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Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - troisième trimestre.
Publié le jeudi 1er juillet 2010, mis à jour le jeudi 30 septembre 2010
 

Pour consulter les articles du journal « l’Union » d’une autre période, cliquez sur un de ces liens :
1er trimestre 3007 ; 2ème trimestre 2007 ; 3ème trimestre 2007 ; 4ème trimestre 2007 ; 1er trimestre 2008 ; 2ème trimestre 2008 ; 3ème trimestre 2008 ; 4ème trimestre 2008 ; 1er trimestre 2009 ; 2ème trimestre 2009 ; 3ème trimestre 2009 ; 4ème trimestre 2009 ; 1er trimestre 2010 ; 2ème trimestre 2010.

 

 

 


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Union100930a - Marne
EPERNAY : Polémique sur une plaque commémorative

Madame Philizot dénonce cette plaque qui, en changeant d’emplacement, aurait changé une partie de son histoire.
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  • Une gravure de marbre, à la mémoire d’un fusillé, provoque des tensions. Décrochée de son emplacement originel, puis replacée quelques mètres plus loin, elle suscite le débat.

    « Ici est mort pour la France le capitaine des Francs Tireurs, partisans français, Georges Robert Dié, abattu le 5 août 1944 par la milice française à la solde du nazi. »

    Légèrement effacé, le terme « nazi » remplace aujourd’hui le mot « Boche ». « On a soumis l’idée au service urbanisme de la mairie, de changer le terme. Déjà pour les touristes allemands qui viennent visiter la ville », explique Christophe Bernard, récent propriétaire de « la grillade gourmande » rue de Reims.

    Déplacée suite à des travaux

    De l’autre côté de la rue, Geneviève Philizot guette. Attachée à la mémoire et au respect des faits et de l’Histoire, cette ancienne résistante de 91 ans, membre de l’ANACR (Association des anciens combattants de la Résistance) ne voit pas d’un bon œil ce bouleversement dans l’histoire et le patrimoine de la ville : « Cette plaque a été posée par les FFI. Je suis ancienne résistante et Robert Dié a été fusillé là-bas. Pas ici ! (en désignant l’emplacement actuel de la plaque) Pour la mémoire et le respect de cet homme, il est normal que moi et l’ANACR ne lâchons pas ».

    Bref retour en arrière pour mieux comprendre. En février 2010, récent propriétaire, Christophe Bernard refait la façade de son restaurant. Fixée à l’origine sur son mur, il demande l’autorisation à la mairie de retirer la plaque le temps de finir le ravalement. « La mairie a accepté et quelques mois plus tard, des membres de l’ANACR sont même venus récupérer la plaque en me disant que, finalement c’était bien, car à cet endroit, c’était dangereux pour les commémorations, car il fallait barrer la rue chaque année pour le défilé. » Problème : la dite plaque se retrouve de l’autre côté du parking, sur le mur de l’ex MJC, loin du lieu de fusillade de ce 5 août 1944.

    La solution intermédiaire, celle qui pourrait satisfaire tout le monde, consiste en la création d’un mémorial sur une petite parcelle verte du parking de la rue de Reims. « Cela fait dix fois que j’interpelle le maire à ce sujet, mais il m’a répondu à chaque fois qu’on verrait ça plus tard », grogne Geneviève Philizot.

    Et à Monsieur Bernard, restaurateur, de rajouter : « Il suffirait de mettre la plaque sur une stèle. il y a une espèce de haricot d’herbe sur le parking. Mais cela entraînerait des travaux, donc des coûts. C’est pour ça, j’imagine, que la mairie ne veut pas envisager cette solution ».

    En ayant donné son accord à Christophe Bernard pour enlever cette plaque, la mairie a pris une décision qui met aujourd’hui du monde dans l’embarras. À elle d’en assumer les conséquences plutôt que de tout plaquer avec des : « On verra ».

    Stéphane GUERRINI


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    Union100928e - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Journée nationale : En hommage aux harkis

    Lors du dépôt de gerbes devant le monument aux morts.
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  • Ce samedi 25 septembre en fin d’après-midi, une vingtaine de porte-drapeaux, les présidents d’associations d’anciens combattants et leurs membres, des élus dont le député Charles de Courson étaient présents, au monument aux morts de la place Joffre, pour rendre hommage aux combattants d’Afrique et d’Outre-Mer, dans le cadre de la Journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives.

    Le sous-préfet Raymond Floc’h a lu le message du secrétaire d’état à la défense, chargé des anciens combattants.

    Le rôle de cette journée nationale, pérennisée par un décret du 31 mars 2003, est destiné à reconnaître les sacrifices qu’ont consentis les harkis et les autres membres des formations supplétives du fait de leur engagement aux côtés de la France, lors de la guerre d’Algérie.

    La cérémonie s’est terminée par un dépôt de gerbes par le sous-préfet accompagné d’une fille de harki, du maire de Vitry-le-François, du député et d’un représentant du comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerres de Vitry-le-François.


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    Union100928d - Marne
    MOURMELON-LE-PETIT : Un ancien combattant à l’honneur : M. Roulot, diplômé 70 ans après

    M. Roulot, l’un de ces nombreux résistants anonymes qui ont pris le maquis, enfin récompensé.
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  • A l’initiative du secrétaire d’Etat aux anciens combattants, un hommage se devait d’être rendu aux combattants anonymes en cette année du 70e anniversaire de la Bataille de France. Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que, du 10 mai au 22 juin 1940, 85 000 soldats français, 15 000 soldats alliés et 21 000 civils perdirent la vie. M. Roulot s’est ainsi retrouvé « sous le feu ».

    Entouré de sa famille, des représentants des anciens combattants et d’habitants de la commune, il a reçu ce diplôme d’ancien combattant des mains de M. Maizière, maire ; et de M. Clergé, président des ACPG de Mourmelon-le-Petit.

    Cet hommage fut suivi du traditionnel pot de l’amitié qui permit à chacun de découvrir cet humble parmi les 250 000 qui, comme lui, n’ont bien souvent eu comme reconnaissance que de garder en eux les blessures de leur corps et de leur âme.

    Fuyant le travail obligatoire, M. Roulot avait rejoint le maquis de l’Aube où, en compagnie de 1 200 camarades, il a subi une violente attaque allemande les 4 et 5 août 1944 : 50 de ses compagnons y ont laissé la vie.

    Rejoignant l’armée de Libération, il fut gravement blessé le 16 avril 1945 en participant à la libération de la « Poche de Royan ».


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    Union100928c - Marne
    MINAUCOURT : Commémoration : Trop jeunes pour mourir

    Une cérémonie à la mémoire des 21 320 soldats morts au combat en septembre 1915.
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  • L’anniversaire des combats de Champagne à Minaucourt a été commémoré en toute simplicité.

    Après l’office religieux célébré par le Père Collart en l’église du village, les participants, le maire Jean-Pierre Adam et les porte-drapeaux du secteur se sont rendus au cimetière militaire du Pont du Marson.

    Dépôt de gerbe et minute de silence en mémoire de tous les morts pour la France et en particulier pour les 21 320 soldats dont 12 223 corps ne sont pas identifiés et reposent dans les 6 ossuaires de cette nécropole. La plupart d’entre eux avaient moins de 40 ans et étaient pères de famille.

    En cette terre à portée de la main de Massiges, les combats furent âpres et meurtriers, particulièrement en septembre 1915 où la France déplora la perte de 2 500 combattants par jour.

    Mais selon la municipalité, « cette cérémonie ne doit plus être l’œuvre de la seule commune de Minaucourt, la transmission de mémoire, l’honneur aux combattants est un devoir des militaires, l’uniforme agrémentant l’apparat des cérémonies. On pourrait aussi envisager le regroupement de cérémonies, par exemple les villages détruits ».

    Un chant interprété par la chorale Argonne Nord clôtura ce moment de recueillement.


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    Union100928b - Marne
    SAINT-IMOGES : Il y a cinquante ans : 17 - Les sachets de Saint-Imoges

    Le dépôt de la terre anglaise
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  • SUR le plateau entre Reims et Épernay, se trouve le petit village de Saint-Imoges. En juillet 1918, il est le théâtre de combats féroces.

    La violence des combats fait cent cinquante morts et plusieurs centaines de blessés.

    Les soldats qui tombent au feu sont inhumés autour de l’église. Régulièrement en mairie, on reçoit depuis plus de quarante ans des courriers émouvants souvent accompagnés d’un petit sachet renfermant de la terre du village ou du jardin dont la victime était originaire.

    Le maire Marcel Rémiot est ému par la démarche de ces familles qui pleurent encore un être cher.

    Il conserve les lettres, notent quelques phrases qui lui donnent le frisson : « Voici de la terre de l’enclos de notre maison. Notre fils y a joué. Il aimait tant ce lieu ». « Voici un peu de terre de chez nous donc de chez lui. Pourriez vous la déposer sur sa tombe ? Nous sommes certains qu’il en sera heureux ».

    Alors des liens particuliers se tissent et avec la médiation des anciens combattants britanniques, une cérémonie particulière est organisée.

    Elle associe tous les enfants de l’école du village ainsi que toutes les bonnes volontés prêtes à témoigner de l’amitié fidèle de la France et de la Grande-Bretagne dont les soldats ont souffert dans les tranchées.

    En présence d’une importante délégation conduite par le colonel Ronald Ward et John Cristie, de M. Eacock, conservateur des cimetières britanniques, un dépôt de gerbes est effectué au monument aux morts avant que les pèlerins se rendent au cimetière où reposent soixante-dix-sept soldats d’outre Manche et soixante-dix militaires français.

    C’est un intense moment de fraternité au cours duquel deux écoliers apportent dans un drapeau du Royaume-Uni, les précieux sachets de terre dont le contenu va être réparti sur chaque sépulture.

    Refus de l’oubli

    Il y a de l’émotion et des larmes chez les petits comme chez les grands.

    Le moment est symbolique mais il signifie une communion des mémoires qui rappelle des sacrifices et des souffrances partagés.

    Ce refus de l’oubli, le maire Marcel Rémiot l’exprime avec les mots de son cœur : « Ce modeste cimetière britannique au centre de notre humble et minuscule village est le symbole de la communauté d’âme de nos deux grandes nations amies, de notre lutte commune, l’une appuyant l’autre contre l’ennemi héréditaire, de la fraternité des hommes puisqu’auprès de tant des vôtres reposent leurs compagnons français qui, comme eux ont donné leur vie pour défendre en juillet 1918, cette église et les maisons qui l’entourent, pour défendre la liberté de la France et de la Grande-Bretagne ».

    Il explique encore combien on est vigilant dans la commune pour assurer l’entretien et le fleurissement des tombes. « Pensez avec moi, pensez intensément que là-haut ceux que nous glorifions en ce jour nous voient peut-être. Et la minute sera plus grave, plus solennelle au moment où cette terre britannique qui a traversé la mer pour venir jusqu’à eux se mêlera à notre terre française que vos morts, nos morts ont baignée de leur sang ».

    Hervé CHABAUD


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    Union100928a - Marne
    EPERNAY : Chronique historique/ Quand Attila dévastait la Champagne

    Alan Di Rocco dédicacera prochainement son ouvrage à Epernay.
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  • Passionné par l’Histoire antique, Alan Di Rocco a écrit une chronique historique s’intitulant : « Année 451, la bataille qui sauva l’occident ».

    Son livre retrace l’invasion des Gaules par Attila et décrit l’avance des hordes hunniques sur la Champagne, ainsi que l’atmosphère régnant chez les populations champenoises.

    Le récit présente également les peuples faisant alliance avec le général Aetius, chef de la contre-offensive gallo-romaine, ultime défenseur et garant de sa civilisation. Ce texte montre aussi la transition ayant eu lieu lors du Ve siècle, véritable legs entre Rome et les royaumes germaniques, entre Antiquité et Moyen-Âge.

    Comment la Gaule est devenue la France

    Le récit de cette bataille et le contexte du siècle obscur où elle se déroule permettront au lecteur de mieux comprendre comment la Gaule est devenue peu à peu la France.

    Pour la première fois de son histoire, elle voit combattre de nouveaux peuples sur ses terres, auprès de ses chers fils gaulois, et cela pour la défense de son territoire.

    Le récit historique de ce conflit n’est pas une fiction.

    Ce fut l’une des batailles les plus effroyables de notre histoire, plus de cent mille morts ensanglantaient les plaines champenoises en ces temps apocalyptiques.

    Le lecteur prendra ainsi connaissance de ce combat méconnu de nos contemporains.

    Editions Thélès, Paris, 2009. Histoire, 15x21cm, broché, 207p. Prix public : 19,90 euros.


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    Union100927b - Marne
    CHALONS : Journée nationale d’hommage aux harkis : Beaucoup d’émotion

    L’hommage solennel annuel aux harkis.
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  • Comme chaque année depuis 2003, la journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives de l’armée française en Algérie, est suivie avec beaucoup d’émotion à Châlons.

    Place des Harkis, samedi, les anciens harkis et leur famille, les autorités civiles et militaires, les élus, les porte-drapeaux, les militaires du 402e RA, ainsi que les présidents et associations d’anciens combattants ont rendu un vibrant hommage à ces femmes et à ces hommes, Français d’Algérie qui ont combattu vaillamment aux côtés des soldats français.

    Avant que ne furent déposées les gerbes au pied du monument qui honore ces combattants, René Doucet, premier adjoint, regretta que « trop longtemps, la France a baissé les bras et n’a pas su reconnaître leur sacrifice ! » et Rachid Kaci, directeur de cabinet du préfet de Région, affirma que les Harkis restent aujourd’hui, encore, pour la Nation tout entière et pour la jeunesse « exemples et modèles ».


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    Union100927a - Marne
    CHALONS : Voyage annuel de leur amicale : Les porte-drapeaux en balade

    Les joyeux participant lors d’une halte.
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    L’amicale des porte-drapeaux a effectué son voyage annuel. Un car avec 44 participants, parti de bon matin s’est dirigé vers Châteauvillain pour un petit-déjeuner, puis la visite d’une fromagerie à Isches (Vosges) a permis de découvrir les secrets de la fabrication de l’Emmental et de déguster d’excellents produits du terroir.

    Ce fut ensuite le départ pour Les Thons où la journée de déroulait à l’ancien couvent des Cordeliers dans une ambiance très agréable : déjeuner pantagruélique, danses en costumes de moines, religieuses et tombola.

    Beaucoup de détente et de rires durant cette journée qui s’est terminée à Châlons par le pot de l’amitié.

     


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    Union100926d - Marne
    HERMONVILLE : Le 26 septembre 1914 : Les combats près de la ferme du Luxembourg

    Ils reposent pour l’éternité près de leur grande croix blanche.
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  • Ce jour-là, le 26 septembre 1914, le 119e RI, au repos les jours précédents, passe par Cauroy, puis Hermonville, en suivant le cours de la Robassa, La 1re et la 2e Compagnie s’installent dans un petit bois près de la ferme du Luxembourg, et creusent une tranchée. L’artillerie allemande tire depuis le bois de Brimont, et les hauteurs de la ferme Sainte-Marie. Des renforts allemands, en hommes et en munitions, arrivent discrètement à Loivre. La guerre de position commence. Les Zouaves partent attaquer l’ennemi, en traversant le canal. Peu d’entre ces braves reviendront de cette expédition.

    De nombreuses pertes

    Le 119e RI est à court de munitions. Des meules de foin, placées devant la ferme, servent de postes d’observation. La 10e Compagnie, et la 11e sont proches. Soudain, le 28e RI et le 119e reçoivent des obus de 105 et de 150, ainsi que des balles de mitrailleuses. Les soldats sont obligés de quitter la tranchée, et sortent à découvert. Attaqués dans le dos, ils trouvent refuge dans les champs de luzerne. Ils partent vers Cauroy et Cormicy, mais reviennent à la ferme du Luxembourg.

    Une section de mitrailleuses, arrivée en renfort, parvient à repousser l’ennemi. Les pertes sont nombreuses. Douze de ces vaillants combattants, morts pour la France, seront enterrés dans la nécropole nationale « Le Luxembourg », un petit cimetière de 220 m2 aménagé sur le territoire d’Hermonville. Leurs tombes sont groupées près d’une grande croix blanche.

    Les noms de quatre soldats sont connus : Maurice Vacher, Caporal au 119e RI ; Fernand Tuleu, Sergent au 119e RI ; Frédéric Lamaison, Sergent au 119e RI ; William Sutton, Sergent fourrier au 74e RI ; les noms des huit autres soldats demeurent inconnus. Ils seront exhumés en juin 2007, et inhumés à Cormicy, dans le cimetière militaire de la Maison bleue.


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    Union100926c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : A Cernay-en-Dormois, sur les traces de son père soixante-sept ans après : Une Américaine en Argonne

    Le maire, Jean-Pierre Chapron a accueilli officiellement Carolyn et Georges Delmar. Le couple a pu rencontrer bon nombre de témoins du sauvetage de l’aviateur américain parmi lesquels Yvette Stubbs.
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  • Pour permettre à Carolyn Delmar de comprendre comment son père avait été sauvé la nuit du 30 décembre 1943, la délégation s’est rendue sur le blockhaus qui lui servit de cachette.
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  • EN juillet dernier, le maire de Cernay-en-Dormois a reçu une lettre inhabituelle. Rédigée en anglais et postée des Etats-Unis, elle lui annonçait une visite. « Nous serons plus que de simples touristes américains visitant le Nord de la France pour la première fois », écrivaient alors Carolyn et Georges Delmar. Pour Carolyn, il s’agissait en effet d’une sorte de pèlerinage. Une plongée dans l’histoire de sa famille et plus particulièrement celle de son père, le lieutenant Charles W. Compton.

    C’est le 30 décembre 1943 que la vie de cet aviateur va être bouleversée. Basé en Angleterre, le bombardier Laden Maiden effectue un raid sur l’Allemagne. Touché par les tirs des canons anti-aériens, il tente tout de même de repartir vers la Grande-Bretagne après avoir largué ses bombes. Mais les chasseurs ennemis le poursuivent et fondent sur leur proie, armés de roquettes. L’une d’elle embrase l’aile gauche et sépare la section arrière du fuselage. L’équipage tente alors de quitter le B17 qui finit sa course à Liry dans les Ardennes.

    Seuls deux aviateurs, sur les dix soldats à bord, survivent en sautant en parachute. Ils se posent sur le territoire de Cernay où ils sont recueillis par Irma et Isidore Eloy qui possèdent la ferme de Bayon. Le couple s’empresse de les cacher dans un blockhaus datant de la guerre 14/18.

    Sauvés deux fois

    Comment se comprendre ? Dans le village, une seule personne connaît la langue de Shakespeare. Graham Stubbs leur sera d’une aide précieuse et les aidera à prendre contact avec le réseau de résistance. Malgré une grande discrétion, le 3e soir, ils sont avertis d’une dénonciation. Au petit matin, les Américains sont pris en charge par le groupe Pernod. Il était temps. Quelques heures plus tard, les Allemand fouillent la ferme mais ils repartiront bredouilles.

    Regroupés avec d’autres aviateurs, Charles W. Compton et Léonard MC. Chesney vont être dirigés sur Paris. De là, ils rejoindront Toulouse, Tarbes, traverseront les Pyrénées en direction de Gibraltar puis enfin l’Angleterre.

    Le récit de ce sauvetage puis de ce périple vers l’Angleterre a bercé les jeunes années de Carolyn. Cette semaine, à Cernay, elle voulait tout voir. La commune, de son côté, avait tout prévu. Le maire, Jean-Pierre Chapron, était accompagné de Louis Eloy et Jacques Pelet, les deux mémoires de cet épisode qui se déroula à la ferme de Bayon la veille de la Saint-Sylvestre 1943. Il avait également invité Yvette Stubbs, Guy Zancan, Yves Ronceret, ainsi que Françoise et Pierre Roger du musée de Vraux. Tous ont pu relater avec précision le déroulement des événements.

    Une grande visite sur les lieux a conduit les époux Delmar ainsi que la délégation argonnaise de la ferme aux vestiges du blockhaus, ainsi qu’au monument érigé en l’honneur des aviateurs américains.

    « Je n’avais que 11 jours lorsque l’avion de mon père fut abattu en territoire français. C’est grâce aux résistants que j’ai pu avoir une vie familiale comblée avec mes deux sœurs et mon frère. Mon père nous a quittés en 1990, il avait 10 petits enfants. »

    Tout en remerciant toutes les personnes présentes de l’avoir reçue, Carolyn Delmar a conclu « Je vais pouvoir achever le livre que mon père n’a pu terminer ».


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    Déportés pour avoir aidé des aviateurs

    Le destin prend parfois des chemins singuliers.

    Jacques Pelet était employé chez Irma et Isidore Eloy à la ferme de Bayon où les deux aviateurs de la Forteresse B 17 Laden Maiden furent recueillis.

    Quelques années plus tard, il épousa Odette, la fille de Jean et Mireille Delabruyère.

    Ce couple de boulangers des Ardennes fut arrêté par la Gestapo en avril 1944. Motif d’accusation : avoir secouru des aviateurs américains en difficulté.

    Seule Mireille reviendra de déportation. Elle reçut des remerciements du président Eisenhower. Puis le grade fictif de sous-lieutenant ainsi que les honneurs des Alliés.

    Jacques Pelet, qui n’était jamais revenu à la ferme de Bayon, n’a pu retenir son émotion en entendant l’histoire du père de Carolyn Delmar.


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    Union100926b - Marne
    LIVRE : Juifs et résistants contre les nazis

    « Les révoltés de la Shoah », témoignages et récits présentés par Marek Halter, Omnibus, 1246 pages, 28 euros
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  • Il ne s’agit pas d’un livre d’historiens mais de la réunion de plusieurs témoignages qui montrent comment des juifs persécutés par les nazis ont choisi de résister. Qu’il s’agisse de l’héroïsme solitaire en passant par la volonté d’un jeune officier de structurer un maquis, qu’on observe comment un ghetto se soulève contre l’ennemi oppresseur, on découvre des situations qui sont autant de séquences de vie de la Seconde Guerre mondiale, de Paris à l’Europe centrale, d’Ukraine à Bruxelles. Sans doute existent-ils d’autres écrits intéressants, oubliés ou perdus, mais ici il y a déjà une diversité de récits qui attestent d’engagements forts dont les motivations diffèrent parfois.

    Pour survivre, il faut se battre.

    Le sujet qui domine n’est pas le drapeau sous lequel ces hommes et ces femmes ont décidé de s’opposer mais leur combat pour la dignité humaine. Comme le mentionne Marek Halter qui préface cette sélection littéraire à la fois riche et douloureuse : « Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les nazis, en bons organisateurs, ont réussi un massacre unique dans l’Histoire. Ils ont cependant perdu leurs deux paris : effacer la présence des juifs de la surface de la terre, et les transformer en autre chose que des hommes ».

    On relira avec émotion le beau texte du capitaine Jacquel (Jacques Lazarus), chef du groupe parisien de l’organisation juive de combat, qui est une bonne description d’une activité soutenue d’un mouvement de résistance.

    On retrouve aussi le témoignage d’Hélène Elek, dont le fils Thomas a rejoint le groupe de Missak Manouchian avant d’être arrêté avec les vingt-trois membres de son groupe en novembre 1943. Il est fusillé au mont Valérien le 21 février 1944 laissant à ses parents cette lettre : « Je meurs en espérant que mes camarades auront une autre vie. Et qu’ils savent que nous avons pris une petite part à la libération de la France ».

    Sa mère refuse qu’on qualifie son fils de juif ou de communiste : « Thomas n’était rien du tout, il était résistant ». Tout aussi intéressant, « Mala » ou le quotidien cette femme juive polonaise, déportée de Belgique, interprète-chef à Auschwitz-Birkenau. On ne fera pas l’impasse sur l’insurrection du ghetto de Varsovie, impressionnante par les documents authentiques ici présentés ni sur la bataille vue par les exterminateurs. Sobibor est abordé par les souvenirs de Thomas Blatt qui y entre à l’âge de 15 ans alors que ses parents et son petit frère qui arrivent du ghetto d’Izbica sont envoyés sans délai à la chambre à gaz. Sélectionné comme travailleur, il raconte le quotidien et la révolte du camp dont il est un des acteurs. Installé aujourd’hui à Santa-Barbara en Californie, il témoigne toujours. Enfin, on découvre les trois frères Bielski qui défièrent les nazis, sauvèrent mille deux cents juifs et bâtirent un village au milieu d’une forêt. Ce livre cumule des tranches de vie aux portes de l’extermination. Il sonne terriblement vrai.

    HERVÉ CHABAUD

    « Les révoltés de la Shoah », témoignages et récits présentés par Marek Halter, Omnibus, 1246 pages, 28 euros


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    Union100926a - Marne
    HISTOIRE 1940


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    Le bouge de Rabat

    Mendès-France connaît la promiscuité au quotidien. C’est à bord du Massilia que PMF avait rejoint le Maroc
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  • Les tracasseries contre les personnalités politiques qui ont fait le voyage sur le Massilia ne sont pas finies. Pierre Mendès-France qui a été arrêté de fait, le 31 août 1940 à 6 heures par le capitaine de gendarmerie de Rabat, sait qu’il peut tout au long du mois de septembre multiplier les protestations. Il est certain de ne pas obtenir la moindre réponse. Après avoir été isolé dans une petite chambre du casernement de la maréchaussée, il est autorisé à recevoir sa femme et ses enfants mais en présence d’un gendarme. Cela ne dure pas puisque sur un ordre venu d’Alger, considéré comme dangereux, il est transféré à la prison de Casablanca. Il y est enfermé pendant six semaines. Il y règne une odeur écœurante, mélange épouvantable de latrine et de cuisine. Les officiers ont le droit à une cellule individuelle mais les autres sont entassés à dix ou douze dans des geôles exigües. Mendès est bouclé dans la cellule n°1 qui fait quatre mètres sur deux. Il dispose d’une chaise, d’une cuvette, d’un broc, d’un seau hygiénique. Il y fait très sombre puisque l’ouverture sur l’extérieur est un judas de vingt-cinq centimètres. Le premier jour on lui apporte à 17 h 30 une assiette de légumes avec un morceau de viande et on lui indique qu’en tant qu’officier, il a le droit de faire venir sa nourriture de l’extérieur moyennant une somme de 15 F par jour !

    Il confie : « Les heures passent. Je ne peux rien faire, pas même lire puisque je n’ai pas d’éclairage. Les nuits sont interminables. Je pense aux miens. Doutent-ils de moi ? Croiront-ils que j’ai pu commettre le crime honteux de désertion devant l’ennemi dont on m’accuse et pour lequel je serai condamné ? ». Pierre Mendès-France (PMF) pense que les chances d’avoir un procès équitable sont infimes et se réconforte parce qu’il a la conscience tranquille. Ce qui n’empêche pas ses détracteurs de baver de haine ! A 6 heures, il est réveillé pour la cérémonie de l’appel du matin. Un garde armé exige alors que les cellules soient nettoyées. La paillasse doit être relevée dans un coin et le mobilier rassemblé. Les détenus sont alors réunis dans la cour pour l’appel individuel. Ils se rangent ensuite par deux pour être transférés dans une cour voisine et ne réintègrent les cellules qu’à 11 heures. On les autorise bientôt à écrire des lettres mais tous les courriers sont soumis à la censure d’un juge d’instruction. En revanche, la lecture de la presse est interdite. De 14 à 16 h 30, des promenades sont possibles mais au-delà l’enfermement est de rigueur y compris pour le dîner qui est servi entre 19 et 19 h 30.

    Lorsqu’enfin on les autorise à lire des journaux, le premier que PMF a entre les mains annonce avec trois semaines de retard son interpellation : « Le député juif Mendès-France qui a déserté pendant la campagne de France a été emprisonné dans l’attente d’être traduit devant une juridiction ad hoc en raison de la gravité de son attitude ». PMF ne répond pas et préfère que sa femme et ses enfants ne viennent plus le voir en raison de précarité et de la promiscuité qui règnent dans cette prison : « De les voir là dans ce bouge sordide devant ce gardien grossier me faisait plus de mal que de bien. J’avais l’impression que cela les salissait, les souillait matériellement et moralement aussi ». Fin septembre, il apprend son probable transfert au cours de la première décade d’octobre en métropole. La prison de Clermont-Ferrand est alors citée comme lieu de détention puisque son procès doit avoir lieu dans la cité préfecture du Puy-de- Dôme.


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    L’opération « Menace » est déclenchée

    Les contre-torpilleurs étendent un rideau de fumée entre l’escadre anglaise et Dakar.
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  • RATÉ. C’est sous un ciel brumeux que les Français libres tentent de rallier Dakar. Le succès n’est pas au rendez-vous.

    Le lundi 23 septembre 1940 à l’aube, de Gaulle est face à Dakar. L’heure de vérité est proche. Dès 5h30, les deux Luciole arborant des cocardes tricolores et dont les équipages portent l’uniforme français se posent à Ouakam. Invité à se rallier, le commandant La Horie, patron du groupe de chasse refuse. Il est maîtrisé. Il s’avère qu’une majorité des aviateurs reste fidèle à Vichy, aussi l’officier supérieur est rapidement délivré ! C’est au tour des aviateurs gaullistes d’être arrêtés et transférés devant le général Paul Gama, commandant de l’aviation. Il s’agit du premier couac de l’opération. A 6h10, l’alerte est sonnée sur le « Richelieu » et ordre est donné d’ouvrir le feu sur six biplans britanniques qui survolent la rade de Dakar à haute altitude et larguent des tracts : « invitant la population et l’armée à se rallier au général de Gaulle ». Les croiseurs tirent à leur tour. Le remorqueur « Buffle » écarte l’arrière du « Richelieu » du quai de manière à ce qu’il puisse utiliser ses pièces de 380 mm pour tirer au large. Dans le même temps, le gouverneur général Pierre Boisson reçoit un message radio du chef de la France libre annonçant son arrivée et dit bénéficier de l’appui d’importantes forces britanniques. Immédiatement des ordres sont donnés pour déployer tous les matériels à même d’empêcher un débarquement. Cette action d’urgence est coordonnée par le capitaine de corvette Lorfèvre, chef du service de la police de la navigation. L’évacuation des équipages des bateaux civils est ordonnée. A 6h40, deux vedettes foncent vers le môle 2 de la rade. Elles ont hissé le pavillon français et le pavillon parlementaire. Sur la première se tient le capitaine de frégate Thierry d’Argenlieu qu’accompagnent deux enseignes de vaisseau et quatre officiers de l’armée de terre dont les capitaines de Boislambert et Bécourt-Foch, en uniforme britannique avec écusson tricolore au casque. Un matelot porte également un pavillon blanc fixé sur un bâton d’un mètre de long. Sur la seconde embarcation, des marins et une dizaine de soldats français en uniforme anglais sont présents. D’Argenlieu a comme premier interlocuteur Lorfèvre auquel il déclare : « Je suis venu sans armes, comme parlementaire du général de Gaulle ».

    Il dit devoir remettre en main propre un courrier au gouverneur général Boisson. Lorfèvre mandate le lieutenant de vaisseau Geoffrois prendre des ordres auprès du contre-amiral Landriau, commandant de la marine en Afrique occidentale française. Ce dernier exige l’expulsion immédiate de la rade des deux vedettes et recommande l’arrestation des militaires ayant débarqué. Lorfèvre répète soigneusement le message reçu et indique à d’Argenlieu qu’il est en état d’arrestation. Le capitaine de frégate se replie sur sa vedette alors que la chaloupe Ouakam tente d’interdire aux deux bâtiments d’appareiller. La seconde vedette est la plus rapide pour rejoindre le large subissant quelques rafales de mitrailleuses en provenance de la chaloupe vichyste. La première vedette est prise sous un feu nourri et bien qu’endommagée parvient à s’échapper. En revanche, d’Argenlieu et le capitaine Perrin sont sérieusement blessés et doivent être transférés sur le « Westernland ». Les gaullistes sont en situation d’échec.

    Ce raté met en colère le maire de Dakar M. Goux dont les sentiments gaullistes sont avérés. Comme il n’a pas été informé du débarquement envisagé, il n’a pas pu prendre les mesures indispensables pour que toutes les chances restent du côté des Français libres. C’est à son bureau qu’il est appréhendé par deux commissaires de police. Il est transféré chez les général Barrau, gardé par un sous-officier en armes avant d’être envoyé en résidence surveillée à Lona au Sénégal. Une dizaine d’autres personnalités suspectées de sympathies gaullistes sont arrêtées. Boisson proclame alors l’alerte de guerre ce qui l’autorise à rappeler les réservistes locaux. Il peut ainsi étoffer les forces terrestres comprenant les 1er, 4e et 7e régiments de tirailleurs sénégalais, le 8e régiment d’artillerie coloniale, le régiment de marche de Thiès et 6e régiment d’automitrailleuses. Le contre-amiral Landriau prescrit aux équipages des navires d’être : « prêts à marcher le plus vite possible », tandis qu’on compte sur les sous-marins pour causer des pertes sévères dans le convoi franco-britannique. A cet effet, le « Persée » du capitaine de corvette Lapierre prend position entre Yoff et Camberence tandis que « L’Ajax » du capitaine de corvette Guimont s’établit entre Rufisque et M’Bour. Ces deux espaces sont jugés favorables aux débarquements.

    A 8h15, Boisson s’entretient avec Landriau, Barreau et Boulmer, l’inspecteur des colonies. Au palais du gouverneur général, l’effervescence est évidente. Toutes les batteries côtières sont mises en état d’alerte. A 9 heures, on signale la présence du porte-avions britannique « Ark Royal », des cuirassés « Barham » et « Resolution », de trois croiseurs légers, de trois torpilleurs et d’une petite dizaine de bâtiments de commerce. Une réunion d’urgence est convoquée sur le Georges-Leygues autour de l’amiral Lacroix. Craignant un nouveau Mers el-Kébir, il exige que les navires appareillent au plus vite. Boisson demande aux Britanniques de déplacer leur escadre à vingt miles des côtes sans quoi il ordonnera l’ouverture du feu. De Gaulle insiste : « Les bâtiments français et les troupes qui m’accompagnent doivent rentrer à Dakar, et, s’il y a une opposition, les importantes forces alliées qui me suivent prendront l’affaire à leur compte ». L’amiral Cunningham qui ne se laisse pas impressionner par les menaces de Boisson tient un discours clair : « Les navires français ne doivent pas quitter le port de Dakar ». Apercevant un croiseur anglais, le « Persée » tire deux torpilles en sa direction. Une seule part. La réplique alliée est immédiate et le sous-marin coule. L’aviso « Surprise » sauve une majorité des membres de l’équipage.

    A 10h20, alors que la situation générale est jugée critique devant Dakar, les Britanniques indiquent à Freetown et à Bathurst que rien ne va comme prévu et qu’ils peuvent subir une attaque aérienne des forces de Vichy. A 11 heures, Cunningham teste la résistance des maréchalistes en faisant donner ses canons de 380, 203 et 152 contre Dakar et plus spécialement ses installations militaires. Si l’on relève près de deux cents victimes, la mauvaise visibilité interdit des tirs de grande précision aussi les dégâts sont-ils limités. La réplique française ne tarde pas. Le croiseur « Cumberland » subit une grosse avarie et enregistre un violent incendie tandis que deux torpilleurs anglais sont touchés.

    HERVÉ CHABAUD


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    Rufisque : le flop du plan « Charles »

    Le Richelieu, une fierté de la marine fidèle à Pétain.
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  • Une affiche de la propagande allemande qui se moque copieusement de Churchill et de Gaulle tenus en échec à Dakar
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  • SÉNÉGAL. L’intensité de la canonnade ne permet pas de savoir dans l’immédiat qui va prendre le dessus mais cette fois le ralliement ne va pas de soi et le risque de violentes représailles existe.

    De Gaulle a beau répéter aux représentants de Vichy qu’ils ne doivent pas s’opposer par la force au débarquement de ses hommes, Boisson et son état-major sont intraitables. Le général en prend bonne note par ce message : « Vous avez pris la responsabilité de faire couler le sang français, gardez cette responsabilité car le sang français a déjà coulé ». Jusqu’à 13 heures, les échanges sont vifs puis soudain le feu cesse. Cunningham s’interroge sur la suite des événements, aussi prend-t-il des ordres à la fois auprès de l’état-major britannique et du général de Gaulle. Comme Dakar semble imprenable sans risquer des combats durs et meurtriers, la décision partagée est de passer au plan « Charles » qui prévoit un débarquement cette fois à Rufisque. La place servira de tremplin pour une prise à revers par les terres de Dakar. Une première vague composée de fusiliers marins est chargée de la mission. Si tout se passe bien, elle sera appuyée par les légionnaires qui restent pour l’instant cantonnés au large.

    Vers 17 h 30, l’officier chargé de la défense de Rufisque voit soudain surgir de la brume plusieurs navires de guerre accompagnés de deux transports de troupes. Au pied du phare, une batterie de 95 ouvre immédiatement le feu sur les embarcations chargées des fusiliers marins. Elle est réduite au silence par les salves des canons de 138 du « Savorgnan-de- Brazza » dont le pacha, le capitaine de corvette Roux, ne se laisse pas impressionner. Les marins ne peuvent rien contre les tirs des nids de mitrailleuses qui empêchent les fusiliers de mettre pied à terre. Au même moment, un croiseur britannique employé à la couverture de la mission envoie par le fond le contre-torpilleur « Audacieux ». Le « Surprise » réussit son deuxième sauvetage de la journée en recueillant les 186 hommes du capitaine de frégate Derrien. Atteint à son tour par des tirs de grenades, le sous-marin « Ajax » est perdu et son équipage sauvé à son tour par les Britanniques.

    Même si Vichy enregistre des pertes, le gouverneur Boisson estime dans son rapport au maréchal que la partie n’est pas perdue en raison de : « l’indécision marquée de l’assaillant ». Une chose est certaine, les partisans du général ont sous-estimé la capacité de résistance de Boisson et des troupes fidèles à Pétain. Cela est aussi le résultat des rapports insuffisants des services de renseignements alliés qui ont considéré que non seulement l’opération de ralliement était simple mais attendue !

    A 17 h 51, de Gaulle abandonne le plan « Charles ». A Londres, Churchill est blanc de colère. A la mi-journée, il s’est montré très optimiste devant le cabinet de guerre considérant que les avaries enregistrées sur plusieurs de ses bâtiments étaient la rançon des combats engagés. Apprenant par Cunningham que l’échec global de la mission est de plus en plus probable, le Premier ministre tempête : « Vous avez commencé, il faut aller jusqu’au bout. Aucune considération ne doit vous arrêter et surtout pas les démonstrations de forces de Dakar qu’il faut assimiler au bluff orchestré par les agents de Pétain ». Fort de cette réponse du 10, Downing Street, l’amiral Cunningham : « Votre attitude nous donne tout lieu de penser que Dakar peut, d’un moment à l’autre, être confié à notre ennemi commun. Vous ne serez pas autorisé à livrer les populations françaises et indigènes à l’esclavage auquel l’Allemagne et l’Italie voudraient les soumettre ». L’amiral tente l’ultime recours de l’intoxication de ses interlocuteurs à partir des manipulations validées par le cabinet de guerre anglais. Cet ultimatum est très mal pris tant par le gouverneur que par les officiers généraux. Barrau déclare : « Cela constituait un véritable outrage aux officiers français en les estimant capables de remettre aux Allemands le port et la place de Dakar. Nous avons estimé que cela ne méritait aucune réponse ». Le gouverneur passe outre et envoie depuis le « Richelieu » ce court message, le 24 septembre à 4 h 24 : « La France m’a confié Dakar. Je défendrai Dakar jusqu’au bout ». La réponse anglaise est aérienne avec comme cible le « Richelieu » mais quatre appareils britanniques sont alors abattus dont trois par la DCA. Désormais, les escadrilles de l’« Ark Royal » n’interviennent plus contre la rade. Les aviateurs anglais qui sont faits prisonniers sont très surpris d’apprendre qu’il n’y a ni Allemands ni Italiens à Dakar !

    Les échanges nourris entre les batteries côtières et les puissants canons des deux marines reprennent toute la matinée. Cunningham décide de se replier en fin de journée à cinquante miles de la métropole sénégalaise. Fort du trajet emprunté par les navires anglais, Dakar emploie un sous-marin, le « Bévéziers », pour attaquer les croiseurs lourds. Son autonomie réduite ne lui permet pas dans un premier temps de remplir sa mission. Le sous-marin est pourtant renvoyé le 25 dès l’aube au sud de Gorée pour anéantir le « Resolution » et le « Barham ». Dès 8 h 30, les deux bâtiments sont identifiés. Alors que les échanges reprennent, l’équipage du « Bévéziers » parvient à tromper les torpilleurs anglais et frappe à mort le « Résolution ». La rupture du combat par les Anglais est imminente aussi l’aviation de l’« Ark Royal » reçoit l’ordre de couvrir la retraite de la force de l’amiral Cunningham.

    Les Britanniques ignorent que les Français vichyssois n’ont presque plus de munitions pour alimenter leurs grosses pièces et qu’en insistant un peu tout pourrait basculer.

    De Gaulle propose de renoncer à la prise de Dakar

    De Gaulle conscient de la gravité de la situation propose de renoncer à la prise de Dakar et de se mettre à l’abri dans une colonie britannique. Les Anglais n’ont pas envie d’abandonner parce que cela redonnerait du crédit au gouvernement de Vichy. Churchill pense alors qu’il faut conforter l’installation du général à Douala et lui permettre d’entreprendre de nouveaux ralliements. Pourtant au sein du gouvernement anglais, certains suggèrent d’engager des négociations avec le maréchal Pétain !

    Churchill n’apprécie pas : « Comment pourrions-nous refuser notre appui à De Gaulle s’il essaie de prendre le contrôle d’un territoire français en Afrique ? ». Il interroge : « Pourquoi Halifax tient-il à normaliser les relations Londres-Vichy ? Y a-t-il aussi une tentative de rapprochement de Pétain vers de Gaulle via l’universitaire de Besançon Louis Rougier ? »

    Boisson fier de son succès s’oppose à la venue à Dakar d’une commission allemande, pourtant autorisée par Vichy et déjà arrivée au Maroc. Cette redoutable déconvenue affecte le général mais il n’est pas question pour lui de cesser la politique des ralliements.

    S’il n’est pas question de transformer l’Empire en un champ de bataille, il s’avère nécessaire de réduire les implantations vichystes sur tout le continent. Il n’empêche que l’affaire de Dakar crée une situation nouvelle. La perspective de combats franco-français est désormais une donnée dramatique mais dont il faut tenir compte. Les partisans d’une collaboration militaire franco-allemande pour reprendre les colonies africaines passées à de Gaulle sont confortés et favorables à une conférence d’états-majors pour planifier cette reconquête. Le général Huntziger défend ce scénario : « prompt à bien employer l’armée d’armistice ».

    H.C.


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    Union100925b - Marne
    LOISY-SUR-MARNE : Inauguration d’une stèle aujourd’hui : En mémoire des accords d’Evian

    C’est à la suite d’une demande de la Fnaca que le conseil municipal a voté favorablement, en mai dernier, pour qu’une stèle soit érigée dans le carré du monument aux morts.
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    PRÈS de cinquante ans après la guerre d’Algérie, le souvenir reste vivace et les plaies ne semblent pas toutes cicatrisées. C’est en mémoire de ce douloureux passé qu’une stèle sera inaugurée aujourd’hui à 10 heures, dans la commune de Loisy-sur-Marne, au sein du carré du monument aux morts. Une colonne qui porte l’inscription : « Espace du 19 mars 1962, cessez-le-feu en Algérie ».

    Une demande de la Fnaca

    « C’est à la suite d’une demande d’un habitant de la commune, Jean-Pierre Mapelli, porte-drapeaux et membre de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca), que le conseil municipal a décidé, en mai dernier d’autoriser cette association à ériger une stèle », précise le maire, Daniel Couroux.

    Plus d’une quarantaine de membres de la Fnaca seront présents à cette occasion. Un habitant de Loisy-sur-Marne, André Blanchard a d’ailleurs perdu la vie, en 1956, durant cette guerre qui dura huit ans, de 1954 à 1962. La France dénombra officiellement la mort de 28 500 militaires. Du côté Algérien, les chiffres font encore débat mais on parle d’au moins un demi-million de disparus.

    Pour la Fnaca, retenir comme date commémorative celle du 19 mars 1962, signature des accords d’Evian et du cessez-le-feu, est un signe de « paix », puisque ce fut un engagement à arrêter les hostilités. Preuve que cette guerre n’est pas encore cicatrisée et fait toujours débat puisque l’Union nationale des combattants retient, elle, la date du 5 décembre.

    D.L-T.

     

     


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    Union100925a - Marne
    HERMONVILLE : Spectacle : Les paroles de Poilus mises en scène

    Le spectacle sera joué par la troupe « Cage en scène ».
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  • Une réunion a eu lieu à la mairie, pour préparer un spectacle qui sera donné le jeudi 11 novembre prochain. Des lettres extraites du document « Paroles de Poilus », écrites par des soldats de la Guerre 1914-1918, dans les tranchées, seront mises en scène. Ces lettres reflètent le profond désarroi des poilus, et leur attachement aux plaisirs minuscules offerts par la vie, revêtant une plus grande importance lorsque la mort est côtoyée chaque jour.

    La troupe « Cage de scène » n’est pas comme les autres. Les acteurs sont débordants d’une vie dont ils savent apprécier les joies. Un metteur en scène, Jean-Michel Bazin, monte le spectacle. Deux représentations ont eu lieu à la Caverne du Dragon, les 2 et 3 juillet 2010.

    Dans ce souterrain, ô combien chargé d’Histoire, situé sur le Chemin des Dames, la noblesse du devoir de mémoire a pris toute sa dimension. Les spectateurs fascinés ont imaginé leurs ancêtres pris dans la tourmente d’une guerre atroce. Ce sera au tour de la salle des fêtes d’Hermonville d’accueillir « Paroles de Poilus », le 11 novembre.


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    Union100924b - Marne
    SUIPPES : 5e Journée du livre 14-18 / La guerre… et les enfants

    La médiathèque intercommunale de Suippes prépare sa « 5e Journée du livre 14-18 » qui aura lieu le samedi 23 octobre de 10 à 18 heures à la Maison des associations.

    Le thème en sera « Les enfants dans la grande guerre ».

    Le centre d’interprétation Marne 14-18 est étroitement associé à cette action qui participe à la valorisation du tourisme de mémoire sur le territoire, l’une des missions de la communauté de communes.

    Cette journée du livre sera l’occasion d’une nouvelle rencontre entre spécialistes de la période 14-18 avec le public autour des grandes thématiques de la Première Guerre mondiale.

    Le centre d’interprétation Marne 14-18,, situé lui aussi dans les locaux de la Maison des associations présentera du 2 au 31 octobre une exposition « La Grande Guerre des enfants » en partenariat avec le musée Guerre et paix du conseil général des Ardennes.

    Deux conférences-débats sont programmées au cours de la journée du 23 octobre : l’une à 10 h : « La vie à l’arrière pendant la Grande Guerre » par Jean-Claude Auriol, la seconde à 14 h, par André Loez sur son nouveau livre « 1914-1918, les refus de la guerre - une histoire de mutins ». Des historiens et des auteurs dédicaceront leurs ouvrages.

    A 10 h, échange libre avec Cuenca sur le métier d’écrivain.

    A 15 h 30 table ronde sur la littérature jeunesse 14-18, animée par Marie Liosa et Catherine Cuenca.

    De 10 à 12 heures atelier slam avec Slam Tribu (à partir de 10 ans, participation gratuite) et de 17 à18 heures, restitution des ateliers de slam.


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    Message reçu.
    CRUGNY : Exposition sur le village pendant la guerre de 1914-1918

    L’instituteur, M. Parmentier, dans les ruines de la mairie-école en 1919.
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  • L’association "Les Amis du Vieux Crugny" organise une exposition sur le village pendant la guerre de 1914-1918 et sur ses hommes envoyés sur tous les fronts.

    Cette exposition aura lieu les 11,12,13 et 14 novembre dans l’église qui sera prêtée pour cette occasion. L’église sera éclairée et chauffée par la commune. En effet, nous n’avons pas de salle communale.

    Pour tout renseignement, contacter :

    Mme Jacquesson
    2, rue de la Passerelle
    51 170 CRUGNY
    tél. 03 26 97 41 33


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    Union100922b - Marne
    VERZENAY : Nouveau bureau chez les anciens combattants

    Le nouveau bureau.
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  • Les anciens combattants prisonniers de guerre (CATM-TOE) de la section de Verzy viennent de se réunir.

    Leur objectif était d’élire les membres du bureau directeur à la suite de la disparition de Jean Deville, président de la section.

    Ont donc été élus :

  •  président d’honneur : Henri Lefèvre ;
  •  président : Bernard Uhl ;
  •  secrétaire-trésorier : Roger Beaufort ;
  •  vice-président : Georges Quenardel (FFI) ;
  •  vice-président : Pierre Berthon (Indochine et TOE) ;
  •  vice-président : Denis Boudeville (jeune retraité de carrière).


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    Union100922a - Marne
    ALGERIE : Faites un petit tour au ciné

    Un drame de Rachid Bouchareb avec Jamel Debbouze, Roschdy Zem, Sami Bouajila et Bernard Blancan.
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  • Envie de sortir ? Comme chaque semaine, vous avez rendez-vous avec les critiques de Fabrice Littamé, qui passe au crible trois films marquants de la semaine.

    Hors-la-loi / Dans la règle de l’art (deux étoiles)

    Dans « Hors-la-loi », Rachid Bouchareb a réuni ses interprètes de « Indigènes », Jamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila, qui s’étaient partagé à cette occasion le prix d’interprétation masculine au festival de Cannes en 2006. Dans son nouveau long métrage, ils interprètent trois frères au cœur de l’indépendance algérienne.

    Le réalisateur situe d’abord l’histoire en 1925 en montrant comment des Algériens ont été expropriés par les colons français de leur terre ancestrale. Il égrène ensuite son récit en différentes dates importantes de 1945, année d’émeutes en Algérie réprimées dans le sang jusqu’à la libération du pays en 1962.

    Son propos dénonce évidemment la politique colonialiste de la France. Mais il ne s’en tient pas là en réalisant à la fois un polar dans la lignée de Jean-Pierre Melville qu’il admire, ou encore une chronique familiale dans l’esprit de « Rocco et ses frères » de Luchino Visconti par exemple. Leurs cousins algériens sont confrontés à une autre problématique : leur conquête de la liberté. Mais le cinéaste ne s’est pas cantonné à une vision manichéenne du problème : il a habilement évoqué trois attitudes possibles entre l’intellectuel pur et dur qui se sacrifierait comme son entourage au nom de ses idées et au service de la communauté ; l’homme de main à qui les basses besognes comme les meurtres sont confiées ; et le truand égoïste, obnubilé par son plaisir personnel et l’appât du gain.

    Le premier est interprété par Sami Bouajila qui apporte la rigueur voulue à ce personnage impitoyable, le second par Roschdy Zem qui traduit en revanche les fêlures intérieures d’un être émouvant, hanté par la mort, le dernier par Jamel Debbouze, dans un rôle un peu fantaisiste de petit parrain de la pègre parisienne. Ces acteurs rendent formidablement humaine cette fresque de « Hors-la-loi », réalisée dans la règle de l’art avec du suspense, de l’action et un vrai talent de mise en scène.

    Durée : 2 h 18. À Châlons-en-Champagne, Charleville-Mézières, Château-Thierry, Chauny, Épernay, Hirson, Laon, Reims multiplexe, Reims-Opéra, Saint-Quentin et Soissons.


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    Union100921a - Marne
    SAINTE-MENEHOULD – LA CHALADE : Ouverture exceptionnelle du Ravin du génie : Visite au cœur d’un chantier en cours

    La remise en état du site du Ravin du génie progresse. Au point que les lieux ont pu être ouverts, à titre exceptionnel, lors de ce week-end dédié au patrimoine.

    Avant d’accueillir les visiteurs, les cadres de l’association qui œuvrent à la réhabilitation du Ravin, se sont retrouvés pour une matinée de formation. Une mission conduite par le président Jean Laigle assisté du général Bernède qui a soutenu les efforts de Colette Martin Blanchet sans laquelle le Ravin du génie serait resté aux oubliettes de l’Histoire.

    Des trouvailles

    La route d’accès actuel, dite route de Haute Chevauchée, donnait accès à la ligne de front. Le lieu anciennement cadastré « Ravin des sept fontaines », se situe à environ 1,2 km des lignes ennemies et occupe le flanc droit du ruisseau de fonds de vallée, pour se placer au mieux possible à l’abri des tirs de l’artillerie allemande.

    Après avoir mis au jour des enveloppes de cheminées, des abris, des cuisines, les trouvailles continuent avec la poursuite des travaux : des cartouches non percutées, des flacons divers, des boucles de ceinturon. Toutes ces traces signent la présence sur place du Premier Régiment de Génie.

    En progressant en fond de ravin, le circuit conduit à un dortoir ainsi qu’au poste de commandement. En remontant au-dessus de ces installations, on accède aux poudrières, dont la remise en état a nécessité de nombreuses heures de travail. En fin de remontée, les abris pour canons de 75, sont désormais refaits et en état, emplacements où une section d’artillerie soutenait par ses feux les régiments de première ligne.

    Depuis l’ouverture des chantiers, un nombre respectable d’unités militaires s’est succédé tous les étés.

    Venus parfois de garnisons éloignées, cadres et soldats, tous volontaires, ont offert leur concours pour ressusciter le patrimoine.

    Ils n’étaient certes pas les seuls puisque de nombreux jeunes, Français et étrangers, scolaires ou non, ont également mis la main à la pelle.


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    Union100920b - Marne
    VALMY : Un centre d’interprétation historique au moulin de Valmy

    VALMY (Marne). Les premières pierres du futur centre d’interprétation historique du moulin de Valmy ont été posées hier. Dans un an et demi, il sensibilisera le public à la naissance de la République.

    LA foule s’échelonne dans la rue montante qui sort de Valmy, un village de la Marne dans lequel a eu lieu l’une des plus notoires batailles de la Révolution française qui a opposé la Prusse et la France le 20 septembre 1792.

    L’affrontement qui tourna court avec peu de morts dans les deux camps marqua l’arrêt de l’invasion des troupes austro-prussiennes et conforta surtout les révolutionnaires français dans leur marche vers la libération du joug de la monarchie.

    Dans un an et demi, un centre d’interprétation historique viendra étayer le monument solitaire sur la colline. Le projet architectural a judicieusement imaginé une installation souterraine de ce musée pour préserver intact le paysage.

    Le nouveau site touristique qui devrait doper le nombre de visiteurs annuels estimés aujourd’hui à six mille personnes s’articulera autour d’une évocation des événements de l’époque, d’une reconstitution du combat sous la forme d’une maquette interactive, en relief et translucide, et de l’exposition de nombreux documents sur une surface de près de huit cents mètres carrés.

    « La mémoire éclaire l’avenir »

    Le coût de 1,8 million d’euros sera supporté pour un quart par le conseil général de la Marne et, pour le reste, par l’État, le conseil régional de Champagne-Ardenne, la communauté européenne et la réserve parlementaire.

    À la veille du deux cent dix-huitième anniversaire de cet épisode célèbre, de nombreuses personnalités politiques du département et même Jesùs Arnaldo Pérez, ambassadeur du Vénézuela, ont posé officiellement hier la première pierre de l’édifice.

    La cérémonie a été lancée par quelque vingt-cinq musiciens d’Argonne-Notes, une harmonie locale qui a interprété une marche militaire suivie de la Marseillaise comme il se doit.

    Quelque quinze figurants costumés ont ensuite évoqué cette page de l’histoire de notre pays. Ils appartiennent à l’association Carmagnole-Liberté qui, basée à Marle dans l’Aisne, regroupe des adhérents dans tout le département axonais.

    Créé cette année, spécialisé dans la reconstitution de cette période, ce groupe de bénévoles est déjà intervenu en Italie. Les costumes sont réalisés d’après des modèles originaux.

    Les officiels se sont ensuite succédé pour les discours. Bruno Bourg-Broc, le maire châlonnais, président de l’association pour la promotion du Moulin de Valmy a rappelé que « la mémoire éclaire l’avenir ». Il a laissé la parole pour finir à Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au logement, malhabile quand il a scellé l’une des briques comme beaucoup des élus présents, plus expert quand il a rappelé l’importance de la future construction qui dépassera le cadre champenois et concernera toute la nation.

    Le socle de la République a en effet été bâti sur cette terre de l’Argonne marnaise.

    En 2012, un lieu public entretiendra cette mémoire.

    Fabrice LITTAMÉ


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    Trois Marnais honorés

    A l’occasion de la pose de la première pierre, trois Marnais ont été honorés pour leur action dans la vie locale au service des autres en s’engageant au sein d’associations. Ils ont reçu la médaille de l’Assemblée nationale.

    Il s’agit de Pierre Johner de Sarry, cofondateur de l’ACCIR et administrateur pendant trente-cinq ans dont vingt-cinq de trésorerie, vice-président du Secours catholique de Châlons-en-Champagne de 1992 à 1996, vice-président de Tissons la Solidarité qui fédère soixante associations d’insertion, Paulette Brouart de Sainte-Ménehould, bénévole du Don du sang depuis quarante ans, présidente depuis dix ans, visiteuse en milieu hospitalier durant une décennie et de Jacques Masson de Châlons-en-Champagne, retraité après quarante-cinq ans de travail dans la restauration puis comme chef de chantier et bricoleur bénévole au foyer logement Clamart.


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    Union100920a - Marne
    REIMS : Plusieurs croix gammées aux abords du collège Legros

    Tristes dessins …
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  • Stupeur, vendredi, en fin de journée, aux abords du collège François-Legros, où des riverains n’ont pas manqué d’être les témoins d’une scène on ne peut plus choquante. Alors qu’ils venaient de quitter les cours, deux collégiens scolarisés dans l’établissement, n’ont pas trouvé mieux, en effet, que de dessiner plusieurs croix gammées sur le chemin du retour.

    Plusieurs symboles nazis souilleront ainsi la voie publique sur leur passage. Sur le compteur électrique du collège, sur le poteau d’un panneau publicitaire, face au 37 de la rue d’Epernay, sur un pilier situé à l’entrée du gymnase de l’établissement, avenue du président Kennedy, sans oublier quelques insultes au système inscrites au marqueur le long d’un grillage.

    Dénoncés par des riverains, les deux comparses, âgés de 14 ans, ont rapidement été interpellés par les policiers. Conduits à l’hôtel de police pour y être entendus, ils ont fini par reconnaître les faits en expliquant que leur geste ne comportait aucune connotation antisémite.

    Ils ont ensuite été remis à leurs parents, lesquels seront reconvoqués ultérieurement pour connaître les suites qui seront données par le parquet des mineurs. Les deux collégiens auraient probablement dû ouvrir leur livre d’histoire plus souvent…

    F.B.


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    Union100919c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Anne-Elzéar Duval, comte de Dampierre, mort par fidélité à Louis XVI : « C’est un fou que l’on tue »

    Une pierre portant le nom de la victime est en place sur le bas-côté de la Nationale en bas de la descente de La Grèverie.
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  • Il est né le 3 juin 1786 et baptisé par le curé Fanart le 10 juin de la même année, sous le nom d’Anne-Elzéar Duval de Dampierre. Dans la famille des Dampierre, on est soldat de père en fils. Leur blason est décrit comme « de gueules à la tête de licorne d’argent ».

    Les Dampierre entretenaient un château médiéval qui, à l’époque, était considéré comme une redoutable forteresse appuyant les obstacles naturels de l’Argonne et de l’Aisne, « verrouillant la vieille Francie occidentale aux entreprises des Lorrains ou des Impériaux ». Elle fut détruite sous Henri IV, mais reconstruite par la suite en une demeure moins imposante et réservée à l’habitation.

    Le comte Anne-Elzéar sera militaire et se retire à Hans avec sa pension d’ancien colonel du régiment de Quercy-cavalerie. Il y règne sur 400 hectares de terres dont 300 sur le territoire de Hans. Il a épousé Aglaë de Ségur-Cabanac, fille d’une famille que les historiens qualifient d’une des plus prestigieuse du royaume. Sa maison compte une dizaine de personnes. Sa personnalité est forte, son caractère altier, ce qui lui vaut de ne pas être toujours en bons termes avec les habitants de la communauté de Hans.

    L’ambiance locale est agitée, entretenue par le curé Fanart, qui a prêté le serment constitutionnel sans scrupule de conscience et qui « attend quelque chose de la Révolution ».

    Un litige sérieux a eu lieu avec la population au sujet d’un bois au Mont Yvron, réserve de gibier que les paysans se sont empressés de détruire dès 1789 et qui ont été condamnés par la maîtrise des eaux et forêts de Sainte-Ménehould. Le Comte circule à cheval avec fusil et pistolets chargés. La persistance injustifiée d’une frontière fiscale, de la gabelle et des traites foraines, l’impôt sur la circulation des marchandises, ont aigri les esprits.

    Les esprits s’échauffent

    Un roi roulant vers l’Est, allant chercher le secours de l’étranger pour rétablir l’Ancien régime, déclenche une hostilité supplémentaire.

    En plus, des rumeurs folles sur l’arrivée de brigands étrangers rappellent les drames antérieurs déjà vécus. Pou finir, dans la chaleur de juin, Georges Clause souligne que « si le pain a parfois manqué en Argonne, le vin n’y a jamais manqué. »

    En reprenant le récit d’une précision et d’une objectivité que tous les historiens reconnaissent à Charles Aimond, on note que la berline royale et ses occupants dans cette après midi du 22 juin est repassée à Sainte Menehould. Après que les occupants se soient rafraîchis, le cortège a repris sa marche sur les routes poudreuses de la Champagne.

    A la sortie de la ville, la voie douloureuse suivie par la famille royale « sera marquée par une tache de sang ». Déjà dans la ville, le comte de Dampierre a indisposé les patriotes de l’escorte en présentant ostensiblement ses armes à la berline royale et en s’entretenant avec Louis XVI. Il a suivi le cortège à cheval. A un quart de lieue de la ville, au lieu dit La Grèverie, il cessera d’un seul coup de suivre les voitures, tirera un coup de fusil en signe d’adieu en criant « Vive le roi » et mettra son cheval au galop sur la levée d’un étang voisin.

    Dépecé par la foule

    Les gardes nationaux font feu sur le fugitif sans le toucher. Mais son cheval glisse et s’abat, ce qui permet à ses poursuivants de l’atteindre.

    Il tente de se remettre en selle quand une nouvelle décharge l’abat.

    Charles Aimond évoque alors « une ignoble ruée », le malheureux sera criblé de balles et percé de coups de baïonnettes.

    Moustier, le courrier précurseur de la fuite, alourdit encore l’atroce du drame, parle de l’achèvement de la victime, de son dépeçage, de la parade avec les lambeaux de la victime.

    Il rejoint Charles Aimond qui écrit que Louis XVI a entendu les coups de feu, s’est inquiété de leur origine et a reçu comme réponse : « Rien, c’est un fou qu’on tue. » Alexandre Dumas, dans son récit, détaille l’insistance du comte, saluant le roi une première fois, à cheval, comme une sentinelle au coin de la rue de l’Abreuvoir, arrivant à se placer une seconde fois au faubourg Florion, et enfin côtoyant avec une insistance provocante les voitures royales à droite de la route.

