Accueil du siteRevue de presse
   


Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er trimestre
Publié le lundi 2 janvier 2012, mis à jour le lundi 4 novembre 2013
 

Pour consulter les articles du journal « l’Union » d’une autre période, cliquez sur un de ces liens :
1er trimestre 2007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 1er trimestre 2011 ; 2ème trimestre 2011 ; 2ème trimestre 2011 ; 3ème trimestre 2011 ; 4ème trimestre 2011.

 

***********************************

Union120331c - Marne
CHALONS : Spectacles signés Furies dans le cadre du cessez-le-feu : L’Algérie pour les nuls

Nedjma et Karim : un duo de choc et de sensibilité.
  •  Agrandir la photo
  • Un spectacle monté à partir de témoignages de Châlonnais.
  •  Agrandir la photo
  • A partir de neuf témoignages de Châlonnais sur la guerre d’Algérie, un spectacle sensible mêlant le son et la musique à l’expression corporelle est proposé lundi et mardi. Entrée libre.

    « COMMENT faire pour ne pas oublier quelque chose que l’on n’a pas vécu et qui est pourtant imprimé profondément dans la mémoire ? ».

    Nedjma Benchaib, danseuse, s’interroge : dans le cadre du cinquantième anniversaire du cessez-le feu en Algérie, les spectacles assurés lundi et mardi, avec les souvenirs de la guerre au centre de la prestation, avec ses questionnements toujours douloureux, avec ce qu’il reste de ce conflit dans l’imaginaire de chacun, seront-ils davantage perçus comme un documentaire ou bien comme une création artistique ?

    Tout le challenge est là entre les mains des créateurs mandatés par l’Entre-sort de Furies. Lesquels créateurs qui, pour cette proposition, ont voulu éviter l’écueil du trop facile rappel des événements historiques raconté par les observateurs ou belligérants aux visages multiples : « Il y a les encyclopédies pour cela, ou internet ».

    Neuf témoignages

    Ont-ils réussi dans leur approche ? A l’heure des répétitions, la réponse n’appartient déjà plus à ces créateurs qui règlent en tout cas les détails d’une proposition originale. Le talent restera déjà pour eux de l’avoir imaginée. L’idée a été de faire converser les acteurs de ce spectacle avec les habitants de Châlons. Cette proposition est intitulée « L’Algérie pour les nuls, valse en 9 T ».

    Une valse à neuf temps. C’est-à-dire le nombre d’années qu’a duré ce conflit. Pour ce spectacle, neuf personnes de tous âges, de toutes positions, de toutes conditions, ont été invitées à évoquer leurs sentiments quant au sujet. Neuf de tous souvenirs, neuf de tout vécu, neuf au ressenti proche ou lointain rapport à cette guerre, son avant, son pendant, son après. Toutes interviewées dans Châlons grâce au réseau associatif de l’Entre-sort grâce notamment à Kamel Zidour et Leila Filali.

    De la parole au geste

    Ces neuf personnes se sont livrées durant deux heures devant le micro des initiateurs, Nedjma donc, mais aussi Laure Saupique, metteur en scène, et Karim Messaoudi, autre danseur acrobate. Qui sont-ils ? « Nedjma est mi-marocaine, mi-algérienne, Karim Messaoudi est mi-marocain, mi-flamand, et Laure Saupique est mi-figue mi-raisin » plaisantent-ils. Plus sérieusement annoncent-ils que tous trois ont un point commun : « Nous n’étions pas nés au moment de la guerre d’Algérie ». Bref, 18 heures de conversation en tout dont le nec plus ultra intime, le nec plus utile, le nec plus sensible, a été happé par les acteurs à qui il a été donné carte blanche. Les auteurs le savent. Tout art est subjectif. La difficulté a été pour eux de choisir, restituer, retranscrire la parole à l’expression corporelle. Autour des phrases faites de douleurs, de couleurs ou d’interrogations, l’ensemble sera animé d’une gestuelle mise en valeur par une musique signée Laure Brisa : « Et les propos donneront un corps sonore au spectacle ».

    Fabrice MINUEL

    ***********************************

    Union120331b - Marne
    TORTURE : L’initiative a suscité un tollé : La vente d’instruments de torture suspendue

    La vente aux enchères controversée d’instruments de torture, prévue mardi à Paris, est suspendue « dans un esprit d’apaisement », a annoncé hier la maison d’enchères Cornette de Saint Cyr.

    « Devant l’émotion suscitée par cette vente, nous avons décidé de la suspendre afin que toutes les parties concernées puissent examiner dans le calme le contenu réel de cette collection », a déclaré le commissaire-priseur Bertrand Cornette de Saint Cyr.

    Cette vente d’objets de torture rassemblés par l’ex-bourreau français Fernand Meyssonnier a suscité l’indignation d’associations de défense des droits de l’homme. Mais elle est légale, selon le Conseil des ventes.

    Fernand Meyssonnier a procédé à 198 exécutions judiciaires en Algérie entre 1957 et 1962. La vente est réalisée à la demande de la famille du bourreau décédé en 2008 à l’âge de 77 ans.

    « Barbarie »

    Le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, a annoncé hier qu’il souhaitait « très fermement » l’annulation de cette vente intitulée « Peines et Châtiments d’autrefois », qui rassemble 350 objets et documents sur la torture (corde de pendaison, écrase-main, « poire d’angoisse »).

    « La collection concernée relève par sa nature plus de la morbidité et de la barbarie que de la culture et soulève par sa provenance de douloureux questionnements historiques », a estimé le ministre dans un communiqué.

    « Après avoir consulté l’avis du Conseil de ventes volontaires et informé l’étude concernée de sa vive désapprobation, le ministre souhaite très fermement l’annulation de cette vente », a indiqué le communiqué.

    Plusieurs associations de défense des droits de l’Homme ont dénoncé mercredi cette vente aux enchères, critiquant une initiative « très choquante et contraire à toute morale ».

    ***********************************

    Union120331a - Marne
    SUIPPES : Centre d’interprétation de Suippes : C’est gratuit pour les handicapés !

    A l’occasion des Journées nationales tourisme et handicap ce samedi 31 mars et dimanche 1er avril, le Centre d’interprétation propose la gratuité à toutes les personnes handicapées.

    Depuis son ouverture en 2006, le Centre d’interprétation mène une politique en faveur de l’accessibilité de la structure et de l’accueil pour les personnes présentant un handicap.

    Le Centre d’interprétation Marne 14-18 a obtenu le label Tourisme et handicap en 2008 pour les quatre handicaps.

    Ces journées sont donc l’occasion de faire découvrir les installations et les efforts fournis pour accueillir tous les publics mais aussi de recueillir les impressions en vue d’améliorations futures.

    Contact : Marne 14-18 Centre d’interprétation - 4 ruelle Bayard 51600 Suippes. Tél. 03.26.68.24.09 ; contact@marne14-18.fr - www.marne14-18.fr

    ***********************************

    Union120329b - Marne
    SEZANNE : Assemblée générale de l’association des cadres de réserve : Le conflit afghan passionne

    De nombreuses personnes sont venues écouter le commandant Gaudillat.
  •  Agrandir la photo
  • L’association des cadres de réserve vient de tenir son assemblée générale.

    Après avoir remercié les membres présents, le colonel Serge Finck, président de l’association, leur a exprimé sa satisfaction de les accueillir toujours nombreux à toutes les manifestations organisées par elle ainsi qu’aux cérémonies patriotiques.

    Après le compte rendu d’activités, le bilan financier positif, présenté par le trésorier Jacques Hémard a été adopté à l’unanimité et le comité en exercice a été reconduit dans ses fonctions.

    A l’issue de l’assemblée générale, de très nombreux invités sont venus grossir les rangs des réservistes et ce sont ainsi 120 personnes qui ont écouté avec le plus grand intérêt,- l’exposé du commandant Gaudillat, qui leur a fait découvrir l’Afganistan, le pays, son peuple, ou plutôt ses populations et leurs mentalités, l’économie, le conflit armé et les difficultés d’adaptation des Occidentaux.

    C’est Jean Agrapart, maire adjoint et correspondant défense, qui a conclu en redisant tout l’intérêt des conférences d’information organisées par les cadres de réserve, conférences toujours en phase avec l’actualité.

    ***********************************

    Union120329a - Marne
    EPERNAY : Ecole Sainte-Marie : Les CM2 au Centre d’interprétation 14-18

     

    Vendredi dernier, les quarante-six élèves des classes de CM2 de l’école Sainte-Marie d’Epernay se sont rendus à Suippes pour visiter le Centre d’interprétation Marne 14-18, en lien avec leur programme d’histoire.

    Après avoir découvert le monument aux morts de Suippes, ils ont pu, en s’identifiant à un personnage, découvrir la vie des Français, militaires ou civils, durant les années 1914-1918.

    Au travers d’objets ou de documents, ils ont ainsi visualisé les différentes étapes de cette période depuis la mobilisation des soldats jusqu’à l’armistice de 1918.

    Les élèves ont fortement apprécié cette journée ainsi que l’accueil qui leur a été réservé.

     

    ***********************************

    Union120327b - Marne
    MARCILLY-SUR-SEINE : Huit anciens combattants médaillés

    Il a été précisé aux huit médaillés : « Arborez-la le plus souvent possible, soyez un exemple pour les générations futures. »
  •  Agrandir la photo
  •  

    Samedi 24 mars, de nombreux participants se sont retrouvés au monument aux morts pour le dépôt de gerbes, après l’office religieux célébré à l’occasion du 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie.

    Le comité Fnaca Anglure-Conflans a honoré par la médaille de la reconnaissance de la nation Khoudir Choubane, Claude Cordier, Raymond Ferry, Jean Laurent, Raymond Louvet, Jean-Philippe Marie Joseph, André Minel et Alain Soyer (absent).

    Puis, de retour à la salle des fêtes, une médaille du 50e anniversaire a été offerte à Patrick Muller, maire de Marcilly-sur-Seine, et Guy Dollat, maire de Perigny-la-Rose.

     

    ***********************************

    Union120327a - Marne
    GAYE : Mémoires de Gaye : Les passionnés d’histoire ne chôment pas

    Un programme riche pour l’année 2012 a été annoncé en AG.
  •  Agrandir la photo
  • L’association Mémoires de Gaye vient de tenir son assemblée générale. Les adhérents ont pu découvrir un programme riche en rendez-vous sur des thèmes très différents.

    Ainsi, deux sorties botaniques organisées par Michel Seurat sont prévues : une au printemps et une en automne. Une conférence sur le thème « une famille gayonne pendant la guerre » est prévue le vendredi 13 avril à 20 heures à la salle d’évolution.

    Une sortie ouverte au public sur le camp de Marigny sera organisée le vendredi 13 avril par Jean-Brice Rougemont, membre du conservatoire du patrimoine naturel de Champagne-Ardenne, suivie d’une conférence sur l’histoire du camp de Marigny-Gaye (l’expropriation, la construction, l’occupation militaire, le rassemblement gitan, les rave parties, puis tous les projets proposés à la suite du retrait de l’armée, Natura 2000, et bien d’autres parfois très surprenants !) à la mi-mai.

    Une exposition des articles de journaux consacrés à Gaye est programmée à l’automne, de même qu’une exposition photos qui sera proposée le 1er week-end de décembre sur le thème « le sport à Gaye ».

    À ces occasions, l’association fait appel aux conservateurs de souvenirs qui alimentent ces actions, et souligne que les habitants répondent amplement à ces appels. Toute l’année, les activités sont nombreuses et consistent en des recueils de photos et documents, des recherches, des préparations de conférence ou encore des interviews.

    ***********************************

    Union120325d - Marne
    LIVRE : Procès de Riom : une farce judiciaire

    A Riom en 1942, le gouvernement de Vichy a tenté de fabriquer le procès de la République.
  •  Agrandir la photo
  • Qui se souvient du procès de Riom ? Ceux qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale et les dures privations de l’Occupation ? Ceux qui connaissent la carte judiciaire des cours d’appel ? Pourtant dans cette petite ville du centre de la France, le gouvernement de Vichy a tenté d’y fabriquer le procès de la République qui s’est retourné contre lui. Au point d’être contraint d’ajourner cette caricature de justice en prétextant le besoin légitime d’un supplément d’information. En réalité, c’est Hitler qui a exigé cette suspension, mesurant combien cette mise en scène cynique pouvait handicaper une collaboration boitant bas.

    Dans un ouvrage qui fait une synthèse de l’événement, propose au lecteur la chronologie au jour le jour du procès et y adjoint les remarques de Léon Blum et le journal de captivité d’Edouard Daladier, Julia Bracher coordonne un vrai document et montre comment ceux qui ont été accusés par le maréchal Philippe Pétain ont retourné la situation à leur avantage.

    En insistant sur l’argumentation soigneusement préparée par les accusés pour contrer avec brio l’accusation, l’auteur passe au scanner à notre plus grand bonheur les pièces judiciaires qui représentent des dizaines de milliers de pages. On discerne ainsi comment Pétain reproche aux accusés de ne pas avoir su préparer la guerre et quelles sont les réponses de Maurice Gamelin, d’Edouard Daladier, de Léon Blum et de leurs collègues. On comprend quelle confusion a recherché Vichy puisque le parquet général directement briefé par le Garde des sceaux considère que les lois sociales du Front populaire constituent la matrice de l’impréparation militaire, du renoncement à l’effort, de l’assouplissement coupable des conditions de travail.

    UN THEATRE DE L’ABSURDE

    Mais pourquoi donc se limiter à la période 1936-1939 ? A juste titre Daladier redit qu’en 1934, le gouvernement a réduit les crédits militaires de 20 %. Or le ministre de la Guerre est alors un certain Philippe Pétain ! Blum s’amuse lorsqu’il déclare que si les réformes du Front populaire ont été si piteuses, il faut poursuivre tous ceux qui les ont rendues possible et tous ceux qui les ont applaudies. On a l’impression au fil des audiences de se retrouver dans un théâtre de l’absurde. D’autant que la censure imposée à la presse aboutit à des comptes-rendus d’audience insipides et systématiquement à charge contre les accusés. Tout ce qui ne concerne pas les responsabilités du Front populaire doit en être banni.

    Heureusement dans l’émission « Les Français parlent aux Français » sur la radio de Londres, de larges extraits des plaidoiries sont lus ce qui permet aux auditeurs de mesurer la capacité de désinformation du gouvernement de Vichy. Blum en remerciera le général de Gaulle. Le 11 avril 1942, le Journal officiel abrège cette comédie minable qui déshonorait l’idée même de justice.

    Hervé Chabaud h.chabaud@journal-lunion.fr

    Julia Bracher, « Riom 1942 : le procès », Omnibus, 1088 p., 29 euros.

    ***********************************

    Union120325c - Marne
    LIVRE : Police expéditive

     

    La garantie de l’Etat de droit à la Libération a été un rude combat pour le gouvernement du général de Gaulle en raison d’officines interdites qui ont conduit une épuration ciblée contraire aux principes généraux qu’une démocratie doit garantir. Les deux auteurs reviennent sur des enlèvements et séquestrations suivis d’exécutions clandestines qui ont lieu dans la capitale et qui font de leurs auteurs des criminels. Selon Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre une quarantaine de cadavres ont été repêchés dans la Seine entre le temps de la libération de Paris et le22 septembre 1944. Ils identifient les responsables comme étant un groupe composé d’un noyau de bourreaux issus des Francs-tireurs partisans.

    Si parmi leurs victimes il y a des collaborateurs certains et plusieurs personnes sans doute gênantes en raison de ce qu’elles savaient des activités de ce commando de nettoyeurs basé à l’institut dentaire de l’avenue de Choisy, il s’agit bien d’assassinats. Or si les gens inquiétés et éliminés méritaient d’être jugés en raison de leurs activités sous Vichy, ils méritaient un vrai procès. Les auteurs s’interrogent aussi sur ce que savait le parti communiste de ces agissements alors qu’il ambitionnait de peser sur la vie politique nationale.

    H. CH.

    Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre, « Ainsi finissent les salauds », Robert Laffont, 429 p., 22 euros.

     

    ***********************************

    Union120325b - Marne
    LIVRE : Décodage russe

    Qu’apporte ce dialogue surprenant entre Vladimir Fédorovski, diplomate de la planète russe et Alexandre Adler qui, historien et géopoliticien, a une solide culture marxiste confortée par un passage au PCF avant son émancipation fruit d’intelligentes déductions ? Un dialogue passionnant et des propos recueillis par Patrice de Méritens.

    Ce n’est pas tant leur première rencontre autour d’une bouteille de vodka à la cerise ou ce premier déjeuner « Chez Dominique » qui retient l’attention du lecteur quoique l’on sait alors que ceux-là sont de bons vivants. Ils partagent aussi le goût de l’histoire et une fascination pour les constructions intellectuelles qui reposent sur une authentique réflexion et ne sont donc pas biaisées par un militantisme conduisant au fanatisme. Fédorovski qui a gravité entre les factions qui ont pesé sur le pouvoir en URSS. Il montre comment après la mort de Brejnev, Andropov prend le pouvoir pour quinze mois mais doit gérer des révoltes d’insubordination. Il ne peut alors tenir qu’en s’appuyant sur la hiérarchie du KGB. Après la parenthèse ahurissante de Konstantin Tchernenko, l’arrivée de Gorbatchev ouvre des perspectives nouvelles. Le réformiste est vite dépassé par ses réformes qui conduiront Boris Eltsine à s’emparer du pouvoir ! Les deux auteurs proposent d’intéressants portraits de tous ceux qui ont compté dans l’histoire soviétique puis de la Russie retrouvée où Vladimir Poutine a compris comment des institutions démocratiques pouvaient être à son seul service. Adler et Fédorovski ne sont pas toujours d’accord mais leur confrontation pose un regard neuf sur le pourquoi de la Russie de maintenant.

    C’est à la fois passionnant mais parfois inquiétant.

    H. CH.

    Vladimir Fédorovski et Alexandre Adler, « Le Roman du Siècle rouge », Editions du Rocher, 224 p., 19,90 euros.

    ***********************************

    Union120325a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    La fermeté du Général

    Le capitaine de vaisseau Philippe Auboyneau promu contre-amiral et commandant des FNFL.
  •  Agrandir la photo
  • Le capitaine de vaisseau Paul Ortoli remplace Auboyneau comme commandant du « Triomphant ».
  •  Agrandir la photo
  • Le général de Gaulle réunit les commissaires nationaux le 23 mars 1942 à Londres en raison des problèmes inhérents au fonctionnement de la Marine des Forces françaises libres et de l’application par la Grande-Bretagne des sanctions décidées envers le capitaine de vaisseau Moret, ancien chef d’état-major du vice-amiral Muselier. Le commissaire des Affaires étrangères est prié d’apporter devant le Comité national le dossier complet de l’affaire et un projet de mémorandum relatant tous faits et toutes négociations qui s’y rapportent et destiné à servir d’annexe à une note qui pourrait être adressée au gouvernement britannique et aux gouvernements alliés et associés.

    On sait alors que les Anglais sont très mécontents de la mise à quai de Muselier mais la fermeté argumentée du chef de la France libre conduit toujours le 23 le représentant du gouvernement de Winston Churchill auprès du Comité national, Charles Peake, à remettre au Général un courrier dans lequel le 10, Downing street renonce à exiger le maintien du vice-amiral français dans ses fonctions antérieures. Néanmoins, les Britanniques réclament qu’une affectation conforme à son rang et à ses services lui soit attribuée. De Gaulle s’y est déjà engagé.

    Le 22, le Général a écrit à Philippe Pierrené, délégué de la France libre à Ottawa pour lui signaler qu’il avait demandé au capitaine de vaisseau de Villefosse de remettre son commandement à Saint-Pierre-et-Miquelon au plus ancien officier présent dans l’archipel et de rentrer à Londres sans délai. Il demande à son correspondant de lui faciliter son voyage s’il choisit de passer par le Canada ce qu’il ignore. Et d’ajouter : « Vous veillerez à ce qu’il ne fasse aucune déclaration sur aucun sujet. Vous donnerez de ma part la même consigne à Quedrué. Si cela était nécessaire, je suis convaincu que les autorités canadiennes vous prêteraient sur ces divers points leur concours discret et amical dans l’intérêt commun ».

    Le 25, il adresse un nouveau télégramme au contre-amiral Auboyneau où il lui demande de faire le maximum pour être le plus rapidement auprès de lui : « En ce qui concerne le commandement du « Triomphant », j’envoie d’accord avec Gayral, le commandant Ortoli qui nous paraît le plus qualifié. Moret s’est mis en effet dans une situation telle qu’il est impossible, je répète impossible, de lui confier un commandement aussi important même si l’on admet qu’il présente la qualification technique nécessaire ». Le même jour, il demande à la délégation de la France libre à Washington de démentir les commentaires fantaisistes qui sont repris aux Etats-Unis sur la démission de Muselier alors qu’il a quitté sur sa demande le Comité national et y a été remplacé par un autre marin : « Toutes les histoires politiques ou autres greffées autour de cela ne sont que d’absurdes fantaisies. La France libre et les forces françaises libres sont plus unies et résolues qu’elles ne l’ont jamais été ».

    C’est à la même date et après en avoir informé le Comité que de Gaulle transmet ce télégramme à Brazzaville au général Leclerc, commandant supérieur en Afrique française libre : « Je vous ai nommé par décret et je désire que vous rejoignez votre nouveau poste et preniez vos fonctions immédiatement et sans délai. Veuillez me proposer d’urgence votre successeur dans ce commandement des troupes du Tchad que vous avez si glorieusement exercé. Mes profondes amitiés ». Il succède au général Serres qui est mis à disposition du général Catroux mais de Gaulle lui exprime toute sa reconnaissance pour « les excellents services que vous avez rendus à la France, tant dans la libération de l’Afrique équatoriale en août 1940 que dans les actions de guerre si brillamment menées par nos glorieuses troupes coloniales d’Afrique ». Le chef de la France libre muscle les commandements stratégiques en y nommant les meilleurs.


    …..

    Echec à Malte, succès à Lübeck

    Le « Breconshire » en grande difficulté devant Malte.
  •  Agrandir la photo
  • L’Allemagne veut recruter des travailleurs robustes.
  •  Agrandir la photo
  • Un poste de commandement de la RAF : on suit la progression des bombardiers.
  •  Agrandir la photo
  • La RAF charge les munitions avant de frapper Lubeck.
  •  Agrandir la photo
  • Manœuvres. Si l’Axe remporte un succès en Méditerranée, les usines allemandes semblent plus vulnérables aux raids des bombardiers britanniques.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr

    En Méditerranée, à l’aube du 20 mars 1942, un convoi anglais destiné à ravitailler l’île de Malte qui subit des bombardements intensifs au quotidien se dirige vers La Valette. Il comprend quatre cargos, le « Breconshire », le « Clan Campbell », le « Talabot » et le « Pampas » qui ont quitté le port d’Alexandrie. La situation devient critique et la population locale retranchée dans des caves manque désormais de tout. Cette opération baptisée « Sauvetage de Malte » doit réussir. Elle est considérée par les stratèges comme l’offensive de la dernière chance. Sans munitions et produits manufacturés de première nécessité, l’île affamée risque d’être conquise par les Italiens et les Allemands dont l’ambition est de contrôler non seulement la circulation maritime mais d’acquérir la maîtrise du ciel méditerranéen. Les cargos sont escortés par les croiseurs « Dido », « Euryalus », « Cleopatra » qui porte le pavillon de l’amiral Vian, du croiseur léger « Carlisle » et de dix-sept contre-torpilleurs. Depuis Malte, deux bâtiments doivent venir à la rencontre du convoi. Le croiseur « Pénélope » et le contre-torpilleur « Légion » sont désignés pour réussir ce relais. Winston Churchill de méchante humeur a exigé une mobilisation sans précédent de toutes les unités navales de Méditerranée pour donner une nouvelle leçon à l’ennemi.

    Une chasse à mort

    Cet impressionnant mouvement n’échappe pas aux avions de reconnaissance de la Luftwaffe. Le commandement italien qui a deviné l’objectif donne l’ordre à ses forces d’appareiller sans tarder et d’intercepter le convoi. Dans la nuit du 21 au 22 mars 1942, l’amiral Iachino quitte Tarente à bord du cuirassé « Littorio ». Il est escorté de quatre contre-torpilleurs. Dans le même temps, l’amiral Parona à la tête d’une autre force sort de Messine accompagné des croiseurs « Gorizia », « Trento », « Bandenere » ainsi que de quatre contre-torpilleurs. Les navires italiens mettent le cap sur la Grande Syrte au large des côtes libyennes. Les marins italiens comptent intercepter le convoi et couler la flotte britannique afin d’assurer définitivement la sécurité de leurs propres cargos destinés à approvisionner le corps expéditionnaire de l’Afrika Korps du général Rommel. Le 22 mars 1942, des avions torpilleurs italiens S-79 attaquent la formation britannique qu’ils ont repérée dans l’axe de Malte mais ils ne touchent aucun de leurs objectifs. Vers 12h40, le pilote d’un appareil de reconnaissance du Trento transmet une information et assure avoir identifié les Anglais qui ne disposent pas de couverture aérienne. L’amiral Iachino apprécie cette bonne nouvelle et, deux heures plus tard, les croiseurs de l’amiral Patona qui sont envoyés en approche aperçoivent les bâtiments anglais et ouvrent immédiatement le feu.

    Les Britanniques développent un épais écran de fumée, aussi le convoi n’est-il pas touché et l’amiral italien donne l’ordre de cesser le feu. Vers 16h30, le « Littorio » aperçoit un croiseur britannique mais comme la météo est défavorable, il n’insiste pas d’autant qu’il ne dispose pas de radar. Dès que le nuage de fumée se dissipe un peu, les Italiens ouvrent le feu et parviennent à toucher le « Cleopatra ». A 18h30, les amiraux italiens sont certains d’avoir verrouillé la zone aussi estiment-ils que les Anglais vont tomber dans la gueule du loup. Les Britanniques ne renoncent pas. Le 23 mars 1942, les quatre cargos qui poussent au maximum leurs machines ne parviennent pas à se mettre à l’abri avant le lever du jour. Les avions de l’Axe attaquent en plusieurs vagues. Le « Talabot » et le « Pampas » sont malheureusement touchés alors qu’ils sont déjà entrés au port et coulent avant que leur cargaison ait pu être déchargée. Le « Bresconshire » se fait remorquer mais est également atteint. Enfin le « Clan Campbell » est envoyé par le fond alors qu’il se trouve à une cinquantaine de Miles de Malte. Des 26.000 tonnes de mazout que transportait le convoi, 5.000 seulement sont récupérées ! L’amiral britannique Cunningham fait la moue : « Les forces de l’Axe ont en grande partie atteint leur objectif : empêcher le ravitaillement de Malte ». L’Axe maintient la pression et envisage de larguer des unités parachutistes pour conquérir l’île et profiter de la faiblesse relative de la Royal Navy en Mediterranée. Les Anglais ne disposent plus alors que de quatre croiseurs, quinze contre-torpilleurs contre quatre cuirassiers, neuf croiseurs, cinquante-cinq torpilleurs et une soixantaine de sous-marins pour les adversaires de l’Axe. Les stratèges ennemis préparent le bombardement coordonné des terrains de Miccaba, Hal Far, Luka et Gudia.

    Ils espèrent attaquer par surprise et neutraliser un maximum d’appareils au sol.

    Frapper au cœur du Reich

    A Londres, Churchill étudie de nouvelles ripostes avec ses chefs d’état-major. Le 28 mars, il donne le feu vert à une puissante frappe aérienne contre les installations industrielles de Lübeck. 243 bombardiers sont mobilisés et réussissent leur attaque. Les destructions et dégâts enregistrés sont considérables et l’ampleur du raid décide Hitler à rappeler immédiatement de Sicile deux groupes d’aviation de bombardement afin de préparer des représailles sur des villes anglaises historiques. Vociférant contre les tueurs de Londres, il ordonne que la Luftwaffe mette au point des raids de destruction des villes d’Exeter, York, Canterbury et une nouvelle campagne contre le cœur de la capitale du Royaume-Uni. Le Führer a raison d’être inquiet parce que le succès des Britanniques au-dessus du Reich tend à confirmer que la RAF a conquis la supériorité aérienne dans le ciel européen. Pour la simple raison que la sollicitation des escadrilles de Goering sur le front de l’est ne permet plus une couverture de sécurité du ciel allemand. Ces résultats positifs pour les Anglais sont aussi un excellent moyen pour dissuader les ouvriers des pays européens occupés d’aller travailler en Allemagne. Cette démarche est assimilée à une marche vers la mort. Georges Boris résume avantageusement la situation : « Traité comme du bétail humain, ils travaillent comme des bœufs de labour, dix à douze heures par jour. Et si, à ce régime, ils tombent malades, ils ne reçoivent pas les soins qui sont dus à des êtres humains. Une ordonnance du ministre du travail allemand commande de restreindre au minimum l’admission des ouvriers étrangers dans les hôpitaux ; quiconque est atteint d’une affection trop grave pour être guéri en moins de trois semaines ne peut être hospitalisé. Il est renvoyé dans son pays avec toutes les souffrances et tous les risques que le voyage comporte pour un malade ». Boris sort aussi des statistiques qui attestent que les ouvriers étrangers sont placés dans les usines les plus exposées aux bombes ennemies. Il cite des statistiques belges publiées dans la presse de ce pays. Il y est écrit que 6.000 ouvriers du petit royaume sont tombés victimes des raids de la RAF sur Hambourg, Kiel, Mannheim et dans d’autres villes dont les noms ne sont pas donnés. Or d’après les statistiques allemandes, il n’y a que 120.000 Belges qui travaillent outre Rhin. Et de commenter : « Pour qu’une si forte proportion d’entre eux ait pu, en un temps aussi court, être atteinte par les bombes de la RAF c’est bien la preuve que les ouvriers sont concentrés dans les zones dangereuses ». Avant de conclure : « Ils ne sont pas seulement des bêtes de labour ; ils sont aussi des bêtes de boucherie ».


    …..

    Désert libyen : contrer les chars ennemis

    Le général Edgard de Larminat : méthodique et redoutable.
  •  Agrandir la photo
  • Rommel et l’un de ses officiers d’état-major préparent une nouvelle offensive contre les alliés dans le désert libyen.
  •  Agrandir la photo
  • Les colonnes françaises dans le désert libyen sont sous la coordination du général Koenig qui compare la situation à une guerre maritime : « Les automitrailleuses constituent en quelque sorte la ligne de surveillance des bâtiments légers, indispensables pour éclairer et fournir le renseignement mais incapables de résister aux formations plus lourdes croiseurs légers, encore moins aux escadres lourdes constituées par les patrouilles ou escadrons de chars. Les jocks colonnes interviennent alors pour arrêter l’escadre adverse ou les croiseurs isolés forceurs de blocus ». De fait, comme des navires, les véhicules légers qui effectuent des patrouilles systématiques dans tous les secteurs qui leur sont attribués se déplacent en formations régulières et n’ont pas d’autres choix que de naviguer avec boussole et compas solaire. Les colonnes se guident également avec les bornes qui sont espacées de cinq à dix kilomètres. Elles sont constituées de trois fûts de deux cents litres superposés et marqués d’un numéro distinctif reporté sur la carte que possèdent les chefs de colonne.

    Koenig installe son PC dans une zone accidentée. Il transforme son véhicule bien dissimulé en poste d’état-major et ainsi suit à la radio la progression de ses patrouilles. Il écoute les conversations et les messages de manière à se faire une idée la plus précise possible de la situation. Les colonnes effectuent des reconnaissances le matin et le soir et se mettent à l’abri au plus chaud de la journée. Elles se regroupent à la tombée du jour après s’être abritées de l’aviation ennemie qui multiplie les sorties diurnes. Comme elles ne bénéficient pas d’un appui aérien, elles ont leur propre DCA mais elles sont insuffisamment protégées des attaques des Messerschmitt de la Luftwaffe et des Macchi italiens. Les pertes en véhicules et en hommes sont importantes et cela préoccupe Koenig. C’est la raison qui le pousse à multiplier les coups de main nocturnes et surtout à harceler l’ennemi. De petites équipes constituées autour de lieutenants volontaires obtiennent en cette seconde quinzaine de mars 1942 des résultats encourageants. Toutefois cette guerre du désert est compliquée et le risque de méprise important.

    « Valse Lente »

    Pour se prémunir des raids des forces de Rommel, Koenig met au point l’opération « Valse lente » qui consiste à ordonner un repli en position de combat aux patrouilles dès lors que des formations motorisées ennemies sont signalées. Les véhicules français sont vulnérables et on se méfie des tirs des chars Mark IV de l’Afrika Korps. La lourde déconvenue enregistrée le 16 mars par la colonne du lieutenant-colonel Broche qui s’est aventurée jusqu’à une centaine de kilomètres à l’ouest de Bir Hakeim sert de leçon. Les escarmouches se transforment parfois en rudes batailles. Le 20 mars, les colonnes en patrouille participent à un exercice d’attaque générale lancée par la 8e armée pour attirer sur elle le gros de la Luftwaffe pendant qu’un convoi de la Royal Navy s’efforce de ravitailler Malte où la situation est alarmante. Les colonnes de la brigade française foncent sur Bir el Hamarin puis se rabattent vers le nord avant d’envoyer quelques éléments au-delà de la piste de Mechili à Tmimi. Pendant ce temps, les automitrailleuses et les éléments mobiles de la 1re division sud-africaine attaquent des aérodromes situés à Tmimi et Martouba. Cette diversion atteint son objectif puisqu’on n’enregistre qu’une dizaine de véhicules perdus pendant les violents accrochages avec l’aviation ennemie. Les Français sont conscients que leur brigade est composée de bons soldats, mobiles, intuitifs mais elle manque de puissance offensive parce que les blindés lui font défaut. Elle ne peut s’engager efficacement que pour des missions semi-statiques parce que ses dotations sont bien inférieures aux unités britanniques. Koenig constate aussi que le 75 antichars porté n’est pas assez maniable même s’il est utile. Si son transport est amélioré puisqu’il est placé sur des camions Chevrolet à deux ponts, il reste un handicap incorrigible en l’état. Le champ de tir horizontal de la pièce, solidaire du véhicule, ne dépasse pas quelques degrés ce qui empêche une instantanéité de riposte. Comme les Français libres tiennent à combattre les Allemands à armes égales, ils suivent les aménagements réalisés par les coloniaux du 2e bataillon de marche.

    Des bricoleurs de génie

    Deux officiers de réserve, un vétérinaire et un transporteur les capitaines Bayrou et Bélin réalisent un véhicule porte-canon de 75 qu’ils baptisent BB3. C’est un vrai canon automoteur au champ de tir horizontal de 60°. Il se révèle redoutable au cours des patrouilles si bien que le général de Larminat donne l’ordre de transformer tous les 75 antichars sur ce modèle et de porter de trois à six pièces, la dotation de cette arme dans chaque bataillon d’infanterie et cela en puisant dans le parc d’artillerie du Levant. Ces ingénieurs amateurs ne s’arrêtent pas là. Ils transforment les camions Chevrolet et le canon de 75 et en récupérant des tourelles de chars italiens, ils fabriquent un canon automoteur capable de tirer tous azimuts. On va l’appeler le « Conus-gun » du nom du lieutenant Conus, chasseur de fauves en Afrique et chargé d’en superviser la fabrication dans un atelier du Caire. La Légion travaille de son côté à l’amélioration d’une chenillette d’infanterie conçue initialement pour le transport de mortiers et de munitions. Le lieutenant de réserve Dewey, un cheminot breton, le métamorphose en un petit char d’assaut en renforçant son bouclier, tout en fixant à l’avant du châssis un canon de 25 mm ou une mitrailleuse lourde. On va ainsi composer des sections de cinq chenillettes destinées aux reconnaissances et à la réserve mobile des bataillons. Les Britanniques s’irritent de ces transformations qu’ils estiment contraire aux règlements mais très vite ils constatent que les améliorations apportées par les Français sont astucieuses et leur sont utiles. Tout est fait pour renforcer les moyens opérationnels des unités et toutes les entourloupes destinées à obtenir plus de matériels dans les rangs des Forces françaises libres sont utilisées. Elles témoignent d’une volonté de combattre au mieux.

    A Bir Hakeim sur un terrain inhospitalier, les positions sont désormais bien organisées mais creuser est un travail harassant. Koenig motive ses hommes et rappelle la condition du fantassin pendant la Grande Guerre : « Un homme résolu dans un trou est un seigneur, maître du terrain environnant ». Les fantassins multiplient les « fox holes », les trous de renard pour un ou deux hommes. Les artilleurs installent leurs canons dans des fosses circulaires à ciel ouvert, ce qui leur permet de tirer tous azimuts. Là encore ce sont les armes antichars qui posent le plus de problèmes. On ne peut pas les enterrer à plus de cinquante centimètres sans quoi elles ne pivotent pas à hauteur des essieux de roue. Pour les prémunir des tirs précis des chars ennemis, elles sont protégées par des parapets de sacs de sable faciles à bouger. Les véhicules sont dissimulés dans des caches, moteur à l’avant. Les PC, les centres de ravitaillement, le carburant et les munitions sont placés sous terre. Tout comme l’antenne chirurgicale.

    ***********************************

    Union120324c - Marne
    MAREUIL-SUR-AY : Cessez-le-feu en Algérie : Un moment de recueillement

    Une gerbe a été déposée au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  •  

    En présence du maire, M. Drouin, accompagné du conseil municipal et quelques habitants, une gerbe a été déposée au monument de Mareuil-sur Aÿ pour la commémoration du 50e anniversaire du « Cesser-le-feu en Algérie ».

    Un événement qui fut accueilli avec soulagement par la très grande majorité de compatriotes, rappela le premier magistrat dans son hommage rendu à l’ensemble des morts pour cette guerre.

    Après lecture du cessez-le-feu du Général Ailleret du 19 mars 1962 et le message national, une minute de silence a été observée en mémoire à tous les combattants.

     

    ***********************************

    Union120324b - Marne
    AMBRIERES : Canton de Saint-Remy-en-Bouzemont : Fusion des anciens combattants : déjà 25 ans

    L’association des anciens combattants compte soixante-et-onze adhérents.
  •  Agrandir la photo
  • C’est à Ambrières que vingt-huit anciens combattants ACPG-CATM-TOE et veuves du canton de Saint-Remy-en-Bouzemont ont décidé cette année de se réunir pour leur assemblée générale annuelle, sous la présidence de Jean Lelièvre.

    Quatre décès ont été enregistrés au cours de l’année 2011 : Marc Jacquot de Larzicourt (ACPG) ; Maurice Paillet de Saint-Remy-en-Bouzemont (ACPG) ; Jacques Menissier et Michel Neuville de Larzicourt (CATM). Les effectifs de la section pour 2012 de la section sont de trois anciens combattants prisonniers de guerre, quarante-sept CATM, un TOE et dix veuves.

    Un voyage en août, un repas dansant en novembre

    Après un compte rendu des manifestations et cérémonies de l’année écoulée, le président Jean Lelièvre a tenu à remercier les douze communes du canton qui subventionnent l’association. Il a précisé que l’association, créée par l’abbé Végel au retour de sa captivité en 1945, fêtait son 66e anniversaire. C’est également le 40e anniversaire de l’association des CATM et le 25e de la fusion.

    Le programme 2012 a été évoqué : pour les commémorations des 8 mai et 5 décembre, les communes ne sont pas encore définies. Un voyage d’une semaine aura lieu en août et un repas dansant est prévu le dimanche 4 novembre à la salle des fêtes de Saint-Remy-en-Bouzemont.

    Un 3e porte-drapeau a été désigné pour suppléer les deux premiers. Lucien Ouriet et Marcel Decaillon ont été élus au conseil d’administration.

    L’assemblée s’est terminée par une célébration à l’église et par un dépôt de gerbe au monument aux morts. Christian Charpentier s’y est vu remettre la croix du combattant AFN.

    ***********************************

    Union120324a - Marne
    EPERNAY : Poilus de la Marne : La saison se prépare

    Réunis dans leur salle de la maison des associations d’Epernay, les poilus ont travaillé avec leur nouveau secrétaire Michaël Ruols et trésorier Stéphane Gerlache sur les nombreuses sorties de l’année, après avoir commémoré au bois des Caures près de Verdun le déclenchement de la bataille du 21 février 1916, ils partiront à Saint-Mihiel en avril, avant d’en planifier d’autres comme la Belgique, le centre de la France ou les Vosges. Le président Didier Blanchard a remercié les membres très actifs de l’association et la venue du tout nouvel adhérent Louis qui n’a que 14 ans et déjà très passionné par la période de la Première Guerre mondiale.

    2014 sera l’année anniversaire pour les poilus qui sont déjà très sollicités, des expositions ainsi que des défilés ou des reconstitutions en tenue garance seront à l’affiche, mais avant cette date, les membres ont encore le temps de s’exercer sur les marches aux pas ou les maniements.

    ***********************************

    Union120323d - Marne
    FRESNE-LES-REIMS : Anciens combattants : Un appel au rassemblement

    Au centre, M. Clément, nouveau président, a remercié M. Kariger pour son accueil.
  •  Agrandir la photo
  • Les anciens combattants et prisonniers de guerre du canton de Bourgogne se sont réunis en assemblée générale à la salle des fêtes de Fresne-lès-Reims. Accueilli par M. Kariger, maire du village et conseiller général, leur président, Robert Clément, a demandé une minute de silence à la mémoire des membres disparus au cours de l’année et surtout en souvenir de son prédécesseur Roger Delorme.

    Après le rapport d’activités qui a notamment souligné l’hommage rendu à M. Nicolas à l’occasion de son centième anniversaire et l’adhésion à l’association Les Amis du Fort de la Pompelle, groupement Maginaux, le rapport financier a rappelé que les adhérents sont actuellement au nombre de 67 et qu’il est possible d’être adhérent sans être ancien combattant, mais en qualité de membre sympathisant, ce qui commence à se développer. Pour le renouvellement des membres sortants du bureau M. Maréchal ne souhaite pas poursuivre son mandat pour cause de santé et il a été remercié pour ses services notamment en qualité de délégué auprès de l’instance départementale.

    M. Petit reprend cette charge, faute d’autre candidat. Par contre Germain Teschner de Loivre et Norbert Deichgraber font acte de candidature pour rejoindre le bureau et sont élus à l’unanimité.

    Pour l’union de tous les combattants

    La parole est ensuite donnée à M. Valentin, représentant du bureau départemental qui a détaillé les actions de celui-ci et particulièrement les possibilités d’aide ponctuelle que peut apporter le fonds social aux adhérents. Il a également reprécisé les attributions de la fédération nationale et là encore principalement en matière d’actions sociales et de solidarité. Pour clore l’assemblée, M. Kariger a remercié l’association d’avoir choisi Fresne-lès-Reims cette année pour son assemblée et s’est uni au regret des anciens combattants de voir que les combattants d’aujourd’hui, même s’ils sont professionnels, ne se rassemblent pas auprès de leurs aînés, car ils partagent cependant les même valeurs et combattent en leur nom, comme les anciens l’ont fait, parfois jusqu’au don de leur vie. Une cérémonie avec dépôt de gerbe a eu lieu au monument aux morts du village accompagné par la batterie-fanfare de Bourgogne, puis tous se sont retrouvés à la salle des fêtes pour un repas festif.

    ***********************************

    Union120323c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Assemblée générale des cheminots anciens combattants : L’heure du bilan et du souvenir

    Les cheminots anciens combattants devant la plaque du quai de la gare.
  •  Agrandir la photo
  • C’est dans la salle des conférences de la gare SNCF de Vitry-le-François que s’est déroulée, dimanche dernier, l’assemblée générale locale de l’ANCAC (association nationale des cheminots anciens combattants - résistants, prisonniers et victimes de guerre), en présence d’une quinzaine de personnes.

    Le président Jean Pourcher a débuté l’assemblée générale par une minute de silence à la mémoire de Claude Champion et Michel Barrois (AFN), disparus au cours de l’année 2011.

    Il présenta ensuite son rapport moral et son rapport d’activités avec notamment les sorties aux cérémonies patriotiques en 2011.

    La section de Vitry-le-François comprend vingt-sept adhérents.

    Le rapport financier a été présenté par Marcel Salembier.

    Pour l’année 2012, le bureau sera composé de Jean Pourcher à la présidence. Le secrétariat sera tenu par Jacques Lefebvre, aidé par Étienne Robinet. Le trésor sera tenu par Marcel Salembier, aidé par René Martin. Les vérificateurs aux comptes sont Serge Lance et Guy Gaillet. Les membres sont François Gille, Jean-Claude Louis et Michel Dupont. Le porte-drapeau est Jean-Claude Louis, aidé de Jean Dauphinot. Président d’honneur : Robert Bonnet.

    L’assemblée générale s’est terminée par l’appel des cheminots morts pour la France et un dépôt de gerbes à la stèle de la gare SNCF, en présence des adjoints Claudine Brocard et Laurent Burckel.

    ***********************************

    Union120323b - Marne
    MARCILLY-SUR-SEINE : Les appelés racontent leur vécu en Algérie

    Ce n’est pas une exposition de plus sur la guerre d’Algérie. C’est un témoignage unique sur ces années de guerre. Cette exposition est proposée par le comité de la Fnaca d’Anglure - Conflans et la section histoire de l’Association sportive et culturelle de Marcilly (ASCM) à la salle des fêtes de Marcilly-sur-Seine.

    L’histoire racontée sur les nombreux panneaux, avec 500 photos d’époque reproduites et commentées pour l’occasion, est celle de quelques appelés partis faire leur service militaire de l’autre côté de la Méditerranée. Ces jeunes ont quitté Conflans, Marcilly ou Anglure pour servir en uniforme à Alger ou dans le désert. Ils étaient maître-chien, infirmier ou chauffeur.

    Avec cette exposition, ils font part de leurs souvenirs. La petite histoire rejoint la grande Histoire. C’est la première fois qu’une exposition de ce genre est organisée dans le secteur d’Anglure.

    A côté de l’exposition de photos, une autre exposition, élaborée par la Fnaca, retrace le déroulement de la guerre d’Algérie.

    Les élèves de CM2 des trois écoles primaires de la communauté de communes du pays d’Anglure doivent visiter ces deux expositions.

    A l’occasion du 50e anniversaire du cessez-le-feu, un office religieux sera célébré le samedi 24 mars à 10 heures en l’église Saint-Ferréol de Marcilly-sur-Seine. Puis les anciens combattants déposeront une gerbe au monument aux morts.

    A noter que lors de cette exposition, Jean-Louis Fontanières (membre de l’ASCM) présente son roman intitulé « le souterrain. »

    « Il s’agit d’un récit, mi-fiction, mi-autobiographie, qui se passe au début des années cinquante, c’est l’histoire d’un petit garçon qui vit dans une cité d’Alger où se trouve un souterrain », explique l’auteur, qui n’en est pas à son premier livre.

    G. T.

    Exposition ouverte jusqu’au mardi 27 mars de 14 à 18 heures à salle des fêtes de Marcilly-sur-Seine.

    ***********************************

    Union120323a - Marne
    REIMS : Leçon d’histoire et devoir de mémoire

    A l’écoute du colonel Carminati.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale s’est déroulée au centre des congrès.
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne) La section de Reims de l’Union nationale des combattants a réfléchi sur le métier de militaire et sur le devoir de mémoire : « La dernière responsabilité qui nous incombe »…

    COMME il se doit, l’assemblée générale de L’UNC Reims s’est ouverte par un hommage aux adhérents disparus en 2011, dont trois ayant servi pendant la guerre 39/45 et cinq en AFN.

    De plus, le président Serge Goulin a déclaré : « Nous sommes orphelins d’un maillon fort de notre association en la personne de notre porte-drapeau Henri Coulmeaux, qui depuis 40 ans, a accompli un véritable sacerdoce, représentant notre association dans plus d’une quarantaine de manifestations patriotiques chaque année ». Yves Bossard a pris sa succession avec Michel Mauroy, porte-drapeau adjoint.

    La mémoire des soldats morts récemment en opérations extérieures a ensuite été évoquée, avec une réflexion sur le métier de militaire et les dangers encourus dans son exercice avec un rappel de paroles dites en 2010 par Bernard Accoyer : « La mort du soldat ne sera jamais un banal accident, des faits d’armes ne seront jamais des faits divers ».

    Le président a ensuite insisté sur le devoir de mémoire : « La dernière responsabilité qui nous incombe, comme l’a écrit Héklie Denoix de Saint Marc ».

    Incertitudes

    Selon Serge Gourlin, cette année 2012 est remplie d’incertitudes pour le monde combattant, à commencer par les commémorations du 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, avec rappel du bilan des victimes civiles et militaires et les « 150 000 harkis morts après l’indépendance de l’Algérie… Voila pourquoi nous ne pouvons commémorer le soi-disant cessez-le-feu du 19 mars qui n’a jamais été respecté par le FLN ».

    Il a repris les propositions faites par le président de la République pour, sur le plan national, ne retenir que trois dates de commémoration avec le 11 Novembre associant tous les « Morts pour la France », le 8 Mai et le 14 Juillet : « Les autres dates deviendraient des commémorations locales ou régionales, sauf cas exceptionnels comme le 5 décembre en ce qui nous concerne ».

    Le président départemental, Alexandre Zentner, a ensuite fait le point sur les regroupements nécessaires, à la suite des baisses d’effectifs dans des sections Marne (Perthois Bocage et Mailly) et la constitution en cours pour la Vallée de la Suippe. La section de Reims, avec un nombre encore important de membres, est à l’abri de telles mesures dans l’immédiat.

    Ce fut ensuite le tour du colonel Carminati de prendre la parole pour une magistrale leçon d’histoire, depuis l’épopée napoléonienne jusqu’à nos jours, évoquant avec émotion les moments forts de son vécu, en particulier dans la Résistance et en Indochine.

    Il revenait ensuite à l’adjoint Jean-Claude Laval de conclure l’AG par son approche positive de toutes les initiatives visant à « favoriser l’unité de la nation » et la nécessité de s’intéresser à la « recherche historique, car il n’y a pas qu’une seule vérité » et c’est pourquoi le devoir de mémoire s’impose.

    ***********************************

    Union120322d - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : 50e anniversaire des Accords d’Evian : Le 19 mars 1962 commémoré

    Lors de la minute de silence.
  •  Agrandir la photo
  •  

    A l’occasion du 50e anniversaire des Accords d’Evian, la section Fnaca Vitry-Pargny a organisé une cérémonie au monument aux morts de Pargny-sur-Saulx.

    Le président Alfred Camus a rappelé le devoir de mémoire envers tous les morts, appelés, harkis… Il a ensuite donné lecture de l’ordre du jour du 19 mars 1962 : « Nous avons rempli notre mission mais notre rôle n’est pas terminé. Nous devons empêcher le désordre ». C’est le manquement à cette phrase qui semble à l’origine d’un profond désaccord entre anciens combattants.

    Le président local entouré de Serge Rinaldi et Jean-Claude Cabart, adjoints au maire de Pargny-sur-Saulx, et Mariane Dorémus, adjointe au maire de Vitry-le-François, a fait observer une minute de silence et déposé une gerbe au pied du monument. Musique Champagne Parade a prêté son concours à cette manifestation.

     

    ***********************************

    Union120322c - Marne
    MOURMELON-LE-GRAND : Assemblée générale des anciens combattants à Mourmelon : Des médailles et des couronnes

    M. Dupuis remettant la médaille des porte-drapeaux à Claude Guyot.
  •  Agrandir la photo
  • Les adhérents de l’association patriotique des « anciens combattants et victimes de guerre » se sont réunis dimanche dans la salle Joffre de Mourmelon-le-Grand pour leur assemblée générale annuelle. Outre les membres de l’association représentés par leur président Guy Bernard, étaient présents M. Poulon (remplaçant Agnès Person, conseillère générale), M. Dupuis (président de l’Onac 51), M. Lacroix (président de l’UFM), Serge Masson (représentant le maire de Mourmelon-le-Grand), Philippe Filipiak (président des ACPG-CATM-TOE de Mourmelon-le-Petit) et Pierre Paget (premier vice-président de la 145e section des médaillés militaires).

    À l’issue de cette conviviale assemblée générale, le bureau a reçu approbation de ses actes et a été reconduit pour une nouvelle année. Claude Guyot a reçu des mains de M. Dupuis la médaille des porte-drapeaux pour avoir servi avec honneur la section pendant dix années. Le président de la section lui a remis le diplôme « ad hoc ». Une cérémonie de remise de couronnes, en mémoire des militaires ayant donné leur vie pour la France, a également eu lieu au cimetière de Mourmelon-le-grand, ainsi que sur la tombe de Daniel Daubard, l’ancien président.

    Un verre de l’amitié a clôturé cette assemblée générale, puis les adhérents qui le désiraient ont pu prendre un repas en commun dans la joie et la convivialité au restaurant « chez Juju » à Bouy.

    ***********************************

    Union120322b - Marne
    EPERNAY : Avec la Fnaca d’Epernay-Aÿ-Oiry : Une gerbe déposée au pied de la stèle

    Une gerbe a été déposée au pied de la stèle par André Richard, président de la Fnaca, et Guy Maillet, président des AFFA Reims.
  •  Agrandir la photo
  • Les anciens d’Algérie, Tunisie et Maroc avaient rendez-vous ce lundi 19 mars à la stèle qui leur est dédiée square Clevedon.

    Entre deux haies de porte-drapeaux, et en présence de Daniel Lemaire, conseiller général et Jean-Paul Guillot, conseiller municipal, Jackie Duval a reçu la médaille de reconnaissance de la Nation des mains d’André Richard, président de la Fnaca Epernay-Aÿ-Oiry.

    Après le manifeste national, lecture a été donnée de la liste des soldats morts pour la France au cours du conflit : Roger Bernard, Jean Capitaine, Jean Carré, Fernand Fèvre, Georges Goret, René Hell, Michel Jondreville, Michel Joseph, Guy Lebris, Jean Leloup, Jean Monchalin.

    Les sonneries réglementaires ont été exécutées par la Champenoise d’Aÿ et la Marseillaise entonnée par l’ensemble vocal Inter-Lude de Magenta.

    A noter qu’une délégation d’anciens combattants a ensuite rallié la capitale pour un dépôt de gerbe à l’Arc de Triomphe en fin d’après-midi.

    ***********************************

    Union120322a - Marne
    FAGNIERES : Le cessez-le-feu en Algérie commémoré

    La lecture des messages au monument aux morts fagniérot.
  •  Agrandir la photo
  • Cinq clairons, un tambour, cinq porte-drapeaux, quelque quarante personnes, des anciens combattants d’Afrique du Nord : c’était au monument aux morts de Fagnières ce 19 mars à 18 heures. C’était pour le 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, avec le comité fagniérot de la Fnaca qui a voulu que cet anniversaire soit marqué d’une pierre blanche.

    Alain Biaux, le maire de la localité, et Jean Hendziak, vice-président départemental de la Fnaca, ont, tour à tour, lu les messages qui rappellent que plus de cinquante années en arrière, 30 000 militaires français ainsi que de nombreuses victimes civiles ont laissé leur vie en Afrique du Nord de 1952 à 1962. C’était un hommage solennel rendu à toutes ces victimes et ceux qui restent encore marqués physiquement et moralement par ces dix années de guerre.

    C’est au son des cinq clairons et de la Marseillaise entonnée par tous que cet hommage au monument aux morts, après le dépôt d’une gerbe, a marqué à Fagnières le 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie. Un pot de l’amitié était offert à l’issue, à la mairie, par la municipalité fagniérote.

    ***********************************

    Union120321b - Marne
    EPERNAY : Anciens combattants : Une exposition en mai avec l’ANACR

    Alain Galataud, le président de l’association
  •  Agrandir la photo
  • L’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la résistance) s’est réunie dimanche en assemblée générale à Cumières.

    Passant rapidement sur l’année écoulée, le président a salué la décision prise par la Ville d’Epernay concernant l’implantation de la stèle de la rue de Reims, « une histoire qui finit bien ».

    Evoquant ensuite le projet d’une exposition au cours du mois de mai à la Maison des associations d’Epernay sur le thème « Les Allemands dans la Résistance », il a rappelé la présence dans certains maquis de déserteurs allemands.

    Avec en filigrane, la volonté de « faire disparaître les haines d’époque ». Il est ensuite longuement revenu sur les circonstances qui ont mené à la création du CNR (Conseil national de la résistance). Et de rappeler la vocation de l’ANACR « passeur de mémoire », défendre les acquis de la Résistance en participant aux différentes manifestations patriotiques et poursuivre son combat pour la paix.

    Une gerbe a ensuite été déposée devant les plaques dédiées à Alphonse Poittevin et Louis Dupont, morts en déportation, les sonneries réglementaires étant exécutées par Jean-Marc Devavry.

    ***********************************

    Union120321a - Marne
    BETHENY : Cessez-le-feu en Algérie : Une plaque pour le 50e anniversaire

    M. Cavenne a remercié la Fnaca pour la médaille du 50e anniversaire qui lui a été remise par M. Forget.
  •  Agrandir la photo
  • La municipalité de Bétheny et la Fnaca ont dignement commémoré le 19 mars 1962, date officielle de la fin des combats en Algérie.

    M. Forget, président du comité de Reims, a lu le manifeste de la Fnaca, devant de nombreux Béthenyats, et en présence de M. Fauvet, président départemental, de M. Machet, président de l’Arac, et son porte-drapeau, ainsi que M. Hubert, président des décorés du travail, et son porte-drapeau.

    La Ville de Bétheny et la Fnaca ont ensemble déposé une gerbe au pied du monument aux morts, puis, en cette date anniversaire, M. Forget a remis à M. Cavenne, maire de Bétheny, la plaque du 50e anniversaire du Cessez-le-feu en Algérie.

    Celui-ci a apprécié le geste, et a rappelé l’importance de cette commémoration pour tous ceux qui ont vécu ces événements même si les accords d’Evian n’avaient pas mis définitivement fin aux troubles.

    Cette plaque figurera en bonne place, dans la mairie de Bétheny.

    ***********************************

    Union120320e - Marne
    REIMS : A la mémoire des 64 Rémois morts en Algérie

    Plus de monde qu’à l’accoutumée devant le monument aux morts. Photos Alain MOYAT
  •  Agrandir la photo
  • La croix du combattant à Guy Adnot (à droite) et René Juniet.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Les porte-drapeaux de la Fnaca départementale et rémoise. Photos Alain MOYAT
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne) Beaucoup de monde hier au monument aux morts de la place de la République pour fêter avec la section rémoise de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca) le 50e anniversaire du « cessez-le-feu en Algérie » (1). En présence de représentants de la gendarmerie et des sapeurs-pompiers, de Virginie Coez, Stéphane Joly et Jean-Claude Laval, adjoints au maire, et de Claude Fauvet et Jean Forget, respectivement président départemental et rémois de la Fnaca, la cérémonie a débuté par une remise de la Croix du combattant à trois anciens soldats d’AFN : Guy Adnot, René Juniet et Jean Mounier (absent) avant un émouvant appel aux morts rappelant que 64 Rémois (sur 178 Marnais, NDLR) ont perdu la vie au cours de ce conflit.

    Après un dépôt de gerbe en présence de plusieurs porte-drapeaux dont ceux de la Fnaca, Alain Bisteur, conseiller municipal, a lu un message national pour le 19 mars rappelant que cette journée particulière « résulte de l’accord politique conclu le 18 mars 1962 à Evian entre la France et le FLN. […] Ce moment longtemps espéré et salué par le monde entier, ce cessez-le-feu s’inscrit dans un vaste courant international de décolonisation et ouvre la voie à l’indépendance de l’Algérie après celles du Maroc et de la Tunisie. » Et d’affirmer que « cette date incontournable a engagé un irréversible processus d’une paix voulue et approuvée par neuf français sur dix, lors du référendum du 8 avril 1962 organisé par le général de Gaulle. »

    A.M.

    (1) À noter pour mémoire qu’un décret publié le 17 septembre 2003 a fixé officiellement au 5 décembre la journée nationale des hommages aux morts pour la France en AFN. Une date que ne veut toujours pas reconnaître la Fnaca.

     

    ***********************************

    Union120320d - Marne
    REIMS : Association rémoise des membres de la Légion d’honneur : Les porte-drapeaux à l’honneur

    Légionnaires et autorités devant le monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • Lors de sa dernière assemblée générale, l’association rémoise des membres de la Légion d’honneur, présidée par François Philippoteaux, a par la voix de son secrétaire, rappelé à nouveau sa particularité : elle est la seule en France à avoir été créée 82 ans avant la SEMLH (Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur) dont le siège est à l’hôtel national des Invalides. Elle est aussi Comité de Reims de la SEMLH, dont le président départemental est le colonel Signoret (la SEMLH Marne tiendra d’ailleurs son assemblée générale prochainement à Epernay). Et pour appartenir aux deux instances, les Rémois doivent s’acquitter de deux cotisations.

    Avant la tenue de cette assemblée générale à l’hôtel de ville, les légionnaires et les autorités ont déposé des gerbes au monument aux morts, sur la tombe de la Légion d’honneur et des médaillés militaires au cimetière du Nord et enfin au monument aux martyrs de la Résistance.

    Le sous-préfet Michel Bernard et l’adjoint Jean-Claude Laval étaient présents, tout comme à l’assemblée générale au cours de laquelle il a été mis l’accent sur l’importante initiative de « La Rémoise » en faveur de la francophonie avec l’organisation du jeu-concours des 10 mots de la langue française (lire ci-dessus) et sur ses actions d’entraide en direction des plus âgés de ses membres.

    Un hommage a été rendu aux fidèles porte-drapeaux Jacques Clerc et Christian Schwint qui sont de toutes les cérémonies patriotiques mais aussi à celles qui se déroulent à la sous-préfecture lors des remises des décrets de naturalisation : le sous-préfet a dit combien il appréciait la présence de ce drapeau à ses côtés : « Il m’aide à assumer ma tâche, à exprimer le sentiment national pour le maintien de la cohésion dans notre société ».

    Jean-Claude Laval a à son tour insisté sur la présence du drapeau de la Légion d’honneur lors des cérémonies patriotiques, surtout maintenant qu’il n’y a plus à Reims de participation militaire pour aider à délivrer un message d’émotion et de rassemblement.

    La matinée s’est achevée par la remise du décret au nouveau chevalier Jean Diblik par Michel Bernard.

    ***********************************

    Union120320c - Marne
    CHALONS : Cessez-le-feu mettant fin à la guerre d’Algérie : Petites ombres au tableau

    Le Cessez-le-feu du 19 mars 1962, mettant fin à la guerre d’Algérie, a été célébré ce lundi matin devant le mémorial AFN consacré à cet événement.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    La cérémonie était présidée par Jean Hendziak, vice-président du comité départemental de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, au Maroc et en Tunisie). Lequel était entouré par Daniel Fritz, président du comité local de la Fnaca et par Pierre Maigret, président de l’Ancac Châlons (Association nationale des cheminots anciens combattants).

    Après le traditionnel dépôt de gerbes, furent remises trois décorations à Gérard Regnault : la Croix du combattant, la Croix d’Algérie et le Titre de reconnaissance nationale.

    Une cérémonie, tout ce qu’il y a de normal à quelques « détails » prêt… M. Hendziak regrettait ainsi que le député-maire n’ait pas fait mettre de micro à disposition ; ce dernier aidant au bon déroulement de la manifestation. Et les anciens combattants s’offusquaient de découvrir le mémorial AFN en très mauvais état.

     

     

    ***********************************

    Union120320b - Marne
    CHALONS : Anciens combattants / Le Conseil départemental en assemblée

    Le préfet Guillot, avec, à gauche, Bruno Dupuis et les deux vice-présidents.
  •  Agrandir la photo
  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne) Le Conseil départemental des anciens combattants et victimes de guerre et de la mémoire de la Nation vient de tenir sa réunion annuelle vendredi salle de Malte à Châlons. Cette assemblée, présidée par le préfet de région et préfet de la Marne, Michel Guillot, avait une particularité puisque Bruno Dupuis, à ses côtés, tout fraîchement nommé comme directeur du service départemental, depuis le 1er février, assurait en tant que tel la première réunion plénière du Conseil.

    A leurs côtés, Jean Chabaud et Jean Hendziak, tous deux vice-présidents et dans la salle quelques personnalités représentant l’Armée, l’Académie, la Ville, ainsi qu’une quarantaine d’anciens combattants et représentants d’associations du monde combattant.

    La lecture du compte rendu de ce Conseil départemental effectuée par le nouveau directeur était, par la quantité de points abordés et par la qualité du contenu, très détaillé, ce qui fut approuvé par le préfet de région. En effet, Bruno Dupuis n’a laissé aucun point dans l’ombre pour informer le monde combattant sur l’actualité et les nombreuses interventions que le service départemental qu’il dirige avec seulement deux personnes au nom de l’ONACVG.

    Trois anniversaires

    Tout a été abordé : la retraite du combattant ; le devoir de réserve ; la situation actuelle du service, son effectif et sa nouvelle organisation ; la reconnaissance et la réparation avec notamment, en 2011, les 21 demandes de retraites du combattant, l’allocation de reconnaissance pour 107 Harkis et 26 veuves en ayant bénéficié l’an dernier… La solidarité, la mémoire, le Bleuet de France, mais aussi les principaux chantiers dans le cadre du projet 2012 (labellisation d’établissements, campagne d’archivage, colis douceurs aux anciens combattants en maisons de retraite, sans oublier les projets mémoire).

    Ceux-ci, à l’échelle nationale, ont été communiqués par la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives pour cette année 2012. Trois anniversaires sont ainsi déclinés : le 70e anniversaire de 1942 : des rafles à la déportation ; le 70e anniversaire de la bataille de Bir Hakeim ; le 50e anniversaire de la guerre d’Algérie.

    Après le Rallye de la Liberté des 24 et 25 mai en faveur des collèges, un voyage au profit des lauréats du Concours national de la Résistance et Déportation aura lieu le 19 mai au Mont Valérien et aux Invalides avec ravivage de la flamme du soldat inconnu à l’Arc de Triomphe. Le fil rouge, bien entendu, sera le centenaire de la Grande Guerre qui se profile doucement à l’horizon.

    Le préfet a mis en avant « la bonne image et le professionnalisme de l’Onac et un grand coup de chapeau pour la fidélité des porte-drapeaux aux différentes cérémonies ».

    ***********************************

    Union120320a - Marne
    CHALONS : Un nouveau directeur à l’Onac Marne

    Bruno Dupuis est le nouveau directeur du service départemental de l’Onac.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Bruno Dupuis est le nouveau directeur du service départemental de l’ONACVG de la Marne. Il a pris officiellement ses fonctions le 1er février. Il assume en effet cette fonction avec fierté et met en avant la confiance accordée tant au niveau de la direction centrale mais également par le préfet de Région Michel Guillot et celle du monde ancien combattant. Diplômé d’une maîtrise de journalisme, il a passé sept années dans l’univers de l’événementiel et des relations presse, puis dix ans au sein de collectivités locales, qui lui ont permis d’acquérir une grande connaissance du fonctionnement de ces univers spécifiques. Bruno Dupuis est également officier dans la réserve citoyenne, sapeur-pompier volontaire. De son service national effectué dans l’armée de l’air, il déclare « avoir toujours entretenu une profonde passion pour le lien Armée-Nation, pour les valeurs combattantes et la mémoire combattante ». Il ajoute : « Je mesure la grande responsabilité qui est la mienne pour répondre aux diverses attentes du monde combattant et de la mémoire combattante ». A noter que le monde combattant châlonnais lui a déjà accordé sa confiance…

     

     

    ***********************************

    Union120319f - Marne
    ALGERIE : Un Rémois dans l’enfer de la guerre d’Algérie

    Jean Christian Menu a conservé la veste molletonnée qui lui a permis de ne pas mourir de froid dans la neige.
  •  Agrandir la photo
  • Photos volées de prisonniers algériens.
  •  Agrandir la photo
  • Photos volées de prisonniers algériens.
  •  Agrandir la photo
  • En 1953, à la sortie du conseil de révision.
  •  Agrandir la photo
  • Le soldat Menu à gauche sur la photo.
  •  Agrandir la photo
  • Jean Christian Menu avec son matériel pour diffuser les films : les gosses lui demandaient de passer des « Tintin ».
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    REIMS (Marne) Le Rémois Jean Christian Menu a passé deux ans en Algérie, de juin 1957 à août 1959. Il se souvient de cette guerre qui n’en avait pas le nom et en cauchemarde encore la nuit.

    ADHÉRENT à la Fnaca, ancien du 1BCP (régiment de chasseurs) de la caserne Jeanne-d’Arc, Jean Christian Menu mettra sa tenue des Diables bleus pour se rendre ce matin à 11 heures au monument aux morts, place de la République, afin de fêter le 50e anniversaire de la fin des combats en Algérie. Une guerre qui a eu du mal à avouer son nom. Une guerre dont il se souvient avec tristesse pour les copains tués là-bas. Souvenirs.

    Après une enfance heureuse passée allée des Marguerittes dans le quartier du Chemin-Vert avec ses parents, ses quatre frères et ses trois sœurs, marquée tout de même par une évacuation en 1940 dans la région bordelaise, Jean Christian Menu, de la classe 55 2C est appelé en 1953 au conseil de révision.

    « A la mairie, on nous a dit de nous mettre tout nus. Il y avait des officiers et des femmes. On était fort gênés. On m’a dit que j’étais apte mais comme on avait besoin en France de travailleurs dans le bâtiment, au moment de l’affaire du canal de Suez, j’ai eu un sursis de 18 mois. Plombier chauffagiste, j’avais du boulot, aux séminaires, à la cathédrale. Je me suis marié le 6 août 1955 avec Jeanine et nous avons eu un enfant tout de suite. »

    C’est pourquoi, quand le 6 mai 1955 il est appelé sous les drapeaux, il l’a un peu mauvaise. « J’avais une famille, ma femme avait fait une rechute de tuberculose. Je suis resté quatre mois à Reims à faire mes classes. » Manutention d’armes : fusil et mitrailleuse à la Croix-Blandin, il reste consigné à la 2e compagnie avec interdiction de sortir. « Certains devaient payer pour ne pas partir. Moi j’ai été marron. »

    En wagons fermés à Marseille

    Avec des copains, Roger Boisset, Maurice Prevost et bien d’autres, Jean Christian Menu est emmené à la gare de Reims avec son barda. « On chantait : Ce n’est qu’un au revoir. » C’est dans des wagons bouclés qu’ils vont jusqu’à Marseille pour prendre le bateau « Azemour ». Affecté à la 13e division d’infanterie, il débarque à Oran pour faire des piqûres avant de rejoindre le 21e régiment au Telagh, un village au sud de Sidi Bel Abes. Il ira ensuite à Bossuet puis au fin fond de l’Oranie.

    Isolés dans une tente puis dans une bergerie, on leur dit qu’ils sont « en mission de pacification ». Tous les jours en alerte sur des hauteurs, derrière des postes en pierre ou à plat ventre, balle au canon en cas d’attaque. « On arrivait dans des villages, on disait bonjour, on ne va pas vous tuer. La nuit, on nous disait pas de cigarette, pas de lumière par crainte des fellaghas. Les nuits de garde, c’était terrible. Si la personne n’avait pas de mot de passe, on avait ordre de tirer. Les artilleurs, eux, tiraient à double OO avec un canon de 155. On devenait sourds. J’ai passé un an dans ce trou à rats et à scorpions. »

    Motus et bouche cousue

    « On savait qu’il y avait des soldats tués. On avait ordre de ne pas en parler. Je n’étais pas d’accord avec cette guerre, mais fallait la boucler au risque de se retrouver en forteresse au Santa Cruz d’Oran comme les communistes récalcitrants. Et pourtant je trouvais ça dégueulasse de devoir tuer des gens, des pères de famille. Je n’ai jamais voulu aller à la corvée de bois, c’est-à-dire participer à des exécutions de prisonniers qui étaient obligés auparavant de creuser leur tombe. Moi, en mission, j’ai tiré au hasard parfois. J’espère que je n’ai blessé personne. »

    Au bout d’un an, le Rémois est envoyé à un stage d’action sociale à Alger. Le bonheur. Il troque les armes contre un projecteur de films. « Je me sentais utile. »

    Alain MOYAT

    …..

    « Je passais des Tintin aux gosses »

    Durant une année, Jean Christian Menu l’avoue, il a eu l’impression d’être utile en passant des films pour la troupe (des westerns, des films 16 mm d’amour avec Tino Rossi ou Charles Trenet) et des films sur l’hygiène dans des douars où il y avait des centaines d’Arabes.

    « Les gamins m’aimaient bien et me demandaient des Tintin que j’allais chercher à Oran. J’aimais bien barouder un peu partout avec ma jeep et ma remorque. Je me sentais utile même si, je l’avoue, j’avais parfois peur que quelqu’un balance une grenade. Mais je me disais que le FLN m’épargnait peut-être parce que je faisais du ciné pour leurs enfants. »

    « Je fais encore des cauchemars »

    Cinquante ans plus tard, le 1re classe Menu fait toujours des cauchemars. « Je rêve qu’on me rappelle pour aller en Algérie. Je repense souvent à mon pote Louis Fortunat qui s’est fait faucher dans une embuscade du côté de Constantine et ça me rappelle la chanson de Bécaud « c’était mon copain, nous avions le même âge et nous étions heureux. »

    Jean Christian est revenu traumatisé. « Le plus dur aussi, en revenant c’est que ma fille Ida ne me reconnaissait pas et elle avait peur de moi. On m’a dit que j’avais changé de caractère, je ne riais plus. Faut dire que là-bas, on a côtoyé la misère. J’ai vu de pauvres gens dans le bled. Sur les pistes, j’ai vu des corps d’Arabes qui pourrissaient. Ils avaient voulu sans doute être évacués avec nous. Ils avaient été tués par leurs frères. J’étais aussi honteux de voir des petits Arabes avec leurs cartables interdits d’école car elles étaient réservées aux enfants des caïds et aux pieds noirs. J’étais écœuré. On comprend dans ces conditions pourquoi on ne nous aimait pas. En France, j’ai bien vu tout gosse les maquisards qui faisaient de la Résistance. C’est normal qu’étant dans leur pays ils n’acceptent pas l’occupant. »

    A.M.

