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Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - quatrième trimestre.
Publié le samedi 2 octobre 2010, mis à jour le lundi 27 décembre 2010
 

Pour consulter les articles du journal « l’Union » d’une autre période, cliquez sur un de ces liens :
1er trimestre 3007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 2ème trimestre 2010.

 

 

 

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Union101226d - Marne
SEZANNE : Comité Fnaca Anglure - Conflans-sur-Seine : Claude Leoni nous a quittés

Claude Leoni vivait à Romilly-sur-Seine. Il est décédé à 75 ans.
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  • Le comité FNACA Anglure Conflans-sur-Seine a conduit dernièrement Claude Leoni, l’un de ses adhérents, à sa dernière demeure.

    Claude effectue sa scolarité, un apprentissage en menuiserie aux établissements Lasman puis chez Boyer jusqu’à son départ pour l’armée en Algérie. Il embarque à Marseille le 9 novembre 1957 pour arriver à Alger et n’en repartir que 28 mois et 28 jours plus tard à la libération le 17 février 1960.

    A son retour, il travaille aux ateliers SNCF jusqu’à sa retraite où il s’occupait de jardinage et de fleurs.

    Il aimait la nature.

    Claude Leoni était serviable et généreux. Il y a 6 ans, pris par la maladie et hospitalisé à Villejuif, il a participé à des protocoles de recherche.

    Claude était titulaire de la carte et de la croix du Combattant, de la médaille commémorative de sécurité et maintien de l’ordre, titre de reconnaissance de la Nation.

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    Union101226c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Conscrits de 1960 : la classe 41 au conseil de révision : La fête avant le service

    Sur la photo, les noms des participants qui pourront s’y retrouver, au moins ceux cités dans la liste : B.Rocha, R Guillaume, J.-P. Person, J.Jussy, J. Foulain, G. Chevalier, H. Hannetel, P. Pouyet, M. Aumignon, G. Igier, J. Dauchy, M. Roucroy, A. Duhal, J. Pardis, J. Humbert, J. Rualte, J.-C. Perrin, P. Fave, R. Gouth, G. Varlet, P. Muzika, M. Ikovic, J. Grandjean, R. Aubriet, M. Tessier.
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  • QUI a connu le conseil de révision, cette tradition qui date du temps du service militaire obligatoire ? En 1960, Sainte-Ménehould, chef-lieu de canton hébergeait le célèbre conseil dans sa mairie. Pierre Pouyet s’en souvient. Partie prenante de cette opération, il raconte le déroulement de la séance et les réjouissances qui en découlaient, pour une journée qui annonçait la période de leur contribution à la vie de la nation. Le conseil, pour la classe concernée, se tenait au printemps, pour une incorporation qui allait suivre à l’automne.

    Sans vêtement pendant longtemps

    Il est bon de rappeler que les jeunes gens de la classe considérée, rejoints par les ajournés des séances précédentes, étaient tenus de se présenter, les absents sans excuses étant alors d’office considérés comme aptes au Service Armé.

    Dans le déroulement de la journée, les conscrits se déshabillaient au premier dans le local des agents de ville, ne conservant sur eux qu’un slip. On peut retenir que longtemps, l’opération ne prévoyait aucun vêtement, tradition quelque peu humiliante heureusement abandonnée par la suite.

    Ils étaient admis ensuite dans l’actuelle salle des mariages où siégeaient les membres de la commission. Un jury comprenant des représentants du préfet, un membre du conseil général, le maire (Alix Buache à cette session) accompagné d’un ou plusieurs conseillers, un officier supérieur, un sous-intendant militaire, le commandant du dépôt de recrutement, un médecin militaire.

    La séance était, en principe publique. A tour de rôle, les jeunes gens, subissaient un premier examen par le médecin en blouse, stéthoscope autour du cou. L’examen était superficiel, complété par la prise de mesures, dont le passage à la toise et le poids, l’auscultation rapide. On notait les imperfections visibles. L’examen médical était complété par la prise en note du niveau d’instruction. Avec le premier dossier établi, en fin d’examen, le jury prononçait son verdict : on était « Bon pour le Service armé », ou « Service auxiliaire », ou « Réformé ».

    Un verdict qui à l’époque faisait date pour la vie professionnelle du convoqué, le dernier étant heureusement exceptionnel.

    Vendeurs de cocardes

    À l’issue de l’épreuve, les conscrits quittaient la mairie pour subir l’assaut bien préparé des vendeurs de cocardes en place. Le modèle le plus courant était le nœud papillon tricolore prolongé par deux rubans et agrafé au revers de la veste. La broche en métal portait le « Bon pour le service armé », verdict triomphant de la journée. Ainsi classés et décorés, nos futurs soldats, rassemblés sur la place se plaçaient devant le monument aux morts pour la photo classique. Mme Ragon, correspondante de l’union, était l’opératrice du jour. Formés en monôme, ils entamaient alors un joyeux tour de ville en chantant pour informer la population de l’événement. Le tour se prolongeait par un investissement pacifique et rigolard du Quartier Valmy. Le préposé au portail, après avoir prévenu les officiers des deux établissements, soulevait la barrière. Le cortège, toujours en chansons, effectuait le tour de la Pharmacie et du Magasin, applaudi par les jeunes filles aux fenêtres des établissements et sous les yeux des militaires d’active officiers et sous-officiers, compréhensifs et tolérants.

    Il ne restait plus à nos fêtards d’un jour qu’à gagner l’Hôtel de La Poste en bas de la colline où les attendait une omelette géante et de quoi se désaltérer. Cette journée reste mémorable pour tous les participants, même si l’envoi pour celle qu’on n’appelait pas encore la guerre d’Algérie était dans tous les esprits et assombrissait quelque peu leur avenir militaire.

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    Union101226b - Marne
    LIVRE : Bonne indignation 2011 !

    Tous les combats de Stéphane Hessel (écologie, anticolonialisme, défense des Palestiniens) ont le même but : la dignité de l’Homme.
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  • Pour les meilleurs vœux 2011, je ne vais pas vous faire le coup de la paix, de l’harmonie sur Terre, et tout ce folklore gnangnan style « Imagine » de Lennon ou, pire, Mireille Mathieu dont on n’oublie pas les sirupeuses paroles :

    « Que la paix soit sur le monde
    Pour les cent mille ans qui viennent
    Donnez-nous mille colombes
    A tous les soleils levants
    Et des millions d’hirondelles
    Faites un jour que tous les hommes
    Redeviennent des enfants ».

    Une colombe ça va…

    Non pas que je ne sois pas pour la paix ! Mais c’est pas en chantant ces paroles-là qu’on va y arriver, bien au contraire. D’abord parce que contrairement aux idées vaguement poétiques, quand les oiseaux débarquent par milliers sur les arbres dans les villes, en hiver par exemple, c’est des dégâts assurés. Les fientes par kilos, ça vous pourrit l’ambiance et vous ferait détester la nature pour les cent mille ans qui viennent, voire devenir colombophobe ! Les colombes c’est bien quand il y a en une. Quand il y en a plusieurs, ça se gâte. C’est comme pour les Auvergnats, comme dirait qui vous savez.

    Je ne vais donc pas vous souhaiter des milliers de colombes dans votre jardin ni d’hirondelles. A la rigueur une tourterelle style Julien Clerc qui a plus le sens de la mesure que Mireille Mathieu.

    « Et c’est comme une tourterelle
    Qui s’éloigne à tire d’aile
    En emportant le duvet
    Qu’était ton lit
    Un beau matin. »

    Mediator ou Terminator ?

    En fait, en y réfléchissant bien, mieux vaut souhaiter des choses simples, pas forcément poétiques, mais efficaces. Par exemple que l’Etat contrôle mieux l’industrie pharmaceutique qui vous vend du Mediator qui se révèle au final un vrai Terminator. On invoque les risques inévitables des médicaments, et patati et patata. Il conviendrait plutôt de s’interroger sur la déontologie des industries pharmaceutiques. Les sommes en jeu sont tellement colossales (comme pour les armes), que le principe de précaution n’est pas le principe premier (comme pour les armes). John Le Carré dénonce le lobby pharmaceutique dans un roman terrible dont l’action se passe en Afrique : La Constance du jardinier.

    On va me dire, faites-nous rêver un peu, plutôt que de nous rappeler cette lugubre actualité. Où est l’espérance dans tout ça ? Au moins Mireille Mathieu avec ses milliers de colombes essayait ! Et même si sa chanson a des allures de majorette, avec clairon et roulements de tambour, c’est toujours mieux que rien !

    D’accord. J’accepte la critique. Et pour repartir sur un bon pied ou sur une note d’espérance, je ne vous souhaite qu’une seule chose pour l’année qui vient : indignez-vous !

    Un homme dans l’Histoire

    Indignez-vous ! C’est le titre d’un tout petit livre qui fait fureur en ce moment alors qu’il est écrit ni par une vedette ni par un people comme on dit, mais par un jeune homme de 93 ans. Un petit livre ou plutôt livret qui fait quinze pages toutes mouillées de chaud, se lit en 15 minutes à peine, ne coûte que 3 euros et qui pourtant a su toucher le cœur de milliers de lecteurs. Il faut dire que son auteur n’est pas n’importe qui. Il se nomme Stéphane Hessel et son parcours épouse à merveille le siècle qui vient de s’écouler. Stéphane Hessel est né en 1917 en Allemagne, à Berlin plus exactement, dans un milieu juif lettré et artiste. En 1924 sa famille s’installe à Paris. Le jeune Stéphane, naturalisé français depuis 1937, intègre la prestigieuse Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, celle qu’ont fréquenté les Sartre, Aron, Nizan et tant d’autres. On est en 1939. La guerre interrompt des études et un scénario de vie tout tracé. Mobilisé lors de la drôle de guerre, le soldat Hessel rejoint en mai 1941 le général de Gaulle à Londres. C’est sa deuxième naissance. Débarqué en 1944 en France pour contacter les réseaux de résistants à Paris, il est arrêté et torturé par la Gestapo puis envoyé à Buchenwald. Il ne doit sa survie qu’à la chance. Plus tard Stéphane Hessel sera diplomate. Il participera à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée en 1948 par les Nations Unies au palais de Chaillot, à Paris. Il sera de tous les combats contre le colonialisme et l’apartheid. Après avoir été ambassadeur auprès des Nations Unies à Genève, ce militant infatigable continue aujourd’hui d’arpenter le monde et les plateaux télé. Que ce soit pour défendre les Palestiniens, les sans-papiers ou tout simplement l’écologie. Car de toute cette période, Stéphane Hessel a tiré une philosophie qu’il résume en quelques mots : il faut s’indigner. Ce qui dans sa bouche signifie : résister.

    L’appel de la Résistance

    Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son livret, qui aurait tout aussi bien pu être écrit en forme de lettre, part de l’expérience fondatrice de la Résistance et plus exactement du programme adopté par le Conseil national de la Résistance le 15 mars 1944 et remis à de Gaulle le 25 août 1944. Ce programme, que l’on attribue abusivement à de Gaulle, était bien le fruit d’un collectif animé par Jean Moulin même s’il est vrai que de Gaulle l’a mis en œuvre. Sa philosophie : l’intérêt général doit primer sur les intérêts privés et mercantiles. D’où la création de la Sécurité sociale, la nationalisation des sources d’énergie (électricité, gaz, charbonnages, assurances, banques, etc.). Le conseil proposait également une presse indépendante « des puissances de l’argent et des influences étrangères », l’instruction pour tous. Bref, ce que devrait être une République fidèle à sa devise.

    Ce socle sur lequel s’est édifiée la société française d’après-guerre, est-il aujourd’hui remis en cause ? Oui, répond Stéphane Hessel qui montre du doigt « l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie ».

    D’où le titre de ce livret, cette exhortation à ne pas laisser le monde en l’état, avec son cortège d’injustices qui ne peuvent mener qu’à la haine et la destruction.

    Pour « une insurrection pacifique »

    Ce petit livre est bien entendu un testament. Comme le décalogue n’a pas besoin d’un millier d’articles pour donner une orientation morale, ce testament n’a pas besoin d’un millier de pages pour dire l’essentiel. Indignez-vous c’est presque une ritournelle, une petite musique à chanter pour ne pas baisser les bras. S’indigner pour ne pas être indifférent car « la pire des attitudes est l’indifférence ». S’indigner parce qu’il y a matière : « Le pouvoir de l’argent, tellement combattu par la Résistance, n’a jamais été aussi grand, insolent, égoïste ».

    Réunis le 8 mars 2004 à l’occasion du 60e anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance, les anciens résistants dont fait partie Hessel n’appelaient-ils pas « à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie générale et la compétition à outrance de tous contre tous » ?

    A chacun son indignation

    Cela dit, la liste des indignations n’est pas close. Stéphane Hessel le dit à l’intérieur de son livre : « Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous un motif d’indignation. C’est précieux ».

    En cherchant bien, dans les mois qui viennent, vous devriez bien trouver un motif d’indignation : envers votre conjoint, vos enfants, votre patron. Mais attention, n’oubliez pas : l’indignation doit avoir pour but l’intérêt général et pas son seul nombril. Autrement ce n’est plus s’indigner, c’est râler. Et ce n’est pas exactement la même chose. Sur ce, bonne indignation 2011 !

    Bruno Testa
    btesta@journal-lunion.fr

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    Union101226a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    En ordre de marche

    Le général Wavell : un vétéran de la guerre des Boers à l’élégance intellectuelle.
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  • De Gaulle en discussion avec Masaryk
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  • Avant Noël 1940, le général de Gaulle confirme les urgences de la France libre. Le télégramme qu’il adresse au général Catroux illustre ses préoccupations. Il est dans le droit fil de leur dernière discussion à Fort-Lamy. Le principal effort militaire à accomplir doit être dirigé contre les Italiens au Moyen-Orient. Cette fois, les FFL alignent la premier brigade qui se compose de six bataillons de la Légion, un détachement de la marine, six bataillons de Sénégalais, une compagnie de tanks Hotchkiss 1939, une section d’artillerie de 75 mm, un détachement de transmissions, des éléments de divers corps dont un service d’ambulances, sous le commandement du colonel Magrin-Verneret dit Monclar. Cette brigade est apte à rejoindre le Moyen-Orient. Le général recommande qu’elle soit transférée sans tarder par la voie maritime. Il précise que les Sénégalais doivent faire route depuis le Tchad jusqu’à Khartoum. Et d’annoncer : « Cette brigade est destinée à une opération au Soudan en accord avec le général Wavell ». Il profite de cette information pour rappeler à Catroux que le haut-commissaire Sautot s’applique à la constitution du régiment du Pacifique qui est composé à la fois d’Européens et d’Indigènes. Il assure : « Ce régiment est destiné à se rendre en Egypte à votre propre requête. Un premier bataillon de sept cents hommes se tient maintenant près de Nouméa alors qu’on prend des dispositions pour son très prochain départ ». De Gaulle recommande implicitement à Catrou d’en envisager l’emploi dans les meilleurs délais.

    Certaines des formules employées par le chef de la France libre ne manquent pas d’originalité. Il explique ainsi à son interlocuteur comment il va lui adresser des moyens supplémentaires afin de mener à bien sa tâche : « Je donne ordre que toutes les armes françaises restant en Angleterre soient rassemblées et pour qu’une cargaison vous en soit expédiée très rapidement. Je crois pouvoir vous fournir assez de matériel pour équiper convenablement le régiment du Pacifique aussi bien que le 2e bataillon d’Egypte que vous mobilisez actuellement ». Ces précisions données, le général insiste encore sur les besoins de recrutement. Il est conscient que l’encadrement doit être renforcé. C’est la raison pour laquelle il recommande de nouveaux transferts de Grande-Bretagne vers l’Egypte. « Il est convenu que dès le moment où ces éléments sont ou seront au Moyen-Orient, ils sont ou seront placés sous votre commandement, leur utilisation étant soumise à un accord entre vous et le général Wavell à moins qu’une décision n’ait déjà été prise à leur sujet par moi-même et par le gouvernement britannique. » En clair, de Gaulle laisse une marge de manœuvre assez confortable à Catroux mais ne tient pas à ce que des susceptibilités s’affirment sur le terrain si des décisions conjointes sont prises entre-temps à Londres. Le général donne à son homologue une information plus personnelle qui confirme une confiance mutuelle : « J’attends d’ici peu le colonel Petit que vous connaissez je crois déjà et qui deviendra mon chef d’état-major ».

    Conscient des besoins des FFL, le général répond dans le même temps à Jan Masaryk, le ministre des Affaires étrangères tchécoslovaque, pour resserrer les échanges et désigne Georges Monod et le capitaine Gilles Clarac du Vivier pour assurer la liaison. L’officier est un bon connaisseur de l’Europe centrale. A l’autre bout du monde, il demande à son représentant à Rio de Janeiro, le colonel Guériot de transmettre un message personnel au général de Lavallade dont la mission va s’achever : « Je vous demande instamment de nous rejoindre pour combattre les ennemis de la France. Nous avons maintenant des forces notables notamment coloniales et nous avons besoin de vous pour un commandement important ».


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    Christmas célébré malgré tout

    Ces jeunes enfants anglais respectent la tradition de Noël.
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  • En ce jour de Noël 1940, la Luftwaffe s’abstient de raids sur la Grande-Bretagne et célèbre la Nativité autour du sapin.
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  • Même en la fête de la Nativité, le Tommy est présenté comme le dernier rempart face aux éléments déchaînés (la mer représente les nazis).
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  • GRANDE-BRETAGNE. Les Anglais font tout ce qui est possible pour que la fête de la Nativité tienne la même place que d’habitude mais ils redoublent d’attention pour les combattants engagés en Afrique et en Palestine.

    Comment Noël 1940 est-il regardé par les Britanniques et ceux qui sont sur le sol anglais ? Il y a d’abord les confidences de Betty Stockfield qui s’exprime assez souvent pour ses amis français. Elle tient à marquer la distinction entre les fêtes de la Nativité de 1939 et celles de 1940. La guerre était pourtant présente mais personne n’en connaissait alors l’issue dramatique. Betty dit sa compassion pour les Français placés sous le joug de l’occupant et se remémore le passé récent : « Noël en France est si gai, si joli, la messe de minuit, le réveillon. L’hiver dernier j’étais à Paris où je travaillais. Comme Paris était merveilleux ! Et tous ces soldats alliés, les officiers en permission, comme l’avenir nous apparaissait avec confiance et certitude ». Un an après, imaginer Noël en France occupée ressemble à une mission impossible. Pourtant, elle dépeint une situation en phase avec la réalité décrite. Avec des familles fracassées, dispersées, séparées, elle considère qu’il est bien difficile d’avoir un esprit festif et peut-être même de se raccrocher à l’espérance. En Grande-Bretagne, la situation est différente parce que le quotidien n’est pas rythmé par les bruits de bottes de l’occupant : « Christmas est toujours notre plus grande fête. La famille est ici rassemblée sous les branches de houx et de gui, sous lesquelles on s’embrasse. Sur la table, la dinde et le pudding que l’on flambe au dessert, on chante de vieilles chansons que chacun connaît par cœur ». Cette réalité est maintenue d’autant que les Allemands ne sont pas parvenus à débarquer au Royaume-Uni. Elle insiste aussi sur la tradition de la carte de Noël que les Britanniques ne manquent jamais de s’adresser. Toute une opération est menée à bien pour que les soldats canadiens, anglais, français, australiens et néozélandais reçoivent leur petite carte : « Pensez qu’il y a des soldats ce soir à Bethléem ! ».

    Le climat particulier de cette fin du mois de décembre 1940 est justifié par l’absence des combattants de leur foyer : « Nous pensons à ceux qui se battent, qui nous défendent, qui défendent la liberté de notre cher et grand pays ». Betty Stockfield n’oublie pas toutes les femmes engagées dans l’action : « Beaucoup sont dans les hôpitaux, les camps, les ports, les aérodromes, en uniforme, elles travaillent comme des soldats ». La solidarité envers les Français de Londres est réaffirmée pour qu’ils passent un bon Noël. On insiste aussi sur la présence d’adolescents âgés de 14 à 16 ans, venus de France. Elle confie : « Je les ai visités et j’étais si heureuse de voir leur bonne mine. Ils jouent au football, ils font de la boxe et ils apprennent très vite l’anglais. Les dames anglaises les trouvent si sympathiques qu’elles les gâtent beaucoup ». Avant de confier : « Une amie à moi leur a même crocheté une petite poupée de quatre centimètres en laine bleu, blanc et rouge pour porter sur leurs chaussettes de football. Courage, mes chers amis français, ne désespérez pas de l’avenir. Ayez confiance ». Elle conclut avec ces paroles lucides : « C’est un Noël difficile pour les grandes personnes et pour les enfants. C’est un Noël triste à cause des séparations forcées ». Mais elle y voit la condition à endurer pour que la victoire soit au rendez-vous et la paix à nouveau possible.

    Que peut dire à son tour un soldat français à Londres le soir de Noël. Il faut d’abord camper le paysage pour susciter la plus vive émotion. Sur la BBC on n’hésite pas à cette mise en scène : « Un soldat français est là, l’arme au pied, sur le trottoir. Il monte la garde. C’est la nuit de Noël.

    Au-dessus de sa tête dans la nuit claire flotte doucement le drapeau tricolore ». Cela peut sembler anonyme mais l’essentiel vient après : « C’est le quartier général des Forces françaises libres ». Alors on le décrit pour insister sur sa jeunesse et sa motivation : « Il a une bonne figure de chez nous, sous le grand béret bleu à cor de chasse jaune des chasseurs alpins. Une veste fourrée ramenée de l’expédition de Norvège lui tient chaud. La longue baïonnette luit sous la lune ». A cette scène si bien reconstituée est opposée celle d’un soldat allemand qui monte la garde à Paris, en vainqueur, avec le drapeau à croix gammée qui claque au vent. Bien sûr on évoque le fait que sa famille lui manque, on pense aux images de Paris qu’il a adressées aux siens mais lui c’est un occupant. L’opportunité est idéale pour revenir aux pensées du jeune soldat français montant la garde devant le QG gaulliste : « Il pense à sa famille dont il n’a pas de nouvelle. Il pense à sa chère France occupée par l’ennemi allemand, italien, pillée, volée, rançonnée de toutes les manières et avant tout désarmée ». Malgré la domination mécanique de l’ennemi, il n’a pas renoncé. Ce qui explique sa présence dans la capitale britannique : « Il est ici pour rentrer en France en vainqueur. Il voit que si la France a été battue, l’Angleterre ne l’est pas et qu’elle continue la lutte toute seule, mais aussi pour le compte de ses alliés. Et elle n’a jamais considérée la France comme une alliée perdue ».

    Il faut insister sur le fait que ce soldat n’est pas seul. Beaucoup d’autres comme lui ont fait le choix de continuer le combat. Ce qui n’empêche pas ses camarades de célébrer Noël à leur façon : « Dans le corps de garde, ses copains boivent du vin chaud. A minuit, ils lui en ont porté un quart et il a trinqué dehors avec eux, l’arme au pied ». La description imagée est même théâtrale puisqu’on le met encore en scène : « Dans les rues, il entend des Canadiens bras dessus bras dessous avec des soldats français chanter « Auprès de ma blonde » ou « Derrière chez moi il y a un petit bois » ». Mais le sérieux n’est pas mis entre parenthèses avec la fête. On s’empresse de rappeler que les dirigeants britanniques sont au travail pour concevoir les nouveaux plans de bataille.

    De l’autre côté du parc, Churchill travaille avec ses amiraux et ses généraux. Les nouvelles sont bonnes : « Les Italiens sont battus en Libye par des soldats français aux côtés des soldats britanniques ». Qu’est-ce qui doit motiver encore le soldat français ? Cette certitude : « Dans cette nuit de Noël, les usines anglaises n’arrêtent pas de tourner, de produire des avions des obus, que les bateaux de l’Empire sillonnent les mers, que le long de la côte anglaise, les guetteurs veillent et que les canons sont bra-qués. La mer clapote au pied des falaises blanches, cette mer qui l’a sauvé en juin et qui lui permettra de vaincre ».

    Quels sont les vœux adressés à ce jeune soldat français en cette nuit de Noël ? Ce sont des certitudes : « Il verra un jour les trois couleurs qui flottent au-dessus de sa tête, flotter sur la France délivrée et radieuse ». Yves Morvan qui décrit une nuit de Noël passée sur un bâtiment des forces navales françaises libres décrit la fête et le temps du Minuit chrétien. Il évoque ce clairon sonnant « Aux champs » alors que la bénédiction de l’Enfant Dieu tombe sur la foule des têtes inclinées cueillant l’espérance dans la nuit.

    HERVÉ CHABAUD


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    Noël de douleur et d’espérance

    De Gaulle s’adresse à la France et aux Français.
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  • L’espoir peut-il venir par des tracts tombés du ciel : l’opération est très compliquée.


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  • Pour Noël 1940, Pétain sensibilise les écoliers : « Serrez-vous autour de moi pour que la France neuve et saine grandisse et se fortifie ».
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  • FRANCE. Les Français libres veulent que la métropole comme l’Empire vivent un Noël d’espérance. Aussi multiplient-ils les initiatives pour marquer les esprits.

    Si les idées ne manquent pas, encore faut-il être en mesure de les mettre en application. Le général de Gaulle en mesure la difficulté dans un courrier qu’il adresse au général Spears le 20 décembre 1940. La volonté de larguer avec la complicité de la RAF des tracts pour la fête de la Nativité n’est pas si simple. Ce que le chef de la France libre admet : « La Fleet Air Arm peut avoir des objections contre un tel usage de quelques-uns de ses avions ». En revanche il prévient : « Je ne pourrais accepter facilement qu’une communication que je désire faire aux Français dût être soumise au préalable à l’agrément du Foreign Office ». C’est la raison pour laquelle il demande que sa suggestion envoyée au major Morton le 4 décembre et confirmée le 12 soit considérée comme : « nulle et non avenue ». Est-ce le moment de rester inerte ? Il n’en est pas question et le général travaille à un message destiné aux Français. Parmi les brouillons conservés on peut lire : « La France souffrante accueille Noël dans la douleur. Mais la France militante rassemble en ce Noël son courage et son espérance. Un jour la France triomphante retrouvera la douceur de Noël ».

    D’autres figures du mouvement choisissent Noël 1940 pour adresser leurs messages. Eugène Houdry, président de « France Quand Même », association des Français libres aux Etats-Unis, le confesse : « Nous sommes heureux de saisir l’occasion des fêtes de Noël pour exprimer notre profonde gratitude et notre dévouement absolu à nos alliés britanniques et aux Forces françaises libres qui luttent à leurs côtés. Nous renouvelons l’assurance de notre fidélité au général de Gaulle jusqu’à la victoire finale ».

    Albert Guérin, président du Comité d’Argentine est dans le même état d’esprit : « A nos soldats et marins qui se battent, à nos compatriotes écrasés et asservis, les Français d’Argentine adressent à l’occasion de Noël, leurs vœux les plus sincères et les plus ardents. Ils disent au général de Gaulle toute leur admiration et toute leur foi en la venue de l’heure inéluctable où la France libre reprendra par les armes, côte à côte avec ses alliés britanniques, un pays enfin redevenu libre à son tour ».

    Guy de Schompre, représentant de la France libre d’Extrême-Orient montre combien Noël rapproche les peuples dans une prière intense auprès de l’enfant de la crèche pour que le monde change : « Au nom des Français libres d’Extrême-Orient et dans la conviction d’exprimer aussi la pensée de nos compatriotes d’Indochine à qui le silence est imposé par la force, j’adresse au peuple de France en ce jour de la Nativité, le message d’espoir et de confiance qui lui apportera la fidèle pensée de ses frères lointains ». Pierre Cournarie, gouverneur du Cameroun ne manque pas ce rendez-vous du calendrier pour redire : « De Douala où les Français libres sauront faire en sorte que l’ennemi ne revienne jamais et au nom de la Colonie, je renouvelle, à la patrie en deuil, le serment de fidélité du Cameroun tout entier ».

    Il a aussi une volonté de dramatiser mais de le faire avec une grande qualité de l’expression qui traduit une immense souffrance en métropole. Le 24 décembre 1940 au soir, l’émission « Les Français parlent aux Français », l’adresse aux enfants de France est grave et sentie : « Dans vos cheminées sans feu, quelle main maudite a déposé le malheur ? Pourquoi vos yeux plein de larmes regardent-ils vos souliers vides ? ». La réalité est que ce jour de fête est placé sous le signe des restrictions et la seule façon de se réchauffer le cœur est de penser à la signification chrétienne de la fête de la Nativité dans le souvenir d’un passé récent : « Ce soir sur le seuil de la Sainte étable, je te revois, toi, le dernier enfant qui m’ai parlé sur le sol de France. C’était à Rennes le 17 juin, jour noir. Assis parmi la foule des réfugiés, tout sales et tout défaits, nous pensons avec envie à nos camarades tombés entre la Somme et la Seine. Pour la première fois nous étions accablés. Une voix et quelle voix venait de nous dire que nous n’avions plus le droit de perdre notre vie pour la sauver ». Le message est ici à la fois militaire et spirituel et au deuxième degré une invitation pressante à résister. L’approche estintelligente : « Le vautour est revenu. Le vautour est resté. Et maintenant des maîtres égarés veulent te contraindre non seulement à le subir, mais à l’admettre, presqu’à l’aimer. Mais toi, dont le martyre a trempé la tendre jeunesse, je vois ta petite tête qui dit non ».

    La voix de Londres ajoute à l’émotion des mots, celle du ton, de la parole délivrée : « Je sais bien ce que tes grands yeux tristes et profonds cherchent dans tes souliers vides, devant la cheminée sans feu. Ils cherchent le visage protecteur qui n’est plus là pour protéger. Ils cherchent le visage invisible et présent de ton père ». Il y a ici la volonté de se souvenir de tous les absents, de tous ceux qui ont donné leur vie pour la France, de ceux dont on est sans nouvelle, de ceux qui ont rejoint de Gaulle et se battent déjà pour que le pays redevienne libre. « Où est-il, ton papa ? Est-il resté là-haut, couché dessus la terre à la face de Dieu, abattu par le même agresseur qui, quand il était petit, lui avait déjà tué son père à lui, ton grand-papa ? Tu sais bien : celui dont ta maman t’a montré la photographie toute jaune, quand tu marchais à peine en te disant, avec un sourire triste, que jamais, il ne deviendrait vieux. » Noël est le moment pour transcender la famille abîmée par la guerre et l’occupant arrogant. On interpelle l’enfant d’ici, protégé par l’enfant de la crèche pour qu’il ait une pensée tendre pour ce papa absent : « Est-il avec les pères de millions d’autres enfants, en train de t’appeler tout au fond d’un camp de forçats où l’ennemi qui le retient prisonnier l’a transformé, lui si fier en esclave ? ». Et le speaker d’accroître la force émotive de son propos : « Entends-tu sa voix qui te dit : mon petit sois un homme. Quand tu vois ta maman blessée par la mitraille allemande, exténuée, meurtrie, s’écrouler le soir après avoir gagné quelques sous qui t’empêchent de mourir de faim, et fait la queue, pendant des heures, dans le froid, sous la pluie, pour te ramener un peu de pain de la terre de France que l’Allemand n’a pas volé ; quand tu vois ta petite sœur pleurer parce que le père Noël cette nuit, ne lui apportera rien, Il te faut l’espérance ».

    L’espérance est bien là parce que pour les Français libres, la crèche de Noël n’est pas vide. La France a toujours des soldats. S’ils ont quitté leur famille et leurs enfants c’est pour mieux revenir en leur apportant la liberté retrouvée et la joie. Alors, le journaliste explique aux petits enfants qu’ils ne doivent pas pleurer, mais patienter. Il ne faut pas montrer à l’ennemi qu’on se sent accablé et toujours penser aux soldats de la France libre. Ils sont ceux qui apporteront avec leurs alliés la délivrance. Plutôt que regarder les souliers vides devant la cheminée, la voix des FFL conclut : « Entrouvre la porte. Va respirer une bouffée d’air pur. Prends bien garde que les hommes verts ne te voient pas. Et dans la nuit tu sentiras la main robuste des Croisés de la Libération du général de Gaulle et de ses compagnons qui te soulèveront doucement, pour que tu vois briller de plus près, dans cette ombre terrible d’où renaîtra le jour, l’étoile de la France éternelle ».

    H.C.

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    Union101224a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Amicale des parachutistes Une très belle journée de Noël

    Une belle tablée, et un moment convivial.
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    Noël a été fêté ce dimanche 19 décembre comme à l’habitude dans une très bonne ambiance autour d’un très bon repas préparé et servi à la cafétéria, autour d’une table et dans une salle bien décorée pour l’occasion.

    Dommage qu’une belle couche de neige ait empêché quelques adhérents de participer. Mais d’autres ont bravé ce temps et sont venus de Montier-en-Der, Châlons-en-Champagne et des alentours.

    Le verre de l’amitié a été servi en premier suivi du repas dans une joyeuse ambiance.

    Quelques personnes sont venues rejoindre le groupe pour le pot de l’amitié vers 17 heures.

    A noter dès à présent que l’assemblée générale aura lieu le 23 janvier.

     

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    Union101223c - Marne
    EPERNAY : Exposition historique : Zoom sur le quotidien des poilus du front

    C’est en 1995 que Christian Schoppoven a entrepris ce long travail de mémoire.
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    Interrogé par les élèves du lycée Godart-Roger sur sa motivation, le narrateur répond sans ambiguïté : « Cette exposition, c’est faire œuvre de mémoire, une façon d’apprendre à connaître notre histoire. Toutes nos familles sont concernées, de la France entière et même de l’Europe. Nous avons forcément un aïeul touché de près ou de plus loin par ce premier conflit mondial. Et les dirigeants de l’époque ont menti quand ils ont dit que ce serait la der des der… ». Courte introduction, mais très applaudie.

    Il est vrai que le sujet avait été traité en amont par les élèves de 1re STG et de 3e du lycée professionnel, en liaison avec Isabelle Vial, professeur de français. Une remontée dans le temps à partir de la Seconde Guerre mondiale.

    Sur les panneaux installés dans le nouveau bâtiment du CDI du lycée Godart-Roger, des coupures de presse de l’époque, des affiches, des photos, patiemment rassemblées, mais aussi des objets du quotidien, et un diaporama représentant en modèle réduit, une scène de bataille, l’enchevêtrement des tranchées, les mouvements de troupes… L’ensemble permet aux élèves de toucher un peu plus du doigt une réalité dont ils n’ont souvent pas conscience.

     

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    Union101223b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Anciens combattants et victimes de guerre : Encore des attentes

    L’assistance réunie salle Marcel Manteau de la Maison du combattant.
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  • Le président Pol Cher (2e à droite) entouré des membres du bureau.
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  • Les anciens combattants ont répondu à l’appel de Pol Cher, président des anciens combattants et victimes de guerre (ACVG), pour l’assemblée générale de l’association qui s’est tenue samedi à la Maison du combattant.

    Afin de rendre un ultime hommage à un des leurs, Seddik Daoudi, décédé il y a une semaine, ils n’ont pas hésité non plus à se rendre au cimetière du Sud pour un dernier au revoir à leur frère d’armes.

    Forte d’une centaine d’adhérents, il s’avère que l’association « se porte bien » tant en activités et nombreuses sont celles-ci, à savoir les multiples sorties des porte-drapeaux aux différentes cérémonies patriotiques, qu’au travers d’autres événements de la vie courante, comme des rencontres avec les élèves ou lors du Rallye de la Liberté qui se déroule chaque année sur le terrain de La Folie.

    L’association qui multiplie également les actions a à cœur de gérer son musée et sa bibliothèque qui contient des centaines livres traitant de tous les conflits et que chacun peut consulter sur place. Il fut abordé aussi le problème très complexe d’attribution de la carte du combattant avec tous ses avantages à la clé et le regret que des combattants de 39/45 n’en sont pas encore titulaires. Le titre de reconnaissance de la Nation (TRN) qui donne le droit de se constituer une rente mutualiste majorée par l’Etat avec avantages fiscaux, à la qualité de ressortissant de l’office national des anciens combattants et victimes de guerre… est désormais adopté pour les réfractaires en Allemagne.

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    Union101223a - Marne
    BAZANCOURT : Exposition Guerre d’Algérie, devoir de vérité

    Cinquante ans après, la guerre d’Algérie laisse encore des plaies non cicatrisées.
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  • A l’initiative de Jean Bartos, président de l’UNC de Bazancourt et l’UNC de la communauté de communes de la Vallée de la-Suippe, l’exposition itinérante « Guerre d’Algérie, devoir de vérité » était à la salle des fêtes Michel-Prévoteau du dimanche 5 au jeudi 9 décembre.

    Alain Herman ancien instituteur a animé une conférence et, exposé les 43 panneaux retraçant l’histoire liant la France et L’Algérie de 1830 à 1962 correspondant à la fin de la guerre d’indépendance, par la signature des Accords d’Evian le 19 mars 1962.

    Parmi les panneaux, une carte d’Afrique du Nord, des panneaux expliquant les raisons de l’exposition au sujet de cette guerre pour laquelle, 50 ans après bien des plaies ne sont pas refermées laissant un sentiment d’inutilité ou de trahison.

    Ces panneaux expliquent de façon très claire la chronologie des événements

    Les concepteurs de cette exposition osent ici une démarche positive, le titre adopté « une exigence de vérité » est aussi un défi qu’ils se sont lancés à eux-mêmes.

    Les anciens combattants n’hésitent pas à évoquer ce qu’ils ont vécu et les souvenirs de bonheur et d’horreur à certains moments, de l’accueil chaleureux des populations.

    À la fin de la première demi-journée 30 visiteurs s’étaient déjà présentés, c’est dire si après les reportages diffusés dernièrement à la télévision l’intérêt de coller à une page de notre histoire existe.

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    Union101219f - Marne
    CLERMONT-EN-ARGONNE : 30 juillet 1944, le drame de Clermont-en-Argonne Le martyre des innocents

    Au matin du 30 juillet, les villageois ont tous été regroupés sur la place de la mairie.
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  • Parmi les otages innocents envoyés dans les camps de la mort 72 ne reviendrons jamais en Argonne.
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  • LA date du 30 juillet 1944 marque pour toujours la mémoire des habitants de Clermont-en-Argonne. Elle est rappelée à tous par le monument situé devant la mairie. Horizons d’Argonne, dans son numéro 30-31, en relate les grandes lignes sous la plume de Roger Ribon, alors directeur de l’école.

    Il évoque en premier les actions de résistance locale, modestes, limitées le 8 juin à un déboulonnage de voie ferrée entre Clermont et Les Islettes, à un sectionnement de câble souterrain entre Paris et Metz, le sauvetage du cuivre caché dans des sapes souterraines de 1940. Il signale aussi la présence, dans les bois de Boureuilles, d’un maquis atteignant 100 hommes parmi lesquels des Russes évadés et des Nord-Africains, tous recherchés par la Gestapo.

    Le 29 juillet, vers 15 h 45, un groupe des leurs se met en route pour Clermont. Il est aux ordres d’un adjudant, Perrin, et emmène avec lui trois FTP et deux officiers américains, des pilotes abattus en Belgique. Ils recherchent des véhicules pour quitter la Meuse.

    Ils arrivent à Clermont vers 16 heures dans une 402. Ils s’arrêtent sur la place. Perrin a placé ses hommes camouflés dans les angles des maisons formant le carrefour.

    Une première voiture allemande venant des Islettes passe, essuie quelques coups de feu mais ne s’arrête pas. Un camion allemand, toujours venant de Sainte-Ménehould, passe un peu plus tard. Perrin tire le premier, atteint le conducteur. Le camion, privé de direction, dérive sur sa droite, enfonce le mur de la maison Lelorain et s’immobilise.

    Fusillade entre Allemands

    Une fusillade nourrie se déclenche. Trois ou quatre Allemands s’enfuient hors du village, d’autres se camouflent dans les rues avoisinantes, un d’entre eux se rend tandis que le blessé gît toujours dans le camion.

    C’est alors que deux voitures allemandes, venant de Verdun, entendant la fusillade, stoppent devant le groupe scolaire. Leurs occupants montent vers la place. Bientôt d’autres véhicules allemands venant de Verdun les rejoignent. Perrin et son groupe, abandonnant le prisonnier et le blessé, craignant d’être encerclés, repartent avec la 402 et rejoignent le maquis.

    La fusillade reprend, cette fois entre Allemands, les uns venant de Verdun, les autres venant de Sainte-Ménehould. Les uns et les autres prenant conscience de leur méprise, elle s’arrête enfin. Les Allemands emmènent leurs morts et leurs blessés. On a suspecté que parmi les morts, une personnalité importante de la Gestapo parisienne qui se serait trouvée atteinte par une balle dont on n’a pas prouvé la provenance.

    Vers 19 heures, les Allemands commencent leur enquête. Les témoins unanimes déclarent l’absence de « terroristes » à Clermont. Les habitants sont loin de se douter de ce qui les attend. Certains redoutent quand même les représailles et quittent Clermont. Ils s’en tireront. D’autres se couchent sans appréhension. Pour eux, c’est l’aube du lendemain qui scellera leur destin.

    Les SS fouillent le village

    Ce dimanche 30 juillet, le bourg est cerné, ses issues gradées. Plusieurs centaines de SS visitent toutes les maisons. Tous sont conduits sur la place, Clermontois ou non, clients du coiffeur, villageois revenus après avoir passé la nuit dehors. Certains sont encore dans leur tenue du saut du lit, regroupés sur la place, tournant le dos à la mairie.

    Divisés en deux groupes, les moins et les plus de 50 ans, ces derniers tournent le dos à la mairie et sont face aux mitrailleuses en batterie. Les officiers SS parlent entre eux. L’un d’eux, avec une belle cicatrice sur la joue est remarqué et surnommé « Le Balafré ». Il fera mettre à part certains otages : le maire, l’instituteur et son fils, le notaire.

    Ils perquisitionnent la mairie, y trouvent en hurlant une caisse de cartouches de la Société de Tir, oubliée depuis 39 et vraisemblablement abandonnée, ainsi qu’un drapeau à Croix de Lorraine du 14 juillet précédant.

    Le martyre D’Oswald, le secrétaire, commence. On entend ses hurlements. Il sort de la mairie, vacillant entre deux de ses bourreaux. On l’emmène derrière, suit le bruit d’une rafale qui ne sera, d’après le texte de Ribon, qu’un simulacre, alors que le Balafré hurle toujours.

    Puis on embarque tous les hommes dans des camions qui sont venus se ranger le long du trottoir. Parmi eux, Oswald et les gendarmes pris à Clermont, soit 112 hommes. Un grand silence s’abat sur Clermont où ne restent plus que les vieillards, les femmes et les enfants.

    Les otages innocents sont conduits à Thierville, à la caserne « Adolf Hitler ». Puis ils seront répartis dans des prisons et des camps. Avec le mois d’août, à Clermont, on assiste au reflux des Allemands et on attend le retour des prisonniers. Pourtant, 72 d’entre eux ne reviendront jamais en Argonne.

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    Union101219e - Marne
    EPERNAY : Un premier roman pour un auteur sparnacien : Rencontre sous l’occupation

    Frédérique Jacob-Zénatti, née à Epernay, a écrit son premier roman « Le secret de Camille ».
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  • CAMILLE n’est pas une fille comme les autres. Elle est juive. Juive à une époque où, en France, la croix est gammée. Pendant que la collaboration et les dénonciations salissent Paris, les parents de Camille, à contrecœur mais par amour, envoient leur fille en sécurité.

    Devant leur maison, la voiture attend. Ses parents se persuadent d’avoir pris la meilleure décision en l’envoyant loin. Loin de la guerre, d’Hitler, des rafles d’enfants juifs et des camps de la mort. En plein Paris occupé, la voiture s’éloigne, laissant derrière elle la guerre et les souvenirs d’enfance dans un nuage d’échappement. Où va-t-elle exactement ? À Bélizy, un petit village paisible, caché dans la campagne française. Chez qui ? Chez les Franquin, un couple d’amis et leur fille. Des gens de confiance, avec qui les Stern partagent beaucoup de valeurs. Camille trouve chez Blanche, Hubert et surtout Marie Franquin un refuge idéal.

    « Avoir de belles valeurs »

    Très vite, Camille Stern et Marie Franquin deviennent très proches. Ensemble, elles essayent de lutter à leur manière contre l’occupation…

    Frédérique Jacob-Zénatti est sparnacienne depuis plus de 25 ans. « Depuis l’âge de 12, 13 ans, je suis passionnée de littérature. J’écrivais pour le plaisir, et puis bien des années après, je me suis dit que j’allais me lancer », se souvient-elle. Après avoir envoyé son roman à plusieurs maisons d’édition parisiennes trouvées sur le net, les premiers retours sont positifs. « Il m’aura fallu deux ans pour écrire ce roman. La Seconde Guerre est une période de l’Histoire qui m’attire. Très sombre, mais aussi très riche du point de vue des rapports humains ».

    Car le lien qui s’installe entre les deux ados, Camille et Marie, cache bien des secrets… En insistant sur le fait d’avoir et de partager de belles valeurs (l’entraide, le soutien, l’amitié, le partage), les deux personnages principaux découvrent leur monde respectif. « J’avais aussi envie de sérénité dans ce roman. Ce lien entre Camille et Marie apaise, mais pour autant, la guerre n’est jamais bien loin. » Ce premier roman de la Sparnacienne Frédérique Jacob-Zénatti semble plutôt prometteur. L’histoire, forte et émouvante, est traitée dans un contexte historique dur. Mais le résultat passe plutôt bien grâce aux regards posés sur la guerre par ces deux adolescentes. Un roman à découvrir.

    Stéphane GUERRINI

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    Union101219d - Marne
    LIVRE : Himmler : le nazi fanatique

    Himmler a tissé un réseau dense avec les cadres de la SS pour mieux s’y imposer.
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  • Il s’agit de la première biographie d’Heinrich Himmler publiée en français. Elle est le fruit du travail accompli par l’Allemand Peter Logerich, directeur du Centre de recherche sur l’Holocauste et l’histoire du XXe siècle à l’université de Londres. C’est en fouillant dans tous les fonds d’archives accessibles que cet enseignant-chercheur signe un livre remarquable, démontrant comment un personnage ordinaire, détestant la culture classique et les philosophes, est parvenu à gravir les échelons de la hiérarchie nazie et s’y est affirmé comme un effroyable assassin. Né dans une famille munichoise de la moyenne bourgeoisie, cet enfant à la santé fragile, alors jugé gentil, entre dans l’armée bavaroise à 17 ans mais ne connaît pas le baptême du feu pendant la Grande Guerre. Dans les années vingt, il effectue des études d’ingénieur agronome mais milite aussi dans les corps francs. Il n’accepte pas qu’on présente l’Allemagne comme un pays défait au terme de la Première Guerre mondiale.

    Son amertume, il l’évacue par la radicalité de ses idées. D’autant que son mariage est un échec et que les liaisons qu’il entretient sont souvent éphémères même si, après avoir divorcé d’une infirmière protestante avec laquelle il a eu une fille, il a deux enfants naturels avec l’une de ses secrétaires. Dès 1923, il adhère au parti national socialiste et dès 1926 après un passage chez les SA de Roehm, il est désigné chef de la SS de Haute-Bavière. En 1929, il en devient le chef suprême avec le titre de Reichführer. Il choisit de faire de la SS, le corps d’élite du nazisme conquérant. Pour ce faire et disposer d’un poids politique particulier dans le parti, il confie le soin à son bras droit Reinhard Heydrich d’espionner tous les dignitaires du Reich. C’est lui qui affirme devant Hitler que les SA conspirent contre lui. Si bien que, pendant la Nuit des longs couteaux, il liquide Roehm et son état-major. C’est encore lui qui procède à la nazification de l’état-major général allemand, écartant les généraux de la Wehrmacht doutant de sa lucidité et de sa compétence.

    L’auteur étudie le crescendo meurtrier d’Himmler et la construction d’une politique méthodique d’extermination via les Einzatzgruppen et les camps de la mort. Il encourage le gazage des juifs comme la shoah par balles, et fait de son quotidien une bureaucratie d’élimination de masse. Il faut purifier le Reich aussi applique-t-il cette mission comme le seul moyen juste de parvenir à l’aryanité de l’Empire nazi. Ce qui transparaît dans cet ouvrage c’est un homme animé d’une mécanique infernale, imperméable à tout sentiment, jouissant de la mort des hommes, habité par un puissant mépris, un tueur de masse. Bref, un fanatique qui demeure l’un des grands criminels du XXe siècle.

    Hervé Chabaud

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    Union101219c - Marne
    LIVRE : Dans l’Algérie des années 30

     

    Joann Sfar est un des auteurs les plus créatifs de la BD. Né à Nice en 1971 dans une famille juive riche de beaucoup d’histoire, il a été abreuvé dans sa jeunesse par un grand nombre de récits liés à la tradition, à la terre, au départ.

    Dans cette intégrale de « Le chat du rabbin » publié par Dargaud, proposant cinq albums, il sait magnifiquement raconter en 284 pages l’Algérie des années trente.

    Si la part de l’imaginaire est privilégiée, l’atmosphère, l’habitat, sont magnifiquement représentés.

    Les maisons blanches, la mer, à portée de la main, sont dessinés avec une sorte de tendresse.

    Dans ces fables, c’est un chat qui se montre souvent le plus sage et le plus libre quand les hommes apparaissent, écrasés par le regard des autres.

     

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    Union101219b - Marne
    LIVRE : Dans les tranchées sanglantes de 14-18

    La Guerre 14-18 n’en finit pas d’inspirer les auteurs. « L’ambulance 13, Croix de sang », paru chez Grand Angle, est le premier tome d’une série de deux, racontant la vie d’un médecin sur le front près de Verdun en 1915. Patrick Cothias et Patrice Ordas, scénaristes, Alain Mounier, le dessinateur, campent un héros imaginaire mais ils restent fidèles à la réalité. Des personnages comme Clemenceau ou Marie Curie, développant des unités chirurgicales mobiles, sont ainsi évoqués dans ce récit pédagogique de quarante-huit pages. La démarche des auteurs de « Vie tranchées », un ouvrage publié par Delcourt, est très proche.

    Atteint dans son être

    Dirigé par le Rémois, Jean-David Morvan, Yann Le Gal, Marnais lui aussi et Hubert Bieser, chercheur en psychiatrie, ces auteurs sont soutenus par quatorze dessinateurs décrivant l’univers des soins des Poilus. Tous ces regards réussissent bien à nous attacher à des personnages souffrant dans leur chair mais aussi dans leur âme. Ceux qui sont terrassés par une maladie mentale sont quelquefois perçus par des simulateurs. La dimension historique est réelle. Jean-David Morvan est un authentique passionné de la guerre 14-18. « J’avais aussi adoré La vie et rien d’autre » de Bertrand Tavernier dont un passage évoquait la folie des soldats. Aussi quand Yann Le Gal m’a parlé de ce sujet, je me suis dit que le plus percutant serait de traiter ces dossiers de malades comme des témoignages ; donner la parole à ces gens qui en ont manqué, pour le moins ».

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    Union101219a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    Se tenir prêt

    Le commandant Passy est une pièce clé du dispositif gaulliste à Londres.
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  • Alors que les fêtes de fin d’année approchent et que l’année 1940 s’achève dans un climat de vive incertitude, les Français libres entreprennent une communication visant à l’optimisme.

    Il faut rendre espoir aux Français donc les inviter à ne plus se morfondre et se replier sur soi en raison des difficultés quotidiennes. Le commandant Passy l’exprime dès le 10 décembre lorsqu’il invite les citoyens à être prêts : « Le général de Gaulle vous dit aujourd’hui : vous avez assez attendu. Le temps d’agir est venu. Unissez-vous, organisez en secret dans chaque ville, dans chaque village, dans chaque hameau, les bataillons, les compagnies et les sections de l’armée de délivrance. Dressez les listes des traîtres qui vous ont vendus. Commencez à lutter sourdement contre l’envahisseur. Minez son moral déjà défaillant ».

    Passy qui ne manque jamais d’insister sur les désillusions provoquées par l’immobilisme de Vichy, explique que cette apathie équivaut à une trahison de la France. Il recense méthodiquement tout ce que le gouvernement a fait depuis juillet pour s’aligner sur l’occupant. De cette manière, la soumission de Vichy au Reich apparaît plus parlante. Il est certain du résultat final. L’Allemagne ne gagnera pas.

    « L’HEURE APPROCHE »

    Il faut oser parce que le rapport de forces lui reste très favorable même si elle enregistre des déconvenues dans sa guerre contre la Grande-Bretagne et en raison des faiblesses structurelles de son allié italien. Passy confiant prévient : « L’heure approche où nous débarquerons pour vous délivrer. Nous ne vous disons pas : attendez mais soyez prêts ». Il est bien relayé sur ce thème par Pierre Bourdan qui, calendrier en main, se souvient qu’il y a cinq mois, le führer proclamait : « L’heure de la victoire finale approche. Bientôt l’Empire britannique aura cessé d’exister ».

    Il mentionne aussi qu’il y a quatre mois, Mussolini répétait à l’envi cette certitude : « C’est en Méditerranée que l’Empire britannique sera vaincu. L’Angleterre sera chassée de la Méditerranée ».

    Si Bourdan insiste sur ces citations c’est pour mieux montrer aux Français les contradictions des chefs de l’Axe et leur incapacité à traduire leurs paroles sur le terrain. C’est encore le moyen de tancer Vichy qui a cru aux affirmations du führer et du Duce et s’est engagé dans une politique de collaboration déshonorante. Aussi à la lecture des événements en conclut- il : « Aujourd’hui, même au nom du réalisme le plus cynique, la politique de collaboration n’a plus de justification. Elle n’a même plus de sens ». Bourdan met en garde contre les extraits des discours d’Hitler cités par une presse aux ordres. Il propose son propre tri parmi les expressions du chancelier du Reich. Et le ton est très différent. « Si nous perdons la guerre » lit-il dans un discours du führer.

    L’aubaine est idéale pour se livrer à ce commentaire : « C’est la première fois qu’Hitler fait une semblable hypothèse. Simple hypothèse il est vrai. Mais dites-moi si le grand vainqueur aurait fait même cette simple hypothèse, voici cinq mois, lorsqu’il ne voyait entre lui et la chute de l’Empire britannique qu’un geste à faire, lorsqu’il croyait n’avoir qu’à étendre la main pour achever cet Empire si défaillant ». Astucieux, le journaliste retourne à son avantage une autre phrase d’Hitler : « Aucune puissance au monde ne nous délogera des territoires occupés ». Pour lui ce n’est plus le débarquement allemand en Angleterre qui est envisagé mais le débarquement anglais en France ! Les Français libres ont de l’audace.


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    Camberley : l’école des Français libres

    Le roi Georges VI a encouragé de Gaulle à former ses troupes et à leur donner un encadrement exemplaire.
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  • Des engagés de la France libre passeront par Camberley.
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  • Gaston Palewski est le directeur des affaires politiques.
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  • De Gaulle tient à disposer d’une école pour accueillir les élèves officiers, sous-officiers et les spécialistes dont son armée a besoin pour concourir efficacement à l’effondrement du IIIe Reich. Quels sont les buts fixés à cet établissement situé à Camberley ? Le général en fixe trois qui sont énumérés dans une instruction signée de sa main. Si initialement, le camp est réservé aux forces terrestres, très vite il devient une base recevant des éléments des trois armées pour des périodes plus ou moins longues en fonction des aptitudes et du passé des uns et des autres.

    Les premières directives concernent les futurs officiers : « L’instruction et la formation d’aspirants susceptibles de commander une section ou un peloton et ayant déjà reçu les éléments d’instruction générale indispensables à de futurs officiers y sera assurée ». Autant dire que de Gaulle tient à ce que ses effectifs soient conduits par des Français même s’ils doivent à un moment ou à un autre être intégrés à des unités britanniques avant d’être en assez grand nombre pour acquérir leur autonomie. « La formation de sous-officiers parfaitement instruits et entraînés dans leur spécialité et destinés à l’encadrement des unités des Forces françaises libres est également impérative ». Il va de soi que sans une architecture efficace du commandement, les soldats n’auront aucune efficacité dans la conduite d’un mouvement offensif ou dans la structuration de positions défensives. Enfin, les gaullistes veulent des experts dans les principales disciplines de la guerre. C’est la raison pour laquelle, le général justifie aussi le camp pour : « La formation et l’instruction théorique, pratique de spécialistes connaissant bien leur métier et exigées pour la bonne marche d’une unité mécanique ».

    C’est le lieutenant-colonel Renouard qui reçoit la direction de l’établissement. Il en assure l’administration, la coordination des différentes spécialités, l’orientation des études, l’élaboration du programme d’exécution, sa cadence et sa progression. L’école de Camberley comprend deux branches d’enseignement. L’une est destinée à la formation d’officiers, de cadres et de spécialistes qui appartiennent à l’infanterie, à la cavalerie et aux chars. La seconde vise les mêmes finalités en ce qui concerne les éléments relevant de l’artillerie, du génie et du train. Afin de faciliter l’instruction et de développer sur le plan pratique tous les exercices indispensables à l’acquisition de compétences, les élèves officiers, gradés et spécialistes sont groupés selon les effectifs disponibles en compagnie ou a défaut en section ou en peloton. « Les effectifs stationnés au camp de Camberley et ne faisant pas partie des unités élèves, sont groupés en une compagnie de marche qui sert d’élément de manœuvre et d’application sur le terrain, conformément au programme de l’instruction donné aux unités d’élèves ».

    Théorie et pratique

    Le lieutenant-colonel Renouard en tant que directeur de l’école dispose d’un officier adjoint et d’un officier, directeur des études qu’il doit choisir parmi les officiers instructeurs. Rien n’est négligé. Surtout pas les cours de transmission qui font l’objet d’un paragraphe particulier : « Des cours de cette discipline indispensable à l’action à venir seront organisés à la diligence du lieutenant-colonel commandant le camp de Camberley qui disposera à cet effet de l’officier instructeur lieutenant des Roberts. Ces cours devront être régulièrement suivis par tous les éléments faisant partie de l’école ». Des formations particulières sont envisagées pour conduire les véhicules. Elles comprennent à la fois un enseignement théorique et des applications pour la conduite des motos, des automobiles, des camions, des camionnettes, des chenillettes. Le capitaine Barlone est responsable de ce programme d’instruction diversifié auquel personne n’est autorisé à se soustraire. Le général de Gaulle insiste sur la construction d’emplois du temps denses, de manière à assurer la formation la plus complète possible dans des délais les plus courts : « Je ne veux pas que l’on fasse du chiffre pour du chiffre mais que l’on forme des soldats qui soient les meilleurs possibles dans un temps qui nous est compté. La France a besoin d’eux au plus vite mais la France les veut efficaces. Elle sait déjà combien ils sont fiers de leur drapeau ».

    Pour compléter les structures opérationnelles de la France libre, le général de Gaulle fonde le 11 décembre 1940 une Direction des affaires politiques. Elle dépend directement de lui. Ses objets sont soigneusement définis. Il s’agit de grouper et d’exploiter les informations relatives à la situation politique en métropole et dans l’Empire. En outre, chacun est convaincu qu’il faut organiser et développer dans le pays et ses colonies le mouvement de la France libre. Mettre sur pied une organisation de la France libre couvrant les anciennes et nouvelles formations politiques, sociales, religieuses, économiques, professionnelles, intellectuelles pour rassembler l’opinion dans la subordination de tous les intérêts à l’intérêt national apparaît comme une priorité à travailler sans tarder. Le général souhaite aussi obtenir des informations solides sur la vie politique et les tendances sociales relevées à l’étranger pour autant qu’elles intéressent son action à venir. Il tient enfin à ce que les renseignements et les informations rassemblés soient étudiés par un collège de spécialistes et qu’un véritable 2e bureau, dispose d’un état-major à cet effet. « Réciproquement, la Direction des affaires politiques fournira au service de l’information et à l’état-major, les indications propres à les orienter dans leur coopération à l’action politique en France et dans l’Empire », précise-t-il.

    De Gaulle détaille les structures de l’organisation : « La Direction des affaires politiques comprend sous les ordres du Directeur, trois bureaux, dont chacun est dirigé par un officier ou un fonctionnaire civil des FFL et un secrétariat ». Le 1er bureau est celui des études. Il élabore des thèmes d’action politique et garantit une liaison avec le service de l’information. Le 2e bureau est celui de l’action en métropole et dans l’Empire. Il assure une liaison permanente avec l’état-major du 2e bureau de l’armée. Le 3e bureau est destiné aux nécessaires contacts qui doivent être entretenus avec l’étranger.

    C’est Gaston Palewski qui est nommé Directeur des affaires politiques de la France libre. Ce licencié de la Sorbonne qui a acquis à Oxford une excellente connaissance du monde anglo-saxon parle l’anglais couramment et est très précieux au général de Gaulle qui a besoin d’élargir ses réseaux. Il a été attaché politique du maréchal Lyautey, directeur de cabinet de Paul Reynaud et est lié à de Gaulle depuis 1934. C’est un homme clé du puzzle gaulliste. N’a-t-il pas écrit au général dès le 17 juin 1940 : « Je suis sûr que vous allez faire quelque chose. Dès que je le pourrai, je vous rejoindrai ». En Afrique du Nord il cherche à rallier à la cause le général Noguès et le résident général en Tunisie, Marcel Peyrouton, sans succès. Alors en août, il rejoint le général de Gaulle à Londres. Le voici investi d’une haute responsabilité même s’il aurait préféré combattre sur le terrain. Il ne renonce pas pour autant à l’idée de se battre un jour prochain en Afrique.

    Hervé Chabaud

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    L’improbable Flandin

    Flandin est-il l’homme de la situation ?
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  • Des Italiens en déroute remettent leurs munitions aux Grecs.
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  • La carte de l’opération britannique.
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  • Sidi Barrani : un soldat anglais fouille le portefeuille d’un prisonnier
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  • Chaque soir, on écoute l’émission : « Les Français parlent aux Français ».
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  • Alors que les fêtes de fin d’année approchent et que l’année 1940 s’achève dans un climat de vive incertitude, les Français libres entreprennent une communication visant à l’optimisme.

    Il faut rendre espoir aux Français donc les inviter à ne plus se morfondre et se replier sur soi en raison des difficultés quotidiennes. Le commandant Passy l’exprime dès le 10 décembre lorsqu’il invite les citoyens à être prêts : « Le général de Gaulle vous dit aujourd’hui : vous avez assez attendu. Le temps d’agir est venu. Unissez-vous, organisez en secret dans chaque ville, dans chaque village, dans chaque hameau, les bataillons, les compagnies et les sections de l’armée de délivrance. Dressez les listes des traîtres qui vous ont vendus. Commencez à lutter sourdement contre l’envahisseur. Minez son moral déjà défaillant ».

    Passy qui ne manque jamais d’insister sur les désillusions provoquées par l’immobilisme de Vichy, explique que cette apathie équivaut à une trahison de la France. Il recense méthodiquement tout ce que le gouvernement a fait depuis juillet pour s’aligner sur l’occupant. De cette manière, la soumission de Vichy au Reich apparaît plus parlante. Il est certain du résultat final. L’Allemagne ne gagnera pas.

    « L’heure approche »

    Il faut oser parce que le rapport de forces lui reste très favorable même si elle enregistre des déconvenues dans sa guerre contre la Grande-Bretagne et en raison des faiblesses structurelles de son allié italien. Passy confiant prévient : « L’heure approche où nous débarquerons pour vous délivrer. Nous ne vous disons pas : attendez mais soyez prêts ». Il est bien relayé sur ce thème par Pierre Bourdan qui, calendrier en main, se souvient qu’il y a cinq mois, le führer proclamait : « L’heure de la victoire finale approche. Bientôt l’Empire britannique aura cessé d’exister ».

    Il mentionne aussi qu’il y a quatre mois, Mussolini répétait à l’envi cette certitude : « C’est en Méditerranée que l’Empire britannique sera vaincu. L’Angleterre sera chassée de la Méditerranée ».

    Si Bourdan insiste sur ces citations c’est pour mieux montrer aux Français les contradictions des chefs de l’Axe et leur incapacité à traduire leurs paroles sur le terrain. C’est encore le moyen de tancer Vichy qui a cru aux affirmations du führer et du Duce et s’est engagé dans une politique de collaboration déshonorante. Aussi à la lecture des événements en conclut-il : « Aujourd’hui, même au nom du réalisme le plus cynique, la politique de collaboration n’a plus de justification. Elle n’a même plus de sens ». Bourdan met en garde contre les extraits des discours d’Hitler cités par une presse aux ordres. Il propose sont propre tri parmi les expressions du chancelier du Reich. Et le ton est très différent. « Si nous perdons la guerre » lit-il dans un discours du führer.

    L’aubaine est idéale pour se livrer à ce commentaire : « C’est la première fois qu’Hitler fait une semblable hypothèse. Simple hypothèse il est vrai. Mais dites-moi si le grand vainqueur aurait fait même cette simple hypothèse, voici cinq mois, lorsqu’il ne voyait entre lui et la chute de l’Empire britannique qu’un geste à faire, lorsqu’il croyait n’avoir qu’à étendre la main pour achever cet Empire si défaillant ». Astucieux, le journaliste retourne à son avantage une autre phrase d’Hitler : « Aucune puissance au monde ne nous délogera des territoires occupés ». Pour lui ce n’est plus le débarquement allemand en Angleterre qui est envisagé mais le débarquement anglais en France ! Les Français libres ont de l’audace.

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    Union101218a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Nécrologie Seddick Daoudi : mort d’un brave

    Adieu Seddick.
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  • « C’était un pote, discret et humble. Il aimait rendre service ».

    Bernard Haleux, président de l’association des anciens combattants le sait : tout était sincère chez Seddick Daoudi.

    Tout était vrai aussi, jusqu’à la légion d’honneur décrochée en 2001 à l’aune de son comportement exemplaire tout au long de sa vie militaire.

    Méritée, quand d’autres se la font épingler pour avoir vendu un peu plus de disques que les petits copains, d’avoir poussé comme il faut la baballe au fond d’un but de foot, ou d’avoir copiné avec des gens qui comptent. C’est cet engagement et cette humilité-là que rappellera aujourd’hui Michel Le Dren, vice-président de la société d’entraide de membres de la légion d’honneur, lors de l’hommage funèbre à celui qui vient de disparaître à l’âge de 78 ans : « Nous pleurons un homme exceptionnel ». Seddick était née en 1932 dans un petit village de l’Oranais, Eugène Etienne Hennaya, fier d’être français.

    Fier d’avoir combattu en Indochine auprès d’un certain commandant Bigeard.

    Mais Seddick se fera surtout remarquer pendant le conflit d’Algérie où sa bravoure sur les théâtres d’opération lui fera obtenir trois citations entre 1958 et 1962. En 1959, il sera grièvement blessé dans le secteur de Nemours une balle lui fracassant la main droite.

    Seddick était titulaire de la médaille militaire, de la croix du combattant, la croix de la valeur militaire, la croix du combattant volontaire d’AFN, de la médaille des opérations de sécurité du maintien de l’ordre en Algérie et en Tunisie, de la médaille de l’Europe et de la croix du blessé au combat. Sous l’uniforme de l’armée de terre, il avait appartenu au régiment d’infanterie-chars de marine puis au régiment de marche du Tchad et enfin au 503e régiment de chars de combats à Mourmelon.

    En 1972, Seddick Daoudi avait quitté l’armée au grade de maréchal des logis/chef pour entrer comme employé à l’établissement régional du matériel. Membre de la section des médaillés militaires de Mourmelon, il était devenu aussi l’un des portes- drapeaux du comité de la société d’entraide.

    A ses proches, dont son fils Djallel, notre titre présente ses condoléances.

    F.M.

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    Union101217b - Marne
    REIMS : Pas gêné, le forain : il met son casino sur le monument !

    Le métier du forain recouvre en partie le monument. De qui se moque-t-on ?
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    « Ça fait trois ans que ça dure. J’en ai assez, je viens d’adresser une nouvelle lettre à la maire de Reims. »

    Ancien résistant déporté dans le camp de Neuengamme, Raymond Gourlin est une nouvelle fois ulcéré en se promenant dans les Hautes Promenades.

    Encore une fois, une fois encore, écrit-il à la maire, Adeline Hazan : « Un hommage très spécial a été rendu par un forain aux anciens combattants qui ont laissé leur vie pour rendre à la France sa liberté confisquée par les nazis et les autorités de Vichy. »

    De quoi s’agit-il ? Eh bien, comme l’an passé et l’année d’avant, un forain n’a rien trouvé de mieux que de démonter purement et simplement des grilles qui entourent le monument aux Martyrs de la Résistance pour y installer son métier baptisé « Casino-La Baraka » carrément au-dessus du nom des disparus !

    Pour mémoire, il faut rappeler que ce monument qui a été dédié aux victimes de l’occupation nazie -résistants fusillés et déportés- comporte le nom de 177 martyrs et abrite aussi une urne contenant des cendres de déportés.

    « Vous aviez promis que cela ne se reproduirait plus », rappelle M. Gourlin à la mairie et « que les forains respecteraient le monument et les cendres qu’il protège. J’espère que cette fois mon appel ne restera pas vain. » Les Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation s’associent à la colère de Raymond Gourlin et en appellent eux aussi au respect de ce monument ossuaire.

    Alain MOYAT

     

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    Union101217a - Marne
    SOISSONS : Anciens combattants de l’Arac Entre joie et tristesse

    Le président Jean Noël Grebert a beaucoup regretté le manque de participation.
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  • Ce week-end, les membres de l’association Arac du Soissonnais se sont réunis pour leur assemblée générale dans la salle place Violet, à Belleu.

    Le président Jean-Noël Grebert a regretté le manque de participation des adhérents, pour beaucoup âgés et malades. Il en a profité pour remercier les présidents d’associations voisines : le comité d’entente et les porte drapeaux notamment. L’association déplore cette année quatre décès, mais se félicite de l’arrivée de quelques nouveaux.

    Remerciements chaleureux a M. le maire de Belleu, Bernard Grégoire et au député Jacques Desallangre pour la participation à l’achat du nouveau drapeau. L’association se porte bien et envisage un déplacement en car pour le ravivage de la flamme à l’arc de triomphe, à Paris, et compte renouveler repas champêtre et concours de boules. Pour conclure, le président a honoré le porte-drapeau de l’association en décernant la médaille d’or de porte-drapeau des 30 ans à Guy Villefroy, de Leury, pour avoir à ce jour porté le drapeau de l’association depuis 32 ans.

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    Union101216c - Marne
    COURCY : Il y a 96 ans

    Dans la nuit de Noël du 24 décembre 1914, une patrouille de nuit a entendu des chants religieux provenant des tranchées, à Loivre. A 21 heures, le 274e RI a signalé que des Allemands ont chanté des cantiques, fait un arbre de Noël sur les Cavaliers de Courcy et illuminé le moulin de Courcy. Une reconnaissance de douze zouaves, commandée par un sergent, s’est approchée jusqu’à 600 mètres des lignes françaises sur le chemin de Thil à Courcy. Pendant près de trois heures, des chants de Noël ont retenti.

    Le 25 décembre, quelques groupes d’Allemands sont sortis sans armes de leurs tranchées en levant les bras et se sont avancés entre leurs lignes et celles du 74e RI et du 274e RI. Plusieurs hommes sont allés à leur rencontre et ont fraternisé quelques instants. Ils se sont échangé des denrées et des cigarettes. Quelques-uns portaient des petits sapins. Dans la nuit du 25, les Allemands ont chanté et joué de la musique dans leurs tranchées, en face des tranchées françaises. La trève de Noël n’était pas un vain mot.

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    Union101216b - Marne
    VIRGINY : Assemblée générale du Djebel Argonne : Une aide pour le Roseau

    Cette assemblée fut l’occasion de remettre un chèque à l’association Roseau..
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    Une belle participation à l’assemblée générale du Djebel Argonne qui s’est déroulée salle de la forge à Virginy, autour du président Paul Jeny : « Le bureau » dit-il « désire une plus grande participation envers le devoir de mémoire sur la guerre 14/18, notamment en ce qui concerne les manifestations du Pont du Marson et la Gruerie ».

    Parmi les projets 2011, le repas dansant aura lieu le dimanche 20 février. En 2012, ce sera le cinquantenaire de la fin du conflit en Algérie, l’organisation d’un voyage est envisagée.

    Avant le verre de l’amitié, une surprise attendait un adhérent du groupe, Alain Hermand, qui est également correspondant Argonne de l’association Roseau (cancer de l’enfant), lorsque le bureau lui remit un chèque de 200 euros en soutien des activités organisées pour le mieux être des enfants malades et de leurs familles.

     

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    Union101216a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Jamais les Rapatriés n’ont été radiés d’une compétition footballistique

    Jean Arbassette : « Le président de la ligue a déjà confondu ».
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  • L’équipe championne départementale, saison 74/75 : « Je pense qu’il a lieu de réviser les termes employés ».
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  • Non, le club des Rapatriés de Châlons n’a historiquement jamais eu d’ennuis lors des compétitions de foot, contrairement aux rumeurs qui courent après les incidents récents entre les Marocains de Châlons et une formation ardennaise.

    « DANS le code disciplinaire de la ligue, l’éventail des sanctions prévoit jusqu’à la radiation du club. Toutes les équipes sont dissoutes. En 1996, les Rapatriés, autre club de Châlons, ont subi cette sanction. A l’époque, elle avait été prononcée par le président du district et de la commission régionale d’appel, Jean-Claude Hazeaux. »

    A la lecture de cette phrase, publiée dans nos colonnes le 1er décembre, Jean Arbassette, a fait des bons : « On m’a téléphoné d’un peu partout, pour que je fasse quelque chose et démentir ». Jean Arbassette est le fondateur de l’Union sportive du rassemblement régional des Rapatriés en 1965, au sein de laquelle il était également joueur. Il était là dix ans plus tard, en 2e série Marne quand l’équipe première a emporté le trophée au terme de la saison 1974-1975.

    Rapatriés de colonies anciennes

    Et il était toujours présent lorsque peu avant les années quatre-vingt, l’union a été dissoute : « Nous étions en promotion 1re série. Le fonctionnement du club commençait à coûter cher. Faute de moyens, nous avons décidé d’arrêter ».

    Qui donc mieux que lui a plus de crédit pour témoigner que jamais l’Union sportive des Rapatriés n’a jamais été dissoute d’une compétition de football ? Alors, pourquoi cette confusion ? : « Environ dix ans plus tard, un club s’est créé, celui des Français musulmans. Ils sont venus me voir pour me demander s’il pouvait rajouter le mot « Rapatriés » à leur nom. J’ai dit non, que ce n’était pas la même chose, qu’eux étaient nés sur le sol français, mais c’était déjà trop tard, l’appellation était déjà déposée ».

    Ce club aurait eu sur le terrain un comportement tel qu’il a été radié, mais là n’est pas le propos pour Jean Arbassette. Accroché à la précision historique, il rappelle que le terme de Rapatriés ne doit pas être employé à l’emporte-pièce et de manière impropre : « Il a été réservé aux seuls rapatriés de colonies anciennes et plus particulièrement aux rapatriés d’Algérie postérieurs à tout ce qui a conduit aux événements graves, et aux guerres passées ».

    Violence et sport

    Homme sensible et de tolérance, Jean Arbassette ne veut pas aller plus avant dans la polémique mais il reste agacé : « Il y a une dizaine d’années, c’était lors de la venue de Guy Roux à Châlons, dans une discussion, Jean-Claude Hazeaux, qui était alors président du district de foot, et pas encore président la ligue, m’a dit qu’il y avait des problèmes avec le club des Rapatriés de Châlons. Il confondait déjà. Je lui avais dit alors que ce n’était pas nous, surtout que nous étions dissous ! Aujourd’hui, nous avons l’impression d’avoir été montrés du doigt ! Nous ne pouvons tolérer qu’un président de ligue puisse qualifier ou comparer des actes d’une telle gravité à nos compatriotes ». Et il ajoute : « Je pense qu’il a lieu de réviser les termes employés ». Il pense par ailleurs aussi qu’on ferait bien de tout mettre en œuvre « pour apporter une quelconque réponse au problème posé qui ne nous permet pas de comprendre pourquoi autant de violence et associée au sport… »

    Fabrice MINUEL

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    Union101215a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Trois démissions en cinq mois à l’Amicale parachutiste : Le sujet abordé le 23 janvier lors de l’assemblée générale

    « L’Amicale parachutiste de Vitry-le-François ne vole pas en éclats », estiment le président René Beaujoin, la secrétaire Hélène Beaujoin et la trésorière adjointe Dominique Selve. « Malgré trois démissions, elle continue ses activités avec toujours autant d’ardeur ».

    Comme nous le relations dans notre édition du 7 décembre, l’Amicale parachutiste a enregistré trois démissions en cinq mois à peine : le trésorier Régis Fagot ; le 1er vice-président ainsi que le 2e vice-président, Gilbert Charlier. « Un bureau et un comité sont toujours en place, rappelle le président René Beaujoin. Moi-même, la secrétaire et la trésorière adjointe avons été élus pour trois ans le 14 mars dernier et nous ne sommes pas démissionnaires ».

    Une assemblée générale est prévue le dimanche 23 janvier, à partir de 10 heures, probablement à la cafétéria « Chez Loulou », le lieu restant à confirmer.

    « Le sujet (NDLR : les démissions successives) y sera abordé », indique René Beaujoin qui ne souhaite pas polémiquer.

    En attendant, l’Amicale parachutiste de Vitry-le-François fêtera Noël le dimanche 19 décembre, à 12 heures, à la cafétéria « Chez Loulou ». Elle offrira le repas aux membres âgés de plus de 70 ans et à leur conjoint.

    S.G.

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    Union101214c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Ils ont reçu des colis de Noël : L’Onac gâte les anciens combattants

    Les résidents de la maison de retraite Jean-Juif.
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    Comme chaque année, le directeur départemental de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac) a fait distribuer un colis de Noël à chacun de ses anciens combattants ou veuves de guerre.

    Les résidents de la maison de retraite Jean-Juif l’Arc-en-ciel de Vitry-le-François viennent de recevoir ce colis ce vendredi 10 décembre, en début d’après-midi. Ils sont 5 anciens combattants et 14 veuves, âgés de 71 à 99 ans.

    Cette remise a été effectuée par Éric Rochette, responsable de la solidarité, Aurore Parizet, chargée des cartes et titres à l’onac, et Bruno Dupuis, chargé de communications de l’Onac Marne, en présence du personnel de l’établissement et notamment de Fabien Drouot, directeur adjoint du Centre hospitalier de Vitry-le-François.

     

     

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    Union101214b - Marne
    COURTISOLS : Souvenir français : beaucoup de projets

    Une assemblée nombreuse.
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  • L’association du Souvenir français s’est réunie en assemblée générale autour de son président M. Dupuis.

    Après la présentation du bilan financier qui souligne une gestion saine de l’association et un bilan positif, M. Dupuis présentera le bilan des activités 2010 avec les traditionnelles cérémonies commémoratives (8 mai, 11 novembre, passage de la Flamme sacrée). Mais il retiendra surtout la cérémonie franco-britannique (sur les tombes des soldats britanniques tombés à Courtisols) qui fut une « réussite totale ». Les Britanniques ont d’ailleurs déjà repris contact pour renouveler la manifestation l’an prochain.

    Réussite aussi pour la sortie pédagogique avec les CM1 et CM2 des écoles, ainsi que pour les actions pédagogiques menées en partenariat avec les ados du LDJ.

    Pour 2011, le programme sera de nouveau chargé et riche en événements avec l’accueil des Britanniques le 1er mai, une nouvelle sortie pour les scolaires, une action avec un groupe d’ados, et une l’organisation, si possible, d’une journée Mémoire, Culture, Histoire proposée à tous, le 25 juin à Verdun (50 places disponibles).

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    Union101214a - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Entouré de ses proches L’abbé Jean Regnaud a fêté ses 100 ans

    L’abbé Regnaud a soufflé la bougie de son centenaire.
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  • Jeudi 9 décembre, des représentants de la municipalité, des anciens combattants et des amis proches ont envahi le petit salon de Jean Regnaud. L’ancien curé de Sermaize fêtait ses 100 ans. En l’absence du maire, le premier adjoint Alain Pauphilet a rendu hommage à ce fils de cheminot qui a « mené une vie active au service des autres ».

    Le 1er mai 1934, après sept années d’études au séminaire de Châlons, il est ordonné prêtre par Mgr Tissier, évêque de Châlons. Dès 1933, il est professeur au collège Saint-Etienne. En septembre 1939, il est mobilisé et combat comme sous-officier chef de section. Fait prisonnier, il passe par plusieurs camps dont le camp disciplinaire de Warnemünde sur la Baltique réservé aux prêtres rebelles ou suspects.

    La musique et l’écriture

    De nouveau professeur à Châlons, un passage à Château-Thierry, il arrive à Vitry-le-François en 1960. En 1967, au moment de choisir parmi les cures qui lui sont proposées, il découvre la belle église de Sermaize qui, c’est important, possède un orgue car l’abbé Regnaud est passionné de musique.

    Quand il était professeur à Châlons, il avait un orchestre dans lequel ont joué deux élèves originaires de Sermaize ; et à Vitry il s’occupait entre autre de la chorale.

    Las, à Sermaize, l’orgue ne fonctionne plus depuis 1940 ! Grâce à des mécènes du monde du champagne, à la commune et au conseil général, il le fait réhabiliter.

    Autre passion de Jean Regnaud, l’écriture. Il a longtemps collaboré à des revues et journaux nationaux, religieux comme profanes ; il a notamment été journaliste à Télérama. Chaque jour, un ami lui apporte l’union de la veille.

    Avant de souffler la bougie symbole, de partager le gâteau et le verre de l’amitié, le nouveau centenaire a reçu une jolie plante et quelques douceurs.