    Ce meurtre sanglant fit forte impression sur les nobles champenois.

    Il contribua vraisemblablement à ce que certains précipitent leur départ pour l’étranger.


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    Union100919b - Marne
    LIVRE : Les carnets d’un capitaine

    Pendant deux ans, un officier de la maréchaussée a tenu le journal de son périple et de ses actions sur le front.
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  • Le rôle des gendarmes pendant la Première Guerre mondiale est la plupart du temps ignoré parce qu’ils ne sont pas en première ligne et disposent de pouvoirs coercitifs loin de leur attirer les sympathies.

    Trop longtemps leur concours au maintien de l’ordre, leur rôle pour appréhender les déserteurs et les pillards a été négligé. L’intérêt de la publication de ce journal inédit déchiffré par Émilie Giaime et commenté par Arlette Farge, directrice de recherche au CNRS-EDHESS est de briser le silence et de donner à la lecture un récit dont elle prend le soin d’analyser les apports pour en faciliter l’appropriation par son lecteur.

    Pour les gens d’ici, c’est une occasion inespérée de découvrir les missions remplies par la Prévôté, tant pendant la bataille de la Marne en septembre 1914 qu’en Artois en 1915 puis à nouveau dans la Marne à l’été 1916. Il ne manque aucun des détails sur les comportements inouïs des uns et des autres. Les missions dévolues aux gendarmes sont essentielles. Ils doivent détecter et interpeller les espions, déférer les suspects, identifier les insoumis, stopper les déserteurs. Mais les prévôts sont aussi des policiers du quotidien, responsable du maintien de l’ordre, du transfert des prisonniers, de la circulation des convois montant au front ou rapatriant des blessés vers les hôpitaux de campagne. Ils surveillent les déplacements imposés aux populations, préviennent les pillages et arrêtent s’il le faut les voleurs, écartent les femmes de mauvaise vie du chemin des soldats, recueillent du renseignement.

    C’est peut-être parce qu’ils ont été les mal-aimés et accusés d’être des planqués, que leur histoire a été rabotée. Pourtant on estime généralement qu’ils ont arrêté 67 000 déserteurs et 16 000 insoumis pendant les quatre ans de conflit. Il faut lire les carnets du capitaine Allard pour comprendre leur quotidien et les procédures qui leur incombent. En vivant au jour le jour le travail de la prévôté de la 18e DI, on découvre les arrières de la bataille de la Marne et les infractions rencontrées de Connantray à Gourgançon en passant par Salon et Chamfleury. On entre dans Mourmelon et on perçoit l’agitation militaire qui y règne, on découvre la précarité du quotidien dans plusieurs villages du sud-est marnais, les encombrements châlonnais. On apprécie au fil des pages l’humanité de Jules Allard, sa capacité à décrire les paysages, à poser les vraies questions y compris celles qui dérangent en s’affranchissant du militairement correct. Cet Angevin marié et père de deux enfants est un honnête homme lucide, un témoin précieux. On peine d’apprendre qu’il est mort peu après l’armistice, épuisé et victime de cette effroyable grippe espagnole. Vraiment cet ouvrage comble un vide et peut susciter de nouveaux travaux sur la place de la gendarmerie durant la Première Guerre mondiale. À lire absolument.

    HERVÉ CHABAUD

    « Journal d’un gendarme 1914-1916 », Capitaine Jules Allard, Bayard, 259 pages, 19,50 euros.


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    Union100919a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    L’opération « Menace » plane sur Dakar

    Se préparer au combat : les canonniers en plein exercice.
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  • Un croiseur et un destroyer britannique : conserver avec les Français la maîtrise de la mer.
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  • OFFENSIVE. De Gaulle se démène pour convaincre le gouvernement de Londres frileux qu’il faut déclencher la grande opération sénégalaise.

    Alors que le 16 septembre 1940, le Premier ministre britannique Winston Churchill considère qu’il faut renoncer pour l’instant à l’opération « Menace », c’est-à-dire au plan d’occupation de Dakar, le général de Gaulle lui adresse un télégramme pour le faire revenir sur sa décision. C’est depuis le Westernland que le chef de la France libre s’adresse à Londres alors qu’il est sur le point d’arriver à Freetown en Sierra Leone. « Je désire insister personnellement et formellement auprès de vous pour que le plan visant à la reconstitution de l’Afrique française par Dakar soit maintenu et exécuté ». Le général craint qu’une annulation redonne confiance à Vichy qui mobilise ses moyens maritimes pour barrer la route à la coalition alliée. Et d’ajouter : « C’est également d’une importance vitale du point de vue du moral de la population française en Afrique. C’est même d’une importance plus grande encore du point de vue de la conduite générale de la guerre, qui exige à mon avis, que les alliés s’assurent le contrôle, avant l’ennemi, des bases aériennes, navales et militaires de l’Afrique française, spécialement en Afrique du Nord ».

    De Gaulle qui n’est pas certain de provoquer un revirement du cabinet anglais avance une solution de substitution qui témoigne de sa volonté d’agir même de manière autonome : « Au cas où le gouvernement britannique maintiendrait sa décision nouvelle et négative concernant l’action directe sur Dakar par mer, je demande la coopération immédiate des forces britanniques aériennes et navales ici présentes, pour soutenir et couvrir une opération que je conduirai personnellement avec mes propres troupes contre Dakar, de l’intérieur, en partant de Kaolack via Thiès ». Cette détermination qui est une posture politique n’empêche pas le chef des Français libres d’être prudent et de veiller à ce qu’il n’y ait pas de désorganisation générale de ses moyens opérationnels. C’est la raison d’une note qu’il adresse à Claude Hettier de Boislambert depuis Freetown, le 19 septembre.

    « Il est possible que l’action prévue doive être retardée en raison de mouvements des navires de Vichy. Vous pouvez donc soit vous rendre à Dakar, si la situation vous permet d’y séjourner, d’y travailler et d’y rester en liaison avec moi par Freetown, soit attendre à Bathurst que la situation soit éclaircie ». Hettier a reçu comme mission secrète prioritaire de favoriser de l’intérieur le ralliement du Sénégal.

    Le général est tout aussi péremptoire lorsqu’il s’agit d’éloigner les forces vichystes qui tentent de s’interposer sur la route de Dakar. Il confie au capitaine de frégate Thierry d’Argenlieu embarqué sur le destroyer britannique « Ingerfield » de communiquer au vice-amiral Bourraguet en route de Dakar à Libreville avec les croiseurs « Gloire » et « Primauguet », croiseurs qui ont été interceptés par l’escadre anglaise de l’amiral Cuningham, une double option. D’emblée il le prévient sur sa détermination : « Je ne saurais permettre que des Français, agissant sous l’influence de soi-disant autorités tombées dans la dépendance de l’ennemi, tentent de gêner en quoi que ce soit ceux qui ont choisi d’observer le devoir de défense nationale ». Cette façon claire de mettre mal à l’aise son interlocuteur est une introduction sévère pour le forcer à se déterminer soit en choisissant la voie de l’honneur ou celle de l’obéissance servile à un vieux maréchal dépassé par les événements. S’il ignore quelles sont les intentions du vice-amiral qui n’a pas a priori la fibre résistante d’un Muselier, il l’invite soit à se rallier aux Forces françaises libres sous ses ordres ou bien de rejoindre le port de Casablanca. Le général le met en garde : « D’accord avec les alliés, je suis, comme eux, décidé à empêcher par tous les moyens que vous ne poursuiviez pas votre route vers quelque port que ce soit de l’Afrique occidentale française ou de l’Afrique équatoriale ».

    Dans la foulée, de Gaulle rédige cet autre message destiné à l’amiral Cunningham et qui témoigne de l’importance attribuée à la mission menée par Claude Hettier de Boislambert : « Ce qui s’est passé pour les croiseurs de Vichy donne à penser que nous pouvons trouver à Dakar un état moral favorable. Mais Boislambert a besoin de trois jours. Je demande donc que l’opération soit exécutée le lundi 23 septembre ». C’est sur la base d’un accord anglais sur ce calendrier que depuis Freetown, le général adresse un nouveau télégramme à Boislambert : « Nous partirons d’ici demain matin. Le contact des croiseurs de Vichy avec les navires anglais s’est très bien passé. Pas un coup de canon. Les navires de Vichy ont repris la route du nord comme il leur était demandé. Deux sont restés à Dakar. Deux, le « Primauguet » et la « Gloire » se rendent paisiblement à Casablanca, escortés par les Anglais ».

    De Gaulle considère que le moment est venu de s’adresser aux officiers, sous-officiers, officiers mariniers et soldats, aviateurs de la France libre. Il sait que l’attente est grande parmi ceux qui lui ont juré fidélité dans l’action. Il le fait depuis le pont du Westernland le 20 septembre 1940 : « Nous partons demain comme vous le savez. Je veux vous dire quelques mots avant le départ. Si je ne prends pas plus souvent contact avec vous, c’est que les devoirs de ma tâche m’en empêchent et je le regrette ». En vérité, le général tient à insister sur trois points. D’abord personne ne doit douter de la légitimité de l’action en préparation : « Nous sommes la France. Nous savons tous comment notre patrie a souffert péril par manque de cette discipline. C’est pourquoi, nous serons tous disciplinés ». Ensuite, il tient à resserrer les liens qui unissent les combattants de la liberté : « J’ai confiance en vous et je vous aime bien ». Enfin, il leur confirme qu’ils incarnent tous la vraie espérance : « Actuellement, nous sommes seuls à représenter la France. Ce qu’elle a comme armes, ce sont nos armes. Ses succès seront ceux de nos armes ». Avant de prévenir en guise de conclusion : « La France de demain, sera en grande partie ce que nous la ferons. Son sort est entre nos mains. Aussi, ceux qui se mettraient en travers de notre route, quels qu’ils pourraient être, se mettraient en travers de la route de la France ». Cette manière de s’exprimer conforte le discrédit définitif porté par le général sur les prétentions du gouvernement de Vichy et sur les aptitudes du maréchal à parler au nom de la France. Il s’agit d’un virage important. La fracture avec les dirigeants soumis de la métropole est définitive.

    Le général est sans doute trop optimiste mais il est à l’offensive. C’est aussi le sens de son adresse le même jour au commandant Allegret auquel il confie la responsabilité de le représenter en Guinée française, d’en diriger l’information et d’assurer la liaison entre la France Libre et la Grande-Bretagne. Il lui confie : « Lundi prochain, nous exécuterons quelque chose de très important. J’espère que ce sera bien fait et il y aura des conséquences. L’une d’elle sera la répercussion en Guinée. C’est à vous que je confie la tâche de prendre en main en mon nom la colonie. Je crois que l’ébranlement produit par la grande affaire en cours vous facilitera les choses ».

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD


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    L’atout Catroux

    Le général Catroux : un caractère bien trempé.
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  • Comment interpeller les anciens de la Grande Guerre qui témoignent leur confiance en Pétain et approuvent ses choix ? En démontrant que tous ceux qui ont fait honneur au drapeau en 1914-1918 ne sont pas des inconditionnels du maréchal. A ce titre, l’arrivée du général Georges Catroux au quartier général des Forces françaises libres est une opportunité offerte pour semer le doute en métropole. Dès le départ de Paul Reynaud, Catroux a manifesté ses plus vives réserves puis son opposition aux choix diplomatiques et stratégiques affichés par la nouvelle équipe ce qui lui a valu d’être renvoyé d’Extrême-Orient non sans y avoir résisté. Désormais ce général d’armée qui s’accorde avec un général de brigade son subalterne est sublimé par les commentateurs. « La France libre reçoit l’héritage spirituel de Lyautey. Il nous en apporte l’enseignement et la flamme » affirme sur les ondes de la BBC, Jacques Duchesne le 17 septembre 1940. On compare d’ailleurs le parcours des deux officiers pendant la Première Guerre mondiale pour mieux discerner leurs points communs : « Après avoir, pendant trois ans, conduit au combat une compagnie, puis un bataillon de tirailleurs algériens, Catroux comme de Gaulle fut blessé et fait prisonnier sur le champ de bataille en 1916. Il endura les pires représailles. Comme de Gaulle, il fut libéré par la Victoire ». On rappelle que c’est grâce à lui que Roland Garros tragiquement disparu au-dessus de Saint-Morel dans les Ardennes a pu s’évader de la forteresse de Magdebourg. On vante sa grande connaissance de l’Afrique et sa proximité avec les peuples. On insiste sur son esprit de tolérance, son respect de la foi et des coutumes mais aussi sur ses qualités faites d’exigence et de bienveillance. Il est, par son expérience et ses qualités, un précieux collaborateur et un homme d’une grande sagesse auprès du chef des Français libres.

    « A la carrière superbe du général Catroux, il manque un couronnement. Elle vient de le recevoir. Gouverneur général de l’Indochine, il n’a pas hésité à 60 ans, à sacrifier ses honneurs à son honneur. Plutôt que de se faire le complice du dépècement de cet Empire auquel il a voué sa vie, plutôt que de livrer les soixante millions d’êtres humains auxquels la France a juré protection, plutôt que de trahir le message de Lyautey, il a rallié le général de Gaulle et repris l’épée du combattant ». Le ralliement de Catroux est rassurant pour une Afrique qui rompt, pays après pays, avec Vichy.

    Bien sûr reste un lourd point d’interrogation sur Dakar. Catroux ajoute une couche d’espérance à ceux qui ont dit non : « A la cause de la France libre, il apporte à la fois son courage, son prestige, et sa chance. Ils seront dignes d’un tel chef les soldats qui, sur les champs de bataille de l’Egypte, rempart devant la Syrie, partent au combat après avoir écrit ces deux mots sur leurs étendards : France toujours ». L’arrivée du général d’armée auprès du général de Gaulle encourage à cimenter le principe d’une alliance forte entre Londres et la croix de Lorraine. La BBC invite les Français à être insoumis parce qu’il existe une solution pour faire échouer le Reich : « Rendez-vous bien compte que cette guerre-ci, si elle démontre que l’Angleterre peut se défendre toute seule, ne diminue en rien la nécessité pour le Royaume-Uni d’avoir à côté de lui une France indépendante et forte avec un Empire colonial qui complète l’Empire colonial anglais ». Bref, le ton est donné : il faut libérer l’Europe du tyran germanique. Dès lors, faire l’éloge de ceux qui agissent en ce sens, procède d’une juste valorisation de l’esprit de liberté.


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    La liberté souffle sur les océans

    Une affiche qui marque la volonté gaulliste.
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  • Une autre affiche au message très patriotique.
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  • Gérer les nouveaux ralliements et en suggérer d’autres, après l’Océanie de Gaulle regarde vers la Guyane et les Antilles et formule des propositions.

    Le ralliement unanime des Etablissements français d’Océanie (EFO) décide le chef de la France libre à adresser un message d’encouragement au gouvernement provisoire de Tahiti. Il s’agit de manifester un soutien inconditionnel à ceux qui ont osé : « Je vous garantis mon assistance immédiate pour la protection de vos intérêts économiques auprès des gouvernements alliés et particulièrement le gouvernement britannique ». Cette sollicitation a déjà été portée à la connaissance de Winston Churchill le 27 août. En effet l’Océanie, pour être certaine de vivre après une rupture brutale avec la métropole, a besoin du soutien logistique de la Grande Bretagne. C’est la raison pour laquelle le général de Gaulle recommande que les besoins économiques les plus urgents soient recensés et que des contacts soient pris avec le Commonwealth australien et les possessions britanniques avoisinantes. Il demande également un certain nombre d’informations sur les initiatives prises dans la foulée du ralliement et sur les moyens opérationnels de défense et de sécurité qui peuvent être employés pour s’affranchir de toute réaction hostile : « Envoyez- moi des détails utiles sur l’étendue de votre effort militaire maximum sans compromettre les intérêts essentiels des EFO. Maintenez sous surveillance et sur territoire français l’ex-gouverneur, le chef des forces navales et éventuellement tous autres personnages avec interdiction absolue de communiquer hors des EFO, jusqu’à réception de mes ordres de transfert ». Bref, le chef des Français libres ne veut surtout pas que des informations soient adressées à Vichy sur ce qui s’est passé ni sur les personnalités locales qui ont été placées en résidence surveillée eu égard à leurs sympathies pétainistes affichées. Pour que le rassemblement autour de la croix de Lorraine fasse tache d’huile et concourt à la renaissance de la France et de ses valeurs authentiques, il ne faut laisser aucune fenêtre de tir aux Vichyssois. C’est la raison de la distribution de tels ordres.

    Dans la même logique, le général de Gaulle s’adresse à l’intendant militaire de Papeete, Edmond Mansard. Son propos est clair : « Je vous nomme gouverneur de Tahiti. Je compte que vous maintiendrez haut le drapeau de la France libre ». Pour lui faciliter la tâche, il lui recommande de se rapprocher du haut-commissaire pour le Pacifique, Henri Sautot. Il le prévient par ailleurs de cette nomination officialisée en raison de l’urgence de disposer d’une autorité locale. Sautot est alors très occupé à préparer le basculement de la Nouvelle-Calédonie dans le giron gaulliste. Le général lui a signifié dès le 11 septembre 1940 son entière confiance pour l’accomplissement de cette mission sensible : « J’approuve votre plan et confirme que vous devez au plus tôt déclencher le ralliement ». Il sera effectif le 24 septembre. Le moment est d’autant plus propice que le 9 septembre 1940, les Etablissements français de l’Inde se sont ralliés à la France libre. Une si bonne nouvelle mérite bien un courrier de félicitations. Ce dont s’acquitte de Gaulle avec enthousiasme auprès du gouverneur Bonvin à Pondichéry : « Je vous félicite pour votre courageuse action et vous confirme dans vos fonctions de gouverneur des Etablissements de l’Inde au nom de la France libre. J’attends votre rapport sur les conditions économiques des Etablissements. Dites aux Français des cinq villes nôtres que j’apprécie à sa valeur leur ralliement. Tous ensemble et avec les Alliés nous marchons pour la victoire commune ».

    Tous ces ralliements exigent de prendre d’autres dispositions. Comme le général est en mer et vogue vers Dakar, il s’appuie comme convenu sur le vice-amiral Emile Muselier qui se tient à Londres et sur le commandant Fontaine, pseudo d’Antoine, le directeur des services civils de la France libre.

    Avec l’entrée de l’Océanie auprès du général, de Gaulle demande une réflexion approfondie sur la nécessaire main mise qui doit s’opérer sur les colonies françaises d’Amérique : « Il faudrait organiser d’abord à Saint-Pierre-et-Miquelon et en Guyane un changement spontané d’administration comme il a été fait à Tahiti ». Le chef des Français libres estime que Chandon qu’il nomme chef de bataillon est l’homme qui convient pour opérer à Cayenne. Mais il tient d’abord à ce que la Guyane change de camp avant d’y dépêcher le haut-commissaire pour les colonies françaises d’Amérique. Son débarquement ne pourra s’opérer que depuis un bateau des forces navales amies et avec l’appui de troupes légères. Cayenne doit servir de tremplin pour se projeter ensuite vers la Martinique et la Guadeloupe. Le colonel Petit qui est attendu à Londres en provenance du Paraguay a le profil pour occuper cette fonction de haut-commissaire. Pour lui donner l’autorité suffisante, de Gaulle veut lui accorder sans tarder les deux étoiles de général de brigade.

    S’il approuve toutes les initiatives qui ont été prises dans le Pacifique, il tient à ce que Muselier installe au plus vite Sautot à Nouméa. Il réclame aussi au vice-amiral son avis sur deux généraux en rupture avec Vichy, Eon et Legentilhomme. Il conclut avec force d’optimisme : « Tout va bien. En avant, carrément et en bon ordre ! ».

    C’est dans cette logique d’ensemble que le 24 septembre part de Londres un télégramme destiné au capitaine Broche à Papeete. Il lui est demandé de rejoindre sans tarder Nouméa par avion : « Vous désigne comme commandant supérieur des troupes sous les ordres du haut-commissaire, M. Sautot. Transmettez-moi d’urgence état des propositions d’avancement dès que vous aurez rejoint ». Dans la foulée le 29 septembre c’est le gouverneur Henri Sautot qui reçoit un nouveau télégramme fait de félicitations et de recommandations : « J’attache une importance particulière au fait que grâce à votre habileté et au traitement rapide de la situation, l’opération a été effectuée sans effusion de sang. Veuillez transmettre mes félicitations aux partisans du mouvement France libre pour leur courage. Ces quatre jours ressortiront dans l’histoire de la France libre et de la Nouvelle-Calédonie. A l’heure où la Calédonie célèbre le 87e anniversaire de son occupation par la France, j’adresse mon salut à sa population, son gouverneur, l’officier commandant en chef, les officiels, les ex-soldats et les troupes au nom de la France libre, qui a repris sa place dans le Pacifique grâce à l’adhésion définitive de la Nouvelle-Calédonie ». Et de confirmer cette information communiquée d’abord à l’intéressé pressé de se rendre sur place : « Je nomme le capitaine Broche, officier commandant de la Nouvelle- Calédonie ».

    Sautot a du travail d’autant qu’il doit contrecarrer certaines affirmations de la presse de Nouvelle- Zélande qui assimile l’Océanie française à un protectorat britannique. Au risque d’oublier la souveraineté française qui y est patente sur tous ses Etablissements du Pacifique. Le Premier ministre de Nouvelle-Zélande prend ses distances avec les journaux de son pays pour insister sur la juste coopération entre la France libre et la Grande-Bretagne.


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    Union100918c - Marne
    SAINT-MARTIN-D’ABLOIS : Anciens combattants : Nettoyage au cimetière

    Une belle action de rénovation.
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  • C’est par une journée estivale que les anciens combattants d’Afrique du Nord de Saint-Martin-d’Ablois et ses environs se sont donné rendez-vous au cimetière du village où reposent quatre-vingt-douze soldats tombés pendant la Première Guerre.

    Avec l’aide du maire Jackie Barrois et du président local Bernard Joffre, les anciens se sont donnés au nettoyage de cette petite centaine de croix avant de recevoir la touche finale en peinture.

    La prochaine session de peinture aura lieu le samedi 9 octobre à 9 heures au cimetière.


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    Union100918b - Marne
    REIMS : Le siège de la SPE a été vandalisé par une personne qui détenait les clefs.

    Le 20 juillet dernier, le siège de la SPE a été vandalisé.
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  • La salariée qui a découvert le carnage en arrivant le matin raconte : « Toutes les portes étaient fermées. Il n’y a pas eu d’effraction. Celui qui a fait ça avait les clefs. J’ai trouvé des croix gammées sur toutes les portes. Tous nos dossiers avaient été mis à terre et recouverts de produit pour nettoyer les toilettes. Rien n’a été volé, il y avait un ordinateur portable qui n’a pas été touché.

    C’était clairement une mise en scène pour nuire. On a retrouvé les clefs dans le trou des toilettes. Ce fut un grand choc. A quatre jours de faire les paies, à une semaine des vacances, on était effondré. »

    Comme si cet outrage ne suffisait pas, la rumeur a été lancée que c’était le directeur général lui-même, Philippe Abbadi, qui s’était amusé à vandaliser son siège. Rumeur qui a détruit le directeur quand elle est venue à ses oreilles (lire par ailleurs). Ce devait d’ailleurs être le but.

    Le président de la SPE a-t-il véhiculé cette rumeur, comme certains le prétendent ? « Jamais de la vie. J’ai entendu ces propos et je ne peux bien sûr pas vous dire qui les a prononcés, mais je n’y ai pas participé », répond Francis Noël. Ce n’est pas pour autant qu’il défend son directeur : « Je ne sais pas quel est le degré de simulacre en ce qui le concerne. C’est un malade psychique. Il doit être bien malheureux et rendre sa famille bien malheureuse ».

    C.F.


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    Union100918a - Marne
    REIMS : Histoire : Robert Laurent était Bernard de Lattre

    Le général Jean de Lattre de Tassigny.
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  • Jean et Bernard de Lattre de Tassigny sont enterrés l’un à côté de l’autre dans le petit cimetière vendéen de Mouilleron-en-Pareds.
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  • LORSQUE le 18 mars 1945, le général Jean de Lattre de Tassigny vient à Reims c’est un événement. Le commandant de la 1re armée française est l’hôte du collège Saint-Joseph pour une rencontre avec les élèves des grandes classes en compagnie de son épouse et de son fils unique Bernard. Et pour cause, l’établissement de la rue de Venise a accueilli pendant plusieurs mois son fils activement recherché par la gestapo. C’est à cette époque le père Leib qui reçoit dans son bureau ce grand jeune homme qui paraît timide et porte des vêtements trop petits pour lui.

    Dans l’établissement bien des élèves s’interrogent sur la famille du nouveau qui se nomme Robert Laurent. Questionné, il est d’une rare discrétion et trouve toujours la pirouette oratoire pour changer de sujet. Toutes les hypothèses sont alors murmurées. On dit qu’il s’agit d’un orphelin protégé, d’autres assurent qu’il vient d’Afrique du Nord et que sa filiation est incertaine. Bernard de Lattre de Tassigny entend mais il reste imperturbable et ne donne prise à aucun commentaire. Il mène une vie simple et se montre exemplaire avec le règlement. La chasse aux jeunes qui cherchent à tout prix à échapper au service du travail obligatoire n’arrange pas ses affaires.

    Plus jeune engagé de l’armée

    On juge alors qu’il n’est plus en sécurité aussi disparaît-il du jour au lendemain. En mai 1944, il parvient à passer en Espagne puis à s’engager sous les ordres de son père. Le 30 août, il débarque en France avec des éléments du 2e dragons. Ses camarades ignorent qu’il n’a que 16 ans et qu’il est alors le plus jeune engagé de l’armée. Dès les premiers engagements, il se montre d’un rare courage, discernant les opportunités, à la fois stratège et tacticien, comme si ces choses-là étaient innées chez lui.

    En septembre sa vaillance lui vaut une grave blessure lors des combats d’Autun. Celui qui, lieutenant, va mourir au champ d’honneur sur un piton d’Indochine est déjà un grand soldat comme son père. Peut-on imaginer l’émotion du général en parcourant les lieux où son fils a vécu ce temps d’isolement nécessaire à sa sécurité ? Il y avait selon les témoins à la fois de la gravité et de la fierté envers ce fils vibrant d’un patriotisme authentique. Aux élèves des pères jésuites qui semblent impressionnés par ce général d’armée au parcours remarquable, il dit droit dans les yeux : « Seuls seront de l’élite ceux qui auront une qualité et une seule : l’énergie, ce mélange de loyauté de caractère. Seuls auront le droit d’être fiers ceux qui sauront distinguer le blanc d’avec le noir et qui ne navigueront pas constamment dans la grisaille ». Ce déplacement rémois, lui vaut aussi l’honneur d’être reçu à l’École régionale des Beaux-Arts où on lui remet un don de 25 000 francs correspondant à la moitié du bénéfice produit par un concert de bienfaisance donné par les élèves de l’établissement le 10 février 1945. L’autre moitié de la somme est destinée aux sinistrés d’Alsace. Des délégations de toutes les écoles publiques assistent à cette cérémonie de solidarité sociale envers les combattants de la 1re armée.

    Hervé CHABAUD


    …………

    Fidèle à Rhin et Danube

    Le général Jean de Lattre de Tassigny revient à Reims, le 8 février 1949 pour parler, à la salle des Cordeliers d’une grande figure de la Première Guerre mondiale, le maréchal Ferdinand Foch, qui au moment de la bataille de la Marne en septembre 1914 avait installé son PC à Pleurs. Il réalise alors une tournée des grandes villes de l’Est de la France alors qu’il est commandant en chef des armées terrestres de l’Europe occidentale. Venu avec son épouse, il est reçu à la sous-préfecture mais tient aussi à rencontrer ses fidèles soldats de l’association Rhin et Danube avec lesquels il bavarde avec une grande franchise. S’adressant à eux, il leur déclare : « Vous avez raison de garder l’esprit de la Première armée française. Quand on a servi dans cette armée, la plus belle que la France ait eue, on a acquis une mentalité, une gloire, des droits qui sont des choses contre lesquelles on ne peut rien. Soyez les éléments de la santé française pour la grande paix du monde ». Lorsque vaincu par la maladie, le général de Lattre de Tassigny disparaît le 11 janvier 1952, quelques mois après son fils mort en service commandé, chacun est ému de voir les deux sépultures l’une à côté de l’autre dans le petit cimetière vendéen de Mouilleron-en-Pareds.

    Emouvante cérémonie

    À Reims, on médite l’adieu à la Nation prononcé sur l’esplanade des Invalides par René Pleven de celui qui vient d’être élevé à la dignité de maréchal de France : « Il a retrouvé Bernard et les chers compagnons de son cœur, les jeunes hommes des champs de bataille de l’île d’Elbe, de France, d’Allemagne et d’Indochine. Ils l’ont accueilli en alignements impeccables dans cet immense empire où l’âme découvre enfin son éblouissement et son repos ». Le 20 janvier 1952, une émouvante cérémonie a lieu à Reims à la mémoire du maréchal du France autour de Roger Gayet, président de Rhin et Danube, et de François Taittinger, président d’honneur. On y remarque aussi le lieutenant-colonel Tabouis, son ancien aide de camp et qui a assisté à l’inhumation de son chef en Vendée. Un détachement du 7e régiment de cuirassiers monte une garde d’honneur.

    À la cathédrale, une messe est dite à la mémoire de Jean de Lattre de Tassigny et à celle de son fils Bernard. L’abbé Heidsieck alors aumônier de la BA 112 évoque la grande figure du chef et apporte le tribut d’admiration et de reconnaissance des fidèles : « Il a tenu dans le pays comme au-delà des frontières et dans l’Union française une place qui le met en parallèle avec celui qui fut son maître : Lyautey. » Le 19 novembre 1961, la maréchale de Lattre inaugure à Reims une avenue portant le nom de l’inoubliable commandant de la 1re armée.


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    Tombé à Ninh Binh

    C’est sur le piton calcaire ouest de Ninh Binh que le lieutenant Bernard de Lattre de Tassigny est mortellement blessé par un obus de mortier dans la nuit du 29 au 30 mai 1951. Sa position est arrosée pendant deux heures de 150 coups de mortier mais c’est le premier qui lui est fatal. Sur les quatre-vingts hommes présents, aucun n’en sort indemne ! Son corps n’est récupéré que le lendemain lors de la contre-offensive menée par le commando Vandenberghe.

    Lorsque le général est prévenu du drame, il s’effondre à son bureau la tête entre les mains. Il vient de perdre son fils unique né le 11 février 1928. Il se souvient de ce garçon qu’il avait décoré de la Médaille militaire sous les plis de l’étendard du 2e dragons. Il revoit ce fils à qui il remettait en Indochine la croix de guerre des TOE avec une citation à l’ordre du corps d’armée. Il se remémore ses mots écrits à sa mère : « Dis à papa qu’on a besoin de lui ici, sans cela ça ira mal ». Il télégraphie peu après à sa femme : « Pardonne-moi de n’avoir pas su le protéger ». Bernard ne voulait aucune faveur et à plusieurs reprises, il l’avait signifié à son père, attestant une force de caractère et une volonté d’être sur le terrain avec ses hommes qui aimaient le jeune lieutenant, chef et humaniste à la fois. Le 4 juin aux Invalides, ce sont tous les morts en Indochine qui sont associés dans le deuil de la famille de Lattre de Tassigny.

    « Il aura fallu la mort du jeune héros, dans la nouvelle bataille du Tonkin, pour mettre la conscience française en face du drame indochinois » écrit Louis Gabriel-Robinet dans « Le Figaro ». Dans la Marne, la peine est immense pour cette famille dont la noblesse de l’engagement et le service de la France honorent le drapeau.


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    Union100916a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Remise de diplômes aux anciens combattants : La Nation qui dit merci

    Deux cents personnes concernées.
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    En citant les propos de l’ancien président de la République Jacques Chirac « la mémoire éclaire l’avenir », Bruno Bourg-Broc, le député-maire résumait tout l’intérêt de cette première : la remise d’un diplôme d’honneur à tous ceux qui, dans l’ombre ou bien sous l’uniforme, ont combattu lors de la Seconde Guerre mondiale.

    Par cette cérémonie, qui a eu lieu lundi après-midi à l’hôtel de ville, l’élu relayait ainsi une initiative nationale. Laquelle concerne à Châlons environ deux cents personnes.

     

     


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    Union100915d - Marne
    MAURUPT-LE-MONTHOIS : se souvient Bataille de la Marne : nouvel hommage

    Quelques instants d’hommage et de recueillement.
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  • La commémoration des combats de septembre 1914 a connu cette année une participation importante. Plus de 150 personnes dont un certain nombre d’enfants étaient rassemblées sur la place parmi lesquelles on reconnaissait député, conseiller général, conseillère régionale, élus de communes voisines, militaires en tenue…

    Devant le monument aux morts, une gerbe a été déposée après l’appel des morts de la commune. Les participants, précédés de la musique Champagne Parade, se sont rendus ensuite au monument commémoratif pour une nouvelle cérémonie.

    Deux enfants ont alors lu un historique de la bataille.

    Puis les officiels sont entrés au cimetière militaire pour fleurir l’ossuaire où reposent les restes de 444 soldats français inconnus.

    Avant ces manifestations, une brève cérémonie s’était déroulée au cimetière militaire de Pargny-sur-Saulx.


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    Union100915c - Marne
    COURDEMANGES : Cérémonies du souvenir : Un hommage aux soldats morts au Mont-Morêt

    Devant le monument du Mont-Morêt.
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  • Dimanche dernier, de nombreuses personnalités ainsi que les enfants du regroupement pédagogique scolaire de Courdemanges - Huiron étaient présents à la cérémonie commémorative sur la côte 153 à Courdemanges pour rendre les honneurs à ceux qui gagnèrent le Mont-Morêt le 12 septembre 1914 et notamment les soldats du 126e régiment d’infanterie et de sa réserve du 326e de Brive-la-Gaillarde.

    Chaque année depuis la fin de la Grande Guerre 14/18, début septembre, une cérémonie est organisée à la mémoire des soldats français appartenant aux régiments dont une partie est inhumée, autour de la Chapelle Notre-Dame de Lourdes, à la nécropole nationale de Vitry-le-François.

    Des gerbes de fleurs furent déposées au pied du monument, par le sous-préfet Raymond Floc’h et Jacky Desbrosse, maire de Huiron ; François Girardin, Gérald Gaillet, et un vétéran britannique.

    Les enfants des écoles, pour la troisième année, ont chanté « la Marseillaise


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    Union100915b - Marne
    COURDEMANGES : Les enfants déposent des flammes à la stèle

    Pendant le dépôt des flammes du Souvenir.
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  • Comme chaque année, une cérémonie a eu lieu ce dimanche à la stèle du lieu-dit Guémont, sur le territoire de la commune de Courdemanges pour rendre hommage à cinq soldats du 107e Régiment d’infanterie d’Angoulême, tués au cours de la Bataille de Courdemanges, du 8 au 12 septembre 1914.

    Parmi les participants et une vingtaine de porte-drapeaux, on notait notamment la présence du sous-préfet Raymond Floc’h, du sénateur Yves Détraigne, du député Charles de Courson, de la conseillère régionale Karine Métivier, des conseillers généraux Thierry Mouton et Jean-Pierre Bouquet, du président et des maires de la communauté de communes du Mont-Morêt, ainsi que les représentants de la gendarmerie, les conseillers municipaux, les anciens combattants, les sapeurs- pompiers et les habitants des communes de Blaise-sous-Arzillières, Châtelraould-Saint-Louvent, Courdemanges, Glannes et Huiron.

    Avant l’appel des morts, des gerbes furent déposées au pied du monument, par MM. Raymond Floc’h, Gérald Gaillet, président du comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François et François Girardin, président de l’union nationale des combattants de Huiron.

    Les enfants du regroupement scolaire de Courdemanges - Huiron ont également déposé une flamme du Souvenir à l’appel du nom de chaque soldat avant d’interpréter la Marseillaise, sous la direction de leur institutrice Sandra Landée.


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    Union100915a - Marne
    COUVROT : Pour la Saint-Michel : L’Amicale parachutiste en fête

    Au cimetière devant le monument aux morts.
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  • C’est par une belle journée ensoleillée que l’amicale parachutiste a fêté son saint patron, saint Michel. Cette cérémonie s’est déroulée à Couvrot, en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires, emmenées par la Fanfare de Pargny-sur-Saulx.

    La cérémonie s’est déroulée sur le terrain de foot, puis le défilé s’est dirigé vers le monument aux morts pour un dépôt de gerbe avant la messe et un vin d’honneur en présence de 180 personnes.

    Un repas pour 114 personnes a été servi à la salle des fêtes, toujours dans le plus pur esprit para.

    Le président René Beaujoin a annoncé sa décision de quitter son poste en 2012 et a fait appel aux volontaires de se manifester à l’assemblée générale 2011 afin qu’il puisse le former pendant un an.

    Un appel a aussi été lancé aux jeunes générations afin de prendre le relais.


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    Union100914c - Marne
    SUIPPES : Vent de panique sur les obus chimiques du camp de Suippes

    Les découvertes d’armes chimiques datant de la Première Guerre mondiale restent courantes dans nos régions. Les munitions sont dans un état de corrosion avancée et parfois très instables.
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  • SUIPPES (Marne). Les riverains s’inquiètent des conditions de stockage de ces armes de la Première Guerre mondiale. Un site de traitement serait livré dans quelques années à Mailly-le-Camp.

    « JE trouve inadmissible de vouloir dépenser un pognon fou alors qu’on peut détruire ces obus chimiques dans l’enceinte du camp ! ». La colère du maire de Suippes ne baisse pas en intensité. Il faut dire que depuis ce jour de Pâques 2001, lorsque le premier chargement (en provenance de Wimy) a traversé sa commune, le dossier n’a guère avancé.

    Depuis plus de neuf ans, tous les obus chimiques datant de la Première Guerre mondiale prennent la direction du camp. Ils arrivent des départements de la moitié Nord de la France, au fur et à mesure de leur découverte. Le stock atteindrait aujourd’hui des dimensions effrayantes. Il était déjà estimé à plus de 200 tonnes en 2008 et augmenterait de 20 tonnes par an… Le calcul est simple.

    « Nous ne savons plus rien »

    Ces vestiges encombrants sont d’origine allemande, anglaise ou française. Les armées s’en servaient pour gazer leurs adversaires. Rouillés, détériorés et parfois très instables, leur manipulation et surtout leur transport réclament beaucoup de précautions. De l’ypérite (le gaz moutarde) au phosgène en passant par le bromure de benzyle, une véritable galerie des horreurs a été constituée en quelques années. L’arsenal est conservé dans les cellules en béton autrefois dédiées aux missiles nucléaires Hadès. Adapté à grands frais (trois millions d’euros de rénovation), le site est implanté sur le lieu-dit Maison Prouées, dans l’enceinte du camp. Les alvéoles sont télésurveillées, hermétiques et maintenues à température constante. Mais la peur des riverains est très palpable. « Nous réclamons tous les ans des informations, nous vivons à proximité », explique Florence Carlier, à la tête de l’association L’Olivier. « Avant, les arrivages d’obus étaient sécurisés, aujourd’hui nous ne savons plus rien. » Ses courriers, envoyés à la préfecture, restent sans réponse.

    À 2 km des habitations

    À Somme-Suippe, les premières habitations sont à deux kilomètres des armes chimiques. Pour couronner le tout, des avions de chasse réalisent quotidiennement des exercices de tir à basse altitude sur des cibles placées à un petit kilomètre du lieu de stockage. Le maire du village, comme son voisin de Suippes, remue ciel et terre pour débloquer la situation. « Le conseil municipal a demandé que tout cela cesse. On nous a parlé d’une unité mobile de destruction, mais à ma connaissance, elle n’est jamais arrivée », regrette Jacques Le Touzé. « Il y a eu un début d’information publique, mais depuis deux ou trois ans, il n’y a plus rien. »

    Le projet de construction d’une usine de destruction des munitions serpente depuis des années. Le programme, baptisé Secoia (1), serait implanté sur le camp de Mailly, dans l’Aube. Il aiguise bien des appétits. Le premier appel d’offres a d’ailleurs dû être cassé, pour favoritisme (lire ci-contre)… La Direction générale de l’armement (DGA) est aujourd’hui sûre d’elle et soutient que la procédure est même relancée depuis juin 2009. « Les négociations sont en cours avec les industriels », affirment ses services, qui précisent que l’usine sera utilisable dès 2015. Une information importante, à laquelle les habitants ont du mal à croire. Un autre appel d’offres a également été lancé pour la construction de camions spéciaux qui permettraient de transporter les obus à moindre risque. Le danger encouru par les populations lors des trajets et le coût de l’opération laissent les riverains songeurs.

    La Sécurité civile reste muette

    Il n’empêche que l’activité de l’usine Secoia à Mailly désengorgerait enfin les cellules du camp de Suippes. Pour l’instant, l’absence d’informations publiques ne facilite pas les choses. Contactée à plusieurs reprises par l’union, la direction nationale de la Sécurité civile, qui dépend du ministère de l’Intérieur, a fait répondre par la préfecture de la Marne qu’elle refusait de s’exprimer sur le sujet. C’est pourtant elle qui a la responsabilité directe du site. Jusqu’en 2007, le ministère de l’Intérieur maintenait une certaine transparence. Que s’est-il passé depuis ? Des élus locaux, qui souhaitent conserver leur anonymat, ont une petite idée sur la question. « Les obus sont depuis des années au contact de l’air, et ils ont été nettoyés. Du coup, il y aurait des fuites », affirme l’un d’eux. Les cellules étant étanches, le gaz reste confiné. Un autre souligne que depuis quelque temps, les hommes de la Sécurité civile ne pénètrent dans le site qu’avec un équipement de protection intégrale. Ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent, comme le prouvent nos photos prises en 2007.

    Dossier Sébastien LAPORTE

    (1) Secoia : site d’élimination des chargements d’objets identifiés anciens.

    Trafic d’influence : Bertinetti condamné en appel

    Dans le cadre de la passation du marché Secoia en 2002, le groupe Thales a été mis en cause. Un intermédiaire, Gérard Bertinetti, devait percevoir une part du marché remporté par une filiale du groupe auprès de la DGA (ministère de la Défense).

    Mis en examen en 2006 pour trafic d’influence par la juge financière Xavière Simeoni, il a été condamné à une peine relativement clémente : 6 mois de prison avec sursis. La cour d’appel de Paris a confirmé cette condamnation le 2 juin dernier, en l’accompagnant d’une amende de 50 000 euros.

    Un ingénieur hors classe de la DGA avait également été poursuivi pour favoritisme

    Autant de procédures qui ont fait traîner le dossier. Pendant ce temps-là, les obus chimiques se sont accumulés dans le camp de Suippes.

    Un million d’euros de compensation, et toujours pas d’usine…

    Le député Charles de Courson, dont un petit bout de la circonscription est proche du camp de Mailly, affirme être intervenu auprès de Michèle Alliot-Marie afin de débloquer une enveloppe pour les collectivités situées autour du futur site de l’usine Secoia.

    « Il s’agit d’une enveloppe de contrepartie, ou d’accompagnement », précise le parlementaire, un proche de l’actuel ministre de la Défense, Hervé Morin.

    « Une partie de cette enveloppe a été reçue », ajoute Charles de Courson, bien que l’usine reste encore à construire. La somme avoisinera au final un million d’euros.


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    Union100914b - Marne
    Morts ou blessés en Afghanistan : Hommage silencieux à nos soldats

    Une marche silencieuse coordonnée par José Domice.
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    Organisée par le comité de soutien aux familles de militaires de France, une marche silencieuse pour la reconnaissance des soldats morts ou blessés en Afghanistan et leurs familles se déroulera à Paris, le samedi 30 octobre. Rassemblement et départ à 14 heures, place Denfer-Rochereau.

    Pour la Marne, c’est José Domice, président du comité des Diables bleus de Reims et la région, qui coordonne les opérations : « Nous porterons fièrement nos rubans jaunes, le symbole des militaires tombés en mission extérieure et les représentants d’association patriotiques sortiront leurs drapeaux. Les participants devront se munir d’une bougie qui sera déposée au Mur de la Paix en souvenir de tous ces hommes ».

    Date de clôture des inscriptions le 20 octobre à minuit.

    Pour l’organisation du transport au départ de Reims et sa région, contacter José Domice au 06.08.91.43.49. Mail jose.domice@aliceadsl.fr site internet : http://comitedesoutien.wifeo.com/

     

     


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    Union100914a - Marne
    REIMS : Aviation : l’hommage au capitaine Guynemer

    Le colonel Meyer et le lieutenant-colonel Serval passent les troupes en revue avant l’hommage à Guynemer.
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  • Hier matin, une cérémonie présidée par le colonel Jean-Michel Meyer a rassemblé les aviateurs et le personnel civil de la BA 112 « Commandant Marin-la-Meslée » pour la traditionnelle cérémonie des couleurs organisée chaque mois de septembre pour rendre hommage au plus célèbre des aviateurs de la Grande Guerre, le capitaine Georges Guynemer, un as qui avait pour devise « Faire face », devise qui est devenue celle de l’Armée de l’air.

    Après la montée des couleurs et la Marseillaise, le capitaine Alexandre Assouad, officier pilote affecté à la C 53 « Fanion », troisième escadrille de l’escadron de reconnaissance 2/33 « Savoie » a lu la dernière citation de ce pilote de chasse aux cinquante trois victoires certaines : « Mort au champ d’honneur, à Poelcapelle, le 11 septembre 1917. Héros légendaire tombé en plein ciel de gloire après trois ans de lutte ardente. Restera le plus pur symbole des qualités de la rare ténacité indomptable, énergie farouche, courage sublime. Animé de la foi la plus inébranlable dans la victoire, il lègue au soldat français un souvenir impérissable qui exaltera l’esprit de sacrifice et provoquera les plus nobles émulations ».


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    Union100912g - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Près de Varennes, les abris du Kronprinz : Une résidence de luxe… en première ligne

    Sous la terre, l’armée allemande avait non seulement ses bureaux mais des quartiers équipés comme des demeures bourgeoises avec baignoires à eau chaude, champagne et un piano pour animer les soirées.
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  • UN peu avant d’entrer dans Varennes, deux panneaux indicateurs, le premier sur la D38, le second à un carrefour quelques centaines de mètres plus loin, flèchent comme ils le peuvent un lieu historique de la Première Guerre mondiale.

    La curiosité du visiteur, titillée par ces doubles indications, sera vite satisfaite, à condition encore de ne pas passer à côté. Seul un monticule, pas signalé mais visible à ce second carrefour, dissimule les vestiges de la résidence de luxe du prince de Rupprecht.

    Une mauvaise barrière de fils barbelés encercle ces ruines. Un panneau d’interdiction d’entrer, encore lisible, signale l’emplacement. Deux sentiers, résultant du passage des touristes en recherche, sont empruntables l’un sur le sommet, l’autre en fonds d’excavation.

    Deux blocs de ruines de béton peuvent encore être contemplés, sinon pénétrés. Ils sont en contrebas, leur dôme affleure le sommet de l’excavation, un fossé d’écoulement délimite au sol leur emplacement. Un des deux est particulièrement spectaculaire. Deux pièces, leurs embrasures de fenêtres, le pilier intérieur et surtout le dôme arrondi sur une véranda qui prolonge la pièce qui aurait pu être le séjour, attirent l’attention.

    Il n’existe, hélas, aucun plan ou documentation précise en place sur ce site. L’imagination du touriste à elle seule contemplant le séjour suggère un aménagement « princier », un luxe en première ligne, chef-d’œuvre de la recherche du confort pour ces dirigeants de l’armée allemande de l’époque.

    Le choix de l’emplacement serait, d’après les spécialistes, judicieux, dans une position naturellement forte, en sous-bois et à contrepente. Les textes parlent d’une surface d’un ensemble de plusieurs hectares pour 20 abris au total, avec des travaux commencés en septembre 1914, alors que la 5e armée allemande aux ordres du Kronprinz était stoppée en vallée de Biesme par les soldats du 2e corps français renforcé par les volontaires garibaldiens.

    Luxueux et pratique

    Avant l’abandon actuel du site, on a pu retrouver les structures de ces blocs de béton, recouverts d’une toiture à l’épreuve des gros calibres, constituée par des couches successives de rails et de traverses métalliques. Ces blockhaus étaient reliés entre eux par des boyaux recouverts de caillebotis et protégés des barbelés et des mines. Dans les arbres des grands chênes voisins, on situait des observatoires auxquels les sentinelles accédaient par des échelles métalliques.

    Dans cet important PC de la 5e Armée, on retrouvait les bureaux de l’État-major, des sous-officiers et des officiers chargés de la gestion du personnel, ceux de la logistique, ceux du renseignement, ceux de la préparation des opérations. Autant de bureaux répartis sur les terrains annexes, qui sont, à ce jour, dans des trous visibles aux alentours du site. A noter que l’Argonnen Bahn, le chemin de fer du front, lui était relié.

    Les récupérateurs de ferraille ont largement contribué à la destruction des installations. Contre ce courant à la démolition, il est fait état d’une promesse faite par un visiteur allemand, indigné par la constatation d’abandon des lieux, d’un don conséquent pour l’époque pour un semblant de remise en état. Rien n’a été reçu et encore moins réalisé. Il semble cependant qu’il serait encore temps de mieux signaler l’emplacement, d’agencer un sentier de visite en sécurité, permettant une vue générale et un panneau de documentation de ce lieu qui désormais appartient à l’histoire.

    Dans cette attente, il ne reste au visiteur alléché par les deux panneaux le long de la route et du chemin, qu’à imaginer un prince bavarois, toutes médailles sur la poitrine, tétant sa pipe en faïence blanche et contemplant les chênes à travers sa fenêtre en promontoire sur la forêt.


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    Union100912f - Marne
    SUIPPES : Villages détruits du Camp de Suippes : Journée exceptionnelle sur site aujourd’hui

    Il ne reste que des ruines de ces communes.
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  • SI jusqu’alors, des panneaux éphémères étaient installés devant les villages détruits du Camp de Suippes, de nouveaux supports d’information et de signalétique contant la grande histoire de ces sites, et favorisant leur visite lors de journées exceptionnelles comme celle de dimanche, viennent de voir le jour.

    Ils sont le fruit d’un partenariat entre l’union et EDF. Les deux entreprises ont décidé de s’unir afin de financer ces nouveaux supports complets et amovibles… Ils aideront et renseigneront les nombreux visiteurs attendus ce dimanche à l’occasion d’une visite exceptionnelle des villages détruits de Tahure, Perthe-lès-Hurlus, Hurlus, Le-Mesnil-lès-Hurlus. Le village de Ripont n’étant pas concerné pas cette opération spéciale qui devrait attirer petits et grands, amateurs d’histoire, sans oublier bien évidemment les descendants des habitants des villages détruits et des soldats tués au combat dans ce secteur.

    Pour participer à cette journée, il suffit de se présenter à l’accueil du camp de Suippes, un fléchage spécifique sera d’ailleurs installé des grands axes vers les parkings du Camp.

    Navettes toutes les dix minutes

    Sur place, la visite se fera en autocar-navette (départ toutes les 10 minutes avec participation aux frais de 1 euro par personne de plus de 18 ans). Dès 9 heures ce dimanche, les autorités procéderont à l’ouverture du Camp avec départ de la première navette. À 10 h 30, une cérémonie militaire du souvenir est programmée à Tahure, alors qu’une cérémonie religieuse suivra à Perthes-lès-Hurlus. À 12 h 30 et 15 heures : place à la musique avec des aubades de l’harmonie municipale de Suippes. À 18 heures : départ de la dernière navette pour une fermeture du Camp à 19 h 30. Tout au long de cette journée inédite, des animations sous tentes sont prévues, une boutique souvenirs se tiendra sur place avec la participation du Centre d’Interprétation Marne 14-18.

    Des présentations de matériel militaire et parcours de simulation sont également programmés au quai d’embarquement SNCF. Expos et prestations d’un artiste de l’ORCA (Office régional culturel de Champagne-Ardenne) au Mesnil-lès-Hurlus et à Hurlus ; vente d’enveloppes prétimbrées à Perthes-lès-Hurlus ou encore exposition d’une association de Sommepy-Tahure avec démonstrations des Poilus de la Marne et présence d’un artiste de l’ORCA : bref, le programme sera exceptionnel pour un vrai dimanche du souvenir.

    D.Z.

    A lire également dans les pages magazine du dimanche.


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    Union100912e - Marne
    LIVRE : Face à l’occupant

    Dans le cimetière allemand de Connantre…
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  • La Seconde Guerre mondiale reste un univers délicat à traiter. Surtout dans le domaine de la bande dessinée distillant de brefs messages. L’époque s’accorde mal avec la simplification.

    Pourtant, Jean-Christophe Derrien, scénariste, et Claude Plumail, dessinateur, ont réussi leur pari en lançant la série Résistances prévue au moins en quatre tomes chez « Le Lombard ».

    Trois destins dans la tourmente

    L’auteur, Jean-Christophe Derrien, s’attache particulièrement à trois personnages. Louis, un peu voleur et beaucoup aventurier, devient résistant grâce à une rencontre avec une jeune fille Sonia dessinée sous les traits de la chanteuse Yaël Naïm.

    Le dessinateur se montre très intéressé par la description d’êtres, certes inspirés par les comédiens ou les artistes, mais surtout proches de la réalité. « A travers mon dessin, j’essaye de faire descendre l’être humain de son piédestal » dit-il. Sonia, militante communiste et juive allemande, parvient à devenir secrétaire d’un responsable nazi et André, officier ayant assisté aux premières loges à la débâcle, rejoint la résistance en ayant entendu l’appel de de Gaulle à la radio. Le trio reflète ainsi des itinéraires différents mais finalement la même volonté de combattre. Leurs futures aventures sont attendues avec impatience. Leurs histoires, c’est notre passé commun.

  •  Résistances, L’appel, édition Le Lombard, 13,50 euros.


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    Union100912d - Marne
    REVIN : Maquis des Manises / Opération citronnelle : Le dernier allié est mort

  • Dans le cimetière allemand de Connantre…
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  • Victor Layton avait organisé le maquis des Manises en 1944.
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  • LE DERNIER membre encore vivant de la mission Citronnelle, chargé d’organiser le maquis des Manises à Revin durant la guerre en 1944, est mort. Il s’agit de l’officier américain Victor Layton décédé le 8 août à son domicile de St Croix Falls (Wisconsin, Etats-Unis).

    Georgette Fontaine, 83 ans, ancienne résistante, raconte : « J’ai vu le lieutenant Victor pour la première fois le jour du parachutage des membres de la deuxième partie de la mission Citronnelle. C’était dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 dans un champ aux Vieux-Moulins de Thilay. Le commandant du maquis, le capitaine Prisme voulait que maman prépare un repas léger. Il a dîné chez nous et c’est à table qu’il nous a annoncé le débarquement. »

    Mme Fontaine habite toujours la même grande maison avec une entrée pavée de grosses pierres en bordure de la route principale aux Vieux-Moulins de Thilay. Dans la salle à manger d’une vingtaine de mètres carrés, éclairée par une petite fenêtre, presque tout est encore intact. Seul le buffet en bois noir massif a changé de place.

    « Le Lieutenant Victor était assis là », se souvient Georgette Fontaine en désignant une place à la table ronde.

    Le visage de la résistante s’illumine. « C’était un bel homme. Il regardait toujours sa montre. Il s’est levé. Et il a dit « mes chers amis le débarquement est imminent. A l’heure où je parle c’est probablement chose faite ». Une bombe serait tombé dans la pièce n’aurait pas causé le même terrible effet », se souvient Mme Fontaine.

    À la suite de la mort de Victor Layton, l’octogénaire replongera de nouveau dans ses pensées durant des jours comme à chaque fois que quelqu’un des Manises est décédé.

    « Cela fait de la peine. Quand on a connu quelqu’un de cette trempe-là, on ne peut pas l’oublier. Il fallait qu’ils aient du courage. Ils auraient pu rester dans leurs fauteuils et pantoufles », commente-t-elle.

    Mémoire

    Paul Le Bot, 89 ans, un ancien résistant qui habite à Fumay a un peu connu Victor Layton. « Je l’ai vu une ou deux fois au maquis mais je n’ai pas eu beaucoup de contact avec lui. On était dispersé en groupes de 10. Les contacts étaient rares », raconte ce survivant. M. Le Bot avait 23 ans lorsqu’il a rejoint le maquis des Manises. La mort du capitaine Layton le touche de près. « Ca jette un froid », commente-t-il.

    Si ce n’est dans la mémoire des rares résistants encore vivants, l’on ne pourra connaître désormais l’histoire des Manises que par le biais d’archives. « Victor Layton était un des derniers qui pouvait encore répondre à des questions sur le maquis », regrette Philippe Lecler, auteur de plusieurs livres sur les Manises et la Résistance.

    A.J.

    Son rôle : l’intendance du maquis

    L’opération Citronnelle est mise sur pied en 1943 par le grand État-major interallié et le Bureau central de renseignement et d’action de Londres.

    Le lieutenant Victor Layton faisait partie du premier contingent de cette opération avec le capitaine Jacques de Bollardière dit « Prisme » et l’aspirant radio Gérard Brault.

    Au sein de Citronnelle, l’officier Layton faisait de l’intendance. Un des objectifs de Citronnelle était de constituer le maquis des Ardennes afin de faire converger les forces allemandes loin des côtes au moment du débarquement.

    Source : Philippe Lecler


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    Union100912c - Marne
    TIMBRE : Un 70e anniversaire mélanésien

    Dans le cimetière allemand de Connantre…
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  • Fière d’avoir été parmi les premiers territoires à s’affranchir de la tutelle du régime de Vichy en rejoignant la France libre du général de Gaulle, la Nouvelle-Calédonie a souhaité associer la Poste au 70e anniversaire du ralliement de l’archipel mélanésien à l’homme du 18-Juin.

    Yves Beaujard a créé un timbre historique horizontal 31 x 52 d’une valeur faciale de 2,10 euros et qui associe l’événement à la personnalité du gouverneur d’alors, Henri Sautot. Ce dernier, haut-commissaire des colonies françaises du Pacifique est un ardent partisan de la rupture du maréchal Pétain qui s’est compromis avec l’Allemagne nazie. De Gaulle le soutient dans son entreprise et le lui signifie dans un télégramme qu’il lui adresse à Port-Vila, le 11 septembre 1940 : « J’approuve votre plan et confirme que vous devez au plus tôt déclencher le ralliement de la Nouvelle-Calédonie ». De fait, Sautot y met les moyens et le 24 septembre le ralliement est effectif. C’est pourquoi, le général télégraphie le jour même au capitaine Broche qui se trouve alors à Papeete pour qu’il rejoigne sans tarder par avion Nouméa où il doit prendre les fonctions de commandant supérieur des troupes sous les ordres du haut-commissaire Henri Sautot. Il en profite aussi pour le féliciter du complet ralliement de l’île : « J’attache une importance particulière au fait que grâce à votre habileté et au traitement rapide de la situation l’opération a été effectuée sans effusion de sang. J’adresse mon salut à sa population, son gouverneur, les officiels, les ex-soldats et les troupes au nom de la France libre qui a repris sa place dans le Pacifique grâce à l’adhésion définitive de la Nouvelle-Calédonie ».


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    Union100912b - Marne
    PATRIMOINE : A la découverte des « Villages détruits »

    Ce 12 septembre 2010, le Centre d’Entraînement des Brigades de Mourmelon ouvre exceptionnellement la visite du camp de Suippes au public. Au programme en particulier, la découverte du circuit des « Villages détruits », cinq communes (Mesnil-lès-Hurlus, Hurlus, Perthes - lès- Hurlus, Tahure, Ripont) qui se trouvaient sur la ligne de front durant toute la durée de la Première Guerre mondiale. En septembre 1914 après la bataille de la Marne, l’armée allemande qui reculait s’était stabilisée sur ces lieux, mettant, du même coup, fin à la guerre de mouvement pour entamer une nouvelle phase du conflit, celle de la guerre de position, la « Guerre des Tranchées ».

    Une reconstitution historique rendue possible par le travail des passionnés et le commandement du Centre d’Entraînement des Brigades de Mourmelon malgré les contraintes que représentent une zone polluée par la guerre et une activité d’entraînement intense.

    Un retour rarissime dans l’Histoire raconté, en textes et en photos, grâce à de nouveaux visuels disposés à l’entrée de chacun des sites, sur des panneaux de bois réalisés par le CEB en partenariat avec EDF et le journal l’union.

    L’HISTOIRE DES LIEUX

    Le Camp de Suippes, classé Natura 2000, s’étale sur près de 13 000 hectares, répartis sur deux départements, la Marne et les Ardennes. Ce terrain militaire, deuxième plus grand camp de France, est dédié au tir d’armes de tous calibres, de la balle de 5,56 mm, à l’obus de 155 mm (43 kg), et au tir aérien sur cibles et laser. Mais il est aussi profondément marqué par l’Histoire. Le camp de Suippes n’est rien d’autres que le champ de bataille des « Combats de Champagne » qui se sont déroulées entre 1914-1915 en particulier. En son sein, il y avait cinq villages ruraux et leurs quatre fermes environnantes (Beausé-jour, Navarin, Maison de Champagne et le Moulin de Ripont). Entre le premier, Mesnil, et le dernier, Tahure, 15 kilomètres de chemin serpentent le long de la ligne de front, de ses tranchées et de ses entonnoirs témoins de la « Guerre des mines souterraines ». Ici, avant l’invasion vivaient près de 400 personnes, agriculteurs ou éleveurs, surtout de moutons, pour la plupart, qui ont évacué sur ordre en suivant les populations ardennaises qui fuyaient l’avancée allemande. Il ne reste que très peu de vestiges des cinq villages, dont les édifices privés, publics ou religieux ont été broyés par les tirs d’artillerie. Les matériaux étaient ensuite récupérés par les soldats pour consolider les abris de leurs tranchées. On ignore encore avec précision le nombre des soldats qui sont morts sur cette partie du champ de bataille, mais il est estimé à plusieurs dizaines de milliers dans les deux armées. Les tranchées n’étaient guère éloignées les unes des autres : de 5 mètres à 20 ou 30 mètres. Nombreux de ces hommes ont été portés disparus, leurs corps n’ayant jamais été retrouvés. C’est dire l’émotion palpable en ces lieux qui demeurent aussi une immense nécropole.

    Mesnil-lès-Hurlus

     

    C’est la première étape de la visite.

    De ce village, il ne reste que le cimetière, les fondations de l’église et les ruines de l’école. Une charpente métallique figure le chœur de l’église. 72 personnes vivaient dans le village en 1914.