     

     

    ***********************************

    Union120319e - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Anciens combattants / La date du 19 mars divise

    Une cinquantaine de personnes est venue assister à l’assemblée générale.
  •  Agrandir la photo
  • La section de Vitry-le-François des ACPG et CATM qui regroupe 20 communes de la région a tenu son assemblée générale samedi matin dans la salle des fêtes de Maurupt-le-Montois en présence d’une cinquantaine de participants.

    Le président André Jacquet a tenu à saluer le doyen des adhérents Paul Jeannet 103 ans, ancien boulanger au village, actuellement en maison de retraite à Saint-Dizier.

    Après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire des adhérents disparus - dans l’année six membres et deux épouses - le président a rappelé les principales activités de 2011 : participation des porte-drapeaux aux cérémonies officielles et aux obsèques des membres décédés, deux thés dansants, un méchoui avec 80 participants, un voyage à Notre-Dame de Lorette.

    Chacun est resté sur ses positions

    Les actions sociales diverses ont entraîné plusieurs demandes auprès de l’ONAC et du conseil général. Un très long débat entre Alfred Camus président de la FNACA Vitry-Pargny et les membres du bureau a ensuite animé l’assemblée.

    Quand faut-il commémorer la fin de la guerre d’Algérie ? Le 19 mars date officielle d’un cessez-le-feu unilatéral du côté français alors qu’il y a eu par la suite encore de nombreux morts ? Le président d’honneur Georges Matras a essayé de rapprocher les points de vue : « J’ai été contacté par le comité d’entente pour mettre une goutte d’huile dans les rouages. Personnellement je suis de ceux qui ont souffert de la division des anciens combattants. » Peine perdue, chacun est resté sur ses positions.

    Le conseiller général Bruno Botella a constaté malgré les débats « un esprit de famille et une solidarité entre les associations. Vous aurez le souci de créer un lien entre anciens combattants et nouveaux combattants. Je respecte les uns et les autres mais mes antécédents familiaux m’empêchent de célébrer le 19 mars ».

    Le député Charles de Courson a rappelé : « La nation française est divisée depuis la période gauloise (voir César et la guerre des Gaules) mais ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. En Algérie on a laissé massacrer les harkis (90 OOO personnes), c’est une tache sur le drapeau français. Si certains ont été sauvés, c’est parce qu’on a désobéi aux ordres. Je respecte le 19 mars et tous ceux qui sont morts en Algérie. On a trompé, on a menti, on n’a pas respecté l’idéal républicain. »

    Le député a ensuite évoqué le 100e anniversaire de 1914 qui sera une occasion de réfléchir sur les conditions de la paix en Europe. Et de regretter que les questions sur la défense semblent n’intéresser personne dans la période électorale actuelle : « C’est grave ! »

    Deux gerbes ont ensuite été déposées au monument aux morts de la commune et le président d’honneur Georges Matras a remis la croix du combattant à Christian Talbot.

    ***********************************

    Union120319d - Marne
    ALGERIE : Anniversaire du « cessez-le-feu » en Algérie / « Après le 19 mars, il y a eu beaucoup de morts »

    Guy Dorangeville au milieu d’enfants qui n’en revenaient pas de voir la neige.
  •  Agrandir la photo
  • Récemment, Nicolas Sarkozy reconnaissait l’abandon de la France au sujet des harkis. La guerre d’Algérie s’invitait dans la campagne présidentielle, comme elle a souvent alimenté les débats en France.

    Ce lundi, la commémoration du 50e anniversaire du « cessez-le-feu » est programmée notamment à 11 heures au monument aux morts.

    Une date que Guy Dorangeville, anciens combattants, ne reconnaît pas forcément. « Je ne trouve pas qu’il est judicieux d’honorer ceux qui sont tombés là-bas ce jour-là. Après le 19 mars, il y a eu des massacres de harkis et de pieds noirs, d’Européens également. Nous, on était consigné dans les casernes, mais les harkis étaient à l’extérieur, sans arme. On les a livrés en pâture. Idem pour les pieds noirs qui n’étaient pas tous de gros colons. La fin de la guerre, officiellement, c’est le 2 juillet avec l’indépendance de l’Algérie le 3 juillet », justifie Guy Dorangeville.

    Il explique du reste qu’en Algérie on commémore le 19 mars. « Cela doit être unique que deux belligérants célèbrent un conflit le même jour. »

    Pour autant, il insiste sur le fait qu’il n’a rien contre les associations qui participent aux commémorations du 19 mars. « Nous sommes une grande famille, nous sommes tous des frères d’armes, des amis. On a vécu les mêmes choses. C’est dommage qu’on ait voulu nous diviser. »

    L’homme qui a combattu en 59 et 60 admet volontiers que la décolonisation faisait partie du cours de l’histoire. « Mais nous, on n’a pas choisi. On nous a envoyés là-bas sans qu’on puisse s’y opposer. Certains ont été rappelés après s’être mariés. D’autres ont eu leur carrière brisée. 23 196 Français ont été tués, dont la moitié d’appelés environ. Pourquoi devrions-nous faire repentance ? Pour avoir voulu sauver notre peau ? », s’interroge Guy Dorangeville.

    De même, il ne veut pas qu’on dise n’importe quoi. « Certes, il y a peut-être eu de la torture, mais je ne l’ai jamais vue. En revanche, quand j’entends qu’on claquait des bébés contre les murs, cela me met en colère. On n’était pas des tortionnaires. Que vont penser mes petits-enfants s’ils entendent des choses pareilles ? »

    Cet habitant de Chambry raconte qu’ils avaient des bons rapports avec la population locale : « On leur achetait souvent des choses pour manger, cela se passait bien. On descendait avec l’infirmier pour soigner les gens. »

    Il se rappelle de son arrivée à Oran, se demandant ce qu’il venait faire là, en voyant les gens si paisibles. Après, il y a eu les Algériens qu’on regroupait derrière des barbelés. « Cela m’a choqué. Il y a eu les copains qui sont morts. C’était difficile. Personne n’est rentrée indemne. »

    Guy Dorangeville estime que la date du 5 décembre ne veut rien dire, « mais on s’y plie ». Il aurait préféré le 16 octobre où l’on a inhumé un soldat inconnu à Notre-Dame de Lorette, pour le symbole. « De toute façon, quelle que soit la date, chacun d’entre nous se souvient tous les jours. »

    Yann LE BLÉVEC

    yleblevec@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union120319c - Marne
    ALGERIE : Cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie

    Il y a 50 ans, le gouvernement français et le Front de libération national algérien (FLN) signaient les Accords d’Evian, marquant la fin de la guerre d’Algérie et le prélude à l’indépendance après 132 ans de colonisation française.

    Un passé douloureux mal digéré par les deux pays, pour qui cet anniversaire coïncide avec deux élections majeures.

    Les 22 avril et 6 mai, la France élit son président. Vue d’Alger la campagne électorale témoigne d’une certaine radicalisation anti-islamique et les journaux dénoncent des déclarations à droite touchant les communautés nord-africaine et musulmane installées dans l’hexagone. Les électeurs algériens, dont 800 000 (bi-nationaux ou non) répertoriés en France, choisiront quatre jours plus tard, le 10 mai, leur 462 députés.

    Dans cette période délicate, Paris et Alger se sont entendus, notamment lors d’une visite éclair début décembre du ministre de l’Intérieur Claude Guéant, pour tenir leurs « extrêmes » et éviter de rallumer une blessure non encore cicatrisée. Les rapports franco-algériens, « en dents de scie durant 50 ans », ont du reste connu ces derniers mois une « embellie », note un ex-militaire algérien.

    La France marque en tout cas dans la discrétion le cinquantenaire des Accords d’Evian, qui scellaient sa défaite le 19 mars 1962. Elle « ne peut se repentir d’avoir conduit cette guerre », relevait ces jours-ci le président Nicolas Sarkozy.

    Quant à l’Algérie, elle annonce d’importantes festivités pour le 5 juillet, mais rien ne filtre pour l’heure sur leur contenu.

    Après les Accords d’Evian, les Français « pieds-noirs » - alors un million soit 10 % de la population totale de l’Algérie - fuient en masse laissant derrière eux, selon un spécialiste, Pierre Daum, 200 000 compatriotes. Ces derniers se voient sommés de décider dans les trois ans de rester français ou devenir algérien. Il n’en reste aujourd’hui que quelques centaines, selon Daum.

    Quant aux « harkis », supplétifs de l’armée française, des milliers d’entre eux qui n’avaient pu être emmenés en France sont tués. Cette question empoisonne, 50 ans plus tard encore, les rapports algéro-français.

    Depuis, les historiens des deux pays continuent de travailler, d’autant que les archives françaises sur la Guerre ne sont pas toutes publiées.

    Ainsi, on continue d’apprendre à l’école algérienne que 1,5 million d’Algériens ont péri durant cette Guerre de Libération nationale. Les historiens en France avancent un total de quelque 400 000 morts, majoritairement algériens. Les écoliers français apprennent, quant à eux, la « Guerre d’Algérie » depuis 1983.

    ***********************************

    Union120319b - Marne
    ALGERIE : Algérie, 1962 : les lettres d’un médecin ardennais

    Le Dr Philippe Nicolas a été un témoin privilégié, jusqu’à l’exode, vécu au port d’Oran.
  •  Agrandir la photo
  • Le Dr Philippe Nicolas a été un témoin privilégié, jusqu’à l’exode, vécu au port d’Oran.
  •  Agrandir la photo
  • Ardennes. Le Dr Philippe Nicolas, aujourd’hui retraité, a effectué son service militaire dans l’Oranais en 1961 et 1962. Dans 68 lettres à son épouse, il racontait des événements uniques.

    « QUEL pays ! Je te livre en vrac quelques aspects de sa flore, de sa faune et des habitants. On ne s’étonne plus de voir des mantes religieuses énormes dans les WC, un chacal apprivoisé sur le bureau du colonel du Télagh, des punaises sur les murs, des mouches harcelantes que les indigènes ne cherchent plus à éloigner […] »

    Cette description de l’Algérie, ou plus précisément de l’Oranais, au début des années 60, pourrait être l’œuvre d’un simple touriste. Mais l’heure n’était pas aux vacances pour son auteur, le Dr Philippe Nicolas, fraîchement appelé à l’occasion de son service militaire au poste reculé de Bossuet (aujourd’hui Dhaya, à 70 km de Sidi-bel-Abbès).

    Sursitaire, c’est avec sa thèse en poche, mais en laissant femme et enfant (un bébé de trois mois) que l’Ardennais de 27 ans va découvrir l’Algérie, jusqu’alors fascinant sujet de débats estudiantins. A sa femme Marie-José (et à ses parents), il écrira, là-bas, 68 lettres, épluchées aujourd’hui par Gilles Deroche, qui prépare un article passionnant pour la prochaine Revue Historique Ardennaise.

    « J’ai fait mes classes à Bar-le-Duc, puis la formation de médecin-aspirant à Libourne, se souvient celui qui avait déjà eu l’occasion de découvrir la Turquie, la Syrie ou le Liban. Pendant cette formation, on aurait pu nous préparer à la situation algérienne : nous parler des règles propres à la religion musulmane, ou du trachome, cette infection oculaire qui peut rendre aveugle… Mais on n’a rien eu de tout ça. A la place, on nous a donné des renseignements sur la décontamination en cas de guerre atomique… Lors du dernier cours avant notre départ, il y a eu cette phrase que je n’oublierai pas : "Et vous ferez aussi de l’AMG" ».

    L’AMG, c’est l’assistance médicale gratuite, dispensée non pas aux militaires, mais à la population. Loin d’un détail, elle représentera le quotidien du médecin-aspirant Nicolas et 90 % de son activité. Aujourd’hui retraité à Charleville, il se souvient avec enthousiasme des consultations, des accouchements réalisés dans les familles. Le 7 mars 1962, il écrit à sa chère Marie-José : « C’est toujours une satisfaction pour le toubib, qui est toujours aussi fier du gosse qu’il a mis au monde que de ses propres gosses ! »

    Ami des familles, le médecin constitue un interlocuteur privilégié et un témoin unique de l’état d’esprit des populations locales. Pour lui, une grande part du ressentiment à l’égard de la présence française se cristallise alors autour de la question des terres, indispensables à un peuple « agricole à 85 % ».

    Parti de métropole en sachant que De Gaulle était favorable à l’autodétermination, Philippe Nicolas a accueilli le cessez-le-feu du 19 mars 1962 comme « une bonne nouvelle, certainement. Pour moi et pour le contingent, notamment les appelés qui étaient dans des régions plus violentes. Par contre, pour les Pieds-Noirs, c’était le début de la catastrophe. »

    Celui qui obtiendra, fin mai, le grade de sous-lieutenant raconte comment les véhicules de la compagnie de Zouaves, équipés de haut-parleurs, répandaient l’information. « Il y avait un message en français et en arabe. En arabe, cela disait " Rendez grâce à Allah le miséricordieux ! Vous étiez assoiffés de paix et maintenant, la paix vous est donnée". »

    Dans les semaines qui suivent le 19 mars, le peuple qui lui est cher, doit prendre ses distances avec l’infirmerie militaire. Le temps libre ainsi dégagé est occupé à des balades hors du camp, enfin sans la crainte d’une embuscade, durant lesquelles le médecin se livrera à un inventaire de la flore et de la faune de son secteur, à 1.300 mètres d’altitude.

    Philippe Nicolas le sait alors : l’indépendance ne tardera pas pour l’Algérie. « On aimait ce pays, on aimait ces gens. Beaucoup d’appelés étaient fiers de l’aide qu’ils ont pu offrir à la population. On a vu beaucoup de souffrance, de tous les côtés, mais en tant que médecin, on se sentait vraiment utile ».

    Jacques BERTHION

    …..

    Misère, torture et OAS

    Le Dr Nicolas ne s’attendait pas à trouver en Algérie des enfants qui meurent de faim, si « facilement ». « On n’en parlait pas dans la presse, qui se focalisait sur les attentats », résume l’ex-praticien, souvent confronté à « une pauvreté extrême ».

    Autre « claque » reçue dès l’arrivée, en octobre 1961 : la prise de conscience d’une violence omniprésente et assumée. « Le FLN tue, tout le monde le sait, écrit-il à ses parents le 22. On tue également de notre côté et pas seulement au combat. Bien que les consignes l’interdisent, il n’est pas rare que l’on descende les blessés sur place ou les prisonniers. La torture est courante, permise à condition qu’elle ne laisse pas de trace […] ».

    Précisons immédiatement que le Dr Nicolas vient alors juste d’arriver et ne fait ici que rapporter les témoignages d’autrui.

    « Personnellement, je n’ai jamais été témoin de torture pendant mon séjour dans le quartier de Bossuet, explique-t-il aujourd’hui.

    Par contre, au douar de Sidi Chaib, dans un dossier médical, j’ai trouvé une note du médecin qui m’avait précédé. La fiche d’une femme disait qu’elle avait été torturée électriquement aux parties génitales. Ça m’a bouleversé. J’avais 11 ans à la sortie de la Guerre (Ndlr : de 39-45), et on se demandait si on ferait ce qu’ont fait les Allemands. Eh bien oui. »

    Enfin, la face sombre détaillée par Philippe Nicolas ne serait pas complète sans l’Organisation Armée Secrète (OAS) et sa détermination totale (et meurtrière) à conserver l’Algérie française.

    « A la fin, il y avait une haine formidable des deux côtés, raconte l’Ardennais.

    Population arabe et Pieds-Noirs, tous ont été pris au piège d’une organisation clandestine extrémiste, dictatoriale, qui a interdit toute idée de cohabitation ultérieure.

    La valise ou le cercueil, c’est l’OAS qui en est responsable. »

    …..

    Et après le 19 Mars ?

    Dans la foulée du cessez-le-feu, le camp du Dr Nicolas n’a pas échappé aux phénomènes généraux, comme la désertion de certains Harkis. Ce n’est qu’à la fin du mois de mai 1962 qu’il est affecté à un régiment de la Coloniale à Oran, où il vivra l’exode massif, les bouclages de l’armée et ces premiers bateaux, emportant les vieillards, les femmes et les enfants.

    La médecin-lieutenant sera rapatrié le 9 juillet et achèvera son service en France. « Avec le retour, des problèmes se posaient : il a fallu penser à l’avenir, trouver un poste (Ndlr : il sera généraliste à Carignan à partir de 1963). Je devais remettre mes compétences à jour et j’éprouvais un sentiment un peu dépressif. »

    « Je ne suis jamais retourné en Algérie. On a connu tant de personnes, dont certaines ont été fichées car travaillant avec les Français, menacées… Que sont-elles devenues ? Je ne sais pas. Mais après tout, les enfants que j’ai mis au monde ont maintenant 50 ans… »

    Le Dr Nicolas concluait le 30 juin 1962 dans une lettre à sa femme : « Toute cette guerre a été faussée. Il ne s’agissait en fait que de préserver les privilèges d’une classe imbue d’elle-même, pourrie par l’orgueil et l’argent, contre un peuple misérable. »

    ***********************************

    Union120319a - Marne
    EPERNAY : 593e section d’Epernay de la médaille militaire / Un effectif en baisse

    De très nombreuses personnalités du monde combattant étaient réunies
  •  Agrandir la photo
  • En ouverture des travaux de l’assemblée générale, le président de la section sparnacienne, Robert Gautier, a fait observer une minute de silence à la mémoire des compagnons disparus. Parmi l’assistance, on a noté la présence de Jean-Michel Llorca, conseiller municipal représentant le maire d’Epernay, Yvette Lundy, présidente des Déportés, le colonel Prato, président du comité d’Epernay de la Légion d’honneur, le colonel Finck, président des Cadres de réserve du sézannais, le lieutenant-colonel Metzger, président du comité d’entente des sociétés d’anciens combattants, les colonels Cabry et Legros, le chef d’escadron Moreau, retraités de la gendarmerie, le capitaine Spitaluri, commandant en second de la Cie de gendarmerie d’Epernay, Gilles Durand, président de l’association des retraités et veuves de la gendarmerie, Joël Wimann, président de l’Amicale des porte-drapeaux, Sante, président des Anciens combattants du Breuil, Serge Lépine, président de l’UNCAFN Magenta.

    Après l’adoption à l’unanimité des rapports moral et financier, il a tenu informés les adhérents des dernières instructions du siège.

    Au niveau de la section, il signale notamment une érosion des effectifs, qui sont passés en dix ans de 121 à 74, soit une diminution de 42 %. Il revient sur les contingents annuels des concessions de Médailles militaires réduits de 1/7e, créant le mécontentement au sein du monde combattant. Enfin, il précise les conditions de proposition de la Médaille militaire pour le contingent 2012. Il adresse enfin ses félicitations à Guy Lallemant, porte-drapeau de la section pour sa disponibilité et son dévouement, à Jacques Gandon et Jean-Pierre Desbordes, nouveaux promus, à qui il remet le brevet de médaillé militaire.

    A l’issue de l’assemblée générale, l’assistance s’est rendue à Moussy pour déposer une gerbe au pied du monument aux morts de la commune. Lors du vin d’honneur, le président Gautier a remis le diplôme d’honneur décerné aux titulaires de la médaille militaire depuis plus de 50 ans à Michel Lheureux, en présence de Philippe Martin, député, et Martine Ruelle, maire de Moussy.

    ***********************************

    Union120318i - Marne
    LIVRE : Une montagne de culpabilité

    Jean-Noël Pancrazi se libère d’un secret
  •  Agrandir la photo
  • 18 mars 1962. Les accords d’Evian mettent fin à une guerre qui ne disait pas son nom. Le lendemain, c’est le cessez-le-feu. L’Algérie ne sera plus française. Les Pieds-Noirs quittent une terre sur laquelle ils ont grandi, travaillé, fondé famille. Jean-Noël Pancrazi a 12 ans et une valise au bout du bras qui semble lestée par le poids de sa culpabilité. Avec sa mère, il dit adieu à Sétif, la ville où il a grandi, à l’ombre de la minoterie de son père, au milieu d’une bande de copains. Des camarades de son âge qui, eux, sont restés à jamais sur la terre d’Algérie. Une tragédie que l’auteur porte comme un fardeau depuis sa prime jeunesse.

    En 90 pages, Jean-Noël Pancrazi en fait le récit et la confession. Un après-midi comme les autres, alors que la guerre semblait bien loin de Sétif, les enfants passaient le temps à la minoterie. Comme d’habitude, ils inventaient des histoires d’aventuriers et de trésors fabuleux, de scarabées et d’escapades dans la montagne interdite. Et voilà qu’un homme, qui remplace le chauffeur habituel, leur propose de les y conduire. Tous les enfants grimpent dans la camionnette à l’exception du narrateur. Pourquoi ne part-il pas avec les autres ? Pourquoi les laisse-t-il se moquer de sa crainte irraisonnée ? La camionnette démarre, on ne la reverra pas.

    Le soir, après des heures de recherches angoissées, on apprend l’horreur : les enfants ont été égorgés. Pour Jean-Noël, qui n’a alors que huit ans, ce n’est que le début d’une onde de choc qui va bouleverser sa vie entière. Au point qu’après avoir beaucoup écrit de romans couronnés de nombreux prix, après avoir rendu hommage à son père et sa mère dans Renée Camps et Long séjour, il éprouve le besoin - enfin - de se libérer de ce lourd secret. De raconter la honte de ce gamin qui aurait dû mourir avec les autres. De ce gamin qui était là et les a laissés monter dans la camionnette. Du poids de la douleur des parents écrasés par ce deuil qui, chaque jour, pèse un peu plus lourd sur ses propres épaules.

    Dans un style à couper le souffle - au propre comme au figuré tant les phrases s’étirent au rythme du flot de paroles qui se libère -, Jean-Noël Pancrazi livre une histoire de l’Histoire. Ce n’est pas sa guerre d’Algérie, simplement le récit d’un épisode douloureusement intime et profondément poignant.

    Stéphanie Verger

    La Montagne de Jean-Noël Pancrazi, éditions Gallimard, 90 pages, 10 euros.

    ***********************************

    Union120318h - Marne
    LIVRE : Les jeunes appelés face à la torture

    Les plaies ouvertes lors de la guerre d’Algérie ne sont pas prêtes de se refermer. Le livre de Claude Juin, et les réactions qu’il suscite en sont l’illustration. L’auteur évoque dans Des soldats tortionnaires toute cette génération de jeunes hommes ordinaires d’à peine vingt ans, appelés du contingent, qui se sont retrouvés à commettre parfois des actes d’une rare cruauté. Au delà des faits mêmes, Claude Juin, qui fut lui aussi appelé en Algérie en 1957-1958, essaye de comprendre le mécanisme qui a conduit ceux qui l’entouraient à se transformer parfois en monstres inhumains. Il observe notamment comment son « copain de régiment » Bernard en est venu à pratiquer régulièrement la torture.

    Ouvrir le débat

    Le livre parle de la propre expérience de son auteur sur le terrain (il en avait d’ailleurs fait un livre sorti en 1960 sous le pseudonyme de Jacques Tissier) mais se base aussi sur de nombreuses lettres ou témoignages recueillis à l’époque et aujourd’hui. Les récits sont édifiants et témoignent de cette sale guerre que fut celle d’Algérie avec l’utilisation par moments de la torture, des viols, des villages incendiés. L’ouvrage est sans conteste à charge, le titre provocateur, mais l’auteur entend ouvrir le débat. Cela n’a pas manqué. Sur internet la plupart des forums se déchaînent contre le contenu du livre. Certains, moins nombreux, vont dans le sens de l’ouvrage. Une guerre n’est jamais propre, c’est malheureusement bien connu. Celle d’Algérie l’a-t-elle été plus ou moins que d’autres ? Le débat reste entier.

    G. A.-T.

    Des soldats tortionnaires, Guerre d’Algérie, des jeunes gens ordinaires confrontés à l’intolérable, Claude Juin, éditions Robert Laffont, 368 pages, 21 euros.

    ***********************************

    Union120318g - Marne
    LIVRE : En conclusion de la IVe République

    C’est une simple confirmation. Georgette Elgey est bien la spécialiste de la IVe République dont elle détaille cette fois la mort annoncée et comment la continuité de l’Etat a été garantie par l’avènement de la Ve République. C’est le dernier tome d’une œuvre de référence que les étudiants férus de droit constitutionnel ou d’histoire de la vie politique française auront plaisir à utiliser comme précieux soutien à leur réflexion. Parce qu’ils détiendront alors la matrice scientifique, mettant en ordre logique une histoire chaotique et violente. Identifier un temps gaullien dans cette République peut surprendre mais c’est aussi le moyen de réviser son histoire des institutions pour se souvenir que le général de Gaulle a été à la fois le premier et dernier président du Conseil de la IVe. Du 1er juin 1958, date de son investiture par l’Assemblée nationale jusqu’à la passation de pouvoir entre René Coty et le Général le 8 janvier 1959, sept mois d’une vie politique intense sont décrits.

    L’auteur dont le style prouve qu’elle n’a jamais oublié avoir été journaliste, montre avec quelle ardeur le président du Conseil s’applique à apaiser les tensions extrêmes qui dominent l’Algérie. Dès le départ il semble que le Général a compris que l’indépendance est inévitable et que mieux vaut une bonne négociation qu’une guerre interminable et meurtrière. Encore faut-il réunir les conditions pour qu’un accord soit possible et qu’il ne provoque une fracture franco-française définitive. L’historienne recense aussi tout le travail accompli à côté du lourd dossier algérien. C’est ainsi qu’elle recense trois cent trente-cinq ordonnances sur des sujets que la société ne peut pas éluder. Doit-on retenir cette confidence qu’elle livre à son lecteur au terme de tant d’années de travail : « Il m’est arrivé de penser que cette République aurait ma peau » ? Cela prouve que le chercheur éreinté par l’ampleur du travail peut quelquefois douter et son questionnement renouvelle alors ses forces pour terminer l’indispensable synthèse qui nourrit l’ouvrage. On ne peut que se réjouir que Georgette Elgey ait mené à bien ce grand projet. Son œuvre magistrale est une référence et pour longtemps.

    Hervé Chabaud

    Georgette Elgey, « De Gaulle à Matignon », Histoire de la IVe République, vol.6, Fayard, 594 p., 32 euros.

    ***********************************

    Union120318f - Marne
    LIVRE : Pour bien comprendre la guerre

     

     

    Si certains ouvrages peuvent être sujets à polémique (voir celui de Claude Juin sur les soldats tortionnaires), celui de Benjamin Stora est au contraire d’une rare pédagogie sur la difficile question de la guerre d’Algérie. Il n’y a pas de parti pris dans ce livre mais des réponses précises à des interrogations récurrentes sur ce lourd dossier. « Les questions auxquelles je réponds dans ce livre sont celles que peuvent se poser tous ceux qui cherchent des explications claires sur la guerre d’Algérie », écrit l’historien dans la préface de son ouvrage. Né à Constantine en Algérie, Benjamin Stora pourrait facilement s’engager pour un camp, lui qui a dû quitter l’Algérie en 1962 avec ses parents et sa sœur alors qu’il était encore enfant. Il n’en est rien. Et c’est là la grande force de ce livre. L’auteur ne renvoie pas dos à dos les différents protagonistes mais explique pourquoi et comment ils se sont retrouvés dans telle ou telle situation, qu’ils soient français ou algériens. Le propos est, une fois encore, sans parti pris et surtout d’une très grande clarté, se basant sur les écrits historiques récents les plus complets. Abordé sous forme d’une série de questions-réponses, le sujet est traité dans son ensemble, des prémices de la guerre jusqu’aux séquelles politiques et humaines du conflit des deux côtés de la Méditerranée. Cet ouvrage est sans conteste une réussite comme le sont la plupart de ceux de cette série des éditions du Seuil qui cherche à vulgariser, tout en restant irréprochable sur le fond, des thèmes souvent complexes. On pense notamment aux excellents Le Racisme expliqué à ma fille de Tahar Ben-Jelloun et L’Univers expliqué à mes petits-enfants d’Huvert Reeves.

    G. A.-T.

    La guerre d’Algérie expliquée à tous, Benjamin Stora, éditions du Seuil, 132 pages, 8 euros.

     

     

    ***********************************

    Union120318e - Marne
    LIVRE : Regards sur l’Algérie d’hier

    Le boulevard de la République à Alger. ©HC éditions, l’Algérie d’antan
  •  Agrandir la photo
  • L’hôtel Continental et le boulevard Séguin à Oran. ©HC éditions, l’Algérie d’antan.
  •  Agrandir la photo
  • Le marché européen de Blida. ©HC éditions, l’Algérie d’antan
  •  Agrandir la photo
  • RÉTRO. Alors que cette fin mars est l’occasion de nombreuses commémorations autour des 50 ans de la fin de la guerre d’Algérie et de l’indépendance du pays, un très beau livre nous fait remonter le temps. « L’Algérie d’antan » nous emmène à travers 700 cartes postales dans l’Algérie au début du XXe siècle.

    Voilà un livre qui ne manquera pas de susciter de la nostalgie chez tous ceux qui ont connu l’Algérie d’antan avec plus de 700 cartes postales anciennes témoignant de la vie en Algérie il y a un siècle. La richesse de cet ouvrage est de ne pas simplement évoquer la capitale mais de couvrir une grande partie du pays. L’ouvrage s’articule ainsi autour de quatre zones géographiques : Alger, l’Algérois, le Constantinois et l’Oranais. Un chapitre est aussi consacré à la vie quotidienne et à l’art de vivre des Algériens au début du XXe siècle. Au-delà de la très belle iconographie, les textes racontent l’histoire et la vie de l’Algérie à la « Belle Époque ».

    PLus de 20.000 exemplaires déjà vendus

    La visite d’Alger nous emmène sur le port et son trafic incessant, vers les rampes du boulevard de la République, autour de l’animation sur la place du Gouvernement, tandis que les tramways et les hippomobiles qui se croisent devant le théâtre. A voir le marché de la place Randon, les petits cireurs de la rue Bab-el-Oued, les épiciers de la Casbah, le Jardin d’Essai, ses palmiers et ses restaurants.

    Autour d’Alger, Blida et ses différents quartiers se découvrent avec les longues avenues à l’européenne et les places animées où se tient le marché arabe. On retrouve aussi la sortie de l’école à Miliana, les premiers autobus de Teniet-el-Had, les charmeurs de serpents de Boufarik, les danseuses Oulet-Nail de Djelfa, les courses dans le désert, les villages de la Grande Kabylie… La visite de Constantine au début du XXe est l’occasion de voir sa vieille ville et ses marchands ambulants, sa grande place et son pont suspendu, le port de Bougie, ses quartiers neufs et son marché kabyle, la gare flambant neuve de Sétif, le marché aux bestiaux de Djidjelli, le musée de Philippeville et les ruines romaines de Timgad ou encore les plages près de Bône et les caravanes de Biskra à Touggourt…

    Oran et l’Oranais enfin se dévoilent au fil des cartes anciennes. Oran avec la place d’Armes et la place Kléber, le boulevard Séguin et ses grands hôtels, les concerts sur la promenade de Létang. Il y a aussi le port et le Mourdjadjo omniprésent, le cercle militaire de Sidi-bel-Abbès, Tlemcen et son histoire, ses traditions, son église, sa mosquée, ses cafés maures, ses hôtels, les marchés de Mostaganem, les musiciens et les chanteurs à Mascara, les marchands de laine de Tiaret… Une première fois publié en 2006, l’ouvrage est réédité à l’occasion des 50 ans de l’indépendance de l’Algérie avec une nouvelle couverture. L’actualité aidante, on ne doute pas que le succès devrait une nouvelle fois être au rendez-vous. Il s’est en effet déjà écoulé plus de 20.000 exemplaires du livre.

    G. A.-T.

    L’Algérie d’antan à travers la carte postale ancienne, Philippe Lamarque, HC éditions, 192 pages, 28,90 euros.

    ***********************************

    Union120318c - Marne
    ALGERIE : La guerre d’Algérie n’est pas finie…

    Une affiche aujourd’hui quelque peu ironique…
  •  Agrandir la photo
  • Le quotidien agité des départements français d’Algérie à l’époque.
  •  Agrandir la photo
  • L’exode qui a suivi le 19 mars a arraché tout un peuple, un million de personnes de toutes origines et de tous milieux, de sa terre natale… Les victimes d’un nettoyage ethnique qu’il est de mauvais goût de citer.
  •  Agrandir la photo
  • Lui ne les avait pas compris…
  •  Agrandir la photo
  • Les « rapatriés » se sont tus pendant longtemps, mais ils n’acceptent pas d’être oblitérés pour des raisons idéologiques.
  •  Agrandir la photo
  • Le 19 mars ne signifie pas la même chose des deux côtés de la mer et de l’histoire…
  •  Agrandir la photo
  • Une population désespérée qui se sent abandonnée et trahie…
  •  Agrandir la photo
  • 18 Mars 1962. La chose peut paraître extraordinaire mais c’est un fait… la guerre d’Algérie n’est pas terminée, dans les esprits… Et le prêchi-prêcha des historiographes « officiels » qui besognent à rebrousse-temps, comme celui des associations néo-négationnistes, n’y changera rien. Les causes à cette béance dans la conscience collective française sont multiples, et la réécriture de l’Histoire qui a si bien marché avec l’occultation relative de la collaboration - par la magnification de la résistance - n’a pas pris avec le cauchemar algérien.

    Plus d’un million de rapatriés, « ces petites gens avec ces bagages de la honte qui sont ceux de la désespérance et de la peur… » comme l’écrivait en 1962 un confrère du quotidien Le Méridional, emportaient aussi avec eux la mémoire d’une injustice d’autant plus insupportable qu’elle était fondée sur la bêtise et l’hostilité à l’état brut ; l’absurde, qui donne la nausée et qui rend tout homme étranger au monde qui l’a vu naître. Ils fuyaient la certitude de la mort, ils fuyaient la haine et les massacres qui n’épargnaient pas même les femmes et les enfants… C’était l’exode. Et trop souvent, ils furent reçus comme des pestiférés… De Gaulle et le gouvernement ne les attendaient pas, tout au plus pour des vacances ou pour liquider ceux de l’OAS, la gauche ne les aimait pas et les désignait à la vindicte populaire, ils étaient la mauvaise conscience d’une nation qui ne voulait plus souffrir. « Pieds noirs » et « Harkis », il est plus aisé d’éluder ceux que l’on étiquette ainsi en les déshumanisant, ont été reçus par des comités d’accueil de dockers CGT qui en sus d’être très maladroits avec leurs bagages qui passaient à l’eau, brandissaient des pancartes sur lesquelles il était écrit miséricordieusement « Les pieds-noirs à la mer » et jusqu’à Gaston Deferre, maire socialiste de Marseille, grand résistant, et ministre de l’outre-mer dans le gouvernement de Guy Mollet, selon l’hagiographie officielle, qui déclarait alors : « Marseille a 150.000 habitants de trop, que les pieds-noirs aillent se réadapter ailleurs… » Une petite voix à côté de celle de Jean-Paul Sartre qui écrivait en 1961, dans sa préface aux « Damnés de la terre » de Frantz Fanon : « En le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds… »

    Une telle caution philosophique laisse des traces, et l’on se fait mal au statut de bouc émissaire d’un socialisme international en cours de réalisation, surtout quand on ne connaît pas même le sens, supposément élevé, d’un tel concept, parce que l’on est un enfant, un travailleur, un petit artisan, un paysan… ou tout simplement un honnête homme. L’absurde, ils en ont bouffé les « Pieds noirs » et les « Harkis », et ces derniers doublement ! Pourchassés par le FLN en Algérie, avec la complicité de l’armée française qui les a parfois livrés à leurs bouchers, allègrement massacrés par ceux qu’ils avaient combattus, les plus chanceux qui avaient réussi à fuir et à rallier la métropole se virent considérés comme des « collabos » par la gauche, ignorés par l’Etat, parqués dans des camps de la honte en des lieux éloignés des agglomérations.

    Camus avait pris le parti de l’humain contre celui de la violence

    C’est tout un peuple silencieux qui s’est appliqué pendant des dizaines d’années à s’intégrer, avec plus ou moins de chance et de réussite. Comme tous ceux qui ont beaucoup souffert, ils parlaient peu et ça tombait bien, car on ne voulait pas les entendre. Ni les « gaullistes » parce que « le général… », ni la gauche pour laquelle ces gens-là avaient quelque peu mérité ce qui leur était advenu, à force de faire suer le burnous, en bons instruments du colonialisme… Et comme le temps était aux décolonisations, volontaires ou forcées, il fallait choisir ses victimes. Les rapatriés n’en étaient pas, et n’en sont toujours pas, pour le MRAP par exemple. Un million d’hommes, femmes et enfants passés à la poubelle de l’Histoire. Pourquoi le MRAP se refuse-t-il à voir aujourd’hui encore le nettoyage ethnique dont ces Français-là ont été victimes ? Parce que le MRAP va, paraît-il, « aux origines du racisme ». Et d’expliquer qu’une « colonisation pendant environ 80 ans laisse aujourd’hui peu de souvenirs. La colonisation des conquêtes atroces. La colonisation des appropriations et du dépouillement des colonisés, la colonisation des infériorisations et des humiliations, la colonisation de la négation des exactions, aux métropolitains, la colonisation et le poids du non-dit, le déficit d’enseignement dans l’histoire d’un passé censé nous appartenir, le refus de reconnaître les fossés de mépris ou de haine dans lesquels la vérité s’enfouit… »

    Et ce même MRAP fait le lien avec ce qu’il estime être la situation contemporaine : « C’est un même racisme qui poursuit ses effets aujourd’hui. Les discriminations qui se produisent encore au faciès, au nom, à la religion (musulmane) par-delà même la nationalité française, prolongent ce racisme qui allait jusqu’au meurtre, notamment dans les années 1970 ; et qui aboutit encore aux mêmes extrémités dans des cas plus isolés aujourd’hui. On dit parfois que le racisme, c’est vouloir que l’autre n’existe pas. Dire à un jeune, dans une ANPE ou ailleurs, qu’on pourra lui trouver un emploi, s’il accepte de changer de nom, c’est vouloir en quelque sorte qu’il n’existe pas sous son identité d’origine. Le MRAP continue aujourd’hui le même combat pour l’égalité de tous les hommes. Il importe qu’à tous les niveaux policier, judiciaire la loi soit appliquée avec fermeté pour assurer la dignité de tous, quels qu’ils soient… » C’est pour cela que la voix des victimes de l’exode et du terrorisme algérien doit être tue… Quitte à réécrire l’Histoire.

    Fort heureusement, avec le temps, il est une voix que l’on entend à nouveau, celle d’Albert Camus. Disparu un an avant les tristes mots de Sartre pour Frantz Fanon, Camus était une grande âme, issu du petit peuple algérien, poussé au mérite, journaliste attaché à dénoncer les injustices qui affligeaient les départements d’Algérie, résistant, sa voix portait loin et dénonçait la logique de mort. Prix Nobel de littérature en 1957, Albert Camus, déclarait depuis Stockholm, au sujet de la lutte pour l’indépendance et des actions du FLN : « Si j’avais à choisir entre cette justice et ma mère, je choisirais encore ma mère. » Camus avait pris le parti de l’humain contre celui de la violence ? suscitant la haine de tous ceux qui recherchaient une solution… finale, pour administrer par le fer et le feu, le sang et la souffrance, une indépendance sur ordonnance. La terreur n’est pas compatible avec le sens de l’humain, de ce qui est bon, de ce qui est juste. Parce que la terreur se nourrit d’elle-même et se perpétue de même.

    Une vague d’enlèvements contre la population française

    Ainsi, les assassins du FLN - ils ont éliminé tous ceux qui espéraient une solution raisonnable aux « événements » - sont toujours au pouvoir là-bas ; et le peuple algérien en est devenu la première victime. Sinon, pourquoi seraient-ils si nombreux à venir vivre sur le sol de l’ex-colonisateur ? Le FLN a continué de massacrer les Algériens bien après le départ des « Français », l’armée est aux affaires et une oligarchie se gave pendant que la majorité cherche à survivre. Tout au plus les hardis libérateurs aux mains pleines de sang concèdent-ils une place dans la vie publique aux Islamistes qui leur ont contesté le pouvoir, ses privilèges et ses ressources dans les années 90… avant de susciter une nouvelle vague de répression et de massacres.

    Abdelaziz Bouteflika est un parfait représentant de cette caste de seigneurs FLN. Aux affaires dès l’indépendance, dans les gouvernements de Ahmed Ben Bella, puis de Houari Boumédiène, et de Chadli Bendjedid, il sera contraint à l’exil en 1981 après avoir piqué dans les caisses de l’Etat algérien près de 60 millions de francs… Elu en 1999, il est au pouvoir depuis treize ans, et sans doute jusqu’à ce que mort s’en suive.

    Pour revenir en France, il suffit de voir le nombre de publications, de films, émissions et documentaires consacrés à tel ou tel aspect de la guerre d’Algérie pour comprendre que ce n’est pas fini. D’ailleurs, pour le cinquantième anniversaire des accords d’Évian (18 mars 1962), le directeur des Archives de France avait sollicité le concours d’un historien spécialiste de cette période, Guy Pervillé, de l’université de Toulouse-Le Mirail (Ndlr : auteur d’un Que Sais-je ? sur La Guerre d’Algérie), pour la rédaction d’un texte « objectif » sur la fin de la dite guerre. L’historien s’est exécuté, a remis son travail dans les temps, mais… il lui a été signifié que son texte avait été caviardé largement. Ce qui se rapportait là-dedans aux enlèvements et meurtres de Français, ainsi qu’au triste sort des Harkis abandonnés et livrés à leurs bourreaux avec l’assentiment de De Gaulle avait été… censuré.

    Guy Pervillé écrivait notamment (guy.perville.free.fr) : « Le FLN profita des accords d’Évian pour reconstituer ses forces armées, et pour étendre leur autorité sur une grande partie du pays et de sa population. L’armée française s’y opposa jusqu’au 8 mai, puis dut y renoncer. À partir du 17 avril 1962, le FLN déclencha une vague d’enlèvements contre la population française, supposée complice de l’OAS, dans les agglomérations d’Alger et d’Oran, mais aussi à l’intérieur de ces régions. Le 14 mai, la Zone autonome d’Alger […] rompit ouvertement le cessez-le feu en déclenchant une série d’attentats. C’est alors que le président De Gaulle […] accepta l’avancement de la date du référendum algérien au 1er juillet […] D’autre part, des enlèvements et des massacres avaient été commis après le 18 mars contre d’anciens « harkis » en violation flagrante des clauses d’amnistie des accords d’Évian […] Le 3 juillet, la France reconnut l’indépendance de l’Algérie […] l’absence d’autorité incontestée et la compétition pour le pouvoir déclenchèrent de nouvelles vagues d’enlèvements et de violences meurtrières contre des Français d’Algérie (notamment des centaines d’enlèvement à Oran le 5 juillet) et contre d’anciens « harkis ». Les troupes françaises accueillirent et transférèrent en France les fugitifs, mais le gouvernement leur interdit de les rechercher sans l’accord des autorités algériennes […] Les enlèvements de Français diminuèrent après le 26 septembre 1962 qui vit l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement présidé par Ben Bella. Mais les massacres d’anciens harkis durèrent encore plusieurs mois et leur emprisonnement sous prétexte d’assurer leur sécurité, encore 10 ans… »

    Les faits sont têtus.

    Philippe Le Claire
    pleclaire@journal-lunion.fr

    ***********************************

    Union120318b - Marne
    La FNACA réfutée en France et… en Algérie

    Comme tous les ans, la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie-Maroc-Tunisie) entend rendre hommage, le 19 mars, aux soldats morts pour la France en Afrique du Nord. Une date réfutée en France et jusqu’en Algérie, pour des raisons diamétralement opposées. En France, nombre d’anciens d’Algérie, tel Jean-Michel La Rosa, de Reims, instituteur retraité, se refusent à considérer cette date, le 19 mars 1962, comme recevable pour une telle célébration. Et pour cause, la signature des accords d’Evian marque le seul « cessez-le-feu » unilatéral appliqué par l’armée française. M. La Rosa explique : « Il y eut, après le 19 mars 1962, de très nombreuses victimes : des militaires (plus de 400), des civils français assassinés ou enlevés et disparus (plus de 8.000) et, surtout, les supplétifs algériens et leurs familles, que les autorités françaises de l’époque avaient ordonné de désarmer et d’abandonner sur place, qui furent tués dans des conditions effroyables (50.000 à 150. 000 selon les sources). Peut-on alors parler de fin de guerre ?

    D’autant que le terme « guerre » ne fut admis légalement qu’en 1999. le 19 mars 1962 ne peut donc en aucun cas être considéré comme « la fin de la guerre d’Algérie ». Alors que l’on rende hommage aux « Morts pour la France », c’est le moins que l’on puisse faire.

    Mais à la date légale. Le faire le 19 mars, c’est les tuer une deuxième fois, et enfouir dans l’oubli tous ceux qui sont morts après le « cessez-le-feu ». Mais c’est peut-être le but recherché ; effacer de la mémoire un aspect gênant et peu glorieux de notre histoire, de même que Staline faisait disparaître certaines personnes des photos officielles… »

    De l’autre côté de la mer, voici ce que disaient dans une motion les membres du FLN, à l’occasion de leur VIIIe congrès du 30 janvier au 2 février 2005, au sujet de cette date du 19 mars 1962 : « Le peuple algérien commémore, aujourd’hui, le 41e anniversaire de la fête de la victoire. Le 19 mars 1962, le peuple algérien a vu l’aboutissement de son combat héroïque contre le colonialisme et les forces de l’oppression […] ne nous laissons pas dépouiller. Le peuple algérien a payé cette victoire de la vie des millions de martyrs assassinés par cette armée coloniale depuis 1830. Cette victoire est la nôtre et ces anciens combattants qui fêtent ce jour-là drapeau en tête insultent nos martyrs après les avoir torturés et tués. Qu’ils soient maudits… »

    ***********************************

    Union120318a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    URSS : de lourdes statistiques

    Les Soviétiques embusqués ne cèdent rien.
  •  Agrandir la photo
  • Le troc est le seul moyen de survivre. Une autre forme de solidarité.
  •  Agrandir la photo
  • En cette mi-mars 1942, l’état-major allemand qui fait un point sur l’état du front à l’est est morose. Bien sûr le front est stabilisé dans tous les secteurs et l’Armée rouge ne parvient pas à percer la carapace défensive des forces du Reich. Est-ce à dire que les conditions sont réunies pour reprendre l’offensive ? Bien des généraux en doutent d’autant que les Allemands ne parviennent pas à libérer le 2e corps de leur XVIe armée, encerclé au sud-est de Staraïa Roussa. En revanche, les soldats du Reich réussissent à se replier du saillant du sud-ouest de Kalouga et à figer dans le secteur sud les Soviétiques qui envoient des vagues d’assaut pour submerger un ennemi frigorifié à l’est de Kharkov. Le général Halder de méchante humeur dresse un bilan des pertes sur le front russe. Il recense 1 500 636 soldats hors combat dont 202 257 morts et 725 642 blessés parmi lesquels 112 617 sont atteints de gelures graves. Il mentionne également 46 511 disparus. Les autres ont probablement été faits prisonniers.

    Ces chiffres sont tenus secrets et ceux qui sont publiés le 16 mars 1942 par l’état-major général allemand minore la réalité des pertes sur le front de l’est. L’inquiétude des stratèges du Reich est encore motivée par les fragilités qui ont été identifiées au centre du dispositif. De fait, dans ce secteur, les Soviétiques ont repris Ioukhnov, au nord-ouest de Kalouga. Les Allemands cherchent le meilleur moyen de bousculer leurs ennemis. Leur système de défense en hérisson a bien contenu les pressions des divisions de l’Armée rouge mais depuis le début de l’année, les Allemands ont été contraints de reculer régulièrement. Les Soviétiques ont accumulé les succès souvent modestes mais systématiques. Ils sont parvenus à réussir la jonction de leurs forces des secteurs nord et centre dans les régions de Kalinine, de Kalouga et au sud du lac Ilmen où ils bloquent d’importantes forces ennemies dont les munitions et le ravitaillement commencent à faire défaut. Les poches de Demiansk et de Kholm sont confirmées et une autre s’ajouter devant Izioum. Le front du secteur nord constitué des unités des XVIIIe et XVIe armées passe désormais par Leningrad, Novgorod, Staraïa Roussa et Vielikie Louki.

    Dans le secteur centre le groupe d’armées du Reich constitué des IIe, IIIe, IVe armées blindées, des IXe et IVe armées occupe des positions qui vont de Vielikie Louki à Nevel. Le front s’infléchit à l’est vers Velij près de Vitebsk, Demidov, Dorogobouch puis remonte vers le nord en suivant la boursoufflure de Viazma et Rjev pour redescendre vers le sud-est sur Kirov, au nord de Briansk et d’Orel. Le front du groupe d’armées du sud avec les IIe et VIe armées de von Kleist et de von Manstein et la XIe armée engagée en Crimée s’étend d’Orel jusqu’au Caucase en s’appuyant sur des villes comme Koursk, Kharkov, Dniepropetrovsk, Stalino (Donetsk), Taganrog et le centre du Caucase. Là encore les chiffres qui sont avancés devant le führer qui tempête en les entendant indiquent qu’entre le 1er janvier et la mi-mars, le Reich a perdu environ 240 000 hommes dont 52 000 tués et 15 000 disparus.

    Un rapide total des statistiques à disposition de l’état-major général depuis le déclenchement de l’opération Barbarossa le 22 juin 1941 laisse à penser que les pertes enregistrées par la Wehrmacht s’élèvent certainement à plus d’un million d’hommes. Celles des Soviétiques bien que non communiquées alors sont plus sévères mais le général Halder maintient ses chiffres et estime que le grand quartier général doit s’appuyer sur les siens plutôt que sur des listes minorées pour faire plaisir à Hitler. De même demande-t-il une attention particulière dans l’exécution des attaques programmées en raison du dégel qui est désormais imminent. Il ne veut pas que des unités entières soient enlisées ou embourbées.


    …..

    Les rappels à l’ordre et les félicitations du Général

    Le général Leclerc.
  •  Agrandir la photo
  • Le Comité national de la France libre : de gauche à droite, Dejean, Dielthem, Muselier, de Gaulle, Cassin, Pleven et le général Valin.
  •  Agrandir la photo
  • Le gouverneur Félix Eboué.
  •  Agrandir la photo
  • Le colonel Marchand, neveu du héros de Fachoda.
  •  Agrandir la photo
  • Le vice-amiral Muselier avec le capitaine de vaisseau Moret sanctionné par de Gaulle.
  •  Agrandir la photo
  • Muselier en compagnie de Villefosse et d’Alain Savary.
  •  Agrandir la photo
  • Fermeté. C’est à une reprise en main que s’adonne le chef de la France libre irrité par la grogne qui s’exprime dans la Marine et des manquements qui lui sont signalés au sein des forces terrestres.

    Le crescendo des tensions dans la marine est encore plus marqué que la semaine précédente. De Gaulle adresse le 16 mars 1942 un nouveau courrier au vice-amiral Muselier où il fait preuve de son autorité. Il n’accepte pas que la confusion soit entretenue au sein des Forces navales françaises libres parce que le premier cercle de l’amiral cherche à contourner ses décisions. « Je dois en conséquence vous inviter à quitter Londres sans délai ». Le même jour, il s’adresse au ministre des Affaires étrangères, Anthony Eden pour lui préciser les modifications qu’il a apportées au commandement des FNFL et son souhait que les autorités navales britanniques en soient correctement informées : « Il va de soi que ces dispositions ne modifient en rien notre désir de voir se poursuivre intégralement l’excellente collaboration entre la petite Marine française libre et la grande Marine britannique ». Il télégraphie aussi au capitaine de vaisseau de Villefosse à Saint-Pierre-et-Miquelon en réponse à son câble de la veille où il demande à être relevé de son commandement en raison du départ de Muselier : « Il ne vous appartient pas de vous élever contre mes décisions dont d’ailleurs vous ne connaissez pas les motifs. Naturellement, je ne donne pas satisfaction à votre demande. Vous avez le devoir pur et simple d’observer la discipline et de la faire observer par vos subordonnés ». Avant de le rappeler sèchement à ses devoirs : « Dans cette circonstance comme dans toute autre, un officier supérieur chargé de la défense d’un territoire français devant l’ennemi donne l’exemple. J’ai confiance en vous. Veuillez m’accuser réception de ce télégramme ». Il recommande dans un autre télégramme à l’enseigne de vaisseau Alain Savary de ne pas se laisser influencer et de garantir le respect de l’ordre public dans l’archipel dont il a la charge.

    Moret aux arrêts, la marine fixée

    Le 18 mars, de Gaulle annonce à ses proches qu’il quitte Londres considérant que l’indépendance et la dignité de la France sont en cause : « dans la triste affaire Muselier ». Comme il ne veut pas transiger avec le gouvernement britannique, il estime qu’il ne peut plus assumer sa tâche dans les conditions d’indépendance requises pour un exercice raisonnable de la responsabilité de la France libre. Toujours le 18, il demande à Eden de faire appliquer par le gouvernement anglais la sanction qu’il a prononcée à l’encontre du capitaine de vaisseau Moret ancien chef d’état-major de Muselier. Il s’agit d’une punition de trente jours d’arrêt de forteresse pour le motif suivant : « Ayant reçu l’ordre de transmettre immédiatement à son successeur désigné ses consignes de chef d’état-major de la Marine, s’y est d’abord refusé. A dirigé dans la Marine une agitation dangereuse, poussant des officiers à des manifestations contraires à la discipline et cherchant à provoquer des incidents dans les bases navales et sur les navires, allant jusqu’à donner à des officiers rassemblés lecture de documents faux et calomnieux. Ayant enfin quitté son poste, a gardé par-devers lui et continué à utiliser pour l’action néfaste qu’il avait entreprise le chiffre des FNFL ».

    Le 20 mars dans un ordre général, de Gaulle s’adresse à la Marine en tant que chef des Forces françaises libres : « Comme Chef des Français libres j’ai donné des ordres. La Marine les exécutera. Si quelque incident devait, cependant se produire, ceux qui l’auraient causé et les chefs qui l’auraient toléré subiraient les sanctions prévues par la loi pour désobéissance devant l’ennemi ». Habile, le général redit sa confiance et estime pouvoir compter sur le bon sens, le patriotisme et la discipline de tous. Il termine ainsi : « Je salue au nom de la France, la Marine française libre ». Il informe aussi par un télégramme codé qui doit être décrypté personnellement, le haut-commissaire Georges Thierry d’Argenlieu, sur les secousses provoquées par la démission de Muselier de ses fonctions de commissaire national. Il rassure cet autre marin en souhaitant confier au vice-amiral de nouvelles responsabilités en phase avec sa personnalité, son grade et surtout les services qu’il a rendus. Le Général indique : « Il est nécessaire que le contre-amiral Auboyneau arrive sans délai prendre en main notre Marine admirable dans sa presque totalité mais que quelques agitateurs bien placés commençaient à troubler. Il y a également beaucoup à faire pour la Marine au point de vue technique car le bon amiral Muselier était sérieusement fatigué et ne tenait plus les rênes que par personne interposées. Je vous prie de communiquer ceci à Auboyneau ».

    Le 21 mars dans un nouveau courrier marqué « très secret » à Alain Savary il se veut rassurant sur la situation générale de la Marine mais il s’exprime aussi d’homme à homme : « Je sais quelques liens de dévouement personnel vous attachent à l’amiral Muselier. Mais je sais aussi que vous placez au-dessus de tout votre devoir envers la France ».

    De la grogne et des citations

    Le Général est également préoccupé par une série d’incidents qui lui sont rapportés en provenance du Levant. C’est la raison pour laquelle de Gaulle s’adresse au général Catroux. Il s’inquiète des graves incidents qui ont eu lieu dans l’escadron soudanais ou une indiscipline caractérisée a été identifiée dans des unités Saras. Il estime qu’il faut renforcer l’encadrement des bataillons sénégalais qui ne sont pas en Libye : « Si comme il me paraît possible, certains cadres expérimentés de ces bataillons ont été affectés aux unités de Libye, il vous appartient de les faire revenir, quels que soient les désirs des intéressés ». Il n’y a donc pas à discuter sur les choix du chef de la France libre. Pour lui, il est urgent de fixer une durée déterminée au séjour des bataillons sénégalais qui stationnent au Levant hormis si des opérations militaires ciblées doivent y être menées. Il considère qu’il ne faut pas les laisser sur place plus d’un an : « La relève s’effectuera régulièrement entre bataillons sénégalais du Levant et de l’Afrique française libre. L’arrivée prochaine de deux bataillons nouveaux doit être considérée et présentée au Sénégalais comme une relève ».

    De Gaulle ne tient pas à ce qu’il y ait des malentendus. Il a toute confiance dans le colonel Marchand qui était le commandant militaire du Tchad en août 1940 et qui a contribué avec le gouverneur Félix Eboué au ralliement du territoire à la France libre. « Je vous signale l’expérience et l’autorité particulière du colonel Marchand en ce qui concerne le contingent Saras » observe-t-il. Et de réclamer à Catroux les mesures complémentaires d’urgence qu’il compte prendre pour garantir en nombre les effectifs du Levant tout en diminuant la part des Saras dans le dispositif. Il ne veut surtout pas que le moral des troupes coloniales soit altéré par les événements. En revanche, le chef de la France libre adresse ses félicitations au médecin général Sicé, haut commissaire à Brazzaville. Il dit sa fierté des opérations coordonnées en Libye du sud et ajoute en direction de Leclerc : « Vous et vos glorieuses troupes êtes la fierté de la France ».

    Le Général cite à l’ordre de l’armée les colonnes mobiles du Tchad pour les motifs suivants : « Admirables troupes qui, sous le commandement d’un chef d’une exceptionnelle valeur le général Leclerc, ont parfaitement préparé et victorieusement exécuté une série d’opérations offensives en Libye italienne contre un ennemi fortement organisé et dans des conditions de terrain et de climat les plus dures du globe ». Il cite enfin à l’ordre de l’armée le groupe d’aviation Bretagne pour ses actions offensives en Libye précisant notamment : « A détruit plusieurs avions ennemis et infligé aux Italiens des pertes graves en personnel et en matériel ».

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    …..

    Le boycott de l’Allemagne

    L’Allemagne et Vichy incitent les travailleurs à se rendre en Allemagne.
  •  Agrandir la photo
  • Refus. Le Comité national encourage la campagne menée pour dissuader les plus jeunes d’aller travailler en Allemagne en dénonçant la propagande soutenue par Vichy et ses collaborateurs les plus zélés.

    Le 13 mars 1942, Maurice Schumann recommande aux jeunes Français de ne surtout pas aller travailler de l’autre côté du Rhin. Il se félicite que les frappes aériennes menées contre les usines Krupp entament le potentiel productif de l’ennemi. Le chroniqueur a recensé en une semaine quarante-quatre missions de bombardement au-dessus des zones industrielles allemandes. Il révèle aussi que de graves épidémies se développent parmi les travailleurs étrangers employés en Allemagne. La propagation du typhus inquiète d’abord le Congrès des médecins allemands qui lors de sa réunion à Leipzig demande une politique sanitaire de prévention de la diffusion de la maladie. Schumann recense dans la presse de l’ennemi des papiers très défavorables aux étrangers. Il cite la « Dantziger Vorposten » où le docteur Walter Gross, théoricien officiel du racisme nazi mentionne que : « La faute suprême pour un Allemand est d’oublier sa supériorité raciale sur n’importe quel autre Européen ». L’éditorialiste dénonce la répétition dans la presse de cette doctrine esclavagiste que les prisonniers de guerre subissent directement. Il cite la « Hessiche Landeszeitung » qui annonce que le tribunal de Darmstadt a condamné Franziska Keller à six semaines de prison pour avoir porté de la bière et du chocolat à un prisonnier français qui travaillait dans le voisinage de sa résidence. Une autre femme a été frappée d’une amende de 100 Reichsmarks pour avoir accordé à un autre prisonnier français le droit de jouer aux cartes avec deux jeunes Allemandes. Enfin une certaine Frieda Mühlum de Bersheim a écopé d’un mois de prison pour avoir pris la lettre d’un prisonnier et l’avoir donnée à une Française qui l’a mise à la poste.

    Humiliations et exemples

    Pour les Français libres toutes ces sanctions judiciaires sont destinées à interdire aux Allemands tout comportement humaniste envers les prisonniers et même à susciter la haine contre ces Français qui travaillent mais n’ont pas le droit de se plaindre. Schumann recense encore dans les déclarations des serviteurs de Berlin des postures discriminatoires. Il cible le docteur Ley, chef du Front du travail : « Un ouvrier étranger n’a pas droit aux mêmes rations alimentaires qu’un travailleur de race allemande ». Il cite ce commentaire du Scharze Korps : « Notre national-socialisme n’est pas un article d’exportation. Il protège le travailleur germanique et lui seul ». C’est fort de cet argumentaire que l’éditorialiste demande aux femmes et aux mères de ne pas laisser leurs maris et leurs fils aller travailler en Allemagne : « Souffrir en France des privations et du chômage, changer en France de résidence et de métier, tout vaut mieux que d’aller en Allemagne au-devant des bombes, des épidémies, du brouet d’esclave, de la torture solitaire, des humiliations incessantes, des persécutions de chaque seconde contre lesquelles on est sans défense du seul fait qu’on est Français ». Les Français libres accréditent l’idée que partir pour l’Allemagne c’est se constituer prisonnier et c’est renoncer à être un patriote fier du drapeau tricolore. Or comme le mentionne un autre chroniqueur le 15 mars 1942 lorsque les Alliés ont gagné le temps nécessaire pour disposer d’une industrie à même de produire pour la guerre et d’équiper correctement les forces armées, servir Hitler est le pire exemple de lâcheté. Le temps n’est plus au renoncement mais à l’encouragement des grandes contre-offensives destinées à régler ses comptes à un IIIe Reich qui menace l’avenir du monde. On évoque aussi le 18 mars, cette vente de charité organisée à Londres par la Société de bienfaisance française, désormais centenaire et qui privilégié l’alliance avec la Grande-Bretagne plutôt que la collaboration avec Berlin. « Et c’est un bon signe pour l’avenir » conclut l’intervenant.

    Les dissuader

    Le 19 mars 1942 Jean Oberlé et Jacques Duchesne se relaient pour expliquer la collaboration impossible et ainsi faire une piqûre de rappel en direction des jeunes pour qu’ils ne se laissent pas séduire par la tentation allemande. Les deux chroniqueurs reviennent sur les accès d’humeur du führer qui s’insurgent que les Français osent mépriser les Allemands. Comme s’il croyait que l’occupation forcerait une relation totalement artificielle : « C’est une nature si délicate, ce cher Adolf. En somme, il s’impatiente. Il s’agace de l’entêtement des Français à reconnaître où est leur intérêt. Comme le redit Oberlé, si les Français désiraient la collaboration, cela ferait maintenant belle lurette qu’elle serait exemplaire : « C’est justement parce que les Français détestent chaque jour les Allemands davantage et qu’ils leur résistent chaque jour davantage que la preuve est établie une fois pour toutes que la collaboration est impossible ».

    Duchesne explique que la germanisation n’est effective que chez ceux qui sont les serviteurs zélés du régime à Vichy ou sur les ondes de radio Paris : « Les collaborateurs ne peuvent rien comprendre aux sentiments des Français parce qu’ils ne sont plus eux-mêmes des Français. Ils n’ont plus de français que le nom et la langue, souvent incorrecte dans laquelle ils s’expriment. Mais s’ils écrivent en français, ils pensent en allemand ».

    De cette manière les deux journalistes expliquent qu’en s’abandonnant au plus fort et en épousant sa dialectique martiale et discriminatoire, ils ont vendu leur âme et perdu tout sens du patriotisme et tout amour pour leur pays : la France. Ils ont abandonné la liberté, ils ont choisi devenir des esclaves et assument leur traîtrise en ajoutant du fiel anti-français dans chacun de leur propos pour s’aplatir chaque jour un peu plus face au Reich. Duchesne angle son intervention pour mieux montrer que cette soumission est contraire aux vœux du peuple. Malgré les privations, les douleurs, les humiliations, il constate : « La résistance des Français à l’oppression augmente chaque jour davantage et l’espoir de la libération grandit dans de mêmes proportions ». Oberlé renchérit : « Oui, nous ne les admirons jamais assez nos compatriotes, nos parents, nos amis. Et s’ils nous écoutent comme ils nous le disent si amicalement qu’est-ce que nous, quelques voix qui leur crient : courage, espoir, à côté de l’immense rumeur de douleur et d’héroïsme qui nous parvient de notre pays et qui est le cri de la liberté contenu dans des millions de poitrines et qui éclairera le jour de la délivrance ». On se réjouit aussi des encouragements et des mots de compassion qui proviennent de Grande-Bretagne pour stimuler cet esprit cartésien du refus de l’occupant. On salue le nouvel archevêque de Cantorbery qui assure qu’il est inconcevable que l’esprit de la France cesse d’influencer la vie des nations. « L’influence du christianisme a été particulièrement profonde dans la vie de la France ; même lorsque les doctrines chrétiennes semblent être rejetées, le christianisme laisse encore son empreinte profonde parmi vous ».

    ***********************************

    Union120317a - Marne
    CHALONS : Témoignages de Châlonnais sur la guerre d’Algérie, signés Pierre Naas : « Trop de gens ne veulent pas parler »

    Le film sera programmé salle Rive gauche en avril.
  •  Agrandir la photo
  • Fils de harki, Pierre Naas - des Furies -, a en lui la volonté de faire témoigner les Châlonnais au sujet de la guerre d’Algérie, dont on fête cette année le cinquantième anniversaire.

    DANS deux jours sera l’anniversaire d’un certain 19 mars 1962. Cinquante ans que l’Algérie est libre. La fin d’un cessez-le-feu qui, s’il a mis un terme à la guerre, n’a pas, et de très loin s’en faut, éteint tous les conflits, pas plus qu’il n’a réussi à délier les langues.

    Cinquante ans que pèsent toujours sur ces combats les non-dits, les à-peu-près, ou encore ces terribles flous qui en disent à la fois trop et pas assez. Cinquante ans et des questions sans réponses qui hantent l’esprit de ceux qui ont survécu, les calquent aux générations qui se succèdent, jusqu’à leur donner une résonance amplifiée. Cinquante ans et toujours ce constat : « Trop de gens ne veulent pas parler » assène aujourd’hui le Châlonnais Pierre Naas,

    Dire non à l’oubli

    Âgé de 48 ans, il est régisseur dans sa vie professionnelle, membre de l’équipe des Furies. Mais l’homme est aussi fils de harki.

    Pour l’occasion et parce que L’entre-sort de Furies a décidé de prendre à bras-le-corps l’événement pour en faire un grand rendez-vous ouvert à tous, il a parallèlement décidé d’apporter sa patte personnelle. Décidé de profiter d’un double paramètre, ce peu de détails que lui ont légués ces parents, et la technicité dans la réalisation d’un métrage qui sera diffusé au mois d’avril.

    Derrière le silence des autorités, et même celui de ces proches Pierrot se démarque : « Je ne veux pas qu’on oublie » martèle cette force de la nature au cœur plus tendre que ne paraît son regard noir. Car l’homme est un écorché. Au reste, c’est sa sensibilité autour d’un sujet encore à fleur de peau qui a séduit les responsables des Furies : « On m’a donné carte blanche, j’espère que je ne décevrais pas » apprécie Pierre Naas.

    Ce qu’il va proposer, c’est le témoignage d’une quinzaine de personnes dans un film d’un peu moins d’une heure intitulé « Mémoires oubliées ».

    Quinze parmi une soixantaine de rencontres. Et derrière la caméra, une Frédérique Montblanc toute en sensibilité.

    Tout savoir

    « Elle posait des questions moins hard que moi, ça faisait un équilibre ». Car ce fils de harki aux parents déchirés entre deux patries, parents aujourd’hui décédés, s’est attaché à tout circonscrire. Savoir comment certains avaient pu échapper aux massacres et d’autres non. Savoir dans quelles conditions ils avaient été accueillis en France en général, dans la région de Châlons en particulier.

    Savoir, savoir, tout savoir. Pour mieux peser, soupeser, comprendre. Tout comprendre pour, qui sait, mieux survivre. Un tout qui n’a pas été facile : « Certains harkis et supplétifs ont eu une trouille bleue de témoigner. Certains ont honte. Certains se demandent encore s’ils ont été des traîtres d’avoir choisi entre la France et l’Algérie. Certains aussi ont encore mal de l’abandon de la France ». Une souffrance illustrée par Bernard Hamiche, harki émérite que l’on verra à l’écran au mois d’avril, lors de la diffusion du film salle Rive gauche : « Pendant l’entretien, il pleurait »…

    F.M.

    ***********************************

    Union120316a - Marne
    ESTERNAY : Hommage aux disparus

    L’association compte 53 adhérents.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale des anciens combattants ACPG - CATM (53 adhérents) du canton d’Esternay vient de se tenir sous la présidence de Guy Delienne. Après avoir salué les personnes présentes, le président a rendu hommage aux camarades disparus en 2011.

    M. Voisembert a présenté le rapport d’activités de l’association pour l’année et M. Rondeau le rapport financier.

    Après diverses allocutions des autorités, la séance s’est terminée par un dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Aucun désistement du bureau n’ayant été présenté, celui-ci a été reconduit à l’unanimité : président Guy Delienne, vice-président Claude Belin, secrétaire Christian Voisembert, secrétaire-adjoint Claude Gaillard, trésorier Bernard Rondeau, trésorière-adjointe Josseline Delienne.

    ***********************************

    Union120315a - Marne
    CHANGY : Médaillés militaires : Une année bien remplie

    Une trentaine de personnes a assisté à l’assemblée.
  •  Agrandir la photo
  • Lors du dépôt de gerbes au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • La 256e section des médaillés militaires de Vitry-le-François a tenu son assemblée générale ce dimanche dans la salle des fêtes de Changy, en présence d’une trentaine de personnes, dont Charles de Courson, député et conseiller général ; Jean-Claude Manfé, maire de Changy ; du général de corps d’armée (2s) Jean-Marie Lemoine, sous la présidence de Jacques Clerc, vice-président de l’Union départementale des médaillés militaires de la Marne.

    Trente-quatre adhérents

    Les médaillés et les personnalités ont été accueillis par Vincent Georges, vice-président de la 256e section. Le président de la 256e section, Jean-Frédéric Allerat, a rappelé les activités de sa section au cours de l’année 2011 qui fut intense en participations diverses à des cérémonies du souvenir et de la mémoire. Il a également tenu à rappeler la mémoire de René Caruyer, Roger Conraux, René Douillet, Jean Leger, Gilbert Lepage, Maurice Pettini et André Vaillant, décédés au cours de l’année passée.

    Trente-quatre membres font partie de la section vitryate, dont neuf dames d’entraide. L’assemblée générale s’est terminée par un dépôt de gerbes au monument aux morts de Changy-Outrepont, en présence de trois porte-drapeaux.

    ***********************************

    Union120314e - Marne
    BETHENY : 1 733e section des médaillés militaires : Une première dans la commune

    Avant l’assemblée générale, une gerbe a été déposée au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • Les adhérents sont venus nombreux, pour la première assemblée à Bétheny.
  •  Agrandir la photo
  • La 1 733e section de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire « Marin-la-Meslée » tenait pour la première fois, samedi dernier, son assemblée générale à Bétheny, en présence de Jean-Michel Pinot, adjoint au maire, d’Arnaud Robinet, député et conseiller général, et de M. Gagnaire, président de l’UD 51, successeur de M. Cochot. Avant de se retrouver salle Thierry-Meng, ils ont déposé une gerbe au monument aux morts de Bétheny.

    Créée sur la base en 1974 par Claude Scrabalat, président honoraire, la section compte actuellement 112 membres, dont 17 dames d’entraide ou veuves de médaillés militaires. M. Scrabalat explique que « la médaille militaire, jaune et verte, instituée en 1852 par Louis Napoléon Bonaparte, est la plus belle décoration française, concédée seulement aux sous-officiers et soldats, et elle a gardé toute sa valeur ». En effet, dépourvue de grades, elle est la seule manifestation honorifique qui mette sur un pied d’égalité ceux auxquels elle est attribuée.

    D’après le président, l’adjudant-chef Charif Rahmani, une trentaine de militaires d’active sont restés adhérents à la section, malgré leur mutation (l’un deux avait d’ailleurs fait le déplacement depuis Mont-de Marsan), mais il pense que certains d’entre eux vont être amenés à démissionner. Si la section a choisi Bétheny comme nouveau port d’attache, depuis la fermeture de la BA 112 en juin 2011, y rapatriant siège et drapeau, c’est parce que la première base était sur Bétheny. M. Pinot a d’ailleurs lui aussi rappelé qu’au musée d’Ottawa, référence était faite à Bétheny, comme berceau de l’aviation.

    Il a aussi évoqué le futur musée, qui serait pris en charge par la ville de Bétheny, pour abriter les collections du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale, et précisé qu’un appel serait fait aux bonnes volontés, aussi parmi les adhérents.

    ***********************************

    Union120314d - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX : Souvenir français : Retrouvailles sympathiques

    Les adhérents du Souvenir français réunis à l’issue du repas.
  •  Agrandir la photo
  • La section locale du Souvenir français (cantons de Thiéblemont et Heiltz-le-Maurupt) organisait dimanche son repas annuel dans un restaurant de Pargny-sur-Saulx.

    Avant de passer à table, le président Pierre-Marie Delaborde a rappelé les buts de cette association plus que centenaire puisque créée en 1877 : transmission des valeurs de la République aux générations successives ; conservation de la mémoire de celles et ceux qui sont morts pour la France ou qui l’ont servie afin de préserver la liberté et les droits de l’homme ; entretien des tombes (120 000) et des monuments élevés à leur mémoire.