    Au cours de la conversation il a raconté quelques anecdotes, montré qu’il avait toujours de l’humour et répondu à quelques questions. « Quel est votre souvenir la plus marquant ? Le plus beau jour de ma vie, c’est ma libération : vous êtes libre ! Le secret de votre longévité ? La foi en Dieu et en les Hommes ; la foi n’est rien sans l’amour des Hommes. » L’abbé a toujours aimé « vivre dans le monde ».

    Jusqu’en septembre 2009, il se rendait chaque jour à l’église, heureux de bavarder avec les uns et les autres. Aujourd’hui cette sortie quotidienne lui manque beaucoup.

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    Union101212c - Marne
    MAISONS-EN-CHAMPAGNE : L’Onac gâte les anciens combattants

     

    Comme chaque année, le directeur de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac) de la Marne a fait distribuer un colis de Noël à chacun des anciens combattants ou veuves, présents dans une maison de retraite.

    Les résidents de la maison de retraite Domremy de Maisons-en-Champagne viennent de recevoir ce colis ce mardi en début d’après-midi. Ils sont deux anciens combattants et une veuve de guerre 39/45, âgés de 75 à 89 ans.

    Tradition bien ancrée et attendue, les résidents de la maison de retraite ont reçu leur colis de Noël dans une ambiance très conviviale, en présence du personnel de l’établissement.

     

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    Union101212b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Serviteurs de la France sur trois générations

    La tombe de Camille Margaine.
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  • Une vue de la maison de famille.
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  • La chapelle.
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  • DEPUIS le XVIIIe siècle, les Margaine sont solidement implantés à Sainte-Ménehould. Ils y occupent des rangs élevés dans le fonctionnariat local : vérificateurs des douanes, avocat au Parlement, conseiller du roi voire procureur impérial. De même dans les branches alliées, ils comptent parmi eux un président du tribunal civil de la ville, un maître de la poste aux chevaux, un notaire, un avoué, un président du grenier à sel. Le premier de leurs ancêtres connu est Claude Margaine, trésorier-receveur de la ville.

    Le maire résiste à l’occupant

    Camille est né le 4 décembre 1829. Formé à Saint Cyr, dont il sortira sous-lieutenant, participe à la conquête de l’Algérie, puis à la guerre de Crimée, retourne en Afrique au grade de capitaine jusqu’en 1863, année où il quitte l’armée, quelque peu déçu par ses perspectives de carrière.

    Il regagne l’Argonne et s’y marie avec Lucie Victoire Simon dont il aura quatre enfants, une fille, Jeanne, et trois fils, Henri, Alfred et Albert. Élu maire de Sainte-Ménehould, puis conseiller général, il restera associé de longues années à la vie politique locale.

    La guerre de 1870 le trouvera premier citoyen de la cité, face à l’occupation allemande. Tous les historiens locaux s’accordent pour louer son attitude courageuse dans la circonstance, affrontant et tenant tête au vainqueur, malgré sa position difficile.

    En 1871, il ira à Paris occuper sa place de représentant de la Marne, inscrit au groupe de la gauche républicaine. Sénateur en 1888, il y marquera son passage par la déposition de deux lois, l’une sur les effectifs de l’armée et l’autre sur les conditions de recrutement. Il meurt à Paris en 1893. Son corps repose toujours dans le monument quelque peu à l’écart au cimetière du château.

    Faire barrage à Pétain

    Son fils Alfred, qui a vu le jour le 18 janvier 1870 à Menou, est devenu polytechnicien et ingénieur des ponts et chaussées. Il exerce à Digne, Marseille et Paris. Lui aussi fera carrière en politique puisqu’il sera élu à Sainte-Ménehould, puis deviendra député et conseiller général de Ville-sur-Tourbe en 1910. De son mariage avec Marie-Louise Collinet, il aura quatre filles et un fils, Jean.

    Au début de la première guerre mondiale, il sera brièvement sous-secrétaire d’État, puis il s’impliquera dans le conflit dans les rangs du Génie, comme chef de bataillon. De retour de la guerre, il sera réélu sans interruption jusqu’à la seconde guerre mondiale.

    A ce moment de sa carrière, il entre dans l’histoire. En juillet 1940, les députés doivent en effet voter la dissolution de l’assemblée nationale et déléguer le pouvoir au Maréchal Pétain. 592 d’entre eux votent pour et 3 contre dont Alfred Margaine. On le retrouve alors dans le groupe des 80 opposants à laisser le pouvoir à Pétain les 9 et 10 juillet. Après cet épisode, il quitte la politique et se retire en Touraine où il mourra en 1953.

    Mort en déportation

    Polytechnicien à son tour, son unique fils, Jean Margaine, deviendra directeur commercial aux usines Peugeot. Parfait descendant d’une lignée qui a toujours dit non à l’oppresseur, il y deviendra à son tour membre actif de la résistance.

    En liaison avec Londres, il donnera des indications à la RAF pour diriger le bombardement des usines de Sochaux, alors utilisées par les Allemands pour fabriquer, entre autres, des patins de chars. Dénoncé par l’industriel allemand en place, ami de Göring, Jean est arrêté avec six autres de ses camarades.

    Il connaîtra les rigueurs du Struthof, puis celles de Schömberg entre Tübingen et Rotweil, les fameux commandos de « l’entreprise désert ».

    De là, il sera envoyé mourir à Bergen-Belsen où des amis l’auront aperçu avant qu’il disparaisse définitivement dans l’enfer de ce mouroir.

    « Trois générations qui se seront illustrées aussi dignement et généreusement les unes que les autres » selon le mot du chroniqueur Bernard Teinturier.

    Le n° 84 d’horizons d’Argonne évoque les Margaine en ces termes : « 100 ans au service du pays ».

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    Union101212a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    La Lorraine intègre le Reich

    Alors qu’approchent les fêtes l’image qui domine est que les Allemands s’emparent de tout.
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  • On se moque toujours de la propagande gaulliste.
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  • Le découpage de la France en zones est très critiqué par les Français libres.
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  • La colère des Français libres est vive et les propos tenus dans l’émission « Les Français parlent aux Français » atteste une authentique véhémence contre Berlin. Les certitudes du gauleiter Joseph Bürckel sont pour le général de Gaulle la preuve que l’Allemagne a bien l’ambition de découper en tranche la France historique pour constituer son nouvel Empire européen. Bürckel donne des arguments qui mettent au jour le puzzle que le Reich est prêt à assembler. N’annonce-t-il pas que la Lorraine et la Sarre sont désormais unifiées administrativement et forment sur la frontière occidentale de l’Allemagne le pendant de l’Ostmark constitué par l’Autriche occupée ? Autrement dit, la Lorraine est bien intégrée au Reich hitlérien. Yves Morvan s’époumone contre une telle violation du droit international : « Ainsi, sans attendre un traité de paix, l’Allemagne appliquant avec cynisme la loi du vainqueur, annexe une partie de la France. Cette nouvelle va plonger les Français dans la douleur et dans la stupéfaction ». S’il estime que la blessure est profonde c’est qu’il rappelle que les Lorrains ont prouvé par des sacrifices répétés et par leur loyalisme sans défaillance, leur attachement à la France et à son drapeau tricolore : « Ils sont arrachés à la patrie et soumis sans réserve à la domination du plus impitoyable des oppresseurs ». S’il évoque un temps de stupéfaction c’est que le gouvernement de Vichy a dit, à plusieurs reprises, qu’il n’y aurait aucune cession territoriale. Le maréchal Pétain est donc pris en flagrant délit de mensonge.

    L’orateur devant le micro de la BBC tonne : « Hitler avait fait miroiter les avantages d’une collaboration franco-allemande incompatible avec la mutilation de notre pays. L’incorporation de la Lorraine au Reich nous apporte à la fois la preuve que le gouvernement de Vichy est incapable de s’opposer à la mainmise de l’Allemagne sur nos terres et qu’Hitler est résolu, en dépit de tous les serments et de toutes les promesses, à réaliser jusqu’au bout son désir de dominer et de démembrer la France ». Il y a par cette décision politique et territoriale, une chute des masques. Vichy a triché avec la confiance des Français puisque les relations particulières développées vers le chancelier du Reich étaient destinées à freiner ses ardeurs de domination et d’annexion : « En maintenant l’intégrité de la France, Hitler n’avait qu’une chance de se concilier la bonne volonté des Français. C’était en montrant qu’il avait renoncé à ses ambitions et que la collaboration proposée allait signifier un accord loyal reconnaissant l’existence et la survivance de la France intégrale ». Dans les faits la tromperie est énorme et la déchirure du voile des complicités malsaines entre Vichy et Berlin, met au jour la vérité brutale.

    Le gauleiter Bürckel est formel. Il justifie le transfert de la Lorraine comme simple petite province du Grand Reich. Il pousse le cynisme jusqu’à plagier Hitler après le retour de la Sarre puis de la Rhénanie dans l’ensemble administratif allemand : « La lutte séculaire est close ». Morvan le défie en lui demandant s’il est assez sot pour croire que les Français ont la mémoire sélective ou atrophiée, le patriotisme tiède : « Croient-ils, lui et son maître, que les Français vont se laisser prendre à ce nouveau mensonge ? Croient-ils qu’ils vont pouvoir, par cette rhétorique usée, faire admettre aux Français que l’incorporation de la Lorraine est la dernière de leurs ambitions ». Il faut faire réfléchir les citoyens, aussi bien ceux de la zone interdite, de la zone occupée ou de la zone libre qu’il existe une grave menace sur la survie tout simplement de la France dont l’intégrité des frontières est chirurgicalement modifiée par le scalpel du vainqueur. « Les rares Français qui ne l’avaient pas encore fait vont comprendre que si aujourd’hui l’Allemagne incorpore la Lorraine, demain, elle présentera d’autres exigences sur la France, sur son Empire et qu’elle les réalisera s’il le faut par la force. Comment se laisser prendre désormais aux chimères de la collaboration ? Aux mensonges de la politique de la main tendue ? ». Pour les Français libres, il est clair que le Reich vient de donner la mesure de son ambition effrénée en se saisissant de la Lorraine. D’où l’urgence de se donner les moyens de contrer les attaques inlassables menées contre la France. « En pliant les Lorrains sous la poigne d’une brute, d’un Bürckel qui dut cesser d’être gauleiter de l’Autriche à la suite des scandales provoqués par son ivrognerie notoire, L’Allemagne montre son visage le plus noir ». Pour De Gaulle, il faut dénoncer cette mascarade et dire qu’un voyage à Berlin d’un important membre du gouvernement de Vichy est alors à l’étude. « Hitler favorise ce déplacement parce qu’il sait qu’il lui sera possible d’obtenir encore d’autres concessions plus vastes, plus complètes : des concessions qui lui mettront la France mieux en main et qui lui fourniront sans doute l’occasion de répéter chaque fois avec une ironie sinistre : la lutte séculaire est close ». Le discours des gaullistes est clair. Il faut démontrer aux Français qu’Hitler ne s’arrêtera pas tant que la France ne sera pas sans défense, déshonorée, soumise à toutes les violences imaginables. L’hiver est le meilleur temps pour qu’il durcisse ses exigences. Pour la simple raison qu’au printemps, il trouvera une Grande-Bretagne plus forte et volontaire pour en découdre en augmentant sa pression militaire. Morvan extrapole sans être dans l’erreur : « De la mer Ionienne au fond de la Méditerranée orientale, l’initiative lui échappe en échappant à son lamentable complice de Rome dont les troupes, selon le journal de l’armée russe ont été manifestement refoulées par les Grecs qui, désormais, occupent les points stratégiques les plus favorables ». C’est la raison qui pousse les services de Goebbels à axer leur propagande pour justifier que la défaite de la Grande-Bretagne ne peut pas être obtenue en quelques semaines. Aussi le chroniqueur met-il une nouvelle fois en garde ses auditeurs contre Hitler : « L’éloignement de la victoire va le pousser à tenter de précipiter la domination de la France. Mais l’éloignement de la victoire allemande va pousser la France à résister mieux que jamais aux tentatives du Reich ».

    L’occasion est trop bonne pour expliquer que dans le même temps, les volontaires rejoignent de Gaulle en plus grand nombre. Une visite d’un bureau de recrutement des Forces françaises libres est opportunément commentée : « Il y a là : un marin du Massilia, deux Français de Buenos Aires, deux autres de Shanghai, un jeune scout parti à pied de Paris, un jeune Français du Chili qui, lui, n’a jamais vu la France, deux Marocains, un soldat de 19 ans, engagé volontaire de la guerre, qui s’est échappé d’un camp de prisonniers et qui vient de traverser la France, l’Espagne et le Portugal ». Bien sûr ces exemples choisis sont déterminants. Ils illustrent qu’on peut s’évader pour continuer à se battre, que le Gaullisme a désormais un écho mondial, que l’envie d’être un insoumis au nazisme et à Vichy est porteur d’espérance. Au-dessus de la cheminée de la pièce où on trinque à l’arrivée de ces volontaires courageux, est placé un écriteau : « Moi je suis là, joyeux de ne rien voir plier. Je dis à tous d’aimer, de lutter, d’oublier. De n’avoir d’ennemi que l’ennemi, je crie. Je ne sais plus mon nom, je m’appelle Patrie ».


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    Pied de nez à l’Italie

    Les Italiens sont-ils en fuite Mussolini en tête ? Toujours est-il qu’ils accumulent les revers.
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  • Maurice Schumann : toujours aussi incisif.
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  • Les contre-performances des armées italiennes offrent aux Français libres l’opportunité de quelques exercices d’humour. Maurice Schumann excelle dans cet exercice qui est diffusé à plusieurs reprises dans la première quinzaine de décembre 1940. Son introduction donne le ton de ce plaisant quart d’heure : « A la frontière franco-italienne, les soldats français ont dressé l’écriteau : avis à l’armée grecque, ici frontière française » ! Cette affirmation pleine de la malice signifie qu’en forçant un peu, les soldats d’Athènes vont parvenir jusqu’à la Côte d’Azur tant les revers militaires accumulés par les soldats de Mussolini témoignent de graves lacunes stratégiques et tactiques. « Ainsi, même en décembre 1940, l’Italie fasciste parvient à faire rire la France. Depuis qu’elle s’est jetée sur la Grèce, c’est le seul succès qu’elle ait remporté ». Autant Schumann est corrosif, autant il sait être fidèle aux enseignements de l’histoire. C’est pourquoi il distingue l’Italie mussolinienne, de celle de la Grande Guerre et cite sa conversation avec le ministre britannique Amery qui lui a confié : « Ces mêmes divisions alpines, taillées en pièce depuis cinq semaines par l’armée grecque, se sont vaillamment battues en 1918 ». Avant de trouver une excuse à leur débandade : « Pourquoi voulez-vous que les Italiens se fassent tuer dans une guerre d’agression, dont le seul résultat, en cas de victoire, serait d’asservir, pour deux ou trois siècles, leur patrie à l’Allemagne ? C’est la logique des dictatures que de contraindre un peuple à faire la guerre contre lui-même ». Cette approche du sujet est aussi une fenêtre de tir contre le principe de collaboration qui a dans l’Hexagone les mêmes effets néfastes qu’entre l’Italie et l’Allemagne. Les ministres du gouvernement de Vichy sont taclés sévèrement : « Pour mendier un sourire à Mussolini, pour se ménager l’alliance des fuyards de Tarente et de Koritza, ils étaient prêts à tout sacrifier, tout jusqu’à l’intégrité territoriale de l’Empire, à laquelle les néfastes accords de Rome, en janvier 1935 portèrent un premier coup. Car les seuls traités que signe Vichy sont ceux qui préparent ou consacrent la mutilation de la patrie ». Si l’on résume alors la pensée de Maurice Schumann : collaborer à la déroute de la France est la seule manière de se ménager les bonnes grâces du vainqueur ! C’est aussi l’occasion de rappeler que Laval a défendu une politique privilégiée avec l’Italie fasciste qui subit de lourds revers alors que l’Angleterre honnie par le même ministre, est exemplaire dans son aptitude à résister et conjurer le mauvais sort. L’orateur de la France libre ne demandait-il pas le 2 décembre : « Dites-nous pourquoi M. Laval, vos intrigues empêchent nos armes de participer à la revanche du droit ? Pourquoi, par votre faute, notre flotte et notre armée d’Afrique, intactes au jour funeste de votre armistice, sont frustrées de l’honneur et du plaisir de précipiter la débâcle fasciste qui libérera notre Tunisie, notre Corse, notre Somalie, nos Niçois, nos Savoyards, des convoitises ridicules et pourtant acharnées de votre ami Mussolini ? ». Schumann accuse la désinformation de Vichy d’être décalquée sur celle de Berlin. Il cite en exemple la disparition du pilote marnais Henri Guillaumet qui emmenait le Haut-commissaire Chiappe au Levant lorsque l’appareil a disparu audessus de la Méditerranée : « Immédiatement, sans preuve ou plutôt contre toutes les preuves, Vichy décide que la RAF est coupable. On oublie de nous dire que quelques jours avant son départ, M. Chiappe, patriote corse, eut une vive altercation avec un diplomate italien, pourquoi le président du conseil municipal de Paris sollicita un poste hors de France, parce que cinq mois de collaboration forcée avec l’ennemi avaient épuisé sa patience et lassé sa dignité ».


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    Otto Abetz libère Pierre Laval

     

     

    Si Laval aime la chasse, c’est lui qui est chassé !
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  • Pierre Caziot, ministre de l’Agriculture compte les points.
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  • M. Peyrouton, ministre de l’Intérieur, sa police s’en prend à Laval.
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  • L’amiral Fernet, secrétaire général du gouvernement et opposant à Laval.
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  • Yves Bouthillier, ministre des Finances mène la fronde.
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    TOURMENTE. L’ambassadeur allemand rue dans les brancards et se déplace à Vichy puis à Châteldon pour ramener l’ancien vice-président du Conseil à Paris et le placer sous sa protection.

    C’est en cortège que Laval est emmené sans incident jusqu’à sa demeure de Châteldon où il se trouve désormais en résidence surveillée. Lorsqu’il y parvient, il constate que des gendarmes en ont encerclé le périmètre. Pierre Mondanel, directeur central de la police judiciaire décide de ne pas imposer la présence d’un policier dans la chambre de l’ancien vice-président du Conseil. Il applique la recommandation de l’amiral Darlan : « de voir Laval entouré d’égards ». Avant de rentrer à Vichy, Mondanel s’empare des deux cartables de cuir de Laval et fait libérer le chauffeur tout en confirmant que le véhicule de l’ancien homme fort du gouvernement et les archives qu’il contient restent placés sous scellés. Il peut alors, dans son rapport, préciser au ministre de l’Intérieur et à Chavin, directeur de la Sûreté nationale : « L’arrestation du président Laval s’est déroulée correctement et sans bavures ». Toutefois, la reprise en main est très démonstrative. L’hôtel du Parc est investi par les hommes en armes du groupe de protection du colonel Groussard. Devant chaque porte se tient une sentinelle mitraillette à la taille. Plusieurs hauts fonctionnaires sont placés sous contrôle parmi lesquels Fernand de Brinon dont on sait les relations privilégiées qu’il entretient avec l’ambassadeur Otto Abetz. Il y a aussi le journaliste René Vallet qui veille sur les diplomates et reporters allemands qui séjournent dans l’Allier. D’autres administratifs moins connus voient leurs libertés réduites.

    Le 14 décembre 1940, Pétain mandate un officier de marine porter une lettre à remettre au führer et qui doit transiter par les services d’Otto Abetz. Le porteur de pli est reçu par le général de La Laurencie. Bientôt, un deuxième officier se présente avec une seconde version du courrier destiné à Hitler ! A 11 h 15, le général est reçu, rue de Lille par Otto Abetz en présence de ses conseillers spéciaux Aschenbach et Schleier. L’ambassadeur est furieux, il invective, éructe des propos d’une violence inouïe. L’Allemand exige que toutes les personnes qui sont détenues parce qu’elles ont adopté des positions favorables à une collaboration renforcée et sincère entre Berlin et Paris, soient relâchées sur le champ. Laurencie réplique qu’il n’a d’ordres à recevoir que de son gouvernement. Abetz s’emporte une nouvelle fois avant de quitter un moment la pièce où se tient cette réunion si houleuse. A son retour, il pose trois conditions qui ne sont pas négociables : la libération de Marcel Déat, l’établissement dans l’heure d’une liaison téléphonique avec Brinon qui est toujours à Vichy pour s’entretenir avec lui, l’interdiction formelle de procéder à l’arrestation d’un homme politique ou d’un journaliste sans l’approbation préalable des autorités d’occupation. L’ambassadeur revient à la charge et s’insurge contre la suppression de fait de l’acte constitutionnel n° 4 qui prévoyait que Laval était le dauphin, le successeur désigné de Philippe Pétain. Une fois sa colère passée, Abetz claque la porte. La Laurencie téléphone à Vichy pour faire le point de la situation et résume la tempête politique parisienne ! Le cabinet du maréchal ordonne à La Laurencie d’accepter les trois conditions énumérées par Abetz et lui demande de préciser que la question de l’acte constitutionnel n° 4 sera soumise à un collège d’experts juridiques. Le général français convoque en tout début d’après-midi le colonel von Otzen qui est l’officier de liaison du général von Stülpnagel, gouverneur militaire de la France occupée. Il lui signifie l’entretien particulièrement difficile qui a eu lieu avec Abetz et exprime son indignation d’avoir été traité avec autant d’irrespect. Le colonel en prend bonne note et tient à ce que le maréchal Pétain soit rassuré. Il rappelle que si le chef de l’Etat français accepte de venir s’installer à Versailles, une garde allemande pourra lui être fournie mais une garde française sera de toute manière autorisée ! On croit rêver parce que l’officier sait à merveille s’écarter du sujet justifiant sa présence.

    L’ambassadeur Otto Abetz décide de se rendre à Vichy. Le 16 décembre, il part vers la ville thermale avec un convoi de six véhicules bourrés d’hommes en armes. A peine arrivé, il s’emporte, tempête, exige la libération immédiate de Pierre Laval : « un grand Français ». Il se rend à Châteldon où l’ancien vice-président du Conseil est assigné à résidence. L’ambassadeur allemand y est très bien reçu : « Vous êtes des amis, de vrais amis. Vous venez voir un ami dans la peine. Jamais je n’oublierai votre geste. Cette visite chez moi aujourd’hui, c’est très chic ». Si Laval en fait tant et considère Abetz comme son sauveur c’est qu’il craint pour sa vie. De fait l’ambassadeur obtient de repartir avec Pierre Laval. Après un dîner au restaurant Chanteclerc à Vichy, l’ancien bras droit de Pétain regagne Paris sous la protection des hommes d’Abetz. L’ambassadeur s’active pour obtenir le remplacement de La Laurencie que Laval déteste. Fernand de Brinon lui succède. Lors de la passation de pouvoir, le général refuse de lui serrer la main. Un collaborateur de l’officier déclare à Brinon très mal à l’aise : « Nous venons d’assister non pas à une exécution mais à une expiation ».

    Des mesures de rétorsion contre le gouvernement de Vichy sont ordonnées par Berlin et Abetz va les faire appliquer avec zèle : « Le passage de la ligne de démarcation aux ministres français et aux secrétaires généraux des administrations centrales est interdit ». Ce qui ne peut qu’impliquer un lourd dysfonctionnement des services. Tandis que la presse parisienne contrôlée par les auxiliaires d’Abetz s’emporte contre le gouvernement Pétain, l’inquiétude grandit dans les ministères. Hitler pour faire pression a ordonné le déplacement de plusieurs unités le long de la ligne de démarcation. Que ce soit à Bordeaux, à Moulins, à Chalon-sur- Saône, cette présence hypothèque le statu quo. A Vichy, le climat est effroyable. La Laurencie en est le témoin dès son retour. Le désarroi et les dissensions aboutissent à une paralysie de l’institution. Peyrouton dénonce Alibert et vice versa. L’amiral Fernet, secrétaire général de la présidence du Conseil accuse les deux ministres de comploter. Le général s’étonne d’autant de gamineries qui sont des faiblesses de caractère préjudiciables à la tenue de l’Etat français. Bouthillier grommelle : « La candeur, la naïveté, pour ne pas dire l’irréflexion de cette opération va compliquer nos relations avec Berlin, ce qui n’est pas une bonne nouvelle ». Si selon les rapports préfectoraux le renvoi de Laval satisfait plutôt dans les milieux populaires, il est moins bien accueilli dans les milieux financiers et industriels. On y met en garde contre un fort courant d’opposition morale à la collaboration franco-allemande et contre une défiance croissante à l’égard des commerçants qui détiendraient des stocks alors que le manque de denrées alimentaires s’accroît. Abetz se frotte les mains. Il a marqué des points et montré que les Allemands ont une vraie emprise sur le gouvernement de Vichy.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD

    h.chabaud@journal-lunion.fr

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    NOIRLIEU : Réunion d’automne des ACPG - CATM : Les anciens combattants en Europe centrale

    La réunion d’automne des ACPG - CATM de Givry-en-Argonne et Vanault-les-Dames a réuni une soixantaine de personnes à la salle des acacias de Noirlieu sous la présidence de François Lefort.
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  • Elle a pour but de donner les différentes applications des lois concernant les anciens combattants, mais aussi, c’est l’occasion de donner et de prendre des nouvelles de ceux qui ne peuvent plus se déplacer ou qui sont hospitalisés.

    Des colis ont été préparés pour toutes ces personnes y compris les veuves d’anciens combattants.

    Après la répartition des calendriers à distribuer dans les foyers des communes avec les timbres d’adhésion, il a été question du voyage effectué en Tchéquie en septembre dernier.

    Naturellement, le trésorier a présenté un bilan financier bien équilibré de ces sept jours où 55 anciens combattants et amis ont apprécié cette sortie en Europe centrale, fatigante, certes, mais tellement intéressante tant pour sa culture, que la richesse de son histoire et ses monuments. Les Argonnais ont eu l’occasion de visiter une ferme de 300 ha prés de Kralovise.

    La ville de Prague les a marqué par la découverte de la vieille ville Stare Mestro avec ses églises de toutes les époques, ses tours, en particulier celle de l’horloge qui domine toute la capitale. Ils ont également découvert la Bohème sud avec la visite du château Hluboka. Tous les participants sont entièrement satisfaits et le projet du voyage 2011 est déjà à l’étude.

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    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Une figure de la Résistance à la rencontre des élèves de Notre-Dame - Perrier : L’émouvant témoignage de Jean Chabaud

    De nombreux élèves ont souhaité s’entretenir en particulier avec M. Chabaud, à l’issue de cette conférence-témoignage
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  • VERITABLE cours d’histoire en direct avec un témoin pas avare en dates, en détails et anecdotes, c’était hier matin au collège Notre-Dame - Perrier. L’auditoire fut conquis, prenant de nombreuses notes quant au récit proposé par Jean Chabaud, le président de Ceux de la Libération Marne et des Combattants volontaires de la Résistance, à l’occasion d’une conférence-témoignage.

    Après avoir évoqué sa jeunesse et notamment avril 1940 où il rejoint Cluny (Saône-et-Loire) - son père fut un brillant enseignant des Arts et Métiers -, Jean Chabaud se rappelle d’un sous-lieutenant stoppant net un convoi d’officiers, de femmes et enfants afin d’y charger les blessés d’un train mitraillé par les Italiens. « Un facteur m’a dit : gamin quand tu vois ça, tout est foutu ». C’est ainsi que débute un exposé riche en émotion ramenant alors l’auditoire au collège de Châlons, au début des années 40, établissement occupé par des troupes maniant des armes afin de narguer les gamins de l’époque. « Parmi le plus terrible, c’est l’éducation instaurée par Pétain et ces cours de civisme s’achevant par Maréchal nous voilà. A plusieurs nous chantions Charles nous voilà ». Privé de chant ? « Pas un souci, je chantais faux »

    Interrogatoires musclés

    Qu’est-ce que la Résistance ? La question sera posée lors de l’échange avec les élèves : « C’est tout simplement s’insurger contre le régime qui nous était imposé », poursuit Jean Chabaud avec clarté et concision, revenant longuement sur la police de Vichy et la Gestapo (sujets du concours cette année). L’invité des collégiens, un invité pas comme les autres, revient ensuite sur le 7 janvier 1944, jour où son père fut arrêté car « vendu » par un chauffeur du Génie de Reims. « J’ai vu deux gars de la Gestapo rentrer et le regard de mon père a croisé le mien. J’ai compris qu’il avait glissé quelque chose dans le placard ». Communication père-fils efficace même en ces temps difficiles : il s’agissait des plans de la prison de Châlons sortis des archives. La même peine sera infligée à Jean, arrêté lui aussi par la Gestapo le 1er février. « J’ai rejoint la cellule 47 le soir et fus longuement interrogé au siège, cours d’Ormesson. J’ai pris une raclée et ai été obligé de me mettre à genoux sur un bout de rail ».

    « Morgen Todt »

    Le témoin se rappellera pour toujours du 18 février, sortant de sa cellule et remarquant un petit bonhomme : Émile Rochet. « Les Allemands ont lancé Morgen Todt. Ce dernier fut fusillé le lendemain au terrain de la Folie sous prétexte qu’il était communiste ».

    Les collégiens prennent de nombreuses notes, notamment quand l’ancien résistant évoque des interrogatoires musclés, les pièges tendus dans lesquels il ne tombera pas, de ces Allemands qui le suivaient alors qu’il sortait de la préfecture, direction la prison, afin d’être libéré.

    « Jean fais gaffe, tu en as un dans le dos », lui susurre une connaissance. M. Chabaud ne s’échappera pas. Bien lui en a pris. Et de revenir sur le jour de la libération de Châlons à la suite d’une question. « Ce jour-là, j’ai joué le Saint-Bernard avec un religieux. Les collaborateurs n’avaient pas attendu, les Vichyssois non plus, laissant leurs femmes et enfants que nous avons protégés ».

    L’exposé pourrait durer des heures vu le témoignage fort. A l’issue de ces deux heures, des collégiennes remettent de petits présents à Jean Chabaud, le privilège de s’entretenir en tête à tête quelques secondes supplémentaires.

    « Merci Monsieur ».

    David ZANGA

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    Union101210a - Marne
    THIEBLEMONT-FAREMONT : Tradition respectée : Remise de gâteries aux anciens combattants

    les anciens combattants ont reçu un colis de l’Onac.
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    Comme chaque année, le directeur de l’office national des anciens combattants et victimes de guerre (Onac) de la Marne a fait distribuer un colis de Noël à chacun des anciens combattants, présents dans une maison de retraite.

    Les résidents de la maison de retraite Charles Laurent-Gérard de Thiéblemont-Farémont viennent de recevoir ce colis, en ce mardi 07 décembre.

    Ils sont 10 anciens combattants et deux veuves de guerre, âgés de 75 à 98 ans.

    La remise des gâteries a été effectuée par Éric Rochette, responsable de la solidarité et Bruno Dupuis, chargé de communications à l’Onac Marne.

     

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    CHAMPFLEURY : Des médailles chez les anciens combattants

    Six anciens combattants ont reçu le titre de reconnaissance de la nation.
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  • C’est à Champfleury qu’a eu lieu, dimanche, « jour de recueillement pour les 28.500 anciens combattants morts au combat en Algérie », l’assemblée générale de la section UNC-AFN « Le Djebel ». La matinée a débuté par un dépôt de gerbe au monument aux morts en présence de la fanfare de Cormontreuil. Les anciens combattants Etienne Boudot, Max Bruyen, Jean-Claude Guiborat, Pierre Handsaeme, Marcel Maréchal et Gérard Poix ont été décorés de la TRN par Gérard Frémaux, président.

    L’assemblée débutait alors par une minute de silence en souvenir des trois adhérents disparus cette année : Serge Cousin, Michel Malot et Jean-Marie André. Plusieurs sujets étaient ensuite évoqués. A commencer par le porte-drapeau, Hubert Julliart, qui a eu le plaisir d’apprendre qu’en cas de maladie, M. Malherbe était susceptible de le remplacer. M. Malherbe a part ailleurs reçu le diplôme et la médaille des porte-drapeaux.

    Une exposition sur la Guerre d’Algérie aura lieu du 13 au 16 janvier, à Ludes. Il a été demandé des idées de voyages pour le printemps (fin mai-début juin). Les comptes tenus par Micheline Busin ont été présentés. Ils s’équilibrent difficilement, heureusement : deux communes accordent une subvention qui est la bienvenue. Trois administrateurs étaient alors réélus : MM. Kozycki, Naudet et Cambrai. M. Kettner quant à lui est élu et remplacera Serge Cousin.

    A noter que le congrès départemental se tiendra à Courtisols le dimanche 10 avril 2011 ; les adhérents sont invités à y participer.

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    Union101209c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Afrique du Nord Un hommage aux combattants

    Lors du dépôt des gerbes de fleurs.
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    Comme chaque année, la Journée d’hommage national aux anciens combattants d’Afrique du Nord a rassemblé les autorités et la population devant le monument aux morts de la place du Maréchal-Joffre, où après un salut des autorités aux drapeaux, le message du ministre des Anciens Combattants, Alain Jupé, a été lu par le maire Jean-Pierre Bouquet.

    Des gerbes ont ensuite été déposées par le secrétaire général de la sous-préfecture ; le maire de Vitry-le-François ; le pharmacien principal Isabelle Dauphin, commandant de l’Établissement de ravitaillement sanitaires de Marolles et Gaston Varin, pour le comité d’entente des anciens combattant, en présence d’une quinzaine de porte-drapeaux.

     

     

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    Union101209b - Marne
    MUIZON : Une cérémonie pour le souvenir

    Daniel Deflandre, récipiendaire de la médaille commémorative d’Algérie.
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    Dimanche matin, pour la septième année, la section muizonnaise de l’UNC (Union Nationale des Combattants) a rendu hommage aux soldats qui sont tombés au cours de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

    Un hommage a d’abord été rendu par ses amis à Guy Berrot, l’ancien président disparu il y a quelques semaines, puis le président Jean-Michel Chevalier et le maire Germain Renard ont déposé une gerbe de fleurs au pied du monument du souvenir, et prononcé les discours de rigueur.

    Après quoi, la médaille commémorative d’Algérie a été remise à Daniel Deflandre, puis les participants se sont rendus à la Maison du combattant pour le pot de l’amitié.

    À l’issue de cette cérémonie, le conseil d’administration, ses amis et sympathisants se sont rendus dans un restaurant pour un excellent déjeuner.

     

     

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    Union101209a - Marne
    TINQUEUX : Médaille et dépôt de gerbe : Hommage aux morts pour la France

    Lucien Frimun, ancien combattant, décoré de la médaille commémorative d’Algérie.
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    La Ville de Tinqueux et les anciens combattants ont rendu hommage aux morts pour la France de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. Ils se sont rassemblés dimanche matin sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette avec les porte-drapeaux, les pompiers de Tinqueux et de Myslenice, (ville polonaise jumelée avec la commune depuis 2005), les représentants d’associations, les élus et habitants de la commune.

    A cette occasion, Lucien Frimun, ancien combattant, a reçu la médaille commémorative d’Algérie.

    Après l’appel aux morts, l’hymne national et un moment de recueillement, Lucienne Becker, adjointe au maire pour les fêtes et cérémonies, Arnaud Robinet, député de la première circonscription de la Marne, Jean Podmokly, adjoint au maire de Myslenice, Fanny Deramond, maire-enfant, et Gilles Richard, président des anciens combattants de Tinqueux, ont déposé une gerbe devant le monument aux morts.

     

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    Union101208d - Marne
    CRUGNY : Première Guerre mondiale : Les bonnes volontés unies pour une exposition réussie

    Les dessins des enfants de l’école sur la guerre
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  • L’exposition Crugny, village de l’arrière, pendant la guerre de 1914-18 qui s’est tenue à l’église fut un grand succès. C’est l’œuvre d’une multitude de bonnes volontés, que les organisateurs ont tenu à remercier toutes les parties prenantes, notamment les écoliers et leurs professeurs, le maire, le conseiller général…

    Ou encore M. Fonck, descendant du célèbre aviateur René Fonck, l’as des As de la Première Guerre mondiale, qui a spontanément contacté les organisateurs.

    Il publie une revue sur les as de l’aviation et a pu échanger quelques documents. M. Greten, fondateur d’un musée sur la guerre de 1914-18 à Olizy-Violaine, a prêté deux maquettes d’avions dont celle du célèbre Baron rouge, as de l’aviation allemande.

    M. Forest s’est déplacé dès l’ouverture de l’exposition pour apporter une documentation très intéressante sur les escadrilles qui ont occupé le terrain d’aviation de Crugny, l’ensemble des terrains d’aviation à l’Est de Fismes ayant été le sujet d’une partie importante des recherches.

    Le comité départemental du tourisme est venu installer une vitrine de superbes figurines représentant une dizaine de costumes militaires de la Première Guerre mondiale tant français qu’allemands.

    Beaucoup d’associations et de particuliers ont eux prêté des objets retrouvés enfouis dans les champs de notre terroir, casques, gamelles, baïonnettes, objets réalisés dans des douilles d’obus, etc…

    Catherine et Josiane Obert sont allées faire une partie des recherches aux Archives départementales à Reims comme à Châlons-en-Champagne.

    Près de 600 personnes se sont retrouvées dans la belle église de Crugny pour communier dans l’évocation de leur passé commun dont l’église fait partie, le passé étant toujours intimement mêlé au présent.

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    Union101208c - Marne
    MONTMIRAIL : Cérémonie commémorative : A la mémoire des soldats d’AFN

     

     

    Une manifestation a eu lieu au monument aux morts cantonal de Montmirail afin de célébrer la fin des combats de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc.

    En présence des élus de la commune, des pompiers et des drapeaux, Bernard Doucet, maire, a lu le message d’Alain Juppé, ministre de la Défense, et Bernard Lefèvre, président des anciens combattants, celui de la Fédération nationale des combattants, prisonniers de guerre et combattants d’Algérie Tunisie et Maroc, rappelant « la période angoissante où se mêlaient la peur et la raison, le temps de l’éloignement et la séparation d’êtres chers.

    Loin de nos villages, au-delà de nos différences, solidaires dans l’épreuve, nous étions au coude à coude : rappelés, appelés, militaires de carrière pour remplir notre devoir comme nous le demandait notre pays ».

     

     

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    Union101208b - Marne
    FISMES : La troupe de l’UNC51 enchante le public

    Lors de la cérémonie au monument aux morts.
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  • Parmi les chansons : « Le lycée Papillon… »
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    La troupe musicale de l’UNC51 a proposé une soirée de rires et de chansons à la salle des fêtes de Fismes. Le public, amateur des soirées cabaret de cette joyeuse troupe, a passé un très bon moment.

    Ce nouveau spectacle avait pour thèmes les souvenirs d’une « mamie » racontant sa jeunesse à sa petite fille et l’évocation de différents métiers… jusqu’à la retraite ! Des chansons fleurant bon le passé ont émaillé la soirée. Du « poinçonneur des lilas » aux « lavandières du Portugal », les chansons étaient sur toutes les lèvres…

    Cette représentation annoncée comme « haute en couleurs » n’a pas déçu les spectateurs.

     

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    Union101208a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Passage de flambeau : Un nouveau directeur pour l’Onac

    Yann Bignon (à gauche), nouveau directeur de l’Onac. A ses côtés, Jean-Daniel Courot quitte le service.
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  • Désormais retraité, Jean-Daniel Courot quitte ses fonctions de directeur du service départemental de l’Office national des anciens combattants. Après sa retraite militaire, il avait été nommé à Châlons en 2003 à la demande du préfet Daubigny. Il a été remplacé par Yann Brignon tout fraîchement nommé à ce poste depuis le mercredi 1er novembre

    Très attaché à la qualité de l’accueil

    Jean-Daniel Courot quitte ses fonctions avec regret, sensible aux éloges qui lui ont été adressées dernièrement lors de l’assemblée générale du Conseil départemental pour les anciens combattants et victimes de guerre et la mémoire de la Nation, mais avec la satisfaction d’avoir fait son travail, épaulé par un monde combattant qui a-t-il dit « mérite avant tout la considération ».

    Il a souhaité bonne chance à son successeur, espérant qu’il trouve toute la satisfaction que lui-même a connue dans sa tâche.

    Yann Brignon connaît bien l’Onac puisqu’il est entré en 2006 en tant que délégué à la mémoire combattante au service départemental de la Meuse.

    En janvier 2010, il est coordonnateur à la mémoire et à la communication pour la région Lorraine et s’implique très tôt dans le fonctionnement du service.

    Très attaché à la qualité de l’accueil et au service rendu, il s’est dit ravi de poursuivre les missions de l’office au sein d’une équipe compétente.

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    Union101205h - Marne
    SUIPPES : A la résidence Pierre-Simon de Suippes : Des colis de douceurs pour les anciens combattants

    Une visite toujours appréciée.
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    Chaque année à cette époque, l’office national des anciens combattants de Châlons (Onac) remet à ses adhérents séjournant en maison de retraite, (anciens combattants ou les veuves dont les maris ont combattu durant les différentes guerres) un colis de douceurs.

    Jean Collart, président des anciens combattants de Suippes, Francis Fouillé secrétaire-trésorier et deux adhérents, Antoine Garcia adhérent délégué Onac et Jean Huguin maire de Suippes, sont allés remettre à leurs aîné(e) s de la résidence Pierre-Simon le colis-cadeau qui leur était attribué.

    Agés de 70 à 99 ans, six femmes et un homme en étaient les heureux bénéficiaires (de gauche à droite de la photo : Hélène Sevestre, Andrée Alphonsi et Nicole Loche ainsi que Roger Mangot, mais aussi Henriette Charlier, Fatima Graïne et Germaine Goyeux, retenues en chambre), se sont vus remettre leur colis tout en échangeant oralement et en partageant le verre de l’amitié offert par les ACPG de Suippes…

     

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    Union101205g - Marne
    CORMONTREUIL : Commémoration : Les anciens combattants se souviennent.

    Une cérémonie au monument aux morts de Cormontreuil dans la neige.
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    « S’il doit y avoir une place, elle devra s’appeler place des Anciens-Combattants-d’AFN. » Dimanche à Cormontreuil, à l’issue de la cérémonie commémorant la fin de la guerre d’Algérie, pour laquelle une gerbe a été déposée au monument aux morts, Claude Viéville, président de la section UNC de Cormontreuil, a réaffirmé son attachement à la date du 5 décembre. « Il ne faut pas prendre le 19 mars comme point de repère, sinon ce sera la guerre… »

    En rappelant que « l’UNC représente tous les anciens combattants », M. Viéville précisait en effet que, parmi les 28.000 morts pour la France de 1954 à 1964, « beaucoup ont été tués après le 19 mars ».

    « On apporte notre soutien aux anciens combattants », notait ensuite Jean Marx. Ainsi, M. Viéville de se féliciter que la municipalité ait décidé de prendre en charge la réfection de la frange du drapeau.

     

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    Union101205f - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Cérémonie commémorative : Les anciens d’AFN honorent leurs morts

    Deux gerbes du souvenir ont été déposées.
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    Rien n’a manqué pour cette cérémonie brève mais éloquente en souvenir de ceux tombés en Algérie.

    MM. Glasko, Golobiewski, des ACPG-CATM (anciens combattants prisonniers de guerre - combattants Algérie Tunisie Maroc) Verdelet, représentant la mairie, et le général Jean, ont accompli, selon la tradition, le dépôt de deux gerbes au monument de la place de la mairie.

    Les représentants d’Argon’notes ont exécuté avec brio les sonneries réglementaires.

    Celle dédiée « aux morts » a été un moment de recueillement à la mémoire de ceux venus à la cérémonie, particulièrement ceux pour lesquels le conflit est encore bien présent dans leur mémoire.

     

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    Union101205e - Marne
    COURTISOLS : Cérémonie du souvenir à Courtisols : Un hommage élargi

    Quelques instants de recueillement pour MM. Arrouart, maire, et Collard.
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    A l’occasion de la cérémonie hommage des ACPG-CATM (anciens combattants prisonniers de guerre, combattants Algérie, Tunisie, Maroc), Denis Collard, ancien combattant a rappelé lors de son discours qu’au-delà de l’hommage rendu aux soldats morts pour la France dans les différents conflits, et particulièrement au cours de combats d’Algérie, Tunisie, Maroc qu’une pensée soit également dirigée vers ceux de nos soldats qui sont, encore aujourd’hui, au cœur des conflits notamment en Afghanistan.

     

     

     

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    Union101205d - Marne
    MOIREMONT : Cérémonies du souvenir

    Recueillement des officiels devant le monument aux morts.
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    A l’occasion de la journée du souvenir pour tous les soldats tombés en Afrique du Nord, une office religieux é été célébré par le père Collard.

    Puis les autorités se sont rendues au monument aux morts afin d’y déposer une gerbe.

    Cette cérémonie s’est déroulée en présence de Guy Léonard, président du Souvenir français.

    Le président Jeny de Djebel-Argonne a ensuite fleuri les tombes d’anciens membres de l’association après que Patrick Desingly a lu le message d’Alain Jupé, ministre de la Défense.

    Les sonneries réglementaires ainsi que l’hymne national ont été interprétés par un musicien de la fanfare de Vienne-le-Château.

     

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    Union101205c - Marne
    ORCONTE : La cérémonie a rassemblé les autorités et la population : Hommage aux anciens combattants

    Au moment du dépôt de gerbes.
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    Chaque année, les anciens combattants du canton de Saint-Rémy-en-Bouzemont se retrouvent dans une commune du canton pour la Journée d’hommage National aux Anciens Combattants d’Afrique du Nord. Cette année, une entorse a été effectuée puisque la cérémonie s’est déroulée à Orconte, commune du canton de Thiéblemont-Farémont.

    La cérémonie a rassemblé les autorités et la population avec la participation de la clique des sapeurs-pompiers et neuf porte-drapeaux devant le monument aux Morts.

    Le message du Ministre des Anciens Combattants Alain Jupé a été lu par le maire François Paul, puis une gerbe a été déposée et l’appel de Morts pour la France effectuée.

    Remise de médaille

    À la salle des fêtes, le conseiller général Christian Zapior a remis la médaille de porte-drapeaux pour ses 20 ans à l’UNC de Vitry-le-François/Blaise à Serge Girardin, de Orconte. Le diplôme a été remis par Bernard Thiébault, président de l’UNC Perthois/Bocage.

    À noter que l’assemblée générale de l’UNC Perthois/Bocage aura lieu le dimanche 20 mars à la salle des fêtes de Marolles.

    Serge Girardin, d’Orconte, a reçu la médaille des 20 ans de porte-drapeau

     

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    Union101205b - Marne
    SIVRY-ANTE : Michel Richard médaillé à titre posthume

    Michel Schaelert, maire, et François Lefort ont procédé au dépôt de gerbe.
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    Ante, n’ayant pas de monument aux morts, c’est à l’entrée de la mairie du village, devant la plaque commémorative que se s’est réunie la cinquantaine d’anciens combattants des cantons de Givry-en-Argonne / Vanault-les-Dames et les quelques élus pour honorer les soldats morts pour la France aux cours des conflits en Afrique du Nord.

    Après lecture du message de la fédération et l’émouvant appel des morts, le groupe s’est dirigé vers le cimetière où repose Michel Richard, un enfant du pays tué le 12 décembre 1955 avec 22 de ses camarades sur la route de Gounod, à environ 8 km de Guelma, lors d’une embuscade. Michel avait 24 ans. Il était affecté au 151e régiment d’infanterie motorisé. A titre posthume, il a reçu une citation avec la croix de la valeur militaire et la Palme. Aujourd’hui, c’est François Lefort et le maire de Sivry-Ante qui ont déposé une gerbe sur sa tombe.

    Le président a rappelé que dans le canton, en plus de Michel, quatre autres jeunes ont perdu la vie en AFN : il s’agit de Jacques Cabart le 24 janvier 1957, René Magot le 3 mars 1957, René Nicolas le 23 novembre 1957, et Denis Thiriot le 5 mars 1959.

     

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    Union101205a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : L’Amicale parachutiste vole en éclats

    L’Amicale parachutiste de Vitry-le-François compte quelque 120 adhérents.
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    Vitry-le-François (MARNE). Le trésorier de l’Amicale parachutiste a été poussé à la porte. Les 1er et 2e vice-présidents ont démissionné. Tous dénoncent la gestion « dictatoriale » du président.

    EN cinq mois à peine, trois membres de l’Amicale parachutiste de Vitry-le-François ont démissionné.

    Le premier s’appelle Régis Fagot. Il était le trésorier de l’association. Il n’a pas rendu sa carte. C’est le président René Beaujoin qui l’a « démissionné », « avec l’accord des membres du bureau ». Une nouvelle qu’a apprise Régis Fagot non pas lors d’une réunion de bureau ou d’une assemblée générale mais par le biais d’une lettre que lui a envoyée le 29 juillet dernier René Beaujoin. « Votre comportement depuis quelque temps nous y oblige » y est-il écrit sans aucune autre précision.

    Le trésorier de l’Amicale parachutiste de Vitry-le-François habite Sainte-Menehould. Il ne conduit pas et souffre de diabète. « Ces derniers temps, je ne pouvais plus assister aux réunions et aux cérémonies, reconnaît-il. Le président me l’a reproché. Il m’a dit que j’avais le choix : soit arrêter de faire partie de l’Amicale, soit faire un break de six mois. Je n’ai jamais dit que j’étais démissionnaire ! »

    « Un manque de confiance »

    Un fait confirmé par les 1er et 2e vice-président, présents ce jour-là à la réunion de bureau. « Il a été décidé d’accorder un break de six mois à Régis Fagot, affirment-ils en chœur. La trésorière adjointe, Dominique Selve, et le président, René Baujoin, ont annoncé qu’ils tiendraient le poste de trésorier durant son absence ».

    Régis Fagot déclare qu’il a été « sommé » de rendre le cahier de comptes ainsi que le carnet de chèques de l’Amicale au domicile du président René Beaujoin. « Je n’ai pas apprécié la manière de faire. On aurait quand même pu me tenir informé ! »

    Le 1er septembre, c’est au tour du 1er vice-président de donner sa lettre de démission devant les membres du bureau. Depuis six ans, il fait partie de l’Amicale parachutiste de Vitry-le-François. Cet ancien commando parachutiste de l’air en Algérie a décidé d’y adhérer « pour se sentir utile » et « garder un contact avec des paras ».

    « Les relations ont commencé à s’envenimer fin juin lors d’un voyage en Angleterre. René Beaujoin m’a informé qu’il n’y participerait pas seulement 48 heures avant alors qu’il savait au moins depuis un mois qu’il ne pourrait pas venir avec nous. Je me suis retrouvé responsable d’un voyage que je n’ai pas organisé… raconte-t-il. J’ai considéré que c’était un manque total de confiance en moi ».

    Le 1er vice-président n’a pas non plus apprécié la manière dont a été congédié le trésorier, Régis Fagot. « Je n’ai pas trouvé ça bien parce qu’on n’avait rien à lui reprocher ». Devant les membres du bureau, il annonce son souhait de rester bénévole avec son épouse. Un souhait qui lui est accordé. Quelle n’est donc pas sa surprise de recevoir, quelques jours plus tard, une lettre écrite de la main du président de l’Amicale. « Je suis entièrement d’accord que vous restiez membre de l’Amicale mais en ce qui concerne votre souhait de continuer à aider les bénévoles lors des manifestations, je suis au regret de ne pas accepter votre offre » lui est-il notifié.

    « Toujours être à sa botte »

    Pour Gilbert Charlier, 2e vice-président chargé du recrutement, porte-drapeau qui plus est, la coupe est pleine. Il donne sa démission le 25 octobre dernier. « L’esprit para n’est plus là ! » déplore-t-il. Cet ancien militaire du 9e régiment de chasseurs parachutistes est entré il y a six ans à l’Amicale parachutiste de Vitry-le-François « pour retrouver cet esprit de camaraderie, de respect au béret et au drapeau ».

    Une démission que ne semble pas avoir appréciée René Beaujoin. Dans une lettre qu’il lui a adressée, il lui ordonne notamment de « rendre l’insigne de porte-drapeau d’une valeur de 28 euros », ainsi que « l’imper d’une valeur de 11 euros ». Sans oublier la cotisation de l’association à deux voyages auxquels il a participé avec son épouse en tant que membres de l’Amicale.

    Tous dénoncent le manque de concertation et de communication du président René Beaujoin. « Il fait beaucoup de choses de bien, il connaît beaucoup de monde mais par moments, il manque d’intelligence, ose Régis Fagot, ancien trésorier. Il faut toujours être à sa botte. Dès que quelque chose ne se déroule pas comme il le souhaite, il menace de démissionner. C’est une dictature ! » L’assemblée générale de l’Amicale parachutiste de Vitry-le-François a été avancée au mois de janvier. À suivre…

    Stéphanie GRUSS

    Joint par téléphone, le président René Baujoin, actuellement en Bretagne, ne souhaite pas s’exprimer à chaud sur ces trois démissions.

     

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    Union101205d - Marne
    LAON : Un ancien combattant d’Algérie témoigne « Une guerre méconnue »

    De cette guerre, Guy a conservé de nombreuses photos d’une année qui a changé sa vie. Normal lorsque l’on a 20 ans.
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  • DE l’été 59 à l’été 60, il a été un combattant d’Afrique du Nord. Lorsque Guy Dorangeville, jeune Axonais de 21 ans, part effectuer son service militaire, il sait qu’il va découvrir un nouveau pays : l’Algérie. Pas encore indépendante mais plus trop française, déjà. De ce territoire, il ne connaît pas grand-chose. L’information à la portée de tous, via Internet, ne naîtra que 35 ans plus tard…

    « La première image que j’ai d’Oran en débarquant, c’est les Algériens dans leur tenue qui nous regardaient. Et nous de nous demander si c’était les gens que nous allions combattre… » Ses classes de jeune soldat, Guy les effectue à Noyon dans un régiment de char. Il y apprend à être un simple fantassin ! « Et encore, j’ai de la chance car j’ai eu 16 mois de formation avant de partir en Algérie. Certains de mes collègues ont débarqué après 4 petits mois de formation. »

    Imaginez le choc pour des jeunes conscrits, passant de l’entraînement à balle à blanc à proximité de chez soi, à l’Algérie, avec un fusil et des balles réelles…

    « Et encore, il nous a fallu attendre d’être arrivé dans nos positions définitives pour recevoir chacun une arme », se rappelle Guy, aujourd’hui Chambrysien. Son arme, il l’a utilisée, là-bas, au sud de Sidi-Bel-Abbès, sur le python rocheux où il est affecté : Ben Soltan. « Heureusement, sans jamais tuer personne », évoque-t-il spontanément. Ce futur cheminot comprend que l’indépendance de l’Algérie est sur les rails et la souveraineté française, sur une voie de garage.

    Les colons, comme des seigneurs…

    « Les colons étaient très mal vus, puisque certains se comportaient comme des véritables seigneurs. Même avec nous, les soldats français venus au départ « pacifier ». Mais j’ai vite compris que nous ne serions jamais bien vus. » Sur un mois, Guy partait 20 jours en mission, le reste du temps, il construisait des petites maisons en dur pour les autochtones. « Là, nous avions vraiment un rôle social. »

    Une fois de retour en France, Guy mettra plusieurs mois pour se réadapter à la vie. À 23 ans, il a le sentiment qu’on lui « a volé les plus belles années de sa vie. » Aujourd’hui, cet ancien combattant souhaite parler de cette guerre : « Elle est méconnue et surtout déformée. Pour beaucoup, l’Algérie c’est avant tout la torture alors que nous n’avons jamais vu, nous les soldats appelés, de tels actes. » Des collègues morts, il en a connu. « Beaucoup dans des accidents soit de circulation, ou par des coups de feu parce que nous n’étions pas suffisamment formés pour cette guerre ! »

    De cette année, Guy préfère garder l’esprit de camaraderie né entre ces jeunes à l’aube de leur vie.

    Des souvenirs ponctuels aussi comme celui d’avoir dormi, une fois, juste à côté du général Bigeard.

    Stéphane MASSÉ

    smasse@journal-lunion.fr

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    Union101205c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Le 25 août 1870, 49 mobiles sont assassinés par les soldats prussiens Carnage à Passavant

    Ces soldats étaient mobilisés par un décret officiel pour étoffer la Garde nationale.
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  • Le massacre aura fait 49 victimes….
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  • LE 4e bataillon des mobiles de la Marne, qui stationnait à Vitry-le-François, était composé d’hommes âgés de 20 à 40 ans. Ces soldats étaient mobilisés par décret officiel pour étoffer la Garde nationale. Leur armement et leur instruction militaire étaient malheureusement plus que rudimentaires. Leur uniforme, parfois une simple cocarde, les faisait passer pour des francs-tireurs aux yeux des Prussiens. Ces éléments causèrent leur perte.

    Le récit du chef de bataillon qui rend compte au ministre de la Guerre permet ainsi de reconstituer le drame.

    A l’approche des Prussiens bientôt aux portes de la ville, les officiers décident de rejoindre le camp de Châlons en passant par l’Argonne, seul itinéraire connu encore libre.

    La formation se met en route dans la nuit du 25 août depuis Vitry à 1 heure du matin. En tout, on dénombre 1 500 hommes, avec chacun un fusil et 12 cartouches.

    Par Saint-Quentin-les-Marais et Bassu, la troupe arrive à Vanault. Au loin, des nuages de poussière signalent l’avancée des cavaliers prussiens. Les Français déploient une centaine de tireurs qui ouvrent le feu. Les cavaliers ennemis, peu touchés, se replient.

    Le chef de bataillon regroupe alors ses hommes par une marche rapide au lieu dit la Ferme de La Basse, un site plus facile à défendre. Malheureusement, les hommes sont peu entrainés. Déjà, les Prussiens mettent en batterie quatre pièces d’artillerie. Pendant l’assaut, les tirs français restent inefficaces.

    Obligés de se rendre, les prisonniers sont alors battus à coups de plat de sabre, roulés par terre, insultés et conduits à proximité de Sivry-sur-Ante, à un kilomètre de La Basse.

    Là, ils subissent, en allemand, une diatribe déclamée par un officier prussien, parlant de les fusiller car pris pour des francs-tireurs.

    Le chef du bataillon parvient à le détromper et les voilà conduits sur Sivry où ils retrouvent quelques uns des fuyards de l’assaut précédent, attachés à la selle des cavaliers ou parfois à la queue de leur cheval. Les blessés sont alors chargés sur des charrettes et tout le convoi, encadré sous escorte, gagne Passavant.

    Un coup de feu éclate

    A la sortie du village, le drame se déclenche. Un coup de feu, dont l’origine n’a pas été déterminée, éclate. Un cavalier de l’escorte roule sur le côté droit de la route. Les escorteurs prussiens se déchaînent alors sur les prisonniers, les insultent, arrachent les décorations des officiers, injurient, frappent et assassinent à coups de crosse « ivres de rage et de vin ».

    Lorsque le massacre cesse, 49 victimes sont tombées. L’odyssée des prisonniers ne fait que commencer. Sous les coups des escortes sauvages, ils sont emmenés à Triaucourt, Rembercourt-aux-Pots, Saint-Mihiel.

    Partout, la population tente de leur donner de la nourriture, souvent sans résultat. A Saint- Mihiel, dans la cour du collège, ils sont dehors alors que les classes sont vides.

    A Pont-à-Mousson, ils sont enfermés dans une église. Enfin à Remilly, c’est le départ en wagons à bestiaux, pour Mayence, Berlin et enfin Glogau, terme de la marche en Silésie, le 1er septembre.

    Les rigueurs de la vie en baraques au camp, les maladies tueront 692 français dont 49 mobiles.

    Les valides ne reverront Vitry que le 19 avril, à 22 heures. La captivité aura duré plus de sept mois.

    Le monument, bien connu des habitants locaux, est honoré avec ferveur tous les ans.

    La fureur de l’occupant en 1914 y a vu une profanation du mobile statufié, ultime manifestation de cruauté injustifiée, rappel douloureux du comportement ennemi de l’époque.

    La cérémonie emmène à la suite tous les participants au cimetière sur la tombe commune des victimes, pour un grand moment de recueillement fraternel.

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    Union101205b - Marne
    LIVRE : Occupation : des Juifs ont résisté

    Georges Loinger et Sabine Zeitoun, « Les Résistances juives pendant l’occupation », Albin Michel, 272 p., 29 euros.
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  • Comment mieux comprendre la question juive pendant la Seconde Guerre mondiale en France ? En lisant l’ouvrage de Georges Loinger qui explique comment, à côté des persécutions inouïes subies par les Juifs sous l’Occupation, une résistance plurielle s’est développée.

    Bien sûr, il y a des chiffres qui parlent : 76 000 juifs déportés de France vers les camps de la mort dont 11 400 enfants ; Mais, comme l’indique Simone Veil : « Sait-on assez que la France est l’un des pays où le plus de juifs furent sauvés en particulier les enfants ? Connaît-on assez les mécanismes de ce sauvetage, le rôle joué par les réseaux juifs qui ont permis à 10 000 enfants d’avoir la vie sauve ? Comment ces réseaux fonctionnaient-ils ? Quels étaient leurs liens avec la Résistance ? Quelles étaient leurs complicités avec les populations locales en particulier ceux qu’on appelle désormais les Justes de France ? ». A toutes ces questions ce livre répond avec sobriété, précision, le souci de montrer la participation des juifs aux différentes facettes de la lutte clandestine et de présenter les figures dont l’engagement exemplaire a permis la mise en place de réseaux et la réussite de quelques miracles. Le résistant Jean-Louis Crémieux- Brilhac, secrétaire du comité de propagande de la France libre ajoute : « Il est important, comme le fait ce livre, de rendre hommage aux si nombreux Français de toute religion, de toute tendance, auxquels, dans un pays trop longtemps anesthésié par ses gouvernants, une si large proportion de Juifs menacés a dû d’avoir survécu ».

    L’historien André Kaspi le relève : « Ce livre révèle les complexités d’une résistance trop souvent mal connue sinon ignorée, d’une résistance qui a tenu un rôle majeur dans la survie des Juifs en France ».

    Si l’auteur qui a atteint les cent ans a travaillé en symbiose avec l’historienne Sabine Zeitoun, c’est pour mieux structurer l’ensemble de ses connaissances et de ses recherches. Cela donne neuf chapitres très construits avec des inters qui sont autant de respirations dans une démarche intellectuelle ordonnée. On découvre d’abord les résistances juives, la situation des juifs dans le pays avant l’entrée en guerre, le parcours des engagés volontaires, la place des Juifs dans la Résistance, la particularité des organisations de résistance juives, la fabrication des faux papiers, les actions de sauvetage et les prises de risque que cela représentait, la part des non-Juifs dans le secours des Juifs et enfin la résistance armée juive. Au terme de ce kaléidoscope, des clichés habituels tombent d’eux-mêmes. Un livre très intéressant qui enrichit ce volet de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

    HERVÉ CHABAUD

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    Union101205a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    L’exemple d’Hellard

    Jean Hellard, compagnon pour l’exemple.
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  • Comment approcher les ouvriers que les Allemands ont embauchés pour travailler dans les campagnes et les usines du Reich ? Les Français libres s’interrogent sur le meilleur moyen d’y parvenir pour mieux montrer dans quel piège ils sont tombés. Les dignitaires du Reich se vantent d’en avoir recrutés, pour commencer 15.000 dont 9.000 sont déjà au travail.

    Ils ne cachent pas leur impatience d’augmenter la cadence. Pour Georges Boris derrière son micro de Londres il s’agit d’une escroquerie : « Les malheureux ont signé de véritables contrats de servage. Leur salaire sera misérable au regard du prix des choses en Allemagne. Leur nourriture insuffisante, et la preuve en est que les Allemands et les gens de Vichy ont déjà prévu que les familles enverraient de France des paquets contenant des denrées alimentaires de première nécessité. Il ne pourront rentrer en France que leur temps fini ». Rien ne dit que leur employeur allemand est prêt à jouer le jeu et à décompter correctement le temps passé à son service. « Ils seront à la merci du caprice d’un homme ou pis encore, d’un mot d’ordre venu d’en haut. Il sera au pouvoir des Allemands de les garder indéfiniment en Allemagne. » Les volumes de travailleurs prévus sont pour les Français libres le signe qu’une opération de plus grande envergure est en préparation pour fournir une main-d’œuvre de guerre à l’ennemi. Comme la propagande du Reich annonce que des bureaux d’embauche vont être ouverts en zone occupée, le commentaire réaliste de Boris décrit la situation : « Après avoir raflé nos richesses et nos marchandises, les Allemands préparent l’énorme coup de filet qui doit leur donner des travailleurs pour les déporter et les contraindre à produire pour la victoire nazie contre la cause de la liberté et de la France ».

    Il semble évident qu’aux deux millions de prisonniers vont désormais s’ajouter des dizaines de milliers d’ouvriers contraints à l’exil pour servir l’économie de guerre d’un pays qui a choisi d’imposer son diktat sur l’Europe et ambitionne d’étendre son pouvoir bien au-delà. « C’est cela que Laval ne s’est pas contenté d’accepter mais qu’il s’applique à réaliser à votre insu et malgré vous » tonne Georges Boris. Et de tirer une nouvelle salve sur le vice-président du Conseil dont il ignore encore qu’à Vichy, il est sur un siège éjectable : « Après avoir violenté vos consciences en s’aplatissant en votre nom devant l’ennemi, après l’avoir aidé à vous dépouiller de vos biens, il se fait le trafiquant de vos personnes. Il passe marché pour la chair française ». Et de conclure en apothéose : « Ce gouvernement a eu l’audace de donner à la France la devise : Travail, Famille, Patrie. Et voici qu’il envoie les Français au Travail forcé, loin de la Famille, contre la Patrie ».

    Mieux vaut vanter le courage et l’héroïsme du premier titulaire à titre posthume de la croix de l’ordre de la Libération, un jeune Normand, Jean-Henri Hellard, 32 ans disparu le 27 novembre 1940. Français écoutez bien cette citation recommande la radio de Londres : « A bien mérité de la patrie, à qui il avait dédié sa vie. Par son sacrifice à la patrie mutilée, dont il voulait la libération et la victoire totales, a donné à tous les Français l’exemple de ces vertus de courage, d’énergie, d’abnégation que tous les jeunes cadres civils et militaires de l’Empire brûlent de mettre au service de la libération de la France ». L’exemple vrai c’est Hellard : « Chacun à votre place soyez ses dignes émules ! Soyez tous, vous aussi des croisés de la Libération ».

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    Déculottée italienne à Sidi-Barrani

    En Libye les choses se présentent mal.
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  • Les Italiens ne sont pas encore remis de la punition de Tarente.
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  • Les Anglais font de nombreux prisonniers.
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  • L’heure de la contre-offensive contre les forces de l’Axe est venue. Il s’agit en ce début décembre 1940 d’engager un mouvement militaire de reconquête visant prioritairement les éléments les plus faibles des dispositifs ennemis. C’est la raison pour laquelle les Britanniques choisissent de s’en prendre aux Italiens à la fois pour que cessent leurs incursions aériennes sur la base navale d’Alexandrie en Egypte et sur toute la région située au sud de Marsa-Matrouh. Une opération est soigneusement préparée pour être déclenchée le 9 décembre. Les Anglais décident de frapper en Egypte et d’enfoncer les lignes italiennes à hauteur de Sidi-Barrani. La surprise est totale chez l’adversaire. Les sept divisions commandées par le général Graziani ne parviennent pas à orchestrer une riposte pour s’en prendre à la 4e division indienne et à la 7e division blindée du général Wavell. L’impréparation défensive des Italiens est patente. Depuis leur installation à Sidi-Barrani, ils ont organisé leur vie quotidienne sans prendre le soin de disposer des postes de combat ni de réfléchir à une conquête plus en profondeur des territoires. Ils considèrent que leur supériorité numérique les met à l’abri de toute attaque étrangère. Les Britanniques exploitent cette insuffisance italienne à la fois pour les défaire militairement et provoquer une crise morale dans leurs rangs.

    Les Anglais sont d’entrée efficaces et portent de rudes coups aux unités italiennes. En deux heures, Les soldats de « Sa Majesté » encerclent le camp retranché de Nibeiwa et son fort. Au cours de l’assaut, ils tuent le général Maletti qui est surpris en pyjama ! En quatre jours de bataille, Tummar, Maktila, Sidi-Barrani tombent aux mains des Britanniques qui mettent hors de combat quatre divisions italiennes et font 38.000 prisonniers dont quatre généraux. Le butin de guerre est impressionnant. Les vainqueurs recensent 237 canons, 73 chars et plus de mille véhicules. Cette débâcle italienne coûte toutefois un peu plus de six cents combattants aux Anglais. Ces nouvelles très positives pour le Royaume-Uni sont confortées par le départ de l’ambassadeur des Etats-Unis à Londres, Joseph Kennedy, convaincu que la Grande-Bretagne allait perdre la guerre ! Les résultats enregistrés confortent le président Roosevelt dans sa décision. Il est persuadé que les Britanniques ne lâcheront rien.

    Constatant le niveau d’incompétence de l’état-major italien et la fragilité des unités impliquées, les Anglais décident de pousser plus avant leur avantage. Le terrain du désert de Cyrénaïque leur semble idéal pour réaliser de nouveaux raids. Si le premier d’entre eux ne devait durer au plus que cinq jours, les bonnes nouvelles font que la technique est parfaitement adaptée au relief local et à des troupes ennemies très mal préparées pour s’y opposer. Le major général O’Connor qui est surnommé le « Petit terrier irlandais » pousse ses pions et décide d’avancer jusqu’en Libye. C’est le début de l’opération « Compass ». Pour la mener à bien, O’Connor dispose d’environ 35.000 hommes, la plupart des soldats de métier. Il articule les moyens de la 4e division d’infanterie indienne à ceux de la 7e division blindée britannique et à la force mobile Selby. Numériquement en situation très inférieure à l’ennemi qui dispose en Afrique du Nord de 236.000 hommes, il y va ! Sa réussite est à l’image de son audace. Fort de l’anéantissement de la division Catanzaro qu’il a obtenu entre Buq-Buq et Solloum, il procède avec la même efficacité devant Bardia. Victime de son succès, il est freiné dans son élan par le général Wavell qui a décidé de lui retirer son excellente division indienne pour la remplacer par une unité australienne. A Londres, ces bonnes nouvelles permettent d’informer la population de nouvelles restrictions, même si un effort de ravitaillement est prévu pour les fêtes de Noël. On annonce les succès de Wavell et O’Connor mais on informe que dès le début de l’année prochaine, il n’y aura plus de bananes à acheter et que les agrumes seront rares. Pendant ce temps, Hitler fulmine contre les communiqués que son état-major lui transmet. Il enrage contre Mussolini et ses généraux qui sont incapables de faire face à une force armée motivée mais bien inférieure en matériel et en nombre. Sa première priorité n’est pas l’Afrique mais bien les Balkans. Il ordonne une concentration de ses troupes dans le sud de la Roumanie pour finaliser l’opération « Marita ». Ce plan prévoit l’occupation de la Thessalonique et, si cela s’avère indispensable, de toute la Grèce continentale. Le führer met le paquet puisqu’il mobilise à cet effet vingt-quatre divisions, dont la 16e de panzers. Les forces doivent traverser le territoire bulgare. Cette entreprise est décidée pour se substituer aux Italiens : « incompétents et incapables » et empêcher que les Britanniques n’établissent une base aérienne dans les Balkans pour frapper notamment les puits de pétrole roumains. Hitler ne fait pas de tapage autour de cette opération risquée. Il en soigne les explications. C’est ainsi que l’arrivée des troupes en Roumanie doit être présentée comme un renforcement de la mission militaire de protection des intérêts de Bucarest. C’est aussi le moyen de mieux protéger le flanc sud de l’Allemagne si un jour ou l’autre les relations se gâtaient avec l’Union soviétique. Comme Hitler ne tient pas à ce que l’Afrique du Nord devienne un nouveau pôle de résistance au Reich, il confie à son état-major le soin de travailler le plan « Attila ». Il prévoit l’invasion de la zone libre française par la Wehrmacht si Vichy est incapable de rétablir la situation dans l’Empire.

    De Gaulle s’invite aux réunions

    De Gaulle qui observe avec intérêt ce qui se passe tient à ce que les troupes des Français libres s’impliquent bien dans le dispositif Wavell. Dans le même temps, il recherche le maximum d’informations sur la région. Le 9 décembre il télégraphie au Caire au général Catroux : « Je suis désireux que vous m’adressiez dès que possible votre manière de voir et vos principales informations au sujet de la situation en Syrie et à Djibouti ». Le même jour, il s’adresse à Londres au général Ismay pour favoriser l’acheminement des troupes des FFL : « Je suis naturellement tout disposé à me réunir avec les chefs d’état-major britanniques pour achever la mise au point de ces questions si cela est jugé nécessaire ». Ce qui est une façon de s’inviter utilement aux réunions ! Dans le même temps, il pousse à la formation d’élèves aspirants et d’élèves sous-officiers et s’en entretient avec le général de Larminat. Il poursuit aussi la réorganisation des forces aériennes et pour cela désigne le lieutenant-colonel de Marmier pour organiser et commander l’aviation française libre dans le Middle-East : « Le lieutenant-colonel de Marmier devra en particulier d’accord avec les autorités britanniques de l’air, regrouper le personnel et le matériel français d’aviation actuellement épars dans le Middler-East. Ces éléments seront ultérieurement renforcés ». La mission de cet officier supérieur est néanmoins très encadrée puisqu’il ne peut pas ordonner le déplacement des matériels et des personnels. « Tout décision de cet ordre ne peut être effectuée que sur l’ordre du général de Gaulle personnellement. »

    Hervé Chabaud

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    Pétain renvoie Pétain

    Le maréchal n’a plus confiance dans le vice-président du conseil.
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  • Le retour des cendres de l’Aiglon s’effectue par le train.
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  • Darlan attend son heure…
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  • …alors que Jacques Doriot ne fait pas dans la dentelle.
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  • GOUVERNEMENT. Le 13 décembre 1940, le vice-président du Conseil est exclu du gouvernement puis placé en résidence surveillée.

    L’étau se resserre autour de Pierre Laval. Yves Bouthillier, ministre des Finances, obtient l’intervention de l’amiral Darlan qui entreprend à son tour de persuader le maréchal sur la nécessité du renvoi du vice-président du Conseil. Les comploteurs ne relâchent pas la pression mais le principal visé ne devine pas qu’il est la prochaine victime sur leur liste. C’est la possibilité pour Pétain d’effectuer un voyage à Paris et le fait que les Allemands ne s’opposent plus à son installation à Versailles qui précipitent les choses. Le 13 décembre 1940, Pierre Laval s’entretient avec le maréchal et lui précise : « Le führer a décidé de faire une grande surprise à la France. Une grande surprise et un grand cadeau. Il veut lui rendre pour le centième anniversaire de Saint-Hélène, les cendres du duc de Reichstadt qui reposent à l’église des Capucins à Vienne. Hitler est obsédé par la légende de l’Empereur. Il croit que rien ne flattera davantage les Français que le retour des cendres de l’Aiglon ». Laval est surpris du peu d’enthousiasme manifesté par le chef de l’Etat français. Aussi revient-il à la charge et fait pression : « Il faut que vous soyez présent à Paris lors du retour des cendres de l’Aiglon. Si vous n’êtes pas là, l’effet sera raté ». Le maréchal s’emporte : « Mais je n’ai rien à y faire. Vous me voyez à Paris par ce froid, au milieu des Allemands, présidant une cérémonie à laquelle les Français ne comprendront rien ? » Laval n’apprécie guère ce mouvement d’humeur aussi insiste-t-il : « Je vous y vois très bien, monsieur le Maréchal. Et puis, vous ne pouvez pas vous dérober. Ce serait faire une injure personnelle à Hitler ». Pétain se lève : « Alors quoi ? Toujours la carte forcée comme à Montoire ? » Conscient qu’il a exagéré, le vice-président du Conseil réplique : « Ne vous fâchez pas, monsieur le Maréchal. Ce que je vous en dis, c’est dans votre intérêt. D’ailleurs, si la chose ne vous convient pas, je ne me battrai pas pour une cérémonie. Je ne me bats que pour les grandes choses. Mais, ce serait dommage ! » De fait, toute la cérémonie a déjà été préparée et minutée. Le corps doit arriver le samedi suivant dans la soirée à la gare de l’Est. Une prolonge d’artillerie, l’esplanade des Invalides, le caveau de l’Empereur, tout le parcours doit être jalonné par des porteurs de torches. Les Allemands apprécient ces démonstrations grandioses. Ils aiment la représentation wagnérienne, romantique et populaire. Alors Laval en rajoute une couche : « Vous, ça ne peut pas vous choquer. Moi, je trouve cela très beau. Que craignez-vous ? Hitler ne sera pas là. Il sent bien que sa présence serait mal interprétée. Il ne veut froisser aucune susceptibilité. Et d’ailleurs, les Allemands ne descendront pas dans la crypte. Il s’arrêteront sur les marches de l’église et vous serez seul en bas, seul avec des Français ». Pétain se résigne et questionne : « Quand partons-nous ? ». Laval répond tout de go : « Demain matin par un train spécial constitué de trois ou quatre wagons ». Le maréchal demande alors quels sont les ministres qui vont l’accompagner. Le vice-président du Conseil est formel : « Les ministres ? Aucun. Ils n’ont pas bonne presse à Paris. Et puis les Allemands s’en méfient ».

    Philippe Pétain soupire : « Je vais être bien seul ! ». Laval le rassure : « Je serai là et votre entourage sera avec vous. Emmenez le général Laure, Henri du Moulin de Labarthète, le docteur Ménétrel, des militaires, tous ceux que vous voudrez, car, enfin, c’est une cérémonie ! ». Laval a tout prévu. Il s’est même préoccupé de l’intendance et a pris les dispositions nécessaires pour que le Maréchal dorme à l’Hôtel Matignon, le seul bâtiment qui est chauffé. Il lui propose un emploi du temps sur mesure : « Le lendemain dans Paris, en civil, avec votre canne, vous irez vous promener. Tout le monde vous reconnaîtra, tout le monde vous saluera respectueusement. Vous irez revoir votre appartement du square Latour-Maubourg. Vous pourrez même faire un petit tour en zone occupée ». Pétain émet le vœu de pouvoir se rendre à Rouen. Laval est prêt à céder même s’il a plutôt pensé à Chartres, au Mans et à Orléans. Lorsqu’ils apprennent que leur ennemi est parvenu à convaincre Pétain, les comploteurs considèrent que ce n’est pas un seul homme qui peut avoir un tel ascendant sur le Maréchal. Bouthillier, Darlan, Baudoin, Peyrouton, Huntziger, Caziot, Albert et même l’amiral Platon, secrétaire d’Etat aux colonies estiment qu’il s’agit d’une manœuvre de très haut niveau.

    Pour eux, Pétain à Paris va tomber dans un piège. On va lui demander de constituer un nouveau gouvernement dont ils seront exclus. Laval est accusé d’être le chef de la « bocherie » selon le mot du général Weygand. Tous craignent qu’avec les Brinon, Doriot, Déat, Laval se précipite dans une collaboration renforcée. Huntziger méfiant déconseille de s’en prendre de front au vice-président du Conseil. Il craint aussi que la colère du Reich paralyse la Commission d’armistice dont il est la clé française. Peyrouton est direct et propose l’arrestation de Laval. Pendant ce temps le Maréchal se rétracte et décide de rédiger une lettre à Hitler pour l’informer qu’il est au regret de ne pouvoir se rendre à Paris pour accueillir les cendres de l’Aiglon et annonce qu’il procède à la constitution d’une nouvelle équipe ministérielle.

    La convocation imprévue du conseil des ministres inquiète Pierre Laval. Tout va très vite. Le Maréchal demande aux ministres de signer leur démission en suivant un texte préparé d’avance. Il s’absente un court moment.

    « IL FAUT ARRÊTER PIERRE LAVAL »

    A son retour, il indique très simplement qu’il a accepté les démissions du vice-président du Conseil Pierre Laval et celle de Georges Ripert, ministre de l’Education nationale. Laval stupéfait réclame des explications. Pétain lui répond simplement : « Je n’ai plus confiance en vous ». Et d’ajouter : « Le vice-président entraîne la France beaucoup trop loin ». Laval reprend la parole : « Les Allemands savent très bien que, en vous séparant de moi, c’est à la collaboration que vous avez voulu tourner le dos ». Laval se retire. Le soir même, à l’heure du dîner, le directeur de la Sûreté nationale Chavin convoque le directeur central de la police judiciaire, Pierre Mondanel et sans même le faire asseoir lui déclare : « Il faut arrêter Pierre Laval ». Mondanel qui a créé un réseau clandestin de surveillance pour suppléer les Renseignements généraux envers lesquels Chavin n’a aucune confiance marque sa surprise. Il ne veut pas s’exécuter avec un simple ordre oral. Il s’agit, au moment où Laval montera dans sa voiture pour regagner sa maison de Châteldon, de lui signifier qu’il est placé en résidence surveillée avec obligation d’y être accompagné ! Chavin s’absente et revient avec cette réponse péremptoire : « Si Laval vous demande des explications vous lui direz que vous agissez conformément aux instructions du maréchal Pétain ». Mondanel dépêche deux voitures et six policiers surveiller la sortie de l’hôtel du Parc. Le véhicule de Laval dont le coffre est chargé d’archives est intercepté et confisqué. Laval démissionné ne sait toujours pas qu’il est assigné à résidence à Châteldon. Mondanel se rend sur ordre au premier étage et signifie à Laval son nouvel état. Furieux, Laval veut confirmation du premier cercle du maréchal. C’est le général Laure qui s’en acquitte et ajoute : « La temporisation a assez duré. Il faut partir pour Châteldon ».