    Dès l’arrivée des Allemands, ils ont quitté leurs maisons et lâché les animaux dans la nature. Dans l’église du village, se trouvait le retable de La Passion, datant du XVIe siècle, qui fût sauvé par le curé de la paroisse. Il est visible aujourd’hui au musée municipal de Châlons-en- Champagne. Ce retable n’était pas la seule richesse religieuse de Mesnil-lès-Hurlus qui organisait aussi un célèbre pèlerinage dédié à saint Pantaléon, dont la dévotion assez curieuse et un peu magique n’avait pas été autorisée par l’église officielle. Cet ancien médecin de l’Empereur Maximilien Galère, qui ressuscita, au nom de Jésus-Christ, un enfant piqué par une vipère, et guérit un aveugle qui s’engageait à devenir chrétien, fut dénoncé par des médecins jaloux, condamné à divers supplices et décapité vers l’an 303. La statue de saint Pantaléon, retrouvée en 1984, est conservée aujourd’hui en l’église de Minaucourt.

    Mesnil-lès-Hurlus a été officiellement libéré le 26 septembre 1918. Comme pour ceux des autres villages, aucun des habitants n’a été autorisé à y revenir, car tout ce secteur a été classé « Zone rouge », du fait de la pollution du sol par les obus et les munitions de toutes sortes, avant d’être transformé en terrain militaire.

    En 1952, comme le seront également les autres communes du site pour leur garder une existence administrative afin qu’elles ne sombrent pas dans l’oubli, Mesnil-lès-Hurlus a été rattaché par décret ministériel au village de Minaucourt, qui a ainsi reçu dans sa « corbeille de mariage » les archives et la mémoire de la commune détruite.

     

    Hurlus

    Même s’il a influé le nom de plusieurs autres villages, Hurlus n’était pas le plus important du groupe avec ses 90 habitants voués à la vie rurale.

    Son église Saint-Rémy, du XIIIe siècle, dont les vestiges sont les plus imposants de tous les autres villages, possédait une cloche bénite en 1707 qui a été sauvée et qui est conservée dans le village de rattachement, Wargemoulin, où elle a retrouvé une seconde vie en haut du clocher de l’église. Elle sonne, comme les autres cloches au destin moins dramatique, les heures, les rites religieux et le tocsin s’il y a lieu.

    Le cimetière où se trouvent des pierres tombales de civils mais aussi de militaires (voir celle du capitaine Duclos, tué en 1915), a ses curiosités. D’abord la tombe du lieutenant Larvor, qui a été enterré là par ses camarades de combat.

    La pierre, gravée au couteau, a longtemps conservé son secret. Elle gisait sur l’autre face et ce n’est qu’il y a trois ans, lorsqu’elle a été retournée par hasard, que les gravures, la croix et le nom de la victime ont été révélés. Son dossier militaire retrouvé a permis de restituer le parcours de cet officier, du 7e régiment d’infanterie, originaire du Finistère, tué le 31 décembre 1914 à l’âge de 43 ans. Mais aussi celle d’un Chinois mort en 1919… probablement de maladie. De nombreux Chinois avaient été amenés sur les champs de bataille pour participer aux recherches des soldats disparus et, le cas échéant, relever les corps.

    Nombreux sont ceux qui ont trouvé la mort après avoir contracté des virus européens contre lesquels ils n’étaient pas immunisés. D’autres ont aussi péri accidentellement lors des travaux, suite à l’explosion d’une munition enterrée.

    Perthes-lès-Hurlus

     

    La Première Guerre mondiale n’a pas été à l’origine de la première destruction de Perthes-lès-Hurlus. Quinze siècles plus tôt déjà, le village avait été totalement incendié et rasé par les cohortes des Huns.

    Ressuscité, il était comme les autres villages voué à l’exploitation agricole. Et pourtant, son sous-sol crayeux, qui fournissait une craie de qualité destinée à la construction des bâtiments, lui apportait un confort particulier. Les 1300 hectares de la commune n’étaient pas réservés aux cultures ou aux carrières. De nombreux bois de sapins composaient le paysage et fournissaient une source de revenus supplémentaires. Les activités des 151 habitants du village étaient donc réparties dans ces trois secteurs de l’économie locale.

    Le 2 septembre 1914, il ne restait qu’une vingtaine d’habitants lorsque l’ordre d’évacuation a été donné. Et dès la fin du mois, le village était totalement coupé en deux par la ligne de front. Le face-à-face a été ponctué par de violents assauts français à la baïonnette destinés à faire reculer les Allemands vers le nord du village. Les mois décembre 1914, février et septembre 1915 ont été tout particulièrement meurtriers au point que les Allemands ont baptisé l’endroit « Le chaudron aux sorcières ». Perthes était, il est vrai, l’épicentre des combats de tranchées, et c’est dans ce secteur qu’est née la Guerre des mines souterraines en décembre 1914. Lors de l’offensive de septembre 1915, la ligne de front va évoluer et monter vers le nord jusqu’à Tahure. Aujourd’hui, Perthes-les-Hurlus est rattaché au village de Souain. Sur l’ensemble du site, c’est le lieu où l’on peut encore le mieux distinguer rues et maisons du village. C’est ici que chaque année se déroule, lors de l’ouverture exceptionnelle à la visite du site, une messe en plein air et dans les ruines de l’église, dédiée à la mémoire des combattants et des habitants.

     

    Les entonnoirs (entre Perthes et Tahure)

    Soldats français et soldats allemands stationnés dans les tranchées cherchaient un moyen pour détruire la tranchée de l’adversaire qu’ils n’arrivaient pas à prendre par les combats de surface au corps à corps. Dans ces terrains crayeux, les militaires creusaient donc une galerie souterraine, plus ou moins profonde, en direction de la tranchée ennemie. Une fois qu’ils estimaient être au-dessous de la tranchée visée, leur objectif, ils entassaient des explosifs, de la centaine de kilos à plusieurs tonnes, constituant ainsi « le fourneau », déroulaient la mèche, obstruaient leur galerie avant de procéder à la mise à feu. Dans la craie champenoise, la progression du creusement de la galerie pouvait atteindre un mètre par jour. Cette technique au résultat dévastateur aurait été initiée par les troupes allemandes mais vite copiée par les soldats français. Les explosions pouvaient engloutir des dizaines de mètres de tranchées, avec hommes et matériels, dans des cratères pouvant aller jusqu’à 50 mètres de diamètre.

    Tahure

    A la vielle de la Grande Guerre, il y avait 185 habitants dans ce village rural presque exclusivement voué à l’élevage du mouton, dont les origines remontent à la Gaule.

    Des fouilles napoléoniennes avaient permis la découverte ici de tombes et de poteries gauloises. Tahure était situé dans une cuvette que dominait une hauteur de 199 mètres. Le village, occupé par les Allemands depuis septembre 1914, a été totalement détruit par l’artillerie française avant le 30 septembre 1915, date à laquelle les Français ont pénétré dans les rues. Pendant plusieurs jours, les Allemands, repliés dans les ruines, devaient résister farouchement et livrer de féroces combats de rues avant de se replier sur la butte au nord du village. Cette tristement célèbre « Butte de Tahure » a été prise et reprise maintes fois, et certaines fois plusieurs fois par jour, lors des combats de 1915-1916. Au pied de cette butte, se trouve encore la source de la Dormoise, un charmant cours d’eau. Cette source a plusieurs fois « changé de camp » selon l’avancement des combats. Et lorsqu’elle est redevenue « française », les soldats allemands avaient interdiction de boire son eau dans le lit qui traversait leurs li-gnes. Un panneau annonçait du reste « Eau suspecte ».

    La mémoire retient encore la violence des combats qui ont marqué ce lieu en cette époque. Les poilus survivants disaient, du reste, qu’il y avait « ceux qui avaient fait Verdun et ceux qui étaient à Tahure ». Aujourd’hui Tahure est rattaché au village de Sommepy. Un petit musée au-dessus de la mairie retrace l’histoire de Ta-hure et la reconstruction de Sommepy.

    C’est à Tahure que chaque année, lors de l’ouverture exceptionnelle du site historique, a lieu une cérémonie militaire en hommage aux soldats de la Grande Guerre qui ont combattu dans la région. Ce choix s’explique par la présence du nom de Tahure dans les plis du drapeau du 51e RI, l’un des régiments qui est entré dans Tahure en 1918, dont la garde est confiée au Centre d’Entraînement des Brigades de Mourmelon.

    Ripont

     

     

    C’est le seul des villages qui ne sera pas accessible aux visiteurs car il est trop éloigné du reste du circuit et que l’intérêt de ce qu’il y aurait à y voir est limité. C’était un village de 84 habitants en 1914. Il est le seul des cinq villages à avoir été allemand pendant toute la durée de la guerre. Il ne sera dégagé que lors de l’offensive libératrice franco-américaine du 27 septembre 1918. Ripont a donc servi de base logistique, cantonnement, poste de secours, centre de repos, dépôt de matériels et de munitions à l’armée allemande qui avait construit des voies de chemin de fer pour l’alimenter. Comme Tahure, Ripont a été détruit par l’artillerie française lors de multiples bombardements au cours de la guerre. Aujourd’hui, Ripont est rattaché au village de Rouvroy.

    DOSSIER : CHRISTIAN CHARDON

    Avec le concours de l’adjudant-chef Jean-Michel Hosmann et du brigadier-chef de réserve Eric Marchal

    Photos et documents : Archives militaires et Remi Wafflart

     

     


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    Union100912a - Marne
    HISTOIRE : 1940


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    Tous avec le roi

    Les péroraisons de Goebbels sont dénoncées par les Français libres sur la BBC
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  • Comment opposer au mieux la placidité du maréchal Pétain et de son gouvernement et la ténacité du roi d’Angleterre et de sa famille face aux assauts aériens de la Luftwaffe. En décrivant d’un côté le renoncement politique et ses conséquences et de l’autre la résistance face au chaos. Toute la presse anglaise porte à la une, le 12 septembre 1940, les photos du roi Georges VI et de la reine Elizabeth au milieu des décombres londoniens. Les descriptions des ruines et des situations de détresse qui sont enregistrées sont rapprochées des élans de solidarité qui se manifestent dans la ville et dans chaque quartier. Personne n’est épargné. S’il faut s’en convaincre, une photo fait le tour du Royaume-Uni. Elle montre le roi et la reine, quelques instants après l’explosion d’une bombe qui a ravagé l’une des ailes du palais de Buckingham. A la BBC, dans l’émission aux Français, Yves Morvan raille la désinformation nazie : « Quelle réponse cinglante à la méprisable propagande de l’ennemi qui, voyant avec dépit que les souverains britanniques continuent, malgré le danger, de demeurer au milieu de leur peuple, lance le bruit qu’ils sont partis ». Cette démarche un rien provocante du chroniqueur français est destinée à contrarier les certitudes affichées par les journaux de l’Hexagone. D’ailleurs, les Français libres ne se privent pas de commenter l’attitude d’une presse aux ordres : « Les journaux français publiés à Paris sont tout simplement des journaux allemands écrits en français ». Il faut au moins entretenir le doute dans les esprits et convaincre les plus éclairés des moyens employés pour travestir la réalité en de gros-siers mensonges : « C’est la même propagande qui essaie de vous faire croire que Londres est devenue une sorte de nécropole où ne passent plus, et encore loin du centre, que des convois de réfugiés. Nous ne songeons pas un instant à nier le fait que d’importants dégâts ont été causés à la capitale anglaise par cinq nuits consécutives de bombardements. Malgré cela, à Londres, la vie continue : les trains, les métros, les autobus et les tramways circulent. Les magasins sont ouverts. Les rues conservent leur animation. Londres a souffert, mais rien dans son aspect général n’évoque cette désolation mortelle dont le docteur Goebbels s’efforce de décrire l’horreur imaginaire ». Tous les services publics fonctionnent, les cinémas assurent leurs séances quotidiennes, les pubs sont ouverts, les en-seignements sont assurés. Les Anglais sont confiants et de bonne humeur et cette image vraie est insupportable aux agents allemands. Ils informent le Reich que le moral anglais n’est pas atteint et que la violence doit redoubler.

    Les certitudes italiennes sont dénoncées avec la même détermination. On se moque des propos claironnés par Mussolini et ses sbires. On s’insurge contre les résumés distribués avec complaisance et qui certifient que tout le corps diplomatique britannique a demandé à être évacué de Londres : « Etant donné que toute l’ambassade d’Italie a quitté la capitale depuis le 18 juin, on ne voit pas très bien quels sont les diplomates qui auraient pu faire cette démarche auprès du ministère des Affaires étrangères. Il s’agit encore une fois d’une députation fantôme ». Et de comparer le chef de l’Italie à un pitre imaginatif sûr d’occuper prochainement l’Egypte : « Que de victoires sur le papier ! Ce sont les seules que l’ennemi ait emportées depuis un mois et demi. Les troupes italiennes n’ont toujours pas franchi la frontière d’Egypte ! ». Le décor est planté pour passer à l’attaque : « La racaille fasciste ne se rend pas compte, en répandant ces nouvelles, qu’elle rend un hommage indirect au peuple anglais ».


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    Le temps des boucs émissaires

    Les francs-maçons sont la cible d’attaques de Vichy et du Reich.
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  • Une affiche raciste et xénophobe contre de Gaulle.
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  • Malgré tout ce qui se passe, Pétain est toujours très populaire…
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  • LA HONTE. Septembre est le temps choisi pour stimuler un esprit revanchard contre les francs-maçons et les enseignants dont la part de responsabilité dans l’état de la France est montrée du doigt.

    S’appuyant sur les déclarations du général Weygand qui fustige : « les compromissions maçonniques » qui ont conduit le pays au bord de l’abîme, le gouvernement de Vichy s’emploie à en identifier les responsables et entreprend à leur encontre une propagande de marginalisation. Des noms sont jetés en pâture, on accable les frères à l’origine de toutes les cabales qui ont porté préjudice à la France. On accuse Chautemps, Daladier, Auriol, Zay, Cot et combien d’autres d’être les complices objectifs de l’affaissement du pays. Il s’agit de promouvoir la loi du 13 août 1940 qui porte dissolution des sociétés secrètes. Si le nom de la franc-maçonnerie n’est pas écrit, elle est pourtant la première visée. Les com-mentaires sont plutôt enthousiastes : « Enfin ! », « Le Maréchal a supprimé une secte antipatriotique et antireligieuse, agissant dans les ténèbres contre les meilleurs Français ». Les bulletins paroissiaux accueillent avec bienveillance une législation destinée à épurer la société des comploteurs et des auxiliaires de la manigance. On prépare la dénonciation de tous les dignitaires des loges et une priorité est donnée à l’établissement des listes des frères de 33e, 32e, 31e et 30e grades.

    On fabrique bel et bien des boucs émissaires et le gouvernement inscrit dans le temps la révélation au public de leurs noms ! Cette démarche haineuse est patente puisqu’on se propose sous le prétexte d’informer de livrer les coupables : « Français ! Voilà les meurtriers de la France ».

    Vichy se hasarde sur un terrain bien instable d’autant que les archives du Grand Orient comme de la Grande Loge de France ne sont pas en sa possession et que la plupart des documents ont été détruits pendant l’exode. Vichy qui ne fait guère de cas d’un courrier du Grand Orient antérieur à la loi évoquant la suspension de ses travaux, définit de fait des catégories de réprouvés. Parmi eux il y a les francs-maçons mais aussi les instituteurs et professeurs soupçonnés d’un patriotisme mou.

    Si le Maréchal est séduit par ces initiatives discriminatoires c’est qu’il n’aime pas la franc-maçonnerie et estime que les idées de gauche pourrissent le corps enseignant. Pétain est cinglant : « Un juif n’est jamais responsable de ses origines ; un franc-maçon l’est toujours de son choix ». Selon Du Moulin de Labarthète qui compte au moins 100 000 frères coupables dont seulement 46 000 paient régulièrement leur cotisation, la détestation maçonnique du Maréchal est la résultante d’un avancement retardé par ceux-là même qui portaient le tablier. Or si avant la Grande Guerre, l’avancement de Pétain n’est pas le plus rapide, il n’est pas anormal. Faire porter la responsabilité de l’évolution de sa carrière sur les seules fiches établies par le général André qui renseignait la maçonnerie et marginalisait les : « officiers réac-tionnaires » est un raccourci dangereux. Vichy dispose du pouvoir de dénoncer les mauvais serviteurs du pays.

    Les enseignants francs-maçons sont les plus touchés par les discriminations instituées par le gou-vernement de Pétain. Lorsque Georges Ripert, secrétaire d’Etat à l’Instruction publique, publie courant septembre, le décret qui fixe le nouveau programme de l’enseignement primaire élémentaire, il y a une remise en cause de l’école d’hier. Priorité est donnée aux leçons qui valorisent les vertus individuelles et familiales, les devoirs envers l’Etat et la Patrie. Il faut sans tarder revoir tous les manuels. Dans son édition du 19 septembre, sous la signature de Fernand Laurent, « Le Jour » explique la situation : « La faute de notre désastre incombe en grande partie à un criminel enseignement de notre jeunesse. On a voulu créer une génération de pacifistes, on n’y est que trop bien parvenu. On a représenté l’uniforme comme une livrée, l’armée comme une servitude barbare, l’officier comme un ennemi, la discipline comme une tyrannie indigne d’un peuple libre ; l’héroïsme comme un sentiment stupide. Plus de famille, plus de foi, plus de discipline, plus d’honneur, plus de patrie ». Le même Ripert prépare une lettre destinée aux recteurs et inspecteurs d’académie et qui devra s’appliquer à la mi-novembre. Il est question de relever de leurs fonctions ceux qui : « ont consacré une partie de leur temps à une agitation politique contraire aux intérêts de la France où de ceux qui ont été nommés aux fonctions qu’ils occupent par faveur politique et sans titres réels ». Il est patent que les francs-maçons sont ciblés. On suggère même au ministre d’aller jusqu’à la révocation de ces personnels indignes de service l’Etat français.

    Les enseignants ne sont pas les seuls épurés. L’administration préfectorale n’est pas épargnée. Ce sont quarante-neuf préfets, cinquante-huit sous-préfets et secrétaires généraux de préfecture qui sont révoqués. La répression est brutale même si elle semble limitée. Mais la presse a carte blanche pour encourager les passions et les haines et attiser les feux prompts à éclairer le visage des vrais coupables. L’abrogation de la loi du 21 avril 1939 sur les excès antisémites et xénophobes dans les journaux laisse libre cours aux plumes de fiel qui veulent se faire bien voir du pouvoir vichyssois. A ce jeu de la honte, les juifs sont alors comme les francs-maçons des cibles privilégiées. « Au Pilori » qui est interdit en zone libre donne le ton du commencement d’un acharnement inique. Evoquant les « mais débiles » de Pétain, parlant de Laval comme du parfait : « prototype du profiteur de cette démocratie enjuivée », cette publication au vitriol exige que le chef de l’Etat s’abstienne de venir à Paris : « exhiber son équipe sous l’œil narquois des Allemands ».

    Depuis le 20 août 1940, Ribbentrop a demandé l’introduction de mesures préliminaires contre les Juifs qui doit conduire à une loi de révision sur les naturalisations. Elles ont été de 539 000 entre 1927 et 1940. Cela préfigure la demande d’un statut particulier des juifs pour lequel le Reich s’emploie à faire pression sur le gouvernement. Une ordonnance

    de Berlin du 27 septembre 1940 exige un recensement des juifs de France pour : « mieux évaluer leur colonisation du pays et leur influence avec les francs-maçons sur les décisions politiques ». Pétain n’a-t-il pas déclaré le 13 août précédent : « L’épuration de nos administrations s’impose parce que sÿ sont glissés trop de Français de fraîche date ou de moralité insuffisante » ?

    Tout cela est destiné à conforter l’ordre nouveau qui : « Ne peut en aucune manière impliquer un retour même déguisé aux erreurs qui nous ont coûté si cher » proclame Jean-Louis Tixier-Vignancourt, chargé de l’information auprès du Maréchal. Et se faisant le porte-parole de Pétain, il ajoute : « Cet ordre ne peut être une imitation servile d’expériences étrangères puisque chaque peuple doit concevoir un régime adapté à son climat et à son génie ». Ce qui ne lui interdit pas de rappeler que le gouvernement a le devoir de se protéger contre les individus qui développent des sensibilités philosophiques étroites et contraires au bien de la France. L’ombre de la loi du 3 octobre 1940 se profile sur les murs de Vichy.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD

    h.chabaud@journal-lunion.fr


    ……….

    Stalags et Oflags : le temps des captifs

    Une chambrée d’un stalag. Certains rêvent d’évasion.
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  • Un plan allemand d’un camp de prisonnier qui montre les clôtures et le système de sécurité.
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  • En septembre 1940, un million et demi de prisonniers de guerre français stationnent en Allemagne. 80 000 essentiellement des Nord-Africains, des Noirs et des Indochinois sont maintenus dans l’Hexagone tandis que 75 000 Alsaciens et Lorrains sont de retour chez eux comme citoyens du Reich. Le gouvernement de Vichy préfère insister sur les 200 000 hommes qui ont été libérés depuis juin sans dire les raisons qui motivent ces retours. Ce sont des soldats atteints de graves blessures qui ont besoin de longues convalescences. Ce sont des malades mais aussi des gens utiles pour les travaux agricoles. Tous les autres qui n’ont pas des projets radicaux d’évasion subissent la loi du vainqueur, résignés à être déconsidérés. Quatorze « oflags » qui sont des camps pour officiers et cinquante-six stalags réservés aux sous-officiers et hommes de troupe sont établis en Allemagne. Le régime de captivité n’est pas identique partout. Les vainqueurs dérogent aux conditions fixées par la Convention de Genève et procèdent à des discriminations en phase avec les pressantes recommandations du führer. Cent trente mille hommes originaires des cinq départements bretons, du Nord et du Pas-de-Calais et de la Corse se voient proposer la liberté s’ils acceptent d’adhérer dès leur retour à un mouvement autonomiste et de participer régulièrement à ses activités. Pour les volontaires du Nord de la France, il s’agit d’encourager le mouvement flamand, pour les Bretons d’obtenir la scission de l’Hexagone, pour les Corses de plébisciter leur rattachement à l’Italie mussolinienne.

    Bref, par le biais des prisonniers, le IIIe Reich évalue la capacité à réaliser le démembrement de la France encouragé par des fanatiques nazis. Les services de la propagande de Goebbels s’emploient à coopérer avec les dirigeants de camps spéciaux destinés à former les instructeurs et les conférenciers chargés de mettre en place les groupes autonomistes. L’ambition d’Hitler est de contrôler ces pôles indépendantistes dont il a fixé les contours. C’est ainsi qu’il imagine le rassemblement des flamingants français, belges et hollandais, une Bretagne indépendante mais entretenant des liens privilégiés avec Berlin, une Corse s’offrant aux mains d’une Rome victorieuse. Les soldats qui acceptent le marché sont peu nombreux. Ils ne sont pas cinq cents à prendre leur carte au Parti national breton. L’engouement est comparable parmi les Bretons et les Corses. Les aspirants d’abord placés dans des oflags sont renvoyés vers des stalags avant d’être regroupés dans un camp particulier.

    Les stalags sont constitués de baraques souvent disposées par quatre. Elles constituent alors un « block ». Des clôtures de barbelés séparent les blocks tandis que le périmètre du camp est lui-même ceinturé par de hauts grillages de barbelés enchevêtrés d’au moins trois mètres. Une baraque isolée dans le dispositif est la section disciplinaire. Elle vient en plus de la prison qui jouxte les bâtiments administratifs et de gestion, l’infirmerie et les magasins de stockages divers. La plupart du temps les gardes et leurs officiers logent à l’extérieur. Chaque camp s’étend sur plusieurs hectares et dispose le long de l’enceinte de miradors établis à six mètres de haut. La surveillance est assurée vingt-quatre heures sur vingt-quatre. La nuit au moindre bruit suspect, des projecteurs balaient les différentes zones de l’espace. A l’intérieur du camp des patrouilles pédestres renforcées par des chiens se déplacent dans les allées séparant les blocks. Entre les baraques sont disposées les latrines et au milieu du camp est installée la cuisine et un réfectoire. Il n’y a qu’un modèle de baraque homologué. Il s’agit d’un édifice en bois, plus long que large qui est installé sur de petits pilotis en ciment. Le toit est en toile goudronnée.

    Sont également installés un lavabo et une buanderie. La baraque est prévue pour accueillir deux cents prisonniers. Très souvent cet effectif est dépassé. Les couchettes sont superposées sur trois étages aussi est-il très difficile de se tenir assis sur sa paillasse. Le matelas est composé de végétaux enserrés dans une toile. Deux couvertures réglementaires sont attribuées. Le reste du mobilier comprend un poêle, une table et des bancs. Des services complémentaires vont être autorisés dans les camps. Le droit de jouer de la musique, de faire du théâtre et d’installer une bibliothèque ne dérange pas les Allemands. Le plus dur dans un premier temps est de vivre sans nouvelle des siens. L’un d’eux écrit : « Nous nous imaginions qu’une fois rassurés sur leur compte, un grand poids nous serait ôté. C’était mal juger de la qualité de notre exigence car lorsque nous eûmes reçu la certitude que nos femmes, nos mères, nos amies vivaient encore, une autre inquiétude se substitua bientôt à la première infiniment plus subtile et presque inapaisable ». L’une des interrogations qui mine les captifs est de savoir comment une famille va accepter cette absence voire l’admettre : « J’ai vu des hommes déchirés parce qu’ils sentaient sous des mots refroidis une liaison en train de se rompre ou un foyer qui se disloquait ». Le courrier peut se révéler un supplice comme le fait de ne pas en recevoir et de ne pas percevoir les colis via le concours de la Croix Rouge. Si les prisonniers sont heureux de constater que les bonnes œuvres s’intéressent à eux, ils préfèrent le colis d’une mère ou d’une épouse : « Ce chandail, ces gants tricotés à la maison, ces conserves, ces fruits secs, ce sucre accumulé à force de combines tissent des liens très forts malgré la distance et la douleur de la séparation ».

    Les Allemands ne veulent pas que les camps se transforment en parcs d’oisifs. Ils développent déjà les commandos de travail. Ils comptent en ouvrir plusieurs centaines au cours de l’automne 1940. Ils concernent aussi bien les travaux agricoles que les tâches dans l’industrie. Chaque stalag doit administrer plusieurs commandos établis à une distance variable. Il est patent que le prisonnier qui y est détaché à une vie plus stressante que celui qui reste un sédentaire inactif derrière les barbelés. Les vingt mille officiers qui se retrouvent en oflag sont dubitatifs sur leur avenir. Les généraux sont réunis dans la forteresse de Königstein qui domine de près de 300 mètres le cours de l’Elbe : « On y accède par un chemin raide qui s’achève par un tunnel creusé à même la roche. A l’intérieur de l’enceinte, il y a une grande cour entourée de bâtiments austères dont les fenêtres sont grillagées ». Une centaine de généraux et d’amiraux vont vivre dans cet univers médiéval en bénéficiant d’ordonnances. Pour les autres officiers, les conditions sont plus médiocres. A Answalde, Soest, Münster, il s’agit de casernes en construction. D’autres ne sont que des baraquements. On est loin du « Petit Versailles » que le commandant du camp de Zweiten prédit au terme de cinq kilomètres de marche. Le « Petit Versailles », n’est qu’un kit de baraques disposées sur une bande de terrain de quatre cents mètres et protégées par une double rangée de barbelés et de miradors puissamment équipés. Pour oublier ces conditions, les prisonniers peuvent écrire au crayon de papier chaque mois une lettre de vingt-deux lignes et deux cartes de sept lignes. Leur quotidien est monotone et en clair-obscur.


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    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Plaque commémorative des résistants devant la prison : Nouveau vol de fleurs

    Les fleurs ont été retirées de la plaque commémorative à côté de la porte de la prison.
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    Les voleurs ont remis ça à la prison.

    Hier, les fleurs qui ornent la plaque, posées à côté de la porte de la maison d’arrêt en honneur de la quarantaine d’anciens résistants déportés et morts sous l’Occupation, ont à nouveau disparu. Ce n’est pas la première fois qu’une telle disparition a lieu.

    Il pourrait ne s’agir que d’un jeune amoureux qui n’avait pas le temps de s’acheter un bouquet pour son rendez-vous galant. Où peut-être les chapardeurs sont-ils des Châlonnais « vichysants », comme le soupçonne Jean Chabaud. Cet ancien résistant, qui a été emprisonné dans la bâtisse durant trois mois début 1944, garde depuis longtemps un œil sur la plaque commémorative, sur laquelle sont gravés en or les noms et dates de naissance et de décès de ces martyrs.

    L’annonce de la future fermeture de la prison lui faisait craindre que l’hommage ne disparaisse et que les hommes qu’il a brièvement côtoyés dans les murs ne sombrent dans l’oubli (l’union du 15 août). La disparition du bouquet l’indigne.

    Fleurs ou non, à Châlons on n’oublie pas.

     

     


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    Union100910a - Marne
    COURDEMANGES MONT-MÔRET : le temps du souvenir

    Dans le cimetière allemand de Connantre…
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    Après les cérémonies à la mémoire des soldats allemands tombés lors de la bataille de Courdemanges et du Mont-Morêt, dimanche dernier en fin d’après-midi au cimetière allemand de Connantre, les cérémonies commémoratives du 96e anniversaire de la Première Bataille de la Marne auront lieu ce dimanche 12 septembre sur le territoire de Courdemanges.

    Deux cérémonies sont organisées cette année par la commune de Huiron. La première aura lieu à 11 heures au monument du Mont-Morêt, où plus de 5 000 soldats des deux nations ont laissé la vie.

    La seconde cérémonie aura lieu au monument du Guémont à 11 h 30, où cinq soldats du 107e régiment d’infanterie d’Angoulême ont été tués par un obus.

     

     


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    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Cérémonie au 402e RA : Un 23e anniversaire plein d’émotion

    L’une des trois plaques inaugurant une allée, dévoilée par le père du soldat disparu.
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  • Une importante cérémonie s’est déroulée mardi 7 au quartier Corbineau du 402e régiment d’artillerie (RA) à Châlons.

    Cette prise d’armes, sous la présidence du lieutenant-colonel Ogier, chef de corps du régiment, en présence de nombreuses autorités civiles et militaires, élus, d’associations d’anciens combattants, de porte-drapeaux, du régiment et personnels civils, ainsi que des étendards des 401,402 et 403e RA a marqué le 23e anniversaire de l’unique fait d’armes de la défense antiaérienne depuis la Seconde Guerre mondiale.

    7 septembre 1987

    C’est en effet le 7 septembre 1987, que le dispositif français déployé au Tchad dans le cadre de l’opération Epervier, abattait un avion Tupolev hostile qui menaçait la capitale tchadienne N’Djamena.

    Le frère du régiment, le 403e régiment d’artillerie, détruisait alors ce bombardier au moyen de ses missiles Hawk.

    Sans relâche, nuit et jour, les hommes des onze détachements successifs des 401e, 402e et 403e régiments d’artillerie ont assuré une veille permanente et vigilante afin de pallier toute agression venant du ciel.

    Inauguration

    Cette cérémonie s’est voulue aussi émouvante, car ce fut l’occasion pour le père d’un soldat du régiment de dévoiler et inaugurer une plaque apposée dans une des allées où défilent les troupes, et ce, en mémoire de Mathieu Toinette, son fils, infirmier de classe supérieure mort au combat en Afghanistan le 11 janvier dernier.

    Un défilé des troupes a clôturé cette prise d’armes au 402e RA.


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    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Au carré des corps restitués du cimetière de l’Est : Trois corps pour un soldat

    Ici reposent Louis Masson et deux autres soldats tombés au front en septembre 1914
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  • L’HISTOIRE n’est pas banale. Il s’appelait Louis Masson, partit mourir dans la Meuse à l’aube de la Grande Guerre, le 24 septembre 1914, à 32 ans. Tué au court de gros combats à la bataille de la tranchée Calonne, il avait été jeté avec ses camarades dans une des fosses communes alors usitées. Aujourd’hui, il repose au cimetière de l’Est de Châlons, deux soldats inconnus à ses côtés.

    Il était au début du XXe siècle coutumier de se débarrasser des corps rapidement, et la forte chaleur de septembre-octobre 1914 rendait leur disparition d’autant plus urgente pour des raisons sanitaires. L’armée française n’avait d’ailleurs pas les services nécessaires pour s’occuper de toutes les dépouilles.

    Cet homme de Vouciennes (hameau voisin de Vitry-la-Ville), soldat de deuxième classe du 106e régiment d’infanterie, avait été recruté à Châlons. Après la guerre, ses parents, Louis et Mathilde Cagnon, ont souhaité recouvrer le corps de leur fils, profitant d’un édit facilitant le rapatriement des dépouilles.

    Deux compagnons

    Jusque-là, il était possible de rapatrier le corps d’un défunt - à condition d’avoir l’argent pour cela. Certains passaient par des entreprises plus ou moins honnêtes pour exhumer clandestinement leurs proches. Pour mettre fin à cela, l’État décida pendant deux ans, entre fin 1919 et 1922, d’assurer lui-même le retour des corps aux familles qui en faisaient la demande.

    L’histoire se fait alors touchante. À l’ouverture de la fosse commune, il fut impossible d’identifier les trois soldats enterrés ensemble ; on savait seulement que l’un d’eux était Louis Masson. Les parents étaient suffisamment désireux d’avoir leur fils près d’eux pour accepter ses deux compagnons.

    Et c’est pourquoi, au carré des corps restitués, au cimetière de l’Est de Châlons, on peut lire sur la tombe un hommage plutôt original : « Louis Masson, 6 juin 1882 - 24 septembre 1914, et deux soldats français inconnus, morts pour la France ». « C’est un fait assez exceptionnel, précise Alain Girod, membre de Mémorial-Genweb. Il fallait vraiment avoir envie d’avoir son fils auprès de soi pour entreprendre une telle démarche. »

    Ce coin de cimetière, concession gratuite obtenue de la mairie à l’époque par Mme Ulmann de la Croix-Rouge, résiste au temps, entretenu par le Souvenir français. Soldats de la Grande Guerre comme victimes de la Seconde y reposent en paix. Même ceux qui ont perdu leur identité.

    Caroline BOZEC


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    Union100909c - Marne
    BEZANNES : Beau succès pour le GCRB : 382 participants pour la rando Reims-Chemin des Dames

    Au retour de la randonnée Reims-Chemin des Dames : remise de coupes par Jean-Pierre Belfie, maire de Bezannes, et Jean-Pierre Bordeux, président du GCRB.
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  • La 32e édition de la randonnée Reims-Chemin des Dames organisée par le Groupe Cyclo Reims Bezannes a accueilli 382 participants sous un soleil radieux de septembre, avec cette année une randonnée pédestre au programme.

    C’était une innovation, mais avec l’appui de la section marche du foyer social et culturel de Bezannes, la collaboration devrait se poursuivre dans les années futures.

    Sans esprit de compétition

    Tous sont repartis satisfaits et souhaitent revenir en 2011. Une grande première pour cette randonnée avec la présence d’un Cyclo de Portland dans l’Oregon. L’activité du GCRB (association loi 1901, affiliée à la fédération française de cyclotourisme) est le cyclotourisme. Sa base géographique est Bezannes mais son activité s’étend sur toute la région rémoise. Le Club compte légèrement plus de 70 membres qui pratiquent le cyclotourisme sous toutes ses formes dont le VTT.

    Il est ouvert à tous ceux qui souhaitent pratiquer le cyclotourisme sans esprit de compétition.

    Prochaines sorties : le dimanche 3 octobre pour les Restos du Cœur, les dimanches 17, 24 et 31 octobre pour le brevet d’automne.

    L’assemblée générale du GCRB aura lieu le dimanche 28 novembre prochain.

    Contact : Jean-Pierre Bordeux, président. Tél. 03.26.03.17.73.


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    Union100909b - Marne
    REIMS : En attendant la Sidi-Brahim : Méchoui avec les Diables bleus

    Une tradition militaire bien ancrée.
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  • Respectueux de la tradition, les Diables bleus de Reims et de sa région (Amicale des anciens chasseurs à pied et alpins) ont organisé leur méchoui annuel dans le parc du lycée Saint-Joseph. 51 convives avaient répondu à l’invitation.

    Avant la dégustation des brochettes, des merguez et de l’agneau, le président José Domice a remercié les membres du comité pour l’organisation de cette journée et les convives pour leur présence, avant de rappeler les dates importantes :

    la « Sidi Brahim » et la passation du drapeau des Chasseurs le 18 septembre au Château de Vincennes, la « Sidi Brahim » du 10 octobre à Reims et la prochaine Marche silencieuse à Paris, en souvenir des soldats tombés en opérations extérieures (OPEX).

  •  Des photographies de cet événement sont disponibles dans notre galerie d’images


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    Union100909a - Marne
    SUIPPES : Villages détruits du Camp de Suippes : une journée exceptionnelle de visites dimanche

    Il ne reste plus que des ruines de ces communes entièrement rasées pendant le conflit.
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  • Des panneaux très explicatifs sur les villages détruits pendant la Grande Guerre.
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  • SUIPPES (Marne). Ce dimanche 12 septembre, des visites exceptionnelles des villages détruits du Camp de Suippes seront organisées de 9 heures à 19 h 30.

    JUSQU’ALORS des panneaux éphémères étaient installés devant les villages détruits du Camp de Suippes, mais de nouveaux supports d’information et de signalétique contant la grande histoire de ces sites, et favorisant leurs visites lors de journées exceptionnelles comme celle de dimanche, viennent de voir le jour.

    Ils sont le fruit d’un partenariat entre l’union et EDF. Les deux entreprises ont décidé de s’unir afin de financer ces nouveaux supports complets et amovibles…

    Navettes toutes les dix minutes

    Ils aideront et renseigneront les nombreux visiteurs attendus ce dimanche à l’occasion d’une visite exceptionnelle des villages détruits de Tahure, Perthe-lès-Hurlus, Hurlus, Le-Mesnil-lès-Hurlus (le village de Ripont n’est pas concerné).

    Cette opération spéciale devrait attirer petits et grands, amateurs d’histoire, sans oublier bien évidemment les descendants des habitants des villages détruits et des soldats tués au combat dans ce secteur.

    Pour participer à cette journée, il suffit de se présenter à l’accueil du camp de Suippes, un fléchage spécifique sera d’ailleurs installé depuis les grands axes vers les parkings du Camp. Sur place, la visite se fera en autocar-navette (départ toutes les 10 minutes avec participation aux frais de 1 euro par personne de plus de 18 ans).

    Dès 9 heures ce dimanche, les autorités procéderont à l’ouverture du Camp avec départ de la première navette. À 10 h 30, une cérémonie militaire du souvenir est programmée à Tahure, alors qu’une cérémonie religieuse suivra à Perthes-lès-Hurlus.

    À 12 h 30 et 15 heures : place à la musique avec des aubades de l’harmonie municipale de Suippes. À 18 heures : départ de la dernière navette pour une fermeture du Camp à 19 h 30.

    Tout au long de cette journée inédite, des animations sous des tentes sont prévues, une boutique de souvenirs se tiendra sur place avec la participation du Centre d’Interprétation Marne 14-18.

    Quatre pages dans l’union

    Des présentations de matériel militaire et parcours de simulation sont également programmés au quai d’embarquement SNCF. Expos et prestations d’un artiste de l’Orcca (Office régional culturel de Champagne-Ardenne) au Mesnil-lès-Hurlus et à Hurlus ; vente d’enveloppes prétimbrées à Perthes-lès-Hurlus ou encore exposition d’une association de Sommepy-Tahure avec démonstrations des Poilus de la Marne et présence d’un artiste : bref, le programme sera exceptionnel pour un vrai dimanche du souvenir.

    À l’occasion de cette journée, l’union publiera au sein du magazine du dimanche 12 septembre un reportage de quatre pages consacré aux villages détruits. De nombreuses anecdotes seront alors livrées pour chaque village avec photos d’époque et croquis à l’appui… Un document idéal, à conserver, qui permettra de mieux comprendre et appréhender ces terres gorgées d’histoire, notamment lors de la visite.

    D.Z.


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    VILLEVENARD : Un hommage mérité à Denis Niclet : Une plaque sur sa tombe

    Les membres du comité de la Légion d’honneur d’Epernay et la famille proche de Denis Niclet.
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  • Les membres du comité de la Légion d’Honneur d’Epernay sont venus à Villevenard pour honorer Denis Niclet. Une plaque commémorative a été posée sur sa tombe.

    C’est en présence de sa famille proche que cette cérémonie d’hommage à Denis Niclet vient d’être organisée au cimetière de Villevenard. Etaient également présents à cette cérémonie, Florence Niclet et Marie-Claude Rondeau représentant le maire, et les colonels Prado et Mérat.

    Les représentants de la commune ont rappelé que « Denis Niclet n’était pas « un enfant du village » au sens strict du terme car il n’y est pas né, mais il y est de cœur et cela depuis toujours. Avec son passé glorieux et sa stature, il était respecté de tous, jeunes ou moins jeunes ! Il ne laissait pas indifférent et chacun, à Villevenard, n’ignore pas qui il était. Il y repose maintenant, non loin de la tombe de l’Abbé François de Gaulle, oncle d’un très célèbre général. Notre cimetière gardera son repos et la commune n’oubliera pas son histoire, un morceau de notre histoire à tous ».

    « De son grade de caporal-chef, Denis Niclet a été le seul en France à être décoré par le Général de Gaulle dans la cour des Invalides » a souligné le colonel Mérat.

    Avant de déposer la plaque commémorative en reconnaissance de son passé patriotique exceptionnel, le président du comité de la Légion d’honneur d’Epernay, le colonel Prado a tenu à énumérer les décorations du légionnaire Denis Niclet preuve d’un passé glorieux, d’un grand résistant et d’un grand combattant.

    Après avoir posé la plaque commémorative sur la sépulture de Denis Niclet, toutes les personnes ont respecté une minute de silence pour ensuite aller se recueillir sur la tombe de l’Abbé François de Gaulle.


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    SAINT-JEAN-AUX-BOIS : Réparer un oubli de 75 ans

    Personnalités civiles et parents du sergent Ducret, victime de ce crash.
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  • La mémoire locale avait bien retenu la collision de deux bombardiers qui avait fait dix morts lors de manœuvres militaires le 5 septembre 1935. Des collectionneurs locaux pouvaient afficher de nombreux documents sur ce fait divers si tragique qui avait amené le ministre de la Guerre Jean Fabry à s’incliner devant les dépouilles et à arrêter les manœuvres momentanément en hommage aux victimes.

    Soixante-quinze ans après, la commune de Saint-Jean-aux-Bois a rendu un hommage officiel aux dix militaires victimes de ce crash et a inauguré une plaque qui réparera l’oubli et apportera apaisement aux familles des disparus. Cinq membres de la famille Ducret, dont la sœur de 86 ans et la fille du sergent-mitrailleur, étaient présents devant cette foule très nombreuse qui avait tenu à assister à cette cérémonie de reconnaissance.

    Guy Bertrand, maire de la commune, recadra l’événement. Bérengère Poletti, députée de la circonscription, sut lier l’histoire et le présent pour dégager les enjeux de telles manifestations patriotiques et fut invitée à dévoiler la plaque en compagnie du jeune Gaël que le maire avait associé à cette cérémonie comme représentant de la Jeunesse. Mme Faille, vice-présidente du conseil général accompagnée des conseillers du secteur Guy Camus et Patrice Demorgny, fleurit les parentes présentes d’une victime. Chantal a lu un poème écrit le 5 mai 1915 sur le champ de bataille et MM François et Seykens au clairon et Larue au tambour interprétèrent les sonneries.

    Les collectionneurs locaux et l’association « Racines de Jean Mermoz » qui présentaient une exposition remarquable sous la halle où se termina par un champagne d’honneur cette manifestation empreinte de simplicité et de recueillement avec une très forte présence de la population du secteur, dont les maires des communes voisines, et des associations d’anciens combattants avec une quinzaine de drapeaux.

    Saint-Jean a rendu un bel hommage aux dix victimes de cette collision aérienne (notre édition du 3 septembre dernier), leur histoire restera vivante sur les lieux-mêmes où les débris des bombardiers vinrent s’échouer, heureusement sans causer de victimes civiles.


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    MOURMELON : Sous un soleil radieux : La ville a fêté ses libérateurs

    Plus de 40 véhicules ont défilé dans les rues.
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  • Dimanche dernier a eu lieu la clôture des événements qui ont célébré la libération de Mourmelon.

    Ce rallye automobile organisé par l’UCCVE (Union des clubs Champardenais de véhicules d’époque) a fait ce dimanche sa pause méridienne à Mourmelon.

    Plus de 40 véhicules d’avant guerre ont défilé à midi dans les rues où ils ont été admirés et applaudis par les habitants. Ce fut un superbe hommage rendu au père de l’aviation moderne.

    Ne fut-il pas avant de défier les airs, coureur automobile ? N’avait-il pas avant de s’intéresser à l’aviation été carrossier en habillant des châssis Renault ?

    Tour à tour, coureur cycliste puis automobile, carrossier, aviateur, constructeur aéronautique et créateur des lignes Farman destinées aux transports de passagers, il est une des grandes figures de l’histoire du XXème siècle dont une page a été écrite à Mourmelon.

    Les 70 ans de la Jeep

    Une dizaine de Jeeps ont également paradé dans les rues de Mourmelon afin de célébrer le 70ème anniversaire de cette voiture mythique.

    Puis elles se sont arrêtées près d’un campement d’époque pour le plaisir des petits comme des grands.

    Le soleil étant aussi de la partie, le public nombreux a ainsi pu admirer les véhicules et partager des souvenirs et des anecdotes…

    L’exposition présentant des documents et costumes d’époque qui se tenait à la salle Louisiane depuis le 28 août, a connu un vif succès et a fermé ses portes ce dimanche.


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    Union100908a - Marne
    SEZANNE : Commémoration de la première bataille de la Marne : Mondement se souvient

    A Connantre, des gerbes ont été déposées au cimetière allemand et au monument aux morts.
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  • La délégation des vétérans du Royal-Fusilier de Londres est présente chaque année à Mondement.
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  • C’est sous un ciel limpide que se sont déroulées dimanche les cérémonies du 96e anniversaire de la bataille de la Marne en présence de nombreuses personnalités et élus.
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    Après la messe œcuménique, la montée des drapeaux et les hymnes des différents pays, la médaille militaire a été remise à Henri Turquin, soldat de première classe pour ses faits de guerre en Algérie.

    Les hymnes des différents pays ont été interprétés par la fanfare de Broyes-Fèrebrianges pendant la montée des couleurs.

    La commémoration s’est ensuite poursuivie à Fère-Champenoise En présence d’un détachement du camp de Connantray, des sapeurs-pompiers, des personnalités civiles et militaires, une gerbe a été déposée au monument aux morts puis à la nécropole nationale en présence d’une délégation de GRM vendéen toujours fidèle à cette journée de la mémoire.

    Nouvelle chorale

    Le petit-fils d’un soldat disparu a remercié tous les organisateurs après la prestation de la chorale du club loisir culture et bien-être qui entonnait avec brio les trois couplets de la Marseillaise.

    Une gerbe a également honoré à la mairie tous les Fertons qui ont défendu leur patrie vaillamment.

    Cette journée du souvenir s’est achevée à Connantre.

    Les porte-drapeaux, le détachement du 1er régiment du matériel de Metz de la 6e compagnie de Connantray, les pompiers connantrats, et des élus se rendus au cimetière allemand puis au monument aux morts de Connantre pour y déposer des gerbes.

    Après la lecture sur un passage de la guerre par Roger Andrieux, Michel Jacob, maire de Connantre a terminé par un discours.

     

     


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    Union100907a - Marne
    BIGNICOURT-SUR-SAULX – LE BUISSON : Commémoration : Les communes n’ont pas oublié septembre 1914

    Lors du dépôt de gerbe au monument aux morts de Bignicourt-sur-Saulx.
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  • Les drapeaux au monument de la 11e compagnie du 72e RI au Buisson.
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  • Journée de recueillement, dimanche à Bignicourt-sur-Saulx et au Buisson. Les deux communes ont effet terriblement souffert lors des combats de septembre 1914, qui ont fait de nombreuses victimes, civiles ou militaires.

    Ainsi, à la sortie de l’office religieux à Bignicourt, les personnes présentes se sont rendues au carré militaire du cimetière communal pour un lever des couleurs en présence de nombreux drapeaux. Après le dépôt de la gerbe, tous ont gagné le monument aux morts de la commune.

    Après l’appel des combattants et des nombreuses victimes civiles tués le 6 septembre 1914 sur le territoire de la commune, une gerbe a été déposée. « La Renaissance » de Chavanges assurait sonneries et Marseillaise. Dans la salle Marcel-Ahond, le maire de Bignicourt-sur-Saulx, Jean-Pol Barrois, a rappelé le sacrifice des soldats qui « ont laissé leur vie pour défendre nos villages ». Le conseiller général Christian Zapior a insisté sur l’importance de la paix : « paix en Europe, paix dans le monde et déjà… paix entre nous ! »

    Beaucoup de monde aussi dimanche matin en bordure de la RD 995, au Buisson. Conseillers général et régional, maires et élus municipaux, délégation de la gendarmerie, porte-drapeaux, pompiers, Souvenir français, musique « La Renaissance » de Chavanges, habitants du village… tous avaient pris place autour du monument érigé à la mémoire des poilus de la 11e compagnie du 72e RI. Après avoir rendu les honneurs et déposé une gerbe, les participants se sont rendus devant la mairie du Buisson pour l’appel des morts et un nouveau dépôt de gerbe.


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    Union100906b - Marne
    VERZENAY : Ils n’oublient pas

    Familles et témoins du drame sont toujours présents.
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  • A la même date, chaque année, une délégation d’anciens combattants du canton de Verzy se rend à la stèle érigée en mémoire de deux jeunes résistants FFI de Verzenay, Charly Péhu (24 ans) et Raymond Loron (21 ans), morts fin août 1944 au carrefour de Beine.

    Georges Quenardel, membre de cette section et témoin du drame, a retracé le déroulement des opérations en ces jours où villes et villages étaient délivrés par les Alliés. Malheureusement, ces deux jeunes n’ont pas vu les Allemands cachés dans un fourré… qui ne leur ont laissé aucune chance.

    Une gerbe a donc été déposée au pied de la stèle et une minute de silence a été observée à la mémoire de ces deux résistants.

    Jacques Busin, maire adjoint, a rappelé le soutien de la municipalité à cette cérémonie et a soutenu que cette stèle serait toujours maintenue en état « parce que c’est notre devoir de mémoire


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    Union100906a - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Visite du siège de la Gestapo à Châlons

    Au mur, une photo de la salle de torture
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  • La police de sûreté du IIIe Reich a sévi à Châlons tout le temps de l’occupation. On peut parfois visiter son ancien siège, situé cours d’Ormesson.

    LES décors sont glaçants, comme on pourrait s’y attendre au fond des caves utilisées par la Gestapo.

    Cours d’Ormesson, cette maison qui à l’extérieur semble si banale est connue pour avoir hébergé, pendant l’Occupation, le siège de la Gestapo. C’était en réalité, corrige la guide Michèle Colson, le siège de la Sipo (Sicherheitspolizei, police de sûreté du Reich).

    Cela n’a pas changé grand-chose pour les résistants qui y ont été emprisonnés et torturés entre 1940 et 1944.

    Le local à l’entrée expose des photos des destructions châlonnaises lors de la prise de la ville par les forces allemandes le 12 juin 1940, et celles subies à la Libération le 29 août 1944. Une carte des camps de concentration rappelle le sort de nombreux résistants déportés après les interrogatoires.

    Mais c’est en bas des escaliers, dans les sous-sols isolés, en béton, que l’on prend contact avec la dure réalité de la guerre et des crimes commis contre les résistants.

    Crimes de guerre

    Quelques décrets de la Feldskommandantur sont accrochés là. La salle de torture ne se visite plus : « Il faut arrêter de jouer les voyeurs, explique la guide. Et puis les gens ne pouvaient pas s’empêcher de toucher. »

    Une photo noire et blanc, avec en légende « sous-sol étayé, certains résistants étaient ligotés aux étais », suffit largement. Le cachot (à distinguer de la cellule qui est presque décente) est offert à la vue du visiteur. Impossible de s’y mettre debout, le sol y est sale, l’odeur sinistre.

    On n’y était pas à l’abri d’une remontée du Mau.

    Et la lourde trappe de bois permettait de plonger les captifs dans le noir total. « C’est là qu’ils envoyaient les plus récalcitrants », explique Michèle Colson. À côté, on peut visiter deux cellules, de même pas deux mètres sur cinq. Elles étaient à l’époque garnies de matelas noircis par les tâches de sang. Sur les murs, des encoches, calendriers, « V » de la victoire gribouillés par les prisonniers. Groupe Tritant

    Dans la pièce voisine, des portraits ont été affichés. « Héros de la Résistance » est inscrit au-dessus de la photo et des faits de guerre de ces morts pour la France.

    Ils sont regroupés par mouvements de résistance, dont le plus proéminent était peut-être le groupe Tritant, 5 fusillés, 14 déportés sur 24, 2 tués lors des bombardements. Les catégories comptent finalement peu face au sort qu’ils ont subi.

    Louis Nascimbéni, né en Italie, mort les armes à la main fin 1944 ; Robert Meunier, né en 1919 à Vitry, fusillé à Genas sans avoir parlé sous la torture, le 12 juillet 1944 ; Maurice Joussier, déporté au camp Oranienburg-Sachsenhausen où il est décédé le 14 février 1945…

    La liste est longue.

    Parmi les photos, des lettres, dont celle de Gilbert Cagneux, 22 ans, écrivant un dernier mot à ses parents. C’est, au cœur de la ville, le rappel du coût de la liberté.

    Caroline BOZEC

    D’autres visites seront organisées par l’office du tourisme au début de l’année prochaine.


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    Union100905g - Marne
    Bouquins

    Un Spitfire, légende de la bataille d’Angleterre et son extraordinaire aile elliptique.
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  • Un Spit en maraude, un Mark VI… (Photo DR)
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  • Les pilotes que nous venons d’évoquer, Adolf Galland et Douglas Bader, principalement, étaient des gentlemen en sus d’être de grands guerriers. Comme leur pair français Pierre Clostermann, ils ont raconté leur expérience de la guerre et du combat aérien.

    Ainsi, Adolf Galland a-t-il publié « Die Ersten und die Letzten », soit en français « Les premiers et les derniers », livre qui a été malheureusement massacré dans l’immédiat après-guerre par une traduction-résumé française lamentable, sous le titre de « Jusqu’au bout sur nos Messerschmitt ».

    Pour ceux qui n’ont connu que ce récit, il convient de se référer à la traduction de Yves Michelet qui concerne l’intégralité du texte original de Galland, soit environ 600 pages. Pour l’anecdote, Galland était un dandy, qui aimait la vie autant que l’aviation, il se pliait mal à la discipline. Son ami Gerhard Schöpfel décrit ainsi celui qui était alors son Gruppenkommandeur : « Galland cultivait l’art de vivre à l’extrême. Gros fumeur, il abattait ses vingt cigares quotidiens, et privilège suprême, l’habitacle de son Bf 109 était doté d’une réserve de havanes et d’un allume-cigares. »

    Douglas Bader, extraordinaire pilote, a vu sa vie et ses combats relatés par Paul Brickhill dans « Bader : vainqueur du ciel ». Éditions Flammarion, collection « L’aventure vécue ».

    Il a bien connu Adolf Galland pour avoir été son prisonnier, en France. Le 9 août 1941, l’Anglais avait du abandonner son Spitfire, endommagé par les débris d’un Me 109, alors qu’il venait d’en abattre deux autres au-dessus de Saint-Omer.

    Contraint de sauter en parachute Bader s’extirpa de son cockpit en y laissant l’une de ses deux prothèses. Blessé en arrivant au sol, puis soigné par les médecins de la Luftwaffe, Bader fut l’hôte de Galland et des officiers de la JG 26 qui l’admiraient et dont il avait combattu les appareils. Galland offrit une visite de la base de la Luftwaffe à Bader, en cabriolet, il put même s’installer dans un Me 109… sans être autorisé à décoller.

    Galland fit même savoir à la RAF que Bader était vivant, mis qu’il réclamait de nouvelles prothèses et une pipe neuve. La RAF livra ce colis lors d’un bombardement de l’aérodrome de Saint-Omer…


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    Union100905f - Marne
    REIMS : Au fort de la Pompelle : le monument aux soldats russes enfin érigé

    Hier, un homme en tenue d’époque était présent lors de l’inauguration de la plaque rendant hommage au Corps expéditionnaire russe.
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  • Hier, et dans le cadre de l’année croisée entre nos deux pays, un monument est sorti de terre au fort. Pour se rappeler que 17 000 Russes se sont battus à Reims durant 9 mois.

    IL aura fallu attendre plus de neuf décennies mais ça y est, un monument rendant hommage à l’implication des troupes russes durant la Première Guerre mondiale autour du secteur de la Pompelle est enfin sorti de terre. Et il était grand temps. Car l’Histoire a la mémoire courte et parfois sélective.

    Ainsi, ils sont peu nombreux à savoir qu’un contingent de 17 000 fantassins avait été envoyé par le tsar Nicolas II, en accord avec le sénateur Paul Doumer, pour se battre et ainsi honorer une alliance franco-russe vieille de 25 ans. La participation aux combats des Russes durera 9 mois, entre juillet 1916 et mars 1917. C’est Jean Giono, le célèbre auteur qui, dès 1920, fera mention de la présence et des combats des Russes à proximité du fort de la Pompelle. Au travers d’une nouvelle intitulée Ivan Ivanovitch Kossiakoff, que l’on retrouve dans Solitude de la pitié, l’auteur nous confie sa vie avec les soldats du Corps expéditionnaire. C’est d’ailleurs avec deux soldats russes que l’écrivain français partage une chambre au cœur d’une casemate du fort, et qu’il accompagne au poste de signalisation, « une petite cagna étroite avec des hublots carrés où, à l’aide d’une lanterne, ils communiquent en morse avec les batteries d’artillerie qui ont pris position de l’autre côté du canal ».

    Plaque bénie

    En 2006, une première cérémonie de commémoration avait été organisée. Il s’agissait de se souvenir du 90e anniversaire de l’arrivée de ces troupes, qui, après avoir été formées au camp de Mailly, se retrouvaient propulsées au cœur des combats. Samedi, il s’agissait de concrétiser une relation de longue haleine.

    C’est un entrepreneur de Saint-Brice-Courcelles qui est l’auteur de la plaque dévoilée hier. Une œuvre financée par plusieurs entités, notamment l’ambassade de Russie en France. Justement, et pour souligner la portée symbolique de l’événement, Alexandre Orlov, ambassadeur de la Russie en France, avait d’ailleurs effectué le déplacement pour l’occasion au fort de la Pompelle. Adeline Hazan, maire de Reims et présidente de la communauté d’agglo, Jean-Paul Bachy, président du conseil régional et René-Paul Savary, président du conseil général, étaient tous présents pour cette cérémonie.

    Pour la petite histoire, la plaque dévoilée à la mémoire des 17 000 soldats russes a été bénie par un prêtre orthodoxe dans la plus pure tradition. Respect oblige. La maire de Reims n’a pas oublié de souligner les relations de la Ville avec la Russie et notamment « le partenariat qui se développe entre l’université de Reims Champagne-Ardenne et l’université d’État d’Orel ».

    Si l’heure était bel et bien au souvenir hier, le démantèlement de certaines brigades russes et leur emprisonnement dans des camps militaires français, notamment à la Courtine dans le département, n’ont en aucune manière été évoqués. Diplomatie oblige.

    Th.D.


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    Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France

    L’ambassadeur Orlov s’est réjoui de cette démarche d’hommage.
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  • Nommé depuis octobre 2008, ambassadeur plénipotentiaire de Russie en France, Alexandre Orlov, de retour d’une visite à « vocation économique » dans le port de Brest, est revenu sur la lourde symbolique de l’érection de ce monument.

    « C’est un moment unique que nous partageons. Pour les Russes de France et tout le peuple de mon pays, c’est un jour qui marquera l’Histoire. C’est le premier monument de ce type dévoilé à la mémoire du Corps expéditionnaire russe.

    Il était temps de rendre justice à ces hommes qui ont combattu et donné leur vie pour défendre les valeurs de liberté durant la Première Guerre mondiale. Sans oublier le sacrifice de la Russie durant la Deuxième Guerre. Dans les époques troubles, la Russie et la France ont toujours su se rapprocher et se montrer solidaires.

    Aujourd’hui, durant cette « année croisée » de nos deux pays, cette plaque est l’illustration, une fois de plus, de l’entente et du développement prodigieux des relations entre nos deux États. Il faudra continuer dans ce sens, il n’y a que par le travail en commun que nos deux pays pourront continuer à se développer ».


    ……….

    La présence russe en 5 dates

  •  Janvier 1916 : d’après les volontés du tsar Nicolas II, la 1re Brigade Russe Spéciale voit le jour. Elle est composée de deux régiments rassemblant plusieurs milliers d’hommes.
  •  Juin 1916 : la Brigade Russe débarquée de Marseille prend ses quartiers dans le secteur de Suippes-Auberive puis au camp de Mailly.
  •  Fin 1916-début 1917 : les deux brigades du corps expéditionnaire russe occupent le Fort de la Pompelle.

    Les combats sont intenses, les pertes particulièrement nombreuses aux abords du site.

  •  Mars 1917 : la 1re Brigade Russe Spéciale relève la152e brigade (365 RI et 229 RI) dans le secteur de Courcy, après une courte période d’instruction au camp de Ville en-Tardenois en vue de la préparation d’une offensive de masse.
  •  Avril 1917 : l’offensive du Chemin des dames est initiée par Nivelle. Les Russes enregistrent des pertes terribles. Plus de 5 000 morts au combat. Paradoxe de l’Histoire, c’est ce même 16 avril que Lénine, en provenance de Suisse dans un wagon « plombé », arrive en Russie pour provoquer la Révolution et mettre à bas le régime tsariste.


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    Union100905e - Marne
    VOUZIERS : Un Ardennais exilé rapporte un épisode méconnu d’août 1870 : Les ordres volés de Germont

    J.-P. Gilotin a en sa possession une tschapka du 3e Régiment de Uhlan de la Garde du Modèle 1867. On ne sait si elle coiffait l’un des protagonistes des événements de Germont.
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  • SI les traces de la Première Guerre mondiale sont encore bien visibles dans les cantons du Sud-Est des Ardennes, il n’en est pas de même pour celles de la guerre de 1870, malgré quelques combats qui comptèrent dans le déroulement de cette guerre et son triste épilogue.

    C’est dans le village de Germont, le 29 août à 3 heures du matin, que s’est passé un épisode peu connu, mais lourd de conséquences, que nous rapporte J.P. Gilotin, ayant habité Germont de 1980 à 1991, actuellement habitant dans la Drôme.

    En août 1870, le maréchal de Mac-Mahon reconstitue une armée, dite armée du camp de Châlons, pour protéger Paris. Le 21 août, l’armée de Mac-Mahon se dirige vers Reims, mais reçoit l’ordre de prendre la direction du Nord pour aller prêter main-forte à l’armée du Rhin du maréchal Bazaine, retranché avec ses 170.000 hommes, sous le camp fortifié de Metz assiégé par la Ie et IIe armée allemande.