    Le président a ensuite évoqué les projets : en mai voyage à Paris pour les enfants qui les mènera aux Invalides et à l’Arc de Triomphe où ils ranimeront la flamme et en septembre voyage des adhérents.

    ***********************************

    Union120314c - Marne
    PASSY-GRIGNY : Anciens combattants réunis dans la bonne humeur

    Au bureau, le président a été remplacé au pied levé par Daniel Verat.
  •  Agrandir la photo
  • La dernière fois que les anciens combattants ACPG-CATM du canton de Châtillon-sur-Marne s’étaient retrouvés à Passy-Grigny pour tenir leur assemblée générale, c’était en 2005 dans une salle de la mairie. Sept années se sont écoulées et cette fois, accueillis par Anne-Marie Allait, c’est dans la nouvelle salle des fêtes que les travaux se sont tenus en présence de plusieurs maires du canton et de Françoise Ferat, sénateur maire de Cuchery.

    Excusé pour un impératif familial, le président Christian Chabroulet fut remplacé par Daniel Verat ,membre du bureau directeur. Celui-ci face à une salle bien garnie malgré la disparition d’adhérents (5 en 2011et déjà 2 en ce début d’année), rappela que le canton est encore fort de 54 adhérents, dont trois à Passy-Grigny parmi lesquels Alfred Caillet agé de plus de 100 ans. « Je sais que notre association est en sursis mais il ne faut pas s’en attrister, alors vive la bonne humeur », devait déclarer Daniel Verat après la présentation du bilan de l’année écoulée et les objectifs de celle à venir.

    Le bilan financier présenté par la trésorière fit apparaitre un déficit : « Autant manger la caisse » avait-il été décidé lors de l’assemblée générale 2011, ce qui fut fait dans la limite du raisonnable avec par exemple l’organisation d’un voyage en terre haut-marnaise à destination de Colombey-les-deux-églises sur la tombe du Général.

    Après d’autres débats, cette réunion devait s’achever par le dépot d’une gerbe au pied du monument aux morts avant que beaucoup ne se retrouvent pour un amical repas.

    ***********************************

    Union120314b - Marne
    RIMOGNE : L’Arac : effectif stable et voyage à Verdun

    L’Association républicaine des anciens combattants compte 26 adhérents.
  •  Agrandir la photo
  • L’Association républicaine des anciens combattants (Arac) a tenu son assemblée générale, vendredi, en présence de Noelle Devie, première magistrate de la commune.

    Le président Michel Damperon ouvre la séance par un hommage aux anciens combattants disparus au cours de l’année et à tous ceux qui souffrent.

    La parole est ensuite donnée au trésorier Jean-Claude Bocahut pour la lecture du rapport financier.

    Le bureau démissionnaire est reconduit pour l’année 2012.

    Président : Michel Dampeon ; vice-président : Jean-Marie Baudoin ; secrétaire : Jean-Claude Bocahut ; secrétaire adjoint : Michel Birost ; trésorier : Jean-Claude Bocahut ; trésorier adjoint : Bernard Maurice ; porte-drapeau : Claude Nicolas, Marcel Marlot ; suppléant : Alain Andry. Vérificateur aux comptes : Jacques Mainnemarre.

    L’un des sujets à l’ordre du jour, un projet d’un voyage, s’est concrétisé par le choix d’une sortie prochaine vers Verdun. L’effectif des adhérents (26) reste stable.

    L’assistance a ensuite été invitée à partager le verre de l’amitié.

    ***********************************

    Union120314a - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Les corps de deux Poilus mis au jour

    Emmanuel Bujon, l’un des bénévoles de La Main de Massiges, indique l’emplacement de la découverte.
  •  Agrandir la photo
  • MASSIGES (Marne). Les restes de deux soldats de la Grande Guerre ont été découverts sur la Main de Massiges, lors de travaux de réaménagement des tranchées par l’association en charge du site.

    « C ’EST une découverte très émouvante, c’est tout à fait particulier de retrouver des gens qui ont probablement été pleurés par leurs proches il y a cent ans. » Eric Marchal, président de l’association La Main de Massiges, en est encore tout secoué. Il a découvert, mardi 28 février sur le site historique de la Main de Massiges, les ossements de deux soldats de la Première Guerre mondiale.

    Une surprise de taille

    L’association effectue actuellement des travaux de réaménagement de tranchées. Ces boyaux de liaison des principaux points de défense, qui après le conflit avaient été rebouchés pour y cultiver des terres, sont en passe d’être remis en état pour le centenaire de la Grande Guerre.

    Ce mardi 28 février, Eric Marchal creuse à la main, en compagnie de quatre autres bénévoles, ces passages historiques, lorsque, tout à coup, il tombe sur une chaussure… avec des restes humains à l’intérieur. « Nous avons immédiatement cessé les recherches à cet endroit, et nous sommes allés fouiller ailleurs, raconte Eric Marchal, en prenant soin de protéger cette découverte. »

    Et l’équipe n’est pas au bout de ses surprises. Deux heures plus tard, elle tombe sur d’autres ossements, correspondants au tronc, aux bras et aux jambes d’un soldat.

    Contactés, les archéologues du Service des sépultures de Metz arrivent sur place en début de semaine dernière. Avec minutie, ils découvrent les corps de deux Poilus.

    « C’est une découverte intéressante, du fait de l’importance des restes découverts, » assure Eric Marchal.

    En effet, contrairement à la plupart des découvertes d’ossements, comme celle survenue en 2010 sur ce même site, ce sont des restes de corps très complets qui ont été mis au jour.

    Identification très difficile
    Cliquez sur la photo pour voir toutes les photos dans le diaporama.

    Les soldats ont probablement été inhumés par leurs compagnons d’armes. Malheureusement, ils ne portaient pas de plaque d’identité sur eux, ce qui rendra très difficile leur identification. Cependant, grâce aux effets d’équipement, il a été possible de déterminer leur origine française. Par ailleurs, les boutons de leur uniforme, ornés d’une ancre marine, prouvent que ces hommes étaient des coloniaux.

    « Ils appartenaient probablement au corps colonial de la quatrième armée, qui a lancé plusieurs grandes attaques sur ce secteur entre septembre 1914 et septembre 1915 », précise Pierre Labat, maire de Massiges et propriétaire, avec Eric Marchal et trois autres personnes, du terrain sur lequel les restes ont été découverts.

    Depuis une vingtaine d’années, une stèle en hommage à ces coloniaux est érigée à Minaucourt-le-Mesnil, face à l’auberge du Pont du Marson et à proximité de la nécropole où reposent plus de 21 000 soldats morts pour la Patrie.

    Deux autres viennent donc s’ajouter à cette honorable liste. « Il est particulièrement touchant de se demander si ces deux soldats avaient une épouse, une amante, des enfants, s’émeut Eric Marchal. Ce qui est presque sûr, c’est qu’ils avaient entre dix-huit et trente ans… »

    ***********************************

    Union120313d - Marne
    CHALONS : L’UNC-AFN en assemblée générale Une année riche en cérémonies

    Les autorités ont déposé une gerbe au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • Un dépôt de gerbe au monument aux morts et un moment de recueillement au mémorial départemental AFN, en présence de Serge Helleringer, conseiller délégué aux fêtes et cérémonies et anciens combattants, de Michel Le Dren, président du Souvenir français et d’une dizaine de porte-drapeaux, ont précédé dimanche l’assemblée générale de l’UNC-AFN.

    Cette assemblée était présidée par François Kerman, vice-président départemental, en présence de nombreux adhérents.

    Les rapports des différentes commissions et le bilan financier furent très positifs et adoptés à l’unanimité.

    Il fut évoqué le recrutement de quelques anciens des missions extérieures (OPEX), plusieurs nouveaux adhérents apportant une bonne vitalité à l’association.

    Des questions majeures ont été abordées telles que la retraite du combattant avec l’obtention de 4 points au 1er juillet pour porter l’indice à 48 points.

    « Nous espérons que satisfaction nous sera donnée ! » déclare le président.

    La revalorisation de l’allocation différentielle pour les veuves, la carte du combattant pour les anciens d’AFN au-delà de juillet 1962, mais 4 mois de présence, cette mesure annoncée par le secrétaire d’Etat aux anciens combattants doit être suivie de près.

    Les événements à venir sont les suvants : 50e anniversaire du conflit algérien, à ce jour pas de manifestation prévue pour l’UNC ; en juin à Mourmelon, remise du drapeau des OPEX en présence de tous les médaillés militaires, en juin à Châlons place Foch, prise d’armes pour le départ du 402e RA dissous et l’arrivée du 1er RAMA.

    Le représentant de la ville a conclu l’assemblée en préconisant le rassemblement des diverses associations d’anciens combattants, pour la survie de celles-ci.

    ***********************************

    Union120313c - Marne
    CHALONS : 141e section de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire L’hommage aux disparus

    Le président (3e à gauche) Bruno Dupuis à ses côtés, Jean-Marie Gagnaire et les membres du bureau.
  •  Agrandir la photo
  • La 141e section de la Société nationale d’entraide de la médaille militaire (SNEMM) de Châlons, s’est tenue dimanche à la salle des fêtes de Moncetz-Longevas.

    Environ 80 personnes ont répondu à l’appel de Jean-Claude Filmotte, président de la section, avec à ses côtés Jean-Marie Gagnaire, président départemental et Bruno Dupuis, directeur du service départemental de l’ONAC Marne, ainsi que de Pierre David, président de la 138e section de Reims et de M. Poncelet, adjoint au maire de Moncetz.

    Le président a ouvert la séance, en remerciant les présents et en excusant les absents, 22 pouvoirs étant pris en compte.

    Médailles et diplômes

    Après le rapport financier interne adopté et la lecture du journal de la section, il a été procédé au renouvellement des mandats de deux membres du comité et à l’élection d’un nouveau. Au cours de son rapport moral, le président a évoqué les décès de 8 adhérents en 2011 et demandé un moment de recueillement pour les disparus et les soldats tombés en Afghanistan, ainsi que pour tous les militaires ayant trouvé la mort dans leur mission au service de la France. A l’issue du rapport d’activités, le président a donné plusieurs informations en provenance du siège social et en interne pour le fonctionnement de l’Union départementale, de la section et de son comité avant la prise de parole par les autorités.

    Puis le soin revint au président Gagnaire de remettre les diplômes d’honneur attribués par la SNEMM aux titulaires de la médaille militaire depuis 50 ans. Ont été ainsi distingués : Yvan Boban ; Eugène Duquesne ; Marcel Gerard ; Gaston Humbert ; Jean Jacquet et Fernand Laprun. Enfin, pour terminer, le président Filmotte a remis la médaille société échelon vermeil à René Primot et félicité 5 adhérents pour leurs activités au sein de la section en remettant un diplôme d’honneur à Pierre Morvan ; Gervais Sac ; Pierre Freymann, à Mesdames Yvette Demars et Jeanine Freymann.

    ***********************************

    Union120313b - Marne
    EPERNAY : Avec le groupe sparnacien d’Amnesty International : Une invitation pour le film « The road to Guantanamo »

    Le film « The road to Guantanamo » de Michaël Winterbottom, ours d’argent du meilleur réalisateur au festival de Berlin 2006 sera projeté lundi prochain 19 mars à 20 heures au cinéma Le Palace d’Epernay.

    Le film raconte l’histoire de quatre jeunes Anglais partis célébrer le mariage d’un ami au Pakistan, leur pays d’origine, peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001.

    Arrêtés en Afghanistan, ils se retrouvent pris dans un engrenage qui les conduit finalement au camp de détention de Guantanamo à Cuba.

    Pendant deux ans, ils y subissent tortures et mauvais traitements avant d’être finalement relâchés faute de preuves.

    Le film sera suivi d’un débat : « Guantanamo, 10 ans d’atteintes aux droits humains », animé par Colette David de la coordination USA au siège d’Amnesty International à Paris : « Dix ans après sa création, le camp de détention de Guantanamo est toujours le siège de graves violations des droits humains. Le terrorisme est une plaie du monde actuel qu’il faut combattre et si possible éradiquer, mais la « guerre globale » que continuent de mener les Etats-Unis ne semble pas pouvoir excuser dans un contexte démocratique l’abandon de principes fondamentaux relatifs à la justice et au respect des individus. »

    Pour tous renseignements concernant Amnesty International, contacter Francis Binse, secrétaire du groupe d’Epernay au 06.48.82.15.16.

    ***********************************

    Union120313a - Marne
    CHALONS : Collège Notre Dame Perrier : Un chèque pour une sortie au Struthof

    René Banco (à droite)
  •  Agrandir la photo
  • René Banco, représentant la fédération André Maginot, vient de rencontrer Laurent Lanfranchi directeur du collège Notre-Dame Perrier de Châlons.

    Le but de cette rencontre était pour René Banco, de lui remettre un chèque de 2 000 euros qui financera une part du voyage prévu pour des collégiens qui vont se rendre au Struthof (Alsace), ancien camp de Natzweiler et seul camp de concentration situé sur le territoire français.

    Le mardi 10 avril, ce sont en effet 187 collégiens de Châlons et de la communauté d’agglomération, accompagnés de 4 professeurs d’histoire géographie, de 4 professeurs principaux et de 4 anciens combattants, qui partiront pour un voyage avec des cars affrétés par la STDM.

    Autrement dit que les organisateurs étaient très satisfaits de recevoir ce financement qui va alléger quelque peu leur trésorerie.

    ***********************************

    Union120312d - Marne
    EPERNAY : Médaillés bien entourés

    L’assemblée commune des deux associations se déroulait à Magenta.
  •  Agrandir la photo
  • À l’issue des travaux de la récente assemblée générale commune aux deux associations (médaillés de l’Union nationale des combattants en Afrique du Nord et Combattants en Algérie, Tunisie et Maroc), huit anciens combattants ont été décorés.

    Reconnaissance

    La médaille commémorative a été remise à Jean-Paul Lhôpital de Chouilly, la médaille du mérite UNC bronze à Michel Joanton de Mancy et Roland Charlot d’Epernay.

    La médaille du mérite UNC argent à Christian Cunière d’Epernay et Serge Lepine de Mancy, la médaille du djebel bronze à André Nowak d’Aÿ, la médaille du djebel argent à Georges Maucourt de Saint-Martin-d’Ablois et Alain Parizet d’Aÿ.

    Un moment important et d’émotion pour les huit récipiendaires, encadrés par les porte-drapeaux (notre photo).

    ***********************************

    Union120312c - Marne
    CHALONS : Anciens combattants : des revendications d’actualité

    En présence d’une vingtaine de porte-drapeaux, le dépôt d’une gerbe s’est déroulée au monument de la Résistance.
  •  Agrandir la photo
  • La 68e assemblée générale de l’Union départementale des anciens combattants (UDAC Marne) a eu lieu samedi à la salle Pelloutier de la maison des syndicats à Châlons.

    LA réunion était présidée par le secrétaire général Claude Desplanches, de nombreuses personnalités du monde combattant départemental ainsi que national, de l’ONAC Marne, de la ville de Châlons, devant une assistance de quelque 80 personnes représentant diverses associations du monde combattant.

    Lors de cette matinée de travail, différents rapports (commission de contrôle, commission des droits, des affaires intérieures, sociales et d’orientation, commission des affaires internationales) furent adoptés à l’unanimité. Il fut aussi donné lecture de la motion générale de l’Union française des anciens combattants (UFAC) et de son vote. Lors de son rapport moral, le secrétaire général a évoqué le quinquennat qui s’achève avec des mesures qui sont surtout négatives notamment en ce qui concerne le contentieux des anciens combattants et victimes de guerre. « Quel avenir nous réserve le nouveau quinquennat ? » a-t-il déclaré. Des mesures positives, sans doute avec l’indice 48 pour la retraite du combattant et 4 points accordés au 1er juillet mais il ne faut pas oublier que l’augmentation ne sera vraiment effective qu’en janvier 2013. Le difficile problème du service départemental à Châlons fut aussi évoqué, celui-ci ne fonctionnant qu’avec 3 personnes dont le directeur. Comment peut-il être opérationnel ?

    Motion générale de l’UFAC

    Les délégués de l’UDAC Marne soutiennent l’ensemble des résolutions adoptées par l’UFAC lors de l’assemblée des 5 et 6 octobre 2011 et de la réunion de coordination du 7 mars 2012 ; saluent la nomination de Marc Laffineur comme nouveau secrétaire d’Etat à la défense et aux anciens combattants ; prennent acte, avec une satisfaction modérée, de l’augmentation de 4 points d’indice PMI pour la retraite du combattant au 1er juillet seulement, ce qui a peu d’incidence budgétaire pour 2012 ; espèrent la majoration souhaitée avec passage à 869 euros au 1er avril de l’aide différentielle aux conjoints survivants et regrettent que rien ne soit tenté pour les anciens combattants démunis ; s’étonnent des propos répétés déclarant que les promesses envers le monde combattant ont été tenues ; regrettent qu’une fois encore ce budget ne montre pas une véritable politique volontariste ; n’acceptent pas que la loi Morin qui se voulait juste et équitable pour les victimes des essais nucléaires soit une coquille vide ; réclament la conception d’une loi accordant réellement le bénéfice de la campagne double aux anciens combattants d’Afrique du Nord ; s’indignent que le décret unique régissant l’indemnisation de tous les orphelins attendu depuis 2009 ne soit pas encore sorti ; demandent à l’UFAC la plus grande vigilance sur la refonte du code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre. Les délégués de l’UDAC Marne déplorent enfin amèrement que les pouvoirs publics s’obstinent à ne pas reconnaître le bien-fondé des doléances du monde combattant.

    L’assemblée s’est terminée par un dépôt de gerbe au monument de la Résistance, en présence d’une vingtaine de porte-drapeaux

    ***********************************

    Union120312b - Marne
    SOMPUIS : Assemblée générale des anciens combattants : Plus que 51 membres…

    De nombreuses cérémonies vont se dérouler avant fin 2012.
  •  Agrandir la photo
  • Samedi, les anciens combattants du canton de Sompuis se sont réunis lors d’une assemblée générale à la salle des fêtes.

    En 1970 à sa création, l’association comptait environ 110 membres, aujourd’hui il n’en reste plus que 51 et 19 veuves d’anciens combattants.

    L’âge avançant, les membres disparaissent peu à peu à un rythme estimé de 5 % par an au niveau national.

    Dans la Marne, il resterait environ 2 100 anciens combattants.

    Michel Zarkovic, vice-président départemental, a fait le point sur les avancés de la reconnaissance et des droits des anciens combattants.

    Quatre drapeaux, celui de 1914-1918, 1939-1940, CATM (combattant d’Algérie Tunisie Maroc) et du Souvenir français étaient placés derrière le président Henri Mauclaire et son bureau. Drapeaux pour lesquels la plupart sont partis comme simple appelé du contingent et se sont retrouvés en Afrique du nord au milieu d’une guerre déguisée en « événement ».

    De nombreuses cérémonies vont jalonner l’année 2012 pour les membres de l’association et notamment pour les porte-drapeaux.

    Gérald Gaillet, président du Souvenir français, a enfin énuméré les travaux de restauration qui ont été effectués sur les plaques, les tombes et les monuments aux morts dans le canton de Sompuis et ceux à venir en 2012.

    ***********************************

    Union120312a - Marne
    SUIPPES : Munitions chimiques : destruction annoncée

    L’état de certaines de ces 16 727 minutions peut faire craindre le pire. Christian Lantenois
  •  Agrandir la photo
  • Une vue aérienne du C4 de Suippes.
  •  Agrandir la photo
  • Les obus sont stockés dans les alvéoles qui abritaient les missiles Pluton.
  •  Agrandir la photo
  • L’UMD sera installée dans ce batiment en pleine reconfiguration.
  •  Agrandir la photo
  • SUIPPES (Marne). Cette fois, c’est sûr ! Une unité mobile de démantèlement arrive à la fin du mois à Suippes. « Avant l’été », les plus instables des munitions chimiques de la Grande Guerre (une trentaine de tonnes sur les 250 entreposées) vont commencer à être traitées sur place par cette machine.

    Cette unité va démanteler les engins de la mort qui ne pourront être transportés jusqu’à l’usine Secoia de Mailly-le-Camp quand elle ouvrira en 2016, selon les dernières annonces. Entreposées depuis 2001 à Suippes, ces 17 000 munitions chimiques ont fait l’objet de nombreuses supputations, faute de transparence. Explications.

    LA poubelle qui regroupe toutes les munitions chimiques de France va commencer à disparaître avant l’été ! Quoi ? Vous avez déjà entendu cette affirmation ? Cette fois, il semble que la situation n’a jamais été aussi proche d’évoluer.

    Depuis septembre dernier, l’ancien DAMS (Dépôt d’armes et munitions spéciales) du camp de Suippes frémit d’une activité comme il n’en avait plus connu depuis le milieu des années 90 et la fin de l’hébergement des missiles nucléaires Pluton.

    Le lieu a fait l’objet de toutes les supputations. La faute à l’absence de transparence de la part des autorités, la faute aussi à une certaine propension à imaginer le pire de la part de certains.

    Accueillis la semaine dernière sur le site, nous avons pu accéder aux futurs lieux de destruction mais aussi à une alvéole. Forcément, « dans certaines alvéoles, nous n’entrons qu’avec les tenues NRBC (nucléaire, radiologique, biologique et chimique) et le masque. Nous ne sommes pas des kamikazes ! » réplique Pierre-Yves Channaux, le chef du C4.

    Sur les 35 hectares de ce C4 (Centre de coordination sur les chargements chimiques), l’ancien DAMS, toutes les munitions chimiques découvertes en France depuis 1997 sont stockées.

    2 000 neutralisées sur place

    Un entreposage qui a débuté en 2001. Onze ans plus tard, la solution pour les éliminer proprement, évoquée depuis 2008 au moins, sera une réalité dans quelques semaines avec l’arrivée et la mise en service d’une « Unité mobile de démantèlement des munitions identifiées », (UMD).

    Il faut dire que l’urgence semble forte.

    Déjà, la France, signataire de la convention de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques), se doit de répondre au planning d’élimination imposé.

    De plus, l’état de certaines de ces 16 727 minutions peut faire craindre le pire.

    Leur contact avec l’air, après des décennies dans la terre, a accentué la détérioration de leur enveloppe et des différents joints.

    « Deux munitions ont effectivement fuité » admet Pierre-Yves Channaux. Pour le reste, le principe de précaution est appliqué.

    Cinq alvéoles sont ainsi réfrigérées, entre 0 et 4°C, pour accueillir les munitions les plus sensibles. « Cela évite que le liquide qu’elles contiennent ne se transforme en gaz et que le risque de rupture de l’enveloppe soit alors décuplé ».

    C’est donc la Sécurité civile, 7 personnes actuellement, qui va se charger de l’élimination de ces munitions les plus sensibles, celles pour qui un transport jusqu’à Mailly-le-Camp, qui doit accueillir une usine de démantèlement à l’horizon 2016 (lire par ailleurs), ne sera possible.

    Ces munitions, dignes de la nitroglycérine transbahutée dans Le salaire de la peur, seraient un peu plus de 2 000.

    Il faudra donc bien plus d’un an pour les traiter, car l’UMD, opérationnelle avant l’été donc, ne devrait pas pouvoir démanteler plus de 8 munitions quotidiennement. De cet investissement de 7,8 millions au total, la population locale se plaint d’en être quasiment pas informée.

    Pas avant 2016 pour les moins dangereuses

    Mais, magie de l’intérêt médiatique ou timing concordant, une réunion du Comité local d’information et de suivi (CLIS) se tiendra le mois prochain…

    Les habitants entourant l’immense camp de Suippes y apprendront que les munitions ne vont pas totalement disparaître de leur voisinage.

    Près de 15 000 (il en arrive toujours au gré des découvertes sur le territoire national), ne disparaîtront qu’en 2016 au plus tôt, une fois, l’usine Secoia de Mailly-le-Camp opérationnelle.

    Un siècle après le conflit, les munitions de 14-18 n’ont pas fini d’alimenter la chronique !

    Dossier Frédéric Gouis & photos Christian Lantenois

    Le terrible arsenal en chiffres

    4 16 727 munitions chimiques sont entreposées au C4 (une centaine devait arriver en fin de semaine dernière).

  •  250 tonnes : la masse totale de toutes ces munitions.
  •  7 à 110 kg : le poids unitaire de ces munitions.
  •  10 à 20 tonnes de ces obus arrivent chaque année à Suippes.
  •  30 tonnes : le poids des munitions dégradées qui seront traitées sur place, soit 2 200 projectiles qui recèlent une dizaine de tonnes de produits chimiques.
  •  8 munitions : le rythme quotidien d’élimination des munitions par l’UMD.
  •  Il faudra autour de 18 mois pour éliminer les munitions dégradées.
    …..

    La population « hors jeux » depuis 2007

    « C’est bien que cela bouge enfin. Nous sommes heureux que cela commence ».

    Jean Huguin, maire de Suippes depuis plus de trois décennies, en dehors d’un mandat au début des années 2000, en a tellement vu de toutes les couleurs avec les militaires qu’il ne se réjouit pas trop vite.

    « M. Channaux (le chef du C4), on l’a vu en septembre et depuis, plus rien. Nous sommes à sa disposition pour le rencontrer ». Surtout, après 11 ans d’attente, « les politiques ont toujours peur de perdre des voix, donc ils ne font rien… », Jean Huguin se demande pourquoi toutes les munitions ne seront pas traitées à Suippes. « Le conseil municipal est d’accord pour tout démonter ici. Ce n’est pas la peine d’aller ailleurs », à Mailly-le-Camp, là où doit se construire l’usine Secoia (lire par ailleurs).

    Du côté de l’association l’Olivier (Organisation libre, indépendante, vigilante, interactive, écologique et responsable), créée en 2001 lorsque les premières munitions chimiques sont arrivées à Suippes, Florence Carlier, la présidente, ne se montre pas totalement réjouie. Loin s’en faut.

    « Je ne suis pas satisfaite. Alors, oui le processus paraît engagé selon les infos non officielles que nous avons ». Mais selon elle, « cela fait plus de 3 ans que l’on nous parle de l’UMD ! Là, cela s’est accéléré car la France à la pression de l’OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) pour éliminer ces munitions ».

    Surtout, c’est l’absence d’information de la part des autorités de l’Etat que regrette Florence Carlier.

    « On nous a menés en bateau depuis des années. Ainsi, nous n’avons pas eu de réunion du CLIS (Comité locale d’information et de suivi) depuis au moins 3 ou 4 ans ». En fait, le dernier s’est tenu en… 2007. « Cela fait 3 ans que j’écris aux préfets qui se succèdent, on ne nous répond pas. Nous sommes hors jeux alors que nous souhaitons être interlocuteurs car riverains. Je dénonce l’inertie de l’Etat : 11 ans après nous en sommes toujours au même point ».

    « Connaître l’ampleur de la pollution »

    Et puis, si le processus s’accélère un peu, « c’est en raison de la dégradation des munitions, avec des micro-fuites… Nous ne voulons pas affoler tout le monde, mais nous demandons des prélèvements et des carottages autour du site pour connaître l’ampleur de la pollution et l’impact de ce stockage sur la santé publique ».

    A la préfecture de la Marne, après un retranchement derrière la réglementation, « pour les sites classés SEVESO, des CLIC (Comité local d’information et de concertation) doivent se tenir chaque année. Or, le site de Suippes n’est pas classé SEVESO, le risque n’étant pas généré par une activité de transformation. Dans ce cas, aucune obligation de réunion du CLIS n’est fixée ».

    Néanmoins, un CLIS doit se réunir en avril. Comme par hasard…

    Il faut dire que les travaux actuels au sein du camp en vu de l’installation de l’UMD ont alerté la population…

    …..

    Pourquoi est-on arrivé à 250 tonnes d’engins de la mort ?

    Même si les capacités de stockage des alvéoles de l’ancien DAMS ne sont pas encore atteintes (plus de 350 tonnes peuvent être abritées dans les infrastructures de Suippes), comment une poubelle de 250 tonnes, soit près de 17 000 munitions, a-t-elle pu être formée dans l’enceinte du camp de Suippes ?

    Toutes proviennent du conflit de 1914-1918 pendant lequel 44 millions de munitions furent tirés sur le sol français.

    Les experts estiment que jusqu’à 10 % d’entre elles n’auraient pas explosé. Si les munitions « classiques » ou « conventionnelles » sont détruites régulièrement sur des terrains spécialement dédiés et souvent militaires, il en va différemment pour les munitions chimiques. Jusqu’en 1997, elles étaient détruites en mer, dans la Baie de Somme. Pratique… Heureusement, une convention internationale ratifiée par la France a interdit cette pratique. Depuis cette date, un mode opératoire « propre » est requis pour démanteler les munitions chimiques.

    Or, depuis 1997, 10 à 20 tonnes sont découvertes annuellement en France, dans le Nord et l’Est, près des lignes de front.

    Ces obus chimiques, dont le contenu était dispersé en fines gouttelettes au moment de l’explosion de la charge pyrotechnique, contiennent des agents toxiques (phosgène, diphosgène, ypérite, chloropicrine, acide cyanhydrique, arsine…).

    Aucune destruction depuis 1997

    Alors, à partir de 1997, ils furent entreposés dans divers endroits, en attendant une solution pour leur stockage comme pour leur élimination. En 2001, le camp de Suippes fut désigné comme l’unique endroit de France accueillant ces objets si encombrants.

    Il faut dire que l’ancien dépôt d’armes et munitions spéciales, DAMS, présentait des caractéristiques permettant le stockage à l’abri des regards et avec des conditions de sécurité éprouvées, celui-ci ayant abrité des missiles à tête nucléaire.

    Depuis, c’est donc entre 10 et 20 tonnes qui viennent grossir l’impressionnant arsenal chaque année.

    Enfin, les atermoiements autour de la réalisation du Secoia (Site d’élimination des chargements d’objets identifiés anciens) depuis 1996 (lire ci-dessus) expliquent l’accumulation jusqu’à ces 250 tonnes !

    …..

    Secoia, dix ans après…

    « L’UMD n’a pas comme vocation de remplacer l’installation Secoia, c’est un outil de plus dans la panoplie des moyens de traitements des munitions chimiques » précise Pierre-Yves Channaux, le chef du C4. Secoia se trouve toujours dans les cartons, mais « cela avance ».

    Derrière cet acronyme se cache le « site d’élimination de chargements d’objets identifiés anciens », une usine qui doit éliminer « proprement » ces munitions chimiques datant d’avant 1926.

    Prévue pour entrer en service en 2007, repoussée à 2012 (c’est ce que l’on indiquait en 2008), puis en 2015 (selon les annonces en 2010), cette usine sera opérationnelle en 2016, la dernière date avancée désormais, sur le site militaire de Mailly-le-Camp, aux confins de la Marne et de l’Aube. Il faut dire que le projet a connu moult rebondissements.

    Trafic d’influence

    En décembre 1996, un décret donne la responsabilité au ministère de la Défense de détruire ces munitions chimiques. De phase de concertation en lancement d’études puis d’appels d’offres, les années se sont écoulées. Il faut dire aussi qu’un trafic d’influence a été mis à jour lors de la passation du marché en 2002 pour 120 millions d’euros. Un intermédiaire, Gérard Bertinetti, devait percevoir une part du marché remporté par le groupe Thales auprès de la DGA (ministère de la Défense), en échange de son intervention dans le dossier.

    Selon les dernières informations, ce site pourrait traiter 42 tonnes de munitions par an. Celles stockées à Suippes y seront convoyées dans des camions aménagés comme la cellule de perçage de l’UMD pour en garantir la sécurité.

    …..

    Comment marche l’UMD ?

    L’unité mobile de démantèlement des munitions identifiées (UMDMI, mais UMD dans le langage des hommes de la sécurité civile) va reposer sur la technique de séparation du risque pyrotechnique, du risque chimique, sans intervention humaine directe.

    En faisant simple, cette unité va vidanger le chargement toxique des munitions, qui sera ensuite traité comme un déchet industriel. Quant à la partie explosive, elle sera éliminée plus tard à l’instar des munitions habituelles, détruite par pétardement sur des terrains militaires.

    Toute la difficulté tient dans la vidange de la munition de son gaz et/ou liquide toxique.

    La phase de perçage et d’écoulement des substances se fera dans une enveloppe d’acier étanche et pouvant résister à une charge de 5 kg de TNT, soit 50 fois la charge maximum des munitions les plus puissantes entreposées à Suippes. Cette phase sera automatisée : deux trous seront effectués dans la munition pour l’écoulement de la substance qui pourra aussi être vidangée par une injection de gaz inerte sous pression.

    Cette chambre étanche sera installée dans un container de 20 pieds.

    Les containers dans moins d’un mois

    Deux autres containers de même taille compléteront le dispositif, l’un accueillant le poste de pilotage et de commande des opérations qui se fera à distance, l’autre pour recevoir toute la logistique (groupe électrogène, fabrication de l’air et d’azote, produits de neutralisation…).

    L’UMD devrait traiter en moyenne huit munitions par jour.

    Si le premier container, avec le dispositif de perçage doit arriver le 4 avril, en provenance de Suède, les deux autres, sont attendus les 28 et 29 mars à Suippes, venant d’Atlanta (Etats-Unis).

    Le tout sera transportable, étant installé sur des plateaux de poids lourds pour intervenir à l’avenir directement sur le lieu de découverte des munitions chimiques déclarées intransportables, car trop détériorées. Cette UMD, d’un coût de 5,8 millions d’euros, sera « opérationnelle avant l’été, après formation des personnels de la Sécurité civile », assure Pierre-Yves Channaux, le chef du C4.

    Elle sera installée dans des bâtiments existants de l’ancien DAMS qui sont actuellement en pleine restructuration et réaménagement, une enveloppe de deux millions y étant consacrée, notamment pour la rénovation des chambres froides où sont stockées les munitions les plus fragiles.

    ***********************************

    Union120311c - Marne
    CORMONTREUIL : Anciens combattants / Perpétuer le devoir de mémoire

    L’assemblée générale a réuni une nombreuse assistance.
  •  Agrandir la photo
  • CORMONTREUIL (Marne). C’est à Cormontreuil que s’est déroulée l’assemblée générale de l’Union nationale des combattants de la Marne. Tandis que les hommes participaient aux débats, les dames ont visité une cave de champagne.

    Dans son mot d’accueil, le président Alexandre Zentner a remercié les autorités ainsi que Claude Viéville, président du comité local de Cormontreuil et organisateur de cette assemblée. Un hommage particulier et mérité a été rendu à Daniel Sadin décédé récemment qui était le secrétaire général chargé de l’action sociale.

    Damien Ducrocq a présenté le futur drapeau des opérations extérieures (camps de Champagne) qui sera remis officiellement au cours d’une cérémonie dans les prochains mois.

    Le rapport financier 2011 a quant à lui été développé par Alain Cabanne.

    Bruno Dupuis a souligné que « l’Onac est le guichet unique du monde combattant », se devant de « perpétuer le devoir de mémoire pour que tout ce qui s’est passé ne tombe pas dans l’oubli ».

    A son tour, Mme Cottez rappela le rôle du Souvenir français dans l’entretien des tombes des soldats morts pour la France, ainsi que les monuments aux morts. Il est aussi organisé des visites sur les sites de mémoire à l’intention des scolaires.

    Après qu’une minute de silence fut observée en mémoire des combattants, Jean Marx, maire de Cormontreuil a remercié les autorités et l’assemblée particulièrement nombreuse, soulignant son « excellent partenariat avec la section UNC de Cormontreuil ».

    Le colonel Legros remit le diplôme de la médaille militaire à M. Govigniaux de la section de la Vallée de l’Ardre tandis que Serge Gourlin de l’UNC Reims recevait la médaille de vermeil du Djebel et Claude Viéville, la médaille Djebel échelon argent.

    Le cortège se formait enfin pour se rendre au monument aux morts où les honneurs étaient rendus, suivis du dépôt de gerbes et de la sonnerie aux morts.

    ***********************************

    Union120311b - Marne
    LIVRE : Napoléon : un destin de France

    /div>

    abécédaire. Figure de l’Institut, Jean Tulard manifeste son admiration pour l’homme d’Etat sans dissimuler ses erreurs, ses faiblesses et ses contradictions. Il nous livre son regard intime.

    Comment réciter l’alphabet tout en apprenant un événement, un personnage, une bataille, la naissance d’une institution que l’on doit à Napoléon ? Il suffit d’ouvrir le dictionnaire amoureux que signe Jean Tulard pour satisfaire à cet exercice et être ainsi un peu moins ignorant à la vingt-sixième lettre. Ce jeu intellectuel est d’autant plus plaisant que l’auteur qui a effacé le désintérêt scientifique pour cette période nous révèle une fois encore son talent pour mieux appréhender la personnalité, les idées, les méthodes qui constituent le socle d’une aventure politique et militaire mais dont la République d’aujourd’hui a repris à son compte ce qui pouvait lui être utile dans le fonctionnement de l’Etat.

    Cet homme venu de Corse, qui a su déjouer combien de complots et d’attentats pour surgir avec intelligence comme le recours quitte à forcer un peu le destin est ici décliné avec une approche à la fois personnelle mais surtout avec le souci d’une argumentation nourrie aux meilleures sources de l’historien qui a fait du sérieux et l’authenticité les deux composantes de sa règle d’or. Il y voit un fondateur de nos institutions, un homme touché par la gloire militaire, un créateur génial mais qui commet des erreurs lourdes de conséquences politiques inattendues.

    L’abeille, l’aigle et le général

    Ce qui est aussi plaisant est que dans sa promenade choisie, l’auteur cherche à surprendre et à corriger plusieurs clichés qui demeurent comme autant de zones d’ombre préjudiciables à l’œuvre accomplie. Aussi n’est-il pas anodin, alors qu’on ne cesse pas de faire référence à l’aigle pour évoquer l’empereur, de revenir sur les abeilles qui tapissent le manteau du sacre. Parce qu’on y obtient les clés pour comprendre que Napoléon n’est pas seulement l’héritier des Mérovingiens et des Carolingiens mais aussi des Capétiens ! Qui hormis le spécialiste imaginait que c’est à Childéric que l’on doit l’abeille impériale ? Cela n’empêche pas que l’aigle ornera à leur sommet les drapeaux et les étendards comme on le remarque lors de la première distribution effectuée sur le Champs-de-Mars, le 5 décembre 1804.

    On remerciera Jean Tulard d’évoquer les grandes batailles napoléoniennes en y associant à leur juste place les généraux qui gravitent dans le périmètre impérial. On lui est gré de citer les écrivains qui portent parfois un regard embué dans le prisme passionnel des événements dont ils se font les conteurs. Il vise Tolstoï à propos de la victoire de Borodino et il corrige au passage le contresens commun de la Berezina qui, dans le langage commun est une catastrophe, alors qu’il s’agit d’une autre victoire française. Mais un pays qui oublie par commodité de célébrer Austerlitz n’en est plu à une contradiction près. Cet ouvrage ne manque pas d’anecdotes savoureuses, quand Napoléon évoque les prétentions de sa sœur Caroline, ou lorsqu’il évoque Louis-Napoléon Bonaparte et confie : « Ah ! Quel malheur d’avoir un oncle ».

    Des préfets au Conseil d’Etat, du Code civil à l’usage du plébiscite, de l’emploi de la police jusqu’à la fin et Waterloo, ce dictionnaire amoureux donnera de l’émotion. Il justifie ce propos de l’auteur s’interrogeant sur l’image de Napoléon en conclusion de son pèlerinage historique. Il y voit celle d’un homme : « qui n’a nullement étranglé la Révolution mais en a sauvé les conquêtes : l’égalité, la vente des biens nationaux, la suppression de la féodalité ».

    Hervé Chabaud

    h.chabaud@journal-lunion.fr

    Jean Tulard, « Dictionnaire amoureux de Napoléon », Plon, 594 p., 24 euros.

    ***********************************

    Union120311a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Muselier : la brouille avec de Gaulle s’aggrave

    Le général de Gaulle et des volontaires de Saint-Pierre-et-Miquelon.
  •  Agrandir la photo
  • De Gaulle ne veut pas qu’une incertitude naisse au sein des Forces navales françaises libres après la démission acceptée du vice-amiral Muselier. C’est pourquoi le Général écrit le 6 mars 1942 à l’ancien commissaire national et lui précise qu’en attendant l’arrivée du contre-amiral Auboyneau, le général de division Legentilhomme, commissaire national à la Guerre est chargé de l’intérim du commissariat à la Marine. Il lui confirme son intention de lui confier dès que possible un commandement actif en opérations combinées : « Si l’occasion ne pouvait s’en présenter dans un bref délai je compte vous demander de procéder à une mission d’inspection en Afrique et au Levant. En attendant, il me paraît nécessaire que vous preniez quelque repos après le ralliement parfaitement réussi de Saint-Pierre-et-Miquelon. Je joins donc à ma lettre un titre de permission de trente jours ».

    Existe-t-il une volonté de l’écarter avec des mots choisis ou y a-t-il chez de Gaulle une authentique irritation de la posture adoptée par le vice-amiral ? Le chef des Français libres est déçu. Il parie sur l’audace et veut tenir tête aux Alliés pour mieux leur montrer que le concours de la France à la Libération est indispensable à la cohérence de leur entreprise. Aussi regrette-t-il la prudence excessive de l’ancien commissaire. Il ne le juge pas trop loyaliste envers les Anglais et les Américains mais il craint que son suivisme n’intègre la France libre dans un rôle de supplétif au cœur de l’entreprise colossale de libération de la France et de l’Europe du diktat nazi. Ce qui inquiète de Gaulle est l’éventuelle manipulation du vice-amiral par ceux qui lui contestent son autorité et risquent d’affaiblir la France qui a dit non. Aussi avertit-il l’homme qui a choisi la croix de Lorraine : « Sachant à qui je m’adresse, je ne doute pas que vous soyez le premier à discerner ce que de tels incidents pourraient avoir de nuisible à une cause qui nous dépasse tous infiniment ». Le 9 mars, le Général télégraphie au contre-amiral Auboyneau qui est toujours à bord du « Triomphant ». Il lui explique pourquoi il l’a désigné pour succéder à Muselier : « Je ne me suis pas adressé pour assurer ce poste à l’amiral d’Argenlieu parce qu’il est indispensable dans sa mission capitale au Pacifique. Je vous demande de venir à Londres immédiatement car il est nécessaire que la Marine soit dirigée et commandée surtout après les émotions qu’elle vient de traverser ». Il lui confirme son accord pour que la discipline y soit renforcée et que les intrigues politiques n’y aient plus leur place. Le 9 mars encore il télégraphie à l’enseigne de vaisseau Alain Savary administrateur des îles de Saint-Pierre-et-Miquelon dont le gouverneur en titre, le capitaine de frégate Héron de Villefosse, est démissionnaire depuis le départ du vice-amiral Muselier du Comité national. « Devant l’affection que l’amiral avait certainement su provoquer chez les Saint-Pierrais, vous verrez à empêcher toute fausse interprétation des décisions qui ont été prises par le Comité national et permettront de satisfaire le désir de l’amiral de diriger des opérations actives. Vous et vos collaborateurs pouvez regarder l’avenir avec une complète confiance. »

    Le 10 mars, les choses semblent s’envenimer puisque le Général envisage un courrier pour forcer le vice-amiral Muselier à quitter Westminster House afin de ne pas instaurer un trouble de commandement à la tête de la Marine. De Gaulle qui retient la lettre y a toutefois écrit : « Il va sans dire que si des incidents devaient se produire dans la Marine, je vous tiendrais pour responsable ». De sentiments très sincèrement dévoués que le chef des Français libres adressait à l’amiral, il ne demeure plus que des sentiments distingués. En clair, Muselier qui a démissionné n’a plus à occuper les bureaux de l’état-major de la Marine.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    …..

    Haro sur les Chantiers de jeunesse

    Les Chantiers de jeunesse sont sous la double influence du scoutisme et de l’armée.
  •  Agrandir la photo
  • Le rassemblement autour du drapeau.
  •  Agrandir la photo
  • Des affiches encouragent les créations des Chantiers.
  •  Agrandir la photo
  • Vichy. Si les Français libres dénoncent les manipulations dont les jeunes sont victimes dans les Chantiers, ils mettent à l’honneur ces Français qui donnent leur vie pour que demain la France vive débarrassée de la botte nazie.

    Faut-il avoir peur de cette convocation que des milliers de jeunes gens vont recevoir pour se présenter devant les Chantiers de jeunesse qui sont assimilés par Londres comme un ersatz de service militaire ? Les Français libres mettent en garde contre ce qu’ils estiment être un travestissement du plus haut devoir civique. Cette mesure équivoque, personne ne doit en être dupe parce que derrière tout cela ce sont les manigances de Vichy qu’il faut bien identifier. Le 7 mars 1942, les gaullistes choisissent de revenir sur une institution qu’ils dénoncent comme un outil dans la main du Maréchal. « En France, aux termes de l’armistice, il n’y a plus de service militaire. Les capitulards ont accepté cela et même davantage. Mais ils savaient fort bien que le pays ne se sentait nullement lié par des engagements pris à son insu. Ils savaient aussi que la jeunesse naturellement tournée vers l’avenir, ne se serait pliée ni à la servitude, ni à la misère. » Alors pour prévenir toute mauvaise surprise, les dignitaires de l’Etat français naissant n’ont rien trouvé de mieux que d’imaginer un moyen sournois et efficace de tenir la jeunesse de France. Comme il n’y a pas d’opposition du Reich sur cet objectif, Vichy annonce alors : « Il faut occuper les jeunes gens pour combattre les inquiétudes, les velléités de résistance ».

    L’obéissance maréchaliste

    Les généraux allemands n’excluent pas de pouvoir profiter de ce travail mené sous l’autorité du gouvernement français. Ils peuvent confisquer à tout moment des fichiers qui leur seront très utiles pour réquisitionner des jeunes à même d’être transférés en Allemagne pour y travailler en lieu et place d’ouvriers et de techniciens envoyés au front pour doter la Wehrmacht de nouvelles unités contre l’Armée rouge. Ces Chantiers de jeunesse sont donc présentés par les Français libres comme l’antichambre de nouvelles exigences imposées à une jeunesse qui, en croyant obéir au gouvernement, est au garde-à-vous devant Berlin.

    Dans l’émission « Les Français parlent aux Français », l’attaque fuse : « C’est dans les Chantiers de jeunesse strictement surveillés par les commissions de contrôle allemandes que l’on se propose de forger une nouvelle génération docile au régime de la défaite. C’est dans les Chantiers de jeunesse qu’on espère inculquer aux esprits encore malléables le culte des tristes héros de la collaboration ». Si les propos sont aussi vigoureux en ces soirées des 7 et 8 mars, c’est que le général de Gaulle est convaincu qu’un nouveau péril menace : une contrainte au travail en territoire ennemi.

    On discerne dans les Chantier une main-d’œuvre soumise à une stricte discipline qui ne coûte pas cher et qu’on peut substituer à celles et ceux qui résistent dans l’industrie et dans les champs pour que l’Allemagne n’accroisse pas sa politique de confiscation des produits estampillés France. « Les paysans luttent avec ténacité. Ils réduisent leurs cultures. Ils ne veulent pas livrer les produits de leur travail aux réquisitions allemandes. Or, c’est surtout dans les travaux agricoles que le gouvernement entend employer les jeunes recrues dans l’espoir de neutraliser dans une certaine mesure cette résistance qui s’avère très efficace. »

    Sous les couleurs du patriotisme et de l’esprit de sacrifice, les chroniqueurs de la France libre estiment indispensables d’avertir la jeunesse de France qu’on cherche à détourner sa bonne volonté, son courage et sa force au seul profit de l’occupant.

    Or les Allemands ne font qu’imposer plus de restrictions comme le mentionne Georges Boris qui se moque des nouvelles estimations de la production viticole promptes à annoncer de nouveaux rationnements du vin.

    Dire ce qui dérange

    Avec beaucoup plus de gravité, Maurice Schumann s’adresse aux jeunes pour évoquer devant eux le nouveau deuil national après le bombardement des usines Renault et l’exécution de Gabriel Péri. Jusqu’au 11 mars, la Radio de Londres multiplie les exemples qui attestent que l’industrie française travaille au profit de l’Allemagne.

    « Il faut bien réaliser qu’entre les usines Renault et les usines de Matford, la production totale de camions pour l’armée allemande était de 2.000 unités par mois. C’est-à-dire de 24.000 camions par an, alors que la production totale de l’industrie française en camions pour l’armée allemande était de 48.000 par an. Il faut que vous ayez ces chiffres à la mémoire pour comprendre que l’initiative prise par les Anglais en effectuant ces bombardements, ne relève pas de la théorie mais des conséquences directe de la collaboration économique ».

    Tout faire pour que l’industrie ne soit pas en capacité de répondre aux exigences de l’ennemi est une nouvelle priorité, c’est pourquoi on recommande aux familles de s’éloigner des zones industrielles lorsque les sirènes retentissent. Bientôt on va leur suggérer d’éviter de loger dans ces périmètres exposés, ce qui est plus facile à dire qu’à concrétiser.

    Après le drame de Billancourt, Schumann choisit de lire sur les ondes le dernier message d’un otage exécuté et qu’il présente comme un héros national. Il s’agit de Gabriel Péri un député de la ceinture industrielle de Paris auquel il rend ainsi hommage : « L’aumônier du Cherche-Midi vient de m’annoncer que je serai fusillé tout à l’heure comme otage. Je vous supplie de réclamer au Cherche-Midi, les affaires que j’ai laissées. Peut-être quelques-uns de mes papiers serviront-ils à ma mémoire. Que mes amis sachent que je suis resté fidèle à l’idéal de toute ma vie. Que mes compatriotes sachent que je vais mourir pour que la France vive. Je fais une dernière fois mon examen de conscience. Il est très positif. C’est cela que je voudrais que vous répétiez autour de vous. J’irais dans la même voie si j’avais à recommencer. Je vais préparer tout à l’heure les lendemains qui chantent. Je me sens très fort pour affronter la mort. Adieu et que vive la France ». Bien sûr on compare les derniers mots de Péri à ceux prononcés par le capitaine de frégate Honoré d’Estienne d’Orves. Et Schumann de tirer une leçon d’humanité et de grandeur : « L’un fut et reste jusqu’au terme communiste et incroyant (ou, du moins le pensait-il ; car il en est qui se croient dehors et qui sont dedans, comme il en est qui se croient dedans et qui sont dehors) ; l’autre était et resta, jusqu’au terme royaliste et catholique. Aucun des deux ne renia rien, de son passé ni de lui-même. Mais quand le moment vint d’aller regarder la mitraille allemande en face, tous deux, celui pour qui le communisme et celui pour qui l’Evangile étaient la jeunesse du monde, tracèrent spontanément le même testament ».

    Cette capacité à affronter la mort, cette certitude que la France vivra atteste la force de ces résistants, français avant toute chose.

    Schumann très remonté apostrophe le maréchal Pétain qui souhaite qu’un monument commémore un jour le sacrifice des travailleurs parisiens. « Oui, nous en faisons le serment, ce monument se dressera dans le ciel de Paris, de la France libérée. Et sur lui, nous graverons cette inscription : otages de l’Allemagne, victimes de la guerre allemande, comme tous ceux que l’Allemand a tués chez nous ils sont morts pour que la France vive… et pour que l’Allemagne expie ».


    …..

    Japon : victoires pour l’anniversaire de l’Empereur

    La joie des fantassins nippons qui ont pris le contrôle de la capitale birmane.
  •  Agrandir la photo
  • Les Japonais tiennent à prendre le contrôle du port de Rangoon.
  •  Agrandir la photo
  • Asie. Le 8 mars 1942 est une journée noire pour les Alliés. Java tombe entre les mains des Japonais tandis que les Britanniques sont contraints d’évacuer Rangoon en Birmanie en raison de la progression des troupes nippones à la veille des 42 ans d’Hiro Hito.

    Les soldats du génie anglais ont tout juste le temps de miner les quais et de dynamiter les docks birmans que les soldats japonais surviennent dans les faubourgs de la capitale et y installent des batteries d’artillerie dirigées vers le cœur de la cité. Le général Ida, suffisant et martial, décidé à humilier tous ceux qui doivent désormais s’incliner devant la supériorité de l’Empire, organise une grande parade dans les rues de la capitale. Il est convaincu que la XVe armée peut désormais marcher vers le nord et interrompre la voie stratégique qui permet de ravitailler les forces du général chinois Tchang Kaï-chek. Conscient du danger, ce dernier donne l’ordre à deux de ses armées de faire mouvement vers la Birmanie. A New Delhi, depuis son poste de commandement, le général Wavell collationne cette série de mauvaises nouvelles et imagine les moyens de contourner les nouvelles positions du corps expéditionnaire japonais. Très vite, il est convaincu que ni les troupes indiennes dépêchées sur place en renfort de la 7e division blindée anglaise, ni les unités chinoises n’ont le potentiel opérationnel et l’entraînement suffisants pour stopper l’invasion ennemie.

    Grimaces et jubilations

    Winston Churchill n’est pas de cet avis et juge encore le pessimisme de l’état-major de New-Delhi excessif : « Si nous ne pouvons pas envoyer une armée, nous pouvons au moins envoyer un homme en la personne de sir Harold Alexander ». Lui aussi, sur place dès le 8 mars, constate qu’il lui est impossible de rééditer l’exploit qu’il a réalisé au printemps 1940 à Dunkerque. Ses recommandations sont assez limitées. Il s’agit de tenir Rangoon le plus longtemps possible sans quoi le repli vers le nord est inévitable pour couvrir la route de Birmanie menant en Chine. Ne pas rompre l’articulation défensive ni interrompre l’expertise logistique avec les Chinois sont pour lui deux priorités. Or Rangoon tombe plus vite que prévu et la retraite s’opère dans la hâte. Poursuivis par les Japonais alors que des pluies diluviennes menacent, les Britanniques s’épuisent au milieu d’une végétation inhospitalière. Les Alliés dressent un bilan alarmant de la situation en Asie. Seules, les Philippines résistent encore à l’ennemi venu de Tokyo mais pour combien de temps ? Malgré des munitions qui s’épuisent et une alimentation très réduite, les soldats américains du général MacArthur combattent avec beaucoup de courage. Depuis son promontoire de Corregidor, l’officier américain développe une guérilla qui ralentit la progression de l’adversaire. Les Japonais sont toujours dans l’impossibilité de prendre pied à Mindanao et dans les îles méridionales. De son côté, l’amiral Nimitz conduit plusieurs raids contre les bases japonaises. Avec les équipages de l’aéronavale qui stationnent sur le porte-avions « Lexington », l’île de Rabaul est pilonnée tandis que les aviateurs de « L’Enterprise » bombardent Wake. Ces actions courageuses ne peuvent faire que diversion parce que les Japonais sont assez puissants pour y résister. Ils remplacent très rapidement leurs moyens qui sont détruits. Le sentiment antijaponais grandit aux USA. Les descendants d’immigrés japonais aux Etats-Unis, les « Nisei », sont accusés et menacés. Plusieurs messages interceptés et décryptés décident le président Roosevelt d’autoriser le secrétaire à la Guerre : « D’éloigner toute personne indésirable des zones militaires d’importance nationale ». L’autorité militaire estime qu’elle dispose alors du feu vert pour regrouper les 127.000 Nippo-Américains dont beaucoup sont d’excellents patriotes dans dix camps spéciaux construits à la hâte dans le Midwest. Cette initiative crée débat aux Etats-Unis où les plus progressistes parlent de camps de concentration.

    Pendant ce temps, l’exigence de se replier des Philippines devient une urgence. MacArthur le sait tout comme le président américain alors que de nouvelles menaces pèsent sur l’indépendance de la Nouvelle-Guinée et la sécurité de l’Australie. Les relations entre Londres et Canberra sont exécrables d’autant que les Australiens ne veulent pas aller se battre en Birmanie. Comme le Premier ministre Curtin menace de retirer ses troupes qui stationnent près du canal de Suez, Churchill rassure son homologue. Il lui promet que les Américains vont renforcer leur présence dans le Pacifique. Pour se faire, il faut établir un nouveau commandement suprême allié en Extrême-Orient sous direction américaine. Dans la nuit du 11 mars 1942, MacArthur doit quitter Corregidor sur un patrouilleur. Il ne peut pas attendre le sous-marin qui a été programmé à cet effet. Avant de monter à bord, il donne sa dernière boîte de cigares et deux pots de crème à raser au général Wainwright. En lui remettant son commandement, il déclare : « Si je parviens à gagner l’Australie, je reviendrai le plus tôt possible avec le plus de moyens possible. Jusque-là, tenez ! ». Le convoi sous les ordres du lieutenant de vaisseau John Bulkeley parvient à éviter les patrouilles de vedettes nippones si bien que le 12 mars, il peut abriter ses navires aux îles Cuyo. MacArthur est marqué. Lorsqu’il évoque cette évacuation il parle de : « voyage dans une bétonnière ». Deux jours plus tard, une forteresse volante en provenance de Darwin embarque le général vers l’Australie. L’état-major impérial pris dans la spirale de ses succès est aussi rappelé à l’ordre par certains de ses membres qui estiment qu’il faut profiter de l’avantage militaire pour trouver une solution de cohabitation avec les Etats-Unis. Encore faudrait-il que Washington accepte de réduire sa sphère d’influence continentale et maritime. Ce qui est très loin d’être gagné. Le 9 mars 1942, jour de ses 42 ans, Hiro Hito confie au marquis Kido sa préoccupation : « Les fruits de la victoire sont trop vite tombés dans nos bouches ». Pourtant ce jour-là est bien celui qui a été fixé par son état-major pour l’accomplissement de la : « première phase opérationnelle ». Force est de constater que les engagements pris par les officiers impériaux ont été tenus. La chute de Rangoon est acquise et Java a capitulé deux jours plus tôt. Le Japon n’exploite pas sa victoire militaire avec intelligence. L’armée impose aux territoires conquis une discipline d’acier et use de brutalités quotidiennes pour imposer un ordre public qui ne souffre aucune dérogation. Les populations locales sont choquées mais en réalité, les soldats nippons ne font que reproduire les méthodes qu’ils ont employées contre les populations chinoises de Mandchourie. Les dirigeants de l’Armée birmane de libération qui sont favorables à une alliance avec les Japonais pour chasser définitivement les Britanniques de leur pays sont consternés par l’attitude des vainqueurs. Achmed Sukarno qui est tiré de sa cellule par les Japonais pour constituer un gouvernement aux ordres de Tokyo à Java comprend vite qu’il est un otage de l’empereur. Aux Philippines, José Laurel qui s’allie au général Homma comprend vite que son gouvernement ne peut qu’être une courroie d’exécution de ce qui est décidé par les Japonais. La haine du Japon se propage à la vitesse d’un tsunami.

    ***********************************

    Union120310a - Marne
    CHALONS : Thé dansant de la 677e section des médaillés militaires à Suippes : Du monde sur la piste !

    De nombreux danseurs ont investi la piste.
  •  Agrandir la photo
  • Le thé dansant organisé par la 677e section des médaillés militaires en la salle Geneviève-Dévignes de Suippes a rencontré un beau succès.

    Il était animé par un orchestre réputé qui a enchaîné valses, tango, cha-cha-cha… qui ont attiré de nombreux danseurs sur la piste.

    La relation de différentes générations a permis une ambiance agréable et sympathique tout au long de l’après-midi.

    Alexandre Zentner, le président de la société nationale d’entraide de la médaille militaire de la section de Suippes, est satisfait de la réussite de cet instant convivial, mais souhaiterait malgré tout que les jeunes médaillés militaires viennent grandir l’effectif.

    ***********************************

    Union120309e - Marne
    SEZANNE : 50 ans après la fin de ce conflit : Les appelés se souviennent de l’Algérie

    Ils étaient appelés en Algérie et ont décidé de livrer leur témoignage : Claude Genty de Marcilly, Kleber Carouge d’Anglure, Lucien Simonot de Marcilly, Louis Hannevy d’Anglure, Michel Clivot de Saint-Oulph et Jean-Claude Gueu de Saint-Just-Sauvage.
  •  Agrandir la photo
  • Alors que plusieurs commémorations vont marquer le 50e anniversaire de la signature des accords d’Evian, le 19 mars prochain, des appelés du Sud-Ouest marnais évoquent le souvenir de leur guerre d’Algérie.

    ILS ont été jetés au milieu d’un conflit alors qu’ils avaient tout juste 20 ans. Ces gamins ne connaissaient ni la guerre, ni l’Algérie et partaient pour la première fois de chez eux. Le 19 mars prochain sera célébré le 50e anniversaire des accords d’Evian, qui ont instauré un cessez-le-feu en Algérie, mettant fin officiellement à huit années de guerre.

    Un demi-siècle après, des anciens appelés du Sud-Ouest marnais ont bien voulu évoquer le souvenir de leur service militaire effectué en Algérie.

    Départ

    A 20 ans, les appelés ont quitté leur emploi, leur région, pour aller faire leurs classes. « On n’avait pas le choix. » Ensuite, c’est le départ vers l’Algérie.

    Tous gardent un souvenir très précis de leur traversée de la Méditerranée en bateau, souvent épique, « où nous étions transportés comme des bestiaux ».

    « La plupart d’entre nous n’avaient jamais voyagé, nous étions innocents, nous n’avions jamais vu un bidasse, l’Algérie on l’avait vue, mais à l’école. Nous étions totalement dépaysés. »

    Des premières visions qui restent marquées, cinquante ans après : « Les oranges, les abricots, la vigne ».

    Missions étonnantes

    En tant qu’appelé, aucun n’a exercé le métier qu’il faisait en métropole. Tous ont fait en Algérie des choses complètement différentes. Agriculteurs, menuisiers, agents communaux dans le civil, ils se sont retrouvés, dresseurs de chiens, armuriers, mécaniciens, réparateurs de routes… « Nous étions encadrés par des militaires de métier. »

    Accrochages

    Michel Clivot, de Saint-Oulph, était sur une base aérienne près d’Alger : « Lors du putsch des généraux à Alger (en avril 1961), l’adjudant qui nous commandait nous a tous réunis et nous a annoncé qu’il restait fidèle au général de Gaulle. Personne n’a bronché ».

    Kleber Carouge d’Anglure : « J’assurais les ouvertures des routes, on nous a tiré dessus, la balle m’était destinée, s’il n’y avait pas eu le blindage, elle aboutissait dans ma tête. »

    Moment de détente

    « Nous avions du cinéma tous les soirs », se souvient Michel Clivot, qui était aussi à Tindouf dans l’extrême sud de l’Algérie, en plein désert. « Nous nous baladions en ville », se rappelle le Sézannais Daniel Zychla, qui était à Bône (aujourd’hui Annaba, à l’ouest du pays).

    Mémoire

    Les appelés disent avoir passé de « bons moments, comme de foutus quarts d’heure », concédant, « avoir gardé les bons moments et avoir oublié les mauvais. Celui qui n’a pas eu peur au moins une fois, il ment ». « Nous sommes contents d’être revenus en bon état », assurent-ils.

    Après être rentrés en métropole, ils ont repris le cours de leur vie, normalement. « Nous nous retrouvons entre anciens d’Algérie depuis vingt-cinq ans, racontent-ils, avant, on n’en parlait pas. Pendant des années, nous n’avons jamais évoqué cette période de notre vie. »

    Reconnaissance ?

    Les anciens appelés d’Algérie regrettent « le manque de reconnaissance, le fait que la guerre d’Algérie ait été reconnue comme telle trop tardivement et que cette guerre ne fasse que quatre lignes dans les livres d’histoire. »

    « Nous avions 20 ans, la belle jeunesse, indique Daniel Zychla, c’était deux ans pour rien. » Mais ce n’est pas la rancœur qui domine chez eux.

    La preuve, ces anciens appelés se rendent volontiers dans les écoles pour faire part aux jeunes de ce qu’ils ont vécu.

    ***********************************

    Union120309d - Marne
    EPERNAY : Anciens d’AFN : Belle entente à Magenta

    Deux comités qui font cause commune.
  •  Agrandir la photo
  • L’Union nationale des combattants en Afrique du Nord (UNCAFN) et les combattants en Algérie, Tunisie et Maroc (CATM) ont tenu leur assemblée générale commune à l’Espace culturel de Magenta dimanche 4 mars. Serge Lépine et Bernard Joffre, les présidents respectifs des deux associations ont mené les débats. Cette quatrième assemblée commune a confirmé l’excellence du rapprochement entre anciens combattants.

    Le soutien des autorités présentes, Philippe Martin, député, Daniel Lemaire, conseiller général, Laurent Madeline, maire de Magenta, Jackie Barrois, maire de Saint-Martin-d’Ablois, Robert Gautier, président des Médaillés militaires, le lieutenant-colonel Claude Metzger, président du Comité d’entente des anciens combattants, et François Kermann, vice-président de l’UNC Marne, a permis un dialogue constructif.

    Ont ainsi été évoqués les pensions de retraite, l’aide aux veuves, les difficultés de fusion ou de regroupement des sections, le devoir de mémoire à poursuivre pour les Opex qui ont des difficultés de recrutement. A l’issue des travaux, les participants ont rejoint en cortège, emmenés par la Musique municipale de Magenta et une forte délégation de porte-drapeaux, la place des Anciens combattants et le monument aux morts pour y déposer une gerbe.

    ***********************************

    Union120309c - Marne
    AVIZE : canton d’Avize / Anciens combattants Un congrès studieux

    Régis Cuiret, Roger Rouvroy, René Trubert, Pascal Desautels, Noël Tessier et Gaston Bertin.
  •  Agrandir la photo
  • Rares sont les associations qui tiennent leur assemblée générale à l’heure annoncée. Avec une avance d’une minute, Régis Cuiret, à Oger, a accueilli les participants au congrès cantonal des ACPG-CATM-STO-TOE-Veuves.
  •  Agrandir la photo
  • Présentant bien plus qu’un procès-verbal, Noël Tessier a fait pratiquement revivre le congrès 2011 au Mesnil-sur-Oger.

    Le 11 novembre est désormais officiellement la journée d’hommage aux morts de tous les conflits, cela n’exclut pas les différentes commémorations, a précisé le président cantonal René Trubert. Ainsi le 5 décembre, l’hommage aux morts en AFN sera rendu au monument aux morts d’Oger.

    La commémoration du soldat inconnu d’Algérie, le 16 octobre à Notre-Dame de Lorette, a connu une franche réussite. 500 drapeaux ont été présents lors de cette belle journée forte en émotion.

    Cet événement a été aussi évoqué par Roger Rouvroy, secrétaire départemental adjoint. Dans son rôle de délégué, il a fait porter son propos sur les aides ponctuelles du fond social, les effectifs, la solidarité nationale, le budget des anciens combattants, les souhaits et demandes de la fédération.

    Devant Noël Tessier qui note tout, attention à ce qui va être dit, a plaisanté Pascal Desautels. Le conseiller général et maire d’Oger a salué « une association cantonale importante, une mémoire à transmettre aux enfants ». Il a enchaîné : « La nation a eu besoin de vous, vous avez défendu ses intérêts, la nation doit répondre à vos attentes ».

    Pascal Desautels a terminé par la lecture du message adressé par le député Charles de Courson. Puis, porte-drapeaux en tête et avec les trompettes de cavalerie de l’Avenir avizois, sous la direction de Pascal Pouyet (membre au titre des TOE), le congrès est descendu vers le monument aux morts pour un dépôt de gerbe.

    ***********************************

    Union120309b - Marne
    VERDUN : L’ossuaire de Douaumont profané

    La nécropole meusienne honore les combattants, français et allemands, de la Première Guerre mondiale. On ignorait hier le préjudice, mais des crânes et des ossements ont probablement été dérobés.
  •  Agrandir la photo
  • L’OSSUAIRE de Douaumont, dans la Meuse, où sont entreposées les dépouilles de 130 000 soldats de la Première Guerre mondiale, a été profané dans la nuit de mercredi à jeudi. « Nous ne savons pas encore exactement ce qui a été dérobé, probablement des crânes et des ossements », a indiqué hier le procureur à Verdun, Yves Le Clair.

    « Les auteurs de ce geste indigne seront poursuivis »

    Les profanateurs sont entrés dans les caveaux de l’ossuaire, où quatre petites vitres carrées de 40 cm de côté permettent de voir les restes des morts.

    « Les auteurs ont fait fondre le plexiglas au chalumeau », a raconté le procureur, rappelant que les vitres n’avaient plus été ouvertes depuis 1966 et une visite du général de Gaulle. « Le préjudice est pour l’instant inconnu », a-t-il poursuivi.

    Des techniciens en investigation criminelle ainsi que des enquêteurs de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois se sont rendus sur place.

    Marc Laffineur, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense et des Anciens Combattants, a condamné hier après-midi la profanation dans un communiqué.

    « Cet acte lâche, odieux et insensé est un outrage intolérable à la mémoire des 130 000 soldats de la Première Guerre mondiale, français et allemands », a dit le secrétaire d’Etat.

    « Cette profanation est non seulement une insulte à l’encontre de ces soldats, mais encore une insulte à l’encontre des valeurs partagées de l’Allemagne et de la France », a-t-il ajouté, en promettant que « les auteurs de ce geste indigne seront poursuivis ».

    Par ailleurs, le président de l’Observatoire contre l’islamophobie, Abdallah Zekri, a fait part de son « soutien et sa solidarité à la communauté chrétienne qui est également victime d’actes ignobles, particulièrement lorsqu’ils sont commis envers des personnes mortes pour la patrie ». Il a souhaité que la justice retrouve rapidement les auteurs « lâches et qui ne respectent rien ».

    ***********************************

    Union120309a - Marne
    VERDUN : Effroyable et consternant

    Quelle ignominie et quelle cruauté ! Violer cette nécropole des douleurs, où s’entremêlent des milliers d’ossements retrouvés dans le périmètre ensanglanté de Verdun, traduit avec brutalité jusqu’où l’irrespect des morts peut conduire. Cette absurdité déchire l’âme tant elle témoigne d’une fulgurance diabolique d’inhumanité.

    Quelle dureté, quelle sécheresse de l’esprit et du cœur faut-il avoir pour se comporter ainsi comme le dernier des salauds ? Les soldats qui ont été fracassés, hachés, déchiquetés, pulvérisés sur cette terre, où sont tombés six obus au mètre carré, sont autant d’inconnus dont le sacrifice redit combien le front de la Grande Guerre a été impitoyable envers ceux qui le tenaient. Tous ces disparus, tous ces braves dont les familles n’ont jamais rien su du dernier instant, nous avons le devoir de les veiller, de les fleurir, de les aimer. Ils avaient l’espoir d’être les derniers sacrifiés, aussi ont-ils offert leur poitrine en pensant à la mise au banc de tout conflit, à l’avènement d’un âge nouveau où chacun serait enfin soucieux de toute vie. Ils ont tout donné pour que les autres n’aient plus à le faire, sans fierté ni vanité, avec la simple espérance d’être, les armes à la main, les bâtisseurs obligés d’une société apaisée. Ils sont aujourd’hui, dans une Europe en paix, les traces bouleversantes d’une Europe en guerre, au siècle dernier.

    Cette profanation illustre tragiquement la méconnaissance de l’homme aux prises avec l’effroyable réalité du combat dans ces tranchées d’épouvante, ébranlées et déformées sous les explosions, dans ces trous du carnage où la terre en devenait incapable de boire le sang des cadavres exsangues, incisés par les éclats du métal chaud et dont l’uniforme maculé a été le seul linceul.

    S’en prendre à Douaumont, là où le vent se plaint à l’infini dans l’alignement des croix, et fait ronfler sa colère le long des pierres de l’ossuaire, c’est trahir le dernier éclair de fraternité que ces martyrs ont perçu dans les yeux de leurs camarades d’agonie. Ils leur avaient promis, à l’ultime moment, cette paix éternelle. Celle qui a été interrompue par les chalumeaux de la honte tenus par des mains poisseuses et criminelles. Que les enquêteurs et la justice soient dignes des combattants de la Première Guerre mondiale. Ce scandale ne peut pas rester impuni.

    Les chalumeaux de la honte

    ***********************************

    Union120308a - Marne
    REIMS : Les souvenirs de Jacqueline Allain (née Laylavergne)

    1940 : Jacqueline, 16 ans (à gauche sur la photo), avec ses parents François et Jacqueline, sa sœur Reine et ses frères Paul et Roger.
  •  Agrandir la photo
  • Son père François, devant le Crédit Lyonnais, aux côtés de clients.
  •  Agrandir la photo
  • En 1935, les billets de banque ressemblaient à cela.
  •  Agrandir la photo
  • 1939, ça chauffe à la TSF : « Les hurlements d’Hitler ponctués par des roulements de tambour nous faisaient peur ».
  •  Agrandir la photo
  • 1924-1980 : zoom sur la vie d’une famille ordinaire… Âgée de 88 ans, Jacqueline Allain, née Laylavergne, professeur 26 ans à Libergier et dont le mari Frédéric Allain fut instituteur à Paul-Bert puis boulevard des Belges, raconte ses années rémoises de 1924 à 1980. Avec une mémoire aiguisée.

    INTITULÉ « Voyage à travers le temps de 1927 à 2005 », le lourd document de 90 pages écrit par Jacqueline Allain, 88 ans, aujourd’hui pensionnaire d’une maison de retraite à Vence (Alpes-Maritimes), avait atterri sur notre bureau voilà quelques mois.

    Tous dans la cuisine

    Sa lecture, un témoignage passionnant sur la vie, sa vie de 1924 à 1980, à Reims, où elle a été 26 ans professeur au lycée Libergier puis à l’IUT, et où son mari a été instituteur - à Paul-Bert puis boulevard des Belges -, ravivera maints souvenirs chez les plus anciens. Extraits.