    H.C.

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    Union101203b - Marne
    MOURMELON-LE-GRAND : Cérémonie aux Invalides : Les lieutenants du 501e RCC honorent leurs anciens

    Les lieutenants aux Invalides.
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  • En cette fin d’année 2010, les lieutenants des AS de Champagne ont organisé dimanche 28 novembre, une « journée traditions ».

    Dans un premier temps, ils se sont retrouvés aux Invalides et plus précisément au caveau des gouverneurs, afin de se recueillir devant le tombeau du Maréchal Leclerc. C’est en effet, le 28 novembre 1947, que le Maréchal Leclerc disparaissait en Afrique du Nord, à bord de son avion avec ses 11 compagnons.

    Par la suite, une messe a été célébrée en sa mémoire, en l’église Saint-Louis des Invalides. La matinée s’est poursuivie en partageant le déjeuner avec quelques pensionnaires de l’institut, source d’échanges entre les générations.

    En mémoire de la 2e DB

    L’après-midi a été consacré à la visite du musée de l’armée, du tombeau de Napoléon ou encore du mémorial du général de Gaulle.

    Puis, c’est sous l’Arc de Triomphe, lors de la cérémonie de ravivage de la flamme, en présence du général Irastorza, chef d’état-major de l’armée de terre, du général Dary, gouverneur militaire de Paris, du général Cuche, gouverneur des Invalides, ainsi que du commandant de la deuxième brigade blindée, le général Klotz, que les lieutenants des chars de combat ont clôturé cette journée.

    Les anciens de la 2e DB, qui ont pris part aux différentes cérémonies, ont particulièrement apprécié cette visite.

    Pour les lieutenants, cela leur a permis de se souvenir une nouvelle fois du passé glorieux de la 2e DB et de faire perdurer l’esprit Leclerc, 63 ans après sa disparition.

    Ainsi, le 501e régiment de chars de combat témoigne à nouveau son attachement à ses anciens.

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    Union101203a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Un homme d’exception : « Le lieutenant-colonel Moll a sa place au cœur de la cité »

    La statue du lieutenant-colonel Moll.
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  •  

    Suite à l’article paru le mardi 30 novembre, le général Lemoine répond.

    « J’ai bien compris le message chargé d’insinuations à peine voilées de Christian Geoffroy qui n’a cependant pas pu éviter de reconnaître l’intégrité morale du colonel Moll. Le but de ma conférence est donc atteint.

    Mes propos n’ont eu pour objet que de retracer la vie d’un homme d’exception, engagé avec tant d’autres, au service de notre pays, au cœur du continent africain, sur un parcours exaltant, ardu et dangereux. Je me suis en effet plus attaché, et volontairement, à révéler les qualités mais aussi les faiblesses et je n’ai pas omis de parler des excès commis par certains - qu’ont rapportés des situations de guerre, toutes sujettes à controverse.

    Je pense que le symbole que représente la statue du colonel Moll, héritage de nos aînés, « servir avec droiture notre pays » n’a pas vieilli.

    Notre jeunesse d’aujourd’hui, aussi généreuse et disponible que celle d’hier, a un besoin urgent que les décideurs et les éducateurs lui proposent un destin. »

     

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    Union101130c - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Les légionnaires en assemblée

    L’assistance réunie salle de Malte.
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  • La Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur (SEMLH), comité de Châlons qui compte 89 adhérents, a tenu son assemblée générale annuelle samedi, à la salle de Malte.

    Cette assemblée, présidée par le colonel en retraite Michel Hogdal, a réuni quelque 40 adhérents, dont parmi eux de nombreuses personnalités civiles et militaires, représentant la préfecture de Région, la Ville ainsi que différentes associations et comités régionaux.

    Minute de silence

    Une minute de silence fut observée en mémoire de trois sociétaires disparue depuis la dernière assemblée, à savoir Georges David, avocat et professeur de droit ayant rejoint l’armée française durant le seconde guerre mondiale, l’adjudant-chef Lemaire, rescapé des camps d’extermination des Viêt-Minh et le regretté Gaëtan Charlot, figure emblématique marnaise, connu du monde combattant et notamment pour son combat pour le pôle mémoire dans la Marne.

    Les effectifs du comité de Châlons se maintiennent avec quelques nouveaux arrivants dont le général Gratteau, le colonel Ogier, Jacqueline Prieto, Messieurs Siblot, Collard, Vouthier, le commissaire lieutenant colonel Comelli, directeur du commissariat de l’armée de terre, et le préfet Guillot.

    Parmi ces légionnaires, un centenaire, le général Villeneuve de Sainte-Ménehould. Le président Ogdal a rappelé « que chacun est libre d’adhérer à la société d’entraide et n’a pas à justifier de son option ». En ce qui concerne le comité de Châlons, le président souligne qu’avec le drapeau, une délégation importante de sociétaires représentent la SEMLH aux diverses manifestations officielles ainsi qu’aux journées locales. Le président invite également les légionnaires à s’inscrire pour une visite du centre d’entraînement des brigades le 23 mars 2011. L’assemblée a poursuivi ses travaux avec le compte-rendu financier présenté par Claude Hamm et l’adoption des différents rapports, de même qu’à la réélection du bureau. Avant de clôturer l’assemblée, le colonel Desgranges a présenté à l’assistance la future base de défense de Mourmelon.

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    Union101130b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Les adhérents ont fait le point 114 convives au couscous de l’Amicale parachutiste

    Ce ne sont pas moins de 114 personnes qui ont répondu à l’invitation de l’Amicale parachutiste, pour un couscous, préparé et servi par un traiteur de Luxemont.

    Le président de l’amicale René Beaujoin prit la parole pour accueillir et remercier tous les participants, et plus particulièrement les bénévoles qui œuvrent toute l’année afin d’organiser toujours dans une bonne ambiance ce genre de repas.

    Il annonça la démission des deux vice-présidents qui ont décidé de quitter l’amicale pour des raisons qui leur appartiennent. Mais il rassure les adhérents en leur précisant que cela ne nuirait pas au bon fonctionnement de l’association, qu’un bureau et un comité étaient toujours en place.

    L’amicale a tenu à honorer un adhérent parachutiste qui s’engagea en 1944 pour le reste de la guerre. Cet ancien combattant, Roger Tournayre, reçu en cadeau un fanion de son régiment, le 3e SAS, célèbre commando français.

    Après avoir passé une journée conviviale, tous se sont donné rendez-vous pour le Noël de l’amicale qui aura lieu le dimanche 19 décembre à midi dans une cafétéria.

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    Union101130a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Le colonel Moll controversé

    Loin du Tchad, le colonel Moll a lui aussi subi la neige hier à Vitry.
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  • Le compte rendu de la récente conférence sur le colonel Moll, qui a rassemblé une centaine de personnes, a fait réagir des lecteurs qui étaient par ailleurs dans le public, dont Christian Geoffroy, qui ce soir-là s’est exprimé.

    Il tient à ce que quelques précisions historiques, évoquées ce soir-là. Les voici donc.

    Quelle majorité ?

    Tout d’abord, la situation politique de l’époque. « Le général Lemoine présenta les représentants du peuple français comme étant, à 85 %, acquis à la cause du colonialisme. Rappelons néanmoins que, lors de débats parlementaires de décembre 1885, portant sur l’augmentation des crédits militaires à affecter à la conquête du Tonkin, une majorité, effectivement la vota… avec 4 voix de majorité. Les choses n’étaient pas aussi caricaturales que cela, beaucoup plus complexes. »

    Nombreuses exactions

    Deuxièmement, la conquête coloniale. « Le conférencier parla de la conquête coloniale du Tchad de façon très documentée, mais là aussi parcellaire. »

    Selon Christian Geoffroy, la narration de cette conquête coloniale du Tchad a oublié de faire référence à une exaction, celle des capitaines Voulet et Chanoine mais aussi à un combat, celui de Dotothé où périt le lieutenant-colonel Moll. « De plus, les exactions furent nombreuses notamment celle du commandant Gérard, particulièrement féroce. » D’ailleurs, Christian Geoffroy précise qu’en mesure de représailles, cinquante indigènes ont été décapitées, « leurs têtes exposées sur le chemin menant au village ».

    Des victimes aussi dans l’autre camp

    Toujours selon lui, nombreux furent les combats durant les dix-sept ans que dura cette conquête. Les victimes ? « Le général Lemoine cite les pertes nombreuses de l’armée française : deux officiers, trois sous-officiers, trente Sénégalais tués et 74 blessés mais pas un mot sur l’autre camp ! »

    Pourtant, insiste Christian Geoffroy ce sont six cents personnes qui ont été tuées de l’autre côté.

    Enfin, pour Christian Geofrroy, le lieutenant-colonel Moll ne s’est pas rendu coupable d’exactions. « Mais son livre reflète néanmoins bien son état d’esprit : il suffit de lire les passages où il se livre à quelques descriptions caricaturales des nègres ! »

    Voilà qui est dit.

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    Union101128b - Marne
    LIVRE : Les carnets de guerre illustrés de Rob Roy

    Carnet de guerre de Rob Roy, 1939 à 1944, 128 pages, format 25 X 28,5. 38 euros.
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  • Il est certains livres sortis à compte d’auteur qui font sourire. Ils ne sont en effet que le résultat de la vanité de leur auteur à vouloir absolument laisser une trace à une postérité qui n’a rien demandé ! Celui que publie la famille de Robert de la Rivière, dit Rob Roy, n’est surtout pas à ranger dans cette catégorie. Bien au contraire. On est là face à un document d’une rare qualité tant dans sa réalisation que son contenu qui n’a rien à envier aux beaux livres mis en vente par les plus grandes maisons d’édition.

    « Carnet de guerre de Rob Roy 1939 à 1944 » raconte le conflit au quotidien à travers ses carnets de guerre, plus de 70 dessins et aquarelles originales de Rob Roy, le tout imprimé sur un papier de qualité rappelant celui sur lequel on réalise des aquarelles. Rob Roy y raconte sa vie depuis sa mobilisation en 1939 au 19e régiment Train-Auto à Paris puis en mars 1940 à la 3e division cuirassée et sera positionné dans la région de Mourmelon dans la Marne. L’essentiel de cet ouvrage est consacré à la période des combats de mai et juin 1940 dans les régions de Reims, Vouziers et Vitry-le-François, sa capture par les Allemands et sa captivité en Autriche dans le stalag XVIIB.

    Ce sont les enfants et petits-enfants de Rob Roy qui ont ressorti des cartons ces petits trésors. « Tout a commencé à la mort de mon père en 1992, raconte son fils, Hubert de la Rivière. Sur son lit de mort, il m’a dit qu’il avait le projet de faire un livre avec des dessins et aquarelles sur les Bugatti. Il était en effet passionné d’automobile… J’ai mené à bien ce projet. Puis, j’ai tiré d’autres ficelles dont son carnet de guerre, un document sous forme manuscrite dont il ne nous avait pas vraiment parlé. En le montrant à la famille, à des amis, on a tous vu qu’il y avait là un vrai petit bijou à faire partager. »

    Une exposition bientôt dans la région ?

    Comme Robert de la Rivière a déjà une petite réputation sous le pseudonyme de Rob Roy pour ses illustrations automobiles, ses enfants et petits-enfants décident de garder le nom pour sortir ce livre. Le choix de la maquette et de la qualité papier s’est imposé. Certes plus coûteux, il permettait de mettre en valeur le travail exceptionnel de leur parent. « C’est en rentrant de captivité en mars 1941 et durant toute l’occupation à Paris, qu’il a réalisé ses dessins et aquarelles. Pour ce qui est de ce qu’il a vécu sur les champs de bataille, sa mémoire était intacte, ce qui permet d’avoir des dessins très précis, avec un souci du détail que l’on retrouve dans tout son travail. Le carnet a sans doute été écrit un peu plus tard mais là encore on a un regard très précis sur le quotidien de la guerre à travers un récit d’une grande sincérité, vivant et coloré. »

    A souligner qu’en marge du lancement de ce livre, une exposition va se dérouler du 7 au 12 décembre à Paris (117 rue Saint-Dominique) avec 25 agrandissements choisis parmi les quelque 70 publiés dans l’ouvrage ainsi que de nombreux documents d’époque ayant appartenu à Robert de la Rivière. Une exposition que son fils aimerait faire voyager, notamment dans notre région, l’année prochaine.

    Grégoire Amir-Tahmasseb

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    Union101128a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    La solidarité des FFL

    De Gaulle et Catroux : les liens de l’efficacité.
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  • Le micro de la BBC permet l’expression gaulliste
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  • Pour marquer sa solidarité avec les Grecs qui font front à l’agression italienne et déjouent les plans de son état-major, le général de Gaulle adresse le 27 novembre 1940 une note pour envoyer depuis l’Egypte, un détachement des Forces françaises libres vers le Péloponnèse. Cette troupe doit être mise à disposition du haut commandement grec et manifester ainsi la solidarité de la France authentique. Il n’exclut pas que les moyens ainsi concédés soient symboliques puisqu’il envisage le volume d’une compagnie. Si le général Catroux est prêt à faire le nécessaire depuis Le Caire, cette initiative ne sied guère au Département britannique de la guerre. Malgré cela il tient bon et dans un télégramme à Catroux alors Haut-commissaire de la France libre pour l’Orient il écrit : « L’importance morale et politique que comporte la présence d’un détachement français en Grèce vous paraîtra, comme à moi, capitale ». Avant d’apporter ce commentaire qui atteste sa parfaite information de la situation locale : « Je sais que certaines objections ont été faites du point de vue technique par le général Wavell. Je vous prie de lui exposer très nettement notre point de vue et d’insister auprès de lui pour que l’exécution ne tarde plus. En tout état de cause, je vous prie de diriger de suite sur Athènes, deux officiers et quelques hommes pour préparer constitution d’un détachement et grouper les volontaires disponibles sur place ». Plus que jamais il faut montrer que les FFL sont prêtes à l’action partout où la conduite de la guerre l’exige.

    C’est le sens de l’intervention du général le 29 novembre sur les ondes de la BBC. « Il est maintenant établi que, si des chefs indignes ont brisé l’épée de la France, la nation ne se soumet pas au désastre. » Et d’expliquer que malgré l’activisme développé par Vichy, les FFL continuent d’accueillir de nouveaux arrivants déterminés à rendre à la France sa liberté et sa grandeur : « Nous sommes une armée, une armée de volontaires ! Non point que tout les Français libres portent des armes, car dans cette guerre totale et mondiale, nous luttons sur tous les terrains. Nous n’avons qu’un seul but : servir. Chacun de nous est un homme qui lutte et qui souffre, oui qui lutte et qui souffre, non pour lui-même mais pour tous les autres ». De Gaulle n’hésite pas à donner des chiffres, évoque les 35.000 hommes sous les armes, les vingt vaisseaux de guerre en service, le millier d’aviateurs disponibles, les soixante navires marchant et les techniciens qui se mettent à la disposition de ceux incarnant l’espérance.

    C’est le temps choisi par le chef des Français libres pour rappeler la finalité de son mouvement : « Que voulons-nous ? D’abord combattre. Combattre pour contribuer à vaincre l’ennemi. Entendons bien le vaincre, ce ne doit pas être seulement le chasser du territoire, mais bien et bien briser ce corps physique et moral dont le poids écrase le monde dans sa chair et dans son âme ». Convaincu que la victoire est certaine au bout de la route de la reconquête il prévient : « De cette victoire certaine, de notre victoire, nous entendons, nous les Français libres, qu’une France nouvelle doit sortir. Une telle guerre est une révolution, la plus grande de toutes celles que le monde a connues ». Avant de conclure dans le même état d’esprit : « Nous entendons faire lever un jour une immense moisson de dévouement, de désintéressement, d’entraide. C’est ainsi que, demain, revivra notre France ».

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    La radio pour rallier la jeunesse

    Les bombardements provoquent encore de lourds dégâts dans les villes anglaises comme à Londres. Le mot d’ordre reste : résister.
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  • La menace des Stuka reste réelle…
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  • Le général de Gaulle est confiant et il le signifie aux Français lorsque le 29 novembre 1940 il indique : « Oui, la flamme de la Résistance française, un instant étouffée par les cendres de la trahison, se rallume et s’embrase. Et nous-mêmes, les Français libres, nous avons le glorieux devoir et la suprême dignité d’être l’âme de la Résistance nationale ». Mais il persiste des signes inquiétants de soumission ici et là. Une photographie prise à Paris sur les Champs-Elysées à côté d’une boutique qui porte l’enseigne de « Marina » retient l’attention. Au-dessus d’une porte cochère, un calicot est étalé et porte la mention : « Jeune Front ». Un panneau disposé un peu plus bas présente les insignes de cette nouvelle organisation, soit une croix formée par deux faisceaux qui se rencontrent à angle droit. Au-dessus sont dressés des drapeaux et des bannières semblables à celles dont les dictateurs tapissent les tribunes depuis lesquelles ils s’expriment. Le journaliste Jacques Duchesne dénonce le stratagème et signe ce même 29 novembre un billet des plus corrosifs : « Le Jeune Front, c’est une organisation national-socialiste de la jeunesse française. Elle est là, la menace, présente devant vos yeux. Elle existe l’organisation qui doit se servir de l’enthousiasme des jeunes gens de France pour leur inculquer la foi dans une perfection qui se dira française et qui est en réalité d’inspiration nazie allemande ». Il est important d’avertir les jeunes Français contre ces groupes destinés à créer des unités serviles que l’occupant pourra employer pour renforcer encore son emprise. Non seulement il faut avertir les grands adolescents mais aussi leurs parents et leurs grands-parents avant qu’il ne soit trop tard.

    L’intelligence de Duchesne est de montrer que d’autres jeunes de la même génération ne se laissent pas tenter par les beaux parleurs à la solde des Allemands. Volontairement, il choisit pour illustrer son propos la lettre adressée par un Toulousain déjà fidèle auditeur de l’émission « Les Français parlent aux Français ». « Je sais par les émissions quotidiennes de la BBC que de nombreux messages vous touchent chaque jour. Puisse un jour cette pauvre lettre porter à ceux qui combattent pour nous l’hommage le plus pur de leurs frères meurtris. Je suis un étudiant et je hais l’Allemand d’une haine éternelle. Je sais qu’il nous veut tant de mal ! » Si le garçon encourage ses amis à écrire pour dire le fond de leur pensée et stimuler tous les Français libres dans l’action c’est parce qu’il est habité par plusieurs certitudes : « L’Allemand veut asservir nos esprits, souiller notre culture, abolir ce qui est toute notre fierté, la liberté admirable et diverse, la beauté de notre langue et de notre passé. Je puis vous assurer que nous ne plierons pas dans nos cœurs. Si l’épreuve aujourd’hui nous fait baisser la tête, si la honte souvent fait rougir notre front, notre âme est inflexible, notre foi inviolable ». Cet étudiant toulousain est un peu le porte-parole d’une faculté où l’on attend la défaite de l’ennemi. Ce n’est pas dans ses rangs que l’on trouvera des volontaires pour soutenir Vichy et collaborer avec un Reich honni. « L’Angleterre est pour moi une seconde patrie, mon espoir est en elle, il ne faillira pas ». On salue encore la noblesse des Britanniques qui ne bronchent pas sous les bombes : « Les qualités de flegme et de noble sang-froid que légua la légende à la Blanche Albion, sous nos yeux aujourd’hui se montrent méritées ».

    Cet enthousiasme manifesté pour ceux qui se battent avec fougue pour la gloire du drapeau est un motif d’encouragement. Toute l’équipe des FFL est heureuse de savoir que ses émissions commencent à porter leurs fruits : « La BBC desserre chaque jour l’étreinte malsaine de la propagande ennemie ». Le même étudiant ajoute cette dédicace : « Vous qui avez quitté vos parents, vos amis, vos femmes, vos enfants, vous qui avez brisé bien souvent vos études, compagnons glorieux, nous espérons en vous ; soyez certains que nous, nous ne plierons pas ». Pour abonder dans ce sens et proclamer le courage de certains jeunes, on interroge alors ce Français âgé de 20 ans qui a réussi à s’envoler de France occupée pour gagner la Grande-Bretagne. Ce jeune démobilisé depuis la mi-août, rentré dans sa famille piaffait d’impatience de rejoindre le général de Gaulle et se remuait les méninges pour trouver la solution la plus sûre pour y parvenir. Pilote, il n’a cru en son salut que par la préparation clandestine d’un vol vers l’Angleterre. Sachant qu’un appareil était entreposé dans un hangar pas très éloigné de chez lui, il a entrepris avec un camarade de le remettre en état : « Pendant la nuit à tâtons, mal éclairé par une petite lampe de poche, j’ai constaté que deux soupapes étaient grippées et que la cellule était très fatiguée. Il m’apparut bien difficile de faire les réparations nécessaires sans attirer les doryphores ». Le pilote ne désarme pas et trouve bientôt la solution à son problème technique. Arrivé au Royaume-Uni, il témoigne de l’immense espoir que les FFL ont fait naître dans une bonne partie de la jeunesse. Il veut remercier ceux qui l’ont aidé à quitter son pays pour se battre avec le général : « Je remercie aussi la personne qui a su me fournir de l’essence d’avant-guerre, car sans elle je n’aurais pas pu faire mon vol : l’essence commerciale allemande, comme vous le savez tous est d’une qualité si inférieure qu’elle aurait été inutilisable pour mon voyage ». Si son plan de vol est parfait, les ennuis mécaniques et l’imprécision des instruments ont causé bien souci au garçon qui tenait le manche !

    Le jeune pilote décrit un pays paisible qui n’est pas handicapé par les bombardements de la Luftwaffe. Il n’hésite pas à soutenir la propagande anglogaulliste en relatant son atterrissage dans une prairie : « Je voyais passer les Spitfire alertés de mon arrivée. Les Messerschmitt d’Hitler font un peu figure de vieux fiacres à côté des élégantes machines anglaises ». Il est accueilli par de ados britanniques qui ont accouru à travers champs : « On m’a offert le thé et tout le monde sachant que j’étais Français m’a fait une réception cordiale que je n’oublierai jamais. Je suis entré en contact avec les autorités militaires qui ont été empressées ». En conclusion et c’est ce qui compte pour l’animateur de manière à bien articuler la pertinence de cette succession d’interventions, le pilote déclare : « Aujourd’hui, je suis engagé dans les Forces française libres du général de Gaulle. Je fais enfin partie du mouvement des résistants français que tous les jours depuis mon arrivée je vois grandir sous mes yeux ». Il glisse enfin cette confidence, essentielle pour susciter de l’émotion : « J’ai été présenté au général de Gaulle. Il est magnifique. Jamais depuis l’armistice, je n’ai pensé avec autant de confiance on les aura ».

    Pour crédibiliser encore plus la BBC, on apprend aux auditeurs sur l’air de « Maman les petits bateaux », un refrain destiné à discréditer la radio française soumise à Vichy et aux exigences allemandes : « Maman la BBC qui dit si vrai, est-elle en France ? Mais non, petit bêta, si elle y était, elle mentirait ». Une manière subtile d’affirmer que la radio française n’est française que de nom.

    Hervé Chabaud

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    Les imprudences de Laval

    Otto Abetz : l’ambassadeur allemand est de plus en plus interventionniste.
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  • Les réserves du général Huntziger.
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  • Pierre Laval vit ses premières vraies difficultés avec le maréchal Pétain.
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    Pour marquer sa solidarité avec les Grecs qui font front à l’agression italienne et déjouent les plans de son état-major, le général de Gaulle adresse le 27 novembre 1940 une note pour envoyer depuis l’Egypte, un détachement des Forces françaises libres vers le Péloponnèse. Cette troupe doit être mise à disposition du haut commandement grec et manifester ainsi la solidarité de la France authentique. Il n’exclut pas que les moyens ainsi concédés soient symboliques puisqu’il envisage le volume d’une compagnie. Si le général Catroux est prêt à faire le nécessaire depuis Le Caire, cette initiative ne sied guère au Département britannique de la guerre. Malgré cela il tient bon et dans un télégramme à Catroux alors Haut-commissaire de la France libre pour l’Orient il écrit : « L’importance morale et politique que comporte la présence d’un détachement français en Grèce vous paraîtra, comme à moi, capitale ». Avant d’apporter ce commentaire qui atteste sa parfaite information de la situation locale : « Je sais que certaines objections ont été faites du point de vue technique par le général Wavell. Je vous prie de lui exposer très nettement notre point de vue et d’insister auprès de lui pour que l’exécution ne tarde plus. En tout état de cause, je vous prie de diriger de suite sur Athènes, deux officiers et quelques hommes pour préparer constitution d’un détachement et grouper les volontaires disponibles sur place ».

    Plus que jamais il faut montrer que les FFL sont prêtes à l’action partout où la conduite de la guerre l’exige. C’est le sens de l’intervention du général le 29 novembre sur les ondes de la BBC. « Il est maintenant établi que, si des chefs indignes ont brisé l’épée de la France, la nation ne se soumet pas au désastre. » Et d’expliquer que malgré l’activisme développé par Vichy, les FFL continuent d’accueillir de nouveaux arrivants déterminés à rendre à la France sa liberté et sa grandeur : « Nous sommes une armée, une armée de volontaires ! Non point que tout les Français libres portent des armes, car dans cette guerre totale et mondiale, nous luttons sur tous les terrains. Nous n’avons qu’un seul but : servir. Chacun de nous est un homme qui lutte et qui souffre, oui qui lutte et qui souffre, non pour lui-même mais pour tous les autres ». De Gaulle n’hésite pas à donner des chiffres, évoque les 35.000 hommes sous les armes, les vingt vaisseaux de guerre en service, le millier d’aviateurs disponibles, les soixante navires marchant et les techniciens qui se mettent à la disposition de ceux incarnant l’espérance.

    C’est le temps choisi par le chef des Français libres pour rappeler la finalité de son mouvement : « Que voulons-nous ? D’abord combattre. Combattre pour contribuer à vaincre l’ennemi. Entendons bien le vaincre, ce ne doit pas être seulement le chasser du territoire, mais bien et bien briser ce corps physique et moral dont le poids écrase le monde dans sa chair et dans son âme ». Convaincu que la victoire est certaine au bout de la route de la reconquête il prévient : « De cette victoire certaine, de notre victoire, nous entendons, nous les Français libres, qu’une France nouvelle doit sortir. Une telle guerre est une révolution, la plus grande de toutes celles que le monde a connues ». Avant de conclure dans le même état d’esprit : « Nous entendons faire lever un jour une immense moisson de dévouement, de désintéressement, d’entraide. C’est ainsi que, demain, revivra notre France ».

     

     

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    Union101127b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Office national des anciens combattants : Un joyeux Noël avant l’heure !

    Sidonie Barbier, seule pupille de la Nation du Village,
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  • A l’approche des fêtes de Noël, l’Office national des anciens combattants (Onac) n’oublie pas celles et ceux qui ont mérité d’être mis à l’honneur, à savoir les anciens combattants, les veuves de guerre ou pupilles de la Nation qui vivent en maisons de retraite ou résidences pour personnes âgées, comme Sidonie Barbier, née Lemoine, pupille de la Nation de la guerre 1914/1918.

    Ce mercredi 24 novembre, c’était Noël avant l’heure à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) « Le Village » du centre hospitalier de Châlons.

    Au nom de l’Onac, un petit colis de douceurs a en effet été remis par les représentants de l’office châlonnais et anciens combattants à 18 hommes et 24 femmes qui coulent des jours heureux entourés des bons soins du personnel soignant et des bénévoles de l’association « Sourire et vie ».

    Une tradition que le monde combattant espère perpétuer dans les années qui viennent, les moyens financiers tendant à s’amenuiser au fil du temps.

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    Union101127a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Une centaine de personnes à la conférence sur ce Vitryat d’adoption : La vie incroyable d’Henry Moll explorateur et géographe

    Une assistance très attentive au propos de Jean-Marie Lemoine.
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  • Ce jeudi 25 novembre, à l’invitation du comité cantonal du Souvenir français, de la société des Sciences et Arts et de l’Amicale des anciens élèves des collèges et lycées de Vitry-le-François, le général de corps d’armée Jean-Marie Lemoine a présenté une conférence sur la vie et l’œuvre du lieutenant-colonel Henry Moll, à l’espace Paul-Bert.

    Devant une centaine de personnes dont la présidente du syndicat d’initiative et l’ancien maire de Saulx (Haute-Saône), ville natale d’Henry Moll, et le sous-préfet, le général Lemoine a relaté la vie de ce Vitryat d’adoption, notamment les nombreuses missions qui lui ont été confiées par le ministère des Colonies en sa qualité d’explorateur, de géographe ou d’économiste, ce qui lui valu de nombreux titres de témoignages de reconnaissance aussi bien du gouvernement français que de gouvernements étrangers : médaille d’or de la société de géographie en 1907, plus haute distinction allemande le 2 mai 1907 des mains de l’empereur Guillaume II.

    Sur le plan militaire, le lieutenant-colonel Henry Moll a été, à son époque, le plus jeune officier supérieur de l’armée française. Entré à l’école militaire de Saint-Cyr le 29 octobre 1889, il est cité à l’ordre de l’armée dès 1898 avec l’obtention du brevet d’État-major de l’école de guerre, capitaine en 1899, chevalier de la légion d’Honneur le 13 juillet 1903, chef de bataillon le 24 décembre 1904, nommé lieutenant-colonel le 15 décembre 1908…

    Atteint par plusieurs coups de lances et de sagaies à la nuque, il décède à Dorothé (Tchad) le 9 novembre 1910 et est inhumé à Abéché où une statue est élevée à sa mémoire. Chaque année, le gouvernement tchadien honore la mémoire de cet humaniste explorateur. De nombreux témoignages viennent rendre hommage à Henry Moll, une souscription nationale est organisée pour l’érection d’un monument à Vitry-le-François et à Dijon (résidence de retraite de ses parents). De nombreuses rues portent d’ailleurs son nom en France.

    La prochaine réunion de la société des Sciences et Arts de Vitry aura lieu le mercredi 15 décembre à 20 h 30 avec pour sujet « L’histoire des grippes » par le docteur Henry Viniaker, membre titulaire.

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    Union101126a - Marne
    REIMS : Nom d’une rue à Reims : Les marins plaident pour Georges Brière

    Ils veulent qu’une rue rémoise porte le nom de Georges Brière.
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    Le Rémois Georges Brière, engagé volontaire en 1941 après avoir servi au DCA à Oran et malgré des problèmes de santé, avait rejoint son poste de combat où il avait été mortellement blessé à La Chapelle-sur-Rougemeont en novembre 1944, lors de la campagne d’Alsace.

    Un sacrifice qui lui a valu d’être inhumé au Mont Valérien.

    Hier, pour rappeler la mémoire de ce Rémois et réclamer à la municipalité qu’elle donne le nom de Georges Brière à une rue prochainement inaugurée, l’association des anciens marins a déposé une gerbe aux monuments aux morts.

     

     

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    Union101125b - Marne
    HERMONVILLE : Au service de la France

    Paul Caillet a passé vingt et un ans à l’armée.
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    Paul Caillet, ancien combattant d’Hermonville, vient de recevoir le diplôme d’honneur aux Combattants de l’armée française 1939-1945, des mains de Joël Gourmand, maire de la commune.

    Il est né à Reims le 30 octobre 1921. Ayant franchi la ligne de démarcation en février 1941, Paul s’engage pour quatre ans au 10e Régiment d’artillerie coloniale à Nîmes. Après une carrière qui le mènera pendant dix-sept ans hors de France pendant ses nombreux séjours Outre-mer, à savoir, Dakar, le Maroc, l’Indochine, le Soudan (l’actuel Mali), Madagascar, l’Algérie, Paul Caillet participera aux différents conflits : Campagne de France, maintien de l’ordre au Maroc, guerre d’Indochine, guerre d’Algérie.

    Titulaire de nombreuses décorations et diplômes, Paul, adjudant-chef des Troupes de Marine, retournera à la vie civile en mai 1962, auprès de sa famille, à Hermonville, après vingt et un ans passés au service de la France.

     

     

     

     

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    Union101125a - Marne
    SUIPPES : Les obus de 1915 tonnent encore au camp de Suippes

    Le panache de l’explosion est très visible à deux kilomètres de distance.
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  • Jean-Marc Bouzon dirige les opérations.
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  • Les obus sont placés au fond d’un trou et recouverts de mines.
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  • AISNE & MARNE. Les démineurs ont œuvré chaque jour cette semaine pour venir à bout du stockqui aurait servi à alimenter le front du Chemin des Dames.

    LA zone ressemble à un vaste cratère boueux. Tout autour, des arbres morts rappellent les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, dont les ravages hantent encore les lieux. Nous sommes au cœur du camp de Suippes, dans le polygone de tir. L’endroit est baptisé Bois du Rossignol, mais hier matin, les oiseaux étaient plutôt rares dans les parages. Car ce sont des obus de 210 mm que la Sécurité civile a fait exploser.

    Il s’agit d’une partie des 1 650 obus découverts récemment à Coucy-lès-Eppes, dans l’Aisne. Le stock sommeillait depuis 1915 dans les profondeurs de ce village de 580 habitants, où les Allemands avaient décidé de constituer un dépôt de munitions, certainement pour alimenter le front du Chemin des Dames.

    Depuis le début de la semaine, un convoi arrive chaque matin au camp (aussi vaste que la ville de Paris), avec son dangereux chargement. Les camions exécutent toujours le même ballet. Les hommes du centre régional de déminage se chargent de les placer au fond de larges trous creusés à la pelleteuse, dans une boue grisâtre.

    Au cours d’une deuxième phase, des mines sont placées par-dessus, de manière à recouvrir entièrement les obus, « pour briser l’enveloppe et initier l’explosion », explique le chef du centre, Jean-Marc Bouzon. Puis l’ensemble est rebouché. La destruction est complète, aucun obus ne reste intact. Il suffit d’examiner le sol pour s’apercevoir qu’il est parsemé d’éclats. « Nous avons une capacité de 250 kg de matière active », d’où la hauteur du panache.

    Deux explosions

    Première explosion. L’équipe s’est repliée à deux kilomètres pour l’observer, la fumée et la poussière s’élèvent à 50 mètres de hauteur. Deuxième détonation, la terre tremble à peine, le bruit est comme étouffé.

    Un spectacle qui n’étonne plus les démineurs de la Sécurité civile depuis longtemps. Pour eux, ces opérations restent très banales. Le sol de la région Champagne-Ardenne est malheureusement riche en vestiges de 14-18. Les précautions sont nombreuses, le protocole est strict. Aucune raison, a priori, de s’inquiéter. Pour couper court aux doutes, le chef du centre précise qu’il n’y a pas d’obus chimique dans cette opération, qui se termine aujourd’hui pour le camp de Suippes. En réalité, l’étape la plus délicate reste celle du transport, même s’il n’y a jamais eu d’accident jusqu’à présent. Car aucun camion, en cas d’explosion, ne résisterait au souffle. Et le convoi passe forcément à proximité des habitations. Les munitions ont beau avoir 95 ans, leur capacité de destruction reste très élevée.

    Sébastien LAPORTE

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    Union101124a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : A l’Espace Paul-Bert : Henry Moll au cœur d’une conférence

    Tableau représentant le lieutenant-colonel Henry Moll.
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    Le comité cantonal du Souvenir Français de Vitry-le-François, en lien avec la société des Sciences et Arts de Vitry-le-François et l’Amicale des anciens élèves des lycées et collèges de Vitry-le-François, organise, demain jeudi 25 novembre à 20 h 15, à l’Espace Paul-Bert (19, rue Sainte-Barbe), à l’occasion du centenaire de son décès, une conférence sur la vie et l’œuvre du lieutenant-colonel Henry Moll (1871-1910), ancien élève du collège, par le Général de Corps d’armée Jean-Marie Lemoine, sous la présidence du sous-préfet Raymond Floc’h.

    Entrée libre et gratuite, mais réservation préférable au 09.75.61.15.91. ou par mail à l’adresse souvenir.vitry@orange.fr, la salle ne contenant que cent places assises.

     

     

     

     

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    Union101123b - Marne
    NAZISME : Criminels nazis Samuel Kunz est mort

    Le criminel de guerre nazi Samuel Kunz, 89 ans, accusé d’avoir concouru à l’exécution de 420 000 juifs, est mort à son domicile de la banlieue de Bonn. Cette information, confirmée par l’Office central pour l’élucidation des crimes nazis de Dortmund, met le point final à une procédure inaboutie. Le procès devait être audiencé à Bonn en février. Il n’aura jamais lieu puisque, désormais, l’action publique est éteinte.

    Il ne devait comparaître que pour des meurtres commis alors qu’il était gardien au camp d’extermination de Belzec (Pologne) entre janvier 1942 et juillet 1943. Kunz avait reconnu devant des enquêteurs avoir participé à la Solution finale : « Il était évident que, pour nous, les juifs y étaient éliminés et ensuite incinérés. Nous sentions l’odeur tous les jours. »

    L’annonce de la disparition de Kunz a été qualifiée de « terrible frustration » par Efraim Zuroff, directeur du Centre Simon-Wiesenthal à Jérusalem. « La seule consolation est qu’il avait été mis en accusation et désigné comme un criminel. » Samuel Kunz figurait en 3e position sur la liste dite Wiesenthal. Alors qu’on vient de célébrer le 65e anniversaire du début du grand procès au tribunal militaire international de Nuremberg, devant lequel les hauts responsables nazis ont été traduits, les autorités allemandes ont étudié 25 000 dossiers de criminels de guerre présumés. Très peu ont abouti, ce qui est regrettable. Hormis l’affaire Demjanjuk, il n’y a plus de grand rendez-vous judiciaire à attendre. Le temps des historiens est venu pour qu’on n’oublie pas l’horreur des camps.

    Hervé CHABAUD

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    Union101123a - Marne
    SOMPUIS : Bombardement de Mailly-le-Camp les 3 et 4 mai 1945 : Une conférence suivie

    Plus de soixante personnes étaient présentes.
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  • Samedi 20 novembre, à Sompuis en milieu de matinée, plus de soixante personnes étaient présentes à la conférence organisée par le groupe histoire de l’association historique « Mailly 3 et 4 mai 1944 » sur la défense allemande et le rôle du camp de Sompuis durant la Seconde Guerre mondiale.

    Une exposition de maquettes et dessins d’avion des forces en présence durant la guerre a illustré le récit du major Le Maguet, militaire en retraite spécialiste de l’aviation et historien. Il a parlé de manière simple et claire sur les défenses aériennes des Allemands du général Kammhuber avec ses chasseurs de nuit. Puis une visite sur le terrain de l’ancien camp allemand où se trouver une station radar Fu MG 80 « Freya », d’une portée de 80 à 120 km, élément du système de défense aérienne allemande construit en 1943 détruit en 1944, a permis de mieux comprend, d’appréhender, de matérialiser le récit du major.

    L’après-midi, Henri Chevallot et Robert Jacquemin, deux mémoires locales ayant vécu cette terrible époque de la Seconde Guerre mondiale, ont témoigné et échangé auprès de personnes présentes leur souvenir du bombardement de division de blindés allemands à Mailly-le-Camp mais également sur l’exode de 1940 et la vie durant cette période.

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    Union101122c - Marne
    REIMS : Mémoire de la déportation

    Une conférence aura lieu mercredi 24 novembre A17 h 30 à la maison de la vie associative, rue du Barbâtre, salles 101/102.

    Entrée libre.

    Roger Boulanger, déporté et résistant, traitera de la déportation des Tziganes.

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    Union101122b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Cérémonie à la sous-préfecture Marie-Louise Danet à l’honneur

    Marie-Louise Danet a reçu le diplôme d’honneur aux anciens combattants de l’armée française 1939/1945.
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  • Mercredi 17 novembre, Raymond Floc’h, sous-préfet de la Marne, a eu l’honneur de remettre au nom du ministre de la Défense à Marie-Louise Danet née Bastien le diplôme d’honneur aux anciens combattants de l’armée française 1939/1945 lors d’une cérémonie dans le grand salon d’honneur de la sous-préfecture.

    Marie-Louise, née à Reims, a appartenu au front national de lutte pour la libération, l’indépendance et la reconstruction de la France dès la création de la fédération marnaise en 1941. Elle a 17 ans quand, en participant à une distribution de tracts clandestins, elle est arrêtée, le 1er mai 1942 à Reims.

    N’étant pas majeure, elle est internée à l’institut public d’éducation de Cadillac du 7 septembre 1942 à juin 1944.

    C’est avec beaucoup d’émotion que Marie-Louise a reçu ce diplôme, qui lui revient de droit, et les remerciements pour « son dévouement, son abnégation et son courage qui méritent le respect de tous. Un remarquable engagement volontaire ».

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    Union101122a - Marne
    REIMS : Souvenir français : Pour la mémoire et pour l’avenir

    Les récipiendaires auprès des personnalités étant intervenues lors de la matinée.
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  • En compagnie de l’adjoint Jean-Claude Laval, deux dépôts de gerbes (monument aux morts et lycée Eiffel) ont marqué la matinée du 16 novembre pour le comité rémois du Souvenir français qui a ensuite tenu son assemblée générale à Reims.

    Après les travaux statutaires présidés par Jean Cienki, le colonel Carminati a fait un exposé très émouvant sur la Résistance, alimenté par son histoire personnelle parmi les « Combattants de l’ombre » et une excellente connaissance de cette période douloureuse, marquée du sacrifice des victimes ayant donné leur jeunesse et leur sang pour la France.

    Reconnaissance

    A suivi une remise de récompenses destinées à ceux qui œuvrent pour le Souvenir français.

    Ont été en particulier à l’honneur le proviseur du lycée Croix-Cordier de Tinqueux avec trois enseignants et un élève, pour les actions régulières (initiées il y a plusieurs années et toujours soutenues par Marc Christophe) de remise en état des tombes d’anciens combattants. Des membres du comité ont aussi été remerciés et félicités pour services rendus à l’association.

    Sur les diplômes, on peut lire : « A nous le souvenir, à eux l’immortalité… » Une devise qui résume la vocation du Souvenir français, association nationale reconnue d’utilité publique, avec sa mission de transmission du flambeau aux jeunes générations.

    Les personnes suivantes ont été récompensées.

  •  Témoignages de reconnaissance : Clarisse Outters, Franky Odot, Denis Bechevat et Jean Champy.
  •  Diplômes d’honneur : Josy Cottez, Hervé Laheurte et Philippe Louges, proviseur du lycée Croix-Cordier, établissement de Tinqueux qui reçoit également le diplôme à titre collectif.
  •  Médailles de bronze : colonel Louis Carrière, Marc Christophe, Maurice Duchêne et Georges Marette.

    Renseignement sur www.souvenir-francais.com

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    Union101121b - Marne
    LIVRE : La guerre des gaz

    Fritz Haber et son troisième volume, « Un vautour, c’est déjà un aigle », publié chez Delcourt, permet de mieux cerner la réalité de la guerre des gaz lors de la Première Guerre mondiale.

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    Union101121a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    Le 70e anniversaire du ralliement à de Gaulle

    Félix Eboué et Charles de Gaulle le 30 janvier 1944 à Brazzaville lors de l’inauguration du monument en mémoire de Pierre Savorgnan de Brazza.
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  • Leclerc, de Gaulle et Eboué à Brazzaville en septembre 1942.
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    Anniversaire. Les « Trois Glorieuses » ont soixante-dix ans. Les 26, 27 et 28 août 1940, en écho à l’appel du 18 juin du général de Gaulle, le Tchad, le Cameroun et le Congo se rallient à la France libre offrant ainsi à son chef en exil à Londres un immense territoire de 2,5 millions de km2 qui va devenir la rampe de lancement de l’offensive des forces du Général Leclerc. Entre les 25 et 30 octobre dernier, la Fondation Charles de Gaulle, les autorités françaises et les trois pays « ralliés de la première heure » ont commémoré cet engagement historique qui a constitué la base de la libération de la France.

    Charles de Gaulle ne connaissait pas l’Afrique. Et pourtant, c’est l’Afrique qui a donné à la France libre sa première assise territoriale. Ainsi, entre le Sahel et les rives du Congo, naissait entre l’homme d’Etat et le continent africain une union exceptionnelle. Une véritable histoire d’amour que la délégation officielle mise en place par la Fondation Charles de Gaulle a fait revivre à N’Djamena, Yaoundé et Brazzaville au cours de manifestations tantôt très officielles, souvent festives et toujours très émouvantes inscrites dans un présent franco-africain. Un programme qui se voulait à la hauteur de l’aide que les Africains ont offert à la France dans son combat pour la liberté.

    A Londres, après son appel du 18 juin, le général de Gaulle n’ignorait rien de son isolement. Il ne voyait le salut que dans l’Empire qu’il évoquait souvent dans ses messages, comme dans celui du 24 juin 1940 : « La France sent que, dans son vaste Empire, des forces puissantes de résistance sont debout pour sauver son honneur ». Quatre jours plus tard, il s’adressait directement aux gouvernants de cet Empire : « Mettez-vous en rapport avec moi pour unir nos forces et sauver les terres françaises ». Le premier écho lui viendra des Nouvelles-Hébrides qui, derrière le commissaire résident Henri Sautot, rejoignaient la France libre le 20 juillet.

    De notre envoyé spécial Christian Chardon
    cchardon@journal-lunion.fr

     

     

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    L’ambassadeur de France globe-trotter

    Anne et Bruno Gain lors d’une cérémonie traditionnelle au Cameroun.
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    Il est né à Reims en 1948, il a grandi à Reims où il a été élève du lycée Clemenceau. Il est le fils et le petit-fils de notaires de Reims, et d’une mère rémoise qui s’est beaucoup investi dans la musique. Et il vit maintenant à Yaoundé… Qui est-ce ? La réponse peut surprendre. C’est Bruno Gain, 13e ambassadeur de France au Cameroun en poste depuis décembre 2009. Le Rémois est devenu un véritable globe-trotter. Après avoir été en poste au quai d’Orsay en 1973, il a connu sa première affectation à New York avant de découvrir Bahreïn, l’Australie, Tokyo, Rome et son Saint-Siège, puis le Pacifique Sud et Nouméa. Un périple qui lui a fait traverser quatre des cinq continents avant d’obtenir son premier poste africain, au Cameroun, l’an dernier. Une ambassade importante puisqu’elle fait partie des vingt-huit plus grosses ambassades de France au monde et qu’elle gère des intérêts énormes comme ceux de la coopération dans le cadre du désendettement et du développement. Un budget de 587 millions d’euros.

    Bruno Gain et son épouse Anne, toute aussi rémoise que lui, ne sont pas le seul lien entre le Cameroun et la Champagne. « Le Cameroun est le premier marché de champagne de l’Afrique, confie Bruno Gain, et de nombreux jeunes Camerounais font leurs études à Reims où ils se montrent d’excellents étudiants ».

     

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    Tchad - Cameroun - Congo, le berceau de la France libre

    N’Djamena, la voix de Félix Eboué
    Rencontre entre une délégation d’anciens combattants tchadiens et le petit-fils du général Leclerc (à droite).
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  • Et l’Afrique se manifestait. Le premier acte était terriblement mal vécu. A Dakar, au Sénégal, les sympathisants de Vichy faisaient tirer sur les gaullistes. Puis une grande voix s’est élevée de Fort-Lamy, l’ex-N’Djamena, celle du plus patriote de tous, du seul gouverneur noir du corps colonial.

    Le 26 août, Félix Eboué et son secrétaire général Henry Laurentie suivis par la majorité de Français résidents se ralliaient. Le Tchad offrait une base de départ au futur. Plus tard de Gaulle saluera Félix Eboué comme « le symbole de la dette contractée envers les peuples dont le destin est associé à celui de la France ». Et c’est du Tchad que le colonel Leclerc lancera, vers Koufra, la première victoire, sa colonne, « la Force L », composée de 400 hommes dont 300 Tchadiens et Sénégalais et 100 Européens. Celle qui deviendra ensuite, au Maroc, la 2e Division Blindée dont le Régiment de Marche du Tchad sera l’un des joyaux.

    Juste à côté de la porte sud du marché central de N’Djamena, la maison des combattants a été récemment rénovée. Au-delà d’une cour intérieure de sable beige, les portes et volets bleus ne laissent entrer d’une faible lumière pour éclairer la douzaine de fresques peintes par des anonymes qui racontent l’Histoire, depuis l’appel du 18 juin 40, les préparatifs à Fort-Lamy et l’épopée de la colonne Leclerc, la prise de la citadelle de Koufra le 1er mars 41, de son serment « nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir fait flotter le drapeau français sur Metz et sur Strasbourg », la bataille d’Oum-el-Araneb le 6 mars 42… Tout est là, raconté en traits simples et colorés, jusqu’à Tunis, Naples, Rome, Sienne, Saint-Tropez et vers Strasbourg. Comme étaient là les anciens, fiers d’entonner de nouveau avec le petit-fils du général Leclerc de Hauteclocque, le chant des soldats du Tchad.

    Brazzaville, capitale de la France libre
    Dans son palais présidentiel, Denis Sassou-N’Guesso en compagnie du maire de Colombey, Pascal Babouot, et de la petite-fille du général de Gaulle, Anne de Laroulliere.
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  • Dans son palais présidentiel, Denis Sassou-N’Guesso en compagnie du maire de Colombey, Pascal Babouot, et de la petite-fille du général de Gaulle, Anne de Laroulliere.

    « A Brazzaville, l’affaire fut aussi bien menée. Le 28 août, à l’heure fixée, le commandant Delange se rendit au Palais du Gouvernement à la tête de son bataillon et invita le gouverneur-général Husson à céder sa place. Celui-ci le fit sans résistance, quoique non sans protestations. La garnison, les fonctionnaires, les colons, les Congolais, dont, pour la majorité, l’opinion était faite d’avance… acceptèrent avec joie. Le général de Larminat, traversant le Congo, prit aussitôt en mon nom les fonctions de Haut-commissaire de l’Afrique équatoriale française avec pouvoirs civils et militaires. Ainsi, la plus grande partie du bloc Afrique équatoriale – Cameroun se trouvait jointe à la France libre sans qu’ait coulé une seule goutte de sang. » Charles de Gaulle, Mémoires de Guerre – l’Appel 1940 – 1942.

    Le destin de Brazzaville, à l’image de celui qui lui a donné son nom, Pierre Savorgnan de Brazza, marin – explorateur français d’origine italienne, héros de la IIIe République et découvreur du Congo à la fin du XIXe siècle, sera dès lors exceptionnel.

    Le 24 octobre 1940, De Gaulle s’installe dans la ville ; le 26, Brazzaville devient capitale de la France libre ; le lendemain, il monte l’embryon de son gouvernement en créant le Conseil de Défense de l’Empire ; le 16 novembre c’est l’Ordre de la libération qui voit le jour, puis naît Radio-Brazzaville l’émetteur national de la France libre. C’est encore à Brazzaville que De Gaulle, entre les 30 janvier et 8 février 44, séjournera pour définir sa politique africaine, celle « du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » qu’il mènera à son retour au pouvoir en 1958 et qui conduira à l’indépendance des pays concernés, il y a cinquante ans. Les commémorations du soixante-dixième anniversaire du ralliement ont donc été particulièrement chaleureuses. Entre la Case de Gaulle où l’ambassadeur de France recevait, le monument du général de Gaulle où s’est déroulée une cérémonie franco-congolaise, la messe solennelle présidée par Mgr Milandou, archevêque de Brazzaville en la Basilique St Anne, puis lors de la réception au palais présidentiel offerte par Denis Sassou- N’Guesso, président de la République du Congo, Anne de Laroulliere, petite fille du Général, invitée d’honneur de la délégation, a pu mesurer la force du souvenir laissé dans ce pays, comme au Tchad et au Cameroun, par son grand-père.

    Yaoundé, le coup de main de Leclerc
    La cérémonie à Yaoundé.
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  • Dans la nuit du 26 au 27 août 1940, d’un coup de main très habile, le colonel Leclerc force le destin du Cameroun. En compagnie du colonel Hettier de Boislambert s’empare de Douala. Et dès le lendemain, le gouverneur se range à leurs côtés et c’est tout le Cameroun qui, en quelques heures, bascule dans les rangs de la France libre. Le Cameroun n’avait jamais été une colonie française. Son attachement à l’Empire date du traité de Versailles de 1919, qui plaçait sous tutelle de la Société des Nations cette colonie de l’Allemagne défaite et signataire de l’armistice de 1918, et confiait son administration à la France et à l’Angleterre. Le 8 octobre suivant, Charles de Gaulle en visite dans ces pays qui lui ont donné leur confiance choisira de débarquer à Douala : « Au Cameroun, je dirai que c’est à dessein que le chef des Français libres a voulu venir en premier lieu parce que le Cameroun est particulièrement visé par l’ennemi, parce que le Cameroun lui, n’a jamais fléchi dans sa volonté de se défendre et parce que le Cameroun, sous l’impulsion du colonel Leclerc, son glorieux et avisé gouverneur, donne à l’Empire l’exemple de la foi, du courage, de l’effort. »

    Et pourtant, lorsqu’il a débarqué, de Gaulle ignorait tout de l’accueil qui l’attendrait. Mais à peine le bâtiment avait-il accosté qu’une Marseillaise éclatait et qu’une immense acclamation retentissait dans le port. La population reconnaissait en de Gaulle, qui descendait la coupée, l’homme qui représentait la France.

    Cette affection des Camerounais pour le Général ne s’est pas altérée avec le temps. Et les réceptions données au « Club France de Yaoundé » par l’ambassadeur de France ou celle organisée par les autorités camerounaises, et la prise d’armes au monument Leclerc-Eboué présidée par Laurent Esso, ministre d’Etat et secrétaire général de la présidence de la République camerounaise, ainsi que le succès de l’exposition « De Gaulle et l’Afrique » inaugurée à cette occasion, l’ont encore confirmé.

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    La leçon de Ciano

    Les relations entre Hitler et Mussolini sont compliquées en raison de l’inconstance des armées italiennes dont on se moque sur Radio Londres.
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  • Hitler n’a toujours pas obtenu de Franco ce qu’il souhaitait, traverser l’Espagne pour conquérir Gibraltar. Les négociations sont âpres.
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  • A Berchtesgaden, Hitler manifeste son agacement dès que le ministre des Affaires étrangères italien, le comte Ciano est introduit. Le führer avec des mots vifs ne dissimule pas son amertume pour l’échec des opérations menées en Grèce sur ordre du Duce. Il s’insurge contre les dissensions manifestées au sein du commandement suprême italien et s’interroge sur les raisons qui n’ont pas encore conduit Mussolini à remettre de l’ordre dans les rangs. Déjà très réservé sur cette action contre Athènes, Hitler est inquiet des mesures de rétorsion que peuvent employer les Anglais contre les puissances de l’Axe. Ce ne sont pas les bombardements des ports italiens qui le dérangent le plus mais la capacité aérienne dont la Grande-Bretagne dispose depuis ses bases de Salonique, Larissa, Arta et Athènes. Ce qu’il craint est le pilonnage des puits de pétrole de Ploesti en Roumanie. Il sait que les appareils anglais ont l’autonomie suffisante pour y parvenir. Aussi, tient-il à préserver cette ressource indispensable au ravitaillement de ses forces mécanisées et à l’approvisionnement équilibré du Reich. Comme ce terrain d’intervention n’était pas prévu ? il lui faut constituer un nouveau corps expéditionnaire ce qui peut prendre de trois à quatre mois. Bref, pour le führer le Duce doit changer sa politique dans les Balkans et d’abord attirer la Yougoslavie dans le giron de l’Axe, au besoin en lui promettant l’autorité sur le port grec de Salonique ! Encore faut-il que la Grèce soit entièrement défaite or, les mêmes escadrilles britanniques sont en capacité de frapper l’Albanie et les positions italiennes mais encore, et les exemples ne manquent pas, toute l’Italie méridionale.

    Hitler est convaincu qu’il doit guider le gouvernement de Mussolini dont le sens des relations extérieures est inabouti. C’est la raison pour laquelle il suggère au chef italien de tisser des liens privilégiés avec la Turquie, de convaincre la Roumanie d’accepter sur son territoire des unités allemandes et la Hongrie de laisser transiter les troupes du Reich. Si la Méditerranée n’est pas interdite aux Anglais, il sera plus difficile de les battre en Afrique du Nord. Au regard de la capacité opérationnelle des forces armées italiennes, le führer craint que les régiments de la Botte soient défaits. Jamais depuis le début de la guerre, ils n’ont été seuls en position de vainqueurs. Comme il n’est pas parvenu à décider le général Franco d’attaquer Gibraltar et de rendre impossible toute entrée de navires britanniques en Méditerranée, il lui faut trouver d’autres solutions crédibles. Le ministre espagnol Serano Suñer réitère tant à Hitler qu’à Ribbentrop son homologue allemand que l’Espagne a besoin de 400.000 tonnes de céréales et de deux mois de préparation pour régler la question de Gibraltar. Une manière de monnayer un appui indirect à Berlin.

    Ciano est contraint d’écouter une vraie leçon de stratégie et de politique internationale. Le ministre des Affaires étrangères apprécie modérément. Pour atténuer cette vexation volontaire, Hitler confie à son interlocuteur : « Une chaude et indéfectible amitié me lie à Benito Mussolini ». Le 21 novembre, les mauvaises nouvelles s’accumulent pour les Italiens aussi bien sur le front greco-albanais où ils ont 2.000 prisonniers. 135 canons et 600 mitrailleuses leur sont confisqués. Dans le secteur hellène de Grammos, le 2e corps grec reconquiert trois petites villes : Ersekë, Leskovik et Perat.

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    Des officiers, des femmes résistent

    La référence aux glorieux héros de la Grande Guerre est constante pour convaincre les Français de se rallier au général de Gaulle.
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  • TÉMOIGNAGES. Pour convaincre qu’il faut s’opposer rien ne vaut mieux que des témoignages où le patriotisme est ardent et sincère.

    Pour attester que la collaboration n’est pas un mot qui conforte la confiance envers le maréchal, la radio de Londres donne la parole en ce mois de novembre à plusieurs officiers français qui ont rallié la France libre, il y a peu. S’ils n’ont pas éprouvé le besoin de réagir dans l’instant à l’appel du général de Gaulle c’est parce qu’ils n’en ont pas été immédiatement avertis ou qu’ils ont été dans l’impossibilité de traverser plus vite la Manche. Les explications données sont intéressantes.

    Plusieurs parmi eux ont fait les deux guerres, ont reçu la croix de guerre mais ils ne croient plus dans l’aptitude de Pétain à redresser la France. « J’ai connu Charleroi, la Marne, le Chemin des Dames, Verdun, la Champagne ; j’ai fait cette guerre-ci : les Flandres, Dunkerque, l’affreuse retraite de Cherbourg jusqu’au Midi de la France. Ce soir, je voudrais vous dire pourquoi je me suis décidé à quitter femme, enfants, foyer pour continuer à combattre l’ennemi commun. »

    Ce type de témoignage est produit pour susciter de nouvelles vocations, convaincre ceux qui hésitent encore qu’il faut y aller. Il ne s’agit pas de l’avis de têtes brûlées qui ont envie d’en découdre, coûte que coûte. La réflexion est structurée : « Qui a envahi la France trois fois en moins d’un siècle ? Qui nous réclame des colonies ? Qui donc nous a signifié sa volonté de nous arracher l’Alsace-Lorraine, Nice, la Savoie, la Corse et notre immense Empire d’outre-mer cimenté du sang de nos fils ? Est-ce l’Angleterre ou deux aventuriers, deux bandits coalisés pour nous poignarder et nous dépouiller ? ». Ce retour au front est motivé par la défense d’une France construite au fil des siècles et riche de son histoire, propriétaire d’un patrimoine d’exception, confiante en des valeurs qui font sa renommée d’un continent à l’autre. « Notre heure est venue de payer à notre tour l’impôt sacré : accepter la défaite, refuser de combattre alors qu’il restait un espoir de délivrer le pays eût été trahir, or la France n’est pas une nation de traîtres et de lâches. » C’est aussi le moment de discréditer la parole du gouvernement de Vichy qui méprise son allié d’hier pour obéir avec zèle aux recommandations de Berlin. Ce serait le passage obligé d’une paix trafiquée ce qui est décrié avec force par ce capitaine : « Une paix dans l’honneur grâce à un parjure, moi, je ne l’accepte pas parce que cela signifie la France mutilée, nos plus belles provinces passées sous le joug de l’étranger, l’Indochine livrée au Japon, nos colonies dépecées par l’ennemi ». Pour cet officier, il y a un abus de confiance des politiciens qui se servent du nom de Pétain pour ligoter la France et la livrer à l’Allemagne.

    Tous n’accablent pas le maréchal mais ceux qui rejoignent le drapeau tricolore marquée d’une croix de Lorraine ne se reconnaissent absolument pas dans la politique conduite par le gouvernement.

    Laval est accroché par cet officier qui visiblement portait la robe avant la défaite : « Je l’ai connu au barreau, il n’y a pas si longtemps encore, pantalons élimés et chaussures éculées, promettant cent sous aux gardes du Palais, pour lui rabattre des clients à cinquante francs d’honoraires ». En donnant des détails sans localisation géographique, ces officiers se font reconnaître de ceux qu’ils ont croisés au moment de la débâcle. Pour mieux les convaincre de franchir le pas. Et l’un de conclure avec cet optimisme raisonné : « Je suis certain que le jour où nous débarquerons en France, car nous débarquerons côte à côte avec les Anglais, vous et des centaines de milliers d’autres vous viendrez vos enrôler sous la bannière de la vraie France pour écraser le Boche que nous méprisez et que vous détestez du fond de votre cœur ».

    800.000 Anglaises engagées

    S’il est des hommes qui s’impatientent de reprendre les armes, il y a aussi un discours particulier à tenir aux mères et aux épouses. Eve Curie relève ce défi en osant placer les femmes dans le conflit. Si elle insiste sur leur aptitude à remplacer les hommes partis au front dans les tâches industrielles et commerciales, dans les ateliers et les transports, dans les secours et les missions hospitalières, elle leur donne aussi envie d’avoir une conscience politique capable de déjouer les mensonges des beaux discours.

    Si Hitler échoue dans sa tentative d’occuper la Grande-Bretagne, c’est selon la scientifique en raison de la mobilisation des femmes contre cet ennemi cruel qu’est le Reich allemand et ses leaders nazis. « Des photographies vous ont familiarisées avec la tunique bleu acier des femmes attachées à la Royal Air Force, avec l’uniforme kaki des conductrices de camion ou l’uniforme bleu des auxiliaires de la marine. Mais il y a un uniforme que vous connaissez moins : le tailleur vert foncé des volontaires du Service féminin pour la Défense civile ». De fait ce sont environ 800.000 femmes qui dans toute la Grande-Bretagne sont impliquées dans cette organisation qui a réussi à mailler le territoire. Ce réseau est capable de mettre en mouvement une solidarité active dont les résultats sont mesurés par le gouvernement Churchill. « Tout a été minutieusement organisé » et l’oratrice énumère les secteurs où la réactivité féminine est remarquable. « Pour le jour où les câbles téléphoniques seraient endommagés ou coupés, un service de messagères à bicyclette est prêt à se substituer avec des astreintes qui font qu’il n’y aura pas de rupture de la chaîne. » On souligne aussi qu’elles disposent d’un service de protection des animaux contre les bombardements avec des vétérinaires et des abris adaptés. « Dans un comté de l’ouest, 1.352 animaux, des chiens, des chats, même un âne, sont les clients réguliers de ce service ! ».

    A cette organisation très structurée et rayonnant sur l’ensemble de la Grande-Bretagne, s’ajoute environ 200.000 ménagères qui sont des épouses d’ouvriers et de paysans. Dans leur village ou leur quartier, elles s’engagent à assurer dans la proximité un service d’entraide. « Lorsque survient une alerte, chacune sait ce qu’elle doit faire. Il y a dans un des logements, un poste de secours d’urgence pour les blessés, dans un autre une permanence de garde pour les enfants. Chaque habitant de la rue a donné un penny pour constituer une pharmacie collective. La rue a appris à se défendre. »

    A ceux qui sont tentés d’affirmer que ce n’est pas ainsi qu’une guerre est gagnée, Eve Curie répond : « Toutes les Anglaises portent à Hitler une haine personnelle, une vraie rancune de femme, agressive et tenace. Je demandais l’autre jour à la femme de chambre de mon hôtel, pendant un bombardement violent : est-ce que vous mettez du coton dans vos oreilles pour pouvoir dormir entre vos heures de service ? Pensez-vous, je veux entendre ce qu’IL nous fait ».

    Les Français libres saluent dès qu’ils le peuvent le courage de ces Anglaises. Comme cette femme âgée de 75 ans qu’un pompier vient de secourir de sa maison en flammes et dont la première question à son sauveteur est : « Quand est-ce que nous allons écraser ces brutes ? ».

    Les Britanniques ne nient pas la souffrance et la peur mais elles affichent leur détermination à les combattre et à les surmonter. Lady Reading, chef de l’Organisation féminine pour la Défense civile ne déclare-t-elle pas à ses volontaires : « Soyez fières de cette épreuve. Soyez des Anglaises. Le jugement que l’histoire portera pour toujours sur notre peuple dépend de vous ». Et Eve Curie de conclure : « Françaises vous n’êtes pas différentes ».

    Hervé Chabaud

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    De Brazzaville à Londres : une croix et une ambition

    De Gaulle dans les rues de Londres accompagné par l’un de ses officiers, le capitaine Goulet.
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  • Le général de Larminat, une pièce clé du puzzle gaulliste.
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  • Le document authentique de création de l’ordre de la Libération.
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  • La Croix de la Libération. Elle se portera immédiatement après la Légion d’honneur.
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  • DISTINCTIONS. C’est le colonel Fontaine à Londres qui reçoit ce télégramme fondateur du général décidé à récompenser les glorieux combattants qui ont été parmi les premiers à le rejoindre ou qui vont se distinguer héroïquement.

    En ce 16 novembre 1940 à Brazzaville, l’ordre de Libération vient de naître avec comme décoration la croix de la Libération. Le général indique que les titulaires de cet ordre porteront le titre de : « Croisés de la Libération ». Ils deviendront les compagnons de la Libération. De Gaulle précise aux premiers Français libres la finalité de cette institution : « L’intention de cet ordre est de reconnaître la bravoure des militaires et des civils qui ont rendu des services distingués à la cause de la libération de la France ». Il précise : « L’opportunité de la création de cette distinction ne nous échappera pas. Elle s’est imposée à la suite des événements du Gabon où il y a de nombreux officiers et hommes qui se sont distingués par des actions remarquables ».

    Le général tient aussi à prendre ses distances de Vichy qui attribue la croix de guerre aux soldats français de Dakar, de Lambaréné ou de Libreville qui ont tiré sur d’autres Français et en ont parfois tué. Il ajoute : « La croix de guerre devrait rester la décoration pour exploit contre l’ennemi ». Sans perdre un instant, il demande au colonel Fontaine d’entrer en contact avec le représentant à Londres du joaillier français Cartier afin qu’il prépare un projet de médaille. Le général tient à pouvoir faire son choix dès son retour à Londres. Il fixe un cahier des charges qui comprend trois impératifs.

    La croix de la Libération doit comporter un dessin simple et net avec à l’avers la croix de Lorraine gravée d’une façon très claire et au revers : « une très courte inscription en français ou en latin exprimant l’idée contenue dans la propre phrase de mon manifeste du 17 octobre : dans la conscience de servir la patrie et dans la certitude de vaincre ». Le ruban doit être vert et noir. Enfin il faut étudier un dessin pour barres ou palmes en reconnaissance de nouveaux services rendus.

    PREMIÈRE REMISE COLLECTIVE EN MAI 1941

    Cette décision est en phase avec la remarque que de Gaulle a faite au commandant Thierry d’Argenlieu le 27 octobre 1940 : « Notre entreprise est hérissée de difficultés. Les Français seront lents à nous rallier. Le risque leur fait peur. Ils ont besoin d’être encouragés, stimulés. Je suis décidé à créer un insigne nouveau face à l’imprévisible conjoncture ». Si le général institue une nouvelle décoration c’est aussi parce qu’il ne se sent pas le droit de décerner la Légion d’honneur mais qu’il tient à récompenser tous ceux qui le méritent. Il affirme de la sorte ses prérogatives régaliennes de chef des Français libres.

    L’Ordre ne va finalement comprendre qu’un grade. La médaille proposée est un écu de bronze qui porte à l’avers un glaive surchargé d’une croix de Lorraine et au revers la devise : « Patriam servando victoriam Tulit » (En servant la patrie, il a apporté la victoire). La croix de la Libération va acquérir un prestige exceptionnel même si la première remise collective de croix n’aura lieu qu’en mai 1941 en Palestine. De Gaulle n’en oublie pas l’exigence d’asseoir encore plus largement l’influence des Français libres en Afrique. Le même jour, il écrit en ce sens à Larminat et l’encourage à de nouvelles initiatives conquérantes : « Il faut entreprendre le Dahomey dès que possible soit d’abord Niamey et en même temps Ouagadougou pour vous rabattre ensuite vers le Sud, soit d’abord Cotonou et Abomey, ensuite vers le Nord ». Et de préciser : « Serrons les rangs à cet effet ». S’il recommande à son ami de le tenir informé par télégramme chaque jour, il surveille le meilleur moment pour engager ses troupes dans le combat contre l’Axe. C’est la raison pour laquelle il est favorable à taquiner les Italiens en Libye et à soutenir des émissions d’excellente facture, vantant le mérite de la France libre sur radio Brazzaville. Il confie encore à Larminat : « J’ai toute confiance en vous. Le temps que j’ai passé en Afrique équatoriale française m’a confirmé dans ce sentiment ». Avant de conclure : « Nous refaisons la France ». C’est dans ce contexte offensif qu’il a ordonné dès le 12 novembre des changements d’affectation. Après Eboué qui doit devenir gouverneur général de l’A-EF et Leclerc commandant militaire du Tchad, Koenig est prévu pour le commandant militaire du Cameroun et Lapie comme gouverneur du Tchad.

    Dans un télégramme qu’il adresse à Larminat depuis Londres le 25 novembre 1940, de Gaulle insiste : « Il est indispensable que les changements de poste que j’ai prescrits pour Eboué, Leclerc, Koenig, Lapie soient exécutés sans délai. Je vous prie de faire le nécessaire pour que ces mutations indispensables soient acceptées de bon coeur par les intéressés ».

    Dans le même temps, il dresse au général Ismay à Londres un bilan des moyens opérationnels dont il dispose. S’il reconnaît que les besoins immédiats de l’armée de terre ont été satisfaits et que les Britanniques ont manifesté de la bonne volonté, il reste très inquiet sur les transports concédés : « Nous manquons de matériel automobile. Je vous demande de vouloir bien nous mettre en mesure de livrer dans le plus court délai possible à nous forces d’Afrique équatoriale : 100 camions de 3 tonnes, 6 camions-ateliers et 4 camions-magasins avec tous les rechanges et accessoires nécessaires ».

    INSUFFISANCE DE L’ARMEMENT ANTIAÉRIEN

    Le général qui, sur le terrain, a fait une analyse pointilleuse de la situation rappelle aussi que l’armement antiaérien est insuffisant. Il suggère à son homologue quelques renforcements utiles : « Il y aurait lieu de compléter le plus tôt possible par l’envoi d’une batterie de canons antiaériens légers type Bofors, avec l’approvisionnement normal d’un millier de coups complets par pièce et une réserve globale d’environ 4.000 coups ».

    Cette recommandation du chef des Français libres n’est en vérité qu’une introduction pour réclamer un renforcement de l’aviation : « Il existe en Angleterre un nombre important d’avions américains Curtiss 36-40 chasseurs, et Glenn-Martin F 167 (bombardiers à grand rayon d’action), inutilisés jusqu’à présent. Un inventaire inachevé de mes services a permis d’en recenser une centaine. Il s’agit d’appareils primitivement destinés à la France, et qui avaient fait l’objet de contrats antérieurs à l’armistice. Les termes des contrats ont été exécutés. D’après l’accord du 7 août 1940 entre le gouvernement de Sa Majesté et les Forces françaises libres, l’utilisation est réservée par priorité aux FFL ». Bref, de Gaulle souhaite que les appareils soient mis à sa disposition selon un calendrier qui a été transmis dès le 19 novembre 1940 au ministère de l’Air et à la direction de la coopération alliée. On sait alors que le général compte sur 20 Curtiss et 20 Glenn-Martin pour des missions de guerre mais il espère d’autres appareils pour les affecter à l’Ecole d’instruction des pilotes à Odiham, et constituer un parc d’aviation à même de remplacer les avions abattus ou endommagés au cours des engagements.

    Pour ce faire, il songe à 6 Curtiss et 12 Glenn-Martin supplémentaires. Il demande un atelier destiné à remettre en état les appareils stationnés en Afrique, dont la valeur opérationnelle et la capacité de transport sont indispensables à l’entretien des liaisons entre les pôles de décisions de la France libre. De Gaulle achève ainsi son propos : « Je suis convaincu que vous en apprécierez le caractère d’urgence ».

    H.C.

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    Union101120a - Marne
    LA NEUVILETTE : Un repas dansant apprécié

    Dans une ambiance chaleureuse.
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  • Les animations proposées par le comité des anciens combattants de la Neuvillette connaissent toujours un franc succès.

    Le repas dansant n’a pas dérogé à la règle et plus de 150 personnes y ont participé.

    Toutes ont apprécié le repas servi et les airs entraînants de l’orchestre.

    La tombola a satisfait beaucoup de monde.

    Tout était donc réuni pour créer une ambiance chaleureuse et inciter les convives à se donner rendez-vous pour les prochaines sorties, à savoir, le fameux bal à papa le dimanche 6 février 2011 au caveau De Castelnau, puis l’assemblée générale le dimanche 27 février au centre des congrès.

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    Union101119b - Marne
    EPERNAY : Obsèques : L’adieu à Michel Hénot

    Les funérailles de Michel Hénot, correspondant de l’union pendant près de 25 ans,
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    Il n’aurait manqué pour rien au monde une commémoration patriotique, encore moins une assemblée générale d’anciens combattants. Hier matin, les porte-drapeaux d’Epernay lui ont rendu un vibrant hommage en l’église de La Neuvillette à Reims, une commune qui l’a vu grandir, avant qu’il ne s’engage 5 ans dans l’armée de terre, en partance pour l’Algérie. Parents, amis, élus, présidents d’associations, journalistes et correspondants de l’union avec qui il a collaboré pendant près de 25 ans, sont venus lui rendre un dernier hommage.

    Il aimait la vie et ne ménageait ni sa peine, ni ses efforts pour les autres. Même la maladie n’avait pu le détourner de ses objectifs, de ses amis. Michel Hénot nous a quittés le dimanche 7 novembre à l’âge de 72 ans. Mais pour tous, il restera bien vivant au fond de nos cœurs.

    Adieu l’ami. Adieu Mimi.

    C.G.

     

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    Union101119a - Marne
    SUIPPES : Douzième voyage organisé : Les anciens combattants en Croatie

    Comme tous les ans, le groupe des anciens combatants est parti en voyage, cette année, direction la Croatie.
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  • Comme chaque année, à l’initiative de Lucien Butin, traditionnellement chargé de leurs loisirs, le groupe des ACPG de Suippes et des environs, et leurs amis du 3e âge, a vécu une agréable semaine de détente et de découverte. Après la Catalogne, l’Italie, la Turquie, le Maroc, les Baléares, la Crête, la Bulgarie, l’Andalousie, la Corse, et l’Egypte, leur 12e voyage les a conduits en Croatie.

    La rivale de Venise

    Annette, l’une des fidèles participantes raconte : « Après l’arrivée à Split, nous avons été accueillis dans un confortable hôtel près de Sibenik, sur la côte Dalmate. C’est d’ailleurs cette région de la Croatie, la Dalmatie sur la côte adriatique, qui était le but du voyage.

    Nous n’oublierons pas les beautés de ce petit pays de moins de cinq millions d’habitants, avec les eaux transparentes de l’Adriatique, la superbe côte dalmate avec ces centaines d’îles. Ce sont aussi de séduisantes villes médiévales chargées d’histoire et de vestiges romains, byzantins, vénitiens.

    Nous avons aimé Sibenik, Split son palais Dioclétien, et son merveilleux bord de mer, Trogir sur un îlot aux nombreuses ruelles à l’ombre de la cathédrale St Laurent.

    Et bien sûr, la majestueuse Dubrovnick, visitée après un bref passage en Bosnie. Cette « perle de l’Adriatique », antique rivale de Venise et ses remparts imposants, au douloureux passé, est une des plus belles villes fortifiées du monde.

    Nous avons admiré une nature intacte de roches, de criques, d’îles, de cascades et de lacs, tels ceux de Plitvice. Nous n’oublierons pas le savoureux repas pris dans une ferme dalmate accompagné de musique et de chants, un vrai bonheur qui adoucit un passé récent d’années de guerre. »

    75 participants

    Les 75 participants ont été invités à se retrouver récemment dans la joie de revivre ces moments de plaisir partageant les prises de vue réalisées et souhaitant se retrouver l’an prochain pour une nouvelle destination.

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    Union101117a - Marne
    CRUGNY : Le village pendant la Grande Guerre : Une exposition enrichissante

    Marie-Paule Jacquesson et Yves Legouverneur, deux des protagonistes de ce titanesque travail devant l’un des panneaux de l’expo.
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  • L’association « les amis du vieux Crugny » avait choisi la période du 11 au 14 novembre pour exposer une riche exposition sur la vie d’un village de l’arrière « Crugny » pendant toute la Première Guerre mondiale. Le village, presque complètement détruit en 1918, avait, comme tous les villages de la région, payé un lourd tribut à la guerre.

    44 panneaux décrivaient, toujours à partir des conditions de vie de Crugny et de son voisinage immédiat, les caractéristiques de cette guerre atroce. Etaient également retracées les conditions dans lesquelles sont morts certains Crugnaciens dans les très nombreux champs de batailles de la Marne de 14 à 18, dans la Meuse et à Verdun, dans le Pas-de-Calais, dans la Somme…

    Cet hommage aux soldats du pays permet des aperçus sur les lieux et les moments principaux de la guerre, en particuliers l’offensive du Chemin des Dames en 1917. Un champ d’aviation très important a vécu sur les territoires de Crugny, Courville, Magneux, Hourges, Unchair et Fismes en 1917/18. Les As des As de l’aviation y ont séjourné. Les escadrilles des cigognes commandées par le célèbre Brocart avec des aviateurs tels Guynemer, ont laissé quelques souvenirs dans ces communes.

    L’aviateur Dormes, qui a été abattu au-dessus du fort de la Pompelle, en faisait partie.

    L’exposition a bénéficié du très beau cadre de l’église romane et a reçu la visite de plusieurs centaines de visiteurs apparemment très satisfaits au vu des compliments laissés dans le livre d’or destinés aux membres de l’association

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    Union101116c - Marne
    FESTIGNY : Les anciens combattants vont se réunir à Festigny

    Sous la présidence de Frédéric Daubock…)
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    Sous la présidence de Frédéric Daubock (notre photo), les anciens combattants, prisonniers de guerre et les combattants d’Algérie-Tunisie-Maroc, les ACPG-CATM du canton de Dormans sont invités à leur assemblée générale.

    Celle-ci se tiendra le dimanche 5 décembre en la salle Jean-Moulin de Festigny dès 10 h 30.

    Après les travaux, un repas sera partagé en la salle des fêtes de la commune. Pour toutes réservations à ce repas, tel 03.26.57.09.24.

     

     

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    Union101116b - Marne
    FAUX-VESIGNEUL : Son élagage avait déplu à certains habitants : Va-t-on arracher l’arbre de la liberté ?

    L’arbre avait été planté le 7 mars 1948 afin de célébrer le centenaire de la Révolution de 1848.
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  • Il y a quelques mois, en février dernier, l’élagage d’un arbre planté, face à la mairie de Faux-Vésigneul, avait suscité l’émoi d’une partie de la population. On pensait alors qu’il s’agissait d’un tilleul, planté symboliquement au moment de la libération en 1945.

    Il mesurait 8 mètres et son tronc a été sectionné à environ 2 mètres de haut, laissant peu d’espoir à une nouvelle croissance. Le maire, Gisèle Grez, avait expliqué que cet « élagage » était une « nécessité absolue car l’arbre génait la pose des guirlandes de Noël et l’installation des manèges » devant la mairie lors de la fête du village. Elle a aussi affirmé que, de l’avis du professionnel qui l’avait coupé, il allait repousser.

    Il ne repoussera pas

    Aujourd’hui, il semble bien mal parti pour. Si les tilleuls qui bordent la place de la mairie ont retrouvé des feuilles, l’arbre dit de la Libération n’a pas évolué.

    Selon des habitants de la commune, le maire aurait aussi nié le symbole de l’arbre affirmant qu’il n’y avait jamais eu d’arbre de la libération à Faux sur-Coole, dont la mairie est devenue celle de Faux-Vésigneul (commune qui a réuni les villages de Faux-sur-Coole, Vésigneul-sur-Coole et Fontaine-sur-Coole).

    Mais une habitante a fait ses petites recherches. Et dans l’ouvrage « Les arbres de la Liberté dans le département de la Marne de 1789-1848 »* , René Gandhilon docteur ès lettres, archiviste en chef du département explique la réelle raison de la plantation : le centenaire de la révolution de 1848, qui mit fin à la monarchie de Juillet de Louis-Philippe et qui lança la deuxième république.

    Pour commémorer cet événement, 228 communes, dont Faux-sur-Coole ont opéré la plantation et organisé des cérémonies en mars 1948, à l’invitation du comité de célébration du centenaire. « Le 7 mars devant la mairie, un érable fût planté en présence de Maurice Gallois, maire, du conseil municipal (père du maire précédant Jean-Claude Gallois), des sapeurs-pompiers et des enfants des écoles. Un discours fut prononcé par M. Gallois et un bal termina la soirée », indique l’ouvrage.