    Pour éviter les Prussiens, Mac-Mahon décide alors de remonter vers les Ardennes pour ensuite se diriger sur Metz, mais il sous-estime les forces adverses. Au gré des événements, il pensera passer la Meuse vers le secteur de Stenay puis plus au nord, à Mouzon et Rémilly, pour se porter ensuite sur Carignan, et de là vers le sud. Les ordres du 28 au soir visaient à ce que des corps rallient respectivement le lendemain Raucourt, Beaumont, La Besace et Mouzon.

    Le général Douay (7e corps), qui avait quitté Boult-aux-Bois à 10 heures du matin, marchait très lentement, pensant que les Allemands tenaient déjà Buzancy et la forêt de Dieulet. Une masse de cavalerie apparut sur nos arrières. Ce n’était qu’une alerte, car les Allemands ne voulaient nullement attaquer, mais seulement voir. Un peu plus loin, ce fut un escadron prussien qui déboucha sur l’avant-garde et qu’il fallut chasser à coups de fusil. Le mauvais état de la route aidant, c’est à 7 heures du soir seulement que le 7e corps atteignit Oches.

    A 3 heures du matin, l’attaque

    Pendant ce temps, le 5e corps était soumis à rude épreuve. Le maréchal avait expédié les ordres concernant les 5e et 7e corps par le même officier, le capitaine d’état-major de Grouchy. (Il est des noms que l’histoire retient à divers titres.) Celui-ci, sa mission remplie auprès du général Douay, se trouva fort embarrassé pour joindre le général de Failly, dont il ignorait la position exacte, et, sur l’indication qu’on avait vu le soir des feux de bivouacs à Bar, reprit la route de Boult-aux-Bois à Buzancy. A 3 heures du matin, arrivée à Germont, à 2.500 mètres à peine, l’escorte qui l’accompagnait fut aperçue par une patrouille de Uhlans du 3e Regiment de la Garde qui, demandant aussitôt l’appui d’un escadron d’avant-postes, se jeta sur nos cavaliers, les bouscula et s’empara de la personne et des papiers du capitaine de Grouchy. Les dits papiers étaient des dépêches contenant l’avis du Commandant en chef des forces françaises pour la journée du 29 août. Cette fatalité acheva la ruine de nos troupes, puisque le Géneral von Molkte n’eut aucune peine à en conclure que l’armée française marchait vers la Meuse.

    La triste bataille de Beaumont, puis les journées douloureuses de Sedan, furent les conséquences directes de cet épisode.


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    Union100905d - Marne
    CONNANTRE : Un lieu de mémoire singulier à Connantre : Le cimetière allemand qui devait être français

    Roger Andrieux va prononcer son discours aujourd’hui au cimetière allemand de Connantre.
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  • L’Histoire a souvent joué des tours à plus d’un. Même aux hommes bons. Les cérémonies de commémoration de la Première bataille de la Marne s’arrêtent tous les ans au cimetière allemand de Connantre. Et ce dimanche 5 septembre ne fera pas exception.

    De l’histoire locale pour le discours

    Depuis trois ans, Roger Andrieux, capitaine d’honneur des sapeurs-pompiers de la commune et ancien chef de la caserne, prononce un discours lors de cérémonies. Il raconte plutôt une histoire.

    « J’essaie d’apporter un plus à la cérémonie, explique-t-il, je change le thème des discours à chaque fois. » En toute simplicité, Roger Andrieux a pris l’habitude de livrer quelques pans d’histoire, locale ou pas, lors des cérémonies commémoratives.

    Et ce dimanche 5 septembre au cimetière de Connantre, il va évoquer l’histoire de ce lieu, qui a eu un destin particulièrement singulier. « Ma proposition d’évoquer la création du cimetière allemand de Connantre a été bien accueillie par l’association Mondement 14, raconte Roger Andrieux, car si beaucoup de gens viennent se recueillir dans ce cimetière, bien peu en connaissent l’histoire. »

    8 931 soldats allemands sont inhumés au cimetière de Connantre. 536 d’entre eux ont eu la chance d’être identifiés et possèdent leur croix noire. Les restes des 8 400 autres soldats allemands reposent dans deux ossuaires.

    Deux prisons, un camp et un hôpital

    Ces soldats proviennent de soixante-sept communes du Sud-Ouest marnais. Comment ce cimetière a-t-il bien pu être créé à cet endroit ? « Le marquis de Bryas de Connantre a été tué au tout début de la Première guerre et son épouse a donné un terrain pour qu’on y aménage un cimetière », explique Roger Andrieux.

    L’endroit était plutôt « propice », a la création d’un cimetière. À côté de ce terrain se trouvaient deux prisons, un camp et un hôpital, « où l’on soignait des soldats de toutes nationalités, raconte Roger Andrieux. À la fin de la guerre, les corps ont été relevés et il a fallu trouver des cimetières ».

    La préfecture a décidé que le cimetière militaire français resterait à Fère-Champenoise et que le cimetière militaire allemand prendrait place sur le terrain donné par la marquise de Bryas. Celle-ci ne s’est pas montrée particulièrement heureuse de ce choix. Mais le cimetière a été officiellement inauguré en 1923 et demeure le seul cimetière militaire allemand du Sud-Ouest marnais.

    Guillaume TALLON

    Ce dimanche 5 septembre, à 17 h 30, dépôt de gerbe au cimetière allemand de Connantre. Et à 18 h 15, dépôt de gerbe au monument aux morts de Connantre.


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    Union100905c - Marne
    VARENNES : Jean-Chrisosthome Guillaume, compagnon de Jean-Baptiste Drouet : Le deuxième homme de Varennes

    Drouet et Guillaume restent associés sur la plaque de l’ancien relais de poste de Sainte-Ménehould.
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  • C’est dans l’armée qu’a débuté Jean-Chrisosthome Guillaume.
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  • Une plaque, située près de l’actuel beffroi de Varennes, indique l’emplacement de « l’auberge du bras d’Or », devant laquelle la route du roi s’est arrêtée
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  • Sur la plaque posée à Varennes-en-Argonne, les noms de Guillaume et Drouet apparaissent ensemble.
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  • DANS leur publication de 2010, Les Études marnaises, éditées par la Société d’agriculture, commerce, sciences et arts du département de la Marne, sous la plume de Jean-Paul Barbier, évoquent la vie d’un Ménéhildien moins célèbre mais pourtant acteur initial du drame historique de Varennes, Jean-Chrisosthome Guillaume. L’auteur n’est pas inconnu dans la cité. Son talent s’est déjà exercé sur le rappel biographique d’un autre Argonnais, Collin de Sucy, ministre de Napoléon. Une conférence et un texte dans Horizons d’Argonne avaient, en leur temps, évoqué cette étude. Cette fois, l’auteur, avec un luxe de références exceptionnel, fait revivre celui qui, aux côtés de Drouet, est aussi entré dans l’histoire.

    Les Ménéhildiens, désormais, peuvent suivre la vie de ce compagnon du célèbre maître de poste. Il est fils de l’aubergiste à l’enseigne de La hure qui se tenait « route de Châlons, rue Florion, près du pont de pierre, au coin gauche du quai sur l’Aisne en allant vers le centre de la ville jusqu’à la place de Guise ». Une auberge importante, très fréquentée, un établissement qui aura à assurer, entre autres, la nourriture des 95 gardes clermontois au retour du roi, lors de son évasion manquée.

    L’auteur nous révèle que le père est originaire de Voilemont, que la famille de sa mère est ménéhildienne, qu’il sera l’aîné d’une famille de quatre enfants. Sans connaître son parcours scolaire, on apprend qu’il dispose d’un niveau convenable, au moins pour l’écriture.

    Analogie avec le parcours de Drouet, c’est dans l’armée qu’on le voit débuter, aux dragons de la reine, de 1786 à 1790. « Un grand gaillard pour l’époque… des cheveux et sourcils châtains », préférant utiliser Christophe comme prénom. Il revient à Menou le 18 août 1790 et y trouve un emploi de secrétaire au bureau du Directoire. A la mairie, on a noté la présence du futur maire, Farcy. Rien ne se passe jusqu’à cette fameuse soirée de juin 1791, à la réunion du Conseil au cours de laquelle, son grand-père, officier municipal à l’hôtel de ville, le propose pour accompagner Drouet.

    Glorieux puis ruiné

    Les péripéties du début de la nuit sont connues. Avec Drouet, ils retournent tous les deux à Sainte-Ménehould vers 4 heures du matin. Le 22 juin, la municipalité rédige la relation des événements, prend possession des fugitifs royaux, les présente au balcon de l’hôtel de ville. L’après-midi, tandis que l’escorte se met en marche, les deux cavaliers héros du jour et leurs montures précèdent le cortège, sont à Orbeval alors que le comte de Dampierre sera tué, puis gagnent Paris, toujours à cheval, pour y arriver le 24 juin.

    Débutent alors pour eux les festivités et la gloire. Trois semaines commencées à la municipalité, puis à l’Assemblée nationale. Ils sont pris en charge, Guillaume loge chez un sculpteur, Curtius, boulevard du Temple. Réceptions, remises d’épées d’honneur, présences aux spectacles. L’auteur rappelle que la municipalité locale dépêchera Farcy pour tenter de faire profiter la Ville de matériel et d’armes pour la garde nationale, demande qui ne sera que partiellement satisfaite.

    Au retour, ils sont honorés, les plaques de cuivre apposées sur leurs demeures, les indemnisations votées. Drouet se retrouve à l’état-major de la garde nationale comme commandant en chef, et Guillaume, commandant en second. Ils demandent à entrer dans la gendarmerie, iront à l’Assemblée à Paris pour le réclamer, mais n’obtiendront pas satisfaction.

    Guillaume reprend du service lors de la guerre contre l’Autriche, sera sous-lieutenant aux 11e Dragons de l’armée du Rhin. On le retrouve aux différentes revues de son régiment en 1793, date à laquelle il revient à Sainte-Ménehould.

    Il s’y marie. Il quitte à nouveau l’Argonne, sert en 1795 comme commissaire d’un dépôt de cavalerie à Auch. Avec la dissolution de l’armée d’Espagne, il regagne Sainte-Ménehould en 1795. Il y est sans emploi, tente, par l’entremise de Drouet et de Barras, d’entrer dans la gendarmerie. Marié à Marie-Anne Fenaux, et père de deux filles, il quitte Sainte-Ménehould, s’installe à Châlons comme négociant en vins et fourrage, semble faire de bonnes affaires et revient à Menou.

    En 1808, les affaires tournent mal. Pour s’installer à La Camuterie où il continue son activité de négociant, il lui a fallu emprunter. Ses possibilités dépassées, il lui faudra vendre petit à petit ses propriétés, se réinstaller rue des Capucins, et le 2 juin 1814, voir enfin la clôture de ses procès pour dettes. Son ami Drouet meurt en 1824.

    En 1831, après la vente de la maison familiale, il termine sa vie modestement. On le décrit dans son verger de la côte Leroy où il a une maisonnette, barbe blanche, entouré de ses lapins et de ses pigeons.

    Là, un soir d’hiver, longeant sa maisonnette, près d’un tonneau défoncé placé sous une gouttière, il fait une chute accidentelle et est pris de congestion. On le retrouve mort à 9 heures du soir, ce jour du 29 février 1840.

    Pour conclure, on se doit de laisser à la plume de Jean-Paul Barbier le dernier mot, avec l’ombre de Drouet en fond de décor : « Deux hommes étaient sortis de l’ombre le 21 juin 1791… L’un sera député… L’autre, négociant ruiné, cultivera ses légumes… Mais ils restent associés sur la plaque de l’ancien relais de poste de Sainte-Ménehould et sur la plaque posée à Varennes-en-Argonne ».


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    Union100905b - Marne
    SUIPPES : Visite des villages détruits du camp de Suippes, dimanche prochain : Une journée pour se souvenir

    Ce sont les ruines de Hurlus, les plus spectaculaires du camp de Suippes, qui témoignent le mieux de la dévastation de la guerre.
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  • Le village de Perthes-les-Hurlus a été détruit dès le début de l’hiver 1914-1915.
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  • CINQ villages, détruits en quelques mois par les canons français et allemands, dévastés au point de n’être jamais reconstruits. Perthes-les-Hurlus, Hurlus, Le Mesnil-les-Hurlus, Tahure Ripont : les cinq hameaux, disséminés sur 14 000 hectares, placés sur la ligne de front de la guerre de tranchées, rayés de la carte en 1914 et 1915, symbolisent aujourd’hui la violence de la Grande Guerre sur le front marnais.

    Aujourd’hui situées sur le camp militaire de Suippes, les ruines sont inaccessibles. Hormis dimanche prochain. Comme tous les ans, le centre d’entraînement des brigades ouvre le 12 septembre ses portes le temps d’une journée pour se remémorer les morts ou déplacés de la Première Guerre mondiale.

    Table rase

    Visites commentées, cérémonies militaire et religieuse, participation de quatre artistes (chants religieux, exposition de photos, drapeaux…), à l’initiative de l’Office régional culturel de Champagne-Ardenne. Des milliers de visiteurs sont attendus, répartis dans des bus navette toutes les dix minutes, pour rendre hommage, aussi bien aux soldats morts ici dans le terrible conflit qu’aux villageois qui ont perdu leurs maison, village et amis.

    Les habitants de la région avaient été, dans leur grande majorité, évacués. À Perthes-les-Hurlus, sur 151 villageois, seule une vingtaine restait au soir du 2 septembre. L’artillerie allemande a fait table rase des maisons, du fameux moulin et de l’église, dès le début de l’hiver.

    Le Mesnil, 97 habitants, était célèbre dans le coin pour son église, qui comprenait un retable du XVIe siècle (aujourd’hui au musée de Châlons), et où les pèlerins s’arrêtaient pour rendre hommage à saint Pantaleon, patron des médecins et nourrices. Les attaques très meurtrières menées sur le sol du village du 22 au 25 septembre n’ont presque rien laissé du village. Seuls subsistent aujourd’hui des vestiges de l’église, récemment mis à jour.

    « J’étais à Tahure »

    Hurlus, 88 âmes, a subi le même sort. L’église du XIIIe siècle, atteinte par un obus en décembre 1914 puis touchée par les bombardements à répétition, s’est effondrée ; les habitations ont été dévastées. Ce sont ses ruines, les plus spectaculaires du camp, qui témoignent le mieux de la dévastation.

    Tahure est restée un symbole. On disait après la guerre « J’étais à Tahure » comme on racontait « J’ai fait Verdun ». Le mois d’octobre 1915 y a été particulièrement terrible pour les Poilus. Le village avait été déserté très tôt, lors de la fuite effrénée des 185 habitants devant l’arrivée des régiments de cavaliers allemands. Le village de Ripont, détruit à Pâques 1915, n’est pas accessible au public.

    Certains visiteurs reviennent tous les ans, glanant à chaque fois quelque nouvelle information.

    D’autres s’attardent là sur les traces, qui d’un arrière-grand-père, qui d’un grand-oncle. D’autres rendent hommage à ces inconnus morts pour leur pays. Entre les explications fournies, de longs silences d’hommage dans l’assistance. « Ce que nous avons fait, disait le romancier-poète Maurice Genevoix, c’est plus qu’on ne pouvait demander à des hommes, et nous l’avons fait. »

    Caroline BOZEC


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    Tout le programme

    Dimanche 12 septembre, les visites commentées en bus débutent à 9 heures. Une cérémonie militaire est prévue à Tahure à 10 h 30, suivie à 11 h 30 par une cérémonie religieuse à Perthes-les-Hurlus. L’Harmonie municipale de Suippes donnera des aubades entre 12 h 30 et 15 heures. La dernière navette partira à 18 heures, et le camp fermera à 19 h 30.

    La visite ne coûte qu’1 euro, au-dessus de 18 ans. Restauration rapide sur place. Accueil sur le camp militaire de Suippes, renseignements au 03.26.68.24.09. Le tour inclut une présentation des matériels militaires sur le parcours de tir (char Leclerc, véhicules avant-blindés…)

    Dans la ville de Suippes, de 10 à 13 heures et de 14 à 18 heures, le centre d’interprétation Marne 14-18 sera ouvert ce jour-là au tarif exceptionnel de 3 euros.


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    Union100905a - Marne
    HISTOIRE : 1940


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    L’Angleterre résiste au Blitz

    La Luftwaffe bombarde Londres. Ici un incendie sur Oxford Street après la chute d’une bombe de 250 kg.
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  • RAIDS. Le Kanal-kampf, la bataille de la Manche, qui a déjà semé la désolation sur la côte sud se propage jusqu’à Londres. Churchill y voit l’instant décisif où Hitler engage la conquête de la Grande-Bretagne. Et le mot d’ordre est simple : s’y opposer par tous les moyens.

    La situation est grave mais n’est pas désespérée pour le Premier ministre du Royaume-Uni dont la ténacité et l’entêtement sont une vigoureuse leçon donnée par un optimiste indestructible. La Luftwaffe a quelque peu délaissé les ports pour s’attaquer aux stations radars qui font que toutes les attaques allemandes sont signalées à l’état-major. Elle veut surtout anéantir la RAF afin d’acquérir la maîtrise totale du ciel britannique. Les descriptions sont toujours les mêmes. Des norias de bombardiers Heinkel agissent par vagues successives. Bien protégés par des chasseurs Messerschmitt 109 et 110, ils déversent leur cargaison de mort et pilonnent méthodiquement chaque terrain d’aviation identifié. Pour contrarier la force ennemie, les Anglais s’appuient sur le réseau très dense d’alerte que Churchill veut voir maintenu, coûte que coûte.

    Les pilotes de chasse de la RAF sont guidés vers les vagues d’assaut. Ils ont ordre de s’en prendre prioritairement aux bombardiers. Tandis que les Britanniques envoient au tapis 367 appareils allemands, ils en perdent 183. Sur les six stations radars attaquées par les Stuka, deux sont désormais inopérantes tandis que les terrains de la chasse à Kenley et Biggin Hill sont inutilisables. Comme les usines de l’aéronautique ont également été la cible de l’ennemi, la production du redoutable chasseur britannique, le Spitfire est fortement freinée. Les stocks sont à leur plus bas niveau et les pilotes, trop sollicités, sont très fatigués donc plus vulnérables.

    Dans les premiers jours de septembre, le commandement de l’air ne fait pas dans la dentelle auprès de Churchill. Il résume ainsi la situation : « Le contexte est critique ».

    Si la violence s’accroît c’est en réponse au bombardement le 24 août par la Luftwaffe de la banlieue de Londres. Courroucé par ce drame, le Premier ministre anglais donne immédiatement l’ordre à la RAF de frapper Berlin. Cette décision est lourde de conséquences d’autant que le raid est commandé avec un minimum de préparation. La frappe a lieu mais c’est un échec puisque sur les 81 bombardiers chargés de l’exécuter, 29 seulement parviennent à survoler la capitale allemande et à lâcher leurs bombes. Les dégâts sont insignifiants mais Churchill ordonne le renouvellement de l’opération. Il pousse Hitler à bout et le führer ordonne des représailles massives partout où cela est possible. Au cours de son discours du 4 septembre 1940 au Sportpalast, il vocifère et éructe contre la Grande-Bretagne : « Les Anglais doivent savoir que nous raserons leurs villes. Ceux qui survivront dormiront à la belle étoile pour longtemps ». Hystérique, ordonnant à Goering de mobiliser toutes ses forces pour ne faire de Londres qu’un gigantesque incendie, Hitler commet une lourde erreur. Le 6 septembre, alors que la RAF dont le pôle de soutien au sol est fortement endommagé, cumule les dysfonctionnements opérationnels, la Luftwaffe abandonne les objectifs militaires pour se concentrer sur les métropoles anglaises. Les dégâts signalés sont énormes et tous les corps de sapeurs-pompiers sont débordés, réclamant des volontaires supplémentaires. Le calvaire pour les civils n’en est qu’à ses débuts. Toutes les équipes militaires de réparation sont mobilisées pour reconstituer les liaisons et rétablir le maillage opérationnel du territoire. Les escadrilles décimées sont reconstituées et affectées selon de nouveaux critères. Pour surprendre l’ennemi là, où il s’y attend le moins. Et cela paie. La deuxième semaine de septembre s’avère un calvaire pour la Luftwaffe. Chaque jour, les pertes allemandes augmentent. Rien que le 15 septembre, elles sont de cinquante-six appareils dont trente-quatre bombardiers. Goering informe le führer que le niveau des pertes est insupportable. Dans le même temps pour convaincre Hitler que tout débarquement en Grande-Bretagne est voué à l’échec, Churchill ordonne à la RAF de pilonner les différents navires de débarquement qui ont été répartis dans les ports entre Ostende et Le Havre. Toutes les escadres d’invasion sont ciblées. La désorganisation chez l’ennemi est patente et il simple impossible de restructurer les unités avec les bâtiments qui n’ont pas été envoyés par le fond avant le retour de marées très défavorables à une opération amphibie. Le Premier ministre anglais a finalement eu raison d’être impulsif et de balayer d’un revers de main, les stratégies de ses officiers généraux. Aussi gagne-t-il encore en popularité avec un peuple résolu, arc-bouté, ayant une volonté farouche de l’accompagner dans la résistance au nazisme et à sa culture de mort.

    On approuve son anticipation d’un débarquement allemand. Les champs, les prairies et même certains terrains de golf sont équipés de pièges à tanks et d’obstacles de tous les genres destinés à gêner la mobilité de moyens tout juste sur terre. On fait appel au bon peuple qui fournit à la fois des carcasses de vieux véhicules et jusqu’à des vieux sommiers ! Dans les villages des groupes de volontaires se mobilisent pour creuser des tranchées et réaliser des fossés anti blindés. Les poteaux indicateurs du réseau routier, de même que les plaques des communes, des plateformes routières et des gares sont retirés. La « Home Guard », corps mi-militaire et mi-civil rassemble bientôt un effectif d’un million et demi de personnes. Churchill n’a que faire de la grande bataille aérienne baptisée par Goering « Adlerangriff ». « L’attaque de l’aigle me fait sourire parce que je vois déjà les Allemands prendre la tangente comme une volée de moineaux ». s’amuse le Premier ministre. Les délires de la propagande nazie le laissent de marbre : « Goebbels peut s’époumoner, cela ne m’empêchera pas de fumer mon cigare. Si parler de la Grande-Bretagne comme d’un Etat pirate gouverné par une clique judéo-ploutocratique le met en transe, qu’il persiste. S’il me traite de noms d’oiseaux, de menteur et de décadent, il y a bien un jour où je lui flanquerai un coup de bec ».

    Churchill est habité d’une certitude. L’Angleterre compte ses morts, ses blessés et inventorie les destructions considérables provoquées par la Luftwaffe mais elle est toujours debout. Winston est convaincu de pouvoir infliger à Hitler son premier échec en rendant l’invasion de son pays impossible. Il sait que cela à un coût mais il est prêt à le payer : « Je m’inscris dans une guerre longue qui ne peut qu’être favorable à une grande nation maritime dotée d’un vaste empire et qui peut compter sur les ressources et la puissance des Etats-Unis pour parvenir à ses fins ». Il sait que les bombardements vont durer des mois mais il le martèle : « Jamais ils ne débarqueront, jamais ils ne hisseront leur drapeau, jamais ils ne nous anéantirons ». Il ignore alors que le harcèlement des Allemands va durer jusqu’au 10 mai 1941 et que Londres va vivre cinquante-sept nuits consécutives d’alertes aériennes. Rien que de septembre à décembre 1940, les services sanitaires anglais enregistrent 13 500 morts à Londres et 23 000 pour l’ensemble du pays. La sang coule et va couler encore


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    Le paganisme hitlérien

    Hitler et ses lieutenants développent des idées païennes qui choquent les honnêtes gens.
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  • Quelle est la position de l’Eglise catholique alors que l’armistice est signé depuis plus de deux mois ? Aux propos prudents énoncés par le Vatican s’ajoutent ceux de l’aumônier des Forces françaises libres qui s’exprime sur les ondes de la BBC le 1er septembre. Il le fait avec beaucoup de subtilités pour ne pas heurter les catholiques mais les obliger à réfléchir sur la situation de la France et les menaces que font peser sur les valeurs du pays une occupation de plus en plus contraignante.

    S’il rappelle le danger incarné par le néo-paganisme d’Hitler, il s’insurge contre un gouvernement défenseur : « des valeurs spirituelles » mais qui a capitulé : « nous livrant au bon plaisir du vainqueur » et ose parler de : « retour à la tradition chrétienne ». Le prêtre décortique le discours de Vichy pour mieux en mettre au jour les contradictions : « Le gouvernement, qui compte cependant d’authentiques et illustres chrétiens a-t-il réfléchi que son armistice abandonnait toutes les valeurs spirituelles de la France, sa tradition chrétienne en tout premier lieu, aux libres et redoutables attaques de la propagande hitlérienne ? ». Il tient à ce que chacun prenne conscience qu’une proximité affichée ou manifestée avec les Allemands, puissance occupante revient à prendre ses distances du bien pour se rapprocher du bien et ouvrir les portes à l’oeuvre de Satan.

    Pour bien montrer qu’il ne s’agit pas de l’analyse isolée d’un prêtre croyant en la pertinence de l’engagement gaulliste, il ajoute : « Le Saint-Siège a solennellement condamné le national-socialisme par un document irréformable à jamais. Le cardinal Verdier, archevêque de Paris, invitait dès les premières heures du conflit le peuple catholique de France à embrasser cette guerre comme une véritable croisade dont dépendait l’avenir de la civilisation européenne. Le cardinal Hinsley, archevêque de Westminster, continue à tenir le même langage ».

    C’est une manière de dire que le pape ne cautionne pas les dirigeants d’une Allemagne conquérante dont l’ambition est de dominer et d’imposer son autorité sur le continent et au-delà. Pas un mot n’est dit sur le cardinal Suhard, ancien archevêque de Reims qui vient de succéder à Paris au cardinal Verdier et dont on attend une position claire et nette. Si toutefois, il peut l’exprimer en chaire.

    L’aumônier est pessimiste sur l’aptitude de l’occupant à être tolérant et à permettre à chaque Français de métropole de vivre sa foi. « Hitler renonce-t-il depuis son entrée à Paris à persécuter toutes les confessions religieuses, à mettre la main sur la jeunesse des pays annexés, à vider les églises par ses menaces et ses ruses ? Hitler rétracte-t-il les paroles, les écrits, les actions impies par où s’est affirmée sa volonté de détruire les valeurs spirituelles, en désaccord avec son paganisme racial ? Assurément non ! ». Bref, il y a donc dans ces propos une invitation à se structurer, à s’organiser, à résister et à dénoncer ces comportements déviants qui abîment la civilisation.

    D’ailleurs la conclusion du prêtre est sans ambiguïté : « Il semble donc que tout chrétien, tout catholique conscient des infinies richesses de son patrimoine religieux devrait avoir à coeur, non de pactiser avec ce vainqueur cynique, mais de poursuivre farouchement la lutte, de mener jusqu’au bout la croisade à laquelle l’invitèrent les voix les plus hautement qualifiées ».

    Ces paroles ne passent pas inaperçues. Déjà dans certains diocèses et sans se préoccuper de la posture épiscopale, de jeunes vicaires et des curés mettent en place des structures d’aides aux réfugiés qui sont des embryons de pôles de résistance.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Atmosphère délétère au Levant

    Du vieux matériel comme celui-ci est en service en Syrie et au Liban.
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  • Le général Weygand est de plus en plus ombrageux.
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  • Le Pétainisme s’impose en Syrie et au Liban surveillés par les Italiens alors que le grand mufti de Jérusalem se rapproche du Reich pour obtenir l’indépendance des pays arabes.

    Le Levant peut-il être attaqué ou être gagné par les sirènes gaullistes ? Le colonel André Keime qui a succédé à Larminat comme chef d’étatmajor considère qu’il faut se préparer à une réaction inamicale. L’officier reçoit l’ordre d’accueillir la commission italienne de contrôle chargé de surveiller l’application des accords d’armistice, de vérifier l’effectivité de la démobilisation de l’armée et d’inventorier le stockage de l’armement. Conduite par le général Giorgis, elle comprend trois officiers, trois sous-officiers, cinq secrétaires.

    Les Italiens qui occupent déjà la Libye ont l’ambition d’élargir leur influence territoriale. La délégation se présente le 28 août 1940 dans la soirée à Meidan-Ekbes qui est un village sur la frontière turque. Le colonel Keime est présent. Ce saint-cyrien, ancien cuirassier pendant la Grande Guerre et qui a servi auprès du maréchal Franchet d’Esperey l’attend avec, selon les règles protocolaires, un détachement chargé de lui présenter les armes ! Le train arrive et le général Giorgis en descend. Il ne porte pas l’uniforme aussi décline- t-il la brève cérémonie militaire prévue à son endroit. Keime insiste parce qu’il craint un piège. L’Italien s’y résout mais la nuit est tombée et c’est devant un berger et ses chèvres que les Français présentent les armes !

    Dès le lendemain, la commission s’installe et le 31 août, elle formule sa première exigence. Les délégués réclament un rapport en trois parties qui établit l’état des forces françaises au 1er juin 1939, au 25 juin 1940 et au 1er septembre. Keime estime qu’il lui faut dix jours pour présenter un document exhaustif. Giorgis méfiant considère que la coopération française est lente et que la bonne volonté fait défaut. Il s’en étonne et le 5 septembre, il émet déjà l’hypothèse d’une démobilisation insuffisante et craint une manipulation des chiffres. En réalité, les Italiens s’appuient sur la campagne de désinformation entreprise par Weygand avant son rappel en métropole. Il avait alors fait croire que l’armée du Levant était beaucoup plus importante que les effectifs opérationnels dont il disposait réellement. Dès lors la commission de contrôle se montre tatillonne. Comme elle doit surveiller le stockage de l’armement qui n’est pas inclus dans la dotation réglementaire des unités autorisées, les Français ne font aucune difficulté pour se débarrasser des armes déclassées qui équipaient l’armée en 1939 avant l’arrivée du général Weygand. Ce sont des canons d’une autre génération, des fusils Gras de 1874, des fusils-mitrailleurs Chauchat de 1915, des véhicules hétéroclites qui sont inventoriés. Keime essaie de détourner à son avantage les clauses d’armistice. Si l’article 6 : « interdit la fabrication d’un nouveau matériel de guerre en territoire non occupé », l’article 4 indique : « sont exceptées de cette obligation les troupes nécessaires au maintien de l’ordre. Leur effectif et leur armement sont déterminés par l’Allemagne et l’Italie respectivement ». Le colonel français s’emploie pour convaincre le général Georgis du besoin de fabriquer sur place du matériel de guerre pour se défendre d’une attaque possible de la Grande-Bretagne. Le climat général est pétainiste et célèbre Vichy. Le commentaire du capitaine Buis qui se prépare à passer en Egypte est explicite : « Le Levant bascule dans un ultrapétainisme qui laisse sans voix les gens arrivant de France. Il règne dans ce vase clos une rare stupidité persillée de saloperies de haute volée. Le nombre est stupéfiant de gens qu’on croit honorables et qui, dès qu’il y a crise, se révèlent du fond de la tripe, racistes et flics ».

    La rumeur annonce un complot gaulliste imminent. On ajoute qu’à Beyrouth, le général a de dangereux sympathisants.

    Des arrestations préventives sont ordonnées.

    Le général Huntziger, ministre de la Défense nationale exprime alors ses préoccupations : « Il me revient de divers côtés que l’atmosphère qui règne parmi nos cadres n’est pas encore redevenue limpide au Levant. A la faveur des mesures d’épuration nécessaires, des dénigrements voire des délations se seraient manifestés, risquant de faire disparaître la confiance des cadres entre eux, qui est, dans les circonstances présentes, plus nécessaire que jamais. Il importe que vos officiers généraux et vous-même vous employiez au plus tôt à rétablir cette confiance. Les délateurs doivent être frappés sans ménagement. L’armée du Levant peut avoir dans un proche avenir à accomplir de rudes tâches. Comme les Britanniques nous empêchent de lui envoyer du personnel d’encadrement, il importe qu’elle se réorganise dans les moindres délais. J’attache la plus grande importance à ce que tous ces éléments soient bien soudés. Je compte sur vous pour le faire comprendre ».

    Pour prévenir « le complot de septembre », sept civils et six officiers sont appréhendés et incarcérés. Parmi eux, il y a le capitaine Boisseau, le chef du service des douanes M. Cuinal et le conseiller financier du haut-commissaire et son épouse M. et Mme Ehrardt. Cette dernière est soupçonnée d’avoir ridiculisé le lieutenant Huntziger, fils du ministre qui aurait échappé aux rigueurs du front ! L’atmosphère devient délétère. Porte-t-on assez d’attention aux relations que le IIIe Reich tente d’établir avec les nations arabes ? Dès la demande d’armistice par la France le grand mufti de Jérusalem a adressé une lettre personnelle à Hitler, rédigée en français : « Le peuple arabe maltraité par nos communs ennemis attend avec confiance le résultat de votre victoire finale ». De fait, la diplomatie fait son oeuvre puisque le 27 août, un représentant du grand mufti est accueilli à Berlin où il annonce qu’un : « Comité pour la collaboration avec l’Allemagne » a été constitué en Irak sous sa présidence. Parmi les membres influents de ce nouvel organisme figure Choukri Kouatli, leader incontesté du nationalisme syrien.

    L’Irak est prêt à s’opposer au passage des troupes indiennes vers l’Egypte si l’Axe confirme l’indépendance de tous les pays arabes. Pis, abordant la question juive, le Comité suggère qu’il soit réglé à : « l’exemple des solutions adoptées en Allemagne et en Italie » et réclame pour ses hommes des armes qui : « peuvent être prélevées par les Italiens sur les armes françaises stockées et inventoriées par la Commission de contrôle ». Pour démontrer qu’il pèse vraiment dans la région, le Comité pour la collaboration avec l’Allemagne stimule l’agitation prohitlérienne à Bagdad. Le risque de révolte peut être grave pour les intérêts britanniques dans la région mais satisfait Vichy dont la politique à courte vue ne mesure pas les enjeux stratégiques. Churchill n’a pas l’intention de se laisser mettre en difficulté. Il est déjà convaincu que la guerre va s’étendre à tout le Moyen-Orient. Il tient à s’y préparer en recensant les soutiens dont il peut bénéficier et en se faisant expliquer les rivalités tribales. Diviser pour mieux régner est une méthode vieille comme le monde. Dans le même temps, il peaufine l’organisation de ses services de renseignements au Levant pour surveiller les éventuelles évolutions de l’armée en faveur des alliés. S’il n’y croit pas beaucoup, il ne veut rater aucun ralliement.


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    Union100903b - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Combattants de l’armée française 1939/45 : 34 diplômes d’honneur décernés

    34 vitryats ont reçu les félicitations du sous-préfet.
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  • À l’issue de la cérémonie à la stèle des martyrs de la Résistance ce dimanche 29 août, les participants ont été invités à l’hôtel de ville afin d’assister à la remise de 34 diplômes d’honneur aux combattants de l’armée française 1939/1945 par le sous-préfet Raymond Floc’h à plusieurs vitryats.

    L’occasion pour le sous-préfet de rappeler l’action de la Résistance ainsi que des soldats des années 1939 à 1945 : « les femmes et les hommes qui ont participé à ces opérations de libération sont de véritables héros, avides de liberté et d’espérance. C’est pour cette raison que je suis fier aujourd’hui, en ma qualité de représentant de l’État, de remettre une distinction à celles et ceux dont le courage et la bravoure méritent une totale et entière reconnaissance de l’État… »

    Ont reçus un diplôme :

    Jules Angelini, Marcel Bauer, Charles Bernard, Jean-Marie Blouet, Robert Bonnet, Pierre Catuogno, Jacques Cayem, Roland Cellier, Jacques Dubois, André Duchene, Serge Évrard, Gisèle Goujard-Probst, Roger Graillot, Jules Guillem, Guy Guionnet, Maurice Jacqueminet, Pierre Joly, Lucien Larcenet, Pierre Larive, Georges Matras, Jean Noirot, Roger Pasteur, Gustave Paul, Pierre Pierresteguy, Pierre Poecker, Paul Reiss, Marcel Salembier, Lucien Sohier, François Tournier, Marie Trioulet-Schemite, Liliane Valter, Bernard Volte, Henri Waxin et Lakhdar Zouari.


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    Union100903a - Marne
    THIEBLEMONT-FAREMONT : Joseph Wladny à l’honneur : Un diplôme en signe de reconnaissance

    Joseph Wladny, entouré du maire et des anciens combattants.
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  • C’est entouré de son conseil municipal que C. Girardot, maire de la commune de Thiéblemont-Farémont, a souhaité honorer un ancien combattant en la personne de Joseph Wladny.

    « Cette année permet à tous de commémorer le 70e anniversaire des combats de 1940, l’appel du général de Gaulle, la naissance de la France libre et des premiers pas de la résistance… et c’est à la demande du président de la République que le secrétaire d’Etat aux anciens combattants a pris l’initiative de dire la reconnaissance de notre pays à l’ensemble des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale à l’exemple de M. Wladny… »

    Né en Pologne le 2 décembre 1919, M. Wladny arrive en France en 1937, à la demande du gouvernement français qui avait besoin d’ouvriers pour travailler dans les exploitations agricoles.

    En octobre 1939, il s’engage dans l’armée française et est fait prisonnier à Saint-Dié en 1940. Rapatrié à Strasbourg, il part en Allemagne et travaille pendant une année à l’entretien d’une collectivité à Stuttgard.

    Il est libre en avril 1945 et démobilisé le 17 mai de cette même année. Il rejoindra alors le village de Thiéblemont.

    Et c’est au nom du secrétaire d’Etat aux anciens combattants que le maire a remis le diplôme d’honneur à M. Wladny, très ému et entouré des siens.

    Le verre de l’amitié offert par la famille a été l’occasion de lui redire toute la reconnaissance qu’il méritait.


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    Union100902c - Marne
    COURVILLE : Hommage à l’aviateur William Russel

    William Russel devant son Spad.
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    L’association Courville patrimoine organise, avec le soutien de la mairie, une cérémonie en hommage à l’aviateur américain William Muir Russel (1893-1918), mort pour la France le 11 août 1918, et son père Henry Russel, bienfaiteur du village, à l’occasion de l’achèvement de la restauration du monument-lavoir du village.

    Cette célébration, qui mettra à l’honneur l’aviation et l’amitié franco-américaine, aura lieu en présence de la famille de l’aviateur et de nombreuses personnalités françaises et américaines, le dimanche 12 septembre. Rendez-vous devant la mairie à 10 h 30, puis le cortège se rendra au cimetière sur la route de Mont-sur-Courville.

    Au programme : évocation de la vie de l’aviateur, présentation de modèles d’avions Spad XIII et Nieuport 28 par Gérald Lefevre, démonstration de voltige aérienne par Jean-Marc d’Hulst avec son Stardust, sont au programme de la manifestation.

    Renseignements au 03.26.48.06.32 et sur le site internet www.courvillepatrimoine.

     

     


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    Union100902b - Marne
    HERMONVILLE : Témoignage : Orphelin de la Grande Guerre

    Jean Greten a conservé l’intégralité des lettres que ses parents ont échangées pendant la Grande Guerre, témoignage poignant qui va d’août 1914 à mars 1919.
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  • « En cette frileuse journée de février 1892, Marie-Louise, 11 ans, quitte pour la première fois Hermonville, son village natal. Elle a dans la poche de son manteau rapiécé, les recommandations du curé et de l’instituteur… »

    Ainsi commence le livre de Jean Greten : « Maux de guerre, mots d’amour ».

    Cet ouvrage raconte l’histoire d’une famille, la sienne, subissant les affres de la Grande Guerre. Marie-Louise, à force de travail, deviendra la secrétaire du maréchal Joffre. Mariée en 1905 avec Gaston Greten, employé chez Pommery, leur premier fils, Jean, naîtra en 1911. Gaston part à la guerre en 1914. Les deux époux s’écriront chaque jour.

    A la mémoire de sa famille

    Ces trois mille lettres, ayant une valeur historique, deviendront le sujet du livre de Jean Greten, deuxième du nom. Marie-Louise habite à Reims, près de la cathédrale.

    Jean, le fils aîné, perdra la vie en recevant un éclat d’obus. Le journal Le matin envoie Albert Londres à Reims, où la cathédrale est en flammes ; car elle a été martyrisée par les Allemands…

    La grande nef n’est plus qu’une carcasse, les vitraux ont éclaté. Un morceau de vitrail est visible chez Jean Greten, deuxième du nom. Le père et le fils n’ont pas eu le temps de se connaître, Gaston meurt peu après son retour du front.

    C’est trop de souffrance pour Marie-Louise ; elle confie son fils à l’Assistance publique.

    C’est ce fils qui a consacré sa vie tout entière, à la mémoire de sa famille, durement éprouvée par la guerre.

    L’un de ses ancêtres Chatelot, soldat de Napoléon, décoré de la croix de Sainte-Hélène, repose au cimetière d’Hermonville. Jean Greten a un extraordinaire musée de la Grande Guerre à Olizy-Violaine.


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    Union100902a - Marne
    MAREUIL-SUR-AY : Bernard Philipponnat nous a quittés : Disparition d’un général

    UN nom que l’on connaît aussi dans la région à travers le champagne Philipponnat, une famille à laquelle appartenait ce général cinq étoiles. Même s’il n’y faisait jamais référence, se souvient encore Jean-Daniel Courot, le directeur du service départemental des anciens combattants. « C’était un homme discret, il se mettait peu en avant », rappelle-t-il. Jeune lieutenant à l’époque, Jean-Daniel Courot était officier traitant au sein de l’état-major du général Philipponnat lorsque celui-ci commandait la 8e division d’infanterie à Amiens, entre 1982 et 1984. Bernard Philipponnat est alors général de brigade, un « homme attachant ». « C’est un patron que j’ai beaucoup apprécié, ajoute M. Courot. A ce niveau, nous n’avions pas de relations serrées avec les grands chefs. Mais lui avait le contact facile avec ses subordonnés. »

    Natif de Mareuil-sur-Aÿ, Bernard Philipponnat n’a que 18 ans lorsque, engagé volontaire pour la durée de la guerre, il rejoint le 9e régiment de Dragons en 1944.

    Sur le terrain

    Sa carrière sera ensuite jalonnée de missions opérationnelles sur le terrain. Affecté au 4e régiment de cuirassiers en Allemagne en 1952, il prendra ensuite le commandement du 8e escadron amphibie du 1er régiment étranger de cavalerie, puis celui du commando de chasse du 20e régiment de dragons en Algérie en juin 1958. Bernard Philipponnat revient alors dans sa région en tant que chef d’escadrons en 1963, où il prend le commandement du groupe d’escadrons de Mourmelon jusqu’en 1965. Son ascension se poursuit jusqu’en 1977, date à laquelle il devient général de brigade, et prend le commandement de la 55e division militaire territoriale.

    Par la suite, son commandement de la 8e division d’infanterie à Amiens sera assombri par la perte de l’un de ses fils, le capitaine Eric Philipponnat, dont l’avion s’est écrasé en 1982 à Djibouti. Deux ans plus tard, le général de corps d’armée est élevé, dans la 1ère section aux rang et appellation de général d’armée et nommé inspecteur général de l’armée de terre. Il prendra sa retraite en 1987. Le général Philipponnat était titulaire de la croix de guerre 39-45, de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures et de la croix de la valeur militaire. Il était également commandeur de la Légion d’honneur et Grand officier dans l’ordre national du Mérite. Son inhumation a eu lieu au cimetière d’Epernay dans l’intimité.

    J.G.-A.


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    Union100901b - Marne
    CHEMINON : Souvenir : Anniversaire de la Libération

    Devant le monument aux morts.
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  • Cheminon n’avait pas fêté sa libération depuis le cinquantenaire il y a seize ans. Aussi les habitants étaient-ils nombreux sur la place dimanche après-midi pour participer à cette commémoration.

    Sous-préfet, sénateur, conseillère régionale, conseiller général, élus de plusieurs communes de la communauté Saulx et Bruxenelle, délégation de la base aérienne de Saint-Dizier, porte-drapeaux étaient aussi présents. Le maire, Michel Journet, a rappelé les évènements de ce 29 août 1944.

    Les maisons à incendier avaient été marquées à l’avance. Le jour même un soldat jouait de l’accordéon sous la halle pendant que d’autres chantaient (destiné à faire sortir les habitants alors que nombre d’ente eux avaient gagné la forêt proche).

    Puis ce fut l’incendie des maisons arrosées d’essence et le pilonnage aux obus de mortier. Conséquence trois morts, de nombreux blessés et une partie du village détruite.

    Dans sa conclusion le maire a invité les témoins de ces évènements à « transmettre cette mémoire aux jeunes générations ».

    Le sénateur Detraigne s’est tourné vers l’Europe : « L’Union Européenne n’est pas parfaite mais l’Europe est un espace de paix. »

    Pour le sous-préfet les combattants de l’intérieur ont fait que « la France ne sera pas considérée comme un pays vaincu. » La cérémonie s’est terminée par l’appel des morts de 1939/1945.


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    Union100901a - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Cérémonie commémorative de la Libération : Hommage aux anciens combattants

    Le maire remet le diplôme à Robert Richard.
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  • Le sous-préfet remet le diplôme à Henri Thiriot, ancien combattant.
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  • Le sous-préfet remet le diplôme à Roger Vigroux, ancien combattant.
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    La cérémonie commémorative de la libération de Sermaize a été l’occasion d’une remise des Diplômes d’Anciens Combattants de 1939/1945.

    Sur les huit récipiendaires seuls deux ont pu se déplacer jusqu’à la mairie ; coïncidence tous deux furent chef de gare à Sermaize.

    Henri Thiriot né en 1917 enchaîne deux ans de service militaire puis la mobilisation au 103e régiment d’artillerie puis la captivité ; après de longues pérégrinations en Allemagne, il est libéré par l’armée russe et ne rentre que le 7 juillet 1945.

    Roger Vigroux né en 1913 est mobilisé au 80e régiment d’infanterie. Fait prisonnier, il est jugé « plus utile au travail comme cheminot » et mis « en congé ».

    C’est le sous-préfet Raymond Floc’h qui leur a remis leur diplôme.

    A l’issue de cette cérémonie une délégation composée du maire Raymond Dziéja, de Pierre-Marie Delaborde, adjoint et délégué du Souvenir Français et de Jean-François président local des Anciens combattants s’est rendu au domicile de Robert Richard qui fut longtemps correspondant du journal l’union pour s’acquitter de cette remise.

    Lundi le maire a poursuivi les remises à domicile.

     

     


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    Union100831k - Marne
    REIMS : Anniversaire de la libération de la ville : Les convaincus du devoir de mémoire

    BIEN SÛR, il y a ceux qui participent au moins par obligation : les musiciens de la fanfare, les porte-drapeaux, les officiels, élus ou autres représentants des armées ou des forces de l’ordre. Et tous ceux-ci étaient bien au rendez-vous des cérémonies d’hier soir saluant le 66e anniversaire de la libération de la ville de l’occupation nazie. Cérémonies qui furent l’occasion, pour le président Marchandeau des anciens combattants comme pour la maire Adeline Hazan et le sous-préfet Caron, à l’issue d’une suite de dépôts de gerbes à différents monuments, de rendre hommage à tous ceux qui avaient risqué leur vie, et pour nombre d’entre eux l’avaient perdue, pour contribuer à cette libération.

    Et puis, il y a ceux qui participent simplement par conviction personnelle. C’était par exemple le cas de Bernadette, septuagénaire, venue exprès de Septsaulx en compagnie de Marilyn, d’une génération plus jeune, avec ses fils Jordan et Théo. « Nous qui avons connu la guerre, nous ne devons pas oublier », commentait l’aînée de ce groupe ; « c’est important de transmettre cette histoire à nos enfants », ajoutait Marylin. Ces convaincues du devoir de mémoire auront manifestement réussi à faire passer le message : Théo, le plus jeune des deux garçons, âgé de 13 ans, a ainsi décidé de devenir porte-drapeau, et donc hier, même s’il n’avait qu’un rôle de remplaçant, il a pu s’intégrer au groupe de ses confrères, dont la plupart ont l’âge d’être son grand-père. Ceux qui ont la fibre patriote ne pourront que le féliciter de cet engagement, comme le fit Mme Hazan : cette présence de Théo et d’autres (rares) ados parmi les anciens ne lui avait pas échappé.

    Antoine PARDESSUS

    Photos François NASCIMBENI


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    Union100831j - Marne
    LE MEIX-TIERCELIN : 66 ans après 28 août 1944, 28 août 2010

    Certains anciens se souviennent encore de la libération de la commune.
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    28 août 1944, 28 août 2010, 66 ans après, la population du Meix-Tiercelin s’est réunie autour du monument pour célébrer cet événement qui fait date dans l’histoire de notre commune.

    La libération par les troupes alliées, certains anciens s’en souviennent encore, et c’est avec une certaine émotion que jeunes et moins jeunes ont écouté leur récit, des souvenirs intacts dans leur mémoire.

    Un peu avant, discours du maire et Marseillaise, puis après vin d’honneur à la mairie, bref, un moment fort pour la population que l’on n’oubliera sans doute pas l’année prochaine ni tous les ans.

     


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    Union100831i - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Commémoration du 66e anniversaire de la libération : Le souvenir était bien présent

    Le traditionnel dépot des gerbes devant le monument aux morts.
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  • Les célébrations de la commémoration du 66e anniversaire de la libérationde de Sainte-Ménehould se sont déroulées hier en fin de matinée.

    Le maire et le sous préfet étant excusés, c’est Jean-Marc Verdeler, adjoint au maire, qui a déposé une gerbe au monument au morts aux côtés de Michel Glasko, président des anciens combattans ACPT CAT du canton de Sainte-Ménehould, Ville-sur-Tourbe et François Hermand.

    Etaient aussi présent, le colonel Goulet des pompiers, le capitaine Jay et l’adjudant-chef Dath de la gendarmerie, l’adjudant-chef Poncelet du pelloton d’autoroute et Stéphane Kalmès, chef principal responsable de la police municipale de Sainte-Ménehould.

    Jean-Marc Verdelet a ensuite invité les personnes présentes à se rendre à la mairie où il a rappelé les conditions de la libération de la commune et une vidéo a été projetée pour rappeler l’horreur de la guerre et l’arrivée des alliés permettant la libération.


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    Union100831h - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Célébrations du 66e anniversaire de la libération : L’agglomération libérée grâce à Marne memory 44

    Cela fait bientôt trois ans que les figurants de Marne memory 44 se mobilisent pour faire revivre
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  • Dimanche, les figurants de l’association Marne memory 44 étaient mobilisés dans la ville préfecture à l’occasion des célébrations du 66e anniversaire de la libération de Châlons-en-Champagne.

    En fin de journée, ils étaient rassemblés en tenue d’époque sur la place Foch aux côtés de six véhicules de la Seconde Guerre mondiale.

    Car rappelons-le, Marne memory 44 (créée en octobre 2007) a pour objectif principal de faire revivre la mémoire de cette période en défilant notamment lors des différentes commémorations.

    Vers 19 h 30, tous les figurants étaient reçus par BBB dans le grand salon de l’hôtel de ville pour saluer à la fois le travail de l’association et inaugurer officiellement le vernissage de l’exposition retraçant les grands moments de la Seconde Guerre mondiale.

    Cette exposition est ouverte au public jusqu’au vendredi 17 septembre aux heures d’ouverture de la mairie.


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    Union100831g - Marne
    SEZANNE : Libération de la ville : Du monde pour honorer Marcel Portier

    Marcel Portier a été décoré de la prestigieuse médaille en présence de nombreuses personnalités.
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  • C’est devant un public Sézannais très nombreux, famille, amis, élus et admirateurs, que Marcel Portier, 96 ans, a été décoré de la distinction française la plus importante, la Légion d’honneur.

    Philippe Bonnotte, maire de Sézanne, a tenu à le remercier au nom de la France pour son devoir accompli, et a choisi le jour de dimanche 28 août, celui du 66e anniversaire de la Libération de sa ville.

    Accompagné par les notes de l’harmonie musicale de Sézanne, Marcel Portier sera décoré de la prestigieuse médaille en présence des portes drapeaux de la FFI, Fnaca, des pompiers et des gendarmes.

    Comme il dira : « L’avantage de commander est que l’on n’a pas le temps d’avoir peur car on a trop à faire. » Marcel Portier a fini, ému, par ses mots : « Ça fait vraiment plaisir de recevoir une médaille comme celle-ci.


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    Union100831f - Marne
    MAGENTA : 66e anniversaire de la libération de la commune : Souvenir et émotion

    La commune a été libérée avec une journée de décalage avec Epernay.
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  • Avec une journée de décalage par rapport à Epernay - chronologie oblige -, la commune a célébré l’événement ce dimanche 29 août.

    En présence de la population, et entre deux haies de porte-drapeaux, Laurent Madeline, maire de Magenta et Gilles Giuliani, sous-préfet d’Epernay, ont déposé une gerbe au pied du monument aux morts, en souvenir de celles et ceux qui ont payé de leur vie le retour à la liberté enfin retrouvée après six années d’un conflit qui avait embrasé la planète.

    A leurs côtés, Yvette Lundy, résistante et déportée, Serge Lépine, président de l’UNCAFN et le lieutenant-colonel Claude Metzger, président du Comité d’entente des associations d’anciens combattants.

    Les sonneries réglementaires et la Marseillaise ont été exécutées par la Musique municipale de Magenta, le cortège se rendant ensuite à l’Espace musical pour la réception traditionnelle qui devait suivre.


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    Union100831e - Marne
    MONTMIRAIL : 66e anniversaire de la libération de la ville : Défilé et costumes

    Les voitures d’époque ont traversé le centre-ville de Montmirail.
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  • Les pompiers ont participé à la cérémonie.
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  • Les pompiers ont participé à la cérémonie.
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    C’est sous un temps clément que s’est déroulée la cérémonie de commémoration du 66e anniversaire de la libération de Montmirail.

    A 17 heures samedi soir, des véhicules militaires et personnages en costumes d’époque se sont rassemblés au pont de la chaussée de Mécringes, pour effectuer un défilé en ville comme le firent jadis les alliés qui remontèrent les rues de Montmirail.

    Une gerbe a été déposée au Monument aux Morts cantonal où Bernard Lefèvre, 1er adjoint au maire a indiqué dans son discours : « Cette journée chargée de souvenirs pour les anciens, permettra aux jeunes qui n’ont pas connu la période d’occupation d’évoquer l’allégresse de ce jour. Si notre pays a retrouvé sa liberté, c’est grâce aux actions conjuguées des armées françaises et alliées, aux membres de la résistance, et à ceux qui se sont engagés à leurs cotés pour combattre et permettre à la France de redevenir une nation libre. »

    A l’issue de cette célébration, un repas champêtre, rassemblant une soixantaine de personnes a été servi à la salle de la Halle aux veaux.

     

     


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    Union100831d - Marne
    MUIZON : Il y a 66 ans : Une grande fête pour la Libération

    Les figurants en tenue de GI d’époque, pendant le défilé de dimanche.
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  • Ce week-end, grâce à un partenariat entre le GMC (Groupe Mémoire et Commémoration) et le Shaef, association de reconstitution historique champenoise, et avec la participation de la municipalité et l’UNC (Union Nationale des Combattants), Muizon a commémoré le 66e anniversaire de sa libération. C’est, en effet, le 29 août 1944, que les premières Jeep sont arrivées dans Muizon, en descendant la rue des Vautes par la route, aujourd’hui Nationale 31. Tout d’abord, une exposition de matériel, avec quelques véhicules authentiques à deux et quatre roues, et la reconstitution, sur le site du parc de loisirs du Champ-Jeudi, d’un camp militaire américain, avec figurants en tenue d’époque, furent rendus possibles dès samedi après-midi.

    Mais le plus important se déroula dimanche : dès 10 heures, véhicules et figurants, avec les sapeurs-pompiers, partirent de l’entrée du village, rue de la Gare, et arpentèrent les rues, après une halte devant la pharmacie où ils furent rejoints par la population. Tout ce petit monde se dirigea donc vers le monument du souvenir, où Gilbert Bureau et Jean-Michel Chevalier, respectivement présidents du GMC et de l’UNC, déposèrent une gerbe de fleurs. Après l’audition de la sonnerie aux morts et de l’hymne national français, Germain Renard, maire de Muizon, prononça quelques mots, remit un diplôme de citoyen d’honneur à l’un des véritables combattants (le second, malheureusement souffrant, ne put assister à la cérémonie, mais reçut, à son domicile, un diplôme identique des mains du maire), puis tendit le micro aux deux témoins visuels de la libération du village. Finalement, tous se rendirent, à pied ou à bord des véhicules, au camp militaire installé au Champ-Jeudi, pour assister au hissage des couleurs des drapeaux américain, français et britannique, visiter - pour ceux qui ne l’avaient pas encore vue - l’exposition et savourer le vin d’honneur, avant de se restaurer éventuellement sur place


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    Union100831c - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Libération de la commune : Ils se souviennent du 29 août 1944

    Le dépôt de gerbe, de gauche à droite le sous-préfet, le maire de Sermaize et le général Cieslak.
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  • C’est toujours avec ferveur et recueillement que Sermaize-les-Bains commémore la Libération de la ville. Les événements douloureux du mardi 29 août 1944 sont ancrés à jamais dans la mémoire des survivants.

    Aussi les habitants étaient-ils nombreux, rassemblés aux quatre coins du carrefour devant la mairie samedi matin ; nombreux aussi les « officiels », sous-préfet, conseiller général du canton et du canton meusien voisin où plusieurs communes ont aussi connu une libération tragique, capitaine de gendarmerie, porte-drapeaux, pompiers…

    On remarquait la présence d’un fils du Dr Fritsch qui avait fait le déplacement depuis Gien pour assister à la cérémonie. Avant de faire l’appel des victimes de cette journée, le maire Raymond Dziéja en a rappelé les principaux événements : « On savait que l’armée de libération approchait et on craignait l’armée allemande en déroute… 150 foyers d’incendie allumés mais « seulement » 43 maisons détruites grâce au courage des sapeurs-pompiers et des bénévoles ; aussi treize Sermaiziens, hommes et femmes, victimes innocentes qui ont payé de leur vie la rage de soldats obligés de battre en retraite. » La participation de Musique Champagne Parade rehaussait la solennité de cette cérémonie.


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    Union100831b - Marne
    BIGNICOURT-SUR-SAULX : Cérémonie : En souvenir des combats de 1914

     

     

    Comme chaque année, les communes de Bignicourt-sur-Saulx et Le Buisson organisent une manifestation en souvenir des victimes tombées sur leur territoire au cours des combats de septembre 1914.

    Dimanche 5 septembre, la cérémonie débutera à 9 h 30 au monument aux morts du 72e RI au Buisson où l’on se rassemblera.

    Elle sera suivie d’un dépôt de gerbe à la mairie.

    A 10 h 30, un office religieux sera célébré en l’église de Bignicourt-sur-Saulx, suivi à 11 h 30 de dépôts de gerbes au monument aux morts et au carré militaire du cimetière.

    La cérémonie se terminera à la salle Marcel-Ahond.

     

     


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    Union100831a - Marne
    REIMS : Surprise : Des Mexicains ont combattu au fort de La Pompelle

    En août 1941, le capitaine Ruller de la Wehrmacht examine la borne Vauthier de La Pompelle sur son emplacement d’origine.
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  • La borne est aujourd’hui dans une petite clairière sur le chemin du fort.
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  • À la fin de la Première Guerre mondiale, le Touring club de France avait lancé une souscription nationale pour qu’à tous les endroits où les Allemands avaient été bloqués en 1918 par les Alliés une borne de ciment soit posée comme un symbole fort de la résistance des valeureux soldats.

    Ces bornes de granit sont dotées des symboles des Poilus : le casque, la gourde, la grenade, avaient été dessinées par le sculpteur Vauthier, celui-là même qui réalisa à Reims le premier monument de la Force aux Armées noires que se sont empressés de détruire les Allemands en 1940.

    Plusieurs bornes furent installées : à Tinqueux, boulevard de la Paix, avenue de Laon, à La Neuvillette mais aussi à La Pompelle, le long de la route nationale 44, près de l’ossuaire.

    Mais quand la deux fois deux voies fut réalisée, la borne fut déplacée et mise à proximité du chemin qui mène au fort.

    Il y a quelques mois, à cause de la présence de petites sapes qui risquaient de la faire tomber, la borne qui n’avait pas été scellée fut enlevée et remise un peu plus loin dans une clairière, « à un endroit où on pourra y faire des dépôts de gerbes », précise Marc Bouxin.

    On ne se trompe pas d’endroit car en 1918 les Allemands ont pénétré dans l’enceinte du fort lors de l’offensive voulue par Ludendorff, général en chef des armées.

    Brossée, nettoyée de sa gangue de mousse, la statue laissa apparaître une inscription en creux à sa base.

    On pouvait y lire : « Touring club de France. Don de la société des anciens combattants du Mexique. »

    Confirmation

    Au terme de plusieurs semaines de recherches, Marc Bouxin, conservateur du fort de La Pompelle, a bien trouvé trace de la présence d’environ 200 Mexicains enrôlés volontaires dans les troupes coloniales françaises. Celles qui ont combattu dans la Marne et notamment au fort de la Pompelle dans le 1er corps d’armée coloniale.

    Alain MOYAT


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    Union100830g - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Les drapeaux de la liberté

    Jean-Luc, un passionné des guerres mondiales.
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  • Jean-Luc Dervillers avait déjà orné sa maison aux couleurs de Noël, de Pâques ou d’Halloween.

    Pour ce passionné des guerres mondiales, pour qui les commémorations tiennent une place importante, décorer sa maison de drapeaux français et américains et de casques militaires à l’occasion de l’anniversaire de la libération de Châlons n’était qu’un pas supplémentaire.

    Ces quatre casques américains sont d’époque, et il est tout à fait possible que les drapeaux aient réellement été agités au passage des forces de libération, qui ont traversé Châlons le 29 août 1944. C’est auprès d’amis et de connaissances que Jean-Luc a progressivement amassé ces trésors : « Ces objets sont précieux pour moi », raconte-t-il avec révérence.

    Il collectionne également des cartouches, médailles militaires, baïonnettes…

    « Ne pas oublier »

    Si lui-même est plutôt passionné par la Grande Guerre, son fils Fabien, 20 ans, est absolument accro à la Deuxième Guerre mondiale.

    Ensemble, père et fils aiment à se rendre aux plages du débarquement le 6 juin, ou encore à Celles et Bastogne, lieux clefs de la bataille des Ardennes. Même la femme de Jean-Luc a participé à cet esprit, travaillant à une époque au cimetière militaire de Châlons.

    « La façade de la maison décorée, c’est notre façon de ne pas oublier, de remercier les Américains qui ont libéré la France, et Châlons, et d’admirer leur courage. »

    Ce Châlonnais avait hésité l’an dernier à créer cette mise en scène, craignant un peu le ridicule. Il attend cette année les réactions du quartier, fort déjà du soutien d’une voisine.

    Et envisage de renouveler son hommage aux forces de libération l’an prochain si tout se passe bien.