    Née en 1924 dans sa maison du 14, rue Dorigny, construite par son père issu d’une famille de maçon du Limousin, Jacqueline Laylavergne ne vit pas dans le luxe. Papa, maman et les cinq enfants vivent dans une pièce où trône une cuisinière au charbon de bois sur laquelle réchauffent, et le pot-au-feu, et une grosse lessiveuse dans laquelle trempent les couches et les langes. Même si le père est employé au Crédit Lyonnais, les repas sont chiches. À base de foie, chicorée et viande bouillie, une pomme coupée en quatre… Pour la toilette du dimanche, tous les enfants vont avec maman dans une seule cabine aux bains douches. À 3 ans, Jacqueline a la douleur de perdre sa petite sœur qui meurt des suites d’une diphtérie contractée à la maternelle Jamin. « Au cimetière de l’Est, je me mis à gratter des deux mains cette terre qui la retenait prisonnière. »

    Du passage à l’école primaire boulevard Jamin, Jacqueline se souvient des répétitions en ânonnant en chœur des lettres et groupes de syllabes inscrits au tableau ; des lettres inscrites à l’encre rouge par la maîtresse et qu’il fallait recopier avec une plume sergent-major trempée dans l’encre violette et qui raccrochait le papier, provoquant éclaboussures et pâtés.

    Elle se souvient des punitions : gifles et coups de règle sur les ongles, de Mme Aubert qui ne riait jamais, mais aussi des bons points donnant droit à un bulletin doré. Pénalisée parce qu’elle était myope et n’a eu des lunettes qu’à 11 ans, la petite fille n’obtient son certificat d’études qu’à 14 ans, l’occasion de voir la mer après un voyage en train au Tréport.

    Dans la rue

    Gamine, Jacqueline joue dans la rue où pour toute voiture, il n’y a que le charbonnier avec son cheval, le marchand de quatre saisons, le laitier dont les bidons s’entrechoquaient, le jeudi, le marchand de peaux de lapins. On entendait chaque midi la sirène de la maison de champagne Heidseick Monopole. Le passage de l’allumeur de réverbère au crépuscule, portant sur l’épaule sa perche munie à l’extrémité d’un lampion à essence dans une garniture en fer-blanc, annonçait qu’il fallait aller se coucher.

    Remèdes de cheval

    Pas de médecin chez les Laylavergne où on se soigne « maison » : des ventouses ou des cataplasmes de lin et de graines de moutarde pour faire transpirer, désinfection à l’arnica, infusion de tilleul sucrée au miel ou du vin chaud pour faire tomber la fièvre, chiffon imbibé de vinaigre sur le front pour les migraines.

    Fol été 1936

    Les lois sociales de 1936, la semaine de 40 heures et les congés payés, la Rémoise s’en souvient encore. Du 1er mai 1936 déjà. « On revenait de la Case Frayère et rue Fléchambault, il y avait une manifestation qui opposait des ouvriers aux forces de l’ordre, qui ont braqué leurs jets d’eau sur la foule excitée. » Jacqueline est revenue trempée chez elle. « Puis tout l’été, dans Reims, on voyait des couples sac au dos, en tandem ou à moto, aller planter la tente à la mer. » Jacqueline ira ainsi dans les bois de Rilly puis sur les bords de mer grâce à un train à tarif réduit.

    Alain MOYAT

    « A la TSF, Hitler nous faisait peur »

    Ponctuées par l’écoute de la TSF, les soirées s’animent à partir de 1938 chez les Laylavergne. Alors que Tino Rossi chantait, le 12 mars 1938, un speaker annonce que les troupes allemandes occupent l’Autriche.

    « Ça recommence. À croire qu’ils n’ont rien compris, qu’il leur faut de la boue et du sang, dit mon père », raconte Jacqueline, âgée de 14 ans à l’époque. Une adolescente inscrite à l’école pratique de commerce et d’industrie de la rue des Augustins. Une élève si appliquée qu’elle va même jusqu’à participer au concours de devoirs de vacances organisé par le quotidien local L’Éclaireur de l’Est et obtient la 2e place, une litho offerte à l’Elysée par le président de la République Albert Lebrun.

    1939, ça chauffe à la TSF : « Les hurlements d’Hitler ponctués par des roulements de tambour nous faisaient peur ». Et le 2 septembre c’est la déclaration de guerre. « Pour aller à l’école, chaque élève était tenu de porter son masque à gaz en bandoulière dans le dos dans la rue. »

    Drôle de guerre pas drôle

    1er mai 1940 : premiers bombardements à Reims, des maisons sont démolies aux abords de la gare. Les Laylavergne - sauf le père qui est réquisitionné pour préparer l’évacuation du Crédit Lyonnais - partent se réfugier dans la famille à Saint-Sulpice Laurière. Ils reviendront à Reims en septembre où est instauré le couvre-feu.

    Jacqueline apprend que deux de ses profs ont été tués sous les bombardements. L’écoute de la TSF (radio Londres) est fortement brouillée par les Allemands.

    Les restrictions alimentaires ne sont pas un vain mot à Reims aussi. « On échangeait les tickets de cigarettes et de vin contre du lait, du sucre, des pâtes et du beurre et il fallait faire parfois des heures de queue devant l’épicier. » Heureusement, le père de Jacqueline avait fait l’acquisition d’une maison avec un jardin maraîcher à Champigny-sur-Vesle où ils cultivaient des légumes.

    La famille élève aussi lapins et poules à Reims, glane des épis dans les champs de Bétheny, reçoit des colis du Limousin. La machine à coudre est échangée contre des couvertures de laine et des chaussures et la famille se chauffe à la tourbe.

    Premier emploi au journal

    1941 : Jacqueline obtient son brevet d’enseignement commercial et son premier emploi à la publicité et aux abonnements à L’Éclaireur de l’Est. « Le personnel était sur écoute et la Gestapo faisait la traque aux messages secrets avant la mise sous presse. » Elle quitte le journal en 1943 pour la conservation des hypothèques puis la Société champenoise des carburants (qui sera rachetée par Total).

    Bombardements US et Libération

    La nuit du 1er mai 1944 est animée avec le passage des forteresses volantes US vers deux heures du matin, un ballet au-dessus des caves Heidsieck. La DCA abat un avion. La famille Laylavergne descend se planquer dans la cave d’une maison dont les vitres explosent et les tuiles sont cassées. L’usine de tissage Paindavoine et la Sarlino sont en feu.

    31 août 1944, c’est la libération de Reims. Jacqueline et sa sœur Reine vont acclamer les soldats américains sur leurs tanks, boulevard de la Paix. « La plupart d’entre eux, de race noire, souriaient de leurs belles dents blanches, distribuant à tous ceux qui le demandaient chewing-gums, cigarettes, chocolat et Coca-cola. Les jeunes filles montaient sur les chars et embrassaient nos libérateurs. C’était la fête, mais pas pour tous, car dans les rues, les Forces françaises de l’intérieur (FFI) traquaient les collaborateurs qui avaient travaillé pour l’ennemi. Notre voisine, qui avait dénoncé son mari, ancien adjudant, pour avoir conservé sa panoplie d’armes chez lui, fut promenée en ville, avec d’autres, pieds nus, en chemise et le crâne rasé avant d’aller en prison. »

    À 21ans, Jacqueline va swinguer à son premier bal au château de la comtesse de Polignac face à la cave Pommery, réquisitionnée par les Américains.

    A.M.

    ***********************************

    Union120307d - Marne
    FROMENTIERES : Anciens combattants : un congrès studieux

    Un voyage en Auvergne sera proposé début juin aux adhérents.
  •  Agrandir la photo
  • Le congrès des anciens combattants du canton de Montmirail s’est déroulé dans la salle communale de Fromentières sous la présidence du délégué départemental Henri Mauclaire, des élus de la commune et du maire Jean Michel Bray, des membres de l’association venus nombreux pour l’occasion.

    Après avoir remercié la commune de les accueillir, Bernard Lefèvre, président local, a demandé une minute de silence pour les camarades qui les ont quittés. Il a remercié les communes qui apportent une subvention au comité, notamment Montmirail, Le Gault-Soigny, Soizy-aux-Bois, Morsains, Vauchamps, Boissy-le-Repos et Verdon. Il a rappelé les différentes manifestations organisées au cours de l’année 2011, et a indiqué qu’un voyage devrait s’effectuer pendant une semaine, début juin, en Auvergne. Puis il a salué les porte-drapeaux : Guy Debarle pour les ACPG - CATM du canton, Pierre Kijudoké pour celui de la Résistance, Michel Galichet pour celui de la Marine.

    A l’issue de l’assemblée, c’est au monument aux morts que l’association a déposé une gerbe, et a écouté les sonneries militaires et la Marseillaise, interprétées par des musiciens bénévoles venus pour l’occasion. Puis de retour à la salle des fêtes de Fromentières, Bernard Lefèvre a remis le Mérite fédéral à Michel Martin et la médaille de la fidélité à Jean-Pierre Benier.

    ***********************************

    Union120307c - Marne
    MOURMELON-LE-PETIT : Chez les anciens combattants : Trois nouveaux médaillés

    Des médaillés heureux !
  •  Agrandir la photo
  •  

    Dimanche matin, Philippe Filipiak, le président de l’amicale des « Anciens Combattants Prisonniers de Guerre, Combattants d’Algérie-Tunisie-Maroc et des Théâtres d’Opérations Extérieures » (ACPG-CATM-TOE) de Mourmelon-le-Petit, donnait rendez-vous à l’ensemble des membres pour l’assemblée générale en présence de Jean Mondet, le délégué départemental.

    Après la réunion statutaire, tous se sont rendus en cortège au monument aux morts pour y déposer une gerbe. Puis à la salle de la Pomme d’Or, Bernard Gillery, venant de Verzy, a été décoré, par le président de l’amicale, de la médaille de la fidélité ; Roger Colliquet, de Mourmelon-le-Grand, a lui été décoré de la médaille du mérite fédéral ; Philippe Filipiak, de Mourmelon-le-Petit donc, a lui aussi été décoré de la médaille du mérite fédéral.

     

    ***********************************

    Union120307b - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : En assemblée générale : Les anciens combattants de moins en moins nombreux

    Le bureau a abordé différents points dont l’action sociale, grande partie de l’activité de la section.
  •  Agrandir la photo
  • Les 99 membres de l’association locale des anciens combattants étaient conviés à l’assemblée générale, dimanche matin, à la salle des fêtes de Sermaize-les-Bains. On remarquait, au bureau, la présence du conseiller général Bruno Botella et du maire Raymond Dziéja, secrétaire de l’association. L’échelon départemental avait délégué son trésorier Alain Cabanne.

    Le président Jean François a évoqué les adhérents décédés depuis la dernière assemblée et fait observer une minute de silence à leur mémoire. Le vice-président Jean Posson a noté une baisse des effectifs : « Les anciens combattants sont en majorité des anciens d’Afrique du Nord. Petit à petit, ils disparaissent et sont en partie remplacés par des veuves ». L’action sociale occupe donc une partie de l’activité de la section. Il a rappelé, année électorale oblige, que l’UNC n’était pas un parti politique mais a insisté sur le devoir civique : « Votez ! »

    Jean François a fait un détour par l’histoire locale ; à l’occasion du 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc, il a signalé que c’est à Sermaize que ses parents se seraient rencontrés. Le 11 novembre sera jour de commémoration pour tous les « morts pour la France » mais on continuera à participer à toutes les commémorations dont la libération de Sermaize d’août 1944.

    Alain Cabanne a rappelé quelques points sensibles pour les anciens combattants. Et Raymond Dziéja, défenseur d’un bénévolat qui se fait rare, de noter : « Rien n’existerait si nous ne l’avions pas » et a précisé sa position à propos de la date du 19 mars. « Je refuserai d’y aller malgré une sympathique invitation. C’est un cessez-le-feu où le feu n’a pas cessé. »

    Bruno Botella a émis deux souhaits en apparence contradictoires : « Qu’il y ait de moins en moins d’anciens combattants parce qu’il n’y a plus de conflits ; que l’association dure longtemps, signe de bonne santé des adhérents ». Un repas en commun a prolongé l’assemblée générale.

    ***********************************

    Union120307a - Marne
    CHALONS : Les anciens déportés en assemblée : Le devoir de vigilance

    Le rendez-vous au monument aux morts avec les autorités.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale départementale des anciens déportés, internés, familles de disparus et associés (Adif) s’est tenue dimanche à la salle des fêtes de Saint-Germain-la-Ville, sous la présidence de Roger Romagny. A cette occasion, de nombreuses personnalités, dont le député Charles de Courson, le directeur de l’Onac Bruno Dupuis, Yvette Lundy, ancienne déportée du camp de Ravensbrück, laquelle multiplie d’ailleurs ses interventions auprès des collégiens et lycéens et Serge Helleringer, conseiller délégué aux anciens combattants, se sont joints aux invités, à l’invitation du président.

    S’ils ne sont plus que 3 anciens déportés à Châlons et seulement une vingtaine dans la Marne, il n’en reste pas moins qu’ils sont toujours actifs pour rappeler aux jeunes générations ce que furent les camps de concentration et camps de la mort. Elisabeth Yverneau, professeur d’histoire au collège Saint-Etienne a d’ailleurs rappelé l’importance du concours de la Résistance 2012 « Résister dans les camps nazis » et profité de sa prise de parole pour dire « Il ne faut pas que s’éteigne le devoir de mémoire ». Le devoir de vigilance des jeunes s’impose, ils sont le relais des anciens. Lutter contre le racisme, la xénophobie, la haine, c’est le devoir de chacun…

    Bruno Dupuis a rappelé le soutien de l’Etat pour le concours de la Résistance et reste attentif aux voyages, rencontres interrelationnelles.

    Le 19 mai est d’ailleurs programmée une sortie avec des scolaires au Mont Valérien, aux Invalides puis au ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe.

    Le député de Courson a précisé que les jeunes connaissent beaucoup moins l’histoire de leur propre peuple et que sans histoire le peuple est perdu. Il soutient pour cela le concours de la Résistance.

    A l’issue de l’assemblée, une gerbe fut déposée par les autorités au monument aux morts de la ville.

    Les six jeunes aviateurs de la RAF abattus lors de la dernière guerre et qui reposent au pied de l’église n’ont pas été oubliés. Six petits bouquets de fleurs ont été déposés par six dames au pied de leurs stèles en souvenir de leur sacrifice.

    ***********************************

    Union120306d - Marne
    HERMONVILLE : Un nouveau porte-drapeau

     

    HERMONVILLE (Marne). A Hermonville, mercredi dernier, la section des anciens combattants a tenu son assemblée générale en présence de Katia Beaujard première adjointe. Sur un effectif de 18 membres, 15 étaient présents.

    Le président André Carlier a ouvert la séance en félicitant les membres de la section pour la tenue toujours très digne des cérémonies officielles. Le quitus a été donné à Marcel Cossus, le trésorier, pour les comptes 2011.

    Puis le président a évoqué un problème : Henry Fournaise assume le rôle de porte-drapeau depuis 20 ans. Cette fonction est importante , symbolique et nécessaire à la pérennité du devoir de mémoire. Cependant, l’ âge venant, Henry a pris la décision de se faire remplacer après la cérémonie du 14 juillet 2012.

    Le président Carlier, après l’avoir remercié pour son activité et sa présence constante lors des cérémonies, a demandé qu’il soit procédé à la désignation d’un successeur.

    Après consultation des membres de la Section, Raymond Lecart sera le nouveau porte-drapeau en titre, et Gérard Castryck le suppléant.

     

    ***********************************

    Union120306c - Marne
    CHALONS : Cheminots anciens combattants / La lutte continue mais sur le terrain administratif

    Les autorités lors de l’hommage à la gare de Châlons.
  •  Agrandir la photo
  • Dépôt de gerbe en mémoire des cheminots disparus à la stèle sur le quai de la gare, puis assemblée générale et congrès départemental à la Maison du combattant, c’était une matinée bien remplie pour les anciens cheminots adhérents de l’Association nationale des cheminots anciens combattants (Ancac). En effet, les différentes sections de Châlons, Reims, Vitry-le-François se sont réunies pour assister à l’assemblée générale présidée par Pierre Maigret, en présence de Serge Helleringer, conseiller délégué aux anciens combattants, puis rehaussée par la présence de Jean Marchandeau lors du congrès départemental.

    De multiples revendications

    Beaucoup de points importants concernant le monde combattant ont été abordés, notamment les difficiles problèmes concernant les demandes expresses n’ayant pas encore abouti et apporté satisfaction aux anciens combattants. Il s’agit de la retraite du combattant et les 4 points attendus pour le 1er juillet, la retraite mutualiste qui perd 5 points, l’aide différentielle, la campagne double tant attendue depuis des années et qui existe depuis le 14 avril 1924 soit 88 ans, etc… ce qui fait grincer les dents des anciens combattants de l’Ancac et des autres associations en général.

    Les cheminots anciens combattants sont aussi hostiles à la journée du 5 décembre comme journée nationale des anciens d’AFN, mais favorables au 19 mars 1962, jour de la proclamation du cessez-le-feu en Algérie.

    L’Ancac souhaiterait également plus de présence et d’implication aux cérémonies patriotiques. Jean Marchandeau, président départemental, a soulevé les difficiles et non solutionnés revendications : l’allocation différentielle aux veuves, le droit à réparation pour les victimes de traumatismes psychologiques et irradiations, la carte de combattant pour présence en AFN après le 2 juillet 1962 et bien d’autres, la liste est longue…

    Par ailleurs, l’Ancac sera présente demain mercredi 7 mars à 18 heures à la stèle de la gare pour le traditionnel hommage au cheminot Pierre Semard.

    A noter aussi qu’une cérémonie aura lieu le lundi 19 mars à 11 heures devant le mémorial départemental à l’occasion de la commémoration du cessez-le-feu en Algérie.

    La Fnaca et l’Ancac déposeront une gerbe qui sera suivie d’un repas amical. Réservation au 03.26.65.36.61 ou au 03.26.66.91.99.

    ***********************************

    Union120306b - Marne
    REIMS : Les Harkis à l’honneur pendant un mois

    Des Harkis rémois ont témoigné.
  •  Agrandir la photo
  • REIMS (Marne). Collabos pour les uns, traîtres pour les autres, les Harkis arrivés d’Algérie en ont bavé. La Licra souhaite le rappeler pour mieux le dénoncer.

    ILS n’ont pas choisi d’être contre l’Algérie ou pour la France. Ils étaient Français. Pourtant les Harkis en ont bavé. Considérés comme des collabos par ceux avec qui ils ont combattu et comme des traîtres par leur peuple. Ceux qui n’ont pu quitter l’Algérie ont subi les pires représailles. Ceux qui ont atterri dans des camps de fortune en France se sont vite retrouvés en butte à un double racisme.

    A Reims, ils ont été installés dans le quartier des Epinettes, anciennement appelé Pont de Witry. Ils y ont fait leur vie aussi bien qu’ils ont pu. Leurs enfants ont grandi dans des blocs qui n’avaient rien de luxueux. Aujourd’hui ce quartier est enfin en cours de rénovation. C’est en partie ce qui a décidé la section rémoise de la Licra à ressortir de l’ombre ce triste destin pour mieux en penser les plaies. « Avec les reconstructions, les Harkis de Reims se retrouvent dispersés dans la ville. Nous nous sommes dit que c’était le bon moment de rappeler leur histoire et celle de leur quartier. Cela correspond en plus avec le 50e anniversaire des accords d’Evian qui ont scellé leur destin », explique Claude Sécroun, président de la Licra.

    Expositions, conférence et film

    Ce travail de mémoire durera un mois. A partir de mercredi 7 mars, une série de manifestations est organisée à la mémoire de ces victimes de l’histoire.

    Une exposition intitulée « Les Harkis dans la colonisation et ses suites » sera proposée successivement à la maison de quartier Clairmarais, à l’institut des travailleurs sociaux, à la maison de la vie associative et à l’hôtel de ville*. Une visite commentée de l’exposition par l’écrivain et cofondatrice de l’association Harkis et droits de l’homme Fatima Besnaci-Lancou, est organisée le lundi 2 avril à 18 heures.

    Toujours ce lundi 2 avril, se tiendra à 18 h 30 une conférence à l’hôtel de ville qui aura pour thème : « La traversée de la Méditerranée en 1962 racontée par les femmes de Harkis ». Enfin, la première partie du film Mektoub, histoire des Harkis de Reims, sera projeté vendredi 9 mars à 19 heures à la maison de quartier Clairmarais et jeudi 22 mars à 18 heures à la maison de quartier des Épinettes.

    Catherine FREY

    (*) Exposition du mercredi 7 au mardi 13 mars à la maison de quartier de Clairmarais, 73 rue Alexandre-Henrot. Du mercredi 14 au dimanche 25 mars à l’institut régional des travailleurs sociaux (IRTS) 8 rue Joliot-Curie. Du lundi 26 au samedi 31 mars à la maison des associations, 122 rue du Barbâtre. Du lundi 2 au samedi 7 avril à l’hôtel de ville.

    ***********************************

    Union120306a - Marne
    Un obus découvert dans le mur d’une maison

    La rue de Courlancy a été partiellement fermée aux usagers, le temps pour les démineurs de procéder à la sécurisation des lieux.
  •  Agrandir la photo
  • Il aura fallu un peu plus d’une heure pour que les démineurs réussissent à extraire l’obus du mur dans lequel il avait été fiché.
  •  Agrandir la photo
  •  

    REIMS (Marne). Un obus de la Grande Guerre a été découvert, hier à Reims, planté dans le mur d’une maison en reconstruction. Sans danger : il n’était pas chargé.

    LES bombardements n’ont pour ainsi dire jamais cessé pendant l’occupation allemande du nord de la France. De septembre 1914 au mois d’octobre 1918, Reims en a payé le plus lourd tribu, subissant l’impact dévastateur des bombes lâchées sans répit sur la ville, jusqu’à en rayer de la carte sa cathédrale, le sanctuaire des sacres. Aussi n’est-il pas étonnant de retrouver régulièrement enfouis sous les strates du passé, des vestiges de la Grande Guerre, comme ces obus fabriqués outre-Rhin, alors destinés à miner le moral des Français.

    Sous une gouttière

    Ce fut encore le cas hier matin, dans une maison désaffectée de la rue de Courlancy, à quelques centaines de mètres de la clinique.

    Sise au 4 de la rue, jouxtant les murs du bar-tabac Le Courly, la bâtisse s’élevant au-dessus du rez-de-chaussée sur un étage, s’était « effondrée il y a quatre ans » témoigne la buraliste. Elle est aujourd’hui en reconstruction.

    Les policiers ont été alertés aux alentours de 11 heures à la suite de la découverte de l’obus par des ouvriers, sous une gouttière. Curieusement, l’engin explosif se trouvait planté telle une fléchette, dans un mur intermédiaire. Seule une dizaine de centimètres, sur les 55 de long au total, en dépassait, le reste étant ancré dans les fondations. Une position peu conventionnelle que les deux démineurs dépêchés du centre de La Veuve, près de Châlons-en-Champagne, n’ont pu expliquer avec certitude : « Des gens l’ont sans doute ramassé et l’ont mis là ». Mais ce n’est qu’une hypothèse.

    Un immeuble et un bar évacués

    Toujours est-il qu’un plan de circulation a aussitôt été défini aux abords de la rue de Courlancy qui a été partiellement fermée aux usagers, le temps pour les démineurs de procéder à la sécurisation des lieux alors que la pluie - cette fois - tombait sur la cité des Sacres. A quelques centaines de mètres de là, la clinique n’a heureusement pas été contrainte d’être évacuée, contrairement aux ouvriers présents sur place, le bar-tabac Le Courly ainsi qu’un immeuble proche comprenant une dizaine d’appartements.

    Pendant un peu plus d’une heure, les démineurs ont ensuite manœuvré l’obus jusqu’à l’extraire du mur dans lequel il avait été fiché. Un obus allemand datant de la Grande Guerre mesurant 55 centimètres de long, donc, pour 15 centimètres de diamètre. Pesant en outre 45 kilos en état de fonctionnement, dont 5 kilos de charge active. Sauf que celui-ci était vide, en l’occurrence, et ne présentait par conséquent aucun risque d’explosion. Raison pour laquelle, d’ailleurs, il n’a pas été jugé nécessaire de faire évacuer la clinique de Courlancy.

    Il était environ 12 h 30 quand l’équipe de déminage a enfin quitté la cité des Sacres, emportant avec elle l’obus qui sera détruit ultérieurement. La rue de Courlancy a quant à elle retrouvé une circulation normale et la buraliste, la chaleur de son bar-tabac.

    Franck BRENNER

     

    ***********************************

    Union120303b - Marne
    TINQUEUX : Hommes et femmes au nouveau bureau

    Pour le président Gilles Richard : « Chaque adhérent doit se sentir concerné ».
  •  Agrandir la photo
  • Suite à la 31e assemblée générale, un nouveau bureau a été élu chez les anciens combattants, composé de femmes et d’hommes motivés : Henri Wenisch, président honoraire ; Gilles Richard : président ; Françoise Druet : trésorière ; Lucienne Becker : secrétaire ; Gilbert Barthelemy : secrétaire adjoint ; Chergui Amouri : porte-drapeaux titulaire ; André Aubert : porte-drapeaux adjoint ; Daniel Dépit : porte-drapeaux suppléant ; François Bereaux, Monique Wuilmet, Bernard Ricart, Jean Thiebaut, Guy Drumelle : assesseurs.

    Petit rappel…

    Le président Gilles Richard a une fois de plus relaté le manque de présence de membres à l’assemblée générale qui peut à l’avenir devenir préjudiciable pour la survie de l’association. Il a précisé : « Chaque adhérent doit se sentir concerné. L’association vit par vous mais pas sans vous ».

    Le règlement de la cotisation annuelle de 20 euros devra être effectué pour le 31 mars, afin de reverser la part à l’UFM pour le journal qu’elle édite et permettre à la trésorière de terminer ses comptes. Les permanences se déroulent de 10 à 12 heures le dernier samedi du mois à la Maison des associations de Tinqueux, rue de la Croix-Cordier, bureau n° 7.

    Voici les prochaines dates : 31 mars, 28 avril, 26 mai, 30 juin, 29 septembre, 27 octobre et 24 novembre.

    Association des anciens combattants et victimes de guerre, siège social à la mairie BP 86 - 51433 Tinqueux Cedex. Tél. (président) 03.26.04.01.04.

    ***********************************

    Union120303a - Marne
    CHALONS : Assemblée générale des sous-officiers de réserve : « Régénérer l’enthousiasme de l’association »

    Le président, son secrétaire et le représentant de la Ville ont animé cette AG.
  •  Agrandir la photo
  • L’association des sous-officiers de réserve (SOR) de Châlons et environs a réuni ses adhérents à la maison du combattant pour y tenir son assemblée générale annuelle.

    Auparavant, en présence des porte-drapeaux et des élus, le président des SOR Philippe Escalier a déposé une gerbe au monument aux morts, un premier rendez-vous qui reste un moment incontournable pour l’association.

    Afghanistan

    L’assemblée a démarré par une minute de silence solennelle en souvenir des disparus. Le président a surtout rappelé qu’il était du devoir des sous-officiers de réserve « de régénérer l’enthousiasme de l’association ». Cette dernière est en sommeil depuis quelque temps, mais cela ne doit pas être assimilé à un arrêt de ladite association. « D’autres prendront le flambeau pour que le nom continue d’exister, le facteur humain ne devant pas être la cause d’une disparition. »

    Cette assemblée, qui s’est avérée très constructive dans son ensemble, a vu pour un court laps de temps le colonel Michel Le Dren prendre la parole pour évoquer le conflit en Afghanistan, et vanter les valeurs des militaires et de leurs chefs qui risquent leur vie apporter la paix aux populations locales.

    Le président a enchaîné : « Combattre une idéologie n’est en aucun cas du ressort de notre armée. »

    Les différents rapports ont été adoptés à l’unanimité lors de cette assemblée, le président en profitant pour annoncer que l’assemblée générale de l’Urasor aura lieu début octobre à Sedan. Le mardi 19 juin, place Foch, une importante cérémonie marquera la dissolution du 402e régiment d’artillerie et l’arrivée du 1er régiment d’artillerie de marine (Rama).

    ***********************************

    Union120301a - Marne
    LIVRE : Laura Alcoba à Reims pour son 3e roman sur la fugue de ses parents : Ils ont couru après le Che

    Laura Alcoba est venue à Reims pour une lecture de son livre, invitée par Joël Simon et Nova Villa.
  •  Agrandir la photo
  • Dans « Les passagers de l’Anna C. », Laura Alcoba, franco-argentine, raconte l’incroyable périple de ses parents, qui voulaient faire la révolution aux côtés de Che Guevarra.

    C’EST l’histoire d’une fugue amoureuse, avec en point de mire un rêve : rencontrer le Che. Un rêve de jeunes Argentins en quête de révolution, d’aventure, d’amour. C’est l’histoire des parents de Laura Alcoba, marraine de Méli’Môme en 2011 et qui signe, avec « Les passagers de l’Anna C. » son 3e roman sorti en début d’année.

    Paris, Prague, Cuba… Une véritable initiation révolutionnaire ! « Je me suis appuyée sur quatre récits : celui de mes parents, bien sûr, celui de Régis Debray, et de deux « Révolutionnaires » de cette époque, qui ont côtoyé mes parents lors de leur voyage. »

    Si son père a mis par écrit beaucoup de souvenirs, il y a, dans les récits, beaucoup de contradictions. Laura doit faire avec. « Ils ne se souviennent plus du nom qu’ils m’avaient donné quand ils sont revenus en Argentine, par bateau. »

    « Pureté »

    Ses parents n’avaient plus assez d’argent pour prendre l’avion. Laura est née à Cuba durant le périple, et avait quelques mois quand elle a mis les pieds en Argentine.

    « Mes parents ont été emprisonnés, mais mon grand-père était avocat, et les a sortis de là. Il leur a donné l’autorisation de se marier. Il a même proposé de m’adopter ! » Car quand ils ont quitté leur pays, ils étaient mineurs, donc condamnables. « C’était un peu du Roméo et Juliette, il faut comprendre ce moment ! On est en septembre 1966, ils veulent vivre leur histoire d’amour, mais dans la famille un peu bourgeoise de ma mère, ça ne passe pas. »

    Che Guevarra, c’est « à leurs yeux une sorte de pureté. Ils ont l’intuition depuis le début qu’ils vont le rencontrer. Mon papa est sûr de l’avoir vu. Il a fini par m’en convaincre ». Mais ils courent après un rêve. Et quand ils apprennent sa mort en Bolivie, ils sont à Cuba, guérilleros en attente d’aller rejoindre les révolutionnaires. Ils décideront finalement de rentrer au printemps 68, et devront éviter Paris, où le mois de mai est chaud… C’est de Pise qu’ils vont prendre le fameux bateau, l’Anna C., où ils entendront encore parler du Che, qui l’aurait lui aussi emprunté. Le rêve jusqu’au bout…

    « Mes parents s’y perdent dans leur histoire, mais cela fait aussi partie de l’expérience. » Drôle d’expérience tout de même car, arrivés à la Havane, ces jeunes sans expérience ne sont pas les guérilleros attendus par Juan Carlos. Celui qui les a fait venir à Cuba, El Loco, est donc mis « aux arrêts ». Et à peine un mois après être partie, la « bande des 5 » Argentins pensait déjà devoir rentrer.

    Ils suivront finalement l’entraînement des Révolutionnaires, cours politique compris, même après la mort du Che, qu’ils auront « raté » à quelques jours puisqu’ils devaient le rejoindre en Bolivie. Ce sont les Cubains qui ont alors décidé de les faire rentrer chez eux, en mai 68, via Prague, Gênes et Buenos Aires. La maman de Laura rentrait chez elle, elle n’avait pas 20 ans, mais était maman.

    G.F.

    ***********************************

    Union120227a - Marne
    CORMICY : Baliser les sites historiques

    Prochain rendez-vous le 23 mars pour une conférence sur l’origine des lieux-dits.
  •  Agrandir la photo
  • CORMICY (Marne). L’assemblée générale de « Cormicy, Ma Ville, Son Histoire » s’est déroulée en présence du maire Dominique Décaudin et de la 1re adjointe Francine Girard, en charge des associations. Le rapport d’activités très fourni, commenté par le secrétaire Alain Lecomte et visionné par Sylviane Leclère, a éclairé les membres présents sur les réalisations 2011, complété par les rapports financier de la trésorière Gabrielle Coulon, et d’orientation de la présidente Marie Noëlle Boulard

    Les comptes sont bons et permettent d’engager le balisage des sites et la création d’un accès à la cavité Malot-Chauvaux découverte en avril 2011. Cette action est soutenue par le conseil municipal qui aidera matériellement à cette dernière construction devant débuter mi-mars.

    Les opérations de balisage des sites de Sapigneul, La Neuville, monument Gl Rouseau, cavité Malot-Chauvaux, église, cendrière, observatoire, Saint-Auboeuf et aussi demandé par la mairie, la réalisation des textes du panneau pont du CBR etc… tout ceci pourrait voir le jour selon les aides encore en instance de réponses.

    Au programme

    Les autres perspectives développées par le rapport d’orientation pourraient emmener vers la visite de Bibrax à Saint-Thomas dans l’Aisne, la préparation du centenaire de la Première Guerre mondiale, la remise en place du calvaire Lelong par la municipalité à l’angle de la rue des Serres et de la rue du petit Guyencourt

    Le prochain feuillet intitulé « Cormicy, Châtellenie de l’Archevêque de Reims » est en cours de rédaction, le feuillet sur les cavités souterraines est encore disponible.

    Le programme retenu pour 2012 est le suivant :

  •  vendredi 23 mars à 20 h 30 conférence sur l’origine des lieux-dits avec J.-C. François et B. Porgeon,
  •  mardi 3 avril journée en Meuse à Vaucquois, Verdun, Douaumont,
  •  vendredi 2 juin musique en juin à 20 h 30 avec le groupe Mine de rien en l’église,
  •  vendredi 9 novembre à 20 h 30 conférence sur Sapigneul par R. Clément et D. Hugot.
  •  Mi Mai à Cormicy n’ayant lieu que tous les deux ans, rendez-vous en 2013.
  •  Sans compter les actions où l’association est engagée.

    A noter que l’association recherche des donateurs de matériaux pour ses réalisations : parpaings, poutrelles, hourdis. Pour cela, tél. 06.82.28.31.08.

    ***********************************

    Union120226d - Marne
    SEZANNE : Il n’y aura plus de cérémonie à la stèle située en bordure de la RN 4 à Esternay : Nous n’irons plus au bois…

    Dans le cimetière d’Esternay, se trouve un monument dédié aux victimes de la guerre au Tonkin.
  •  Agrandir la photo
  • Les rassemblements au bois Robin, le long de la RN4, ne seront plus organisés. Ils pourraient être transférés dans le cimetière d’Esternay.

    CHAQUE année, début septembre, un rassemblement avait lieu auprès d’une stèle installée au bord de la nationale 4, entre Esternay et La Noue. Une croix plantée à la lisière d’un bois, un lieu baptisé le bois Robin. Une commémoration qui entrait dans le cadre des cérémonies marquant l’anniversaire de la première bataille de la Marne.

    Dans le carré militaire

    Ce lieu symbolise la sépulture de plusieurs dizaines de militaires du 73e RI qui tombèrent lors de la prise du château d’Esternay. La cérémonie n’aura sans doute pas lieu en septembre prochain. Les années passées, les gendarmes assuraient la sécurité du groupe de personnes qui se réunissaient à quelques mètres des voies de la nationale. Une protection essentielle au bon déroulement de la cérémonie, au vu du trafic dense de véhicules sur la RN4.

    Une protection par les gendarmes, qui n’est plus garantie, car les militaires doivent d’abord assurer leurs missions opérationnelles.

    « La cérémonie du bois Robin étant supprimée, nous pouvons proposer d’organiser une cérémonie dans le cimetière d’Esternay, a indiqué le maire d’Esternay Patrice Valentin lors du dernier conseil municipal de la commune, cimetière où nous avons une sorte de carré militaire, qui pourrait être le théâtre de cette commémoration. »

    En effet, dans le cimetière starnacien, se trouve un modeste monument visiblement dédié aux morts au Tonkin (fin du XIXe siècle), une tombe d’un soldat tué en 1914 et une autre sépulture. Ces monuments, placés tout près du centre du cimetière de la commune, sont en piteux état.

    Une plaque de granit

    Le maire d’Esternay le reconnaît : « On ne voit plus les inscriptions, les dorures sont effacées, il faut que l’on rénove cet espace-là », a-t-il indiqué. De son côté, le comité sézannais du Souvenir français, qui a repris ces activités récemment, est aussi concerné par l’arrêt des commémorations du bois Robin.

    « Nous avons le projet de poser une plaque de granit au cimetière d’Esternay, annonce Gérard Labrune, président du comité sézannais du Souvenir français. Sauvegarder la mémoire du bois Robin, même si on ne peut plus organiser de cérémonies là-bas, c’est pleinement le rôle du Souvenir français. »

    Finalement, l’arrêt des cérémonies au bord de la RN4 n’est peut-être pas une si mauvaise nouvelle. Avec la plaque, le souvenir du bois Robin ne sera donc pas oublié. Et sera alors préservé un autre souvenir, celui des soldats qui reposent dans le cimetière d’Esternay, et dont la sépulture avait souffert du passage du temps.

    Guillaume TALLON

    ***********************************

    Union120226c - Marne
    LIVRE : Les petites histoires qui ont fait la grande

    COULISSES. Les éditions de la Librairie Vuibert viennent de sortir une nouvelle collection intitulée « Les secrets de… ». Parmi les premiers ouvrages, deux belles réalisations consacrées à Paris et à la Grande Guerre.

    On connaît le succès du « Métronome » de Lorant Deutsch qui nous emmène sur les pas de l’histoire de France au rythme du métro parisien. Dans un autre registre, mais avec la même idée et le même souci du détail et de l’originalité, « Les Secrets de Paris » propose une promenade pleine de surprises dans les rues de la capitale.

    Saviez-vous par exemple que l’Olympia a abrité les premières montagnes russes de Paris ? Que Henri IV cultivait lui-même ses asperges dans le fossé du Louvre ? Que l’Elysée a été une HLM (le lieu était sans doute moins convoité aujourd’hui) ? Que la Guerre de Cent ans est de la faute d’un cochon parisien ?

    Au gré des pages, certaines idées reçues tombent aussi : La première femme à entrer au Panthéon par exemple ? Marie Curie répondrait-on naturellement ! Pas tout à fait… Une certaine Sophie Berthelot y repose depuis plus longtemps.

    Napoléon, le premier empereur français ? Là aussi, vous faites erreur. C’est oublier Julien l’Apostat, sacré à Lutèce au IVe siècle…

    Bref ce livre est une mine d’or. Chaque « histoire » est, qui plus est, présentée de façon succincte. Cela frustrera sans doute les historiens mais a l’avantage de proposer une lecture agréable et « facile » de l’histoire sans pour autant faire de concession justement à cette Histoire. On peut ainsi piocher comme on le veut au gré des quelque 150 anecdotes qui vous feront voir Paris différemment ors de votre prochaine visite.

    Ce livre est le premier titre d’une nouvelle collection « Les secrets de… » lancée par la Librairie Vuibert. L’idée est à chaque fois de parler d’une thématique avec un auteur spécialisé mais sans tomber pour autant dans un récit trop historique ou scientifique. La cible est avant tout le grand public à qui on présente ainsi les petites histoires qui ont fait la grande et l’envers du décor.

    C’est donc Paris qui à l’honneur de ce premier ouvrage. A la baguette Clémentine Portier-Kaltenbach, journaliste et auteur d’ouvrages d’histoire grand public comme Histoire d’os et autres illustres abattis, Grands Zhéros de l’histoire de France ou encore Le Grand Quiz de l’histoire de France.

    La Grande Guerre aussi…

    Les titres suivants de la collection sont consacrés aux trains, aux grands crimes de l’Histoire (mars) tandis que celui sur les secrets de la Grande Guerre vient de sortir. Il est écrit par Rémy Porte, un spécialiste de l’histoire de la Première Guerre mondiale, qui a notamment dirigé avec François Cochet le Dictionnaire de la Grande Guerre et a publié dernièrement Chronologie commentée de la Grande Guerre, juin 1914-juin 1919.

    On y découvre ainsi pourquoi les soldats français sont-ils les seuls à entrer en guerre en août 1914 avec une tenue si voyante, le « pantalon garance » ? Que doivent les Alliés aux centaines de modestes caboteurs et chalutiers qui ont été réquisitionnés en Méditerranée ? Pourquoi une poignée de soldats belges a-t-elle fait le tour du monde en guerre dans des conditions parfois rocambolesques entre 1915 et 1918 ? Quelle bataille faillit coûter à Churchill sa carrière politique ? Exploitant des archives inédites ou peu connues, notamment des témoignages des acteurs et des témoins, l’auteur met en lumière une vingtaine d’épisodes diplomatiques, militaires ou politiques, éclairant sous un angle nouveau ce conflit que l’on aura jamais fini de redécouvrir…

    Grégoire Amir-Tahmasseb

    Les secrets de Paris, Clémentine Portier-Kaltenbach, la Librairie Vuibert, 288 pages, 19 euros et Les Secrets de la Grande Guerre, Rémy Porte, 288 pages, 19,50 euros.

    ***********************************

    Union120226b - Marne
    REIMS : Un as de l’aviation honoré

    Ils attendent désespérément un décret qui figure au nombre des promesses non tenues !
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    On vient de célébrer le centenaire de la naissance du commandant Edmond Marin la Meslée, As des s de la campagne de France au printemps 1940 sur son Curtiss H75. Il a remporté sur cet appareil seize victoires certaines et quatre probables. Il était né le 5 février 1912 à Valenciennes et a péri en service aérien commandé le 4 février 1945 à la veille de ses 33 ans touché dans le ciel alsacien par la flak allemande alors qu’il attaquait un convoi près du Rhin. Il est inhumé à l’endroit même où son appareil a chuté. Le Club philatélique de S a i nt - B r ic e -Courcelles qui a travaillé avec l’association E d m o n d -M a r i n - l a -Meslée a édité à l’occasion de cet anniversaire une carte postale avec un timbre à date. Il s’agit de la représentation par le mécanicien personnel du pilote, Henri Wénisch de la première victoire du lieutenant Marin la Meslée, remporté dans la matinée du 11 janvier 1940 avec le sous-lieutenant Jean-Marie Rey sur un Dornier 17 de la Luftwaffe dans le secteur de Longwy (Meurthe-et-Moselle). L’appareil piloté ce jour-là par le lieutenant du groupe de chasse 1/5 était le Curtiss n° 158, équipé de six mitrailleuses de 7,5 mm de calibre. L’aquarelle qui a servi à la réalisation de cette carte avec l’autorisation de son auteur est exposée au musée de la BA112 et de l’aéronautique locale.

    On peut se procurer cette carte auprès du président du club bricocorcellien, Luc Perlot au 03-26-04-47-36. ou perlot.luc@neuf.fr

     

     

    ***********************************

    Union120226a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Le Mexique aime de Gaulle

    Une affiche de la France libre notamment diffusée au Mexique.
  •  Agrandir la photo
  • Le général de Gaulle à son bureau avec Gaston Palewski
  •  Agrandir la photo
  • Un croquis représentant le chef de la France libre.
  •  Agrandir la photo
  • Les relations extérieures sont soignées par le général de Gaulle. Le 23 février 1942, il accepte même de donner une interview à un journaliste mexicain Gonzalez Montesinos. Ne considère-t-il pas que la France libre doit être représentée sur tous les continents et que ses choix méritent d’être expliqués ? En s’adressant aux Mexicains, le Général dit une parole à toute l’Amérique latine. Il sait que son attitude, son engagement, ses choix sont appréciés là-bas et qu’il incarne une résistance opportune à la domination nazie. De Gaulle se confie : « La France combattante a besoin d’appui. Celui que lui apporte l’amitié de l’Amérique latine lui est particulièrement précieux ». L’idée est aussi de dire que la France a un rôle particulier à jouer au sein du concert des nations et qu’elle incarne des valeurs dont elle est fière : « Voici pourquoi toute politique qui, à Vichy et ailleurs, vise à la neutralisation de l’Empire et du peuple français ou s’accommode de cette neutralisation est une politique mauvaise ».

    Montesinos ne dissimule pas les arguments que la propagande nazie emploie en Amérique latine pour dissuader les populations de manifester leur solidarité avec les Français libres. Il évoque même les disputes régulières qui opposeraient le chef des FFL à Winston Churchill au point que le Premier ministre britannique l’aurait fait enfermer à la Tour de Londres ! « La propagande dont vous parlez prétend alternativement ou bien que les Français libres sont soumis à l’Angleterre ou bien qu’ils sont anglophobes. Nous, nous n’acceptons de connaître que les seuls intérêts de la France et en laissant au peuple français le soin de fixer librement son régime dès que nous lui en aurons rendu la possibilité ». De Gaulle ne nie pas qu’il y a quelques difficultés dans les relations avec le gouvernement anglais parce qu’il y a des intérêts « enchevêtrés » mais il estime qu’il vaut mieux un langage de vérité que des postures accommodantes derrière lesquelles sont dissimulés de graves désaccords.

    Le Général cite un exemple récent qui a fait la une de la presse : « Vous avez pu voir, par exemple, que nous eûmes quelque peine à faire accepter le ralliement des îles Saint-Pierre-et-Miquelon. Vous n’ignorez pas que le maintien de la position de la France en Syrie après les événements de juin-juillet derniers a été assez laborieux. Mais nous avons dans l’intérêt commun, le droit et le devoir de nous montrer intransigeants ». La France libre n’est pas prête à se renier pour exister dans le périmètre délimité par ses alliés qui refuseraient de lui donner la place qui lui revient. Le Général dit sa confiance en Churchill et se plaît à pouvoir discuter avec lui en toute franchise. Il salue : « la clairvoyance de ce grand homme d’Etat anglais à la fois noble et habile ».

    Répondant à d’autres questions il dit de Weygand : « La capitulation est un abîme d’où un chef ne revient jamais ». Lorsqu’on lui demande pourquoi Vichy l’a relevé de son commandement, question qui a par ailleurs été débattue au Mexique, le Général réplique : « Quand vous cherchez à vous expliquer les décisions prises à Vichy, ne manquez jamais de penser à leurs deux principaux facteurs qui sont, d’une part, les exigences de Hitler, d’autre part la rivalité féroce des malheureux qui forment ce qu’ils appellent le gouvernement et que leur ambition torture. Pour ce qui concerne le rappel de Weygand, je crois bien qu’il est dû à la fois aux ordres de l’ennemi qui jugeait le moment venu de mettre un terme à l’équivoque, et à la haine jalouse de Darlan, qui avait pris ombrage de ce qui restait de prestige au général ». Il estime que la page Weygand est définitivement tournée du livre des douleurs de la France. Et de conclure : « La France ne reconstruira la force et l’honneur de ses armes que sur un sol ferme et pur ».


    …..

    Vichy confronté à la fièvre sociale

    Le maréchal Philippe Pétain.
  •  Agrandir la photo
  • La promotion de la Charte du travail ne fait pas l’unanimité.
  •  Agrandir la photo
  • Jacques Doriot a toujours le verbe haut.
  •  Agrandir la photo
  • Une publicité pour la Charte avec les affiches de cinéma.
  •  Agrandir la photo
  • Même les anciens doivent la lire !
  •  Agrandir la photo
  • Tensions. La Charte du travail qui étouffe les libertés syndicales ainsi que la politique généralisée de bas salaires font monter la colère chez les ouvriers.

    Il est une nouvelle qui agrée à Londres ce sont les mouvements sociaux signalés dans les mines du Forez. Des informations convergentes attestent que les mineurs du bassin de Saint-Etienne débrayent et s’insurgent contre la Chartre du travail récemment promulguée. Georges Boris se réjouit de cette ardeur militante dans l’émission « Les Français parlent aux Français ». Dans une chronique du 21 février 1942 il reconnaît : « Vichy n’a pas pu le cacher, bien que Vichy eût certainement préféré qu’on l’ignorât du monde ». La grève après la publication de ce texte estimé déterminant pour la rénovation et la modernisation des relations sociales est jugée comme un camouflet pour Vichy. Le gouvernement est imprévoyant, impuissant, dépourvu d’autorité et fait pâle figure devant Berlin qui le presse de mettre un terme par tous les moyens à ce conflit.

    Le fait que les événements se déroulent dans le périmètre stéphanois est apprécié comme un signe encourageant à la Résistance. « C’est précisément là que, l’an dernier, le maréchal Pétain est venu apporter à la population ouvrière la bonne parole vichyssoise. On ne nous avait ménagé ni les radiodiffusions, ni les articles, ni les films de propagande pour nous présenter cette visite comme une sorte de marche triomphale » se remémore Boris.

    De fait depuis le balcon de l’hôtel de ville, Pétain avait jeté les bases d’un nouvel ordre social et condamné avec la plus grande sévérité, les chefs du mouvement ouvrier. Il les avait assimilés à de dangereux démagogues et à des criminels en puissance. Si la Maréchal pensait alors que le temps des luttes sociales était révolu, il doit revoir son jugement. La Révolution nationale n’a pas pris racine au cœur du pays minier et désormais la visite mémorable du chef de l’Etat français illustre la faillite de la politique qu’il cherchera à consolider.

    Une force sociale en lutte

    « Ce n’est pas pour leur plaisir que les mineurs de Saint-Etienne se sont mis en grève. Ils sont bien trop pauvres pour renoncer à leurs salaires sans de bonnes raisons. Et qu’on ne nous dise pas qu’ils ont cédé aux excitations des meneurs, ces meneurs qui ont toujours si bon dos » insiste le chroniqueur. De fait, les responsables syndicaux ont été arrêtés bien avant le commencement du mouvement revendicatif. Ce qui motive la grève, ce n’est pas simplement l’hostilité à Vichy mais la faim, la misère et l’insécurité sociale qui constituent le nouveau socle du quotidien. En défendant les libertés ouvrières, les grévistes dénoncent le désordre mis en musique par Vichy et une société qui travaille à la récession des droits sociaux et à la soumission des individus à un ordre imposé d’en haut. « L’ennemi étranger reste l’ennemi qui torture et qui tue. Et la paix intérieure, la paix sociale sont impossibles précisément parce que l’ennemi auquel Vichy a livré la France réduit les Français à l’insécurité, la misère et la faim » conclut Georges Boris.

    La Charte du travail est encore vigoureusement dénoncée dans une intervention du 23 février 1942. Elle est qualifiée de très impopulaire par Henri Hauck. Les travailleurs sont privés de toutes les libertés syndicales et cela ne passe pas. Même Jacques Doriot et le Parti populaire français mesurent ce mécontentement grandissant. Aussi cherchent-ils à s’en servir en usant d’une démagogie dont ils sont coutumiers. Ils veulent récupérer la colère ouvrière à leur profit exclusif. Est-ce à dire que les travailleurs sont assez naïfs pour ne pas discerner la manœuvre du parti collaborationniste et de ses dirigeants ? L’agitation du PPF ne trompe personne. On se doute qu’il travaille : « Au seul profit des Boches ». Hauck commente : « Doriot a beau se vanter d’être un homme du Maréchal, il n’a jamais eu de scrupules à tirer, toutes les fois qu’il a pu, dans les jambes des hommes de Vichy ». Ce que recherche le PPF est de constituer un front du travail copié sur celui que le docteur Ley a établi en Allemagne sous l’égide du parti national-socialiste. Préparer le chemin d’une révolution nazie française dans le cadre de l’ordre nouveau d’Hitler est une manipulation : « Aucun travailleur français ne prendra au sérieux les manifestations spectaculaires des doriotistes. Ils sont assez discrédités par leur vénalité et leur volte-face, par leur démagogie et leur soumission à Hitler pour que le meeting organisé provoque chez les ouvriers parisiens, autre chose que sourires ironiques et dégoûts ». Londres tient à dénoncer cette stratégie réactionnaire concoctée dans les rangs de la collaboration.

    Les bottes de la répression

    On compte sur les travailleurs français, leur finesse, leur patriotisme robuste. Ils savent que la répression anti-ouvrière est très dure en zone libre. Hauck illustre de plusieurs exemples cette répression orchestrée avec la bienveillance de Vichy : « A Nice, un de mes correspondants nous signale qu’une cinquantaine de cheminots sont en prison depuis le début de novembre, sans aucun motif avoué. Ils sont au régime de droit commun, de l’eau chaude le matin, une soupe comme unique repas et un morceau de pain. Leur salaire a été supprimé et à la maison, c’est la misère pour les femmes et les enfants ». Leur situation est d’autant plus difficile que les services de police ont interdit les collectes de solidarité et les aides matérielles aux familles des cheminots emprisonnés et relevés de leurs fonctions.

    Hauck n’oublie pas de mentionner l’ardeur de la répression cette fois en zone occupée. Il fustige les dénonciations des hommes de Doriot et la pression « des boches » qui stimule les interventions policières pour étouffer dans l’œuf les revendications. Cette démonstration est destinée à apporter une conclusion raisonnable et comprise de tous : « Vichy et Paris, Pétain et Doriot, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, un bonnet réactionnaire et marqué de la croix gammée. Ils sont tous dans le même panier, le panier du fascisme et de la trahison » assène le chroniqueur avant de conclure : « Les travailleurs français balaieront pêle-mêle tous ces détritus nauséabonds pour les jeter à la poubelle ».

    Le contexte général est des plus préoccupants puisque le poids du tribut de guerre met de plus en plus en danger les comptes de la nation. La France n’est pas la seule soumise à ce régime inique mais si l’on additionne ainsi les charges imposées par les Allemands aux pays vaincus, on atteint le chiffre impressionnant de 15 milliards 70 millions de marks par an, soit 300 milliards 140 millions de francs. Les salariés ne peuvent pas rester inertes face à ce pillage institutionnalisé. La part de la France dans ce total est de 120 milliards.

    Les Français libres dénoncent au terme de ces inventaires de la confiscation, une Europe composée de peuples asservis, rançonnés par le Reich, lequel en vertu du dogme de la supériorité raciale prétend à avoir comme l’a assuré le service de la propagande à disposer : « De plus de pain, de plus de vêtements, de plus d’espace et de plus de culture que tous les autres ». Londres s’insurge aussi contre les prétentions du ministre du Travail nazi qui exige partout un effort sans précédent. La crainte de réquisitions nouvelles de main-d’œuvre vers l’Allemagne n’est pas une simple vue de l’esprit. Le 26 février 1942, les Français libres condamnent la politique des bas salaires appliquée à la France sur l’ordre des Allemands pour mieux intégrer l’économie française dans l’économie européenne sous tutelle du Reich. Les gaullistes concluent qu’il ne peut pas exister de politique sociale sous la domination nazie.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    …..

    Les jeux dangereux de la propagande

    La guerre se déroule aussi sous les eaux.
  •  Agrandir la photo
  • L’Armée rouge à Leningrad fête ses vingt-quatre ans.
  •  Agrandir la photo
  • Intox. Si Goebbels affirme en ce mois de février que l’armée allemande va faire un bond formidable, prendre Leningrad, Moscou, le Caucase et anéantir l’Armée rouge, il n’y a guère que les services de la propagande nazie qui imaginent un tel scénario.

    A Londres on sait les conditions extrêmes que subissent les Soviétiques privés de tout mais qui sont retranchés dans Leningrad et tiennent le choc face aux pressions ennemies. Le froid est intense, le ravitaillement interrompu. Staline refuse l’immobilisme et ordonne à ses troupes de harceler les positions allemandes et les arrières de ses unités. Si les Allemands subissent des pertes conséquentes, les Soviétiques dressent des bilans particulièrement lourds dans leurs rangs. Une chose est certaine, les Allemands n’avancent plus. Sur Radio Londres, même si l’on affiche un réel optimisme, on évite de crier victoire. On salue la Résistance soviétique et les combats héroïques menés contre l’envahisseur : « Il est encore trop tôt et la situation militaire autour de Leningrad est trop embrouillée pour prédire le résultat des opérations actuelles. Il est certain en tout cas qu’elles sont de grande envergure et que les Allemands subissent des pertes considérables. Aucune nouvelle ne pourrait être mieux accueillie par le peuple russe que celle de la délivrance de Leningrad », précise le chroniqueur de la BBC avant de conclure : « Et l’espoir grandit avec l’avance progressive et continue des Russes à travers les positions allemandes puissamment fortifiées ».

    Nul doute que le Reich veut jouer son va-tout en cette année 1942. Le 19 février, l’Allemagne annonce comme l’année précédente : « la victoire finale pour l’année en cours » et le 20 les services de la propagande livrent leur argumentaire. Il s’agit d’abord d’insister sur le moral et la vaillance des soldats, d’annoncer une offensive sans précédent du Reich partout où il tient une ligne de front. Pour ce faire, il faut lever de nouvelles troupes et compenser les postes de travail libérés par ceux contraints de porter l’uniforme par des travailleurs venus des pays occupés et qui seront rémunérés.

    A Londres, les FFL se moquent de la situation des armées outre-Rhin : « En Allemagne, on conscrit tout, y compris des vieillards, jusqu’aux invalides, qui peuvent tenir quelques heures sur un banc ou devant une machine ». L’état-major allié raisonne alors sur un plan allemand qui consiste à employer les six mois de beau temps à l’Est pour mener à bien une série de coups décisifs contre les forces soviétiques et s’assurer le contrôle des régions pétrolières avant d’établir une jonction avec le Japon en Asie dite moyenne via Suez. « Il est donc vraisemblable que l’offensive allemande prendra la route de l’Orient », indique-t-on dans une note au général de Gaulle.

    Le réalisme allié

    Si le plan ennemi apparaît très ambitieux, il s’agit en vérité d’un jeu. Hitler a décidé de prendre d’immenses risques et les Alliés sont convaincus qu’il va échouer. Aussi faut-il le laisser faire pour qu’il s’enlise et subisse des défaites en cascade. Néanmoins les Britanniques sont pragmatiques dans leurs analyses et en phase avec de Gaulle : « Il faut s’attendre à ce que ce déchaînement de force obtienne aussi quelque résultat, quelque succès. Ces succès déchaîneront un véritable ouragan de désinformation sur la France, sur les pays occupés ». Aussi préparent-ils les gens à ces scénarios de manière à ce qu’ils ne perdent pas confiance : « Il faut exorciser la propagande allemande et ses pièges ». Les Alliés savent aussi qu’il leur faut agir sur le terrain pour éreinter les puissances de l’Axe. Le 20 février aussi, les gaullistes mettent en garde contre cette Allemagne qui a besoin d’une France divisée pour parvenir à ses fins. « La tâche de tous les Français consiste à déjouer les plans de l’ennemi ». Dans l’entourage du Général on considère que l’Allemagne ne peut pas croire que les populations des pays occupés sont dupes. L’Allemagne est vulnérable et chacun doit le savoir. Aussi va-t-on sélectionner des événements attestant l’imperfection de l’organisation ennemie.

    Le 21 février 1942, Donald Mac Lachlan signe une chronique dans laquelle il dénonce la basse œuvre d’un sous-marin allemand qui a coulé un bâtiment battant pavillon du Reich. « Le Spreewald a été torpillé à 450 milles au nord des îles Açores. Les recherches faites à l’emplacement signalé n’y trouvèrent qu’une vaste tâche d’huile de trois milles de diamètre. Aucun survivant ne put être retrouvé. Peut-être le malheureux commandant du sous-marin qui coula le navire en recueillit-il quelques-uns. S’il en est ainsi, les rescapés porteront témoignage contre lui devant le conseil de guerre ». Cette description est destinée à semer le doute sur la capacité de la marine allemande à reconnaître les siens et sur la qualité des équipages formés. « Un commandant allemand expérimenté n’aurait jamais couru le risque de couler un des précieux navires allemands ». Et d’imaginer que certains navires italiens qui ont été envoyés par le fond l’ont été aussi au terme de graves erreurs d’appréciation. Mac Lachlan conclut : « Et pourtant la propagande allemande reconnaît que la guerre doit être gagnée sur mer, par les sous-marins ». Une erreur qui ne serait pas commise par des équipages britanniques comme on s’empresse de le redire dans une émission diffusée le 22 février. Avant d’ajouter ce commentaire : « La flotte anglaise doit être présente partout à la fois. Elle l’est et elle le sera jusqu’au bout du conflit. Tu connais peut-être le vieux dicton de la marine : gagne la guerre le pays dont la flotte tient le plus longtemps en mer ».

    A la gloire de l’Armée rouge

    Il n’empêche que Londres fait une place particulière aux forces soviétiques. C’est ainsi que le 23 février on célèbre dans la capitale britannique le 24e anniversaire de la création de l’Armée rouge. On insiste sur l’hommage à la fois rendu par le public anglais et par les délégations des forces armées alliées. On évoque l’enthousiasme et l’émotion de l’auditoire : « Des milliers de personnes ne purent entrer dans le vaste théâtre de 4.000 places qui, bien avant l’heure fixée pour la réunion était archicomble ». On insiste sur la mise en scène, la réunion de tous les drapeaux des nations en guerre contre le Reich. Au fronton, deux immenses banderoles portent cette inscription : « Les Alliés saluent l’Armée rouge ». « Nous vaincrons en 1942 ». Auprès d’un amiral russe et de deux colonels soviétiques se tient le général Martial Valin, commissaire national de l’air de la France libre, des délégués de la Chine, de la Pologne, de la Yougoslavie, de la Tchécoslovaquie, de la Norvège. Le commentateur précise : « Pour cette armée et pour ce peuple qui ont un moral intact, repousser les Allemands est un devoir avec le concours de ses chefs et grâce à sa foi et sa confiance inébranlables ». On laisse s’exprimer une ouvrière anglaise qui déclare : « Si nous envoyons aujourd’hui nos vœux à l’armée russe, nous sommes fières surtout de lui envoyer bien plus encore : les avions, les chars, les fusils, les mitrailleuses que nous fabriquons jour et nuit et sur un rythme de plus en plus rapide ». Le général anglais Herbert Gough enfonce le clou : « Aujourd’hui, les Allemands n’essaient plus de gagner la guerre mais luttent pour éviter la défaite ». Après la brève allocution du général Valin, tout le monde entonne la Marseillaise. Bref, les Soviétiques sont soutenus dans leur combat pour préserver leur patrie.

    ***********************************

    Union120225b - Marne
    REIMS : Indemnisation des orphelins de guerre : Entre espérance et déception

    Ils attendent désespérément un décret qui figure au nombre des promesses non tenues !
  •  Agrandir la photo
  • Une discrimination qu’ils n’admettent pas : les orphelins de guerre et pupilles de la nation se demandent si leurs revendications auront un jour gain de cause.

    « C’EST notre 8e assemblée : les années passent à une cadence infernale ! » constatait, lors de l’assemblée générale des membres de l’Association nationale des pupilles de la Nation et orphelins de guerre ou du devoir, Jacki Nix, président de la délégation départementale. Rappelons que depuis dix ans, l’association, qui compte pour la Marne 80 adhérents (7 500 sur le plan national) se bat pour que disparaissent les discriminations induites par les lois des 13 juillet 2000 et 27 juillet 2004 : ces lois instaurent une indemnisation pour certains orphelins de guerre, sous réserve de critères dans lesquels entre la notion de « barbarie ». Une notion dont il est, plus de 60 ans après les faits, difficile d’apporter la preuve.

    En 2007, le président Nicolas Sarkozy promet « dès que possible le lancement de travaux permettant d’aboutir à un décret unique, en instituant une mesure de réparation pour tous les orphelins de guerre n’ayant pas bénéficié des précédentes mesures ».

    Promesse non tenue

    Depuis, le dossier continue de se promener de service en service. Le « dès que possible » se termine avec la future élection présidentielle et est à ranger dans les promesses non tenues… Moment d’espoir en novembre 2011 : le président national, André Lefebvre, est reçu par Marc Laffineur. Le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants reconnaît la légitimité du dossier, en abandonnant la notion de barbarie comme critère de référence, et confirme que le décret est en phase de finalisation. Espoir vite déçu : on fait savoir que du fait de la situation économique, le décret ne paraîtrait que lorsque les finances seraient assainies… « Il nous faut beaucoup de volonté pour ne pas tomber dans le découragement à cause de tous ces atermoiements », assure Jacki Nix aux adhérents qui se demandent s’il ne conviendrait pas de durcir leur position, afin qu’on parle d’eux.

    Un point encourageant toutefois : l’un des adhérents, Bernard Le Gall, a enfin obtenu satisfaction. Son père, prisonnier, a été tué à bout portant de deux balles par une sentinelle ivre. L’acte a été assimilé à « barbarie » et donne donc droit à indemnisation à ce membre qui, généreusement, a fait un don de 500 euros à son association.

    Alain Bisteur, conseiller municipal, a assuré les adhérents du soutien de la Ville à leur cause. « Votre indignation est justifiée et je pense que vous méritez de réussir » : ils sont repartis pour reprendre leur combat…

    ***********************************

    Union120225a - Marne
    THIEBLEMONT-FAREMONT : 2e assemblée générale de l’UNC Perthois-Bocage : Ils rendent hommage à leurs morts

    L’assemblée générale a été suivie d’un dépôt de gerbe au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • La section Perthois-Bocage de l’union nationale des combattants (UNC), créée l’an passé avec le regroupement des sections de Blaise-sous-Arzillières, Thiéblemont-Farémont et Vitry-le-François, a tenue ce dimanche sa 2e assemblée générale à la mairie de Thiéblemont, en présence d’une cinquantaine de participants dont le général de corps d’armée Jean-Marie Lemoine ; le député Charles-Amédée de Courson ; la conseillère générale Mariane Dorémus, première adjointe de Vitry-le-François ; les maires Christian Girardot et Didier Gérardin, et Alexandre Zentner, président de l’UNC Marne.

    Le vice-président départemental Bernard Thiebault, président de l’UNC Perthois-Bocage, a exposé le rapport moral présentant les activités de l’année écoulée.

    Les anciens combattants décédés au cours de l’année n’ont pas été oubliés. Ils sont quatre issus de l’ancienne section de Thiéblemont-Farémont et trois de la section Blaise-sous-Arzillières/Vitry-le-François : Jean Chenu, Michel Tonda, Marcel Breteau, Michel Loppin, Jean Cordelois, Jean Milani et Gilbert Jacqueminet.

    L’assemblée générale s’est terminée par les allocutions des invités, dont le général Lemoine qui a proposé une réflexion sur « l’état de l’armée de terre aujourd’hui ».

    Un dépôt de gerbes de fleurs au monument aux morts a clôturé cette matinée de retrouvailles, en présence notamment de Bruno Dupuis, directeur de l’Onac-VG de la Marne et du commandant de la brigade de gendarmerie de Thiéblemont-Farémont.

    ***********************************

    Union120224a - Marne
    BETHENY : Anciens de l’Armée de l’Air : Pérenniser le devoir de mémoire des frères d’armes

    Cent-dix personnes ont participé à l’assemblée générale annuelle.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Depuis la fermeture de la BA 112, l’Amicale des Anciens de l’Armée de l’Air de Reims et sa région a dû transférer son siège, et un point de chute s’imposait : la mairie de Bétheny, ville du berceau de l’aviation. C’est donc dans les locaux de l’ancienne école maternelle « Mairie », qui va prochainement accueillir le Musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale (le nouveau nom n’est pas encore connu), que s’est tenue le 11 février l’assemblée générale annuelle.

    Cette amicale, créée en 1920, puis modifiée en 1948, est la plus ancienne association des anciens de l’aviation, inscrite au patrimoine de l’armée de l’air. Son but est de resserrer les liens entre les anciens militaires de l’Armée de l’air, et de jouer un rôle social en les aidant moralement. Elle compte environ 130 membres, et 110 personnes étaient présentes (épouses comprises) lors de cette assemblée.

    Le président Claude Scrabalat, montrant sa satisfaction devant le grand nombre de participants, lors des évènements récents, est particulièrement revenu sur la cérémonie de commémoration de la mort d’Edmond Marin La Meslée le 2 février dernier.

    Lors de la cérémonie des couleurs, organisée par le colonel Servat, directeur de l’organe liquidateur, 70 anciens étaient rassemblés autour du monument aux morts, en présence du fils du héros Marin La Meslée.

    Le président a rappelé également le déplacement de la plaque commémorative, qui se trouvait sur la stèle, qui a été rénovée entièrement par l’amicale et placée sur le monument de la 12e escadre de chasse, désormais dédié à tous les morts de la Base, et où elle restera quel que soit le devenir de la Base.

    L’amicale s’est engagée à la fleurir et à l’entretenir. « Nous sommes la seule amicale à revendiquer le droit de pérenniser le devoir de mémoire des frères d’armes morts en service », a affirmé le président, et il a redit le grand intérêt, pour l’amicale, d’avoir été accueillie à Bétheny.

     

    ***********************************

    Union120223a - Marne
    MONTMIRAIL : Les monuments aux morts vont faire l’objet d’une restauration 6 000 lettres à repeindre avant 2014

    Lors de ce conseil municipal, les élus montmiraillais ont aussi évoqué le projet d’école.
  •  Agrandir la photo
  • Le conseil municipal s’est réuni sous la présidence de Bernard Doucet.

    Monuments aux morts. Le maire a exposé à l’assemblée le projet de restauration des gravures des monuments aux morts de Montmirail et de ses hameaux. Le projet est présenté dans le cadre des célébrations du centenaire du début de la Première Guerre mondiale en 2014, en rappelant que ce sont les noms de ceux tombés pour la France, lors des deux guerres mondiales. Bernard Doucet a ajouté que, « nous avons plus de 6 000 lettres à repeindre ».

    Cinéma. Bernard Doucet a rappelé que le cinéma de Montmirail se porte bien, son chiffre d’affaire et en hausse de 20 % par rapport à 2010 et la fréquentation en hausse de 16 % par rapport à 2010. Par contre, la fréquentation de Ciel Ecran est en net recul et le contrat n’est pas renouvelé.

    Police municipale. Il a indiqué qu’une nouvelle policière municipale va être recrutée à Montmirail, il s’agit de Melle Hoffmann.

    Budget. Le conseil municipal a procédé au débat d’orientation budgétaire. Jean-Paul Bernier a fait remarquer que le projet du groupe scolaire n’y est pas inscrit. Selon lui, sans l’aide des communes et notamment de Montmirail, le projet ne pourra pas se réaliser. Bernard Doucet a répondu que le projet doit se faire par phase, commencer par l’école maternelle pour ensuite réaliser le groupe en entier. Le conseil municipal a décidé la réalisation d’une mission de contrôle technique dans le cadre de la création d’une maison pluridisciplinaire de santé à Montmirail. Un marché de fournitures de matériel d’éclairage public dans les rues des Tilleuls et des Pommiers, en autre, a été décidé pour l’année 2012.

    Chemin de randonnée. Pour conclure, il a été question de la signature d’une convention d’autorisation de passage, d’aménagement, d’entretien et de balisage d’un circuit pédestre, dans le cadre d’un circuit historique pour célébrer les manifestations du bicentenaire des batailles napoléoniennes en 2014. Le maire a rappelé que dans cette convention, le comité départemental de la randonnée pédestre sera entièrement responsable de la sécurité en cas d’incident ou d’accident pendant ou lors des préparations de ces randonnées et de la remise en état des chemins en question.

    ***********************************

    Union120222a - Marne
    VERTUS : A la salle Wogner de Vertus : Le vibrant témoignage d’Yvette Lundy

    Yvette Lundy ne veut cesser de témoigner.
  •  Agrandir la photo
  •  

    « Depuis que j’ai écrit ce livre, j’ai comme un souffle nouveau qui m’aide à vivre », a confié Yvette Lundy lors d’une rencontre-dédicace à la salle Wogner. La municipalité, avec le concours de Vincent Mailliard de la maison de la presse de Vertus, a organisé la venue de cette grande figure de la Résistance à l’occasion de la sortie de son livre « Le Fil de l’Araignée - Itinéraire d’une résistante déportée marnaise ». Cet ouvrage a été écrit avec la complicité de Laurence Boisson-Barbarot, qui au fur et à mesure de ses rencontres avec Mme Lundy a raconté l’histoire de sa vie dans la grande Histoire. « J’ai vidé le reste de ces souvenirs douloureux que j’avais au fond de moi. Mes enfants n’en ont jamais autant compris qu’à la lecture de ce livre. Ils ont été suffoqués ! », a précisé Yvette Lundy. Devant une large assemblée, enfants et adultes ont écouté parler cette dame dont le courage force le respect. Deux anciennes élèves de sa classe, qui ont assisté à son arrestation dans son école, en 1944, alors qu’elle était institutrice à Gionges, étaient présentes à ce rendez-vous. Pour se procurer cet ouvrage, s’adresser à la maison de la presse de Vertus ou en contactant le 06.14.52.13.02.

     

    ***********************************

    Union120221a - Marne
    EPERNAY : Evoquée à l’IUTL : La réconciliation franco-allemande

    Une conférence en quelque sorte « actuelle »,
  •  Agrandir la photo
  • Le sujet trouve écho plus que jamais dans le contexte actuel. Les relations entre les deux états sont largement évoquées dans les médias sous différents angles et 2012 verra, outre le grand rendez-vous électoral, la commémoration du 50e anniversaire de la rencontre historique du général De Gaulle et du chancelier Adenauer sur le parvis de la cathédrale de Reims.

    Hervé Chabaud a disséqué l’événement avec la précision chirurgicale qu’on lui connaît devant l’auditoire studieux de l’Institut Universitaire du Temps Libre.

    Une première rencontre entre les deux « ennemis » d’autrefois avait eu lieu à La Boisserie, à Colombey-les-Deux-Églises, en septembre 1958.

    Pas moins de quatre années avaient été nécessaires pour aboutir à la fameuse rencontre des deux chefs d’état le 8 juillet 1962.

    Elles ont lentement mais sûrement contribué à la construction d’un nouveau pont relationnel entre la France et l’Allemagne et les prémices de la Communauté européenne.

