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C’est cette « discrimination » que le Conseil d’État a sanctionnée en 2001, car contraire à la Convention Européenne des Droits de l’Homme, en demandant à l’État l’égalité de traitement.
Obligé d’appliquer cette décision, le gouvernement Jospin avait chargé l’ancien ministre Anicet Le Pors d’une mission de réflexion. Or un alignement complet des prestations des étrangers sur celles des Français coûterait 1,83 milliard d’euros.
La mission Le Pors avait imaginé une revalorisation en fonction du coût de la vie dans le pays de résidence. Bercy déclarait alors vouloir éviter à tout prix de multiplier par cinq ou six le niveau des pensions existant en expliquant que cette hausse créerait une « perturbation des économies locales »
En 2002 le l’Etat français procède donc à la décristallisation des pensions des anciens combattants et invalides de guerre et de retraités militaires d’une vingtaine de pays. Mais, choisissant l’équité à l’égalité, - ce qui revenait à réparer une injustice et une discrimination par une autre discrimination -, il opte pour une décristallisation des pensions sur le pouvoir d’achat des pays d’origine plutôt que d’appliquer la parité. Cette décision, a concerné un peu plus de 132.000 pensions payées au 31 décembre 2000 dont quelques 35.000 à des Algériens.
Le Conseil d’État a même admis, le 18 juillet 2006, que le montant des pensions versées aux anciens combattants peut être diminuée en fonction du coût de la vie du pays où ils résident au moment où ils demandent la pension. Cette règle du lieu de résidence est d’autant plus discriminatoire qu’elle ne s’applique qu’aux étrangers, les Français ne voyant jamais leur pension diminuer s’ils installent leur résidence hors de France.
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Environ 56 700 anciens combattants âgés de plus de 65 ans, sont concernés dans 23 pays. Environ 40 000 vivent en Algérie et au Maroc, et 15 000 en Afrique noire, en particulier au Sénégal et au Tchad.
Il y aura :
Les étrangers percevront, comme les Français, 450 euros par an alors qu’ils ne percevaient globalement qu’un quart de cette somme, soit à peine 110 euros par an !
La revalorisation n’est que partielle parce que la mesure ne concerne qu’une infime partie des prestations versées aux anciens fonctionnaires civils et militaires : la retraite du combattant et les pensions militaires d’invalidité ; d’autres sont laissées de côté.
La revalorisation n’est que très faible parce que les deux prestations revalorisées portent sur des montants dérisoires : 450 euros par an pour la retraite du combattant à taux plein et moins de 700 euros pour une pension d’invalidité à taux plein.
Quatre organisations, le Groupe d’information et de soutien des immigrés (GISTI), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF) et le Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits (CATRED), et ont émis un communiqué de protestation. L’ARAC de la Marne a décidé de se porter signataire de ce communiqué.
En effet,
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Le Conseil d’État avait censuré la loi de cristallisation en 2001. Le gouvernement Jospin avec son secrétaire d’Etat aux Anciens combattants avait évalué le coût de la revalorisation totale des pensions à 1,8 milliards d’euros par an, 10 milliards d’euros avec le paiement des arriérés sur les 4 dernières années. On est bien loin du compte aujourd’hui avec les 110 millions annoncés.
Le contentieux des pensions des anciens combattants étrangers est donc loin d’être soldé. L’attitude du gouvernement traduit une fois de plus la désinvolture de la France à l’égard des vieux immigrés qui ont combattu ou travaillé pour elle, et n’en récoltent qu’indifférence ou mépris.
un cimetière au Monte Cassino |
Ces cinq personnages vont participer à la Libération, de l’Algérie à l’Alsace. C’est d’abord l’Italie et les pentes du Monte Cassino puis la Provence, la vallée du Rhône, les Vosges. C’est à la fin du film que se trouve une scène de guerre de grande intensité avec le combat dramatique livré par les Indigènes pour défendre un petit village alsacien, en janvier 1945. Toutes les scènes montrent les brimades et les vexations vécues par les indigènes, l’inégal traitement qu’ils subissent par rapport à leurs frères d’armes français : pas de permission, pas de tomates, pas de chaussures, aucune considération. A Marseille, Messaoud s’éprend d’une jeune femme. Les lettres qu’il lui envoie plus tard sont censurées.