    Il n’a pas pu cette année se rendre aux commémorations de la Ville, mais a chargé Fabien de prendre des photos pour lui. Ce « fada » d’histoire aime à discuter avec les Châlonnais qui ont vécu cette époque, et amasse les documents et photos d’archives trouvés à droite et à gauche ; il est capable de raconter l’avancée des armées, les destructions…

    Les drapeaux et les casques sur les murs ne sont que la façade d’un respect profond.

    Caroline BOZEC


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    Union100830f - Marne
    REIMS : Il y a 66 ans / Reims était libéré

    Un char léger américain Stuart détruit le 29 août devant le fort de la Pompelle.
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  • Le 30 août 1944 dans l’après-midi : sur les Promenades, les Rémois examinent un canon allemand capturé.
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  • REIMS (Marne). Plus de 500 tués et blessés 1 847 prisonniers. Le 30 août 1944, la ville de Reims était libérée par les Américains. Siège de la Reddition un an plus tard, le musée du même nom se souvient de l’événement.

    SUR la une datée du 30 août 1944 du « Evening bulletin » affichée à l’entrée du musée de la Reddition, le quotidien américain de Philadelphie titre : « Americans enter Reims. Drive on 10 milles ». Marc Bouxin n’est pas mécontent d’avoir pu trouver ce document sur internet. « C’est étonnant, avec le décalage horaire ils ont pu annoncer la libération de Reims survenue le jour même ! »

    Au musée de la Reddition où l’on peut encore voir la table sur laquelle la capitulation allemande a été signée le 7 mai 1945, le conservateur du musée propose aussi une vitrine consacrée à la Libération de Reims survenue un an plus tôt.

    On y voit des photos, un casque, un numéro exceptionnel de l’union, le premier, datant du 11 mai 1944 pas plus grand qu’un Ipad et tiré à 5 000 exemplaires (lire par ailleurs), un poste émetteur-récepteur utilisé par le groupe de FFI commandés par le commissaire Bourlon.

    L’histoire à toute vitesse

    Après-midi du 29 août 1944. La 5e division américaine du général Irwin tente d’investir la ville de Reims via la RN 44 et la Montagne de Reims par Mailly-Champagne et Chigny-les-Roses.

    A la hauteur du fort de la Pompelle il y a des accrochages très sérieux car des chars allemands situés sur les hauteurs de Beine-Nauroy allument la tête de la colonne américaine qui doit s’arrêter et répliquer par des tirs d’artillerie.

    Parallèlement le gros de la division US passe le long du canal via Sillery, Taissy et installe son PC devant la mairie de Cormontreuil. A Reims, les Allemands font sauter tous les ponts sur le canal. Grâce à l’action des résistants commandés par le commissaire Bourlon qui ont attaqué des pionniers allemands qui minaient le pont Fléchambault, le pont reste intact.

    Les libérateurs pourront l’emprunter le lendemain matin vers 6 heures, guidés par les FFI. Le 2e régiment d’infanterie appuyé par les chars Sherman du 735e bataillon de char entre en ville.

    Un lourd tribut

    Si les Rémois, qui ont vu la Libération depuis leur balcon, planqués derrière leurs fenêtres (on le comprend), ont pu croire que la prise de Reims avait été une formalité, les chiffres sont là pour prouver le contraire. Selon Marc Bouxin, la libération de Reims a fait 99 morts et blessés chez les Américains, 446 tués et 1 847 prisonniers chez les Allemands.

    Alain MOYAT


    ……….

    Libération / Des cérémonies ce soir

    REIMS (Marne). Le 66e anniversaire de la Libération de Reims sera célébré ce soir.

    A 17 h 30, dépôts de gerbes au monument aux morts de La Neuvillette puis au monument de l’aviateur Mackenzie.

    A 18 h 45, dépôts de gerbes au monument aux morts de la communauté juive, 49, rue Clovis, à 19 h 15 au square des victimes de la Gestapo, à 19 h 45 au monument aux morts de la Résistance et à 20 heures au monument aux morts place de la République.


    ……….

    Le numéro 1 de l’union au musée de la Reddition

     

     

    Si le premier numéro libre de votre quotidien l’union est né le 30 août, jour de la libération de Reims, plusieurs numéros clandestins étaient parus bien avant sous l’égide du comité départemental de la libération de la Marne.

    Marc Bouxin a retrouvé dans les affaires de son père le numéro 1 paru le 11 mai 1944, imprimé par Serge Labruyère au 21, rue de Sousse.

    Sous la une, on peut lire ce petit texte : « L’ouverture et le développement rapide d’un véritable second front conjugués avec l’action des armées soviétiques et de la Résistance de l’intérieur permettraient de gagner rapidement la guerre.

    Marnais, ne vous laissez pas déporter. PARTIR c’est TRAHIR.

    Policiers : Attention ! : l’heure de la Libération approche. Attention ! »

    Le numéro un de l’union sur un très petit format.

     

     


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    Union100830e - Marne
    COUVROT : Libération : en souvenir du général Patton

    66 ans après la Libération de Couvrot.
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  • Le 66e anniversaire de la Libération de Couvrot a été commémoré ce samedi en fin d’après-midi à la stèle du Maquis de Couvrot par le comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François et l’Union des combattants de Couvrot, en présence d’une dizaine de porte-drapeaux et de la population.

    Dans son mot d’accueil, le président du Souvenir Français…

    Il rappela aussi que ce sont les troupes du Général Patton qui arrivèrent sur les berges de la Marne le lundi 28 août 1944 par Loisy-sur-Marne pour libérer Couvrot avec le concours du groupe FFI du Maquis Bonnard, sous la conduite du sergent-chef Marcel Reiss.

    Et c’est à 14 heures, le 28 août 1944, que Couvrot fut libéré. Puis, il cita, un par un, les noms des membres du Maquis de Couvrot, dont il ne reste que deux survivants.

    La cérémonie s’est terminée par la remise du diplôme 39/45 par Raymond Floc’h, sous-préfet de l’arrondissement au soldat André Leroy.

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    Union100830d - Marne
    MINAUCOURT : C’était un 30 août Minaucourt : l’hommage aux fantassins du 134e RI

    Août 2009 : une famille sur les traces de son ancêtre.
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  • Ils venaient du Lyonnais, du Mâconnais, du Berry, ils étaient de fiers soldats du 134e RI et si au bout de la route qui mène de Minaucourt au Pont de Marson après avoir franchi la nécropole une stèle a été inaugurée il y a soixante ans, c’est tout simplement pour que leur glorieux sacrifice ne soit pas oublié.

    Pendant la Grande Guerre sur ce front des portes de l’Argonne, la vallée de la Bionne n’a pas été épargnée par des combats acharnés.

    « À deux reprises sur les terres de Champagne, nous avons laissé beaucoup des nôtres » résume alors Antoine Bernet qui préside au souvenir de ces fantassins écrasés sous la mitraille. Qu’il s’agisse de la première quinzaine d’octobre 1915 ou du mois d’avril 1917, les noms de Tahure, des tranchées de la Vistule, d’York, de la Cabane, du Puits, d’Aubérive ou de la Butte du Mesnil, les affrontements ont été sanglants.

    En août 1960 au moment d’inaugurer cette stèle, le président Bernet, émouvant, affirme : « Ces monuments forment une glorieuse voie sacrée. Ils exaltent le calvaire des combattants et tous, ornés de la croix, ils attestent que nos grands morts, fauchés en pleine jeunesse et accueillis par le Dieu de bonté, ont une place de choix au paradis ». On est venu aussi de Massiges, de Virginy, de Sainte-Ménehould et d’autres villages du canton de Ville-sur-Tourbe pour accompagner les survivants dans ce pèlerinage auprès des sacrifiés.

    S’adressant aux officiers et aux militaires présents, Antoine Bernet reprend : « Vous tous qui regardez vers la ferme de Beauséjour, vers Borne 6, vers la truie, vers les Hurlus, vers les Boyaux C7 et C9, ver Tahure et Trou-Bricot où sont formés désormais artilleurs et aviateurs, merci de transmettre à vos hommes le culte du souvenir de ceux qui, il y a près d’un demi-siècle défendaient la civilisation et l’honneur en mourant sous les plis du drapeau ».

    La stèle sobre, installée au bord de route est le résultat d’une maquette élaborée par le sous-lieutenant Régis Zeller, neveu du général Zeller.

    Et l’orateur de conclure : « Quand les derniers survivants auront rejoint leurs devanciers, les générations à venir pourront se découvrir devant notre stèle et avoir une pieuse pensée pour les Mâconnais, les Lyonnais, les Berrichons et Parisiens qui ont fait sans bruit, leur devoir ». Cette cérémonie évoquant de grandes heures de la Première Guerre mondiale, précède la cérémonie de libération de ces villages argonnais, le 2 septembre.

    Évoquant ce lien entre les deux conflits majeurs du XXe siècle, le maire de Virginy, la voix étranglée par l’émotion conclut : « Morts, dormez en paix ».

    Quoi de plus juste alors qu’à la nécropole toute proche, 22 000 soldats reposent à jamais.

    Hervé CHABAUD


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    Union100830c - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Il y a 66 ans / Le pont de pierre n’a jamais sauté

    SAINTE-MENEHOULD (Marne). Dans les jours qui ont précédé l’arrivée des Américains, l’angoisse avant l’euphorie de la Libération, plusieurs interventions, souvent restées discrètes et pourtant efficaces, auront lieu pour tenter de préserver la vie des habitants et la circulation à Sainte-Ménehould. Celle des pompiers de la ville mérite d’être rappelée.

    TOUS volontaires, ils sont sous la responsabilité de Maurice Jaunet, entrepreneur dans la ville. Avec un souci d’objectivité et une rare précision, il a laissé un compte rendu fidèle des actions de ses équipes pendant les journées dites de la Libération, document qui nous a été communiqué par un membre de sa famille. Le sauvetage du pont de pierre est une belle réussite.

    Le 28 août, dans son entreprise, ce sont trois tankistes allemands, tous blessés, sous les ordres d’un adjudant, bientôt suivis par deux autres qui tentent d’envahir sa maison.

    Le 29, de bon matin, un camion du génie allemand entre en force dans l’atelier du rez-de-chaussée, défonce la porte roulante pour se diriger ensuite vers le pont du Moulin et le pont des Maures pour les détruire.

    Le même camion se dirige vers le pont Royon et le pont de pierre pour y déposer les charges de mines destinées à leur destruction.

    Maurice Jaunet reste à l’atelier pour y surveiller un autre allemand muni d’un bidon d’essence qui cherche un endroit propice pour y mettre le feu avant finalement d’y renoncer.

    Peu après, c’est le pont Royon qui saute. L’équipe du pont du Moulin a terminé le démontage de la passerelle et accumulé des bottes de paille sur le pont des Maures.

    Alors que les fumées s’y élèvent, on vient les chercher pour regagner leur véhicule place d’Austerlitz.

    Aidé d’Henri Champion, Maurice Jaunet en profite pour se débarrasser des bottes de paille sur le pont des Maures.

    Vers 9 ou 10 heures, une maison flambe sur la route de Chaudefontaine.

    Après une demi-heure d’attente, l’auto-pompe est mise en place.

    Le fonctionnement est interrompu sur l’ordre d’un adjudant allemand. Survient alors l’incident de la tentative d’annexion de l’auto-pompe, puis la tentative de sa destruction. Elle sera finalement épargnée.

    En rentrant chez lui le soir, Maurice Jaunet constate que les charges de mines sont toujours en place sous le pont de pierre.

    Trois tentatives d’explosion

    Maurice Jaunet se dirige d’emblée vers le pont de pierre de bon matin. Attablé au café Quintin avec quelques amis, il apprend que les allemands viennent de mettre le feu à une remorque devant l’hôpital.

    Le feu est rapidement éteint avec quelques seaux d’eau. Dans la remorque, il trouve deux mines. Elles sont immédiatement immergées dans l’Aisne.

    8 heures 15. Avec ses amis, Ils placent en observation un guetteur sur la route de Chaudefontaine, pour signaler l’arrivée éventuelle de tout allemand puis jettent dans l’Aisne la charge de mines destinée à faire sauter le pont. Il ne sautera pas. Sont cités pour mémoire : les Ménéhildiens Jaquesson père et fils, Quintin, Diot, Naudin de Verrières et deux infirmiers de l’hôpital.

    Une seconde tentative de mettre le feu à cette remorque est effectuée par les Allemands un peu plus tard.

    Ils l’éteignent une nouvelle fois. De plus, on trouve dans le véhicule des documents à caractère secret qui seront portés aux Américains.

    Une troisième tentative sur la remorque est encore réalisée par l’occupant, sans plus de succès.

    La postérité cite Adrien Vignon qui aura précédé Maurice Jaunet pour l’extinction.

    Avant que définitivement la cité ne soit libérée, d’autres événements sont encore signalés, au cours desquels, comme précédemment, les pompiers locaux donneront un exemple de dévouement lors de leur lutte contre l’incendie.

    La préservation du pont de pierre par ces mêmes soldats du feu aura, elle largement contribué à la progression des libérateurs.


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    Union100830b - Marne
    EPERNAY : Il y a 66 ans / Epernay se souvient de sa libération

    Plusieurs dépôts de gerbes eurent lieu pour cet anniversaire.
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  • Soixante-six ans après, les cérémonies commémoratives orchestrées par Michel Aubert, maître de cérémonie chargé du protocole, ont été suivies avec ferveur dans la capitale du champagne.

    Après un premier dépôt de gerbes à la stèle des ateliers SNCF vendredi matin, c’est samedi soir qu’avait lieu le rassemblement des personnalités place de la gare, en présence de l’Avenir musique, d’une importante délégation de porte-drapeaux, de la garde du centre de secours principal d’Epernay, des représentants des associations patriotiques, des polices nationale et municipale, de la gendarmerie et de la population. Des cérémonies présidées par Gilles Giuliani, sous-préfet de l’arrondissement d’Epernay, avec dépôts de gerbes à la plaque commémorative située sur la façade de la gare, et à la stèle Patton.

    L’Avenir musique interprétait l’hymne américain et la Marseillaise. Le cortège se rendait ensuite au droit de la sous-préfecture, puis, accompagné des porte-torches, se déplaçait jusqu’à la rue Colonel-Pierre-Servagnat où Pierre et Christian Servagnat, déposaient une gerbe à la plaque de l’ancien chef de la Résistance en présence du drapeau des anciens FFI porté par Moïse Henri.

    Une nouvelle cérémonie avait lieu au monument aux martyrs de la Résistance ceinturé par les porte-torches, illuminé aux couleurs nationales et pavoisé aux couleurs françaises et alliés. Après les sonneries réglementaires, chant des partisans par Yves Montant et appel des noms des 210 martyrs par le lieutenant-colonel Claude Metzger. Sur le parterre du monument, 210 drapeaux disposés par Geneviève Philizot, ancienne résistante, en début de journée.

    Des conflits subsistent

    Les cérémonies se clôturèrent au monument aux morts de l’hôtel de ville avant la réception à la mairie où Franck Leroy rappelait : « Il y a exactement soixante-six ans, les derniers soldats allemands quittaient Epernay, la destruction à l’explosif du pont de Marne constituait le dernier acte des troupes d’occupation dans notre commune… en quelques heures 28 personnes furent tuées, s’ajoutant aux victimes de l’occupation d’Epernay. La lecture de leurs 210 noms est un moment à la fois émouvant et terrible ».

    Et de souligner qu’une soixantaine de Sparnaciens ayant servi entre 1939 et 1945 venaient de recevoir le diplôme d’honneur marquant la reconnaissance de la nation.

    Gilles Giuliani soulignait qu’il était réconfortant de participer à ce moment de partage en souvenir de tous ces héros ayant libéré Epernay : « Une très belle cérémonie chère aux Sparnaciens. Nous sommes ici pour nous remémorer un moment de liesse générale, un moment de communion totale, dans la joie de la victoire du courage, de la victoire de la résistance sur le renoncement. Je suis très heureux de voir la participation des jeunes. Nous sommes en paix mais des conflits subsistent avec une guerre qui a changé de visage avec le terrorisme qui est devenu une menace permanente et qui se nourrit de l’exclusion. »


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    Union100830a - Marne
    CHALONS-CHAMPAGNE : Il y a 66 ans / Les alliés libèrent Châlons

    Une reconstitution a été proposée au public avec des uniformes et des véhicules de l’époque.
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  • CHALONS-CHAMPAGNE (Marne). Pour mieux rendre hommage à leurs libérateurs, une centaine de Chalonnais ont pris le temps de se replonger dans le passé hier soir au rond point Bagatelle.

    LA reconstitution de l’association Marne memory 51 était saisissante hier à 18heures devant la stèle de la libération.

    Arborant les uniformes des alliés et se déplaçant avec les véhicules de l’époque, une douzaine de soldats se tenaient au garde à vous, face à quelques civils, eux aussi en tenue d’antan.

    Un excellent moyen pour ne pas oublier ceux qui ont œuvré pour la libération de Châlons- en-Champagne, il y a maintenant 66 ans.

    Une atmosphère solennelle

    Les traditionnelles gerbes de fleurs ont été déposées dans une atmosphère solennelle et propice au recueillement, à laquelle a contribué la fanfare municipale.

    Le cortège composé d’une centaine de Chalonnais, anciens combattants, militaires et civils, a poursuivi son hommage une demi heure plus tard, devant l’ancien siège de la Gestapo de la rue d’Ormesson et les a conclu à 19 heures devant le monument de la résistance de la rue Jacques Songy.

    Sylvain FALIZE


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    Union100829e - Marne
    C’était un 30 août : Dontrien : Maurice Langlois tombait sous les balles nazies

    Lors de son inauguration, le monument avait été béni par l’abbé Lamblet de Dontrien assisté du chanoine Courtaux, curé de Mourmelon.
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  • Le 30 août 1944, alors que les Allemands opèrent un recul général dans la Marne sous la pression des troupes de la IIIe armée du général George Patton, un jeune résistant marnais, Maurice Langlois, 23 ans, est tué à l’entrée de Dontrien. Il ne vivra pas la liesse de la Libération.

    C’est pour l’anniversaire de sa mort qu’en 1958, un monument est inauguré dans le virage qui précède l’entrée dans le village en venant de Vaudesicourt. La Résistance marnaise est alors réunie autour du commandant militaire des FFI de la Marne, le colonel Pierre Bouchez.

    La maman de Maurice et son frère Marcel, entourent ses camarades de l’ombre. On salue alors ce jeune combattant dévoué et discret auquel on confiait des missions difficiles parce qu’il s’en acquittait avec un grand sérieux. Déjà le 29 août lors d’un engagement au fort de Saint-Hilaire, où l’un de ses camarades, Popeler est sérieusement blessé, Maurice Langlois fait preuve de sang-froid et d’une grande ardeur combative pour que son groupe ne soit pas encerclé et décimé. Tout naturellement, il fait partie des volontaires qui doivent sécuriser les voies secondaires et déloger les Allemands qui se dissimulent encore dans des corps de ferme ou des granges.

    Au cours d’une progression vers Dontrien, il est abattu par un tireur embusqué. Ses camarades lui portent secours et le mettent à l’abri mais le jeune résistant expire dans leurs bras. « Ses yeux venaient de se fermer à la lumière. Son âme venait de s’envoler vers un autre monde meilleur où il devait rejoindre d’autres héros, d’autres martyrs comme lui, des soldats sans uniforme au service de leur pays », déclare ému un résistant de Mourmelon, M. Parizet, membre de Ceux de la Libération. La foule est nombreuse, recueillie, émue.

    Un groupe de jeunes filles de Dontrien interprète un chant du souvenir puis c’est un camarade de combat de Maurice Langlois, Émile Barbier qui dévoile le monument. Le colonel Bouchez salue alors : « Un garçon toujours volontaire pour les missions de parachutage, pour les coups de main, qui était l’un des meilleurs éléments de sa centaine de Mourmelon et dont les hauts faits sont encore présents à toutes les mémoires ».

    Et d’ajouter : « Maurice Langlois était de ceux qui à une époque de leur vie ont su suivre la voie tracée par celui qui a dit non à la défaite un jour de juin ». Le colonel qui évoque le climat particulier induit alors par la guerre d’Algérie met en garde les criminels et les assassins opérant en France : « Si nous avons déposé les armes en rentrant victorieux dans nos foyers, nous sommes prêts à les reprendre pour assurer la paix chez nous ».

    Avant de conclure : « Il faut que le passant qui au hasard de son chemin s’arrêtera ici pour se recueillir et méditer sur le destin tragique de Maurice Langlois se souvienne que la grandeur de notre pays est faite d’humbles sacrifices comme celui-ci, d’exemples d’abnégation dont la somme a fait au cours des siècles naître et se perpétuer l’idée de patrie ».

    Hervé CHABAUD

    Un hommage est toujours rendu chaque année à Maurice Langlois.


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    Union100829d - Marne
    Anthologie d’un homme debout

    Saint-Marc c’est le panache, cette faculté à une belle et franche allure de bravoure, une sincérité qui s’exprime dans une écriture d’écrivain, un tempérament qui sublime certains échecs de l’action en victoires du coeur et de l’âme. Son parcours est monumental.

    Il début dans la clandestinité, la Résistance au Reich et aux démons nazis. Il se poursuit dans l’enfer concentrationnaire où le jeune homme mesure les aptitudes de l’homme à l’inhumanité et ses tentations à la barbarie. Il continue en Indochine puis en Algérie, où le légionnaire parachutiste fait son boulot mais apprend à connaître, aimer, vivre dans des espaces où jamais il n’est atteint par l’indifférence.

    Dans son dernier ouvrage qui est un puzzle de ses écrits, témoignages façonnés d’une vie forte, vraie et accidentée, Hélie de Saint- Marc délivre un message d’espérance et d’humanité. Le vieil homme donne le frisson parce que sa plume est authentique. Il ne baratine jamais. Il n’évite pas les questions difficiles. Il n’élude pas les déchirements vécus. Il témoigne d’instants magiques, dramatiques ou tragiques en ayant la hauteur de vue intacte pour en décortiquer le sens. Il y a quelques années, de passage à Reims, le souffle un peu court, la luminosité de son regard restituait la vérité de ses sentiments. Il transpirait la sagesse, disait avec pudeur ses enthousiasmes, méditait ses questionnements, parlait de son enfermement après le putsch d’Alger. Il confiait qu’au premier regard, lorsqu’il croisait quelqu’un, il savait s’il avait fait de la prison.

    Il resplendissait en homme d’honneur parce qu’il y avait une justification cohérente à chacun de ses actes. L’officier n’était pas simplement un homme de guerre mais un intellectuel, un penseur, acteur jusqu’au bout des conclusions de sa réflexion.

    « L’aventure et l’espérance » peut être la conclusion, la synthèse d’une vie alors que le bout du chemin s’esquisse à l’horizon. Ses textes si profonds sont même un remède contre le blues de certains matins. Comme celui de M. Kahn et de sa fille pour mieux appréhender ce qu’un arrachement produit au plus profond de soi sans altérer la fidélité de l’esprit. Saint-Marc est habité par l’espérance : « cette flamme chancelante et bouleversante ». Il sait la transmettre tout en apportant à l’Histoire son concours de témoin en première ligne de lourds événements du XXe siècle. « Lorsque l’on sort d’un long compagnonnage avec le danger, les instants de paix sont comme du cristal ».

    Cette simple phrase est une passerelle solide pour rejoindre l’auteur dans sa problématique d’une vie assumée. L’ouvrage est accompagné d’un DVD du documentaire de Patrick Jeudy où Hélie de Saint-Marc lit ses textes alors que défilent des images de ce passé si proche. C’est tout simplement bouleversant.

    H.C.


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    Union100829c - Marne
    LIVRE : La mise à mort du Duce

    Pierre Milza, « Les derniers jours de Mussolini », Fayard, 352 p., 21,90 euros.
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  • Pierre Milza a pris le soin de passer au tamis de l’analyse critique tous les documents et témoignages relatant l’assassinat du dictateur italien.
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  • Pierre Milza a pris le soin de passer au tamis de l’analyse critique tous les documents et témoignages relatant l’assassinat du dictateur italien.

    Comment le leader fasciste italien Benito Mussolini et sa maîtresse Claretta Petacci ont-ils été assassinés ? Comment le discours communiste a-t-il mis en scène cette exécution programmée ? Comment a-t-on justifié la barbarie qui a suivi la mort violente du Duce et de son amie ?

    A toutes ces questions Pierre Milza y répond en historien. L’auteur a pris le soin de passer au tamis de l’analyse critique l’ensemble des documents et témoignages qui relatent cet événement. Son travail d’investigation est d’autant plus complexe qu’à bien des étapes de la descente aux enfers du dictateur italien, les faits et les temps forts ont été travestis pour nourrir, sur fond de guerre civile, une histoire politique présentable. Pour mieux comprendre ce qui se passe dans cette Europe en guerre où les deux puissances de l’Axe vont perdre leurs leaders en l’espace de quarante-huit heures, Pierre Milza résume les relations particulières qui, au printemps 1944, sont maintenues entre l’Allemagne nazie et un pouvoir mussolinien qui se réduit comme peau de chagrin. Il démontre que si Hitler défend encore le Duce, il est du côté de Berlin le dernier. Il atteste un Mussolini devenu l’ombre de lui-même, déprimé et désabusé, incapable d’arrogance et dont les sentiments y compris envers Claretta apparaissent brouillés. Comme si le dictateur avait perdu pied avec les réalités et se montrait désormais incapable de discernement.

    On suivra le parcours heurté qui conduit le Duce vers les grilles de son lieu d’exécution, puis le transfert vers Milan des dépouilles de responsables fascistes exécutés ou fusillés parmi lesquelles figurent Mussolini et sa maîtresse. Pierre Milza ne se contente pas du feuilleton en vingt-quatre épisodes publié dans le principal journal du parti communiste en novembre et décembre 1945 sous le titre : « Comment j’ai exécuté Mussolini » pour relater les événements violents qui s’accumulent en quelques jours. Il croise les sources et propose une approche commentée à la fois des décisions et des positions adoptées par la résistance et des manifestants hystériques. Si l’élimination du Duce et de plusieurs de ses ministres symbolise l’émergence d’une Italie nouvelle qui résulte de l’alliance des forces combattantes contre la dictature, l’auteur ne dissimule pas l’horreur commise par des Milanais excités contre les cadavres de Mussolini et de ses proches. L’abominable spectacle du pizzale Loreto où les dépouilles sont humiliées est discuté. S’opposent ceux qui y voient un mal nécessaire pour : « se libérer du cauchemar d’une offense irréparable » et ceux qui estiment qu’il s’agit d’une épuration barbare contraire aux principes humanitaires. Les enjeux ne sont pas seulement politiques mais mêlent les services secrets. Pierre Milza conclut justement : « Hitler a choisi sa mort, Mussolini n’a pu que subir la sienne ».

    Hervé Chabaud


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    Union100829b - Marne
    VRAUX (MARNE) : Musée du terrain d’aviation : A la découverte des avions de la Deuxième Guerre mondiale

    Pour les fans de l’aviation d’époque, c’est l’occasion d’admirer machines et pièces conservées depuis plus de soixante ans.
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  • LES deux avions sont abrités au sein d’un ancien corps de ferme, derrière les murs de craie et les carreaux de terre. L’un des deux est un Broussard, construit à Reims, l’autre est une cabine de Jaguar (biréacteur qui était basé à Saint-Dizier avant d’être remplacé par le Rafale).

    La visite guidée dure une heure et demie. Les visiteurs sont invités à prendre place aux commandes des avions.

    Les enfants peuvent s’y faire photographier, casque authentique de pilote de l’Armée de l’air sur le crâne.

    « La grande évasion »

    Plus loin, une salle retrace l’histoire du « pou du ciel », cet ancêtre des ULM.

    Autour de ce dernier sont exhibés des moteurs d’avions d’époque et un planeur datant des débuts de l’aviation.

    Quatre autres pièces détaillent la vie du village de Vraux entre 1939 et 1945, au moyen notamment de mannequins (anglais, américains, français ou allemands) en tenue d’époque ou par l’exhibition de deux escadrilles anglaises de la Royal Air Force.

    Des vitrines remplies de documents, aux pièces de collections, en passant par de simples objets de la vie courante, émaillent la visite.

    Un dortoir, recréé dans un grenier, retrace les abris que se construisaient parfois les Britanniques au-dessus des étables pour bénéficier de la chaleur des vaches. En prime, le guide offre une collection d’anecdotes recueillies auprès des protagonistes de l’époque par Gérard Faux et Denis Rigollet, les initiateurs du musée. Les fans des films de guerre découvrent la vraie histoire de « La grande évasion », rendue célèbre par le tournage de John Sturges : Lent Tret et Red Emes, deux pilotes du XVe escadron présent à Condé-Vraux en 1939, furent les héros de cette spectaculaire et malheureuse aventure.

    Une collection impressionnante

    Une pièce rare vient compléter la collection : un nez de Blenheim Mark IV (bombardier moyen bimoteur anglais, présent à Vraux comme à Plivot en 40), prêté par le musée de l’aviation de Melun Villaroche, trône au milieu de la grande salle. Selon la direction du musée, c’est aujourd’hui le seul endroit ouvert au public en France où l’on peut examiner ce nez aux formes bizarres.

    Pour les vrais obsédés des origines de l’aviation et du matériel de la Deuxième Guerre mondiale, reste encore à admirer le moteur en étoile de 1.000 CV du Dornier 17 ; le fuselage long de 9 mètres d’un Short Stirling bombardier quadrimoteur (dans lequel le visiteur peut s’aventurer et mesurer le courage des aviateurs de jadis) ; la collection de moteurs 12 cylindres, dont le Rolls Royce Merlin qui équipait le fameux Spitfire ; ainsi que de nombreuses maquettes et planches de bord d’avions mythiques… C’est sur une histoire qui finit bien que s’achève le tour du musée : celle d’un pilote américain qui s’est remarié à Vraux, en 1987, avec une Châlonnaise qu’il avait connue en 1945 à la Libération.


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    Union100829a - Marne
    HISTOIRE : 1940

    ……….

    Vichy limoge les généraux

    Le général Colson.
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  • Le gouvernement de Vichy met à la retraite cent quatre- vingts généraux atteints par la limite d ‘âge ! Ce qui ne manque pas d ‘amuser à Londres puisque c ‘est le ministre de la Guerre, le général Colson qui signe le décret le dégageant de l ‘armée d ‘active ! L‘événement est commenté pour attester les contradictions de Pétain dans sa façon de gouverner. Le maréchal est accusé de renier la carrière que sa gloire ancienne prolongeait hors de toute limite d ‘âge : « Le vieux soldat a entrepris de sa main la destruction de l ‘armée française, cette armée battue qui était son oeuvre et dont il attendait la rénovation nationale ». Cette décision est pour les Français libres l ‘occasion d ‘argumenter pour discréditer : « le vieillard qui dirige la France ». On décortique les rares entretiens qu ‘il donne à la presse internationale. Et de pointer un aveu reproduit dans le « New York Times » : « Je ne prétends pas que mon gouvernement est libre : les Allemands tiennent la corde et la tordent chaque fois qu ‘ils estiment que l ‘accord d ‘armistice n ‘est pas exécuté ».

    Pour le général de Gaulle, cette analyse est une opportunité afin de pousser le maréchal à franchir le pas et à s ‘appuyer sur l ‘Empire en cours des ralliements à la croix de Lorraine pour reprendre le combat. Et d ‘interroger : « A quoi bon rester si rien ne peut être préservé ? » L ‘occasion est aussi trop belle pour attaquer « Radio Paris » à la botte des Allemands qui dénoncent celles et ceux s ‘activant à la préparation d ‘une guerre de revanche.

    L ‘important est de provoquer un sursaut au sein de l ‘armée qui est réduite à la portion congrue et dont la démobilisation n ‘est pas sans conséquences sociales : « Vichy laisse les démobilisés au chômage et les soldats en proie à la faim dans les camps d’internement. Un à un, elle démantèle les piliers de la nation. Mais chaque fois pour ajouter au trouble, elle cherche à exploiter les appétits démagogiques ». Le commentateur François Quilici enfonce le clou : « Le renvoi des généraux est expliqué à Vichy par le désir de rajeunir les cadres. Etrange argument en un tel lieu ».

    C ‘est aussi le moment de tancer certains généraux dont les déclarations ambigues ont porté préjudice à des soldats confiants. Le général Noguès est en première ligne : « Des milliers de combattants dans leur impatience à continuer la lutte, lui ont fait confiance. A leur arrivée, ils ont été enfermés. Des centaines d ‘aviateurs lui ont livré leurs appareils. Huit cents avions sont repartis dernièrement pour la France ». Noguès est fustigé pour avoir ordonné l ‘arrestation des passagers du Massilia : « Il s ‘est fait aussi l ‘introducteur en Afrique du Nord des commissions d ‘armistice et des agents de la gestapo. Il a rempli son office. On s ‘en défait ».

    Si ses responsabilités militaires de commandant en chef en Afrique du Nord sont annulées, il demeure toutefois à la Résidence générale du Maroc. Le commentateur s ‘amuse : « Son éviction est graduée. On le ménage encore ».

    On défend le général Blanchard et le général Prioux qui sont également mis à la retraite d ‘office. L ‘occasion est rêvée pour une vigoureuse critique : « Blanchard et Prioux, les héros de Dunkerque chassés, comment ont-ils osé, à Vichy ? »

    C ‘est aussi le moyen de réveiller l ‘orgueil national et de dénoncer l ‘affaissement servile du maréchal et de son gouvernement : « Déjà notre peuple a compris que les faiseurs de décrets de Vichy le trahissent. Bientôt, il retrouvera tout seul le génie de la France. Alors partout dans le pays, aux quatre coins de l ‘Empire jaillira une Marseillaise libératrice. Celle-là, Abetz ne pourra pas l‘interdire ».


    ……….

    Embarquement immédiat pour Dakar

    Pierre Boisson, gouverneur général de l ‘Afrique occidentale française, est pétainiste mais anticollaborationniste pourtant il refuse de rejoindre la France libre.
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  • SÉNÉGAL. Après le ralliement du Tchad, du Cameroun du Congo et de l ‘Oubangui- Chari, le général tient à préparer en lien avec les Britanniques une opération au Sénégal qui est risquée.

    L ‘idée initiale du général de Gaulle n ‘est pas d ‘attaquer Dakar de front mais de réussir par la persuasion le ralliement. Il sait qu ‘il va trouver face à lui le gouverneur général Boisson qualifié d ‘homme énergique et déterminé. Il dispose de moyens militaires importants pour maintenir l ‘autorité du gouvernement de Vichy parce qu ‘il bénéficie d ‘un système statique défensif dont l ‘efficacité est redoutable. Il y a autour de la ville un ensemble d ‘ouvrages fortifiés, des batteries d ‘artillerie, des escadrilles d ‘aviation, une escadre navale dont le fleuron est le croiseur « Richelieu ». Le chef de la France libre ne veut rien brusquer et parie sur l ‘intelligence pour convaincre de la légitimité de sa démarche. Pour ce faire, il envisage d ‘abord un débarquement assez loin de Dakar et retient Conakry qui est la capitale de la Guinée française. Il établit un plan par lequel une colonne de soldats doit progresser vers la métropole sénégalaise en ralliant les populations et les décideurs locaux. De Gaulle veut faire tomber Dakar sans délai mais avec un soutien populaire et administratif forts. En revanche, les Britanniques soutiennent avec Churchill la manière forte. Le Premier ministre anglais est partisan de l ‘envoi d ‘une flotte puissante pour contraindre les autorités de Vichy à renoncer à leurs prétentions de maintien du pouvoir maréchaliste. Toutefois à Londres, on sait que le temps est compté. La bataille d ‘Angleterre et les opérations en Méditerranée interdisent d ‘immobiliser trop longtemps une armada au large de l ‘Afrique occidentale française.

    Les conversations entre l ‘état-major britannique et le général aboutissent à la définition d ‘un nouveau plan. Il initie une démonstration pacifique au large du port de Dakar avec l ‘envoi de parlementaires porteurs d ‘un message du général de Gaulle au gouverneur général Boisson. On parie alors sur le fait que la concentration de navires de guerre au large composée d ‘un porte-avions, de deux croiseurs de bataille, de six destroyers et trois avisos de la France libre provoquera un déclic salutaire. Est-ce suffisant pour dissuader le commandement vichyste de tout baroud d ‘honneur ? Sur le papier, on pense que c ‘est jouable et qu ‘obtenir au moins le ralliement du bout des lèvres du gouverneur est une hypothèse sérieuse de travail. Si ce scénario échoue, Londres encourage un débarquement de vive force appuyé par les tirs nourris des bâtiments anglais. L ‘amiral Cunningham, commandant de la flotte britannique, est circonspect. Il n ‘envisage pas avec un grand enthousiasme un nouvel affrontement avec la marine française après le drame de juillet à Mers el-Kébir. En revanche, l ‘idée d ‘une opération sur Dakar excite les Français libres. Le lieutenant Jean Simon note alors : « Nous allions reprendre le combat. Cela venait conforter notre optimisme. Sans être complètement sûrs, nous nous attendions à être reçus avec des arcs de triomphe ! »

    DES COURS SUR LES CONSTELLATIONS

    L ‘embarquement des troupes a lieu le 31 août 1940 dans le port de Liverpool. Deux navires néerlandais sont mobilisés pour l ‘occasion. Il s ‘agit du « Pennland » et du « Westernland ». Ces bâtiments transformés à la hâte en transports de soldats sont la cible d ‘un violent bombardement aérien de la Luftwaffe sans qu ‘ils subissent de dommages.

    Ils prennent la mer sans tarder avec leurs équipages et les troupes de la France libre. Le plan prévoit de rallier Freetown en Sierra-Leone, un port situé bien au sud de Dakar. On compte pour cela deux semaines de mer. Les soldats ne sont pas oisifs pendant ce temps. On maintient des temps de formation et certains officiers osent même faire quelques cours particuliers à l ‘exemple du lieutenant Gabriel Brunet de Sairigné qui explique aux curieux le placement des étoiles et ce qu ‘on sait alors des différentes constellations.

    L ‘autre préoccupation est la discrétion, ce qui n ‘empêche pas des choix préventifs et dissuasifs validés par le gouvernement de Vichy. Une partie de la flotte française de Toulon, la force Y, composée notamment de trois grands croiseurs « Gloire », « Montcalm » et « Georges- Leygues » appareille en direction de l ‘Atlantique. Tout cela n ‘est guère rassurant d ‘autant qu ‘un manque de coordination est identifié entre l ‘état-major français et son homologue anglais. Claude Hettier de Boislambert qui a joué un rôle conséquent au cours des « Trois Glorieuses » matérialisées par le ralliement du Tchad, du Cameroun et du Congo français à la fin août ne dissimule pas son inquiétude. Cet ancien guide de chasse au Kenya avant guerre, responsable des opérations destinées à amplifier le ralliement des populations de l ‘Afrique Occidentale française, connaît très bien la région et sait que l ‘état d ‘esprit y est très favorable aux forces vichystes.

    Les moyens opérationnels des Français libres préparés pour l ‘action comprennent pour les forces terrestres, sous le commandement du colonel Magrin-Vernerey, le 1er bataillon de Légion étrangère, une compagnie de commandement et une compagnie de reconnaissance et d ‘exploitation de la Légion étrangère, une compagnie de marche, un détachement de fusiliers marins, une compagnie de chars, une section d ‘artillerie, une section du génie, un groupe de transports. La force navale est placée sous les ordres du capitaine de corvette Roux avec l ‘aviso « Savorgnan de Brazza » à bord duquel est hissé le pavillon du commandant, l ‘aviso « Commandant Duboc » dont le pacha est le capitaine de corvette Bourgine, l ‘aviso « Commandant Dominé » du lieutenant de vaisseau de Laporte-des-Vaux. Complètent le convoi, les chalutiers « Président Houduce » et « Vaillant », les transporteurs de troupes déjà cités « Pennland » et « Westernland », les cargos « Anadyr », « Casamance », « Fort-Lamy » et « Nevada ».

    En ce qui concerne les forces aériennes qui sont sous le commandement du lieutenant-colonel de Marmier, le détachement avancé comprend deux « Luciole », un groupe utilisable seulement après montage de six Bleinheim, douze Lysander, deux Dewoitine et un Goéland. Parmi les services communs à toutes les forces on recense un groupe de transmissions, un pôle d ‘intendance, une unité du service de santé dotée de plusieurs ambulances. De Gaulle qui dresse cet inventaire prend encore le soin de rappeler : « L ‘opération de prise de possession de la Place et de ses défenses s ‘exécute rapidement et totalement mais sans provocation et en évitant les incidents de toute nature dans la mesure du possible ».

    Toujours le 31 août, jour de son embarquement sur le « Westernland », le général de Gaulle adresse un télégramme à Amadou Diop, chef des Sénégalais d ‘Afrique Equatoriale française : « Vous remercie de votre loyalisme. Dites ma grande satisfaction aux ressortissants et anciens combattants sénégalais. Selon votre désir, je fais transmettre votre appel à vos frères du Sénégal qui eux aussi veulent rester Français. Tous en avant pour la Victoire. Vive la France immortelle ! ». Bref, le général met tous les atouts de son côté pour bénéficier d ‘un puissant soutien des Sénégalais en doute de la pertinence des ordres de Vichy et méfiant à l ‘égard des promesses qui leur sont faites. De Gaulle confie pendant son absence au vice-amiral Muselier et à M. Fontaine l ‘interim sur les forces et la direction des services civils.

    HERVÉ CHABAUD


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    Afrique du Nord : le doute des aviateurs

    Le personnel de la première escadrille du groupe 1/5 au bor du Bour Regreb, rivière du Maroc. ( Collection musée de la BA 112)
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  • A Rabat, le drapeau de la 5e escadre est tenu par Edmond Marin la Meslée. A ses côtés le commandant Murtin ; Au fond, un détachement de tirailleurs. (collection musée de la BA 112)
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  • AVIATION. Si les groupes réfugiés en Algérie et au Maroc échappent à la dissolution programmée par l ‘armistice, c ‘est en raison des menaces anglaises auxquelles Allemands et Italiens ne peuvent pas faire face.

    Pour les aviateurs qui ont rejoint l ‘Afrique du Nord, l ‘été 1940 s ‘apparente à un piège à l ‘exemple de ce qui vivent les pilotes du 1/5 qui, après deux jours passés à Alger, ont été dirigés sur Saint-Denis-du-Sig. « On se croirait un bout du monde » souffle un aviateur. L ‘un de ses camarades parle d ‘un vrai désert et enrichit son propos de quelques descriptions peu engageantes : « Il y a plus de mouches dans ce petit patelin que de brins d ‘herbe sur le sol ».

    Les hommes s ‘interrogent sur leur avenir d ‘autant qu ‘ils connaissent parfaitement les conditions posées par l ‘armistice. Elles sont très défavorables à l ‘armée de l ‘air. Il est inscrit que les forces doivent être démobilisées et que les appareils militaires encore en possession des armées françaises ont l ‘obligation d ‘être désarmés puis placés sous le contrôle exclusif des autorités allemandes.

    Si on s ‘en tient strictement au texte, les groupes sont sur le point d ‘être démantelés !

    Les pilotes ont bien essayé de continuer la guerre. Le commandant Murtin a multiplié de discrets contacts avec le consul britannique à Oran jusqu ‘à l ‘épisode de Mers el-Kébir. L ‘incompréhension est générale chez les aviateurs. La conclusion est immédiate : « Les Anglais nous ont interdit eux-mêmes aujourd ‘hui le chemin de Gibraltar ».

    Paradoxalement, le drame sauve l ‘armée de l ‘air. Le gouvernement de Vichy n ‘a guère de mal à convaincre l ‘occupant que la menace anglaise est suffisamment grave pour que six groupes de chasse soient maintenus en Afrique du Nord afin de défendre le territoire contre de nouveaux raids probables. L ‘armée de l ‘air d ‘armistice est validée et les avions sont peints aux couleurs de Vichy. Des missions de couverture aérienne sur les secteurs d ‘Oran et de Mers sont assurées. C ‘est la raison pour laquelle le 1/5 quitte Saint-Denis-du-Sig pour le terrain de La Senia à Oran.

    Le lieutenant Edmond Marin la Meslée est déjà considéré comme l ‘as de la Bataille de France avec ses vingt victoires mais il est frustré même si, on ne manque pas de le féliciter pour ses succès accomplis en service aérien commandé. Il se sent inactif. Il fait belle figure et commente une citation reçue à ses parents dans un courrier comme pour mieux tourner la page. Il patiente jusqu ‘au 25 juillet pour accomplir son premier vol « exercice-manoeuvre-combat ».

    On parle de plus en plus d ‘une mission sur Gibraltar. Il faut encore déménager vers Meknès et Fez.

    Marin la Meslée effectue plusieurs déplacements à la recherche de terrains où s ‘installer définitivement. Les vols d ‘instruction sont encore suspendus entre le 31 juillet et le 9 août. Les heures de vol dépendent du bon vouloir de la commission d ‘armistice et tous les prétextes sont utilisés pour les interrompre ou les différer.

    La présence d ‘un reporter allemand à Fez gèle les plans. Du 12 au 18 août 1940, les pilotes sont de nouveau cloués au sol parce que le ravitaillement en carburant est retardé. Le 20 août, la suspension revient brutalement et cela jusqu ‘à nouvel ordre pour que chacun : « se consacre entièrement aux opérations de démobilisation ». Bref, pendant tout le mois d ‘août, au lieu des quatre heures d ‘entraînement autorisées, Marin la Meslée ne vole que 2 h 10.

    Pourtant le 14 août, une bonne nouvelle arrive enfin. Le 1/5 est maintenu dans l ‘armée d ‘armistice. Seuls les officiers et sous-officiers réservistes sont renvoyés chez eux. Le Groupe est affecté tout comme le 2/5 : « à la défense opérationnelle du Maroc contre tout agresseur ». Il est donc déplacé le 21 août de Fez à Rabat, pour une installation définitive ! Le commandant reçoit comme mission de disposer en permanence de deux appareils prêts à partir en patrouille et de deux autres en capacité de le faire dans des délais très courts, cela jour et nuit. Pour que les pilotes conservent une bonne forme, un programme contraignant est établi même si l ‘activité globale du personnel reste très limitée. Une journée au 1/5 s ‘établit ainsi. Le matin est consacré au sport, à l ‘instruction militaire, à l ‘inspection et aux travaux habituels dans les services.

    L ‘après-midi débute par une sieste qui s ‘avère nécessaire en raison de la chaleur accablante. Puis les personnels se livrent aux tâches quotidiennes destinées à assurer la disponibilité fonctionnelle de l ‘unité. C ‘est le scénario qui semble le plus favorable en cette fin août pour maintenir le moral chez les aviateurs.

    Tout relâchement exclu

    Le commandant Murtin exclut toute forme de relâchement. Il résume ainsi l ‘ambiance : « ____________Il règne au Groupe une discipline et une tenue tout à fait particulière : un peu plus guindée que les autres, il est aussi plus cohérent grâce à sa recherche de la perfection non seulement en l ‘air mais aussi au sol ». Il instaure une prise d ‘armes hebdomadaire le samedi matin.

    Dans sa façon de mener ses hommes, il anticipe sur les recommandations formulées à la mi-septembre par le général Vuillemin désormais inspecteur général de l ‘armée de l ‘air qui réunit les commandants de groupes et d ‘escadrilles stationnés au Maroc : « Je vous engage à maintenir élevé le moral et le degré d ‘entraînement de vos personnels. La guerre n ‘est pas finie. Nous ne sommes pas à l ‘abri des menaces et je le sais, vous aurez encore à vous battre ».

    Marin la Meslée comme chef d ‘escadrille est convié à cette grand-messe d ‘armistice ! Le règlement de l ‘aviation de chasse n ‘a plus de secret pour lui. Il sait ce que moral et dévouement veulent dire. Il se dépense, dirige les entraînements des pilotes, coordonne l ‘instruction, rédige les ordres de vol, vérifie leur exécution, commente et critique les résultats obtenus, évalue ceux qui les accomplissent. Il n ‘y a chez lui aucune complaisance mais le plaisir à conduire ses hommes, à augmenter sans cesse leur niveau d ‘exigence pour tenter d ‘être les meilleurs.

    De fait la mission d ‘assistance de bombardiers chargés d ‘attaquer Gibraltar est confirmée et doit être exécutée avant fin septembre. Il fait voler au maximum ses pilotes et utilise la totalité des moyens qui lui sont octroyés. On le lui reproche alors qu ‘il ne déroge pas aux instructions reçues. En clair on lui recommande de faire des économies de moyens pour disposer d ‘un petit surplus si une nouvelle campagne était ordonnée. Marin la Meslée est convaincu que s ‘il ne dépense pas son carburant et n ‘assure pas une permanence opérationnelle maximale, on lui réduira définitivement ses moyens.

    Pour dissuader les pilotes sensibles au discours gaulliste de s ‘enfuir, les Allemands avertissent que toutes les unités où des désertions sont organisées seront dissoutes. La proximité de Malte et de Gibraltar peuvent donner des idées et d ‘ailleurs depuis la fin juin, même si certains départs ont été cachés, il y a bien des candidats pour rejoindre les Forces aériennes françaises libres.

    La Luftwaffe et l ‘aviation italienne estiment qu ‘au 1er septembre 1940, le potentiel aérien français est de 2.800 appareils tandis que le général Redempt, responsable du matériel aérien militaire en recense un peu plus de 2.000 mais, sans tenir compte des appareils stationnant en Afrique du Nord.

    La dissidence de l ‘Afrique-Equatoriale française pousse les Allemands à plus de souplesse envers l ‘aviation basée au Maroc et Algérie parce qu ‘ils ne veulent pas que ces territoires échappent à leur tour à l ‘autorité de Vichy.

    H.C.


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    Union100828b - Marne
    MOURMELON-LE-GRAND : Commémoration : La ville fête ses libérateurs

    Un défilé de jeeps se déroulera le dimanche 5 septembre.
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  • Le 29 août a lieu la commémoration de la libération de Mourmelon-le-Grand. Chaque année, un dépôt de gerbes, en présence d’élus, de militaires, de civils et d’anciens combattants est organisé au monument aux morts du cimetière civil. En 2010, le Renault Club Champagne, association locale, organise parallèlement une manifestation d’envergure destiné à souligner un événement qui a marqué Mourmelon en 1944.

    Le Renault Club Champagne est une association mourmelonnaise qui existe depuis vingt ans. Elle rassemble des « mordus » d’histoire et d’automobiles, plus particulièrement de la marque Renault. L’association a été créée par quelques copains, propriétaires de véhicules Renault pour la plupart militaires, qui participent à de nombreux festivals organisés par l’armée.

    C’est cet amour de l’histoire qui a amené ce petit groupe à s’installer à Mourmelon, une cité gorgée d’histoire notamment avec la présence du camp militaire. Au fil du temps, ces passionnés ont mis en place de nombreux rassemblement de voitures en tout genre. Puis ils ont diversifié leurs activités en proposant d’autres rendez-vous thématiques devenus aujourd’hui très populaires : bourse aux jouets anciens, salon des antiquités militaires, salon de la maquette, bourse multi-collections…

    Cette année, à l’occasion du 66e anniversaire de la libération de Mourmelon, le Renault Club Champagne organise une exposition du 28 août au 5 septembre à la salle Louisiane sur fond de documents divers, photos, mannequins en tenues d’époque, souvenirs de la 101e Airborne… Cette exposition sera visible les week-ends de 10 à 18 heures et tous les après-midi en semaine.

    Le samedi 28 août, à partir de 10 heures, un rassemblement de voitures d’époque se fera au centre culturel Napoléon III dans le cadre de l’inauguration de cette exposition. Les véhicules défileront dans les rues de Mourmelon à partir de 16 heures.

    Le dimanche 5 septembre, à l’occasion de la clôture de cette commémoration, Mourmelon accueillera la Route Farman en fin de matinée. Cette manifestation, organisée par le Musée de l’automobile de Reims, permettra au public d’admirer des véhicules d’exception en présentation dynamique. L’après-midi, les rues de Mourmelon s’animeront d’un défilé de jeeps pour le 70e anniversaire de la naissance de cette voiture mythique.


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    Union100828a - Marne
    VIENNE-LA-VILLE : Sur un chemin ferré de poilus de 14-18

    René Risser avec un jeune du village, tous deux passionnés par la nature.
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  • Passionné par la nature, René Risser et son épouse, Annie, ont fait construire il y un demi-siècle une maison à Vienne-la-Ville. Après s’y être installés, ils ont acquis une parcelle à proximité du village, entre les arbres. Un cabanon pour la famille et les amis. René Risser consacre beaucoup de son temps à la nature en l’élaguant, créant des nichoirs pour les oiseaux. Il est également en cours d’installation d’une cabane dans les arbres pour se familiariser davantage avec la nature, écouter le bruit des oiseaux, observer et contempler le paysage qui s’offre à eux.

    Et puis, le couple a acquis un second terrain de l’autre côté du village, plus ouvert au public pour leur permettre de découvrir ou redécouvrir la nature, les êtres qui y vivent, leurs besoins. Il installe également des terrains pour les animaux, la flore ainsi qu’une cabane en hauteur.

    Toujours désireux de développer son projet de protection de la nature, des animaux, René Risser vient de trouver un troisième terrain qui servait, il y a cent ans, de passage pour les soldats pendant la guerre. Le premier travail d’élagage du terrain est terminé. A long terme, il souhaiterait que cette parcelle soit un parcours nature « type forêt d’Argonne en miniature », explique René Risser.

    Aujourd’hui, il ouvre volontiers les portes de son paradis sur terre au public qui souhaite découvrir ou redécouvrir le milieu « Je me mets à leur disposition, je leur montre ce qu’ils veulent voir et entendre, j’explique selon leurs envies », assure René Risser. A chaque saison de l’année, des découvertes étonnantes sont possibles dans ce havre de paix qu’il s’est bâti. Partager et échanger son savoir est une richesse importante pour ce sexagénaire qui ne se lasse pas, des heures durant, de transmettre son savoir.

    Rendez-vous par téléphone au 03.26.60.11.47.


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    Union100827c - Marne
    REFLEXION : La couleur du sang

    On a vite fait, quand on fait appel aux beaux sentiments, d’enjoliver l’Histoire. Les vainqueurs, même quand ils sont censés incarner les bonnes valeurs, ne sont pas moins « barbares » parfois que les soi-disant « barbares » qu’ils combattent. J’en veux pour preuve ce petit monument à Séchault consacré au « 369th infantry regiment colored », soldats américains morts en 1918.

    Ces Américains que l’anglais nomme « colored » sont en fait des Noirs qui n’avaient pas le droit de combattre dans les mêmes unités que leurs compatriotes blancs. Ils combattirent donc dans une unité française. Autrement dit, les Français intégrèrent ceux que les Américains considéraient alors comme des sous-hommes !

    Pour la petite histoire, ces Noirs américains participèrent à la grande offensive de septembre 1918 en Champagne. Ils prirent la Côte 108, Bussy-Ferme, Ardeuil, Montfauxelles et la ferme de Trières, près de Monthois. Les pertes furent de 1 065 hommes sur 2 384. Près d’un sur deux. Preuve que quand il s’agit de mourir, le sang n’a pas de couleur.

    Un homme a été distingué pour son héroïsme exceptionnel : le caporal Freddie Stowers, tué le 28 septembre 1918. Il est le seul soldat noir américain à avoir reçu la médaille d’honneur du congrès. Mais tenez-vous bien, il aura fallu attendre le 24 avril 1991, soit soixante-treize ans après les faits, pour que ses sœurs survivantes, Georgina et Mary, reçoivent en son nom la médaille des mains du Président Bush. La recommandation pour la médaille d’honneur, faite juste après la guerre, avait, paraît-il, été égarée !

    B.T.


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    Union100827b - Marne
    PASSAVANT-EN-ARGONNE : Tradition maintenue autour des Mobiles

    Quelques instants de recueillement devant le monument.
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  • Après une messe particulièrement recueillie, des drapeaux dans le chœur, un appel à une vraie paix par le père Collard destinée à ne plus renouveler les massacres comme celui rappelé ce jour, les officiels ont pris le chemin habituel qui mène au monument des Mobiles, à la sortie du bourg.

    On pouvait remarquer, entr’autres, MM. Géant, maire, Bruno Bourg-Broc, député, Claudine Brocard, adjointe au maire de Vitry-le-François.

    Après le dépôt des gerbes, la sonnerie aux morts a rappelé le souvenir des victimes.

    Selon une tradition bien maintenue, le monument qui leur est consacré au cimetière a été honoré avec la même ferveur.


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    Union100827a - Marne
    ANNEE FRANCE RUSSIE : De Montmort à la Courtine : fronde et révolte

    Les troupes russes ont été rassemblées
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  • APRÈS les effroyables combats d’avril 1917, les 1re et 3e brigades spéciales russes sont chaleureusement félicitées pour leur aptitude au feu et leur courage lors d’assauts rageurs sous une pluie d’artillerie. La croix de guerre est décernée au drapeau des 1er et 2e régiments.

    L’ordre du jour du 24 avril 1917 est sans ambiguïté. Il évoque « des brigades d’élite sous le commandement énergique de leur chef, le général Lokhvitky » tandis que le général Nivelle n’hésite pas à exprimer son entière satisfaction à l’état-major russe parlant « d’un corps expéditionnaire qui s’est particulièrement distingué ».

    Les pertes ont été lourdes. C’est le moment choisi par des activistes révolutionnaires déterminés à exploiter le flottement qui règne en Russie sous le gouvernement provisoire du prince Lvov depuis le départ du tsar.

    Des tracts et des affiches réclamant le retour des soldats dans leur pays sont distribués sur Montmort et Baye, là où se trouvent provisoirement les rescapés du Chemin des Dames. L’agitation gagne et le 1er mai, des soldats des 1re et 3e brigades se retrouvent à Champaubert pour évoquer leur avenir. Les tensions sont vives.

    Le général Marouchevski renonce et les deux brigades sont réunies en une division commandée par le général Lokhvitsky.

    Révolutionnaires

    Les troupes sont alors envoyées au repos au camp de Neufchâteau dans les Vosges, mais un groupuscule de révolutionnaires parisiens les suit. Comme il n’est plus certain que les officiers parviennent à y faire observer l’indispensable discipline nécessaire à une troupe armée, une lettre du général Foch, chef d’état-major de l’armée datée du 22 mai 1917, fixe de nouvelles exigences : « La demande visant le départ de France de la 1re et de la 3e brigades ne pourra être résolue que plus tard. Le gouvernement a pensé qu’il y aura intérêt en attendant une solution définitive à réunir toutes les troupes russes de France dans un camp de l’intérieur où elles pourraient se refaire et réaliser, le cas échéant, leur endivisionnement. Le camp de la Courtine semble remplir toutes les conditions répondant aux circonstances actuelles. Les troupes s’y reconstitueront et y reprendront l’instruction en toute tranquillité d’esprit ». Les hommes de la 1re, plus perméables aux idées révolutionnaires que ceux de la 3e, compliquent la situation.

    Le chef de la Mission militaire russe, le général Zankevitch, reçoit le 21 août 1917 l’ordre de réduire par la force les troupes rebelles. Le camp de la Courtine est encerclé par les forces françaises. Après plusieurs ultimatums, les retranchés sont bombardés d’abord à blanc, puis avec des obus d’exercice, enfin avec de vrais obus.

    On dénombre une dizaine de tués et cinquante de blessés chez les mutins. Trois options sont alors proposées aux soldats russes : rester fidèle à l’Entente et continuer à se battre, travailler pour l’Entente sans aller au front, aller aux travaux forcés dans des compagnies disciplinaires en Algérie.

    Les deux premières solutions rencontrent le plus de faveur.

    Hervé CHABAUD


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    Union100827a - Marne
    Le soldat devenu maréchal

    Malinovski devenu maréchal et ministre, et Khrouchtchev.
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  • Lorsque la Zis officielle qui transporte le maréchal Malinovski, ministre de la Défense de l’Union soviétique qu’accompagne Nikita Khrouchtchev, le maître du Kremlin, traverse Sézanne à vive allure pour se rendre à Pleurs, ce bourg du sud-ouest marnais, peu de monde sait alors que le maréchal s’est battu pendant la Première Guerre mondiale sur le front français et qu’il tient à revoir la famille qui l’a accueilli après l’armistice jusqu’à son retour dans son pays.

    Ce déplacement aurait pu rester discret si M. K. n’avait pas décidé de l’accompagner, non pour une leçon d’histoire mais pour soigner sa popularité dans l’Hexagone !

    Ce 17 mai 1960, avant de s’attarder sur la personnalité du maréchal en grand uniforme et la poitrine portant de nombreuses décorations, les gens n’ont d’yeux que pour Khrouchtchev. Lorsqu’Albert Laurent, le propriétaire de l’hôtel du Cheval Gris voit surgir les deux hommes dans son établissement et apprend par les interprètes qu’ils veulent se rendre sans tarder à la ferme Pignard.

    Le maréchal, volubile, se souvient de Marie et de Germaine, deux jeunes habitantes d’alors qu’il trouvait jolies. Chez les Pignard, après l’instant d’étonnement et d’émotion, ou ouvre le champagne pour trinquer avec ces hôtes d’exception. Malinovski reconnaît Marie Jollard, évoque Michka, la jeune ourse mascotte du régiment qu’il fallait mieux enfermer parce qu’elle mangeait les poules.

    Une femme présente se dit impressionnée : « Le Russe, il a eu un sacré avancement, de soldat à maréchal, ce n’est pas commun ! ». Elle ignore son parcours glorieux pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Alors que les deux personnages rejoignent l’ambassadeur soviétique Vinogradov puis remontent dans leur limousine en direction de Paris, Marie Jollard confie : « C’étaient de drôles de diables ces soldats russes. Ils nous en ont fait voir de toutes les couleurs ».

    Près de Mœurs, aux portes de Sézanne, alors que le convoi est stoppé par un arbre en travers de la chaussée bientôt débité par des bûcherons, M. K. sort de la voiture, s’empare d’une hache et d’un coup détache une grosse branche du tronc.

    Estomaqué, l’un des bûcherons déclare : « Pas de doute, il connaît le boulot ».

    Les soldats russes aussi connaissaient le leur lorsqu’ils sont tombés sur les fronts marnais et picard.


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    Soljenitsyne incognito à Saint-Hilaire-le-Grand

    Le grand écrivain est passé par la chapelle du cimetière russe.
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  • Il faut imaginer l’étonnement d’un couple de touristes néerlandais logeant à l’hôtel des Bruyères à Mourmelon-le-Grand lorsqu’ils constatent, le 6 avril 1975 au matin, que leur voisin de chambre n’est autre que le célèbre écrivain russe Alexandre Soljenitsyne !

    Venu dans la Marne avec son épouse et son éditeur, celui qui est alors banni de son pays et réside en Suisse à Zurich, travaille alors sur l’engagement des soldats russes durant la Première Guerre mondiale. Son souci de l’authenticité et de la précision le contraint à un pèlerinage qu’il tient à effectuer dans la plus grande discrétion.