    Les prochains rendez-vous de l’IUTL en mars sont jeudi 15 mars, « Ardenne Brabant et l’histoire de la terre durant un milliard d’années » par Michel Coulon, jeudi 22 mars, « Etre alsacien de 1868 à 1948 » par Bernard Herold, jeudi 29 mars, « La crise de la dette souveraine », par Gérard-Mary Henry.

    Renseignements et inscriptions : Solange Solle, 8, rue Blandin 51200 Épernay - tél. 03.26.51.57.53.

    ***********************************

    Union120220a - Marne
    TAISSY : La reconnaissance de la Nation à M. Fossé

    Jean-Pierre Fossé, nouveau médaillé.
  •  Agrandir la photo
  • Malgré le temps particulièrement froid, les anciens combattants de Sillery, Puisieulx, Taissy et Saint-Léonard, qui participaient à leur 81e assemblée générale, ont quitté la salle de conférences pour se rendre au monument aux morts de Taissy.

    Après les sonneries du clairon, le maire de Taissy, assisté de l’adjudant-chef de gendarmerie et du président des anciens combattants Robert Marguet, a déposé une gerbe au monument en présence d’une délégation de sapeurs-pompiers locaux.

    Jean-Pierre Fossé s’est alors vu remettre la médaille du titre de reconnaissance de la Nation par M. Marguet qui a rappelé son séjour en Algérie dans le secteur d’Alger, du 16 septembre 1962 au 24 octobre 1963, au 11e BCA.

    ***********************************

    Union120219c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Les crashs d’avions en 39-45 dans la région : Atterrissages forcés en Argonne

    Un Messerschmitt 109, abattu à Crémont peu avant la Libération, a été littéralement dépecé par les amateurs locaux.
  •  Agrandir la photo
  • Un Dornier 17P a été observé le long de la route D84 reliant Noiremont à La Neuville-au-Pont
  •  Agrandir la photo
  • Certaines pièces, comme ce régulateur d’oxygène, étaient récupérées par les collectionneurs.
  •  Agrandir la photo
  • L’Argonne a été le théâtre de nombreux incidents aéronautiques militaires entre 1939 et 1945.

    DEPUIS que l’Homme a réussi à s’élever dans le ciel, il a tenté de conquérir les territoires voisins ou de se défendre par ce biais. Cela lui a parfois coûté cher. En témoignent les nombreuses pannes et avaries au cours des combats dans le ciel argonnais durant la Seconde Guerre mondiale. Autant de situations exceptionnelles que plusieurs jeunes, passionnés par ce type d’événement, ont pu contempler et photographier, lorsque les congés scolaires le permettaient, emportant si possible un objet témoin. Passage en revue de quelques « crashs » et incidents mémorables.

    Littéralement dépecé

    Pour commencer, deux avions allemands ont dû opérer un atterrissage forcé. Un Dornier 17P a été observé le long de la route D84 reliant Moiremont à La Neuville-au-Pont. Les circonstances de cet incident ont été rappelées dans la revue Batailles aériennes. L’appareil avait été repéré et pris en chasse par trois Hurricanes anglais au-dessus de Longuyon. Une manœuvre habile lui avait cependant permis de se placer à l’arrière d’un de ses poursuivants et de l’abattre, avant d’être contraint de se poser à son tour. La photo prise montre deux Ménéhildiens, MM. Vouillemy et Beaujard, en service à l’époque, à la garde d’une station de transmissions.

    A Crémont, monticule connu à Menou, un Messerschmitt 109, abattu peu avant la libération en 1945, et que les Allemands n’ont pas eu le temps ni les moyens de récupérer, a été littéralement dépecé par les amateurs locaux et photographié par M. Rosman, photographe connu, avant le pillage terminal.

    Les avions alliés en détresse

    Du côté allié aussi, les avions ont connu quelques situations de détresse. L’équipage d’une Forteresse volante B17, de retour d’une mission de bombardement en Allemagne en octobre 1944, avait pu s’éjecter de l’appareil en situation de détresse par saut en parachute sur Servon-Melzicourt. Resté seul aux commandes, le pilote a pu sauver son avion par atterrissage forcé réussi.

    Un autre Forteresse volante B17, entre Berzieux et Ville-sur-Tourbe, a lui aussi connu une avarie. L’équipage a été sauvé par le parachute et le pilote, là encore, a réussi son atterrissage forcé. Les témoins de cette mésaventure racontent que c’est un ferrailleur local qui a recueilli les carcasses de ces deux avions américains.

    Un avion de transport américain Norduynn-Horsemann à Planasse, aux abords de Menou, est tombé en panne. Après un séjour d’une journée pour des réparations, il est reparti.

    Un Stinson-sentinel a séjourné aux Vertes-Voyes, à l’emplacement des bâtiments militaires stationnés pendant le conflit de 39-45.

    Les nombreux avions en détresse dans le ciel de la région sont, d’après les spécialistes, redevables à une chasse allemande active à Saint-Dizier, mais aussi à une base radar située à Minaucourt-le-Mesnil, appartenant à la ligne allant de la Baltique au sud de la France.

    Les documents et matériels présentés sont issus de la collection de Roger Cugnet.

    D’autres avaries signalées

    Des crashs ou incidents divers ont été signalés dans la région :

  •  à Épense, un bombardier anglais a été récupéré par les Allemands au quai militaire de la gare de Menou, probablement après un incident ;
  •  à La Viergette, dans les bois entre Florent-en-Argonne et Menou, un Messerchmidt 110 a été abattu ;
  •  à Minaucourt-le-Mesnil, un Stirling a chuté dans un lieu proche du cimetière militaire actuel ;
  •  à la ferme des Maigneux, un Focke-Wulf, s’est posé et a été récupéré par les Allemands ;
  •  à Argers, au voisinage du village, un chasseur américain a été abattu quelques jours avant la libération ;
  •  au cimetière de Lachalade, les tombes d’aviateurs anglais rappellent la chute d’un bombardier anglais dans les bois de La Gruerie ;
  •  une tourelle d’avion américain B17 en détresse a été signalée en chute non loin de l’abattoir de Menou et est tombée non loin de l’Aisne.
    ***********************************

    Union120219b - Marne
    VALMY : TOURNAGE À VALMY

    Joël Raymond (à droite du figurant) sur le tournage de Valmy.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    Il a participé au tournage d’un court métrage mis en scène par Denis Guénoun à Valmy, en 1989, pour la réalisation d’une grande fresque épique « La levée », qui durait 4 heures, au Centre dramatique national, à l’occasion du bicentenaire de la Révolution.

    « On a dû installer un immense travelling, pour un plan-séquence de 10 mn durant lequel la caméra tournait sans s’arrêter. On avait fait appel à des centaines de jeunes figurants, de jeunes lycéens pour la plupart. »

     

     

    ***********************************

    Union120219a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    …..

    Singapour : la terrible chute

    Des Japonais arrivent comme occupants à bicyclette.
  •  Agrandir la photo
  • Le général Percival (à l’extrême droite de la photo) doit accepter une reddition sans condition face aux Japonais.
  •  Agrandir la photo
  • Ces femmes de Singapour pleurent leurs enfants tués pendant les combats.
  •  Agrandir la photo
  • REDDITION. Le 15 février 1942, les Japonais entrent en vainqueur dans l’île forteresse alors que Churchill pensait que ses soldats tiendraient au moins six mois.

    Les mots du général Percival sont déjà loin : « Notre travail consiste à tenir bon jusqu’à l’arrivée des secours aussi sûrement qu’ils viendront ». En quinze jours, la ville assiégée, et victime de raids aériens, subit la tactique du général Yamashita et de son état-major. Les Nippons ont habilement disposé leur artillerie et dissimulés dans la jungle environ trois cents bateaux démontables. Comme les soldats ont été habitués à se tapir dans cet environnement inhospitalier, ils ne sont pas détectés par les Anglais. Les Japonais sont pourtant mal renseignés. Ils sous-estiment les forces de l’adversaire d’au moins moitié. Seulement, avec ses 85.000 hommes, Percival commet la même erreur que le général US MacArthur. Il opte pour une concentration de ses forces le long de la côte. Il n’écoute pas le général Wavell et choisit de poster en première ligne au nord-est de l’ancien pont de Johore la 18e division britannique.

    Dans cet espace très accessible, il pense que les soldats ennemis vont y organiser un débarquement. Au nord-ouest les Australiens du général Gordon Bennet patientent dans un terrain boueux sous des nuées de moustiques. Le gouverneur de Singapour, sir Shenton Thomas reste optimiste et estime que la capacité de Résistance des forces britanniques sera impressionnante.

    LE SABRE DE YAMASHITA

    Il ne mesure pas le doute qui s’installe dans la population. D’autant que le nombre de victimes civiles des bombardements ne cesse pas d’augmenter. Les moyens d’évacuation sont des plus limités. Le dernier paquebot à quai « Empress Of India » est coulé le 5 février et chaque jour ajoute son lot d’incendies et de sans-abri. Dans la nuit du 7 février, le général Yamashita fait traverser le détroit à la division Konoye qui conquiert l’île menant à l’ex-base de Changi. Les Japonais décident de s’infiltrer vers Singapour de nuit et surprennent aussi bien les Australiens que les Britanniques. En seulement quelques heures, quatre mille soldats nippons sont à pied d’œuvre et bientôt renforcés par des chars qui ont été approchés sur des radeaux. Une fois sur le territoire de Singapour, les régiments adverses reçoivent l’ordre de monter à l’assaut baïonnette au canon. Ils démembrent alors les lignes de défense et créent une véritable panique chez les alliés.

    Yamashita, sabre à la ceinture, se rend sur le front pour diriger personnellement l’assaut final. Lorsque le général Wavell arrivé de Java le 10 février à bord d’un hydravion pour tenter de rétablir la situation, il comprend que la chute de la métropole est imminente. La rencontre avec Percival est houleuse et Wavell lui oppose les ordres de Winston Churchill : « Le combat doit être mené jusqu’au bout. Les chefs et les officiers supérieurs doivent mourir avec les hommes. L’honneur de l’Empire britannique est en cause. Alors que les Russes se battent comme ils se battent et que les Américains s’accrochent obstinément à Luçon, c’est toute la réputation de notre pays qui se joue à Singapour ». Furieux, Wavell se rend ensuite au PC des Australiens et s’explique avec Gordon Bennet. Il monte dans l’urgence une contre-offensive.

    Le 11 février, les Japonais ont déjà le contrôle de la moitié de l’île. Ils sont dans la banlieue de Singapour où l’on signale plusieurs accrochages avec les Anglais. Yamashita comprend que ses régiments sont un peu justes pour emporter rapidement la décision : « Je craignais que les Britanniques ne découvrent la faiblesse de mes effectifs et de mon intendance et ne me contraignent à de ruineux combats de rues ». Le général nippon choisit alors de modérer l’allure de la progression de ses forces. Le 13, les bombardiers nippons effectuent des norias et détruisent la quasi-totalité des bateaux qui auraient permis une fuite. Wavell adresse alors un télégramme au Premier ministre à Londres : « Je crains que la résistance ne faiblisse ». Tout en réclamant à Percival un sursaut d’héroïsme : « Votre résistance courageuse sert un idéal, continuez dans la limite du possible ». Le 14, les Japonais ferment les vannes d’alimentation en eau de la ville. L’ennemi se livre à de nombreuses exactions. Parmi les plus effrayantes, il achève au couteau et à la baïonnette les blessés de l’hôpital militaire Alexandria et interdit aux chirurgiens d’intervenir dans les blocs.

    AU BOUT DU ROULEAU

    Le même jour, Yamashita adresse un télégramme glissé dans un rouleau en carton habillement décoré à Percival lui suggérant de capituler : « Dans un esprit chevaleresque, nous avons l’honneur de vous suggérer de vous rendre ». Le document est jeté au-dessus des lignes britanniques ! Wavell sait alors que tout est perdu aussi donne-t-il par câble à Percival toute latitude pour juger de la décision à prendre. Il sait que les soldats anglais se comportent en héros. Il ne souhaite pas un massacre général. Une délégation d’officiers se rend alors vers les lignes ennemies. Yamashita exige de rencontrer le commandant en chef. A 18 heures, le 14 février, le général Percival accompagné de son état-major se présente au général à la tête du corps expéditionnaire ennemi. L’officier japonais est entouré de journalistes. Tout a été préparé pour enregistrer et photographier la reddition.

    Les interprètes sont clairs. Il ne s’agit pas d’une négociation mais d’une capitulation. Percival veut partir mais ses officiers le lui déconseillent. Le général ne souhaite pas faire payer à ses soldats et aux civils de Singapour une maladresse qui pourrait avoir des conséquences dramatiques. A 20 h 10, Percival, désespéré, le visage marqué signe et vit cette reddition comme une humiliation. C’est la chute de Singapour. De chaque côté, on recense au moins dix mille morts. La répression a lieu dès les jours suivants en complète contradiction avec l’engagement des Japonais. Des Européens avec leurs familles sont enfermés dans la prison de Changi tandis que les soldats nippons assassinent sans raison des centaines de Chinois. Les journaux nippons affirment que c’est la plus grande victoire de la nation qui vient d’être obtenue.

    Chaque famille japonaise reçoit du gouvernement en cadeau, deux bouteilles de bière ou de saké et un sac de bonbons pour les enfants. « Ces présents vous sont offerts par les guerriers triomphants de l’empereur. Vous en aurez d’autres à chaque grande victoire » promet la propagande de Tokyo. Dressant le bilan de la situation en Extrême-Orient, le général Wavell résume : « La perte de Java est certes un coup sévère à tout point de vue. IL n’est à mon avis cependant pas fatal. Inutile donc de défendre le secteur, si l’on ne veut pas compromettre la sécurité globale de la Birmanie et de l’Austra- lie ». Les Australiens d’ailleurs tiennent désormais à défendre en priorité leur territoire et le signifient à Londres. En outre, les nouvelles en provenance de Rangoon ne sont pas bonnes. La capitale est menacée par un corps d’invasion nippon. Le 19 février, la base principale de la flotte alliée à 480 km au sud de l’île Melville sur la côte nord de l’Australie est victime d’une puissante attaque de l’aéronavale des porte-avions de l’amiral Nagumo. Le continent est bel et bien menacé.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    …..

    Les tisons de Washington

    Le colonel Pierre de Chevigné.
  •  Agrandir la photo
  • Les relations heurtées entre la Maison Blanche et la France libre préoccupent le général de Gaulle, de plus en plus exaspéré, par les caricatures dessinées par le secrétaire d’Etat américain. Il s’en ouvre dans un long télégramme daté du 18 février 1942 à Adrien Tixier qui est son représentant aux Etats-Unis. Il a entre les mains les informations que lui a communiquées l’amiral Georges Thierry d’Argenlieu. Elles concernent les commentaires formulés par le colonel Nitch qui est l’officier US de liaison à Nouméa en Nouvelle-Calédonie. Il y annonce l’arrivée prochaine d’importants contingents américains. L’amiral a besoin d’éclaircissements concernant d’abord la reconnaissance de l’autorité du Conseil national sur les possessions dans le Pacifique qu’il s’agisse de l’Océanie, des Nouvelles-Hébrides et de la Nouvelle-Calédonie. D’Argenlieu souhaite que son exercice du haut commandement des forces alliées coopérant dans la défense directe des possessions françaises dans le Pacifique ne lui soit pas contesté et qu’il puisse intégrer la structure du haut commandement interallié dans le Pacifique.

    Il est prêt a accepter le commandement éventuel de bases par des officiers américains à condition qu’ils acceptent d’être placés sous son autorité. Le général demande à Tixier d’effectuer une démarche officielle auprès du Département d’Etat et de lui en communiquer les résultats.

    De Gaulle souhaite également qu’en l’absence du colonel de Chevigné, chef de la mission militaire de la France libre aux Etats-Unis, il rencontre le général John Dill, représentant de l’état-major britannique au Conseil militaire interallié à Washington pour lui expliquer la situation dans laquelle se trouve l’amiral d’Argenlieu.

    L’objectif est de lui réclamer l’organisation exacte du commandement interallié dans le Pacifique. Il tient à ce qu’il insiste pour qu’une place significative soit proposée à l’amiral français : « Promettez de ma part au général sir John Dill que sa réponse sera transmise par l’ambassade britannique à Washington et que je la garderai absolument secrète ».

    Le même jour, de Gaulle s’adresse au colonel de Chevigné pour lui confier une mission militaire dont les caractéristiques sont décrites à la fois avec humour et pragmatisme : « Elle est, comme vous le sentez, capitale. Il s’agit de faire beaucoup avec peu et en partant de presque rien. Tout ce qui est coopération militaire de la France combattante avec les Etats-Unis est de votre ressort ! ».

    De Gaulle tient à ce qu’une combinaison des moyens certes modestes mais opérationnels de la France libre avec les Américains soit envisagée. Il veut qu’une discussion sérieuse porte sur l’armement et l’équipement des forces par les USA et que des échanges mutuels d’informations soient possibles. Il lui promet la désignation de deux officiers, un marin et un aviateur pour qu’ils deviennent ses adjoints.

    Pour qu’il n’y ait pas de perte de temps et que la France libre aux Etats-Unis soit exemplaire dans son fonctionnement le Général précise : « J’appelle votre attention sur la nécessité de marcher avec M. Tixier, qui est mon délégué aux Etats-Unis et de faire passer par lui les communications que vous m’envoyez. Celles-ci doivent être adressées sous le timbre de mon état-major particulier ». Et de conclure : « Soyez les uns et les autres actifs, francs et discrets ». Comme le chef de la France libre l’a écrit le 4 février à Philippe Barrès : « Notre mission nationale est d’être la transition entre la France combattante d’hier et la France combattante de demain. Nous n’en revendiquons aucune autre, mais tant que nous l’exerçons, il nous appartient de représenter de faire valoir et de servir les intérêts généraux de la France ».


    …..

    Procès de Riom : Blum accuse Vichy

    Le tribunal de Riom réuni mais mis en difficultés.
  •  Agrandir la photo
  • Léon Blum ancien président du Conseil du Front populaire a le verbe précis.
  •  Agrandir la photo
  • Edouard Daladier est très combatif.
  •  Agrandir la photo
  • Guy de la Chambre a été ministre de l’Air sous le Front populaire.
  •  Agrandir la photo
  • Maurice Gamelin commandant en chef a été mis à l’écart le 19 mai 1940.
  •  Agrandir la photo
  • ACCUSÉ. L’ex-président du Conseil qui a soigneusement préparé sa défense s’impose comme le porte-parole des accusés et discrédite d’entrée l’arrêt de renvoi en démontrant les insuffisances de l’instruction.

    C’est le 20 février 1942 que débutent les audiences publiques du procès de Riom. Le gouvernement de Vichy souhaite qu’un maximum de publicité soit fait à l’affaire. C’est la raison pour laquelle deux cent cinquante journalistes sont au rendez-vous. Sur le banc des accusés, on retrouve Léon Blum, Edouard Daladier, Guy de la Chambre, le contrôleur général Jacomet, le général Maurice Gamelin.

    Dès le premier jour, l’avocat de Blum, André Le Troquer plaide l’illégalité de l’acte constitutionnel n° 5 qui constitue la cour. Il tient à démontrer devant tous que le procès n’est qu’une vaste opération de propagande et d’humiliation décidée par le maréchal Pétain, son gouvernement avec les encouragements de l’occupant et de la clique des agents de la collaboration. Il lit les consignes qui ont été données pour orienter le compte-rendu des audiences dans les journaux et les mesures de censure qui peuvent être validées. Il est interdit de mentionner « que l’objet du procès est limité à l’impréparation de la guerre en France de 1936 à 1940 ». Il est recommandé « d’orienter les esprits sur les faits accablants qui seront révélés au cours des débats dans l’ordre des diverses impérities relatives à l’organisation des armées de terre et de l’air, au développement des fortifications, à la préparation de la mobilisation industrielle ».

    On comprend déjà par le biais de ces directives que les articles doivent être strictement à charge contre les accusés. Il s’agit de faire croire qu’en permanence, ceux qui sont dans le box ont manqué aux obligations de leurs charges et qu’ainsi ils se sont montrés indignes de la France. Il faut que les lecteurs comprennent que leurs souffrances résultent de décisions insuffisantes qui ont été prises avant la déclaration de la guerre.

    UNE PRESSE AUX ORDRES

    Pis, le gouvernement met au service des rédacteurs un argumentaire pour mieux réfuter les démonstrations de chaque avocat ! La huitième consigne est la plus flagrante d’une atmosphère insupportable de connivence : « Revenir fréquemment sur le fait que la politique du Maréchal dans tous les domaines a été et est inspirée par la nécessité qui découle de cette évidence : la France est condamnée à construire un régime nouveau ou à périr ». On mesure à l’aune de ce contenu que Vichy se moque de la liberté de la presse comme d’ailleurs de l’indépendance de la magistrature. Les accusés sont bien décidés à tailler en pièce les arguments de l’accusation. Ils parient qu’ils disposent des arguments justes pour déstabiliser le procureur. Léon Blum ne s’interdit pas une intervention très politique au cours de la journée du 20 février. Elle a lieu immédiatement après l’interrogatoire de personnalité du général Gamelin qui refuse de se décharger de ses responsabilités sur ses subordonnés. Il décide dans le même temps d’assister à son procès comme témoin muet.

    Pour l’ancien président du Conseil la posture de l’ex-généralissime est une opportunité pour reprocher à la cour de ne pas avoir rempli son devoir, à savoir rechercher les responsabilités militaires de la défaite. Il ne gêne pas pour indiquer que l’inspirateur de la doctrine de guerre du pays avant l’éclatement du conflit n’est autre que Philippe Pétain. Et d’accuser la justice : « Par votre arrêt de renvoi, tout ce qui concerne la conduite des opérations militaires a déjà été rejeté du débat. Pour plus de sûreté, vous avez condamné d’avance, à l’ombre et au silence du huis clos toutes les dispositions, confrontations, discussions où cette catégorie de problèmes aurait pu être évoquée même accessoirement ».

    Il enfonce le clou lorsqu’il évoque le silence du général qui a pour seule conséquence que la guerre sera bien absente du procès ! En assurant que les juges ont tout fait pour exclure des audiences la question du commandement militaire pendant la guerre, Blum atteste qu’on est bien face à un procès tronqué.

    JUSTICE D’EXCEPTION

    C’est encore en juriste que l’accusé met en accusation la juridiction chargée de le juger et dit craindre un procès scandaleux contre la République : « Un débat sur les responsabilités de la défaite d’où toutes les responsabilités militaires ont été exclues de parti pris, devient, par la force des choses, en même temps qu’un attentat volontaire à la vérité, une prise à parti du régime républicain. Le message du Maréchal fait craindre que ce soit l’office qu’on ait réellement attendu de vous. Croyez-vous qu’il ré-ponde à l’intérêt du pays, à la volonté du pays, qui appelle la vérité et qui n’a pas renié la République ? ». Blum s’impose d’entrée comme le porte-parole des accusés de Riom. Il signifie aux magistrats qu’il attend d’eux leur concours professionnel à la manifestation de la vérité. Il espère qu’ils vont retrouver les réflexes capables de leur rendre la crédibilité que la robe qu’ils portent devrait leur donner. Mais il en doute parce qu’il comprend déjà que le procès contre la République revient à un réquisitoire contre la démocratie élective, contre la politique et la conciliation sociale, contre les valeurs que le gouvernement qu’il a présidé a incarnées. Avant de conclure : « Si la République reste l’accusée, nous resterons à notre poste de combat comme ses témoins et ses défenseurs ».

    Face au talent oratoire et à la densité du propos de l’accusé, le président réagit diplomatiquement : « Vous me permettrez d’être d’un avis différent. Nous apporterons, s’il est nécessaire, d’autres preuves et arguments à l’appui ». Cela ne démonte pas Blum. L’audience du 20 février n’est pas achevée et il se promet de reprendre la parole avant sa conclusion. Il trouve une nouvelle fenêtre de tir et critique les limites chronologiques fixées par l’acte d’accusation. La seule barrière juridique qu’il admet relève de la date de prescription des infractions qui lui sont reprochées. En revanche, il s’insurge contre la date de début, arbitrairement choisie et qui n’est autre que celle du commencement de la législature du Front populaire. Croire que l’impréparation remonte à 1936 est une erreur coupable.

    Blum estime que la question s’est posée dès l’accès d’Hitler à la chancellerie du Reich, le 30 janvier 1933. Il met en garde les juges : « Si vous persévériez dans le système de l’instruction, du réquisitoire et de l’arrêt de renvoi, vous proclameriez par là même que ce procès est une entreprise politique, que vous êtes des juges politiques et nous n’aurions plus qu’à enregistrer l’aveu ». Edouard Daladier adopte aussi l’essentiel de ce raisonnement et se fait à son tour accusateur. En somme, dès ce 20 février, on mesure que les accusés veulent démontrer que le procès des responsables de la défaite va devenir celui des hommes qui ont profité de la défaite pour mettre à mort le régime légal et républicain de la France. Les déclarations de Blum sont soigneusement recopiées et largement diffusées par un réseau d’étudiant et par des sympathisants socialistes. L’ancien président du Conseil estime qu’il existe une possibilité de faire capoter ce procès et s’il y parvient avec ses coaccusés et leurs avocats, il pourra administrer une gifle magistrale au Maréchal, à Darlan et aux ministres.

    ***********************************

    Union120218c - Marne
    CHICHEY : Assemblée cantonale des anciens combattants à Chichey : Pour le devoir de mémoire

    MM. Olive et Tournemeule ont été décorés de la croix du Combattant.
  •  Agrandir la photo
  • Près d’une centaine d’anciens combattants ACPG-CATM ont participé aux travaux de l’assemblée cantonale de Sézanne, qui a eu lieu dans la salle communale de Chichey, en présence de René-Paul Savary conseiller général et sénateur, de Claude Gobillard suppléant de Philippe Martin député, et de Thierry Ferrand, maire de Chichey.

    Le président Bernard Louise a lancé un appel pour que des volontaires viennent renforcer le bureau. Le président a présenté le compte-rendu des activités pour l’année 2011. Outre les participations aux cérémonies officielles avec son drapeau, l’association a organisé le repas d’automne, un voyage de 8 jours à Venise et 2 jours de détente en Normandie.

    Il a été souligné que le maintien de toutes les cérémonies est primordial et un accent doit être mis sur le devoir de mémoire. Se réunir et le perpétrer avec les jeunes en associant les écoles. Trouver des initiatives nouvelles. Le Souvenir Français est en train d’avancer dans cette reconnaissance.

    A l’occasion du dépôt de gerbe au monument aux morts avec la fanfare de Broyes et différents drapeaux, MM. Olive de Lachy et Tournemeule de Sézanne ont reçu la croix du Combattant.

    ***********************************

    Union120218b - Marne
    VRIGNY : Anciens combattants du Tardenois réunis

    Aux côtés du président Jean Léger, Jean-Marie Vieville, maire de Vrigny, Michel Caquot, conseiller général, Roger Rouvroy et les membres du bureau.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale des ACPG-CATM du canton de Ville-en-Tardenois s’est déroulée à la mairie de Vrigny, sous la présidence de Jean Léger et en présence de Jean-Marie Vieville, maire de Vrigny, Michel Caquot, conseiller général et Roger Rouvroy, délégué départemental des ACPG-CATM de la Marne.

    Après les rapports moral, d’activités et financier, le vice-président Jean Kremer a présenté un livre écrit par une personne native de Vrigny, âgée à ce jour de plus de 70 ans, sur son père déporté et mort à Mauthausen.

    Pour terminer, Michel Caquot a renouvelé son attachement au monde des anciens combattants en insistant sur « ceux qui ont donné leur vie ou ont été gravement blessés pour que nous soyons toujours Français ».

    Pour les élections, pas de surprise, il n’y a eu aucun changement.

    Par un froid glacial avec un sol neigeux et gelé, tous les présents se sont retrouvés au monument aux morts pour le dépôt d’une gerbe accompagné par la fanfare de Sacy, toujours présente aux assemblées générales. La cérémonie se poursuivit par le verre de l’amitié offert par la commune de Vrigny, et par le repas à la Ferme de Presles.

    ***********************************

    Union120218a - Marne
    REIMS : Anciens marins : L’étoile civique remise à Yves Perreau

    Des distinctions ont été remises à trois marins.
  •  Agrandir la photo
  • L’association des marins et marins anciens combattants de Reims et la région a été créée en 1998 par Yves Perreau, dans le but de faciliter les contacts entre anciens marins et d’organiser diverses manifestations.

    Tradition

    L’objectif est de « maintenir l’esprit des traditions maritimes, contribuer au rayonnement local de la Marine et provoquer des vocations de jeunes attirés par la mer ».

    L’AG « L’Ancre de marine », au refuge de Cormontreuil, était l’occasion de se retrouver et de renouveler le bureau. Yves Perreau maintenu à la présidence est assisté de François Bourdaud’hui, vice-président ; Marie-Noëlle Gros, secrétaire ; Maurice Lerolle, trésorier et François Mayoly, porte-drapeau.

    M. Perreau a remis la coupelle Fammac au premier maître Joël Legrand ainsi que la médaille de la Fammac au capitaine de corvette Thierry Hodin. Le capitaine de vaisseau Joseph Rémy, administrateur national et délégué régional des amicales de marins, a tenu à distinguer M. Perreau en lui remettant l’étoile civique, « qui honore le courage et le dévouement aux autres, en rendant hommage aux actes et comportements qui en témoignent ».

    ***********************************

    Union120216d - Marne
    REIMS : Amicale de porte-drapeaux : Un appel aux jeunes volontaires

    La relève avec Théo.
  •  Agrandir la photo
  • Un public attentif aux interventions lors de l’assemblée générale.
  •  Agrandir la photo
  • Fidèles de toutes les manifestations patriotiques, les membres de l’Amicale de porte-drapeaux de Reims et des environs ont tenu leur assemblée générale dimanche, en la faisant précéder d’un dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Habitués à faire face à tous types d’intempéries, la température glaciale de ce dimanche matin n’aurait pu en aucune façon dissuader les adhérents de participer à cette cérémonie en présence de personnalités parmi lesquelles le représentant de la mairie de Reims Alain Bisteur, le lieutenant-Colonel Christophe Husson, les députés Catherine Vautrin et Arnaud Robinet.

    Trente et une cérémonies en 2011

    Rassemblés ensuite dans une salle municipale, avec les représentants d’autres associations patriotiques, ils ont d’abord observé une minute de silence à la mémoire des anciens combattants et des soldats tués en opérations extérieures. Puis ils ont écouté les rapports du président Michel Bonon et du vice-président André Macur, rappelant que l’amicale avait été présente lors de trente et une cérémonies en 2011 et déjà trois en 2012.

    Quelques interventions des amicalistes ont concerné en particulier la façon de porter le drapeau et la présence du drapeau tricolore sur un cercueil lors des obsèques : un honneur réservé aux combattants, militaires, policiers ou sapeurs-pompiers morts au feu.

    Arnaud Robinet a remercié l’Amicale pour la manière dont elle transmet la mémoire et il s’est dit fier de voir des jeunes prendre la relève, comme Théo ou encore Nicolas qui a reçu une lettre de félicitations du ministre de la Défense (ces jeunes appartiennent à des familles d’amicalistes). Alain Bisteur a, à ce propos, rappelé la difficulté de renouveler les volontaires dans les associations et il a encouragé d’autres bénévoles à venir renforcer les rangs des porte-drapeaux.

    Le calendrier des manifestations prévues à Reims cette année est connu et l’amicale aura encore de nombreuses occasions de porter fièrement les drapeaux lors de cérémonies officielles.

    ***********************************

    Union120216c - Marne
    BAYE : Rendez-vous annuel du canton : Bilan et hommages au menu du congrès des anciens combattants

    Les anciens combattants étaient présents à cette assemblée générale.
  •  Agrandir la photo
  • Le congrès annuel des ACPG-CATM du canton vient d’avoir lieu à Baye. L’assemblée générale s’est tenue à la salle de la Rosière, juste après la messe célébrée à Champaubert, où le président Eloi Paris était satisfait d’accueillir à ses côtés une trentaine de membres.

    Le rapport financier, révélateur d’une saine gestion confirmée par les commissaires aux comptes, a été présenté et les membres ont été très attentifs lors de la présentation du bilan moral. Cette réunion s’est tenue en présence d’Olivette Barré, conseillère générale du canton, et du maire de Baye, Pierre Charles.

    À l’issue de ce rendez-vous annuel, toutes les personnes présentes se sont donné rendez-vous au monument aux morts du village. C’est la fanfare de Fèrebrianges-Broyes qui a assuré les sonneries d’honneur lors du dépôt de gerbe sans oublier, pour clôturer, « La Marseillaise » de cet hommage aux morts. Lors de la minute de silence, une pensée a été demandée pour Yvon Thomas qui vient de décéder et une pensée particulière également pour André Sauvage, tombé le 14 mai 1956, pour Pierre Garnier d’Etoges, tombé le 12 septembre 1958, et pour Henri Gobin de Villevenard, tombé le 17 novembre 1958.

    La journée s’est terminée par un vin d’honneur et un repas en commun à Villevenard.

    ***********************************

    Union120216b - Marne
    MONTMIRAIL : Ils préparent les reconstitutions de mai prochain dans le secteur de Montmirail : Les Hussards en ordre de bataille

    Avant leur réunion annuelle, les membres de l’association se sont rassemblés pour déposer une gerbe à la stèle Larrey de Montmirail.
  •  Agrandir la photo
  • Les Hussards s’y préparent activement. Des reconstitutions des batailles de la campagne de France auront lieu à la mi-mai prochain à Montmirail.

    LES reconstitutions de la campagne de France (1814), c’est une année sur deux. Les dernières s’étaient déroulées en mai 2010. En mai prochain donc, les Hussards de Lassalle seront de retour dans le secteur de Montmirail avec chevaux, fusils et canon.

    De Montmirail à Champaubert

    Le programme précis de ces reconstitutions a été dévoilé lors de l’assemblée générale de l’association des Hussards de Lasalle. A chaque fois, ce type de reconstitution historique attire de nombreux spectateurs.

    D’autant plus que cette animation est organisée durant le long week-end de l’Ascension. Cette année, les reconstitutions de batailles et la commémoration du 198e anniversaire de la campagne de France se dérouleront à Montmirail, Bannay, Baye, Champaubert et Fromentières.

    Des soldats venus de l’Europe entière se retrouveront donc dans un grand bivouac au château de Montmirail. Le jeudi 17 mai, il y aura des combats à Montmirail. Le samedi 19 mai, les reconstitutions auront lieu à Bannay, Baye, Champaubert et Fromentières.

    Le grand public pourra visiter le bivouac des soldats dans le parc et au quartier Curely du château de Montmirail le jeudi 17 mai et samedi 19 mai dans l’après-midi. Comme d’habitude, assister aux reconstitutions de batailles ou se rendre au bivouac des soldats est gratuit.

    Tout est gratuit

    « Pendant cinq jours, des groupes de reconstitution historique du premier empire venant de France, du Bénélux, de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche, du Canada et des Etats-Unis, se retrouvent pour bivouaquer à Montmirail et dans ses environs, explique Thierry Lepièce, président des Hussards de Lassalle. Des animations gratuites sont proposées au public, des démonstrations de tir à la poudre noire, combats, manœuvres, visite du bivouac. Nous invitons les populations des villages traversés à partager notre passion de l’histoire en les intégrant à nos bivouacs. Chaque personnage de la reconstitution est en mesure de donner des informations sur son uniforme, son armement, sa vie en campagne. »

    A noter que les Hussards montmiraillais participent à de nombreuses reconstitutions tout au long de l’année. Les 10 et 11 mars, ils seront à Craonne (Aisne), du 6 au 8 juillet, ils tiendront un bivouac à Wavre (Belgique) et les 11 et 12 août, un bivouac à Neuf-Brisach (Haut-Rhin).

    Cette année les hussards participeront aussi aux journées du Patrimoine au château de Montmirail les 15 et 16 septembre prochains et les 1er et 2 décembre à une exposition à Montmirail.

    ***********************************

    Union120216a - Marne
    DIZY : Assemblée générale annuelle Les militants d’Amnesty International réunis

    Une quarantaine de participants aux travaux.
  •  Agrandir la photo
  • Le groupe d’Amnesty d’Epernay recevait, dimanche, à la médiathèque de Dizy, des représentants de tout le secteur et deux personnalités du bureau national, pour son assemblée générale annuelle. Une réunion largement consacrée à la préparation du Congrès national à Reims du 22 au 24 juin, dont les préparatifs ont été passés au crible tout au long de l’après-midi.

    Auparavant, les différents représentants ont rendu compte des principaux événements qui ont jalonné l’exercice écoulé : préparation des congrès, mise en route de grandes campagnes, les règles à changer pour que ne se renouvelle plus, entre autres, le scandale financier mis à nu par la crise, la campagne « Violences faites aux femmes », la remise en route centrée sur la discrimination liée au genre, le travail soutenu de la commission « enfants »…

    Côté pratique, une mutation du secteur « finances » est en route avec une évolution importante du rôle du trésorier régional qui devra, en particulier, animer la solidarité entre les groupes et non plus gérer uniquement les remboursements de déplacements. Concernant les groupes « en sommeil », la solution réside peut-être dans la création de cercles d’actions ponctuelles, sans priorité financière mais qui visent à maintenir la présence d’Amnesty InternationaI sur le plus grand territoire possible.

    ***********************************

    Union120215c - Marne
    MONDEMENT : Centenaire de la Grande Guerre : la mémoire en ordre de bataille

    Chacun semble s’accorder pour que la Première bataille de la Marne soit l’événement clé de 2014. Une importante commémoration pourrait se dérouler à Mondement
  •  Agrandir la photo
  • Le centenaire de la Grande Guerre sera célébré dans la Marne avec et pour les jeunes générations. Les associations qui sont venues au conseil général présenter l’état de leurs réflexions et leurs projets ont à la fois montré au Département qu’il pourra jouer un rôle de facilitateur, et au service de l’Office des anciens combattants et victimes de guerre qu’il y a des acteurs prêts à agir.

    Comment réhabiliter le poids historique de la Marne dans ce conflit hors norme ? En ayant à la fois la capacité de fixer quelques grands rendez-vous et d’illustrer dans la proximité des lieux de vie, cette réalité qui a été celle des pantalons rouges puis des poilus sans omettre le quotidien des populations locales près ou à l’abri de la ligne de front. Pendant quatre ans, les combats ont été incessants. Des accrochages aux assauts inutiles jusqu’aux batailles stratégiques, tous les scénarios ont été vécus ici. Chacun semble s’accorder pour que la Première bataille de la Marne soit l’événement clé de 2014, les combats de Champagne et d’Argonne celui de 2015, le rôle du corps expéditionnaire russe le temps fort de 2016, les combats des Monts de Champagne celui de 2017 et la Deuxième bataille de la Marne celui de 2018.

    Hiérarchiser les projets

    Ce n’est pas tout. L’association Souvenir de Navarin imagine travailler sur l’avant Marne en 1914, sur la 4e armée de la Meuse à la Marne, sur la présence de la Légion étrangère et des troupes de marine sur le front de Champagne. Elle envisage aussi la mise sur pied de parcours pédagogiques et n’exclut pas de valoriser les combats sur les Monts de Champagne pendant la bataille du Chemin des Dames de 1917 ni d’expliquer les offensives victorieuses de septembre-octobre 1918 avec les Américains mais aussi les Polonais et les Tchèques. Châlons-en-Champagne avec Mourmelon et Suippes prépare un festival international du cinéma de guerre.

    Reims, qui accueillera en 2014 le congrès national de la Fédération André-Maginot les 17 et les 18 septembre, entre la reprise de Reims le 13 et l’incendie de la cathédrale le 19, envisage avec l’association du Fort de la Pompelle des initiatives scolaires dans la Montagne de Reims avec les collèges de Verzy, de Rilly-la-Montagne mais aussi les collèges Georges-Bracque de Reims et celui de Pontfaverger.

    La Ville de Reims, avec Reims Métropole, veut porter dans la ville martyre la dimension de la reconstruction et de la paix qui sont indissociables de son image.

    Jean Maillet, directeur de cabinet d’Adeline Hazan, a insisté sur cet aspect et la volonté de fédérer les grandes villes du front et les conseils généraux des départements concernés dans une initiative partagée. Le dossier de la reconstruction du monument de l’Armée noire n’est pas abandonné.

    Au centre d’interprétation de Suippes, on tient à des initiatives en direction du grand public et des partenariats avec l’armée dans la proximité des villages disparus mais aussi avec l’inspection académique. En Argonne, à Massiges, une visite sur le terrain dans un espace de trois hectares de tranchées remises au jour permettra une appréciation de la réalité du terrain. À Sommepy-Tahure, on insistera sur l’exode en 14 et l’arrivée des Américains en 1918.

    Ce n’est qu’un aperçu de ce qui est en gestation. Tout cela doit s’inscrire dans une politique partagée de tourisme de mémoire avec une signalétique adaptée.

    Les acteurs présents en conviennent. Ce n’est qu’un début.

    Il reste à constituer les groupes de travail pour donner de la cohérence historique, scientifique et transversale aux projets et pour en garantir la pérennité au-delà de 2018.

    C’est pourquoi un gros travail sera fait parallèlement sur internet. Bref, le souci de bien faire apparaître la mondialisation de la guerre et le patrimoine marnais qui y est lié doit remettre en première ligne l’importance de ce territoire dans l’histoire de la Première Guerre mondiale.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union120215b - Marne
    AY : Les anciens marins se portent bien

    Malgré son désir de passer la main, Michel Lemoine reste président de l’amicale… jusqu’à la prochaine assemblée générale.
  •  Agrandir la photo
  •  

    L’Amicale des anciens marins d’Epernay tenait son assemblée générale ce week-end dans le salon du champagne Hamm à Aÿ.

    Après avoir demandé une minute de silence en mémoire des camarades disparus, le président Michel Lemoine a évoqué le bilan financier et fait le point sur les prochains rendez-vous de l’année.

    C’était l’occasion pour lui d’annoncer « qu’il serait temps de penser à sa succession » d’autant que cela fait déjà 20 ans de présidence au sein de l’amicale. L’équipage n’est pas de cet avis et « souhaite garder son baroudeur de président ». La mutinerie n’aura pas lieu, puisque le commandant ne quittera pas le navire et propose de terminer l’année en souhaitant que, d’ici la prochaine AG, un volontaire se manifeste. Applaudissements et soulagement pour les adhérents (qui en compte un de plus cette année) qui ont prolongé la journée autour d’un repas dans une ambiance amicale.

     

    ***********************************

    Union120215a - Marne
    VAUCHAMPS : Campagne de France : Une journée de commémoration

    Lors de la cérémonie à la stèle de l’aigle à Vauchamps.
  •  Agrandir la photo
  • Les Amis du patrimoine napoléonien (association culturelle historique nationale loi 1901) ont organisé des manifestations lors de leur traditionnelle journée commémorative de la Campagne de France à l’occasion du 198e anniversaire de la bataille. Les cérémonies ont commencé à 9 h 45 à la colonne de Champaubert avec un dépôt de gerbe et l’évocation de la bataille, puis à 10 h 15, tous se sont rendus au cimetière de Chaltrait pour rendre hommage et retracer la carrière du Général comte de Saint-Chamans, ancien aide de camp de Soult. Puis ils se sont rendus place du Château, pour l’inauguration d’une plaque commémorative rappelant le combat du 14 février 1814 où s’illustra le 1er régiment d’artillerie de Marine.

    C’est à Vauchamps à la stèle de l’aigle de Vauchamps que se termina la 1re partie de la journée avec l’évocation de la bataille et un dépôt de bouquet. Michel Delgado, délégué Aisne et Marne, a évoqué la bataille de Vauchamps où le 14 février 1814, les troupes de l’Empereur ont attaqué dans les bois des Essarts et ont libéré la commune de Vauchamps et ses alentours. La seconde partie de la journée devait voir des cérémonies dans le sud de l’Aisne et à la Colonne de Marchais-en-Brie, aux Caquerets et à Château-Thierry.

    ***********************************

    Union120214c - Marne
    TAISSY : Anciens combattants : Le budget en baisse

    Les anciens combattants ont bravé le froid pour participer à cette assemblée.
  •  Agrandir la photo
  • C’est par une température glaciale que les adhérents de l’association des anciens combattants de Sillery, Puisieulx, Taissy et Saint-Léonard se sont rendus à la salle de Taissy pour participer à la 81e assemblée générale. Parmi eux, les maires des communes : Daniel Bonnet (Taissy), André Secondé (Puisieulx) et Douadi (Sillery) ainsi que les présidents des sections de Tinqueux, Beaumont-sur-Vesle et Cormontreuil entre autres.

    Après le mot de bienvenue du président Robert Marguet, les activités de l’année par le secrétaire, le bilan financier par le trésorier, approuvé par la commission de contrôle et l’assistance, le comité était reconduit pour 3 ans : président Robert Marguet, secrétaire Michel Villemin, trésorier Jean-Marie Soret, trésorier adjoint André Barbier. Les membres sont Michel Aublin (porte-drapeau), Guy Hubert, René Argenson, Daniel Turbeaux. Ainsi que les jeunes porte-drapeaux : Aurélien Bellard (Taissy) et Alexandre, de Sillery. Commission de contrôle : Michel Chasseigne, Charles Gascon et François Ranc.

    Journée nationale d’hommage

    « Pour 2012, le budget des anciens combattants est en baisse malgré l’augmentation des crédits sociaux de 5 millions d’euros et les quatre points de la retraite du combattant », expliquait M. Marguet en reprenant les explications du président départemental de l’Union fédérale marnaise, Cédric Lacroix.

    « Depuis 1963, année qui a suivi la fin de la guerre d’Algérie, 622 soldats français ont perdu la vie lors des 228 opérations extérieures menées par la France. » Les interventions les plus meurtrières sont celles menées au Tchad et au Liban (158 morts), suivies de celles en ex-Yougoslavie (116 morts) et en Afghanistan (82).

    Un projet de loi pourrait instaurer le 11-Novembre comme journée nationale d’hommage à tous les morts pour la France, comme le modèle américain (Mémorial Day). « Mais qu’on pense à nos anciens combattants de 39-45 ».

    Le président des Amis du fort de la Pompelle a évoqué le 100e anniversaire de la guerre 1914, qui aura lieu en 2014.

    Regrettant l’absence de Mme Hetch, dont le mari, ancien déporté, a rassemblé des notes dans le camp de déportation de Dachau, M. Marguet notait que Mme Hetch ayant repris ces notes, a fait éditer un ouvrage poignant « Il neigeait sur la Bavière ».

    « C’est un témoignage pour nous, les anciens et les jeunes générations, qui permet de comprendre comment des hommes et des femmes ont survécu dans cet enfer. » Après un dépôt de gerbe au monument aux morts, le verre de l’amitié a clôturé cette assemblée et réchauffé les cœurs.

    ***********************************

    Union120214b - Marne
    ÉTOGES : En hommage au 1er régiment d’artillerie de marine : Un anniversaire historique

    Une plaque commémorative a été dévoilée en présence de Mme Filliette, propriétaire du château d’Etoges.
  •  Agrandir la photo
  • Une commémoration vient de se tenir en présence de nombreuses personnalités dont le maire d’Etoges José Renault. C’est en présence d’André Weidmann et Michel Delgado, des amis du patrimoine napoléonien que cette cérémonie officielle vient de se dérouler pour honorer le 198e anniversaire de la campagne de France et le combat du 14 février 1814.

    Le rendez-vous était fixé sur la place de la mairie et c’est derrière la fanfare « La Renaissance » d’Orbais l’Abbaye que le défilé s’est rendu au château d’Etoges en présence des drapeaux des anciens combattants et des reconstituants du 1er Empire. Un détachement militaire était également présent à ce moment historique. C’est en présence de Mme Filliette et de la direction du Château d’Etoges qu’une plaque commémorative a été inaugurée en hommage au 1er régiment d’artillerie de marine qui reprit le village aux troupes coalisées le 14 février 1814.

    La campagne de France est la fin de la guerre liée à la Sixième Coalition, qui se déroule de janvier à avril 1814, pendant laquelle Napoléon 1er tente d’éviter ou d’arrêter l’in- vasion de la France et de conserver son trône, il est considéré que cette campagne est la plus belle de Napoléon 1er, celui-ci remportant nombres de victoires. Mais, après l’entrée des troupes prussiennes et russes dans Paris, il abdique le 6 avril 1814 et part en exil à l’île d’Elbe.

    A la suite des différentes sonneries et de l’historique de cette bataille, l’ensemble des personnes présentes s’est retrouvée dans la salle des fêtes pour le vin d’honneur offert par la commune d’Etoges.

    ***********************************

    Union120214a - Marne
    GUEUX : « Témoignages 39-45 » Enseigner aux jeunes générations le devoir de mémoire

    Jean Marchandeau, président de la section rémoise de l’Ancac, commente l’exposition aux élèves.
  •  Agrandir la photo
  • Dans le cadre du programme d’histoire et de lettres de la classe de 3e, figure la tragique période de la Seconde Guerre mondiale à laquelle les professeurs consacrent une large part insistant tout particulièrement sur le nécessaire devoir de mémoire que chacun doit entretenir dans sa vie de citoyen.

    C’est à ce titre qu’a été installée au collège Raymond-Sirot - ce résistant mort en déportation à Buchenwald - une exposition prêtée par l’Ancac, Association nationale des cheminots anciens combattants résistants, et intitulée « Témoignages 39-45 ».

    Le rôle des cheminots

    A la demande des professeurs, Jean Marchandeau, président de la section de Reims et du Nord-Est de l’Ancac, accompagné de Félix Beaulieu, conseiller national et trésorier, sont venus à la rencontre des élèves pour évoquer cette douloureuse période de l’histoire de notre pays et éclairer le rôle des cheminots dans la résistance à l’oppresseur.

    Avec pour fil directeur les neuf panneaux traitant des débuts du nazisme à la libération et le questionnaire rempli par les élèves, M. Marchandeau qui a vécu lui-même, alors qu’il était enfant, la pénible épreuve de l’exode en Vendée et le difficile retour dans ses Ardennes natales a défini d’emblée l’objectif premier de l’association : perpétuer le souvenir de tous les cheminots résistants qui ont laissé leur vie dans cette guerre et dont l’engagement au service de la Nation ne doit pas être oublié, et en corollaire défendre les droits et réparations, sauvegarder la paix, transmettre aux jeunes générations le témoignage vivant de ceux qui ont vécu les événements.

    Précisant au passage certains faits tels que la commémoration du 10 juin 1944, jour de la grève des cheminots insurrectionnels, par le dépôt de gerbe à l’Arc de Triomphe, évoquant la phrase du Chant des Partisans « Ami si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place » ou expliquant comment les cheminots résistants effectuaient les sabotages des voies ferrées, le président a rendu hommage aux 8 000 cheminots déportés, aux 908 fusillés et à tous ceux qui ont péri sous la torture, notamment les cheminots champardennais.

    Quelques questions dont une sur le négationnisme, une autre sur la position des nazis vis-à-vis des musulmans, une autre encore sur le STO ont conclu cette rencontre qui ne devrait pas rester lettre morte pour des collégiens en recherche de vérité sur un passé encore bien vivant dans les consciences de nos compatriotes.

    ***********************************

    Union120213b - Marne
    REIMS : Mémoire de la déportation : des projets

    Les adhérents à l’écoute des projets de l’AFMD.
  •  Agrandir la photo
  • Chaque année, lors de son assemblée générale, l’AFMD 51 ( association des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation) reçoit des personnalités venues apporter leur témoignage : souvenirs personnels mais aussi mission au sein de leurs instances.

    Pour l’AG 2012, la présidente Hélène Lebrec a accueilli MM. Greange, secrétaire général de la FNDIRP (fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes) et Chupin, président national de l’AFMD.

    Tous deux ont pu juger de la vitalité de l’AFMD 51 qui a de nombreux projets pour 2012.

    Deux axes de travail

    Dans le cadre des « mercredis de la déportation », est annoncée une conférence mercredi 15 février à 17 h 30 à la maison de la Vie associative avec Damien Bertrand, lycéen de 17 ans sur les traces de son arrière-grand-père : il a voulu connaître le parcours d’Edmond Forboteaux, résistant et déporté, en recherchant avec ténacité toutes les actions accomplies par son aïeul et son itinéraire vers le camp de Neuengamme. « Il s’agit de l’histoire presque oubliée d’un être qui a marqué ma famille. J’ai voulu faire revivre ces voix qui se sont tues »… Un travail de mémoire à saluer et à suivre…

    Le mercredi 14 mars à 17 heures à la MVA également, conférence de Françoise Nicoladzé sur le « Destin maitrisé » de Jorge Semplin, engagé dans la résistance à Paris, déporté puis clandestin sous Franco. Professeur de lettres honoraire, la conférencière a soutenu une thèse sur l’œuvre de cet étudiant espagnol : un sujet qu’elle a présenté dans des colloques internationaux.

    Le voyage mémoire aura lieu le samedi 9 juin en Belgique, au Fort mémorial de Breendork, près de Bruxelles : « Il s’agit d’un des camps nazis les mieux préservés d’Europe où envron 3 500 détenus ont séjourné de septembre 1940 à septembre 1944 . »

    Pour 2013, deux axes de travail ont été retenus par l’AFMD 51 :

  •  1 : faire connaître l’œuvre de Charlotte Delbo qui, de retour d’Auschwitz et Ravensbruck, a publié douze livres en prose ou en vers et qui font autorité.
  •  2 : Création d’une pièce de théâtre sous la direction de Gérard Thévenin. « Le convoi », d’après les textes de Charlotte Delbo, sera donné le 24 janvier 2013 à Reims.

    Les personnes souhaitant participer à ce projet peuvent s’adresser également à Jean Constant (voir ci-dessus).

    L’association lance un double appel : « Vous avez vécu dans la Marne la libération puis le retour des déportés ? Votre témoignage nous intéresse. contacter Jean Constant au 03.51.24.42.45 »

    ***********************************

    Union120213a - Marne
    REIMS : Ils ont servi dans l’armée de l’air et lui restent très attachés

    Les associations de sous-officiers et d’officiers de réserve de la Marne sont solidaires pour continuer à maintenir des liens afin de servir la grande famille de l’armée de l’air, malgré la disparition de la Base 112.

    APRÈS la fermeture de la base aérienne 112, les membres de la section Marne de l’Ansoraa (Association nationale des sous-officiers de réserve de l’armée de l’air) ont tenu leur assemblée générale dans un hôtel, loin de lieux chers à leur cœur et après les rapports d’usage, ils ont écouté le vice-président régional, le major Ladame, leur détailler les divers articles d’une convention signée avec l’armée de l’air leur garantissant un soutien dans leurs activités, avec aides éventuelles pour déplacements, assurances et autorisations sous réserve d’en faire la demande, sachant « qu’un soutien n’est pas un droit »…

    Pas suffisant pour rassurer le major Caruel, vice-président, et la secrétaire Jacqueline Forton.

    Car s’il est réconfortant de se savoir soutenus, les liens seront toutefois difficiles à maintenir compte tenu de l’éloignement de la Base 133 de Nancy-Ochez ou de la base 113 de Saint-Dizier : la difficulté de se rattacher à l’un ou à l’autre a suscité une discussion en raison de l’éloignement. Un rapprochement des unités de Mourmelon n’aurait semble-t-il que peu d’attraits. Les membres de l’Ansoraa veulent continuer à développer leur réseau, à contribuer au recrutement, à préserver le patrimoine et à honorer leur devise « S’unir pour servir ».

    L’Anora solidaire

    Lui-même rattaché à la B 113 de Saint-Dizier, le capitaine Marchwant, président de l’Anora (Association nationale des officiers de réserve de l’armée de l’air) s’est montré entièrement solidaire « dans ces moments difficiles où l’on perd ses repères » mais il a assuré les sous-officiers de son désir de travailler avec eux puisque « nous avons une foi commune. Nous formons une vraie famille, celle de l’armée de l’air ».

    Le sujet du musée issu de la BA 112 ayant été abordé par l’adjoint Jean-Claude Laval dans son intervention, le capitaine s’est étonné de la longueur et de la complexité des discussions, alors « qu’ailleurs la question aurait été réglée depuis longtemps », affirmation appuyée par des exemples concrets à l’étranger. Il a expliqué qu’il y avait même une salle « Bétheny » au musée de l’aviation et de l’espace à Ottawa…

    Jean-Claude Laval a fait de son mieux pour rassurer lui aussi, proposant les salles municipales rémoises pour les réunions et donnant son sentiment sur l’importante de maintenir et de développer un musée de l’air qui serait un atout pour le tourisme de mémoire, dans une région où « les musées à ciel ouvert », entre Péronne et Verdun, sont là pour illustrer notre histoire.

    Il a évoqué le sort des drapeaux des associations qui disparaissent en annonçant que le drapeau de Rhin et Danube allait entrer prochainement au musée Saint-Remi. L’AG s’est terminée par la remise de médailles et diplômes pour services rendus à Jacqueline Forton (or) et à André Blanpain (vermeil).

    ***********************************

    Union120212e - Marne
    MASSIGES : Le front de Champagne en 1915 : Au cœur des tranchées

    Un nombre respectable de dérivations annexes simule cette architecture en réseau.
  •  Agrandir la photo
  • La Vierge aux abeilles doit son édification à la protection dont ont bénéficié les habitants du village durant une épidémie de choléra.
  •  Agrandir la photo
  • Le cratère est situé au sommet de la butte.
  •  Agrandir la photo
  • La visite d’une colline, au nord du village de Massiges, nous plonge dans l’histoire de la guerre de 14-18.

    AU NORD du village de Massiges, dominant la vallée de l’Aisne, une colline, dénommée Main de Massiges, doit son nom aux courbes de niveau qui dessinent sur les cartes une main gauche. Les doigts en sont séparés par des ravins profonds. Elle est située à la jonction des ex-fronts de l’Argonne et de Champagne. Parfait bastion, les Allemands s’y installent en 1914. Les troupes du corps d’armée colonial de la IVe armée butent sur l’obstacle en 1914 et 1915 et les bastions ne sont jamais conquis. Le point culminant, le Mont Têtu, est truffé de galeries et n’est conquis qu’en 1918.

    La Vierge aux abeilles, protectrice du village

    Dans Massiges même, un premier monument dit La Vierge aux abeilles retient l’attention du visiteur. Il doit son édification à la protection dont a bénéficié la population du village lors de l’épidémie de choléra en 1854. La vierge est en fonte, fabriquée en Haute-Marne. Ses bras sont tendus, dans un geste protecteur.

    Dès septembre 1914, on la voit debout parmi les combattants. D’abord, appuyée contre un support de fortune, dans le cimetière militaire provisoire édifié à Massiges, sur un terrain conquis de haute lutte. Elle y reçoit une balle en plein cœur. Par l’orifice, des abeilles s’y introduisent et y restent une fois la paix revenue. Elle retrouve ensuite son socle d’origine, toujours suivie des mêmes locataires.

    En 1970, elle reçoit le nom de baptême de Monument aux morts de Massiges. Les abeilles quittent le monument vers ces années. Note émouvante, son rôle moral de protection est invoqué par le poilu montant au combat.

    Vue sur le front

    Dans la suite de la visite, il est possible d’effectuer par les chemins longeant les champs un tour d’horizon de la position, de constater les reliefs successifs des ravins séparant les doigts de la main. Le clou de la visite est certainement l’entonnoir du cratère, excavations situées au voisinage du village, au sommet de la butte qui le domine et à laquelle on accède par une route passant devant la vierge aux abeilles.

    Les excavations sont fléchées et datées : « 3 février 1915 : cinq tonnes d’explosif par entonnoir ». Sur la butte, face aux fosses des mines, on peut jouir d’une vue appréciable sur cette partie du front et sur la vallée de l’Aisne, visible au loin.

    Arbre aux vaches

    À proximité, une tranchée complète a été réalisée. Couloir praticable creusé dans le sol, elle est protégée par son réseau de barbelés tressés autour de barres de fer.

    La tranchée reconstituée serpente sur plus de 50 mètres. Ses parois sont consolidées par des fascines, tresses de branchages prenant appui sur des pieux de bois plantés dans le sol. Par endroits, des abris sont aménagés pour permettre aux occupants de se reposer. Un nombre respectable de dérivations annexes simule cette architecture en réseau, caractérisant les tranchées et leurs voies de cheminement.

    Un panneau à l’entrée rappelle les noms de ces constructions : tranchée de Münchenberg, tranchée de Lisa, arbre aux vaches.

    À proximité, le monument portant l’ancre des marsouins, rappelle les troupes qui ont combattu, secteur défendu par nos coloniaux où tant des leurs ont donné leur vie.

    Tout un pan d’histoire, en somme, évoqué par une association locale particulièrement méritante, soucieuse de conserver pour son village le souvenir d’une époque qui aura marqué la région.

    ***********************************

    Union120212d - Marne
    CHALONS : Rhin et Danube : Deux drapeaux déposés

    Les deux drapeaux ont été remis par Vilfrid Maack à Pol Cher.
  •  Agrandir la photo
  • Cinq ans après que le drapeau de la section dissoute de Vitry-le-François de « Rhin et Danube » rejoigne la Maison du Combattant à Châlons, c’est au tour maintenant de la section de Châlons et d’Épernay de prendre le même chemin. Vendredi, Vilfrid Maack, président départemental de Rhin et Danube et Pierre Jules, président de la délégation de Châlons, ont remis à Pol Cher, président de la Maison du Combattant les deux précieux emblèmes.

    Ainsi que l’a précisé Vilfrid Maack et ce, à la différence des associations perpétuelles renouvelées indéfiniment grâce à l’arrivée de générations successives, Rhin et Danube est une association spécifique créée au lendemain du dernier conflit mondial. Son but était de rassembler les anciens combattants ayant appartenu à la 1re Armée française qui a pris une large part à la libération de la Patrie et à la victoire consacrée par la capitulation des 7 et 8 mai 1945. Favoriser la cohésion et l’entraide entre ses membres, à perpétuer le souvenir de l’épopée vécue, la mémoire de ses chefs, de ses soldats et leurs actions, ainsi appelé aujourd’hui le devoir de mémoire.

    L’association continuera à être représentée tant au niveau local que départemental et ne s’éteindra qu’avec le dernier de ses membres ! »

    ***********************************

    Union120212c - Marne
    LIVRE : Autopsie de la guerre et des soldats

    Voici un livre hors normes qui est une vraie surprise alors qu’il a été exhumé pour être réédité ! Comme si l’intensité de son contenu et la réflexion puissante qu’il contient avaient été zappés au temps de sa parution. Cet ouvrage est une matrice qui propose à l’homme d’aujourd’hui une double réflexion autour d’une articulation intelligible de la conscience : penser la guerre et penser en guerre. Dans une Europe qui s’est débarrassée des conflits de proximité et snobe trop souvent la pertinence des engagements plus lointains au nom des valeurs défendues par l’Onu, il y a pour le citoyen qui préfère ignorer la chose militaire alors qu’elle est une composante exigeante d’un Etat souverain, une invitation à se poser de vraies questions.

    La lecture de Gray exige une grande concentration mais on ne le regrette pas parce que cet auteur redécouvert donne de la gravité et de vraies clés de compréhension des sentiments qui dominent dans la guerre moderne. Si la philosophe Hannah Arendt a en son temps préfacé cet ouvrage, c’est qu’elle en a compris toute l’importance et surtout qu’elle a été convaincue de son apport durable à la question de la guerre.

    Philosophe, docteur de l’université de Columbia, Gray a aussi été un soldat. Il a connu le registre européen américain de la Seconde Guerre mondiale. Sa formation validée, il a participé à la campagne d’Italie y a vécu l’enthousiasme du débarquement puis la dureté d’un front meurtrier qu’on ne parvient pas à percer. Il s’est retrouvé sur les plages de Provence puis a découvert la France des terroirs, du sillon rhodanien à la plaine d’Alsace avant de franchir l’Allemagne et de constater au milieu des ruines l’effondrement du nazisme. Il a observé, enregistré dans sa mémoire mais il a patienté quinze ans avant de bâtir son livre comme on construit une maison selon le plan qui permet de s’y épanouir.

    Il laisse aller sa réflexion mais elle est structurée comme celle de l’intellectuel et confortée par son expérience de soldat au feu. Il veut comprendre aussi nous aide-t-il à discerner ce qui chez l’homme peut le transformer en une bête assoiffée de sang. On se dit alors que l’expérience de combat est le temps identifié où Gray mesure comment l’homme peut passer avec fulgurance de la douceur à la violence la plus intense. Sur le caractère fascinant de la guerre, sur la recherche presque mécanique du danger, sur la construction du visage de l’ennemi, sur les douleurs et les interrogations que laissent le passage par le front et le questionnement incessant qu’il pose sur la mort, Gray écrit des pages intenses. Cet ouvrage mérite qu’on s’y attarde. Même si l’auteur est mort en 1977, son propos est d’une rare actualité parce que la guerre reste plus présence qu’on ne le croit dans notre environnement.

    H.C.

    Jess Glenn Gray, « Au combat, réflexions sur les hommes à la guerre », Tallandier, 298 p., 21 euros.

    ***********************************

    Union120212b - Marne
    LIVRE : Le professeur fantassin de l’armement

    Evolution. Livre à fois original et profond par son questionnement méthodologique, historique et sociologique, voici une œuvre qui mène son lecteur au milieu des armes les plus contemporaines.

    C’est un ouvrage compliqué mais accessible. Il est le résultat d’un travail audacieux et d’un angle donné à l’histoire militaire qui est de passer par les armes du champ de bataille et leur évolution pour mieux se faire une idée ce qui appartient aux mythes aux symboles ou à l’exigence opérationnelle pour dominer un ennemi dans toutes les déclinaisons du combat.

    Le travail que le Rémois François Cochet, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Metz présente, mérite d’être lu par tous les élèves officiers et même d’être travaillé à l’Ecole de guerre par ceux qui sont appelés à exercer les plus hautes responsabilités au sein de nos armées.

    Cette fresque n’est pas simplement historique. Elle emmène le lecteur jusqu’aux moyens qui sont employés maintenant dans les différentes configurations des combats. Pour ceux qui ont effectué leur service national, lorsqu’on leur parle du Chassepot, du Mas 36, du Mas 49-56 et du Famas, ils sont à même de mesurer l’évolution de l’armement du fantassin mais ils sont encore loin du fantassin exemplaire du 1er RI qui dispose dans sa panoplie de combattant de toutes les dernières technologies mises à sa disposition pour être le meilleur dans la mission qui lui est dévolue.

    Comment comparer les premiers chars envoyés face à l’ennemi en avril 1917 lors de la bataille du Chemin des Dames et les Abram M1 américains employés pendant la première guerre du Golfe ou l’AMX 30 B2 de Mourmelon utilisé au même moment ? Comment se laisser aller à mesurer l’évolution de l’artillerie de l’époque napoléonienne jusqu’aux vallées afghanes ? Il y a de quoi puiser et réfléchir dans le livre de François Cochet.

    Dans le viseur

    C’est un historien qui ne se contente pas de relater en ayant passé au crible de sa perspicacité des liasses d’archives. Il questionne, s’interroge inlassablement pour proposer des réponses ou les trouver dans une littérature technique aride. Il arrive à un constat de bon sens qui a le mérite de bien poser la question du choix des armes. Elles ne sont pas utilisées par ceux qui les ont conçues. Elles ne sont pas employées par ceux qui les ont choisies. L’auteur explique la naissance d’un armement, il s’arrête sur le cahier des charges et la formulation des exigences techniques. Il identifie les centres de décision. Il s’intéresse même aux raisons qui ont prévalu dans le choix des calibres. Il ne néglige pas les positions politiques comme lorsqu’après la Libération, le gouvernement favorise le remplacement des matériels étrangers par des fabrications françaises. Et si cela n’avait pas été le cas, sans doute l’industrie française de l’armement n’aurait-elle pas été assez forte pour se maintenir à un haut niveau et demeurer comme l’une des références transcontinentales.

    François Cochet nous fait découvrir l’intensité de certains débats d’équipement. Son aptitude à passer d’un pays à l’autre, à dominer les conflits anciens comme les plus contemporains donne de l’épaisseur à sa réflexion. Des bonnes aux mauvaises armes, de la hantise ou de la fierté à les employer, de leur réputation juste ou injuste, il y a ici un terreau utile à la réflexion critique du militaire et de l’universitaire. François Cochet l’admet en conclusion : « En partant d’une histoire des technologies intimement liée à celle du développement industriel, nous avons cheminé petit à petit vers une histoire des comportements humains ».

    Hervé Chabaud

    François Cochet, « Armes en guerre », CNRS Editions, 320 p., 27 euros.

    ***********************************

    Union120212a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    -----

    Saint-Pierre-et-Miquelon n’est pas négociable

    La joie des habitants de Saint-Pierre-et-Miquelon d’avoir rallié les FFL.
  •  Agrandir la photo
  • Les tensions avec les Etats-Unis et le Canada sont-elles apaisées après le ralliement de Saint-Pierre-et-Miquelon à la France libre ? Même les Britanniques sont embarrassés si bien que le 31 janvier 1942 ils n’ont pas voulu coucher sur le papier un relevé de conclusions. Les Anglais ne veulent pourtant pas entendre parler du retour de Vichy dans l’archipel et n’envisagent pas de laisser des troupes du Maréchal y reprendre pied. Le général de Gaulle qui demande ce qu’il adviendra des volontaires qui ont signé un engagement dans les FFL se voit répondre qu’il n’y aura pas d’entrave à ce que ces hommes-là puissent se battre sous les couleurs françaises. Churchill s’efforce d’être un médiateur et pense qu’il est possible de rétablir un climat de confiance.

    Même si le Comité national a pris la décision d’occuper l’archipel sans en référer au 10, Downing street, le Premier ministre estime que les raisons objectives des FFL sont recevables parce qu’il y avait bien une envie des Etats-Unis et du Canada de prendre le contrôle de la station radio de Saint-Pierre. Les Américains doivent passer à autre chose. Dans un télégramme qu’il adresse à Henri de Kerillis à New York, le général de Gaulle donne des arguments à son représentant. Il lui rappelle : « Les St-Pierrais ont voté en masse pour nous, du coup, les principes de la Charte de l’Atlantique se dissimulent soigneusement ». Pour que l’opinion américaine ne soit pas manipulée par les communicants de la Maison Blanche, le Général suggère le 1er février au général Catroux à Beyrouth, au haut-commissaire Sicé à Brazzaville et au haut-commissaire Thierry d’Argenlieu d’accorder à un représentant de la presse américaine un entretien et de diffuser à la radio le contenu de cette entrevue. L’un des points qui doit être développé concerne l’attitude du gouvernement des Etats-Unis dans l’affaire de Saint-Pierre-et-Miquelon.

    Comme cette position étonne tous les Français libres, il faut expliquer ce qui à leurs yeux apparaît inacceptable ou incompréhensible. « Les Français libres se demandent si leurs alliés ménagent les collaborateurs de l’ennemi au point de vouloir empêcher la brave population de Saint-Pierre de faire la guerre pour la France et pour la liberté du monde, alors qu’elle l’a décidé à une immense majorité » mentionne de Gaulle et d’ajouter en parlant toujours des Français : « Ils se demandent aussi si une politique qui serait imposée aujourd’hui pour Saint-Pierre-et-Miquelon ne le serait pas demain pour l’Afrique française libre, la Syrie, le Liban, nos colonies du Pacifique et même nos troupes, nos navires et nos avions ».

    Le 11 février 1942, le Général s’adresse toujours par télégramme à l’administrateur de Saint-Pierre-et-Miquelon, Alain Savary. Il lui transmet un texte destiné à l’hebdomadaire liberté où il se félicite du ralliement des bons Français de Saint-Pierre-et-Miquelon : « Mes amis, mes camarades, depuis le jour de la catastrophe, vous ne vouliez que servir la France. La marine française qui, sous les ordres du glorieux amiral Muselier se refait peu à peu dans le combat et dans l’honneur , st venue vous y aider. Le monde entier sait avec quel élan vous avez aussitôt répondu à l’appel. Et maintenant, les vieilles et chères îles françaises sont pour toujours du bon côté. Leurs braves enfants marchent avec nous sur la route du clair et dur devoir ». Avant de conclure : « Le jour où les armées françaises de terre, de mer et de l’air passeront, victorieuses, sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile, les hommes de Saint-Pierre, de Miquelon, de l’île aux Marins seront en tête du défilé ».

    Le Général briefe le colonel de Chevigné, chef de la mission militaire de la France libre aux Etats-Unis à Washington pour qu’il travaille avec Tixier son délégué et qu’il conforte la position des FFL sur l’archipel.


    -----

    De Gaulle acclamé dans les métropoles anglaises

    La carte de progression des bâtiments ennemis.
  •  Agrandir la photo
  • Le « Gneisenau » photographié depuis le « Prinz Eugen ».
  •  Agrandir la photo
  • Albert Speer, ministre promu par Hitler.
  •  Agrandir la photo
  • Les sous-marins allemands déciment les convois.
  •  Agrandir la photo
  • SOUTIEN. Alors que les Allemands préparent la sortie en force de leurs croiseurs bloqués à Brest, le Général se rend dans les usines du Royaume-Uni où il est acclamé.

    Si le général de Gaulle effectue autour du 10 février 1942 un voyage dans les pôles industriels de Leeds et Birmingham avant de visiter le port et la ville de Liverpool afin de mieux connaître le centre et le nord de l’Angleterre, cela ne l’empêche pas de se tenir au courant des événements et en particulier des initiatives en cascade prises par la Kriegsmarine. A Leeds, le chef des Français libres participe à la grande semaine de la marine dont le but est de collecter de l’argent destiné à la construction d’un porte-avions plus puissant encore que l’« Ark Royal » détruit par les nazis. Les organisateurs ont fixé à 5.250.000 livres la somme à récolter mais, à la veille de la visite du Général qui doit assister à des cérémonies organisées en son honneur et celui des Alliés, la somme est dépassée. On se tait pour que de nouvelles souscriptions utiles à la construction de nouveaux navires de la guerre aient lieu.