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Avant et pendant le film, Rachid Bouchareb, l’initiateur et réalisateur, a fait de nombreuses recherches et recueilli de nombreux témoignages. Dans le dossier de presse, il souligne la concordance du film avec la réalité :
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Le site d’« Indigènes » lance d’ailleurs un appel au président Jacques Chirac "pour l’égalité des droits entre les anciens combattants français et coloniaux", soulignant qu’"un Français invalide de guerre vaut 3 Sénégalais et 11 Marocains". "Un Français ancien combattant pensionné vaut 2,5 Sénégalais et 7,5 Marocains". C’est "un des plus grands scandales de notre République", souligne ce texte qui demande notamment la création d’un fonds d’urgence, non seulement pour aider les survivants ou leurs familles mais aussi destiné à "valoriser l’histoire et la mémoire des anciens combattants issus des colonies".
De l’avis des historiens, le scénario n’est pas au service d’un récit et ne sert qu’à continuellement rappeler la France à ses culpabilités coloniale et xénophobe ; et donc à une repentance de plus.
En fait, il y surtout affichage des inégalités de traitement entre les français et les indigènes.
C’est donc bien un film accusateur de l’injustice de la France envers ceux qui se sacrifient pour elle.
Mais il y a aussi rappel de l’ingratitude de la France, passée certes mais aussi actuelle.
Ainsi, comme les médias nous y ont préparés avant la sortie du film, nous sommes interpellés sur les différences de traitement entre les Anciens Combattants Français et les Anciens Combattants des ex-colonies.
Nous faisons aussi le parallèle entre les indigènes non récompensés et leurs fils discriminés. Finalement, l’amalgame finit par nous faire évoquer la situation des immigrés des quartiers défavorisés.
La beauté et la valeur du film sont contenues dans ces 2 phrases du film :
« Je libère un pays, il devient le mien »
« Nous aimons la France, pourquoi la France ne nous aime pas ? »
« Indigènes » n’est donc ni un film hitorique, ni un film de guerre ; c’est un film polémique, juste et utile en l’état actuel de la société française.
Le prix d’interprétation masculine est remis par Diane Kruger le 28 mai 2006 |
De son côté, le distributeur Stéphane Célérier (Mars Distribution) a prévu une sortie importante avec 500 copies du film. « Il y a trois ans, j’évaluais le succès d’Indigènes à 1 million d’entrées. Depuis Cannes, cette estimation est multipliée par deux. », savoure-t-il. Entre une promotion tentaculaire et une étroite collaboration avec le ministère de l’Education nationale, le chiffre devrait se confirmer. Depuis la sortie en salles, le succès populaire est tel qu’il a fallu rajouter des copies.
Rachid Bouchareb envisage déja de rempiler. « Je raconterais l’histoire des indigènes de 1945 à 1962, soit du massacre de Sétif à la guerre d’Algérie, en passant par celle d’Indochine. » Ses comédiens ont d’ores et déjà accepté. Nous l’attendons avec impatience car, là, de nombreux Anciens Combattants y étaient.
Jacques, il faut faire quelque chose ! |
Ces réactions spontanées du couple présidentiel comme l’annonce des mesures gouvernementales étaient prévisibles et programmées. En réalité, le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, y travaillait depuis longtemps et le dossier était prêt depuis plusieurs semaines. Il restait à faire la meilleure exploitation politique par une habile opération de communication basée sur le succès du film et l’émotion qu’il suscite.
Je vous ai compris ! |
Le film a été initié, produit, joué, par des cinéastes qui se montrent, dans et hors du film, aussi fiers d’appartenir à la Nation Française que d’avoir des origines maghrébines. On ne peut donc pas les suspecter ni de trahison ni de communautarisme ; la formule la plus justement employée pour qualifier le film est : « revendicatif mais pas revanchard ». Cette crédibilité des faits rapportés n’est jamais remise en cause. Le débat ne se portant pas sur l’authenticité, il se concentre sur le fond du message : « à service égal, droit égal ». Beaucoup découvriront l’ignominie de nos chefs d’état, de De Gaulle à Mitterrand.