    Après s’être rendu sur le champ de bataille de Verdun, il compte bien découvrir le cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand et sa chapelle pour à la fois se recueillir et y glaner de précieux renseignements.

    Comment ne pas être reconnu lorsqu’on porte une barbe imposante qui se distingue d’entre mille, et une casquette de moujik pas des plus discrètes ? Comment échapper aux reporters locaux qui ont leurs informateurs à l’exemple de notre confrère châlonnais Francis Dujardin qui ne va pas tarder à être mis au parfum ? Entre le rêve et le possible, il y a la société de l’information et même en faisant sa tête des mauvais jours, Soljenitsyne n’est pas épargné par l’objectif d’un six-six armé pour immortaliser une visite inouïe.

    A la chapelle orthodoxe, l’écrivain assiste à un office auquel sont conviés une quarantaine d’enfants en colonie de vacances chez le pope Jacob qui habite le département depuis quatre décennies.

    Par ce biais, Soljenitsyne peut s’entretenir avec un ancien du corps expéditionnaire russe mais il ne néglige pas de dialoguer avec les jeunes alors présents avant de remonter dans une limousine noire direction Paris.

    En revanche, il refuse tout entretien d’un « nein » qui ne souffre aucune réplique. Francis Dujardin a eu le temps de l’apercevoir, face à l’icône de la Vierge, éclairé de dizaines de petits cierges.

    En 1988, notre confrère écrit : « Il prie en fixant l’image. Les enfants sont autour de lui et il chante avec eux, d’une voix grave. Le flash crépite. Ahuri, il me jette un regard terrible qui me foudroie comme s’il me renvoyait pour m’en transpercer, ces éclairs de lumière dont je venais de l’inonder ». L’écrivain russe publia quelques mois plus tard une suite à « Août 14 ».


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    Union100826a - Marne
    SEZANNE : Une Légion d’honneur attendue 63 ans

    Marcel Portier avec ses décorations et souvenirs accrochés en bonne place dans son appartement.
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  • SEZANNE (Marne). Marcel Portier va recevoir la Légion d’honneur dimanche. Combattant d’Indochine, il ne lui manquait plus que cette décoration.

    DANS son appartement de l’immeuble La Bretagne, rue Aristide-Briand, Marcel Portier, 96 ans, a pris soin d’encadrer la lettre du ministère de la Défense, en date du 10 mai dernier, lui stipulant qu’il est récipiendaire de la croix de chevalier de la Légion d’honneur.

    « J’aurais pu l’avoir là-bas »

    Une décoration que l’ancien combattant de 1939-1945 et d’Indochine entre 1945 et 1947 a plus que mérité et qui lui sera officiellement remise dimanche, lors de la cérémonie commémorant la Libération de Sézanne.

    La Légion d’honneur et Marcel Portier, cela aura été, durant plus de 60 ans, un rendez-vous manqué. Engagé à l’âge de 20 ans, il part en 1945 en Indochine, avec la 9e division du général Leclerc.

    En 1947, au bout de deux ans de combats, le Sézannais termine son passage dans l’armée au grade d’adjudant, avec des hommes sous ces ordres. « J’aurais pu l’avoir là-bas la Légion d’honneur, raconte-t-il, mais il y a eu un micmac, l’officier qui me commandait est parti et a été remplacé par un autre qui prenait tous mes rapports à son compte. »

    « On se battait tous les jours »

    Les années sont passées… Et Marcel Portier n’a fait la demande de la Légion d’honneur qu’il y a un peu plus d’un an. La place de la prestigieuse médaille est d’ores et déjà réservée dans le sous-verre regroupant toutes ses décorations. Autant de récompenses qui côtoient la photo de tous les membres de sa section.

    Ces hommes, dont Marcel Portier, ne sont pas restés tranquillement dans leur caserne, loin de là.

    « Ça y allait, se souvient-il, on se battait tous les jours, il y avait des victimes, nous partions de nuit s’approcher des ennemis, de plus en plus près, on entendait les Viêts parler et d’un coup, on attaquait, l’effet de surprise était total, on rentrait avec des prisonniers et des documents précieux. »

    De l’Indochine, Marcel Portier se souvient de ses camarades, « une section de jeunes gens courageux, l’un d’entre eux est venu chez moi plusieurs fois après la guerre, c’était un petit frère ». Le Sézannais a eu de la chance, il n’a pas été blessé.

    Au fait, cette Légion d’honneur lui fait-elle plaisir ? « Oui, ça, c’est sûr que ça me fait plaisir de la recevoir », assure-t-il. Peut-être davantage que s’il l’avait obtenu 63 ans plus tôt.

    Guillaume TALLON

    Cérémonie de commémoration de la Libération de Sézanne, ce dimanche 29 août à 11 h 30 au monument aux morts, square de l’hôtel-de-ville à Sézanne.


    …………

    « Un homme modeste, calme et courageux »

    Marcel Portier a passé sa jeunesse dans une ferme située à côté de Châteauroux. A 20 ans, il quitte sans regret son métier de commis pour s’engager dans l’armée.

    Après son service militaire, il rejoint la Coloniale. En 1939, il est dans la région de Sedan. Puis, il se replie dans le sud de la France avant d’être envoyé en Syrie, en Afrique de l’ouest et en Angleterre avant de suivre la campagne de France jusqu’à la capitulation Allemande. Il aura finalement très peu combattu entre 1939 et 1945. En 1945, il part pour l’Indochine. Sergent-chef, puis adjudant, il est chef de poste avec une section sous ces ordres. Il obtient deux citations. Il combat en Indochine jusqu’en 1947, année où il rentre en France.

    Démobilisé en 1949, il retourne à la vie civile. Il devient ouvrier à l’usine Simca à Nanterre. Puis il entre aux PTT et s’installe à Sézanne début 1955.

    « Marcel Portier est un homme modeste, indique Serge Finck, colonel de réserve qui lui remettra la Légion d’honneur dimanche, en tant que militaire, il a fait preuve d’initiative, de courage mais aussi d’un grand calme. Il avait l’estime de ses hommes. Dans sa vie civile, il s’est montré consciencieux et intelligent. »


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    Union100825a - Marne
    VIENNE-EN-ARGONNE / Camp de la vallée Moreau : Une pièce de théâtre pour évoquer la tragédie de la Première Guerre mondiale

    Hervé, un des acteurs français de la troupe de théâtre.
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  • En Argonne, il reste de nombreux vestiges qui témoignent des âpres combats de la 1ere Guerre mondiale.

    Entre Vienne-le-Château et Binarville il en est un, le camp de la vallée Moreau, camp allemand de 3c ligne, où depuis de nombreuses années le comité franco-allemand œuvre à la restauration du site. Sur cet endroit chargé d’histoire, samedi dernier, une représentation théâtrale a eu lieu. Une pièce écrite après guerre, la Patrouille, par deux soldats français dans les tranchées du Four de Paris (G. Durassie et P. Galland), adaptée par Philippe Lunard, et interprétée par une troupe d’amateurs franco-allemande.

    Très poignante, cette pièce ne manque pas de réalisme : le froid, la pluie, la boue, les nuisibles, sans oublier l’ennemi lourdement armé dans les tranchées toutes proches. Avec le son des bombardements et de la mitraille, le spectacle évoque la réalité des durs combats, el des cas de conscience. Heureusement, une camaraderie, à toute épreuve, renforce les liens d’amitié et permet de garder le moral. Mais parfois, comment expliquer l’inexplicable ?

    Sur ordre de ses supérieurs, il faut aller en reconnaissance de la défense des lignes ennemies, il faut des volontaires pour une patrouille. Dans le même temps, le lieutenant Gauchera a pris connaissance d’un courrier anonyme l’informant que son épouse l’aurait trompé avec son capitaine. Se sentant délaissé, il décide d’effectuer seul cette mission, sachant pertinemment que l’issue en sera certainement fatale. N’oubliant pas son épouse, il impose une mission à l’aumônier. Pour celui-ci, un cas de conscience difficile, il doit remettre un douloureux message. Mais comment le transmettre tout en respectant l’honneur de l’homme pour qui le sacrifice, le volontarisme et la notion du devoir ont pesé sur sa décision, afin d’éviter des morts inutiles.

    Un nombreux public était présent pour une soirée forte et enrichissante, organisée dans le but de ne pas oublier les combattants de 14-18.


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    Union100824a - Marne
    CORMONTREUIL : Maquis de Chantereine Une cérémonie perturbée par l’orage

    Douze drapeaux autour du monument rénové.
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  • « Une petite ferme au fond d’un vallon… Un nom plein de poésie et de gaîté. » Nouveau président du comité du Maquis de Chantereine après le décès de Roger Cousin, Michel Voisin a rappelé l’histoire de cette « tragédie qui a marqué la mémoire et le cœur des résistants de cette région ».

    Mais il avait fallu du courage et des efforts aux participants pour accéder à cette petite ferme isolée au bas de ce vallon, dimanche matin.

    La faute à un violent orage qui s’est invité, quelques minutes avant, réduisant les chemins de terre en véritable bourbier où se sont enlisées, l’une après l’autre les voitures, obligeant chacun à se rendre à pied, dans la gadoue, jusqu’à la stèle.

    Certains, tel le maire de Cormontreuil, ont pu y accéder grâce aux navettes effectuées par M. Patis, qui avait équipé son tracteur d’une palette à champagne dans laquelle pouvaient prendre place plusieurs personnes.

    Tandis que le tonnerre résonnait au loin et que les éclairs zébraient le ciel, les cérémonies militaires se sont succédé en présence de douze drapeaux et des personnalités locales et de Cormontreuil.

    Mais aussi Pierre Tarillon, Pierre Alves ou André Patis, trois des cinq derniers survivants. Jean-Marc Devavry quant à lui, assurait les sonneries avec son bugle.

    « Le canard a les pattes jaunes »

    « Le canard a les pattes jaunes. » Ce message du 25 août 1944 en direction de la centaine Davoust qui comprenait 120 hommes donnait le départ de l’opération de parachutage de containers, rappelait alors Michel Voisin. Celle-ci devait avoir lieu autour de la ferme de Chantereine, propriété de Raymond Huiban, résistant de la première heure.

    Et le président d’évoquer la bataille menée avec l’ennemi le lundi 28 août. « Pris sous les rafales des mitrailleuses et des tirs d’un tank sur la route de Chaumuzy, des maquisards, avec bravoure, ripostèrent avec leurs fusils mitrailleurs, permettant à leurs camarades de gagner le bois d’Eclisse. » Mais cette attaque fit 11 morts et 6 blessés.

    C’est avec émotion que M. Voisin relatait ce fait de guerre puisque Philippe Coutiez, jeune Cormontreuillois de 17 ans était tombé sous les balles.

    Après avoir évoqué la mémoire de ces résistants, un hommage était rendu à Roger Cousin, lui-même membre de ce maquis, qui présidait ce comité depuis 1995. Outre les remerciements aux communes de Champlat et Boujacourt, ainsi que Chaumuzy, qui permettent de perpétuer le souvenir, M. Voisin a souligné l’effort réalisé par les Pompes funèbres champenoises qui ont rénové gracieusement le monument en redorant l’ensemble des inscriptions, dont le nom des onze jeunes morts sur ce site.

    En raison de la météo, c’est à la mairie de Champlat que tous étaient alors invités. Mais il fallait pour cela, remonter, toujours à pied, et sortir les voitures de la boue…


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    Union100823b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Exposition de matériel militaire : Il y a 66 ans, Châlons était libérée

    En plus de l’exposition, les membres de l’association Marne Memory 44 défileront avec véhicules et matériels le dimanche 29 août pour commémorer la libération de la ville.
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    Dans le cadre du 66e anniversaire de la libération de Châlons-en-Champagne, le 29 août 1944, l’association Marne Memory 44 organise, avec la collaboration de la municipalité, une exposition de matériel militaire de la Seconde Guerre mondiale dans le hall de l’hôtel de ville.

    Le public pourra découvrir à partir de ce lundi 23 août jusqu’au vendredi 17 septembre, des vitrines où sont exposés les uniformes, le matériel et tous les objets se rapportant aux libérateurs, qui un jour d’août 1944, sont arrivés de Pogny, où ils avaient passé la Marne, par l’avenue des Alliés (d’où le nom), pour libérer notre ville de Châlons-sur-Marne.

    Le dimanche 29 août prochain, les membres de l’association seront aussi présents avec figurants, véhicules et matériel, à partir de 17 heures rond-point Bagatelle, pour la commémoration de cette journée devant la stèle de l’avenue des Alliés.

     


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    Union100823a - Marne
    REIMS – ERLON : Bivouac napoleonien : Des grognards en septembre

    Pendant une reconstitution
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  • Les 11 et 12 septembre, la commune d’Erlon, en partenariat avec l’association européenne « Drouet d’Erlon » et la nouvelle association locale « Les Grognards de Drouet d’Erlon » invitent le public à vivre deux jours d’histoire vivante et ce, en hommage au maréchal d’Empire, Jean-Baptiste Drouet, comte d’Erlon.

    Durant ces deux jours, la commune d’Erlon va vivre à l’heure napoléonienne avec, à l’ordre du jour : défilés de Soldats (près de 120) au son des fifres et tambours, de canons et fusils, puis escarmouches dans les rues avec les troupes régulières de l’Empereur et des partisans royalistes, mais également réquisition de nourriture chez l’habitant, reconstitution de batailles.

    Un bivouac accueillera les troupes et sera ouvert au public. Ces animations sont gratuites. Rendez-vous les 11 et 12 septembre, place d’Erlon à … Erlon !

    http:/bivouac.erlon.pagesperson-ora...


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    Union100822d - Marne
    CORMONTREUIL : 66e anniversaire des combats ce dimanche : Souvenir au Maquis de Chantereine

    La ferme du Maquis de Chantereine où se sont déroulés les combats le 28 août 1944.
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  • Le 28 août 1944, à la veille de la libération de Reims, un affrontement entre Allemands et maquisards faisait onze morts et six blessés parmi les 116 défenseurs français dans la ferme de Chantereine. C’est ainsi que, chaque année a lieu une cérémonie du souvenir en cet endroit isolé au milieu des champs, entre les petites communes de Champlat et Boujacourt et où un monument a été érigé à cette occasion.

    Aussi, ce dimanche 22 août aura lieu à 10 h 30, à la ferme de Chantereine, la cérémonie du 66e anniversaire des combats du maquis. Parmi les onze morts et neuf blessés figure Philippe Coutiez, un enfant de Cormontreuil.

    Le comité UNC de Cormontreuil ainsi que celui du Maquis de Chantereine invitent la population à participer à cette manifestation. Le départ est fixé à 9 h 30. Rendez-vous est donné à 9 h 15 devant la mairie de Cormontreuil afin de se grouper dans les voitures (économies d’énergie oblige).


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    Union100822c - Marne
    LA CHEPPE : Des douilles trouvées au camp d’Attila : Des trésors enfouis

    Michel Thierion a gardé son vieux détecteur de métaux.
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  • Des douilles, des dizaines et des dizaines de douilles, voilà le trésor trouvé par Michel Thierion, habitant de Saint-Gibrien, à la limite du camp d’Attila de la Cheppe, il y a déjà trente ans. Une découverte qu’il avait presque oubliée, qui lui est revenue en tête lorsqu’il a appris que des volontaires brûlaient la végétation du camp d’Attila pour en redynamiser la flore (dans l’union du lundi 16 août).

    « Après tout, même si la plupart des douilles étaient détériorées quand je les ai trouvées, un certain nombre d’entre elles étaient encore chargées. Je me doute qu’ils ont pris des précautions et sont encadrés, explique-t-il. Mais je suis retourné sur place et j’ai été rassurée de constater qu’ils ne travaillent pas à l’endroit de ma découverte. » Ce que confirme le maire de la Cheppe, Marcel Bonnet. La présence de vieilles munitions juste à l’extérieur du camp est connue, mais c’est uniquement à l’intérieur que des feux sont allumés.

    Les résidus de la guerre ont été signalés il y a des années à la protection civile, qui ne s’en est pas occupée.

    C’est en se promenant avec un détecteur de métaux que Michel Thierion a mis le nez sur le trésor.

    Vestiges de guerre

    Alors âgé d’une trentaine d’années, il avait craqué pour le détecteur (encore rare et peu généralisé chez les amateurs) et se l’était fait offrir. L’engin en main, il arpente alors bois, champs ou plages, souvent en compagnie de son fils.

    En l’absence de discriminateur sur cette version ancienne, il capte « à peu près tout, de la capsule de bouteille, à quelques centimes, en passant par du papier-alu. Je n’ai jamais trouvé de trésor ». Pour ce Suippas d’origine, la découverte de vestiges de guerre n’est pas une première. C’est pourquoi il ne fait pas si grand cas de sa découverte, omettant de la signaler et laissant les munitions sur place.

    « Vu la quantité de douilles, je suppose qu’il s’agissait de mitraillette. Il y en avait une grande quantité, sur trois à quatre mètres carrés pour 20 centimètres de profondeur, et encore, je n’ai vu que celles qui affleuraient la surface. » Trente ans plus tard, les douilles ont été recouvertes par la végétation, mais le détecteur de métaux émet toujours une sonnerie distincte à l’approche de ce coin de terre. Sans autorisation officielle de déterrer les pièces, difficile de dater les munitions. Le maire se reconnaît incertain.

    Le Chepillon, Bernard Martin, qui a retrouvé un dépôt de grenades à proximité, mise sur la Grande Guerre : « J’ai toujours entendu dire qu’il y avait eu des dépôts d’obus au camp d’Attila pendant la guerre de 14. Ça date sans doute de la même époque ? »

    Caroline BOZEC


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    Union100822b - Marne
    VRAUX : Musée du terrain d’aviation A la découverte des avions de la Deuxième Guerre

    Pour les fans de l’aviation d’époque, c’est l’occasion d’admirer machines et pièces conservées depuis plus de soixante ans.
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  • LES deux avions sont abrités au sein d’un ancien corps de ferme, derrière les murs de craie et les carreaux de terre. L’un des deux est un Broussard, construit à Reims, l’autre est une cabine de Jaguar (biréacteur qui était basé à Saint-Dizier avant d’être remplacé par le Rafale).

    La visite guidée dure une heure et demi. Les visiteurs sont invités à prendre place aux commandes des avions. Les enfants peuvent s’y faire photographier, casque authentique de pilote de l’Armée de l’air sur le crâne. Plus loin, une salle retrace l’histoire du « pou du ciel », cet ancêtre des ULM. Autour de ce dernier sont exhibés des moteurs d’avions d’époque et un planeur datant des débuts de l’aviation.

    « La grande évasion »

    Quatre autres pièces détaillent la vie du village de Vraux entre 1939 et 1945, au moyen notamment de mannequins (anglais, américains, français ou allemands) en tenue d’époque ou par l’exhibition de deux escadrilles anglaise de la Royal Air Force.

    Des vitrines remplies de documents, aux pièces de collections, en passant par de simples objets de la vie courante, émaillent la visite.

    Un dortoir, recréé dans un grenier, retrace les abris que se construisaient parfois les Britanniques au-dessus des étables pour bénéficier de la chaleur des vaches. En prime, le guide offre une collection d’anecdotes recueillies auprès des protagonistes de l’époque par Gérard Faux et Denis Rigollet, les initiateurs du musée. Les fans des films de guerre découvrent la vraie histoire de « La grande évasion », rendue célèbre par le tournage de John Sturges : Lent Tret et Red Emes, deux pilotes du XVe squadron présent à Condé-Vraux en 1939, furent les héros de cette spectaculaire et malheureuse aventure.

    Une collection impressionnante

    Une pièce rare vient compléter la collection : un nez de Blenheim Mark IV (bombardier moyen bimoteur anglais, présent à Vraux comme à Plivot en 40), prêté par le musée de l’aviation de Melun Villaroche, trône au milieu de la grande salle. Selon la direction du musée, c’est aujourd’hui le seul endroit ouvert au public en France où l’on peut examiner ce nez aux formes bizarres.

    Pour les vrais obsédés des origines de l’aviation et du matériel de la Deuxième Guerre mondiale, reste encore à admirer le moteur en étoile de 1 000 CV du Dornier 17 ; le fuselage long de 9 mètres d’un Short Stirling bombardier quadrimoteur (dans lequel le visiteur peut s’aventurer et mesurer le courage des aviateurs de jadis) ; la collection de moteurs 12 cylindres, dont le Rolls Royce Merlin qui équipait le fameux Spitfire ; ainsi que de nombreuses maquettes et planches de bord d’avions mythiques…

    C’est sur une histoire qui finit bien que s’achève le tour du musée : celle d’un pilote américain qui s’est remarié à Vraux, en 1987, avec une Châlonnaise qu’il avait connue en 1945 à la Libération.

    Visite gratuite, le musée du terrain de l’aviation de Condé-Vraux est ouvert tous les weeks-ends jusqu’au 31 octobre, de 14 heures à 18 h 30.


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    Union100822a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    La parole gaulliste en Amérique du sud

    De Gaulle discrédite Pétain.
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  • Ne laisser personne sur la touche, telle est l’ambition du général de Gaulle qui choisit de s’adresser à l’Amérique latine au cours d’un discours qu’il prononce à Londres le 15 août 1940. Sans doute comptet- il sur des ralliements mais il tient surtout à ce que la diplomatie de la France libre se fasse entendre sur les cinq continents. Le Général opte pour une description sincère de la situation, celle qui est signée par un soldat. Il s’agit de résumer les différentes étapes qui ont mené à la défaite et, en ce sens, on retrouve la matrice explicative identifiée dans l’appel du 18-Juin. Il parle d’une armée française ni organisée et ni commandée et oppose la problématique allemande : « L’ennemi lui, s’était méthodiquement préparé en vue de cette guerre-là. Le résultat fut que l’armée française se trouva littéralement foudroyée ». Très pédagogue, de Gaulle explique comment : « le très vieux maréchal Pétain » s’est retrouvé à la tête d’un Etat ayant choisi de capituler. Ce qui lui permet de dénoncer cette option du renoncement au profit de la continuation de la guerre aux côtés des Alliés : « Cette décision répondait à l’honneur puisque la France s’est engagée à ne pas cesser le combat tant que nous Alliés continueraient de combattre. Cette décision répondait aussi à l’intérêt suprême de la Patrie ». Le général pose la gravité de la situation ainsi que la question de la survie d’un grand pays qui risque fort, sous le joug de l’occupant, d’être mis en pièces et soumis à un ordre extérieur destructeur de ses valeurs et de son histoire : « Il est bien évident que la France ne redeviendra jamais la France si l’ennemi n’est pas vaincu ». Le chef de la France libre exalte au ralliement parlant des milliers de jeunes Français qui le rejoignent et des témoignages de soutien qu’il reçoit en grand nombre. Et d’oser : « Des centaines de mille autres brûlent de me retrouver et le feront dès qu’ils le pourront ». Ce qui sonne comme une invitation pressante aux Français qui résident en Amérique du Sud.

    Le général marque ses certitudes et les réaffirme : « Il ne me semble pas possible qu’on puisse encore se demander aujourd’hui quelle est, de ces deux voies, le renoncement ou la résistance, quelle est la bonne voie, la bonne voie française ». Il ne cache pas l’ampleur des difficultés lorsqu’il déclare : « Matériellement la France aux deux tiers occupée, et son Empire désarmé, se trouvent sous la dépendance des Allemands et des Italiens. On peut dire qu’il n’y a plus de souveraineté française réelle. D’autre part, l’ennemi est en train de piller tout ce qui a quelque valeur en territoire occupé ».

    Il décrit aussi une France où l’on ne peut plus penser librement, et qui est soumise à l’insupportable propagande nazie. Aussi prévient-il : « Il y a, de par le monde libre, des forces immenses qui, en jeu, écraseront le diabolique complot des tyrans. Les nations de l’Amérique latine, si fortes de leurs vieilles traditions catholiques et libérales, si justement fières de leur ardente et moderne civilisation, ne peuvent hésiter dans leur jugement, ni dans leurs sympathies ». Et d’espérer que tous ceux qui pensent que la France est utile à l’ordre du monde : « souhaite sa victoire ». Avant de conclure : « Quand nous aurons rendu à la Patrie son indépendance, alors, nous nous le sommes juré, nous referons sa grandeur, en conjuguant comme le fait l’Amérique latine, la puissance des traditions et la force des jeunes ardeurs ».


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    Les mousquetaires du Général en Afrique

    Des enfants des écoles défilent drapeau à la croix de Lorraine en tête, avec des fusils en bois pour faire comme leurs glorieux aînés.
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  • ESPOIR. Evitant toute violence de langage à l’égard de Vichy, les émissaires du Général, forts de leurs arguments sur la poursuite de la lutte depuis l’Empire, se font persuasifs et défendent la grandeur de la France.

    Leclerc distribue à chacun une arme de poing et quelques cartouches puis assigne les missions à réussir. Le lieutenant Fougerat accompagné de Laumonnier, Martin et Arnal doivent s’emparer de la douane. L’aspirant Penanhoat est chargé de la prise de contrôle du camp militaire. Le sergent Fratacci a comme objectif la poste mais la gare et la radio doivent aussi changer de main. A la nuit tombée, trois pirogues prennent la direction de Manoka à l’embouchure du Wouri qu’il faut ensuite remonter sur une cinquantaine de kilomètres. La météo n’est pas bonne et la vigilance impérative pour échapper aux douaniers français qui y assurent des patrouilles soutenues. Les équipages se retrouvent bientôt sous une tornade tropicale et leurs embarcations menacent de chavirer à plusieurs reprises. Les hommes de Leclerc parviennent trempés à Douala. Le comité d’accueil prévu n’est pas au rendez-vous. Le nouveau colonel ne se démonte pas et rejoint les insurgés et le docteur Mauzé qui fait figure de chef de la Résistance locale. Mauzé reste bouche bée lorsqu’il voit Leclerc devant sa porte. Il n’a reçu le message l’informant de son arrivée qu’un quart d’heure auparavant ! Il rameute à la hâte une trentaine d’hommes sûrs.

    Certains doutent alors de Leclerc et s’interrogent sur ses faibles moyens. Il maintient l’opération et recommande à ses hommes de forcer un peu le destin : « Bombez le torse, arrangez vos pistolets. Qu’ils aient l’impression en rentrant que vous êtes décidés à lutter jusqu’au bout ». Le moment est crucial. Non seulement il faut trouver les bons mots pour convaincre la troupe de franchir le pas mais incarner l’espoir. Leclerc fait un exposé brillant assurant que le ralliement des autres colonies à la France libre est imminent. Il bénéficie du soutien opportun d’une figure de la coloniale le capitaine Louis Dio. Il croit en Leclerc : « Cet officier a une gueule » confie-t-il. A 4h30, l’action est enclenchée. Douala est ainsi conquis le 27 août 1940 et le seul incident qui est signalé est la fracture de la mâchoire d’un entrepreneur proallemand neutralisé par le docteur Le Breton alors qu’il s’apprêtait à sonner l’alerte. Dans la matinée l’état de siège est proclamé par des affiches qui sont placardées dans la cité. A 11 heures, alors que la foule converge vers la résidence du gouverneur, le colonel Leclerc qui s’est proclamé commissaire général annonce sa prise de pouvoir au nom du général de Gaulle. Ravi d’apprendre la réussite de Leclerc, le colonel Edgard de Larminat envoie alors le capitaine Marteau chez le gouverneur général Husson pour le sommer de se rallier. Courroucé par une telle audace, Husson ordonne le placement sous haute surveillance de Brazzaville.

    Cette initiative est une aubaine pour les gaullistes parce que le bataillon du Tchad du commandant Raymond Delange choisit la croix de Lorraine. Une bonne partie de l’administration, des hommes d’affaires et des commerçants, des médecins coloniaux dont le général Adolphe Sicé et plusieurs officiers parmi lesquels les lieutenants Rougé et Baucheron de Boissoudy encerclent la maison du gouverneur. C’est ainsi que le 28 août au matin, le Moyen-Congo est à son tour acquis à la France libre. Après le Tchad et le Cameroun, l’adage « jamais deux sans trois » est une fois de plus respecté. Le ralliement assuré au Tchad par le courage exemplaire du gouverneur Félix Eboué est salué comme il se doit. Lui, le haut fonctionnaire noir, descendant d’esclave dit son engagement pour la libération de la France et sa confiance en de Gaulle.

    Leclerc tient à profiter de la situation pour consolider son autorité aussi doit-il improviser.

    Aidé de Mme Crognier, une ancienne secrétaire de chez Renault qui, volontaire apporte même sa propre machine à écrire, il débite ses ordres à une cadence infernale. Il missionne son chef d’état-major le capitaine Tutenges auprès du capitaine Crépin qui commande la batterie côtière. Ce polytechnicien est un Picard au caractère trempé qui adhère à la France libre parce qu’il est pleinement en phase avec l’essence de l’appel du 18-Juin. Le lieutenant Quilichini est envoyé à Yaoundé auprès du commandant militaire du Cameroun qui a été son chef en Indochine. Le colonel Bureau, d’abord rétif, accepte de s’entretenir avec le colonel Leclerc dont le nom ne lui dit rien. Bureau accepte le ralliement à la France libre mais pendant ce temps les partisans de Vichy à Yaoundé font pression auprès du gouverneur Brunot pour que les gaullistes soient interpellés sur le champ et que la circulation ferroviaire en direction de Douala soit interrompue. Finalement, grâce à quelques hommes clés, courageux et audacieux, Yaoundé passe dans le camp du général de Gaulle, sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré !

    Leclerc s’inquiète de la manière dont il va être reçu dans la capitale. Sa secrétaire le rassure avec des mots choisis : « Vous nous avez tous avec vous, et de tout coeur car vous représentez non seulement notre grand chef, mais la France ». Il prend le train de Yaoundé où il est accueilli par Raymond Dronne, administrateur de la France d’outre-mer, rallié et homme d’une grande finesse et d’une culture solide. En une semaine tout le Cameroun est pour de Gaulle. A Douala, Leclerc déclare : « Dans un élan unanime, le Cameroun français s’est rallié au général de Gaulle pour reprendre la lutte ». Comme l’habit de gouverneur ne lui sied pas, il fait publier dans « Le Cameroun libre » sa décision de verser le surcroît de solde correspondant à sa nomination au Comité des oeuvres de la guerre. Enchanté par l’attitude des Camerounais il reconnaît : « Ces hommes sont animés d’une telle passion que je me dois de tenir mon rang ».

    Le commissaire général ne s’embarrasse pas de formules diplomatiques pour livrer son sentiment. A ceux qui l’interrogent sur le maréchal il réplique : « Pétain est le crochet auquel les hommes peuvent raccrocher leur couardise ». Aux Camerounais, il déclare : « Les gens de Vichy se sont laissé arracher une capitulation honteuse. Cette lâcheté inspire le dégoût quand on connaît leur écroulement moral et intellectuel. Ils semblent désormais décidés à continuer la guerre dans le camp allemand. J’appelle cela de la trahison ».Leclerc compte sur les ressources du Cameroun pour soutenir les finances insuffisantes de la France libre. Aussi imaginet- il un plan de dynamisation de la production des matières premières et une organisation pour ravitailler les troupes amies qui convergent vers l’AEF. A Muselier qui le questionne il explique : « Nous n’avons pas le droit de décevoir ».

    HERVÉ CHABAUD


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    Afrique : les Trois Glorieuses

    Félix Eboué : on lui doit le ralliement du Tchad.
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  • Edgard de Larminat : il n’était encore que colonel que déjà il penchait pour de Gaulle.
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  • Le ralliement du Cameroun du Tchad et du Congo constituent les trois glorieuses de l’AEF.
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  • CAMEROUN. Colonel autopromu avec la complicité de Boislambert, Leclerc choisit vingt-deux hommes pour s’emparer du Cameroun. Pour lui l’échec tout simplement impossible.

    Leclerc distribue à chacun une arme de poing et quelques cartouches puis assigne les missions à réussir. Le lieutenant Fougerat accompagné de Laumonnier, Martin et Arnal doivent s’emparer de la douane. L’aspirant Penanhoat est chargé de la prise de contrôle du camp militaire. Le sergent Fratacci a comme objectif la poste mais la gare et la radio doivent aussi changer de main. A la nuit tombée, trois pirogues prennent la direction de Manoka à l’embouchure du Wouri qu’il faut ensuite remonter sur une cinquantaine de kilomètres. La météo n’est pas bonne et la vigilance impérative pour échapper aux douaniers français y assurent des patrouilles soutenues. Les équipages se retrouvent bientôt sous une tornade tropicale et leurs embarcations menacent de chavirer à plusieurs reprises. Multipliant les efforts sans gaspiller leur énergie, les hommes de Leclerc parviennent trempés à Douala. Le comité d’accueil prévu n’est pas au rendez-vous. Le nouveau colonel ne se démonte pas et rejoint les insurgés et le docteur Mauzé qui fait figure de chef de la Résistance locale. Mauzé reste bouche bée lorsqu’il voit Leclerc devant sa porte. Il n’a reçu le message l’informant de son arrivée qu’un quart d’heure auparavant ! Il rameute à la hâte une trentaine d’hommes sûrs.

    Certains doutent alors de Leclerc et s’interrogent sur ses faibles moyens. Il maintient l’opération et recommande à ses hommes de forcer un peu le destin : « Bombez le torse, arrangez vos pistolets. Qu’ils aient l’impression en rentrant que vous êtes décidés à lutter jusqu’au bout ». Le moment est crucial. Non seulement il faut trouver les bons mots pour convaincre la troupe de franchir le pas mais incarner l’espoir. Leclerc fait un exposé brillant assurant que le ralliement des autres colonies à la France libre est imminent. Il bénéficie du soutien opportun d’une figure de la coloniale le capitaine Louis Dio. Il croit en Leclerc : « Cet officier a une gueule » confie-t-il. A 4h30 l’action est enclenchée. Douala est ainsi conquis le 27 août 1940 et le seul incident qui est signalé est la fracture de la mâchoire d’un entrepreneur pro-allemand neutralisé par le docteur Le Breton alors qu’il s’apprêtait à sonner l’alerte. Dans la matinée, l’état de siège est proclamé par des affiches qui sont placardées dans la cité. A 11 heures, alors que la foule converge vers la résidence du gouverneur, le colonel Leclerc qui s’est proclamé commissaire général annonce sa prise de pouvoir au nom du général de Gaulle.

    Ravi d’apprendre la réussite de Leclerc, le colonel Edgard de Larminat envoie alors le capitaine Marteau chez le gouverneur général Husson pour le sommer de se rallier. Courroucé par une telle audace, Husson ordonne le placement sous haute surveillance de Brazzaville. Cette initiative est une aubaine pour les gaullistes parce que le bataillon du Tchad du commandant Raymond Delange choisit la croix de Lorraine. Une bonne partie de l’administration, des hommes d’affaires et des commerçants, des médecins coloniaux dont le général Adolphe Sicé et plusieurs officiers parmi lesquels les lieutenants Rougé et Baucheron de Boissoudy encerclent la maison du gouverneur. C’est ainsi que le 28 août au matin, le Moyen-Congo est à son tour acquis à la France libre. Après le Tchad et le Cameroun, l’adage « jamais deux sans trois » est une fois de plus respecté. Le ralliement assuré au Tchad par le courage exemplaire du gouverneur Félix Eboué est salué comme il se doit. Lui, le haut fonctionnaire noir descendant d’esclave, dit son engagement pour la libération de la France et sa confiance en de Gaulle.

    Leclerc tient à profiter de la situation pour consolider son autorité, aussi doit-il improviser. Aidé de Mme Crognier, une ancienne secrétaire de chez Renault qui volontaire apporte même sa propre machine à écrire, Leclerc débite ses ordres à une cadence infernale. Il missionne son chef d’état-major le capitaine Tutenges auprès du capitaine Crépin qui commande la batterie côtière. Ce polytechnicien est un Picard au caractère trempé qui adhère à la France libre parce qu’il est pleinement en phase avec l’essence de l’appel du 18-Juin. Le lieutenant Quilichini est envoyé à Yaoundé auprès du commandant militaire du Cameroun qui a été son chef en Indochine. Le colonel Bureau, d’abord rétif, accepte de s’entretenir avec le colonel Leclerc dont le nom ne lui dit rien. Bureau accepte le ralliement à la France libre mais pendant ce temps les partisans de Vichy à Yaoundé font pression auprès du gouverneur Brunot pour que les gaullistes soient interpellés sur le champ et que la circulation ferroviaire en direction de Douala soit interrompue.

    Finalement, toujours grâce à quelques hommes clés, courageux et audacieux, Yaoundé passe dans le camp du général de Gaulle toujours sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré !Leclerc s’inquiète de la manière dont il va être reçu dans la capitale. Sa secrétaire le rassure avec des mots choisis : « Vous nous avez tous avec vous, et de tout coeur car vous représentez non seulement notre grand chef, mais la France ».

    Il prend le train de Yaoundé où il est accueilli par Raymond Dronne, administrateur de la France d’outre-mer, rallié et homme d’une grande finesse et d’une culture solide. En une semaine, tout le Cameroun est pour de Gaulle et ne veut plus entendre parler de Vichy. A Douala, Leclerc peut déclarer : « Dans un élan unanime, le Cameroun français s’est rallié au général de Gaulle pour reprendre la lutte ». Il ne manque pas d’air et sait plus que tous ce qu’il veut. Comme l’habit de gouverneur ne lui sied pas, il fait publier dans « Le Cameroun libre » sa décision de verser le surcroît de solde correspondant à sa nomination au Comité des oeuvres de la guerre.

    Enchanté par l’attitude des Camerounais il reconnaît : « Ces hommes sont animés d’une telle passion que je me dois de tenir mon rang ».

    « Cette lâcheté inspire le dégoût »

    Le commissaire général ne s’embarrasse pas de formules diplomatiques pour livrer son sentiment. A ceux qui l’interrogent sur le maréchal, il réplique : « Pétain est le crochet auquel les hommes peuvent raccrocher leur couardise ». Aux Camerounais, il déclare : « Les gens de Vichy se sont laissé arracher une capitulation honteuse. Cette lâcheté inspire le dégoût quand on connaît leur écroulement moral et intellectuel. Ils semblent désormais décidés à continuer la guerre dans le camp allemand. J’appelle cela de la trahison. Qu’on ne nous parle pas de prétendre défendre l’Empire contre une agression anglaise. Ont-ils défendu la Syrie, Djibouti, Tunis contre les Italiens ? Ont-ils défendu l’Indochine contre les Japonais ? Leurs ennemis sont les ennemis d’Hitler. Leurs alliés sont les alliés d’Hitler. Voilà le fait brutal qui domine le drame. On parlait jusqu’ici de l’axe Berlin-Rome, je crois que nous pouvons également parler de l’axe Berlin-Vichy ».

    Leclerc compte sur les ressources du Cameroun pour soutenir les finances insuffisantes de la France libre. Aussi imagine- t-il un plan de dynamisation de la production des matières premières et une organisation pour ravitailler les troupes amies qui convergent vers l’Afrique équatoriale française nouvelle rampe de lancement de la reconquête de la France métropolitaine. A Muselier qui le questionne, il explique : « L’enthousiasme avec lequel nous avons été accueillis a été provoqué par l’espoir de voir cesser les difficultés économiques qui asphyxiaient le territoire depuis l’armistice. Nous n’avons pas le droit de décevoir ».

    H.C.


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    Union100821b - Marne
    REIMS : Méchoui des Diables bleus de Reims

    Le Comité des Diables Bleus de Reims invite tous les anciens chasseurs à pied, alpins, portés ou mécanisés à son méchoui annuel, dimanche 5 septembre, sur le terrain de sport Saint-Joseph, Chaussée de Cormontreuil à Reims à 13 heures (entrée côté maison du gardien).

    Prix 20 € pour les adultes et 10 € pour les enfants de moins de 12 ans. (apéritif, repas, fruit, boisson). Les invités devront se munir d’assiettes, couverts et verres.

    Les inscriptions doivent parvenir avant jeudi 26 août avec le règlement au secrétariat du comité, chez Denise Moreau, 290 rue de Cernay à Reims.


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    Union100821a - Marne
    LA CHEPPE : Le Camp d’Attila à La Cheppe

    Pour les touristes et les enfants, le char, c’est presque un jouet géant. Entre souvenir des disparus et ode à la gloire des chars, le mémorial hésite.
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  • Communément appelée Camp d’Attila, alors que la bataille des Champs Catalauniques livrée contre les Huns en 451 a certainement eu lieu ailleurs, cette enceinte protohistorique située à La Cheppe (près de Saint-Etienne-au-Temple) est le vestige d’une place fortifiée gauloise, un oppidum, construit au Ier siècle avant J.-C. Comme son plus ancien nom connu est Vetus Catalaunum, autrement dit « le Vieux Châlons », les historiens pensent qu’il pourrait s’agir des restes de la plus importante place-forte de la tribu gauloise des Catalaunes. On découvre près de l’entrée une ancienne motte castrale du Moyen Age qui portait autrefois un donjon en bois.

    Cet oppidum est l’un des mieux conservés du nord-est de la Gaule. On aperçoit distinctement une forme concentrique, constituée d’un remblai de plusieurs mètres de hauteur, dont le périmètre semble gigantesque. Au milieu de cet îlot protégé, une communauté vivait là il y a plus de 2 000 ans. Impossible de rater ce lieu parfaitement indiqué. Aussi étonnant que cela puisse paraître, l’endroit est maintenant cultivé. Les champs se partagent même l’espace avec… un terrain de foot !

    Peu importe, l’enceinte de l’oppidum est parcourue d’un sentier très agréable, presque aérien, qui vous transportera très loin.


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    Union100820b - Marne
    CAMP DE SUIPPES : Randonnée historique : Un vrai parcours de combattants

    Une belle leçon d’histoire dans un cadre inédit.
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  • Ils étaient plus de 150 personnes à vouloir s’inscrire à la randonnée historique au village de Tahure dans le camp, ce 18 août, mais les places étaient limitées. La journée était organisée par le centre d’entraînement des brigades du camp en partenariat avec le centre d’interprétation de Suippes.

    Ce sont 115 marcheurs de 9 à 80 ans, venus de tous horizons qui ont bravé le temps maussade de ce mercredi matin. Après les consignes de sécurité, ils furent répartis en cinq groupes, guidés chacun par des passionnés de ce secteur qu’ils connaissent bien : le colonel Mery, M. Godin, M. Cotret, E. Marchal et J.-P. Mainsant.

    Un vrai parcours de combattant pour se rendre sur ces hauts lieux, où périrent tant de Poilus dans cette ligne de front du 25 septembre 1915 au 26 septembre 1918.

    Les randonneurs ont pu admirer le site du village de Tahure avec ce qui a été retrouvé de son église du XIVe siècle, le superbe autel et la statue de sainte Hélène patronne du village. Ce fut ensuite la pause repas bienvenue mais surtout bien arrosée par une sérieuse pluie qui n’a cependant pas fait perdre la bonne humeur de chacun.

    Le circuit s’est poursuivi par le « ravin des mûres » et la butte de Tahure, prise et reprise, qui fait de ce site un haut lieu de résistance où tombèrent tant d’hommes longeant le lieu-dit les tranchées de la vistule.

    Le soleil revenu, la profondeur de l’horizon s’offrait à tous : un panorama de verdure et de monticules couverts d’arbustes et de sapins et une végétation qui montre que la nature a repris ses droits.

    Les groupes sur le retour ont regagné la route de Tahure vers Sommepy, commune qui porte depuis 1950 comme les autres villages détruits, les deux noms associés.


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    Union100820a - Marne
    BERRY-AU-BAC : Les cimetières militaires / Berry-au-Bac : nécropole ou Disneyland de la guerre ?

    Pour les touristes et les enfants, le char, c’est presque un jouet géant. Entre souvenir des disparus et ode à la gloire des chars, le mémorial hésite.
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  • Photos Christian Lantenois
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  • BERRY-AU-BAC (Aisne). Que célèbre-t-on à Berry-au-Bac ? Les morts de 1914 dont le nom s’efface parfois sur les monuments ou la première bataille de chars de l’histoire ? Le malheur des soldats ou la gloire des armes.

    QUAND on passe à Berry-au-Bac, on se dit que cette ville minuscule pourrait ne pas exister. La départementale qui mène à Laon pourrait, tel un fleuve tranquille, facilement tout emporter : le village qui se tient sagement des deux côtés du bitume, les 548 habitants, les souvenirs, s’il n’y avait la nécropole militaire en arrivant et le mémorial dédié aux chars d’assaut sur le rond-point à la sortie. Soit deux monuments dédiés à la guerre de 1914-1918. Comme si Berry-au-Bac avait besoin de ces deux repères dans le temps pour s’immobiliser dans l’espace.

    Economie mortuaire

    En arrivant de Reims, sur la route à gauche, il suffit de faire quelques centaines de mètres parmi les champs pour trouver la nécropole militaire immobilisée sous le soleil. Surplombant le cimetière qui aligne ses croix blanches, une grande pancarte prévient : « L’Etat investit pour vous ». On se frotte les yeux avant de comprendre que le plan de rénovation du cimetière entre dans le cadre du plan de relance du gouvernement. Les 3 933 combattants français, les 30 soldats anglais, les 6 Russes, le Belge, tués aux combats en 14-18, tous au secours des vivants de 2010 ? Doublement méritants, donc ? Dans notre monde marchand, les vivants ont aussi besoin des morts pour relancer la machine économique, commander des travaux, créer des emplois. Il y aurait de quoi méditer sur l’économie qui s’adapte, recycle tout, trouve son or noir là où elle le peut.

    Un petit tour dans le cimetière que l’herbe grillée fait ressembler à un champ de blé que l’on aurait fauché jadis avant de l’abandonner. De l’ombre, il y en a un peu, du côté des sapins. Collées par deux, deux faces comme pour une médaille, les croix blanches rythment le terrain. Monotonie interrompue quand, faisant fi des croyances et des préjugés, une croix célibataire épouse une stèle musulmane. Ainsi Mohamed Boukenmache, mort le 7 octobre 1918, se retrouve uni pour « l’éternité » avec Georges Boulanger, mort le 16 avril 1917.

    Parce qu’il n’est pas aussi soigné que certains cimetières militaires de la région, le cimetière de Berry-au-Bac évoque plus sûrement encore le temps qui passe.

    Ode aux chars

    A la sortie du village cette fois, carrefour du Choléra, un mémorial spécifique pour ceux qui sont morts dans des chars d’assaut. On aurait un peu du mal à comprendre pourquoi il faudrait distinguer les morts selon leur arme, si des panneaux ne venaient expliquer qu’à Berrry-au-Bac a eu lieu le 16 avril 1917 le premier combat de chars de l’histoire. On l’oublie, mais la guerre de 1914 a tout inauguré en matière de techniques modernes : avions, gaz, mines, et bien sûr chars. Le colonel Estienne, le promoteur de ces nouveaux engins, a naturellement sa plaque sur laquelle on lit sa déclaration prémonitoire du 25 août 1914 : « La victoire appartiendra à celui qui, le premier, aura réalisé un engin cuirassé capable de progresser en tous terrains et armé d’un canon. »

    Entre mémoire et cours d’histoire, le lieu oscille. On ne sait trop si l’on doit déplorer les morts de ce conflit absurde ou au contraire admirer l’ingéniosité des hommes qui, dans les hauts fourneaux du Creusot ou de Saint-Chamond, inventèrent ces nouvelles armes qui font encore les délices des guerres actuelles. Deux prototypes des années 50, en exposition sur des talus, font toujours leur effet auprès des touristes et des enfants qui voient là des super gros jouets, le Disneyland de la guerre. Instant propice à la photo de famille. Souriez s’il vous plaît !

    Bruno Testa


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    La première bataille de chars de l’Histoire

    Si l’apparition des premiers chars d’assaut devait plus tard changer le cours de la guerre, il n’en a rien été ce fameux 16 avril 1917 où la mission des chars était de percer le front entre Corbeny et Berry-au-Bac. Les bases de départ sont placées très (trop !) en arrière et la colonne de chars progresse difficilement sur un terrain défoncé par les obus. L’artillerie lourde allemande guidée par des observateurs n’a pas de mal à mettre hors course la colonne, avant son déploiement.

    Au final, sur les 128 chars Schneider (il y a quelques Saint-Chamond, mais non équipés), 52 sont touchés et 21 s’embourbent ou tombent en panne. Ce n’est rien à côté des hommes. Sur les 720 officiers et hommes d’équipage engagés dans l’opération, 180 sont tués, blessés ou portés disparus. Parmi les morts, on compte Pierre Bossut, qui commandait la colonne de chars. Ses cendres ont été déposées au monument le 12 avril 1992.


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    Union100819a - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Animation et spectacle à la vallée Moreau Trois ans après, le spectacle revient

    Entre 150 et 200 personnes sont attendues pour le spectacle du soir
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  • Samedi et dimanche auront lieu à la Vallée Moreau (située entre Vienne-le-châteeau et Binarville), plusieurs manifestations importantes : reconstitution historique, vie quotidienne des soldats au cantonnement, présentation de matériels et en point d’orgue, un spectacle théâtral.

    Sous la houlette de Serge Tourovski, des participants de Connaissance de la Meuse et des passionnés de plusieurs départements viendront restituer les faits et gestes des combattants de la première guerre mondiale dans ce camp allemand de réserve restauré par le comité franco-allemand. A cette occasion, du matériel utilisé pendant le conflit de 14-18 sera présenté au public, qui pourra découvrir la façon dont vivaient les soldats dans les camps de réserve et de repos.

    Le samedi soir, à 20 h 30, un spectacle théâtral, La Patrouille, replongera les spectateurs dans le quotidien de la guerre de tranchées et aux dangers de la guerre s’ajoutent les problèmes personnels vécus à l’avant mais aussi à l’arrière. Cette pièce a été écrite par G.Durassié et P.Galland, anciens combattants et adapté par Philippe Lunard.

    Ce week-end de reconstitution mettra particulièrement en valeur ce lieu restauré par les bénévoles du comité Franco-allemand qui œuvrent tout au long de l’année.

    Visite, 3 euros ; spectacle, 5 euros. Gratuit moins de 12 ans.


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    Union100818a - Marne
    SAINT-HILAIRE : l’étape manquée de M. K

    Lors de sa grande visite en France au printemps 1960, le programme initial préparé pour Nikita Khrouchtchev prévoit que le premier Soviétique, avant d’être accueilli à Reims, passera par Verdun, Douaumont et le cimetière militaire russe de Saint-Hilaire-le-Grand. Pourtant lorsque le programme validé par le Kremlin est retourné à Paris, cette halte dans la campagne marnaise avant l’épisode au pays du Champagne n’y figure plus.

    Dans les milieux diplomatiques, on estime alors que M. K fera tout de même un arrêt là où sont inhumés un millier de volontaires russes morts au feu pendant la Première Guerre mondiale.

    Alors que le 24 mars, il est accueilli à Paris par le général de Gaulle et lui déclare : « Combinons nos forces pour éviter une nouvelle guerre », à la préfecture de la Marne on murmure que l’arrêt à Saint-Hilaire est bel et bien supprimé. On focalise alors sur l’échange qui se produit sur base d’Istres entre M. K. et le général Dolfino ancien pilote de l’escadrille Normandie-Niemen à propos du film qui vient de sortir sur cette épopée des pilotes français sur le front de l’Est pendant la Seconde Guerre mondiale.

    Le film est d’ailleurs à l’affiche à l’Opéra de Reims et présenté comme la première œuvre cinématographique réalisée entre Français et Soviétiques. L’escadrille aux 273 victoires est alors assimilée au groupe Cigogne de la guerre 1914-1918. Dolfino ne cache pas au maître de l’URSS qu’il est déçu par certains aspects du film alors que Khrouchtchev en fait l’éloge. Mais rusé et sûr de son verbe, M. K lui confie qu’il a eu le même sentiment lorsqu’il a visionné celui consacré à la bataille de Stalingrad et au front sur lequel il s’est battu.

    Et de reconnaître que lorsqu’on a été partie prenante d’un haut fait de guerre, on a un niveau d’exigence qui est probablement incompatible avec la réalisation cinématographique. Le général en convient et les deux hommes se séparent bons amis. Pendant ce temps le secrétaire fédéral du Parti communiste français de la Marne, Pierre Tys signe une tribune : « Bienvenue au messager de la paix ». Khrouchtchev s’incline longuement à Verdun et Douaumont et évoque la mémoire des glorieux soldats tombés mais il ne s’arrête pas à Saint-Hilaire. Ce qui fera dire alors à certains observateurs qu’il s’agit d’une étape manquée.


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    Union100818a - Marne
    REIMS - LA POMPELLE - 1917 : les héros de la 1re brigade à Courcy

    COURCY (Marne). Si le monument du corps expéditionnaire russe est inauguré au fort de la Pompelle, à l’est de Reims, il ne faut pas oublier leur sacrifice à l’ouest de la cité Onze mars 1917, alors que le général Nivelle finalise son offensive d’avril sur le Chemin des Dames, la 1re brigade russe spéciale reçoit l’ordre de relever la 152e brigade française composée des 365e RI et 229 RI dans le secteur de Courcy.

    Cette décision est prise une fois que sa période d’instruction est achevée au camp de Ville-en-Tardenois. C’est dans ce secteur accidenté qu’on a reconstitué le secteur de leur futur assaut de manière à ce que les soldats soient familiarisés à la géographie locale et aux positions défensives de l’ennemi.

    Cette 1re brigade est commandée par le général Lohvitky. Elle est forte de 180 officiers et 8 762 sous-officiers et hommes de troupe. Elle comprend deux régiments, le premier qui a été constitué à Moscou et le second sur les bords de la Volga à Samara.

    « Le premier régiment sous les ordres du colonel Nitchvolodoff est parti de la capitale russe le 3 février 1916, a traversé la Sibérie et la Manchourie pour le port de Dairen. De là, ils ont rejoint Marseille après un voyage de soixante jours et trente mille kilomètres en mer » résume l’historien de Courcy Robert Clément. Et d’ajouter : « Le second régiment est arrivé un peu plus tard et est aussi dirigé vers le camp de Mailly pour y suivre une instruction en phase avec les attentes de l’état-major ».

    Lorsqu’elle arrive à Courcy, la brigade a déjà une solide expérience du feu acquise dans le secteur Suippes-Aubérive où elle stationne et combat du 28 juin 1916 au 16 octobre 1916. Alors que les soldats russes se positionnent en première ligne sur le front de Courcy, le PC de la brigade est installé à deux kilomètres au Saut-de-loup à Saint-Thierry.

    Le harcèlement ennemi est quotidien et dans la seule journée du 23 mars, les pertes sont de treize tués et soixante-cinq blessés dont deux officiers, rien qu’au 1er régiment. L’instabilité politique en Russie suscite alors quelques mouvements. Le 15 avril à 18 heures, les deux régiments se mutinent et des soviets se réunissent dans les caves du château de Saint-Thierry pour savoir s’il faut participer à l’attaque.

    Trois jours de combat

    Après trois heures de débat, une courte majorité se dégage en faveur de l’action. Le 16 avril à l’heure H, les Russes bondissent de leurs positions et atteignent la première ligne allemande dévastée par les tirs de crapouillots. Ils se projettent alors sur la deuxième très tourmentée et poursuivent leur progression appuyée par l’artillerie. Sur la gauche, le 2e régiment tout aussi déterminé s’installe de l’écluse de la Noue-Gouzaine à celle de Courcy.

    Lorsque le 1er bataillon du 1er régiment se présente devant les premières ruines du village, il est stoppé par des nids de mitrailleuses bien protégés. Le commandant choisit alors de contourner l’obstacle et attaque par le nord ce qui lui permet de s’implanter dans le village. Dans le même temps le bataillon chargé d’aller jusqu’au canal pour réaliser le contact avec la 151e DI au niveau des Cavaliers de Courcy se heurte à un fortin carré défendu par cinq ou six mitrailleuses.

    L’assaut est infructueux. Les capitaines Yanschkevitch et Iklinof tombent avec leurs hommes. Les soldats du 2e bataillon sont alors arrosés par les canons ennemis en place près de la verrerie de Courcy, au-delà du canal alors infranchissable. Les Russes ne cèdent pas. On se bat dans les rues et les combats au corps à corps sont effroyables. Ce n’est qu’au bout de trois jours de combats résolus que les Russes s’emparent du fortin maudit.

    Hervé CHABAUD


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    750 prisonniers allemands

    Dans les combats de Courcy, les Allemands abandonnent aux Russes plus de 750 prisonniers. Ils réussissent un parfait alignement sur le canal et la ligne du chemin de fer Reims-Laon ce qui permet une pleine cohérence avec les positions de la 151e DI française. Les Alliés de l’Est qui ont engagé plus de 8 000 hommes le 16 avril enregistrent de lourdes pertes. Le 19 avril au soir, ce sont 5 183 Russes qui sont hors de combat. « Ce seront les derniers exploits de ce Corps expéditionnaire. Les événements en Russie ébranlent la discipline et les soldats sont évacués sur le camp de la Courtine. C’est ce même 16 avril 1917 que Lénine après avoir traversé l’Europe dans un wagon plombé en provenance de Suisse avec la bienveillante complicité de l’Allemagne arrive en Russie, ce qui ne va pas être sans conséquence sur les suites de la guerre » conclut Robert Clément.


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    Le saviez-vous ?

    Plus de 10.000 morts

    Au cours de la première guerre, plus de 10.000 soldats auraient été tués aux abords du fort de la Pompelle.

    Pris et repris

    Le 4 septembre 1914, les fantassins de la 45e brigade d’infanterie de réserve saxonne, commandée par le général Suckow, prennent le fort. Le 13 septembre, un dimanche, ce sont des éléments de la 5e armée française, commandée par le général Franchet d’Espérey qui le reprirent. Les Allemands restèrent à quelques centaines de mètres de l’autre et dans tous les forts alentours durant toute la durée de la guerre. Le fort devint la clef de voûte de la défense de Reims et par là même un verrou empêchant les Allemands d’aller à Paris et de prendre à revers tout le front allié de l’Aisne et de la somme.

    Un métro sous le fort

    La guerre de position obligea les soldats à s’organiser en créant tout un complexe sous-terrain, s’appuyant sur une grande galerie de 300 mètres, creusée à 12 mètres de profondeur, parfaitement étayée et baptisée le métro. Une petite voie ferrée y fut installée pour transporter le ravitaillement. Bouches d’aérations, infirmerie, pièces de repos, électricité, téléphone, mise en surpression des galeries, pour éviter les gaz, complétèrent l’équipement.

    Attaque au gaz

    La première attaque au gaz au fort de la Pompelle eut lieu les 19 et 20 octobre 1915. Bilan 9 mors, 12 blessés et 291 évacuations pour intoxication.

    Des Russes au fort

    De juillet 1916 à mars 1917, un corps expéditionnaire russe de 17.000 hommes (deux brigades d’infanterie) défendent le sud de Reims et le fort de la Pompelle, dans le cadre de l’alliance militaire franco-russe. L’écrivain Jean Giono évoque la camaraderie entre Russes et Français dans une nouvelle intitulée, Ivan Ivanovitch Kossiakof ; qui a pour cadre le fort de la Pompelle.

    La marine en renfort

    De juillet 1915 à juillet 1917, la marine française, avec trois batteries mobiles de canonnières, positionnées sur le canal près de Sept Saulx, les marins appuyèrent l’action des troupes terrestre.

    As des as

    Âgé de 22 ans, l’un des as de l’aviation française, René Dorme, du groupe des Cigognes, s’est écrasé près du fort le 25 mai 1917.

    Attaques

    En 1918, par trois offensives dont une avec des chars, les Allemands tentèrent de reprendre le fort. Grâce, notamment aux troupes coloniales, ils ne purent y parvenir.

    Hommage

    Le 6 juillet 1918, alors qu’il faisait une inspection au fort, accompagné par le général Gouraud, Clémenceau se vit offrir un bouquet de fleurs séchées par un soldat. On rapporte qu’il s’est fait enterrer avec après avoir écrit dans ses mémoires : « De la terre champenoise de têtes hirsutes surgirent fantastiquement d’invisibles trous de mitrailleuses ; faces muettes, les unes impassibles, d’autres au sourire grave qui font mine de s’aligner pour le salut militaire… Voilà ! Et alors une rude main me présente un bouquet de fleurs crayeuses augustes de misères et flamboyantes de volonté. »


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    Union100817c - Marne
    SOMMEPY-TAHURE : Valorisation du souvenir de la Grande Guerre / Sommepy-Tahure en première ligne

    Marie-Joseph Guyot et André Perard présentent la clé de voûte de Sommepy et la carte explicative
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  • Soutenus par la mairie, six bénévoles de Sommepy travaillent pour préserver le souvenir de Tahure.

    LE temps passe depuis la Grande Guerre. Mais le souvenir se doit de rester dans les mémoires.

    Alors que le dernier poilu, Lazare Ponticelli, s’est éteint en 2008, certains amoureux d’histoire et du patrimoine tentent de préserver cette période de l’Histoire qui appartient de plus en plus au passé.

    Comme quatre autres communes disparues par un décret de 1943, la commune de Tahure a été rattachée à Sommepy en 1950 de la volonté des habitants. De même, Perthes-les-Hurlus a été rattaché à Souain, Ripont à Rouvroy, Le Mesnil-les-Hurlus à Minaucourt et Hurlus à Wargemoulin.

    Le talus du souvenir

    En contrebas de l’église, quelques personnes sont à l’initiative du talus visible à tous depuis 1975. Ils avaient récupéré cinq pierres des cinq églises des communes disparues, et ont érigé des stèles souvenir aux curieux et aux touristes.

    Les six bénévoles qui composent aujourd’hui l’association du souvenir et du passé de Sommepy veulent voir le village se construire et se développer pour que les touristes puissent passer une journée dans le village et découvrir ou redécouvrir les marques que le passé a laissées.

    Une carte des sites

    C’est pourquoi les bénévoles, outre de consacrer de leur temps aux visites de la salle du souvenir au premier étage de la mairie, ont décidé de mettre en place une pancarte « pour mieux comprendre la vue de ces sites, explique Marie-Joseph Guyot, bénévole. Elle a, avant tout, un but pédagogique pour montrer des territoires qui n’existent plus pour que les touristes sachent ce qui est là et pourquoi ».

    Le circuit des croix

    La commune aurait pu avoir pour surnom le « circuit des croix ». En effet, « le village compte une vingtaine de croix de calvaires aux croisés des chemins dédiés en fonction des événements. Par exemple au choléra lors de l’épidémie ou encore aux ferronniers. Les gens étaient très pieux à l’époque », explique André Pérard, bénévole. C’est pourquoi, les bénévoles travaillent actuellement sur un fléchage du parcours. En attendant, il reste entièrement visible au public et peut se concilier à la visite autour de la Grande Guerre. « C’est aussi l’histoire de notre village », continue André Pérard.

    Tout le mérite est donc à l’initiative de ces bénévoles qui se passionnent de l’Histoire ou d’histoires lorsque des descendants américains viennent à Sommepy pour retrouver une trace de leur aïeul. L’occasion de partager des anecdotes est une richesse précieuse qu’ils souhaitent préserver le plus longtemps possible.

    Aujourd’hui, les cinq villages se situent au cœur du camp militaire. Une fois par an, un circuit des villages détruits est organisé par l’armée. Cette visite aura lieu le 12 septembre prochain.