    Les acclamations de Leeds

    Leeds est pavoisée aux couleurs alliées et les journaux n’ont pas hésité à tirer une édition spéciale pour vanter l’engagement du chef des Français libres et saluer le courage des soldats des FFL qui servent sur terre, sur mer et dans les airs. On reconnait alors que la métropole du Yorkshire fait au général de Gaulle un accueil qui témoigne : « toute l’amitié affectueuse et confiante qu’elle porte à la France ». Le Général est l’hôte de la sœur du roi qui est mariée à ord Harewood. Il est acclamé lorsqu’il se rend à l’hôtel de ville et les honneurs militaires lui sont rendus avant qu’il ne prenne la parole : « Je suis profondément ému de me trouver ici aux côtés des Alliés, dans cette grande et laborieuse ville de Leeds. Vous me montrez une forte et vigoureuse ville anglaise, et vous me donnez la preuve que le peuple anglais est un peuple solide et résolu. Sachez que nous sommes d’accord avec vous dans la plus grande guerre de l’Histoire. Peuple de Leeds, je vous affirme que tout le peuple français est avec vous de tout son cœur ».

    C’est aussi le Général qui proclame les résultats de la souscription qui remporte un succès magistral : 7.500.000 livres sont collectés soit 2.250.000 livres de mieux que prévu ! Suit un banquet à l’issue duquel de Gaulle reprend la parole : « Le sentiment du peuple français dans son immense majorité est plus près que jamais de la vieille Angleterre et je suis certain que mes camarades alliés diraient la même chose. Je parle pour les Français libres et pour tous les Français qui ne sont pas libres d’exprimer leur propre opinion ». L’après-midi, une importante revue des troupes est organisée avec en tête des soldats, des marins et des aviateurs de la France libre.

    La chaleur de Birmingham

    Le lendemain, le général de Gaulle arrive à Birmingham. Il y reçoit aussi de la municipalité et de la population un accueil particulièrement chaleureux. Il prend le temps de visiter trois usines dont la production est centrée sur les besoins des armés et est acclamé par les ouvriers devant les chaînes de fabrication. Le maire de la cité lui adresse ce discours : « C’est un grand privilège d’accueillir le général de Gaulle, qui incarne le véritable esprit de la France. Les FFL ont combattu magnifiquement en Erythrée et en Abyssinie. Elles combattent actuellement en Libye et sur d’autres fronts. La ville de Birmingham attend la victoire décisive qui assurera à la France dans le concert européen la place à laquelle son histoire et sa culture lui donnent droit. Vive la France libre ! ». Le Général répond par un long propos dont on retient sa proximité avec les gens qui souf- frent : « Lorsque j’ai vu ce matin la carte de l’attaque aérienne allemande contre Birmingham, j’ai compris qu’il est impossible de séparer nos deux grands peuples, maintenant ou dans l’avenir ». De Gaulle insiste aussi sur la proximité de ses hommes avec les unités britanniques qui se battent. Il assiste à la réception organisée par la colonie française et les amis des volontaires français de Birmingham et de sa région. Il leur confie : « Nous travaillons et travaillerons pour la bonne France qui continuera à vivre avec vous dans la liberté et la sécurité ». Le dimanche, il est à Liverpool où il assiste à la messe à la cathédrale puis il se rend au centre des Alliés.

    L’après-midi, il visite la maison de France, un foyer qui a été ouvert par des ouvriers français qui travaillent dans des usines de guerre. Tenu informé des événements les plus marquants, de Gaulle apprend qu’Hitler vient de nommer Albert Speer, 36 ans, au poste de ministre de l’Armement et de la Machine de guerre. Il succède au jeune architecte Fritz Todt qui vient de mourir dans un accident d’avion au retour d’une visite au führer. C’est lui qui a mis au point une organisation destinée à ériger des fortifications maritimes et à construire des équipements défensifs pour empêcher un éventuel débarquement allié et réaliser des observatoires sur toutes les côtes des régions occupées. Speer sait que les défis qui l’attendent sont considérables. Il ne peut plus se concentrer sur la construction de bâtiments destinés à afficher la grandeur du Reich. Il doit donner les moyens à l’Allemagne d’augmenter sa production industrielle de 50 %. Son option pour assurer une fabrication continue de tout ce qui est nécessaire à la guerre est de contraindre les prisonniers à travailler dans les usines. Il sait que son plan du nouveau grand Berlin devra attendre.

    Opération Cerbère

    Le Général est aussi informé des nouvelles postures de la Marine de Raeder et Dönitz. Les Britanniques ont quelques soucis depuis que les U-Boote ennemis ont adopté un nouveau code secret, le Triton, qui les relie au QG de l’amiral Dönitz à Paris. Cette modification n’est pas liée à d’éventuels soupçons sur la capacité des alliés à traduire leurs messages, elle résulte de la décision de l’amiral de tout contrôler et de suivre les mouvements des U-Boote de dernière génération. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les Anglais qui ne connaissent plus les positions précises des sous-marins ennemis du golfe de Gascogne jusqu’aux côtés norvégiennes. Le 12 février, le Général apprend que les Britanniques n’ont pas réussi à empêcher la sortie en force de trois puissants navires ennemis les croiseurs de bataille « Scharnhorst » et « Gneisenau » ainsi que le « Prinz Eugen ». Ces navires étaient au mouillage à Brest et, malgré cent dix raids aériens, ils sont intacts. Leur fuite est ordonnée par Hitler. Le vice-amiral Ciliax est chargé de la préparer. Il monte alors l’opération « Cerbère ». Les Anglais sont informés des préparatifs par le lieutenant de vaisseau Philippon qui appartient à la Confrérie Notre-Dame. Les Britanniques montent alors le plan Füller. C’est à 22h45 que les bâtiments font mouvement alors que le sous-marin « Sea Lion » a indiqué à l’amirauté qu’il ne se passerait rien avant au mieux le lendemain. C’est en fin de matinée qu’un Spitfire de la RAF repère le convoi qui est déjà engagé dans le pas de Calais ! Les canons de Douvres ne peuvent pas les atteindre et les torpilleurs ne parviennent pas à s’en approcher en raison de la puissance de feu de l’escorte. S’en suit une chasse terrible et meurtrière pour l’aviation. La RAF perd alors 42 appareils mais les mines larguées au nord de la Hollande parviennent à toucher les croiseurs. Le « Scharnhorst » subit une lourde avarie alors qu’il s’apprête à entrer dans les eaux allemandes. L’honneur des Anglais est sauf !


    -----

    Les Français ont rendez-vous à Bir Hakeim

    Le général Koenig est prêt à l’action.
  •  Agrandir la photo
  • La préparation d’une pièce d’artillerie dans l’espace de Bir-Hakeim.
  •  Agrandir la photo
  • Le 5 février 1942, le général Auchinlek qui constate que les troupes sont arrivées sur la ligne de Gazala ordonne au général Ritchie de stopper le repli par échelons de ses forces. Il consolide alors un dispositif défensif qu’il a mis au point. Deux divisions ont déjà pris position face à l’ouest. La 1re sud-africaine à cheval s’est installée le long de la route côtière et la 50e britannique s’est déployée à Bir-Hakeim. Les Français et les Polonais reçoivent l’ordre de s’intercaler entre ces deux forces au niveau d’Alem Hamza. Derrière cette ligne improvisée, l’artillerie se déploie tandis que les chars de la 1re division blindée se tiennent prêts à passer à l’offensive dans les intervalles qui leur ont été ménagés pour filer au contact de l’ennemi. Cette fois, toute la 8e armée fait front à l’adversaire qui s’attend à une réplique imminente. Pourtant Rommel est inquiet. Même s’il est heureux d’avoir conquis Benghazi le 29 janvier puis d’avoir dirigé ses forces blindées en direction du golfe de Bomba, il peste contre les insuffisances de la logistique. L’Afrika Korps ne progresse pas au rythme qu’il a prévu tout simplement parce que les ravitaillements en essence ont beaucoup de retard. Le général cherche alors à avancer uniquement avec des unités légères mais il est contraint de s’arrêter. Comprenant qu’il est alors vulnérable à une contre-attaque, il ordonne à ses avant-gardes de revenir vers Tmimi et Mechili et d’y établir une ligne défensive.

    Le dispositif des « pill box »

    Entre ses positions et celles de la 8e armée, il existe un vaste désert qui commence à quelques kilomètres de la côte pour s’élargir sur plus de cent kilomètres au sud-ouest. Pendant ce temps, l’état-major britannique estime que la ligne de Gazala n’est qu’une position provisoire destinée à préserver le port de Tobrouk. Les généraux anglais ont l’intention de l’utiliser comme principale base de ravitaillement de leurs forces armées. Auchinlek est favorable à la constitution d’espaces protégés d’approvisionnements des troupes dans la zone de l’avant et il encourage la constitution d’une force blindée de choc pour perforer le système défensif de l’ennemi qu’il juge fragile et incomplet. Les soldats anglais se fortifient sur la ligne de Gazala. La 8e armée choisit une position défensive constituée d’une succession de « pill box » qui sont des centres de résistance. Ils sont disposés sur quatre-vingts kilomètres de la côté vers le sud et sont espacés par des intervalles de plus en plus grands à mesure que l’on s’éloigne de la zone de contact. C’est ainsi que de Gazala à Alem Hamza, ils sont suffisamment proches qu’ils peuvent s’appuyer mutuellement de leur puissance de feu. Au-delà d’Alem Hamza, la position ne comprend plus que deux box isolés, celui de Got el Oualeb, à dix kilomètres plus au sud et celui de Bir Hakeim à vingt kilomètres. Tout ce front doit être protégé vers l’ouest par un immense champ de mines. Au sud de Bir Hakeim commence le désert de sable avec son relief de dunes difficilement praticable pour les véhicules.

    En ce début du mois de février, la position qui est assignée à la 1re brigade à Alem Hamza doit être complètement aménagée. Le terrain est aride, désertique et rocailleux et surtout, le secteur est déjà occupé par l’ennemi ce qui exige la plus grande prudence et le positionnement de défenses puissamment armées. Pendant les dix premiers jours du mois, la brigade s’active pour structurer le terrain en creusant des abris profonds. Ils y découvrent aussi d’anciennes tranchées italiennes et récupèrent des armes, des munitions et même des caisses de boîtes de conserves. Les emplacements de combat sont aménagés. Des barbelés sont posés ainsi que des champs de mines. Le travail est compliqué par des attaques aériennes quotidiennes. Des formations d’une quinzaine d’avions ennemis procèdent à des mitraillages intensifs à très basse altitude. La Luftwaffe inaugure aussi des bombardements de nuit au cours desquels sont largués des mines en forme de bouteille qui n’explosent que sous l’effet de vibrations. La DCA française s’organise et riposte. Le 9 février, les FFL abattent un appareil de reconnaissance de l’adversaire. L’appareil tombe comme une pierre et s’écrase à proximité du Bataillon de marche n°2. Dans les rangs français les cris saluent cette victoire qui est attribuée comme le rapporte le général Koenig aux fusiliers marins.

    Patrouilles dans les sables

    La brigade ne se contente pas d’une DCA chaque jour plus efficace. Elle réalise des reconnaissances dans toutes les parties du désert. Si autour de Mechili, les colonnes ne parviennent pas à établir le contact avec l’ennemi, à leur première sortie d’Alem Hamza, les Français se heurtent à des blindés adverses et décrochent en urgence. En effet pour ces reconnaissances, la division ne possède que de vieilles automitrailleuses incapables de s’opposer aux chars de dernière génération de l’ennemi. Pour pallier ce déficit, le capitaine de Kersauzon propose au général de Larminat de constituer des colonnes mobiles interarmes sur le modèle des « Jock Columns » du nom du colonel Jock Campbell qui les a instituées. Ce sont ces patrouilles adaptées que les Britanniques utilisent dans leurs reconnaissances à moyenne et longue distance. Kersauzon en a mesuré l’efficacité avec la 7e DB anglaise dite des « rats du désert ».

    La 1re brigade s’adapte à ce modèle. Autour d’une compagnie motorisée et d’une batterie d’artillerie appuyée par des éléments de DCA, du génie, des transmissions et une section de 75 antichars portés, les FFL disposent d’une unité mobile adaptée pour faire face à toute mauvaise rencontre inopinée. Bref, la brigade s’adapte à la guerre du désert même si ses hommes pestent de ne pas être au contact d’un ennemi auquel ils veulent donner une bonne leçon. La présence à Alem Hamza est de courte durée. Le général Ritchie modifie son dispositif est regroupe la 50e division britannique autour de ce pôle à la gauche de la 1re division sud-africaine. Ces deux divisions vont constituer avec la 2e division sud-africaine stationnée à Tobrouk, le 13e corps d’armée du général Gott dont la mission prioritaire est de rendre infranchissable la route de Tmimi à Tobrouk. Sur l’aile gauche qui comprend Bir Hakeim et les unités blindées, le 30e corps du général Norrie doit couvrir le flanc sud de la 8e armée.

    La 1re division française libre reçoit l’ordre le 13 février 1942 de relever la 150e brigade de la 50e division anglaise à Bir Hakeim. Le 14 février, elle fait mouvement sur ce point du désert et relève les soldats britanniques. Le site est marqué au nord-ouest par deux reliefs, les « Mamelles » qui sont des citernes recouvertes de sable et au sud par les ruines d’un fortin italien où le nom de « Bir Acheim » est inscrit. Tout autour le terrain est plat et découvert. Ce n’est pas le meilleur endroit pour combattre. L’installation de la brigade est difficile. Chaque unité qui arrive reçoit une position précise sur la carte, doit la reconnaître et l’équiper pour le tenir le plus longtemps possible. Plusieurs compagnies se perdent. Comme le note Yves Gras : « Seule l’irréprochable commandant Laurent-Champrosay adresse le soir même à la brigade, sans erreur, les coordonnées de ses nouveaux emplacements de batterie ». Les Français sont alors conscients qu’ils sont isolés en plein désert à vingt kilomètres de leurs premiers voisins. Le général Koenig positive tout de même : « La position est ce qu’elle est. A nous d’en faire quelque chose de solide ». On y préfigure déjà un camp retranché.

    ***********************************

    Union120210a - Marne
    OIRY : A la salle des fêtes d’Oiry : La Fnaca a partagé la galette

    Un programme riche d’activités pour ces anciens combattants.
  •  Agrandir la photo
  • Les adhérents de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca) se sont retrouvés à la salle des fêtes d’Oiry pour y tirer les rois en compagnie de leurs épouses, de leur famille ou leurs amis.

    Toujours dans une ambiance conviviale, les 120 participants ont pu déguster la traditionnelle galette. Ce fut également l’occasion pour André Richard, président du comité, de présenter ses vœux à l’assemblée et de rappeler quelques rendez-vous de cette année 2012, à savoir : le 19 mars à Paris, 50e anniversaire du cessez-le-feu d’Algérie, le 21 avril, assemblée générale à la maison des associations, et du 18 au 23 juin, voyage à Samoëns en Haute-Savoie.

    Quelques places sont encore disponibles.

    A noter également, le 20 octobre, repas bavarois à la salle des fêtes d’Aÿ.

    Pour les inscriptions, téléphoner au 03.26.54.16.64.

    ***********************************

    Union120207c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Malgré la dissolution de l’Amicale parachutiste : Fidèles en amitié

    A l’occasion de la Sainte-Agathe, 70 personnes, se sont retrouvées pour un repas où la tradition fut respectée.
  •  Agrandir la photo
  • Les anciens adhérents de l’Amicale parachutiste, malgré sa dissolution, restent en contact, fidèles en amitié.

    En effet, suite à une demande générale faite auprès de l’ancien président et de son épouse, ceux-ci ont accepté d’organiser des activités.

    La première a eu lieu le samedi 4 février, dans un restaurant à Saint-Rémy-en-Bouzemont où, à l’occasion de la Sainte-Agathe, 70 personnes, dont 44 femmes, se sont retrouvées pour un repas où la tradition fut respectée.

    Les hommes firent le service pour la plus grande joie des épouses ou amies.

    Encore une belle journée passée dans la bonne humeur ! Chacun avait et voulait garder cette amitié qui les avait unis pendant dix-huit années.

    Prochaine rencontre : la fête de la Saint-Michel, le 29 septembre ou peut-être avant (c’est à l’étude), et un barbecue en mai ou juin.

    ***********************************

    Union120207b - Marne
    LOIVRE : L’association Radar animera le 14 Juillet

    Christian est fier de sa Cushman, model 53 military airborne de 1944, une moto scooter qui se parachutait.
  •  Agrandir la photo
  • Le 14 juillet sera une journée particulière à Loivre. Christian et Daniel ont une passion commune : ils collectionnent et réparent les véhicules de la Seconde Guerre mondiale. Christian possède une moto allemande NSU motorenwerke AG de 1952, et une HD-WLA ayant participé à la Libération avec la 2e DB du Général Leclerc, une Harley Davidson rouge trouvée par hasard sous terre, et une Dresch à moteur suisse de 1929 dont la boîte à chambre à air et la boîte à outils sont intactes.

    Christian est fier de sa Cushman, model 53 military airborne de 1944, une moto scooter qui se parachutait. Daniel possède une dépanneuse Ward-la-France TBC 8KT, un tank Ford à six roues motrices équipé d’un canon de 37 et de deux mitrailleuses Browning, un Halftrack semi-chenille équipé d’une mitrailleuse lourde à l’avant, un DUKW 353 surnommé Duck le canard parce qu’il est amphibie, un tracteur fédéral de 10 tonnes, un Dodge et un char Sherman. Débarqué à Utah beach le 1er août 1944, ce char baptisé Moghrane a participé à la Libération de Paris avec la 2e DB du Général Leclerc ; rendu aux Américains le 18 avril 1945 puis acheté à l’état d’épave, Daniel lui a rendu l’éclat du neuf.

    Ces deux collectionneurs, dont l’un habite à Loivre et l’autre à Hermonville, se sont liés d’amitié et font partie de l’association Radar (Rassemblement axonais des amis de la résistance).

    Cette association, présidée par Francis Leblanc, animera le 14 Juillet, à Loivre. Michel Guillou, maire de Loivre, et la municipalité donneront à la Fête nationale un lustre particulier : le public transporté pendant la période de la Seconde Guerre mondiale pourra admirer les véhicules ainsi que les figurants en tenues militaires.

    ***********************************

    Union120207a - Marne
    LIVRE : Les Ardennais racontent leur histoire aux Marnais

    Un ouvrage illustré de plusieurs centaines de photos et de documents, exhumés d’archives familiales et pour une grande partie inédits.
  •  Agrandir la photo
  • On sait que beaucoup de Marnais d’aujourd’hui ont des racines ardennaises. Peut-être auront-ils envie de remonter le temps avec le dernier ouvrage des éditions « Terres Ardennaises », consacré au temps de l’exode puis de l’occupation, de la Résistance dans un département placé pour l’essentiel en zone interdite et soumis à des conditions de vie toujours plus pesantes au quotidien.

    Viennent ensuite les pages de la Libération et de l’après. Le recensement d’une iconographie insoupçonnée donne à ce volume une restitution adaptée de ces temps complexes.

    Courriers et photos de famille

    Avec des scènes ordinaires, la reproduction de courriers soigneusement conservés et de photos de famille qui attestent une volonté de faire comme si le vert-de-gris ne s’était pas substitué à l’authenticité des terroirs, ce livre est un moyen commode de retrouver les spécificités de la vie rurale et de la vie urbaine de 1939 à 1945.

    Des chefs de culture aux mines souvent patibulaires aux prisonniers de guerre en congés de captivité mais bien occupés dans les fermes, des déportés polonais comme à Thin-le-Moutier, des contraintes qui pèsent sur les agriculteurs, on mesure comment la colonisation agraire du département a été opérée. La faculté pour l’équipe de passionnés de « Terres Ardennaises » d’avoir travaillé avec le concours des archives départementales a permis de sélectionner des documents variés et explicites qu’il s’agisse des autorisations de déplacements et des courriers et imprimés administratifs.

    On mesure aussi le poids des réquisitions de logements effectuées par l’occupant, les convocations des habitants pour écouter les ordres de la Kommandantur comme on se fait une idée des travaux qui ont permis d’assurer le trafic routier par la réhabilitation provisoire des ponts détruits au printemps 1940. Qu’il s’agisse du pont sur l’Aisne à Vouziers, de celui sur la Meuse à Lumes ou à Revin, des bacs mis en place à Warcq.

    Des figures de la Résistance

    On retrouve aussi quelques-unes des figures déterminantes de la Résistance avec l’évocation d’André Point, de Paul Royaux, de Georges-Henri Lallement, de groupes de maquisards.

    On n’oublie pas de rendre hommage aux martyrs de la Libération comme les treize fusillés du bois des Rosières à Tournes dont une Rémoise et un Rémois, les victimes du massacre de Floing. Les obsèques solennelles des résistants tombés à la libération sont rappelées.

    Et puis il y a des relations beaucoup plus sympathiques qui se rapportent à la Libération. Il est vrai qu’il est plus facile de faire alors des photographies matérialisant la rencontre des résistants et des Américains, la fraternisation avec les populations civiles.

    On nous montre aussi comment l’armée américaine a mis en place le 4 septembre 1944 un pont de bateaux à Monthermé et un autre encore plus impressionnant à Fumay pour faire passer ses chars et ses éléments lourds.

    De la libération à ce qu’il aurait fallu nommer la capitulation et après, les auteurs ont raison d’expliquer que le retour à la vie normale n’est pas immédiat. Il faut récupérer les munitions abandonnées qui représentent un grave danger qu’elles soient issues des bombardements ou des combats au sol. Il faut donner une sépulture digne de ce nom aux soldats tombés en 1940 ou depuis, et il est de bon ton d’illustrer plusieurs temps forts de la reprise de l’activité économique. Bref, une synthèse intelligente qui sans l’aide des Ardennais et de leurs petits trésors familiaux n’aurait pas eu le même relief.

    Hervé CHABAUD

    « 1939-1945, Il y a soixante-dix ans dans les Ardennes », Terres Ardennaises, 416 pages, 42 euros.

    ***********************************

    Union120205b - Marne
    CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE : Centenaire de la Grande Guerre / Le département ouvre les portes de la mémoire

    CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Ce mardi à Châlons doit se tenir un moment déterminant de la réflexion sur le sens à donner aux commémorations à venir de la Première Guerre mondiale.

    Comment intégrer le département de la Marne dans les séquences mémorielles du centenaire de la Grande Guerre et faire en sorte que les temps forts du conflit qui s’y sont déroulés, soient pris en compte dans la chronologie événementielle destinée à faire signe à la France d’aujourd’hui ?

    Le conseil général et le service départemental de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre mettent enfin en place une coordination particulière pour être au rendez-vous de l’Histoire. On sait qu’à l’automne dernier, le président de la République a reçu un rapport établi par Joseph Zimet, riche de propositions réfléchies, pour que le centenaire de la Première Guerre mondiale donne envie aux Français d’aujourd’hui de s’y impliquer dans le respect du sacrifice de leurs aînés et pour une meilleure connaissance de leur passé.

    En réunissant les acteurs du tissu associatif qui perpétuent la mémoire et préservent les sites glorieux de cette terre, l’objectif est d’établir sans tarder un calendrier prévisionnel en tenant compte des épisodes marnais qui ont le plus marqué le conflit. Pas un canton ne doit être laissé au bord du chemin de pèlerinage sur les traces des poilus et de leurs combats.

    Des choix déchirants

    De l’installation en août 1914 du Grand quartier général à Vitry-le-François à la bataille de la Marne de septembre avec ses épisodes incroyables de Mondement jusqu’à Dormans, de Reims ville occupée mutilée puis bombardée pendant quatre ans jusqu’à être transformée en une immense ruine, des exploits des troupes d’Auberive à Souain, Navarin jusqu’en Argonne autour de la Main de Massiges et au-delà, du quotidien bouleversant d’un front quasi-immobile jusqu’à la bataille du chemin des Dames qui a commencé aux portes de Reims sur le site de l’ex-base aérienne 112, des incertitudes du dénouement jusqu’au soleil de Dormans, aux combats incessants du Tardenois jusqu’à l’Argonne pour repousser l’envahisseur, il y a tant de séquences douloureuses, bouleversantes, exemplaires qu’il faut faire des choix déchirants.

    Si les événements sont autant de balises dont on ne peut pas se priver, il faut aussi penser aux hommes et aux femmes, d’ici ou venus de loin qui, par leur courage, leur témoignage, leur audace ont inscrit des temps particuliers dans l’histoire et imprimé par la force des mots, l’authenticité irremplaçable d’un vécu inimaginable avec nos repères d’aujourd’hui. On ne doit pas oublier que Maurice Genevoix auteur de « Ceux de 14 » ou de la « Mort de près » était un lieutenant du 106e régiment d’infanterie de Châlons-sur-Marne.

    Que Roland Dorgelès était du côté de Cormicy, Hermonville et que d’autres ont dit aussi des choses difficiles et si vraies. Genevoix a écrit : « Tout homme est solidaire. Il est ainsi comptable de ce qu’il est en mesure de transmettre. Et il l’est dans la mesure même de ce qu’il a personnellement reçu ».

    Il nous donne par la puissance des instantanés de ses récits, des clés humaines pour comprendre mais ne nous invite-t-il pas à nous mettre dans ses pas et celui de ses frères d’armes pour dire que la France de maintenant n’a pas oublié ces Français d’hier sans lesquels elle ne serait plus ? Oui, il y a du travail à accomplir pour que la Marne, terre ensanglantée soit debout et unie pour se souvenir.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union120205a - Marne
    REIMS : Un bâtiment détruit en septembre 1914

    La sous-préfecture que nous connaissons aujourd’hui a été inaugurée en 1935 par le président de la République Albert Lebrun venu à Reims pour saluer la réalisation du Stade et du pont de Vesle. En effet, du bâtiment édifié au XVIIIe siècle avec une charpente en bois, il ne restait plus rien excepté la façade suite aux bombardements de septembre 1914, les mêmes qui avaient provoqué le grave incendie de la cathédrale Notre-Dame.

    « Ce jour-là » nous explique Olivier Rigaud, architecte à la ville, « ce sont pas moins de neuf hectares du centre-ville qui ont été la proie des flammes. Seul le bâtiment de la Société Générale doté d’une charpente en béton avait résisté. C’est en avril et mai 1918 que d’autres bombardements ont touché la Place du forum avec toutes ses maisons à pans de bois. La ville était désertée et ses habitants et les militaires n’ont pas éteint les incendies. »

    ***********************************

    Union120205c - Marne
    REIMS : L’hommage au commandant Marin la Meslée

    La stèle Marin-la-Meslée transférée sur le monument aux morts de l’ancienne base a été fleurie.
  •  Agrandir la photo
  • C’est sous un froid polaire que jeudi plusieurs événements ont marqué la commémoration du centenaire de la naissance du commandant Edmond Marin la Meslée, As des as de la campagne de France de 1940 et dont la base aérienne 112 de Reims a porté le nom de 1953 jusqu’à sa fermeture, le 30 juin dernier.

    SOUCIEUX de la tradition et des hommes d’honneur qui ont écrit les plus belles pages de l’histoire de l’armée de l’air, le commandant a été célébré en présence de son fils Philippe et de son épouse.

    La première étape de cette journée a été une cérémonie des couleurs sur le site de l’ancienne base organisée avec le concours précieux de l’organe liquidateur 112, dirigé par le lieutenant-colonel Servat. Ce dernier a présidé cette séquence militaire du souvenir, intense en émotions. Un dépôt de gerbes a été effectué par les représentants de l’amicale des anciens de l’armée de l’air de Reims et de l’association Edmond-Marin-la-Meslée.

    A cette occasion, la stèle de Marin la Meslée a été transférée sur le monument aux morts qui sera maintenu en lieu et place quel que soit l’avenir que le syndicat mixte du Nord rémois réserve au site. L’amicale présidée par Claude Scrabalat a pris à sa charge ce transfert et cette initiative a été saluée par tous dont la vice-présidente de l’Assemblée nationale Catherine Vautrin.

    A 11 h 30, à l’initiative de l’association Edmond-Marin-la-Meslée, appuyée par l’association des officiers de réserve de l’armée de l’air, une plaque a été inaugurée face au 9, rue Guillaume-de-Machault à Reims, immeuble où le commandant a vécu lorsqu’il était affecté au groupe de chasse 1/5 dans les années qui ont précédé la Seconde Guerre mondiale.

    Cet indicateur de mémoire a été possible grâce à la compréhension de l’Office de tourisme de Reims qui tient à développer le tourisme historique dans toutes ses déclinaisons au cœur de la cité et dans son périmètre. C’est la raison pour laquelle, il accueille une exposition consacrée à Edmond Marin la Meslée qui se présente sous la forme d’un chemin d’honneur et raconte la vie de ce héros de la chasse française jusqu’à son sacrifice suprême. Elle sera visible jusqu’au 11 mars prochain. Des maquettes des avions qu’il a pilotés sont également présentées au public.

    L’exposition doit beaucoup à Frédéric Lafarge, administrateur du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale dont le dévouement pour l’histoire de l’aviation et sa mémoire dans la France d’aujourd’hui vont bien au-delà de ses obligations administratives.

    « Cette exposition est une invitation à découvrir un officier remarquable mais aussi à réfléchir sur le sens de l’engagement. Lorsqu’on est en guerre on est amené à donner la mort mais on doit aussi se préparer à la recevoir. Marin la Meslée le savait. Jusqu’au bout il a fait honneur à l’armée de l’air, au drapeau de la France, aux valeurs qui nous sont chères. Il est un exemple parce qu’il a été un grand Français qui s’est donné à son pays », a indiqué le colonel Chabaud, président de l’association Edmond Marin-la-Meslée.

    Prenant la parole après Jacques Cohen, adjoint au maire chargé du tourisme, Jean-Louis Cavenne maire de Bétheny a souhaité qu’enfin au-delà des mots le musée de la BA 112 soit sauvé et qu’il ne soit pas seul avec des associations pour obtenir un résultat favorable. Dans l’après-midi, les philatélistes ont pu acquérir la carte du centenaire avec un timbre à date. Un autre authentique souvenir.

    ***********************************

    Union120205b - Marne
    GUERRE 14-18 : Quand la Grande Guerre s’écrivait… en dessins

    C’est de ces trois carnets originaux retrouvés par un de nos lecteurs que sont tirés les dessins présents sur cette double page.
  •  Agrandir la photo
  • Les soldats du Nord n’appréciaient pas …
  •  Agrandir la photo
  • … leurs congénères « planqués » dans le Sud (croquis de 1914).
  •  Agrandir la photo
  • L’Allemand envahisseur, avec en tête Guillaume II, est l’objet de toutes les haines.
  •  Agrandir la photo
  • Ambiance dans une tranchée : « Moi je trouve que les civils sont tristes » « Ben que veux-tu, ils n’ont pas nos distractions. leur vie est si terne, si plan plan ».
  •  Agrandir la photo
  • Spécialiste reconnu de la Première Guerre Mondiale, Jean-Pierre Verney est aussi un grand collectionneur. Des centaines de croquis et dessins qu’il a récupérés sont actuellement au musée de la Grande Guerre à Meaux. © Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux / D. Pazery
  •  Agrandir la photo
  • Le bombardement de la cathédrale de Reims toujours avec cette légende cynique, montrant deux pilotes allemands disant : « Tachons encore de tuer quelque petite fille »…
  •  Agrandir la photo
  • Les Allemands sont régulièrement tournés en dérision comme ici où le champagne semble avoir fait effet.
  •  Agrandir la photo
  • Les Allemands pilleurs de trésors avec ici un butin ramené de Reims.
  •  Agrandir la photo
  • Un regard décalé sur la progression et les destructions des Allemands avec des officiers en train de regarder le kaiser s’énerver contre des « bibelots » représentant différents lieux attaqués.
  •  Agrandir la photo
  • Très simple mais aussi très beau dessin de civils constatant les dégâts dans la Marne.
  •  Agrandir la photo
  • Guillaume, Wilhelm en Allemand, tourné ici en dérision… Un coup de froid et voilà que le Kaiser décide en effet de brûler la cathédrale de Reims pour se réchauffer !
  •  Agrandir la photo
  •  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    HISTOIRE. La Grande Guerre a inspiré de nombreux illustrateurs, dessinateurs. Qu’ils soient satyriques, outils de propagande ou simple défouloir, les dessins sont de magnifiques et émouvants témoignages de cette cruelle période. Nous avons retrouvé trois carnets originaux, dont plusieurs croquis illustrent notamment les bombardements de Reims.

    Il est des documents marqués par l’histoire. Ceux qui, lorsqu’on les a entre les mains, vous laissent comme un sentiment étrange de vivre un instant unique. Récemment, trois carnets de croquis nous ont été confiés par un lecteur dont le beau-père avait hérité des documents il y a longtemps via un voisin en région parisienne. Sur la couverture de ces objets marqués par le temps, trois dates : octobre 1914, août 1916 et juillet 1919.

    L’intérieur recèle une mine d’or. Des croquis originaux de la Grande Guerre au jour le jour. Le dessin est accompagné à chaque fois d’une légende humoristique ou d’un commentaire cinglant. Aucun nom identifiable dessus si ce n’est celui de « Pergier » qui revient trois fois. « Ces documents de qualité sont typiques des carnets de soldat », explique Jean-Pierre Verney que nous avons contacté sur le sujet. L’homme est un spécialiste reconnu de la Première Guerre mondiale. Il a été commissaire de nombreuses expositions sur le sujet, a travaillé avec le dessinateur Jacques Tardi sur plusieurs ouvrages.

    Il est aussi à l’origine de l’ouverture récente du musée de la Grande Guerre du pays de Meaux dont il est le conseiller historique et auquel il a confié sa collection incroyable de plus de cinquante mille objets sur 14-18.

    Evolution des mentalités au fil des ans

    Les carnets de notre soldat inconnu montrent l’évolution des mentalités durant la guerre. En octobre 1914, c’est l’Allemand envahisseur, pilleur, qui est au cœur des préoccupations. L’attitude des soldats « planqués » dans le sud de la France est aussi dénoncée. En août 1916, on sent davantage l’enlisement, une certaine résignation et une défiance des autorités françaises. Juillet 1919 enfin, c’est le temps de l’après-guerre partagé entre le retour des soldats, l’émancipation.

    « Lors de la guerre les soldats s’occupaient l’esprit avec ce qu’il faisait avant, poursuit Jean-Pierre Verney. Un bijoutier faisait par exemple des bagues avec du fer, un dessinateur des dessins… Ici je pense que c’est un soldat qui n’était peut-être pas dans les tranchées, mais au moins dans un état-major sur les lignes arrières. Il était très au fait de l’actualité ce qui n’est pas surprenant car à l’époque les soldats étaient tenus au courant de tout ce qui se passait en France et ailleurs. »

    Si l’on peut penser un instant à des dessins de presse, notre spécialiste de la Grande Guerre en doute. « Cela correspond dans l’esprit, mais le fait que les croquis ne soient pas détachés des carnets montre que notre homme n’envoyait pas ses dessins. »

    Une grande production

    Les croquis et dessins ont souvent été utilisés durant la Première Guerre mondiale. A plusieurs niveaux et sous plusieurs formes. Outils de propagande, de mobilisation des troupes, de témoignages du quotidien, d’informations… ils ont été l’occasion pour de nombreux artistes mobilisés ou volontaires d’exprimer leur talent.

    Les supports étaient nombreux : la presse quotidienne, humoristique (Le Rire-rouge, La Baïonnette, La vie Parisienne…) ; l’affiche (très populaire et importante) ; l’imagerie d’Epinal ; les productions artistiques et patriotiques (lithographies, gravures, livrets etc.) ; la presse enfantine comme Forton avec Les Pieds Nickelés ; la presse de tranchée, qui utile les dessins des soldats du front, le plus souvent des inconnus…

    A côté de tous ces anonymes, plusieurs dessinateurs se distingueront. La liste n’est pas exhaustive mais on peut citer pêle-mêle Abel Truchet, Guy Arnoux, Benito, Gus bofa, Bruyer. Domergue, Durand Joanny, Fabiano, Abel Faivre, Forain, Groux, Guillaume, Hansi, Hermann Paul. Ibels, Iribe, Masereel, Meheut, Morin louis, Maréchaux, Marius Roussillon dit O’Galop, Poulbot, Robida, Saubidet, Sem, Sirat, Steinlen, Taquoy, Veber, Wilette, Zislin…

    Tous, notre soldat dessinateur inconnu le premier, ont à leur façon contribué à ce que l’on n’oublie pas ce qui s’est passé voilà bientôt un siècle dans la région.

    Grégoire Amir-Tahmasseb

    Remerciement à M. Marcel Merlet qui nous a confié ces documents.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    ***********************************

    Union120205a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    -----

    Le führer pérore toujours

    Le führer s’exprime sans se préoccuper des avis de sesgénéraux et de certains de ses conseillers.
  •  Agrandir la photo
  • Hitler adore toujours autant faire des discours enflammés, rendant la foule qui l’écoute hystérique. Après une intervention qui a duré une heure et cinquante-sept minutes, Pierre Bourdan se charge de décortiquer les propos accumulés et souvent confus du dictateur du Reich. Il estime d’abord que les quatre cinquièmes de sa proclamation ont été consacrés à une rétrospective des vingt dernières années pour mieux montrer comment le parti nazi s’était avéré le seul recours pour relever l’Allemagne de ses errances. Seulement si le führer adore les explications historiques, le gaulliste Bourdan aime le placer devant ses contradictions et ses interprétations erronées des événements. « Il trouve des justifications à une politique qui n’a pas besoin de l’Histoire pour se comprendre, car elle consiste simplement à détrousser les autres pour leur prendre ce qu’ils ont. Dans un roman d’Alexandre Dumas, il y a un type d’homme assez semblable : c’est un bandit historien et philosophe qui éprouve le besoin constant d’expliquer aux gens pourquoi il les tue, et de leur prouver qu’il a raison de les tuer. Seulement le personnage de Dumas est plus sympathique ».

    Le discours du führer est néanmoins structuré. Le journaliste recense deux parties qu’il déguise à souhait : une série de sophismes comiques par leur absurdité et, à la fin, une analyse de la situation actuelle avec quelques prophéties d’avenir. Que peut-on reprocher à l’architecture et au contenu des propos hitlériens ? Il y a d’abord la volonté de répéter que la Première Guerre mondiale n’a pas été perdue par l’Allemagne. Le reporter relève ce qu’il qualifie d’idioties dans la diarrhée verbale du maître du IIIe Reich : « Le jour où mes ennemis feront mon éloge, mes compatriotes pourront bien m’envoyer au diable ». Le porteparole de la France libre veut le rassurer : « C’est ce que nous ferons ». Avant de placer cette banderille critique : « Ce maniaque est parfaitement incapable de construire mais, comme tous les hystériques de la destruction, il n’a que ce mot-là à la bouche ».

    Sur les offensives à venir, l’optimisme d’Hitler est jugé déraisonnable : « Il ne nous dit pas son secret et comment il propose de briser la coalition de quatre puissants empires. Apparemment il compte beaucoup sur les Japonais, lui qui, selon Darlan devait gagner la guerre tout seul ». Pour l’analyste français il espère beaucoup en Tokyo pour occuper un maximum de navires britanniques loin de leurs bases, ce qui lui permettra d’intensifier ses actes de piraterie dans la Manche et l’océan Atlantique. « Cela n’empêche pas les sous-marins d’Hitler de se faire étriller sur l’Atlantique ». Hitler compte sur Rommel mais même si les Britanniques et les Français reconnaissent que la situation sur ce front est décevante pour leurs unités, ils estiment que tôt ou tard, la coalition alliée trouvera la faille et renverra les forces allemandes reprendre le bateau pour l’Europe. Les Français libres assurent que l’enthousiasme hitlérien fondé sur une grande attaque contre les Soviétiques au printemps est une simple utopie.

    L’hiver est un temps précieux pour les soldats de l’Armée rouge. Ils peuvent se réorganiser et mieux assurer le ravitaillement de leurs corps d’armées. Ils parient déjà sur l’impossibilité pour les Allemands de faire désormais bouger le front. « Hitler ne nous dit pas ce que cette première offensive a coûté à l’Allemagne. Et c’est plus prudent. Car même l’auditoire trié sur le volet qui était réuni au Palais des sports à Berlin : « aurait pu sentir passer un frisson dans le dos ». Bourdan est confiant parce que le führer ne parle plus d’une victoire dans l’année. Et de conclure : « On ne voit pas très bien comment Hitler pourra régler leur compte à quatre puissantes nations alors qu’en dix-huit mois il n’a pas réussi à franchir les 32 kilomètres qui séparent Calais de Douvres ».


    -----

    La ruée nipponne est très meurtrière

    Les Japonais attaquent même sans le soutien de leur cavalerie blindée.
  •  Agrandir la photo
  • Un soldat britannique vient d’être fait prisonnier.
  •  Agrandir la photo
  • La fierté de la conquête matérialisée par le Banzaï de la victoire.
  •  Agrandir la photo
  • M O U V EM EN TS. Sur tous les théâtres de l’Asie du sud-est, la progression des Japonais est patente même si les Américains réussissent quelques contre-attaques spectaculaires aux Philippines et que les Britanniques font de leur mieux pour reculer l’échéance fatale.

    Le 30 janvier 1942, à l’est de Bataan, les Nippons exercent une vigoureuse pression sur les défenses américano-philippines et parviennent à verrouiller une tête de pont au-delà du Pilar. Leurs adversaires essaient de stopper leurs infiltrations et d’éliminer la tête de pont de Quinauan. Du côté de Singapour on fait grise mine puisque la 22e brigade indienne est isolée et que l’avance ennemie est dynamique. Les Alliés qui tiennent à ce que les troupes ne tombent pas entre les mains des Japonais, décident de transférer un maximum d’unités vers les Indes néerlandaises, et en priorité l’aviation. Il y a beaucoup d’utopie dans tout cela. Parce qu’aux Indes néerlandaises, les Nippons occupent déjà Amboine dans l’archipel malais qui possède une grande base navale désormais indisponible pour accueillir les norias des appareils d’évacuation ! La garnison mixte hollandaise et australienne est rapidement réduite au silence.

    En Birmanie, des vagues d’assaut venues de l’archipel nippon attaquent Moulmein. Il leur faut très peu de temps pour s’emparer de l’aérodrome. Le 31 janvier, dans la péninsule de Bataan les Japonais confortent une tactique qui leur donne d’appréciables résultats. Ils réussissent à infiltrer des petits groupes au-delà des principales défenses américaines ce qui leur permet de fournir à leur état-major de précieuses informations sur les dispositifs de l’ennemi. Le commandement japonais convaincu qu’il peut marquer très vite des pas décisifs accélère l’arrivée de renforts. En Malaisie, les ultimes éléments anglais arrivent à Singapour. Même si l’île est divisée en trois secteurs sous l’autorité respective des généraux Heath, Keith Simmons et Bennett, les soldats alliés éprouvent de grosses difficultés. Des militaires indiens, australiens, canadiens et malais donnent le meilleur d’eux-mêmes mais les Nippons occupent la ville de Johore Bharu qui se trouve juste face à Singapour.

    ARTILLERIE ET AVIATION

    L’ennemi pilonne la ville avec son artillerie et son aviation en particulier Kalang. Les nouvelles qui proviennent du front birman ne sont pas meilleures. La garnison de Moumein se replie derrière Salouen.

    Ce qui facilite le mouvement de l’artillerie nippone. Elle bombarde Martaban et bientôt bénéficie d’un renfort massif de l’aviation impériale. Une brigade de la 19e division indienne arrive en catastrophe pour tenter de rétablir la situation. Le 1er février 1942, aux Philippines, les vedettes lance-torpilles américaines font une sortie remarquée et repoussent magistralement une tentative de débarquement des Japonais au sud de la péninsule de Bataan. Ce n’est pas pour autant que l’ennemi renonce. Une partie des troupes destinées à la tête de pont de Quinauan débarque dans la région d’Anyasan baïonnette au fusil.

    Le 2, Américains et Philippins attaquent la tête de pont ennemie du Pilar. Pendant la nuit, l’ennemi se replie sur l’autre rive du fleuve mais ils ne parviennent pas à dégager le secteur de Quinauan. Ils remportent quelques succès ponctuels mais la menace nippone est toujours aussi dangereuse. Le lendemain, les Américains réinvestissent le Pilar mais aux Indes néerlandaises les attaques aériennes japonaises s’intensifient contre Java. Partis de Kendari aux îles Célèbres, les bombardiers à la lune rouge frappent puissamment les bases de Soerabaya, Madioen et Malang. Les installations portuaires sont gravement endommagées. Toute l’aviation hollandaise est détruite au sol ! En Nouvelle- Guinée, les Nippons commencent également une campagne de bombardement sur Port Moresby qui n’est défendu que par une toute petite garnison australienne.

    LES PHILIPPINES RÉSISTENT ENCORE

    Devant la situation qui se dégrade très vite en Birmanie, le général chinois Tchang Kaï-chek envoie sa Ve armée appuyer la Vie armée britannique déjà bien éprouvée. Les Japonais l’ignorent sans doute mais ils s’en moquent. Aux Philippines ils sont heureux. Ils enregistrent une forte résistance mais ils ne perdent pour ainsi dire pas de terrain. A Java une escadre américano-hollandaise aux ordres du contre-amiral Doorman constituée de quatre croiseurs et de sept contre-torpilleurs franchit le détroit de Madura pour attaquer les forces japonaises de débarquement à Bornéo. Les Américains sont surpris par l’intervention des bombardiers. Le croiseur lourd « Houston » est sérieusement endommagé tout comme le croiseur léger « Marblehead ».

    Le 5 février 1942, un sursaut d’orgueil des Américains leur permet de repousser l’ennemi jusque sur les plages. Singapour reçoit à son tour des renforts avec le reste de la 18e division britannique et des troupes indiennes. L’espoir US est de courte durée puisque dès le lendemain, des forces complémentaires japonaises débarquent dans le golfe de Lingayen. L’artillerie ennemie commence à bombarder les îles fortifiées du golfe de Manille. Les Indes néerlandaises vivent un sale quart d’heure. Sur la côte orientale de Bornéo, les Japonais s’emparent de Samarinda au nord de Balikpapan. Aux Philippines, les Américains mettent en place un étau destiné à réduire un peu mieux la tête de pont de Quinauan tandis que les renforts ennemis sont repoussés à coups de canon ! Comme le commandant en chef du corps expéditionnaire nippon le général Homma ne tient pas à être pris au piège, il ordonne à ses forces de se replier sur un terrain plus favorable à un combat défensif.

    Les Américains sont en capacité d’encercler les unités japonaises mais sont-ils en capacité de recevoir les munitions et le ravitaillement nécessaire à la réduction définitive des poches armées de l’invasion ? A Singapour, au terme d’une spectaculaire préparation d’artillerie, des unités des 5e et 18e divisions nippones débarquent sur la côte nord-ouest. Les Britanniques conduisent une défense courageuse en engageant tous les moyens qu’ils ont sous la main. Néanmoins les Japonais réussissent à implanter une solide tête de pont et avancent méthodiquement en direction du terrain d’aviation de Tengah, le plus important de l’île. En Nouvelle-Bretagne, les Nippons occupent Gasmata sans enregistrer une trop grande résistance. Dans la péninsule de Bataan, les défenseurs s’acharnent contre le saillant japonais le plus important et exercent des pressions intensives dans la région d’Anyasan. A Singapour, les Britanniques cèdent la partie occidentale de l’île pour renforcer leur dispositif sur la ligne Kranji-Jurong. Les Anglais donnent le maximum d’eux-mêmes mais ils ne parviennent pas à structurer une contre-attaque capable de renverser la situation. Les Japonais sont sûrs d’eux. Ils reçoivent de bonnes nouvelles de Bornéo et des îles Célèbres tandis qu’en Birmanie les troupes indiennes ayant en charge la défense de la ligne de Salouen sont contraintes de retraiter en bon ordre. Elles abandonnent Martaban et se replient tout en combattant vers Thaton.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    -----

    Avoir faim mais travaillez plus

    Une queue interminable dans la capitale pour les cartes d’alimentation et de chauffage.
  •  Agrandir la photo
  • Cet hiver 1941-1942 va-t-il être celui de famines ? Georges Boris ne mâche pas ses mots dans l’une de ses chroniques, le 31 janvier 1942. Il décrit une situation préoccupante dans deux départements : l’Hérault et le Gard qui se trouvent pourtant en zone dite libre. Il assure que des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes. Des gens affamés ont crié leur détresse à Montpellier, à Nîmes, à Sète et à Arles. Une dépêche de l’agence Havas confirme un ordre public perturbé mais tente de minimiser les expressions de mauvaise humeur : « Les manifestations n’ont pas été sérieuses, elles avaient pour cause la disette ». C’est une façon de présenter les choses mais du côté des Français libres, on se dit horrifié de savoir que la famine gagne parmi les familles de métropole. La façon dont le gouvernement de Vichy gère les événements est jugée scandaleuse et désincarnée. Ce sont les commentaires du ministère de l’Intérieur qui choquent le plus. Le chef de cabinet de Pierre Pucheu est directement mis en cause. On estime que son analyse de la situation relève du scandale. Il dénonce des agitateurs, des perturbateurs irresponsables qu’il accuse de : « provoquer volontairement des troubles qui menacent l’ordre public ». Pourtant, le haut fonctionnaire admet qu’il existe en certains points de l’Hérault et du Gard une situation de disette. Ce qui contraint le gouvernement de Vichy à prendre des mesures d’urgence pour remédier à la situation : « Le maréchal Pétain, informé de la dégradation de l’état d’approvisionnement dans deux départements a demandé à ce que des rations supplémentaires de viande ainsi que des légumes, en particulier des pommes de terre et des fruits soient transportés dans les zones des deux départements concernés où les manques sont avérés ». Georges Boris estime que ces mesures prises dans l’urgence témoignent d’un gouvernement « qui tremble lorsque le peuple à faim ». Et d’accuser le pouvoir de chercher à revenir à une situation récurrente sous l’Ancien Régime lorsque chaque hiver, le peuple avait faim et souvent se révoltait contre la disette.

    DE FAUSSES EXPLICATIONS

    « Vichy a peur. Plus on a peur, plus on menace et plus en même temps on fait des promesses. Promesses qui prouvent au surplus que les manifestations ne sont ni injustifiées dans leurs motifs ni vaines dans leurs effets », relève le journaliste. Il ne croit pas aux explications qui sont données pour justifier la pénurie. La raison serait le naufrage d’un vapeur de la ligne Algérie- Marseille. Pour le chroniqueur, chacun sait que les manques ne proviennent pas de la perte d’un navire mais du pillage qui est organisé par les Allemands : « Pourquoi donc Vichy n’en convient-il pas ? Pourquoi Vichy dissimule-t-il la vérité et nie-t-il l’évidence ? Pourquoi Vichy sert-il éternellement d’écran aux crimes allemands, comme s’il était préposé à leur camouflage ? ». Georges Boris s’emporte contre cette complicité de Vichy que les Français ne pourront pas pardonner. Il estime que si le Maréchal avait une parole forte, l’occupant serait contraint de limiter ses exigences. Il constate que les ministres n’osent pas plus hausser le ton. Aussi interpelle-t-il les familles qui subissent l’occupation au quotidien : « Faut-il donc attribuer à la lâcheté individuelle de ces ministres le silence et les mensonges de Vichy ? Qu’y a-t-il de plus répugnant, de plus pitoyable et de plus indigne que le spectacle donné par ces personnages qui, lorsque des mères françaises protestent parce que les Allemands affament leurs enfants, allèguent qu’un naufrage en Méditerranée est cause de la famine, et que les auteurs des manifestations sont des éléments troubles et des perturbateurs étrangers » ?

    Mais il est une autre pénurie qui suscite une agitation médiatique toute volontaire c’est celle de main-d’oeuvre en Allemagne. Jacques Duchesne relève chez l’ennemi des comportements qu’il dénonce avec force.

    D’abord il considère que Radio Paris n’est que le porte-voix des exigences fixées par l’occupant. S’il recherche toujours des ouvriers et demande que des travailleurs français franchissent le Rhin c’est qu’il y a désormais un manque de bras en Allemagne. Comme il est patent que la bataille industrielle est aussi importante que celle des armées sur le front, le Reich ne peut pas supporter une rupture de charge. Assurer une production alors que les carnets de commande des forces armées sont pleins et qu’il manque des gens dans les ateliers tout simplement parce que les ouvriers sont devenus des soldats est une équation difficile à résoudre.

    UNE REVUE DE PRESSE EXPLICITE

    La presse allemande s’inquiète de la dégradation de la situation c’est pourquoi Jacques Duchesne effectue une revue de presse très intéressante. Il cite le Deutsche Allgemeine Zeitung du 29 janvier 1942 où il est écrit : « Le manque de main-d’oeuvre est devenu particulièrement sérieux pendant l’année qui vient de s’écouler. L’armée allemande qui doit fournir un effort énorme dans l’Est et dans l’Afrique du Nord réclame sans cesse des soldats. Ceux-ci doivent être recrutés dans l’industrie et même dans l’industrie qui travaille aux armements ». Or dans le même temps, la production du matériel de guerre doit être augmentée d’autant que la résistance de l’Armée rouge se renforce.

    Même si elle est facilitée par la rigueur de l’hiver, il s’agit d’un état de fait que l’état-major général des armées nazies ne peut pas négliger. Tous ceux qui sont en capacité de travailler sont réquisitionnés. On ne cherche pas trop à savoir l’âge de ceux qu’on embauche. Des plus jeunes aux vieillards, tous font l’affaire.

    Le correspondant berlinois du quotidien suédois Stockholms-Tidningen écrit ceci également le 29 janvier : « Il va être nécessaire de renforcer les effectifs des travailleurs employés aux industries de guerre ; dans ce but, il va falloir rappeler du personnel qui est encore occupé dans les industries du temps de paix ou dans les ateliers d’artisans ; il faudra appeler également plus d’étrangers et de femmes pour conduire les machines ».

    Ce principe des vases communicants a pour conséquence la réduction des moyens de production pour la fabrication d’objets utiles à la vie courante. Cette priorité absolue donnée à la guerre aboutit aussi à une dégradation des conditions de vie en Allemagne. Le correspondant suédois donne un exemple de certains manques. Il explique que mieux vaut ne pas avoir les plombs qui sautent chez soi car il devient impossible de les remplacer. Il observe encore que le papier hygiénique est introuvable tout comme les brosses et les peignes ! Est-ce volontairement aussi qu’il ajoute que chez les fleuristes on ne trouve plus que des fleurs mortuaires ? Avant de conclure : « Il est évident que les Allemands doivent se préparer à des restrictions encore plus graves ».

    Un avis qui est partagé par un rédacteur du Frankfurter Zeitung qui déclare : « Les Allemands doivent fournir un effort beaucoup plus considérable qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent et tous les peuples européens doivent contribuer à ce même effort. Le recrutement des travailleurs dans les pays occupés va donc être intensifié ».

    Le Frankfurter Zeitung ajoute un argument : « L’Allemagne d’aujourd’hui combat le bolchevisme non seulement dans son intérêt mais dans l’intérêt de toute l’Europe ». Bref résume Duchesne : « L’Allemagne cherche à embrigader dans son armée industrielle l’équivalent de la pauvre légion antibolchévique qui lutte pour Hitler sur le front russe ». Un bien piètre objectif.

    ***********************************

    Union120204a - Marne
    REIMS : Amicale des anciens chasseurs de Reims et de la région Les Diables Bleus, passeurs de mémoire

    De gauche à droite, Danièle Moreau-Hannequin, secrétaire ; José Domice, président ; Jean-Claude Laval, adjoint au maire, et Michel Carré, trésorier.
  •  Agrandir la photo
  • Vingt-quatre adhérents présents à la réunion dont 6 femmes.
  •  Agrandir la photo
  •  Voir toutes les photos.

  • En ouvrant son assemblée générale, le président José Domice accueillait l’adjoint Jean-Claude Laval et Alain Dumont, président de l’amicale Saint-Blaise, puis il demandait une minute de silence « en mémoire de Fernand Gladieux qui fut pendant de nombreuses années notre porte-fanion, de Marie-Louise Domice et de nos soldats décédés en Opex depuis notre dernière assemblée ».

    Danièle Moreau-Hannequin, secrétaire, rappelait les vingt-six interventions de l’amicale des Diables bleus au cours de l’année écoulée : dépôts de gerbes et de plaques, présence aux assemblées générales d’autres associations aux veillées, anniversaires, rassemblements et commémorations, journée « Bleu Jonquille », inaugurations, cérémonies officielles, célébrations des combats de Sidi-Brahim, de l’Ailette, du Fort de La Pompelle et de l’offensive de La Malmaison,…

    « Notre présence à toutes ces cérémonies officielles et lors des invitations montre combien nous tenons à ce que notre amicale soit connue et reconnue », concluait José Domice.

    Puis il donnait la parole au trésorier, Michel Carré, pour le bilan financier : avec 4 305 euros de recettes et 4 958 euros de dépenses, le compte d’exploitation de l’année écoulée est négatif de 653 euros. L’avoir en caisse de l’association passe à 12 121 euros.

    La leçon de patriotisme de Jean-Claude Laval

    À la remarque du président : « Cette année, je l’espère, verra l’inauguration de la rue du Premier et Quarante et unième Bataillon de Chasseurs », l’adjoint Jean-Claude Laval, lui-même ancien Chasseur, répondait : « L’inauguration est prévue fin mars 2012. Elle sera suivie d’une réception en mairie ».

    L’adjoint évoquait ensuite le vieillissement des adhérents : « Comment trouver de nouveaux bénévoles et des remplaçants pour faire vivre la mémoire des anciens ? Nous sommes une génération de passeurs de mémoire aux jeunes générations, pour leur rappeler l’exemple, l’engagement et le sacrifice de leurs aînés. L’oubli serait la pire des choses ! »

    Puis il continuait : « Nous éprouvons un sentiment très fort à la disparition de nos soldats en Afghanistan, signe de la dangerosité de notre présence mais aussi signe de la nécessité de cette présence pour assurer notre mission de paix, de sécurité et d’accompagnement, conforme aux idéaux de notre république. Nous sommes là à un moment très fort de notre histoire ».

    Enfin Jean-Claude Laval annonçait deux événements importants programmés en municipalité : « En 2012, ce sera le 50e anniversaire de la réconciliation franco-allemande signée à Reims en 1962 entre le président Charles de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer. En 2014, ce sera le 100e anniversaire du début de la Grande Guerre de 1914-1918, le plus grand combat sur le continent européen et alors qu’il n’y a plus de poilus et que la liberté est encore menacée par l’intolérance, l’intégrisme et le terrorisme ».

  •  Des photographies de cet événement sont disponibles dans notre galerie d’images
    ***********************************

    Union120203a - Marne
    REIMS : Nécrologie / Aline Bister n’est plus

    Aline Bister (née Husson) était native de la Meuse.
  •  Agrandir la photo
  • Depuis de nombreuses années présidente de l’association d’entraide des veuves et orphelins de guerre, Aline Bister vient de décéder dans sa 86e année.

    Native de Tréveray (Meuse) où elle avait vu le jour le 30 novembre 1926, Aline Husson a passé toute son enfance dans la Meuse où elle est devenue postière, effectuant ses tournées à vélo. C’est après la Seconde Guerre mondiale qu’elle rencontra Jean Bister, mécano sur avion, qui allait devenir son mari. Passionné d’aviation, son époux s’engagea dans l’armée de l’air à la base aérienne de Saint-Dizier, mais perdit la vie en 1959 lors de la guerre en Algérie.

    Pas encore remise de ce terrible drame, Aline Bister, déjà mère d’un garçon, eut le malheur de perdre une petite fille qui décéda un mois après sa naissance.

    C’est à cette époque qu’elle est arrivée à Reims dans sa belle-famille qui tenait un magasin Goulet-Turpin, avenue d’Épernay. Malade, elle essaya bien de retravailler à la Poste, au bureau Stalingrad, mais dut abandonner pour des raisons de santé.

    Adhérente de l’association d’entraide des veuves et orphelins de guerre elle en devint la présidente il y a une quinzaine d’années, au service de celles et ceux qui avaient vécu des drames similaires aux siens.

    Ses obsèques seront célébrées demain, samedi 4 février, à 10 heures en l’église Sainte-Geneviève de Reims.

    À son fils et à toute sa famille, l’union présente ses condoléances.

    Alain MOYAT

    ***********************************

    Union120202b - Marne
    ANGLURE : Comité Fnaca : Lucien Dheurle n’est plus

    Lucien Dheurle avait 75 ans.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

     

    Le comité Fnaca de Conflans-Anglure a conduit dernièrement l’un de ses adhérents, Lucien Dheurle, à sa dernière demeure. Né à Romilly-sur-Seine le 10 mai 1936, il suit des études dans cette ville. Il travaille ensuite dans une cartonnerie puis à l’usine Frimatic de Romilly-sur-Seine. Il entre dans l’armée en 1956 au 2e régiment du génie. En 1957, il rejoint la compagnie 2/23 à Metz, avant de partir en Algérie sur le bateau Ville d’Alger en novembre 1957. Il est affecté à la 1re compagnie du 11e régiment du génie saharien, sur le territoire de Reggane. Il est blessé le 20 janvier 1958.

    Dès son retour dans l’Aube, il travaille à la Ville de Romilly jusqu’à sa retraite. Lucien Dheurle était titulaire de la carte et de la croix du combattant, du titre de la reconnaissance de la Nation, de la médaille commémorative de sécurité et du maintien de l’ordre.

     

     

     

    ***********************************

    Union120202a - Marne
    REIMS : 7e Festival du film antifasciste

    Le but est de faire reculer les idées rétrogrades que sont la xénophobie, le sexisme ou l’homophobie.
  •  Agrandir la photo
  • La prochaine édition du Festival du film antifasciste se tiendra du samedi 4 février au dimanche 12 février dans plusieurs salles, cinéma et Maisons de quartier de Reims. A cette occasion le Collectif de lutte antifasciste en partenariat avec les cinémas Opéra, la ligue de l’enseignement de la Marne, « Au comptoir des rêves », librairie associative itinérante, la Maison de quartier Maison Blanche et les Désobéissant-e-s proposent une programmation enrichie par rapport aux éditions précédentes.

    Débats, lectures expos, concert…

    Le Festival prendra vie sous forme de projections débats bien sûr, mais aussi de lectures théâtrales, exposition, conférences-débats, concert et moments de rencontre dont le but est de faire reculer les idées rétrogrades que sont la xénophobie, le sexisme ou l’homophobie.

    Au programme

  •  Jusqu’au 29 février.- Exposition à la Maison de quartier Maison Blanche, 41, Bd des Bouches-du-Rhône : « Le fond de l’air effraie » avec le concours du fanzine Cafzic de Mont-de-Marsan. Entrée gratuite.
  •  Samedi 4 février.- A 19 heures à l’Espace Apollinaire, 5 rue Guillaume-Apollinaire ouverture avec un ciné débat : « Russian anti-racist skinheads » suivi à 20 h 30 d’un concert de Toxic waste (punk rock). Entrée : 5 €.
  •  Dimanche 5 février.- A 21 h 15 au cinéma Opéra, ciné débat avec : « Télépolis », film fantastique argentin. Prix : 6 €.
  •  Lundi 6 février.- A 18 h 15 à la Maison de la vie associative, 122, bis rue du Barbâtre, conférence-débat sur le thème : « La France est-elle raciste ? » Gratuit.
  •  Mardi 7 février.- A 18 h 15 à la Maison de la vie associative, 122, bis rue du Barbâtre, conférence-débat : « La montée des extrêmes droites en Europe » animée par René Monzat, journaliste. Gratuit.
  •  Mercredi 8 février.- A 18 heures à la Maison de quartier Maison Blanche, 41, rue des Bouches-du-Rhône, ciné débat : « Au pays des gueules noires », documentaire. Entrée gratuite.
  •  Jeudi 9 février.- A 21 heures, ciné débat au cinéma Opéra : « La domination masculine », un documentaire de Patrick Teulé proposé par les Désobéissant-e-s (séance de rattrapage le mardi 14 février à 18 heures). Entrée : 6 €.
  •  Vendredi 10 février.- A 18 heures à la Maison de quartier Maison-Blanche : lecture. Gérard Thévenin lira une nouvelle de Franck Pavloff : « Matin brun ». Gratuit.
  •  Samedi 11 février.- A 15 h 30, ciné débat à l’Opéra à partir du film : « La zona, propriété privée », un film hispano mexicain de Rodrigo Pla. Entrée : 6 €.
  •  Dimanche 12 février.- A 20 h 30, ciné débat à l’Opéra : « Darling », un film de Christine Carrière d’après le roman de Jean Teulé (séance de rattrapage le lundi 13 février à 18 heures). Entrée : 6 €.

    clareims.canalblog.com

    ***********************************

    Union120201d - Marne
    TINQUEUX : Anciens combattants et victimes de guerre / Une baisse inquiétante du nombre d’adhérents

    Jean-Pierre Fortuné, Gilles Richard, Cédric Lacroix,
  •  Agrandir la photo
  • Les Anciens combattants et victimes de guerre de la Ville de Tinqueux se sont réunis dimanche dans l’amphithéâtre du collège Paulette-Billa pour leur 30e assemblée générale ordinaire. Le président Gilles Richard a accueilli les invités d’honneur : Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général, Cédric Lacroix, président départemental des Anciens combattants, Georges Marette, représentant la France Mutualiste, et le sergent-chef Audurenq, responsable des sapeurs-pompiers de Tinqueux et en charge des Cérémonies. Lorsqu’il a ouvert l’assemblée, le président a regretté l’absence de nombreux adhérents (51 présents sur 120 et 20 pouvoirs).

    Gilles Richard a demandé à l’assemblée d’observer quelques instants de recueillement à la mémoire des disparus de l’année 2011. Après la lecture de son rapport moral, il a cédé la parole à Lucienne Becker, secrétaire de l’association qui a lu le procès-verbal de l’assemblée générale du 23 janvier 2011 et le rapport d’activité.

    A son tour Françoise Druet, trésorière, a présenté le bilan financier. L’assemblée a donné son aval pour ces comptes rendus puis adopté la proposition de passer la cotisation 2013 à 22 €. Il a été ensuite procédé à la réélection des membres sortants : un nouvel adhérent, André Aubert, a été élu à l’unanimité. La commission de contrôle a été ensuite reconduite dans ses fonctions, elle se compose de MM. Bertrand, Charlier et Labrousse. En l’absence des questions diverses, le président, avant de céder la parole aux personnalités présentes, a souligné à nouveau la baisse du nombre d’adhérents et a demandé à chacun de faire un effort pour aider au recrutement des militaires des missions extérieures et de membres sympathisants sous peine de voir l’association disparaître.

    Georges Marette a fait part des avancées de la mutuelle et a rappelé son but : « Rentabiliser, préserver les intérêts de chacun ». Cédric Lacroix, président départemental des anciens combattants, a donné des nouvelles du monde combattant, il a insisté en particulier sur la baisse de 4,5 % du budget général attribué par le Gouvernement malgré l’augmentation des crédits sociaux et les 4 points PMI. Jean-Pierre Fortuné, maire de Tinqueux, a conclu les travaux en soulignant combien il lui était agréable de voir une association aussi active et a assuré les membres du total soutien de la municipalité.

    Une gerbe a été ensuite déposée au monument aux morts. Un vin d’honneur a été suivi d’un repas convivial et animé.

    Le nouveau bureau : président, Gilles Richard - secrétaire, Lucienne Becker - trésorière, Françoise Druet - Membres : Daniel Dépit, Jean Thiébault, Guy Drumelle, Gilbert Barthelemy, Suzanne Frechain, Monique Wuilmet, Françoise et Bernard Richart, André Aubert.

    ***********************************

    Union120201c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Anciens combattants et veuves : 280 danseurs au thé dansant

    La salle du Manège a accueilli les anciens combattants.
  •  Agrandir la photo
  •  

    La section des anciens combattants ACPG-CATM-TOE et veuves du canton de Vitry-le-François, forte de plus de 160 adhérents, a organisé ce dimanche son traditionnel thé dansant d’automne avec l’orchestre de Francis Charlier, à la salle du Manège.

    Plus de 280 danseurs avaient répondu à l’appel de l’association vitryate d’anciens combattants qui va pouvoir donc poursuivre ses actions, notamment sur le plan de l’entraide.

    Les prochaines animations de l’association auront maintenant lieu le samedi 10 mars à Maurupt-le-Montoy pour l’assemblée générale et le dimanche 28 octobre à la salle du Manège de Vitry-le-François de 15 à 20 heures pour un nouveau thé dansant.

     

    ***********************************

    Union120201b - Marne
    REIMS : Commandant Marin-la-Meslée : Une plaque, une exposition, une carte philatélique

    Une carte aété éditée pour l’occasion.
  •  Agrandir la photo
  • Un cachet spécial sera aposé ce jour.
  •  Agrandir la photo
  • C’est ce jeudi 2 février que sera célébré à Reims le centenaire de la naissance du commandant Edmond Marin-la-Meslée, en présence de son fils Philippe, président d’honneur de l’association Edmond-Marin-la-Meslée.

    Après une cérémonie privée sur le site de l’ex-base 112 où la stèle commémorative à la mémoire de l’As des as de la campagne de France au printemps 1940 sera rapatriée sur le monument aux morts, site pérenne, grâce à l’Amicale des anciens de l’armée de l’air, plusieurs rendez-vous publics seront organisés en ville. A 11 h 30 aura lieu l’inauguration dans la salle du Trésor de l’office du tourisme de Reims 2, rue Guillaume-de-Machault, d’une exposition consacrée au commandant Marin-la-Meslée.

    Ce grand pilote du Groupe de chasse 1/5 de la base de Reims a remporté pendant la campagne de France (3 septembre 1939-25 juin 1940) seize victoires aériennes certaines et quatre probables. Il est le pilote français le plus titré de cette séquence de la Seconde Guerre mondiale.

    Le nom de la BA 112 lui a été donnée au cours d’une cérémonie présidée par le général Martial Valin ancien commandant des Forces aériennes françaises libres alors que le colonel Jean-Mary Accart était le patron de la base rémoise. Le commandant Marin-la-Meslée est tombé en service aérien commandé le 4 février 1945, abattu par la flak allemande dans le ciel d’Alsace.

    L’exposition structurée par Frédéric Lafarge administrateur du musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale (dont l’avenir reste incertain) permettra de revivre les grandes étapes de la vie de ce pilote d’exception mort pour la France à la veille de ses 33 ans (Il est né à Valenciennes le 5 février 1912).

    Une plaque commémorative sera dévoilée face au 9, rue Guillaume-de-Machault, devant l’immeuble où Edmond Marin-la-Meslée a habité pendant son affectation à Reims.

    Ces deux manifestations sont organisées à l’initiative de l’association Edmond-Marin-la-Meslée fondée pour sauver le musée de la BA 112 et de l’aéronautique locale et promouvoir le très riche patrimoine aéronautique civil et militaire de Reims, berceau mondial de l’aviation. Elle a été épaulée par l’association des officiers de réserve de l’armée de l’air et le soutien ardent de l’office de tourisme. Le club philatélique de Saint-Brice-Courcelles a rejoint l’initiative et propose un authentique événement pour tous les collectionneurs. Luc Perlot et son équipe, toujours fidèles à l’histoire de l’aviation et associés aux initiatives de l’association Marin-la-Meslée, ont réalisé la carte philatélique du centenaire d’après l’aquarelle d’Henri Wesnisch, mécanicien personnel du commandant. Elle est accompagnée d’un timbre à date et un bureau de poste temporaire sera ouvert dans les locaux de l’office de tourisme, jeudi de 14 à 17 heures. Tous ces temps du souvenir sont à ne pas manquer.

    ***********************************

    Union120201a - Marne
    EDITO : Négation du génocide arménien / L’obligation des Sages

    La proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien arrive sur le bureau des juges constitutionnels.

    Des parlementaires de droite et de gauche ont saisi les Sages alors que les tensions diplomatiques sont extrêmes entre Paris et Ankara depuis le vote des députés et des sénateurs.

    Est-ce le moyen qui a été trouvé pour apaiser les relations bilatérales entre la France et la Turquie ? L’hypothèse est recevable d’autant que les lois mémorielles confisquent aux historiens l’exigence de travaux où toutes sources disponibles sont croisées de manière à établir les faits dans le contexte du moment.

    Et le moins que l’on puisse dire c’est que le gouvernement turc entretient une ambiguïté regrettable sur la question arménienne.

    Le Conseil constitutionnel doit dire les domaines sur lesquels peuvent porter ces lois mémorielles et les conditions d’exercice par les historiens de leurs libertés intellectuelles de recherche, d’investigation, de synthèse et d’expression. Sa réponse est forcément très attendue parce que les historiens sont agacés qu’on veuille leur tenir le porte-plume comme s’ils étaient définitivement immatures.

    Les signataires de la saisine justifient leur démarche parce qu’ils estiment que la proposition adoptée n’est pas conforme à l’article 34 de constitution qui définit le périmètre de la loi. Leur argumentation ne manque pas d’intérêt.

    On est toujours très mal à l’aise lorsque la loi se mêle d’histoire, comme il est toujours insupportable de regarder des négationnistes se pavaner et assener leurs certitudes sur un ton très professoral. Mais c’est en leur portant la contradiction sur le fond qu’on est le plus à même de les décrédibiliser et de démontrer ainsi qu’ils sont des imposteurs.

    Que des raisons électoralistes aient prévalu dans ce vote est probable mais, l’honnêteté intellectuelle exige de ne pas prendre en otage l’histoire et les historiens.