    Dans son introduction, René Gandhilon formule le vœu « qu’une longue vie soit donné à ces arbres qui commémorent le souvenir d’une révolution qui fut humaine dans ses conceptions et dans ses buts ».

    A Faux, on a oublié pourquoi il avait été planté… Le document a été présenté au conseil municipal qui n’a pas pris de décision sur le devenir de ce tronc, nu, face à la mairie. Gisèle Grez n’a pas souhaité communiquer sur le sujet.

    *Edité par le comité départemental marnais de célébration du centenaire de la Révolution de 1848 et les Archives de la Marne.

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    Union101116a01 - Marne
    CORMICY : Marche Pèlerinage émouvant à Sapigneul, village détruit

    Les maires et les anciens combattants des deux communes avec les enfants et les poilus.
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  • Beaucoup de monde pour la marche souvenir de Sapigneul, hameau de 90 âmes complètement détruit lors de la Grande Guerre et jamais reconstruit. C’est à l’initiative de « Cormicy, Ma Ville, Son Histoire » que la première marche a eu lieu en 2008 pour le 90e anniversaire de l’armistice, initiative reprise par le maire de Cormicy, Dominique Décaudin, et son homologue de Berry-au-Bac, Marie-Christine Hallier, ainsi que par les associations des anciens combattants des deux villages et bien sûr toujours soutenue par CMVSH et sa présidente Marie-Noëlle Boulard.

    Le corps d’un soldat retrouvé

    Cette marche pèlerinage a été rehaussée par la présence des poilus et infirmières de l’association « La Baïonnette » et la fanfare « L’Espérance » de Cormontreuil et fut d’autant plus émouvante que le terrain, en zone rouge, regorge de son histoire encore toute fraîche.

    L’an dernier, un Cormicien avait découvert, lors d’une promenade dans ce bois de Sapigneul, le corps d’un soldat tué pendant les combats d’octobre 1914.

    Prévenus, les services des victimes de guerre ont pu identifier le soldat retrouvé avec ses ordres de missions et tous ses objets personnels.

    Il s’agit d’Arthur Descarpentries, né le 24 août 1889 à Marquette dans le Nord et affecté au 127e RI, mort lors de l’assaut de la nuit du 14 au 15 octobre 1914 ayant fait 32 tués et 188 blessés.

    Ses ossements ont été mis dans un cercueil et inhumés à la nécropole nationale de la Maison Bleue. Il y a donc un devoir de mémoire et de connaissance à transmettre aux jeunes générations, ce qui est fait puisque beaucoup d’enfants étaient présents dont les cyclotouristes de la BEP toujours fidèles avec leurs moniteurs.

    A noter aussi la présence d’un jeune Américain de 23 ans, Alexander Brindley, de Nashville Tennessee, étudiant en Histoire, dont le grand-père a participé au débarquement de Normandie le 6 juin 1944 mais passionné par la Première Guerre mondiale.

    Rendez-vous est donné l’année prochaine à Berry-au-Bac pour le départ puisque les deux communes organisent la marche chacune leur tour en alternance un an sur deux.

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    CORMICY : Une conférence sur la paix

    Hubert Vallet, le conférencier.
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  • Beaucoup de monde en la salle de réception de la mairie de Cormicy pour écouter la conférence sur la paix d’Hubert Vallet, ancien maire et membre actif de l’association « Cormicy, Ma Ville, Son Histoire ».

    C’est Alain Lecomte qui a ouvert la séance en remerciant toutes les personnalités présentes. Connaître son histoire pour affronter les défis de demain, telle est l’action que mène l’association pour que les prochaines générations, lucides de notre patrimoine, puissent s’investir dans l’avenir sans rester attentistes, et que leur action puisse éviter le déclin de notre société et de nos villages.

    Le conférencier a axé son propos sur les derniers combats, l’armistice et la conférence de la paix (une excellente soirée culturelle). Cormicy fut constamment au bord du front, sinistrée à 100 % et entièrement reconstruite contrairement à son hameau Sapigneul qui comptait 80 âmes et fut complètement rayé de la carte.

    La démobilisation ne se fit qu’à la mi-année 1919 après acceptation par tous les pays concernés du traité de Versailles. Clemenceau pensait que la valeur du traité n’était que dans son application, que celui-ci n’était pas fameux, mais la guerre a-t-elle été bien montée pendant quatre ans ?, dixit le vieux tigre.

    « L’Alsace-Lorraine fut restituée à la France mais Guillaume II n’a pas été extradé, les pilleurs ont sévi et des délais ont été accordés à l’Allemagne qui a pu se reconstituer et reformer son armée, Millerand (son successeur l’ayant battu aux élections) en a diminué sa dette. Si Clemenceau avait pu lui-même faire appliquer le traiter, la suite de l’histoire aurait certainement été autre… »

    La présidente Marie-Noëlle Boulard remercia vivement M. Vallet pour la qualité de son intervention qui tint son public pendant deux heures et lui offrit un bon d’achat dans un magasin culturel où il ne manquera pas de s’acheter d’autres livres d’histoire afin, pourquoi pas, de s’en servir pour une prochaine conférence et préparer la rédaction des feuillets sur les trois interventions précédentes.

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    Union101116a02 - Marne
    HERMONVILLE : Un spectacle très réussi à la salle des fêtes : Lecture et chansons à la mémoire des poilus

    Les acteurs saluant le public : ils sont tous retraités et leur spectacle a été très applaudi.
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  • La compagnie Cage de scène a donné une représentation le 11 novembre à Hermonville à l’initiative de la Municipalité. Le spectacle a débuté par la lecture d’un poème de Jean Greten. Né il y a 90 ans au village, il habite à Olizy-Violaine où il a un extraordinaire musée de la Grande Guerre se visitant toute l’année.

    La lecture des lettres de poilus valorisée par la mise en scène originale de Jean-Michel Bazin a été entrecoupée de réclames de l’époque, de cris d’un vendeur de journaux proposant L’éclaireur de l’Est, et de chants tels que La Madelon ou L’ami bidasse, repris par les choristes de la Villanelle et leur président Jean-Marie Goret, répartis dans le public pour un effet de surprise.

    Un effet de surprise

    A la fin, acteurs, spectateurs et choristes ont chanté l’air célèbre de l’opérette Phi Phi : « c’est une gamine charmante… Aspasie… i… e ! »

    Mais qui sont ces comédiens ? Ils sont retraités et vivent dans trois résidences Arfo : Charles-Arnould et Avranches à Reims, Jacques-Richard à Tinqueux. Ils sont dynamiques et plein d’entrain. Trois hommes de théâtre les encadrent : Jean-Michel Bazin, metteur en scène, Alain Thiérus, pour les lumières, et Jean-Pierre Toublan, pour la chanson de Craonne.

    Le spectacle vivant, dont ils font partie, porte bien son nom. L’après-midi dédiée à la correspondance échangée entre les soldats de 14, qui souffraient dans les tranchées, et leurs proches absorbés par le quotidien, a transformé un 11 novembre habituel en une journée mémorable. Les anciens combattants d’Hermonville étaient présents dans la salle des fêtes, ainsi que Joël Gourmand maire d’Hermonville et de nombreux membres de la municipalité. Christian Jonot, maire de Thil, et son épouse, ainsi que Martine Jolly, maire de Courcy, et son adjointe Pascale Pillon étaient dans le public. Le comité des fêtes a servi le verre de l’amitié en conclusion de l’après-midi.

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    Union101116a03 - Marne
    PROSNES : C’était comme ça la vie dans les tranchées

    L’histoire de Prosnes avant, pendant et après la guerre était aussi présentée dans cette exposition.
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  • Comme chaque année, les élus, entourés des pompiers, mais aussi des anciens combattants et des habitants du village, ont honoré la mémoire de tous les Français morts pendant la Première Guerre.

    La lecture des discours et la Marseillaise chantée par les enfants de Prosnes, aprés le dépôt de gerbes aux monuments, précédaient un vin d’honneur offert par la municipalité.

    A l’occasion de cette cérémonie, la commission mémoire et souvenirs a proposé une exposition sur la Première Guerre, avec présentation de nombreuses photos retracant l’histoire de Prosnes, avant, pendant la guerre et la reconstruction. Cette exposition a aussi donné lieu à la présentation de cartes militaires, objets militaires tels que obus, armes, objets du quotidien ou gravés pendant les périodes d’inoccupation des soldats (tasses, cannes en bois..) ainsi que des uniformes.

    Cette exposition a permis de rassembler les habitants de Prosnes sur l’histoire du village, avec par exemple la découverte de la présence de nombreux moulins dans le village (tous détruits pendant la guerre). L’exposition a été réalisée en étroite collaboration avec M. Cadario.

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    Union101115a01 - Marne
    AY : A Aÿ, du théâtre de circonstance

    Les comédiens ont séduit les spectateurs.
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  • Les comédiens ont séduit les spectateurs.
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  • La MJC Intercommunale avait décidé de célébrer à sa façon l’anniversaire de l’armistice du 11 Novembre en programmant « Les gueules cassées », magnifiquement interprétées par les quatre comédiens de la troupe « Trois petits points et compagnie ».

    L’action se situe juste après les tueries de la Grande Guerre, dans un cabaret qui vient de rouvrir ses portes et où les survivants, mutilés physiques et de l’âme, essaient de retrouver les bienfaits du rire sans arriver à oublier les horreurs qu’ils ont vécues.

    C’est un mélange de piano, d’accordéon, de chansons de l’arrière et de chansons de soldats, avec des extraits de lettres écrites par les poilus du fond de leurs tranchées entre pilonnage d’artillerie et attaques à la baïonnette… Entre les rires… grinçants, on a souvent eu les larmes au bord des yeux.

    Après l’ovation méritée reçue par la troupe, la soirée s’est poursuivie avec un débat entre les comédiens et une classe du collège les Bleuets d’Aÿ très préoccupés par les conditions de vie de leurs arrière-grands-parents.

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    Union101115a02 - Marne
    TOURS-SUR-MARNE : A Tours-sur-Marne, en souvenir de deux résistants

    Ce monument a été élevé en souvenir des deux résistants Pierre Bernard et Maurice Lefevre.
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    La cérémonie s’est déroulée devant le monument Croix de Lorraine. Jusqu’à ces dernières années, le monument aux morts se situait sur le parvis de l’église et était constitué de plaques commémoratives avec la liste des soldats, résistants et civils morts pendant les deux guerres.

    A l’occasion de la réfection de la façade de l’église, les plaques endommagées ont été déposées et mises à l’abri à l’intérieur de l’église.

    Des copies ont été installées de chaque côté de ce monument élevé en souvenir de deux résistants Pierre Bernard et Maurice Lefevre, tués par les Allemands le 22 août 1944.

     

     

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    Union101114d - Marne
    MUSEE : Le musée de la Résistance

    Les drapeaux des FFI de la Marne et la lettre de Jean Moulin à De Gaulle.
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  • Le château de Montmort accueille dans un de ses bâtiments un musée de la Résistance dans la région d’Epernay et le sud marnais.

    Ce musée a été créé à l’initiative de l’Amicale des FFI d’Épernay qui, lors de son assemblée générale extraordinaire du 25 novembre 2001, a décidé avant de se dissoudre de désigner Madame François Crombez de Montmort et son fils Hubert, hélas aujourd’hui décédé, pour perpétuer la mémoire de ce qu’a été la Résistance dans la région.

    On y trouve des objets extrêmement rares. Drapeaux de l’Amicale des FFI d’Épernay, photographie de Pierre Servagnat, commandant des FFI de l’arrondissement d’Épernay et de François Crombez de Montmort, chef du Secteur « C » qui comprenait la région de Montmirail-Esternay-Sézanne, auquel était rattaché le groupe Front national de lutte pour l’indépendance de la France de la région d’Anglure.

    Aux côtés de l’ordre de mobilisation générale du 2 septembre 1939, l’Appel du 18 juin 1940, le discours du général de Gaulle du 26 juin 1940 à Londres, on trouve les brassards FFI, poste-émetteur, maquette d’un terrain de parachutage, imprimerie clandestine et autres objets émouvants de cette époque sombre.

    Visites guidées du 15 juillet au 15 septembre et sur rendez-vous. Tél. 03.26.59.10.04.

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    Union101114c - Marne
    COLLOQUE : Colloque international 14-18 / Les identités au cœur des débats

    Le colloque draine des chercheurs sur des thèmes aussi divers que le journalisme pendant la guerre ou la vision des pacifistes allemands.
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  • LAON-CRAONNE (Aisne). Le 3e colloque du Crid sur la guerre 14-18 se termine ce soir à Craonne, après sa journée laonnoise. But, étudier les conséquences sur les identités sociales et nationales.

    AVEC plus de 34 nations engagées sur la cinquantaine existante à ce début de XXe siècle, la Première guerre mondiale avait été un immense brassage de population. Le Collectif de Recherche et de Débat International (CRID), pour son 3e colloque sur Laon et Craonne, a choisi d’étudier cette période charnière du début du siècle précédent, du côté des identités. À travers ce mot, il faut comprendre « identités sociales » au sens de la place occupée dans la société, et « identités nationales » dans toute la complexité tenant compte des situations de minorités et de la colonisation.

    « La notion d’identité conjugue les facteurs donnés par différents cadres (économiques, sociaux, politiques) et par les engagements des acteurs. Les identités du temps de paix forment le contexte. La guerre, telle qu’elle se révèle en 1914-1918, est d’un impact considérable. A-t-elle modifié les identités ? Où se trouvent les continuités, les changements profonds, les ruptures ? Comment ceci est-il exprimé ? » explique Frédéric Rousseau, un des rapporteurs de la journée de samedi, professeur à l’université de Montpellier, et membre du conseil scientifique du CRID.

    Après deux jours de colloque, le week-end ne se terminera pas la journée du livre de Craonne dimanche.

    Voici le programme du jour :

    Craonne - 9 heures : La guerre et les mutations des identités professionnelles

  •  Les réformateurs dans le champ médical : devenir spécialiste ou disparaître
  •  La Grande Guerre des gardiens de la paix
  •  Les mathématiciens français dans la Grande Guerre
  •  Les journalistes entre le souci professionnel d’informer et les nécessités de la défense nationale
  •  Des identités sociales remises en cause ? Les effets de l’occupation militaire dans le champ social à travers les journaux de civils dans l’Aisne
  •  Les origines confisquées de la politique de santé publique en France
  •  Les sinistrés de l’Aisne, une nouvelle catégorie sociale ?

    Craonne - 14 heures : Identités nationales en question

  •  La Première Guerre mondiale et les querelles sur l’identité nationale en Finlande
  •  La défaite de Caporetto et l’identité italienne, par Daniele Ceschin
  •  Fêtes nationales et journées de guerre : les paradoxes de la re-légitimation culturelle d’une identité nationale républicaine en France
  •  Neutralité partagée : la réaction de la presse suisse à l’invasion de la Belgique
  •  Le poilu, outil de marketing patriotique

    Craonne - 16 heures : Militantismes à l’épreuve de la guerre

  •  La perturbation des identités syndicales
  •  Des groupes mécontents ou des agitateurs pacifistes ?
  •  L’identité féminine et la Grande Guerre en Italie
  •  Identités militantes et identités nationales dans l’Italie de l’après-guerre
  •  Mutation des identités pacifistes allemandes face à la Première Guerre mondiale

    St. M

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    Union101114b01 - Marne
    AŸ : L’anniversaire de l’armistice…

     

     

     

    L’anniversaire de l’armistice s’est déroulé dans la tradition, avec les dépôts de gerbes à la stèle des victimes du bombardement, sur les tombes des soldats blessés notamment dans la zone du fort de la Pompelle et décédés à l’hôpital d’Ay, et au monument aux morts.

     

     

     

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    Union101114b02 - Marne
    BACONNES : Des galons pour les pompiers

    Félicitations à tous les deux.
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    Une trentaine de personnes a assisté à la cérémonie du 11 Novembre. Une cérémonie sobre avec dépôt de gerbe, appel des victimes militaires et civiles des différents conflits et instant de recueillement.

    A signaler la présence, malgré un vent frigorifiant, de M. Raymond Schmitt, 90 ans, le doyen de Baconnes.

    Au cours du vin d’honneur qui a suivi à la Fontaine Fleurie, le maire Francis Girardin a remis les galons de caporal-chef à Michel Rétif, chef de corps des sapeurs pompiers.

    Et Jean-Claude Girardin, ancien chef de corps, a également remis les galons de caporal-chef à Rémi Quignard.

     

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    Union101114b03 - Marne
    BAZANCOURT : Le temps du souvenir. La nation reconnaissante

     

    Après les dépôts de gerbes au monument aux morts, interprétation de l’hymne national par la musique municipale de Bazancourt, lecture du texte officiel, il a été procédé à l’attribution de la médaille commémorative avec agrafe « Algérie » à Bernard Delatour, André Ghyllebert, Julien Gregorczyk et Czewlas Kucharski.

    A l’issue de cette cérémonie a eu lieu le défilé jusqu’à la salle des fêtes, où le maire a prononcé un discours rappelant les faits historiques et le devoir de mémoire.

    Une médaille a été attribuée à Michel Coutin au titre de « Bronze Djebel », ainsi qu’à Noël Mariette au titre de mérite UNC, pour services rendus à l’association en qualité de porte-drapeau.

     

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    Union101114b04 - Marne
    BOURGOGNE : Devant le monument aux morts…

     

     

    Devant le monument aux morts, des élèves de l’école primaire ont lu des passages du journal de marche et des opérations du 129e régiment d’infanterie, qui a combattu aux abords de Bourgogne.

    Puis, ils ont participé à l’appel aux morts. Ensuite, dans le cimetière, ils ont honoré la mémoire de onze poilus décédés sur le sol du village et de trois Braves inhumés dans des tombes familiales en déposant une rose pour chacun des combattants bourguignons.

     

     

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    Union101114b05 - Marne
    CHATILLON-SUR-MARNE : A Châtillon comme à Montigny-sous-Châtillon…

     

     

    A Châtillon comme à Montigny-sous-Châtillon, ce 11 Novembre a de nouveau rassemblé petits et grands pour rendre hommage aux morts de la Grande Guerre.

     

     

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    Union101114b06 - Marne
    CHAUDEFONTAINE : Dépôt de gerbe…

     

     

    Ils n’étaient que quelques-uns à être présents.

    Patrick Cappy, maire, et Pierre Renissac, ont fleuri le monument aux morts par un dépôt de gerbe.

     

     

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    Union101114b08 - Marne
    COMPERTRIX : En souvenir des poilus de la Grande Guerre

    Le maire, Yannick Paré, fait son discours.
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    La cérémonie du 92e anniversaire de l’Armistice de 1918 a eu lieu jeudi dernier, au sein de la commune de Compertrix.

    De nombreuses personnes étaient venues afin d’assister à cette cérémonie, où le maire Yannick Paré a fait son discours.

    Puis, ce dernier a ensuite déposé une gerbe de fleurs, en souvenir de l’Armistice de 1918 et des Poilus.

     

     

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    Union101114b09 - Marne
    COURTEMONT : Les habitants se sont rassemblés..

     

     

    Les habitants se sont rassemblés devant le monument aux morts autour de leur le maire Daniel Piot qui a déposé une gerbe.

     

     

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    Union101114b07 - Marne
    COURTHIEZY : Ce 11 novembre, après avoir déposé une gerbe…

     

     

    Ce 11 novembre, après avoir déposé une gerbe au monument aux morts, le conseil municipal et les habitants de la commune de Courthiézy se sont rassemblés dans la salle communale.

    Le maire, Bertrand Apeloig, a remis à Gilbert Érhmann, né en 1925,1e diplôme d’honneur du combattant français 1939-1945.

    L’événement s’est clôturé par un pot amical.

     

     

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    Union101114b10 - Marne
    CRAMANT : Le maire et le représentant des anciens combattants…

     

     

    Le maire et le représentant des anciens combattants ont déposé une gerbe au monument aux morts, en présence, notamment, des trompettes de l’Avenir avizois.

    Cette cérémonie a connu un moment d’émotion, avec l’interprétation de l’hymne national par les enfants de l’école.

     

     

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    Union101114b11 - Marne
    DAMERY : Le 92e anniversaire de l’Armistice…

     

     

     

    Le 92e anniversaire de l’Armistice a été placé sous le signe du froid et de la pluie.

    Le dépôt de gerbes eut cependant lieu et, après que deux jeunes filles du conseil municipal d’enfants eurent déposé des bouquets de fleurs bleues, ce sont deux élèves de CM2 qui ont lu des témoignages émouvants d’aïeux au front durant la Grande Guerre.

     

     

     

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    Union101114b12 - Marne
    EPERNAY : L’une des dernières cérémonies patriotiques aux Ateliers SNCF

     

     

    En amont des cérémonies qui ont marqué le 92e anniversaire de l’Armistice du 11 Novembre 1918, une gerbe a été déposée le mercredi 10 au pied de la stèle érigée dans l’enceinte des ateliers SNCF à la mémoire des cheminots morts pour la France, en présence de membres du personnel.

    Jean-Pierre Meslat, correspondant local de l’association des cheminots anciens combattants et une délégation de l’amicale des porte-drapeaux d’Epernay et sa région emmenée par Joël Wimann, participaient également à la cérémonie, alors que les sonneries réglementaires étaient exécutées par les cuivres de l’harmonie des chemins de fer d’Epernay.

    A noter qu’il s’agissait sans doute de l’une des dernières cérémonies organisées sur le site du quai de Marne, la stèle devant être déplacée prochainement dans l’enceinte du site TER, boulevard Joffre.

     

     

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    Union101114b13 - Marne
    FERE-CHAMPENOISE et NORMEE : 11 Novembre

    La flamme du souvenir a brillé
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  • C’est à un 11 Novembre quelque peu exceptionnel que les Fertons et habitants de la Vallée de la Somme ont été conviés.

    Il faut dire que l’association Mondement 1914 avait organisé la veille à Paris un voyage pour les jeunes des cours moyens du secteur.

    A leur programme, la visite du tombeau de Napoléon aux Invalides, mais surtout, ils ont rapporté avec eux la flamme du souvenir, allumée grâce à celle du Soldat Inconnu à l’Arc de Triomphe, en présence de l’État-major et de nombreuses personnalités.

    C’est cette flamme, arrivée à Normée vers 10 h 30, puis transmise à Lenharrée et ensuite à Fère-Champenoise, qui a brillé pendant l’office religieux célébré en l’église Saint-Timothée, au milieu des drapeaux et en présence des personnalités civiles et militaires.

    Le sous-préfet d’Epernay, sous une pluie battante, a honoré de sa présence les dépôts de gerbes au monument aux morts, puis à la nécropole nationale à Fère-Champenoise avant de se rendre à Connantre.

    Une gerbe a été déposée par les personnalités à Fère et au monument de Normée (médaillon).

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    Union101114b14 - Marne
    FLORENT-EN-ARGONNE : Une gerbe a été déposée au monument aux morts…

     

     

     

    Une gerbe a été déposée au monument aux morts et au cimetière militaire où les noms des soldats morts au champ d’honneur ont été rappelés.

    Cette cérémonie s’est déroulée en présence du Gérard Ley, des sapeurs-pompiers de la commune ainsi que l’harmonie municipale de Vienne-le-Château.

     

     

     

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    Union101114b15 - Marne
    GIVRY-EN-ARGONNE : commémoration de l’armistice de 1918…

     

     

     

    Une petite cinquantaine de personnes s’étaient rassemblées autour du monument aux morts afin de participer à la commémoration de l’armistice de 1918.

     

     

     

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    Union101114b16 - Marne
    HANS : Belle célébration de l’Armistice

     

     

    Belle célébration de l’Armistice dans la commune de Hans où un office religieux fût célébré en l’église du village par l’Abbé Collart.

    Puis en présence de nombreux habitants ainsi que des pompiers, le maire Gabriel Duhal accompagné des enfants a procédé au dépôt de gerbe au monument aux morts.

    La lecture du texte officiel a suivi la minute de silence.

    Le vin d’honneur eut lieu dans le foyer rural.

     

     

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    Union101114b17 - Marne
    LACHY : La tradition respectée

     

     

    C’est par un temps humide, froid et venteux, que se sont déroulées les commémorations de l’Armistice. Pourtant, de nombreux habitants se sont rassemblés au monument aux morts.

    M. Ribeiro, maire, a rappelé les moments historiques vécus par les soldats.

    Le verre de l’amitié a été servi au Foyer des Sources.

     

     

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    Union101114b18 - Marne
    LA GRANGE AUX BOIS : A la Grange-aux-Bois Un éclat particulier

    La minute de silence.
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    A l’opposé de la célébration ménéhildienne, un éclat particulier a honoré la célébration à la Grange-aux-bois. Une bise aigre et bien de saison n’a pas contrarié la ferveur des assistants.

    Entourant le monument sur trois faces, la phalange d’Argon-notes particulièrement étoffée, le bloc des jeunes sapeurs, celui de leurs ainés, les porte-drapeaux, un nombre respectable de spectateurs sur le trottoir faisant face, ont assisté dans un silence recueilli à cette célébration.

    Le sous-préfet Carton, assisté du maire de Sainte-Ménehould et de son adjoint de la Grange, ont déposé la gerbe traditionnelle. La musique présente et parfaitement dirigée a donné sa part d’émotion à ces instants privilégiés.

    En cortège, les célébrants et les spectateurs se sont rendus à la mairie où eut lieu la note finale musicale.

     

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    Union101114b19- Marne
    LA NEUVILLE-AU-PONT : Le 92e anniversaire de la fin le la grande guerre…

     

     

    Le 92e anniversaire de la fin le la grande guerre a été célébré dans l’émotion à La Neuville.

    Le défilé est parti de la mairie pour rejoindre le monument aux morts. En présence des sapeurs pompiers, Jean-Louis Mabire accompagné de Franck Zentner y a déposé une gerbe.

    Argon’Notes a effectué les sonneries réglementaires.

    Le cortège s’est ensuite rendu à la salle des fêtes de la rue du Pont pour partager le verre de l’amitié.

     

     

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    Union101114b20 - Marne
    LA NEUVILLETTE : A l’issue de la cérémonie au monument aux morts…

     

     

     

    A l’issue de la cérémonie au monument aux morts et à l’ancien cimetière de La Neuvillette, les participants se sont rendus à la maison de quartier, précédés de la fanfare « Les Copains d’abord » et du drapeau pour la réception d’usage.

     

     

     

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    Union101114b21 - Marne
    LE GAULT-SOIGNY : Le temps du souvenir

     

     

     

    La municipalité, le corps des sapeurs pompiers, les enseignants, les habitants et une trentaine d’enfants des écoles ont rendu hommage aux victimes de la Première Guerre mondiale en ce jour anniversaire de l’Armistice.

     

     

     

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    Union101114b22 - Marne
    LES ESSARTS-LÈS-SÉZANNE : L’Armistice commémoré

     

     

    Il ne pleuvait pas, certes, mais le temps menaçait ce jeudi aux Éssarts.

    Annick Lasseaux, maire, a lu le texte d’Hubert Falco.

    La batterie fanfare de l’Étoile Broyenne, emmenée par son président Sergé Jacopé, a joué la Marseillaise.

     

     

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    Union101114b23 - Marne
    MASSIGES : En présence des villageois, la municipalité..

     

    En présence des villageois, la municipalité et l’association de la Main de Massiges se sont unies pour un dépôt de gerbe au moment aux morts de la Vierge aux Abeilles.

    L’après-midi, malgré un vent violent et une pluie continue, des jeunes cadres en cours de formation au 40e RA de Suippes ainsi qu’une cinquante de personnes dont une dizaine d’enfants ont découvert le site de la Main de Massiges.

    Les conditions météorologiques faisaient imaginer la souffrance physique que pouvaient endurer nos poilus.

     

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    Union101114b24 - Marne
    MUTIGNY : C’est un grand hommage aux soldats tombés…

     

    C’est un grand hommage aux soldats tombés pour la France et à ces deux instituteurs disparus, Achille et Roger Garitan, qui a été rendu ce 11 novembre à Mutigny.

    Achille fut instituteur jusqu’à sa mort en 1922 et c’est son fils Roger qui le remplacera jusqu’en 1926.

    Ce dernier prépare un plan de sabotage des communications téléphoniques de l’ennemi. Arrêté le 21 février 1944 et interrogé par la Gestapo, le 21 mai, il part pour le camp de Neuengamme en Allemagne. Il meurt de faim et d’épuisement le 15 avril 1945 quelques jours avant la délivrance tant attendue.

    C’est son fils Maurice Garitan qui a découvert la plaque, place de la mairie, renommée place Garitan.

     

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    Union101114b25 - Marne
    POUILLON. Après le dépôt de gerbes au monument aux morts…

     

     

    Après le dépôt de gerbes au monument aux morts, Alain Simon, maire, a eu le plaisir de remettre la médaille d’argent à Jacques Lebrun, sapeur-pompier depuis I 994 et chef de corps depuis 2000, lequel a su transmettre sa passion à ses enfants puisque deux de ses filles sont aussi sapeurs-Pompiers.

    Albert Millet, président des anciens combattants de Merfy, souillon et Thil, remit ensuite la croix du combattant Afrique du Nord au sergent Alexandre Roussel et au Ire classe Emile Lebon, de Merfy.

     

     

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    Union101114b26 - Marne
    SACY : Le temps du souvenir. La nation reconnaissante

    Une foule nombreuse a défilé dans la rue principale du village pour se diriger vers le monument aux morts.

    Le maire a présidé la cérémonie en présence des porte-drapeaux et anciens combattants.

    Une cérémonie de passation de commandement a suivi. Le caporal-chef Bruno Hervieux, qui vient de prendre sa retraite, a confié le commandement du corps de sapeurs-pompiers au caporal Lydie Léger.

    A noter que le corps de pompiers de Sacy regroupe aujourd’hui vingt-deux hommes et femmes, trois nouvelles recrues doivent arriver d’ici la fin de l’année.

    Le caporal-chef Bruno Hervieux a été alors promu au grade de sergent honoraire. Il était entré chez les pompiers en 1981 pour prendre le commandement du centre en 1995.

    Les galons ont été remis par le lieutenant-colonel HenriVoiselle, ancien chef de corps des sapeurs-pompiers de Reims.

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    Union101114b27 - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : 11 Novembre ménéhildien : Un silence trop parfait

    Le cortège en route pour le monument.
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    Les anciens combattants et leur porte-drapeau, tous présents, ont tenu à honorer la mémoire des morts de 14-18.

    Le maire, Bertrand Courot, à leur tête, entouré du Général Bernard Jean, et du président Glasko, responsable de l’association locale, ont rejoint le devant du monument, fidèles à la tradition, pour le dépôt de la gerbe.

    Malgré la place toute garnie des différents stands de la foire, malgré une fréquentation étonnamment abondante à cette heure de la matinée, un silence parfait a immobilisé les assistants pour la minute de silence traditionnelle.

    On peut déplorer, avec quelques présents, qu’une sonnerie même modeste, dans ce silence étonnant et adapté, n’aie pas pu être associée à cet instant de cohésion nationale, à l’endroit où les célébrations s’y retrouvent tous les ans.

     

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    Union101114b28 - Marne
    SAINT-MARTIN-D’ABLOIS : Le maire accompagné d’anciens combattants…

     

     

     

    Le maire accompagné d’anciens combattants, des pompiers, de la fanfare et des habitants, a déposé une gerbe au monument aux morts.

    A cette occasion, Lucien Bagnost, ancien combattant, a été décoré au pied de cette statue colorée étonnante de réalisme.

     

     

     

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    Union101114b29 - Marne
    SAVIGNY-SUR-ARDRES : Jeudi 11 novembre, après la cérémonie du souvenir…

     

    Lors du dernier congrès de « l’Amicale des Savigny de France et de Suisse », à Savigny-les-Beaune, il fut offert trois drapeaux à chaque commune membre. Il s’agit du drapeau tricolore, du drapeau de l’amicale, et surtout d’un drapeau de la Confédération Helvétique, offert par le consul de Suisse à Lyon.

    Jeudi 11 novembre, après la cérémonie du souvenir au monument aux morts, le maire Philippe Causse et son conseil municipal reçurent officiellement ces drapeaux des mains de Elisabeth Gobancé, déléguée de l’amicale.

    Après les remerciements d’usage, le maire indiqua que ces nouveaux drapeaux prendraient place dans la salle du conseil municipal, et qu’ils seraient les témoins des liens forts qui unissent tous les « cousins » des Savigny.

     

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    Union101114b30 - Marne
    SILLERY : Cérémonie commémorative du 11 Novembre 1918.

    En vacances, le maire a donc laissé sa place au 1eradjoint Thomas Dubois pour officier à la cérémonie commémorative du 11 Novembre 1918.

    Robert Marguet, président de l’association des anciens combattants, était bien entendu présent, ainsi que les pompiers, les enfants des écoles et leurs enseignants et les anciens combattants.

    Après la lecture des différents messages par MM. Dubois, Marguet et des enfants, le dépôt de gerbes fleuries aux deux cimetières communaux, toute l’assemblée a entonné par deux fois l’hymne national.

    La cérémonie s’est terminée au chaud à la salle des fêtes pour un moment de convivialité. André Barbier, Jean-Marie Loret, Daniel Turbeaux et Guy Touchard ont été médaillés pour leur courage dans des guerres différentes, mais tous unis pour défendre la patrie.

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    Union101114b31 - Marne
    VERRIÈRES : Après la revue des pompiers…

     

     

     

    Après la revue des pompiers, et le défilé jusqu’au cimetière, les enfants ont chanté la Marseillaise et ont lu plusieurs textes très poignants de Poilus racontant la vie, et la mort, dans les tranchées durant la Première Guerre mondiale.

     

     

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    Union101114b32 - Marne
    VIENNE-LE-CHÂTEAU : Après un dépôt de gerbe…

     

     

     

    Après un dépôt de gerbe à la Gruerie, le cortège s’est rendu à la Harazée pour finir place de la mairie, avec les enfants de l’école et la fanfare viennoise.

     

     

     

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    Union101114b33 - Marne
    VIENNE-LA-VILLE : Les habitants se sont réunis…

     

     

     

    Les habitants se sont réunis autour de la première adjointe pour l’appel aux morts.

     

     

     

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    Union101114b34 - Marne
    VRAUX : Des fleurs tricolores

    Ce sont les enfants qui ont déposé des fleurs.
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    La cérémonie de commémoration du 92e anniversaire de l’Armistice de 1918 fut officié par le maire de Vraux : Philippe Protin , en présence des porte-drapeaux, de MM. Crétté et Viand et de nombreux enfants et Vrautiers.

    Aprés l’accueil, le discours rendant hommage à tous ces disparus et la remise de gerbe du maire, la lettre du secrétaire d’état à la défense et aux anciens combattant fut lue par Florence Louis.

    Quelques jeunes musiciens du village ont joué la Marseillaise ; puis après avoir nommé tous les soldats morts pendant les deux guerres, les enfants ont déposé des fleurs aux couleurs du drapeau tricolore.

     

     

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    Union101113c - Marne
    REIMS : Fnaca / Les anciens combattants montent au créneau

    De gauche à droite : Michel Coulmier, Jean-Jacques Dupuy, Jean-Louis Barbier et Claude Fauvet.
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  • Avec une minute de silence à la mémoire des amis disparus dans l’année, l’assemblée générale du Comité de Reims de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants Algérie Tunisie Maroc) s’est ouverte le samedi 6 novembre à Reims au centre des congrès.

    Les personnalités ont été accueillies par le président Jean Forget, qui avait auparavant remercié les veuves d’anciens combattants pour leur fidélité à l’association : « Nous comptons 498 adhérents, dont 85 veuves… » Le temps qui passe fait son œuvre : elles étaient 24 en 1999…

    Les années pèsent aussi sur les membres du bureau qui souhaitent voir des volontaires se proposer pour rajeunir et soulager l’équipe : « Nous avons aussi besoin de porte-drapeau, pour ce poste honorifique mais si difficile », remerciant au passage Pierre Marcoup, Jean-Louis Barbier et Michel Coulmier. (Les porte-drapeaux ont participé à quinze manifestations officielles en 2009.)

    Ont suivi diverses interventions : d’abord celle de François Borel, représentant du comité de Longwy, jumelé avec celui de Reims depuis vingt-cinq ans, qui a invité les Rémois à venir fêter leur amitié dans les mois à venir.

    Propos musclés

    Claude Fauvet, président départemental, a ensuite pris la parole pour exprimer son indignation : « Il n’y aura rien de bon pour nous en 2011 : nous serons encore une fois sacrifiés avec un projet de budget national en baisse de 3,89 % : baisse de la retraite des combattants. » Il a évoqué le 29e Congrès national qui s’est tenu à Dijon, insistant sur l’absence d’Hubert Falco… Il a donné lecture d’une lettre ouverte au président de la République à propos de la commémoration du 19 mars 1962, date du cessez-le-feu.

    Jean Marchandeau, président Ancac et Ufac, a lui aussi déploré avec vigueur le fait que les lois concernant les anciens combattants ne soient jamais appliquées correctement et il a contesté le décret du 2 juillet 2010. Lui aussi a lu une lettre envoyée à tous les élus de France, assortie d’un recours au Conseil d’Etat.

    Au nom de la maire de Reims, l’adjoint Jean-Claude Laval s’est montré solidaire de « cet autre combat pour faire reconnaître des droits » et il a souligné l’engagement de la Ville de Reims à propos de la date du 19 mars afin de rappeler la « fin des hostilités et surtout le début du processus de paix ». Il a prôné la vertu de réconciliation.

    Reconnaissance de la nation

    La matinée s’est terminée par une cérémonie au cours de laquelle Claude Fauvet, président départemental de la Fnaca, a épinglé la médaille de reconnaissance de la Nation sur le revers de Jean-Jacques Dupuy, trésorier adjoint, et sur celui de Jean-Louis Barbier, porte-drapeau.

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    Union101113b - Marne
    SHOAH : les regrets de la SNCF

    Pour aborder le sujet de l’Holocauste, la SNCF a notamment créé un site internet. Waldemar Jama/Wostok Press
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  • La société rappelle que la déportation des juifs était organisée par les nazis. « Quiconque refusait d’obéir risquait la peine de mort », ajoute la CGT des cheminots.

    LA SNCF a esquissé aux États-Unis un changement de discours sur son passé durant l’occupation nazie, en exprimant des regrets concernant la déportation des juifs et en mettant en ligne un argumentaire.

    Le journal « Le Monde » a fait état de propos du président de la société nationale Guillaume Pepy tenus début novembre, lorsqu’il a présenté l’offre de la SNCF pour le projet de ligne à grande vitesse Tampa-Orlando, à Fort Lauderdale, que certains parlementaires américains lient à la présentation d’excuses.

    Réquisition

    Il a alors dit le « souhait de la SNCF d’exprimer sa profonde peine et son regret pour les conséquences de ses actes », tout en soulignant que les transports de juifs avaient été réalisés sous le régime de la réquisition par les autorités nazies.

    La société a également créé un site internet en anglais sur le sujet de l’Holocauste*.

    « Il n’y aura pas d’autre expression du président et de la société », a dit hier un porte-parole de la SNCF.

    La société rappelle sur le site internet le rôle des cheminots dans la Résistance et souligne que, sur 450 000 employés de la SNCF à l’époque, seuls 467 ont été frappés d’indignité nationale pour collaboration.

    « Il est fallacieux de dire que les travailleurs français du rail avaient le choix de désobéir aux autorités allemandes qui les supervisaient. Quiconque refusait d’obéir aux ordres risquait la peine de mort », peut-on y lire.

    Le premier syndicat de la SNCF, la CGT, rappelle dans un communiqué que 8 938 cheminots ont été tués sous l’Occupation, 15 977 blessés pour faits de résistance, 2 480 déportés dont 1 157 sont morts dans les camps nazis.

    « On est en droit de s’interroger sur les réelles motivations qui poussent les États-Unis à être si pointilleux avec un des pays en Europe qui a le plus souffert du nazisme et à assujettir la question à l’obtention d’un contrat commercial », dit la CGT.

    La compagnie française espère décrocher des contrats aux États-Unis en misant sur les projets de réseaux à grande vitesse imaginés dans le cadre du plan de relance du président Barack Obama.

    (*) http ://www.sncfhighspeedrail. com/...

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    La SNCF fait acte de contrition pour sauver ses chances aux Etats-Unis

    Photocopie de la facture détaillée établie en 1944 par la SNCF à l’adresse de la Préfecture de Haute-Garonne, concernant les transports de déportés.
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  • Pour préserver ses chances d’obtenir des contrats aux Etats-Unis, la SNCF a exprimé pour la première fois ses regrets pour son rôle dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que l’entreprise publique affirmait jusque-là pour sa défense qu’elle avait agi sous la contrainte.

    En déplacement début novembre aux Etats-Unis pour présenter l’offre de la SNCF pour le projet de ligne à grande vitesse Tampa-Orlando, son président Guillaume Pepy a rencontré, à Fort Lauderdale, des élus de l’Etat de Floride et des associations juives.

    La compagnie a publié un communiqué à cette occasion, qui fait le point sur sa position et se termine sur "le souhait de la SNCF d’exprimer sa profonde peine et son regret pour les conséquences de ses actes" réalisés sous la contrainte "de la réquisition".

    M. Pepy fait référence dans ce texte au discours prononcé par le président Jacques Chirac en juillet 1995, lors des commémorations de la Rafle du Vel’ d’Hiv’ : "Ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’Etat français."

    "En tant que bras de l’Etat français, la SNCF reprend à son compte ces mots et la peine qu’ils reflètent pour les victimes, les survivants et leurs familles qui ont souffert à cause de notre rôle pendant la guerre", écrit le patron de la SNCF.

    La compagnie a même créé un site internet, qui présente en anglais son rôle pendant la Shoah : http://www.sncfhighspeedrail.com/heritage.

    La SNCF, également candidate à l’exploitation d’une ligne à grande vitesse en Californie, est sommée depuis plusieurs mois de rendre des comptes sur son action pendant la Seconde Guerre mondiale.

    En Californie, le démocrate Bob Blumenfield a fait voter une loi qui oblige tous les candidats à un contrat à faire la lumière sur leur éventuel rôle dans le transport de "prisonniers" de 1942 à 1944, texte auquel le gouverneur Arnold Schwarzenegger a finalement mis son veto.

    Un élu de Floride à la Chambre des représentants, le démocrate Ron Klein, a déposé un projet de loi similaire au niveau fédéral.

    M. Pepy avait déclaré en août que la SNCF, qui a transporté quelque 76.000 Juifs déportés pendant la guerre, était prête à ouvrir ses archives aux Américains et qu’il prenait cette affaire "très au sérieux".

    S’il avait déjà fait brièvement allusion au discours du Vel’ d’Hiv’, il avait surtout mis en avant le fait que les cheminots étaient "sous le joug de l’occupant nazi" et que plus de 2.000 d’entre eux avaient été "exécutés".

    Mais au vu des enjeux financiers de ces contrats (des dizaines de milliards de dollars), pour la SNCF mais surtout pour son fournisseur de trains Alstom, la direction de la compagnie ferroviaire a choisi de se repentir publiquement.

    "C’est un pas évident dans l’avancée de la vérité historique, que le procès de mon père avait permis d’établir, ainsi que le rapport Bachelier" (publié en 1996 sur l’attitude de la SNCF pendant l’occupation allemande, ndlr), a réagi auprès de l’AFP l’ex-député européen Verts Alain Lipietz, qui invite M. Pepy à "redire ses excuses en France".

    La famille Lipietz, dont quatre membres ont été déportés, a perdu en appel son procès contre l’Etat et la SNCF.

    "J’encourage la SNCF à regarder en face cette page de l’histoire, quitte à briser des mythes", a réagi de son côté François Zimeray, ambassadeur pour les droits de l’Homme, qui regrette toutefois que cette tragédie ait été "instrumentalisée à des fins de protectionnisme".

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    Union101113a01 - Marne
    BETHENY : Les enfants associés au devoir de mémoire

    « Avec ou sans étoile » du Théâtre à Pattes.
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    La ville de Bétheny a voulu particulièrement adresser cette commémoration du 11 Novembre aux enfants.

    D’abord, ils ont été associés, le matin, à la cérémonie du souvenir au monument aux morts, par les poèmes et chant qu’ils ont interprétés, et, l’après-midi, la pièce jouée par Le Théâtre à Pattes, « Avec ou sans étoile », fut pour eux l’occasion de découvrir ce que fut la vie d’enfants enfermés dans des camps.

    Cette pièce de Gérard Thévenin fut écrite en 2009 à la demande de la délégation de la Marne de l’association des Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. Bâtie sur de nombreux témoignages, la pièce a aussi pu montrer aux enfants présents, et bien sûr aussi aux adultes, la vie pendant l’occupation et les valeurs humaines comme le désir de garder sa dignité, le courage, la solidarité…

    Ce fut un grand moment d’émotion, grâce au formidable jeu des acteurs, enfants et adultes, qui contribue sans conteste au devoir de mémoire.

     

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    Union101113a02 - Marne
    BEZANNES : Cérémonie Hommage à André Dervin

    André Dervin très ému, entouré de Jean-Pierre Belfie, maire de Bezannes, de M. Boucaut et du major Pierre Bonot.
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    Ce fut un 11 Novembre à Bezannes plutôt paisible, hormis le froid et la pluie. Les Bezannais avec leur maire, le conseil municipal et le conseiller général de la Marne sont venus nombreux, accompagnés des enfants du groupe scolaire Sylvain-Lambert sous la conduite de leur directrice Claudine Lepetit-Collin pour honorer et rendre hommage aux combattants et victimes de la Grande guerre 14/18.

    Devant le monument aux morts, les enfants toujours présents aux cérémonies ont chanté l’hymne national, accompagnés d’un clairon et d’une trompette et en présence de M. Boucaut et du major Pierre Bonot. La commune rendait particulièrement hommage en ce jour à André Dervin, Bezannais depuis toujours, combattant de l’armée française en 39-45, en remerciement et reconnaissance de son action pour la France.

    Très ému, André Dervin qui a déjà reçu d’autres décorations a été félicité par tous les Bezannais au cours du vin d’honneur offert par la mairie qui a suivi la cérémonie.

     

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    Union101113a03 - Marne
    CERNAY-LES-REIMS : Les médaillés du 11 Novembre

    Durant la cérémonie.
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    Accompagnée d’une Marseillaise chantée par les enfants des écoles, la commune de Cernay-lès-Reims a rendu un vibrant hommage à ses morts pour la France et en particulier au lieutenant Machet.

    Le maire a remis la médaille du djebel à William Mercelot et Michel Gallot, tandis que Guy Routhier recevait des mains du président de la section des anciens combattants et de Claude Sauffroy la Croix du combattant, la médaille de reconnaissance de la nation et la médaille commémorative des opérations de sécurité Tunisie.

     

     

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    Union101113a04 - Marne
    CONNANTRE : Ils se souviennent

    Les pompiers ont porté la flamme du Soldat Inconnu.
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  • Malgré un très mauvais temps, beaucoup de personnes étaient présentes aux monuments aux morts de Connantre ce 11 novembre en fin d’après-midi.

    A la lumière de la flamme du tombeau du Soldat Inconnu rapporté la veille de l’Arc de Triomphe par Roger Andrieux, une gerbe a été déposée au pied du monument.

    Les enfants de CM1 et CM2 ont chanté la Marseillaise, accompagnés par la Musique de Connantre.

    Ensuite, les personnes présentes dont notamment les pompiers de Connantre et de Fère-Champenoise, les porte-drapeaux, le régiment de Connantray, ont été conviés à la salle des fêtes pour une projection du message de paix transmis par M. Kuentz à Mondement.

    Puis Roger Andrieux, Michel Jacob, maire de Connantre, Gérard Gorisse, maire de Fère-Champenoise, Michel Tellier, président de Mondement 1914, ainsi que Bruno Bourg-Broc, député-maire de Châlons-en-Champagne, ont chacun fait un discours sur la cérémonie du 11 Novembre en mémoire des anciens combattants.

    La cérémonie s’est clôturée par le verre de l’amitié.

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    Union101113a05 - Marne
    CORMONTREUIL : Séquence émotion à la médiathèque

    Les enfants de l’école Centre ont lu des lettres de « poilus ».
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  • « Quatre-vingt-treize ans après… C’est un juste retour des choses que ces paroles de poilus soient prises en charge par des enfants. » Debout devant les porte-drapeaux, face à une foule qui s’entasse tant bien que mal dans la salle de la médiathèque, des enfants de l’école Centre de Cormontreuil lisent des lettres de poilus : une manifestation mise en scène par Luc Tartar, écrivain en résidence, pour commémorer l’armistice du 11 Novembre.

    Lettres de colère de soldats qui n’y croient plus : « Nous avons la rage au cœur. » « C’est encore pire que dans le civil : Quelle connardise ! » « Si tout le monde était de mon avis, il y a longtemps que la guerre serait finie. » Lettres pacifiques : « Que le mot ennemi soit remplacé par ami. » Les voix s’élèvent, fortes, nettes : émotion dans le public.

    Symbole d’avenir

    Une belle image : quand chaque petit lecteur, à tour de rôle, se retourne vers les porte-drapeaux, dos au public, comme pour dire : La guerre ? C’est fini. « Le dernier poilu est mort il y a trois ans. C’est émouvant que des enfants de cet âge prennent la relève », confie Jean Marx, maire de la commune.

    Au bord des larmes, Sylvie Ramonet est très fière de ses élèves : « C’est très touchant de voir ces jeunes reprendre à leur compte ce qui s’est passé et le transmettre. Du point de vue pédagogique, c’est le top. » Un sentiment partagé par Luc Tartar : « Ils sont porte-voix d’une douleur, d’une colère et ça prend une dimension extraordinaire. »

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    Union101113a06 - Marne
    DIZY-LE-GROS : Des porte-drapeaux honorés

    De g. à dr., Serge Catillon, Jacques Dubus, Pierrette Jupin, Guy Rozet et Bernard Grégoire.
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    Jeudi, à l’issue de la messe en mémoire des combattants morts au champ d’honneur, et des cérémonies commémoratives de l’Armistice de 1918 présidées par Jean-Marie Bouché, maire du village,

    3 porte-drapeaux ont été à l’honneur.Il s’agit de Jacques Dubus, de Berlise (40 années de service comme porte-drapeau), Guy Rozet, de Parfondeval, ((38 années) et Serge Catillon, de Dizy-le-Gros (24 années), une fidélité et un dévouement récompensés par un diplôme d’honneur décerné lors de l’assemblée départementale des porte-drapeau qui s’est tenue à Sains-Richaumont.

    De plus, ils ont reçu une décoration ainsi que les félicitations du directeur départemental de l’Office National des Anciens Combattants.

     

     

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    Union101113a07 - Marne
    FISMES : Commémoration / La tradition respectée

    Devant le monument aux morts.
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  • Des centaines de grues en papier ont été disséminées autour du monument.
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    Malgré le froid et la pluie, accompagnés par la fanfare, de nombreux Fismois se sont déplacés pour les cérémonies du 11 Novembre.

    Après les discours officiels et l’hommage aux soldats disparus, les enfants des écoles ont lu la liste des noms gravés sur le monument aux morts.

    Des centaines de grues en papier confectionnées par les enfants ont été disséminées autour du monument. Ces petits oiseaux sont des symboles de paix particulièrement au Japon depuis le bombardement atomique d’Hiroshima.

     

     

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    Union101113a08 - Marne
    LA CHEPPE : Célébration de la fin de la Première Guerre mondiale

    C’est le jeune Guillaume qui a déposé la gerbe de fleurs.
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    Pompiers, soldats, jeunes et moins jeunes se sont rassemblés devant le monument aux morts pour commémorer l’anniversaire de l’Armistice de 1918.

    « La journée nationale du 11 novembre reste la plus emblématique des célébrations car elle symbolise par excellence le sacrifice pour la France, de ses enfants. Elle incarne l’espérance européenne et la réconciliation franco-allemande… Elle est aussi l’occasion de rendre hommage, sous l’Arc de Triomphe comme devant chaque monument aux morts, à nos soldats qui font aujourd’hui encore le sacrifice de leur vie pour la paix et la liberté dans le monde », a rappelé Marcel Bonnet, maire de la commune de La Cheppe, en citant le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants.

    Comme à chaque célébration, un enfant a déposé la gerbe au monument et c’est Guillaume qui a officié ce jour avec le maire de la commune.

     

     

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    Union101113a09 - Marne
    MERLAUT : Une tombe commune pour les morts pour la France

    Pendant le discours inaugural.
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  • A l’issue des cérémonies du 11 Novembre présidée par le sous-préfet Raymond Floc’h devant le monument aux morts rénové, la tombe commune aux quatre enfants de Merlaut morts pour la France, nouvellement créée dans le cimetière communal, a été inaugurée par Gérald Gaillet, président du comité cantonal du Souvenir français, en présence notamment de la population et de Mariane Dorémus, conseillère générale du canton de Vitry-Ouest.

    Le président du Souvenir français a rappelé l’histoire de chaque soldat, avant qu’une Flamme du Souvenir, ne soit déposée par les enfants présents.

    Une pensée pour eux

    Ont été mis à l’honneur : Gaston Lucien Chobert, Albert Lucien Ehrmann, Célestin Georges Eugène Thomas et James Émile Jules Cognasson.

    Gérald Gaillet a également eu une pensée pour Eugène Jean Tissot-Dupont, né le 8 avril 1896 à Merlaut. Soldat au 155e Régiment d’infanterie, il est mort pour la France le 7 octobre 1916 sur le territoire de Raucourt (Somme). Il était domicilié à Merlaut au moment de son incorporation.

    Il a eu une pensée aussi pour André Charles Raymond Comménil, ancien combattant de 14-18, mort en 1920.

    Dans la salle de réunions, de l’ancienne école, le maire Daniel Frerson a expliqué la procédure de reprise du cimetière qui est en cours depuis 2004.

    A noter qu’en raison des fortes rafales de vent, le drapeau des sapeurs-pompiers a été déchiré.

    Ils avaient 21, 30, 31 et 36 ans

    Quatre soldats ont été mis à l’honneur :

    Gaston Lucien Chobert, né le 13 avril 1884 à Merlaut. Il était caporal au 155e Régiment d’Infanterie, Mort pour la France le 13 mars 1915 à l’hôpital Chanzy de Sainte-Ménehould des suites de ses blessures. Il était domicilié à Jaucourt (Aube) au moment de son incorporation.

    Célestin Georges Eugène Thomas était né le 5 avril 1888 à Merlaut. Il était sergent au 156e Régiment d’Infanterie, Mort pour la France le 15 juillet 1918 à Nesles (Aisne), tué à l’ennemi. Il était domicilié à Merlaut au moment de son incorporation.

    Albert Lucien Ehrmann était né le 17 décembre 1880 à Merlaut. Il était soldat au 350e Régiment d’Infanterie, Mort pour la France le 31 octobre 1916 sur le champ de bataille de la Somme. Il s’était marié à Plichancourt le 23 avril 1904 avec Marie Fannie Pierre. Il était domicilié à Merlaut au moment de son incorporation.

    James Émile Jules Cognasson était né le 14 octobre 1897 à Merlaut. Il était soldat au 142e Régiment d’Infanterie. Il est mort pour la France le 6 octobre 1918 à Pontfaverger, tué à l’ennemi. Il était domicilié à Piney (Aube) au moment de son incorporation.

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    Union101113a10 - Marne
    MUIZON : Cérémonie / La nation reconnaissante

    Daniel Deflandre, récipiendaire de la médaille de la reconnaissance de la Nation.
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    À Muizon, la commémoration de l’armistice de 1918 a débuté dès 10 h 15, avec le rassemblement sur la place du Commerce et la vente du bleuet de France par les adhérents de l’UNC (Union Nationale des Combattants). Puis, la population, guidée par les sapeurs-pompiers, leur véhicule sonorisé et des figurants du GMC (Groupe Mémoire et Commémoration) en tenue d’époque, s’est dirigée à travers les rues de la commune, avant de faire une halte au monument du souvenir. Là, le maire Germain Renard et Jean-Michel Chevalier, président de l’UNC, ont déposé une gerbe de fleurs, et remis la médaille de la reconnaissance de la Nation à Daniel Deflandre.

    Avant les allocutions de rigueur et le retour à la salle polyvalente pour le verre de l’amitié, le maire a demandé une minute de silence en souvenir de Guy Berrot, ancien président de l’UNC et membre du GMC, disparu il y a quelques semaines.

    Après quoi, adhérents et sympathisants de l’UNC se sont rendus à la salle du Champ-Jeudi pour un sympathique déjeuner, suivi d’un après-midi dansant animé par Aurélie et Denis.

     

     

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    Union101113a11 - Marne
    SAINT-BRICE-COURCELLES : Médailles / René Callo et Jean-Claude Thuillier à l’honneur

    un médaillé du jour.
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  • un médaillé du jour.
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    En ce jour de commémoration, la pluie n’a pas empêché les Bricocorcelliens de venir nombreux participer au défilé. Précédés de la fanfare « Les Dauphins » et des sapeurs-pompiers, le maire, les membres de son conseil municipal et la population se sont rendus au monument aux morts déposer une gerbe.

    Après l’allocution du maire, Jean-Claude Chaumet a remis la médaille militaire à René Callo. Le maire a ensuite remis la médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord avec agrafe Algérie à Jean-Claude Thuillier.

    M. Callo était jeune engagé dans la première division française libre et a participé aux batailles des Vosges et d’Alsace. Il est déjà titulaire de la médaille du combattant, de la médaille des évadés et de la croix de guerre.

    A peine âgé de 19 ans et cinq mois, Jean-Claude Thuillier est parti dix-huit mois en Algérie dont douze mois dans les Aures et six mois aux cuisines, au mess des officiers. Il est déjà titulaire de la médaille d’ancien combattant, de la médaille de reconnaissance de la Patrie remise par M. Lescouet en 2002.

     

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    Union101113a12 - Marne
    SAINT-MEMMIE : Devoir de mémoire / Anniversaire du 11 Novembre

    Les élèves de Saint-Exupéry ont rendu hommage aux morts de la Grande Guerre.
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    A l’occasion du 92e anniversaire de l’Armistice du 11 Novembre 1918, Monsieur Grégoire, président de l’association des anciens combattants de la commune de Saint-Memmie, avait proposé aux élèves de la classe de CM2, de l’école primaire Saint-Exupéry de participer activement à la cérémonie de commémoration. Elle se déroulait au monument aux morts, situé en centre-ville.

    En effet, cette année, ce sont les enfants qui ont lu le discours officiel, non sans une certaine émotion, devant une assemblée venue nombreuse.

    Ils ont également déposé des fleurs au pied du monument aux morts et ont ainsi accompli leur « devoir de mémoire ».

     

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    Union101113a13 - Marne
    SEZANNE : La flamme du souvenir a brillé

    Une gerbe a été déposée par les personnalités à Fère …
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  • … et au monument de Normée.
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  • C’est à un 11 Novembre quelque peu exceptionnel que les Fertons et habitants de la Vallée de la Somme ont été conviés.

    Il faut dire que l’association Mondement 1914 avait organisé la veille à Paris un voyage pour les jeunes des cours moyens du secteur.

    A leur programme, la visite du tombeau de Napoléon aux Invalides, mais surtout, ils ont rapporté avec eux la flamme du souvenir, allumée grâce à celle du Soldat Inconnu à l’Arc de Triomphe, en présence de l’État-major et de nombreuses personnalités.

    C’est cette flamme, arrivée à Normée vers 10 h 30, puis transmise à Lenharrée et ensuite à Fère-Champenoise, qui a brillé pendant l’office religieux célébré en l’église Saint-Timothée, au milieu des drapeaux et en présence des personnalités civiles et militaires.

    Le sous-préfet d’Epernay, sous une pluie battante, a honoré de sa présence les dépôts de gerbes au monument aux morts, puis à la nécropole nationale à Fère-Champenoise avant de se rendre à Connantre.

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    Union101113a14 - Marne
    SOMME-SUIPPE : L’hommage des enfants

    Devant le monument aux morts.
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    Le message lu cette année au cours des commémorations du 11 novembre se termine par cette phrase : « Tu iras honorer le soldat inconnu. Le mot d’ordre des étudiants et lycéens du 11 novembre 1940 demeure, par-delà les générations, l’un des plus beaux commandements de notre République. »

    Pour la jeunesse actuelle que de soldats inconnus dans notre région. C’est pourquoi, les municipalités ont le souci d’associer les enfants à cet hommage national en invitant leurs parents à assister aux cérémonies.

    Cette année en plus des jeunes sapeurs pompiers, déjà présents l’an passé, à côté de leurs aînés du corps local, l’union musicale avait été demandée afin que retentisse une sonnerie aux morts au cours des deux dépôts de gerbes celui au pied du monument aux morts, et celui à la nécropole nationale où reposent plus de 5 000 soldats.

     

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    Union101113a15 - Marne
    SUIPPES : Monument aux morts / Commémoration de 1918

    Au cimetière militaire, le maire Jean Huguin, le lieutenant-colonel et deux jeunes sapeurs pompiers.
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    En présence des autorités civiles et militaires, la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 a été marquée, à Suippes, par la prise d’armes à 10 heures, devant le monument aux morts de la ville, suivi d’un dépôt de gerbe au cimetière militaire, route de Souain.

    La revue des troupes (l’étendard et sa garde, deux sections de la 1re batterie du 40e RA, une section du 132e BCAT) a été effectuée par le lieutenant-colonel Jean Pierre Trzcialkowski, commandant en second du 40e régiment d’artillerie et représentant le commandant d’armes de la place de Suippes.

    Le président Jean Collart a fait lecture du message du secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants. L’assistance s’est ensuite rendue au cimetière militaire à la suite de l’union musicale et des sapeurs pompiers, où un second dépôt de gerbe a eu lieu associant toujours les jeunes sapeurs pompiers à cette commémoration.

     

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    Union101113a16 - Marne
    TINQUEUX : Trente anciens combattants mis à l’honneur

    Jean-Pierre Fortuné a chaleureusement félicité les trente anciens combattants mis à l’honneur le jour du 92e anniversaire de l’armistice.
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    Il y avait beaucoup de monde jeudi matin sur le parvis de l’église Sainte-Bernadette à Tinqueux devant le monument aux morts, à l’occasion du 92e anniversaire de l’Armistice. Parmi les nombreuses personnalités civiles et militaires, le maire de la commune et conseiller général, Jean-Pierre Fortuné, Arnaud Robinet, député de la Marne, les membres du conseil municipal, les anciens combattants, les porte-drapeaux, les sapeurs-pompiers, les représentants de la police nationale, les Aquatintiens et les enfants des écoles venus en nombre.

    Ils ont admirablement bien chanté l’hymne national et répondu à l’appel aux morts pour les dix-sept combattants-enfants de Tinqueux morts pour la France. Gilles Richard, président des ACVG de Tinqueux, a remis ensuite à la salle des fêtes Guy-Hallet le diplôme de la reconnaissance de la nation à trente anciens combattants de la guerre 39-45 mis à l’honneur en ce jour de l’Armistice.

    Il s’agit de Fernand Beaurain, Roland Besana, Roger Biron, Gaetan Chamaux, André Charlier, Gérard Citti, René Collard, Serge Fermigier, Joseph Galéa, André Gauthier, Henri Goetz, Jacques Grandjean, Jean -Yves Guidou, Jean- Marie Klein, Jacques Leclerc, Roland Levèque, Georges Mangin, Jean Mareschal, Henri Meunier, Bernard Orban, Gilbert Outters, Jean Péru, Gilbert Piotin, Pierre Pois, Julien Prieux, André Shapira, André Sylvoz, Antonio Tavares Da Cruz, Camille Vercruysse et Henri Wenisch. Ils ont été chaleureusement félicités et invités à partager le verre de l’amitié.

     

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    Union101112c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Les anciens combattants exposent au MacDo

    Le sous-préfet Raymond Floc’h a visité hier en fin de journée l’exposition dont il a salué l’initiative.
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  • VITRY-LE-FRANCOIS (Marne). Des anciens combattants qui débarquent au MacDonald’s… L’événement se passe depuis hier à Vitry-le-François. Une première régionale, voire nationale.

    Jusqu’à dimanche, l’Office national des anciens combattants (Onac) organise une exposition et une collecte au sein même du fast-food vitryat afin de sensibiliser les jeunes au devoir de mémoire. Hier, à l’occasion de la commémoration de l’Armistice, elle espérait même que des associations d’anciens combattants rencontrent les jeunes. Cela s’est en partie réalisé, et monté, grâce au passage de la télévision.

    Cette exposition présente clairement ce que l’association nationale des anciens combattants et l’œuvre nationale des Bleuets, créées au lendemain de la Première Guerre mondiale, apportent aux anciens combattants et à leurs familles. Ainsi, elles aident aujourd’hui les veuves des anciens combattants mais aussi les enfants dont les pères sont morts au combat.

    L’an dernier, l’Onac 51 est venu en aide à 450 personnes pour un montant total de 120 000 euros. Cette année, elle aidera par exemple les trois enfants d’un soldat mort au Liban cet été. Jusqu’à ce qu’ils deviennent totalement autonomes.

    « Ouvrir les yeux et les oreilles des jeunes au devoir de mémoire, c’est certainement la grande finalité de cette exposition », soulignait hier après-midi Xavier Maîtrepierre, le franchisé du MacDonald’s de Vitry-le-François qui a signé au début du mois une convention de partenariat avec Bruno Dupuis, coordonnateur Mémoire et communication de l’Onac 51 et instigateur de l’événement. Tous deux espèrent bien voir quelques conversations sur l’Histoire se nouer autour d’un soda et d’un hamburger. L’initiative aurait alors en partie rempli sa mission.

    A.-S. C.

    L’urne se trouve à la caisse, l’exposition dans l’ensemble de la salle de restaurant. Elle est visible aux heures d’ouverture du fast-food.

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    Union101112b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : C’est toujours un succès Au thé dansant des paras

    Après le thé dansant, tous ont rendez-vous à la soirée couscous le 20 novembre.
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  • Plus de 200 personnes venues de l’Aube, de la Haute-Marne, de l’Île de France, de la Marne, des Ardennes et de la Meuse se sont donné rendez-vous à la salle du Manège, dimanche dernier, pour le thé dansant organisé par l’amicale des parachutistes de Vitry-le-François et de Champagne.

    Les musiciens et chanteurs de l’orchestre de René Grolier ont animé et fait danser les couples sur des airs de musette jusqu’à 20 heures.

    L’amicale des parachutistes organise un couscous le 20 novembre dans la salle des fêtes d’Ecriennes, ouvert à tout le monde.

    Informations et réservations au tél. 03.26.74.53.72.

    Par ailleurs, le président de cette association de 120 adhérents lance un appel à candidature pour le remplacer lors de l’assemblée générale de 2012.

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    Union101112a01 - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Au cimetière de l’Est

    Les représentants des différents cultes (catholique, protestant, juif et musulman) ont lu à tour de rôle un message de paix.
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  • L’harmonie, les porte-drapeaux, les anciens combattants, de nombreux militaires, des personnalités civiles et religieuses : il y avait beaucoup de monde hier, à 10 h 40, devant la stèle du carré militaire du cimetière de l’Est, à l’occasion d’une cérémonie du souvenir, présidée par le député-maire.

    Après l’arrivée des personnalités, des messages de paix ont été lus publiquement par les représentants des différents cultes : le père Jean-Luc Giget (église catholique), Jean-Pierre Gadon (président du conseil presbytéral de l’Église Réformée), Claude Schidlowsky (au nom de l’association cultuelle israélite), et M. Missour, imam de la mosquée de Châlons.

    Tous ont, à leur manière et à travers leurs lectures, fait leur devoir de mémoire. « Que ce devoir nous aide à dire à la jeune génération que les chrétiens peuvent prier ensemble, même si leurs opinions divergent, et que des juifs, des musulmans, des chrétiens et des non-croyants travaillent quotidiennement ensemble à la construction de la fraternité, gage de paix », a insisté notamment Jean-Pierre Gadon. Échange constructif, dialogue interreligieux, respect mutuel et devoir de mémoire commun qui doit servir d’exemple aux générations actuelles…

    Bruno Bourg-Broc et Michel Guillot, préfet, ont ensuite déposé chacun une gerbe au pied du monument aux morts (des officiers, sous-officiers et soldats de la IVe Armée de la VIe Région., en juillet-août 1915), avant qu’une émouvante sonnerie aux morts ne retentisse dans l’allée du carré militaire.

    D.Z.

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    Union101112a02 - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : En mémoire des agents SNCF…

    La toute première cérémonie de ce jeudi 11 Novembre, se déroulait sur le quai de la gare.
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  • Comme le veut la tradition, et en particulier dans une ville cheminote ou de nombreux agents SNCF et leurs familles sont tombés pour la France, cette journée de cérémonies commémoratives a débuté hier, à 9 h 30 précises, sur le quai de la gare.

    Là, les porte-drapeaux, les anciens combattants, les autorités civiles et militaires et des membres de la grande famille des chemins de fer, actifs ou retraités, étaient réunis devant le monument érigé en mémoire des agents et de leurs proches tués par fait de guerre.

    Avant qu’une gerbe ne soit déposée par Bruno Bourg-Broc et Pierre Cornil, président de l’Association marnaise des cheminots anciens combattants (AMCAC) ; une jeune fille a lu un émouvant message afin d’honorer tous ces disparus et entretenir leur souvenir.

    Lors de son allocution, elle a fait partager l’extrait d’une lettre écrite par un soldat, avant de conclure son intervention par un message fort de sens : « Travaillons à créer ensemble la fraternité ! »

    D.Z.

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    Union101112a03 - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Hier, lors de la célébration du 92e anniversaire de l’Armistice : Hommage aux morts en opération extérieure

    CE 11 novembre ne fut pas tout à fait comme les autres. Les autorités civiles et militaires ont bien sûr rendu un vibrant hommage aux victimes du premier conflit mondial.

    Le préfet de région, Michel Guillot, a notamment lu le message écrit par Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants, qui rappelle à quel point cette date est depuis longtemps un symbole. Un symbole de résistance, comme ce fut le cas le 11 novembre 1940, le symbole du souvenir et un hommage à ceux qui tombent encore aujourd’hui dans les conflits qui engagent les forces françaises. À ce titre, une stèle et une plaque ont été inaugurées en l’honneur des soldats châlonnais morts en opération extérieure.

    « Beaucoup de soldats de nombreux pays luttent pour la liberté, en Irak, en Afghanistan notamment, et parmi ces combattants du monde libre, il y a beaucoup de Français, et parmi eux, des Châlonnais, a expliqué le député-maire Bruno Bour-Broc. Cette dure réalité nous a frappés de plein fouet le 11 janvier 2010, journée tragique lors de la laquelle, au cours d’une opération militaire en Afghanistan, deux soldats du 402e régiment d’artillerie sont tombés au combat, pris dans une embuscade : le lieutenant-colonel Fabrice Roullier, et l’adjudant Mathieu Toinette. Ces soldats sont tombés au champ d’honneur alors qu’ils accomplissaient leur mission, qui vise, aux côtés de l’armée afghane et contre les insurgés, à assurer la stabilité du pays et à permettre au peuple afghan de vivre en paix et en sécurité, mais aussi à contribuer à la sécurité de la France et à la stabilité du monde ».

    Devant les soldats du 402e RA, le drapeau tricolore a laissé apparaître le nouveau monument de marbre noir et la plaque. Les proches des victimes, les familles et ceux qui ont servi à leurs côtés se sont recueillis quelques instants, très émus. Voir l’année 2010 gravée en chiffres d’or, juste à côté du monument déjà dédié aux précédents conflits, fait l’effet d’une gigantesque claque. La réalité est là, glaciale.

    S.L.

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    Union101112a04 - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Hommage au soldat inconnu américain

    Le grand hall de la mairie paraissait étroit en cet instant solennel. Devant les porte-drapeaux des anciens combattants, le député-maire et le préfet de région ont rendu hommage au soldat inconnu américain, en déposant une gerbe devant la plaque qui rappelle que c’est là, dans l’hôtel de ville de Châlons, que fut choisi son corps, le 24 octobre 1921.

    « Nos amis d’Outre Atlantique sont entrés tardivement dans la première guerre mondiale, en 1917, mais leur armée contribuera grandement à la victoire sur les empires centraux, a rappelé Bruno Bourg-Broc, puisque lorsque la contre-attaque générale fut lancée par le maréchal Foch en 1918, les GI représentaient environ un tiers des forces combattantes alliées. Au total, 2 millions de militaires américains seront en Europe au moment de l’armistice. C’est pourquoi la plaque du soldat inconnu américain que nous honorons chaque 11 Novembre est un symbole important. Cette plaque est aussi celle de l’amitié entre le peuple français et le peuple américain ».

    S.L.

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    Union101112a05 - Marne
    CONNANTRE : Des jeunes de Fère-Champenoise et Connantre à Paris : Les écoliers sous l’Arc de Triomphe

    Les jeunes ont débuté leur journée à Paris par une visite des Invalides.
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  • Lors de la cérémonie du ravivage de la flamme, sous l’Arc de Triomphe, les écoliers fertons et connantrats ont été placés au 1er rang.
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  • Maires et porte-drapeaux de Fère et Connantre étaient présents.
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  • APRES Anglure en 2009, Montmirail et Le Gault-Soigny l’an dernier, ce sont les municipalités, responsables d’associations et enfants des écoles de Fère-Champenoise et de Connantre qui se sont rendus en ce mercredi 10 novembre à Paris pour aller chercher la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe.

    Les Invalides d’abord

    Sous l’égide de l’association Mondement 14 et de son président Michel Tellier, Gérard Gorisse et Michel Jacob, maires de Fère-Champenoise et Connantre, ont organisé conjointement cette sortie à Paris à la veille du 11 novembre pour la prise de flamme sur la tombe du Soldat Inconnu suivie de son ravivage.

    Flamme qui a été ramenée dans la Marne pour les cérémonies de commémoration de l’Armistice hier. Les enseignants des cinq classes de CM1 et CM2 et leurs élèves, des élus et responsables de différentes associations d’anciens combattants, des pompiers, porte-drapeaux, ont également pris part à cette manifestation empreinte de beaucoup d’émotion et de respect.

    C’est par une visite des Invalides qu’a commencé cet après-midi dans la capitale. Avec Rémi Bécourt-Foch, arrière-petit-fils du maréchal Foch comme guide, enfants et adultes ont pu voir les tombeaux du maréchal Foch, de Napoléon et d’autres personnages illustres de l’Histoire de France.

    Après cette visite, adultes et enfants ont regagné l’Arc de Triomphe pour assister aux deux cérémonies de la prise de la flamme et du ravivage.

    Installés par des membres du comité de la flamme, les enfants ont été placés au premier rang. Bernard Triolet, responsable de l’ACPG-CATM de Fère-Champenoise, et Roger Andrieux, capitaine d’honneur des sapeurs-pompiers de Connantre, ont eu le privilège de prendre la flamme pour leur commune.

    Défilé sur les Champs-Élysées

    Après cette première cérémonie, édiles et porte-drapeaux se sont préparés pour remonter à pied une partie de l’avenue des Champs-Élysées. Les enfants des deux écoles ont suivi exceptionnellement leurs aînés sur l’avenue coupée à la circulation pour l’occasion. Un moment impressionnant.

    Puis a eu lieu le dernier temps fort de la journée, celui du ravivage de la flamme. C’est une élève de Connantre, Chloé Chaudron, avec un enfant belge, qui a eu ce grand honneur de raviver la flamme en présence du général Bruno Cuche, président du comité de la flamme. Tout le monde est ensuite rentré à Fère.

    Michel Tellier et les membres de l’association Mondement 14, satisfaits de cette journée, pensent déjà la reconduire une 4e fois en 2011.

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    Union101112a06 - Marne
    CORMICY : Deux décorés à Cormicy

     

     

    A l’issue des commémorations de l’Armistice de 1918, la lecture de la lettre du secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et l’appel aux morts par les élèves de l’école élémentaire, Benoît Lebrun, capitaine de réserve, a remis la médaille de reconnaissance de la nation à Jacques Tissier et celle de porte-drapeau à Michel Gouby.

     

     

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    Union101112a07 - Marne
    DORMANS : Ils ont commémoré l’Armistice : Des gerbes et des diplômes

    Des diplômes pour les anciens combattants du second conflit mondial.
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  • Balayé par le vent frais de ce 11 novembre, le mémorial des batailles de la Marne à Dormans vient, au petit matin de ce 92e anniversaire de l’Armistice de 1918, de faire traditionnellement l’objet d’un dépôt de gerbe voulu par le président de la République.

    Geste symbolique

    Pour cette cérémonie, élus, porte-drapeaux, délégations militaires, Musique municipale, élèves du collège (porteurs de la gerbe), anciens combattants, accompagnaient le sous-préfet et l’officier d’état-major particulier de la Présidence pour ce geste hautement symbolique au pied de l’ossuaire du mémorial.

    En ce 11 novembre, ce sont également dix hommes et femme de Dormans ou de ses hameaux qui ont été mis à l’honneur en recevant le diplôme d’honneur des anciens combattants de 1939-1945.

    Les récipiendaires

    Ont été honorés : Pierre Delabarre, Jean Galland, Auguste Hèry, Maxime Mathiot, Andrée Montel-Fournier, Jean Parent, William Saquet, Charles Taroni, André Welker et Antoine Sarazin (plusieurs étant absents pour raison de santé). Un diplôme qui devait dans un premier temps être refusé par l’un des destinataires : « C’est un peu tard 70 ans après », avant que celui-ci ne se ravise à la demande de ses camarades.

    Cet Armistice devait également faire l’objet de plusieurs dépôts de gerbes aux cimetières civil et militaire, ainsi qu’au pied des monuments aux morts de la localité et du hameau de Soilly.

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    Union101112a08 - Marne
    EPERNAY : Cérémonies commémoratives du 11 Novembre : Les scolaires fortement impliqués

    Une première gerbe a été déposée au monument dédié aux martyrs de la Résistance.
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  • Les cérémonies commémoratives du 92e anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918 ont débuté la veille aux ateliers SNCF et se sont poursuivies ce jeudi par une prière œcuménique au Mémorial des déportés, au chevet de l’église Saint-Pierre Saint-Paul, un hommage aux morts de toutes les guerres au cimetière Nord et une cérémonie à La Villa.

    À partir de 10 heures, les véhicules de secours du Sdis et les différentes délégations et détachements se sont mis en place sur le pourtour de la place des Martyrs de la Résistance, balayée par une véritable bise de novembre, sous les ordres de Michel Aubert, « maître de cérémonie ».

    Terres Rouges, Côte Legris, Jean-Monnet

    A l’heure dite, les autorités officielles ont passé en revue l’ensemble du dispositif, avec un temps d’arrêt devant le drapeau des sapeurs-pompiers. Une première gerbe a été déposée au pied du monument aux Martyrs de la Résistance par Gilles Giuliani, sous-préfet d’Epernay, Franck Leroy, maire d’Epernay, Philippe Martin, député, et Jacques Guillaume, vice-président de la CCEPC représentant le président, encadrés par une imposante double haie de porte-drapeaux.

    Le cortège, emmené par l’Avenir Musique, s’est ensuite rendu au monument aux morts par l’avenue de Champagne.

    Ce second dépôt de gerbe a été ponctué par une intervention très remarquée des élèves des collèges Terres Rouges, Côte Legris et Jean-Monnet. Charlotte Castello, Samir Nadri, Jean-François Mergem, Gabrielle Cany, Armelle Aubry, Kamelia Lakehal, Jézabel Gustin-Mulet, Harishni Murugathasan, Clément Leroy, Jade Delaitre et Charlotte Beaumont ont ainsi donné lecture du communiqué du 11 novembre 1918 émanant du GQG de l’armée française et du message d’Hubert Falco, secrétaire d’État à la Défense et aux Anciens combattants.

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    Union101112a09 - Marne
    ESTERNAY : Célébration du 92e anniversaire de l’Armistice : Le Sud-Ouest marnais se souvient : Du monde à Esternay

    A Esternay, la population s’est retrouvée devant le monument aux morts, après avoir défilé dans le centre-ville.
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    A Esternay, le mauvais temps n’a pas arrêté les habitants. Les présidents des anciens combattants et de la Fnaca, Guy Delienne et Pierre Delannoy, étaient bien entourés ce matin-là.

    La fanfare dirigée par Nicole Royer a mené le cortège des pompiers de la mairie au monument aux morts. Patrice Valentin, le maire, a lu le discours officiel et a déposé une gerbe de fleurs avec des enfants de l’école primaire.

     

     

     

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    Union101112a10 - Marne
    FERE-CHAMPENOISE : Des jeunes de Fère-Champenoise et Connantre à Paris Les écoliers sous l’Arc de Triomphe

    Les jeunes ont débuté leur journée à Paris par une visite des Invalides.
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  • Lors de la cérémonie du ravivage de la flamme, sous l’Arc de Triomphe, les écoliers fertons et connantrats ont été placés au 1er rang.
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  • Maires et porte-drapeaux de Fère et Connantre étaient présents.
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  • APRES Anglure en 2009, Montmirail et Le Gault-Soigny l’an dernier, ce sont les municipalités, responsables d’associations et enfants des écoles de Fère-Champenoise et de Connantre qui se sont rendus en ce mercredi 10 novembre à Paris pour aller chercher la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe.

    Les Invalides d’abord

    Sous l’égide de l’association Mondement 14 et de son président Michel Tellier, Gérard Gorisse et Michel Jacob, maires de Fère-Champenoise et Connantre, ont organisé conjointement cette sortie à Paris à la veille du 11 novembre pour la prise de flamme sur la tombe du Soldat Inconnu suivie de son ravivage.