D’autres s’étonneront, comme quelques commentateurs de la presse, qu’un ancien combattant perçoit une retraite de seulement 450 Euros par an. Ils constateront, en effet, que rien n’a été fait pour nous, surtout ceux d’Algérie, à la hauteur de nos sacrifices. On ne nous reconnaît même pas le droit d’avoir souffert psychiquement de la guerre coloniale qui nous a été imposée. Notre site abonde en preuves et témoignages. Comme les indigènes des ex-colonies, nous avons été jetés à la poubelle de l’histoire. Ah oui ! Nous sommes vraiment les « indigènes » de la Nation !
Le grand intérêt du film est d’avoir projeté sur la place publique ce que nous avons toujours affirmé mais que beaucoup découvriront : les peuples n’étaient pas anti-Français mais anti-France colonisatrice. Ils demandaient moins l’indépendance que l’égalité des droits ; n’en déplaise aux exploiteurs politiques de l’anti-colonialisme qui les ont abandonnés à une plus grande dépendance de fait et à des fanatismes encore plus meurtriers.
En Algérie même, le film suscite beaucoup d’intérêt et de nombreux Algérois ont exprimé, samedi soir 7 octobre 2006, leur "émotion" et leur "admiration" après sa projection à Alger en avant-première.
Alors que :
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Ils ont applaudi sans retenue, le 4 juin 1958, à Alger, quand De Gaulle promettait aux Arabo-Berbères :
« …des Français à part entière, avec les mêmes droits et les mêmes devoirs. Cela signifie qu’il faut donner les moyens de vivre à ceux qui ne les avaient pas. Cela signifie qu’il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la contestait. » Ils s’y sont passionnément investis quand une partie de la promesse s’est concrétisée par le plan de Constantine.
Mais le mégalomaniaque dictateur pensait que la scène internationale lui était plus adaptée. Hélas, son âge ne lui permettait pas d’attendre la fin qu’il avait prévue de l’affaire algérienne ; il s’en est débarrassé en trahissant sans scrupules, en particulier ses partisans qui l’avaient installé au pouvoir.
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Alors :
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Le film « Indigènes » a donc éclairé et aidé à réparer un crime de la France mais il ne doit pas permettre de masquer les autres forfaitures. Il peut aussi révéler le lamentable état de la société française qui exhale des relents de colonialisme.
Point n’existe de dirigeant politique français qui ne vante la décolonisation. Ils proclament tous que non seulement ils détestent l’exploitation forcée d’un pays par un autre mais encore qu’ils abhorrent la suppression des libertés individuelles. Pourtant toute la classe politique française reste imprégnée par cet incorrigible besoin d’exploiter, de dominer, d’interdire, de mentir, de séduire. La société en ressort déséquilibrée et le peuple muselé, colonisé.
Celui qui a connu Oran avant l’indépendance a connu le quartier « Ville Nouvelle », encore appelé « village nègre » du nom de sa création en 1845. C’était le plus grand quartier arabe de la ville. Il était réputé pour être dangereux car le principal abri des derniers fellaghas de la willaya 5 qui, maîtrisés dans la campagne, s’étaient repliés pour poursuivre la guérilla dans la grande ville qui leur offrait un milieu de plus en plus favorable en raison des exactions commises sur les arabes par les européens exaspérés par le revirement gaullien.
La mosquée d’Oran |
Ma section avait ordre de ne faire aucun zèle si bien que nous ne ressentions pas d’animosité. Mais, les fellaghas, dont c’était le rôle d’organiser des provocations, commettaient des attentats sur les militaires, sur les européens ou sur les « traîtres ». Alors, les châtiments étaient aveugles et féroces. Les militaires se vengeaient souvent par des plastiquages de rues faisant quelquefois des centaines de mort ou par des contrôles violents. Des bandes venaient des quartiers européens voisins et ratonnaient sans pitié pour venger un des leurs, en nous reprochant notre mollesse.