    Perrine COEUGNIET

    Visites de la salle du souvenir de Sommepy-Tahure les dimanches de 15 à 18 heures sur rendez-vous : 03.26.68.80.04 ou 06.08.78.13.64.


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    Union100817b - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Déjà le 66e anniversaire : La ville va commémorer sa libération

    La plaque de rue apposée
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  • Sermaize-les-Bains n’oublie pas ! Samedi 28 août à 11 h 30 la ville organise une cérémonie du souvenir devant le monument aux morts pour commémorer le 66e anniversaire de sa libération.

    Si l’arrivée des troupes américaines a été un soulagement pour les habitants, les journées du mardi 29 et mercredi 30 août 1944 avaient été dramatiques.

    Les troupes allemandes en retraite avaient allumé plusieurs incendies courageusement combattus par les sapeurs-pompiers et tué plusieurs habitants sur le chemin de leur repli, parmi lesquels le docteur Henri Fritsch. La ville a donné son nom à la rue où se trouve le collège et la salle polyvalente pour perpétuer le souvenir des victimes de ces deux journées. Sermaize-les-Bains pour son attitude courageuse au cours de l’occupation et lors de la libération a reçu la Croix de Guerre 39-45.


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    Union100817a - Marne
    SEZANNE : Historial de la première bataille de la Marne / Projet de la dernière chance

    Michel Tellier : « Les atouts historiques de ce dossier ont été reconnus. »
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  • SEZANNE (Marne). Sans label pôle d’excellence rural, le projet d’Historial Marne 1914 doit être revu pour avoir une chance de voir le jour.

    L’HISTORIAL « Marne 1914 » a perdu une bataille mais pas la guerre. Le projet de grand musée (près de 300 m2 dans le projet initial) retraçant l’histoire de la première bataille de la Marne vient de se voir refuser le label « pôle d’excellence rural ».

    Marque de reconnaissance

    Mais tout n’est pas perdu pour ce projet ambitieux qui ne date pas d’hier. Initié il y a plusieurs années par l’association Mondement 14, le dossier a été repris par la communauté de communes de la Brie champenoise (CCBC).

    La collectivité a présenté ce projet dans le cadre d’un pôle d’excellence rural, un programme qui permet l’attribution d’une subvention importante de l’Etat, « mais aussi une marque de la reconnaissance du projet », note Michel Tellier, président de l’association Mondement 14 et maire de Soizy-aux-Bois, la commune où cet Historial pourrait voir le jour.

    Mais le projet n’a pas obtenu le label. Et sans ce label, l’historial ne peut pas voir le jour. « C’est regrettable car les atouts de ce projet ont été reconnus, mais nous n’avons pas assez mis en avant la complémentarité, la mise en réseau de notre projet avec des structures existantes, notamment le futur musée de Meaux », explique Michel Tellier. Le musée de Meaux (Seine-et-Marne), grand de 6 000 à 7 000 m2, dont la première pierre a été posée au printemps dernier, oblige les élus du secteur à revoir leur copie. Sans lâcher complètement l’Historial. « Il est encore permis d’espérer, on évolue, on change d’orientation. On ne ferait pas un musée mais peut-être un centre d’interprétation des combats, d’un point de vue local, car, contrairement à Meaux, nous avons la légitimité des combats », indique Michel Tellier, qui précise que 12 000 à 15 000 personnes passent chaque année sur le site de Mondement.

    Car l’Etat va décerner le label pôle d’excellence rural à d’autres projets lors d’une 2e vague d’attribution à l’automne. Et le projet d’Historial Marne 1914 compte bien cette fois-ci être parmi les promus.

    « Il faut défendre ce projet »

    « Mais pour voir aboutir ce projet de territoire, il est nécessaire que l’ensemble des élus locaux qui le soutiennent s’unissent et se mobilisent pour le défendre, il faut que tout le monde s’y mette », insiste Michel Tellier, qui rappelle : « C’est un projet pour l’ensemble du bassin de vue du Sud-Ouest marnais, que l’Historial soit à Soizy ou ailleurs. »

    Message adressé en particulier aux élus qui ne se sentiraient pas concernés par ce projet un peu excentré par rapport aux grosses communes du Sud-Ouest marnais.

    Guillaume TALLON


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    Union100815b - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Jean Chabaud se bat pour que souvenir demeure

    Jean Chabaud s’inquiète pour le devenir de la plaque de la prison.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Avec la disparition annoncée de la prison de Châlons, les interrogations continuent d’aller bon train. Quel sera le sort, s’interroge Jean Chabaud, ancien résistant, de la plaque dédiée aux victimes des nazis ?

    LE nom d’Alfred Chabaud y est gravé, ce Châlonnais décédé à Ellrich, camp de concentration situé en Allemagne. Comme y sont gravés les prénoms et patronymes de tous ceux qui sont passés par la prison de Châlons dans un martyre sans retour, pour avoir tenté de faire quelque chose au nom de la France.

    Jean Chabaud, fils d’Alfred, mort à 45 ans était un de ces jeunes qui, - lui n’avait pas vingt ans-, s’étaient mis en tête de dire non à l’occupant durant la Seconde guerre mondiale. Comme d’autres, il avait été incarcéré dans cette bâtisse dont la démolition sera effective en 2016.

    Au monument de la Résistance

    Lui aussi s’interroge : quel sera le devenir de cette maison d’arrêt ? Projet immobilier d’accord, mais avec quel degré de destruction ? Officiellement, on n’en sait rien.

    Tout juste sait-on que certains éléments sont classés, comme la porte d’entrée, et devront le rester en l’état.

    Que cette porte soit ou non classée est une chose. Mais ce qui intéresse aujourd’hui ce résistant âgé de 85 ans, c’est le devenir de la plaque, apposée à droite de cet accès principal, sur laquelle en lettres dorées sont gravés les noms, dates de naissance et de disparition d’une quarantaine de Châlonnais.

    Au nom de la vigilance, celle qui permet à la mémoire collective de maintenir la flamme du souvenir que chacun devrait porter en soi, il s’interroge et avance des idées pour le cas où cette plaque déménagerait.

    En face - c’est à quelques pas, -l’enceinte du monument de la Résistance, émouvante sculpture d’un condamné attaché à un poteau de pierre et semblant défier ces bourreaux, offrirait à ses yeux un écrin d’accueil parfait : « elle pourrait être installée ici, sur la pelouse, juste à côté ».

    « J’entends toujours le cliquetis »

    N’empêche qu’à l’évocation de la prison, la voix de Jean Chabaud se trouble. Durant trois mois ici au début de l’année 44, il y a été enfermé pour faits de résistance.

    Cellule 74 d’abord, qui donne sur la place Valmy. Cellule 47 ensuite. Pourquoi un changement de cellule ? Il raconte : « On a ouvert brutalement la porte. On m’a dit de prendre mon paquetage. Il fallait laisser la place à un condamné à mort. Les condamnés devaient toujours être seuls, c’était comme ça. Les gardiens me l’ont jeté pratiquement dans mes bras. Nos regards se sont croisés ».

    L’homme s’appelait Rocher. Il était de Recy et était le dernier à mourir parmi quinze condamnés : « J’entends toujours le cliquetis du verrou de leur cellule quand on venait les chercher ».

    Depuis les geôles nazies pour leur dernier voyage, ils étaient exécutés entre Châlons et l’Epine, terrible lieu d’émotion, au terrain dit de la Folie où sont encore dressés les poteaux.

    Un jour, le fils du dénommé Rocher était présent à cette butte de fusillés : « Il est venu vers moi, je lui ai tout raconté » raconte encore Jean Chabaud. Et de lever alors les yeux sur la prison, comme s’il voulait en renforcer les souvenirs, avant qu’elle ne disparaisse !

    F.M.


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    Union100815a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    Le camouflage signé Mollard

    Récupérer du matériel, le détourner et le cacher.
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  • Qu’en est-il de cet ordre donné discrètement le 5 juillet aux commissions chargées d’en faire l’inventaire de soustraire le plus possible de matériels et d’approvisionnements militaires et d’en assurer le camouflage ? C’est un officier de l’état-major de l’armée qui est chargé de cette mission avec l’accord tacite du ministre de la Défense nationale, le général Colson et du généralissime Maxime Weygand. Il s’agit du commandant Emile Mollard. Il a une prise directe sur le recensement des matériels et leur dissimulation dans des lieux sûrs. Non seulement les armes et les munitions sont concernées mais on y ajoute les chevaux et des véhicules d’emplois divers. Un service est créé sous l’appellation officielle de « Conservation du matériel ». Très vite cette structure dispose de correspondants clandestins dans chaque état-major de région militaire qui ont en charge de trouver des agents départementaux sûrs et motivés. La perspective est de disposer d’assez d’armes pour les réutiliser dès que les circonstances seront favorables.

    C’est bien une forme de résistance qui se met en place. Mollard doit à la fois rassurer ceux qui craignent qu’une telle initiative contrarie la Révolution nationale, aussi insiste-t-il sur les encouragements du Maréchal à conclure ces opérations.

    Basé à Vichy, Chamalières et Royat, le réseau tisse une toile d’araignée sur toute la zone sud en assurant les mouvements de matériel exclusivement la nuit, la journée étant consacrée à trouver des entrepôts discrets et sûrs. Mollard imagine un stratagème pour que les véhicules militaires soient pris en charge par des sociétés privées chargées d’en assurer l’entretien, de s’en servir pour mieux en dissimuler l’emploi futur. Cette solution est appropriée d’autant qu’en août 1940, il trouve même des volontaires pour fonder des sociétés de couverture ! Ces entreprises sont destinées à effectuer des transports de toute nature et leur création est justifiée par les lourds dommages dont a été victime le réseau ferré qui ne peut plus effectuer dans des délais raisonnables toutes les livraisons promises. A Marseille, à Limoges, à Périgueux, à Gontier des entreprises naissent et elles absorbent huit mille véhicules. Le transport de 80.000 hommes de troupes est ainsi réparti dans dix-huit sociétés conventionnées. Des complicités sont identifiées au sein de plusieurs administrations. Les PTT, les Eaux et Forêts et même la gendarmerie acceptent de garer entre six et sept mille véhicules !

    Dès la mi-août 1940, le général Rocard, sous-chef d’état-major de l’armée, charge deux de ses collaborateurs directs d’une mission secrète. Le lieutenant-colonel Raguet et le capitaine de Lombarès doivent réaliser un rapport pour fixer dans quelles conditions des fabrications de matériel militaire peuvent être reprises dans des entreprises disposant du savoir-faire nécessaire. Le général Picquendar qui va succéder au général Caillault à la tête de l’état-major de l’armée est partisan de cette démarche. Dans plusieurs bureaux du ministère de la Production industrielle et de l’Education nationale, il y a des soutiens patents. Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dirigé par Charles Jacob apporte son concours aux laboratoires qui ont choisi de travailler clandestinement en faveur de l’armée. Spécialiste des transmissions à l’état-major de l’armée, le capitaine Combeaux créé trois services destinés à contrer un jour les Allemands. Il s’agit du Service de recherches techniques des PTT, du Service radioélectrique de sécurité du territoire et du Groupe de contrôles radioélectriques. Ces services vont mettre au point un goniomètre pour localiser tous les émetteurs allemands.


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    Le sang-froid britannique face à la Luftwaffe

    FLEGME. Se moquant de la propagande allemande qui a annoncé la capitulation de la Grande-Bretagne pour le 27 juillet puis le 15 août, les Anglais sont confortés dans leur volonté de résister et doutent de l’ambition nazie.

    La presse anglaise est unanime pour reconnaître que les Allemands n’ont pas tenu parole puisque le Royaume-Uni est toujours un pays indépendant sans aucun soldat d’Hitler sur son territoire. Au cinquantième jour de la résistance du peuple français à l’oppression, Jacques Duchesne dans l’émission française sur les ondes de la BBC est du même avis : « Nous sommes aujourd’hui le 13 août. Les Allemands prétendent que leur attaque aérienne a commencé le jeudi 8 août. Quel est le bilan à l’heure où je vous parle ? Deux cent cinq avions allemands abattus en quatre jours et demi contre cinquante avions britanniques. Il semble que jusqu’ici les foudres de M. Hitler se retournent contre lui ».

    Il est important de marquer l’opinion publique en lui démontrant que les engagements martiaux du Reich ne sont pas tenus. C’est une manière de faire perdre la face à un ennemi qui n’aurait pas la capacité de réaliser ses plans. Bien sûr, la stratégie défensive de l’Angleterre est pour l’instant payante même si des bombardiers allemands y déversent leur chargement de bombes. Mais elle se révèle payante parce que le nombre d’appareils descendus en comparaison de la capacité de production des usines outre-Rhin et le temps de formation des pilotes et des aviateurs joue en faveur de Londres.

    La RAF ne se laisse pas faire et obtient des résultats encourageants même si ses rangs s’éclaircissent. Ce qui fait encore dire à Duchesne : « Les pertes britanniques sont extrêmement faibles, si faibles dans les incursions en territoire allemand, que même la propagande du docteur Goebbels n’arrive pas à les compter en dizaines, malgré l’habitude qu’ont ses services de faire une multiplication automatique ».

    Les bases anglaises sont en état d’alerte et tous les personnels sont mobilisés pour donner le maximum d’eux-mêmes. Cette même exigence est du côté de la flotte pour se prémunir des actions sous-marines et des attaques des vedettes lance-torpilles. Maurice Schumann tient à se rendre compte du quotidien des aviateurs c’est pourquoi il passe une nuit sur une de leurs bases et en rapporte un reportage très vivant qui est diffusé au soir du 14 août. Réaliste, le journaliste gaulliste se veut pragmatique en contant son vécu : « Il ne faut pas se hâter de chanter victoire. Bornons- nous à constater que depuis jeudi matin, c’est-à-dire en cinq jours et demi, le chiffre des pertes pour l’aviation allemande s’établit à deux cent soixante-quinze appareils ». Le reporter n’écarte pas le stress induit par les raids aériens et les drames provoqués par les destructions des bombardements. Il ajoute toutefois : « Ces dégâts ne sont point comparables à ceux que la Royal Air Force accumule en Allemagne ».

    DIFFÉRENCE ENTRE HUMANITÉ ET AUTOMATISME

    Tout est fait pour discréditer le comportement de la Luftwaffe. Les pilotes allemands sont contraints de larguer leurs bombes alors que la politique de la RAF est différente. On ne gaspille pas les munitions si les conditions météorologiques sont incompatibles avec la certitude de toucher les cibles prédéfinies. Ce qu’un officier résume ainsi : « Nous connaissons bien nos équipages. S’ils rentrent avec leurs bombes, c’est qu’il n’y a aucun moyen humain d’atteindre l’objectif ». Schumann de son côté enfonce le clou pour bien marquer la ligne de fracture humaniste qui existe entre les Allemands et les Britanniques : « En dehors même de la supériorité des appareils britanniques, cette différence entre l’humanité et l’automatisme n’explique-telle pas suffisamment les succès britanniques remportés en dépit de la supériorité numérique que l’Allemagne possède encore, bien que chaque jour qui passe la réduise davantage ». Il est patent qu’on est alors dans la bataille des chiffres et que les pertes annoncées, si elles se révélaient exactes, aboutiraient à la disparition des deux armées de l’air. La propagande joue à plein et il faut rendre chaque coup.

    D’ailleurs l’analyse de la situation qui est transmise par le reporter américain Edouard R. Murrow concernant les dommages occasionnés par la Luftwaffe sur la côte sud de l’Angleterre atteste que pour l’heure on amplifie volontairement l’étendue des dégâts.

    Murrow réagit en témoin : « Comme j’en ai moi-même fait l’expérience, les hurlements des sirènes et l’explosion des bombes n’ont rien d’agréable ; hier j’ai vu un bombardier en piqué déverser quatre bombes sur un aérodrome ; abrité confortablement dans un fossé d’Angleterre, je les ai vues tomber à moins de deux cents mètres de l’endroit où j’étais blotti ». On ne crâne pas. On décrit avec humilité pour mieux laisser filtrer l’authenticité des sentiments. L’état d’esprit est le même lorsque le reporter américain se rend à la station navale de Portland. Il reconnaît la pertinence du communiqué de l’amirauté relatant les raids ennemis encaissés. Et de porter ce commentaire : « J’estime que quatre ou cinq bâtiments servant de bureaux ont été détruits ». Murrow enquête et apprend qu’une bombe est tombée sur un petit immeuble de briques où se trouvaient trente ouvrières. Par chance, elles sont indemnes ! Et de s’autoriser un peu d’humour : « J’ai remarqué un livre qui gisait au bord d’un monceau de ruines qui représentait tout ce qui restait du bâtiment. Il était intitulé : « L’amortissement de la propriété. Incroyable ! »

    Partout les observateurs sont impressionnés par le calme des Anglais qui manifestent un sang-froid étonnant alors que les alertes se multiplient. Ils savent pertinemment qu’il y a danger mais ils sont résolus à faire face et s’ils descendent s’abriter, ils ne paniquent jamais. Cette attitude courageuse suscite encore le 17 août cette remarque de Maurice Schumann : « C’est un bon signe que cette résistance à l’Allemand en vue d’une victoire qui sera commune aux peuples libres et qui est maintenant poursuivie par l’Angleterre ».

    HERVÉ CHABAUD


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    Ligne de démarcation : le casse-tête

    Sur le chemin du retour, les enfants ont perdu le sourire.
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  • Le retour d’exode n’est pas un temps de tout repos.
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  • OCCUPATION. La mise en place de points de passage obligés entre les deux zones freine le retour des réfugiés de l’exode.

    Qu’en est-il de la ligne de démarcation qui coupe la France en deux à la mi-août 1940 ? Elle n’a pas cessé de faire l’objet de corrections de détail imposées par l’occupant ce qui stresse les populations résidant sur cette frontière artificielle conséquence de l’armistice. « La ligne verte d’occupation est marquée d’une manière générale par Genève-Dole-Chalon-sur- Saône-Paray-le-Monial-Moulin-Vierzon, se dirige ensuite vers Tours, s’arrête à quelques kilomètres à l’est de Tours, puis est parallèle à la voie ferrée Angoulême-Bordeaux, et se poursuit jusqu’à Mont-de-Marsan et Saint-Jean-Pied-de-Port. » Pendant plusieurs semaines, ce tracé est le seul communiqué par l’occupant et maintenu comme tel sur les cartes qui sont confiées aux journaux pour publication. Ce qui ne rassure pas les habitants confrontés à l’approximation du coup de crayon et parfois surpris de ne pas se trouver du côté de la ligne qu’ils imaginaient. Cette imperfection met de très mauvaise humeur tous les représentants des pouvoirs publics et les parents qui envoient leurs enfants dans l’école communale la plus proche ! Sont-ils en zone occupée ou en zone libre ?

    Les Allemands se complaisent à entretenir le doute. Pour eux, tout est simple. D’est en ouest, le tracé englobe dans la zone occupée des départements dont les infrastructures industrielles sont essentielles pour contribuer à la fabrication de matériel de guerre et d’engins lourds. Ils ont encerclé sur la carte les villes du Creusot, Chalon-sur-Saône, Montceau-les-Mines, Montchanin, Moulins-sur-Allier, Nevers, Bourges, Vierzon et Tours. Ils disposent de voies ferrées structurantes du réseau national en zone occupée comme une portion de l’axe Lyon-Nantes. Les considérations militaires sont aussi très présentes. Du sud-est de Tours jusqu’à Saint-Jean- Pied-de-Port, le tracé est plus rectiligne puisqu’il suit les principales routes nationales et départementales ainsi que certains cours d’eau. Mais sur les deux grands tronçons de la ligne de démarcation, force est de constater que des dizaines de villages sont divisés d’une manière aléatoire conduisant à l’absurde. Aussi semble-t-il utile que des aménagements locaux soient validés à condition que les officiers allemands y soient réceptifs.

    La négociation mène à une pagaille indescriptible. Plusieurs préfets demandent au ministre de l’Intérieur des cartes détaillées à l’échelle 1/200.000e en vain ! Si les préfets de Dordogne, d’Indre-et-Loire, du Cher, du Loir-et-Cher et de la Saône-et-Loire réunissent le maximum d’informations pour que de tels documents soient réalisés avant la fin du mois, c’est sans compter sur le mauvais esprit de l’occupant. Les Allemands ne veulent pas coopérer, aussi l’Institut géographique national (IGN) n’est pas en capacité de conduire dans l’immédiat un travail apaisant les tensions. Le Commissariat général de la Reconstitution rédige une note de synthèse des pratiques de l’occupant dans les départements de la Vienne, de l’Indre-et-Loire et du Cher. L’idée est que les Allemands violent le tracé sur le terrain parce que la ligne est insuffisamment matérialisée. Mais comment le faire sérieusement sans des jeux de cartes indiscutables ?

    Cela n’empêche pas les représentants du Reich de donner à Vichy des instructions strictes sur l’organisation de « l’exode à rebours ». Ce document du 1er août est un livret : « Ligne de démarcation et dispositions générales » qui comprend une carte matérialisant plusieurs limites à franchir pour les réfugiés. Si dans la zone centre et en région parisienne, tous les réfugiés peuvent rentrer, l’occupant oppose son veto au-delà d’une ligne nord-est qu’il a arbitrairement fixée et qui ne figure pas dans l’armistice. La résultante est que deux cent cinquante mille réfugiés des zones nord et est sont toujours bloqués dans la zone « non-occupée » et cinq cent mille en zone occupée non interdite. Au nord de la Seine jusqu’à cette dernière ligne, seuls les agriculteurs, les fonctionnaires, les agents publics accompagnés de leur famille sont autorisés à être rapatriés. Quelques dérogations sont accordées aux chefs d’entreprises agricoles, aux ouvriers métallurgistes.

    En revanche, le retour en zone occupée des Néerlandais, des Belges et des Luxembourgeois ne pose aucun problème ainsi que pour les réfugiés originaires d’une zone située au sud de la ligne matérialisée par la Somme, le canal de l’Aisne à l’Oise et l’Aisne et à l’ouest d’une ligne Vouziers-Dole. Une liste est disponible en ce mois d’août pour connaître les points de passage. Les familles au retour vers la Bretagne et la Normandie doivent se présenter à Chauvigny (Vienne), celles en partance pour la région parisienne ou encore pour la Normandie sont invitées à passer la Ligne à Villefranche-sur- Cher (Loir-et-Cher). A Bourges (Cher) le franchissement est possible pour ceux qui regagnent la périphérie de la capitale. A Digoin (Saône-et-Loire) doivent se retrouver celles et ceux qui habitent en Champagne et en Picardie. Enfin Chalon- sur-Saône reçoit les candidats au retour dans le nord et l’est du pays.

    Franchissement hors les points de passage

    Au passage de la Ligne, les victimes de l’exode se tiennent des postes mixtes mais à la mi-août le désordre est qualifié : « d’immense » ou de « gigantesque » dans le périmètre du franchissement. Or Vichy est convaincu que ce sont au moins 700.000 réfugiés qui sont potentiellement candidats au retour dont 180.000 dans la Vienne et 150.000 dans l’Allier. Il faut y ajouter les 250.000 de Dordogne et les 300.000 de Charente.

    La mise en place de laisser-passer témoigne de la volonté de l’occupant de contrôler les déplacements des Français aux points de passage qu’il a lui-même fixés. L’Allemagne estime alors que la seule existence de cette : « coupure de la France en deux », ce qui est inexact si l’on considère la zone interdite et l’annexion en cours de l’Alsace-Moselle, ne garantit pas ses arrières. C’est le sens d’une directive signée par Keitel le 12 août 1940 après un entretien avec Hitler : « Le führer exige le blocage des flux économiques interzones mais aussi la restriction des franchissements pour mieux réprimer les passages clandestins ou interdits à défaut de les stopper définitivement ». C’est une réponse indirecte au directeur des affaires économiques du ministère des Affaires étrangères qui le 30 juillet réclamait : « de favoriser dans la plus grande mesure possible des échanges, l’interpénétration entre les deux zones, pour maintenir le plus possible la confiance en territoire occupé, et persuader les habitants qu’ils ne sont point abandonnés par le pouvoir et qu’il ne peut y avoir à l’heure actuelle deux catégories de Français ».

    On ne parle pas encore de la mise en place d’une législation anti-passeurs. Pourtant on enregistre déjà un embryon de franchissement hors les points de passage dans le Jura à Arbois, Champagnole, Montbarrey, Parcey et Pupellin qui se trouvent en zone occupée ainsi qu’à Buvilly, Chamblay, Chaussin, Poligny et Valempoulières situés en zone non occupée.

    Ce qui préfigure des organisations clandestines dont les opérations ne sont pas forcément gratuites. De toute évidence, dans les treize départements découpés, les administrations sont déroutées d’autant que Vichy précise que les portions séparées des chefs-lieux doivent être rattachées aux départements limitrophes. Le 8 août 1940, le maire de Morez (Jura) écrit au sous-préfet de Dole : « Nous n’avons plus aucun rapport avec la sous-préfecture et la préfecture, que devons-nous faire ? » De son côté, le préfet de l’Indre qui a récupéré les parties libres de l’Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher se plaint d’avoir de trop grands espaces à surveiller, « dont cent cinquante kilomètres de ligne de démarcation perméable aux propagandes ». Un vrai casse-tête.

    H.C.


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    Union100814a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Remise de médaille : Roger Conraux honoré

    Raymond Floc’H, sous-préfet de la Marne, et Roger Conraux.
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  • Raymond Floc’H, sous-préfet de la Marne, a eu l’honneur de remettre, au nom du ministre de la Défense, à Roger Conraux le diplôme d’honneur aux anciens combattants de l’armée française 1939/1945, lors d’une cérémonie dans le jardin de la sous-préfecture, samedi 7 août.

    Un passé, retracé par Raymond Floc’H, fort en émotion, où le danger, l’amitié et le patriotisme se mêlent à des actions de bravoure, qui lui permettront de conserver sa dignité et sa liberté.

    Roger Conraux a rejoint un groupe de maquisards dans la foret d’Argonne en avril 1944 à l’âge de 18 ans, jusqu’au 31 août, jour où la région de trois Fontaine est libérée. Le 15 septembre de cette même année Roger s’engage dans le 106e régiment, aux 4e cuirassiers à Reims, qu’il quitte le 28 mars 1945, pour la première armée Française. Après l’armistice, Roger Conraux se porte volontaire pour l’extrême Orient dans la coloniale, avec des séjours en Indochine. Roger Conraux aura effectué au total douze campagnes entre terre et mer, jusqu’en novembre 1947.

    Des états de service maintes fois, et à juste titre, récompensés (médaille coloniale, croix de guerre croix du combattant, médaille du combattant, militaire, porte-drapeau…) et renouvelé par ce diplôme remis en main propre. Entouré par les membres de sa famille, Roger Conraux a reçu avec beaucoup d’émotion les éloges et les remerciements pour « son dévouement, son abnégation et son courage qui méritent le respect de tous et un remarquable engagement volontaire ».


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    Union100813a - Marne
    NAVARIN : Les cimetières militaires / Navarin : une mémoire à trous

    Ce que Navarin ne dit pas. Le sobre monument aux morts de Suippes : ces hommes qui ont refusé des ordres imbéciles, voire criminels, et ont été fusillés pour l’exemple …
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  • Le monument de la ferme de Navarin : une vision héroïque des soldats morts en Champagne en 1914-1918. Quentin Roosevelt, le neveu du président américain, a servi de modèle au soldat de droite. A gauche, le propre frère de l’artiste, Maxime Real del Sarte. Au centre, enfin, le général Henri Gouraud…
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  • C’EST une bande de terrain qui n’a rien demandé à personne, qui aurait pu vivre sa vie tranquille de bande de terrain s’il n’y avait les hommes. Sa vie de prés ou de prairies, de fermes, de moissons…. Mais voilà, durant quatre ans, cette bande de terrain a vécu non pas au rythme des cycles naturels (la pluie, le gel, la sècheresse), mais celui des obus, des gaz chimiques, le risque le plus naturel ou écologique restant la baïonnette.

    10.000 morts glorieux

    Pour tous ces morts, on a élevé, à proximité de ce qui fut jadis la ferme de Navarin une pyramide qui domine la plaine, la départementale, abrite les restes de 10.000 combattants. Enoncé comme cela, c’est tout au plus de l’arithmétique. Pourtant, si on imagine que 10.000 hommes pourraient représenter 10.000 familles, c’est énorme. Une grande ville avec ses écoles, ses crèches, ses usines, ses bistrots, sa mairie… Une ville rayée d’un seul coup de la carte. La pyramide de Navarin est donc là pour rappeler un sacrifice. A juste titre. Ces hommes ont bien mérité d’une patrie qui n’a pas toujours été généreuse à leur endroit. Cherche-t-elle à se rattraper en présentant les Poilus comme des héros ? Trois soldats au sommet de la pyramide attaquent l’ennemi pour l’éternité. Pour le soldat de droite, le sculpteur Real del Sarte a pris pour modèle Quentin Roosevelt, le neveu du président américain, mort pour la France. Celui de gauche représente le propre frère de l’artiste, tué au Chemin des Dames. Au centre enfin, le général Henri Gouraud, une grenade à la main, forcément le plus héroïque, hiérarchie oblige. Il est l’hôte de marque du mausolée. On peut préfèrer la main coupée du poète Cendrars qui doit bien être là quelque part.

    Quatre « fusillés pour l’exemple »

    Quoique ce monument veuille nous faire croire, la vérité des Poilus n’est pourtant pas là. Elle est plus sûrement dans leurs lettres fragiles écrites sur du papier qui jaunit. Des lettres le plus souvent censurées, qui disaient le découragement, le dégoût de voir tous les planqués de l’arrière (politiques, journalistes, patrons) faire profit de leur détresse, qui réclamaient la fin de cette guerre absurde (voir « Les Poilus ont la parole », éditions Complexe). Ce serait trop facile, si un monument suffisait pour apurer les comptes.

    D’autant que les monuments, ce ne sont pas les morts qui les construisent et pour cause. Ce sont les vivants pour se donner bonne conscience, pour arranger les choses.

    C’est pourquoi il convient d’aller visiter juste après Navarin un sobre monument, juste à côté de la mairie de Suippes. Il est dédié à Louis Lefoulon, Théophile Maupas, Lucien Lechat et Louis Girard, les caporaux de Souain fusillés le 17 mars 1915 pour n’avoir pas suivi des ordres imbéciles de supérieurs qui condamnaient les troupes inexorablement à la mort. Il faudra attendre 20 ans pour que ces « fusillés pour l’exemple » soient enfin réhabilités par jugement le 3 mars 1934 ; 92 ans pour qu’un monument leur soit dédié. C’était le 1er décembre 2007. Hier donc. Preuve que la mémoire de 14 est encore devant nous…

    Bruno Testa


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    Sur les pas des armées de Champagne 1914-1918

    Ce qu’on peut lire :

    « Le long d’une bande de terrain jalonnée d’ouest en est par les Monts de Moronvilliers, la crête de Navarin, les buttes de Souain, de Tahure du Mesnil et la Main de Massiges se sont affrontés pendant quatre années, avec un courage égal en d’âpres combats, Français, Alliés et Allemands. Cinq grand bataille s’y livrèrent : la bataille du « grignotage » de l’hiver 1914/1915. La puissante offensive du 25 septembre au succès limité, la reprise à l’ennemi du massif de Moronvilliers en avril-mai 1917. La tenue en échec de l’ultime attaque allemande, le « Friedensturm » par la 4e armée du général Gouraud le 15 juillet 1918. L’offensive victorieuse franco-allemande du 26 septembre 1918 qui libéra Sommery et se termina le 11 septembre à Sedan.

    Dans un champ clos de 4 sur 30 km, 103 divisions françaises, 4 divisions américaines, 2 brigades russes et des régiments polonais et tchécoslovaques ont été engagés. D’Aubérive à Minaucourt, 26 nécropoles et ossuaires abritent les restes de plus de 130 000 soldats. Au cœur de cette zone dévastée, sept villages entièrement détruits n’ont pas été reconstruits et pour cinq d’entre eux leurs vestiges sont encore visibles au sein du camp militaire national de Suippes ».


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    Union100812c - Marne
    EPERNAY : Un hommage des anciens combattants de la Résistance : Souviens-toi !

    Les tombes des résistants ont été fleuries au cimetière d’Epernay et de La Villa.
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  • Chaque année, l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance) entretient le devoir de mémoire en se rendant aux cimetières d’Epernay et de La Villa pour une cérémonie empreinte de recueillement.

    Au cours de cette manifestation, une délégation composée d’anciens combattants et de porte-drapeaux accompagnée des familles, a déposé une gerbe sur la tombe des résistants fusillés au cours de la Seconde Guerre mondiale. Hélène Plaquin, conseillère municipale chargée des relations avec les associations patriotiques, représentait Franck Leroy, maire d’Epernay, tandis que les sonneries réglementaires et La Marseillaise étaient exécutées par Jean-Marc Devavry.

    Ont ainsi été honorées, la mémoire de Pierre Escudié, Pierre Bouché, Thérèse Pierre, James Lecomte, ainsi que celle de Léon Leroy, René Herr, André Tessier et Jean Barnier.

    Quelques instants plus tard, la délégation s’est rendue rue de Reims pour un hommage à Robert Dié. A noter que le jeudi 26 août, jour anniversaire de la libération de Chavot, une gerbe sera déposée au monument aux morts de la commune et devant la plaque commémorative dédiée au sous-lieutenant René Desmarets, et que L’Anacr participera également aux cérémonies commémorant la libération d’Epernay le samedi 26 août.


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    Union100812b - Marne
    VITRY-EN-PERTHOIS : Récompense : Un diplôme d’honneur mérité

    Maurice Bourgeois remet son diplôme à Jean Roucheau.
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  • Une cérémonie un peu particulière vient de se dérouler devant le monument aux morts de Vitry-en-Perthois pour la remise d’un diplôme d’honneur aux combattants de l’Armée française 1939-1945.

    Ce diplôme a été remis par le maire Maurice Bourgeois à l’adjudant-chef Jean Roucheau, habitant de Vitry-en-Perthois depuis trois ans.

    Né le 14 février 1926 à Reims, Jean est apprenti de l’air à l’école militaire lorsque survient la drôle de guerre en 1940. Avec son père, il entre en résistance à 16 ans, dans le réseau « Air ». Il rejoint par la suite le maquis du Mont-Mouchet.

    Jean est l’un des cent plus jeunes résistants de France et porte le numéro 71.

    Il libéra Clermont-Ferrand et s’engagea ensuite dans l’armée de l’Air.

    Jean Roucheau fit l’Indochine pendant 2 ans, puis l’Afrique du Nord pendant trois ans.

    Il termina sa carrière en qualité de contrôleur aérien à la base aérienne 112 de Reims avec le grade d’adjudant-chef en 1964.

    Il est titulaire de quatorze médailles dont celles de chevalier de la Légion d’honneur ; de la médaille militaire ; de chevalier de l’ordre national du Mérite ; de la croix de guerre 39/45 avec deux citations à l’ordre du régiment ; de la croix du combattant volontaire de la Résistance ; de la croix du combattant…

    Avant de venir s’installer à Vitry-en-Perthois, l’adjudant-chef Jean Roucheau était le président des combattants volontaires de la Résistance du Puy-de-Dôme.

    Et depuis trois ans, il est le porte-drapeau de la société d’entraide de la Légion d’honneur de Vitry-le-François.


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    Union100812a - Marne
    MASSIGES : Les enfants face à la Grande Guerre

    Les enfants ont participé à la rando découverte de la Main de Massiges.
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  • Au cours de leur mois de centre de loisirs à Sainte-Ménehould, les enfants (10-12 ans) sont partis à la découverte de la Grande Guerre.

    Après, notamment, Verdun, la Vallée Moreau, le Kaiser Tunnel, Romagne-sous-Montfaucon… les enfants ont découvert le site de la Main de Massiges, un des hauts lieux de la Grande Guerre, sous la conduite des guides de l’office de tourisme de Sainte-Ménehould.

    Les enfants ont ensuite été accueillis chez Raymond Kneip pour découvrir le futur musée. La fin de la matinée s’est achevée par un pique-nique dans le parc qui entoure le musée.

    Visite du site de la Main de Massiges tous les jeudis en août : départ à 9 h 15 devant l’office de tourisme de Sainte-Ménehould. Sur réservation.


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    Union100811a - Marne
    TAHURE : À la découverte du village détruit de Tahure

    En 1980, dans les ruines de Tahure envahies par la végétation, les pionniers du 39e groupement de camp ont mis au jour l’autel avec son bas-relief en creusant les fondations d’une grande croix de fer destinée à marquer l’emplacement présumé de l’église.
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  • TAHURE (Marne). Le camp militaire de Suippes ouvre exceptionnelle-ment ses portes aux marcheurs. L’occasion de découvrir l’histoire des combats qui s’y sont déroulés et de connaître le destin tragique du village de Tahure.

    COMME tous les ans, le Centre d’interprétation Marne 14-18 organise une randonnée historique, qui aura lieu le mercredi 18 août. Cette année, Marne 14-18 s’associe au centre d’entraînement des brigades de Mourmelon, qui autorise exceptionnellement les marcheurs à entrer dans le camp militaire de Suippes jusqu’au village détruit de Tahure. Accompagnés de guides, les randonneurs découvriront l’histoire des combats qui se sont déroulés sur ces lieux, et connaîtront le destin tragique de ce village aujourd’hui en ruines.

    Tahure est sans doute le plus célèbre des villages détruits. En effet, de la même façon qu’il disait « J’ai fait Verdun », un ancien combattant déclarant « J’étais à Tahure » voulait signifier : « J’ai connu le plus terrible de la guerre des tranchées de 14-18… » A cette époque, Tahure était un paisible village de 185 habitants, établi près de la source de la rivière Dormoise et semble-t-il déjà existant au temps des Gaulois.

    L’enfer des combattants

    Le 3 septembre 1914, une fusillade crépita et le cri « Uhlans » (régiments de cavaliers allemands) se propagea dans la campagne. Les habitants ne purent que s’enfuir. Tahure allait devenir l’enfer des combattants. Anéanti, victime de cette guerre, le village ne s’est plus jamais relevé.

    En 1950, la commune fut officiellement supprimée et son territoire rattaché à la commune voisine de Sommepy, qui prit alors le nom de Sommepy-Tahure pour perpétuer la mémoire du village disparu.

    Le parcours de 14 km (réservé aux bons marcheurs) débutera à 8 h 30 à l’entrée du camp, près du village de Sommepy-Tahure et se déroulera sur la journée complète. Le pique-nique sera « tiré du sac ».

    Places limitées, sur réservation uniquement. Aucune inscription le jour même.Contact : Marne 14-18 Centre d’interprétation, 4, ruelle Bayard 51600 Suippes. Tél. 03.26.68.24.09. contact@marne14-18.fr www.marne14-18.fr


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    Union100810c - Marne
    VINCY-REUIL-ET-MAGNY : Un ancien combattant à l’honneur

    Un diplôme mérité.
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  • Un habitant de Vincy-Reuil-et-Magny, Maurice Jorand, a été honoré avec un peu retard par rapport aux cérémonies patriotiques. En effet, cet ancien combattant réside actuellement à la maison de retraite de Marle.

    Dans un salon aimablement prêté par la directrice-adjointe , en présence de Pierre Hardy, président de l’UNC de Montcornet et environs, d’un porte-drapeau, de quelques membres de l’association et de la famille, Edmond Van Ruymbeke, maire de Vincy-Reuil-et-Magny, a remis à Maurice Jorand, le diplôme d’honneur aux anciens combattants de l’armée française 1939-1945.

    Cette attribution salue l’engagement de cet homme pendant la seconde guerre mondiale. Le verre de l’amitié offert par la maison de retraite a clôturé cette cérémonie conviviale.


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    Union100810b - Marne
    SAINS-RICHAUMONT : La pétanque des anciens combattants

    C’est l’heure du premier tirage.
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  • Le concours de pétanque organisé par les anciens combattants du canton a rassemblé vingt-trois équipes.

    C’est donc une cinquantaine de gaillards qui se retrouvent, les uns parce qu’ils font régulièrement les concours et les autres, tout à fait par hasard, mais qui ont des souvenirs communs.

    La cour de récréation de l’ancienne école de garçons est d’ailleurs un terrain favorable que certains préfèrent aux pistes du boulodrome…

    Pour les curieux, c’est un spectacle étonnant avec beaucoup d’adresse en compétition et des rencontres entre finalistes qui se disputent très âprement.

    Le premier prix a été remporté par l’équipe composée d’Alex Neveu et Daniel Cassant.


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    Union100810a - Marne
    REIMS : Première Guerre mondiale : La Pompelle rend hommage aux combattants russes

    Des soldats russes dans les tranchées du fort de la Pompelle lors d’un exercice contre les gaz en septembre 1916.
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  • L’ANNÉE de la Russie en France justifie aussi de partager une histoire commune.

    Pendant la Première Guerre mondiale, les liens entre les deux pays ont été resserrés par un engagement meurtrier au feu où la vaillance des uns et des autres a témoigné du sens du devoir.

    Quatre brigades spéciales

    En 1916, la Russie tsariste envoie en France quatre brigades spéciales destinées à prendre part au combat sur le front de l’Hexagone et en Macédoine. Ce sont 745 officiers et 43 500 soldats qui sont mobilisés à cet effet.

    Le tsar accepte que ses brigades soient incorporées à l’armée française et justifie son choix : « La Russie fait don de ses fils à la France dans le plus pur esprit fraternel ».

    En juin 1916, la 1re brigade occupe une partie du secteur défensif organisé à l’est de Reims près du village d’Aubérive et est placée sous les ordres du général Dumas. Ses soldats s’y distinguent au cours des effroyables combats qui les 16 et 17 juin embrasent ce front. Ils sont aussi exemplaires lors de l’assaut allemand lancé le 2 août puis au cours de l’offensive ennemie qui se produit du 9 au 18 septembre et est finalement repoussée.

    Un courage admirable

    Le 11 mars 1917, la brigade est incorporée au 7e corps sur le front de Courcy-Loivre au nord-ouest de Reims. Elle fait partie des unités mobilisées par le général Nivelle pour faire sauter le verrou défensif de l’ennemi sur le Chemin des Dames.

    Le 16 avril à l’aube, la 1re brigade monte à l’assaut des tranchées allemandes qui déchirent le Mont Sapigneul et le Mont Spin. L’effet de surprise permet à ses hommes de faire prisonniers 11 officiers et 635 soldats. Au cours de la journée, la bataille est terrible et très meurtrière puisque la 1re brigade recense la perte de 28 officiers et d’un soldat sur deux de l’effectif ! Le 18 avril, les Russes reçoivent l’ordre d’attaquer encore et de s’emparer du front carré. Leur exploit vaut à la brigade une citation à l’ordre de l’armée délivrée le 24 avril 1917.

    La 3e brigade qui rejoint le front français le 16 octobre 1916 occupe le secteur situé à l’est de Reims avant de rejoindre à son tour le petit village d’Aubérive. Elle y stationne jusqu’au 12 mars 1917. Elle prend part aux violents échanges du 16 décembre puis encaisse l’assaut ennemi lancé les 1er et 2 janvier 1917. Elle résiste avec un courage admirable à l’attaque au gaz qui est conduite le 31 janvier.

    Un coût élevé

    Les soldats russes toujours très motivés font preuve d’un grand courage lors des offensives allemandes des 19 et 20 février puis lors de celle du 9 mars où ils sont pilonnés par une artillerie rageuse.

    Du 4 au 12 avril 1917, la 3e brigade est implantée depuis le fort de la Pompelle jusqu’à la ferme des Marquises puis lors de la désastreuse opération Nivelle, elle attaque un segment territorial qui comprend une partie de la route Neuville-Aguilcourt.

    Elle réussit l’exploit de s’emparer de trois lignes de tranchées, celle des Parallèles, de Tolus et de Lemberg puis conquiert le sommet du Mont Spin.

    Le 18 avril, elle repousse la contre-attaque de l’adversaire. Le coût de cette résistance héroïque est élevé. Du 16 au 18 avril, la brigade enregistre la perte de 12 officiers et de 258 soldats tandis que 20 officiers et 1 340 autres sont blessés et que 2 officiers et 436 soldats sont portés disparus.

    A son tour, cette brillante unité est citée à l’ordre de l’armée le 29 avril 1917.

    Hervé CHABAUD


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    Les croix du sacrifice

    Église et cimetière de Saint-Hilaire-le-Grand : un petit bout du territoire russe en France.
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  • C’est une réalité historique, plusieurs milliers de soldats russes ont combattu jusqu’à la Victoire !

    Les corps de la plupart sont restés dans cette terre de France où ils ont péri pour la liberté d’un territoire et d’un peuple éloigné de chez eux. Ils méritent qu’on se souvienne d’eux.

    Leurs tombes sont alignées dans le cimetière militaire de Saint-Hilaire-le-Grand : « pour une suprême parade », autour de la chapelle commémorative qui a été élevée en 1937 comme l’indiquait Vladimir Smirnoff, président de l’Association des officiers russes : « par la piété de leurs frères d’armes et l’Association des officiers russes, anciens combattants sur le front français ». Lors d’une commémoration récente, on évoquait l’héroïsme de ces soldats lors de l’attaque du 26 avril 1918 à Villers-Bretonneux au bois Hangard : « Toute la ligne semble clouée au sol. Soudain un soubresaut l’agite. Une petite troupe s’élance en zouaves et tirailleurs et magnifique, la baïonnette haute, méprisant les balles qui la déciment, bondit sur l’ennemi ».

    Ces soldats-là étaient d’autres poilus.


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    Une légion héroïque

    La 2e brigade russe va prendre part à la totalité des combats menés en Macédoine et cela du jour de son arrivée sur le front jusqu’à la mi-janvier 1918.

    Elle se met en valeur dès le 24 septembre 1916 près du village d’Armensco où ses hommes pleurent la disparition de 10 officiers et de 576 soldats puis en octobre et novembre lors de la prise de la ville de Monastir qui lui coûte 1 423 combattants.

    Elle est également engagée dans la bataille qui fait rage tout le long du mois sur les crêtes voisines et perd encore une trentaine d’officiers et 1 200 soldats.

    En mars 1917, elle est cette fois impliquée dans l’attaque de la côte de Dabica. La violence des engagements y est permanente et ce sont encore 25 officiers et 950 soldats qui manquent à l’appel.

    Bravoure légendaire

    La 2e brigade combat si vaillamment que le général Sarrail après la prise de Monastir la cite à son tour à l’ordre des armées alliées. Il déclare à ses soldats : « Russes, dans les montagnes helléniques comme dans la plaine serbe, votre bravoure légendaire ne s’est jamais démentie ».

    La 4e brigade arrive sur le front de Salonique le 10 octobre 1916 et y demeure jusqu’en janvier 1918. Elle se distingue plus particulièrement lors des combats qui durent du 11 au 13 décembre puis au cours du mois d’août 1917.

    Lorsque les échos de la Révolution russe se font entendre et qu’on enregistre un brutal relâchement dans la discipline, les quatre brigades sont dissoutes mais beaucoup de soldats tiennent à continuer le combat ; aussi c’est une Légion russe qui est créée.

    Elle est portée au front le 7 mars 1918 et est incorporée dans la 1re division marocaine. Elle se distingue dans les combats menés jusqu’à la signature de l’armistice et participe à l’occupation du territoire allemand aux environs du Frankenthal.

    Ses attaques héroïques portées du 26 au 30 avril, le 30 mai puis du 2 au 14 septembre 1918 lui valent deux citations et le droit de porter la fourragère aux couleurs de la croix de guerre.


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    Union100809b - Marne
    HUIRON : Souvenirs : En hommage aux aviateurs

    De nombreuses personnalités étaient présentes.
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  • Mercredi, en fin d’après-midi, de nombreuses personnes, dont 19 porte-drapeaux, étaient rassemblées dans le cimetière intercommunal de Huiron - Glannes pour rendre hommage à six aviateurs du Commonwealth et deux agents de renseignements français tombés pour la défense du pays le 5 août 1944, à l’invitation de la commune de Glannes et de son maire Monique Martin, en collaboration avec l’Union Nationale des Combattants (UNC) de Huiron et le comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François.

    Après le dépôt d’une gerbe par François Girardin, président de l’UNC accompagnée par Anne Dupuis, la nièce du sous-lieutenant français Damas Bernard, l’ancien combattant Émile Collet, adjoint au maire de Huiron, a procédé à l’appel des morts pour la France.

    Puis, un hommage a été rendu à un soldat inconnu, décédé lors de la bataille de la Marne en septembre 1914, par le dépôt d’une gerbe par le sous-préfet de l’arrondissement Raymond Floc’h et d’une flamme du souvenir par Yvan Broussard, trésorier du Souvenir Français.


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    Union100809a - Marne
    LIVRE : Un matin sur la Terre de Christian Signol

    « C’était un matin sur la Terre. Trois soldats, couchés dans le même entonnoir, pensaient à la fin de la guerre, cette terrible guerre à laquelle depuis quatre ans, miraculeusement, ils avaient survécu. Or, ils avaient l’espoir qu’elle allait finir. Dans une heure, un jour, deux ou trois, peut-être, mais elle allait finir. C’est ce que se répétaient ces trois hommes qui rêvaient à la paix, à ce qu’avait été leur vie d’avant, les longs soirs de juin dans la lumière des étés, le regard de ceux qu’ils aimaient, leurs mains et leurs caresses, leur jeunesse perdue, les mots murmurés dans l’ombre à l’abri des volets le jour de leur départ : « Fais attention à toi, ne m’oublie pas, reviens-moi vite. »

    À 6 heures, ce matin du 11 novembre 1918, le brouillard enveloppait les collines de Vrigne-Meuse. Il faisait froid, très froid, et, habitués à ces hivers qui avaient parfois fait taire les canons sous un ciel aveuglant de gel, les trois hommes ne sentaient ni leurs pieds ni leurs mains. […] Serrés les uns contre les autres, ils s’efforçaient de ne songer qu’à ce que leur avait appris le capitaine : les plénipotentiaires allemands avaient franchi la frontière quatre jours plus tôt. »

    Ainsi débute le roman de Christian Signol, Un matin sur la Terre, qui évoque les destinées (imaginaires) de trois militaires français alors que s’achève le premier conflit mondial. Paru en 2007, le livre a pour cadre Vrigne-Meuse, où effectivement résonna le clairon de l’Armistice, le 11 novembre 1918 à 11 heures, et où tombèrent (officiellement) les derniers héros français dont Augustin Trébuchon.

    Auteur populaire (mais de qualité), habitué des best-sellers à succès (on lui doit La Rivière espérance notamment), Christian Signol, 63 ans, s’est basé sur les travaux de l’historien ardennais Gérald Dardart pour respecter la vérité des faits (en terme de chronologie et de topographie). Les personnages sont en revanche imaginaires. Une belle lecture estivale.

    Ph.M.

    Publié chez Albin Michel.


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    Union100808c - Marne
    ARDENNES : Revue historique ardennaise 1914-1918 : l’autre Résistance

    En pleine célébration du 70e anniversaire du tragique été 1940, le 41e numéro de la Revue historique ardennaise propose de s’intéresser à un aspect bien méconnu… de la Première Guerre mondiale : les faits de résistance qui jalonnèrent ces quatre années terribles pendant lesquelles les Ardennes ont été le seul département entièrement occupé et donc administré par les Allemands (fût-ce indirectement, ou en tout cas différemment de ce que l’on connut lors de la guerre suivante).

    Richement illustré, l’ouvrage est la transcription du colloque qu’avait organisé la Société d’études ardennaises en 2008 sur ce thème.

    Sans craindre, comme le note François Cochet (professeur à l’université de Metz après avoir enseigné à Reims), de risquer l’anachronisme, pourtant péché traditionnellement mortel des historiens !

    « Pour la science historique, c’est bien la Seconde Guerre mondiale qui nous fournit la grille de lecture, la « boîte à outils » du concept de résistance. C’est par rapport à cet horizon repère qu’il faut promener le regard des comportements résistants de 1914-1918. »

    À l’instar du colloque, l’ouvrage comporte trois parties : « Écrire pour ne pas oublier » (où sont mis en exergue les différentes formes qu’ont pu prendre les témoignages relatifs à la période : rédactions d’écoliers, journaux ou correspondances de particuliers, articles de « l’Ardennais de Paris » etc.) ; « Figures de résistants, volonté de résister » (où sont décrits les parcours de figures remarquables (l’instituteur Malicet qui a fui les Ardennes pour rejoindre les rangs de l’armée française, l’industriel Georges Corneau, les évêques de Reims et Soissons, tous deux originaires des Ardennes etc.) ; « La résistance des troupes allemandes ».

    Aréopage d’historiens

    Le colloque comme ses « actes » réunis dans ce numéro de la Revue ont rassemblé un aréopage d’historiens de qualité, réputés pour leur rigueur scientifique et leur attachement aux Ardennes et à leur destinée singulière (géographie frontalière oblige) lors des différents conflits de 1870, 1914-1918, 1939-1945.

    En cela, on l’aura compris, ces travaux (qui restent remarquablement abordables même pour le public non spécialiste) sont une contribution de choix à l’histoire et à l’historiographie du département. Une pertinente entreprise, même, qui rend justice à ces « premiers » résistants…

    Ph.M.

    Revue historique ardennaise, « 1914-1918, l’Autre Résistance », société d’études ardennaises et Archives départementales, 220 pages, 25 euros.


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    Union100808b - Marne
    Putain de mort : un livre culte

    Par les temps qui courent « Putain de mort » de Michael Herr est un OVNI littéraire et journalistique. Epuisé depuis belle lurette, Albin Michel nous fait la grâce insigne de rééditer ce bouquin culte, publié initialement en 1977 sous le titre original de « Dispatches » (Ndlr : littéralement Dépêches - d’agence de presse - in french) ; un titre jugé un peu mou du genou par les traducteurs français, au vu du style employé par l’auteur, ils lui préféreront un « Putain de mort » qui sonne finalement très bien. Ce récit déballé dans le plus pur style du « nouveau journalisme » en vogue dans les années 70, sacrément décoiffant au regard de la daube contemporaine, raconte le quotidien d’un reporter de guerre au Vietnam, l’auteur en fait, qui a séjourné à deux reprises dans l’enfer indochinois en 1967 et 1969, pour le compte du magazine Esquire.

    L’expérience de Herr s’apparente plus à une « vision » qu’à une simple narration, et son récit revêt un tour véritablement onirique tant le monde, les êtres, les situations décrites nous paraissent surréalistes, littéralement monstrueux, au-delà de toute notion de morale, de catégories de bien ou de mal telles qu’on les cultive dans le patronage politique et médiatique ordinaire. Le journalisme pratiqué par Herr et ses confrères de l’époque n’existe plus, car en ce temps et pour la dernière fois, la guerre était « couverte » sans filtre ni fard, les reporters étant engagés dans les opérations et sur le terrain au même titre que les soldats, pour le meilleur et pour le pire… Cette vision était si prégnante, que Michael Herr a été embauché par Francis Ford Coppola pour Apocaypse Now (1979), et l’on retrouve dans le film ce détachement – divin – des héros ordinaires en temps de guerre, d’enfer et de folie. Autre contribution notable au 7e art, Herr sera l’auteur du scénario de « Full metal jacket » d’un certain Stanley Kubrick (1987). Aujourd’hui la guerre ne se filme plus, ne se montre plus…

    L’opinion ne supporte plus la vue et l’idée même de la mort, on évite donc de la choquer, mais cela ne signifie pas pour autant que le « mal » n’existe plus. Si l’Amérique de nos rêves passés a un temps perdu son âme au Vietnam, clouée au pilori des images brutes et des espérances frelatées du flower power, c’est aussi parce que l’ennemi était pire encore. Un bouquin qui doit nous amener à réfléchir sur nos renoncements hypocrites et nos pleutres vertus en matière de conflits, en Afghanistan, au Moyen- Orient, et Dieu seul sait où, demain…

    PHILIPPE LE CLAIRE


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    Union100808a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    La presse muselée et épluchée

    Que vaut la lecture de quotidiens dont l’information est strictement contrôlée.
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  • La presse ne parle pas des camps de transit et de prisonniers qui existent avec leurs lots de promiscuité.
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  • PROPAGANDE. L’occupant exige que les journaux se contentent de relayer les informations officielles et n’accepte que les papiers d’analyse à la gloire du Reich et de son armée et complaisant envers Vichy.

    Qu’en est-il de la presse française en cet été 1940 alors que sa parution a été malmenée depuis le commencement de l’exode en zone nord ? Un décret de Vichy du 9 juillet soumet à l’autorisation du président du Conseil l’impression et la distribution de journaux en zone occupée. Ce texte n’est pas appliqué puisque les autorités allemandes estiment que leurs décisions priment sur celles du gouvernement et cela en violation de l’article 3 de la convention d’armistice qui reconnaît bel et bien l’autorité du gouvernement français en zone nord. Qu’en est-il des trois cent cinquante journaux de la zone nord comme « Le Journal de l’Aisne », « Le Petit Ardennais » ou « L’Eclaireur de l’Est » ? Ils dépendent de deux organismes qui sont la Propaganda-Abteilung de France et l’ambassade d’Allemagne à Paris. Créée le 18 juillet 1940, la Propaganda-Abteilung est d’abord rattachée à la section Ic du renseignement militaire du commandement allemand en France composée d’une équipe de besogneux zélés. Elle dispose d’un droit d’intervention dans toute la zone occupée hormis dans les départements du Nord et du Pas-de- Calais rattachés à Bruxelles et sur l’Alsace-Lorraine en passe d’être nazifiée. Son organisation régionale est calquée sur celle de l’armée d’occupation.

    Une Propaganda-Staffel est responsable du « Gross Paris » qui comprend les départements de la Seine, de la Seine-et-Oise et de la Seine-et- Marne tandis que trois Staffeln basées à Saint-Germain, Dijon et Angers reçoivent compétence pour les espaces géographiques scrupuleusement dessinés, comprenant le nord-ouest, le nord-est et le sud-ouest de la France occupée. Des services locaux sont chargés d’appliquer strictement les directives nazies et sont répartis dans chaque chef-lieu de département et dans les chefs-lieux d’arrondissement où il existe un ou plusieurs journaux. Ils sont sous la coupe directe du Feldkommandant ou du Kreskommandant et il est patent qu’aucun journal n’échappe à la vigilance de cette censure allemande. Les morasses doivent être soumises par le directeur de la publication ou son représentant et sans feu vert de l’autorité occupante, les rotatives ne peuvent pas rouler. La censure est sévère, elle s’exerce non seulement sur les éditoriaux et les informations politiques mais sur les nouvelles économiques ou relatives aux conséquences de la guerre. En revanche, elle ne s’applique pas aux feuilletons auxquels les lecteurs d’alors sont très assidus ni aux critiques de films et de théâtres pas plus qu’aux résultats sportifs.

    Les rédacteurs en chefs reçoivent une série de recommandations pour pratiquer l’autocensure qui réduira les tracasseries induites par une relecture pointilleuse rendue nécessaire par un manque de rigueur des publications autorisées : « Le principe fondamental suivant doit être observé par chaque rédaction : est défendue, toute publication qui nuit au prestige du Reich allemand, qui est préjudiciable à l’ordre et au calme dans les territoires occupés ou qui met en danger la sécurité des troupes d’occupation ». L’occupant ajoute : « Le rédacteur en chef est responsable de ce que chaque rédacteur du journal exerce, pour chaque publication faite sous sa propre responsabilité, sa propre censure dans le cadre des deux principes énumérés ci-dessus ». Si au début et cela se vérifie dans « L’Eclaireur de l’Est », puisqu’il reste des blancs dans certains papiers pour indiquer au lecteur qu’une information jugée nécessaire a été tronquée et amputée pour plaire à la propagande allemande, très vite cette manifestation de mauvaise humeur est à son tour interdite.

    L’influence de l’ambassade allemande de la rue de Lille dirigée par Otto Abetz, un fin connaisseur de la France, est tout aussi déterminante dans le filtrage de l’information. Très introduit dans les milieux artistiques et journalistiques, il est chargé le 3 août 1940 par Ribbentrop qui lui fait une absolue confiance de guider : « au point de vue politique, la presse, la radio et la propagande dans la zone occupée et d’influencer les éléments responsables de la formation de l’opinion publique en zone non occupée ». Pour mener à bien cette mission, il mobilise à cet effet dès la deuxième semaine d’août des équipes d’intervention. Il se fait aider par deux diplomates habilités pour cette activité très particulière de conseil à savoir les docteurs Ernst Achenbach et Rudolf Rahn. En somme l’ambassade d’Allemagne conduit des initiatives de propagande en parallèle avec celles de l’Abteilung. Abetz ne veut pas braquer les médias, c’est pourquoi il multiplie les contacts avec ses dirigeants. Dès son mémorandum de Salzbourg en date du 20 juillet 1940, il propose d’organiser des réceptions dans ses salons pour favoriser des liens et il demande au gouvernement du Reich de bénéficier d’enveloppes de soutien en faveur de la presse écrite et de ses meilleures plumes.

    En zone libre, la presse relève depuis juillet 1940 d’un secrétariat général à l’Information subordonné au vice-président du Conseil, Pierre Laval. Il est constitué d’un service de presse et d’un service central photographique. Le premier a comme fonction : « de renseigner la presse et d’en guider, orienter et, à l’aide d’un personnel spécialisé, d’en contrôler l’action ». Globalement, l’acheminement de la presse est un vrai problème. Jusqu’en juin 1940, la diffusion des quotidiens et des périodiques était principalement assurée par les messageries Hachette qui se vantaient : « d’écouler chaque jour huit millions de feuilles représentant un poids annuel de 160 000 tonnes de papier en employant 325 trains, 428 voitures et à Paris pour les journaux du soir 397 cyclistes et motocyclistes ».

    L’occupation change la donne puisqu’une coopérative des journaux français dont l’activité se limite à la zone nord est fondée et placée sous l’autorité du lieutenant Weber, un journaliste ancien correspondant à Paris et qui connaît tous les personnages importants de la presse dans la capitale. En août, les Allemands étudient les possibilités d’une prise de participation majoritaire dans les sociétés de distribution des quotidiens et des périodiques ce qui préoccupe le gouvernement. Laval affiche son optimisme auprès du maréchal pour trouver une solution idéale !

    La question du papier est déjà posée. Si en juin 1940, les journaux disposent d’un stock de 19 000 tonnes, les usines de fabrication du papier ont été stoppées et chaque titre doit se débrouiller par lui-même pour répondre à ses besoins, une situation intenable en raison du marché, d’où la nécessité de réduire la pagination. A Paris, les services économiques du Commandant militaire en France, le docteur Lehmann chargent le docteur Klecker de la fourniture du papier journal. La hausse des prix pose dès l’été des problèmes budgétaires aux entreprises de presse. Si les quotidiens à fort tirage sont mieux armés pour y faire face, les petits journaux sont étranglés.