    Flamme qui a été ramenée dans la Marne pour les cérémonies de commémoration de l’Armistice hier. Les enseignants des cinq classes de CM1 et CM2 et leurs élèves, des élus et responsables de différentes associations d’anciens combattants, des pompiers, porte-drapeaux, ont également pris part à cette manifestation empreinte de beaucoup d’émotion et de respect.

    C’est par une visite des Invalides qu’a commencé cet après-midi dans la capitale. Avec Rémi Bécourt-Foch, arrière-petit-fils du maréchal Foch comme guide, enfants et adultes ont pu voir les tombeaux du maréchal Foch, de Napoléon et d’autres personnages illustres de l’Histoire de France.

    Après cette visite, adultes et enfants ont regagné l’Arc de Triomphe pour assister aux deux cérémonies de la prise de la flamme et du ravivage.

    Installés par des membres du comité de la flamme, les enfants ont été placés au premier rang. Bernard Triolet, responsable de l’ACPG-CATM de Fère-Champenoise, et Roger Andrieux, capitaine d’honneur des sapeurs-pompiers de Connantre, ont eu le privilège de prendre la flamme pour leur commune.

    Défilé sur les Champs-Élysées

    Après cette première cérémonie, édiles et porte-drapeaux se sont préparés pour remonter à pied une partie de l’avenue des Champs-Élysées. Les enfants des deux écoles ont suivi exceptionnellement leurs aînés sur l’avenue coupée à la circulation pour l’occasion. Un moment impressionnant.

    Puis a eu lieu le dernier temps fort de la journée, celui du ravivage de la flamme. C’est une élève de Connantre, Chloé Chaudron, avec un enfant belge, qui a eu ce grand honneur de raviver la flamme en présence du général Bruno Cuche, président du comité de la flamme. Tout le monde est ensuite rentré à Fère.

    Michel Tellier et les membres de l’association Mondement 14, satisfaits de cette journée, pensent déjà la reconduire une 4e fois en 2011.

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    Union101112a11 - Marne
    IGNY-COMBLIZY : Cérémonie du 11 Novembre à Igny-Comblizy : Réconciliation sous la pluie

    C’est l’abbé Girod, entouré des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, qui a guidé la cérémonie.
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  • GRANDS imperméables, parapluies et cirés jaunes de sortie. Pour cette cérémonie du 11 Novembre dans le cimetière d’Igny-Comblizy, un peu comme partout en France, il fallait être bien équipé.

    Car dans ce petit cimetière communal, encore au cœur de l’actualité locale il y a deux semaines (lire encadré et l’union du 24 octobre), ce 11 Novembre était l’occasion pour un groupe composé d’une quarantaine de personnes de célébrer la réconciliation avec ses défunts.

    « Vous avez bravé la pluie, vous êtes courageux monsieur », plaisante une dame. Elle ne croit pas si bien dire. Car la cérémonie religieuse de réconciliation, après la profanation du 23 octobre, a particulièrement marqué les esprits. « Nous avons encore en mémoire la manifestation de haine qu’il y a eu dans ce cimetière. L’émotion est donc forte aujourd’hui. »

    « Pour que nos morts reposent en paix »

    Accompagné par de jeunes porteurs de parapluie, l’abbé Girod, chargé de mener la cérémonie, ouvre sur ces paroles : « Pour que nos morts reposent en paix, pour que la prière des vivants vienne au secours des âmes ». Puis, après avoir rappelé que le nombre de profanations de cimetières chrétiens s’élevait à 408 (selon le ministère) cette année, la longue prière a démarré. Les fidèles, genoux à terre, ont chanté en cœur la réconciliation.

    L’abbé Girod, entouré des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X, a donc adressé un message de paix et d’excuses aux morts du cimetière d’Igny-Comblizy. Cependant, il n’aura forcément pas été capté par le maire de la commune Michel Rifflard. « Le maire ne sera pas présent car il se trouve à Dormans aujourd’hui », explique une dame tout en se battant pour que son parapluie ne s’envole pas.

    À Igny-Comblizy certainement plus qu’ailleurs, ce 11 Novembre aura été chargé d’une émotion particulière qui ruisselait sur les visages des gens présents.

    Stéphane GUERRINI

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    Union101112a12 - Marne
    MAGENTA : Cérémonie du 11 Novembre : Les habitants se souviennent

    Laurent Madeline, maire de Magenta, et Serge Lépine, président de l’UNCAFN, ont déposé une gerbe au pied du monument.
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    À l’instar de tous les Français, les habitants de Magenta se sont recueillis autour du monument aux morts pour commémorer le 11 Novembre, date qui a vu la fin d’un conflit ayant endeuillé le pays pendant de longues années, de 1914 à 1918.

    Hymne national

    En présence d’une délégation d’anciens combattants encadrée par une double haie de porte-drapeaux, Laurent Madeline, maire de la commune, accompagné de Serge Lépine, président de l’UNCAFN, a déposé une gerbe au pied du monument où sont gravés à jamais dans la pierre les noms des Magentais morts pour la France.

    Les sonneries réglementaires et l’hymne national ont été exécutés par la Musique municipale qui a emmené ensuite le cortège jusqu’à l’espace culturel Pierre-Godbillon où le maire a donné lecture du message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants.

     

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    Union101112a13 - Marne
    MAREUIL-LE-PORT : Un ancien du Maroc à l’honneur

    Honneur à Roger Courgibet.
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    Au pied du monument aux morts de Mareuil-le-Port, pavoisé pour marquer l’Armistice de 1918, un combattant a été mis à l’honneur en recevant la croix du combattant pour son engagement au Maroc.

    Roger Courgibet (habitant de Cerseuil) avait 20 ans lorsqu’il traversa la Méditerranée pour un engagement sous le drapeau tricolore qui devait durer deux années.

    Aujourd’hui âgé de 72 ans, le récipiendaire s’est dit « particulièrement ému de cette distinction remise par le président des ACPG-CATM du canton, M. Daubock. C’est la récompense d’un appel qui a duré 24 heures sur 24 pendant cette période et aujourd’hui, je suis content de cette reconnaissance ».

     

     

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    Union101112a14 - Marne
    MONTMIRAIL : Célébration du 92e anniversaire de l’Armistice : Le Sud-Ouest marnais se souvient

    Sur les marches de la mairie de Montmirail, les pompiers étaient venus en nombre lors de cette commémoration
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    Cortège en musique à Montmirail

    A Montmirail, les cérémonies ont débuté place de l’Hôtel de Ville où les personnalités, les drapeaux, la musique et les pompiers se sont rassemblés avant de se rendre, en musique, au cimetière militaire et au monument aux morts.

    Bernard Doucet, maire, accompagné de Bernard Lefèvre, 1er adjoint et président des anciens combattants, ont prononcé un discours.

    Le cortège s’est rendu ensuite à la Colonne de Marchais-en-Brie. Une gerbe a été déposée sur la stèle des Saint-Cyriens, en présence de militaires, de la population et des élus axonais.

    Les cérémonies se sont achevées aux monuments aux morts de l’Echelle-le-Franc et de Courbeteaux.

     

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    Union101112a15 - Marne
    REIMS : 11 Novembre / Au nom du grand-père et de l’Histoire

    Plusieurs juniors et enfants étaient officiellement associés à la cérémonie
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  • Dans le cadre des cérémonies, une quadruple remise de décorations a eu lieu place de la République
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  • La cérémonie officielle a été marquée par un émouvant hommage à quatre jeunes gens morts pour la France
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  • Nicolas (ici au premier plan) : pas loin de trois heures dans le vent, le froid et la pluie, « pour ne pas qu’on oublie ce qui s’est passé. »

    REIMS (Marne). Parmi les porte-drapeau à la commémoration d’hier, un jeune homme de même pas trente ans, soucieux de ne pas laisser s’oublier l’Histoire.

    NICOLAS a 27 ans. De profession il est vendeur de pain ambulant à Reims, en particulier dans les quartiers du pont de Witry et du Chemin-Vert. Hier matin, contrairement à l’habitude, les habitants ne l’ont pas vu faire sa tournée. Parce que c’était jour férié ? Plus précisément parce que c’était le 11-Novembre, et qu’à cette occasion, Nicolas a préféré laisser de côté ses baguettes, et sortir « son » drapeau bleu-blanc-rouge : il participait à la cérémonie officielle de la Ville commémorant l’arrêt des combats de 1918. « Son » drapeau entre guillemets. De fait, celui-ci appartient à l’amicale des porte-drapeaux de Reims et sa région, que préside Michel Bonon. « Je n’ai jamais fait la guerre évidemment, confie Nicolas, ni même un service militaire. »

    Comment donc se retrouve-t-il dépositaire d’un emblème national au milieu d’anciens combattants ou de porteurs d’uniforme de l’armée d’aujourd’hui ? Son choix résulte d’un double appel : celui de son grand-père, et celui du devoir de mémoire, le second n’ayant d’ailleurs probablement jamais résonné en lui s’il n’avait été précédé du premier. « C’est mon grand-père qui m’a posé la question il y a deux ou trois ans, raconte-t-il : veux-tu porter le drapeau à ma place ? » Après un temps de réflexion, Nicolas accepte.

    Trois places à prendre

    D’abord, les deux hommes agissent en binôme, le cadet tenant effectivement la hampe, l’ancien restant à ses côtés. « Mais en ce moment, mon grand-père est souffrant, donc aujourd’hui (hier jeudi, NDLR) je viens seul ».

    Hier par conséquent, pendant quelque trois heures, exposés au vent de plus en plus réfrigérant ainsi qu’à la pluie en fin de parcours, Nicolas et son drapeau, celui des Poilus d’Orient, ont effectué le grand rallye officiel, depuis le monument à l’armée noire, dans le voisinage du parc de Champagne, jusqu’aux discours dans les murs de l’hôtel de ville, en passant par diverses étapes dont l’émouvant hommage à quatre poilus jusqu’alors obscurs au cimetière du Nord, et la remise de décorations place de la République. « Si ces gens sont là, commente encore notre homme à propos de ses camarades porte-drapeaux, c’est parce qu’ils ne veulent pas qu’on oublie ce qui s’est passé. A travers eux on peut en savoir bien plus sur l’Histoire que dans les livres. » « Etre porte-drapeau, c’est du pur bénévolat, confirme le président Bonon, on ne fait ça que pour l’honneur et par conviction. » Rien à gagner par conséquent, si ce n’est un coup à boire à la fin, et, avant tout, la satisfaction du devoir de mémoire accompli. Dans le stock du président Bonon, sur un total d’une cinquantaine, deux ou trois drapeaux sont désormais vacants, faute de titulaire. Si d’autres jeunes veulent s’inspirer de l’exemple du vendeur de pain, ils seront les bienvenus.

    Antoine PARDESSUS

    Les jeunes associés

    Plusieurs juniors et enfants étaient officiellement associés à la cérémonie : les jeunes sapeurs-pompiers (notre photo), les lycéens de Croix-Cordier-Tinqueux (voir aussi par ailleurs), et les petits de l’école élémentaire Galilée de Reims. Simples spectateurs cette fois-ci, ces derniers seront vraiment acteurs le 8 mai.

    Quatre médaillés

    Dans le cadre des cérémonies, une quadruple remise de décorations a eu lieu place de la République : dans l’ordre du Mérite, Jean-Claude Philipot a été élevé au grade d’officier, le major Jean-Louis Bilbault fait chevalier ; le caporal-chef Louis Lablack et le sergent Nicolas Malle ont reçu la médaille de la Défense nationale, échelon argent pour le premier, bronze pour le second.

    Quatre poilus en lumière

    La cérémonie officielle a été marquée par un émouvant hommage à quatre jeunes gens morts pour la France, rendu par des lycéens de la Croix-Cordier-Tinqueux au cimetière du Nord. Sous l’impulsion de Marc Christophe, qui y fut enseignant, cet établissement continue donc son patient travail de mémoire en hommage aux combattants de la Grande guerre.

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    Union101112a16 - Marne
    SEZANNE : Célébration du 92e anniversaire de l’Armistice Le Sud-Ouest marnais se souvient

     

     

    A Sézanne hier matin, pompiers, gendarmes, porte-drapeaux, représentants des anciens combattants, élus et habitants se sont réunis en fin de matinée square de l’Hôtel de Ville. L’Harmonie municipale a bien sûr pris part à cette cérémonie.

    Le maire de Sézanne, Philippe Bonnotte, a, dans son discours, souligné « les défis qui restent à relever aujourd’hui ». « Nous devons nous battre pour préserver la solidarité », a-t-il conclu.

    Dans le square de l’Hôtel de Ville à Sézanne, les pompiers étaient venus en nombre lors de cette commémoration

     

     

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    Union101112a17 - Marne
    TRIGNY : Cinq Trignassiens à l’honneur

     

     

    Après avoir honoré les soldats inhumés au carré militaire du cimetière de Trigny et fait l’appel des morts des deux guerres au monument aux morts, Lucien Lotocki a reçu la médaille de reconnaissance de la nation des mains de Roland Marion, président des anciens combattants UNC de la Marne, lequel remit ensuite la médaille de bronze du mérite aux soldats de France Dominique Dubau, Frédéric Lévêque, Michel Richard et Laurent Sobra.

     

     

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    Union101112a18 - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Un porte-drapeau honoré, hier, à l’occasion de la commémoration Grande exposition en 2014 sur l’effort de guerre

    Les officiels se sont recueillis au monument aux morts après la lecture du message du secrétaire d’État à la Défense.
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  • PARCE QUE celui qui ne connaît pas son passé est condamné à le revivre, Vitry-le-François, a commémoré le 11 Novembre 1918. Composé d’élus, de gendarmes et de militaires, de représentants des sociétés patriotiques mais aussi d’enfants et d’habitants, le cortège avait d’abord rendez-vous à la Nécropole de Vitry-le-François.

    Située rue des Cyprès, cette Nécropole a été réalisée en 1921 pour regrouper les corps des militaires exhumés sur le territoire des vingt-cinq communes de l’arrondissement. Au total, 4 067 corps de soldats y ont été inhumés. Après une minute de silence et un dépôt de gerbes, le président du comité cantonal Souvenir Français de Vitry-le-François a tenu pour la 4e année consécutive à honorer sept soldats du Commonwealth, tombés à Vitry-le-François pour la France. Ils étaient venus d’Indes, de Nouvelle-Zélande ou encore de Grande-Bretagne pour libérer notre pays. Un huitième soldat l’a été de manière plus discrète, sa tombe ayant été érigée à un endroit plus éloigné. Une bougie a ainsi été déposée près de chacun.

    Le cortège s’est ensuite rendu au monument aux morts où, aux côtés des officiels, les enfants d’une classe de CP de Pierre et Marie Curie ont déposé une rose avant de répondre à leur questionnaire. « Une manière de poursuivre le devoir de mémoire », s’est félicitée la maman de Matthew.

    Le défilé a ensuite traversé le centre-ville avant de rejoindre l’hôtel de ville où le maire, Jean Pierre Bouquet, a remercié ceux qui contribuent chaque année au souvenir des grands moments de l’Histoire. Il a rappelé le traumatisme du Nord, du Nord-Est et de l’Est lors de cette Première Guerre mondiale. Les 1 700 000 Français tués, les 4 200 00 blessés dont 1 100 000 mutilés. « Cette souffrance a été celle de tous les peuples d’Europe […]. Et il ne faut pas oublier. » Ne pas oublier que l’Europe reste une condition de paix. La conscience citoyenne et le souvenir également. « Et Vitry-le-François peut y contribuer. Dans quatre ans, nous commémorerons les 100 ans du déclenchement du conflit et de la bataille de la Marne. Vitry-le-François était en première ligne. » La Ville propose donc d’organiser pour ce centenaire une exposition commémorative en puisant dans la remarquable collection d’affiches, 400 au total, portant sur l’effort de guerre. Elle reste aujourd’hui bien conservée dans les sous-sols de la bibliothèque. Cette exposition se tiendra dans la future médiathèque Albert-Camus qui devrait être livrée en 2013.

    Après cette annonce, le maire a honoré Jean-Claude Louis, porte-drapeau de l’association nationale des cheminots anciens combattants depuis dix ans, en lui remettant la médaille des portes drapeaux. Une autre façon de ne pas oublier.

    A.-S.C.

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    Union101111g - Marne
    HISTOIRE : Le 11 novembre 1918


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    Le 11 novembre 1918, enfin l’armistice

    C’est une France fracassée qui s’enthousiasme du silence qui règne enfin sur le front. Les cœurs saignent de douleur pour tous les sacrifiés d’une guerre effroyable.

    « S’ENTRE-TUER ne peut pas être la principale occupation de la vie », confie Georges Clemenceau. Même s’il jubile, en ce 11 novembre 1918, de la victoire après la signature de l’armistice dans le wagon de Rethondes, il sait que cet événement considérable ne fait pas disparaître les cicatrices hideuses d’une guerre totale.

    Cette France du front qui passe par l’Aisne, les Ardennes et la Marne offre le visage tuméfié d’une succession de paysages défigurés tandis que la détresse de familles décimées et déchirées est une douleur nationale assumée avec dignité.

    Quatre années d’un conflit terrible interdisent un brusque retour à la normale. L’ampleur des destructions et des bouleversements atténue la joie des poilus d’un retour prochain dans une famille qui s’est effacée de leur quotidien au profit de la promiscuité des tranchées, dans l’effroi des marmitages, des rigoles de sang de camarades fauchés en pleine jeunesse par l’acier ennemi.

    La victoire est modeste dans son expression populaire. Elle a coûté près de dix millions de morts. Il y a ceux dont on a appris le décès par la venue des gendarmes et du maire portant son écharpe tricolore chez des parents, chez une jeune femme avec ses enfants. Il y a les disparus dont le corps a été pulvérisé ou mutilé par les obus. Il y a ceux qui resteront à jamais sans identification. Tant de familles qui ne pourront jamais faire leur deuil, même si le soldat inconnu inhumé le 11 novembre 1920 sous l’arc de Triomphe à Paris honore alors tous les morts de la Grande Guerre dans un hommage éternel de la République debout mais attristée.

    104 villages rayés de la carte

    Chaque famille a perdu un proche et la violence de ce maudit conflit est visible ; les gueules cassées, les aveugles, les mutilés, les amputés sont, dans l’espace public, le rappel constant des terribles méfaits de la Der des ders.

    Que dire des énormes dégâts inventoriés dans les régions, des 104 villages rayés de la carte dans la Somme, de la disparition de Sapigneul dans l’Aisne, de Moronvilliers ou de Nauroy dans la Marne, sans compter les petits villages du camp de Suippes. Toutes ces croix alignées, tous ces morts, toute cette détresse sont dans les esprits ce 11 novembre 1918, même s’il est légitime de célébrer les héros qui ont permis que le cauchemar prenne fin.

    La démobilisation est un premier pas mais il faut déjà penser à reconstruire, reprendre une vie normale et se souvenir, parce que la nation par la communion des cœurs ne veut surtout pas qu’on oublie ses martyrs du front et ses victimes civiles. Les lettres des poilus n’ont rien perdu de leur force. C’est pourquoi elles demeurent un succès d’édition. La vie des civils dans les zones occupées est également riche d’enseignements, y compris pour comprendre les mesures imposées dans la guerre suivante. Il suffit de se plonger dans les carnets d’Eugénie Deruelle de Sains-Richaumont dans l’Aisne pour être éclairé. Si le 11 novembre est une grande journée politique elle est aussi le commencement d’un dur relèvement d’une France abîmée. Dossier Hervé Chabaud


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    Léon Égée, héros dès le 22 août 1914

    En août 1914, on les appelle les pantalons rouges. Léon Égée est un Rémois mobilisé dans la continuité de son service militaire au 132e régiment d’infanterie. Il va se distinguer au feu dès les premiers jours de la guerre, qui a été déclarée le 3. Il est cité et décoré pour cela. Il sera le premier. Il reçoit la croix de guerre et est inscrit au tableau spécial de la médaille militaire pour prendre rang au 30 décembre 1914 : « Au combat du 22 août, voyant son sergent-major en joue par deux ennemis, s’est précipité au secours de son chef, a abattu un de ses agresseurs d’un coup de feu et l’autre d’un coup de baïonnette. »

    Mobilisé en 1939

    Égée va faire toute la guerre, cinquante-quatre mois de tranchées. Il a connu notamment Verdun et le Chemin des Dames. Il conserve alors des images effroyables de ce qu’il a vécu mais en parle à ses enfants beaucoup plus tard avec discernement et pudeur.

    Blessé, il sera soigné à Brive et à Bandol. En 1939, il sera encore mobilisé en Picardie comme affecté spécial.

    Sa fille Denise Ploix, 85 ans, a précieusement conservé la citation de son père et des photos du jour où il reçoit, avec émotion, la médaille militaire. Elle se souvient que dans le livre « Reims, ville des Sacres », au bas de la page 26 : « Un petit article fait mention de son courage et sa décoration. Nous n’avions rien demandé. Papa a toujours été très modeste, considérant avoir fait son devoir de soldat. Il était né le 27 octobre 1891 et est mort le 9 août 1957. »


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    11 novembre 1940 : des étudiants et lycéens patriotes

    En 1940, l’interdiction de la commémoration du 11 Novembre provoque d’inévitables tensions. Dans les jours qui précèdent, des amphithéâtres de la Sorbonne se vident dès lors que des Allemands en uniforme s’y présentent. Boulevard Saint-Michel, des étudiants singent les aviateurs de la Luftwaffe qui se promènent sur le boulevard Saint-Michel en accrochant un stylo à leur ceinture pour se moquer de la courte dague qu’ils portent. Ce n’est pas un hasard si au même moment se crée, place Saint-Michel, « Maintenir », un mouvement de résistance où l’on retrouve Alfred Rosier, du Comité supérieur des œuvres en faveur de la jeunesse scolaire et universitaire, le journaliste Claude Bellanger, l’avocat Jean Kréher ou l’avoué Félix Rocher. L’annonce de l’interpellation du professeur Langevin provoque un premier rassemblement le vendredi 8 novembre au Collège de France : « Contre le premier de nos maîtres jeté en prison ! Contre la censure exercée sur nos livres ! Contre la présence de la Gestapo dans nos salles de cours ! Contre l’asservissement de l’université française. »

    Dans la foulée, une invitation à manifester le 11 novembre est lancée : « Organisez dans les facultés et les grandes écoles une manifestation du souvenir. » C’est un nouveau défi lancé à l’occupant et à Vichy. « On ne pouvait pas laisser passer le 11 novembre sans faire quelque chose, sans marquer le coup », a résumé Robert Canou, alors élève de 1re au lycée Buffon. Un tract est distribué : « Étudiants de France ! Le 11 novembre est resté pour toi jour de fête nationale. Malgré l’ordre des autorités opprimantes, il sera jour de recueillement. Tu n’assisteras à aucun cours. Tu iras honorer le Soldat inconnu à 17h30. Le 11 novembre 1918 fut le jour d’une grande victoire. Le 11 novembre 1940 sera le signal d’une plus grande encore. Tous les étudiants sont solidaires pour que vive la France ! (Recopie ces lignes et diffuse-les.) »

    Malgré les interdits, des bouquets sont déposés par des anonymes au pied de la statue de Clemenceau et à l’Arc de Triomphe. Vers 16 heures de nombreux jeunes se retrouvent et Igor de Schottens et son camarade, le jeune Dubost, déposent une croix de Lorraine, confectionnée par un fleuriste, sur la tombe du Soldat inconnu.

    Si la police française canalise les manifestants et en arrête quelques-uns, vers 18 heures, les Allemands jaillissent en armes sur les Champs-Élysées et procèdent à de nombreuses interpellations mais ils n’ont pu empêcher plus de trois mille jeunes de manifester et de dire leur hostilité à l’occupant et leur défiance envers le gouvernement de Vichy. Ce sursaut patriotique a coûté de trois semaines à un mois de détention à 150 jeunes. La Sorbonne est fermée jusqu’à la fin décembre. Le recteur Roussy et le secrétaire général de l’université, Maurice Guyot, sont relevés de leur fonction. Ce 11 novembre une certaine jeunesse a fait honneur aux poilus.


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    Une plaque commémorative

    Avant de partir pour le sommet du G20 à Séoul, Nicolas Sarkozy, qui présidera, à Paris, les cérémonies du 92e anniversaire de l’armistice de 1918, rendra un hommage particulier aux lycéens et étudiants qui, le 11 novembre 1940, ont célébré l’armistice de la Grande Guerre. Leur initiative et la répression qui a suivi sont devenues un symbole de la Résistance. Le président de la République, après avoir déposé ce matin une gerbe au pied de la statue de Georges Clemenceau et s’être rendu à l’arc de Triomphe pour le ravivage de la flamme, dévoilera une plaque commémorant la manifestation du 11 novembre 1940.


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    Commentaire / Souvenons-nous

    Lorsqu’on évoque le quotidien des poilus que la nation rassemblée sous les plis du drapeau honore par délégation aux représentants de la République, on se demande toujours comment ces soldats ont pu tenir dans l’enfer des tranchées et la violence des assauts. La force du sentiment national et patriotique est une clé de compréhension et justifie une posture résolue à épouser la norme du devoir pour sauver la France, leur France, par le sang versé collectivement.

    Accepter les sacrifices de la guerre est une épreuve terrible qui cause des déchirures et des douleurs dans les familles, premières victimes du drame, par la mort d’un père, d’un ou de plusieurs fils, d’un fiancé, de proches, par les corps fracassés des mutilés et des gueules cassées. C’est alors la seule conduite socialement pensable, une évidence nourrie d’un loyalisme et d’une obéissance totale à la République debout pour stopper l’ennemi allemand.

    Ce conflit effroyable se banalise. Il habite l’ordinaire des gens, mais la force de l’État-nation est de donner l’énergie de croire qu’au terme de l’horreur, la victoire sera pour ces hommes d’honneur, qui, de pantalons rouges, sont devenus les poilus tout de bleu vêtus.

    Être Français, est une fierté partagée, une identité de cœur qui prédispose au dépassement de soi. Mais le soldat reste un homme avec ses émotions, ses interrogations, ses obligations, ses moments de doute, lorsque la mort tourne, infernale, autour de soi et que les camarades disparaissent les uns après les autres. Tout un pays saigne par la chute de ses braves dans un combat interminable au milieu d’un paysage lunaire avec l’anéantissement à l’horizon. Ce matin on se souviendra de tous nos aînés martyrs sans faillir d’une guerre qu’ils n’ont pas souhaitée.

    H. Ch.


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    Devant les monuments

    Jusque dans le plus petit village, l’hommage aux morts de la Grande Guerre est rendu chaque 11 novembre. Autour des anciens combattants des conflits plus récents, des porte-drapeaux, parmi lesquels des jeunes prenant la relève de leurs aînés, des représentants des autorités, un effort est réalisé pour faire participer les enfants des écoles mais aussi les collégiens et les lycéens. Une fleur déposée, une Marseillaise chantée, des plaques forgées pour être apposées sur les tombes des morts pour la France, comme le fait en lien avec le Souvenir français le lycée Croix-Cordier de Tinqueux, on lutte contre l’oubli. Il n’y a plus les foules d’hier, denses d’acteurs, de témoins et de victimes, aussi le besoin de rendre du sens à ce temps de mémoire est essentiel.

    Expliquer pourquoi on se recueille, rappeler le sacrifice et l’héroïsme d’hommes cueillis par la mort en pleine jeunesse, combattants exemplaires d’une France qui ne voulait ni perdre sa personnalité ni son âme, voici autant de défis à relever pour que la cérémonie au pied du monument aux morts témoigne que le pays n’oublie pas les poilus, soldats d’honneur d’un pays qui ne voulait pas perdre le sien.

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    Union101111f - Marne
    PONTAVERT : 11-Novembre / L’histoire du fusillé de Craonne

    Deux anomalies ornent la tombe du soldat Valembras, l’inscription « Mort pour la France » et une erreur sur le nom, un « d » à la place du « b ».
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  • PONTAVERT (Aisne). C’est une tombe parmi les autres dans le cimetière de Pontavert, celle d’un soldat fusillé à la suite d’une mutinerie. Un historien local a effectué des recherches à son sujet.

    C’EST le seul fusillé de Craonne : Henry Valembras. Un soldat mort à 4 heures, le 13 juin 1917 sur le plateau des Casemates. Sa sépulture passe inaperçue aujourd’hui au milieu des autres, dans le cimetière militaire de Pontavert.

    Combattants illustres

    La tombe 1010 a pourtant attiré l’attention de Jacques Philippot, à la suite de la lecture du livre de Denis Rolland La Guerre des tranchées sur les mutineries de 1917. Le secrétaire des Amis de Vauclair, sensible à tous ces faits de guerre, est ému par cette histoire. Il va tout faire pour découvrir ce qui s’est passé et retrouver la tombe en question. « Il y a eu des combattants illustres sur le Chemin des Dames », dit-il, citant le maréchal de Lattre, Alfred Dreyfus, Yves Gibeau, Appolinaire, le père Teilhard de Chardin… « Pourtant beaucoup de nos concitoyens ignorent ce soldat resté chez nous où la guerre l’a pris. »

    Ce jour de 1917, au cours d’une manifestation du 313e RI, à Brouillet, le capitaine Briol, qui essaye de rétablir l’ordre, est pris à partie par le soldat Valembras qui lui donne un coup de pied et un coup de poing.

    « Mort pour la France »

    L’incident reste limité puisqu’il n’y a que quatre arrestations, mais les coups portés à un officier lui ont donné une notoriété. Deux des soldats sont condamnés à cinq ans de travaux publics, un autre à dix ans et Valembras, lui, est condamné à mort à l’unanimité et son recours en grâce est rejeté.

    Jacques Philippot est surpris de l’inscription « Mort pour la France » sur la tombe. Il remarque aussi une erreur dans le nom, volontaire ou involontaire. Valembras et devenu Valemdras. Des mystères que cet ancien secrétaire de mairie n’a pas encore élucidés. Il a pris contact avec la mairie d’Avernes-sous-Exmes, commune de naissance du soldat, dans l’Orne, en Normandie. On y apprend qu’il était issu d’une famille modeste, un père ouvrier agricole et une mère couturière. Mais aucune famille du soldat ne semble encore exister dans cette commune. Déjà à l’époque, personne ne semblait s’être soucié du sort de ce malheureux fusillé.

    « Personne ne va jamais sur sa tombe », confirme Jacques Philippot qui aimerait que le petit village normand inscrive le nom sur son monument aux morts, suivi de la mention « Mort pour la France ». Ce serait une sorte de réhabilitation, ou à tout le moins la « réparation d’un oubli. »

    M.-C.L.
    mclardenois@journal-lunion

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    Union101111e - Marne
    CLACY-ET-THIERRET : La Grande Guerre sous toutes ses formes

    Le quotidien des Poilus sera passé en revue.
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  • A Clacy-et-Thierret, une très belle exposition sur la Grande Guerre est installée dans la salle des fêtes à partir de ce jeudi 11 novembre jusqu’au dimanche 14 novembre, de 9 à 18 heures, avec des mannequins, du matériel, des documents et de l’artisanat de tranchée.

    A Laon, à l’auditorium du conservatoire, un colloque international de 1914-1918 sera ouvert le vendredi 12 novembre à 9 heures, avec le matin des travaux sur « Identités sociales au front » et l’après-midi « Combattants entre deux appartenances ». A 18 h 30, une conférence sera donnée sur les identités nationales française, allemande et américaine au travers des traces rupestres.

    A Craonne, à la mairie, le colloque se poursuit le samedi 13 novembre, toute la journée avec pour thèmes, « La guerre et les mutations des identités professionnelles », « Identités nationales en question » et « Militantismes à l’épreuve de la guerre ». Une soirée musicale est programmée à partir de 20 h 30, dans la salle des fêtes, avec des chansons populaires.

    Le dimanche 14 novembre, aura lieu le 8e journée du livre de Craonne, avec le matin à 11 h 30 une conférence sur un artiste picard dans la Grande Guerre et l’après-midi des interventions d’auteurs d’ouvrages sur 1914-1918 qui dédicaceront leurs œuvres, sans parler de la présence des libraires.

    A la Caverne du Dragon, deux visites thématiques seront proposées ce jeudi 11 novembre. Une sur le fort de la Malmaison à 10 heures. La seconde à 14 heures sur le fait de parler des morts près d’un siècle après le conflit, se renseigner au 03.23.25.14.18.

    A Pargny-Filain, sera présenté ce jeudi 11 novembre à la chapelle Sainte-Berthe, de 10 à 17 heures, des œuvres de François Mayu. Cet artiste utilise les déchets métalliques glanés sur le Chemin des Dames pour créer des sculptures filiformes.

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    Union101111d - Marne
    CORMONTREUIL : Mémoires de la Grande Guerre

    La commune a sauvé des pierres gravées par des soldats « ch’tis » .
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  • Luc Tartar : son héros va croiser des soldats cantonnés dans cette ferme.
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  • CORMONTREUIL (Marne). Des évènements et des sites locaux de la Grande Guerre inspirent un roman et des expos. Des habitants se mobilisent pour apporter documents et témoignages.

    TOUT est parti d’un roman : « Mon héros s’appelle Fernand, c’est un soldat et un agent de liaison. Il vient à Cormontreuil pour transmettre une dépêche à un membre de l’état-major », explique Luc Tartar.

    Depuis le début de sa résidence d’écriture à la médiathèque, le romancier fait vivre la commune à l’heure de la Grande Guerre : « En lisant un livre écrit par Jean Vigouroux, j’apprends que Cormontreuil a hébergé des soldats qui cantonnaient ici, dans les fermes. J’y situe quelques-unes de mes scènes. » Le héros va y croiser quelques compatriotes. Des personnages vont lui être inspirés par -curieuse coïncidence- une trouvaille récente, faite lors de la démolition de la « Ferme Quentin ». Dans le mur d’enceinte, plusieurs pierres portent des noms : J. Thibault, G. Verdebout, Francis Del… suivis d’une date, 1914.

    Jean Vigouroux, adjoint à la culture, a tenu à ce que ces « graffitis » chargés d’histoire soient soigneusement conservés. Emu, l’écrivain a regardé ces morceaux de mur qui portent des noms familiers de sa région : le Nord. « Je suis à la recherche d’éléments comme ceux-ci, ayant trait à l’histoire locale. »

    Graffitis et fresque

    On va lui en montrer un autre ! Il y a une dizaine d’années, la municipalité se porte acquéreur d’une autre ferme pour y installer ses ateliers municipaux.

    Au moment de raser les parties vétustes, elle ne peut se résoudre à détruire un décor mettant en scène des soldats sur les murs d’une grange. « Nous avons décidé de conserver ces dessins naïfs mais ô combien émouvants », déclarait à l’époque l’ancien maire, Michel Voisin. Il aura fallu deux ans d’un travail minutieux par un restaurateur professionnel pour enlever du mur et restaurer la fresque dessinée en peinture à l’eau sur des carreaux de terre. « Elle n’a aucune valeur marchande ni artistique, mais c’était une façon de maintenir la mémoire de ces soldats inconnus. »

    L’équipe de la médiathèque, durant novembre, organise expositions et manifestations sur cette période de l’histoire. Les habitants apportent spontanément des documents et témoignages : livrets militaires, citations, médailles… Une vraie mobilisation… pacifique cette fois !


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    Des Cormontreuillois se souviennent

    La ferme Quentin, pendant la guerre 14/18, appartenait à la famille de Michel Venant. « Durant le conflit de 1914, le front était à Reims. Mes grands-parents ont été évacués du côté de Troyes. Mais le front a reculé, ce qui a permis à mon grand-père de rentrer pour cultiver ses terres. Ma mère est venue à la ferme pour s’occuper de lui. »

    Enfant, il lui demande pourquoi elle porte sur le mollet deux profondes cicatrices : « J’étais dans mon arrière-cuisine, un obus a explosé, un éclat m’est entré dans la jambe. »

    Les soldats cantonnés à la ferme ont transporté la blessée à l’hôpital militaire d’Epernay. « Là-bas, ils lui ont ôté l’éclat, en passant de l’autre côté du mollet… sans anesthésie ! »

    A l’école Centre, des enfants répètent la lecture de lettres de poilus. Extraits : « Quand donc aurons-nous la fin de cette saleté de guerre ? » « Les poilus en ont marre. Est-ce bien leur volonté de continuer une tuerie aussi stupide ? »

    Commentaires des écoliers : « Ils sont malheureux. Mais ils ne veulent pas trop le montrer à leur famille. »

    Pourquoi vont-ils lire ces lettres ? « C’est surtout pour faire honneur à ceux qui sont morts pour la France », dit un petit garçon. « C’est aussi pour que les gens, ils pleurent un peu ! », ajoute une fillette.


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    Tous à la médiathèque !

  •  Ce jeudi 11 novembre : à l’issue de la commémoration de l’armistice au monument aux morts, le cortège rejoindra la médiathèque. Les élèves de CM2 de l’école Centre, dirigés par Luc Tartar, liront des lettres de poilus. Puis rendez-vous à midi devant la mairie.
  •  Samedi 13 novembre de 14 à 17 heures : rencontre avec Patrice Alexandre, sculpteur, - Mathias Dubos, photographe, Nicole Pérignon, typographe et Luc Tartar, écrivain.
  •  Jusqu’au 18 décembre : exposition « En écritures ».
  •  Jusqu’au 30 novembre : « Le front invisible », artistes et camoufleurs dans la Marne.
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    Union101111c - Marne
    LE VEZIER : Un compagnon de la libération honoré

    En ce jeudi 11 novembre, à 10 heures, à Le Vézier ( Marne) où il est inhumé, on rend hommage pour le centenaire de sa naissance à Henry de Rudelle, compagnon de la Libération.

    Ce sous-officier est parvenu à rejoindre les Forces françaises libres au début 1941 en Syrie et a été intégré chez les spahis marocains dans le groupe de reconnaissance de corps d’armée. Il s’est battu en Libye avec la 2e brigade du général Cazaud, puis a participé aux combats d’El Alamein, le 23 octobre 1942 où il s’est distingué.

    En 1943, il a été transféré au 1er régiment de marche de spahis marocains, comme chef d’une pièce d’auto-canon. Il a débarqué en métropole avec la 2e DB et s’est particulièrement mis en valeur pendant les combats de septembre conduits dans les Vosges. Il a terminé la guerre avec le grade d’adjudant.

    Henry de Rudelle est décédé le 15 septembre 1974 à Sucy-en-Brie où ont eu lieu ses obsèques. Il a été enseveli au Vézier et la population de ce petit village du canton de Montmirail a voulu en ce jour à la fois célébrer l’hommage aux poilus de la Grande Guerre, le 70e anniversaire de la création de l’ordre de la Libération dont un héros enterré dans cette terre marnaise était membre, en fidèle parmi les fidèles du général de Gaulle qui avait su dire non au renoncement dès le 18 juin 1940.

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    SUIPPES : Le 11 Novembre / Ils veulent réhabiliter les « fusillés pour l’exemple »

    Le monument pour les fusillés de Suippes a été inauguré en 2007
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  • Les présidents ardennais de la Ligue des droits de l’homme, Satilmis Yediren, et de la Libre Pensée, Alain Tournafol, viennent de co-signer un courrier adressé aux cinq parlementaires du département.

    A l’occasion de la commémoration de l’Armistice, ils suggèrent le dépôt d’une proposition de loi qui « réhabiliterait les fusillés pour l’exemple de 14-18".

    Satilmis Yediren et Alain Tournafol rappellent les propos du président de la République Nicolas Sarkozy il y a deux ans à Douaumont : » Ceux qui furent exécutés n’étaient pas des lâches… »

    Et il avait évoqué « une guerre atroce », « des fautes de commandement » ou encore « des hommes envoyés au massacre et qui un jour n’ont plus la force de se battre. »

    Pour les deux associations, une loi de réhabilitation serait le prolongement et la traduction de ces fortes paroles.

    650 hommes avaient été fusillés, sur plus de 2.000 condamnés à mort.

    La Ligue des Droits de l’Homme et la Libre Pensée (comme d’autres associations) estiment que ce geste fort permettrait bien évidemment de respecter la mémoire de ces 650 soldats, mais aussi de soulager leurs familles qui portent encore le poids injuste du déshonneur. Selon Satilmis Yediren et Alain Tournafol, des conseils généraux ont déjà voté des motions en ce sens.

    A noter que les adhérents des associations précitées commémoreront le 11 Novembre devant des monuments pacifistes (il y en a une cinquantaine en France, dont un à Suippes, dans la Marne, dédié aux « fusillés pour l’exemple », inauguré en décembre 2007).

    Ph.M.

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    SUIPPES : Exposition / « La guerre d’Algérie : une exigence de vérité »

    L’expo est composée de quarante-trois panneaux.
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  • SUIPPES (Marne). A l’initiative des Médaillés militaires, une exposition sur la guerre d’Algérie se tient actuellement et jusqu’au 13 novembre à la Maison des associations de Suippes.

    Réalisée par l’Union nationale des combattants (UNC) et présentée par son responsable Alain Hermand, elle est sous forme de 43 panneaux composés avec de nombreux acteurs de la guerre d’Algérie. De par son titre « La guerre d’Algérie : une exigence de vérité », elle entend simplement rappeler l’histoire.

    On peut y lire : « Elle est dédiée à ceux qui se sont battus là-bas et l’ont fait avec détermination et courage… pour une cause qu’ils ne comprenaient pas nécessairement.

    Une histoire de 130 ans qui a tissé des liens entre nos deux peuples et laissé des traces pour que la France et l’Algérie s’engagent sur les voies d’une politique de rapprochement. Les anciens combattants de l’UNC, et particulièrement ceux de la guerre d’Algérie, le souhaitent et espèrent de leurs anciens adversaires en Algérie la même démarche »

    A voir, de 14 à 17 heures, chaque jour, jusqu’au 13 novembre à la Maison des associations 9, rue Saint-Cloud à Suippes.

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    Union101110i - Marne
    CORMONTREUIL : Trois artistes « Autour de la Grande Guerre »

    Des mots, des images, de la terre…
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  • Réunis autour de Luc Tartar, écrivain, un sculpteur et un photographe ont choisi certaines de leurs œuvres pour appréhender son roman en cours. Un récit qui se déroule durant la Grande Guerre et qui a inspiré Mathias Dubos, photographe : « Il m’a accompagné sur les lieux de mon histoire : la maison de Raoul Villain, à Cormontreuil, assassin de Jaurès, le 31 juillet 1914, à quelques jours de la déclaration de la guerre. A la ferme de Navarin, où était le 33e régiment d’artillerie, celui du héros du roman. Aux « Bains des Trois Rivières » de Reims, où se situe une des scènes. » Sur des petits carnets, réalisés par la typographe Nicole Pérignon, les visiteurs pourront découvrir quelques textes du roman : « des pages encore chaudes, que personne n’aura encore lues ».

    Quant aux soldats de Patrice Alexandre, « jumeaux fantomatiques » de ses personnages, ce sont des « sculptures de mémoire » pleines de réalisme. « Il faut considérer ces monuments à partir de leurs auteurs. Parmi ces sculpteurs, un grand nombre ont aussi fait la guerre », explique l’artiste.

    Rencontres et interventions des artistes lors d’un « après-midi autour de la Grande Guerre ». Médiathèque. Samedi 13 novembre de 14 à 17 heures. Exposition jusqu’au 18 décembre.

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    Union101110h - Marne
    REIMS : Il y a 72 ans la nuit de Cristal : Ne jamais oublier

    Peu de jeunes hier soir, alors que la vie n’est pas un long fleuve tranquille a regretté Claude Secroun. Christian Philippe PARIS
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    Moins de monde qu’à l’accoutumée hier au square des victimes de la Gestapo où un collectif d’associations avait invité la population à l’occasion du 72e anniversaire de la nuit de Cristal : le 9 novembre 1938, l’Allemand Goebbels, prétextant un complot juif, a lancé ses troupes contre les Juifs et les synagogues, début d’un vaste pogrom aboutissant à la Shoah.

    En cette soirée de la journée internationale de lutte contre le fascisme et l’antisémitisme, l’adjointe au maire Virginie Coez a appelé chacun à « combattre contre l’intolérance » et à « avoir un dialogue authentique entre les cultures ». Revenant sur les débordements de cet été (NDR : contre les Roms), Claude Secroun, de la Licra, a souhaité que si la loi devait être respectée par tous, « le rôle de la police est de la faire respecter dans le respect de l’humanité de l’autre […] » Et de regretter que « la démocratie soit mise à mal par un pouvoir personnel autoritaire qui ne fait qu’ajouter la haine à la haine. »

    Main dans la main autour du monument, les participants étaient tous d’accord : « Il ne faut rien concéder à l’intolérance et à l’exclusion. »

    Alain MOYAT

     

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    Union101110g - Marne
    CRUGNY : Le village et la Grande Guerre

    Le village de Crugny a été complètement détruit lors de la retraite allemande en 1918.
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  • Bien que situé à l’arrière des lignes de combat du 12 septembre 1914 au 29 mai 1918, le village de Crugny a subi presque tous les affres de la Première Guerre mondiale : réquisitions multiples en particulier des terres, principales sources de revenus en milieu rural, bombardements, décès incessants de ses hommes sur tous les champs de batailles, accueil ininterrompu des blessés pour finir par une destruction totale par explosifs et incendie lors de la retraite allemande en 1918.

    Une très importante exposition développe tous les thèmes de la guerre de 1914-18 en s’appuyant uniquement sur l’Histoire du village et de la région immédiate. L’exposition étudie les cas du décès de certains Crugnaciens, ce qui permet des aperçus sur les pires combats de la guerre. Elle met l’accent sur des aspects particuliers comme la mutinerie du 19 avril 1916 qui compta entre 150 et 200 hommes en révolte.

    Crugny eut sur son sol une partie du champ d’aviation le plus important de Champagne constitué en vue de l’offensive du Chemin des Dames. Champ d’aviation qui connut la présence des As, en particulier la présence des quatre escadrilles des Cigognes commandées par le célèbre Brocart qui avait sous ses ordres Guynemer, Dorme, Fonck l’as des As et bien d’autres.

    L’exposition qui se tiendra à l’église du village sera ouverte les 11, 12, 13 et 14 novembre de 14 à 18 heures. L’entrée est libre.

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    Union101110f - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Conférence espace Paul-Bert Henry Moll mort au combat, il y a 100 ans au Tchad

    La statue a été érigée dès 1914.
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  • Mais quel est le lien qui unit le lieutenant-colonel Henry-Moll, gouverneur militaire du Tchad et Vitry-le-François, qui a décidée de lui a érigée une statue dès 1910 ?

    Cette histoire, le président du comité cantonal du souvenir français de Vitry-le-François, Gérald Gaillet, vient de la raconter à l’occasion d’un dépôt de gerbes de fleurs, sous la présidence du sous-préfet Raymond Floc’h, en présence de nombreux porte-drapeaux et de personnalités diverses, devant la statue du lieutenant-colonel Henry Moll.

    Scolarisé à Vitry-le-François

    Ainsi, à sa naissance, Henry Moll, portait les prénoms d’Alexandre, Marie, Frédéric, Henry. Il est né le 16 mars 1871 à Saulx, en Haute-Saône. Il était le fils d’un percepteur alsacien, François Moll, qui fut nommé percepteur à Thiéblemont fin 1880. La famille Moll s’installa au 16 rue du Petit-Denier à Vitry-le-François.

    Henry Moll entra au collège de Vitry-le-François le 15 décembre 1880, comme élève externe de la classe de 7e. Puis, dès la classe de 5e, il prend l’habitude de remporter tous les ans quasiment tous les prix de sa classe. En seconde, il obtient notamment le prix de la société des sciences et arts. Il est en même temps reçu bachelier ès-lettres, avec mention, à sa première partie. Au mois de juin 1889, il tente le concours d’entrée à l’école militaire de Saint-Cyr mais ne connaissant pas encore les résultats du concours à la rentrée des classes, il quitte le collège de Vitry, pour entrer au lycée de Reims en mathématiques spéciales afin de préparer l’école polytechnique. Finalement, il entre le 29 octobre 1889 à Saint-Cyr.

    Doué d’une faculté d’assimilation remarquable, Henry Moll réussissait aussi bien dans les lettres que dans les sciences. Le 13 juillet 1903, le capitaine Henry Moll était nommé chevalier de la Légion d’honneur. De 1907 à 1909, Henry Moll est en garnison à Paris et il a souvent l’occasion de revenir à Vitry-le-François. Le 2 mai 1907, le chef de bataillon Henry Moll était décoré par l’Empereur d’Allemagne, Guillaume II. A noter que le 31 juillet 1907, le commandant Henry Moll présida la distribution des prix du collège de Vitry au théâtre. Il périt le 9 novembre 1910 au combat de Doroté, au Tchad.

    Souscription nationale

    La statue a été érigée par souscription nationale. Des subventions vont arriver de tous les départements. C’est l’artiste Remi-Paul Roussel qui est chargé de réaliser la statue. Prévue en novembre 1914, l’inauguration aura finalement lieu en 1923, en raison de la grande guerre. En 1942, l’envahisseur allemand décrète le déboulonnage de la statue, mais grâce aux services du maire Prud’homme, la statue est cachée dans une fosse creusée, sous un hangar rue de la Glacière. La statue est réinstallée sur son socle à l’occasion de la fête de l’armistice le 11 novembre 1944.

    La carrière d’Henry-Moll vous sera décrite le jeudi 25 novembre à 20 h 15 à l’espace Paul-Bert par le général de corps d’armée Jean-Marie Lemoine.

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    Union101110e - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Cérémonie au monument du souvenir français

    À l’occasion de la journée nationale du souvenir français, un hommage a été rendu à tous les soldats et victimes civiles de l’arrondissement de Vitry-le-François, décédés lors des conflits au monument du souvenir français, sur la place Maucourt.

    Une cérémonie qui s’est déroulé en présence d’une trentaine de personnes dont l’adjointe au maire Claudine Brocard ; le général de corps d’armée Jean-Marie Lemoine ; le président du comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre André Jacquet et de nombreux présidents d’association d’anciens combattants et leurs porte-drapeaux.

    Les gerbes de fleurs ont été déposées par l’adjointe au maire ; Georges Matras, pour le comité d’Entente et Yvan Broussard, pour le Souvenir Français.

    Ce fut l’occasion pour le président Gérald Gaillet de lire le message du contrôleur général Gérard Delbauffe, président général du souvenir français.

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    Union101110d - Marne
    DORMANS : Des fleurs pour les combattants

    Les tombes seront fleuries.
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    A Dormans et son hameau de Soilly, les cérémonies du 11-Novembre seront marquées par plusieurs dépôts de gerbes.

    Le premier de ces dépôt aura lieu sur le site du mémorial des batailles de la Marne, par l’officier d’état-major du président de la République, rendez-vous à 8 h 45.

    Ce sera ensuite le monument aux morts de Soilly qui sera fleuri à 10 h 30. Dépôt également de gerbe au monument aux morts de Dormans à 11 h 15.

    A 11 h 45 , ce sont les enfants des écoles qui fleuriront les tombes du cimetière militaire. Enfin à midi , le Souvenir français déposera lui une gerbe au cimetière civil.

    Allocutions et vin d’honneur achèveront cette matinée commémorative à 12 h 15 à la salle des fêtes.

    Au cimetière militaire, ce sont les enfants qui fleuriront les tombes.

     

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    Union101110c - Marne
    AMBONNAY : La commémoration sera pédagogique

    C’est un souvenir des deux guerres, première et deuxième.
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  • Cette année la commémoration de l’armistice du 11-Novembre sera accompagnée par une exposition sur la vie du soldat dans les tranchées ainsi que de la population civile pendant la période troublée de la guerre.

    L’exposition est organisée par l’association Shaef, présidée par Thierry Morieux.

    Shaef ? en souvenir du « Suprême Headquater of Allied Expeditionnary Forces » quand le Général Eisenhower et son état-major se sont installés à Reims à partir de février 1945.

    Dans notre région, l’association est déjà responsable de l’implantation de camps militaires en bordure de Marne à Tours-sur-Marne en 2006 et en 2007.

    Tous ceux qui avaient apprécié les installations, les véhicules et les mises en scènes (prise du pont de Tours-sur-Marne notamment) ne manqueront pas de visiter l’exposition.

    Elle se déroulera salle Dom-Pérignon à Ambonnay les jeudi 11 (après le défilé), vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 novembre de 9 à 18 heures sans interruption. L’accès est gratuit.

    Le vendredi 12 en plus du public, ce sont les enfants de l’école primaire d’Ambonnay, qui seront accueillis pour une visite commentée.

    Les organisateurs souhaitent d’ailleurs recevoir la visite de nombreux enfants pour leur faire découvrir un peu de leur histoire.

    Notons également que quelques « poilus » en uniforme défileront à Ambonnay le jeudi 11 novembre.

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    Union101110b - Marne
    GRAUVES : La découverte de la guerre avec l’association des poilus

    Un cours d’histoire presque grandeur nature.
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  • Les membres de l’association des « poilus de la Marne » ont été invités à l’école élémentaire de Grauves.

    Quelques jours avant les commémorations du 11 Novembre, Michel Japin, secrétaire de l’association, accompagné de Michael, Yann, Freddy, est venu parler des poilus et des conséquences de la guerre aux élèves des 5 classes de l’école (CP-CE1 de Mme Groizier, CE1 de Mme Mirbelle, CE2 de Mme Cordier, CM1 de M. Vitry, CM2 de Mme Varnier).

    Tous les enfants ont été plus qu’intéressés et ont pu poser de nombreuses questions aux poilus.

    Les petits ont aussi pu découvrir de très nombreux objets liés à la guerre (uniformes, casques, sacs à dos, artisanat de tranchée,….).

    Un après-midi qui restera sans aucun doute, longtemps dans les esprits des élèves de Grauves.

    Cérémonies

    Grauves. Rassemblement de la population à 11 h 45 sur le parking de l’église. Dépôts de gerbes au monument aux morts suivi d’un vin d’honneur, salle de la mairie.

    Monthelon. Le dépôt d’une gerbe aura lieu au monument aux morts à 11 h 30 à Monthelon. Elle sera suivie d’un vin d’honneur.

    Les poilus sur trois fronts

    Une trentaine de membres de l’association des poilus de la Marne va se rendre à l’occasion du 11 Novembre dans quatre communes de Haute-Savoie : Bernex, Lugrin, Chablais et Excenevex.

    Grâce à l’initiative de Nathalie Tréboux et du conseil municipal de Lugrin, ces poilus marnais défileront aux côtés de 27 jeunes de la préparation militaire de la marine encadrés par la garde d’honneur, par l’harmonie municipale , et en présence de nombreux porte-drapeaux et anciens combattants AFN, FNACA,UD-CAFN.

    Toutefois, avant la Haute-Savoie, le président Didier Blanchard et une quinzaine de poilus se rendront à Paris, dans le 15e arrondissement pour une cérémonie en mémoire des soldats tombés lors du premier conflit.

    Quant aux autres membres de l’association qui ne peuvent pas partir très loin, c’est à Recy près de Chalons-en-Champagne qu’ils se rendront pour une commémoration.

    Voilà donc un programme bien chargé pour l’association en cette période de souvenir.

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    Union101110a - Marne
    REIMS : Héros de l’Armée noire / Le projet de monument avance enfin

    Le premier monument avait été inauguré en 1924.
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  • « Ça a mis du temps. Les choses ont pris du retard, mais ça y est. Le projet de reconstruction à l’identique du monument, inauguré en 1924, en l’honneur de l’Armée noire et démonté en 1940 par les Allemands est en bonne voie. Le conseil municipal va voter une subvention de 50 000 € lors de sa prochaine réunion du 16 décembre. La ville s’engage à verser encore 100 000 € sur deux exercices.

    Les collectivités : l’État, la région et le département devraient suivre et au printemps l’association Aman (Association pour la mémoire de l’Armée noire). L’un de ses vice-présidents Pierre Emmanuel Taittinger va pouvoir lancer son appel à mécénat. Les brochures sont prêtes. »

    Un projet de près d’un million d’euros

    Adjoint chargé du tourisme et des relations internationales, Jacques Cohen souffle un peu. La promesse faite le 3 novembre 2008 par la maire, le président de région, du département, de Jean-Marie Bockel, secrétaire d’état aux Anciens Combattants, de Rama Yade, secrétaire d’État aux affaires étrangères et aux Droits de l’Homme et de Natié Pléa, ministre de la Défense de la République du Mali, lors du 80e anniversaire de l’Armistice ne restera pas lettre morte.

    La visite d’une délégation de l’association Aman (1) en mai 2009 à Bamako (Mali), où il existe une réplique exacte du monument, qui avait été édifié à Reims le 14 juillet 1924, œuvre de Paul Moreau Vauthier et Auguste Bluysen, a permis d’avancer. Le monument de bronze a été photographié sous toutes les coutures et l’association met une dernière main aux appels d’offres pour la reconstruction d’un monument.

    « L’association pense que la prise d’empreinte sur place, à Bamako, serait la meilleure solution pour reproduire le monument à l’identique », explique Raymond Riquier, secrétaire de l’association Arman. « Nous excluons a priori toute interprétation artistique. Mais le monument fait plus de trois mètres de haut avec cinq personnages en dégradé et un parterre qui représente une bataille. Ce n’est pas avec des lasers traditionnels que l’on peut reproduire le monument. Ce sont finalement les réponses aux appels d’offres que nous allons lancer qui guideront notre choix, il y en aura. Le premier pour la prise de mesures, le coulage du moule et la statue de bronze, un second pour le socle en pierre de basalte et un troisième pour les quatre plaques qui entoureront le pied du monument, dont l’une sera la réplique du bas-relief du monument de Bamako mise par le président Oumar Konaré. » Avec le socle, le projet pourrait coûter près de 1 million d’euro (NDLR : on parlait de 600 000 € en 2008).

    Alain MOYAT

    (1) L’association Aman est présidée par l’amiral Laurent Merer ; vice-présidents : Cheik Sakho, Emmanuel Taittinger, Jean-Claude Nguyen, Gervais Casario et Lissan Afilal. Secrétaire : Raymond Riquier.


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    Un joli don privé de 5 000 euros pour le financement du bronze

    Aman a eu le plaisir de recevoir un don de 5 000 € d’Henry Hermand pour la reconstruction du monument. Il a adressé un émouvant courrier au maire et à Pierre Emmanuel Taittinger. « Je voudrais vous dire combien me paraît utile votre beau projet de reconstruction du monument aux « Héros de l’Armée noire », inauguré à Reims en 1924, la même année que son jumeau à Bamako au Mali. Je suis originaire de l’Oise et vis à Senlis. Je n’ignore pas le tribut payé par les soldats venus de l’Afrique subsahélienne durant les deux Guerres Mondiales. Je sais le courage de la 4e division d’infanterie durant les mois de mai et juin 1940 : à Cressonsacq, au bois d’Airaines, près de Clermont et de Saint-Just en Chaussée, des officiers et des hommes de troupes, au terme de combats héroïques, furent fusillés par la Wehrmacht parce qu’ils refusèrent d’être considérés et séparés sur un motif racial. Si le peuple allemand est notre ami, les faits historiques ne doivent pas être oubliés. Senlis possède encore la chapelle royale de Saint-Frambourg, le lieu où Hugues Capet fonda la dynastie capétienne. Georges Cziffra, qui fut un vrai ami, l’a restauré pour y créer l’auditorium Liszt. Je trouve dans ce fait une continuité, et une concordance agréable avec Reims. Il y a le Mali. Voila bien longtemps, au début des années soixante, le très charismatique président de l’indépendance malienne, Modibo Keita, m’a confié une mission passionnante. Il s’agissait d’approvisionner son pays en denrées de base. L’ouverture d’un supermarché Jigissme (l’Espoir) a pris la dimension d’un événement national. Modibo Keita connaissait mon expérience dans le domaine de la grande distribution et mes engagements, précoces, dans le mouvement de décolonisation. C’est pourquoi, il m’est agréable de participer à votre initiative et de vous assurer de mon soutien au titre du mécénat. »

    On ne manquera pas d’apprécier le regard porté par l’Américaine Edith Wharton. La romancière dans son rôle de grand reporter transcrit le choc que lui procurent cette France et ces Français victimes de l’absurde ensanglanté. Sa sensibilité de femme est ici un atout de compréhension. Ce livre confirme que si les poilus ont enduré des souffrances innommables pendant la Grande Guerre, ils n’ont pas été les seuls et que certaines populations civiles ont eu leur enfer de chaque jour.

    HERVÉ CHABAUD

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    Union101109c - Marne
    TINQUEUX : Fête de Saint-Martin : Un banquet musical pour les anciens combattants

    Convivialité et bonne humeur à la table du président d’honneur.
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  • Lorsque le mois de novembre arrive, l’association des anciens combattants de Tinqueux fête Saint-Martin, le patron des soldats, et organise son traditionnel repas dansant à la salle des fêtes Guy Hallet.

    150 convives présents

    Les convives, particulièrement nombreux, ont été accueillis par le président Gilles Richard et parmi les 150 personnes, le maire de la commune et conseiller général de la Marne, Jean-Pierre Fortuné qui est venu avec son épouse, ainsi que Claude Vieville, président de la section UNC de Cormontreuil.

    Après le pot de l’amitié, place à la détente et au repas gastronomique préparé par un traiteur local, avec au menu, des mets succulents comme le cuissot de porc braisé, et le craquant de poire caramel chocolat, ainsi que des boissons à faire tourner la tête aux anciens combattants et leurs amis. On dit que saint Martin est quelque fois invoqué pour lutter contre la pauvreté et pour être délivré d’une dépendance à l’alcool ! Après le repas et le tirage de la tombola, les convives se sont retrouvés sur la piste de danses au son de l’orchestre musicaliente.

    Tard en soirée, ils se sont quittés presque à regret, tous manifestement enchantés et en se donnant rendez-vous à l’année prochaine.

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    Union101109b - Marne
    CRUGNY : Un village de l’arrière en 1914-1918

    L’exposition se tient à l’église.
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  • Bien que village se situe à l’arrière des lignes de combat du 12 septembre 1914 au 29 mai 1918, Crugny a subi presque tous les affres de la première guerre mondiale : réquisitions multiples en particulier des terres, principales sources de revenu en milieu rural, bombardements, décès incessants de ses hommes sur tous les champs de batailles, accueil ininterrompu des blessés, et pour finir par une destruction totale par explosifs et incendie lors de la retraite allemande en 1918.

    Une très importante exposition développe tous les thèmes de la guerre de 1914-18, en s’appuyant uniquement sur l’histoire du village et de la région immédiate. L’exposition étudie les cas du décès de certains Crugnaciens, ce qui permet des aperçus sur les pires combats de la guerre. Elle met l’accent sur des aspects particuliers comme la mutinerie du 19 avril 1916, qui compta entre 150 et 200 hommes en révolte.

    Crugny eut sur son sol une partie du champ d’aviation le plus important de Champagne, constitué en vue de l’offensive du Chemin des Dames. Champ d’aviation qui connut la présence des As, en particulier la présence des quatre escadrilles des Cigognes, commandées par le célèbre Brocart qui avait sous ses ordres Guynemer, Dorme, Fonck, l’As des As et bien d’autres.

    Exposition à l’église ouverte les 11,12,13 et 14 novembre de 14 à 18 heures. Entrée libre.

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    Union101109a - Marne
    VILLE-SUR-TOURBE : Histoire : Les écoliers à la Main de Massiges

    Eric Marchal explique la vie de tranchée aux enfants.
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    Chaque 11 Novembre, les enfants du regroupement scolaire de Ville-sur-Tourbe participent à la cérémonie au monument aux morts et chantent la Marseillaise.

    En leur apprenant ce chant patriotique, Nicolas Helloco, directeur du regroupement scolaire, en charge des CE2, CM1 et CM2, se demandait comment expliquer ce que représente la commémoration du 11 Novembre aux enfants… Leur faire visiter le site de la main de Massiges, voilà la solution ! Vendredi dernier, le bus, conduit par Stéphanie, mena toute la classe sur le lieu où ils furent accueillis par Jean-Pierre Mainsant, président de l’association, et Eric Marchal. Celui-ci leur fit découvrir la tranchée mise au jour, leur expliqua de manière ludique les conditions difficiles que connurent les soldats (intempéries, insalubrité, nuisibles…) lors du conflit de la Première Guerre mondiale ; à quoi servait tel ou tel emplacement, pourquoi les barbelés, les zigzags de la tranchée exiguë, les postes de gué… leur montra des vestiges des munitions (éclats d’obus, grenades, vieux fusils…).

    La vue de l’énorme trou d’impact d’obus contribua à impressionner les enfants qui posèrent de nombreuses et pertinentes questions tout au long de la visite.

     

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    Union101108a - Marne
    CORMICY : Fin de la Première Guerre mondiale : Une marche du souvenir

    La marche est en préparation.
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    Voilà déjà trois ans, lors du 90e anniversaire de la fin de la 1re Guerre mondiale que les élus de Berry-au-Bac et de Cormicy s’étaient réunis pour créer la marche du souvenir. Celle-ci avait pour seul but de faire connaître le passé tragique des deux communes pendant la 1re Guerre mondiale.

    Chaque année à tour de rôle, elles organisent une marche pour se rendre sur le site de Sapigneul, hameau de 80 âmes totalement détruit pendant la guerre et jamais reconstruit. Ce lieu est maintenant un lieu de recueillement et de mémoire pour tous. Les présidents des deux associations d’anciens combattants, Claude Hivet, pour Cormicy, et Monsieur Morlet, pour Berry-au-Bac, se sont réunis, entourés de leur maire respectif Mme Hallier et Monsieur Decaudin, ainsi que de Mme Girard, adjointe au maire de Cormicy, en charge des cérémonies officielles, pour arrêter le programme de cette manifestation autour du devoir de mémoire.

    Tous ceux qui souhaitent participer à cette 3e édition de la marche du souvenir sont invités à se rassembler à 14 heures 45, le samedi 13 novembre sur le parking de la Capremib, en bordure du canal, en face de la nécropole nationale de la maison bleue de Cormicy, pour suivre le chemin de halage jusqu’au monument de Sapigneul.

     

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    Union101107d - Marne
    CHALONS : A 92 ans, André Auboin vient enfin de recevoir son diplôme d’ancien combattant : « Se soumettre devant l’ennemi : jamais ! »

    L’évasion et l’itinéraire du périple d’André Auboin en 1942.
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  • André Auboin, ancien prisonnier et « seul évadé 39-40 de Recy », a été mis à l’honneur en mairie.
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  • IL a l’œil pétillant d’un jeune homme. Décrit avec moult détails son expérience, son vécu, son évasion très risquée, ses trains desquels il a sauté, ces chemins empruntés alors que l’ennemi surveillait. Cité en exemple pour son refus de se soumettre devant l’ennemi et sa forte implication dans la vie civile au profit des habitants de Recy, commune dont il est resté fidèle, André Auboin, 92 printemps, a été mis à l’honneur. A cette occasion, « le seul évadé 39-40 de Recy », comme le souligne Michel Valter, maire, a reçu le diplôme d’honneur aux Anciens Combattants de la Seconde Guerre. « J’avais déjà la carte d’Ancien Combattant », plaisante ce grand Monsieur qui inspire le respect et l’admiration des siens, mais également des jeunes générations voyant un exemple en ce citoyen engagé. Orphelin à 18 mois et élevé par Adélaïde, sa grand-mère, il ne sait pas gamin que son futur proche sera très très mouvementé. C’est peu dire. En 1938, alors qu’il achève ses deux années de service militaire survient… la « drôle de guerre ». André Auboin est alors mobilisé au Fort de Billig sur la ligne Maginot, lors de la déclaration de guerre.

    Compagnon d’évasion

    Le Recyot ne cherche pas à s’évader puisque l’envahisseur qui n’a pas encore placé de barbelés scande : « Weihnacht zu haus ». Traduction : « A Noël, vous serez chez vous ! » En octobre, les prisonniers, dont André, seront transférés à Vekring au Fort du Hackenberg, c’est là qu’il rencontre ses futurs compagnons d’évasion, et c’est là également qu’il reçoit un coup de crosse de fusil d’un jeune gardien teuton. André Auboin apprend alors la signification du self-control. Dans ce camp, les prisonniers partent déminer les alentours des ouvrages de la ligne Maginot, et c’est à Ritzing qu’il perdra son ami le soldat Moine, qui près de lui sautera sur une mine. André ne sera pas blessé. Miracle. S’il avait déjà organisé son évasion du camp en rassemblant un paquetage grâce aux quelques civils travaillant sur site : coup de théâtre.

    Il part découragé comme ses compagnons d’infortune au fort Hanzeling sur le camp de Bockange. De nouveau transféré au camp de Soetrich où il est prisonnier, un nouveau projet d’évasion hante André.

    Ils bernent les Allemands

    Le 1er avril 1942, il s’évade en compagnie de Charles Pouplin, Breton d’origine ; Robert, le Parisien renonce à les accompagner. « L’un des deux s’est dégonflé. Peut-être nous aurait-il fichu la poisse », insiste André Auboin. Avec son camarade, ils prennent ensuite la direction d’Audun-le-Roman (Meurthe-et-Moselle) où ils rejoignent René Rousseau, cheminot châlonnais, en poste en Lorraine. Ce dernier les cachera dans le tender de sa loco direction Lérouville (Meuse) puis la Champagne, cachés dans un train de marchandises. « Le train s’est arrêté à Bar-le-Duc où les convois étaient contrôlés, ce fut un vrai moment de stress », se souvient André. Parvenus à proximité de Châlons, André et Charles sautent du train afin de rejoindre Recy. Mais le pont de bois provisoire enjambant la Marne est gardé à chaque extrémité par des soldats allemands. Pas le choix, ils avancent, le cœur battant à tout rompre. Il est 4 h 30, il fait froid, les Allemands ne sortent pas de leur guérite pensant voir là des cheminots.

    « Une cuite mémorable »

    Le point noir passé, ils traversent Madagascar, empruntent le chemin de halage pour rejoindre l’écluse de Juvigny où le père d’André est en poste. Une bise à grand-mère Adélaïde qui malgré le froid et ses 79 ans, remet de l’argent à son petit-fils afin qu’il poursuive son périple.

    Le lendemain, ce sera Matougues, le train jusqu’à Épernay et 15 km à pied pour rejoindre Port-à-Binson. Destination Paris ensuite, où la sœur de Robert (qui ne s’est pas évadé) les met en relation avec la filière « Poste ». Avec Charles Pouplin, le périple se poursuivra à Chateaubriand (Loire-Atlantique), à Angers, Juigné puis chez des vignerons où André et Charles « prendront une cuite mémorable ».

    Angoulême puis la zone libre, ce sera ensuite Chasseneuil dans le Poitou puis Limoges avant que les deux évadés ne se séparent. Notre Recyot reprendra le chemin de fer pour Bourg-en-Bresse, puis un mois de convalescence à Luchon avant de gagner Toulouse où il sera démobilisé.

    Ultime bon de transport délivré : André finit en Avignon. Nous sommes fin mai-début juin 1942.

    David ZANGA

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    Union101107c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Version papier ou internet… Les revues historiques : une affaire de passionnés

    Plusieurs membres du comité de rédaction d’Horizons d’Argonne écrivent également pour le Petit journal de Sainte-Ménehould.
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  • SIL y a bien un domaine où, en Argonne, on se renvoie l’ascenseur plutôt que de se tirer dans les pattes, c’est celui des revues qui évoquent la mémoire du terroir. Dans son dernier numéro, le Petit journal de Sainte-Ménehould et ses voisins d’Argonne rendait ainsi hommage à la renaissance de la revue du centre d’études argonnais, soulignant que « la vieille dame a retrouvé une étonnante jeunesse ». Il est vrai que dans ce domaine de la défense de l’histoire, les pourfendeurs locaux de l’oubli se sont mis à la page.

    Qu’il s’agisse d’Horizons d’Argonne ou du Petit journal, tous deux disposent d’un site internet.

    On peut y consulter les précédentes éditions mais également se renseigner sur les associations qui portent ces publications. Celle du Petit journal de Sainte-Ménehould et ses voisins d’Argonne est la plus jeune puisque déclarée en 1998. Son aîné, le Centre d’étude argonnais (CEA), fête son cinquantenaire et sa revue est sortie pour la première fois en 1964. Bien des sujets les rapprochent.

    Si la revue du CEA s’intéresse fréquemment aux parties ardennaises ou meusiennes de l’Argonne, le Petit journal a pris le parti de se concentrer en priorité sur Menou.

    Ce qui ne l’empêche pas de jeter un œil chez ses voisins pour relater ce qui s’y passe. Car l’un comme l’autre commentent l’actualité. Avec un temps de retard plus ou moins long en fonction de la périodicité : une fois l’an pour la revue du CEA, quatre fois pour l’autre.

    Tout récemment, pour cause de difficultés financières liées à des coûts d’impression trop élevés, Horizons d’Argonne avait choisi de se limiter à une version téléchargeable sur internet. Cédant à une demande pressante, la revue est finalement sortie sur papier et nantie de photos en couleur.

    De quoi surprendre ses quelque 150 abonnés et tenter d’en séduire de nouveaux. Du côté du Petit journal de Sainte-Ménehould, on affiche une belle stabilité avec 200 abonnés et 320 numéros édités à chaque tirage. Les historiens locaux ne manquant jamais de matière, on les trouve parfois dans les comités de rédaction des deux revues. Pour autant, les sujets traités y sont différents et pas redondants. Encore un exemple de coexistence réussie.

    Pourvu que ça dure !

    Stéphanie VERGER

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    Numéro 88 et des animations

    Le comité de rédaction d’Horizons d’Argonne s’est réuni tout récemment à l’appel du président du Centre d’études argonnais, Gilles Deroche. Celui-ci a diffusé auprès des membres qui le souhaitaient la version papier du numéro 87, mis en ligne en juin dernier.

    Il est vendu 8 euros aux membres de l’association et 10 euros en librairie.

    Le sommaire du numéro 88 a été esquissé et différentes manifestations ont été programmées parmi lesquelles une conférence sur l’Aisne au printemps, l’assemblée générale le 26 juin à Nubécourt, une conférence par deux des membres du Centre à Passavant.

    La prochaine réunion est fixée au 29 janvier au Sympac à 14 heures

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    Horizons d’Argonne : de Passavant à Vouziers

    A lire en ligne ou sur papier.
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  • Il était déjà disponible sur internet depuis l’été, le dernier numéro d’Horizons d’Argonne vient d’être mis en vente en version papier.

    En feuilletant ce numéro, le lecteur fera connaissance avec le texte de Jackie Lusse, une étude fouillée sur le village de Passavant. Il évoque notamment le château, aujourd’hui disparu, de sa construction à sa destruction, forteresse stratégique au moment de la guerre de cent ans, prise par René d’Anjou en 1428 et rasée trois ans plus tard par le même. Les pages suivantes retiennent encore lecteur à Passavant. Sous le titre de « La guerre franco-allemande et l’occupation en Argonne de 1870 à 1873 », Daniel Hochedez, détaille longuement un conflit qui a marqué la région et plus particulièrement ses propres arrière-grands- parents.

    Remontant le cours de l’histoire, un rappel du monument de Clermont permet à Bernard Teinturier de retracer la biographie de ceux qui s’intéressent à la conception de cet édifice, Paul Lemagny et Henri Lagriffoul.

    Il y rajoute, dans la même note, l’évocation d’une autre artiste, Jehanne Thiriot, ayant résidé à Clermont.

    Jacques Hussenet, récidiviste de l’analyse des recensements, expose les résultats de celui de 2008 en Argonne, concluant à une perte de 600 habitants par rapport à 1999, soit une possibilité de stabilisation de celle-ci.

    Gilles Deroche s’intéresse à la vie de Vouziers et ses environs mettant tour à tour sous les feux des projecteurs une entreprise locale qui réussit et l’aventure écologique du parc Argonne Aventure, ex Nocturnia.

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    Le Petit journal… du Père Lachaise au patois argonnais

    Prochain numéro en décembre.
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  • Les voyages des auteurs du Petit journal de Sainte-Ménehould et ses voisins d’Argonne les conduisent, souvent, à la découverte d’un « voisinage » situé bien loin de leur verte Argonne.

    Ainsi Nicole Gérardot, dans le dernier numéro de la publication, évoque sa rencontre avec un conteur du Maine-et-Loire qui répertorie, dans sa région, les fours à pain encore en état. Une idée qui pourrait trouver un écho en Argonne.

    Autre promeneur infatigable, John Jussy s’en est allé se recueillir sur la tombe, décrépie, du général Kellermann. Le portrait, signé Jeannine Cappy, est celui de René Delaval qui consacra 41 années de sa vie au service de la fée électricité. Jean-Claude Léger, de son côté, s’intéresse à l’évolution de l’instruction à Sainte-Ménehould et notamment l’ouverture à des matières autres que le latin. Les échos de la Grande Guerre, recueillis par Roger Berdold, reproduisent notamment l’émouvante lettre écrite à sa mère par un jeune garibaldien, le 5 janvier 1915.

    La revue n’oublie pas ses rubriques, le Ménéhildien d’hier, en l’occurrence Jean Péridon, les pages du poète et du sourire et le tour de l’actualité vue par François Duboisy. Ce dernier signe également un sujet sur le patois argonnais où l’on peut apprendre à conjuguer le verbe savoir selon que l’on est de Florent, Clermont ou Challerange. Pour ce qui est de l’expression, « A la r’voyure », elle n’est pas typiquement argonnaise mais appropriée pour inviter les lecteurs à attendre le prochain numéro du Petit journal.

     

     

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    Union101107b - Marne
    LIVRE : Grande Guerre : des civils persécutés

    Des soldats allemands progressent dans la plaine axonaise. Dans les villes et villages occupés, leur comportement est indigne du droit de la guerre.
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  • Annette Becker, Les cicatrices rouges14-18, Fayard, 373 p., 24,50 euros.
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  • RÉVÉLER. Pendant la guerre 14-18, les soldats allemands orchestrent dans les départements occupés la soumission des populations qui sont victimes de graves outrages et de violences inouïes.

    C’est une part méconnue de la Grande Guerre que l’historienne Annette Becker met au jour dans son dernier ouvrage riche de références inattaquables qui démontrent que l’occupation allemande en Belgique, dans le Nord et l’Est de la France a été marquée par des comportements d’habitude excessifs, par des réquisitions et des humiliations scandaleuses, par des persécutions parfois inimaginables.

    Pour favoriser la réconciliation franco-allemande indispensable dans une Europe apaisée, on s’est abstenu de revenir avec luxe de détails sur les exactions signées par les « casques à pointe » et autres « boches » sans foi ni loi. L’historien se doit de présenter les faits et de porter une analyse argumentée sur cet événementiel de la Première Guerre mondiale qui en constitue l’une des spécificités. Le tableau qui est ici dressé est sombre, quelquefois très noir et radiographie ce qui s’est passé dans les dix départements de l’Hexagone qui ont eu à subir, sous l’ordre ennemi, tout le poids de la pression de la guerre et les contraintes aliénantes d’un quotidien déshumanisé.

    Entre les exécutions pour l’exemple de civils, les déportations imposées déjà vers des camps de concentration, les représailles par le feu, les destructions volontaires, les incendies de villages ou de quartiers, les viols fréquents et les crimes et délits recensés, Annette Becker relève qu’au-delà des tranchées, il existe pour certains civils une vie infernale. Dès lors on comprend pourquoi l’argumentation de la propagande française est reçue dans les familles touchées et s’enracine alors dans un antigermanisme total. Les recoupements des sources effectués par les chercheurs, le dépouillement des journaux quotidiens rédigés par des soldats de l’autre rive du Rhin donnent encore plus de gravité à cette succession de comportements infâmes. Pourquoi une telle attitude ? Le vainqueur craint les réactions des civils aussi en faisant régner un climat de terreur et de soumission, il espère imposer l’ordre teuton. L’auteur prend soin de piocher chez nos meilleurs écrivains, leurs descriptions et leurs sentiments sur ce qu’ils voient et entendent. De Guillaume Apollinaire en passant par Louis-Ferdinand Céline ou Marc Bloch, on est édifié tant leur analyse est pertinente et révèle l’authenticité de leur pensée face à un vécu terrible.

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    Union101107a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    Le scandale de Reims

    Le monument aux Noirs de Reims a été démonté sur ordre de l’occupant. Cet acte est vécu comme une profanation et dénoncé avec vigueur par les Français libres.
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  • Le 8 novembre 1940, dans l’émission « Les Français parlent aux Français », les gaullistes s’insurgent contre l’irrespect manifesté par les Allemands à l’égard des soldats d’Afrique noire morts au champ d’honneur. Les termes de l’indignation sont vifs : « A Reims, ville glorieuse deux fois martyre, l’Allemand vient de faire abattre le monument élevé par la France à la mémoire des Sénégalais morts pour la patrie ». Et la voix de Londres d’interpeller les Sénégalais, déçus par l’épisode tragique de Dakar pour qu’ils mesurent à la fois l’indifférence du gouvernement de Vichy qui n’a pas bronché contre cet acte ignoble et l’intolérance allemande dont les représentants veulent effacer l’histoire à coups de pioche. « Sénégalais ! Ce monument était, pour vos frères blancs, un symbole de gratitude et pour vous, Français noirs d’Afrique, l’objet d’un légitime orgueil. Que l’ennemi se soit rendu coupable d’un nouveau crime, qu’un outrage aux morts s’ajoute au supplice d’une cathédrale, aucun d’entre nous ne s’en étonnera jamais. Un forfait de plus que l’Allemand nous paiera, et voilà tout ! »

    Insistant sur l’ignominie de Vichy, les Français libres dénoncent aussi le silence complice du gouverneur Pierre Boisson, celui qui a fait tirer sur les émissaires du général de Gaulle qui se sont présentés à Dakar et parmi lesquels se trouvaient le petit-fils du maréchal Foch. Si l’on se tait, si l’on est incapable du moindre geste de courage, c’est bien parce que la désormais trop fameuse collaboration oblige, si ce n’est à applaudir à chaque geste allemand, à ne jamais les commenter négativement. L’opportunité pour dénoncer le racisme du Reich est saisie avec beaucoup d’intelligence : « C’est Adolf Hitler qui proclame l’infériorité de la race noire et qui vous traite de demi-singes, vous les héros de Notre-Dame-de-Lorette et de Verdun ». Londres vante les hommes qui avec Amadou Diop, chef des Sénégalais d’Afrique équatoriale française, signalaient dès le 17 octobre au général de Larminat : « Nous nous sommes ralliés sans hésitation au général de Gaulle parce que c’est grâce à lui que nous pourrons libérer la mère-patrie, parce que nous ne voulons pas en perdre les bienfaits de la civilisation française qui a enraciné dans nos âmes l’amour de la liberté. Nous préférons la mort à l’esclavage et le brancard à la bassesse ». Pour discréditer un peu plus le gouverneur Boisson, les Français libres empruntent au président américain Lincoln cette maxime qui s’applique pleinement au sujet : « On peut tromper une partie du peuple tout le temps, et tout le peuple une partie du temps. Mais on ne peut pas tromper tout le monde tout le temps ». L’épisode de Reims est aussi l’occasion pour les Français libres de rappeler que Vichy est contré là même où il a encore des positions. Malgré l’arrivée du général Têtu comme gouverneur général de l’Afrique équatoriale, le gouvernement du maréchal ne parvient pas à inverser la situation de plus en plus favorable à de Gaulle.