Le 5 juillet 1962, à Oran : c’est au tour des Français de se faire assassiner. |
Je connais bien le quartier Croix-Rouge de Reims. Il y a 30 ans toutes les races et tous les milieux sociaux étaient mêlés sans problèmes majeurs. Malheureusement, les organismes logeurs et les municipalités ont réglé les conflits par des déplacements de locataires en regroupant « les plus mauvais, immigrés » majoritairement d’un côté et « les meilleurs, Français » majoritairement de l’autre. Le communautarisme était créé. Le chômage a poussé des jeunes à la délinquance quelquefois violente.
Rien n’a été fait pour supprimer les causes de ces dérives. Les bâtiments restent mal entretenus ; les équipements culturels, sportifs et de loisirs n’ont pas été créés ; les salles de réunion sont toujours occupées et, de toute façon, très chères ; les établissements scolaires sont mal équipés.
Pour bien souligner que le quartier est désavantagé que cela ne changera pas, on exonère d’impôts les entreprises et professions libérales qui s’y installent et on attribue une prime aux enseignants. Je n’en connais pas qui s’y soient opposés.
La police est insuffisante et inadaptée car sa hiérarchie devrait être imprégnée de l’idée que si le citoyen lui doit obéissance, en retour elle doit respect au citoyen, à tous les citoyens, quelque soit le faciès. Pour éviter les erreurs de cibles, le gouvernement signifie même que vous serez moins puni en attaquant un pauvre citoyen qu’un policier dont c’est le métier et qui a les moyens de se défendre.
Comme à « Ville Nouvelle » d’Oran, la spirale est enclenchée qui mène les immigrés à la solidarité communautaire ethnico-religieuse puis à la violence et les autres au Front National.
De gaulle avait fait des belles promesses, le 4 juin 1958 à Alger, dont : « il faut reconnaître la dignité à ceux à qui on la contestait »
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En effet, au lieu d’appliquer strictement la constitution dite républicaine, De Gaulle a institué le « plan de constantine ». Il s’est rapidement avéré inapplicable en conservant le contexte colonial. En effet, au lieu d’être une simple étape, il n’a été qu’une suite de discriminations positives à l’égard des F.S.N.A. (Français de Souche Nord Africaine) qui n’en ont que peu bénéficié.
La marche arrière est donc restée enclenchée et l’indépendance plus que jamais incontestable.
Actuellement :
L’article 1er de la constitution est sans ambiguïté : "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous et sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances".
Les discriminations sont donc impossibles. Alors, pourquoi existent-elles ? La réponse est la même dans toute la majorité présidentielle, de l’extrême gauche à la droite : c’est de la faute des autres. La solution est également la même : annulons la discrimination négative par une discrimination positive.
Hélas, nos raccommodeurs des inégalités n’ont pas tiré les leçons du passé qui a vu échouer tous les plans anticolonialistes qui n’ont pas supprimé les colonies. Ils ont inventé des lois absurdes tant dans leurs fonds que dans leurs formes. En effet, elles sont du même esprit que la faute puisqu’elles recréent des discriminations dont elles légalisent les conflits d’influence. Cela montre que leur objectif principal n’est pas de dédiscriminer mais de s’attirer la sympathie électorale des victimes dont les plus atteints seront dupés car ce qu’ils demandent, évidemment et au contraire, c’est de ne plus être mis à l’index.
Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent ! |
La liste officielle des discriminations négatives ne cesse évidemment de s’allonger. Chaque fois apparaît la loi de contre-discrimination positive qui est, évidemment, inapplicable et donc entraîne une succession de correctifs tout autant inefficaces. Alors apparaissent une quantité d’Autorités tape-à-l’oeil plus ou moins Hautes qui, après avoir prôné « l’intégration » ont préféré « l’assimilation » et, pour le moment, la « diversification ». Malgré les nombreuses notoriétés qui les composent, elles resteront inefficientes.
Ces « plan de Constantine » des discriminations sont donc voués à l’échec. Ils creusent les différences et les victimes, trahies par les partis traditionnels, glissent vers le communautarisme marginal.