    Et de ne pas se laisser impressionner par des gouvernements bruyants qui se barricadent dans le mensonge.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union120131a - Marne
    VERTUS : Elle dédicacera son livre samedi, salle Wogner à Vertus : Rencontre avec Yvette Lundy

    C’est à travers un récit poignant et authentique qu’Yvette Lundy a tissé la toile de ses souvenirs dans un ouvrage intitulé « Le Fil de l’Araignée - Itinéraire d’une résistante déportée marnaise ». Rédigée en collaboration avec Laurence Boisson-Barbarot, biographe-conseil et éditrice, l’histoire de la vie de cette grande figure de la Résistance est désormais couchée sur le papier, constituant un vibrant témoignage pour se libérer, sans oublier.

    « Je n’ai pas la prétention de raconter mon histoire pour ce qu’elle est, je ne suis qu’un grain de sable. C’est la Grande Histoire faite de millions et de millions de grains de sable que je veux mettre au centre de ce récit, et si l’expérience que j’ai vécue et partagée avec mes compagnons d’infortune permet d’en montrer l’effroyable et le merveilleux, je n’aurai pas perdu mon temps », écrit-elle.

    A l’invitation de la municipalité, avec le concours de Vincent Mailliard de la maison de la presse de Vertus, Mme Lundy, accompagnée de Mme Boisson-Barbarot, viendra dédicacer son livre et en parler en public le samedi 4 février à 15 heures à la salle Wogner.

    C’est grâce à Marie-Thérèse Pauvelle, présidente de la Croix-Rouge d’Epernay, que Mme Lundy s’est décidée à écrire sa biographie comme l’ultime étape de son engagement pour la liberté.

    Depuis la création du concours national de la Résistance et de la Déportation en 1961, elle s’investit auprès des jeunes afin de « faire la lumière sur cette période noire que les livres d’histoire des collégiens évoquent à peine ». Et de préciser : « je témoigne aussi pour que chacun reste vigilant à ce que cela ne se reproduise pas, ni ici, ni ailleurs ».

    ***********************************

    Union120130d - Marne
    MOURMELON-LE-PETIT : Ex-combattants : les vœux du nouveau président

    Une nouveauté pour l’association : Philippe Filipiak, président depuis quelques mois de l’association des anciens combattants de Mourmelon-le-Petit, a présenté - pour la première fois - ses vœux aux membres de l’association.
  •  Agrandir la photo
  • Vendredi dernier dans la salle du conseil municipal de la mairie du village, c’est en présence de Jacques Goupil (adjoint au maire de Mourmelon-le-Petit), de Guy Bernard (maire de Bouy) et du lieutenant-colonel Balcerowiak (chef de corps de l’Escat), que Philippe Filipiak a souhaité à tous bonheur, réussite et surtout santé.

    Il a ensuite tenu à remercier personnellement les porte-drapeaux de l’association pour leur dévouement, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige.

    Il a ensuite rappelé la composition du nouveau bureau de l’association, avec Thierry Vecrin à la trésorerie, Gérard Masson au secrétariat et lui-même à la présidence.

    Les objectifs de 2012 sont clairs : rester dans la continuité des autres années, mais surtout maintenir l’association à flot de manière durable.

    Le président des anciens combattants a également annoncé une grande nouveauté pour cette année, un thé dansant. Une date est même déjà fixée, le dimanche 20 mai prochain.

    Enfin et pour conclure, c’est autour d’une coupe de champagne, et de galettes des rois - mourmelonnaises cela va de soi - que les participants sont restés ensemble jusqu’à la tombée de la nuit.

    ***********************************

    Union120130c - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Association Camerone la Légion étrangère aux commémorations

    Plus d’une vingtaine de membres présents à l’assemblée générale…
  •  Agrandir la photo
  • Samedi matin à la maison des combattants, Bernard Haleux présidait l’assemblée générale de l’association Camerone en présence d’une vingtaine de personnes.

    Créée voici plus de trente ans, l’association compte aujourd’hui une quarantaine d’adhérents (sympathisants et anciens légionnaires). « Et les rangs s’éclaircissent chaque année avec la disparition d’amis, d’adhérents, expliquait le président avant d’ajouter que la Légion étrangère est présente quasiment à toutes les cérémonies, représentée par son drapeau porté par Marcel Plu et occasionnellement par Pierre Picard. »

    Elle le sera d’ailleurs très prochainement, à l’occasion de la commémoration de la bataille de Camerone (au monument aux morts face à la cathédrale Saint-Etienne), qui a opposé le 30 avril 1863 un contingent de légionnaires français à des soldats de l’armée mexicaine.

    James Hariot, le vice-président de l’association, retracera notamment le récit de cette bataille où de nombreux légionnaires ont combattu.

    ***********************************

    Union120130b - Marne
    VERDUN : Contre l’individualisation des commémorations !

    Pourquoi tant de raideur ? Si le maire de Verdun, Arsène Lux exprime dans un courrier de cinq pages au président de la République ses plus vives réserves sur le transfert des cendres de Maurice Genevoix au Panthéon le 11 novembre 2014 comme sur la commémoration de l’assassinat de Jean Jaurès par le Rémois Raoul Villain le 31 juillet 1914, c’est que : « la commémoration individuelle risquerait de fragiliser le témoignage de reconnaissance de la nation dû à l’ensemble des acteurs et d’abord victimes directes du Premier Conflit mondial ». Il reconnaît (heureusement) les éminents mérites de ces deux hommes mais ne souhaite pas qu’on les mette en avant. Curieux. L’élu meusien prêt à conduire une fronde avec des collègues volontaires se montre en outre très critique sur le découpage de la gouvernance des commémorations dans le temps et dans l’espace, s’insurge contre les pistes de financement du centenaire fléchées par la direction de la mémoire du ministère de la Défense et des Anciens combattants, critique le programme retenu et en particulier les six commémorations nationales, refuse que Verdun bénéficie d’un traitement privilégié mais s’étonne du manque de concertation en amont des propositions adressées au président de la République.

    Il estime enfin que le volet international des temps forts des commémorations est insuffisant et imprécis. Il n’accepte pas que la question des fusillés de la Première Guerre mondiale soit incluse dans le dispositif.

    ***********************************

    Union120130a - Marne
    FISMES : L’entretien de la mémoire

    MM. Galentin, Pinon, Folly et Leulmi.
  •  Agrandir la photo
  • FISMES (Ardennes). La section fismoise du Souvenir français a tenu son assemblée générale autour de son président M. Galentin. « Le soldat n’est pas un homme de violence, il porte les armes et risque sa vie pour des fautes qui ne sont pas les siennes. Son mérite est d’aller sans faille au bout de sa parole, tout en sachant qu’il est voué à l’oubli…. » citant Saint-Expupéry, M. Galentin, a redonné le sens de l’action du Souvenir français, perpétuer et entretenir la mémoire de ceux qui sont morts pour la France.

    Diverses actions concrétisent cette mission, la participation aux commémorations patriotiques et mémoriales, la présentation de l’histoire récente aux jeunes (exposition-mémoire sur le nazisme en 2011 au collège de Fismes, exposition-mémoire sur la guerre d’Algérie prévue en 2012 pour le 50e anniversaire de la fin des combats). Le comité du Souvenir français qui compte 64 personnes est présent à Fismes depuis 1932.

    Le rapport financier de M. Caron a été adopté puis l’élection du président adjoint, D. Saucet et du trésorier adjoint, E. Gaultier a été entérinée. M. Pinon, maire de Fismes et conseiller général, a manifesté la volonté de la commune d’aller dans le sens de l’entretien de la mémoire de ceux qui sont morts pour la France en réalisant prochainement un monument dans le cimetière de Fismes regroupant les soldats enterrés dans ce lieu et dont les tombes ne sont plus entretenues.

    Il tient à rendre hommage au Souvenir français pour sa participation à la vie associative de Fismes et son action très positive au collège. Puis une remise de décorations a terminé cette assemblée générale : le diplôme d’honneur a été remis à Michel Folly et la médaille de bronze du Souvenir français à Sadek Leulmi.

    ***********************************

    Union120129a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    -----

    Le charbon encore rationné

    Si le charbon est rationné, les souvenirs ne le sont pas pour les Allemands.
  •  Agrandir la photo
  • Mieux vaut avoir des lainages, savoir tricoter ou élargir des pulls anciens avec des restes de laine qu’on possède dans ses réserves. Ce système D pour lutter contre le froid très rigoureux de cet hiver est justifié par l’analyse de la situation que fait Jacques Duchesne le 23 janvier 1942. Il constate que cinquante kilos de charbon par mois et par foyer est ridicule alors qu’il gèle à pierre fendre. Dans l’est de la France on signale des températures qui descendent la nuit à 26 degrés au-dessous de zéro. Le journaliste se moque de la surprise des Allemands face à la vigoureuse attaque du général Hiver : « En se basant sur la science météorologique allemande qui est infaillible comme tout ce qui est allemand, on s’étonne que ces gens-là aient été complètement surpris par la vague de froid ». Il en résulte dans toutes les régions du Nord un grand désordre dans les transports. Plusieurs ports sont bloqués par les glaces et la plupart des canaux de métropole sont impraticables ce qui ralentit beaucoup les livraisons de houille. Mais le reporter gaulliste trouve une explication à la stricte limitation de la distribution des sacs de charbon pour chauffer les foyers. Il reprend les propos du général von Hanneken, qui assiste le sous-secrétaire d’Etat au ravitaillement : « En ce qui concerne la plus importante matière première de toutes, le charbon, le Reich a dû introduire en Europe un plan systématique de distribution ». Si les Français ne disposent que de cinquante kilos de charbon par mois, ce n’est pas par manque de production mais par une réorientation des tonnes de houille extraites qui est précisée par un journal allemand dès le 19 janvier 1942 : « La manufacture des produits fabriqués destinés à la consommation civile a été en grande partie transportée dans les territoires occupés annexés ; ainsi, le Reich a pu se concentrer principalement sur la fabrication du matériel de guerre et des armes qui s’est trouvée de ce fait considérablement augmentée ». Pour le journaliste c’est une démonstration pertinente de la collaboration qui a pour conséquence de raréfier les produits de première nécessité dans les pays occupés. Plus le pays soumis est zélé et plus il paie cher sa préoccupation de bien se faire voir des autorités du Reich.

    « Des millions d’hommes se battent pour vous »

    Duchesne discerne dans tout cela des conclusions intéressantes pour la Résistance : « L’Allemagne est obligée au milieu des pires difficultés de fournir un effort énorme pour combler des vides qui se feront cruellement sentir au printemps. Ces vides sont cruels à l’heure actuelle dans l’aviation allemande. Il est établi qu’en Russie, les Soviétiques ont établi et maintiennent leur supériorité numérique dans les airs ».

    Alors que les Français grelottent, Pierre Bourdan s’insurge des abus de langage sur Radio Paris. Charles Dieudonné, l’un des animateurs prétend que les Allemands ne sont ni des brutes ni des ennemis mais des alliés. Pis, il ose dire que ce sont des gens qui se sacrifient pour les Français. Il sélectionne une phrase qui le met hors de lui. Il la cite dans l’émission « Les Français parlent aux Français » : « Oui, des millions d’hommes se battent pour vous, souffrent, risquent la mort non seulement en Russie mais ailleurs pour délivrer le monde de la tyrannie de l’argent ». C’est inouï alors que les Français souffrent de dures privations. Dieudonné explique que les mesures appliquées ne font que priver d’aise des compatriotes habitués à vivre un peu trop bien ! Bourdan réplique : « Ce larbin ridicule ne fait que pousser à l’extrême la grande idée de la propagande allemande ». Et d’ajouter : « La seule civilisation que les Boches défendent, c’est la leur. Et vraiment cette civilisation d’automates, abrutis par la chiourme, cette communauté de 90 millions d’individus caporalisés jusqu’au dernier degré d’abrutissement chez lesquels on a tué tout ce qui ne servait pas à faire un reître, un argousin ou un géôlier. Cette civilisation-là non seulement ne vaut pas qu’on lève un doigt pour l’empêcher de mourir, mais elle mérite d’être abattue comme une meute de chiens enragés ».


    -----

    Les Japonais aiment le pétrole néerlandais

    Les débarquements des Japonais se multiplient.
  •  Agrandir la photo
  • Le général Homma débarque à Luçon. Il sera surnommé le boucher de Bataan.
  •  Agrandir la photo
  • La mobilisation des troupes aux Philippines est totale.
  •  Agrandir la photo
  • Vue de combats près de Hong Kong.
  •  Agrandir la photo
  • Asie. La progression générale des corps expéditionnaires nippons n’est guère ralentie par les Britanniques et les Américains. Ils cumulent les succès et surtout s’emparent des puits de pétrole des Indes néerlandaises.

    Le 25 janvier 1942, Winston Churchill établit un bilan des télégrammes de mauvaises nouvelles qui lui parviennent d’Asie. Il est déjà convaincu que la campagne de Malaisie est un désastre. Il redoute le pire à Singapour puisque la ville n’est pas protégée du côté intérieur. Démunie de fortifications, elle est très vulnérable. Furieux et pour prévenir la colère du Parlement, le Premier ministre britannique adresse une série d’ordres à exécution immédiate pour constituer dans l’urgence une défense cohérente dans l’arrière-pays : « Dans la limite des pelles et des pioches disponibles, la cité de Singapour doit être transformée en citadelle et défendue jusqu’à la mort ». S’il estime officiellement que toute reddition est inconcevable, il prend soin de demander au général Wavell quelles sont les possibilités de transfert à Rangoon des troupes qui proviendraient de Singapour. Il confie alors : « Je considère qu’il est plus important de garder la route de Birmanie ouverte que de tenir Singapour ». Pourtant il change vite d’avis. Un message du Premier ministre australien John Curtin l’interpelle : « Après toutes les assurances qui nous ont été données, l’évacuation de Singapour serait jugée comme inexcusable ». Churchill comprend le risque. Le gouvernement de Canberra peut retirer ses troupes du Moyen-Orient au prétexte qu’il lui faut des forces opérationnelles pour se prémunir contre des attaques probables sur le continent australien.

    Le chef du gouvernement anglais est aussi agacé par le silence radio de Washington. Il craint que le pari de la Maison Blanche soit de laisser le Royaume-Uni s’effondrer dans la grande région pendant que les Etats-Unis défendent Corregidor. Il est patent que les perspectives à court terme sont noires. A Singapour, les unités japonaises sont à moins de 160 km du détroit de Johore. De nombreuses familles européennes tentent un exode en louant les dernières places disponibles sur des navires en partance et qui osent forcer le blocus maritime nippon. Le 25 janvier, le général Percival estime qu’il n’a plus d’autre choix que d’ordonner la retraite définitive. Plusieurs convois de civils et de camions militaires bloquent la circulation dans tout le détroit. Des soldats épuisés se replient sur Singapour et espèrent y reprendre des forces. Bientôt les ingénieurs reçoivent l’ordre de faire sauter le pont au-dessus du détroit si bien que Singapour redevient une île. Cette situation ne gêne en rien les Japonais qui adaptent leurs moyens à la conquête qu’ils jugent impérative. Comme le calcul des charges a été mauvais, les soldats nippons peuvent progresser dans les gravats sans trop se mouiller en direction de la métropole ! L’avance du général Yamashita vers le détroit de Johore qui constitue le dernier obstacle pour son armée avant une entrée triomphale à Singapour décide le général Homma à augmenter son offensive aux Philippines.

    Protéger l’Australie

    Il n’a qu’une ambition : contraindre Mc Arthur à la capitulation. Avec 25.000 hommes, le corps expéditionnaire japonais est inférieur à son nouvel ennemi mais au cours de la seconde quinzaine de janvier, grâce à une progression ordonnée de ses blindés, les régiments se sont enfoncés en profondeur dans le secteur le plus fragile de la défense américaine qui est la ligne Abucay sur les pentes du mont Natib. Les attaques aériennes incessantes et la fatigue des soldats laissent craindre le pire. Dans le Pacifique la marine US, malgré le désastre de Pearl Harbor, n’est pas restée inerte. Le porte-avions « Yorktown », escorté par le task force du porte-avions « Enterprise », se positionne aux îles Samoa. Un autre convoi transportant 20.000 soldats file vers les Nouvelles-Hébrides et la Nouvelle-Calédonie. C’est aussi un bon moyen pour freiner les ambitions nippones de contrôle sur les lignes maritimes menant à l’Australie. L’amiral King qui a pris le commandement en chef de ce nouvel espace maritime dénommé « Anzac », envoie l’amiral Chester Nimitz sur le croiseur lourd « Chicago » tandis que le porte-avions « Lexington » est désigné pour rejoindre les deux croiseurs australiens de l’amiral Grace dans la mer de Corail. Nimitz qui souhaite conduire des opérations offensives comprend que la mission première qui lui revient est de protéger les approches de l’Australie. Il estime que ce choix est risqué parce que le Pacifique Ouest n’est pas assez bien défendu et qu’il n’y a pas assez de moyens disponibles pour escorter les convois de ravitaillement entre la Côte Ouest et Hawaï. Nimitz dit clairement qu’une stratégie trop classique est inadaptée à la situation. Son schéma est assez simple. Il faut utiliser les task forces en protection des porte-avions pour pilonner les positions ennemies. Mais son plan est contrarié lorsqu’un sous-marin nippon envoie une torpille dans la salle des machines du porte-avions « Saratoga » qui est contraint de repartir aux Etats-Unis à vitesse réduite pour y subir d’importantes réparations. Nimitz estime toutefois qu’il faut être audacieux et tenir tête à l’avance japonaise.

    De l’usage des porte-avions

    Fort de troupes débarquées aux Samoa et à même d’y interdire toute venue des Nippons, l’Amiral se propose d’attaquer les bases ennemies situées aux îles Marshall et Makin. Il prépare pour cela un plan à déclencher le 1er février. Il consiste à utiliser les bombardiers de l’« Enterprise » pour pilonner Kwajalein et ainsi répliquer à l’attaque de l’aéronavale japonaise à Pearl Harbor. Le raid puissant est réalisé. Plusieurs transports de troupes de l’adversaire sont coulés tandis que des installations de défense sont anéanties. Les Américains perdent néanmoins une trentaine d’appareils. L’« Enterprise » est attaqué à son tour par les avions d’Hiro Hito. Le porte-avions est touché ainsi qu’un croiseur de sa suite.

    A 480 km au sud, la task force du « Yorktown » frappe les îles Makin, Mili et Jaluit. Les résultats sont plus médiocres. La météo est très moyenne et la stratégie du contre-amiral Fletcher inaboutie. Ces deux attaques coordonnées permettent aux journaux américains de titrer sur la contre-offensive américaine et la vengeance de Pearl Harbor. Les Américains se rassurent mais ces bombardements intensifs sur un secteur restreint sont loin de remettre en cause l’avancée générale des Japonais.

    L’état-major du Mikado s’intéresse désormais à Java et à Sumatra. Pour faire face à cette attaque imminente, l’amiral Hart réunit en une escadre huit croiseurs et vingt destroyers. Cette force est insuffisante face à l’armada japonaise constituée ici de cuirassés, de croiseurs et de porte-avions. Les officiers de Tokyo se préparent à l’assaut final des Indes néerlandaises. Le 1er février, des raids successifs sont effectués par l’ennemi sur la côte nord de l’île de Java. L’amiral Hart est contraint de reculer de Surabaya à Tjilatjap sur la côte sud. Son adjoint, le contre-amiral Karel Doorman, préconise de dépêcher une force dans le détroit de Makassar avec l’espoir d’intercepter un convoi d’invasion sur la pointe des Célèbes. Les Japonais sont heureux. Ils se sont emparés de la moitié des réserves énergétiques des Indes néerlandaises et ils comptent sur ce pétrole pour continuer la guerre. Ils ont un besoin impératif de cet or noir.

    Textes : Hervé Chabaud
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    -----

    Les barbelés du quotidien

    Hitler n’échappe pas à la caricature.
  •  Agrandir la photo
  • Le cinéma et le théâtre sont passés plus ou moins sous le contrôle nazi.
  •  Agrandir la photo
  • Quelles sont les raisons qui décident les Français libres à interpeller les secrétaires de mairie ? La raison est évidente. Ils sont des pièces indispensables au fonctionnement des communes et leur implication est dans tous les domaines de la vie de la cité. Jacques Duchesne salue le rôle pivot qu’ils exercent aussi bien dans la France occupée que dans la zone libre. Ils sont aussi d’authentiques témoins de la réalité des besoins des gens. Ils observent la misère des gens, mesurent la rapacité allemande et constatent l’incapacité de Vichy à organiser le pays et le ravitailler : « Rassemblez à la fin de cette période atroce les témoignages de tous les secrétaires de mairie de France et vous aurez un tableau véridique de la situation du pays. J’ai travaillé presque quotidiennement avec un secrétaire de mairie dans le nord de la France. J’ai réglé avec lui toutes les questions d’indemnités aux habitants, de ravitaillement en charbon. Je sais ce qu’est le travail de ces fonctionnaires modestes » résume le journaliste de la France libre. Il recense aussi les témoignages envoyés en Grande-Bretagne par certains et qui expliquent en détail les ponctions autoritaires effectuées par les Allemands. « Nous sommes sucés par l’ennemi » ose un témoin !

    L’hiver des pesanteurs

    Le fonctionnement de l’administration dans la zone occupée est un casse-tête. Duchesne ne se prive pas de le dire et il cite un préfet dont il s’est procuré le rapport : « Devant l’abondance et la complexité des textes quotidiennement en vigueur, notamment en matière de ravitaillement, devant les difficultés de circulation qui leur sont imposées par l’absence de carburant, devant les sanctions dont ils risquent fréquemment d’être victimes de la part des autorités d’occupation, il n’est pas rare que les maires découragés démissionnent, d’autant plus que, surtout dans les communes rurales, le recrutement des secrétaires de mairie est souvent difficile ». Le journaliste force un peu le trait puisque cette fonction est souvent exercée par l’instituteur ou l’un des maîtres de la commune. La vraie difficulté réside dans la gestion des tickets de rationnement. On observe que les préfets en sont conscients et alertent le gouvernement parce que la faim renforce l’hostilité des gens envers le pouvoir de Vichy. L’occupant est dépensier et parfois exige des équipements coûteux pour ses mess ou ses lieux de repos. On signale aussi des arrestations violentes et la liste n’est pas close.

    La vie quotidienne est encore marquée par la difficulté croissante pour parcourir de longues distances. Il y a de moins en moins de trains de voyageurs et les conditions de transport sont dégradées puisque les wagons ne sont plus chauffés. On estime même que les voyages deviennent pénibles et dangereux. La priorité est donnée aux convois commerciaux et les suppressions annoncées sont justifiées par le manque de combustibles. Il faut donc prévoir à l’avance ses déplacements sans être certains d’obtenir une place ou de ne pas se retrouver devant un quai vide ! « On a supprimé au moins les deux tiers de trains de voyageurs. Mais il se consomme au moins autant de charbon qu’avant la guerre pour faire circuler des trains de marchandises, mais de marchandises destinées aux Allemands ». Les gaullistes fustigent les affirmations du ministre Berthelot. On l’accuse de mentir pour couvrir l’occupant, bref d’être un bon vichyssois. La conclusion va de soi : « La SNCF consomme bien assez de charbon pour maintenir la circulation des trains qui servent aux Français. Mais tous les sacrifices qui sont exigés de vous le sont pour les Allemands auxquels Vichy obéit sans protester, en taisant la vérité, en se faisant le complice de l’ennemi ».

    Vulgaire propagande

    Bien sûr la propagande allemande a toujours une bonne raison pour justifier tous les changements imposés dans la vie quotidienne des habitants des zones occupées. Goebbels le dit tout de go : « Le destin de la France et celui de l’Europe se jouent en Russie ». Sous-entendu si les choses se passent mal à l’est elles se passeront très mal à l’ouest. Le cinéma que l’occupant fait à l’occupé au quotidien est selon le porte-parole gaulliste un cauchemar. Mais dans ce monde d’images, Londres accuse aussi l’Allemagne de s’emparer du cinéma français. Dans son réquisitoire du 29 janvier 1942, Georges Boris décrit l’action néfaste du Reich. « En 1939, le film français occupait la troisième place parmi les plus importantes industries nationales et son chiffre d’affaires évoluait dans le voisinage d’un demi-milliard par an ». Vichy et ses maîtres nazis ne négligent pas cette richesse pour mieux en assurer le transfert vers Berlin. « Pour les Allemands, le film français représente un moyen de propagande puissant, plus subtil et plus insidieux que la radio et la presse. De plus, les talents français peuvent permettre au cinéma allemand, tué par le nazisme, de renaître sous une forme nouvelle » commente le journaliste. En réalité, il n’y a pas de nouveauté puisque le cinéma français est placé sous la botte nazie pour relayer une propagande inouïe.

    Les Français libres considèrent même que les Allemands placent leurs pions dans les salles de cinéma de la zone libre. Ils n’hésitent pas à parler d’une prise de pouvoir de l’ennemi dans les salles d’Arles, de Nîmes, de Marseille et de Toulon. Il s’agit de formater les spectateurs français pour en faire des auxiliaires bien éduqués au service des exigences nazies. Peu importe si les Français n’éprouvent aucun intérêt pour le cinéma d’outre-Rhin. S’ils veulent se distraire, ils sont contraints de regarder des images de propagande diffusées en version française. Pour éviter la désertion des salles, les Allemands stimulent en ce début d’année les créations françaises avec des metteurs en scène et des acteurs connus dans l’Hexagone. « L’offre d’alléchants contrats permit à ces producteurs allemands déguisés de séduire un bon nombre de metteurs en scène : Henri Decoin, Léo Jeannon, Christian-Jaque, Marcel Carné, Maurice Tourneur. Quant aux vedettes Danielle Darrieux, Maurice Chevalier, Tino Rossi, Jacqueline Delubac, Micheline Presle et Corinne Luchaire se dirent probablement que l’argent n’a pas d’odeur » ironise Boris. Et d’asséner : « Dommage, il y avait parmi tous ceux-là quelques talents dont on sera obligé de se passer après la victoire ».

    Est-ce une vraie découverte ? En réalité cet état des lieux présenté en cette fin du mois de janvier 1942 sur les ondes de la BBC n’est que la conséquence d’une politique accélérée un an plus tôt.

    Fin décembre 1941, les compagnies franco-allemandes ont sorti trois douzaines de nouveaux films qui ont été tournés depuis l’armistice alors que les producteurs français n’alignent qu’une petite douzaine de films la plupart commencés avant juin 1940 !

    Georges Boris explique : « Pendant ce temps, en face de cette infiltration, le gouvernement de Vichy ne trouvait rien de mieux que de procéder à la nationalisation du cinéma français en reprenant à son compte les principaux points du statut du cinéma français promulgué par Jean Zay en 1938. Cette mesure consacre, à côté de l’inévitable sacrifice de l’indépendance, un certain nombre de points qui, en d’autres temps, avaient été réclamés dans l’intérêt du cinéma français. Mais rien n’est plus absurde que de procéder à une nationalisation au moment où la nation ne jouit plus de sa souveraineté ».

    ***********************************

    Union120126a - Marne
    MUIZON : GMC, une association pour le souvenir

    De gauche à droite : le trésorier Hubert Dégremont, le président Gilbert Bureau, la secrétaire Florence Wary et le vice-président Jean-Michel Dégremont.
  •  Agrandir la photo
  • Créé il y a trois ans, le GMC (Groupe Mémoire Commémoration) a pour ambition de perpétuer le souvenir des grands combats passés et des soldats qui y sont tombés. Toutefois, l’association ne compte pas se substituer à l’UNC (Union Nationale des Combattants) de Muizon et Jonchery-sur-Vesle, mais fait plutôt en sorte qu’elles se « donnent la main ». C’est une équipe de passionnés, menée par Gilbert Bureau, le président, qui a eu l’idée, le 11 novembre 2007, de faire défiler des personnes en tenues d’époque, ce qui a suscité l’intérêt des Muizonnais. De fil en aiguille, l’association a fini par se faire connaître au-delà du village, et a pu participer à des commémorations à Tinqueux, puis à Epernay…

    Après le bilan financier présenté par le trésorier Hubert Dégremont, le bureau a été renouvelé : si le président Gilbert Bureau, le vice-président Jean-Michel Dégremont et le vice-secrétaire Rémi Monginot étaient sortants et se représentaient, le vice-trésorier Olivier Tainturier avait fait savoir qu’il ne souhaitait pas renouveler son mandat. Après la réélection sans surprise des trois sortants, le conseil d’administration a reçu avec plaisir la candidature de Michaël en tant que nouveau membre. Enfin, avant le verre de l’amitié, le maire Germain Renard a prononcé quelques mots, invitant l’association et ses sympathisants à prendre activement part à une commémoration, pas encore totalement définie, en 2014…

    ***********************************

    Union120123b - Marne
    EPERNAY : CATM en quête d’un président

    Au bureau : Gérard Lelièvre, trésorier ; Paul Lalu, président de la section par intérim ; Bernard Joffre, secrétaire ; le lieutenant-colonel Claude Metzger, président du Comité d’entente des associations d’anciens combattants.
  •  Agrandir la photo
  • Après une minute de silence à la mémoire des trois adhérents récemment décédés, Paul Lallu a évoqué le principal problème à régler pour l’association des anciens combattants CATM (Algérie, Tunisie, Maroc), à savoir le remplacement de l’actuel président, Henri Huet, démissionnaire, qui continue à apporter son aide, pour la distribution des journaux et le recouvrement des cotisations.

    Les adjoints au bureau d’Epernay continueront à remplir leur mission : MM. Béal, Ravillon, Perron, Collard, Jacques et Paul Lalu, Jean Dessaint pour Mardeuil.

    Tombola : moins de donateurs

    Paul Lallu en appelle alors à la réflexion pour qu’une main se lève, sinon dans l’immédiat, du moins dans les jours qui suivent afin de pourvoir le poste et assurer du même coup le maintien de l’association !

    Le prochain grand rendez-vous est fixé au dimanche 22 avril, avec le congrès cantonal des ACPG-CATM qui se tiendra à Damery.

    Il sera organisé par la section locale, le président Lucien Petit et son adjoint trésorier, Cyrille Debaëts, assurant la charge de l’organisation.

    Seul regret, la désaffection des donateurs qui permettait jusqu’ici de pourvoir en lots la traditionnelle tombola.

    En conclusion des débats, Claude Metzger, président du Comité d’entente des associations d’anciens combattants, n’a pu que constater la difficulté commune à toutes les associations de ce type à assurer la relève avec la raréfaction des volontaires.

    « Votre association a un devoir de mémoire à transmettre aux jeunes, même s’ils ne sentent pas très concernés.

    S’ils vivent aujourd’hui dans un espace de liberté, c’est grâce à leurs aînés qui ont fait le nécessaire.

    Participons aux cérémonies commémoratives, la carte de combattant nous confère le droit et surtout le devoir d’y participer. Nous n’avons pas le droit d’oublier nos morts, ce serait les faire mourir une seconde fois ».

    ***********************************

    Union120123a - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Comité cantonal : Réunion amicale du Souvenir Français

    Les adhérents du comité cantonal du Souvenir Français.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le comité cantonal de Sermaize du Souvenir Français a organisé, samedi après-midi, une réunion amicale de début d’année à l’intention de ses adhérents à la MJC de Sermaize-les-Bains.

    Le président Pierre-Marie Delaborde, après avoir souhaité une bonne santé aux membres les plus âgés et la prospérité aux plus jeunes, a fait observer une minute de silence à la mémoire des adhérents disparus.

    Il a évoqué ensuite les prochains rendez-vous dont le repas annuel début mars au restaurant l’Ancre d’Or à Pargny-sur-Saulx. Un week-end dans les Vosges est également envisagé. Les participants ont ensuite partagé la galette tout en devisant longuement.

     

    ***********************************

    Union120122b - Marne
    GRANDE GUERRE : De Vienne-le-Château à Verdun, le périple du camion De Dion-Bouton : Sur le front de 1917…

    Dominique Bleunven a effectué son voyage au volant d’un camion de … 94 ans
  •  Agrandir la photo
  • Le camion a consommé 25 litres d’essence de moyenne durant le parcours.
  •  Agrandir la photo
  • Des Poilus posent ici devant le fameux camion.
  •  Agrandir la photo
  • Le camion de Dominique Bleunven qui a suivi la ligne du front de 1917, a achevé son circuit. Retour sur cette belle aventure.

    DANS plusieurs éditions de l’union, il a été question de Dominique Bleunven qui a parcouru le front de 1917 de la Belgique jusqu’à la frontière suisse.

    Le camion du hardi collectionneur, remis en état, a stationné durant deux jours à Vienne-le-Château. Sa silhouette sur la place avait alors attiré de nombreux visiteurs.

    Dominique Bleunven a été soutenu par toutes les associations liées au souvenir du conflit de 1914. L’étape qui l’avait conduit jusqu’à Vienne-le-Château, en provenance d’Epernay, est notamment mentionnée sur le blog de Dominique comme la plus longue de son périple : 120 kilomètres avec une consommation moyenne de 25 litres d’essence.

    Verdun par la Voie sacrée

    Le 7 novembre au matin, il envisage de se retrouver à Bar-le-Duc.

    Ce décrochement vers le sud est justifié par son ardent souhait formulé au départ : celui de rejoindre Verdun par la Voie sacrée, haut lieu du triomphe des tringlots qui ont approvisionné la citadelle avec leurs camions dans des conditions dures et donné la preuve de leur incomparable utilité.

    Aux Islettes, il s’arrête pour être accueilli par un groupe de scolaires à qui il donne des explications de base sur son fabuleux engin.

    Dans son blog, Dominique Bleunven livre un exposé remarquable sur la mécanique de son camion, qui produit une bonne carburation.

    Il enregistre deux heures d’avance à Bar-le-Duc sur l’horaire prévu. Le public arrive en fanfare avant le départ pour la Voie sacrée.

    Un clairon sonne devant le camion.

    Des signes de fatigue

    Le lendemain, c’est l’heure du repos dans un hôtel, puis le plein est fait.

    A Naives-la-Rosière, le camion donne ses premiers signes de fatigue. Le moteur dans les montées a de la peine à passer en troisième, il faut utiliser la seconde. Plus inquiétant encore, le brouillard persiste et s’épaissit.

    Le périple continue à Souville, le quartier général de Pétain se trouvait alors à la mairie. A Lemmes, une auscultation du train avant est nécessaire.

    C’est l’arrivée au lieu-dit Le Moulin brûlé. Dominique s’arrête au mémorial de la Voie sacrée. La pente d’accès est rude, courte mais accentuée.

    « Le camion en charge a peiné, mais il a brillamment vaincu cet obstacle », note son chauffeur. Une photo est même prise devant le mémorial avec des Poilus.

    Enfin Verdun, la gare pointe le bout de son nez.

    Dominique relate l’importance du bâtiment lors du terrible conflit, surtout pour les blessés. Le camion De Dion-Bouton s’immobilise devant et l’instant est encore immortalisé par un cliché. Il faut savoir que la gare a été transformée en hôpital et que des milliers de victimes y ont transité. Elle a aussi servi de point de départ le 10 novembre 1920 à la dépouille du soldat inconnu.

    Puis c’est la découverte de la ville pour Dominique et son camion alors garé devant les marches de la crypte, lequel récolte des regards admiratifs, des questions fusent sur les raisons de sa présence en ce lieu.

    Dominique continue par la visite de la citadelle souterraine. Il note lors de la traversée de la ville ses difficultés rencontrées au passage des ronds points et dans les rues étroites.

    Les dangers du parcours

    Les derniers kilomètres du parcours permettent de rejoindre le quartier général de Connaissance de la Meuse. Ils sont pénibles pour le chauffeur et la mécanique.

    Le camion semble vouloir se ménager et plus particulièrement dans les côtes. Il délivre toute sa puissance à seulement quelques mètres de l’arrivée.

    Dans sa conclusion, Dominique Bleunven fait le bilan de son raid historique.

    Il se rappelle avec émotion la chute depuis le camion de Pierre, son assistant. Les blessures seront heureusement limitées à une luxation de l’épaule.

    Il se remémore également les difficultés de conduire un tel engin (tenue de route, performances du moteur, tension du conducteur, dangers de la progression dans la circulation moderne et le brouillard).

    Dominique Bleunven tient à remercier les associations qui l’ont toujours soutenu tout au long du parcours.

    Le 10 novembre, il arrête enfin sa progression.

    L’objectif premier du raid a donc été atteint.

    Même s’il n’a pas pu franchir la frontière suisse, Dominique Bleunven aura fait revivre le souvenir des soldats du train.

    ***********************************

    Union120122a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    -----

    Conférence de Wannsee : la Solution finale

    Des enfants du ghetto de Varsovie : ils seront gazés.
  •  Agrandir la photo
  • Reinhard Heydrich et sa programmation cynique d’élimination des Juifs.
  •  Agrandir la photo
  • Ils étaient présents à Wannsee pour retenir la leçon d’un massacre annoncé.
  •  Agrandir la photo
  • Shoah. Hitler est déterminé à se débarrasser des Juifs en Europe et il n’a aucun scrupule pour que les méthodes les plus radicales soient mises en place par la hiérarchie SS.

    Si les mesures antisémites sont une spécialité du Reich, le gouvernement de Vichy a conduit une politique restrictive des libertés sociétales envers les Israélites. Les persécutions qui sont déjà engagées à l’Est sont soutenues par une politique de ghettos destinée à séparer les Juifs des autres familles de la population. L’obsession nazie de l’antisémitisme est telle que le gouvernement décide de rationaliser et de radicaliser sa politique. Les mesures discriminatoires sont désormais jugées insuffisantes. Il faut passer à une étape supérieure qui relève de la programmation d’une politique d’extermination. C’est la finalité de la conférence qui se déroule le 20 janvier 1942 dans l’hôtel de police de la Sécurité du Reich à Wannsee. Sont réunis autour du SS-Obergruppenführer Reinhard Heydrich, chef de la Police de sûreté et du Service de sécurité, des bureaucrates, des techniciens, des idéologues, des militaires profondément convaincus qu’il faut : « éradiquer le mal européen » incarné par les Juifs. Les mesures administratives destinées à restreindre les droits des Israélites sont jugées insuffisantes et trop douces à l’égard de familles représentatives du mal.

    Industrialiser la mort

    Passer à la vitesse supérieure revient à mettre en place une politique industrielle d’élimination des Juifs. Depuis le 31 juillet 1941, Heydrich a obtenu le feu vert du maréchal Göring pour ne pas se limiter à épurer les Juifs du Reich mais à réfléchir sur toutes les composantes d’un arsenal prompt à régler définitivement la question juive en Europe. Avant Wannsee, des exécutions massives ont lieu dans les territoires occupés et on estime alors que 230.000 de ces malheureux ont été tués dans les Pays baltes ainsi qu’en Ruthénie. L’action des groupes SS chargés des basses œuvres est jugée médiocre et des dignitaires du Reich soulignent l’insuffisance mathématique des résultats. Devant ses interlocuteurs, Reinhard Heydrich affirme : « Le temps des massacres sauvages est terminé. J’exige de la méthode, une envie de perfection, la mise en place d’une extermination scientifique qui interdira à tout Juif de passer à travers les mailles du filet de la purification. Cette solution doit être la fierté d’une Allemagne garante de la pureté originelle ».

    Froid, méthodique, l’officier qui a mûrement réfléchi son plan déroule devant son auditoire une machine de mort. Il cible onze millions de Juifs européens en situation : « d’urgence de traitement ». Il présente une fiche détaillée et énumère son infâme comptabilité : cinq millions pour l’Union soviétique, 2.248.000 pour le gouvernement général de Pologne, 865 000 pour la France. Il ose même ajouter le chiffre de 330.000 pour le Royaume-Uni. Heydrich explique que les déportations vers l’Est vont provoquer une sélection naturelle par le travail. Ceux qui ne sont pas très costauds disparaîtront rapidement. Avant de préciser avec un cynisme inouï : « Le résidu qui subsistera sera traité avec les méthodes adéquates pour qu’on n’en entende plus parler ». En d’autres termes, il s’agit d’un assassinat prémédité. Heydrich considère qu’il faut : « balayer l’Europe d’ouest en est » et évacuer en priorité tous les Juifs de moins de 65 ans qui constituent le contingent le plus menaçant. Pour ceux qui sont plus âgés, le chef de la police imagine un mouroir, ghetto pour vieillards et pense l’établir à Theresienstadt. Il propose des conversations approfondies avec les militaires pour assurer les transferts sans que cela ne porte préjudice aux offensives menées à l’est contre l’Armée rouge.

    En ce qui concerne le recensement des populations « parasites », Heydrich considère que les difficultés les plus importantes seront rencontrées en Roumanie et en Hongrie. En revanche, il n’imagine pas de problèmes en France parce qu’il considère que le gouvernement de Vichy est soumis et que son administration lui obéit sans se poser de questions.

    Le führer applaudit

    Adolf Hitler est en phase avec les décisions adoptées à Wannsee. Tout au moins c’est ce que note Joseph Goebbels dans son journal : « Concernant la question juive, le Führer a déblayé le terrain. La guerre mondiale est en cours, l’anéantissement de la juiverie doit en être la conséquence nécessaire. Cette question doit être envisagée sans aucune sentimentalité. Nous ne sommes pas là pour avoir pitié des Juifs mais pour avoir pitié de notre Peuple. Maintenant que le peuple allemand a perdu 160 000 hommes de plus sur le front de l’Est, les Juifs de ce conflit sanglant vont devoir le payer de leur vie ». Le SS-Obsersturmführer Adolf Eichmann note dans le protocole de la Conférence qui n’est diffusé qu’à trente exemplaires : « Le chef de l’Office central pour la Sécurité du Reich au sein de la SS fit part en ouverture de la mission qui lui était confiée par le Reichmarshall du Grand Reich en vue de la préparation de la Solution finale de la question juive en Europe et indiqua que l’objectif de cette conférence était de clarifier les questions de fond ».

    Wannsee suscite une émulation chez les serviteurs zélés du Reich. C’est ainsi que Bühler qui représente le Gouvernement général de Pologne explique qu’il faut débuter par son pays. Il se justifie. Il n’y a pas de problèmes de transport et sur les deux millions et demi de Juifs présents : « La majorité est inapte au travail ». Ce qui revient à dire qu’elle est prête pour une extermination immédiate et peut servir de cobayes à des processus d’élimination de masse. Eichmann en secrétaire besogneux et avec un vocabulaire administratif qui fait froid dans le dos écrit encore : « Il ressortit qu’on était d’avis qu’il fallait mener immédiatement dans les territoires en question les travaux préparatoires au déroulement de la Solution finale en évitant cependant de provoquer l’inquiétude dans la population ». Visiblement satisfaits tous les membres de la conférence se congratulent et se retrouvent autour de bons cigares et de verres d’eau-de-vie. Heydrich est bien l’homme clé de cette politique folle dont les SS veulent avoir toutes les clés. La guerre doit être gagnée et dans le même temps les Juifs doivent être éradiqués des pays où flotte le drapeau nazi.

    Le 25 janvier, une importante réunion a lieu à Berlin. Hitler déclare alors à Henrich Himmler le patron de la SS et à Lammers qui est le chef des services de la Chancellerie du Reich : « Je suis colossalement humain. Au temps de la domination papale à Rome, les Juifs étaient maltraités. Tous les ans jusqu’en 1830, huit juifs étaient traînés en parade à travers la ville par des ânes. Tout ce que je dis c’est qu’ils doivent partir. Si l’opération entraîne leur mort, je ne peux rien y faire. Je n’envisage l’extermination totale que s’ils refusent de partir de leur plein gré ». Hitler toise ses interlocuteurs puis est pris d’une suée et éructe brusquement de colère : « Pourquoi devrais-je considérer le Juif comme différent d’un prisonnier soviétique ? Pourquoi les Juifs ont-ils déclenché la guerre ? ».

    Heydrich subjugue si bien ses interlocuteurs qu’à Paris dans la seconde quinzaine de janvier, l’ambassadeur Otto Abetz promet dans les salons où l’on cause que le SS-Obergruppenführer viendra bientôt dans la capitale expliquer comme va se construire la Nouvelle Europe : « libérée de la juiverie ».


    -----

    Les usines de la complicité

    L’économie est détournée mais surtout les gens ont faim.
  •  Agrandir la photo
  • La collaboration industrielle insupporte les Français libres qui, le 16 janvier 1942, la dénoncent avec virulence. Les intérêts économiques et la possibilité de gagner beaucoup d’argent conduisent des chefs d’entreprise à ne pas se poser les questions morales et éthiques qui s’imposent pourtant.

    Maurice Schumann s’insurge : « Personne n’ignore que de gros intérêts qui constituent l’un des supports du collaborationnisme trouvent leur sauvegarde dans des accords profitables avec les autorités d’occupation. Tout le monde sait que des industriels sans scrupule ont des contacts intéressés avec leurs collègues allemands. Tout ceci est exact, nul ne le conteste. En tant de paix, les relations de cet ordre entre les deux pays auraient pu être parfaitement normales. Mais nous sommes en pleine guerre et ce qui pouvait être licite dans d’autres circonstances frise la trahison dans les circonstances présentes ». L’éditorialiste sait que les Allemands sont fidèles à leurs objectifs et qu’ils n’ont pas changé de stratégie. Ils attendent d’être suivis et le plus grave est que des responsables français s’affranchissent de tout discernement pour faire de l’argent. Comme l’industrie allemande est affectée par l’intensité de la guerre, qu’elle manque de bras, que ses installations sont de plus en plus menacées par les raids que les Britanniques peuvent y conduire, le Reich a besoin d’alliances nouvelles.

    L’appât du gain

    La séduction un peu trop facile de patrons qui veulent gagner beaucoup d’argent avec la guerre consterne à Londres. C’est pourtant une réalité. Schumann comprend bien que l’Allemagne vise à transférer sur son sol une main-d’œuvre qualifiée et ainsi à appauvrir les firmes françaises déjà en difficulté en raison du nombre de travailleurs faits prisonniers sous l’uniforme. Le chroniqueur dénonce les pourparlers entre le grand trust chimique allemand la I.G. Farbenindustrie et les entreprises similaires en France. Il cible le groupe Kuhlmann, la Compagnie nationale des matières colorantes et produits chimiques de Saint-Denis, la Société des produits chimiques de Saint-Clair-sur-Rhône. « Désormais seules ces grandes maisons doivent travailler à plein rendement pour autant que leurs produits intéressent l’armée allemande ». Mais si accord il y a, toute la coordination de la production est fixée par I.G. Farben. Or Schumann le redit avec pertinence : « Tout service rendu à l’ennemi prolonge la guerre et, qu’ils le veuillent ou non, resserre les liens qui les enchaînent à son système économique ».

    L’éditorialiste prédit que ce rapport complice rompra un jour ou l’autre avant de conclure : « Le moment est mal choisi pour unir son sort, ne fût-ce qu’à titre de manœuvre tactique, au destin du vaincu de demain qui n’est même plus le vainqueur d’aujourd’hui ». Est-ce la raison qui pousse Pierre Bourdan à se moquer du conseiller ministériel Fritz Hippler qui est le chef de la section cinématographique du ministère allemand de la propagande ? Sur radio Francfort il s’inquiète que le public doute de la vérité de certains films diffusés dans les salles ! S’il n’est pas question de montrer ses propres soldats tombant sous des balles ennemies, Bourdan estime qu’on ne peut pas présenter avec franchise une collaboration économique puisqu’elle est en réalité imposée et ne relève pas d’un échange voulu pour une prospérité partagée. Pour le chroniqueur français, les Allemands sentent peut-être que le vent de la victoire est sur le point de changer de direction. Mais dit-il encore, ce n’est pas parce que les citoyens du Reich regarderont des images de la guerre du Pacifique que les mauvaises nouvelles ne pèseront pas sur ses troupes en URSS.


    -----

    Rommel à Benghazi, les Alliés à Mechili

    Le général Rommel pense venir à bout des Britanniques.
  •  Agrandir la photo
  • La guerre dans le désert s’intensifie.
  •  Agrandir la photo
  • On se prépare à une bataille de chars .
  •  Agrandir la photo
  • Un obusier utilisé contre les troupes alliées en Libye.
  •  Agrandir la photo
  • Tripolitaine. La brigade française articulée en quatre sous-groupements tactiques rassemblant autour d’un bataillon d’infanterie, une batterie d’artillerie, une section antichar de 47, une section de DCA, une section du génie et des détachements de transmissions et des services va être bien utile aux Britanniques.

    Le 19 janvier 1942, le général Auchinleck donne ses directives à la VIIIe armée britannique. L’objectif est Tripoli. Les chefs d’unité reçoivent toutes les instructions nécessaires pour préparer la manœuvre défensive qu’ils seraient appelés à coordonner si l’offensive libyenne devait être rapportée. Les Britanniques ne sont pas certains de réussir. Ils savent que leurs positions sont fragilisées. En Tripolitaine, Rommel a bénéficié de renforts. Le 5 janvier, un convoi de six navires italiens est parvenu à s’infiltrer dans le blocus anglais avec un chargement de matériel conséquent. Désormais l’Afrika Korps dispose d’une force blindée de cent vingt chars. Après avoir réparti ses nouveaux moyens opérationnels, le général allemand attaque le 20 les positions avancées britanniques. Le lendemain soir, ses troupes d’assaut parviennent à Saounou à environ 150 kilomètres d’El Agheila. Il ne s’agit que de réaliser un coup de main contre les éléments anglais avancés. Comme Rommel s’aperçoit que le contact désorganise sérieusement le dispositif de l’adversaire, il décide de faire progresser immédiatement le gros de ses troupes. Il passe outre les réserves de l’état-major italien et manifeste ainsi sa détermination à conduire une opération de grande envergure dans la région.

    Le « Renard » de plus en plus menaçant

    La VIIIe armée qui a compris le danger se replie en bon ordre. Les Britanniques comprennent alors que s’ils ne veulent pas à terme perdre le pied en Libye, il leur faut rassembler un maximum de troupes prêtes au combat. C’est la raison pour laquelle, le général Edgar de Larminat est invité d’urgence à se rendre au PC de la VIIIe armée installé à Tmimi. Le général Ritchie lui confie alors une nouvelle mission : tenir la région de Derna à l’ouest de la ville. Le 21 janvier, la 1re brigade prend donc la direction de l’ouest. Elle franchit au lever du jour le col de Halfaya puis s’écarte de la route côtière pour s’engager sur le Trigh Capuzzo, une piste de sable marquée simplement par les traces des convois précédents ! Il vaut mieux ne pas s’en écarter car l’ennemi à poser de nombreuses mines. Larminat en sait quelque chose puisque la veille, son véhicule a sauté sur l’une d’elle heureusement sans dommage corporel pour ses occupants.

    La colonne des forces françaises glisse ensuite le long du champ de bataille de Sidi Rezegh. Le paysage est impressionnant. Au milieu d’une immensité de sable gisent des véhicules fracassés, des blindés calcinés ou désarticulés, disposés en ordre de combat ! Les soldats repèrent aussi des canons abandonnés. Les Français sont très vite face à des conditions météorologiques détestables. Le vent de sable se lève et la visibilité est pratiquement nulle. Ils ont l’impression que la nuit tombe ! Le convoi se resserre et n’avance qu’à très petite vitesse. Il faut trois heures à la tête de colonne pour atteindre le point de ralliement d’El Adem mais les derniers échelons mettent dix heures pour parvenir au même endroit. Lorsqu’on fait l’appel on s’aperçoit qu’il manque un des quatre sous-groupements ! Il appartient au BM2 et, perdu dans la tourmente, il a préféré stopper pour attendre le retour au calme et pouvoir s’orienter. Il se retrouve près de Gambut où le général de Larminat voit surgir avec étonnement le commandant Amiel convaincu que les trois autres sous-groupements se sont également perdus.

    La brigade s’arrête vingt-quatre heures à El Adem avant de reprendre la piste en direction de l’ouest. Le vent de sable se lève à nouveau et le capitaine Pichat qui est descendu de sa voiture pour guider au mieux le convoi est écrasé par l’un de ses camions. Sur le chemin, les Français croisent des poids lourds qui roulent dans l’autre sens avec des soldats qui paraissent épuisés et ne répondent pas à leur V. Lorsque la colonne entre enfin à Tmimi, les nouvelles ne sont pas bonnes. Les FFL apprennent que les Anglais ont été sérieusement malmenés au sud de Benghazi. L’officier de liaison britannique a ordre de stopper la brigade qui s’installe tant bien que mal sur le terrain d’aviation parsemé de débris d’appareils allemands et de munitions non explosées. C’est au terme d’une courte nuit que les Français reçoivent de nouveaux ordres.

    Oublier Derna

    Il n’est plus question qu’ils rejoignent Derna mais qu’ils se rendent à quatre-vingts kilomètres plus au sud à Mechili pour y organiser une forteresse avec le concours de la brigade polonaise des Carpates. Le 25 janvier, l’Afrika Korps atteint Msous d’où elle détache un groupe d’attaque en direction de Mechili. En réalité, les Allemands cherchent à piéger leur adversaire parce que l’essentiel de la force fonce sur Benghazi. Les Britanniques n’y voient que du feu et décident de renforcer leurs moyens défensifs pour conforter le dispositif placé sous les ordres du général de Larminat. Le 29, la 1re brigade marche à la rencontre de l’ennemi. Elle progresse en deux colonnes doubles. La Légion est à gauche. Les coloniaux sont placés à droite. Les deux bataillons légers sont en tête. Leurs brenn-carriers et leurs automitrailleuses escadronnent en avant et sur les flancs. Le PC et l’artillerie sont au centre du dispositif. L’ensemble s’étend sur quatre kilomètres de front et six de profondeur. De cette manière, les unités disposent de l’espace suffisant pour manœuvrer dans le désert.

    La brigade parvient dans l’après-midi à Mechili sans avoir rencontré le moindre soldat adverse. Personne ne sait plus très bien où sont les Allemands. Mechili est au cœur du désert un carrefour de pistes à peine marqué par un ancien fortin turc. La brigade des Carpates du général Kopanski en provenance de Derna est déjà positionnée. Larminat aussi. Il a précédé sa brigade la veille pour venir prendre ses ordres du général Godwin-Austen, commandant le 1er corps d’armée. Le général français a compris qu’il doit couvrir avec ses alliés polonais le repli des unités du 13e corps qui sont le long de la côte. Larminat a établi son plan défensif et distribué les secteurs à tenir sur un hérisson de 20 km de périmètre. Au nord se tiendront les Polonais, au sud la 2e BLE puis le BP1, en réserve le BM2. Cette disposition suscite ce commentaire du commandant Babonneau : « Mon front s’étend de la Pologne au Pacifique » !

    Les Polonais sont aussi de redoutables soldats. Le général Kopanski qui les commande a fait l’Ecole de guerre comme Edgar de Larminat dont il est proche. Ce sont d’authentiques camarades. En fait la brigade avec les Polonais forme le dernier carré de la VIIIe armée. Elle subit encore de violents vents de sable et n’aperçoit que des véhicules retraitant dans des conditions infernales. Parmi les derniers se trouve le capitaine de Kersauzon, officier de liaison de la 7e DB britannique. Les automitrailleuses du capitaine de Courcel multiplient les reconnaissances dans le désert sans accrocher l’ennemi. Et pour cause, Rommel est sur le point de prendre Benghazi et de lancer l’Afrika Korps vers le golfe de Bomba. Il ne peut pas rejoindre Mechili parce que ses réserves de carburant sont insuffisantes pour étendre son rouleau compresseur de reconquête. Pour ceux qui doutaient encore de l’ampleur de la contre-offensive de Rommel en cette troisième semaine de janvier, il est patent que le « Renard du désert » n’a pas l’intention de renoncer. Son objectif est de faire de la Libye une colonie allemande.

    ***********************************

    Union120121b - Marne
    CORMONTREUIL : Ecoles maternelles : Les petits choyés comme des rois

    Des petits rois à l’école.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Depuis cinq ans maintenant, les membres du comité local de la Fnaca ont pris l’habitude de donner rendez-vous aux petits écoliers des écoles maternelles pour les choyer.

    Répartis en deux groupes, ils se sont donc rendus jeudi matin au sein des écoles Enelle et Saint-Exupéry, les bras chargés de délicieuses galettes et de boissons fraîches.

    Sagement attablés, les petits écoliers ont dégusté les pâtisseries, à la recherche des fèves.

    « On est toujours bien reçus » déclarait Robert Brujère.

     

    ***********************************

    Union120121a - Marne
    SOMSOIS : Le natif de Somsois décoré de la Légion d’honneur : Michel Gérard : sage et combattant

    Michel Gérard a été l’un des fondateurs du premier club de parachutisme du pays et parmi les premiers à sauter au-dessus de l’aérodrome de Magenta.
  •  Agrandir la photo
  • Distingué de la Légion d’honneur avec sept autres Calédoniens, Michel Gérard, né à Somsois, a appris la nouvelle le jour de l’an. Le président de l’amicale des anciens combattants d’outre-mer, qui aime dire qu’il est né sur la route des Invasions, apprécie, mais n’est pas du genre à plastronner. La spiritualité yogiste le guide.

    BARDÉ de décorations, Michel Gérard, né à Somsois, près de Vitry-le-François, n’est pas du genre à les faire briller tous les matins comme un sou neuf. Lui qui a habité Joinville, en Haute-Marne, va pourtant s’en faire épingler une nouvelle : celle de la Légion d’honneur. « Ce serait mentir de dire que ça ne me fait pas plaisir, réagit-il à l’ombre de ses pieds de letchis, même si je suis nourri de détachement par mon intérêt pour la philosophie indienne. »

    Le lotus à 85 ans

    Son rituel matinal débute par une séance quotidienne de yoga. « Des exercices de respiration », sourit Michel Gérard qui, du haut de ses 85 ans, tient encore très bien la position du lotus, et bien plus. Ancien de la Seconde Guerre mondiale - dans les rangs de la Première armée commandée par le général de Lattre de Tassigny - et ancien d’Indochine, Michel Gérard a eu plusieurs vies.

    Radio et yoga

    Radio. Démobilisé, il entre à Radio Saïgon en 1950, où il côtoiera Max Clos, grande figure en devenir du journal Le Figaro, ainsi qu’une autre future célébrité télévisée, Jacques Chancel. « Il faisait les émissions militaires », indique Michel Gérard.

    « Dans les derniers jours de 51 », changement de cap, Michel Gérard débarque à Tahiti. « Il y avait Espinasse (de son prénom Michel, un ami à lui) qui nous avait bassinés, il avait lu plusieurs livres sur Tahiti. Et on était alors certains que l’Indochine, c’était fini. »

    Michel Gérard y poursuit son parcours radiophonique en entrant à Radio Tahiti. « C’était encore l’époque des gouverneurs. » C’est aussi l’époque où il rencontre sa femme Johanna. En 1957, le jeune couple quittera le Tahiti natal de Madame, avec leur bébé de 8 mois, pour tenter l’aventure calédonienne.

    Yoga. Une aventure qui a pris racine. En 1958, Michel Gérard joue les pionniers en créant avec son comparse Eugène Bizeul, la première revue illustrée du territoire. Une révolution qu’il poursuivra en entrant au quotidien La France Australe, en 1963, en tant que rédacteur en chef adjoint. Il y modernisera les techniques d’impression et les moyens d’information, tout en jouant allègrement de la plume, jusqu’à son nouveau changement de cap.

    Fin 75, il quitte son poste de Directeur et rédacteur en chef de la France Australe et monte l’institut Savitri de yoga. Pendant vingt-cinq ans, il initiera une palanquée de Calédoniens à cette discipline qu’il affectionne et qu’il a acquise lors de voyages en Inde.

    Faut-il préciser que c’est un passionné de Beethoven, qu’il a été l’un des fondateurs du premier club de parachutisme du pays et parmi les premiers à sauter au-dessus de l’aérodrome de Magenta.

    « Alerter et protester »

    Ainsi que l’un des fondateurs du Kiwanis club de Nouméa, et qu’il a toujours œuvré activement au sein de l’amicale des anciens combattants d’outre-mer. Auparavant vice-président, il en est le président depuis 1993. « Je n’ai plus de tribune, mais je fais des discours. Ça me permet de me faire les dents », confie-t-il le regard pétillant.

    Alerter. Michel Gérard n’a rien perdu de son regard de journaliste, suivant avec attention l’actualité du monde, de la France et du Caillou. « Notre passé et nos actions au service de la France nous donnent un droit d’inventaire et nous font un devoir de rester lucides et de n’être pas du troupeau qu’on manipule. Si nous n’avons plus, de par l’âge, le pouvoir d’agir, il nous reste celui d’alerter, voire de protester », écrit-il dans ses vœux de l’Amicale pour 2012.

    L’ancien combattant n’appartient pas à la catégorie fort en gueule, mais il réfléchit, écrit, beaucoup, s’intéresse et publie. Du haut de ses 85 ans, il observe les changements de notre monde. « Quand on le voit évoluer, nous, les anciens combattants, on est un peu dubitatifs. C’est un monde inquiétant où il y a beaucoup d’épées de Damoclès. » Les amicales des anciens combattants s’amaigrissent. « On essaie toujours de transmettre, mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup d’attention », poursuit Michel Gérard. Il n’est ni triste ni nostalgique. Simplement lucide.

    Cyrille Louison parrain

    Quant à sa Légion d’honneur, il a su de suite qui choisir en parrain : « C’est Cyrille Louison qui me décorera, à la Maison du combattant avec ma vieille amicale. Je lui dois bien ça. » Cyrille Louison, son complice, un ancien de Diên Biên Phu.

    ***********************************

    Union120120b - Marne
    ANGLURE : 40e assemblée et galette à la Fnaca

    Le bureau du comité avec le maire de Conflans, Daniel Grosbety
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée générale du comité Fnaca d’Anglure et de Conflans-sur-Seine vient de tenir son assemblée générale dans la salle des fêtes de Conflans-sur-Seine sous la présidence de Kléber Carouge, président du comité, et en présence du maire de Conflans-sur-Seine, le conseiller général Daniel Grosbety.

    Environ 130 personnes, sur les 189 adhérents que compte le comité, étaient présentes lors de cette réunion.

    A noter qu’il s’agissait de la 40e assemblée générale du comité Fnaca, qui a été créé en 1969, la première s’étant tenue en 1972 à Conflans-sur-Seine.

    Les rapports d’activité et financier ont été présentés et approuvés. Une minute de silence a été observée par l’assemblée à la mémoire des trois adhérents du comité décédés en 2011. Cette assemblée s’est conclue par le traditionnel partage de la galette accompagné d’une coupe de champagne offerte par la commune de Conflans.

    Prochains rendez-vous du comité : le 5 février pour le repas annuel, lors des cérémonies du 19 mars à Anglure et du 24 mars à Marcilly-sur-Seine. A noter que le comité organise un voyage au Portugal du 7 au 14 mai. Il reste des places. Renseignements auprès de Kléber Carouge au 03.26.42.71.88.

    ***********************************

    Union120120a - Marne
    GRANDE GUERRE : l’Aisne et la Meuse montent au front

    Dans l’Aisne, comme ici au Chemin des Dames, comme dans la Marne, le conflit 14/18 reste très présent.
  •  Agrandir la photo
  • L’initiative de l’association « Paysages et Sites de mémoire de la Grande Guerre », qui vise à stimuler le projet d’inscription au Patrimoine mondial de l’Unesco des paysages et sites de mémoire de la Première Guerre mondiale, suscite une initiative partagée par l’Aisne et la Meuse qui organisent mardi prochain au Sénat une conférence de presse pour promouvoir ce dossier alors que se profile le centenaire de ce conflit.

    Yves Daudigny sénateur et président du conseil général de l’Aisne, Christian Namy, sénateur et président du conseil général de la Meuse qui coprésident l’association ont choisi de démontrer la pertinence de leur idée. Ils seront entourés de Serge Barcellini, ancien directeur général de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre, aujourd’hui contrôleur général des armées et Marie-Madeleine Damien, professeur de géographie à l’université de Lille.

    Prudence marnaise

    L’association a comme objectif de rassembler les treize départements du front que sont le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l’Oise, l’Aisne, les Ardennes, la Marne, la Meuse, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, les Vosges, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. Douze adhèrent déjà. « Une commission est créée dans chacun des départements afin de proposer les périmètres et les sites susceptibles d’être classés. Elle est animée par un conseiller général et un coordonnateur fonctionnaire » précise l’Association.

    Est-ce que ce projet sied à la Marne ? Si le département est des plus prudents, tout en étant membre de l’Association, ce n’est pas parce qu’il se désintéresse des commémorations à venir de la Grande Guerre. Il a même entendu ceux qui s’inquiétaient de son retard dans ses préparatifs mémoriels, notamment la commission départementale des anciens combattants, victimes de guerre et mémoire de la Nation. Des initiatives devraient être annoncées en février.

    Christian Bruyen, vice-président du conseil général nous l’a confirmé récemment : « La Marne commémorera 14-18 et rendra hommage à tous ceux qui sont tombés ici ».

    Seulement la Marne présente pour la deuxième fois à l’Unesco son projet de classement des Paysages du champagne et les stratèges du département ne sont pas convaincus de la pertinence de courir deux lièvres à la fois. Entre le patrimoine convivial et festif et le patrimoine d’une terre ensanglantée par les combats effroyables d’une guerre totale, il ne doit pas y avoir concurrence. Comment se comportera l’Unesco ? Sa politique est de ne pas mélanger les dossiers et de diversifier ses classements pour que les pays émergents ne se sentent pas exclus.

    La Marne observe. Le dossier français devrait être déposé en 2013. Cela se ferait en collaboration avec la Belgique afin de respecter l’histoire des 750 km de front occidental. L’Association veut travailler en bonne intelligence avec la Mission nationale du centenaire.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union120119b - Marne
    TINQUEUX : Dimanche à la salle des fêtes : Des couronnes chez les paras

    Une ambiance et camaraderie acquises et restées dans l’esprit « para », c’était dimanche après-midi à Tinqueux.
  •  Agrandir la photo
  •  

    L’Union nationale des parachutistes, comme chaque année, fête les rois en la salle des fêtes de Tinqueux. Environ 150 personnes, dont une trentaine d’anciens paras, ont dégusté la fameuse galette, accompagnée d’une flûte, et surtout d’une excellente participation de l’école de danse de la Ville qui n’a pas manqué une démonstration de pas sur la piste au grand plaisir de tous. Les anciens paras, ne manqueront pas de se retrouver l’année prochaine, en souhaitant en attendant, voir leur rang se grossir par ceux qui ont servi dans cette arme et qui, on en est persuadé, retrouveraient une ambiance, une camaraderie, qui sont acquises et restées dans l’esprit para.

    Le président Jean Louis Leboeuf et le vice-président Fernand Vicaire ont remercié Jean-Pierre Fortuné, maire de Tinqueux et conseiller général pour sa présence, Robert Bertrand, ancien para également, et son épouse, pour l’ensemble de l’organisation de cette après-midi.

    Contacts : Union nationale des parachutistes, section de la Marne, Jean-Louis Leboeuf au 03.26.57.94.63 ou Robert Bertrand au 03.26.08.49.94.

     

    ***********************************

    Union120119a - Marne
    EPERNAY : Pour les collectionneurs de militaria : L’association du Poilu de la Marne prépare son salon

    C’est le dimanche 22 janvier au palais des fêtes d’Epernay, qu’aura lieu le grand rendez vous des collectionneurs de militaria.
  •  Agrandir la photo
  • Chaque année, au troisième week-end de janvier, l’association du poilu de la Marne présidée par Didier Blanchard organise son salon, avec plus d’une centaine d’exposants de France et des pays avoisinants

    Pour cette vingtième édition, des coiffures, des uniformes, des armes de collections neutralisées ou du matériel allant du premier empire à la guerre d’Algérie en passant par le premier conflit seront exposés lors de cette journée.

    Lors de la dernière réunion de préparation, la galette des rois à été offerte à la vingtaine de membres présents.

    Renseignement au restaurant « La Madelon » au 03.26.53.14.18.

    ***********************************

    Union120118b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Comité des anciens combattants : Présent sur cinquante cérémonies patriotiques

    Le comité espère organiser en 2012 un nouveau Rallye de la liberté.
  •  Agrandir la photo
  • Samedi, le comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerres a tenu son assemblée générale, à la Maison du combattant, en présence de Serge Helleringer, conseiller délégué à la ville de Châlons-en-Champagne au monde combattant. Après avoir observé une minute de silence pour les disparus de l’année, Bernard Haleux, président, a présenté le rapport moral du comité. L’objectif du comité est de servir de relais entre les associations d’anciens combattants et les pouvoirs publics.

    En 2011, le comité a été très actif puisque présent sur plus de cinquante cérémonies patriotiques organisées par la ville avec la présence du porte-drapeau porté par Marcel Plu, représentant la légion étrangère.

    A noter, la cérémonie du 11-Novembre dernier a été suivie par un repas pris à la salle de la Croix Jean-Robert, un moment de convivialité et de partage entre les différentes associations d’anciens combattants.

    Le comité espère réitérer en mai 2012, le Rallye de la liberté qui a réuni l’an passé plus de 627 collégiens sur le terrain de la Folie situé entre Châlons-en-Champagne et L’Epine.

    ***********************************

    Union120118a - Marne
    BAZANCOURT : L’UNC en assemblée

    Les anciens combattants ne manquent pas de projets.
  •  Agrandir la photo
  • C’est en présence du maire, Yannick Kerharo, et des 50 adhérents que compte l’association UNC (Union des anciens combattants) que Jean Bartos, le président a ouvert son assemblée générale.

    Ce fut l’occasion de faire le point sur l’année 2011, riche en événements. Ensuite, furent présentés les projets 2012 : approbation des comptes 2011, organisation du prochain thé dansant à Bazancourt le 4 mars, prochain congrès départemental prévu à Cormontreuil, définition du calendrier des réunions à savoir les 21 janvier, 13 avril, 15 septembre et 15 décembre ; évocation du projet de loi de finances 2012 concernant la revalorisation de pension des anciens combattants, de l’UNC et Opex ; évocation d’une journée de Reconnaissance nationale le 11 Novembre et Armistice en complément ; participations à différentes manifestations commémoratives, remise de médailles militaires aux anciens combattants, prochains promus MM. Mirmont et Mlynarczyck ; confection de panneaux sur lesquels figuraient de nombreuses photos prises lors des opérations évoquaient les souvenirs vécus par les uns et les autres.

    ***********************************

    Union120116b - Marne
    CORMONTREUIL : Grâce à la Fnaca : Des petits rois à la maternelle

    Un petit garçon regarde, un peu tristounet, sa part de galette : « J’ai pas de fève ! » constate-t-il, déçu !
  •  Agrandir la photo
  • On lui explique que c’est le jeu : Plusieurs parts mais… une seule fève ! Ceux qui n’ont pas eu la chance d’en trouver se consolent en dégustant avec appétit leur part de galette des rois, offerte par les membres de la Fnaca, qui interviennent aussi en même temps à l’école Enelle. Ce jeudi matin, une bonne centaine d’enfants de la maternelle Saint-Exupéry ont été gâtés par Jean Bô, le président, Marcel Simonard et Nicole Garnier. Cette dernière, ancienne Atsem (Agent territorial spécialisé des écoles maternelles) a eu vite fait de retrouver les gestes de son ancien métier, en s’occupant à nouveau des petits !

    « Les enfants aiment bien nous voir arriver. Ils attendent ce moment », constate le président, ravi de voir les sourires des petits gourmands qui mordent à belles dents dans le feuilletage.

    Lien école-habitants

    « C’est vraiment une gentille attention de la part de la Fnaca. C’est agréable de voir tous les élèves réunis dans la grande salle, avec des anciens. On aime montrer que notre école est là, mais qu’il y a aussi d’autres choses et d’autres personnes tout autour », se félicite Elisabeth Gilson, la directrice.

    Les chanceux qui ont eu droit à la couronne la conservent pour jouer dans la cour, à la récréation.

    On se prend à rêver qu’il y ait une fève dans chaque part… A l’ère des « enfants-rois » il est normal que tous aspirent au titre !

    ***********************************

    Union120116a - Marne
    MONTMIRAIL : Quand Montmirail se fait voler Napoléon

    Lors d’une reconstitution de bataille de la campagne de France, en 2010, à Montmirail. Archives
  •  Agrandir la photo
  • MONTMIRAIL (Marne). Un parc d’attractions autour de l’empereur pourrait voir le jour en Seine-et-Marne. Le député-maire de Montereau, en Seine-et-Marne, a l’espoir de créer un vaste parc d’attractions sur le thème de Napoléon. S’il voit le jour, il sera situé à 70 km de Montmirail, reléguant au second plan l’héritage napoléonien marnais.

    VOILÀ le genre de nouvelle qui pourrait faire l’effet d’un coup de canon dans le secteur de Montmirail : Yves Jégo, député-maire de Montereau-Fault-Yonne, vient de lancer l’idée d’un parc d’attractions sur le thème de l’Empire.

    200 millions, 3 000 emplois

    Mardi 3 janvier, en clôture de sa cérémonie de vœux, l’élu du parti radical a annoncé qu’il souhaite construire un parc d’attractions, « historique, ludique et numérique », sur le thème de Napoléon.

    « Si nous arrivons à le financer, ce site pourrait devenir un pôle essentiel de développement pérenne du sud de la Seine-et-Marne », précise-t-il dans les colonnes de notre confrère le Parisien.

    Le projet, qui serait bâti sur le modèle du Puy du fou (Vendée) s’annonce de taille : 200 millions d’euros d’investissements, 3 000 emplois, 1,5 million de visiteurs par an qui trouveront un musée, une piste de ski, un spectacle de cavalerie, un labyrinthe, un village, des boutiques, des hôtels ou encore un centre de congrès.

    Ouverture prévue en 2017 de ce parc baptisé pour le moment « Le bivouac de Montereau ». La pose de la première pierre pourrait avoir lieu en 2014, à l’occasion de la commémoration du bicentenaire de la bataille de Montereau, qui a été la dernière victoire de Napoléon sur les Autrichiens. C’était un 18 février, une semaine après la non moins célèbre bataille de Montmirail.