    Même au Gabon, après le ralliement du gouverneur Masson qui a fait volte-face pour rentrer dans le giron pétainiste, désormais seules les villes de Libreville et de Port-Gentil restent sous le contrôle de Vichy. Comme quoi on ne peut aller durablement contre le vœu de la population gabonaise. Le journaliste conclut : « Demain comme hier, les vœux irrésistibles des Français libres déjoueront les calculs des hommes de la défaite, trop prompts à laver leur honte avec du sang français ».


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    11-Novembre à Londres : l’union des coquelicots et des bleuets

    C’est à l’Arc de Triomphe qu’une partie de la jeunesse a dit non à sa manière le 11 novembre 1940 pour être digne des aînés tombés pendant la Grande Guerre.
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  • MÉMOIRE DES HÉROS.La commémoration de l’armistice de la Grande Guerre est d’autant plus difficile que c’est dans le wagon de Rethondes que la France a dû reconnaître sa défaite le 22 juin 1940.

    Alors que chaque année, le périmètre des monuments aux morts est dense des pèlerins venus honorer la mémoire des héros de la guerre 14-18, empêcher la célébration du 22e anniversaire de la défaite allemande est prendre un risque même si le Reich est désormais le vainqueur et impose ses conditions que Vichy et sa révolution nationale sont incapables de corriger. Les Français estiment que c’est le bon moment pour que les anciens combattants se rebiffent et disent non à cette France fracturée et à son gouvernement du renoncement et de la collaboration. René Cassin est de ceux qui, depuis Londres, invite ses compatriotes à témoigner leur reconnaissance aux morts des tranchées : « Vous irez rendre hommage au Poilu inconnu de l’Arc de Triomphe, et aux grands morts qui reposent dans tous les coins de France ». Mais ce professeur ne veut pas séparer les victimes du conflit d’hier et celles de celui d’aujourd’hui : « Demain la liste des morts pour la Patrie qui sera lue au cimetière ou devant un monument communal sera grossie de noms nouveaux : souvent celui du fils s’ajoutera à celui du père ! ». Ce temps de deuil est d’autant plus pesant qu’il n’existe guère d’espoir de voir la situation évoluer rapidement vers l’exclusion de l’ennemi du territoire national. Il faut économiser ses larmes, surtout ne pas montrer aux Allemands que les restrictions et les privations qu’ils imposent aliènent le moral des braves gens.

    René Cassin lance une passerelle avec la métropole : « Ne croyez pas, chers concitoyens, que le 11 novembre revête moins de gravité pour les Forces françaises libres. Nous les proscrits, que l’on vous dépeint comme des bellicistes dignes de la peine de mort ou comme des aventuriers tout au plus des romantiques peu sérieux, nous enfermons dans nos cœurs des douleurs dont nous ne livrons même pas le secret à nous-mêmes ». Ce qu’il veut faire passer comme message c’est que l’espoir demeure et qu’il faut se référer au calendrier de la mémoire pour réaffirmer ses ambitions. Il faut oser lire entre les lignes une presse soumise à la censure et prendre ses distances avec le discours suiviste d’un gouvernement qui n’a pas bronché après la rencontre de Montoire entre le Maréchal et Hitler : « Nous venons vous confier et s’il le faut vous crier notre foi totale dans la délivrance et la résurrection de la France dans sa seconde victoire sur les forces d’oppression et de haines ». C’est aussi le moment choisi par l’universitaire pour redire son initiative du 11 novembre 1939 qui avait par l’association du coquelicot des Flandres et du bleuet de France affichée la solidarité du poilu et du tommy et permis de recueillir des fonds pour les œuvres des anciens combattants des deux rives de la Manche. « De ce petit fait, laissez-moi tirer une leçon immense. S’il est des traîtres qui ont voulu la défaite de la France, plus nombreux sont ceux qui jugent notre patrie incapable de se relever : ils la croient irrémédiablement vouée à subir l’ordre nouveau imaginé à son profit par un vainqueur provisoire. » A ce tableau plutôt terne, Cassin oppose l’instinct profond des combattants et du peuple.

    LES FRANÇAIS GARDENT ESPOIR

    Conscients qu’il y a de dures épreuves à vivre, les Français sont pour les gaullistes convaincus que les souffrances sont temporaires. Ils n’acceptent pas au fond d’eux-mêmes de se courber devant un ennemi suffisant et arrogant. Ils ont confiance dans les alliés même s’ils ne pipent mot. L’orateur français démontre la solidité du socle britannique et s’amuse de voir les Allemands, malgré leurs bombardements répétitifs, incapables de mettre l’Angleterre à genoux. Cassin ajoute et cite en exemple la Grèce qui résiste contre toute attente avec vaillance à l’invasion déclenchée par les divisions de Mussolini. Et d’extrapoler : « Aux hypocrites apaisements suggérés par les dictatures, la puissante démocratie américaine a riposté par l’élection triomphale de Roosevelt, dans un prodigieux : non ».

    Toute cette réflexion est destinée à provoquer chez chaque participant au 11 novembre un sursaut salutaire : « A votre tour, Français, devant le monument aux morts, à l’Etoile, à l’Eglise ou chez vous, dans cette heure où les serments d’avenir doivent vivifier les souvenirs du passé, vous devez concentrer vos volontés silencieuses vers une résistance invincible ». Bref, la célébration de l’armistice doit être un nouvel appel à s’opposer à l’Allemagne nazie, à s’engager dans un refus définitif avec suffisamment d’intelligence pour ne pas subir la répression brutale de l’occupant. « Avec vos frères de la France libre, avec tous les peuples amis qui continuent à croire en la France, avec les alliés qui ramèneront avec la victoire une paix digne de nous tous, vous fermerez la porte au désespoir. » Avant de conclure avec solennité : « Le 11 novembre 1940, à l’oppression et aux lâches vous répondrez tous : non ! » De son côté Yves Morvan n’est pas en reste pour fustiger le discours protecteur de Laval en faveur des liens nouveaux entre Hitler et Pétain. C’est la France des valets qui répond à son maître teuton. Evoquant à son tour la victoire de 1918, il considère qu’en ce jour de 11 novembre a surgi l’irrésistible espoir d’une résurrection avant d’apporter ce commentaire : « Contre cet espoir, personne désormais ne pourra plus rien ». Parce que la France veut redevenir libre et grande, la victoire alliée contre les ennemis communs est actée. Ce qu’il faut au pays : « C’est la dignité, c’est la résistance face à un vainqueur trop bien connu pour qu’on puisse un instant songer composer avec lui ». Morvan est certain que la France et les Français ne peuvent pas vivre dans l’atmosphère délétère de la défaite et de la lâcheté pas plus qu’ils ne sont en mesure de demeurer à genoux. Il leur demande d’écouter les poilus, de prier avec eux pour la libération de la France et de retenir cet épigramme à la manière de Voltaire : « L’autre jour dans le fond d’un val, un serpent piqua Pierre Laval. Que pensez-vous qu’il arriva ? Ce fut le serpent qui creva ». C’est une autre manière de célébrer l’armistice de s’en prendre avec humour à tous les médiocres et tous les vaniteux qui ont profité de la défaite pour se mettre au premier rang et démontrer leur vile complicité avec un ennemi qui les a placés sous sa botte. Comme les poilus d’hier, les soldats qui ont rejoint de Gaulle iront jusqu’au bout avec courage et abnégation pour être dignes de leurs aînés dont la terre de France a bu leur sang versé. A ces braves défendant jusqu’à la mort le drapeau de la patrie, des fils sont maintenant prêts à faire de même. On sait aussi qu’à Londres, Winston Churchill ne veut pas faire l’impasse sur la victoire obtenue pendant la Première Guerre mondiale parce qu’elle invite à confirmer par les armes que les Alliés auront le dernier mot.

    HERVÉ CHABAUD


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    Une jeunesse patriote

    Les lycéens de Janson de Sailly ont joué un grand rôle dans l’organisation de la manifestation pour rendre hommage aux poilus et s’insurger contre l’acceptation par Vichy de l’interdit de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918.
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  • 11-NOVEMBRE 1940. Les lycéens et les étudiants qui rendent hommage aux poilus de la Grande Guerre à l’Arc de Triomphe défient dans le même temps Vichy et l’occupant.

    Qu’est-ce qui motive de jeunes lycéens et des étudiants à aller manifester à l’Etoile alors que c’est interdit pour que le 11-Novembre soit célébré avec la plus grande dignité en mémoire de tous les soldats morts au champ d’honneur ? De l’audace, du courage, une irrésistible envie de dire non au joug nazi. Jacques Dupâquier, aujourd’hui membre de l’Institut, explique son d’état d’esprit d’alors. Il est en hypokhâgne à Louis-le-Grand ce qui ne l’empêche pas d’être un antivichyste virulent. Dans sa chambre, il a accroché au mur un croquis grossier du général de Gaulle. Il distribue quelques coups de poing pour se faire respecter et est suspecté par le censeur d’être un indiscipliné. Dans les locaux de l’Alliance française, boulevard Raspail où sont dispensés les cours, il se lie à Claude Santelli, un garçon qu’il estime plus réfléchi et cultivé que lui. C’est par son biais qu’il fréquente Favreau, un professeur d’histoire de l’établissement qui rue Racine, au-dessus de la librairie Flammarion, réunit les premiers résistants. S’il choisit de se rendre à l’Etoile pour manifester, sans en dire mot à ses parents : « C’est dans le fol espoir d’une insurrection populaire ». Néanmoins avant d’y aller, il leur écrit ce texte qui contient un gros mensonge mais illustre parfaitement le fond de sa pensée : « C’est aujourd’hui le jour de l’Armistice et il se prépare des événements importants. Une alerte sonne en ce moment. Cela fait la troisième depuis quelques jours. Toute la journée d’hier, il y a eu de grosses bagarres sur les boulevards. Des civils criaient : « Vive Hitler ! A bas les Juifs ! » Ils ont été écharpés. Il y avait aujourd’hui consigne de faire grève, mais nous n’avons pas voulu, à Louis-le-Grand, parce que cela ne donne rien et que nous sommes menacés d’être enfermés mardi si cela remue maintenant. La Sorbonne, par contre, va chauffer. Rassurez-vous, je ne me mêlerai pas aux manifestants ». Ses parents sont-ils dupes ? Il ne le dit pas. Il retrouve Santelli. D’évidence, la circulaire du recteur Roussy qui leur a été lue en classe ne les a guère impressionnés. Celui qui les met en garde contre toute agitation redouble leur envie. A ce qui est pour bien des jeunes une obligation morale s’ajoute une envie d’en découdre : « J’avais emporté dans ma poche le rasoir bien affûté de mon grand-père, dont j’espérais pouvoir me servir éventuellement pour couper les jarrets des chevaux si nous étions chargés, comme je l’avais lu dans plusieurs récits historiques ! ». Vers 17 heures, le haut des Champs-Elysées est saturé de monde et au moins trois mille jeunes sont rassemblés prêts à s’avancer vers l’Arc de Triomphe entre deux haies de policiers français. Plusieurs gradés impressionnés par la détermination de ces manifestants parmi lesquels quelques-uns reconnaissent leurs enfants recommandent la plus grande prudence : « Surtout, ne faites pas les cons ! ».

    « VIVE DE GAULLE, VIVE LA FRANCE ! »

    Bientôt une Marseillaise puissante monte de la foule qui occupe tout le trottoir entre l’avenue de Wagram et l’avenue Friedland. Puis des cris retentissent : « Vive de Gaulle ! Vive la France ! ». La police charge mais mollement alors que les groupes se reforment cinquante ou cent mètres plus loin. Parmi eux, il y a Claire Walbaum, une jeune Rémoise qui dit sa détestation de l’occupation et sa défiance envers Vichy. Trois-quarts d’heure plus tard, pensant le rassemblement achevé, une partie des manifestants quitte les Champs-Elysées et regagne la rive gauche. Ceux-là ne voient pas l’arrivée des Allemands et la charge des manifestants par leurs soins. Max Walker du lycée Buffon sait qu’il n’a pas le droit de célébrer le 11-Novembre. Mais cet élève de première retrouve son copain Maurice Roy avec qui il se rend souvent, en fin d’après-midi, au Quartier latin pour discuter avec d’autres jeunes partageant leurs idées. Le 4 novembre au premier étage du café le « D’Harcourt », il entend une jeune fille leur dire : « Dans une semaine c’est le 11-Novembre, nous devons faire quelque chose de grand, donner une belle image des étudiants. Il faut aller rendre hommage au soldat inconnu de l’Arc de Triomphe, apporter des fleurs, chanter la Marseillaise, même si c’est défendu ». Cette jeune fille qui parle avec vigueur et cœur, c’est Geneviève de Gaulle. Même si le jour de la commémoration de l’Armistice n’est pas chômé et que les manifestations sont annulées, cela n’empêche pas Walker et Roy d’être au rendez-vous de l’Etoile. Ils constatent que les forces de l’ordre tentent de les en empêcher. Si certains agents sont conciliants d’autres s’empressent d’appréhender les manifestants isolés d’un groupe. « Quand nous sommes arrivés, Maurice et moi, à hauteur du Normandie, un reflux de foule redescendant très vite nous a déstabilisés et séparés. J’ai entendu des coups de feu, des cris. J’ai vu des uniformes allemands qui arrivaient par les avenues Friedland et Hoche. Cela devenait dangereux. J’ai réussi à aller me planquer dans un Prisunic du coin de la rue La Boétie. » Malheureusement son camarade Maurice Roy est arrêté et incarcéré au Cherche-Midi. Maltraité, il n’est libéré que trois semaines plus tard. Plusieurs dizaines de jeunes ont été interpellés par les Allemands dans la seconde partie de la manifestation. La révolte des lycéens et des étudiants de Paris est saluée en Grande- Bretagne. On en parle aux Canada, aux Etats-Unis, en Australie !

    En province aussi, des initiatives sont prises. Philippe Wacrenier en est témoin et acteur. A Compiègne, si proche de Rethondes, ne pas commémorer l’Armistice relève de la provocation. Elève en première A’, il choisit de marquer le coup avec un groupe du collège. De l’argent est collecté. Les ados sont généreux. Une gerbe est commandée chez un fleuriste. Le 11 novembre, avec un camarade, il passe la prendre. Il faut ensuite traverser la ville. Les deux garçons rencontrent un de leurs professeurs et lui expliquent qu’ils vont déposer les fleurs : « devant le monument aux anciens élèves du collège morts pour la France en 14-18 ». Ils montrent le texte qui figure sur le ruban : « Les jeunes aux anciens ». L’enseignant reconnaît que le texte n’est pas provocateur mais il est imprimé en lettres dorées sur un ruban bleu-blanc-rouge. Et de les mettre en garde : « Vous savez que nos trois couleurs sont interdites par nos occupants. Vous devriez cacher le ruban jusqu’à ce que vous soyez dans la cour d’honneur du collège. Bonne chance ! ». Les deux gaillards parviennent sans encombre à leurs fins : « Nous avons déposé notre grande gerbe cravatée de tricolore devant la plaque où, sur deux colonnes, étaient gravés les noms des anciens du collège de Compiègne morts pour la France, dont celui de Guynemer. Beaucoup de camarades des premières et terminales nous attendaient et nous nous sommes recueillis un court moment sans incident ».

    Lorsque les Allemands arrivent au collège après qu’on leur a signalé une revue où la photo d’Hitler a été affublée par des jeunes d’une bulle insolente, ils découvrent la gerbe que ni le principal et ni le surveillant général n’ont encore remarquée. Ils réclament au chef d’établissement de livrer les coupables. Un général ordonne que l’élève le plus âgé des deux terminales et des deux premières soit arrêté. Le principal est suspendu et les quatre collégiens libérés quelques jours plus tard. Pour Philippe aussi le 11-Novembre est un commencement, celui de la Résistance. Ce sont des fils de poilus.

    H.C.

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    Union101106d - Marne
    BETHENY : Les enfants et la déportation

    Le camp de concentration du Struthof.
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    Jeudi 11 novembre, une gerbe sera déposée à la Mairie Annexe du Petit-Bétheny à 11 h 15. Ensuite, à 11 h 30, rassemblement devant la mairie de Bétheny, défilé, puis cérémonie au monument aux morts.

    A l’occasion de cette journée commémorative, le service culturel de la mairie a souhaité proposer une représentation théâtrale, sur le thème de la déportation.

    A 17 heures, à l’espace Thierry-Meng, le Théâtre à pattes jouera « Avec ou sans étoile ». De la mobilisation générale à la libération des camps, la pièce évoque en quatorze tableaux, tantôt drôles, tantôt tragiques, des moments de la vie de femmes et d’enfants juifs, de résistantes et de résistants qui vont connaître l’horreur des camps de concentration.

    Ce spectacle est accessible à tous à partir de 11 ans.

     

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    Union101106c - Marne
    REIMS : Obsèques / L’adieu à Bernard de Nonancourt

    Bernard de Nonancourt s’était illustré en tant que résistant et combattant durant la Seconde Guerre mondiale.
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  • De nombreuses personnalités de la vie publique
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  • et du monde du champagne sont venues rendre un dernier hommage à Bernard de Nonancourt.
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  • REIMS (Marne). Les funérailles du fondateur du groupe Laurent-Perrier ont eu lieu à la basilique Saint-Remi de Reims où petits et grands ont rendu un hommage poignant à l’apôtre du champagne.

    IL y avait les personnalités de la vie publique et du monde du champagne, le personnel de Laurent-Perrier et ses visages d’émotion, une famille unie puisant dans la foi la force de dominer sa peine, et puis, dans la foule, des gens d’ici impressionnés par l’homme, son parcours, sa réussite, son souffle humaniste.

    Si les mots n’ont pas la puissance du cœur pour traduire la sincérité des sentiments, ils sont pourtant les marques comprises de tous qui témoignent de la grandeur d’un homme.

    « Son idéal l’a porté dans le respect de toute personne. Transmettre son optimisme, grandir et faire grandir les autres étaient chez lui une joie. Il avait les mots justes. Son empreinte restera à tout jamais en chacun d’entre nous » a confié à l’assistance un membre de sa famille.

    Au service des autres

    « Vous avez été la fierté de votre régiment. Vous avez été la fierté de la Champagne. Vous êtes l’une des fiertés de la France » a proclamé, bouleversé, son chef, Robert Galley, compagnon de la Libération, lieutenant de la 1re compagnie du 501e régiment de chars de combat de la division Leclerc après avoir résumé en tribun, le parcours de patriote, de résistant, de combattant du sergent Bernard de Nonancourt et insisté sur son enthousiasme, sa détermination, son audace et son courage au feu. « Tout était grand chez lui. Aujourd’hui la Champagne est veuve », a confié Yves Bénard reprenant les paroles de Georges Pompidou à la mort du général de Gaulle avant de reconnaître : « Il entre naturellement au Panthéon des géants qui ont construit la Champagne ». Ces focus sur l’authenticité de l’être de Bernard de Nonancourt étaient en phase avec l’Evangile des Béatitudes selon saint Mathieu proclamé devant l’assemblée. Comme l’a dit le célébrant : « Les Béatitudes ne sont pas l’apologie de l’échec ou du malheur accepté. Elles sont une invitation à vivre et à aimer par des actes en vérité ».

    Il y avait là, pleine convergence avec ce que le défunt a offert aux siens, à la Champagne, à la France témoignant par sa vie engagée au service des autres que la route du Salut n’est pas une chaussée impraticable. Il y a beaucoup à retenir chez cet homme, sa capacité à constituer un noyau dur de collaborateurs, d’entretenir un esprit commando, d’animer une équipe en mariant la qualité des hommes et des vins, son génie du marketing, sa volonté de faire des vignerons des partenaires, son inlassable souci de défendre le champagne et la Champagne. Alors à l’heure de la bénédiction du corps de Bernard de Nonancourt, cette phrase de saint Augustin, portée sur la première page du livret de la messe d’adieu trouvait tout son sens : « Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m’aimes ».

    Hervé CHABAUD

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    CHAMPAGNE : Obsèques : L’adieu à Bernard de Nonancourt

    IL y avait les personnalités de la vie publique et du monde du champagne, le personnel de Laurent-Perrier et ses visages d’émotion, une famille unie puisant dans la foi la force de dominer sa peine, et puis, dans la foule, des gens d’ici impressionnés par l’homme, son parcours, sa réussite, son souffle humaniste. Si les mots n’ont pas la puissance du cœur pour traduire la sincérité des sentiments, ils sont pourtant les marques comprises de tous qui témoignent de la grandeur d’un homme. « Son idéal l’a porté dans le respect de toute personne. Transmettre son optimisme, grandir et faire grandir les autres étaient chez lui une joie. Il avait les mots justes. Son empreinte restera à tout jamais en chacun d’entre nous », a confié à l’assistance un membre de sa famille. « Vous avez été la fierté de votre régiment. Vous avez été la fierté de la Champagne. Vous êtes l’une des fiertés de la France », a proclamé, bouleversé, son chef, Robert Galley, compagnon de la Libération, lieutenant de la 1re compagnie du 501e régiment de chars de combat de la division Leclerc après avoir résumé en tribun, le parcours de patriote, de résistant, de combattant du sergent Bernard de Nonancourt et insisté sur son enthousiasme, sa détermination, son audace et son courage au feu.

    « Tout était grand chez lui. Aujourd’hui, la Champagne est veuve », a confié Yves Bénard reprenant les paroles de Georges Pompidou à la mort du général de Gaulle avant de reconnaître : « Il entre naturellement au Panthéon des géants qui ont construit la Champagne ». Ces focus sur l’authenticité de l’être de Bernard de Nonancourt étaient en phase avec l’Evangile des Béatitudes selon saint Matthieu proclamé devant l’assemblée. Comme l’a dit le célébrant : « Les Béatitudes ne sont pas l’apologie de l’échec ou du malheur accepté. Elles sont une invitation à vivre et à aimer par des actes en vérité ». Il y avait là, pleine convergence avec ce que le défunt a offert aux siens, à la Champagne, à la France témoignant par sa vie engagée au service des autres que la route du Salut n’est pas une chaussée impraticable. Il y a beaucoup à retenir chez cet homme, sa capacité à constituer un noyau dur de collaborateurs, d’entretenir un esprit commando, d’animer une équipe en mariant la qualité des hommes et des vins, son génie du marketing, sa volonté de faire des vignerons des partenaires, son inlassable souci de défendre le champagne et la Champagne. Alors à l’heure de la bénédiction du corps de Bernard de Nonancourt, cette phrase de saint Augustin, portée sur la première page du livret de la messe d’adieu trouvait tout son sens : « Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m’aimes ».

    Hervé CHABAUD

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    Union101106b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Les anciens combattants débarquent au fast-food

    « Puisque les jeunes ne viennent plus, on va aller les chercher là où ils sont : au fast-food. » Les anciens combattants ont décidé de passer à l’action. En photo, Xavier Maitrepierre, gérant de l’enseigne, et Bruno Dupuis, coordonnateur Mémoire et communication de l’Onac 51.
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  • VITRY-LE-FRANçOIS (Marne). L’office national des anciens combattants va organiser une exposition et une collecte au sein d’un fast-food vitryat. Le but : sensibiliser les jeunes au devoir de mémoire.

    L’OFFICE national des anciens combattants a signé cette semaine un partenariat avec un fast-food vitryat.

    « Nous organisons jusqu’au 11 novembre la collecte au profit de l’œuvre du Bleuet de France, qui permet de venir en aide à des anciens combattants en difficulté - 450 personnes ont été aidées pour un montant total de 120 000 euros en 2009 dans la Marne - et de mener des actions pour le devoir de mémoire », explique Bruno Dupuis, coordonnateur Mémoire et communication de l’Onac 51.

    Alors que les cérémonies de commémoration rassemblent de moins en moins de monde, et surtout de moins en mois de jeunes, l’Onac a décidé d’agir.

    « Si les jeunes ne viennent plus, on va très vite oublier le sacrifice des milliers de soldats morts pour la France. À l’heure où les témoins disparaissent - les deux derniers poilus sont décédés en 2008 - il faut rebooster le devoir de mémoire. Puisque les jeunes ne viennent plus, on va aller les chercher là où ils sont : au fast-food. »

    « Connaître le passé pour comprendre le présent »

    Du 10 au 14 novembre, une exposition présentera l’histoire et les missions de l’Onac et de l’œuvre nationale du Bleuet de France, créé au lendemain de la Première Guerre mondiale.

    Xavier Maitrepierre, gérant de l’enseigne de restauration rapide de la place du Général-Leclerc, n’a pas hésité avant d’accepter l’initiative de Bruno Dupuis.

    « Cette opération n’engage pas mon enseigne, mais le commerçant local que je suis. Je viens de la Meuse, qui fut un département très touché par les guerres. Je pense qu’il faut connaître le passé, pour comprendre le présent, et mieux avancer. Là, je peux contribuer au devoir de mémoire. »

    Le restaurant sera aussi un lieu de collecte, puisqu’une urne y sera déposée le jeudi 11 novembre.

    « Nous avons convié les différentes associations d’anciens combattants à venir rencontrer les jeunes, le 11 novembre pour qu’il y ait un dialogue intergénérationnel sur le sujet », ajoute Bruno Dupuis, qui propose de parler un peu d’histoire, autour d’un hamburger et d’un soda.

    R.H.

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    Union101106a - Marne
    REIMS : Dans les cimetières : Devoir de mémoire chez les scouts

    Toujours prêts !
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    Les scouts d’Europe de Reims ont répondu une nouvelle fois « Toujours prêts » à l’appel de l’association du Souvenir français pour aider les bénévoles à l’occasion de la journée nationale du souvenir en ce 1er novembre.

    Ils se sont répartis et relayés sur les différents cimetières rémois pour favoriser cette collecte qui vise à financer l’entretien des tombes et des monuments des morts pour la France.

    Ce service des scouts, qui ont su donner de leur temps durant leurs vacances, se double d’un geste fort de civisme en mémoire des hommes et des femmes morts durant les différents conflits.

     

     

     

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    Union101105a - Marne
    REIMS : Soldats disparus ou blessés en Opex : Une marche silencieuse à Paris

    La délégation des Diables bleus.
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    Le samedi 30 octobre, José Domice, président de l’Amicale des Diables bleus de Reims et la région, accompagné de son épouse et de Jean-Christian Menu, membre du comité, ont représenté leur association lors de la marche silencieuse organisée à Paris en hommage aux disparus ou blessés en opérations extérieures (Opex) et à leurs familles.

    Le cortège, duquel émergeaient des portraits de soldats, est parti de la place Denfert-Rochereau vers 15 heures en direction du Mur pour la paix, sur le Champ de Mars. Une gerbe a été déposée ainsi que plusieurs bougies de M. Domice en souvenir des soldats de Champagne-Ardenne et des chasseurs tués ou blessés en opex.

    « Nous voulions rendre hommage à nos soldats disparus, mais aussi aux blessés ainsi qu’à tous les militaires français qui sont sur le terrain », a souligné une responsable du Comité de soutien aux familles militaires de France, association à but non lucratif et apolitique.

  •  Des photographies de cet événement sont disponibles dans notre galerie d’images

     

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    Union101104d - Marne
    DORMANS : Au mémorial des victoires : Une main anonyme

    Un geste répété depuis des années…
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    Le 11 novembre prochain , toutes les régions de France ( et au-delà ) se souviendront des sacrifices engendrés par le premier conflit mondial.

    Aux pieds des monuments aux morts , des mémoriaux et autres trés nombreux cimetières militaires , nombre de gerbes seront déposées par élus , enfants des écoles , militaires…

    A Dormans , une main anonyme n’a pas attendue cette date symbolique de l’Armistice de 1918 , pour ne pas oublier.

    En effet tous les samedis matin , les personnes qui s’activent à faire connaître le mémorial des victoires de la Marne de Dormans trouvent aux pieds des grilles de l’ossuaire d’anonymes bouquets de simples fleurs. Un geste qui depuis des années se répête.

     

     


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    Union101104c - Marne
    L’ÉPINE : Souvenir : La flamme est passée

    Moment de recueillement sur le parvis de la basilique.
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    Le comité de la Voie sacrée et de la Liberté organise tous les ans un relais pédestre pour amener la flamme du souvenir de Paris à Verdun.

    Durant un arrêt de quelques minutes sur le parvis de la basilique de l’Épine, en présence des anciens combattants, des porte-drapeaux et des pompiers ainsi que des élus de la commune, la flamme a ainsi été rallumée.

    Et après une minute de silence en hommage aux anciens combattants, les athlètes sont repartis avec la flamme en direction de Verdun.

     

     

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    Union101104b - Marne
    REIMS : Décès de Pierre Guinet, héros de la 2e Division Blindée

    Pierre Guinet était officier de la Légion d’honneur.
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  • Avec le décès de PIerre Guinet, dans sa 92e année, qui fut conseiller municipal de Reims, c’est un autre des héros de la 2e DB du Gal Leclerc qui s’en va.

    Dans la bibliothèque du salon, une kyrielle de médailles, des photos de guerre et un calot grenat des Spahis. Une photo de son mari à la main, Simone Guinet a les sanglots dans la voix pour évoquer le parcours de Pierre, son mari, un homme modeste et discret décédé le 1er novembre.

    Natif de Poitiers, où il a vu le jour le 18 août 1919, Pierre Guinet est arrivé tout bébé à Reims où son papa Hilaire, architecte, participe à la reconstruction de Reims et de Bétheny, après la Première Guerre mondiale. Après des études à Sainte-Macre à Fismes, la guerre lui vole sa jeunesse. De la classe 39, mobilisable, il se précipite à Châlons pour s’enrôler sous les drapeaux.

    Fait prisonnier à côté de Dijon, il parvient à s’échapper en cours de transfert et tente de gagner la zone libre. Il se cache dans une ferme, à Louhans, où il participe aux travaux de la ferme avant d’essayer via l’Espagne de rejoindre l’Angleterre, pour combattre. Mars 1943. Le passage en Espagne est compliqué sans guide, à la boussole et dans le froid. Pas le temps de se réjouir en voyant les lumières d’une ville, ils sont faits prisonniers par des carabiniers qui les conduisent, comme s’ils étaient des assassins à Fuigeres. Après un transfert à Gérone, il se retrouve dans le sinistre camp de concentration de Miranda à Ebro. Par chance, c’est contre deux sacs de farine de blé que la Croix-Rouge obtient sa libération ! Toujours tenaillé par l’envie de servir le pays, il parvient à gagner le Maroc où il choisit de suivre De Gaulle et pas Giraud. Affecté à la 2e Division Blindée du général Leclerc, il s’entraîne au camp de Témara avant de gagner l’Angleterre. Pierre Guinet va faire partie de ces héros anonymes qui ont permis la libération de la France. Il participe d’abord à la libération de la ville d’Alençon, puis de Paris et de Strasbourg, non sans avoir été blessé auparavant dans les Vosges et manqué de perdre un doigt. Comme Bernard de Nonancourt, qui vient aussi de s’éteindre, il fera partie de ceux qui ont pris le nid d’aigle de Hitler à Berchtesgaden. Pierre Guinet était officier de la Légion d’honneur, il avait aussi la médaille militaire et la Croix de guerre 1939-1945.

    Chez Goulet-Turpin

    De retour à Reims il entre au service des achats chez Goulet-Turpin, où il termine cadre et sa carrière au moment du rachat du succursaliste par Promodès.

    Militant dans plusieurs associations d’anciens combattants, dont ceux de la 2e DB, il défendit aussi le sort du fort de la Pompelle. En 1971, le député maire Jean Taittinger l’appelle pour faire partie de la nouvelle équipe municipale. Il devient conseiller municipal le 19 mars 1971, jusqu’en 1977.

    Marié en 1948 à la Poitevine Simone Bragier, il avait quatre enfants, treize petits enfants et trois arrière-petits-enfants.

    Ses obsèques seront célébrées, demain, vendredi 5 novembre, à 14 h 30 en l’église Saint-Jacques.

    A toute sa famille l’union présente ses condoléances attristées.

    Alain MOYAT

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    Union101104a - Marne
    RESISTANCE : Jullouville (Manche) / Résistance : Robert Masson (CDLL) est décédé

    Robert Masson était commandeur de la Légion d’honneur, compagnon de la Libération et croix de guerre 39-45.
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  • Robert Masson, compagnon de la Libération, et proche de Maurice Ripoche, Jacques Ballet et Gilbert Védy à la fondation du mouvement de Résistance Ceux de la Libération (CDLL), est décédé à l’âge de 96 ans.

    Cet aviateur, qui était passé par l’école des élèves officiers d’Avord, avait été démobilisé à Alger en juin 1940.

    Portant « la honte au front » de la défaite et du renoncement de Pétain, il revient en métropole et dès janvier 1941 est un agent très opérationnel du Service de Renseignement Air à Paris.

    Actif et compétent, il devient l’officier traitant des questions d’aviation auprès de CDLL. Il met en place un réseau d’informations sur Vichy et traversera la ligne de démarcation à plus de cinquante reprises. Le 25 décembre 1942, il passe en Espagne pour échapper à la Gestapo. Il est interpellé et se retrouve emprisonné avec Jacques Ballet et l’Ardennais François Sommer.

    Le 8 février 1943, il parvient à gagner Gibraltar puis Londres. En avril 1943, il crée le réseau des Forces françaises combattants « Samson » et en assure les liaisons radio avant de rejoindre en mai le groupe d’aviation 2/52 en Algérie.

    Après de nombreuses arrestations en métropole, il demande à y être parachuté pour réorganiser le Service de renseignement air. C’est chose faite le 9 février 1944. Il regroupe alors les postes SR de zone nord et de Samson et se déplace notamment dans les Ardennes, la Marne et l’Aube où il s’appuie sur des contacts CDLL.

    Il regagne Londres en juin pour un poste important au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA).

    « Après la guerre qu’il a terminée avec le grade de commandant, il a exercé d’importantes responsabilités chez Sud Aviation puis dans les années soixante-dix il a pris la direction d’un établissement thermal. C’est un camarade qui a pris beaucoup de risques et n’a jamais failli dans ses missions clandestines », ajoute Jean Chabaud, président de CDLL Marne. « Il était proche de Jacques Ballet, fidèle à nos réunions de jadis à Châlons et qui a été notre président national, compagnon de la Libération comme lui et François Sommer. Tous deux étaient aussi aviateurs. »

    Robert Masson a été inhumé dans la Manche à Jullouville.

    Hervé CHABAUD


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    Union101103c - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Quête du Souvenir français durant trois jours : 294 euros de plus que l’an dernier

    À la Toussaint, le Souvenir français, aidé par les jeunes sapeurs-pompiers de Vitry-le-François, a déposé une bougie sur les tombes d’anciens combattants morts pour la France.
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  • 849,25 euros : c’est la somme qu’a récoltée le Souvenir français lors de sa traditionnelle quête de la Toussaint.

    Un montant en hausse par rapport à l’an dernier où 555,26 euros avaient été recueillis. « Le fait de passer de 2 à 3 jours de quête est bénéfique », estime le président du Souvenir français, Gérald Gaillet. Pour la première fois, dix bénévoles s’étaient relayés durant trois journées entières - samedi, dimanche et lundi - devant les trois entrées du cimetière du Midi. « Les gens ne viennent pas forcément le jour de la Toussaint honorer les morts. Certains viennent avant, constate Gérald Gaillet. D’autres en revanche se rendent au cimetière le samedi pour nettoyer la tombe. Ils reviennent le lundi déposer une fleur. Au deuxième passage, ils déposent bien souvent quelques pièces… »

    L’argent ainsi récolté sert à financer des projets sur les 53 communes que gère le Souvenir français. A Blacy, l’association restaurera la sépulture du soldat Henri-Vaconet, mort pour la France le 15 août 1917 à Verdun. Ainsi qu’à Saint-Lumier-en-Champagne, la sépulture de l’adjudant Edmond-Loupias, mort pour la France le 25 novembre 1917.

    Le Souvenir français participera également à hauteur de 500 euros à la restauration du monument aux morts d’Arzillières et de celui de Neuville. Et il contribuera à hauteur de 600 euros à la restauration du monument aux morts de Saint-Ouen.

    S.G.


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    Union101103b - Marne
    TINQUEUX : Cérémonie au monument aux morts : Recueillement sur les tombes des soldats

    Onze tombes de soldats, décédés pendant la guerre 1914-1918, ont été fleuries.
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  • Lundi matin, jour de la Toussaint, les anciens combattants, conseillers municipaux et porte- drapeaux se sont rendus au cimetière municipal, rue des Frères Glorieux pour se recueillir et fleurir onze tombes de soldats de la guerre 1914-1918 tombés sur le sol de Tinqueux.

    C’est la tradition, le 1er novembre, Gilles Richard, le président des Anciens Combattants et Lucienne Becker, l’adjoint au maire pour les cérémonies déposent ensemble des chrysanthèmes au monument aux morts en hommage aux enfants de Tinqueux morts pour la France. Gilles Richard a remercié les ateliers municipaux pour l’entretien permanent des onze sépultures, en particulier le lieutenant Pascal Colin, chef de corps des pompiers volontaires de Tinqueux pour l’aide apportée à cette cérémonie : « Vous savez redonner une identité à ces morts de la guerre 14/18 qui sont enterrés et quelques fois oubliés dans l’ancien cimetière communal des Frères Glorieux ».

    Un geste de mémoire d’une grande sobriété, mais à l’honneur des nombreux participants qui vont s’associer dans quelques jours aux cérémonies du souvenir du 11 novembre qui se dérouleront à 10 heures, devant le monument aux morts de Tinqueux.

    Les anciens combattants, les élus de la commune et les porte-drapeaux rassemblés à l’ancien cimetière communal des Frères Glorieux pour fleurir 11 tombes de poilus.


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    Union101103a - Marne
    COURCY : Les uniformes de la grande Guerre

    Pour se fondre dans la nature, le pantalon rouge fut abandonné.
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  • Novembre 1914 dans les tranchées de Courcy. Le temps était gris et quelques flocons de neige tombaient. Le brouillard épais habituel en Champagne pendant l’automne, formait un écran sur la plaine, favorisant ainsi la continuation des travaux de tranchées.

    Les premières lignes traversaient à la perpendiculaire le canal au beau milieu des Cavaliers de Courcy. Ces Cavaliers sont des levées de terre de part et d’autre du canal de l’Aisne à la Marne. Dès le début des hostilités, beaucoup d’officiers avaient été abattus par des tireurs d’élite allemands formés dans les compagnies d’Infanterie. Ansi, le 13 novembre, le commandant Wiart, chef de bataillon du 36e RI, se trouvait dans les tranchées de 1re ligne. Il a été immédiatement repéré par un tireur allemand perché sur une meule de foin, à cause du chiffre d’or du col de sa vareuse. Le chef de bataillon s’est écroulé, mortellement touché. L’ordre a été donné à ces hommes d’abandonner la vareuse, pour la capote de troupe, avec des galons à taille réduite.

    Les cartouchières et les ceinturons étaient réalisés en grosse toile à cause de la pénurie de cuir. Ces équipements de fortune ne tenaient pas longtemps en 1re ligne ! Dans son paquetage, chaque soldat recevait un pantalon rouge garance, une capote bleu marine, un képi et un fusil à baïonnette.

    A cause de ces couleurs vives, les soldats étaient des cibles faciles ! Le bleu horizon, plus discret, choisi pour le nouvel uniforme, deviendra le symbole du Poilu.

    La couleur rouge a été abandonnée pour une seconde raison. La garance, une teinture naturelle qui servait à colorer les tissus en rouge, a été remplacée par un produit chimique allemand. Commercer avec l’ennemi était impensable.


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    Union101102e - Marne
    COURTISOLS : Cérémonies commémoratives : Une flamme pour se souvenir

    La flamme a été rallumée sous le monument aux morts de Courtisols.
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    Partie de l’Arc de Triomphe, et après différentes cérémonie devant les monuments aux morts dans les villages jalonnant le parcours pédestre, la flamme du souvenir s’est arrêtée quelques minutes à Courtisols.

    En présence des porte-drapeaux des anciens combattants, des pompiers et des élus présents, la flamme a été rallumée et après une minute de silence en hommage aux anciens combattants, les athlètes sont repartis vers Verdun où la flamme a été remise au maire hier 1er novembre à 18 h 30.

    Elle sera ensuite acheminée vers l’ossuaire de Douaumont pour les cérémonies commémoratives du 11 novembre.

     


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    Union101102d - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Cérémonies de la Toussaint à Sainte-Ménehould : Des fleurs pour se souvenir

    Une délégation d’Argonn’Notes a assuré les sonneries réglementaires.
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  • A l’occasion des fêtes de la Toussaint, des cérémonies du souvenir étaient organisées à Sainte-Ménehould.

    Elles ont débuté par une messe célébrée en l’église Saint-Charles.

    Puis les autorités civiles et militaires se sont dirigées vers l’ancien lycée Chanzy afin de fleurir d’une gerbe la plaque dédiée aux anciens de cet établissement.

    Le cortège s’est ensuite rendu au cimetière de la route de Florent afin d’y déposer également des gerbes. Guy Léonard, président du Souvenir français, a lu le message du président national qui rappelle l’objet de cette date.

    Les sonneries réglementaires et la Marseillaise ont été interprétées sur les deux lieux par une délégation d’Argonn’Notes en présence, entre autres, de Bruno Bourg Broc, député maire de Châlons, du corps des sapeurs-pompiers ménehildiens ainsi que des JSP (jeunes sapeurs-pompiers).


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    Union101102c - Marne
    CHALONS : Hier matin à Châlons : En mémoire des victimes de guerre

    La stèle des rapatriés est érigée dans le cimetière du Sud.
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  • Les anciens combattants ayant servi en Afrique du Nord se sont recueillis hier matin devant la stèle des rapatriés, érigée dans l’enceinte du cimetière du Sud. Le monument est dédié aux victimes civiles et militaires.

    La cérémonie, qui s’est déroulée sans discours, a rassemblé une quarantaine d’anciens combattants, en présence du délégué départemental Jean Arbassette.

    La cérémonie du Souvenir a eu lieu juste avant au cimetière de l’Est, devant le monument dressé en 1874. Il est d’ailleurs à noter que les victimes du conflit de 1870 ont été mentionnées, aux côtés de celles des guerres suivantes.

    Le recueillement a également été marqué par le don de chrysanthèmes de la part d’une anonyme. Un geste rare qui a manifestement touché les participants.

    Fnaca

    La Fnaca tiendra assemblée générale le samedi 25 novembre à partir de 9 heures à la maison du combattant (cité Tirlet).

    Repas possible après l’assemblée. Réservations au tél. 03.26.65.36.61.


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    Union101102b - Marne
    ORMES : Souvenirs, souvenirs…

    Photos à l’appui, Jeanine Mobillion a expliqué que pendant la guerre, elle avait dû prendre en charge les tâches réalisées d’ordinaire par son mari.
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  • Léa, Manon et Arthur ont écouté avec beaucoup d’intérêt les souvenirs des anciens du village. Jeanine Mobillion a expliqué que pendant la guerre, elle avait dû prendre en charge les tâches réalisées d’ordinaire par son mari.

    Elle effectuait le ramassage du lait et sa belle-sœur Thérèse tenait le café-boulangerie, l’ancienne briqueterie de son père.

    Photos à l’appui, elle a évoqué la destruction presque totale du village en 1914/1915, l’exode de la population, l’occupation en 1939, la libération en 1945, des événements qui ont laissé des traces.

    Jeanine regrette beaucoup qu’il n’y ait plus d’école dans le pays et trouve qu’ « on a du mal à dire bonjour, on ne se connaît plus les uns et les autres ».

    Michel Suply, le maire du village, a parlé de la vie du village : les rencontres entre habitants, la fête patronale, le rôle des associations, les décisions du conseil municipal, la randonnée organisée par les maires des villages,…

    Les enfants se sont finalement vus à la télé et se sont initiés au montage d’images.


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    Union101102a - Marne
    TINQUEUX : L’Union nationale des parachutistes de la Marne en AG : Une journée dédiée à Michel Valet

    Le président de l’UNP, Jean-Louis Leboeuf, le maire de Tinqueux, Jean-Pierre Fortuné, Line Valet, Robert Bertrand et Gilles Richard, président des ACVT.
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  • L’UNP (Union nationale des parachutistes de la Marne) regroupe tous les parachutistes anciens ou encore en activité. Elle est présidée par Jean-Louis Leboeuf et compte actuellement environ une centaine d’adhérents.

    Elle vient de tenir son assemblée générale et de fêter par la même occasion la Saint-Michel. Un programme chargé attendait les participants qui s’étaient donné rendez-vous à la salle Paulette-Billa dès 9 heures pour l’assemblée générale, suivi ensuite d’un défilé et d’un dépôt de gerbe au monument aux morts.

    Un certain nombre d’anciens paras et leur famille se sont rendus ensuite à l’église Sainte-Bernadette pour se joindre aux paroissiens pendant la célébration dominicale en l’honneur de saint Michel.

    Ils se sont retrouvés ensuite à la salle des fêtes Guy-Hallet pour un vin d’honneur et un repas chaud.

    La journée était dédiée également à Michel Valet, Aquatintien, membre assidu de l’UNP, décédé récemment et qui s’était mobilisé au sein de l’association pendant de nombreuses années.

    Cette cérémonie s’est déroulée en présence de Line, son épouse, de M. Boulanger, délégué régional Grand Est, du président de la section de Nancy, des représentants UNP des Ardennes et de l’Aisne et de Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général de la Marne.

    Un hommage simple et sympathique qui a clôturé une agréable après-midi dans l’indéfectible amitié parachutiste.

    Pour tout renseignement, vous pouvez vous adresser au trésorier de la section, Robert Bertrand, au 03.26.08.49.94.


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    Union101101c - Marne
    HISTOIRE : Vie sous l’Occupation : Vos témoignages nous intéressent

    Vous avez vécu le temps de l’occupation. Vous étiez adultes, adolescents ou enfants. Vous avez des souvenirs précis de moments qui vous ont marqué en 1941, 1942, 1943, que ce soit dans la vie quotidienne ou au moment des fêtes de Noël, du Nouvel an, de Pâques. Vous vous rappelez le temps des moissons, les queues devant les magasins et toutes les difficultés liées au ravitaillement.

    Vous avez des images de ce temps-là. Écrivez à Hervé Chabaud, 5, rue de Talleyrand, 51083-Reims-Cedex. l’union-L’Ardennais vous feront revivre, l’année prochaine, les aspects de la vie quotidienne pendant la Seconde Guerre mondiale en s’appuyant sur vos témoignages et des documents d’archives.

    Cette vie qui a été la vôtre nous intéresse. Votre mémoire est importante. Elle symbolise ce qui vous a le plus marqué et cela nous sera utile.


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    Union101101b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : De Paris à Verdun via Châlons : La flamme du souvenir ne s’éteint pas

    La flamme arrivera à Verdun aujourd’hui, à 18 h 30.
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    Partie de l’Arc de Triomphe, sur le tombeau du Soldat inconnu, la flamme du souvenir est arrivée à Châlons hier matin, devant le monument dédié à tous ceux qui sont morts pour la France, avant de reprendre le chemin de Verdun. L’étape a donné lieu à une grande cérémonie, en présence des anciens combattants, des autorités civiles et militaires. « Avec la disparition progressive des anciens combattants de la Grande Guerre, les cérémonies de la Flamme ont disparu, seule la ville de Verdun continue à perpétuer cette tradition », un constat que le Comité de la Voie Sacrée et de la Voie de la Liberté dresse de manière réaliste. Depuis 1980, cette structure ramène la flamme par le biais d’un relais pédestre de Paris à Verdun, pour maintenir le souvenir. Portée par une association sportive du ministère de l’Intérieur, la flamme suit un parcours de 350 kilomètres, en passant par Meaux, Château-Thierry, Epernay, Châlons, Revigny et Nubécourt. « Les cérémonies de la flamme du souvenir concernent maintenant les victimes de 14-18, de 39-45, d’Afrique du Nord, d’Indochine et des Opex, les opérations extérieures », souligne Maurice Michelet, qui préside le comité directeur.

     

     


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    Union101101a - Marne
    BOUY : Histoire / Aviation / Il y a 70 ans : la disparition d’Henri Guillaumet

    Henri Guillaumet (à gauche) au côté de son ami Antoine de Saint-Exupéry.
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  • AUJOURD’HUI à Bouy, un joli village de la Champagne crayeuse près de Châlons-en-Champagne, on se souvient d’un enfant du pays, figure incontestée de l’épopée de l’aviation, héros de l’aéropostale, ami de Jean Mermoz et d’Antoine de Saint-Exupéry, disparu alors qu’il transportait le Haut-commissaire de France en Syrie, Jean Chiappe, qui rejoignait son poste. Henri Guillaumet avait 38 ans. Jugé trop vieux, il avait été écarté de l’aviation de chasse en 1939 mais remplissait toutefois des missions d’État de transport.

    « Sommes mitraillés, avion en feu »

    On ne sait pas exactement ce qui s’est produit ce 27 novembre 1940 dans le ciel méditerranéen, tant le gouvernement de Vichy s’est employé à manipuler les informations relatives à ce drame pour accuser formellement les Britanniques d’être responsables de la mort du pilote, de l’homme politique et de tous les passagers du quadrimoteur Farman à bord duquel ils volaient en direction de Tunis. À midi et six minutes, Guillaumet envoie ce message alors qu’il se trouve à mi-chemin entre la côte de Sardaigne et la côte d’Afrique : « Sommes mitraillés, avion en feu, SOS. »

    Il s’agit des dernières paroles du pilote marnais qui survole alors une zone maritime où des navires anglais et italiens sont engagés dans une violente canonnade. On n’a jamais retrouvé Henri Guillaumet ni ceux qu’il transportait.

    Ce fils de petits paysans, né en 1902, intuitif, talentueux qui, à Orly, dans l’école de Charles Nungesser, s’impose comme le surdoué de sa génération avant d’obtenir le 15 octobre 1921 son brevet, meurt en pleine guerre aux commandes de son appareil. On tait l’information puisque les Marnais doivent attendre le 1er décembre et un article sur quatre colonnes à la Une de L’Éclaireur de l’Est pour apprendre la tragédie. On cherche à justifier cette dissimulation : « Si le gouvernement français n’a pas fait connaître plus tôt cette triste nouvelle qui prive la France de l’un de ses meilleurs serviteurs (Chiappe), c’est qu’il espérait jusqu’au bout que les passagers et l’équipage avaient pu être recueillis par des bateaux de guerre ou autres croisant dans les parages ».

    Vichy accuse les Anglais

    Toutes les recherches sont demeurées vaines. Les reconnaissances aériennes engagées depuis Tunis et l’envoi sur zone du torpilleur « Buffon » ne donnent aucun résultat. Ce qui contraint Vichy à cette déclaration : « Le gouvernement français s’incline douloureusement devant toutes les victimes. Dans un même sentiment de gratitude, il associe à cet hommage le pilote de l’avion et son équipage (Reine, Leduff, Franquez et Montaubin) dont les preuves d’abnégation ne se comptent plus et qui ont trouvé dans le ciel, la mort tant de fois bravée par eux ». L’Éclaireur de l’Est ajoute dans ses colonnes : « A toute la famille Guillaumet, à son frère entrepreneur à Bouy, nos condoléances les plus sincères en cette épreuve qui est celle de la France tout entière, endeuillée par la mort du pilote qui avait bien mérité de son pays. » Vichy accuse les avions de la RAF d’être responsables de la mort de Chiappe et Guillaumet mais la BBC dément avec fermeté tandis que les Italiens ciblent « L’Intelligence service » d’avoir abattu volontairement le Farman.

    Le 12 décembre 1940, un service solennel à la mémoire de Chiappe, de Guillaumet et de son équipage, présidé par le cardinal Suhard, ancien archevêque de Reims, est célébré à Notre-Dame de Paris. Des très nombreuses personnalités sont présentes parmi lesquelles Pierre Laval, vice-président du Conseil.

    Hervé CHABAUD


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    Union101031g - Marne
    REIMS : « A mon inconnu que j’aime » : Danielle Doremus, marraine de guerre

    Danielle Dorémus a épousé Guy, dont elle était la marraine de guerre durant le conflit franco-algérien.
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  • Pour son documentaire TV consacrée aux marraines de guerre durant la guerre d’Algérie, Rémy Collignon a rencontré plusieurs Rémoises dont Danielle Dorémus

    DANS le grand cadre du salon, la photo de Guy son mari, décédé voilà deux ans d’un cancer à 70 ans est en bonne place. Non, Danielle Dorémus n’oubliera jamais l’amour de sa vie : le frère d’une copine de Vitry-le-François dont elle est devenue sans même le connaître la marraine de guerre durant le conflit franco-algérien et qu’elle a épousé après la guerre en 1963. Et si cette Rémoise depuis 1967 nous a ouvert ses portes, c’est justement parce qu’elle témoigne ainsi qu’une autre Rémoise dans le documentaire de 52 minutes qu’a consacré aux marraines de guerre le réalisateur Rémy Collignon dans un film intitulé : « A mon inconnu que j’aime » qui sera diffusé en novembre sur la chaîne LCP.

    « On ne s’est pas tutoyé tout de suite »

    « J’avais 17 ans et j’étais vendeuse à Vitry-le-François quand ma copine Marie-Antoinette m’a demandé si je ne voulais pas correspondre avec son frère Guy ajusteur mécanicien à la Faïencerie et qui était parti faire la guerre en Algérie en 1959 bien qu’il soit soutien de famille. Je ne le connaissais pas du tout mais je n’avais pas de garçon. J’ai accepté et on s’est écrit régulièrement une fois par semaine à peu près. Marie Antoinette m’a donné sa photo. J’étais contente de connaître quelqu’un et petit à petit ça a accroché » se souvient Danielle avec émotion. « On ne s’est pas tutoyé tout de suite. Parfois il y avait des problèmes de délai dans les courriers. Il était romantique. Il m’envoyait des fleurs séchées de l’oued. Moi je lui envoyais parfois des colis avec des gâteaux, des cadeaux, une montre. Il me l’a dit mes lettres l’aidaient moralement. Je l’ai par exemple consolé quand il a vu un copain sauter sur une mine car il a toujours pensé que c’était lui qui aurait dû mourir. Il en était triste. Je lui ai expliqué que c’était le destin. »

    Mariés en août 1963

    Heureusement tous les conflits ont une fin. Guy est revenu en train à Vitry-le-François en octobre 1961. « Pour aller le chercher à a gare, j’avais mis une jupe plissée et une veste en velours vert. Il m’a dit plus tard qu’il s’en souviendrait toujours. Lui était très bronzé et les gens lui demandaient s’il revenait de vacances. Il enrageait. »

    Danielle et Guy se sont mariés en août 1963 et Guy a travaillé chez Kemmp avant de déménager sur Reims en 1967 dans le quartier Orgeval. Le couple a eu trois enfants. Guy a terminé sa carrière professionnelle à Muizon chez Thierion. Pour ses états de service, il a reçu la médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en AFN, la République n’avait pas encore reconnu qu’il s’agissait bien d’une guerre en Algérie. Il a obtenu aussi la croix du Combattant.

    Le documentaire sera diffusé sur la chaîne LCP le lundi 1er novembre à 20 h 30, le samedi 6 novembre à minuit, le dimanche 7 novembre à 21 h 05, le jeudi 11 novembre à 16 h 30 et le samedi 13 novembre à midi.

    Alain MOYAT

    Etrange destin

    « J’ai voulu faire le portrait de femmes qui à leur manière ont vécu d’étrange façon la guerre d’Algérie » explique Rémy Collignon, réalisateur du documentaire, dont les parents se sont eux-mêmes mariés après avoir correspondu durant la guerre d’Algérie.

    « C’est étrange de voir comment des destins ont pu se tisser, comment des gens ont pu se dire qu’ils s’aimaient sans s’être jamais vus. L’histoire de mes parents m’a ému bien sûr et j’ai voulu voir comment cela avait pu se passer dans d’autres couples. J’ai fait passer une annonce dans « l’ancien d’Algérie » la revue de la Fnaca et c’est comme cela que j’ai pu commencer mon documentaire ».

    Et le réalisateur d’ajouter, avec une pointe de tristesse, cette confidence : « Ce qui m’émeut c’est que j’avais rencontré Danielle et Guy il y a trois ans, je les ai enregistrés pendant une heure et quand j’ai vraiment eu le financement l’an dernier, j’ai appris que Guy était décédé. »

    A.M.


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    Union101031f - Marne
    REIMS : Elle a reconstitué la vie de son grand-père Auguste, le fil interrompu

    Dans l’atelier de gravure Recto-Verso, l’auteur… la petite-fille : Marie-Odile Guy.
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  • UN jour, Marie-Odile Guy hérite de divers documents. « Parmi ceux-ci, deux albums de cartes postales auxquels, petite fille, je n’avais pas le droit de toucher », explique cette Rémoise, ancien régisseur du musée des Beaux-arts.

    Elle prend connaissance d’une correspondance échangée entre sa grand-mère et son grand-père, qu’elle n’a pas connu. « C’était un choc émotionnel. J’ai dit à mon mari : C’est un véritable puzzle ! » Petit à petit, elle découvre un personnage très attachant, riche humainement et elle se dit « Il faut que ses arrière-petits-enfants puissent savoir qu’ils ont eu cet arrière-grand-père, totalement oublié et que c’était quelqu’un de bien ».

    Un modèle de courage

    Munie de photographies, du livret militaire et surtout des 845 cartes postales de la collection de sa grand-mère, elle a commencé à faire le portrait d’Auguste Marcot.

    Il naît en Meurthe-et-Moselle en 1883, d’une famille extrêmement pauvre. Confié aux bons soins des sœurs, il a la chance de bénéficier de l’école de Jules-Ferry. A 18 ans, il s’engage.

    Il se marie en 1910, et, en 1913, laissant sa femme et son fils, fait campagne au Maroc occidental.

    La guerre éclate en Europe, il revient participer aux combats dans l’Oise d’abord, puis en Belgique, où il est blessé.

    En convalescence, il fait la connaissance de sa fille et repart pour l’Algérie. « Il reprend sa place au milieu de ses braves tirailleurs qui l’aiment comme un père », écrit un journal de l’époque. Nouveau retour en France pour participer à la bataille de la Somme, où il est blessé grièvement à l’abdomen le 5 juillet. Après 5 jours d’agonie, le capitaine Marcot meurt le dimanche 9 juillet 1916, à l’âge de 33 ans.

    Construit autour des 5 jours d’agonie d’Auguste, le livre « puzzle » est illustré de 9 eaux-fortes et de 4 linogravures de Marie-Christine Bourven qui a parfaitement saisi le côté humain et la souffrance de la guerre.

    Exposition à la Galerie du Cardo 27, rue Henri-IV. Recto-Verso 63, rue Camille-Lenoir.

    Les derniers jours du capitaine Marcot
    Quelques instants de calme pour Auguste Marcot, au Maroc devant son nouaïl.
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  • Par le texte de sa petite fille, Auguste Marcot revit dans les mémoires. « Par un bel été de 1916, au beau milieu de la guerre, quelque part dans la Somme » : l’offensive est prévue le 1er juillet dès 7 h 30. Mais la division marocaine n’interviendra que le 4. Le 5 juillet, Auguste Marcot entre à l’hôpital : « Des griffes lacèrent ses entrailles, les crocs d’une bête immonde fouillent ses intestins ». Suivent des « flash-back » sur sa jeunesse, idéaliste et quelque peu romantique : « Ne le voit-on pas parfois, un livre de poésie sous le bras ? ». L’ordre chronologique est - volontairement - malmené : on passe de sa vie de caserne à celle d’écolier. L’ouvrage mêle gravures sombres et cartes postales tendres : « Un contraste entre les récits de son agonie et le côté léger des illustrations de l’époque », explique l’auteur. Le 3e jour, la fièvre est tombée, il se sent mieux, écrit à son épouse : « Je crois que je suis sauvé. Priez pour moi ». Ce sera son dernier message. L’officier revoit des images : « Ce tirailleur qui là-bas dans le Nord, si loin, si près, sous ses yeux en larmes, s’enfonçait dans le fossé boueux ».


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    Union101031e - Marne
    CRUGNY : Du nouveau sur le terrain d’aviation

    Le commandant Brocart, chef du GC12 groupe des Cigognes, est venu sur le terrain de la Bonnemaison.
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  • Les archives des petites communes contiennent parfois des trésors.

    On peut sourire des greniers poussiéreux où s’entassent des papiers devenus d’un marron douteux dans de vieilles boîtes à chaussures que des secrétaires de mairie consciencieux ont mis tant bien que mal à l’abri au fil du temps.

    Mais un jour ou l’autre, il y aura un curieux pour secouer la poussière.

    Les as de l’aviation

    Au cours de la guerre de 1914-18, il y eut quantité de champs d’aviation à l’arrière de la ligne de front sur l’Aisne ; celle-ci bougea peu.

    Dans les semaines qui précédèrent l’offensive du Chemin des Dames, l’un de ces terrains prit de l’importance. Ce terrain dit de la Bonnemaison reçut les as de l’aviation de mars à juillet 1917 tels Brocart, Dorme, Guynemer et bien d’autres comme Fonck, l’as des as.

    Pourquoi ce terrain ? La région à l’est de Fismes présentait un vaste plateau touchant à plusieurs communes situé à la distance souhaitée.

    Document unique

    Un document retrouvé par une passionnée d’histoire dans les archives communales de Crugny, alors qu’il n’existe plus ailleurs (pas aux archives départementales par exemple) permet maintenant d’en délimiter l’étendue.

    A la faveur de cette découverte qui apporte sans aucun doute un regain d’intérêt pour cette période de l’histoire de la région qui vit les débuts du développement technique de l’aviation et la naissance des combats aériens, la société d’histoire créée au village il y a quelques années par Mme Lallement-Jacquesson a redoublé d’activité.

    Elle organise les jeudi 11, vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 novembre, les après-midi de 14 à 18 heures, à l’église (entrée gratuite), une exposition intitulée Crugny, village de l’arrière pendant la guerre de 1914-18 où sera développé le thème de l’aviation.

    Les différentes formes que prit la Première Guerre mondiale dans notre région, seront également évoquées.

    Intéressés par l’histoire

    La vingtaine de personnes qui ont travaillé pratiquement sans moyen sauf le soutien évidemment minime de la commune qui n’a pas de ressources particulières, attendent d’être encouragées dans leurs efforts par la visite des personnes intéressées par l’histoire de leur région.


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    Union101031d - Marne
    MARNE : Générosité : L’œuvre de solidarité du Bleuet de France

    Le Bleuet soutient les soldats français engagés dans des missions de maintien de la paix. Il invite les Marnais à faire preuve de générosité : du 2 au 11 novembre, des quêteurs se tiendront devant les monuments et les cimetières, et des boîtes seront placées chez des commerçants.

    Le Bleuet soutient les soldats français engagés dans des missions de maintien de la paix. Il invite les Marnais à faire preuve de générosité : du 2 au 11 novembre, des quêteurs se tiendront devant les monuments et les cimetières, et des boîtes seront placées chez des commerçants.

    COMME chaque année, les Marnais sont invités à se montrer généreux à l’occasion de la traditionnelle collecte au profit de l’Œuvre nationale du Bleuet de France qui se tient du 2 novembre, jour des morts au 11, jour de la commémoration de l’armistice de 1918. Le service départemental de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre gère cette démarche de sensibilisation, aussi éveille-t-il les consciences sur les missions sociales remplies par cette œuvre.

    Le Bleuet de France vient en assistance à plusieurs milliers d’anciens combattants, de victimes de guerre et d’attentats, épaule aussi des militaires français grièvement blessés en service commandé dans les missions de maintien de la paix ou sur les théâtres d’opérations extérieures. Il n’oublie pas les familles endeuillées des soldats y compris d’aujourd’hui qui meurent pour la France. L’œuvre est aussi active pour perpétuer les commémorations qui appartiennent à l’histoire de la nation et transmettre aux jeunes générations les valeurs républicaines dont les anciens combattants sont des gardiens vigilants.

    Des aides pour les jeunes

    L’an passé ce sont 19 500 ressortissants qui ont été aidés dans le cadre de quatre chantiers financés par les dons et relevant de l’action sociale conduite par le Bleuet de France.

    « Nous avons agi en faveur du maintien à domicile de nos anciens et 288 000 euros ont été investis pour que 3 745 anciens combattants et victimes de guerre dont plus de 2 300 veuves bénéficient d’aides ménagères, de prestations de garde et de soins, de télésurveillance et d’aide aux repas. »

    Des colis pour 13 000 soldats

    L’office propose aussi des hébergements dans des maisons de retraite labellisées Bleuet de France mais il agit aussi en direction des plus jeunes par une aide aux études des pupilles de la nation.

    « Nous accordons des subventions à ces jeunes et elles sont renouvelables jusqu’à la fin de leurs études supérieures dès lors qu’elles sont entreprises avant 21 ans. Cette aide complète les bourses de l’Éducation nationale ou de l’enseignement supérieur. L’an dernier 55 pupilles ont été concernées pour une dépense de 147 000 euros engagée par le Bleuet ».

    On serait incomplet si on ne mentionnait pas la solidarité avec les anciens combattants d’aujourd’hui que sont les soldats français engagés dans des missions de maintien de la paix. Le Bleuet agit en lien avec l’association Solidarité défense pour la confection des colis de Noël dont sont destinataires environ 13 000 soldats français engagés en Opex dans le monde.

    Le Bleuet soutient aussi les projets des départements pour faire vivre la mémoire des anciens combattants par son concours à des manifestations mémorio-culturelles qui peuvent être des rallyes ou des randonnées mémoires, des représentations théâtrales, des projections de films avec débat, des voyages pédagogiques sur de hauts lieux de mémoire. Bref, se procurer un Bleuet en tissu c’est bien agir et perpétrer une tradition qui a débuté le 11 novembre 1934 à Paris.

    Hervé CHABAUD


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    Union101031c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Jean-Baptiste Drouet, du maître de poste au sous-préfet : De la gloire à l’oubli

    Telle se présente aujourd’hui l’ancienne maison de Drouet.
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  • C’était ici l’ancienne maison de postes de Drouet.
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  • Portraits…
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  • Portraits…
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  • LES Ménéhildiens connaissent celui que l’histoire appelle « L’homme de Varennes ». Mais sa participation à cet événement de la Révolution est loin de constituer l’unique fait d’armes de Jean-Baptiste Drouet. Toute son existence sera une suite de péripéties soit liées à la vie militaire, avec des épisodes parfois musclés, soit à sa participation aux événements politiques. Une biographie qui ne laisse personne indifférent, surtout chez les habitants de sa cité d’origine. En 1993, François Duboisy en avait fait le thème d’un colloque qui a donné lieu à l’édition d’une brochure dans laquelle sont consignées les interventions de passionnés d’histoire locale, bien documentés sur le sujet.Né le 8 janvier 1763 à Sainte-Ménehould, Jean-Baptiste Drouet est le fils d’un marchand de bois. Après une solide formation au collège de Châlons-sur-Marne, il s’engage aux dragons de Condé à 18 ans et y servira sept ans.

    Puis il revient dans sa ville natale pour y devenir maître de poste au relais tenu par sa mère. La soirée du 21 juin 1792 le fera rentrer dans l’histoire.

    La cité est en effervescence. A bord des deux voitures en place à son relais, Jean-Baptiste Drouet note que les personnes ressemblent à s’y méprendre aux plus hauts personnages de la dynastie en place. Il observe le comportement trop respectueux d’un officier de dragons à leur égard. Après le départ des voyageurs, il fait part de ses soupçons à la municipalité laquelle lui donne mission de poursuivre et d’arrêter les voitures.

    Les fuyards arrêtés

    Il se met en route avec Guillaume, employé du Directoire du district local. En chemin, ils rencontrent les postillons qui ramènent les chevaux de Clermont et lui précisent que les voitures vont à Varennes. Les cavaliers prennent un raccourci à travers les bois et arrivent à temps pour y alerter la Garde nationale afin que les dispositions soient prises pour arrêter les fuyards. Il sera de retour à Sainte-Ménehould à quatre heures du matin, retournera à Clermont rejoindre le Roi sur la route de son retour forcé, et rentrera triomphalement avec les fugitifs dans sa ville.

    A la suite de ces événements, Drouet et Guillaume se rendent à Paris et sont présentés à l’Assemblée nationale. Récompensés, fêtés et glorifiés, ils reviendront à Sainte-Ménehould. Drouet y sera nommé commandant de la garde nationale. Après la victoire de Valmy, il sera élu député de la Marne.

    Pied gauche brisé

    En septembre 1793, on l’envoie à l’armée du Nord. Dans Maubeuge assiégée par les Autrichiens, il tente une sortie avec une soixantaine de dragons. Il est désarçonné et fait prisonnier. Reconnu, on l’envoie à Bruxelles puis à Brno en Moravie à la forteresse de Spielberg. Il y tentera une évasion, la nuit du 5 juillet 1794, en se jetant d’une hauteur de 200 pieds, avec, pour amortir la chute, un parachute de fortune confectionné dans sa cellule. Il se brise le pied gauche en arrivant au sol et ne sera recueilli que le lendemain matin. Il en conservera une claudication toute son existence.

    Libéré par entente avec les Autrichiens, il sera échangé contre Madame Royale, la fille aînée de Louis XVI, prisonnière au Temple. A son retour, il sera dédommagé et honoré à nouveau. En 1796, nouvel avatar dans son destin : il est arrêté comme complice des conspirateurs « babouvistes ». Le voilà à la prison de l’Abbaye. Nouvelle évasion, réussie cette fois. Il se sauve en Suisse, puis réussit à s’embarquer à Brest sur un bateau en partance pour les Indes néerlandaises. Le navire fait escale aux Canaries, il est attaqué par les Anglais qui s’en emparent et tentent d’envahir l’île. Drouet, alors en visite à terre, se joint aux locaux qui repoussent l’envahisseur. Il se fait rapatrier par l’ambassadeur français local, ayant appris sa mise hors de cause dans la conspiration de Babeuf.

    Décoré par Napoléon

    En 1799, il sera nommé commissaire du Directoire de la Marne à Châlons. Par la suite, il sera sous-préfet de Sainte-Ménehould, le premier d’une longue série. Il résidera rue Gaillot-Aubert où sa maison est encore visible.

    En 1807, Napoléon visite avec lui le site de Valmy, le décore de sa propre Légion d’honneur en lui déclarant : « Monsieur Drouet, vous avez changé la face du monde. »

    A la chute de l’Empire et sous la Restauration, il subit la chasse aux anciens fonctionnaires du régime précédent.

    Il se cache à Paris, car recherché comme régicide.

    Fin 1815, il est à Saint-Denis, se fait embaucher chez un entrepreneur en transports militaires. Il obtient une commission d’ouvrier tailleur à Gap puis à Macon.

    En 1817, il démissionne de son emploi, exploite une petite distillerie d’alcool et enfin s’embauche comme jardinier d’un gros propriétaire malvoyant.

    Il décède le 10 avril 1824. Ultime pied nez du destin, sa compagne, Christine Macker, chargée par lui d’exécuter sa dernière volonté, celle de figurer sous son vrai nom, le déclarera avec un bel accent tudesque à la mairie de Macon sous le nom de Troué…


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    Union101031b - Marne
    LIVRE : L’histoire de France par le petit bout de la lorgnette

    « Soldats, je suis content de vous. Vous avez à la journée d’Austerlitz justifié tout ce que j’attendais de votre intrépidité. Vous avez décoré vos aigles d’une immortelle gloire. Une armée de cent mille hommes commandée par les empereurs de Russie et d’Autriche a été en moins de quatre heures coupée ou dispersée. Ce qui a échappé à votre fer s’est noyé dans le lac…. »

    Napoléon écrivait ainsi aux Braves d’Austerlitz au lendemain de la victoire du 2 décembre 1805. De quoi galvaniser ses grognards pour de futurs affrontements. Celui-là avait fait 1.300 morts côté Français et 16.000 côté coalition. Le bronze de 120 canons pris aux Russes et aux Autrichiens avait servi à fabriquer la colonne Vendôme. Ces temps forts de l’histoire vus à travers une lettre, une affiche, un tableau, un dessin, un article de journal, un document administratif, un objet, Jean-Pierre Guéno les a collectés et rassemblés dans un livre à offrir notamment aux plus jeunes qui ont parfois du mal à s’intéresser à notre passé et qui sont habitués à mémoriser des flashs et autres SMS, autrement dit des messages courts et forts pour activer leur mémoire.

    Le procédé permet non seulement de plonger dans l’histoire, mais de s’y attacher à travers ceux qui l’ont faite. Tout est émouvant à l’image de cette poupée du résistant déporté. Roger est interné à Compiègne en mars 1944 avant d’être déporté à Buchenwald d’où il ne reviendra pas. Deux soldats allemands du camp ont sonné un jour chez sa femme et sa petite fille de deux ans. Ils lui offrent une poupée de bois fabriquée par son père en détention. Les photos de l’enfant et de sa poupée en disent plus long sur les horreurs de la déportation et la vie des Français de cette époque, que tous les grands discours. C’est la spécialité de Jean-Pierre Guéno, de dénicher et de valoriser les plus beaux textes de la langue française. Avec Jérôme Pecnard, photographe et graphiste, il privilégie le témoignage de ceux qui ont vécu les moments marquants de notre histoire pour frapper l’imagination. C’est efficace comme ça l’est déjà dans leurs précédents ouvrages : La mémoire du Petit Prince ou Les paroles de l’ombre.

    Ces tranches de vie remarquablement mises en page et commentées par des textes courts et parfaitement synthétiques sont chronologiques. Loin d’être anecdotiques, elles nous en apprennent beaucoup. Qui connaît par exemple les pastels et les huiles de Louis Pasteur ? C’est son père qui l’avait obligé à entrer à l’Ecole Normale et il deviendra le savant que l’on sait et surtout le découvreur du vaccin contre la rage. Mais quel talent pour la peinture hélas abandonnée. Le portrait de sa mère réalisé alors qu’il n’avait que 13 ans est saisissant. Le génie à l’état pur. Une pépite dans une rivière de cailloux.

    Françoise Kunzé

    Jean-Pierre Guéno, « Les diamants de l’histoire ». Mise en images de Jérôme Pecnard. Editions Jacob-Duvernet. 200 pages. 29,90 euros.


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    Union101031a - Marne
    HISTOIRE : 1940


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    La voix des morts

    Ces chrysanthèmes, fleurs du souvenir.
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  • Pie XI reste la référence pour sa critique acerbe du nazisme
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  • Ne pas faire d’impasse sur le calendrier pour rester en contact avec les populations tel est aussi le choix de la Résistance. Et comme le début du mois de novembre cumule deux fêtes religieuses : la Toussaint et le Jour des morts, les Français libres ne tiennent pas dans un pays où la pratique cultuelle est importante, que le message de la hiérarchie catholique plutôt bienveillant à l’endroit de Vichy ne soit trop bien reçu. Le ton est direct, compatissant, grave et témoigne d’une même communion dans le souvenir des défunts. « Nous Français libres d’Angleterre qui sommes loin de nos morts, nous nous enhardissons jusqu’à vous faire une prière et vous demander un service, c’est celui d’aller visiter nos morts pour nous, ceux qui reposent à l’ombre d’un vieux clocher dans un petit cimetière de campagne, ceux qui reposent dans les nécropoles plus somptueuses des villes, ceux qui reposent enfin dans les grands cimetières communs de la guerre de 14-18, côte à côte avec leurs alliés anglais et américains ». Ce temps de silence, cette épreuve du souvenir sont ici placés comme un lien préparatoire à une action d’éclat susceptible d’être posée au moment de la commémoration de l’armistice de la Grande Guerre.

    Lorsqu’il s’adresse aux Français le 3 novembre 1940, le père Alby, aumônier des Forces françaises libres invite chacun à écouter la voix des morts. C’est par le recueillement et la prière que peuvent surgir les justes attitudes. Le prêtre interpelle : « Que nous disent-ils ? Quelles sont les consignes qu’ils nous transmettent ? Interrogez-les et voici ce qu’ils vous répondront, aussi bien ceux qui sont morts glorieusement au champ de bataille, dans le don total et violent d’eux-mêmes à la patrie, que ceux qui, jour après jour, dans un labeur peut-être obscur, ont usé leurs forces pour que la France continue ». Et il ajoute : « Ils vous diront, nous sommes morts pour que la France vive. Soyez fidèles à conserver le dépôt que nous vous avons transmis : restez vous-mêmes, restez Français ». Le prêtre gaulliste tient à ce que les fidèles entrent dans une démarche d’insoumission à l’ordre nouveau, parce qu’il est d’inspiration ennemie et contraire aux valeurs chrétiennes et humanistes qui aident l’homme à grandir. « Ne vous laissez pas prendre à la magie des mots, chers compatriotes : cet ordre nouveau est inacceptable pour un chrétien et pour un Français ». L’aumônier en donne deux raisons évidentes : « Cet ordre est construit sur le racisme allemand dont l’idée maîtresse est la déification de l’Etat germanique et il repose sur la supériorité absolue de la race aryenne ».

    Puisant dans les références des déclarations publiques nazies, le père Alby rappelle ce qui y est affirmé avec force : « Le christianisme et l’âme germanique constituent des antinomies irréductibles ». Et le prêtre de s’appuyer sur le précédent pape, Pie XI, qui a formellement condamné le nazisme. Il délivre la réalité sans brutalité mais avec une pertinence intellectuelle rigoureuse : « Ce soi-disant ordre nouveau est la chose la moins nouvelle du monde, puisque c’est la résurrection de l’antique paganisme au profit d l’idée pangermanique ». Alby sollicite avec profondeur ses compatriotes : « Ecoutez la voix de nos morts. Il me semble les entendre frémir d’indignation dans leurs tombes. Est-ce pour cela que nous avons donné notre vie ? Semblent-ils nous dire. Ne laissez point s’éteindre le flambeau que nous avons transmis, le flambeau de la civilisation chrétienne française ». Son prêche explique que le Christ est debout auprès de ceux qui résistent.


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    La collaboration : une honte française

    L’assouplissement du franchissement de la ligne de démarcation est un doux rêve de Philippe Pétain.
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  • Pétain et Laval incarnent la collaboration même s’ils ne la déclinent pas dans les mêmes termes.
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  • Montoire : l’entretien entre le maréchal et le führer ne passe pas chez beaucoup de Français patriotes.
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  • DECRYPTAGE. Les réactions à la rencontre de Montoire ne se font pas attendre. Si l’attitude de Pétain est dénoncée par les Français libres, Laval en prend aussi pour son grade.

    Comment condamner avec le plus de pertinence la résolution du gouvernement de Vichy d’accepter ce qu’il appelle : « une politique de collaboration avec l’Allemagne » ? Cette question est débattue à Londres par ceux qui secondent le général et interviennent sur les ondes de la BBC pour entretenir la flamme de l’espérance auprès des Français. D’abord, il s’agit de contrer les relais dociles des passerelles établies entre Berlin et Paris. « Les hitlériens de France se saisissent du mot collaboration et prétendent que le führer a surmonté sa victoire » dénonce Georges Boris, le 29 octobre 1940.

    Pour mieux montrer que ces affirmations sont infondées, le journaliste prélève dans les déclarations communes des puissances de l’Axe quelques perles attestant le mépris envers le pays : « La propagande allemande et la propagande italienne ont déclaré dans les mêmes termes que : les Français n’étaient qu’un peuple abâtardi et dégénéré. Elles les proclamaient indignes de jouer aucun rôle en Europe ou ailleurs, indignes même de posséder leur sol et leurs richesses ». Ces mots choisis à bon escient sont destinés à mettre au grand jour le jeu de dupes qui se poursuit.

    Le gouvernement de Winston Churchill comme les Français libres convergent sur le décryptage de la posture allemande. Il n’y a aucun effort accompli par le Reich mais une habile manœuvre pour tromper les honnêtes gens : « Si les Allemands ont changé de ton, ce n’est ni à l’habilité de M. Laval, ni au prestige du maréchal Pétain que cela est dû, comme on voudrait le faire croire ». La seule raison qui justifie à leurs yeux l’acceptation par Hitler de la rencontre de Montoire, c’est la résistance impressionnante de l’Angleterre aux assauts de la Luftwaffe. Le cumul des pertes aériennes enregistrées par Berlin justifie de la part du gouvernement nazi des initiatives pour trouver de nouveaux ennemis au Royaume-Uni. Et la France doit selon le Reich s’allier à ses troupes pour combattre la Grande-Bretagne. Tous les moyens sont bons y compris des paroles rassurantes pour y parvenir.