Les colonisations n’ont pu durer que par la force des armes qui réprimait sans pitié toute velléité de contestation et donc supprimait la liberté d’expression qui aurait pu l’organiser.
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En réalité, ce sont ces interdits qui ont provoqué puis entretenu la guerre et entraîné sa fin dramatique dans la rupture.
En Algérie, comme c’était prévisible, la liberté d’expression n’a jamais été rétablie et les contradicteurs sont impitoyablement réduits au silence, en particulier ceux qui oeuvrent pour la signature d’un traité d’amitié qui officialiserait la réconciliation si chère à nos cœurs d’Anciens Combattants.
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C’est à celui qui grossira la liste ou réclamera plus de sévérité que celles qui existent. Comme pour les discriminations, il faut laisser son nom dans la « lutte contre les inégalités ». Alors, comme il faut avoir de la place pour tous les candidats, il a été décidé de condamner non seulement les discriminations mais aussi les propos discriminatoires à caractères raciste, sexiste, homophobe, etc. Comme il est plus facile d’empêcher de dire que d’empêcher de faire, vous pouvez dire que vous n’aimez pas les blondes mais pas que vous n’aimez pas les noires ; par contre vous pourrez les exploiter clandestinement.
Le napalm américain au Vietnam. |
Ce n’est plus « ose le dire que je te réponde ! » ou « le colonialisme, parlons-en » mais comme dans les religions : « la vérité ? Tais-toi ! C’est écrit ».
Au nom de quoi nos lois peuvent-elles dire que le massacre des arméniens est pire que le massacre des cambodgiens en 1975, que celui des outous et des toutsis en 1994, des Indiens à Bhopal en 1984 (30.000 morts), des vietnamiens pendant la guerre d’indépendance, des vietnamiens par l’agent orange, des algériens par les Français, etc. ? Au nom de quoi nos lois méprisent-elles les autres peuples en leur présentant une vérité sur leur histoire ? Au nom de quoi nos lois dénient-elles la liberté de chercher, de travailler intellectuellement, donc de penser ?
Faire un travail historique c’est analyser les événements avec les critères de leurs époques ; les analyser avec les critères de maintenant, c’est faire un travail de mémoire.
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Or, toute la presse, écrite comme audio-visuelle, est assujettie à l’argent donc contrôlée par la classe des riches qui obtient ainsi l’autorisation de ne plus évoquer les sujets qui les fâchent. Retirer le droit de dire à une minorité c’est permettre de ne pas le donner à celles qui ne l’avaient pas. Alors qu’elle prétend vouloir rompre le carcan du monopole la gauche l’a resserré en assumant ces lois liberticides.
Ne refaisons pas l’erreur des guerres coloniales où les interdits ont masqué les contestations des peuples, creusé les gouffres intercommunautaires, prolongé les combats, augmenté le nombre des victimes, retardé la réconciliation.
Ce n’est pas à la loi de dire ce que l’on peut dire ! N’imposons pas la vérité par la loi ! Etablissons la liberté d’expression !
Nous, Anciens Combattants de l’ARAC, étions sur les lieux des combats avec nos frères « indigènes ». Nous continuerons donc à témoigner, pour l’histoire, de nos sacrifices communs et des comportements répugnants des gouvernants français qui ont refusé, et refusent encore maintenant, nos droits à reconnaissance et à réparation. Héritiers des Révolutionnaires de Valmy et conscients que notre expérience nous autorise, et nous oblige, à intervenir, nous dénonçons le renouvellement, chez nous, des mêmes injustices que celles qui nous ont fait subir les guerres coloniales.
Or, ces « indigènes » que nous avons combattus chez eux, ont largement participé à la sauvegarde de la devise républicaine de la France et, avec les autres immigrés, à sa construction.
Par le film « Indigènes » ils nous poussent à tirer les leçons de notre passé et à renouer avec nos valeurs révolutionnaires.
Encore une fois, ils ont aidé les autres Français ! Puissent-ils continuer ! Il y a encore tant à faire !
Sources principales :