    Avec une telle annonce, les habitants de la Brie Champenoise n’auraient-ils pas le sentiment que la bonne idée leur est passée, comme un boulet, sous le nez ?

    « Irréaliste à Montmirail »

    « Un tel projet à Montmirail serait irréaliste, vu la taille de notre collectivité, répond Etienne Dhuicq, président de la communauté de communes de la Brie champenoise (CCBC), qui a la compétence du tourisme. Nous n’avons pas les mêmes moyens que Montereau. Mais nous travaillons à la commémoration de 2014. Montmirail compte prendre toute sa place dans ce bicentenaire. Et nous élaborons des projets à notre niveau. »

    Comme les sentiers qui permettront aux randonneurs de suivre les pas de l’empereur entre Montmirail et Champaubert.

    « Même si nous n’avons pas les moyens dont dispose Montereau, il ne faut pas que nous loupions le coche en matière de développement touristique, souligne Michel Tellier, maire de Soizy-aux-Bois et conseiller communautaire à la CCBC, ici, nous avons tout pour faire : le souvenir autour de Napoléon et de la première bataille de la Marne, la vallée du Petit-Morin et les marais de Saint-Gond qui restent des espaces préservés. Il faut ensuite une volonté politique pour mener des projets. »

    Une étude qui présente les détails du futur parc de Montereau devrait être présentée le 18 février prochain. On en saura alors un peu plus sur ce projet qui sort des tiroirs à quelques mois des élections législatives.

    En attendant ce parc, les habitants de Montmirail et les autres Marnais pourront une nouvelle fois assister à des reconstitutions des batailles napoléoniennes : elles devraient avoir lieu mi-mai, à Montmirail, afin de commémorer le 198e anniversaire de la campagne de France.

    Guillaume TALLON

    -----

    Union120116b - Marne
    Une grande commémoration en 2014 à Mondement ?

    Une importante commémoration pourrait se dérouler en 2014 à Mondement.
  •  Agrandir la photo
  •  

     

    2014 sera l’année de la commémoration du bicentenaire de la campagne de France, mais aussi du centenaire de la première bataille de la Marne (septembre 1914).

    Joseph Zimet, de la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense, a remis il y a quelques mois un rapport au président de la République portant sur les commémorations de la Grande Guerre en 2014 et dans les années suivantes.

    Le document vise à établir des propositions précises afin de commémorer le centième anniversaire du début de la Première Guerre mondiale, tout comme le centenaire de nombreuses batailles qui se sont déroulées durant les quatre ans de ce conflit mondial.

    Ce rapport précise notamment que, « à l’occasion du centenaire de la bataille de la Marne, une commémoration d’envergure pourrait être organisée à proximité de l’un des sites du champ de bataille ou près de l’un des monuments emblématiques bâtis pour perpétuer la mémoire de l’événement.

    Le monument de Mondement, élevé au sud des marais de Saint-Gond en souvenir de la première bataille de la Marne […], serait pleinement approprié pour l’organisation d’une telle commémoration ».

     

     

    ***********************************

    Union120115b - Marne
    VIENNE-LE-CHATEAU : Un arbre qui a connu les atrocités de la guerre 14-18

    Le tulipier de Virginie de Vienne-le-Château est une vraie curiosité touristique. Une pancarte rappelle son histoire tumultueuse.
  •  Agrandir la photo
  • Sa feuille est constituée de quatre pointes autour d’une nervure centrale …
  •  Agrandir la photo
  • … et son tronc peut mesurer jusqu’à deux mètres de diamètre.
  •  Agrandir la photo
  • VIENNE-LE-CHATEAU (Marne). L’arbre bien connu que l’on peut admirer à Vienne le-Château a son histoire. Et ses spécificités : il peut atteindre 60 mètres de haut, et vivre durant cinq siècles.

    ORGUEIL de la maison du pays d’Argonne, il en domine de sa haute stature le jardin. « Lurodendron tulipfera », voilà son appellation botanique. Plus connu sous le nom de tulipier de Virginie, il appartient à la famille des magnoliacées.

    Celui que chacun peut contempler à Vienne-le-Château a son histoire, lui aussi. Un passé tragique qui est résumé sur le panneau qui est à sa base. Il raconte Vienne-le-Château au début de la guerre, le 11 décembre 1914 : une compagnie du 128e régiment d’infanterie est au repos. Les soldats sont en attente de partir relever leurs compagnons du 72e. Un obus frappe la compagnie et fait 63 morts et blessés à lui seul. Le sang se répand sur l’arbre, le projectile en fait un lustre ruisselant du sang des victimes.

    L’arbre sera désormais le témoin de ce fait atroce. Durant de longues années, il a rappelé le drame et l’époque difficile ; il en perpétue aujourd’hui encore la férocité.

    Une fleur au bout de vingt ans

    Sa vigueur et la parure dorée de son feuillage de la saison sont les meilleurs témoins pour raconter le souvenir des disparus. Les habitants et les touristes lui rendent visite, et honorent sa présence. Cet arbre est originaire d’Amérique du Nord, pousse dans des sols bien drainés, supporte les gelées courtes jusqu’à -30 degrés. Il apprécie par contre le soleil et a un grand besoin d’eau. Dans son habitat d’origine, il atteint couramment 50 à 60 mètres de hauteur, contre 40 mètres en Europe. Son tronc se situe autour de deux mètres de diamètre.

    Sa feuille est bien caractéristique : quatre pointes de chaque côté d’une nervure centrale, séparée en deux groupes de deux. Elle a un pétiole d’environ dix centimètres. Elle est jaune verdâtre au printemps et en été, puis vire à un jaune intense en automne.

    La fleur, qui apparaît au bout de 20 ans, est dite hermaphrodite, solitaire. Elle rappelle la tulipe. Elle est composée d’organes à la fois pétales et sépales, dits tépales, lesquels ont des couleurs passant du vert très clair au blanc, et jaune orangé à la base.

    Le fruit est une samare, une graine ailée, comme celle du frêne.

    Les branches jeunes sont d’un beau rouge foncé, l’écorce devient gris foncé et se fissure en vieillissant. C’est un arbre d’ornement mais son bois jaune verdâtre est utilisé pour la sculpture et le mobilier. Il a en plus des vertus pharmaceutiques. Il était autrefois utilisé comme stimulant cardiaque et plus récemment, on a extrait de son écorce un succédané de la quinine, la liriodendrine.

    Le nectar des fleurs est apprécié des abeilles et donnerait un miel de rare qualité.

    Sa durée de vie peut atteindre 500 ans, le liant ainsi à l’histoire locale de l’endroit où il pousse. Un des plus connus est celui qui a été introduit en France par La Galissonniére, officier de vaisseau français, et planté au Petit Trianon pour la reine Marie-Antoinette en 1771. Vedette botanique de ce jardin, il n’a pas résisté à la tempête de 1999. C’est un coutelier de Sauveterre-de-Rouergue dans l’Aveyron qui a racheté l’arbre abattu et qui a fabriqué dans son bois des couteaux qu’il a numérotés de un à… 1 755 !

    ***********************************

    Union120115a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    -----

    De Gaulle et le Kremlin

    De Gaulle conseille ses généraux.
  •  Agrandir la photo
  • Le 16 janvier 1942, le général de Gaulle délivre une instruction personnelle et secrète destinée au général Petit, chef de la mission militaire française libre en URSS. Il s’agit de lui fixer précisément trois objectifs. Il doit s’informer sur le développement des opérations militaires, la tactique employée, les matériels mis à disposition des unités. Il lui faut recueillir en liaison avec les autorités soviétiques qualifiées des informations sur la situation en France métropolitaine et dans les parties de l’Empire où l’ordre vichyste est encore en vigueur. Enfin, des convergences doivent être établies avec les autorités militaires du Kremlin pour envisager l’éventuel envoi d’un corps expéditionnaire français en capacité de se battre auprès de l’Armée rouge. Le général Petit en serait bien sûr le commandant en chef. Ce corps comprendrait une division légère dotée d’un groupe de reconnaissance, de quatre bataillons d’infanterie : un européen, un nord-africain, deux sénégalais. S’y ajouteraient un groupe d’artillerie à deux batteries, un détachement du génie, un détachement de transmissions, une compagnie de transport, des services actuellement stationnés au Levant. Le Général souhaite y adjoindre un détachement de quarante pilotes de chasse français actuellement intégrés au sein des Forces aériennes françaises libres stationnées en Grande-Bretagne. Le général Petit est également sollicité pour informer le haut commandement soviétique sur les questions militaires relatives aux Forces françaises libres.

    Si le Général tient à renforcer la coopération avec Moscou, il n’omet pas de surveiller avec toujours autant de rigueur les initiatives menées par les services secrets britanniques. Il s’en ouvre le 19 janvier au général Catroux lorsque dans un télégramme très secret il lui confie : « Je crois savoir que les services d’Intelligence britanniques du Middle-East entendent demander une collaboration s’étendant à l’Afrique du Nord française. Je vous prie de me faire connaître sans délai si des pourparlers ont effectivement eu lieu à ce sujet et dans ce cas de vouloir bien les interrompre jusqu’à ce que vous ayez reçu mes instructions ». De Gaulle sait que les services anglais sont prêts à tout pour placer leurs pions et mailler l’Afrique du Nord. Or le général tient à se passer d’eux pour la simple raison qu’il anime son propre service de renseignements et d’actions politiques et militaires dans cette région.

    Le même jour il travaille encore sur le dossier russe et adresse au général Legentilhomme ses directives pour que les Français soient partout où les Allemands sont pour s’opposer à eux. Il lui précise : « J’ai décidé d’envoyer en Russie du Sud à partir de la mi-mars un corps expéditionnaire » composé comme il l’a déjà défini au général Petit. Mais il donne des informations complémentaires. Il est conscient que l’envoi d’une division légère en URSS et d’une autre en Libye implique une réduction importante de la présence française au Levant. Et de préciser : « Pour y remédier, il est nécessaire d’expédier au Levant, dans les plus courts délais, deux bataillons d’infanterie et une batterie prélevés sur l’Armée française du Levant, ces éléments devant arriver en Libye pour le 15 mars ». Le Général tient à savoir quels sont les aspirants et sous-officiers formés susceptibles d’être transférés au Levant.

    Il indique aussi son intention de renforcer la présence française dans le Pacifique, à Tahiti : « J’envisage l’envoi sur ce théâtre du bataillon actuellement en Ethiopie pour le cas où la situation à Djibouti ne paraîtra pas susceptible d’un dénouement prochain ». Aussi demande-t-il à Legentilhomme quelles sont les mesures qu’il compte prendre pour favoriser l’exécution de ses choix.


    -----

    Jean Moulin prépare l’unification de la Résistance

    Jean Moulin a illustré des poèmes de Tristan Corbières : ici « La fosse de Conlie ».
  •  Agrandir la photo
  • Jean Moulin, l’ex-préfet, délégué du général de Gaulle pour coordonner la Résistance.
  •  Agrandir la photo
  • Jean Moulin représenté par le peintre breton Lionel Floch avant guerre.
  •  Agrandir la photo
  • Organisation. Pseudo « Rex » ou « Régis », l’ex-préfet de l’Eure qui est délégué du général de Gaulle prend contact avec les mouvements pour les réunir autour de l’objectif commun.

    C’est dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 que Jean Moulin est de retour sur le sol français. Le voyage est assez mouvementé mais finalement, l’ex-préfet est parachuté avec deux camarades à une quinzaine de kilomètres du lieu désigné. Moulin tombe dans un bourbier près de Fontvieille sur le versant sud des Alpilles. L’équipe dissimule les parachutes et le poste de radio puis les trois hommes se séparent. Ils se retrouvent plus tard à un point de rendez-vous situé à La Lèque. Moulin qui utilise désormais le pseudo de « Rex » descend jusqu’à Saint-Andiol, rencontre des cousins. Il est bientôt à Montpellier. Il s’entretient avec sa sœur Laure et lui confie assez peu de choses si ce n’est qu’il a rencontré des responsables des services secrets britanniques et français, en particulier le colonel Passy, chef du Bureau central de renseignement et d’action (BCRA).

    Coder et décoder

    Moulin est déterminé. Il a été formé pour chiffrer et déchiffrer les messages au moyen de grilles et de clés. Il a choisi comme indicatif une strophe d’un poème de Tristan Corbière extrait de « La Rapsode foraine » : « Prends pitié de la fille mère, Du petit au bord du chemin, Si quelqu’un leur jette la pierre, Que la pierre se change en pain ». C’est à Ringway, un vaste domaine appartenant à lord Beaverbrook dans la région de Newmarket, une emprise du Suffolk un comté sur la mer du Nord que Rex s’est formé aux règles impératives qui donnent à un agent sa pleine efficacité. Il y effectue aussi ses sept sauts réglementaires avant d’être renvoyé en France et a le plaisir de faire deux d’entre eux avec le colonel Passy. Les deux hommes ont des échanges fructueux si bien que de retour en métropole, Jean Moulin a des objectifs très précis. Il doit s’efforcer d’amener les chefs des mouvements de Résistance à former au sein de leurs organisations des groupes bien cloisonnés qui ne seront utilisés que pour l’action militaire lorsqu’elle sera jugée nécessaire. Certaines de ces unités doivent être instruites pour le sabotage, d’autres constituées en groupes francs, capables de mener de petites opérations locales ne mettant pas en danger les populations qui y résident.

    Sa mission ne s’arrête pas là puisqu’il lui faut veiller à la constitution d’équipes de réception des parachutages d’armes et d’explosifs obéissant à des officiers de liaison venus de Londres. Passy est clair. Ces officiers seront sous les ordres de Rex mais traiteront directement avec le BCRA pour la réalisation des parachutages. Moulin doit convaincre les responsables des mouvements de préparer leurs propres groupes en fonction du plan militaire d’action au Jour J qui sera finalisé à Londres entre l’état-major du général de Gaulle et l’état-major interallié. Rex dispose d’opérateurs de radio qui sont pour lui les éléments indispensables à un réseau de transmissions et de commandement. Pour ce qui est des moyens pécuniaires, l’ancien haut fonctionnaire est le passage obligé. C’est lui qui formule les demandes de crédits et détermine ceux qui les livrent et ceux qui ont la responsabilité de la dépense.

    Moulin est conscient que l’organisation très militaire qu’il lui faut mettre en place ainsi que les mesures de précaution impératives qui s’imposent vont provoquer des résistances des chefs de mouvement craignant de perdre une part de leur autorité. L’action politique est fixée entre le commissaire à l’Intérieur André Diethelm et Rex.

    Agir avec méthode

    L’ex-préfet qui a un carnet d’adresses très dense est chargé de rechercher parmi les personnalités françaises et les différents groupements de la société civile, celles et ceux qui sont en rupture avec Vichy et refusent le joug nazi.

    Quelle qu’ait été auparavant leur appartenance politique, philosophique ou religieuse, l’objectif est de les amener à reconnaître et soutenir le général de Gaulle qui a pris : « l’engagement de restaurer les institutions républicaines à la Libération ». Rex considère que Lyon est la cité idéale pour conduire son action. Dès le 12 janvier 1942 il assiste à une réunion clandestine. Voici le commentaire que livre le colonel Rivière alias « Marquis » de cette première entrevue avec le délégué du général de Gaulle : « Je ne savais pas évidemment quel était le véritable nom de celui qu’on appelait alors Régis, mais son titre d’envoyé du Général lui donnait une importance de premier ordre à mes yeux et la valeur du symbole que nous cherchions tous ».

    Moulin ne cache son projet qui est bel et bien à terme d’unifier la Résistance. Il affirme vouloir convaincre les chefs des mouvements de la nécessité d’une action commune en liaison avec la France libre : « sans esprit de clocher, sans ambition personnelle, sans querelles politiques ».

    Rex retrouve aussi à Marseille l’une de ses connaissances, le docteur Recordier afin qu’il lui prépare un rendez-vous avec Henri Frenay chef du mouvement « Combat ».

    Cette rencontre est programmée pour la deuxième quinzaine de janvier dans un modeste logement chez Agnès Bidault au 103, de la rue Kléber.

    Rex présente les lettres de créances du Général, les consignes d’action et de fournir une enveloppe d’argent. Les consignes très strictes qui lui sont données l’agacent. S’il est d’accord pour accepter les directives générales, il est plus frileux dès lors qu’il s’agit d’être encadré sur les coups de main et les actes de sabotage.

    Frenay l’a d’ailleurs écrit : « Je fis à cette époque sur ces consignes des réserves expresses à Jean Moulin. Comme il me répondit que c’était un ordre que lui, délégué de Londres, ne pouvait enfreindre, je me résignai à tenter de les appliquer loyalement. Jamais en fait elles ne le furent. Si le cloisonnement absolu des activités paramilitaires était possible et souhaitable à l’échelle départementale et au-dessus, il ne l’était pas au niveau communal à des hommes, en trop petit nombre et qui ont rempli jusqu’au bout les tâches de tous ordres qui incombaient à la Résistance ». Très vite Jean Moulin rencontre également Georges Bidault. Cet intellectuel brillant reçu premier au concours d’agrégation d’histoire, ancien professeur au lycée de Reims, est impressionné par le calme de son interlocuteur, son niveau d’exigence et la précision de ses méthodes pour y parvenir : « Dès qu’il parlait, c’était la confiance qui se répandait, confiance dans la victoire, confiance dans l’utilité du travail demandé, confiance dans la possibilité de s’en servir ». Il prend aussi contact avec le mouvement libération en la personne de Raymond Aubrac qui en est le responsable militaire. Les deux hommes se retrouvent à Lyon devant le théâtre municipal avant de se rendre dans un appartement sûr. Après cette entrevue, Rex peut rencontrer le chef de « Libération » Emmanuel d’Astier de la Vigerie. Cet aristocrate à la très forte personnalité n’inquiète pas Moulin. Néanmoins, il s’interroge sur la puissance réelle de son mouvement. Le délégué du Général poursuit ses contacts. C’est à Avignon qu’il rencontre Antoine Avenin, l’un des dirigeants de « Franc-Tireur ». Ce contact est préparatoire à une discussion approfondie avec le chef du mouvement, Jean-Pierre Lévy. Très vite, Moulin comprend que la séparation absolue de l’activité civile et de l’action militaire qui est formellement demandée par de Gaulle ne sied ni à Frenay ni à d’Astier de la Vigerie. L’unification n’est pas gagnée et Rex ne peut compter que sur sa diplomatie pour convaincre.


    -----

    Le sacrifice acté des Philippines

    Les vainqueurs posent avec leurs sabres.
  •  Agrandir la photo
  • Les Japonais expriment une joie démonstrative de la victoire.
  •  Agrandir la photo
  • Asie du Sud-Est. Malgré la propagande américaine, il est impossible de conserver la maîtrise de l’archipel philippin alors que la mobilisation des porte-avions US dans le Pacifique est destinée à fixer une ligne virtuelle infranchissable.

    Alors que le général Mac Arthur imagine encore pouvoir résister aux débarquements démultipliés des unités appartenant aux corps expéditionnaires alliés, le président des Etats-Unis et ses stratèges prennent la décision de ne pas porter secours aux Philippines. Ces décisions militaires sont ignorées des médias qui assurent qu’une contre-offensive d’envergure est en préparation pour assister les combattants de Bataan ! Le président américain ne dissimule pas se détermination et fixe des objectifs de production qui semblent inatteignables. C’est pourtant le socle de son programme pour la Victoire. Sur la recommandation de Lord Beaverbrook et d’un pôle de spécialistes, le président a décidé de doubler les objectifs de fabrication des usines spécialisées dans l’aviation, les munitions, la construction de blindés. A la Maison Blanche, plusieurs conseillers s’interrogent sur la faisabilité d’un tel programme.

    Un effort sans précédent

    Roosevelt s’agace de ce pessimisme et réplique : « On peut le faire à condition de s’y mettre vraiment ». Son discours devant la séance plénière du Congrès du 6 janvier 1942 est une ferme invitation envers les industries à fournir le coup de collier indispensable à l’effort d’armement. Il s’agit de sortir des chaînes de production 45.000 avions, 45.000 chars, 20.000 canons antiaériens et quelque huit millions de tonnes à destination de l’armement naval. « Ces chiffres et d’autres du même ordre donneront aux Japonais et aux nazis une petite idée de la capacité de notre industrie » ajoute le président, avant de conclure : « L’effort de la nation est désormais totalement tourné vers la guerre totale qui va nous occuper jour et nuit. Nous allons surpasser et défaire l’ennemi ». Le président des Etats-Unis annonce la création de l’office de production du matériel de guerre à la tête duquel est désigné Donald Nelson. Cet expert de la logistique et de l’intendance est déterminé à mettre en place dans les plus brefs délais un outil efficace pour la nation. Pendant ce mois de janvier il distribue une série de directives très strictes. L’interdiction de la production de trois cents objets de consommation courante est annoncée. Cela concerne aussi bien les fers à friser que les tubes de pâte à dentifrice, les bières en boîte et certaines automobiles. On ne doit plus fabriquer des jouets et des grille-pain mais des canons, des fusils, des obus et des petites munitions. Ce niveau d’exigence transforme la vie quotidienne des Américains mais en même temps, cela les rassure. Pourtant la facilité avec laquelle les troupes nippones investissent la Malaisie après la chute d’Hong-Kong inquiète aussi bien à Washington qu’à Londres où Churchill est de retour après son long séjour aux USA.

    Le tsunami nippon

    Les nouvelles d’Asie sont mauvaises. A moins d’un millier de kilomètres de Singapour au quartier général de l’Abda à Lembang au cœur de l’île néerlandaise de Java qu’on surnomme la Gibraltar de l’Extrême-Orient. Le général Wavell, son chef d’état-major Pownall et le délégué de l’armée de l’air américaine, le général Brett n’ont que quelques jours pour unifier le commandement face au rouleau de feu de l’ennemi. Or il y a des divergences sur les priorités à afficher contre le Japon. La situation devient vite impossible d’autant que les groupes néerlandais, anglais et australiens sont éparpillés entre Singapour et la grande base de Darwin. Le 11 janvier 1942, le Japon déclare la guerre aux Pays-Bas et lance une force d’invasion contre la cité pétrolière de Tarakan située sur la côte est de Bornéo. Dès le 12, les Nippons attaquent les îles Célèbes. Les soldats hollandais résistent du mieux qu’ils peuvent et bénéficient d’un bref appui de bombardiers B 17. La pieuvre japonaise continue d’étendre ses tentacules sur la grande région et d’imposer par la force l’autorité impériale. Les Indes néerlandaises et leurs richesses pétrolières et minérales ne leur suffisent pas aussi les Japonais foncent sur la Birmanie depuis la Thaïlande avec comme objectif la capitale Rangoon. Deux divisions ennemies sont spécialement réservées à cet objectif. Le Premier ministre birman de retour de Londres est arrêté. U Saw est soupçonné après l’interception de plusieurs messages de fomenter un complot et d’abandonner la Grande-Bretagne au profit de Tokyo. L’option anglaise de déployer ses troupes sur un front de plus de six cents kilomètres est suicidaire. Dans la jungle la fièvre jaune fait du dégât. Très vite, il s’avère impossible de tenir une telle ligne défensive.

    Le général Wavell décide de convoquer une conférence d’urgence pour le 24 janvier. Il est déjà trop tard. Rangoon est perdue mais les Britanniques n’en sont pas conscients. L’avance remarquable du général Yamashita vers le détroit de Johore qui est le dernier obstacle entre son armée et Singapour décide le général Homma à relancer son offensive aux Philippines après une courte pause. Le 15 janvier, Mac Arthur tente de faire abstraction des télégrammes alarmistes et répète : « Les renforts arrivent des Etats-Unis. Des milliers d’hommes et des centaines d’avions nous sont envoyés. Nous sommes plus nombreux que les Japonais. Une défense résolue repoussera l’attaque ennemie. Battre en retraite, c’est se suicider ». Le général US a la tchatche mais il sait que sur le terrain ses soldats sont soumis à des attaques aériennes et terrestres permanentes qui les épuisent. Les militaires ne dorment plus et manquent de tout.

    Craquements

    La première ligne de Mac Arthur est prête à craquer. Toujours le 15, il reconnaît que cette ligne peut craquer à tout moment mais il ajoute au général Marshall : « J’ai l’intention de me battre jusqu’à la fin ». Les Japonais affirment dans leurs émissions radiodiffusées que Mac Arthur sera fait prisonnier et exhibé dans les rues de Tokyo comme le premier trophée d’une Américaine défaite. Le président philippin Quezon suggère une reddition suivie d’une déclaration de neutralité des Philippines. Roosevelt s’emporte : « Il n’en est pas question. Le gouvernement des USA ne peut en aucun cas accepter l’aspect politique de votre proposition ».

    Marshall ne veut pas entendre parler de capitulation et il le dit sans précaution à Mac Arthur. A Washington on craint le lâchage de Quezon. On ne compte plus sur les Philippines pour résister, si bien que l’amiral King retrace sur une carte du Pacifique la ligne Midway-Samoa-Fidji-Brisbane et exige du nouveau commandant en chef de la flotte du Pacifique de la tenir. Le porte-avions Yorktown a quitté San Diego le 6 janvier avec des troupes et des avions pour les Samoa. Malheureusement les reconnaissances australiennes annoncent que des unités nippones se positionnent déjà sur l’atoll de Truk.

    En réalité, cette colonne d’invasion se prépare à s’emparer de la base de Rabaul sur l’île de Nouvelle-Bretagne qui est administrée par l’Australie. Les Américains veulent renforcer leur présence sur l’océan aussi veulent-ils ajoutent le Lexington ainsi que le Saratoga et peuvent inclure dans le dispositif l’Enterprise. C’est sans compter sur la surveillance exercée par les sous-marins japonais.

    ***********************************

    Union120114a - Marne
    EPERNAY : Comité d’entente des sociétés d’anciens combattants : « Vigilance et mémoire »

    Maintenir le souvenir malgré une érosion des effectifs inéluctable.
  •  Agrandir la photo
  • Le Comité d’Entente des sociétés d’Anciens Combattants d’Epernay, présidé par le lieutenant-colonel Claude Metzger, s’est réuni en assemblée générale à la Maison des associations.

    Après avoir observé une minute de silence à la mémoire du colonel Mérat, qui fut président régional de l’Association nationale franco-américaine, le président en exercice a déroulé le rapport moral de l’année écoulée.

    « Le nombre de nos adhérents diminue inexorablement, c’est une évolution irréversible. Nous avions enregistré en 2011 l’arrivée de deux associations, l’Amicale des anciens gendarmes du Sahara et d’Algérie dont le président national est Raymond Lemaire et l’Association nationale franco-américaine, mais qui nous quitte en raison du décès de son représentant régional, le Colonel Mérat ».

    Il a ensuite rappelé les multiples participations des différentes associations d’anciens combattants aux manifestations officielles, appelant à la vigilance, non seulement en ce qui concerne les droits des anciens combattants, mais également le devoir de mémoire, avec le retour de l’enseignement du civisme, de la morale, de l’histoire.

    « Soutien et respect »

    Le président du Comité d’Entente avait également une pensée pour les soldats qui combattent pour faire respecter la paix en divers points du globe, notamment en Afghanistan : « Nous les assurons de notre respect, de notre soutien et de notre amitié de combattant ».

    Après renouvellement, le bureau du Comité se compose comme suit : président, lieutenant-colonel Claude Metzger ; président honoraire, René Guillepain ; vice-président, Robert Gauthier, ; secrétaire, lieutenant-colonel Serge Plaquin ; trésorier, Raymond Lemaire ; vérificateur aux comptes, Alain Lépicier.

    ***********************************

    Union120113a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : La Maison du combattant : Evoluer pour mieux informer

    Le président Pol Cher, les officiels et les membres du bureau.
  •  Agrandir la photo
  • L’assemblée annuelle ordinaire de la Maison du combattant présidée par Pol Cher s’est tenue salle Marcel Manteau mercredi.

    En présence de nombreux présidents adhérents, de Serge Helleringer, conseiller délégué aux anciens combattants et de Bruno Dupuis de l’Office départemental de l’Onac, le président a invité l’assistance à observer quelques instants de silence en mémoire des disparus de l’année écoulée.

    Il a évoqué la disparition récente de Robert Herlequin de la France Mutualiste, sans oublier Gaëtan Charlot en 2010 qui fut un acteur important auprès du monde combattant. Le silence était aussi respecté pour les militaires disparus en opérations extérieures.

    Les différents rapports, moral, activités et financier ayant été adoptés à l’unanimité par l’assemblée, Pol Cher a fait remarquer que la Maison du Ccombattant évolue petit à petit pour améliorer, informer le monde combattant mais également les visiteurs, les élèves qui ont la possibilité de découvrir le musée qui détient de nombreuses pièces répertoriées et numérotées ainsi que la bibliothèque qui possède pas moins de 4 000 ouvrages sur tous les conflits.

    A noter que la Maison du combattant a été occupée pas moins de 500 fois en 2011. Deux nouvelles associations, le Souvenir Français avec à sa tête Michel Le Dren et les Médaillés militaires dont la présidence départementale est désormais assurée par Jean-Marie Gagnaire, ont intégré les associations patriotiques et la Maison du combattant.

    Bruno Dupuis de l’Office départemental des anciens combattants a annoncé sa nomination aux fonctions de directeur de cet office à compter du 1er février.

    Son objectif : œuvrer pour le monde combattant et le devoir de mémoire et valoriser les différents acteurs du monde combattant.

    Il a annoncé qu’un loto au profit de la solidarité et des actions de mémoire sera organisé le mardi 8 mai à la salle André Gallois à Fagnières.

    Serge Helleringer a annoncé quant à lui, que la cérémonie de passation de commandement entre le 402e R.A dissous le 19 juin et le 1er RAMA aura lieu le dimanche 10 juin Place Foch.

    ***********************************

    Union120112d - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Vibrante cérémonie en souvenir du lieutenant-colonel Rouiller et de l’adjudant Toinette : A Châlons, les morts en Opex ne sont pas oubliés

    Seule ville de la région à avoir inscrit sur son monument aux morts le nom de ses enfants morts en Opex (Opérations extérieures), Châlons a rendu hommage hier aux deux militaires (du 402 et de la 1re Brigade mécanisée) morts le 11 janvier 2010 en Afghanistan.

    DE nombreux militaires. Mais également des civils massés juste devant le monument aux morts.

    Grand moment de solennité et de mémoire hier en fin de matinée à Châlons, alors qu’il y a deux ans jour pour jour, c’était le 11 janvier 2010, deux valeureux soldats, le lieutenant-colonel Fabrice Rouiller et l’adjudant Mathieu Toinette, perdaient la vie en Afghanistan : deux militaires du cru tombés dans le cadre des opérations extérieures.

    Aussi, la Ville de Châlons, le 402e RA, la 1re Brigade mécanisée et la fédération nationale des anciens des missions extérieures (Fname), ont organisé hier une vibrante cérémonie en mémoire de ces deux militaires qui ont donné leur vie et sont tombés au champ d’honneur à la suite d’un accrochage avec des insurgés.

    Quatre noms gravés

    Outre les autorités et personnalités, Fabien Savarin, délégué départemental, et Laurent Attar-Bayrou, président de la Fname, ont participé à cette cérémonie afin que le souvenir de ces deux soldats reste dans les mémoires.

    Drapeaux, sonnerie aux morts et Marseillaise : la cérémonie s’est poursuivie par un dépôt de gerbe juste devant la stèle où sont inscrits leurs deux noms sans oublier ceux du canonnier Camara (mort au Tchad) et du brigadier Marot (tombé en ex-Yougoslavie).

    Proposition de loi

    Châlons avait été bouleversée d’apprendre la mort de ces deux soldats il y a deux ans. Une cérémonie d’honneur funèbres militaires afin de leur rendre hommage s’était déroulée le 15 janvier 2010 en présence d’Hervé Morin, ministre de la Défense de l’époque, de Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement et à l’urbanisme, du chef d’État-major de l’Armée de Terre et de Gérard Nédellec, médecin général des Armées. Un brouillard glacial enveloppait comme un linceul la place d’Armes ce jour-là. Les cercueils portés par leurs frères d’armes étaient déposés devant les familles sur les accords déchirants de la Marche funèbre, et ce devant un millier de militaires, quarante chefs de régiments, des élus et des proches figés par la douleur… Mais après… Le lieutenant-colonel et l’adjudant morts en Afghanistan ont rejoint la triste liste des militaires à avoir donné leur vie pour la France au cours de leur engagement sur un sol étranger. Où sont-ils ? Qui sont-ils ?

    Il semble inconcevable que nul ou si peu ne s’en souviennent. Aussi Châlons a montré l’exemple puisqu’une stèle est érigée sur son monument aux morts afin de ne pas oublier ces morts de la 4e génération du feu. De plus, la ville de Châlons se trouve être aujourd’hui la seule de la région à avoir inscrit sur son monument aux morts ses enfants morts en Opex pour la France, un sujet plus que d’actualité. Effectivement le député UMP du Rhône Philippe Meunier, a pris tout le monde de court en déposant une proposition de loi d’actualité, visant à rendre « obligatoire l’inscription des noms des soldats morts en opérations extérieures sur les monuments aux morts de leurs communes de naissance et de résidence ». Le cas, hélas, de l’adjudant Mathieu Toinette.

    David ZANGA

    ***********************************

    Union120112c - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Cercle algérianiste de Champagne et du Grand-Est

    Le cercle algerianiste de Champagne et du Grand-Est organise sa prochaine conférence le samedi 21 janvier à partir de 15 h 30, salle de Malte, 7, rue du Lycée à Châlons-en-Champagne.

    Julianne Unterberger, universitaire rémoise, viendra présenter « L’histoire des juifs d’Afrique du Nord, de la reine Didon jusqu’à nos jours ». Entrée libre.

    ***********************************

    Union120112b - Marne
    14-18 : Mémoire de la Première Guerre mondiale : Au chevet des « fusillés pour l’exemple »

    Le centenaire de la Grande Guerre qui sera célébré à partir de 2014 va-t-il aboutir à une réhabilitation des fusillés pour l’exemple ? La discussion du projet de loi sur le 11 Novembre a conduit le secrétaire d’État Marc Laffineur à défendre la création d’une commission composée d’historiens et de membres d’associations pour examiner, en vue de leur réhabilitation, les dossiers de quelque six cents soldats condamnés à mort et fusillés entre 1914 et 1918. Le ministre, répondant à l’interpellation d’un député communiste, a souhaité un examen au cas par cas mais il n’est pas sans savoir que certains condamnés ont été réhabilités au terme de combats juridiques exemplaires conduits par leur famille parfois avec l’appui de leurs propres camarades indignés par l’injustice d’alors.

    Il faut faire la distinction entre ceux qui ont été sanctionnés parce qu’ils ont été les porte-parole auprès de leur hiérarchie de l’épuisement de soldats de leur unité et qu’ils ont dit que certains assauts répétés ne conduisaient qu’au massacre collectif sans aucune chance de gagner une position. Parmi eux, certains avaient des états de service admirables et avaient été décorés au feu à plusieurs reprises. Ils n’ont rien à voir avec des auteurs de délits et de crimes de droit commun envoyés devant le peloton d’exécution. De même, ceux qui ont été fusillés pour l’exemple parce que tirés au sort alors qu’ils avaient accompli leur devoir n’ont pas à être marginalisés ou oubliés. Il est même du devoir de la République de leur donner la place qu’ils méritent. Il n’en est que temps.

    Selon des chiffres du Service historique des armées, 675 soldats sous l’uniforme français, dont 620 nationaux, ont été fusillés après avoir été condamnés à mort par des conseils de guerre pendant toute la durée du conflit. Les historiens sont formels, beaucoup ont été réhabilités parce qu’il a été démontré qu’ils avaient été d’honnêtes soldats. Se pose la question de la réhabilitation collective qui a été choisie par les Britanniques en 2006. Alors que tous les poilus sont aujourd’hui décédés, il faut écouter les historiens pour contribuer à réduire, selon la formule de Joseph Zimet, directeur adjoint de la mémoire, du patrimoine et des archives au ministère de la Défense « ce kyste mémoriel » et trouver une solution historiquement et humainement juste.

    Cette question, soulevée en 1998 par le Premier ministre Jospin, avait suscité dans cette période de cohabitation des tensions verbales. Dix ans plus tard, à Douaumont, le Président Sarkozy avait évoqué ceux qui avaient été exécutés alors qu’ils n’avaient pas été des lâches mais « simplement étaient allés jusqu’à l’extrémité de leurs forces ».

    Si besoin s’en fait sentir, que ceux qui vont travailler la question relisent Maurice Genevoix, auteur immense, acteur et témoin d’une guerre qui lui a déchiré les chairs et le cœur. Il y a chez l’écrivain d’utiles réflexions pour comprendre. Et qu’ils ajoutent, en synthèse, l’excellent « Pour Genevoix » de Michel Bernard. Loin des bavardages politiciens et d’opportunité, il y a une plongée en pleine pâte humaine pour vivre cette France d’alors qui est une part indissociable de la nôtre.

    Hervé CHABAUD

    ***********************************

    Union120112a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : « Châlons se devait de montrer l’exemple »

     

    A l’issue de la cérémonie d’hier matin, René Doucet, premier adjoint au maire, est revenu sur les longues traditions et présences militaires à Châlons, justifiant ainsi le fait que la ville préfecture soit en première ligne des communes ayant inscrit le nom de leurs morts en Opex sur le monument aux morts.

    « Outre la présence de la 1re brigade mécanisée et du 402e RA sur le territoire communal, nous notons l’existence de nombreuses unités (Base de Défense de Mourmelon, régiments à Mourmelon et Suippes…) dans notre zone de vie. De façon immédiate, il était normal que la Ville honore les soldats qui ont servi à Châlons et qui sont tombés au champ d’honneur. Dans le cadre du devoir de mémoire, il était enfin logique qu’une stèle soit érigée en leur souvenir et que le nom de l’adjudant Toinette tombé en Afghanistan, soit inscrit sur le monument aux morts ».

     

    ***********************************

    Union120110c - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : FNACA Une tradition incontournable

    L’ambiance était de mise pour le tirage des rois.
  •  Agrandir la photo
  •  

    Le tirage des rois, une tradition incontournable de la Fédération nationale des anciens combattants d’Algérie (FNACA).

    C’était samedi à la Maison du combattant où une trentaine d’adhérents se sont retrouvés pour déguster la non moins traditionnelle galette et passer un agréable après-midi ensemble.

    Tombola et jeux ont égayé l’assistance durant quelques heures, tout en échangeant quelques bons souvenirs.

    Michel Noël et Daniel Fritz, les deux représentants de la fédération à différents niveaux, ont souhaité une année où la santé est pour toutes et tous une priorité.

     

    ***********************************

    Union120110b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Les Opex en assemblée départementale

    L’association départementale des Anciens des missions extérieures (AME) a tenu son assemblée générale samedi à la Maison du combattant, assemblée présidée par Bertrand Bonnetier, avec à ses côtés Serge Helleringer, conseiller délégué aux anciens combattants à la ville de Châlons.

    Cette association départementale a en effet pour but : de réunir les militaires ayant participé à des actions de guerre et conflits dans le cadre d’une force multinationale, ou des actions de maintien de la paix sous l’égide des Nations Unies (ONU). Elle informe les anciens militaires ayant participé aux opérations extérieures sur leurs droits (titre de reconnaissance de la Nation, carte du combattant, retraite mutualiste du combattant, reconversion…).

    Elle est membre, depuis 2006, du Conseil départemental de l’Office national des anciens combattants (ONAC) et veuves de guerre. Dix-huit membres font actuellement partie de l’association départementale. Lors de son rapport moral, le président a rappelé que suite à la démission du trésorier en octobre 2011, une démission acceptée mais qui a entraîné une situation délicate pour l’association, une nouvelle adhérente pour le poste, en l’occurrence Christelle Charpentier, assume désormais cette responsabilité pour la bonne marche et santé financière de l’association.

    L’AME, solidaire du monde combattant est devenue partenaire de l’ONAC pour une manifestation d’ampleur départementale en faveur du Bleuet de France.

    Enfin, après adoption des différents rapports, le président a lu à l’assistance l’énoncé de trois motions expédiées au secrétaire d’Etat à la Défense et aux anciens combattants.

    Une première motion concerne la publication de bon nombre d’unités combattantes encore en attente de reconnaissance depuis 50 ans, afin que celles-ci puissent obtenir satisfaction dans un délai qui ne devrait pas excéder cinq années. Ce à quoi, Bruno Dupuis de l’Office départemental des anciens combattants à Châlons précisait : « le conseil général a mis en place cette mesure pour la validation dans un calendrier sur 5 ans ». Dans une seconde motion, L’AME incite les autorités départementales et régionales à réunir au plus vite un comité de coordination afin d’organiser au mieux les cérémonies commémorant le centenaire de la guerre 1914-1918. Enfin, dans une 3e motion, l’assemblée générale de l’AME demande à ce que soit organisée une cérémonie commémorative le samedi 8 septembre afin de commémorer le 20e anniversaire du premier militaire français tombé en Bosnie-Herzégovine, le brigadier Marot du 10e RCS.

    A l’issue de l’assemblée, il fut procédé par les autorités, à la remise par Pol Cher, président des ACVG de Châlons, de la croix du combattant à Thierry Sokoloff et David Hirtt, tous deux anciens des missions extérieures. Un dépôt de gerbe a clôturé cette cérémonie.

    ***********************************

    Union120110a - Marne
    VAUCLERC : Roger Conraux n’est plus

    Roger Conraux avait déposé une gerbe à la mémoire de ses camarades le 8 juin dernier au monument aux morts.
  •  Agrandir la photo
  • Nous venons d’apprendre le décès de Roger Conraux, porte-drapeau de l’Union Nationale des Combattants de Blaise-sous-Arzillières, à l’âge de 85 ans, ce jeudi 5 janvier au Centre hospitalier de Vitry-le-François.

    Né le 20 avril 1926 à Vitry-le-François, aîné de sept garçons, Roger Conraux rejoint un maquis près de Dormans en 1944, à l’âge de 18 ans, sous le surnom de « Gavroche ». Puis, avec un ami, Ernest Thiebault, il rejoint un autre groupe de maquisards dans la forêt d’Argonne en avril 1944. De l’Argonne, il rejoint le maquis de Trois-Fontaines où il assiste, impuissant, au massacre de ses camarades par les Allemands, le 18 juillet 1944, à la maison forestière de Brassa.

    Après avoir participé au « nettoyage » de l’arrondissement, Roger Conraux s’engage le 15 septembre 1944 dans le 106e Régiment d’Infanterie de Châlons-sur-Marne.

    Puis, après un passage au 4e Cuirassiers de Reims, quitte son unité pour s’engager dans la 1re Armée française le 28 mars 1945. Après l’Armistice, il se porte volontaire pour l’Extrême-Orient où il sera libéré le 22 avril 1948. Au total, ce seront douze campagnes, de septembre 1944 à novembre 1947, qui seront annotées sur son livret militaire.

    Le 7 janvier 1950, il épouse, à Vitry-le-François, Gilberte Denis, originaire de Gron (Yonne), habitante du quartier de la Jouette où habitait également son père, devenu veuf. De cette union naissent quatre enfants : Marie-Claire (1950), Jean-Claude (1954), Murielle (1959) et Laurent (1968). Sept petits-enfants et deux arrière-petits-enfants sont venus agrandir la famille.

    Après un premier emploi de déménageur, Roger Conraux devient employé aux Comptoirs des Fers et Métaux à Vitry-le-François jusqu’à la retraite. Il s’installe ensuite au bord de la nationale 4 à Vauclerc où le drapeau français flottait souvent devant la maison.

    Bon bricoleur, Roger aimait faire son jardin et aller à la pêche. Aimant travailler le bois, il avait fabriqué plusieurs barques et aidé l’UNC (l’Union Nationale des Combattants) lors des congrès départementaux en fabriquant différents objets en bois pour les tombolas.

    Porte-drapeau de l’UNC de Blaise-sous-Arzillières depuis 1968, Roger Conraux était titulaire de la Médaille Militaire, de la Croix de Guerre 39/45 avec étoile de bronze, de la Médaille commémorative 39/45 avec barrette Libération, de la Médaille coloniale, de la Croix du combattant, de la médaille de la Reconnaissance de la Nation, de la médaille des TOE du corps expéditionnaire, de la médaille des porte-drapeau (30 ans) ainsi que du diplôme d’honneur aux anciens combattants de l’armée française 1939/1945.

    Il fut aussi membre de plusieurs associations : la 256e section des Médaillés Militaires de Vitry-le-François et le Comité cantonal du Souvenir Français de Vitry-le-François, qui lui avait remis la Médaille de bronze du Souvenir Français lors de l’assemblée générale du 10 octobre 2011.

    Roger Conraux laissera le souvenir d’un homme courtois, respectueux et toujours prêt à rendre service.

    Les obsèques de Roger Conraux ont été célébrées à la Collégiale Notre-Dame de l’Assomption de Vitry-le-François, hier.

    À son épouse, à sa famille et à ses nombreux amis, l’union présente ses sincères condoléances.

    ***********************************

    Union120108a - Marne
    HISTOIRE : 1942

    -----

    USA : le plaidoyer gaulliste

    De Gaulle a l’œil partout.
  •  Agrandir la photo
  • Persévérer et démontrer la pertinence de la démarche, telle est le contenu du mémorandum que le général de Gaulle adresse en ce début janvier 1942 à la Maison Blanche. Il s’agit d’un travail rigoureux qui rappelle tous les engagements et actions de la France libre depuis l’appel du 18 juin 1940. Il ne se limite donc pas à démonter la fiction que Vichy a fournie aux isolationnistes américains pour les persuader qu’un compromis est encore possible avec Hitler. Le Comité national tient à soumettre au gouvernement des Etats-Unis plusieurs thèmes de discussion auprès de ses envoyés dûment mandatés. Le premier souhait est une reconnaissance par Washington de l’existence de l’autorité gaulliste sous une forme analogue à celle qui a été adoptée par la Grande-Bretagne, l’URSS et les autres gouvernements alliés. Les Français libres espèrent être conviés au pacte des vingt-six nations pas comme une simple association qui exprime un désir de libération des populations envahies mais : « comme une autorité qui possède une force militaire, navale, aérienne et administrative des territoires ». Ce qui signifie que le Général espère être associé, sous une forme qui reste à négocier, « aux travaux, aux décisions des commissions militaire, navale, aérienne et économique interalliées qui siègent à Washington et auxquelles incombent les soins de déterminer la grande stratégie de la guerre ».

    Pour le chef des Français libres, il serait utile que des discussions régulières aient lieu entre Anglais, Américains et gaullistes pour : « déterminer une politique commune à l’égard des territoires français de l’Afrique du Nord et de Madagascar ». De Gaulle estime qu’avec l’aide des Britanniques et des Américains, le ralliement de ces territoires, si utiles, éviterait que le sang français soit de nouveau versé. « Avant toute opération terrestre ou navale, une intervention d’ordre politique doit être tentée auprès des chefs militaires et administratifs que le gouvernement de Vichy a placés aux postes de commande. Or le succès de cette entreprise exige une union de toutes les forces françaises qui se trouveront disponibles en dehors de la patrie et dont le Comité national dès le début a entrepris d’organiser le ralliement. » Mais convaincre le président Roosevelt que le général de Gaulle incarne la France et qu’il a derrière lui une administration assez solide pour assurer la continuité de l’Etat reste compliqué. De Gaulle le redit : « La France n’a jamais cessé d’être dans la guerre, parce que le Comité national est la seule autorité française reconnue en Grande-Bretagne, en URSS ».

    Le Général ne ferme pas sa porte à ceux qui décideraient de le rejoindre parce qu’ils se sont rendu compte de leur erreur. Ils seront accueillis aux places qui correspondent à leur rang et à leur mérite. « Jamais en temps normal, aucune autorité française n’aurait souhaité qu’une puissance étrangère, si amicale fût-elle, intervint pour assurer la cohésion nationale. » Avant de conclure : « Le gouvernement des Etats-Unis voudra bien comprendre que seules les circonstances les plus tragiques de son histoire imposent à la France le devoir de solliciter cette intervention. L’expérience des relations passées entre nos deux pays, le souvenir des grands principes qui ont toujours guidé l’action du gouvernement de Washington, donnent aux Français l’assurance que cette intervention sera inspirée par le seul souci de rétablir dans son indépendance et sa grandeur cette France dont l’existence est nécessaire à l’équilibre du monde ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


    -----

    Des vœux en désaveu du Maréchal

    Roosevelt entre deux entretiens avec Churchill fait une pause familiale pour les fêtes de fin d’année.
  •  Agrandir la photo
  • Le calendrier des postes de l’année : l’appel à la terre.
  •  Agrandir la photo
  • Nouvel an. Les premiers jours de janvier sont pour les Français libres l’occasion de réquisitoires rythmés contre les postures de Philippe Pétain présenté comme l’homme d’un temps révolu.

    On ne sacrifie pas au protocole des vœux. Le 1er janvier 1942, Jean Marin se plaît à adresser les siens aux Français en y manifestant avec cœur toute son espérance. Il veut la partager avec tous ceux qui souffrent d’une occupation de plus en plus cruelle. Il s’adresse plus spécialement aux enfants des familles de la zone occupée ou de la zone libre mais dont le père est prisonnier quelque part en Allemagne. « Quand le cœur est bon, franc et loyal, les enfants accomplissent les deux choses les plus importantes : ils rendent heureux et fiers leurs parents et ils se préparent à devenir de grandes personnes qui, dans la vie, feront passer avant tout le courage et l’honneur. » Et il adresse un message plus personnel : « Bonne et heureuse année, petit Alain ; merci des joies que tu nous donnes de loin à ta mère et à moi. A bientôt, que Dieu te garde ». C’est poignant tout comme dans un autre registre, l’attaque en règle que le Premier ministre britannique Winston Churchill adresse en forme de souhaits de bonne année au maréchal Pétain.

    Souhaits martiaux

    Le jour du Nouvel an, depuis l’Amérique, il s’en prend au gouvernement de Vichy qu’il compare à la plus terne image du renoncement, de l’affaissement, de la soumission. Et il promet que la justice sortira des ténèbres nazies : « Maintenant que le continent américain tout entier est devenu un gigantesque arsenal et un camp en armes, maintenant que l’immense puissance de la Russie devient graduellement manifeste ; maintenant que la Chine souffrante et indomptable voit s’approcher le secours ; maintenant que les nations subjuguées et outragées entrevoient la lueur du jour à l’extrémité du tunnel, il nous est permis d’anticiper le cours futur de la guerre ».

    Les vœux anglais sont articulés autour de trois temps : une période de préparation et de consolidation, la phase de libération, la dernière celle de l’assaut des citadelles de l’ennemi en Europe et en Asie. En revanche, ces vœux programmatiques, le chef du gouvernement anglais ne les encadre pas dans le temps. Il s’interdit de faire des paris sur le calendrier pour ne pas donner des arguments à l’adversaire si jamais des retards surgissent sans avoir été imaginés. « Regardons notre tâche en face, ne sous-estimons ni ses difficultés ni ses périls ; mais bravement, et avec une confiance lucide, quoi qu’il doive nous en coûter, quelles que doivent être nos souffrances, affirmons ici que nous saurons nous soutenir les uns les autres comme des frères d’armes loyaux et fidèles et avec l’aide de Dieu, faire ensemble notre devoir jusqu’au bout » redit Churchill. Ce sont des vœux en forme d’engagements.

    A cette audace exprimée par le Premier ministre britannique, Jacques Duchesne oppose le discours tragique de bonne année de Pétain. La parole du chef de l’Etat français sonne faux pour les Français libres qui n’acceptent pas la description que le Maréchal fait de sa situation dans l’Hexagone. Ils l’admettraient si Philippe Pétain osait rompre avec l’ennemi. Or il collabore avec lui.

    A Londres, on considère que Vichy se ridiculise lorsque le Maréchal dit : « Dans l’exil partiel auquel je suis astreint, dans la semi-liberté qui m’est laissée ». A moins qu’il ne s’agisse d’un cri inaudible d’impuissance d’autant que comme le qualifie le speaker : « Prisonnier des Allemands d’une part, séparé, isolé du peuple français hostile, telle est en France la position du gouvernement de Vichy ». Les vœux de Pétain sont jugés dramatiques. Sa description qu’il fait du pays est indigne. Les Français libres sont outrés et ils le disent lorsqu’ils relèvent dans les propos du Maréchal que la France n’est plus mobilisée : « Si la France n’est plus mobilisée, c’est tout simplement parce qu’on ne la mobilise pas ».

    Le ton du renoncement

    Le pessimisme déroulé et l’impression donnée que rien ne peut être entrepris pour en sortir sont analysés comme une condamnation du pays à être un esclave éternel du Reich. Maurice Schumann est encore plus sévère dans son analyse parce qu’il estime que toutes les promesses de Philippe Pétain n’ont été suivies d’aucun effet. Le retour des prisonniers, la diminution des frais d’occupation, l’assouplissement de la ligne de démarcation, l’amélioration du ravitaillement sont autant de boulets pour un gouvernement qui n’a obtenu aucune concession de son interlocuteur.

    Le porte-parole du général interroge : « Quand les rédacteurs des discours du Maréchal se rendront-ils compte que ces prosternations publiques unissent tous les Français dans le dégoût qu’elles leur inspirent ? » On les analyse comme avilissantes et vaines d’autant qu’après dix-huit mois de collaboration, les cocus sont bien les Français qui ont cru que Vichy pouvait assouplir les exigences d’Hitler.

    Schumann en est convaincu et il le dit à ses auditeurs pour qu’ils comprennent bien la réalité de l’hôte de l’hôtel du Parc : « Sans doute le système de Vichy est-il entièrement bâti sur le mythe de l’invincibilité germanique ». Or pour le général de Gaulle et ses plus proches conseillers, la défaite de l’Allemagne est inéluctable. Aussi est-il légitime de cogner contre le gouvernement de collaboration : « Quand l’Etat vassal de Vichy s’accroche aux oripeaux de la victoire allemande, c’est bien qu’il a un instinct de conservation aveugle aux angoisses de Berlin ». Il est clair que dans la stratégie de ces premiers jours de 1942, les gaullistes ont choisi de présenter le Maréchal comme un caporal aux ordres du Reich. Il est l’incarnation de la vassalité qui accepte de rester à la tête d’un Etat dépouillé de sa souveraineté, privé de son indépendance.

    « On en vient à se demander si en déguisant sous un euphémisme l’aveu de sa servitude, le Maréchal n’a pas sciemment dégagé les Français de toute allégeance envers sa personne, bref s’il n’a pas voulu dire : quand je vous ordonnerai de vous faire tuer pour maintenir l’Empire dans la même vassalité envers Berlin dont les liens me ligotent moi-même : quand j’écrirai au colonel Labonne qu’en se faisant tuer pour l’Allemagne dans les neiges russes, c’est l’honneur militaire qu’il défend, gardez-vous de me croire, gardez-vous de m’obéir. Car je ne suis pas libre. Obéir à un prisonnier, c’est obéir à mon geôlier… »

    Ce n’est pas ainsi pour les Français libres qu’on peut restaurer la dignité française. Bref, le discours des vœux de Pétain est celui d’un défaitiste de la défaite. Maurice Schumann y oppose l’enthousiasme pour la patrie de ceux qui continuent la lutte : « Ils ont ce tonus, le même qu’à Verdun ». Ce qui permet le 3 janvier 1942 à un jeune officier des FFL d’offrir ses vœux de la victoire : « Cette victoire qui sera gagnée par la somme de nos sacrifices, de nos disciplines librement consenties, par ces actes héroïques faits au grand jour et voués à l’immortalité mais aussi et bien plus encore par la foule des héroïsmes anonymes ou secrets de tous les jours ». Bref, si l’on veut préserver les traditions de la France éternelle, il faut se libérer de l’arsenal des slogans creux, refaire de la France la championne du monde des principes de liberté et de dignité humaine, s’affranchir du fatras des réformes de Vichy.


    -----

    Front soviétique : de glace et de sang

    Avancer au lance-flammes si nécessaire.
  •  Agrandir la photo
  • Les Allemands liquident les Soviétiques qui résistent.
  •  Agrandir la photo
  • URSS. La Saint-Sylvestre a été l’occasion de nouvelles cruautés de la part des Allemands. Cette violence exercée à l’encontre des civils a été photographiée si bien que les supplices commis témoignent d’une envie effrayante d’un total anéantissement.

    Le martyre de Zoya Kosmodemyanskaya, une adolescente de 17 ans piégée par les soldats ennemis alors qu’elle tente de faire sauter un dépôt de munitions, est exemplaire de cette horreur. Appréhendée, « Tanya » ainsi nommée par les résistants est dévêtue par la troupe adverse, torturée puis pendue. Ses ultimes paroles sont : « Battez-vous ! N’ayez pas peur, Staline est avec nous ! » Au cours de cette nuit atroce, des soldats ivres décrochent le corps et s’acharnent sur la dépouille de la malheureuse à la hache. Les habitants ont le plus grand mal à récupérer le corps mutilé et à l’inhumer dignement. Cet assassinat n’est malheureusement qu’un exemple de ce déchaînement de haine. Il faut que les unités du Reich soient bien sûres d’elles pour être aussi impitoyables. Il est certain que, malgré les intempéries, les Allemands considèrent qu’ils restent maîtres de l’opération Barbarossa et ne craignent pas les Etats-Unis auxquels ils ont déclaré la guerre depuis le 11 décembre 1941.

    Confiance stratégique

    Dans une synthèse présentée devant les envahisseurs par leurs officiers en ces premiers jours de 1942, la Wehrmacht considère qu’elle s’est enfoncée de plus de huit cents kilomètres en URSS, qu’elle a conquis plus d’un million et demi de kilomètres carrés où vivent environ soixante-cinq millions d’habitants. Ce qu’omettent de rappeler les officiers allemands, c’est que dix-sept millions de Soviétiques ont fui vers l’Est et sont prêts à se retourner contre l’envahisseur. Les pertes enregistrées par les troupes du Kremlin sont cinq fois supérieures à celles des unités allemandes. C’est ainsi que pendant les mois de novembre et décembre 1941, la Wehrmacht a recensé 45.000 tués dans ses rangs dans le secteur de Tikhvine alors que les Soviétiques relevaient plus de 300.000 corps. Elle assure avoir fait 2.500.000 prisonniers contre 720.000 pour les Russes. La bataille est loin d’être gagnée malgré l’optimisme de Berlin. Globalement, l’Allemagne a perdu plus de 500.000 hommes à l’Est. Ni Moscou, ni Leningrad ne sont tombés et les stratèges du Kremlin estiment que les troupes de leur adversaire sont trop dispersées, ce qui est une opportunité pour eux de mieux s’organiser.

    Dans les premiers jours de janvier, on observe très peu de changements sur le front nord. Les Allemands qui ont marché sur le Volkhov pour essayer de parfaire le siège de Leningrad ont bien du mal à parvenir à leurs fins. Pour traverser le fleuve en canot, ils font sauter une couche de glace épaisse à l’explosif ! Pendant ce temps, mieux équipés pour supporter la rigueur de l’hiver, les soldats de la 54e armée soviétique essaient le 4 janvier de s’infiltrer dans le secteur de Kirichi. Le même jour, le colonel Lohmeyer vainqueur de Liepaja est tué lors de l’offensive de l’Armée rouge sur l’embouchure de la Tigoda. A Berlin, on s’aperçoit que les Soviétiques ont identifié les points les plus faibles du dispositif de conquête et qu’ils y concentrent des forces pour tenter de briser l’étau inégal mis en place. Au confluent de la Tigoda et du Volkhov, il fait -42 degrés, les skieurs soviétiques progressent alors que les Allemands sont paralysés par le froid et que même les bataillons SS perdent leur efficacité. Le 6 janvier, les 2e et 59e armées soviétiques ne parviennent pourtant pas à passer frontalement et ne peuvent se résoudre qu’à essayer de contourner les troupes du Reich pour construire une attaque à revers. Le 7 janvier, les soldats de Staline entament leur mouvement tournant au sud du front nord. Si, au commencement, la manœuvre donne des résultats puisque l’Armée rouge se présente devant Staraïa Roussa et écrase plusieurs régiments allemands alors que des bataillons à skis traversent le lac Ilmen qui n’est plus qu’une vaste patinoire enneigée, leur effet de surprise est insuffisant. Ils ne réussissent pas à pénétrer dans l’espace urbain d’autant qu’ils n’ont pas utilisé d’artillerie contre les unités de la XVIIIe division blindée allemande qui a mis au point un système défensif efficace. Au nord de Novgorod, les Soviétiques progressent également et réussissent à implanter une tête de pont de l’autre côté du Volkhov. Les Allemands menés par le colonel Hoppe vainqueur à Schlüsselburg stoppent l’adversaire dans son élan mais sont incapables de le renvoyer sur sa ligne de départ. Près de Yamno-Aréfino, les Soviétiques font irruption. Il leur faut quatre jours pour progresser de huit kilomètres en direction de la route Tchoudovo-Novgorod. Les troupes de Staline ciblent aussi la bourgade de Vsvad, un gros village de pêcheurs au bord de la Lovat où passe la seule route reliant Staraïa Roussa au lac Ilmen. Cette commune est occupée déjà depuis quatre mois par un bataillon de chasseurs de chars de la Wehrmacht. Les Allemands y sont si bien admis qu’un responsable de la milice locale informe le 1er janvier 1942 que les Staliniens préparent un coup.

    Traces de skis

    Il a repéré de nombreuses traces inhabituelles de skis. Le capitaine Pröhl néglige les précieux renseignements de son informateur si bien que Vsvad est assiégé le 8 janvier au matin. Les Allemands sont pris sous un déluge de feu assuré par les tirs cadencés des orgues de Staline. Moscou met le paquet, fait intervenir son aviation et adjoint aux fantassins qui encerclent le port des blindés en appui. Si Hitler félicite les défenseurs pour leur résistance héroïque, il reconnaît aussi qu’il ne peut pas envoyer de renforts alors qu’on enregistre toujours des températures de -40 à -50 degrés. A Leningrad, la population retranchée manque de tout y compris d’eau. Les canalisations ont gelé et éclaté. Il n’y a presque plus de carburant et se chauffer exige de brûler du mobilier, des portes et des volets. Le 5 janvier, afin de rompre le siège des Allemands et des Roumains devant Sébastopol, l’Armée rouge débarque des renforts importants sur la côte de Crimée en deux points : Eupatoria et Soudak. Ils sont attendus et ont bien du mal à prendre pied. Les Allemands ont d’ailleurs dès le 1er janvier contre-attaqué dans la région de Féodossia et de Kertch pour s’opposer aux infiltrations discrètes des compagnies au drapeau rouge. Ces troupes venues du Caucase avaient entrepris une opération amphibie à l’est de la Crimée pour s’emparer des deux villes précitées.

    Il est patent que les Allemands subissent une résistance accrue des Soviétiques et doivent faire face à une multiplication sur l’ensemble du front de contre-offensives qui, même si elles n’aboutissent pas, témoignent que Moscou ne renoncera pas. L’URSS est prête à de lourds sacrifices pour reconquérir les territoires perdus. L’ardeur du travail accompli par les commissaires politiques envoyés dans les régiments confirme qu’une vraie volonté idéologique de victoire accompagne les troupes au contact de l’ennemi.

    ***********************************

    Union120107a - Marne
    REIMS : Des Rémois se disent spoliés par la commission de spoliation

    REIMS (Marne). Près de 80 000 comptes bancaires et environ 6 000 coffres bloqués, 50 000 procédures d’aryanisation engagées, plus de 100 000 objets d’art ainsi que plusieurs millions de livres pillés, 38 000 appartements vidés… Le montant de la spoliation « comptabilisable » qui a frappé la population juive en France de 1940 à 1944, a été estimé à un peu plus de 5 milliards de francs de l’époque, soit 1,2 milliard d’euros.

    En 1997, le Premier ministre, Alain Juppé, avait confié à Jean Mattéoli la présidence d’une mission d’étude sur la spoliation des Juifs qui a conduit à la création d’une commission pour l’indemnisation des victimes de spoliation du fait des législations antisémites en vigueur pendant l’occupation (CIVS). Cette commission a été chargée d’examiner les demandes individuelles de restitution.

    C’est dans ce contexte que trois Rémois, deux frères et une sœur, dont les grands-parents déportés à Buchenwald, propriétaires d’un magasin de confection à Paris, avaient été spoliés de tous leurs biens, attaquent aujourd’hui l’Etat pour demander réparation, estimant avoir été « spoliés » par la commission de spoliation.

    Une erreur de la commission

    Selon leur avocat, Me Ludot, la commission a commis « une erreur » en indemnisant dans un premier temps, l’épouse de leur cousin décédé, et en lui allouant la somme de 40 000 euros.

    Les trois frères et sœur ont alors fait part de leur étonnement et de leur contestation à la commission d’indemnisation eu égard au mécanisme d’indemnisation, ne bénéficiant qu’à une seule branche de la descendance.

    Leurs grands-parents avaient eu deux enfants, un fils (leur père) et une fille qui a eu un garçon (leur cousin). Ce dernier, marié en 1983, est décédé en 1999. Son épouse, âgée de vingt ans de moins que lui, a alors saisi la commission aux fins d’être indemnisée du chef de la spoliation des grands-parents de son époux, celle-ci déclarant agir ès-qualité d’héritière de son mari.

    Les frères et sœur ont dès lors contesté la qualité à agir de l’épouse, au motif qu’il s’agissait de leurs grands-parents paternels.

    Reconnaissant une erreur, la commission a alors revu sa décision recommandant alors le partage de l’indemnisation : 6 666,66 euros à chacun des trois frères et sœur et 20 000 euros à l’épouse de leur cousin. Une indemnisation qu’ils contestent, estimant que les règles d’indemnisation n’ont pas été respectées.

    Ils estiment que l’épouse, née en 1942, ne peut prétendre à quelque indemnisation que ce soit. « Elle ne peut revendiquer de vie affective pendant la Seconde Guerre mondiale et elle ne vient pas en descendance directe des personnes aujourd’hui défuntes et qui ont été spoliées. Dans cette affaire, il doit être tenu compte de la notion de famille par les liens du sang ou de la vie en commun… ». Et de faire remarquer qu’elle n’est pas de « confession juive ».

    S’estimant spoliés une nouvelle fois, les requérants, en réparation de leur préjudice, demandent de condamner l’Etat à leur payer la somme de 100 000 euros au titre de leur indemnisation. L’affaire sera examinée mardi devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

    C.G.

    ***********************************

    Union120106a - Marne
    THIL : La Drôle de Guerre de Raymond Jonot

    Le carnet noir relatant la Drôle de Guerre et la campagne de France vécues par Raymond Jonot, a été conservé.
  •  Agrandir la photo
  • Grâce au travail de Julien Oudet, son petit-fils, et grâce à Maurice Jonot, son neveu, le carnet noir relatant la Drôle de Guerre et la campagne de France vécues par Raymond Jonot, a été conservé : Raymond a 28 ans en 1939 et il travaille à Thil à la ferme de ses parents. Le 1er septembre 1939, Hitler envahit la Pologne et le 3 la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne. Raymond reçoit un ordre de mobilisation et il rejoint le 40e Rana en Lorraine.

    Le 30, sa section part pour les avant-postes de la frontière allemande avant d’aller du côté de Valenciennes du 10 décembre au 9 mai 1940, où Raymond subira gelées, brouillard, neige et corvées de charbon. Le 20 février, une pluie d’une soixantaine d’obus s’abat sur Bouchain. Le 10 mai, Valenciennes est bombardé.

    Raymond participera à la campagne de Belgique où les populations civiles sont évacuées. Le 10 mai 1940 est celui de l’offensive éclair, et c’est le premier jour de la campagne de France. Le 25 mai, les raffineries de Carvin, Lens et Douai sont les cibles de 200 avions. Du 28 mai au 4 juin, l’offensive allemande repousse les troupes alliées vers Dunkerque. La marine française et la marine britannique organisent l’opération Dynamo afin d’évacuer les troupes.

    Raymond embarque pour Douvres et rejoint Plymouth. Après un court séjour en Angleterre, les troupes partent pour Brest le 3 juin.

    Puis, c’est le départ pour le Sud-ouest. Les réfugiés et les troupes forment une foule immense. Le maréchal Pétain demande l’armistice le 17 juin 1940 et le général de Gaulle appelle à la Résistance le 18 juin. La campagne de France s’achève le 23 juin 1940, au lendemain de la signature de l’Armistice.

    Du 24 juin au 29 août 1940, en attendant la démobilisation, Raymond est à Béziers. Il sera de retour à Thil le 29 août 1940. Un dangereux itinéraire de guerre semé de désolations pour la défense de la France.



  • Articles de cette rubrique
    1. Cérémonie commémorative de la guerre d’Algérie, le 19 mars 2006 à Reims.
      19 mars 2006

    2. Honorabilité des Anciens d’AFN et Mémorial à Trois-Puits.
      20 mars 2006

    3. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2010, pour le 65e anniversaire de la victoire sur le nazisme.
      24 mai 2010

    4. Des « Justes » de la région honorés au Panthéon
      18 janvier 2007

    5. La retraite du combattant a sensiblement augmenté selon l’UNC-Reims.
      21 mars 2006

    6. Le site internet de l’ARAC de la Marne analysé par le journal "L’Union"
      28 juin 2006

    7. Les cérémonies du 11 novembre 2006 dans la Marne
      22 novembre 2006

    8. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - année 2007
      24 décembre 2006

    9. Des mesures au profit des anciens combattants
      23 janvier 2007

    10. Assemblée Générale de l’AFMD de la Marne le 28 janvier 2007
      23 janvier 2007

    11. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/1
      28 janvier 2007

    12. Le film vidéo de la cérémonie commémorative du cessez le feu de la guerre d’Algérie au Monument Aux Morts de Reims, le 19 mars 2006.
      4 février 2007

    13. Cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars 2007 à Reims.
      20 mars 2007

    14. Cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars 2007 à Reims.
      20 mars 2007

    15. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/2
      26 avril 2007

    16. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/3
      1er juillet 2007

    17. La galère d’un anticolonialiste durant la guerre d’Algérie
      13 juillet 2007

    18. La Marne en fête pour le 14 juillet 2007
      16 juillet 2007

    19. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/4
      29 septembre 2007

    20. Marnais morts pour la France pendant la guerre d’Algérie
      16 octobre 2007

    21. Déclarations de personnalités marnaises à propos de l’inauguration du Mémorial AFN de la Marne le 16 février 2007
      17 octobre 2007

    22. L’hommage à Guy Môquet dans la Marne à l’occasion du 22 octobre 2007
      23 octobre 2007

    23. Journal de l’AFMD51, N°1
      30 décembre 2007

    24. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1er semestre
      1er janvier 2008

    25. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1/4
      1er janvier 2008

    26. Notre Camarade Fernand Eliet est mort.
      21 janvier 2008

    27. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2/4
      9 avril 2008

    28. Les derniers combats décisifs de la guerre 1914-1918
      7 juin 2008

    29. Journal de l’AFMD51, N°2
      12 juin 2008

    30. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Troisième trimestre.
      2 juillet 2008

    31. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2ème semestre
      2 juillet 2008

    32. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2008 dans la Marne.
      17 juillet 2008

    33. Hommage aux Poilus marnais de 1914-1918 à partir des documents conservés par les familles.
      4 août 2008

    34. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Quatrième trimestre.
      1er octobre 2008

    35. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - Premier trimestre.
      2 janvier 2009

    36. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 1er semestre.
      2 janvier 2009

    37. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2011, pour le 66e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazi.
      11 mai 2011

    38. Rapports des travaux de février 2009 des commissions de l’UDAC de la Marne.
      28 février 2009

    39. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - deuxième trimestre.
      2 avril 2009

    40. Les cérémonies et festivités du 64e anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 8 mai 2009, dans la Marne.
      17 mai 2009

    41. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - troisième trimestre.
      1er juillet 2009

    42. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 2ème semestre.
      1er juillet 2009

    43. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2009 dans la Marne.
      30 juillet 2009

    44. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 -quatrième trimestre.
      6 octobre 2009

    45. Cérémonies du 11 novembre 2009 dans la Marne pour la célébration du 91ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2009

    46. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier trimestre.
      31 décembre 2009

    47. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier semestre.
      31 décembre 2009

    48. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième trimestre.
      2 avril 2010

    49. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - troisième trimestre.
      1er juillet 2010

    50. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième semestre.
      1er juillet 2010

    51. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2010 dans la Marne pour la commémoration de la Révolution.
      23 août 2010

    52. Marche, le 30 octobre 2010 à Paris, pour la reconnaissance des soldats morts ou blessés en Afghanistan.
      13 septembre 2010

    53. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - quatrième trimestre.
      2 octobre 2010

    54. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92ème anniversaire de la victoire de 1918.
      13 novembre 2010

    55. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92e anniversaire de la victoire de 1918.
      16 novembre 2010

    56. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er trimestre
      2 janvier 2011

    57. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er semestre.
      2 janvier 2011

    58. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème trimestre
      3 avril 2011

    59. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème semestre.
      1er juillet 2011

    60. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 3ème trimestre
      1er juillet 2011

    61. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale dans la Marne, les 13 et 14 juillet 2011, pour la commémoration de la Révolution.
      17 juillet 2011

    62. essai
      10 août 2011

    63. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 4ème trimestre
      30 septembre 2011

    64. Les cérémonies dans la Marne, le 11 novembre 2011, pour le 93ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2011

    65. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er trimestre
      2 janvier 2012

    66. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er semestre.
      2 janvier 2012

    67. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème trimestre
      1er avril 2012

    68. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 3ème trimestre
      24 juillet 2012

    69. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème semestre.
      24 juillet 2012

    70. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er trimestre
      1er janvier 2013

    71. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er semestre.
      1er janvier 2013

    72. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 2ème trimestre
      18 avril 2013

    73. 70 ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 dans le supplément du journal « l’union » du 18 juin 2010.
      18 juin 2010