    Il ne faut pas se laisser abuser. Georges Boris est catégorique : « A supposer par impossible qu’il parvienne à ressaisir la victoire qui lui échappe, combien de temps lui donnez-vous pour reprendre son ancien, son vrai visage, pour écraser de nouveau la France de son mépris et de sa haine, pour la poursuivre de sa volonté d’anéantissement ? ». Ce dialogue dans le wagon-salon du train blindé d’Hitler n’est que le moyen trouvé pour convaincre au plus vite Vichy de s’engager par les armes contre Londres. A tout prix, il faut que les Français n’acceptent pas ce nouvel avilissement. On se préoccupe peu des paroles tenues par le maréchal au cours de l’entretien. On mesure les risques d’une telle politique si elle est validée par le gouvernement. « On leur a promis qu’ils coopéraient à la construction d’une nouvelle Europe. On a fait miroiter devant leurs yeux la perspective d’un avenir meilleur et plus heureux. Sait-on ce qui va advenir ? ». Les gaullistes sont certains du résultat et se fient à la situation qui est décrite au Danemark. Dès le mois d’avril 1940, la solution de la collaboration a été recommandée et acceptée par le Royaume. Le résultat est attristant puisque ce pays où régnait l’abondance pour tout est désormais soumis à un rationnement des plus sévères.

    Comme dans l’Hexagone, l’occupant a mis en marche une politique de pillage en règle de l’économie. Les Français libres résument par le détail les mesures de rétorsions adoptées par les nazis : « Ils ont réquisitionné la récolte de pommes de terre du Jutland, ils ont exigé la livraison de la production de lard. Ils ont fait tuer cinq millions d’animaux de basse-cour. Ils enlèvent chaque semaine par dizaines, par vingtaines de milliers de têtes, pour le faire abattre, le magnifique cheptel qui faisait la richesse du pays ». L’énumération ne s’arrête pas à cette liste déjà accablante puisque les informations recoupées confirment que les confiscations de conserves de viande sont patentes ainsi que celles des pulls et des manteaux d’hiver dans les magasins. Le Danemark ne suffit plus à alimenter sa population et est dans l’incapacité d’exporter le beurre qui était l’un des atouts de son commerce extérieur. Comme les livraisons promises par les Allemands ne sont pas au rendez-vous, la situation se dégrade. Le charbon n’arrive pas, les gens grelottent et l’occupant sourd aux plaintes réclame prioritairement les quantités de lignite extraites dans les mines danoises !

    Si cet exemple ne suffit pas l’argumentaire de la France libre est aussi riche de celui de la situation relatée en Roumanie. Ce pays qui a accepté il y a moins d’un mois la politique de collaboration est soumis à un authentique déménagement de ses ressources agricoles : « En quinze jours, les prix du pain, du sucre, de la viande, du beurre ont été doublés. Il y a une disette complète d’oignons, de pommes de terre, de légumes. A Bucarest, on manque aussi de textiles, de vêtements et de chaussures ». A Sofia, la situation est comparable : « Mercredi 23 octobre 1940, il a fallu introduire en Bulgarie le système du rationnement de la farine, des graisses, du fromage, du riz et de divers autres produits alimentaires ». Bref, par tous ces détails qui sont communiqués à la radio de Londres, les Français doivent comprendre que la politique de collaboration se résume à plus de difficultés au quotidien, à avoir faim et, à terme, à manquer de tout. C’est le piège le plus terrible qui vient s’ajouter à l’humiliation de la défaite. D’ailleurs c’est ainsi résumé par Boris : « Sachez que la collaboration signifie en allemand le droit de commettre toutes les exactions et tous les pillages possibles ».

    Laval est jugé comme l’individu le plus dangereux, le portrait type du « collaborationniste ». On décortique ses interventions multiples dans les journaux et sur Radio Paris. On se pince lorsqu’on l’entend proclamer que son entrevue avec Hitler lui a laissé : « des souvenirs touchants ». Il est comparé à la voix autorisée de l’ennemi à Vichy, à l’agent de Berlin au sein du gouvernement. On résume ainsi le fond de sa pensée : « Aujourd’hui, l’Allemagne et Laval se croient, à tort, sûrs de la victoire. Que cachent donc les souvenirs touchants dont se targue le grand artisan, le profiteur de la défaite ». On accuse tout autant Laval d’être inerte face aux accusations immondes de la presse italienne lorsqu’elle affirme qu’il n’y a jamais eu de suprématie intellectuelle de la France et que ce pays n’a fait que jouer la comédie de la latinité. Ne pas réagir au « Popolo d’Italia » qui affirme que la France est un ensemble vide est un scandale ! On se gausse des affirmations relayées par Radio Paris comme quoi il faut s’armer de patience avant que la collaboration apporte ses premiers fruits. Dès lors qu’on considère que le ravitaillement, le sort des prisonniers de guerre, le chômage ne vont pas s’améliorer dans les prochaines semaines, c’est bien qu’on se contente de relayer la propagande nazie en s’interdisant d’en dénoncer le machiavélisme. On est tenté de dire que Pierre Laval a signé l’arrêt de mort de la patrie. Ce qu’il propose se résume à ce que la France ne soit plus la France !


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    Quand Rome s’en prend à Athènes

    Le duo Hitler-Mussolini n’est pas à l’unisson sur la question grecque.
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  • Une unité italienne défile avant d’être engagée.
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  • A la mi-octobre 1940, le maréchal Pietro Badoglio, chef d’état-major général de l’Italie confie à Mussolini que la question grecque peut être réglée en trois mois pour peu qu’on lui accorde vingt divisions pour mener à bien sa mission. Au palais de Venise, le Duce s’entretient avec son gendre, Gallezano Ciano, ministre des Affaires étrangères, le général Soddu, sous-secrétaire d’Etat à la Guerre, le général Roatta, sous-chef d’état-major de l’armée de terre, le général Visconti Prasca, commandant les troupes italiennes en Albanie et Jacomini San Savino, lieutenant-général du royaume en Albanie. Pourquoi réunir autant d’huiles du régime si ce n’est pour envisager une nouvelle opération belliciste. L’occupation de la Grèce pour compenser celle de la Roumanie par le Reich est bien au cœur de la conversation. Au cours de la discussion, une campagne éclair de deux semaines est décidée avec une invasion massive du pays programmée pour le 26 octobre. Pour des questions de logistique, Mussolini sera contraint de reporter de quarante-huit heures cette vaste opération militaire. Le comte Ciano est chargé de trouver le meilleur incident possible pour que la vive réaction italienne apparaisse justifiée à la communauté internationale.

    Le Duce espère un nouvel allié aussi se rapproche-t-il de Boris III, le roi de Bulgarie pour envisager un plan conjoint destiné à une intervention complémentaire de ses troupes en Grèce. Le monarque qui n’apprécie guère l’arrogance de son interlocuteur refuse sa proposition le 22 octobre. Qu’à cela ne tienne, le 26, l’ambassadeur italien à Athènes reçoit l’ordre de remettre au gouvernement grec un ultimatum. Il s’agit d’une exigence écrite autorisant : « Les troupes italiennes à occuper certains points stratégiques du pays pou en garantir sa neutralité pendant la durée du présent conflit avec la Grande-Bretagne ». Dans le même document, il est indiqué : « Si les troupes italiennes rencontraient des résistances, elles les réduiraient par les armes et la Grèce en assumerait la responsabilité ». Ce n’est pas vraiment un langage diplomatique. Le 27 octobre Hitler apprend que son partenaire de l’Axe a choisi d’attaquer la Grèce ce qui laisse ses généraux dubitatifs.

    Le 28 octobre à 3 heures, le ministre plénipotentiaire Grazzi demande à rencontrer le Premier ministre grec Metaxas de toute urgence. Il lui remet un nouvel ultimatum qui est pour le chef du gouvernement une véritable déclaration de guerre. Après avoir consulté le roi, il est intransigeant. La Grèce n’a pas l’intention de céder aux provocations de Rome et ses forces armées s’opposeront à toutes les tentatives italiennes violant la souveraineté grecque. Dès l’aube, les forces italiennes stationnées en Albanie rassemblant 105 000 hommes au sein des divisions Siena, Ferrara, Piemonte, Parma, Venezia, Arezzo auxquelles se joignent la division alpine Julia et la division blindée Centauro franchissent la frontière grecque en plusieurs points de passage. Les divisions Ferrara, Centauro et Senna avancent le long du littoral vers la cuvette de Ionnina après avoir franchi le Kalimas. Sur leur gauche, c’est la division Julia qui progresse vers le col de Metsovon de manière à interrompre les liaisons des Grecs avec les provinces d’Epire et de Macédoine. Au nord, ce sont les divisions Parma et Piemonte qui déploient leurs troupes autour de la cuvette de Korçë. Si les agresseurs ont une supériorité numérique et matérielle, ils se heurtent à des conditions météorologiques détestables ce qui est un atout provisoire pour les défenseurs grecs.

    Au cours de la première matinée de l’invasion, Mussolini rencontre Hitler en gare de Florence. Le führer est très mécontent mais il s’abstient de tout commentaire désobligeant. Pour reprendre l’initiative et affirmer que l’Allemagne est le pays qui domine l’Europe, il propose à son allié le concours de divisions parachutistes susceptibles de faciliter les opérations d’invasion et surtout de placer la Crête sous tutelle ! Hitler profite de cette entrevue pour rappeler à son interlocuteur qu’il ne signera aucun traité de paix avec la France si Vichy ne reconnaît pas la légitimité des modestes prétentions territoriales italiennes. Il remercie aussi le Duce pour le concours apporté par ses sous-marins pour mener la vie dure aux convois britanniques. La rencontre s’achève par un communiqué qui souligne : « La parfaite identité de vues entre les deux chefs d’Etat ». Le 31 octobre, le communiqué italien n° 146 précise : « Poursuivant leur avance, nos unités ont atteint le Kalamas en différents points. Les conditions atmosphériques défavorables et les interruptions créées par l’ennemi en retraite ne ralentissent pas nos troupes. Notre aviation a bombardé le port de Patras, où ont été coulés des transports chargés de troupes, la base de Lepante, des baraquements militaires au col de Metsovon ainsi que d’importants travaux de défense et des carrefours routiers dans la vallée de Kalamas ». En réalité les opérations militaires pèchent par un déficit de coordination et des rivalités d’écoliers entre les commandants.

    Le 2 novembre, le communiqué italien est toujours martial et évoque une remontée de la vallée du Vijosë. Les soldats du Duce occupent le village de Vouvoussa mais les Grecs s’organisent sous la direction déterminée du général Papagos leur chef d’état-major. Fort de la mobilisation générale, il compte armer quinze divisions dont quatre brigades d’infanterie et une division de cavalerie. Rassuré par le refus des Bulgares et des Turcs de se joindre aux Italiens, Papagos programme une vaste contre-offensive le 4 novembre. La division Julia est prise sous le feu grec dans le col de Metsovon. Par un mouvement enveloppant, les Grecs engagent un encerclement du dispositif italien. Le comte Ciano averti de la dégradation brutale de la situation se contente d’admettre une attaque portée sur Korçë. Il refuse de reconnaître que l’Italie est en passe de perdre la maîtrise de la situation. La situation inquiète d’autant plus Mussolini que les Britanniques lancent des raids aériens sur Naples. L’état-major italien réuni en urgence se prépare à ordonner la retraite alors que la BBC révèle dans le détail les déconvenues et les pertes enregistrées par les Italiens. Le Duce furieux veut des têtes et réclame l’éviction de Visconti Prasca au profit du général Soddu prévenu de se préparer à prendre le commandement du groupe d’armées d’Albanie.

    Pendant ce temps, la Grande-Bretagne peaufine de nouvelles frappes aériennes contre les ports militaires d’Italie. Tarente est une priorité puisque la rade abrite notamment des cuirassés récents comme le Littorio du même modèle que le Vittorio Veneto et d’autres bâtiments à fort potentiel comme le Cavou ou le Duilio. Churchill ordonne que les avions torpilleurs Swordfish du porte-avions « Illustrious » se chargent de la mission. Le général Papagos met la dernière main à une nouvelle contre-attaque partant du lac de Prespa pour s’achever le long de la mer Ionienne. Les Italiens sont en mauvaise posture.

    Textes : Hervé Chabaud
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    &lt ;table cellpadding=&quot ;6&quot ; align=&quot ;right&quot ; border=&quot ;0&quot ;&gt ;

    &lt ;tr&gt ;&lt ;td width=&quot ;200&quot ;&gt ;&lt ;img width=&quot ;200&quot ; align=&quot ;center&quot ; src=&quot ;/images/union101030acb.jpg&quot ; border=&quot ;0&quot ; /&gt ; &lt ;div&gt ; &lt ;font size=&quot ;1&quot ;&gt ;&lt ;i&gt ;A Saint-Dizier, exposition exceptionnelle d’une collection d’appuis-tête ramenée des nombreux voyages en Afrique du reporter et photographe Hans Sylvester.&lt ;/i&gt ;

  •  &lt ;a href=&quot ;javascript:popimage(’/images/union101030acb.jpg’)&quot ;&gt ;Agrandir la photo&lt ;/a&gt ; &lt ;/font&gt ; &lt ;/div&gt ;&lt ;/td&gt ;&lt ;/tr&gt ;

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    A Vitry-le-François, les journées nationales du Souvenir français se dérouleront lors du week-end de la Toussaint, d’aujourd’hui samedi 30 octobre au lundi 1er novembre.

    Comme chaque année, de 9 à 17 heures, les membres du comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François quêteront au cimetière du midi et à ses abords afin d’aider à l’accomplissement de leur tâche, honorés les Morts pour la France.

    De plus, le jour de la Toussaint (1er novembre), une cérémonie commémorative, en hommage à tous les Morts pour la France, aura lieu à 10 heures, place Maucourt, devant le monument du Souvenir Français, inauguré le 19 septembre 1909.

    Ensuite, une gerbe de fleurs sera déposée à 10 h 30 devant la statue du Lieutenant-colonel Henry-Moll, dans le square Moll à l’occasion du centenaire de son décès, sous la présidence de du sous-préfet et enfin, des flammes du Souvenir seront déposées à 11 heures, au cimetière du Midi, sur la tombe de bienfaiteurs de la Ville, d’adhérents et de Morts pour la France.

    Le lendemain dimanche 31 octobre, la flamme du Souvenir s’arrêtera à Revigny-sur-Ornain.

    À partir de 15 h 30 : conférence - rencontre avec les membres du Comité de la Voie sacrée nationale et de la Voie de la Liberté, à la salle Gumaëlus ; à 16 h 15 : projection du film « Ils avaient 20 ans » suivi d’un débat sur « Le devoir de mémoire » ; à 17 h 45, accueil de la Flamme du Souvenir devant le monument André-Maginot et dépôt de gerbes (rue Aristide-Briand) ; à 18 heures, dépôt de gerbes au monument aux Morts, place Louis-Chenu et des résistants revinéens ; 18 h 15, défilé vers la mairie.

    Le lundi 1er novembre, la journée du Souvenir débutera à 9 h 10 à la nécropole nationale par un dépôt de gerbes, puis à 9 h 45, par un autre dépôt de gerbe sur la tombe de l’ancien ministre de la guerre André-Maginot, au cimetière communal.

    &lt ;/br&gt ; &lt ;div class=&quot ;titreb&quot ;&gt ;***********************************&lt ;/div&gt ; &lt ;/br&gt ; &lt ;a name=&quot ;101030a&quot ;&gt ;&lt ;/a&gt ; &lt ;a href=&quot ;http://www.lunion.presse.fr/departement/Marne&quot ; target=&quot ;blank&quot ;&gt ;Union101030a - Marne &lt ;/a&gt ; &lt ;/br&gt ; &lt ;div class=&quot ;titreb&quot ;&gt ;SILLERY : Partis de Sillery : Les anciens du Génie en visite à Versailles&lt ;/div&gt ; &lt ;/br&gt ; &lt ;div class=&quot ;stitreb&quot ;&gt ;Catholiques et brimades&lt ;/div&gt ; &lt ;/br&gt ;

    &lt ;table cellpadding=&quot ;6&quot ; align=&quot ;right&quot ; border=&quot ;0&quot ;&gt ;

    &lt ;tr&gt ;&lt ;td width=&quot ;200&quot ;&gt ;&lt ;img width=&quot ;200&quot ; align=&quot ;center&quot ; src=&quot ;/images/union101030aca.jpg&quot ; border=&quot ;0&quot ; /&gt ; &lt ;div&gt ; &lt ;font size=&quot ;1&quot ;&gt ;&lt ;i&gt ;La pose devant le célèbre château.&lt ;/i&gt ;

  •  &lt ;a href=&quot ;javascript:popimage(’/images/union101030aca.jpg’)&quot ;&gt ;Agrandir la photo&lt ;/a&gt ; &lt ;/font&gt ; &lt ;/div&gt ;&lt ;/td&gt ;&lt ;/tr&gt ;

    &lt ;/table&gt ;

    Partis en autobus, cinquante-trois adhérents de l’Amicale des anciens du Génie de Reims, accompagnés de leur président, le chef du bataillon du Génie Gaston Watrin, ont pris la direction de Versailles.

    Ils ont visité, bien entendu, le célèbre château, dont les appartements du roi et de la reine, et la somptueuse galerie des glaces a obtenu tous leurs suffrages.

    À l’issue de cette belle matinée consacrée à l’Histoire de France, place au déjeuner, suivi d’un nouveau départ pour le château pour visiter et surtout admirer les jardins et les différentes cours.

    Ils ont terminé cette journée par le magnifique spectacle des Grandes eaux en musique.

    Tous ont repris le bus, très satisfaits de cette belle journée passée dans la gaieté et la fraternité.

    &lt ;/br&gt ; &lt ;div class=&quot ;titreb&quot ;&gt ;***********************************&lt ;/div&gt ; &lt ;/br&gt ; &lt ;a name=&quot ;101024f&quot ;&gt ;&lt ;/a&gt ; &lt ;a href=&quot ;http://www.verdun.jseb-photographie.com&quot ; target=&quot ;blank&quot ;&gt ;101024f - Jean-Sébastien d’Aboville&lt ;/a&gt ; &lt ;/br&gt ; &lt ;div class=&quot ;titreb&quot ;&gt ;COMMUNIQUE DE PRESSE : VERDUN, VESTIGES DE GUERRE, BLESSURES DE LA TERRE&lt ;/div&gt ; &lt ;/br&gt ;

    A quelques jours de la cérémonie de célébration de l’armistice du 11 novembre 1918, le Musée du Service de Santé des Armées au Val de Grâce expose une série de photographies contemporaines de Jean-Sébastien d’Aboville, retraçant l’histoire de la Bataille de Verdun.

    Du 21 février au 19 décembre 1916, Verdun fut le terrain de l’une des batailles les plus sanglantes de la première Guerre Mondiale. Pendant 10 mois, près de 70% des soldats français se sont relayés sur ces quelques kilomètres de front, donnant à cette bataille d’une rare violence une dimension hautement symbolique.

    Près d’un siècle s’est écoulé depuis. Le dernier Poilu est décédé : qui témoignera désormais de l’enfer qu’ont vécu ces centaines de milliers de jeunes hommes ? Il ne reste plus que la terre.

    Celle qui a accueilli les souffrances de ces hommes, celle qui a été nourrie de leur sang, celle qui a connu leur peur, leur courage, leurs questionnements, leurs angoisses, leur patriotisme, leurs nuits sans sommeil, leur douleur, leur mort. Celle qui parfois les a sauvés aussi.

    Cette terre qui, longtemps après que les canons se sont tus, garde encore l’empreinte de ces moments terribles. Le temps a passé, la nature a repris ses droits, le calme est revenu, mais la terre de Verdun, elle, n’oublie pas. Elle reste marquée de blessures si profondes qu’elles ne se refermeront sans doute jamais complètement…

    A travers 30 photographies inédites de la plaine de Verdun, Jean-Sébastien d’Aboville nous fait revivre la terrible épreuve qu’ont vécue les Poilus. Cette exposition exceptionnelle, présentée au Musée du Service de Santé des Armées au Val de Grâce, se tiendra du 9 novembre 2010 au 9 janvier 2011.

    Pour toute information complémentaire ou demande de visuels, contacter Jean-Sébastien d’Aboville au 06.09.89.95.09 ou verdun@jseb-photographie.com


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    Union101024e - Marne
    MARNE : Vie sous l’occupation Vos témoignages nous intéressent

    Vous avez vécu le temps de l’occupation. Vous étiez adultes, adolescents ou enfants.

    Vous avez des souvenirs précis de moments qui vous ont marqué en 1941, 1942, 1943, que ce soit dans la vie quotidienne ou au moment des fêtes de Noël, du Nouvel an, de Pâques.

    Vous vous rappelez le temps des moissons, les queues devant les magasins et toutes les difficultés liées au ravitaillement. Vous avez des images de ce temps-là.

    Écrivez à Hervé Chabaud, 5, rue de Talleyrand, 51083-Reims-Cedex. L’union vous fera revivre l’année prochaine les aspects de la vie quotidienne pendant la Seconde Guerre mondiale en s’appuyant sur vos témoignages et des documents d’archives.

    Cette vie qui a été la vôtre nous intéresse.

    Votre mémoire est importante. Elle symbolise ce qui vous a le plus marqué et cela nous sera utile.


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    Union101024d - Marne
    REIMS : Le drapeau des nazis de retour à Reims

    Neveu de Michèle et Harold, le journaliste Yves Calvi n’a pas manqué la cérémonie.
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  • Le drapeau nazi, ramené hier par la veuve d’Harold, a flotté au balcon de l’hôtel de ville pendant toute la guerre.
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  • Christian LANTENOIS
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    REIMS (Marne). En 1944, Harold a décroché le drapeau nazi qui flottait au balcon de l’hôtel de ville. Hier, sa veuve qui est aussi la tante d’Yves Calvi en a fait don à la Ville.

    ELLE avait tellement envie de s’en débarrasser de ce drapeau. Dans leur maison de Urbana-Champaign dans l’Illinois, son mari Harold, l’avait rangé dans un coin où il était sûr qu’elle ne tomberait pas dessus. Hier matin, Michèle Miller, épouse de feu le sergent américain Miller a ramené ce drapeau maudit à Reims.

    Ému le présentateur vedette

    Le drapeau des monstres nazis que Harold a eu l’audace d’arracher du balcon de l’hôtel de ville le 30 août 1944. « Je préfère qu’on dise décrocher plutôt qu’arracher car je vous assure que mon mari n’était pas du genre à arracher quoi que ce soit. Il était bien trop délicat pour cela ». Délicat mais courageux Harold Miller. Michèle aurait préféré que ce soit lui qui vienne remettre son trophée de guerre à la maire de Reims.

    C’est tout juste si elle s’est sentie le droit de le faire à sa place. « Le connaissant, il aurait fait cela sans fanfare ». Michèle l’a aussi fait sans fanfare. La cérémonie à l’hôtel de ville, hier matin, a eu davantage l’air d’une réunion de famille que d’une célébration officielle. On aurait même dit qu’Adeline Hazan était une cousine éloignée de ces Américains tout heureux d’être à Reims. Les enfants et petits enfants Miller ont fait le déplacement depuis les États-Unis.

    Venu de moins loin et un peu plus connu que les autres, Yves Calvi, neveu de Michèle était là aussi. Ému aussi le journaliste et animateur de télévision : « J’ai toujours entendu parler de ce drapeau dans ma famille. La première fois que je l’ai vu, c’était il y a quelques années chez mon oncle aux États-Unis. On l’avait déplié dans le jardin. À le voir étalé sur la pelouse, on avait été pris d’un fou rire familial en imaginant ce que les voisins pouvaient bien être en train de penser s’ils nous voyaient depuis leur fenêtre ». À l’époque il avait ri, hier comme Michèle, il a plutôt ressenti un malaise à la vue de la croix nazie. Le drapeau a été vite remis en boule avant de rejoindre le musée de la reddition dont il va enrichir la collection.

    Catherine FREY

     


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    Union101024c - Marne
    MASSIGES-MINAUCOURT : Mort à 24 ans dans le ciel de Massiges Jehan de Terline héros de l’aviation

    Châlons a consacré une rue à cet aviateur qui l’a débarrassé de l’Albatros, avion espion de l’armée allemande.
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  • Le portrait de Jehan de Terline a longtemps orné un mur de la salle des commissions à l’hôtel de ville de Châlons-en-Champagne.
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  • En lançant son Nieuport contre l’avion de reconnaissance allemand, Jehan de Terline a provoqué sa chute mais aussi perdu la vie.
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  • LA BANALE lecture d’une indication de rue à Chalons peut réserver quelques surprises. En recherchant l’origine de tel ou tel nom marqué de blanc sur une plaque de métal bleu, on retrouve des faits d’armes qui méritent largement d’être à nouveau évoqués.

    Jehan Macquart De Terline, né à Blendeques dans le Pas-de-Calais le 21 juillet 1892, eu un destin héroïque. A l’âge de 24 ans, le 27 juillet 1916, il trouve la mort dans un combat aérien à Massiges-Minaucourt. A cette époque, la formation des pilotes est réduite. En revanche, lorsque les premiers combats aériens se multiplient, les talents de plusieurs combattants s’affirment. On les surnomme les « As » et ils deviennent rapidement populaires.

    « Adroit et brave »

    Durant la Première Guerre mondiale, Le Nieuport, dont l’escadrille N°38 se tient à Chalons en 1916, est un appareil de type « Sesquiplan ». Sa caractéristique est d’avoir l’aile inférieure plus petite que l’aile supérieure, ce qui permet d’améliorer la visibilité du pilote mais contribue à la fragilité de l’appareil. Il est construit en bois avec un revêtement de toile translucide. Apparu en 1915, il est apprécié pour sa rapidité et sa capacité à affronter les Fokkers allemands.

    C’est à son bord que vont s’illustrer les premiers As français. Équipé au départ d’une mitrailleuse fixée sur l’aile supérieure, cet appareil sera un des meilleurs avions de chasse de son époque. En mai 1916, De Terline est déjà cité à l’ordre de l’aéronautique, comme un « pilote adroit et brave ». Il a en effet livré à cette date plusieurs combats à courte distance. Le 20 mai, il a attaqué à 10 kilomètres à l’intérieur des lignes allemandes un Fokker qu’il a contraint à l’atterrissage. Sa citation fait mention d’un retour au terrain avec son appareil criblé de balles dont plusieurs dans les organes essentiels de l’appareil.

    Le 2 juillet de la même année, il se voit décerner la médaille militaire pour avoir fait preuve « d’un bel allant » dans des reconnaissances périlleuses, au-dessus des lignes ennemies. Il avait dans cette même mission obligé un avion Aviatik à abandonner la lutte, puis attaqué un Fokker qu’il avait abattu dans ses lignes.

    Opération suicide

    Son dernier combat est rapporté dans Le communiqué officiel du 29 juillet 1916. Le récit en est poignant. Dans la matinée du 27 juillet, un avion de reconnaissance allemand survole une fois de plus Chalons. Il s’agit d’un Albatros, un mouchard ennemi, déjà repéré et connu des aviateurs français qui l’ont surnommé « Arminius », du nom d’un chef de guerre germanique, qui, au premier siècle de notre ère, apparaissait et disparaissait en attaquant les Romains par surprise. Toutes les popotes des escadrilles de la région en parlent et souhaitent en découdre avec cet observateur familier du ciel châlonnais. Son habileté à rompre les combats et rejoindre les lignes allemandes ajoute encore à l’efficacité de ses incursions.

    À peine signalé, pas moins de trois Nieuport décollent et s’élancent à sa poursuite. Un rodéo mortel s’engage au-dessus de la main de Massiges, à proximité de Minaucourt. Les deux premiers compagnons de De Terline seront victimes d’une collision et contraints à atterrir. L’Albatros fonce vers les lignes allemandes.

    De Terline a ouvert le feu mais sa mitrailleuse s’enraye. Il dirige alors son avion à toute vitesse sur son adversaire pour le culbuter et l’entraîner dans sa chute. Les deux appareils s’écrasent au sol. On retirera les corps des deux Allemands et celui du Français des débris de leur appareil.

    Son attitude héroïque lui vaudra à titre posthume une attribution de la Légion d’honneur, caractérisée par une citation rendant à son courage et à sa bravoure un ultime salut. Son portait, donné par son père, a longtemps honoré un mur de la salle des commissions de Châlons, puis la salle des délibérations. Reste aujourd’hui son nom, qui donne à une rue de la préfecture, un renom en plus.


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    Union101024b - Marne
    MONDEMENT : Histoire : Marguerite Catroux : une Marnaise d’honneur

    La générale Catroux était l’une des femmes de France les plus décorées à titre militaire.
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  • La cérémonie est sobre dans l’après-midi de ce lundi 31 août 1959 dans le petit cimetière de Mondement. Dans ce modeste village si célèbre pour les combats admirables menés et gagnés par les soldats français en septembre 1914, on inhume la générale Catroux, une enfant du pays, dont le patriotisme et l’engagement ont été deux sillons de sa vie au service de la France.

    Le matin, à la basilique Sainte-Clotilde de Paris, plus d’un millier de personnes suivent la célébration religieuse de ses obsèques. On remarque Mme Yvonne de Gaulle, la maréchale Leclerc, le maréchal Juin et des centaines de diplomates et d’officiers. L’épouse de celui qui est alors grand chancelier de l’ordre de la Légion d’honneur est décédée le jeudi 27 août à l’hôpital américain de Neuilly. Elle y avait été transférée d’urgence deux semaines plus tôt alors qu’elle séjournait pour ses vacances dans les Pyrénées-Orientales. Sa disparition est vivement ressentie dans toute la famille gaulliste où les fidèles viennent d’abord s’incliner devant sa dépouille dans la chapelle ardente dressée à la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur.

    Une enfance à Mondement

    Cette femme distinguée et bonne oratrice aimait revenir dans le Sud-Ouest marnais, sur les terres de son enfance.

    Elle est attachée à ses racines rurales. C’est au château de Mondement, propriété de sa famille que Marguerite-Marie Jacob naît en 1882. Qui imaginerait alors que sa vie va être chargée de temps forts au service de son pays ? Pendant la Première Guerre mondiale, elle n’hésite pas à s’engager pour soigner les blessés comme infirmière de la Croix-Rouge.

    Sa disponibilité et son inlassable courage à toujours être en tenue de service, lui valent la croix de guerre. Infirmière major, elle devient en 1932 la deuxième épouse d’un officier supérieur très respecté, Georges Catroux. C’est avec la même ferveur et l’envie de se battre qu’en 1940, elle rejoint son mari le général Catroux à Londres.

    Ce général d’armée n’hésite pas à rallier le général de Gaulle et à claquer la porte au gouvernement de Vichy alors qu’il occupe depuis 1939 les fonctions de gouverneur général d’Indochine. Il est d’entrée un Français libre de poids et son épouse qui est déléguée de la Croix-Rouge n’a pas l’intention de rester les bras croisés en Grande-Bretagne.

    Elle s’engage également dans les Forces françaises libres dont elle organise les œuvres sociales. Durant la campagne d’Italie puis du Rhin, elle est nommée inspectrice des services féminins de l’armée. Elle reçoit alors la croix de guerre 1939-1945.

    Après la guerre, le général Georges Catroux, compagnon de la Libération, est nommé ambassadeur de France en Union Soviétique (1945-1948) puis grand chancelier de la Légion d’honneur (1954-1969). Elle sera jusqu’à sa disparition brutale présidente de l’Association des élèves de la Légion d’honneur. Elle trouve toujours de bonnes raisons pour revenir à Mondement rendre visite à son frère Édouard Jacob, conseiller général de la Marne, et visiter sa vieille maman, Mme Arthur Jacob qui a quitté avec regrets son village pour s’installer dans une maison de la place de la Liberté à Sézanne. Lorsqu’ils disparaissent et en accord avec sa famille, elle fait don à la ville de Sézanne de cette maison pour que soient installés les services du dispensaire d’hygiène sociale. L’inauguration du nouvel établissement a lieu en 1948 en sa présence et celle du général. Elle profite de cette journée pour s’adresser aux fillettes de l’orphelinat de l’hospice et leur expliquer qu’il ne faut jamais désespérer et oser toujours être disponible pour son pays.

    Hervé CHABAUD


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    Union101024a - Marne
    HISTOIRE : 1940

    ……….


    Catholiques et brimades

    Si Hitler a visité la chapelle des Invalides lors de son bref passage à Paris, cela ne signifie en rien qu’il porte de la sympathie aux chrétiens.
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  • Les Français libres veulent pousser le Vatican à prendre position contre les mesures restrictives des libertés publiques qui confinent les Français à se soumettre à l’ordre nouveau d’inspiration nazie. Le 20 octobre, au 119e jour de la résistance du peuple français à l’oppression Jacques Duchesne interroge : « Nous nous demandons si une politique de redressement moral basée sur la foi catholique est compatible avec une politique de collaboration loyale avec les nazis ? ». Il s’agit d’une perche tendue au pape pour condamner avec fermeté les persécutions. Le journaliste ajoute : « C’est parce que je suis de sang catholique, d’ailleurs, que je me sens le droit de protester violemment la persécution des juifs qui commence selon une réglementation qui est exactement la réglementation qui est appliquée aux juifs d’Allemagne ». Et d’enfoncer le clou : « Il n’y a pas un catholique jeune qui comprenne sa religion, il n’y a pas un catholique français qui puisse accepter la persécution des juifs sans se sentir atteint et dans ses croyances et dans son amour de la France ». L’intervenant sur les ondes de la BBC souhaite provoquer un électrochoc chez les vrais croyants aussi les met-il en garde contre leur éventuel immobilisme : « La persécution commencera par les juifs et elle continuera par les catholiques, car Hitler est l’ennemi de toutes les religions ».

    Il est vrai qu’en octobre 1940, la presse allemande s’en prend au gouvernement de Vichy pour dénoncer ses complicités avec les différents courants cléricaux qui se font sur le dos de la classe ouvrière. La méthode est assez grossière mais elle se résume à attiser les haines entre les classes sociales pour mieux causer une fracture politique imposant alors la nomination d’un gauleiter pour diriger la France. « Si les catholiques se laissent aller à suivre une telle politique, ils seront confondus dans la foule de ceux qui collaborent avec le nazisme ». Duchesne compare ceux qui se laisseront piéger à des inconscients volontaires. Il insiste sur le renouveau d’une vieille foi qui peut éclairer judicieusement les uns et les autres et dit son espoir que l’Eglise catholique ne se laisse pas enfermée et ne subisse pas le nazisme monstrueux.

    Maurice Schumann profite de la même date qui est aussi la journée missionnaire pour les catholiques du monde entier pour rappeler aux plus dubitatifs les violences commises pendant l’été contre les dignitaires du clergé. Ses informations recoupées et solides illustrent déjà bien les méthodes employées par la gestapo. Le journaliste rappelle la perquisition effectuée à Paris chez le cardinal Suhard détenu pendant quatre jours. Il n’omet pas de noter que la maison du cardinal Baudrillard a été fouillée comme l’ont été les principaux locaux affectés aux associations de la jeunesse catholique. La même punition a été imposée au cardinal Liénart à Lille. Le prélat protestant, deux sbires lui répliquent alors : « Nous avons le droit pour nous » et ajoutent : « Nous avons aussi les armes » ! A Rennes, à Besançon, les archevêques sont malmenés et leurs correspondances violées. Les réactions de protestation du gouvernement de Vichy manquent aussi, le porte-parole de la France libre, se moque des propos du maréchal Pétain proclamant sa volonté de fidélité à l’esprit français d’égalité des droits entre tous les hommes quelle que fût leur origine. Il donne son explication : « Quand la loi française n’est pas conforme aux décisions des autorités d’occupation, la loi française doit changer ». Bref, pour lui les catholiques doivent être debout et dire non à l’esclavage.


    ……….

    Pétain serre la main à Hitler

    Une vue de la petite gare de Montoire en octobre 1940.
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  • Une poignée de main symbole de la collaboration qui appelle de nombreux commentaires.
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  • Le tunnel de Montoire permettait de mettre le train blindé d’Hitler à l’abri.
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  • MONTOIRE. Le führer met au maréchal le marché en main. Seule l’étrite collaboration entre Vichy et Berlin peut améliorer le sort des Français.

    Le 12 octobre 1940, Hitler reçoit l’ambassadeur du Reich auprès du gouverneur militaire allemand en France Otto Abetz. Il tient à dire au führer comme il l’a déjà signifié le 8 à Ribbentrop que selon plusieurs informations recoupées dans le périmètre du maréchal, la France pourrait se joindre aux puissances de l’axe pour combattre frontalement la Grande-Bretagne. Il est tout de même méfiant parce qu’on lui signifie aussi qu’un réarmement massif pourrait se retourner contre l’Allemagne si jamais Vichy bluffait. « Il serait recommandable de ménager entre le maréchal Pétain et le führer, une entrevue pour laquelle le maréchal m’a fait demander de nouveau, il y a quelques jours de m’entremettre » insiste Abetz. Hitler n’a pas besoin de l’intervention de l’ambassadeur pour savoir ce qu’il doit faire. C’est loin de ces considérations immédiates et de ces informations incertaines prises avec beaucoup d’intérêt par ses agents à Paris, que le maître du Reich a choisi de rencontrer Pétain.

    Le 20 octobre, il prend place à bord de son train blindé renforcé de plates-formes de DCA et baptisé « Amerika ». L’itinéraire n’est révélé qu’au dernier moment. Le chemin retenu emprunte la voie d’Aix-la-Chapelle et de Namur. Le 21, pour la nuit, le convoi s’abrite dans le tunnel d’Yvoir. Le lendemain, le convoi file sur Montoire. Le premier entretien qu’il accorde est à l’amiral Karl Dönitz, l’expert du Reich de la guerre sous-marine. En fin de soirée, Hitler reçoit Pierre Laval vice-président du Conseil qui est venu secrètement de Paris accompagné d’Otto Abetz. Le récit de cette première entrevue par l’interprète allemand Paul Schmidt confirme le comportement pitoyable du ministre français. Il cherche jusqu’aux plus absurdes des justifications pour témoigner de sa germanophilie et assure la main sur le coeur : « Dès 1931, je me suis efforcé d’opérer un rapprochement entre la France et l’Allemagne » ! La fin de cet entretien assez court est consacrée à la préparation de la rencontre avec le chef de l’Etat français. Dès le lendemain, de retour à Vichy, Laval jubile et enjolive sa rencontre avec le führer. Il pavane avec le conseiller d’Abetz, Achenbach, en grand uniforme. Il résume ainsi sa « longue » entrevue avec Hitler : « Nous avons passé beaucoup de choses en revue. Il comprend fort bien la situation de la France. Si nous pouvons lui donner des apaisements et des garanties, nous nous relèverons plus vite que nous le pensions. Vous me comprenez : les prisonniers, la ligne de démarcation, l’armistice ». Ce même 23 octobre à 17 heures, se tient le conseil des ministres. Laval est gai. Il bombe le torse, assure qu’il n’a rien négocié avant de faire cette courte déclaration : « La France se trouve devant un tournant. Chacun doit prendre ses responsabilités. Quant à moi, mon choix est déjà fait et je le défendrai passionnément ». La formule ne manque pas d’ambiguïté ! Plus mesuré, le maréchal, satisfait de la proximité de l’entrevue tient à préciser : « Je préviendrai Hitler qu’en aucun cas, je ne prendrai de décision avant que le gouvernement n’ai délibéré sur les réponses à adresser au gouvernement allemand ». La rencontre avec le führer ne fait pas l’unanimité parmi les ministres. Plusieurs jugent indispensable de l’empêcher parce qu’elle résulte à leur avis d’une machination fomentée par Laval. D’ailleurs le vice-président veille à sélectionner ceux qui vont accompagner le maréchal. Sa première priorité est d’interdire que Baudoin, le ministre des Affaires étrangères soit du voyage. Il a très bien compris la manoeuvre si bien qu’il écrit : « Je sens que l’immense satisfaction qu’éprouve le maréchal à rencontrer demain le chancelier du Reich l’empêche de s’arrêter aux dangers de cet entretien ». Même le directeur de cabinet de Philippe Pétain, Henri Du Moulin de Labarthète est dubitatif et c’est avec les formes chéries par la haute fonction publique qu’il s’autorise cette interrogation : « Avez-vous bien réfléchi à ce qui peut se passer ? ». Le maréchal avec le plus grand calme : « J’ai déjà mon plan en poche ». Une seule chose est certaine, Pétain ne veut pas déclarer la guerre à la Grande-Bretagne alors que Laval pousse à cette solution. C’est dans cet état d’esprit que le maréchal quitte Vichy en voiture le 24 octobre 1940 à 7 heures. Il est accompagné de son médecin personnel le docteur Bernard Ménétrel, de Laval et de Du Moulin. Arrivé près de Moulins, au moment de franchir le pont de l’Allier, une compagnie de la Wehrmacht lui présente les armes. Le général Schmidt, un officier de la cavalerie blindée est chargé d’accompagner Pétain pendant son parcours en zone occupée. A 13 heures, le maréchal arrive à la préfecture de Tours. Il pleut. Il déjeune. Il fait la sieste. A 15 h 30, Abetz et Laval arrive accompagné d’un journaliste allemand, Clauss. Le Reich commence sa mise en scène de l’événement. L’ambassadeur euphorique évoque des jours historiques prompts à une union franco-allemande et à une compréhension renouvelée entre les deux peuples. Les photographes sont à l’oeuvre. En fin d’après-midi, la délégation arrive en gare de Montoire. Elle se dirige vers le train blindé devant lequel se trouve Hitler accompagné de son ministre des Affaires étrangères Ribbentrop et du maréchal Keitel. Pétain tend la main au führer mais selon l’interprète Paul Schmidt, il a : « l’oeil glacial et pénétrant ». Allemands et Français s’installent dans le wagon-salon. Hitler affirme d’entrée qu’il a déjà gagné la guerre et que l’Angleterre est battue. Il revient sur les mois écoulés et insiste sur la magnanimité dont il a fait preuve lors des négociations d’armistice insistant sur le fait que la France a conservé sa flotte et ses colonies. Et d’interpeller le maréchal : « La France continuera-t-elle à défendre son Empire colonial contre toute attaque comme à Dakar ? Est-elle prête à reconquérir les territoires passés à la dissidence du général de Gaulle ? ». Pétain écoute mais ne répond pas. Le Führer maintient la pression : « Que fera la France si l’Angleterre l’attaque à nouveau ? ». Le maréchal réplique alors : « Mon pays a trop souffert moralement et matériellement pour se lancer dans un nouveau conflit ». Hitler surpris marque son irritation : « Si la France ne veut pas se défendre elle-même et si elle nourrit encore des sympathies pour les Anglais, elle perdra son Empire colonial à la fin de la guerre et se verra imposer des conditions de paix aussi dures qu’à l’Angleterre ». Pétain reprend du tac au tac : « Jamais une paix de représailles n’a eu de valeur durable dans l’histoire ». Hitler rassure son interlocuteur, affirme que ce n’est pas son intention et qu’il est favorable à une entente mutuelle. Une solution qui n’est possible que : « si la France est décidée à m’aider à battre les Anglais ». Le maréchal pose alors des questions relatives au franchissement de la ligne de démarcation, au retour des prisonniers, au retour du Nord et du Pas-de-Calais dans le giron national. Il n’obtient qu’une vague réponse. Le führer félicite les prisonniers qui ont un bon comportement ! Hitler évoque alors : « Une collaboration étroite possible entre les deux peuples ». C’est le préalable à l’obtention de toute concession sur les questions énumérées par le maréchal !

    Le führer estime que c’est à Ribbentrop et Laval de préciser la politique de Montoire dont le maître mot est donc : collaboration.


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    Winston Churchill s’adresse à la France occupée

    Winston Churchill appelle les Français à tenir bon.
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  • Le Premier ministre britannique et lady Churchill reçoivent cinq jeunes Français parmi lesquels Pierre Lavoix, 15 ans seulement, venu se battre avec de Gaulle.
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  • SUR LES ONDES. Profitant de l’émission « les Français parlent aux Français », le Premier ministre britannique proclame à la métropole sa détermination intacte.

    Le 21 octobre 1940, le choix de Winston Churchill de s’adresser à la France dans l’émission quotidienne des Français libres est pleine de symboles. Aussi s’enthousiasme-t-on de son initiative qui témoigne des liens consolidés entre le 10, Downing Street, le général de Gaulle et son état-major. On vante d’abord la personnalité du chef du gouvernement anglais qui est appréciée des Français subissant le joug de l’occupant allemand : « Ils aiment sa figure, ses manières ; ils aiment son humour, sa franchise, ses réactions vives, son langage fort, son style grandiose et coloré, enfin tout ce qui exprime une nature, un tempérament riches ». On le remercie de ne pas avoir cédé à Hitler et de ne jamais avoir cherché à froisser les Français malgré la lourde défaite qu’ils ont subis. On redit ses propos aux pires moments de juin 1940 : « Les nouvelles de France sont très mauvaises et j’ai de la peine en voyant le brave peuple de France subir ce terrible malheur. Rien ne viendra changer nos sentiments à l’égard des Français, ni diminuer notre confiance dans un renouveau du génie de la France ». Bref, l’homme est crédible parce que son courage forge le respect et que ses positions inébranlables à l’égard du Reich et du gouvernement de Vichy confirment son engagement radical pour la chute du nazisme.

    Churchill tient à écarter tous les malentendus et à indiquer que les objectifs de son gouvernement n’ont pas été rectifiés : « Nous continuons à lutter de pied ferme et d’un cœur solide pour que la liberté soit rétablie en Europe, pour que les braves gens de tous les pays soient traités décemment, et pour amener ainsi le triomphe de la cause qui nous a fait ensemble tirer l’épée ». Winston est plus remonté que jamais et déguise ses adversaires avec force de vocabulaire. Il connaît bien des subtilités de notre langue et avec son accent, cela rend son propos des plus sympathiques. Il se dit confiant en la RAF pour interdire le ciel de la Grande-Bretagne à la Luftwaffe. Il réaffirme la maîtrise des mers par la Royal Navy même s’il reconnaît quelques pertes. Il pronostique que dès 1941, la maîtrise de l’air sera du côté des alliés. Il dit tout le mal qu’il pense d’Hitler et plaint les traîtres et les sots qui lui ont apporté leur aide. Il disserte avec bonheur sur les rapports entre l’Allemagne et l’Italie. Mussolini en prend pour son grade puisqu’il est comparé à un roquet : « qui continue à trotter craintivement à côté d’Hitler ». Et d’ajouter avec un humour dévastateur : « Tous deux veulent découper la France et son Empire comme une poularde. L’un veut la cuisse, l’autre l’aile, ou peut-être une partie du blanc ». Il dépeint la vanité des chefs de l’Axe et leur propension maladive à dépecer des belles et grandes nations : « Herr Hitler ne songe pas seulement à voler le territoire des autres peuples et à en distraire quelques morceaux pour les lancer à son petit camarade. Cet homme de malheur, ce monstrueux avorton de la haine et de la défaite, n’est résolu à rien de moins qu’à faire entièrement disparaître la nation française, qu’à broyer sa vie même et son avenir ».

    De tels propos sont ceux d’un politique habile qui se veut séducteur mais comprend que plus il y aura d’hostilité à l’égard de l’occupant et du régime de Vichy et mieux les intérêts de la Grande-Bretagne seront servis. Il faut oser affronter le nazisme combattre l’hitlérisme et le fascisme pour la simple raison que si l’indifférence domine : « Toute l’Europe ne sera plus qu’une Bochie uniforme offerte à l’exploitation, au pillage, à la brutalité des gangsters nazis ». Churchill le précise à plusieurs reprises, il n’est pas question de mâcher ses mots. Plus il cogne fort et plus il peut susciter l’admiration. Il incarne celui dont le pays est pour le moment la cible privilégiée de la Luftwaffe mais rien n’entame sa décision de réduire l’Allemagne nazie. Il faut plus que du courage commun pour s’inscrire dans cette ligne. Le Premier ministre anglais considère que dans l’Hexagone, la démarche de l’occupant est destinée à anéantir l’armée, la marine, l’aviation, la religion, les lois, la culture, les institutions, la littérature, l’histoire, les traditions. Personne ne doit se faire d’illusion sur la finalité du Reich ni sur les moyens employés par sa police dont les agents sont de redoutables nervis. « Français ! Armez vos cœurs à neuf avant qu’il ne soit trop tard ! Rappelez-vous de quelle façon Napoléon disait avant une de ses batailles : soldats, à Iéna contre ces mêmes Prussiens, aujourd’hui si arrogants, vous étiez un contre trois ; à Montmirail, un contre six ». Churchill fait référence à la Marne et à l’épisode de Champaubert-la-Bataille. Le chef du gouvernement britannique assure qu’avant peu, Hitler devra répondre de tous ses excès et ses abus : « Ayez donc espoir et confiance. Rira bien qui rira le dernier ».

    Bien sûr, Winston attend aussi des choses des Français. Il est très clair : « Ce que nous vous demandons, au milieu de nos efforts pour remporter la victoire que nous partagerons avec vous, c’est que si vous ne pouvez pas nous aider, au moins vous ne nous fassiez pas obstacle ». Le plaidoyer du Premier ministre du Royaume Uni est à la fois puissant et émouvant. Il veut que les Français prennent date pour qu’ils puissent constater que chaque engagement pris sera tenu : « N’oubliez pas que nous ne nous arrêterons jamais, que nous ne nous lasserons jamais, que jamais nous ne céderons et que notre peuple et notre Empire tout entier se sont voués à la tâche de curer l’Europe de la pestilence nazie et de sauver le monde d’une nouvelle barbarie ». Churchill nie toute volonté de son pays de confisquer et s’approprier ce qui est français. Il contredit la presse aux ordres et la radio qui ment. Il le répète avec une voix forte et assurée : « Ce que nous voulons, c’est frapper jusqu’à ce qu’Hitler et l’hitlérisme passent de vie à trépas. Nous ne voulons que ça. Mais nous le voulons sans cesse ». Cet engagement définitif tient d’un discours qui est le sien au quotidien devant tous ses interlocuteurs. Certains affirment qu’il radote mais il se plaît à l’entendre dire parce que cela procède de sa stratégie. Il encourage à son tour à la Résistance et se trouve en phase avec les propos du général de Gaulle. Il y a bel et bien malgré les tensions inhérentes à deux forts caractères une même logique. Chacun s’il le veut peut apporter son aide aussi modeste soit-elle. Il recommande déjà la plus grande discrétion pour la meilleure efficacité possible, citant en référence Gambetta en 1870 !

    La conclusion de Churchill est à son image : « Dormez bien, rassemblez vos forces pour l’aube, car l’aube viendra. Elle se lèvera, brillante pour les braves, douce pour les fidèles qui auront souffert, glorieuse sur les tombeaux des héros. Vive la France ! Et vive aussi le soulèvement des braves gens de tous les pays qui cherchent leur patrimoine perdu et marchent vers les temps meilleurs ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Union101020a - Marne
    SEZANNE : Nécrologie : Jean-Claude Manciaux était une figure sézannaise

    Jean-Claude Manciaux avait 76 ans.
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  • Jean-Claude Manciaux est décédé mercredi 13 octobre à l’âge de 76 ans. C’est une figure de la ville qui disparaît.

    Né à Sézanne, il a passé toute sa vie dans la cité des mails. C’est à Sézanne qu’il a exercé toute sa carrière en tant que chirurgien-dentiste. Il avait pris sa retraite il y a une douzaine d’années.

    Jean-Claude Manciaux a été très impliqué dans la vie associative sézannaise. Il a notamment assuré la présidence de l’association des parents d’élèves du lycée de Sézanne durant 11 ans, à la fin des années soixante-dix. Il a été également président de l’amicale des anciens élèves du lycée de Sézanne de 1971 à 2007.

    Jean-Claude Manciaux a aussi fait partie de l’association philatélique, des Amis de l’orgue, du conseil d’administration du lycée, du Rotary club ou encore des anciens combattants CATM. Il a servi en Algérie durant près de deux ans, dans le corps de santé des armées. Il appartenait aussi à l’association des officiers de réserve. Ces dernières années, Jean-Claude Manciaux a secondé son épouse Monique dans l’organisation des conférences de l’institut universitaire du temps libre.

    Ceux qui l’ont bien connu décrivent un homme dévoué, avenant, cultivé, plein d’humour et n’oublient pas sa forte personnalité, son esprit critique et son franc-parler.

    Les obsèques de Jean-Claude Manciaux seront célébrées aujourd’hui mercredi 20 octobre à 14 h 30 en l’église Saint-Denis de Sézanne.


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    Union101019b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Les porte-drapeaux en AG Discipline, rigueur et exactitude

    Michel Poncelet et Maurice Flécheux (de gauche à droite) ont reçu la médaille de la Ville des mains de Serge Helleringer.
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    Ils étaient très nombreux les porte-drapeaux samedi à la Maison du Combattant. Près de 70 en effet ont assisté à l’assemblée générale annuelle présidée par Gérard Coqueret, en présence de Jean-Daniel Courot, directeur de l’Onac Marne ainsi que de Serge Helleringer, adjoint délégué au monde combattant.

    Présents constamment à toutes les cérémonies commémoratives des associations patriotiques et autres manifestations tant en ville qu’à l’extérieur, le président a rappelé que les porte-drapeaux sont très remarqués par « leur tenue irréprochable, leur discipline, leur rigueur et leur exactitude ».

    A l’issue de cette assemblée, le bureau a été reconduit, le trésorier étant désormais Georges Louvel à la place de Camille Henry.

    L’adjoint Serge Helleringer a clôturé cette assemblée en remettant la médaille de la ville pour leur fidélité à deux porte-drapeaux, Maurice Flécheux et Michel Poncelet.

     


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    Union101019a - Marne
    REIMS : Résistance / Nécrologie Madeleine Félix n’est plus

    Madeleine Félix était titulaire de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance.
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  • Une cérémonie aura lieu ce vendredi 22 octobre à 11 heures au cimetière du Sud de Reims pour le retour des cendres de Madeleine Félix, une résistante très impliquée dans la clandestinité et qui est décédée chez son fils à Bordeaux. Elle reposera dans la terre de sa jeunesse et dans la ville où elle a fait preuve de courage et de patriotisme en accomplissant des missions d’assistance et de sauvetage. Madeleine Félix aurait eu cent ans le 3 janvier prochain. Cette femme discrète et bienveillante était entrée dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale avec son mari René Félix qui a par ailleurs travaillé pendant dix-sept ans à « L’Union ».

    C’est au sein du mouvement « Ceux de la Résistance » (CDLR) qu’elle a agi sous les ordres de Pierre Bouchez. Elle a travaillé dans la clandestinité avec André Schneiter, Jacques Détré, Jean Joly, Roger Frère, Pierre Desmarchez, Marcel Batreau. Elle a rempli des missions urbaines mais aussi de liaison dans l’arrondissement de Reims. Elle transportait des messages à bicyclette mais également du matériel pour réaliser des sabotages ainsi qu’à plusieurs reprises des explosifs destinés à la destruction d’une écluse et de pylônes haute tension.

    Son devoir de Française

    Le domicile des Félix a également servi d’étapes à des aviateurs alliés tombés dans la grande région et placés dans une filière d’exfiltration vers l’Espagne, Gibraltar avant un retour en Grande-Bretagne. Parmi ces pilotes et membres d’équipages de bombardiers, il y a John Katsaros qui dans un livre publié aux États-Unis en 2008 « Code Burgundy » a relaté avec précision sa prise en charge à Reims et la façon par laquelle grâce aux Félix, il a pu être opéré par le docteur Lévy avant de passer sa convalescence au domicile de Madeleine et de René où il a fêté Pâques en 1944. Il a pu ensuite rejoindre l’Espagne et chaque année, au temps de Noël, il a toujours manifesté sa gratitude et sa reconnaissance à Mme Félix. En 1987, il était d’ailleurs revenu à Reims avec trois autres rescapés de la forteresse volante, Franck Mastronardi, Ted Krol et Walter Rusch et avait été reçu en mairie par Jean-Louis Schneiter alors premier adjoint au maire. John Katsaros vient d’adresser une lettre émouvante au fils de la défunte René Félix.

    Pour son action exemplaire pendant le conflit, Madeleine Félix a reçu la Croix de guerre et la Médaille de la Résistance mais aussi des témoignages de gratitudes dont l’un du président des États-Unis.

    Madeleine Félix ne s’est jamais mise en avant après la guerre considérant simplement avoir fait son devoir de Française. Elle a toute sa place dans l’histoire de la Résistance marnaise.

    Hervé CHABAUD


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    Union101018a - Marne
    EPERNAY : Juste pour ne pas oublier

    René et Odette Deguay ont sauvé trois enfants juifs de la déportation. Aujourd’hui décédés, c’est leur nièce, Jacqueline Jumel Beiller, qui a reçu la médaille.
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  • Hier à Vertus, maire, député, représentant de l’Ambassade d’Israël et enfants de l’Histoire se sont réunis pour honorer la mémoire de René et Odette Deguay, qui ont sauvé trois enfants de la déportation.

    POUR ne pas oublier. Ne pas oublier que certaines personnes n’ont pas hésité à mettre leur vie en danger pour sauver celle des petits marqués d’une étoile jaune durant la sombre époque du gouvernement de Vichy.

    Chapitre lourd de l’Histoire de la France, la Seconde Guerre mondiale regorge pourtant de petites histoires qui prouvent que même en temps de guerre, l’homme a su garder un peu de son humanité.

    Et c’est un nouveau chapitre de ces histoires qui réunissait hier, à la salle Wogner de Vertus, une centaine de personnes : « Nous sommes réunis ici, aujourd’hui, pour écrire une ligne de plus dans le livre des Justes qui ne sera jamais fermé », a déclaré Pascal Perrot, maire de la commune.

    Cérémonie chargée en émotions, le représentant de l’Ambassade d’Israël en France a donc remis à Jacqueline Jumel Beiller (et à ses oncle et tante René et Odette Deguay à titre posthume) la médaille des Justes parmi les Nations. L’histoire veut que ce couple ait pu sauver, au péril de sa vie, quelques enfants parmi les 11 000 jeunes Français déportés en camps de concentration.

    Des parents de substitution

    Instituteurs uniques d’une classe de 54 élèves de Montmirail, Monsieur et Madame Deguay endossèrent vite le rôle d’éducateurs, d’amis, d’enseignants, bref, de parents de substitution pour ces trois jeunes : « N’oublions pas qu’à l’époque, héberger des enfants juifs était passible de déportation. Je me souviens encore si fort des débarquements des milices en pleine nuit », se souvient Jacqueline Jumel Beiller.

    Des années plus tard, Jacques Groyer, Eveline Worona et Renée Grojzdyk ont encore en tête leurs rires de gosses dans cette maison de Montmirail où ils vivaient loin de la réalité de l’époque : « J’ai passé trois ans dans cette petite chambre à l’étage. Monsieur Deguay m’apprenait à lire, à écrire. C’était quelqu’un de strict, mais avec beaucoup de cœur », se souvient Éveline. Parmi les 76 000 Juifs déportés de France lors des rafles, seulement 2 500 en sont revenus. Ces survivants de la Shoah portent en eux le poids de la mémoire. Et ce sont les témoignages de ces personnes qui donnent à cette mémoire une puissance si incomparable.

    Et le mot de la fin reviendra à Morgan Shlomo, représentant de l’Ambassade israélienne à Paris : « A vous, survivants de l’Histoire, je tiens à vous dire cette phrase tirée du Talmud : Quiconque sauve une vie sauve l’Univers tout entier ».

    Stéphane GUERRINI


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    La médaille des Justes : pour qui et pour quoi ?

    Le titre de « Justes parmi les Nations » a été voté par la Knesset (parlement israélien) en 1953, la même année que la création du mémorial Yad Vashem consacré aux victimes de la Shoah. La Knesset décida d’honorer « les Justes parmi les Nations, qui ont mis leur vie en danger pour sauver des juifs ».

    Le titre de Juste est donc décerné au nom de l’État d’Israël par le Mémorial de Yad Vashem. Cette récompense constitue actuellement la plus haute distinction honorifique délivrée par l’État d’Israël à des civils.

    Aujourd’hui, on recense 31 158 Justes à travers 41 pays, dont 3 158 en France. Ce sont donc plus de 31 000 personnes reconnues pour avoir apporté une aide à un ou des juifs, dans des situations de menace de mort ou de déportation vers les camps de concentration. Le sauveteur risquait également sa vie et sa sécurité, les nazis considérant l’assistance aux juifs comme un crime.

    Également pris en considération, le fait de n’avoir recherché aucune récompense ou compensation matérielle en contrepartie de l’aide apportée.

    Parmi les 76 000 juifs français déportés, seuls 2 500 en revinrent. Toutefois, les trois quarts des juifs, en France, ont eu la vie sauve. Ceux qui ont survécu le doivent souvent à des hommes et des femmes qui, faisant fi des lois en vigueur, les cachèrent, les protégèrent et les sauvèrent de la mort.


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    Union101017d - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : La rentrée de l’IUTL : Hervé Chabaud ouvre le bal

    Hervé Chabaud, conférencier émérite, pendant sa prestation.
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  • Plus de quarante personnes avaient pris place dans la salle afin d’écouter l’orateur passionné.
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  • Jeudi dernier, s’est déroulée dans la salle du conseil municipal à la mairie de Sainte-Ménehould, la rentrée de l’IUTL (Institut Universitaire du temps libre). Le conférencier du jour était Hervé Chabaud, historien, journaliste et rédacteur en chef de l’union.

    Il fut accueilli par Nicole Urwald, responsable locale de l’IUTL, et par Jean-Pierre Louviot, adjoint au maire en charge des affaires culturelles. Nicole Urwald a tenu à remercier la quarantaine de personnes présentes à l’occasion de l’ouverture de cette saison 2010/2011 qui verra cette année douze conférences ainsi que des visites extérieures et des voyages. Elle a rappelé que cette Institut était avant tout un lieu de culture, de rencontres et d’échanges.

    Elle a également adressé ses remerciements à la ville ainsi qu’à l’adjoint aux affaires culturelles pour les décors qu’il réalise de la salle et qui sont souvent différents.

    L’adjoint a tenu également à remercier l’assistance nombreuse pour cette ouverture de saison. Il s’est dit un peu déçu car cela fait trois années consécutives qu’il annonce le déplacement des lieux de réunion mais, pour des raisons indépendantes de sa volonté, la nouvelle médiathèque n’est pas encore tout à fait prête.

    La culture à la campagne

    La médiathèque sera très certainement prête pour 2011 où seront fêtés les 30 ans de l’IUTL à Sainte-Ménehould.

    En guise de reconnaissance, il a remis à Nicole Urwald une magnifique composition florale.

    Puis ce fut au tour du conférencier, Hervé Chabaud d’indiquer que l’IUTL était un moyen d’apporter hors des grandes agglomérations la culture à la campagne avec différents sujets.

    Le thème retenu ce jeudi était « Automne 1940 : Vichy contre De Gaulle ».

    Il a expliqué avec la verve que l’on lui connaît l’opposition de Pétain à De Gaulle, les différentes positions prises par Pétain à l’encontre de De Gaulle et vice-versa.

    Il a su tenir en haleine son auditoire pendant deux heures (à part une interruption d’une dizaine de minutes pour une alerte incendie ce qui a provoqué l’évacuation de la salle).

    Puis, il s’est plu au jeu des questions-réponses avec les participants.

    Toutes et tous, conférencier, organisateurs et public se sont félicité de cette rentrée réussie et qui fut très intéressante.

    La prochaine conférence aura lieu le jeudi 4 novembre et aura pour thème « Physique et confort dans les maisons d’habitation » avec pour intervenant Jean-Luc Bodnar.


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    Union101017c - Marne
    LIVRE : Un parcours engagé

    Il est une des grandes figures des chrétiens engagés qui, au siècle dernier, avec la pertinence de leurs arguments, le sens du débat, le refus de se limiter à des considérations superficielles et légères a témoigné de valeurs fortes et d’une éthique de la responsabilité.

    Marie-Joëlle Guillaume nous raconte Rémy Montagne sous la forme d’une biographie qui est un itinéraire de vie. Sa rigueur universitaire associée à un talent pour le récit garantit un agréable moment de lecture.

    D’abord engagé avant guerre à l’Association catholique de la jeunesse française, Rémy Montagne a la fibre militante. Au moment de l’adoption de la loi sur le STO, il pousse le cardinal Gerlier dans ses derniers retranchements et s’affirme comme un homme de qualité. Il va conseiller à ceux qui le lui demandent de ne pas déférer aux convocations et d’entrer dans la Résistance. Contrairement à bien des prélats, il franchit le pas.

    Dans les années cinquante, il choisit d’entrer en politique et ne cherche pas une circonscription favorable. Il s’attaque au fief de Pierre Mendès-France, à Louviers. Il sera élu de 1958 à 1968 puis de nouveau en 1973 avant de devenir secrétaire d’État aux Affaires sociales dans un gouvernement de Raymond Barre. Ce n’est pas cet épisode ministériel qui peut résumer une vie aussi remplie et disponible pour aider son prochain. Bon camarade, fidèle en amitié, courageux dans les combats du printemps 1940 du côté d’Abbeville, il rejoint la résistance chrétienne citant Juvenal : « Le plus grand des maux est de préférer la vie à l’honneur, et de la sauver aux dépens de ce qui lui donne une raison d’être ». Au printemps 1944, il est au maquis de Haute-Savoie et s’y distingue.

    La paix revenue, Rémy Montagne, juriste et journaliste, s’engage dans la formation des jeunes générations et est un veilleur vigilant contre les excès communistes. Il écrit. Il a un ton. Il attaque la soumission aveugle des Français qui répondent : « à l’appel de la tyrannie moscovite ». Réformateur dans l’âme, il défend un État : « fort, obéi, respecté ».

    Cet Européen convaincu s’affirme comme un homme d’ouverture toujours prêt à lancer des passerelles pour que les gens sachent s’écouter et s’entendre. On goûtera aux pages qui glissent de l’homme public à l’homme privé, on aimera sa force de conviction pour l’entretien de liens étroits et durables entre la France et l’Afrique. Bref, un portrait tonique d’un homme chaleureux, modeste, disponible, humaniste au quotidien.

    H.C.

    Marie-Joëlle Guillaume, « Rémy Montagne, un démocrate chrétien dans le siècle », Perrin, 335 p., 23 euros.


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    Union101017b - Marne
    LIVRE : Un septembre rouge

    La fabuleuse collection Jour J revisitant l’histoire inventée se poursuit avec le tome 3, Septembre rouge, chez Delcourt. Les Allemands ont gagné la bataille de la Marne. Mais Clemenceau refuse la capitulation. Il gagne Alger et organise la lutte. Cela peut apparaître comme une plaisanterie. Mais ce qui ne s’est pas déroulé permet de mieux cerner la réalité historique. Rien n’est exact mais tout est plausible grâce au talent de Pierre Pécau et de Fred Duval, coscénaristes.

    Clemenceau avait d’ailleurs lui-même songé à un rempli sur Alger si la métropole était submergée par l’occupant. Un inspecteur et un truand anarchiste se voient finalement confier une mission périlleuse depuis la Suisse. Ils ont pour mission d’abattre une tête couronnée et ainsi changer la donne politique en Europe.

    De son côté, Florent Calvez, le dessinateur, jubile visiblement à dépeindre l’imaginaire avec beaucoup de réalisme. La deuxième partie de cet album, attendue avec impatience, est prévue à la mi-novembre. Cela va s’appeler Octobre noir.


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    Union101017a - Marne
    HISTOIRE : 1940


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    Le bâillon des départements

    En octobre 1940, Philippe Pétain n’a pas d’autre choix que de reconnaître la défaite de la France.
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  • Au tour des conseils généraux ! Le 12 octobre 1940, une loi portant sur la création des commissions administratives met un terme à la vie des assemblées départementales dont les sessions sont suspendues.

    Désormais, c’est le préfet, assisté d’une commission de sept à neuf membres nommés par le ministre de l’Intérieur, qui exerce cette fonction. Cette nouvelle institution voit ses modalités de fonctionnement très encadrées de peur que ne lui vienne l’ambition d’explorer le champ politique.

    Elle n’est que purement consultative et ne se réunit que si le préfet a envie de la convoquer. Elle est destinée à faire de la figuration puisqu’elle n’est même pas autorisée à émettre des voeux. Elle n’est compétente que de manière résiduelle, dans la mesure où ses attributions restent limitées à l’examen des questions administratives dont elle est saisie par le préfet. Cette loi en préfigure une autre destinée à déclarer démissionnaire d’office pour des raisons d’ordre public et d’intérêt général, tout conseiller général mais aussi tout conseiller d’arrondissement ou conseiller municipal.

    Ce pouvoir est attribué au préfet dont le rôle est renforcé par Vichy pour les communes de moins de dix mille habitants et par le ministre pour les autres. Il s’appuie alors sur un rapport préfectoral pour trancher.

    Ces initiatives confirment la volonté du pouvoir de rompre avec le système des notables sur lequel repose alors le régime républicain. Le maréchal Pétain et ses ministres ne s’inquiètent à aucun moment du risque de vide politique induit par cette législation.

    Le chef de l’Etat attend de l’ordre à tous les niveaux de l’organisation administrative du pays. C’est donc vrai pour le département. La réciproque est au rendez- vous dans les communes. La circulaire qualifiée de très confidentielle du 15 octobre 1940 et qui définit aux préfets l’administration territoriale de la France nouvelle est explicite : « Par suite d’abandons systématiques, la fonction préfectorale, essentielle dans un Etat organisé, fut dénaturée, avilie par les professionnels de l’ancien électorat, n’ayant jamais eu pour but, sous les vocables de libéralisme et de démocratie, que de satisfaire les appétits de clientèles insatiables et d’exploiter à leur bénéfice les passions populaires ». Une manière d’introduire l’élargissement des pouvoirs préfectoraux : « Vous devez être vous-mêmes les meilleurs artisans de cette élévation, qui vous haussera dans votre propre estime aux yeux de tous et qui fera de vous les agents les plus efficaces de votre résurrection ».

    En réalité, il s’agit de programmer le préfet comme l’autorité suprême de Vichy dans les territoires ce qui oblige à des règles de comportement. Vis-à-vis des conseillers généraux et des élus d’hier, on recommande de la simple politesse. C’est la consécration d’une méfiance légitime à leur égard.

    La règle impérative est : « Vous devez combattre toutes les forces apparentes ou clandestines qui, au nom d’ambitions déçues, d’intérêts lésés, d’idéologies mortelles, tenteraient de reconstituer la vieille anarchie profitable ».

    On dispose ici selon la formule de Marc-Olivier Baruch : « d’un véritable condensé de pétainisme politico- administratif ». L’administration préfectorale doit désormais rechercher le contact direct avec les populations privées de leurs anciens mandataires. Partout on privilégie le pouvoir nommé au pouvoir élu. La voix des départements est désormais la voix de son maître, celle de Pétain.


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    Pétain dévoile la France nouvelle

    Pétain omet de parler des problèmes de ravitaillement.
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  • DEMONSTRATION. En s’adressant aux Français le 11 octobre 1940, le maréchal justifie point par point sa politique pour les convaincre qu’il n’existe qu’une voie de salut dans le pays divisé et occupé.

    Philippe Pétain n’a pas d’autre choix que de reconnaître la défaite de la France. Presque quatre mois après la demande d’armistice dont il a pris l’initiative, il se présente en reconstructeur d’un pays abîmé par ses élites : « Le désastre n’est, en réalité, que le reflet, sur le plan militaire, des faiblesses et des tares de l’ancien régime politique ».

    C’est bien la IIIe République qui est visée et pas simplement Paul Reynaud ou Albert Lebrun. Il cherche à démontrer aux citoyens comment ils ont été piégés par cette république, chemin direct à l’affaissement de la nation : « Votant tous les quatre ans, vous vous donniez l’impression d’être les citoyens libres d’un Etat libre. Aussi vous étonnerai-je, en vous disant que, jamais, dans l’histoire de la France, l’État n’a été plus asservi qu’au cours des vingt dernières années ».

    Si le maréchal fait le procès des institutions auxquelles il a substitué l’État français, il insiste sur les dérives et dérapages qui, entre les deux guerres, ont amplifié les dysfonctionnements et les blocages. Il identifie des responsables et fait peser les difficultés rencontrées à la fois sur l’incompétence des politiques, les exigences syndicales dont les animateurs sont accusés de tromper la classe ouvrière. Il s’insurge contre ceux qui, pris par des combats de rivalité, ont oublié de préparer le pays aux exigences contemporaines. Une manière de justifier son engagement et de se présenter comme l’exclusive voie de recours pour un pays qui a été abîmé par les diviseurs de la nation. Si les armées ont été défaites, si la France est découpée et partiellement occupée, c’est la résultante d’une politique extérieure indigne. On chercherait à justifier l’intervention militaire du Reich qu’on ne s’y prendrait pas autrement : « Notre politique étrangère ne pouvait que nous amener dans une impasse. Nous n’avons pas mis plus de quinze ans à descendre la pente qui y conduisait ».

    Passant en revue les différents épisodes vécus depuis septembre 1939, le chef de l’État parle d’une guerre déclarée et perdue d’avance : « Nous n’avions pas su, ni l’éviter, ni la préparer. C’est sur cet amas de ruines qu’il faut, aujourd’hui reconstruire la France ».

    S’il y a autant de fermeté à tous les niveaux de décision, c’est pour empêcher le retour aux erreurs du passé. Le maréchal nie que l’ordre nouveau soit : « une imitation servile d’expériences étrangères » ou : « une revanche des événements de 1936 ». Si ce n’était pas le cas, pourquoi serait-il nécessaire de le répéter et d’insister autant ? Il l’affirme : « Chaque peuple doit concevoir un régime adapté à son climat et à son génie ».

    « LE CHOIX APPARTIENT AU VAINQUEUR »

    La révolution nationale est donc le passage obligé sur le chemin de la modernité qui n’a pas été balisé et entretenu en temps de paix. « Le régime nouveau défendra, tout d’abord, l’unité nationale, c’est-à-dire l’étroite union de la Métropole et de la France d’outre-mer ». Une volonté qui est déjà bien contrariée avec les ralliements en cascade à la France libre malgré l’échec de Dakar. Mais on discerne déjà une lecture très particulière du nationalisme qui prône une certaine « entente » : « Cette collaboration, la France est prête à la rechercher dans tous les domaines, avec tous ses voisins. Elle sait d’ailleurs que, quelle que soit la carte politique de l’Europe et du monde, le problème des rapports franco-allemands, si criminellement traité dans le passé, continuera de déterminer son avenir ». On a un avant-goût de ce qui se trame. Pétain préfigure de la sorte sa prochaine rencontre avec le führer en zone occupée. N’évoque-t-il pas aussi l’alternative avec l’Allemagne entre une paix traditionnelle d’oppression et une paix toute nouvelle de collaboration ?

    Le maréchal reconnaît le droit à l’Allemagne de choisir le scénario qui lui sied le mieux : « Le choix appartient d’abord au vainqueur ». Il explique qu’il vaut mieux dominer son humiliation et sa défaite pour saisir la chance d’un espoir d’une cohabitation intelligente. Pour y parvenir, il faut une hiérarchie sociale qui repose : « sur l’égalité des chances données à tous les Français de prouver leur aptitude à servir ». Les deux voies de la réussite sont fléchées. Il s’agit du travail et du talent. Et de mettre en garde : « On ne peut faire disparaître la lutte de classes, fatale à la nation, qu’en faisant disparaître les causes qui ont formé ces classes et les ont dressées les unes contre les autres ». Bref, pour Philippe Pétain, l’autorité est indispensable pour sauvegarder la liberté de l’État : « garantie des libertés individuelles, en face des coalitions d’intérêts particuliers ». Il fustige les coalitions politiques qui, sous la IIIe République ont interdit un réformisme d’intérêt général. Il en donne une explication qui disqualifie la fonctionnalité des lois constitutionnelles de 1875 : « L’histoire est faite d’alternances entre des périodes d’autorité dégénérant en tyrannie, et des périodes de liberté engendrant la licence. L’heure est venue pour la France de substituer à ces alternances douloureuses une conjonction harmonieuse de l’autorité et des libertés ».

    « REGAGNER LE TEMPS PERDU »

    Le maréchal définit les règles sociales de son régime en effectuant une critique vigoureuse des principes du libéralisme et de la politique des prix qui a été entretenue pour mieux servir les spéculateurs. « Devant la faillite universelle de l’économie libérale, presque tous les peuples se sont engagés dans la voie d’une économie nouvelle. Nous devons nous y engager à notre tour et, par notre énergie et notre foi, regagner le temps perdu ».

    Pour ce faire, il distingue deux principes : la mise en place d’une économie dirigée et contrôlée, la garantie des initiatives individuelles conformes à l’intérêt national. Pétain défend aussi sur le plan transnational, le contrôle du commerce extérieur et des changes pour subordonner aux nécessités nationales l’emploi des signes monétaires sur les marchés étrangers. Sur le plan intérieur, il valide un contrôle de la consommation et des prix « afin de maintenir le pouvoir d’achat de la monnaie, d’empêcher les dépenses excessives et d’apporter plus de justice dans la répartition des produits ». Miraculeusement, la leçon du chef de l’État est centrée sur l’intérêt national : « Que la classe ouvrière et la bourgeoisie fassent, ensemble, un immense effort pour échapper aux routines de paresse et prennent conscience de leur intérêt commun de citoyen dans une nation désormais unie ».

    Pétain évite d’aborder dans le détail les restrictions des libertés publiques et les discriminations à l’égard des juifs pour rassembler les Français derrière les idées de la Révolution nationale : « Bientôt, je vous demanderai de vous grouper pour qu’ensemble, réunis autour de moi, en communion avec les anciens combattants formés en légion, vous meniez cette révolution jusqu’à son terme, en brisant les forces hostiles et les intérêts coalisés, en faisant régner, dans la France nouvelle, la véritable fraternité nationale ». Il oublie l’alternative proclamée par le général de Gaulle.

    HERVÉ CHABAUD


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    Les petites oeuvres de la fausse Légion

    Des légionnaires prêtent serment devant le maréchal et croient en ses capacités de relever la France…
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  • Les vétérans de la Grande Guerre défilent en zone libre. Vichy veut rassembler les anciens combattants contre de Gaulle.
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  • MANOEUVRE. Mettre les anciens combattants sous la botte pour les manipuler et en faire les promoteurs de l’ordre nouveau sied au gouvernement de Vichy.

    Il faut toute la pertinence de raisonnement d’un grand juriste français opposé à Vichy, René Cassin, pour démasquer et contrer en droit les manipulations sociales du gouvernement du maréchal. Il choisit par son propos du 12 octobre 1940 d’interpeller les anciens combattants de la Première Guerre mondiale sur les modifications imposées à leur vie associative. Le Journal Officiel a publié le 30 août la dissolution de toutes les associations d’anciens combattants pour leur substituer un seul organisme qui est la Légion française. Ses structures et son mode de fonctionnement relèvent de l’obéissance aveugle au pouvoir politique. Les adhérents n’ont qu’un droit celui de suivre les ordres sans les commenter. Cette perspective est mise à nue par Cassin : « Le président, les dignitaires et les présidents régionaux sont désormais nommés d’après le Führerprinzip, c’est-à-dire suivant le principe autoritaire de la désignation par en haut ». Cette appréciation argumentée témoigne aussi que le pouvoir se contente d’un copié-collé des modèles d’organisation en vigueur dans l’Allemagne nazie et dans l’Italie fasciste. Le professeur de droit veut réveiller les consciences devant ce coup d’Etat qui muselle l’espace associatif : « Mais que pensent les intéressés eux-mêmes, les anciens poilus expropriés des groupements créés grâce à leur dévouement, à leurs cotisations et à la peine de leurs militants ? Puisqu’ils sont réduits au silence par la censure et les persécutions, je me permettrai comme Français libre de parler en leur nom. Cela sera fait en vrai combattant, sans haine et sans crainte ».

    INJUSTICE ET DISCRIMINATION

    René Cassin a la légitimité pour parler et l’expérience de la conduite des destinées de la première association française des victimes de guerre. Il a oeuvré pour l’unité, les droits sociaux, le respect des souffrances et n’a jamais eu l’ambition de demeurer éternellement à un poste décisif, pour peu que de bonnes volontés soient prêtes à prendre le relais. Ce qui le peine est que certains de ses anciens camarades rejoignent la nouvelle institution sans piper mot et acceptent le directoire de la nouvelle Légion. Pour lui, il n’y a aucun doute, cette pratique est un instrument de la politique autoritaire et partisane du pouvoir de Vichy. Il secoue ses amis : « Camarades à deux reprises, en 1914 et en 1939, vous vous êtes levés pour sauver vos foyers et vos libertés. Ce n’est pas pour introduire entre vous et chez vous la loi totalitaire de l’ennemi. Même vaincue momentanément, la France combattante n’avait pas mérité qu’on lui imposât les méthodes d’Hitler et de Mussolini ». Le juriste accentue sa critique pour mieux mettre au jour le détournement des principes généraux du droit. Il crie à l’injustice et à la discrimination : « Est-ce maintenir l’unité spirituelle qui avait subsisté entre eux depuis 1919, malgré les dissensions intérieures que d’exclure du nouveau directoire, tous les anciens combattants, qui même sans étiquette, unissaient la France et la démocratie dans leur coeur ? ».

    René Cassin fait appel aux valeurs authentiques de la République laïque pour tacler le maréchal dans ses choix : « Mon cher chanoine Matteudi, toi qui es mort peu avant la tourmente, entouré de l’amitié de tous les anciens combattants, qu’ils fussent instituteurs, libres penseurs, socialistes ou francs-maçons, c’est ta voix qu’il me faudrait ici pour rappeler que l’égalité de tous les poilus dans le sacrifice, exigeait des choix faisant une place équitable à toutes les familles spirituelles de France ».

    UN FAIT ACCOMPLI ET DURABLE

    Vichy, qui structure la Légion en prenant soin d’éliminer de sa direction tous les représentants potentiels des régions frontalières considérées comme « les marches de la patrie », ne compte que sur des hommes qui partagent sa politique ou qui s’en satisfont. Cassin fustige ces attitudes qui manquent de courage : « La nouvelle Légion a été créée par des hommes qui tiennent la présente défaite française pour un fait accompli et durable. Sous le haut patronage du maréchal et d’honorables figurants, elle est effectivement coiffée de manière à exploiter les désastres nationaux pour les fins de revanches intérieures ».

    Quittant le droit, le professeur devient plus politique lorsqu’il bouscule dans leur petit confort ceux qui ont accepté les postes de meneurs et de gestionnaires de cette Légion : « Camarades, lisez les noms du secrétaire général, du délégué général, du directeur général et de leurs adjoints : ces cinq-là sont des hommes de guerre civile et de coup d’Etat. Ce sont eux qui se réservent de mener seuls la nouvelle Légion, eux qui ne sont qu’une poignée, même pas une minorité et n’ont pris aucune part au mouvement d’ensemble des vingt dernières années ».

    Pour étayer cette condamnation, René Cassin trie et sélectionne plusieurs prises de parole et des explications données par ces nouveaux responsables qui parlent comme des automates programmés par ceux qui les ont désignés. C’est ainsi qu’il reprend les conseils adressés le 2 octobre 1940 au secrétaire général de la Légion : « Tous les Français doivent être mis en garde contre l’Angleterre. J’ai écrit à Xavier Vallat lui suggérant que les anciens soldats pourront être employés à cette contre-propagande » ! Cassin est dans le vrai parce qu’à la Légion, on s’enthousiasme de la stratégie aérienne employée par le maréchal Goering pour anéantir la Grande-Bretagne de Churchill. On cherche une justification aux raids aériens perpétrés contre des cibles identifiées des Iles britanniques. Le 15 octobre 1940, on applaudit à l’emploi désormais quotidien des chasseurs bombardiers pour contraindre le Royaume-Uni à renoncer. En réalité, cette présentation simpliste attribuée aux anciens combattants français masque la réalité. L’utilisation de ces avions témoigne que les destructions opérées contre les bombardiers classiques ont obligé l’Allemagne à revoir sa copie. La réponse de la BBC est immédiate : « La nouvelle tactique allemande improvisée n’est en réalité qu’un pis-aller, visant surtout à un résultat négatif qu’il importait d’obtenir d’urgence : la diminution des pertes du Reich en matériel et en équipages ».

    Se moquant de la confiance adressée à la Luftwaffe par les anciens soldats français, la radio de Londres prédit : « La Royal Air Force peut parer de deux façons : en adaptant sa tactique et en jetant dans la lutte un nombre de plus en plus grand d’appareils capables de rejoindre et de détruire à coup sûr les chasseurs bombardiers allemands ».

    Et d’user de l’arme des statistiques pour mieux démontrer que les analyses des complices de Vichy sont irrecevables : « Dès à présent, au plus fort de la nouvelle tentative allemande, la RAF détruit régulièrement en moyenne deux appareils du Reich pour un des siens abattus. Il ne s’agit donc pas pour l’Angleterre de réparer un échec mais simplement de développer un avantage solidement établi en un moment où la RAF est encore en état d’infériorité numérique ». Les Français libres ne vont plus avoir de cesse de contrarier les affirmations de la Légion pour rallier les anciens combattants les plus réceptifs à leur argumentation.

    HERVÉ CHABAUD


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    Union101015b - Marne
    REIMS : Sidi-Brahim : Les combats ne sont pas oubliés

    Le président José Domice a lu le récit
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  • Le comité des Diables bleus de Reims et la région a commémoré le 165e anniversaire des combats de Sidi-Brahim, au monument aux morts de Reims, dimanche dernier.

    Arnaud Robinet, député de la Marne et Jean-Claude Laval, adjoint représentant la maire de Reims étaient auprès de José Domice, président des Diables bleus pour accueillir le colonel Réal de la place d’Armes de Reims, M. Scrabalat de la Fédération nationale des anciens chasseurs et de M. Vache, ancien adjoint chargé des affaires militaires.

    « Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer le 165e anniversaire des combats de Sidi-Brahim. Devant ce monument aux morts où sont inscrits les noms de ceux qui sont tombés pour la France, je ne peux oublier nos 47 frères d’armes tombés en opérations extérieures sans oublier ceux qui ont été blessés. » Après le garde à vous, les couleurs, le dépôt de la gerbe, la sonnerie aux morts et une minute de silence, le président a lu le récit des combats terribles de Sidi-Brahim avant de remercier les porte-fanions, porte-drapeaux et clairons.

  •  Des photographies de cet événement sont disponibles dans notre galerie d’images


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    Union101015a - Marne
    SOULANGES : Assemblée générale du comité cantonal du Souvenir français

    L’assemblée générale s’est terminée par un dépôt de gerbes au monument aux morts de Soulanges.
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  • A l’occasion de l’assemblée générale ordinaire du comité cantonal du Souvenir Français de Vitry-le-François, qui s’est tenue samedi dernier à la salle des fêtes de Soulanges, sous la présidence de Christian Michel, délégué général de la Marne du Souvenir Français, et de Raymond Latreuille, maire de Soulanges, le président Gérald Gaillet a présenté les projets de son comité qui comprend 53 communes et rayonne sur l’arrondissement de Vitry-le-François.

    Au cours de la réunion, Marcel Sallembier s’est vu remettre un diplôme de remerciement pour sa participation à l’organisation des journées en hommage aux poilus en 2008. Christian Michel a remis au vice-président André Protat, le diplôme d’honneur du Souvenir Français ; au vice-président honoraire, Guy Coste, la médaille de bronze du Souvenir Français et au trésorier Yvan Broussard, la médaille d’argent du Souvenir Français.

    L’assemblée générale s’est terminée par un dépôt de gerbes de fleurs au monument aux morts de Soulanges.

    À noter les différentes manifestations marquantes de l’année à venir : le lieutenant-colonel Henry-Moll, ancien élève du Collège de Vitry, gouverneur militaire au Tchad, décédé au Fort Archambault (Tchad) le 9 novembre 1910, sera commémoré par deux événements, un dépôt de gerbes de fleurs devant sa statue au square Moll le lundi 1er novembre à 10 h 30 et une conférence par le général de corps d’armée Jean-Marie Lemoine le jeudi 25 novembre à 20 h 15 à l’espace Paul-Bert de Vitry-le-François. Cette commémoration se fera en lien avec la société des Sciences et Arts de Vitry-le-François et l’amicale des anciens élèves du Collège. Voyage de mémoire le vendredi 13 mai à Colombey-les-Deux-Églises.

    Une nouvelle équipe a été élue pour l’organisation de toutes ces actions pour l’année 2010-2011. Pour tous contacts : Le Souvenir Français, 9, rue des Hauts Pas, 51300 Vitry-le-François. Tél./fax. 09.75.61.15.91. courriel : souvenir.vitry@orange.fr


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    Un comité très impliqué

    Pour le canton de Saint-Rémy-en-Bouzemont

    A Arzillières-Neuville : participation financière de 500 euros à la restauration des monuments aux morts d’Arzillières et d’Arzillières-Neuville. A Châtelraould-saint-Louvent : restauration de la sépulture du lieutenant Jacques Verriet de Litardière.

    Pour le canton de Sompuis

    A Humbauville : restauration de la sépulture d’Émile Bronne et de la sépulture de Gaston Bégin. Au Meix-Tiercelin : restauration de la sépulture du lieutenant Gaston Dolle, restauration de la sépulture des frères Noblet, de la sépulture du soldat de 2e classe Lucien Boudsoque. A Saint-Ouen-Domprot : participation financière de 600 euros à la restauration du monument aux morts de Saint-Ouen ; restauration de la sépulture du sergent fourrier Maurice Bronne et de la sépulture du soldat Gaston Roye. A Sompuis, restauration de la sépulture du soldat Léopold Lallement.

    Pour le canton de Vitry-Est

    A Frignicourt : aménagement d’une stèle pour la mise en valeur de la plaque à la mémoire des anciens de la Laiterie MPF 1914-1918 (actuellement dans le bureau du directeur des Établissements Basset). A La Chaussée-sur-Marne : restauration de la sépulture du général Garnier. A Saint-Lumier-en-Champagne, restauration de la sépulture de l’adjudant Edmont-Loupias.

    Pour le canton de Vitry-Ouest

    A Blacy : restauration de la sépulture du soldat Henri-Vaconet. A Maisons-en-Champagne : restauration de la sépulture du sergent Lucien Poirat.


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    Union101013a - Marne
    L’aviation durant la Première Guerre mondiale

    Le commandant Brocard en 1917
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  • Les archives des petites communes contiennent parfois des trésors. On peut sourire des greniers poussiéreux où s’entassent des papiers devenus d’un marron douteux dans de vieilles boîtes à chaussures que des secrétaires de mairie consciencieux ont mis tant bien que mal à l’abri au fil du temps. Mais un jour ou l’autre, il y aura un curieux pour secouer la poussière.

    Au cours de la guerre de 1914-18, il y eut quantité de champs d’aviation à l’arrière de la ligne de front sur l’Aisne ; celle-ci bougea peu.

    Dans les semaines qui précédèrent l’offensive du Chemin des Dames, l’un de ces terrains prit de l’importance. Ce terrain dit de la Bonnemaison reçut les as de l’aviation de mars à juillet 1917 tels Brocart, Dorme, Guynemer et bien d’autres comme Fonck, l’as des as.

    Pourquoi ce terrain ? La région à l’est de Fismes présentait un vaste plateau, touchant à plusieurs communes, situé à la distance souhaitée.

    Un document retrouvé par une passionnée d’histoire dans les archives communales de Crugny, alors qu’il n’existe plus ailleurs permet maintenant d’en délimiter l’étendue.

    Combats aériens

    A la faveur de cette découverte, un regain d’intérêt pour cette période de l’histoire de la région qui vit les débuts du développement technique de l’aviation et la naissance des combats aériens, la société d’histoire créée au village il y a quelques années par Mme Lallement-Jacquesson a redoublé d’activité.

    Elle organise les 11, 12, 13 et 14 novembre, les après-midi de 14 à 18 heures, à l’église (entrée gratuite), une exposition intitulée Crugny, village de l’arrière pendant la guerre de 1914-18 où sera développé le thème de l’aviation. Les différentes formes que prit la Première Guerre mondiale qui firent de nos départements de la ligne de front et même de l’arrière des terres ravagées seront également évoquées.

    La vingtaine de personnes qui ont travaillé attendent d’être encouragées dans leurs efforts par la visite des personnes intéressées par l’histoire de leur région.


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    Union101010c - Marne
    LIVRES

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    Des criminels chez les Poilus

    Notre mère la guerre est le second tome d’une série de trois volumes consacrés à une enquête menée en 14-18.

    Il y a la guerre, beaucoup de morts, causées par le déluge des armes de deux armées ennemies.

    Mais la disparition de quatre femmes n’est pas explicable. Un lieutenant de gendarmerie, présent dans une précédente aventure parue en 2009, s’entête à trouver les coupables.

    L’épilogue de cette énigme est prévu dans le prochain et dernier épisode.

    Deuxième complainte, édité par Futuropolis, restitue l’atmosphère du front, de la vie quotidienne des Poilus.

    Maël, le dessinateur, atteint la précision. Sa peinture colorée est expressive. Le récit de son compère Kris, un ancien étudiant en histoire, ne s’attarde pas sur l’accessoire.

    Des soupçons pèsent sur une section composée de repris de justice. Ils ont été libérés de prison pour combattre.

    Eux aussi s’acquittent du prix du sang. Les deux tiers de ce groupe d’une centaine d’hommes périssent au combat.

    L’officier de gendarmerie est troublé par des indices, des coïncidences. Mais il en faut plus pour confondre des coupables et les coller contre un mur face à un peloton d’exécution.

    « Notre mère la guerre, deuxième complainte » ed. Futuropolis, 64 pages en couleurs, 16 euros.


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    Un septembre rouge

     

     

     

    La fabuleuse collection Jour J revisitant l’histoire inventée se poursuit avec le tome 3, Septembre rouge, chez Delcourt. Les Allemands ont gagné la bataille de la Marne. Mais Clemenceau refuse la capitulation. Il gagne Alger et organise la lutte. Cela peut apparaître comme une plaisanterie. Mais ce qui ne s’est pas déroulé permet de mieux cerner la réalité historique. Rien n’est exact mais tout est plausible grâce au talent de Pierre Pécau et de Fred Duval, coscénaristes.

    Clemenceau avait d’ailleurs lui-même songé à un rempli sur Alger si la métropole était submergée par l’occupant. Un inspecteur et un truand anarchiste se voient finalement confier une mission périlleuse depuis la Suisse. Ils ont pour mission d’abattre une tête couronnée et ainsi changer la donne politique en Europe.

    De son côté, Florent Calvez, le dessinateur, jubile visiblement à dépeindre l’imaginaire avec beaucoup de réalisme. La deuxième partie de cet album, attendue avec impatience, est prévue à la mi-novembre. Cela va s’appeler Octobre noir.

     

     

     


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    Union101010b - Marne
    HISTOIRE : Lorsque Bazeilles entra dans l’histoire

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    Union101010a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    Les comiques du Brenner

    L’équipe de l’émission « Les Français parlent aux Français » soigne son argumentaire contre le Reich.
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  • Comme pour mieux marquer une coopération fructueuse, Hitler et Mussolini se rencontrent au col de Brenner à mi-chemin entre Berlin et Rome. L’épisode est mis en scène pour que des images de propagande soient diffusées. C’est Pierre Bourdan qui analyse l’événement. Pleinement associé à l’émission « Les Français parlent aux Français », le fondateur à Londres de l’Agence française indépendante sait s’affranchir de toutes les pressions tout en servant utilement la cause gaulliste. Sa capacité à caricaturer l’adversaire n’échappe pas à ses auditeurs d’alors et ses textes témoignent du soin qu’il apporte pour poser une critique sévère des actes de l’ennemi : « Comme les dieux grecs, ces messieurs aiment se réunir dans les montagnes. C’est aussi dans les vieux romans feuilletons, l’habitude des fameux bandits de grand chemin et cette explication est peut-être plus appropriée que la précédente ».

    C’est parce qu’il a une très bonne connaissance de l’histoire politique des années trente que le journa-liste met à nu les manigances de l’Axe tout en faisant de ses responsables des portraits au couteau : « Mussolini est extrêmement susceptible, et il n’aime pas qu’on lui rappelle par trop qu’il est tout au plus le lieutenant d’un chef de bandes ». Derrière son micro il s’amuse du duce : « Si Hitler gagnait la guerre, Mussolini ne jouirait pas longtemps de ces petites satisfactions d’amour-propre. S’il la perd, je présume qu’on réservera à Mussolini un séjour moins aéré que celui de cette vallée ». Pour intensifier les moqueries à l’égard du choix géographique de cette rencontre verrouillée par les diplomates des deux pays, Bourdan se risque à une dernière justification : « Le Brenner présente un dernier avantage pour les deux dictateurs : il est moins accessible à l’aviation anglaise. Détail qui peut avoir son intérêt ».

    Il faut aussi pour les voix gaullistes dépecer le sens politique de telles rencontres et à cet exercice, le re-porter excelle : « Hitler et Mussolini nous ont habitué à l’idée que les conférences trahissaient toujours des difficultés et des inquiétudes. Ces deux grands hommes en éprouveraient-ils ? ». Et de rechercher chez les humoristes quelques explications complémentaires. Un dessin du fameux caricaturiste anglais Low fournit peut-être la réponse : Hitler équipé comme le sont les acteurs qui jouent le rôle de Siegfried dans les théâtres de province, porte en sautoir une large bande où sont inscrits les mots : « Seigneur de l’Europe ». Mussolini en pagne et blouse noire, la tête surmontée d’un plumet, le menton décisif, porte une autre bande : « Seigneur d’Afrique ». Enfin Hitler place sur les épaules d’un guerrier japonais l’ordre de : « Seigneur d’Asie ». C’est cela la vérité.

    Si Bourdan se moque encore du führer incapable de débarquer en Angleterre, il n’est pas économe en ce 4 octobre 1940 de critiques encore plus féroces à l’encontre du Duce. « La flotte anglaise a balayé la Méditerranée, et la flotte de Mussolini, soi-disant maîtresse de cette mer a cherché son salut dans la fuite. En Egypte, Mussolini n’a avancé que lentement, même dans la zone désertique peu défendue où les Anglais n’ont pas de grands ouvrages défensifs ». Mais plus incisif, le journaliste met en garde contre la raison cachée du sommet de Brenner : la division du monde. Avant de pronostiquer : « Hitler et Mussolini vendent la peau d’un ours qu’ils n’ont pas encore tué. Avant de diviser le monde, il faut le prendre. Avant de se partager le gâteau africain, il faut le cuire. Et l’Afrique n’est pas prête à se laisser absorber ». Sa conclusion est encore plus terrible : « La radio italienne nous annonce qu’Hitler et Mussolini n’ont pas l’intention d’annoncer la date de la victoire. On comprend ça ! »


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    Statut des juifs : la honte

    Une campagne pour discréditer les juifs auprès des paysans français et une caricature pour encourager l’expulsion des juifs.
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  • DISCRIMINATION D’ETAT.

    Le gouvernement de Vichy privilégie l’exclusion des juifs de la sphère politico administrative et limite leur accès aux professions libérales.

    C’est bien une complémentarité entre la législation allemande et les lois françaises qui est recherchée par la mise en place de cette loi d’exception : « Le but des ordonnances allemandes est d’enlever aux juifs toute influence économique et sociale. Le but des ordonnances françaises est de leur enlever l’influence politique, artistique et littéraire ». On assiste bien à l’automne 1940 avec cette loi du 3 octobre à un statut des juifs qui crée une distinction entre les nationaux d’origine de race juive et les nationaux d’origine de race française. C’est une brèche dans la citoyenneté républicaine qui est ouverte puisque seuls les seconds bénéficient du principe d’égalité d’accès aux fonctions publiques ! Vichy justifie alors la raison d’être de l’incapacité des Juifs à celle qui frappe les naturalisés c’est-à-dire la protection de l’intérêt des services publics. C’est une falsification puisque les mesures prises à l’égard des juifs sont beaucoup plus sévères et certains dans l’environnement du maréchal n’hésitent pas à dire que : « Les Juifs sont plus dangereux politiquement que les naturalisés » ! L’application du statut des juifs constitue une rupture du modèle républicain et pose une question complexe : comment définir juridi-quement un juif ?

    DES ABERRATIONS

    On imagine que toutes les tentatives des plus besogneux à fixer la définition clé se heurtent à des ambiguïtés et des insuffisances. Les aberrations ne manquent pas. Dans une circulaire du 20 octobre 1940, le secrétaire d’Etat à l’Instruction publique exige des recteurs et des inspecteurs d’académie des listes de fonctionnaires de l’enseignement : « qui de notoriété publique où à leur connaissance personnelle, devaient être au terme de l’article 1er, regardés comme juifs ». Au ministère des Finances, on demande à chaque agent de signer un formulaire où il reconnaît : « Ne pas correspondre à la définition du juif ». L’administration a bien des difficultés à fixer les éléments d’appréciation objectifs de la qualité de juif d’autant qu’elle n’a pas l’habitude de mettre en place une pratique de la discrimination des hommes et des femmes sur des critères raciaux ou religieux. Le ministère de la Justice ne s’embar-rasse pas de principes pour recommander aux administrations de s’inspirer de la législation allemande qui s’applique déjà strictement en Alsace annexée : « Le critère religieux doit être le premier pris en compte » tout en reconnaissant une difficulté à savoir que les actes de naissance ne portent pas mention de la religion de chaque nouveau-né. Alors la note convient de recourir à des éléments de fait comme : « l’aspect de certains noms patronymiques, le choix des prénoms figurant sur l’étatcivil, le fait que des ascendants aient été inhumés dans un cimetière israélite ». Toutefois si le maréchal Pétain estime que les critères conseillés sont intéressants, le ministère de l’Intérieur exprime quelques réserves : « L’étude du nom et des prénoms ne peut fournir que des indices et mettre en évidence la relativité du critère fondé sur le sang ». En réalité on craint à Vichy une application fragmentaire de la loi qui ne correspond pas à l’urgence déclarée et n’est pas en phase avec les attentes manifestées par le Reich. On en vient à privilégier que doit être considéré comme juif, tout individu présumé tel : « Toute décision prise en vertu de cette présomption sera tenue pour valable et exécutée d’office comme toute décision administrative ».

    On s’affranchit de l’état de droit parce que la seule présomption comme critère de décision est susceptible de preuves contraires devant les tribunaux judiciaires. Chacun s’interroge sur la manière d’adopter des règles communes d’application. Xavier Vallat précise qu’il n’est pas question de mettre sur le même plan des vieilles familles juives : « celles originaires du Comtat, de Bayonne, de Bordeaux, d’Alsace et de Lorraine, françaises dès avant la Révolution qui sont assimilées et les familles arrivées au XIXe siècle dont certains membres ont combattu dans l’armée française ». En revanche, il considère que les juifs d’Europe orientale arrivés depuis la Première Guerre mondiale représentent : « une catégorie qu’il est impossible de considérer comme française ». Si l’on suit son raisonnement, le problème juif se limite aux juifs étrangers résidant en France. Que l’on retourne le problème dans tous les sens, il est patent que le statut du 3 octobre 1940 porte à la fois la marque de la conception française de l’antisémitisme d’Etat et la vision raciste nazie. Si des universitaires éminents, ancien de la Grande Guerre, sont pour l’instant épargnés à l’exemple de Marc Bloch et de Louis Halphen, les garanties sont fragiles.

    INTERNÉS DANS DES CAMPS

    Dès le 4 octobre, Vichy adopte un texte complémentaire qui lui permet d’interner dans des camps tous les étrangers de race juive. Cette mesure est appliquée dans les quarante-huit heures aux réfugiés juifs chassés de Belgique par la Wehrmacht, parmi lesquels de nombreux juifs allemands et polonais. A la fin du mois, ce sont les 7.425 juifs allemands expulsés du Bade, du Wurtemberg, et du Palatinat envoyés en zone libre sur un ordre nazi qui sont piégés par le gouvernement du maréchal. Il s’agit déjà d’un dossier confié outre-Rhin à un certain Adolf Eichmann. Son équivalent en France, Theodor Dannecker fait le forcing pour que la police soit mise à contribution. D’autres officiers envoyés en province déploient un activisme préoccupant tel Herbert Hagen qui s’installe à Bordeaux sur le bateau confisqué au roi des Belges. Qui s’oppose vraiment à cette politique discriminatoire ? Quelques intellectuels sans troupes, des professeurs isolés. La grande majorité, ceux que l’historien Henri Amouroux a nommé les « quarante millions de pétainistes » suivent le maréchal et considèrent que les décisions de son gouvernement sont les bonnes puisqu’il ne s’y oppose pas. Ces mêmes Français estiment que la politique de rénovation nationale est la seule voie possible pour se relever de la défaite. Si cela passe par un antisémitisme affiché, cela ne dérange guère dans les villes et les villages. Cela ne signifie pas qu’il y ait en cette première quinzaine d’octobre 1940, une adhésion à l’Allemagne. L’Allemand est souvent méprisé et le mot à la mode employé pour le qualifié est : « boche ». On murmure que celui qui a battu la France en 1870, qui a pris l’Alsace et la Lorraine, celui contre qui il a fallu quatre années de combats meurtriers pour obtenir l’Armistice et le traité de Versailles, est cet Allemand qu’il faudra un jour ou l’autre bouter hors de France.

    HERVÉ CHABAUD


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    L’axe Berlin-Rome-Tokyo

    Le général Chang Kaï Chek.
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  • L’axe ambitionne aussi de contrôler les échanges économiques dans tout le Sud-Est asiatique.
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  • TRACTATIONS. L’Allemagne, l’Italie et le Japon constituent un pacte diplomatique qui n’exclut pas des coopérations militaires à venir ce qui est dénoncé à Londres par de Gaulle et les Français libres.

    A la BBC, Jean Marin qui commente l’événement frappe juste lorsqu’il interroge sur les avantages que le Kremlin peut retirer de cet accord des chancelleries. Tout simplement parce qu’il n’en existe pas. Le journaliste français enfonce le clou lorsqu’il se demande si les dirigeants nippons ont réfléchi un seul instant sur l’intérêt d’un tel accord. Il est alors difficile de comprendre tous les enjeux imaginés de part et d’autre. Les plus perspicaces estiment que le Japon est épuisé par la guerre interminable qu’il conduit en Chine et réclame tout simplement en échange de sa signature, une aide susceptible d’accélérer le règlement de son différend avec Pékin. « Dans ce qu’on peut imaginer une série de tractations dont le pivot serait Berlin et qui tendrait à obtenir des Soviets moyennant compensations territoriales qu’ils se désintéressent de la guerre en Chine et qu’ils cessent de soutenir le gouvernement de Chang-Kaï-Chek, se trouve la vérité de cet arrangement insincère » martèle la radio de Londres. Chacun réfléchit aux conséquences possibles parce que l’aboutissement de telles discussions isolerait Moscou qui n’aurait plus de monnaie d’échange. « S’il est encore difficile de définir le prix dont le Japon sera effectivement payé, il est par contre aisé, d’abord, de voir ce que les deux puissances de l’Axe attendent de lui, ensuite de découvrir les mobiles et les motifs qui ont incité l’Allemagne et l’Italie à entraîner le Japon dans cette affaire » commente encore Jean Marin.

    Son analyse charpentée, aux arguments de bon sens, est faite pour démontrer aux Français et aux Anglais que Berlin et Rome attendent de Tokyo que le Japon joue vis-à-vis des Etats-Unis le rôle joué au cours des premiers mois du conflit par l’Italie à l’égard des Alliés. Bref, Hitler et Mussolini espèrent que le gouvernement de l’Empereur va entretenir un climat de menaces et faire constamment du chantage à l’égard de Washington. Et le reporter français de mettre en garde les politiques américains contre les caractéristiques perverses de l’entreprise : « Quand il était tenu par l’Italie à l’égard des Alliés, ce rôle visait à ménager la possibilité d’une paix de compromis. Aujourd’hui qu’il est tenu par le Japon vis-à-vis des Etats-Unis, il vise à empêcher aussi d’étendre et de généraliser leur aide à la Grande-Bretagne ». Optimiste, il prédit que cette combinaison grossière n’a aucune chance d’aboutir. Il estime qu’une vigilance renforcée des Etats-Unis est capable de discerner toutes les initiatives nuisibles que les Japonais pourraient prendre pour mondialiser géographiquement la guerre.

    Cette sérénité affichée par l’un des porte-parole de la France libre résulte des déclarations officielles du sous-secrétaire d’Etat américain Summer Welles faites lors de la signature du pacte : « La tentative d’intimidation, fomentée par les trois puissances totalitaires, ne peut réussir qu’à renforcer la solidarité anglo-saxonne et accélérer le réarmement américain ». Il est patent qu’en prévision des exigences matérielles et opérationnelles à venir, des contrats portant sur six milliards de dollars ont été passés par la Maison Blanche avec les industries de guerre. Officiellement les Etats-Unis sont hors du conflit mais il est clair que Washington n’est pas prêt à abandonner la Grande-Bretagne. Déjà Roosevelt définit des pratiques destinées à interdire les sursauts isolationnistes de son opposition. Pour le président américain, il est hors de question de ne pas honorer les commandes mensuelles de Londres qui s’élèvent en moyenne à 200 millions de dollars ! Les affaires priment mais les relations extérieures défendues par Roosevelt sont en phase avec un Churchill dernier rempart européen au nazisme conquérant.

    Certains pensent que le pacte concocté par Hitler et Mussolini n’est qu’une improvisation. Il n’aurait pas fait partie du programme des dictateurs lorsqu’ils ont accédé au pouvoir. Seulement, l’exercice des responsabilités a changé la donne et puis, il faut masquer l’échec de la guerre éclair. Les Allemands n’ont toujours pas débarqué au Royaume-Uni. Malgré les bombardements intensifs de la Luftwaffe, les Anglais ne plient pas. De même, Jean Marin jongle avec les mots pour dénoncer l’immobilisme italien à la frontière de l’Egypte. Il explique : « La résistance insulaire de la Grande-Bretagne n’a pas empêché que de puissants renforts soient envoyés dans le Moyen-Orient ».

    A Berlin, on essaie de noyer le poisson pour brouiller les esprits sur les intentions réelles du Reich à l’égard des Britanniques. Si l’on pavoise dans la capitale allemande et qu’on se permet d’ériger des arcs de triomphe, on ne fait que plaisir à Hitler. Mais la Grande-Bretagne est toujours indépendante : « C’est une réalité incontestable. Trente-deux kilomètres de mer sont à franchir. Et il n’y a pas une croix gammée à l’horizon. Il suffisait de traverser ce détroit depuis la France mais voilà les Allemands en sont incapables parce qu’ils savent de quelle manière ils sont attendus sur notre sol » s’amuse un Winston Churchill plus provocateur que jamais. N’ose-til pas affirmer que la Royal Air Force s’est rapproché en parité de la Luftwaffe avant d’ajouter : « Elle garde la mer comme sa flotte. Sur toutes les côtés de l’Angleterre, dans les villes, les villages, les vallées, les forêts, les systèmes de protection contre toutes les formes d’invasion imaginables ont été portés à son point de perfection ». Une manière de dire que pacte tripartite ou pas, l’entreprise visant à envahir le Royaume-Uni est désormais irréalisables et qu’en Premier ministre, il s’en porte garant. Churchill qui n’a aucune confiance en Staline lit avec attention les rapports de ses services de renseignement qui indiquent que Moscou, en plein pacte germano-soviétique a appelé deux classes supplémentaires en septembre et entretient donc cinq millions d’hom-mes sous l’uniforme : « Ce n’est pas pour faire des risettes à Berlin et c’est destiné aussi à nous impressionner ».

    A Londres, les Français libres partagent assez l’analyse du 10, Downing Street : « Avec le pacte tripartite, Hitler a ouvert les perspectives d’une guerre mondiale dont l’évolution est imprévisible. Il faut donc garder l’Est comme l’Ouest ».

    Jacques Duchesne ne manque pas d’épingler la presse française que ne se fait pas l’écho de ces manigances diplomatiques et se satisfait de publier les communiqués allemands. Il s’insurge de lire à la place d’analyses critiques sur les petits arrangements de chancelleries, des informations certifiant que Londres est détruite à 50 %.

    Le 3 octobre, il ne manque pas cette réflexion qui en dit long sur l’indépendance des rédactions : « Je me trouve sur la terrasse de l’immeuble d’un grand journal londonien dont le « Petit Parisien » du 12 septembre annonçait la destruction. Je lis des articles dont les auteurs d’une plume apitoyée décrivent Londres comme si la ville avait pratiquement disparu ». Il trouve cela risible et triste à la fois parce que la mondialisation de la guerre est en marche et qu’on ne le dit pas aux Français. Le pessimisme affiché est simplement du pragmatisme. De Gaulle tient à ce ton de vérité. Londres n’est pas Pompéi et il faut le dire. Lui n’est pas Pétain et personne n’en doute.

    H.C.


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    Union101009a - Marne
    REIMS : Anniversaire des combats de Sidi-Brahim

    Le comité des Diables bleus de Reims et la région (anciens chasseurs à pied, alpins, portés et mécanisés) organise la célébration du 165e anniversaire des combats de Sidi-Brahim (1845) le dimanche 10 octobre.

    Au programme : 10 heures, rassemblement au Monument aux Morts, place de la République. 10 h 15, lecture et dépôt de gerbe. 11 h 15, messe en la basilique Saint Remi.12 h 45, repas amical.

    Pour tout renseignement, contacter le président José Domice au 06.08.91.43.49. ou par mail : jose.domice@aliceadsl.fr


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    Union101008c - Marne
    VALMY : Le site de Valmy exclu de l’histoire de France

    VALMY (Marne). Bruno Bourg-Broc et Benoist Apparu viennent d’envoyer un courrier au ministre de la Culture. Ils l’interrogent sur le fait que Valmy ne soit pas dans la liste des musées qui composeront la Maison de l’histoire de France.

    LE président de l’Association pour la promotion du Moulin de Valmy et le secrétaire d’Etat au logement vont de déception en déception. L’an dernier, ils avaient proposé au président de la République d’accueillir la future Maison de l’histoire de France sur le site de la bataille de Valmy. A l’Assemblée nationale, Benoist Apparu avait questionné Christine Albanel, la précédente ministre de la Culture, afin de connaître les critères retenus pour cette implantation. A l’époque, il lui avait été répondu que « Même si Valmy n’était pas retenu comme site central, il aurait tout de même une place importante au sein du réseau que constituera le futur musée de l’histoire de France. »

    Le mois dernier, le site retenu a finalement été dévoilé. Sans grande surprise, le président de la République a indiqué que le musée s’installera dans le quartier du Marais à Paris, précisément sur le site des Archives nationales. La capitale aura donc la maison mère et la province les satellites. Ceux-ci fonctionneront sous la forme d’une fédération qui rassemblera neuf musées nationaux. Et là, stupeur : Valmy ne fait pas partie de la liste.

    Une fédération de musées

    « Théâtre de la bataille la plus emblématique de notre Histoire, Valmy est le synonyme du rassemblement d’un peuple entier autour des valeurs républicaines, écrivent Benoist Apparu et Bruno Bourg-Broc. Ce rassemblement correspondait à l’ambition démocratique de fonder un lien social sur la liberté et l’égalité des citoyens. Là est née la Nation et là se trouve une part importante de notre identité nationale à mettre en valeur. Aujourd’hui, vous comprendrez notre déception en l’absence du site de Valmy parmi le réseau des lieux symbolisant l’histoire de France. » Si la déception est grande au regard de la valeur historique du lieu, elle l’est aussi vis-à-vis du futur centre d’interprétation qui doit y ouvrir ses portes en 2012. L’année, justement, où la fédération de musées se mettra en place.

    La participation à un tel réseau lui apporterait une bien meilleure visibilité nationale et une chance de plus de remplir son pari : attirer 20 000 visiteurs par an. « L’histoire de notre République étant née à Valmy, il nous semblerait légitime que Valmy et son futur centre d’interprétation deviennent membre du réseau national et international des institutions patrimoniales et historiques consacrées à l’histoire de notre pays », concluent le secrétaire d’Etat et le député. A noter que le projet de Maison de l’histoire de France est estimé à 80 millions d’euros et que l’ouverture du lieu est programmée pour 2015.

    Stéphanie VERGER

    Les neufs sites retenus sont le musée de la Préhistoire des Eyzies de Tayac, le musée des Antiquités de Saint-Germain-en-Laye, le musée du Moyen Âge de Cluny, le musée de la Renaissance d’Ecouen, le musée de Compiègne, celui des plans-reliefs aux Invalides et les châteaux de Pau, Fontainebleau et de la Malmaison.


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    Union101008b - Marne
    BRANSCOURT : Branscourt perd son doyen et son dernier ancien combattant : Pierre Poiret s’est éteint

    Pierre Poiret nous a quittés à l’âge de 99 ans.
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  • IL était né le 20 août 1911. Père de trois enfants, Jacqueline, Elisabeth et Bernard, six fois grand-père et six fois arrière-grand-père, Pierre Poiret a vécu l’essentiel de sa vie à Branscourt. Ses parents tenaient un café-épicerie, « la Société Rémoise » qui fournissait aux Branscourtois des marchandises en tout genre.

    Après avoir été évacué en 1918 dans la Creuse, il part en 1927, à Reims chez un patron ébéniste, spécialisé dans la fabrique de meubles. Ce dernier, diplômé 1er ouvrier de France, saura lui transmettre sa passion pour le bois. Pierre apprend donc son futur métier, à l’âge de 15 ans et demi. Il racontait souvent combien son « maître » était exigeant.

    La guerre sépare la famille

    Cela n’aura pas été vain puisque Pierre obtient le premier prix à une exposition au Foyer civil de Reims après avoir présenté un chiffonnier en forme d’auge de maçon. Tous les soirs, il prend aussi des cours d’atelier et de dessin au collège Libergier.

    Le 30 mars 1937, il se marie avec Maximilienne Moroy, couturière de métier. Tous deux sont unis devant le maire de Branscourt de cette époque : Charles Degoget.

    Une fille, Jacqueline, naîtra de cette union mais la guerre séparera la famille et Pierre est mobilisé et fait prisonnier en Allemagne. Il n’en revient que cinq ans plus tard. A la fin de la guerre, la famille est de nouveau réunie à Reims. Pierre s’installe à son compte en tant qu’artisan menuisier ébéniste. Puis c’est la naissance d’Elisabeth et de Bernard.

    En 1958, ils reviennent à Branscourt où Maximilienne reprend le commerce familial. Pierre conserve son atelier de menuiserie à Reims, qu’il cédera en 1973 pour une retraite bien méritée.

    Parallèlement à sa dextérité manuelle, Pierre aura œuvré pour la commune. Elu le 14 mars 1965 au conseil municipal en tant que conseiller, son mandat est renouvelé le 14 mars 1971 en tant que conseiller une nouvelle fois. Il refuse, d’ailleurs, le poste d’adjoint puis est finalement élu le 13 mars 1977 pour la 3e fois et cette fois - ci, il est élu 1er adjoint.

    Les bâtiments communaux, le Sidep, le syndicat des eaux de la Marne, les fêtes et cérémonies occupent son temps au sein de la commune. La retraite lui fait découvrir la douceur des paysages enneigés des Fourgs, station de ski dans les montagnes du Jura (Doubs) où la famille se rend régulièrement.

    Cette période plus tranquille est aussi celle où Pierre devient bénévole à l’association « L’outil en main », qui a pour but de faire connaître aux jeunes les métiers manuels. Créée à Muizon, elle regroupe alors des maçons, ferronniers et ébénistes. Pierre transmettra, à son tour, sa passion pendant une dizaine d’années.

    Or et diamant

    Les époux Poiret fêtent leurs noces d’or en avril 1987, célébrées par le maire Gérard Prévost ; puis dix ans plus tard celles de diamant le 5 avril 1997 à Branscourt sous le regard attentif du maire de l’époque, Michel Ehrhart.

    Puis c’est Pierre Lhotte, maire actuel, qui le met à l’honneur cette année. Profitant des commémorations du 8 Mai pour lui rendre hommage, selon le souhait d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, il lui remet le diplôme d’honneur en tant qu’ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale. C’est avec émotion qu’il reçoit cet honneur.

    L’ensemble de la population espérait de tout cœur fêter son centenaire en août 2011. Mais la nature en a décidé autrement : Pierre nous a quittés le 28 septembre pour rejoindre Maximilienne, sa femme, emportée par la maladie le 10 août 2003.


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    Union101008a - Marne
    REIMS : Anniversaire des combats de Sidi-Brahim

    Le comité des Diables bleus de Reims et la région (anciens chasseurs à pied, alpins, portés et mécanisés) organise la célébration du 165e anniversaire des combats de Sidi-Brahim (1845) le dimanche 10 octobre.

    Au programme : 10 heures, rassemblement au Monument aux Morts, place de la République. 10 h 15, lecture et dépôt de gerbe. 11 h 15, messe en la basilique Saint Remi.12 h 45, repas amical.

    Pour tout renseignement, contacter le président José Domice au 06.08.91.43.49. ou par mail : jose.domice@aliceadsl.fr


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    Union101005b - Marne
    MUIZON : Découverte : Les anciens combattants au Tyrol

    Les adhérents et sympathisants des anciens combattants ont beaucoup apprécié cette balade tyrolienne au soleil…
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    Tout récemment, des adhérents et des sympathisants de la section muizonnaise de l’UNC (Union Nationale des Combattants) sont partis pendant dix jours à la découverte du Tyrol du Sud.

    Diverses excursions et visites leur furent proposées, de la célèbre région viticole avec dégustation de ses vins à la clef, des Dolomites, Bessanone, le Lac de Braie ou encore l’abbaye de Novacella avec sa bibliothèque et sa pinacothèque.

    Le soleil fut de la partie pendant ce séjour, ce qui rendit le retour plus difficile.

     


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    Union101005a - Marne
    HISTOIRE

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    Pétain valide la discrimination d’État

    Le gouvernement de Vichy, symbolisé par la personne du maréchal Pétain, a rédigé un document faisant clairement des juifs une population inférieure, celle à montrer du doigt.
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  • Publié le 3 octobre 1940, ce texte fait des juifs des sous-hommes et des sous-citoyens, et orchestre le premier acte d’une persécution.

    QUELLES sont les mesures définies par le gouvernement de Vichy dans le statut des juifs rendu public le 3 octobre 1940 ? D’abord, il fixe de conditions de naissance pour qualifier toute personne relevant de cette dénomination. Il suffit d’avoir trois grands-parents de race juive ou deux grands-parents de la même race si le conjoint est juif pour tomber sous le coup de son application.

    Cela a comme conséquences immédiates une limitation des droits politiques et sociaux. Tout Juif ne peut plus prétendre à devenir chef de l’État, membre du gouvernement, du Conseil d’État, du conseil de l’ordre de la Légion d’honneur, de la Cour de cassation, de la Cour des comptes, des corps des Mines, des Ponts et Chaussées, de l’Inspection générale des finances, des cours et tribunaux territoriaux, des justices de paix et des juridictions professionnelles. C’est la traduction brutale d’une discrimination à l’accès au travail puisque les grands corps de l’État leur sont désormais interdits.

    S’ajoute à cette politique d’exclusion l’interdiction d’être candidat à une élection, ce qui atteste la volonté délibérée de faire du juif un citoyen incapable. Cette mise à l’écart est accentuée par liste d’autres fonctions interdites. Elle concerne la totalité des postes dans les administrations centrales, l’administration d’outre-mer la préfectorale, les postes d’officiers dans les trois armes et l’enseignement.

    Il demeure quelques possibilités pour travailler dans les administrations qui n’ont pas été citées mais les critères restrictifs sont alignés dans l’article 3 du statut. Il faut être titulaire de la carte de combattant 14-18 ou avoir été cité au cours de la campagne de la Grande Guerre ; cité au cours de la campagne 39-40 ou être décoré de la Légion d’honneur ou de la Médaille militaire.

    Droit à la retraite : le gouvernement est trop bon…

    On observe ici que le maréchal Pétain cherche à masquer la dureté de la législation en laissant croire aux anciens combattants de la Première Guerre mondiale qu’ils ne sont pas vraiment touchés par les sévères interdictions d’accès aux emplois publics. D’autant que l’article 5 du statut fait l’effet d’un coup de massue puisque les portes se ferment aux juifs dans de multiples emplois privés. « Les juifs ne pourront sans condition ni réserve exercer l’une quelconque des professions suivantes : directeurs, gérants, rédacteurs de journaux, revues, agences ou périodiques à l’exception des publications strictement scientifiques. » Ils se voient exclus de la vie culturelle puisqu’ils ne peuvent plus diriger des théâtres, des cinémas, des orchestres et des sociétés de radiodiffusion. Les fonctionnaires juifs qui sont victimes des mesures de ségrégations « cesseront leurs fonctions dans les deux mois qui suivront la promulgation de la présente loi ».

    Le gouvernement insiste sur sa générosité en insistant sur le droit à une retraite proportionnelle pour les juifs ayant au moins quinze ans de service ! Pour ne pas laisser les autres sur la paille, un alinéa très imprécis mentionne : « Ceux ne pouvant exciper d’aucune de ces conditions recevront leur traitement pendant une durée qui sera fixée pour chaque catégorie par un règlement d’administration publique. »

    Pétain, qui a pesé de son autorité sur le contenu du statut, n’est pas seul à signer cette loi discriminatoire. Le vice-président du Conseil, Pierre Laval, le garde des Sceaux, ministre secrétaire d’État à la Justice, Raphaël Albert, ses collègues de l’Intérieur, Marcel Peyrouton, des Affaires étrangères, Paul Baudoin, de la Guerre, le général Huntziger, des Finances, Yves Bouthillier, de la Marine, l’amiral Darlan, de l’Industrie et du Travail, René Belin, et de l’Agriculture, Pierre Caziot, paraphent ce statut inique publié au Journal officiel comme loi de l’État.

    Dossier : Hervé CHABAUD


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    Pièce de confirmation

    Serge Klarsfeld.
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  • L’utilisation du calendrier mémoriel pour officialiser la découverte d’une pièce attestant l’implication personnelle du maréchal Pétain dans le durcissement des mesures fixées par le statut des juifs de France n’aura pas échappé aux historiens.

    Le 3 octobre correspondait au 70e anniversaire de cette législation d’exception et discriminatoire. Et c’est un 3 octobre qu’a été enregistré ce rebond archivistique.

    Inlassable chercheur, Me Serge Klarsfeld n’est pas un novice en communication et il sait choisir le moment opportun pour obtenir le meilleur retentissement médiatique au service de la vérité de l’histoire des hommes. Est-ce à dire qu’il s’agit d’une révélation déterminante à même de réorienter la problématique validée jusqu’alors par les historiens contemporanéistes ?

    Sachons raison garder, cette pièce annotée de la main de Pétain n’est qu’une confirmation de son antisémitisme à la Maurras, profond, virulent, systématique, et en aucun cas une révélation. Dès le 8 août 1940, il avait annulé la loi Marchandeau interdisant les propos antisémites !

    Ce papier est en adéquation avec le témoignage établi dès 1946 par Paul Baudoin.

    L’ancien ministre des Affaires étrangères de Vichy détaillait alors qu’au cours du conseil des ministres du 1er octobre 1940, le chef de l’État français avait défendu des positions brutales et dures destinées à exclure totalement de la fonction publique les juifs, insistant pour qu’ils soient débarqués de l’enseignement et de la justice.

    Ce document témoigne d’une agressivité à l’égard des juifs qui est en phase avec la politique du Reich, et cela avant même l’entrevue de la honte entre Pétain et Hitler, le 23 octobre 1940 à Montoire (Loir-et-Cher).

    Il est indispensable que ce document soit présenté pour que les visiteurs du Mémorial de la Shoah puissent le lire et que les graphologues convergent dans leurs conclusions.

    Il serait juste aussi que celui qui a fait don de ce document accablant pour Pétain se fasse connaître. Il n’est jamais inutile de pouvoir reconstituer le cheminement d’un document, ne serait-ce que pour en certifier l’authenticité.

    Ce qui éviterait les vilains sous-entendus des derniers nostalgiques ou de jeunes ignorants.


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    Un droit antisémite

     

    Le statut d’octobre 1940 qui va être modifié en juin 1941 fait que, pour la première fois dans l’histoire du droit français, on définit ce qu’est un juif. Le critère de religion utilisé sans complexe par les Allemands semblait difficile à admettre dans un pays qui avait séparé les églises et l’État par la loi de 1905 ! Le concept de race n’a pas plus de précédent en droit français et le second statut publié le 2 juin 1941 ne lève que très partiellement cette imprécision. Parce que la France met alors en place un droit antisémite destiné aux juifs, ce qui permet aussi au gouvernement de Vichy d’instaurer par décret en Conseil d’État un numerus clausus dans les professions libérales. L’État se concentre alors sur deux catégories professionnelles qui doivent être débarrassées de « l’influence juive » : la presse et le cinéma d’une part, la fonction publique de l’autre.

    Les protestations adressées au maréchal Pétain restent sans suite. Lorsque le grand rabbin de Paris, Julien Weill, écrit au chef de l’État pour faire part de l’émotion de la communauté dont il a la charge face à « des mesures qui blessent profondément l’esprit de justice », tout en rappelant que « les citoyens français de religion juive restent fidèlement attachés à leur patrie ». Le maréchal se satisfait d’une réponse sèche sur la raison d’État. Il n’y a chez lui aucune compassion ni envie de réviser sa décision : « L’obéissance à la loi est un des principes essentiels de tout État et une des conditions indispensables au relèvement de la France. »

     


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    Union101004b - Marne
    EPERNAY : Plaque commémorative Robert Dié : Elle sera dorénavant fixée rue de Reims

    Suite à l’article du 30 septembre sur le déménagement de la plaque commémorative du capitaine Robert Dié, la ville d’Epernay précise que « cette plaque a effectivement été enlevée lors des travaux de ravalement de façade entrepris par le restaurant la Grillade Gourmande.

    A l’issue de ces travaux, c’est le propriétaire de cet établissement qui n’a pas souhaité que la plaque soit à nouveau fixée sur son mur et qui a fait part de cette volonté à la ville ».

    Une réimplantation a alors dû être étudiée par la ville en lien avec l’ANACR.

    Ainsi, « après consultation du comité et de ses adhérents », le président de l’association, Alain Galataud, a fait part de son accord, par courrier, en juin dernier en indiquant qu’il « approuve et accepte que la plaque commémorative du capitaine Robert Dié soit fixée sur le mur de l’ancienne Maison des jeunes, sise rue de Reims ».

    A cette occasion, différents aménagements ont été réalisés : le libellé « à la solde du Boche » a été remplacé par « à la solde du nazi » et un réceptacle destiné à la fleurir lors des commémorations a été installé.


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    Union101004a - Marne
    SOISSONS : Reconnaissance à titre posthume Les Cuvillier « Justes parmi les nations »

    Jean-François Cuvillier, entouré de Jacques et Micheline Katz, que ses grands-parents et son père ont sauvés de la barbarie nazie.
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  • Une cérémonie très émouvante et exceptionnelle à plus d’un titre. Hier matin à la salle polyvalente de Crouy, Jean-François Cuvillier a reçu la médaille des Justes parmi les nations pour ses grands-parents Gabriel et Germaine Cuvillier et son père Jean Cuvillier, à titre posthume.

    Ils ont sauvé Jacques et Micheline Katz, deux enfants juifs dont les parents tenaient un commerce de beurre et de fromage, 3 rue de la tour d’Auvergne à Crouy. Dès janvier 1944 et jusqu’à la fin de la guerre, ils les ont cachés, protégés et considérés comme leurs propres enfants.

    Hier les deux familles étaient réunies sous les yeux d’un parterre de personnalités, élus de tous bords et d’anonymes, Crouyssiens pour la plupart. Cette médaille « est la plus haute distinction de mon pays », a rappelé Michel Harel, ministre conseiller aux affaires administratives, représentant de l’ambassade d’Israël, « ce n’est pas une récompense mais un témoignage de gratitude profonde ».

    C’est en 2006 qu’il vient à Jacques Katz l’idée de monter un dossier pour que la famille Cuvillier obtienne cette reconnaissance. Le comité français pour Yad Vashem, créé en 1989, reçoit chaque année une centaine de dossiers qu’il transmet à l’État d’Israël, « seul habilité à prendre la décision », a précisé Viviane Saül, déléguée du comité.

    Très ému, Jean-François Cuvillier, qui vit désormais à Grenoble, a reçu la médaille : « au nom de maman, de mes frères et sœurs, je suis fier de porter cette mémoire témoin d’humanité », a-t-il confié à l’assemblée, avant d’étreindre Jacques et Micheline, sous les flashs des appareils-photos de leurs enfants et petits-enfants, dont certains n’ont appris cette histoire qu’il y a trois ou quatre jours.

    Ludivine Bleuzé


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    Union101003c - Marne
    LOISY-SUR-MARNE : Guerre d’Algérie : une stèle inaugurée

    Évelyne Sullerot, « Nous avions 15 ans en 1940 », Fayard, 352 p., 20 euros
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    Près de cinquante ans après la guerre d’Algérie, c’est à la mémoire de ce douloureux passé qu’une stèle a été inaugurée ce samedi 25 septembre en milieu de matinée à Loisy-sur-Marne, en présence de nombreuses personnalités.

    Autour de la stèle, vingt-six drapeaux avaient pris place.

     

     


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    Union101003b - Marne
    LIVRE : Ils étaient ados en 1940

    Évelyne Sullerot, « Nous avions 15 ans en 1940 », Fayard, 352 p., 20 euros
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  • La démarche d’Évelyne Sullerot est de bon sens.

    Les ados qui ont vécu l’exode et les premiers mois de l’occupation allemande en 1940 sont aujourd’hui de respectables grands-pères et grands-mères.

    Avant qu’ils ne disparaissent, elle a cherché à rassembler les souvenirs les plus marquants de ces jeunes de sa génération. Pour ce faire, elle publie une partie des souvenirs que ces garçons et filles ont conservée du printemps 1940. Pour que ces témoignages ne demeurent pas exclusivement dans le cercle familial. Il est patent que ce qui les a marqués n’est pas le copié collé de ce qu’ont retenu leurs parents. En revanche, il y a des traits communs, cette obligation de fuir, cette capacité pour les uns à trouver refuge loin des frontières dans leur famille, cette peur pour d’autres de ne pas trouver d’endroit pour survivre, la brutalité de la guerre. Il y a aussi des témoignages très intéressants signés par des lycéens d’alors dont certains participeront aux manifestations hostiles aux Allemands et à Vichy, le 11 novembre 1940 à l’Étoile.

    L’auteur s’est efforcée de retenir des récits de jeunes vivant dans plusieurs régions sans chercher à hiérarchiser les souvenirs. En choisissant l’ordre alphabétique, on joue au saute-mouton géographique mais avec gravité. Ce qui est décrit n’est pas un amusement d’enfant. Il y a de la peur, de la sueur, du sang et des larmes. En passant par Reims, on lira avec attention les notes d’Edmond Vandermeersch, un novice jésuite, venu occuper au collège Saint-Joseph un poste de régent stagiaire, y mettant à l’abri deux frères dérogeant avec les règles éclairées de la discipline.

    On retiendra aussi le long texte de Philippe Wacrenier dont le père officier de réserve avait été mobilisé avec le grade de commandant pour occuper le commandement de la place de Laon. Lui était alors en pleines révisions du bac ! Dans un chapitre plus général résumant des souvenirs en quelques dates, on retiendra le 10 mai le repli de la SNCF à Sézanne et l’histoire rocambolesque arrivée à un ingénieur spécialiste du trafic marchandises et devant converser avec ses collègues belges, hollandais et luxembourgeois. On retrouvera dans ce livre la contribution de quelques grands noms et ceux d’anonymes ce qui constitue une belle diversité et un regard choisi sur un temps complexe.

    HERVÉ CHABAUD


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    Union101003a - Marne
    HISTOIRE : 1940


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    La taxe du Reich

    Les réserves de la Banque de France intéressent les nazis
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  • Ce sont 400 millions par jour que la France occupée doit payer à l’Allemagne ! L’addition est lourde et pèse sur les finances publiques. La hauteur de la facture est dénoncée par les Gaullistes sur les ondes de la BBC. Dans les derniers jours de septembre 1940, on s’applique à démontrer que les conditions fixées par l’occupant sont autrement plus contraignantes que le paiement des réparations de guerre, conséquence du traité de Versailles de juin 1919. Comme les Allemands ne se sont jamais acquittés de leur dette, leurs exigences sont jugées depuis Londres scandaleuses : « Aujourd’hui, les 20 millions de marks par jour, soit 400 millions de francs qu’ils exigent de la France envahie, pillée et ruinée, font 7 milliards 300 millions de marks par an. Bien plus que l’annuité maximum qu’on voulait faire payer à une Allemagne qui n’avait pas souffert de l’invasion, à une Allemagne qui avait alors, comme elle vient encore de le faire, ravagé la France ». De fait en 1921, on avait fixé que l’Allemagne battue verserait d’abord 2 milliards de marks par an et que sa contribution serait réévaluée graduellement pour être portée à 6 milliards lorsque la reprise économique outre-Rhin lui permettrait de s’en acquitter.

    Cette fois il n’y a aucun compromis ni prise en compte de la réalité économique et sociale de l’Hexagone et de l’Empire. A l’étonnement français, la propagande allemande réplique que 400 millions ne correspondent qu’à la moitié des sommes dépensées chaque jour dans la guerre avant la signature de l’armistice ! Les Français libres crient au cynisme et s’indignent qu’on compare des sommes alors que la IIIe République devait entretenir cinq millions d’hommes sous les drapeaux et assurer le versement d’allocations aux familles des mobilisés tout en financement la fabrication des munitions et des matériels indispensables à la préservation de la souveraineté nationale. Pour la France libre il s’agit : « D’un nouvel abus de force, d’une nouvelle exaction, d’un nouveau pillage auquel un gouvernement français, qui n’a de libre que le nom, a dû se soumettre dans le silence. Un nouveau pillage qui s’ajoute aux autres, qui s’ajoute à tous les vols commis par les Allemands à titre collectif ou individuel, sous la forme de ces soi-disant achats qui se chiffrent pas dizaines de milliards, et qu’ils ont effectués en France, en donnant, en échange de la fausse monnaie ». Ici sont visées les autorisations données par le Reich d’imprimer des francs français pour leurs soldats sans en tenir informé la Banque de France. Bref, de Gaulle tient à ce qu’on explique bien aux Français les perversions de l’armistice et les mettre en garde contre un traité de paix qui pourraient contenir des conditions encore plus insupportables. A Londres, on ne renonce pas à être optimiste puisque le speaker ose : « Heureusement pour la France, la lutte continue. L’heure de la libération sonnera et justice sera rendue ». D’ailleurs on l’assure encore au micro de la BBC : « La France a beau avoir les yeux bandés et le bâillon sur la bouche, les Allemands ont beau commander à son gouvernement et censurer sa presse, il y a eu, nous le savons un mouvement de stupeur et de sourde protestation ». Ce que l’Allemagne exige de la France, elle l’exige de tous les pays où elle a établi des troupes d’occupation. Sans dire si le niveau de prélèvement financier atteint celui écrasant que subit la France pétainiste, complice de ce vol d’Etat qui appauvrit les siens.


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    Afrique : le tremplin de la reconquête

    Félix Eboué qui a accueilli de Gaulle ne cèdera rien à Vichy.
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  • PLANS. Dakar n’est que partie remise tandis qu’en Afrique équatoriale, les gaullistes structurent, en diplomates, les têtes de pont militaires de la victoire à venir.

    Pour éviter que des informations tronquées leur parviennent, le général de Gaulle choisit d’adresser un compte rendu de l’échec de Dakar aussi bien au vice-amiral Muselier demeuré à Londres qu’au général de Larminat à Brazzaville, au gouverneur Félix Eboué à Fort-Lamy et au colonel Leclerc à Douala. Il s’agit de rappeler à chacun que l’action des Forces françaises libres n’a eu comme but que de rallier Dakar sans provoquer de combats entre Français. Le fait que les autorités de Vichy aient ordonné de tirer d’emblée sur les forces à la croix de Lorraine est dénoncé avec la plus extrême vigueur. Pour fustiger les mensonges concernant l’attitude britannique, de Gaulle réaffirme que les Anglais n’ont ouvert le feu qu’après avoir supporté pendant plus d’une heure des tirs nourris causant des victimes. Le général justifie le retrait de ses forces : « Les FFL se sont repliées dès qu’il m’est apparu certain que l’opération tournait à la bataille ». S’il soutient que l’état moral reste bon, c’est d’abord pour s’en convaincre et éviter qu’un sentiment de désillusion s’enracine parmi ses hommes. Cette phrase est destinée à gommer tous les doutes : « Quoi qu’il en soit, l’attitude de tous a été parfaite et, malgré la désillusion, éphémère, l’espérance renaît et se propage ». Il inventorie les éléments qui laissent espérer à terme d’un revirement : « Tous les renseignements parvenus de Dakar après l’affaire montrent un grand mécontentement dans la population contre les autorités de Vichy : arrestations en masse, renvoi de la municipalité, service funèbre pour les morts célébré sur un navire de guerre et non à la cathédrale, proclamation de l’état de siège, mesures de répression et de rigueur multiples ». Ce qui conforte de Gaulle dans sa volonté de continuer l’action tout en s’attendant à des représailles vichystes. Il tient aussi à réaffirmer aux Français de Dakar déçus par la réaction pétainiste qu’ils ne sont pas oubliés : « Nous n’avons pu cette fois délivrer Dakar pour éviter un massacre, mais nous délivrerons Dakar et punirons les coupables. Courage et confiance, bons Français de Dakar » conclut depuis Freetown le général, le 1er octobre 1940.

    Le général veut s’établir en Afrique équatoriale française et y renforcer ses moyens. Ses objectifs sont clairement établis : « Je viserai ensuite : d’une part à constituer en Egypte un véritable corps expéditionnaire destiné à combattre les Italiens et à faire impression sur nos camarades du Levant, d’autre part à régler la question du Gabon puis à étendre le ralliement vers l’ouest sans perdre Dakar de vue ». De Gaulle tient à mettre en place un organisme central de direction de la France libre à Douala ou à Brazzaville qui aura une compétence intercontinentale mais il ne tient pas à quitter la Grande-Bretagne : « Il est nécessaire que nous gardions à Londres une forte et active représentation pour laquelle je désigne le lieutenant- colonel Fontaine, chef d’état-major des Forces terrestres françaises libres ». De fait, il est impensable qu’il n’existe pas une passerelle permanente avec le gouvernement anglais ne serait-ce que pour accueillir les arrivants et constituer des unités nouvelles. De Gaulle souhaite que le vice-amiral Muselier le rejoigne en Afrique après avoir vérifié l’armement effectif de nouveaux navires comme le « Triomphant » avant de lui confier une mission déterminante. Il n’omet pas de définir l’intérim à Londres confiée au général de brigade Eon, commandant des forces en Angleterre.

    Pour faciliter la communication et l’acheminement des ordres, de Gaulle recommande l’emploi du service régulier d’hydravions mis en place par les Britanniques entre le Royaume- Uni et l’Afrique occidentale. Cette liaison aérienne n’exclut pas l’utilisation du télégraphe. Le général tient à recevoir la presse anglaise et à disposer de rapports réguliers sur la situation en Grande-Bretagne. Pour ce qui est de l’acheminement des nouvelles troupes, le chef de la France libre adresse depuis Lagos, le 4 octobre 1940, une note à l’amiral Cunningham. Il lui précise que la Légion étrangère, l’aviation, le groupe de transport, l’artillerie, le génie et les chars doivent rejoindre le quartier- général de Douala. Il s’agit d’une première étape avant un transfert en Middle-East en liaison avec le gouvernement de Londres et le général Wavell. En outre, les fusiliers marins sont prévus pour être débarqués à Pointe-Noire, un port du Congo. Déjà à bord du « Westernland », il suffit que le bâtiment soit escorté jusque dans les eaux congolaises. Il envisage aussi l’envoi sur Pointe-Noire du « Chevreuil » et si possible du « Président-Doumer ». Dans le même temps, le général de Gaulle rédige une 2e note expédiée de Lagos le 5 octobre et destinée au chef d’état-major britannique. Elle concerne l’organisation d’un commandement commun interallié en Afrique centrale et occidentale. S’il se dit en phase avec les suggestions anglaises, il émet des réserves. Les troupes françaises doivent être placées sous les ordres d’un commandant en chef français qui recevra pour les opérations partagées des ordres du commandant en chef interarmées commun. Il admet cette subordination pour les opérations conduites contre les ennemis communs et pose cette restriction : « Pour toutes les opérations de police que les Force françaises libres pourraient avoir à exécuter contre les forces de Vichy, il ne saurait y avoir subordination du commandement français au commandement britannique ». Enfin, il estime qu’il : « sera nécessaire que le commandant en chef interallié soit personnellement agrée par le général de Gaulle ». Bref, le chef de la France libre pose les limites d’une coopération sans renoncer à l’exigence d’une coordination militaire des actions à venir.

    Soucieux de ne vexer personne et afin qu’il n’y ait pas d’interprétations négatives sur ses options, le général adresse le 9 octobre depuis Douala au Cameroun un télégramme au Premier ministre Winston Churchill : « De terre française libre du contrôle de l’ennemi, j’adresse à vous-même et aux vaillants peuples de l’Empire britannique, le témoignage d’ardente confiance et de fidèle amitié de quatorze millions de Français ou sujets français déjà unis à moi pour poursuivre la guerre aux côtés des Alliés jusqu’à la victoire finale ». A Douala, de Gaulle est impressionné par l’enthousiasme manifesté : « Au Cameroun, le moral magnifique des officiers, des administrateurs, des troupes et de la population est un puissant encouragement pour tout ce qui est entrepris. Si cette espérance se développe et se renforce partout alors nous gagnerons des batailles ».

    HERVÉ CHABAUD


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    Les Français au régime sec

    Les restrictions alimentaires sont à l’ordre du jour et on édite des affichettes pour donner des conseils gastronomiques aux familles.
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  • Bientôt on ne mettra plus de sucre dans le café, au bistrot comme en famille.
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  • RESTRICTIONS. Le régime de Vichy poursuit la contraction des libertés publiques et la centralisation des décisions au détriment des élus de proximité alors que les contraintes endurées par la population s’accroissent.

    L’effort des services de l’information du maréchal pour justifier point par point les changements administratifs imposés témoigne d’une volonté de déjouer les attaques de Londres qui associe Pétain à l’enracinement d’un régime démagogique, de plus en plus soumis aux ordres du Reich. Il faut donner des gages d’un ordre strict régnant dans les villes et les campagnes même s’il est artificiellement maintenu par un registre de menaces et de sanctions contre toutes les formes de postures rebelles. Les Français libres suivent les attaques portées contre les libertés qui se réduisent comme peau de chagrin, et ne manquent pas de dénoncer les profonds changements décidés dans la gestion des métropoles : « Les maires ont été remplacés par des sortes de préfets directement rattachés à l’autorité centrale. C’est le signe d’une grande importance quand on s’attache à comprendre dans quel sens le régime français est en train d’évoluer ».

    La démonstration opérée est pertinente. Il s’agit d’authentifier qu’après le curé et l’instituteur, deux notabilités locales déjà fragilisées dans leurs responsabilités, le maire qui est l’élu de la cité est progressivement dépouillé des moyens légaux pour assurer sa fonction qu’il tient des électeurs. « On argue des mauvais instituteurs et des mauvais maires pour supprimer l’institution » dénonce-t-on sur les ondes de la BBC. De fait, les Allemands poussent le gouvernement à répéter ce qu’ils ont fait pendant la Première Guerre mondiale contre les institutionnels : « Prenez les proclamations allemandes dans la dernière guerre en pays occupé : le maire, le curé, l’instituteur y sont toujours les otages désignés quand l’ennemi veut se saisir des personnalités représentatives d’un pays. Le maire, le curé et l’instituteur font partie d’une vie française profonde qu’on ne peut pas supprimer sans saper, en même temps, une part importante de la vie française ».

    C’est bien la dénaturation du paysage habituel de la France et la suppression progressive de ses repères juridiques et sociaux qui est dénoncée avec vigueur depuis Londres par ceux qui veulent incarner la tradition démocratique et républicaine de la France.

    En ce 27 septembre 1940, Pétain n’est pas accablé comme incarnant la paternité de cet effacement en cours des valeurs de la société. Berlin est montré du doigt et, en même temps, l’apathie vichyste est moquée. Il y a une complicité sans cesse plus étroite avec l’occupant qui est mise au jour par des décisions qui servent exclusivement ses prétentions de domination : « Ces réformes sont faites sous l’oeil des nazis. Elles vont permettre un contrôle direct des communes auxquelles elles retirent une liberté qui a fait l’objet de luttes centenaires ». Et d’illustrer la démarche du Reich par cet autre exemple : « C’est la même attitude qui a fait dans nos colonies remplacer les gouverneurs et les chefs militaires français mais indépendants, par des hommes dont le gouvernement pouvait être sûr : tel M. de Brinon à Dakar ». La passerelle est toute trouvée pour attester les compromissions des soumis de Vichy aux exigences croissantes d’un occupant devenu le matador politique de l’Hexagone et de l’Empire : « M. de Brinon avait-il reçu ses instructions du gouvernement français ou des Allemands ? Et les canons qui ont tiré ont-ils été commandés par des Français ou des Allemands ? ». Un questionnement qui permet d’asseoir ce parallèle de politique intérieure : « Qui supprime les maires de France ? Est-ce le maréchal Pétain ? Est-ce la pression nazie » interroge derrière son micro londonien le Français libre Jacques Duchesne. Des questions destinées à prouver que la situation du maréchal est intenable : « S’il y avait un homme qui pouvait en imposer aux Allemands c’était le maréchal Pétain mais qui peut à l’heure actuelle offrir une résistance efficace aux Allemands, sans avoir à quitter la France ? » Bref, cela signifie que le chef de l’Etat français est prisonnier de ses contradictions et par le défaut d’un choix courageux, disqualifié pour défendre les vrais intérêts de la France.

    Des rations Inégales

    En revanche, il est un domaine où, à la charnière des mois de septembre et d’octobre 1940, le gouvernement de Vichy dispose de pouvoirs, c’est celui du ravitaillement. Il a la charge de mettre en place le rationnement et de s’adresser d’abord aux départements occupés. On doute que les conditions de restrictions imposées en Allemagne soient équivalentes à celles exigées en France. « Au contraire, le rationnement qui vient d’entrer en vigueur inflige à toute population, même à celle du Midi, des privations nouvelles. »

    On doute avec raison que la règle d’égalité présentée par Hitler soit vraiment appliquée : « Il suffit de comparer les rations allemandes et les rations françaises pour s’en convaincre. Quatre denrées essentielles font l’objet du nouveau décret : le pain, la viande, le sucre et les graisses ». Chaque mesure est passée au crible gaulliste avec une appréciation pragmatique de la situation : « Ce n’est pas pour le pain que les quantités accordées aux Français sont égales à celles qui sont attribuées aux Allemands. Ils auront droit à 325 g par jour ; les Allemands en ont 325 aussi ; mais n’oublions pas que le pain est beaucoup plus l’aliment de base des Français qu’il ne l’est de l’Allemand. En revanche, pour la viande, la ration française est nettement inférieure à l’allemande, 420 g par semaines contre 500 ». Et la vérité par les chiffres confirme que les Français sont nettement plus punis que les citoyens du Reich : « En ce qui concerne le sucre, nos compatriotes n’ont droit qu’à la moitié de la ration d’outre-Rhin : 500 g par mois contre 1 kg. Et pour les graisses, la ration française ne représente plus que le tiers de la ration allemande : exactement 100 g par semaine contre 285 g ».

    Cette différenciation du régime alimentaire n’est pas relevée par Vichy qui se contente d’affirmer être rassuré par les engagements allemands. L’occupant se serait engagé à ne tirer désormais des territoires occupés que les céréales nécessaires au pain des troupes et à une partie de leur ravitaillement en viande. Ces certitudes affichées sont qualifiées de supercheries à Londres. Et la France libre de poser la question qui fâche : « Comment un pays comme la France, qui parvenait à se suffire à lui-même et qui consommait des quantités considérables de pain, de viande, de sucre, toutes de provenance français, soit subitement réduit à de telles extrémités ? ». Et la réponse tombe, contraire aux assertions de Vichy parlant des mauvaises récoltes et de la fièvre aphteuse : « Tout le monde sait que s’il y a une disette en France, c’est qu’en trois mois d’occupation, les Allemands ont commencé par prélever sur le pays tout ce qu’ils pouvaient y trouver ». Bref, le Reich est accusé d’ordonner aux Français de se répartir entre eux, du mieux possible, les miettes qui restent ! Outre-Manche aussi, personne n’est dupe.

    H.C.


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    Union101002a - Marne
    VAL-DE-VESLE : La plaque commémorative enfin visible : Les « furieux » du boyau Eugène

    Un beau travail réalisé par des passionnés de la Grande Guerre.
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  • Ce dernier week-end, plusieurs amis venant de Nyons, Soissons, Nancy et même de Liège se sont réunis pour nettoyer un élément de tranchée de communication, datant de la guerre 14-18, situé sur le territoire de Val-de-Vesle. Ce boyau a été nommé Eugène par une ancienne association « Ceux de Verdun » aux lendemains de la guerre. Une plaque commémorative a été posée en 1960, sur la départementale 931 reliant Val-de-Vesle et Suippes.

    Nono 26

    C’est en faisant une promenade que Nono 26, il souhaite se faire nommer ainsi, a découvert cette plaque et a décidé de nettoyer toutes les broussailles qui se sont agglutinées sur le site au cours des années et empêchait qu’elle soit bien visible. Nono 26 fait partie d’une association de passionnés de la Grande Guerre.

    Alors il a décidé de faire appel à ses amis pour faire ce travail. Ils ont fait connaissance sur « Forum pages 14-18 », un des sites spécifiques sur cette période. Ils ont chacun un ou plusieurs sujets de spécialités (Chemin des Dames, l’Argonne, l’artillerie, l’aviation…).

    Leur objectif commun est de retrouver, de préserver, de restaurer la mémoire de ces hommes, souvent très jeunes, venus se faire tuer dans la boue de Champagne, en Alsace ou ailleurs.

    Et grâce à eux, la plaque est de nouveau bien visible de la route. « Nous remercions Raoul Brizion, adjoint du village, confie Nono 26, il nous a bien aidés en nous permettant de faire ce travail ainsi que l’association foncière présidée par M. Regnard. D’ailleurs ce morceau de terrain va être l’objet d’un échange entre les deux structures. Et nous remercions aussi Christian Michel du « Souvenir français » pour toutes les informations qu’il nous a communiquées. »


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    Union100930a - Marne
    EPERNAY : Polémique sur une plaque commémorative

    Madame Philizot dénonce cette plaque qui, en changeant d’emplacement, aurait changé une partie de son histoire.
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  • Une gravure de marbre, à la mémoire d’un fusillé, provoque des tensions. Décrochée de son emplacement originel, puis replacée quelques mètres plus loin, elle suscite le débat.

    « Ici est mort pour la France le capitaine des Francs Tireurs, partisans français, Georges Robert Dié, abattu le 5 août 1944 par la milice française à la solde du nazi. »

    Légèrement effacé, le terme « nazi » remplace aujourd’hui le mot « Boche ». « On a soumis l’idée au service urbanisme de la mairie, de changer le terme. Déjà pour les touristes allemands qui viennent visiter la ville », explique Christophe Bernard, récent propriétaire de « la grillade gourmande » rue de Reims.

    Déplacée suite à des travaux

    De l’autre côté de la rue, Geneviève Philizot guette. Attachée à la mémoire et au respect des faits et de l’Histoire, cette ancienne résistante de 91 ans, membre de l’ANACR (Association des anciens combattants de la Résistance) ne voit pas d’un bon œil ce bouleversement dans l’histoire et le patrimoine de la ville : « Cette plaque a été posée par les FFI. Je suis ancienne résistante et Robert Dié a été fusillé là-bas. Pas ici ! (en désignant l’emplacement actuel de la plaque) Pour la mémoire et le respect de cet homme, il est normal que moi et l’ANACR ne lâchons pas ».

    Bref retour en arrière pour mieux comprendre. En février 2010, récent propriétaire, Christophe Bernard refait la façade de son restaurant. Fixée à l’origine sur son mur, il demande l’autorisation à la mairie de retirer la plaque le temps de finir le ravalement. « La mairie a accepté et quelques mois plus tard, des membres de l’ANACR sont même venus récupérer la plaque en me disant que, finalement c’était bien, car à cet endroit, c’était dangereux pour les commémorations, car il fallait barrer la rue chaque année pour le défilé. » Problème : la dite plaque se retrouve de l’autre côté du parking, sur le mur de l’ex MJC, loin du lieu de fusillade de ce 5 août 1944.

    La solution intermédiaire, celle qui pourrait satisfaire tout le monde, consiste en la création d’un mémorial sur une petite parcelle verte du parking de la rue de Reims. « Cela fait dix fois que j’interpelle le maire à ce sujet, mais il m’a répondu à chaque fois qu’on verrait ça plus tard », grogne Geneviève Philizot.

    Et à Monsieur Bernard, restaurateur, de rajouter : « Il suffirait de mettre la plaque sur une stèle. il y a une espèce de haricot d’herbe sur le parking. Mais cela entraînerait des travaux, donc des coûts. C’est pour ça, j’imagine, que la mairie ne veut pas envisager cette solution ».

    En ayant donné son accord à Christophe Bernard pour enlever cette plaque, la mairie a pris une décision qui met aujourd’hui du monde dans l’embarras. À elle d’en assumer les conséquences plutôt que de tout plaquer avec des : « On verra ».

    Stéphane GUERRINI



  • Articles de cette rubrique
    1. Cérémonie commémorative de la guerre d’Algérie, le 19 mars 2006 à Reims.
      19 mars 2006

    2. Honorabilité des Anciens d’AFN et Mémorial à Trois-Puits.
      20 mars 2006

    3. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2010, pour le 65e anniversaire de la victoire sur le nazisme.
      24 mai 2010

    4. Des « Justes » de la région honorés au Panthéon
      18 janvier 2007

    5. La retraite du combattant a sensiblement augmenté selon l’UNC-Reims.
      21 mars 2006

    6. Le site internet de l’ARAC de la Marne analysé par le journal "L’Union"
      28 juin 2006

    7. Les cérémonies du 11 novembre 2006 dans la Marne
      22 novembre 2006

    8. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - année 2007
      24 décembre 2006

    9. Des mesures au profit des anciens combattants
      23 janvier 2007

    10. Assemblée Générale de l’AFMD de la Marne le 28 janvier 2007
      23 janvier 2007

    11. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/1
      28 janvier 2007

    12. Le film vidéo de la cérémonie commémorative du cessez le feu de la guerre d’Algérie au Monument Aux Morts de Reims, le 19 mars 2006.
      4 février 2007

    13. Cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars 2007 à Reims.
      20 mars 2007

    14. Cérémonie commémorative du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars 2007 à Reims.
      20 mars 2007

    15. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/2
      26 avril 2007

    16. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/3
      1er juillet 2007

    17. La galère d’un anticolonialiste durant la guerre d’Algérie
      13 juillet 2007

    18. La Marne en fête pour le 14 juillet 2007
      16 juillet 2007

    19. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne 2007/4
      29 septembre 2007

    20. Marnais morts pour la France pendant la guerre d’Algérie
      16 octobre 2007

    21. Déclarations de personnalités marnaises à propos de l’inauguration du Mémorial AFN de la Marne le 16 février 2007
      17 octobre 2007

    22. L’hommage à Guy Môquet dans la Marne à l’occasion du 22 octobre 2007
      23 octobre 2007

    23. Journal de l’AFMD51, N°1
      30 décembre 2007

    24. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1er semestre
      1er janvier 2008

    25. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1/4
      1er janvier 2008

    26. Notre Camarade Fernand Eliet est mort.
      21 janvier 2008

    27. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2/4
      9 avril 2008

    28. Les derniers combats décisifs de la guerre 1914-1918
      7 juin 2008

    29. Journal de l’AFMD51, N°2
      12 juin 2008

    30. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Troisième trimestre.
      2 juillet 2008

    31. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2ème semestre
      2 juillet 2008

    32. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2008 dans la Marne.
      17 juillet 2008

    33. Hommage aux Poilus marnais de 1914-1918 à partir des documents conservés par les familles.
      4 août 2008

    34. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Quatrième trimestre.
      1er octobre 2008

    35. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - Premier trimestre.
      2 janvier 2009

    36. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 1er semestre.
      2 janvier 2009

    37. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2011, pour le 66e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazi.
      11 mai 2011

    38. Rapports des travaux de février 2009 des commissions de l’UDAC de la Marne.
      28 février 2009

    39. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - deuxième trimestre.
      2 avril 2009

    40. Les cérémonies et festivités du 64e anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 8 mai 2009, dans la Marne.
      17 mai 2009

    41. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - troisième trimestre.
      1er juillet 2009

    42. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 2ème semestre.
      1er juillet 2009

    43. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2009 dans la Marne.
      30 juillet 2009

    44. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 -quatrième trimestre.
      6 octobre 2009

    45. Cérémonies du 11 novembre 2009 dans la Marne pour la célébration du 91ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2009

    46. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier trimestre.
      31 décembre 2009

    47. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier semestre.
      31 décembre 2009

    48. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième trimestre.
      2 avril 2010

    49. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - troisième trimestre.
      1er juillet 2010

    50. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième semestre.
      1er juillet 2010

    51. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2010 dans la Marne pour la commémoration de la Révolution.
      23 août 2010

    52. Marche, le 30 octobre 2010 à Paris, pour la reconnaissance des soldats morts ou blessés en Afghanistan.
      13 septembre 2010

    53. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - quatrième trimestre.
      2 octobre 2010

    54. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92ème anniversaire de la victoire de 1918.
      13 novembre 2010

    55. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92e anniversaire de la victoire de 1918.
      16 novembre 2010

    56. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er trimestre
      2 janvier 2011

    57. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er semestre.
      2 janvier 2011

    58. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème trimestre
      3 avril 2011

    59. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème semestre.
      1er juillet 2011

    60. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 3ème trimestre
      1er juillet 2011

    61. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale dans la Marne, les 13 et 14 juillet 2011, pour la commémoration de la Révolution.
      17 juillet 2011

    62. essai
      10 août 2011

    63. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 4ème trimestre
      30 septembre 2011

    64. Les cérémonies dans la Marne, le 11 novembre 2011, pour le 93ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2011

    65. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er trimestre
      2 janvier 2012

    66. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er semestre.
      2 janvier 2012

    67. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème trimestre
      1er avril 2012

    68. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 3ème trimestre
      24 juillet 2012

    69. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème semestre.
      24 juillet 2012

    70. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er trimestre
      1er janvier 2013

    71. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er semestre.
      1er janvier 2013

    72. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 2ème trimestre
      18 avril 2013

    73. 70 ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 dans le supplément du journal « l’union » du 18 juin 2010.
      18 juin 2010