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    Réquisitions et confiscations

    Entre le 10 et le 15 août 1940, les réfugiés et les démobilisés regagnent la zone occupée à raison d’une vingtaine de trains par jour. Les détenteurs de véhicules qui résident au sud de la Somme sont autorisés à franchir la ligne de démarcation sans visa allemand. En revanche, les Français qui habitent au nord de la Somme se trouvent dans une situation intenable puisqu’ils appartiennent aux départements intégrés dans le périmètre de la zone interdite et dépendent de l’administration militaire allemande installée à Bruxelles. Ils doivent se soumettre à des procédures administratives tatillonnes pour obtenir selon le bon vouloir de l’occupant un laissez-passer.

    Le gouvernement de Vichy souhaite l’accélération du retour des populations dans leur lieu habituel de vie mais cette ambition signifiée à l’autorité allemande n’est pas suivie d’effet. Le Reich entend gérer selon ses critères les flux des populations déplacées. La priorité imposée à la SNCF est de mobiliser ses locomotives et ses voitures pour assurer les norias entre l’Allemagne et les différentes régions françaises afin de conforter l’installation des troupes d’occupation. Le grand quartier général exige que trois cent cinquante trains soient garantis au quotidien pour transférer les soldats de la Wehrmacht programmés pour participer au débarquement en Grande-Bretagne et qui doivent être rassemblés en Normandie. Ces mêmes convois sont utilisés en sens inverse pour emmener les prisonniers de guerre dans les stalags et les oflags de détention.

    Le Reich tient à soumettre la SNCF à ses exigences et à contrôler la totalité de l’emploi du matériel ferroviaire ainsi que les plans de circulation sur le réseau de l’Hexagone. L’Allemagne réquisitionne mille locomotives, quinze mille wagons couverts et vingt mille tombereaux.

    Les protestations françaises sont vives mais l’occupant y reste insensible réitérant l’obligation à fournir qui doit être garantie par le gouvernement de Vichy. Tout cela est compliqué par le contrôle des communications et des circuits de courriers puisque les Allemands maintiennent l’interdiction d’échanges de lettres entre la zone libre et les départements de la zone occupée. Les communications téléphoniques sont toujours interrompues de chaque côté de la ligne de démarcation. Seuls sont autorisés et sous strict contrôle des transferts de sérums et de vaccins !

    A la mi-août, les Allemands acceptent le retour des fonctionnaires du Nord et du Pas-de-Calais et mettent en place un courrier automobile entre Lille et Paris ainsi qu’une liaison téléphonique avec la capitale et les préfectures d’Arras et de Lille. Les exigences allemandes modifient les règles de vie au quotidien. Les élus locaux qui parviennent difficilement à s’entendre avec les responsables des kommandanturs recherchent les médiations préfectorales. Or, préfets et sous-préfets manquent de contacts et de directives de la part du gouvernement ! Il est patent que l’occupant tient à s’approprier la production minière et les produits manufacturés qui sont fabriqués dans cette région industrielle. Tout au long de la première quinzaine d’août 1940, les chefs d’entreprises alertent les autorités françaises sur : « Les nombreux cas de réquisitions abusives de matières premières et de machines-outils, sur la confiscation de stocks, sur l’absence d’actes commerciaux ». Les industriels tirent le signal d’alarme parce que leurs trésoreries exsangues ne leur permettent pas de faire face dans de bonnes conditions à cette situation nouvelle.


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    Les tentacules de la pieuvre du Reich

    René Belin, syndicaliste CGT nommé ministre de la Production industrielle et du Travail du gouvernement de Vichy doit gérer les confiscations ordonnées.
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  • Cette petite affiche contient un message très spécial du maréchal.
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  • Les tickets de rationnement n’en sont qu’à leur début.
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  • REQUISITIONS. Le 8 août 1940 à l’hôtel Majestic de Paris, une rencontre franco-allemande marque un tournant dans la planification de la collaboration économique franco-allemande.

    Cette réunion qui se déroule dans l’un des hôtels les plus luxueux de la capitale entre une délégation du gouvernement de Vichy, des représentants du ministère de la Production industrielle et du Travail et des mandataires de l’occupant est destinée à clarifier le régime des réquisitions et des confiscations signalé dans tous les départements de la zone occupée. Pour stopper ces opérations qui déstabilisent et hypothèquent la reprise de l’activité économique dans l’Hexagone, les Français suggèrent que : « L’autorité allemande fasse connaître ses besoins par nature de produits ». Mais disposent-ils du pouvoir pour infléchir les exigences de l’occupant ? Ils adoptent un profil diplomatique de coopération : « Les organisations professionnelles responsables sont prêtes à étudier sous l’autorité du ministère de la Production, les stocks et les capacités de production des entreprises ainsi que les besoins de l’économie française. Elles répartiraient alors les prélèvements entre les diverses sociétés concernées ». Le conseiller Bolck, éminence grise des confiscations stimulées par le Reich, écoute avec soin chaque proposition formulée sans jamais laisser apparaître sur son visage quelle peut être sa préférence. L’Allemand est prêt à une concession pour obliger le gouvernement de Vichy à s’inscrire dans une politique durable de collaboration. Il s’exprime alors d’une voix posée et ferme : « Le régime des réquisitions va prendre fin, je m’y engage aujourd’hui dès lors que vous acceptez le principe d’une collaboration sincère et rigoureuse pour la préparation d’un plan d’organisation applicable aux diverses branches de l’économie française ». Il est patent que Bolck dispose dans son jeu de tous les atouts et que l’assouplissement qu’il propose valide une politique dirigiste, déjà élaborée par le Reich, et destinée à prélever dans les pays occupés toutes les matières premières et les biens prompts à garantir une politique expansionniste. Qu’à cela ne tienne, René Belin qui est l’ancien secrétaire général adjoint de la CGT devenu ministre de la production industrielle et du Travail désigne Pierre Laroque, maître des requêtes au Conseil d’Etat pour la rédaction d’un projet de loi destiné à la création des comités d’organisation. Le texte doit être finalisé au plus tard pour le 16 août 1940.

    Cette législation pose de nouveaux principes. Désormais, chaque branche de l’industrie et du commerce est soumise à l’autorité de l’Etat et ses représentants ont au sein des comités créés toute latitude pour définir la programmation des productions, fixer les salaires, établir les conditions de travail, déterminer les prix. Est-ce à dire que les Allemands sont satisfaits des résultats obtenus. Les avis divergent selon les témoignages recueillis. D’après plusieurs conseillers au cabinet de René Belin, l’occupant n’apprécie guère de découvrir au Journal officiel du 16 août 1940 le texte relatif aux comités d’organisation.

    Jacques Barnaud devant la Commission d’enquête parlementaire sur les événements survenus en France de 1933 à 1945 déclare le 2 mai 1950 que les Allemands ont souhaité sa suppression parce qu’ils préféraient agir individuellement sur chaque industrie : « Ils voyaient avec déplaisir s’interposer entre eux et les industriels français des organisations administratives qui étaient susceptibles d’opposer une force d’inertie beaucoup plus grande que des producteurs spécialisés isolés ».

    Plus sûrement, l’occupant qui préfère une autorité centralisée et soumise craint que la multiplication des comités d’organisation ne mène à une dispersion des efforts et à une perte de temps incompatibles avec les exigences de la politique du Reich. Pour qu’il y ait une gestion cohérente de la production, une planification des besoins, et une détermination claire des rationnements imposés, les Allemands préfèrent une tutelle sur chacun aussi sont-ils préoccupés. Ils réagissent sans tarder pour obliger l’industrie française à marcher au pas de l’oie. Les économistes d’outre-Rhin optent en ce mois d’août 1940 pour laisser la direction des moyens de production à l’Etat français mais ils fixent les impératifs en se réservant le droit d’édicter des ordonnances et des directives qui ont une valeur supérieure aux décisions de Vichy. Ce qui revient à diriger l’économie française ! L’occupant estime que cette formule limite la mobilisation de gestionnaires allemands à l’étranger tout en mettant au grand jour la responsabilité du gouvernement français envers la population. Le docteur Michel avec un évident cynisme commente : « Cette influence allemande n’apparaît pas fortement à l’extérieur parce que les autorités d’occupation font travailler les autorités françaises sur la base des lois françaises, et leur laissent les mains suffisamment libres pour qu’elles conservent la satisfaction du travail accompli et la joie de l’exercice de la responsabilité ». Pour les chefs d’entreprises de l’Hexagone, la politique qui est conduite est celle d’un pillage méthodique de la richesse nationale. Plus grave, l’une des conséquences de la loi du 16 août 1940 est la dissolution des organisations professionnelles patronales et ouvrières. Qu’il s’agisse de Comité des Houillères, du Comité des Forges ou de la Confédération Générale du Travail, le régime est le même. Le ministre René Belin accepte cet état de fait. S’il détermine la composition des comités d’organisation, les Allemands disposent d’un droit de veto ! Ils tiennent à ce que les personnalités qui y sont désignées manifestent des sentiments favorables au Reich et développent une économie en phase avec les besoins recensés par l’Allemagne.

    Pour prévenir tout dérapage, l’occupant suggère avec une évidente insistance la création d’un Office central de répartition dont les sections décalquées sur le modèle allemand, correspondent aux différentes espèces de produits marquants de l’activité industrielle. La mission qui est ici prédéfinie est de répartir les matières premières. Dans chaque section, on retrouve un commissaire qui représente le gouvernement. Le docteur Michel toujours aussi rusé écrit : « Celui qui a la main sur les matières premières et sur les produits, peut, grâce à cela, diriger toute l’économie. La partie allemande en se réservant la décision sur ces choses en dernière instance, a en main les rênes de l’ensemble de l’économie française ». Et d’ajouter : « On peut constater que la collaboration conduit sur le plan économique à l’intégration plus ou moins complète de l’économie française dans une économie de guerre européenne sous la direction de l’Allemagne ».

    Si les autorités de Vichy cherchent à endiguer les exigences de l’occupant, elles ne parviennent pas à l’ébranler. Comment en serait-il autrement alors que le 8 août à Wiebaden, le docteur Hemmen a remis au général Huntziger une lettre officielle réclamant le paiement d’une indemnité de quatre cents millions de francs par jour avec fixation de pénalités en cas de retard de versement au titre des frais d’occupation ? Vaincue, la France doit selon eux supporter par jour le cinquième du coût de la guerre, soit 20 millions de reichmarks. La somme n’est pas négociable ajoutent les représentants du führer.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD

    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Union100806b
    SEDAN : La percée de Sedan

    « Si des armées importantes s’aventurent dans le massif ardennais, on les pincera à la sortie », avait prédit le maréchal Pétain. Moyennant quoi le massif ardennais sera franchi en deux jours par les blindés allemands. Entamée le 10 mai 1940, l’offensive allemande va tout balayer sur son passage. A l’aube du 13 mai, de nombreuses colonnes apparaissent au nord de Sedan. L’artillerie française gêne un instant l’avancée allemande, mais l’aviation allemande intervient de façon massive. Elle a la maîtrise du ciel, vu que l’aviation française a été engagée sur d’autres secteurs. Les rares avions français et anglais se sacrifient en vain.

    Les Allemands arrivent pratiquement sans pertes en bordure de la Meuse et se concentrent sur Sedan, Donchery, Saint-Menges et Floing. Sur le secteur de Floing, les casemates françaises résistent. En revanche, sur le secteur de Glaire, le dispositif français craque. Les Allemands détruisent les principaux ouvrages de défense entre Donchery et Wadelincourt. Le 13 mai, dès 16 h 30, des camions allemands débarquent leur matériel dans une usine de Floing.

    C’est le commencement de la fin. Le début de la Débâcle. En quelques jours, le village de Floing aura vu de près ce qui apparaît comme le plus grand désastre militaire de la France.


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    Union100806a
    TRAMERY : Parti aux escargots, il découvre un obus

    L’obus a été trouvé par un habitant sur le côté gauche
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  • UN matin comme un autre, un habitant de Tramery, petite commune près de Gueux, décide d’aller ramasser des escargots près de chez lui dans les bois et les champs qui entourent son village.

    « Sur la route, j’ai croisé un de mes voisins qui s’occupait de son jardin. Après lui avoir expliqué que j’allais aux escargots, celui-ci m’a signalé qu’il avait découvert un drôle d’escargot sur le bord de la route. Effectivement sur le côté gauche du Chemin des Malades, il y avait un étrange objet, c’était en fait un obus d’environ 40 centimètres datant de la guerre 14-18 ! » explique le riverain.

    Le riverain décide alors d’alerter les autorités car l’obus est situé sur un parcours de promenade qui est très fréquenté par les enfants.

    Personne ne daigne intervenir

    « J’ai aussitôt téléphoné à la gendarmerie de Gueux qui m’a renvoyé vers la permanence de Ville-en-Tardenois le lendemain matin. En attendant, j’ai alors prévenu l’adjoint du maire qui a fait le nécessaire de son côté. Puis le lendemain matin, j’ai rappelé la gendarmerie qui m’a à son tour renvoyé vers le service de déminage », souligne le riverain.

    L’obus a été découvert non pas hier ou avant-hier mais il y a déjà plus de huit jours, huit jours que le riverain surveille les gosses qui passent dans le coin.

    « Je préfère faire attention aux gamins car on ne sait pas ce qui peut leur passer par la tête. Ils pourraient jeter des cailloux dessus ou même y mettre le feu, histoire de voir ce que cela fait, on a tous fait des trucs inconscients quand on était enfant. Ça serait vraiment bien que le service de déminage vienne le retirer avant qu’il y ait un incident », conclut le monsieur.

    Thierry ACCAO FARIAS

    Le service de déminage basé à La Veuve n’a pas souhaité communiquer.


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    Union100801b
    SAINTE-MENEHOULD : Fouilles sur un camp allemand entre Binarville et Apremont ; Les archéologues font parler le Borrieswalde

    A l’abri des regards indiscrets, dans des bois denses sillonnés de pentes abruptes, le camp du Borrieswalde s’étendait sur plus d’un kilomètre. Pendant quatre ans, il a abrité plus de 2 000 soldats.
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  • YVES DESFOSSÉS, conservateur régional de l’archéologie à la Drac de Champagne-Ardenne, connaît parfaitement les lieux. Depuis deux semaines, il est là matin, midi et soir, sous le couvert des arbres, entre Binarville et Apremont. Pour mener à bien cette courte campagne de fouilles, il a rassemblé une douzaine de fanas d’archéologie militaire, tous bénévoles, partageant sa passion.

    Aidés par deux pelles mécaniques, ils continuent la prospection du Borrieswalde amorcée en décembre dernier. Après avoir longuement arpenté le terrain, l’archéologue est en mesure d’en dire plus sur ce qu’il avait déjà authentifié comme un camp allemand de troisième ligne fréquenté dès l’automne 1914 et jusqu’à octobre 1918 par 2 000 voire 3 000 soldats.

    Ce camp avait une vocation logistique. Via l’Argonnen-Bahn, il recevait les matériels, munitions, approvisionnements divers nécessaires à alimenter les unités de la ligne de front. Ces approvisionnements transitaient par différentes voies de chemin de fer dont deux d’entre elles ont tracé leur passage encore visible dans la forêt.

    Vestiges allemands et américains

    Le camp constituait une véritable ville sous les arbres. Sur un double amphithéâtre naturel, il se répartissait en trois plates-formes superposées. Le tout s’étendait vraisemblablement sur 1,2 km. A l’extrémité du site, sur un point très difficile d’accès, les chercheurs ont même retrouvé la trace d’un ancien hôpital.

    Ces quinze derniers jours, les archéologues se sont attachés à fouiller les dépotoirs qui regorgent encore, malgré de nombreux pillages, d’objets témoignant de la vie des soldats durant le conflit. De nombreuses bouteilles indiquent ainsi que la troupe ne consommait pas l’eau de la source, pour éviter toute intoxication, mais de l’eau minérale et de la bière. Au cours de leur mission, les fouilleurs ont fait deux découvertes d’importance. Ils ont mis au jour deux entrées de tunnel, non explorées, mais en parfait état de conservation. Non loin de là, un lavoir a été mis au jour. On imagine les soldats y faisant leur lessive sur la dalle de béton.

    Bien d’autres trouvailles vont devoir être étudiées : des semelles de brodequins, le cadre et la fourche d’un vélo, des munitions allemandes mais aussi américaines.

    A compter d’octobre 1918, le camp a en effet été occupé par les soldats de l’Oncle Sam. Ils y ont laissé leurs propres traces. Parfois mélangées avec celles de leurs prédécesseurs. Ainsi Yves Desfossés a-t-il mis la main sur une chemise US enroulée autour d’un pantalon allemand reconnaissable à son passepoil rouge. Depuis qu’il s’intéresse à ce site, le conservateur a également rassemblé des cartes postales taillées dans de l’écorce de bouleau, artisanat caractéristique des tranchées.

    Tardi en visite

    Ce secteur de la forêt, bien que fréquenté par les promeneurs, n’avait sans doute pas vu passer autant de visiteurs depuis longtemps. Outre les fouilleurs « recrutés » par Yves Desfossés, deux historiens britanniques et un Américain ont également passé du temps sur les lieux. Venus explorer le site voisin du Lost Bataillon, ils ont fait un crochet par la forêt afin d’ajouter une pièce à leur puzzle.

    L’ancien camp a également accueilli des hôtes de marque, notamment un général français et l’auteur de bandes dessinées Jacques Tardi qui se passionne pour la Grande Guerre. Une seule campagne de fouilles ne suffira sans doute pas aux archéologues pour appréhender la totalité du camp du Borrieswalde. Une seconde pourrait être programmée, en fonction des financements disponibles.

    D’ores et déjà, les passionnés d’histoire peuvent se féliciter : s’il ne s’agit pas d’une « découverte » au sens strict, on assiste là à une restitution du passé de ce coin d’Argonne occupé sans interruption pendant tout le conflit de 14-18.


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    Union100801a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    La voix de Hauteclocque

    C’est la seule fois que le futur général s’exprime sur la BBC.
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  • C’est la seule fois qu’il va s’exprimer sur les ondes de la BBC pendant la guerre et c’est le 4 août 1940 que le Picard Philippe de Hauteclocque le fait, lui qui s’est évadé de métropole pour poursuivre le combat. On mesure dans son propos sa détermination intacte et cette envie de ne jamais capituler : « Il y a quelques jours, caché dans un village de la France envahie, j’ai pu entendre, grâce au patriotisme d’un Français, la radio française de Londres ».

    Après son périple dans l’Aisne pour parvenir à ses fins, le jeune officier témoigne de ces premières interventions radiodiffusées et à même de rendre l’espoir : « J’ai vivement ressenti à ce moment-là, l’impression de réconfort donnée par les seules voix françaises encore libres. Aussi, est-ce avec une conviction profonde que je m’adresse aux Français de France prisonniers de l’ennemi ou à ceux de l’étranger. Puissent tous ceux qui m’ont aidé à échapper aux mains des barbares entendre mes remerciements ».

    Philippe de Haut e c l o c - que exalte le courage de ceux qui espèrent. Dans combien de maisons où je me suis réfugié n’ai-je pas entendu ces questions : « Comment at- on pu faire cela ? Et nos colonies ? Et la parole donnée ? Le patriotisme de certaines femmes françaises a fait en particulier mon admiration. Cette désapprobation, par de nombreux Français qui ne sont pas encore mûrs pour l’esclavage, aucun journal français n’a le droit de l’exprimer, mas il faut que le monde entier le connaisse ». L’officier sait que l’information est passée au filtre de la « propaganda staffel » et que toute nouvelle critique à l’égard de l’occupant est biffée ou corrigée pour manifester une image exclusivement positive des Allemands présents pour redresser une France affaissée par des gouvernements successifs jugés incompétents et irresponsables.

    Le deuxième élément souligné par Hauteclocque est une conversation avec un officier allemand dont il salue la politesse et la correction : « La guerre avec la France, me dit-il, sera finie dans quelques jours, et ce sera la dernière fois car nous nous arrangerons pour que la France ne puisse jamais recommencer ». Scandalisé par ces propos, articulés de manière à insister sur la domination germanique du moment, le capitaine français qui décrit le comportement ironique de son interlocuteur est vexé et remâche cette attitude qui le heurte : « Pendant de longues journées où j’eus ensuite à circuler avec l’envahisseur, toutes les fois où j’entendais le refrain officiel appris par coeur et sans cesse ressassé : la France n’est pas notre ennemie, c’est l’Angleterre que nous voulons abattre, je me rappelai plutôt l’affirmation de l’officier allemand, affirmation en plein accord avec Mein Kampf et avec Bismarck ».

    Hauteclocque est programmé dans sa tête et dans son esprit pour renverser ce schéma et rendre à son cher pays, la France sa liberté. Il commente ainsi ce qu’il ressent au plus profond de lui-même : « Le coeur serré en pensant aux souffrances de la France prisonnière que j’ai vue, il y a quelques jours, j’aurai du moins la joie de pouvoir combattre avec des Français de bonne race pour lui rendre son indépendance. Nos enfants pourront plus tard affirmer que, à tous les moments de la lutte, l’Allemagne aura trouvé des forces françaises devant elle. Voilà qui soulage pardessus tout les Français présents ici et leur permettra de tenir jusqu’à la victoire finale en laquelle notre foi est complète ». Avant de conclure toujours nourri par cette certitude intellectuelle que rien n’est insurmontable : « Cette victoire, hâtez-la par tous les moyens qui sont et seront en notre pouvoir ».


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    Le maréchal premier des Vichyssois

    Le maréchal Pétain incarne la Révolution nationale.
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  • Le maréchal cumule les pouvoirs.
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  • Pierre Laval reste un redoutable homme de l’ombre.
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  • En ce début du mois d’août 1940, on commence à mesurer le périmètre des pouvoirs confiés au maréchal Pétain. L’homme cumule les fonctions de chef de l’Etat et de chef du gouvernement et peut intervenir sur le pouvoir judiciaire. Il n’y a rien de républicain dans cet Etat français qu’il dirige et qui est fondé sur le principe du chef. Ne se plait-il pas à répéter cette phrase comme un sésame : « Toute communauté requiert un chef ». Et ce principe se vérifie à chaque niveau de l’exercice du pouvoir où doit se trouver un homme qui commande et est responsable non pas devant ceux qu’il dirige mais envers ceux qui l’ont mandaté. Chez Pétain, on comprend alors que le pouvoir ne vient pas d’en bas, d’un mandat électif confié par le suffrage universel mais d’en haut et descendant jusqu’aux assises de l’Etat et de la nation. A chaque étage de la hiérarchie des pouvoirs il y a un responsable qui exerce la totalité des pouvoirs qui lui sont dévolus et au sommet, il y a le chef suprême. C’est là que le maréchal se situe parce qu’il estime incarner et personnaliser la nation et concentrer en ses mains la souveraineté nationale.

    Cette situation est la résultante juridique des quatre actes constitutionnels qui ont fondé l’Etat français dont la rédaction monarchienne est patente. La formulation n’est-elle pas : « Nous, Philippe Pétain, maréchal de France, déclarons assumer les fonctions de chef de l’Etat français. En conséquence nous décrétons : « L’article 2 de la loi constitutionnelle du 25 février 1875 est abrogé ». Le vieux chef travaille déjà son mythe, celui d’un roi thaumaturge qui ne guérit plus les écrouelles après son sacre à Reims mais a reçu la charge exaltante de soigner l’âme et le corps d’un pays, en lui prescrivant une ordonnance nouvelle dont les médicaments sont les garants de l’hygiène politique et de la propreté morale. On est proche des ingrédients utiles à la naissance d’un culte de la personnalité. D’ailleurs une presse très vite aux ordres ne tarit pas d’éloges envers le maréchal. Les superlatifs sont nombreux, les descriptions dignes d’une oraison. On fait du maréchal le père des Français. On le décrit comme un vieillard portant la sagesse, capable de disserter avec une lucidité inégalée sur le pays, son avenir, ses relations avec l’occupant, disant la fierté française par tous les temps même les plus agités. Il est comme en 1914, le fantassin qu’il faut pour se dresser en première ligne et empêcher l’inacceptable.

    Pour mieux concilier cette proximité avec le peuple de France, on signale dès que possible sa décision de ne porter qu’une seule décoration : la Médaille militaire, celle à laquelle n’ont droit que les simples soldats et les officiers généraux ayant commandé en chef. Il s’agit de montrer que : « Celui qui a atteint les plus hauts sommets de la hiérarchie combattante est en même temps le frère du combattant le plus humble ». On insiste sur sa volonté de s’exprimer simplement pour être compris de tous : « Son langage fort et calme est celui d’un chef qui pèse la valeur des mots, dit ce qu’il pense et pense ce qu’il dit. Il est sobre, dépouillé, plein de solidité, de substance, de force et de franchise ». A ce souci du discours cartésien sans envolées lyriques dignes du prétoire, les commentateurs discernent la grandeur du maréchal, refusant d’être le complice d’un intellectualisme qui n’est qu’un charabia pour initiés : « A l’inutile verbiage, à l’éloquence ronflante mais creuse, il sent lui-même, ce que sent la France ». On lit aussi : « Son regard pâle, plein d’une bonté qui rayonne à travers ses yeux clairs, vous va tout droit jusqu’au fond du cœur ».

    On se demande si Pétain n’est pas en passe d’être transfiguré pour être pris pour un nouveau Sauveur ! Il est au moins l’homme providentiel chargé d’un pouvoir charismatique et on ne s’inquiète pas assez des fonctions exercées par Pierre Laval qui est de fait le dauphin : « Si pour quelque cause que ce soit avant la ratification par la nation de la nouvelle constitution, nous sommes empêchés d’exercer les fonctions de chef de l’Etat, M. Pierre Laval, vice-président du Conseil, l’assumera de plein droit ». En attendant, le maréchal Pétain s’affiche bien en cette première quinzaine d’août 1940 comme la source essentielle du pouvoir. Malgré ses 84 ans, il refuse qu’on dise que sa charge est pesante et le fatigue. Mais cette réalité est bien perçue par son entourage qui sait faire pression sur ses décisions. Plusieurs personnages veillent et proposent. Le général Laure, le commandant Bonhomme, le docteur Ménétrel et le directeur du cabinet civil, l’inspecteur des Finances Henri Du Moulin de Labarthète ne ménagent pas leurs efforts pour peser sur les décisions. Le maréchal est-il devenu très influençable ? Les hauts fonctionnaires qui ont la main sur l’administration et une durée de vie autre que les politiques dans les plus hautes sphères du pouvoir savent comment s’y prendre.

    Dès son retour d’Espagne, le 15 juillet, Du Moulin de Labarthète se place parce qu’il se sait attendu du maréchal tout comme le général Brécard promis à la tête de son cabinet militaire. L’inspecteur des Finances est frappé par : « Le curieux mélange d’optimisme et de désordre qui règne à Vichy ». Il considère qu’il y a déjà un groupe de pression en place autour du vieil homme et il en dresse l’inventaire. « Le général Brécard, Raphaël Alibert, Henry Lémery et le toubib (le docteur Ménétrel) constituent la première garde des conservateurs ». Il n’est sans doute pas simple dans les premières semaines d’exercice du nouveau pouvoir de préciser quel est le poids véritable de chacun.

    Le directeur du cabinet civil semble avoir quelques difficultés à prendre ses marques. Du Moulin n’est pas pro-allemand mais il perçoit dès le 25 juillet qu’il existe bel et bien : « Un quarteron de polémistes inféodés à l’Allemagne ».

    Il considère que Jean Luchaire, directeur des « Nouveaux Temps », Claude Jeantet, dirigeant du « Petit Parisien », Alfred Mallet ancien secrétaire de Pierre Laval, Georges Suarez biographe d’Aristide Briand et directeur du journal « Aujourd’hui » ainsi que Dominique Sordet, directeur de l’agence Interfrance, manifestent un zèle germanophile. Du Moulin résume déjà : « Cette tourbe nous dénonçait à Pierre Laval comme des gaullistes forcenés, comme des hommes à la solde de l’Angleterre ». Bien sûr, il y a des Vichystes plus modérés et même des gens à Vichy qui ont une certaine sympathie envers de Gaulle mais l’axe est fixé et le gouvernement pense se suffire à lui-même pour bien agir.

    Pétain imagine, le conseil des ministres comme une grande réunion d’état-major. S’il est prêt à écouter ce qu’on lui dit, il considère d’abord ses ministres comme des officiers chargés d’exécuter dans les délais les plus brefs ses décisions. Le maréchal donne des ordres. Il ne discute pas. Les parlementaires qui ont la culture du débat acceptent mal le régime.

    Pierre Laval l’a bien compris c’est pourquoi il est déjà favorable à un remaniement ministériel qui se sera effectif qu’au cours de la première semaine de septembre. Pétain se méfie de Laval mais il est toujours le premier à prendre sa défense. A ceux qui disent leurs inquiétudes, il réplique : « Il ne vaut pas mieux que les autres mais il m’a rendu trop de services ».

    Textes : Hervé Chabaud

    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Lorsque Renault devient Rémy

    C’est Maurice Schumann ici auprès de Jean Oberlé et Geneviève Brissot qui permet à Gilbert Renault de parler sur les ondes de la BBC.
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  • Goebbels et ses agents de la propagande nazie utilisent tous les moyens pour détourner les Français de l’écoute de Radio Londres.
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  • La première rencontre entre Gilbert Renault, le futur colonel Rémy fondateur de la Confrérie Notre-Dame et Maurice Schumann, la grande voix française de la BBC est étonnante. Leur rencontre à St Stephen’s house tient presque du miracle.

    Comment imaginer qu’un jeune soldat volontaire, rédacteur d’un texte destiné à sa femme pour la rassurer de sa juste installation en Grande-Bretagne, interpelle le journaliste ? Renault décrit ainsi son interlocuteur : « Dans une vaste salle où règne un désordre indescriptible, Schumann se présente sous les traits d’un garçon encore jeune, que sa maigreur fait paraître plus grand qu’il n’est réellement. Un haut front sous des cheveux rejetés en arrière, les yeux vifs derrière les lunettes, le visage osseux, une grosse tête enfoncée dans des épaules étroites et voûtées ».

    C’est cet homme qui va lui permettre de s’exprimer au micro de l’émission « Honneur et Patrie », le dimanche 21 juillet à 21 heures. Schumann assure la présentation de l’homme en ces termes : « Un des volontaires de notre Légion, père de quatre enfants, nous a demandé de faire parvenir une lettre aux siens restés en France.

    Cette lettre est celle que chacun d’entre nous voudrait pouvoir envoyer à sa femme, sa mère, sa fiancée. Nous avons prié son auteur de la lire lui-même ».

    Cette démarche donne plus d’humanité et témoigne de l’envie de la France libre de ne pas rompre avec la métropole, de protéger celles et ceux qui ont fait le choix de se battre auprès du général de Gaulle des représailles que Vichy et l’occupant pourraient décréter. Le futur colonel Rémy se livre avec authenticité : « Je me suis demandé, pendant toute une semaine d’angoisse et d’amertume, si mon devoir n’était pas de tenter de revenir auprès de vous, afin de vous protéger non seulement contre les Allemands, mais contre ces Français d’hier qui nous proposent aujourd’hui comme modèle un régime monstrueux. Mais ce n’est pas avec mes mains vides que je pourrais défendre l’esprit et le coeur de mes enfants ». Renault insiste aussi sur cette redoutable réalité des débuts de l’occupation : « Je ne puis t’écrire. Mes lettres te désigneraient aux représailles de ceux qui, pour la première fois dans l’histoire de France, ont osé souscrire l’engagement qu’aucun Français ne prendra les armes contre l’ennemi de la patrie. Si je n’ose pas prononcer ce soir ton nom, je voudrais te faire souvenir de la visite que nous avons faite à Notre-Dame-des-Victoires dans les premiers jours de mai ». Renault a la gorge serrée mais il tient et son propos est diffusé. Presque par miracle, sa femme Edith l’entend. Lorsqu’il la reverra pour la première fois, sa première phrase sera : « Tu sais que je t’ai entendu le 21 juillet, quand tu as parlé à la radio ? ».

    Pressé d’agir, Gilbert Renault qui a multiplié les contacts à Londres rencontre des officiers de l’Intelligence Service, écoute, reste prudent et démontre l’utilité de disposer rapidement d’agents de renseignements en France, bien insérés dans le tissu local et capables de drainer toutes les informations importantes utiles à la poursuite de la guerre. On l’initie à une rare vitesse au chiffrage d’un texte mais il préfère prendre un peu de temps pour bien acquérir la méthode. On le met entre les mains d’un autre expert qui se balade avec une petite fiole cachetée à la cire et contenant un liquide jaune-or : « Tous vos rapports devront être écrits à l’encre invisible, à l’aide d’une plume neuve, à bout rond, de façon à ne pas écorcher le papier. Cette encre, vous l’obtiendrez en versant quelques gouttes de ce liquide sur des crottes de moineaux bien fraîches, recueillies par vous dans une soucoupe que vous aurez déposé sur le rebord de la fenêtre en y mettant de la mie de pain pour attirer les oiseaux ». En ce début août, Renault a également la chance d’obtenir, un beau veston au tissu infroissable chez Lilly White’s sur Piccadilly !

    Déjà en lien avec André Devawrin, le « colonel Passy », Renault doit entamer sa première mission secrète en ce mois d’août 1940, c’est la raison pour laquelle il est convoqué à Carlton Gardens. On lui remet un billet d’avion pour qu’il gagne Lisbonne, une poignée de dollars pour couvrir ses frais de séjour et une provision de vingt mille francs pour l’action à conduire. Désormais, il est « Raymond ». Avant de partir, il a la chance de s’entretenir avec le général de Gaulle qui, au terme d’une conversation dense le quitte par ces mots : « Au revoir, Raymond. Je compte sur vous ». Ce qui fait écrire à Renault : « En ce soir de début août 1940, quand je sortis de Carlton Gardens, j’étais bouleversé : le regard que le général de Gaulle avait posé sur moi au moment où je le quittais me rappelait celui que j’avais surpris dans les yeux de mon père quand je le vis pour la dernière fois ». Partir pour le Portugal n’est pas chose simple surtout lorsqu’on se heurte à un fonctionnaire terne mais zélé. Comme Renault est porteur d’une somme dépassant ce qui est autorisé, il tente de négocier avec l’agent qui a dû être prévenu de cette exception. Rien n’y fait, aussi est-il contraint de différer son départ.

    De retour à Carlton Gardens chez Passy, il explique les péripéties vécues. Après quelques appels téléphoniques, les choses rentrent dans l’ordre et Renault obtient cette fois une place à bord d’un hydravion au départ de Bournemouth. Le lendemain matin, il se présente devant l’officier de la Sécurité militaire. L’homme s’intéresse à peine à ses papiers puis après ces très brèves formalités, Gilbert Renault monte à bord d’un Sunderland : « Il s’agit d’un hydravion de haut luxe, meublé de profonds fauteuils et pourvu d’un pont-promenade. Le décollage me laisse une impression d’inoubliable beauté ». Le voyage s’effectue sans difficulté et vers 17 heures, le voilà à Lisbonne. Il n’y a pas de temps à perdre puisque la prochaine étape est Madrid par le train ! La distance effectuée à petite vitesse, Renault se présente au consulat de France. Jacques Pigeonneau assure une authentique plaque tournante entre la France et l’Angleterre tout en faisant mine de la fidélité la plus exemplaire envers le gouvernement de Vichy. Grâce à une Mme Canseco, il obtient un visa l’autorisant à séjourner plus de quarante-huit heures en Espagne. Le tout est de constituer des liaisons sures entre le Portugal, l’Espagne et la France tout en faisant venir sa famille pour vraiment donner l’impression d’une installation ibérique.

    Par l’intermédiaire de sa boîte aux lettres madrilène, Renault peut désormais adresser des messages chiffrés à Londres et obtenir des réponses par le même canal. Pigeonneau et sa nièce Gisèle sont formés à leur tour au codage des pièces. S’il est prêt pour travailler avec les services britanniques en parfaite coopération, il ne tient pas à un lien strict de subordination. Les premiers contacts ne sont pas évidents. C’est sur un bateau qu’il reçoit sa première commande glissée dans sa poche. Il s’agit d’un questionnaire en quatorze points sur la base sous-marine que les Allemands réalisent dans les bassins de Bacalan 1 et 2 du port de Bordeaux. Une fois le feuillet mémorisé, il est brûlé. Désormais, il faut obtenir des informations de première main et en garantir la transmission secrète jusqu’à Londres.


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    Union100731a - Marne

    EPERNAY : Les anciens de la Fnaca voyagent : Bonjour l’Alsace !


    Les anciens combattants ne manquent pas d’occupations.
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    Il n’a pas fallu moins de deux cars pour les anciens combattants de la section Epernay-Oiry-Aÿ de la Fnaca à l’occasion du traditionnel voyage annuel. Cinq jours de bonheur et de détente à Saint-Dié-des-Vosges, capitale du massif vosgien.

    Nombreuses visites au programme : parlement européen à Strasbourg, petite Venise en barque à Colmar et visite de la ville en petit train touristique, dégustation de blanc d’Alsace à la coopérative de Ribeauvillé avec visite du musée de la vigne, château de Haut-Koenigsbourg, volerie des aigles, Riquewhir, Unawhir (réintroduction des cigognes), plan incliné à Arzwiller, repas spectacle à Wirrwiller, visite de Nancy et d’une chocolaterie…Un séjour bien rempli.

    Rendez-vous était pris pour le prochain voyage et le repas du 23 octobre.

     


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    Union100729a - Marne
    FISMES : Pour leurs actions lors de la Seconde Guerre mondiale : Des anciens combattants diplômés

    De gauche à droite : Jean Voisin, Gilbert Laplace (déjà commandeur de la Légion d’honneur)
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    A l’occasion du 70e anniversaire des combats de 1940, Jean-Pierre Pinon, le maire et conseiller général de Fismes, a remis le diplôme d’honneur de combattant de l’armée française ainsi que la médaille de la Ville de Fismes en reconnaissance de leur action pour la France à sept anciens combattants de Fismes et des proches environs.

    Jean Droy n’ayant pas eu la possibilité de se déplacer, les six autres récipiendaires sont : Marcel Dalibon, Gilbert Laplace, Bernard Leboeuf, Raymond Le Roux, Georges Pinon et Jean Voisin.

     

     


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    Union100726a - Marne
    MONDEMENT : La « carotte », c’est bon pour la mémoire

    Aujourd’hui le monument est géré par l’association Mondement 1914.
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  • Avec ses 35 m de haut et son orange vif, ellle se voit de loin. La « carotte », comme on la surnomme affectueusement, marque un point stratégique, qui est à la fois un joli point de vue sur les marais de Saint-Gond et un lieu symbolique de la Première Guerre mondiale.

    Du 5 au 12 septembre 1914, Mondement est le théâtre d’un épisode dramatique de la première bataille de la Marne.

    Sur le front qui s’étendait de l’Oise à Verdun, Mondement était comme un verrou. Si les Allemands perçaient à cet endroit, ils accédaient à la plaine de Champagne et pouvaient prendre Paris sans difficulté. Cela n’arriva pas. Les soldats français ont tenu bon, au prix de terribles combats dans les marais et de grosses pertes en vies humaines. Le monument, achevé en 1933, a été inauguré en 1951. Son emplacement a été choisi par le maréchal Foch en personne.

    Aujourd’hui, le monument est géré par l’association Mondement 1914 qui fait de ce monument élevé à la gloire des soldats Français un monument qui célèbre la paix et l’entente entre les peuples. Une émouvante commémoration rassemble début septembre de nombreux soldat de toutes les nations qui ont combattu à cet endroit. En contrebas de la « carotte » se trouve un musée doté de nombreux documents et d’objets. Il n’est ouvert que le dimanche après-midi. Le monument de Mondement est quant à lui en accès libre tout au long de l’année.


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    Union100725a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    L’euphorie de la Wehrmacht

    Les Allemands pratiquent le défilé martial à Paris et dans les grandes villes de la zone occupée.
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  • Comment réagit l’armée allemande après sa victoire sur le front de l’Ouest et la demande d’armistice formulée par le gouvernement français ? Les soldats sont sur un petit nuage et certains observateurs osent une analyse percutante. Le professeur Pierre Benaerts, attaché au grand quartier général commente ainsi la situation : « Le trait dominant de cette nouvelle armée allemande est son enthousiasme révolutionnaire, son ardeur de foi et de mystique nationale, d’esprit de sacrifice à l’image des armées françaises de la Révolution. Une cohésion remarquable des chefs et des hommes, une discipline de fer s’allie à une liberté d’allure tranchant sur la physionomie classique du soldat allemand lourdaud et sans initiative personnelle. On ne peut, devant le spectacle de cette guerre entre les puissances révolutionnaires et conservatrices, se défendre d’un rapprochement avec les jeunes armées de la Révolution, bousculant d’un seul élan les vieilles troupes peu manœuvrières et médiocrement commandées de la Prusse et du Saint-Empire ».

    Cette guerre rapide est riche d’enseignements et l’état-major de la Wehrmacht reprend les différentes étapes de la progression des troupes pour tirer toutes les leçons d’une campagne et mesurer la part d’efficacité et la part de chance rencontrées au cours des combats. Les chars légers Mark I et Mark II ont subi des pertes importantes et la décision de les remplacer est déjà actée. Les cavaliers sont convaincus qu’il faut des blindés plus lourds. Le Mark III semble l’arme idéale de substitution avec le remplacement de son canon de 37 par une pièce de 50 plus performante.

    Un Mark IV est déjà à l’étude mais aucune décision n’est prise pour doter les unités d’infanterie des meilleurs canons antichars. Ceux possédés jusqu’alors n’ont pas fait preuve d’une très grande efficacité contre les B1 français ou les Mathilda britanniques.

    L’état-major du Reich ne finalise pas son analyse sur les pertes patentes de bombardiers pendant la campagne de France. Les Allemands sont très satisfaits des résultats enregistrés par leurs appareils en piqué, les célèbres Junker 87 dit « Stuka ». Comme aucune DCA mobile et organisée ne leur a été opposée, les chefs de la Luftwaffe ne mesurent pas le danger inhérent à la mise en place d’un tel dispositif de protection.

    Bref, le sentiment qui domine est l’euphorie.

    Pour Hitler comme pour ses services de renseignements, la Wehrmacht, après avoir triomphé de l’armée française, ne peut plus avoir d’adversaires à sa taille. Le führer est désormais certain de détenir tous les aptitudes et qualités d’un grand chef de guerre. Il affirme « disposer d’une supériorité fondamentale vis-à-vis de son entourage et détenir le secret de la victoire ».

    Cette posture lui permet de critiquer, de remettre en question les propositions formulées par ses généraux. On ne dit jamais que la victoire a été facilitée par les déficits et les insuffisances du haut commandement français. L’armée allemande préfère se parer et s’affirmer comme un splendide instrument de combat à l’image de la Grande Armée de Napoléon. Hitler se voit en génie militaire et même les généraux les plus rétifs à son endroit n’imaginent plus conduire un putsch. Comblée d’honneur, l’armée rentre dans le rang. Lorsque le 19 juillet 1940, Hitler concède le bâton de maréchal à douze généraux, il suffit d’observer sur la photo de famille les von Leeb ou Witzleben pour constater leur satisfaction. S’il existe encore une opposition interne, elle est alors squelettique et restreinte à de maigres cercles académiques.


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    Muselier impose la Croix de Lorraine

    Le vice-amiral Emile Muselier auprès du général de Gaulle lors de la célébration du 14 juillet 1940 à Londres.
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  • SYMBOLE. Si elle devient l’insigne de la France libre et est approuvée par le général de Gaulle, le vice-amiral imagine cette croix comme un signe de ralliement et d’unité au cours du vol qui le conduit de Gibraltar en Grande-Bretagne.

    C’est à bord du « Cydonia », un charbonnier britannique que le vice-amiral Emile Muselier, un vétéran de la Grande Guerre, quitte Marseille le 23 juin vers 21 heures. Il guide le pilote de ce vieux navire à travers le champ de mines qu’il a mis en place à l’automne précédent. Le 25 en soirée, lorsque le bâtiment se trouve à proximité des eaux territoriales espagnoles, il est à la passerelle lorsqu’il entend le départ d’une torpille, aussi ordonne-t-il de mettre la barre toute à tribord. Par chance, la torpille passe à dix mètres. Muselier, ancien de la Grande Guerre a conservé tous ses réflexes. Le charbonnier gagne Gibraltar d’où le vice-amiral compte rallier plusieurs équipages de navires qui mouillent alors dans les ports d’Afrique du Nord. Ses appels restent sans réponse. Dans la soirée du 29 juin, il rejoint la Grande-Bretagne à bord d’un hydravion britannique et atterrit tôt le 30 dans un port du sud-ouest de l’Angleterre. Il est rapidement reçu par le premier Lord de la Mer, l’amiral Dudley Pound.

    Il l’invite à rencontrer au plus vite le général de Gaulle qu’il ne connaît pas et dont on lui a résumé les déclarations rediffusées sur les ondes de la BBC. Parmi la cinquantaine d’amiraux français, il est alors le seul à se rallier à la France libre. La discussion avec de Gaulle est cordiale mais le vice-amiral est gêné de se soumettre à un militaire de treize ans son cadet et moins gradé que lui.

    Le général le félicite et lui annonce tout de go : « Eh bien, c’est entendu, vous commanderez la marine et l’aviation dans la Légion que j’essaie de constituer. Mettez-vous en uniforme. Nous nous reverrons plus longuement demain ». Le 1er juillet paraît cette information : « Le vice-amiral Muselier est nommé au commandement des Forces maritimes françaises restées libres quelles qu’elles soient et quel que soit l’endroit où elles se trouvent. Il assure provisoirement le commandement des Forces aériennes françaises libres dans les mêmes conditions ».

    La Marine française libre se limite alors à deux bâtiments stationnés à Gibraltar auxquels s’ajoutent deux sous-marins, le « Rubis » qui croisait au large de la Norvège et le « Narval » qui se trouvait dans le port tunisien de Sousse et a rallié Malte. Le 1er juillet, il lance son premier appel : « Jamais l’heure n’a sonné plus solennelle et plus opportune de vous rappelez que vous devez obéir à vos commandants, pour tout ce qu’ils vous commanderont pour le bien du service et le succès des armes de la France. Vous êtes donc déliés de toute obligation d’obéissance à l’égard de ceux qui acceptent de rendre sans combat, aux ordres de l’ennemi, les unités de la Flotte, fait unique de notre glorieuse histoire. Je donne l’ordre aux bâtiments de guerre et de commerce français et aux Forces aériennes française de rallier sans délai les bases françaises libres ou alliées les plus proches, en vue d’opérations immédiates, contre l’ennemi. Que chacun comprenne que nos ennemis trouveront toujours, dans les termes des armistices signés sous la force, un prétexte pour amputer la France, après l’avoir occupée toute entière, pour se faire livrer la Flotte, l’Aviation, l’Empire et les utiliser contre nous-mêmes et contre nos alliés ». Et d’ajouter : « Seule notre action délivrera la France en sauvant l’honneur du Drapeau. Notre tâche sera facilitée par l’Empire français, même amputé provisoirement de la France occupée ». Le style est net mais diffère de celui du capitaine de corvette Georges Thierry d’Argenlieu. Et tout est compliqué par l’opération Catapult, le drame de Mers el-Kébir et l’occupation de quelque deux cents navires de guerre français réfugiés à Portsmouth, Plymouth, Dartmouth, Falmouth et Southampton.

    Muselier ne renonce pas et s’adresse à l’amiral Dudley Pound. Il y rappelle que tous les navires de guerre et les bateaux marchands comme les avions qui portent en poupe le pavillon tricolore à croix de Lorraine sont sous ses ordres. Cet emblème qui va devenir la référence de la France libre, l’amiral y a songé pendant son voyage dans l’hydravion qui le menait au Royaume-Uni. Il espère que ce nouvel insigne va être la marque distinctive entre les navires des Forces françaises libres et les autres restés fidèles à Pétain. Le dessin retenu n’est pas parfaitement celui que les spécialistes d’héraldique définissent comme la croix de Lorraine. En effet, La branche inférieure est prolongée de manière à pouvoir écrire « honneur et patrie » puis un peu plus tard : « France libre ». Un Liseré blanc sépare la croix elle-même du fond bleu. Pour Muselier, cette croix est : « un symbole d’unité et de ralliement ». Pas si simple d’autant que d’Argenlieu est un féru d’héraldique et qu’il le met en garde contre les interprétations corrompues qui peuvent être données à son initiative intelligente et heureuse. La croix ne peut-elle pas évoquer l’expression anglaise : « double cross » dont la signification est « Double jeu » ?

    Le vice-amiral Muselier sera ravi lorsque le général de Gaulle choisira la croix de Lorraine comme l’insigne de l’Ordre de la Libération. Oui, cette croix va rassembler la Résistance extérieure et la Résistance intérieure.

    Le 5 juillet, Muselier entame des discussions avec les Britanniques qui sont favorables à l’intégration dans la Royal Navy de tous les volontaires français. Les Français libres tiennent à disposer de leur propre force navale. Avec son franc-parler qui impressionne le contre-amiral Dickens, adjoint du deuxième lord de l’Amirauté, il gagne Le bras de fer engagé avec les Anglais qui finissent par accepter des Forces navales françaises libres et comme signe distinctif, le pavillon tricolore à croix de Lorraine porté à l’avant. De Gaulle goûte à moitié la négociation menée par Muselier et rencontre à son tour en tête à tête Dickens le 12 juillet. Il n’empêche que les propositions anglaises après le désarmement des bâtiments français attirent environ sept cents marins tandis que quatre cent cinquante optent pour la France libre. Il n’y a parmi eux qu’une vingtaine d’officiers mais Muselier y trouve son chef d’état-major, un Breton, le capitaine de corvette Raymond Moullec. Les marins qui rallient de Gaulle ont pour la plupart des parcours originaux et quelquefois rocambolesques. Très vite, le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves est remarqué pour son aisance et son intelligence. IL est volontaire pour toutes les missions y compris les plus dangereuses.

    HERVÉ CHABAUD


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    La politique de la carotte et du bâton

    Le Premier ministre anglais Winston Churchill et son épouse reçoivent cinq jeunes Français ayant rejoint la Grande-Bretagne depuis les côtes françaises pour poursuivre le combat.
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  • L’amiral Raeder.
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  • NÉGOCIATIONS. Le führer est prêt à un compromis avec la Grande-Bretagne mais infatigable, Churchill s’oppose à ce qui ne serait pour lui qu’un nouveau Munich au service de l’hégémonie nazie.

    Qu’espère Hitler en cette deuxième quinzaine de juillet 1940 ? Diviser le gouvernement britannique et semer la zizanie entre lord Halifax le ministre des Affaires étrangères, Butler le secrétaire général du ministère qui souhaitent connaître les conditions de paix de l’Allemagne avant de poursuivre une guerre qu’ils estiment incertaine et Winston Churchill, le Premier ministre, intransigeant et partisan d’une résistance définitive à l’Allemagne nazie. Le führer a tenté une médiation via la Suisse, la Suède et même la diplomatie du Saint-Siège. Il n’obtient pas les résultats espérés, ce que la foule allemande en liesse ignore.

    Le 9 juillet au cours de la « journée de la gratitude » envers les forces armées du Reich, l’ovation des dignitaires nazis atteint une rare intensité. Hitler profite politiquement de cet enthousiasme manifesté pour finaliser une nouvelle étape de sa grande ambition pour la nouvelle Allemagne. Il se rend à Berchtesgaden, murit sa réflexion et peaufine avec ses conseillers de la propagande le discours qu’il se promet de prononcer le 22 juillet au Reichstag. Il ne s’agit pas simplement d’expliquer aux Allemands ses choix mais de mener une vaste campagne d’information qui passe par l’impression de ses propos à des dizaines de milliers d’exemplaires pour qu’ils soient largués au-dessus des villes du sud du Royaume-Uni par les appareils de la Luftwaffe. Ceux qui s’attendaient à un délire martial sont déçus. Sa déclaration est tempérée et il se donne même le visage d’un homme de paix dont l’intervention militaire a été rendue nécessaire par l’appétit belliciste de la Pologne, de la France et de la Grande-Bretagne. Il se dit soucieux de rétablir des relations extérieures courtoises et stables en Europe.

    Néanmoins, si l’on va plus au fond de son texte, on identifie les mêmes clichés de rhétorique et les mêmes recettes racistes et discriminatoires déjà repérées dans ses interventions précédentes. Il ne parvient pas à taire sa haine lorsqu’il proclame son dégoût pour : « Les fauteurs de guerre juifs et capitalistes souillés de sang ». Ne vitupère-t-il pas contre : « L’empoisonnement des peuples par la juiverie internationale » ? Il est violent à l’égard de la Pologne défaite et caricature un Churchill qui est un mauvais Premier ministre dans : « un pays aspirant à la paix ». Avant d’ajouter : « Mister Churchill est un instigateur doublé d’un agitateur. C’est un dilettante aux mains couvertes de sang ».

    Que cherche le führer ? A isoler le chef du gouvernement anglais, à en faire un bouc émissaire, à le rendre responsable de la guerre et de toutes ses conséquences. Il propose une paix de compromis mais ne donne aucune information sur les conditions qui y mènent.

    Pour rassurer à Washington et à Moscou, il se fait bâtisseur : « Mon dessein n’est pas de mener des guerres mais d’édifier un nouvel Etat social de haute culture. Chaque année de cette guerre me floue de ce travail. Et les sources de cette situation ne sont que des piteux et de ridicules nullités ». Tout tourne autour de la responsabilité de Churchill dont l’entêtement est présenté comme une menace et une source de grands malheurs pour toute la Grande-Bretagne : « J’ai bien conscience que notre réponse à venir pourrait causer des souffrances et des malheurs sans nom au peuple. Naturellement pas à Churchill, parce qu’il sera sûrement tranquillement installé au Canada ».

    S’il se défend de vouloir démembrer l’Empire britannique, Hitler estime qu’il faut un vainqueur et il est alors certain que l’Allemagne nazie peut soumettre l’Angleterre contrairement aux affirmations optimistes contraires du chef du gouvernement de Londres.

    « J’AI LIBÉRÉ MA CONSCIENCE »

    Le führer se fait médiateur pour apparaître devant les diplomates internationaux comme un chef d’Etat de bon sens : « Je me sens tenu par ma conscience d’adresser une fois de plus à l’Angleterre un appel à la raison. Je crois pouvoir le faire non pas comme quelqu’un qui a été battu, mais comme un vainqueur qui parle le langage de la raison : je ne vois aucun motif pressant de poursuivre cette guerre. Herr Churchill peut bien balayer d’un revers de main ma déclaration, hurler que c’est le fruit de mes craintes et de mes doutes quant à notre victoire finale. En ce cas, j’ai libéré ma conscience concernant la suite des événements ».

    Le discours du 22 juillet n’ébranle pas un Churchill qui au 10, Downing Street tance les ministres ouverts à une posture plus complaisante envers le Reich. Lord Halifax est mandaté par le Premier ministre pour délivrer une déclaration publique qui est une fin de non recevoir. Excluant tout ce qui peut conduire à un nouveau Munich, Churchill s’affirme bien comme le patron de la politique de la Grande-Bretagne. Il y a beaucoup de logique et de sang-froid chez lui. Favorable à un juste équilibre européen, il ne peut pas se résoudre à accepter une hégémonie allemande inondant de sa propagande chaque Etat. Churchill avance une analyse pertinente et démontre le caractère insidieux et pervers du régime national-socialiste dont les idées : « Ne sont pas compatibles avec les nobles idées de la démocratie parlementaire et les valeurs de liberté et de fraternité ». Le Premier ministre s’emploie à consolider sa position politique et chacun se doit de reconnaître son sérieux et sa détermination depuis son accession à la tête du gouvernement le 10 mai. Il incarne celui qui est prêt à mener la lutte jusqu’au bout. Certain qu’il va être encore plus aidé par les Etats-Unis, il se montre inflexible et considère que l’aviation allemande n’est pas aussi puissante que l’affirme Goering. Aussi croit-il à la capacité de son pays à résister à une attaque massive de l’ennemi. « L’affrontement qui se prépare comporte des chances sérieuses de succès » résume-t-il.

    Si Hitler préfère un compromis avec les Anglais c’est aussi parce que le débarquement par surprise imaginé sur un front s’étendant de Ramsgate à l’île de Wight n’enthousiasme guère l’amiral Raeder. L’opération est d’une telle ampleur que son état-major ne pense pas disposer d’assez de temps pour conclure un plan opérationnel sans faiblesses. Or, le Grand quartier général exige que la planification soit achevée au plus tard à la mi-août. Le préalable est que la Luftwaffe acquiert la supériorité aérienne au-dessus de la Manche et du sud-est de la Grande-Bretagne.

    Pour ce faire, Goering travaille sur le plan « Adler » destiné à garantir en un mois le succès du Reich par la mobilisation par la Luftwaffe de 2300 avions dont 1300 bombardiers et 1000 chasseurs parmi lesquels 800 Me 109.

    Cette force aérienne est structurée en trois flottes. La Luftflotte 2 dirigée par Kesselring est implantée sur les terrains de Belgique et du Pas-de-Calais. La Luftflotte 3 commandée par Sperrle dispose des bases de Normandie et de Bretagne. Enfin depuis le sud de la Norvège et du Danemark, la Luftflotte 5 conduite par Stumpff est chargée de mener des raids de diversion en particulier sur l’Ecosse et le Northumberland. Face à ce dispositif, les Britanniques alignent sous les ordres de l’Air marshall Dowding 700 chasseurs répartis en quatre groupes.

    Le plus fort, le groupe 11 a en charge la protection de la région londonienne et de la côte sud-est. Ces groupes bénéficient d’une bonne organisation avec un système de défense intégré, alors unique au monde, structuré à partir de stations de guet, de chaînes de radar et des centres de commandement. Les Allemands qui connaissent cette organisation n’en apprécient pas la fonctionnalité opérationnelle.

    H.C.


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    Union100723a - Marne
    NORROIS : Plus de cent personnes au méchoui communal

    Les cuissots prennent des couleurs.
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  • Comme il est de coutume depuis plus de trente ans, les habitants de Norrois et leurs invités se sont retrouvés pour célébrer ensemble la fête nationale qui a été décalée au samedi 17 juillet.

    Cent dix personnes ont participé à cette grande journée champêtre.

    Sous la houlette du maire Jackie Sanlis et des membres de son conseil municipal, les bénévoles des associations Joie de Vivre et de l’Amicale des anciens sapeurs-pompiers et quelques autres bénévoles ont œuvré à la réussite de cette journée.

    Deux copieux repas ont été offerts aux invités présents autour des agneaux cuits à la broche. L’après-midi, une dizaine de stands animés leur ont permis de se divertir.

    La soirée a été clôturée par un superbe feu d’artifice tiré par des jeunes artificiers du village depuis les bords de la Marne.

    Tous se sont donné rendez-vous pour le 14 juillet 2011.


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    Union100722a - Marne
    VANDIERES : Récompense : Le merci de la France à Serge Faust

    Un modeste certificat pour cet homme discret, retraité de la vigne.
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  • À un peu plus de 15 ans, Serge Faust, qui est né en 1925, avait perdu l’innocence de l’enfance et son but avoué (à ses parents) était, en 1941, de repousser l’envahisseur en tentant de gagner les forces de la France qui n’étaient pas au service de l’uniforme vert-de-gris.

    Cette obsession devait lui faire tenter de franchir la frontière espagnole, mais c’est finalement les geôles qui l’attendaient. La chance devait lui sourire 110 jours après son arrestation et c’est par le Portugal que les portes de l’Afrique du Nord devaient s’ouvrir.

    Sous l’uniforme, Serge Faust participa aux campagnes de Sicile, d’Italie, le débarquement en Provence. Il échappa plusieurs fois à la mort, dont une fois lorsque son parachute ne s’ouvrit pas correctement.

    Des combats dans les Vosges, il fut cité à l’ordre de sa division, croix de guerre… tout comme lors de la très violente contre-offensive allemande.

    En décembre 1945, il retourne à la vie civile et retrouve son emploi dans la maçonnerie et le béton armé. Un métier qui le portera à travailler sur Vandières et à rencontrer sa future épouse qui devait lui donner deux enfants.

    Cette page de vie, le maire de Vandières vient de la citer en exemple, tout en remettant un « modeste » certificat à cet homme qui compte encore 250 000 frères d’armes.


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    Union100721b - Marne
    LIVRE : A Charleville, le jour où l’histoire a failli basculer

    Le Führer avait ses habitudes ardennaises. Le 24 mai 40, il est à Charleville pour y rencontrer le général von Rundstedt. Sous son insistance et celle de Göring, le commandant en chef de la Luftwaffe, Hitler accepte d’arrêter net la progression des panzers qui encerclent les forces britanniques et françaises dans la poche de Dunkerque. L’objectif de Göring est de pilonner les alliés et d’épargner les forces allemandes.

    En réalité, l’opération permet miraculeusement à 370.000 soldats (dont 123.000 Français) de réembarquer pour l’Angleterre. « Qui sait si l’avenir du monde n’a pas failli basculer le 24 mai 1940 à Charleville ? », écrit l’historien et ancien résistant belge René Mathot dans son remarquable « Au ravin du loup » (Editions Racine).

    Dans cet ouvrage, on apprend aussi que Hitler avait envisagé d’avancer son Grand quartier général à Germaine, sur la Montagne de Reims, dans l’hypothèse d’une plus grande résistance de l’armée française devant Paris ou Rouen.

    L’objectif était de pemettre au train du Führer, depuis Charleville via Rethel ou Laon, d’emprunter le tunnel de Rilly-la-Montagne et de s’arrêter à la sortie sud, à Germaine, comme Brûly-de-Pesche un village situé dans une vaste forêt. L’effondrement français en décida autrement.

    A lire également, le numéro 30 de la revue « Terres ardennaises » consacré à Brûly-de-Pesche et « Ardennes 1940 : Tenir » de l’historien ardennais Gérald Dardart.


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    Union100721a - Marne
    MUSEE : Dans les Ardennes : le loup dans ses tanières

    Hitler découvre son quartier général. Ici en compagnie de Linge, son valet de chambre (à gauche) et du capitaine aviateur Von Below (derrière lui).
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  • Seul vestige de l’ancien GQG de Hitler, le bunker construit en moins de 15 jours par les hommes de l’opération Todt. Malgré les survols de la RAF, le Führer ne s’en servit jamais.
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  • L’IMAGE, de triste mémoire, a fait le tour du monde. Hitler, hilare, se frappe sur la cuisse, lève la jambe droite, esquisse une gigue endiablée. Le 17 juin 1940, le Führer vient d’apprendre la demande française d’armistice. Des historiens ont fautivement situé l’épisode dans la clairière de Rethondes, près de Compiègne. Les hauts arbres qui entourent Hitler sont en réalité ceux du petit village belge de Brûly-de-Pesche, à l’écart de Couvin, à 15 kilomètres de Rocroi.

    A la mi-mai, la percée foudroyante de l’armée allemande surprend jusqu’au Führer lui-même. Les panzers s’enfoncent dans les lignes belges et françaises comme dans du beurre. L’état-major décide de déplacer le Grand quartier général (GQG) de Münstereifel, à 40 km de la frontière, aux abords du front. Le 22 mai, Fritz Todt, le responsable des grands travaux du régime nazi et le lieutenant-colonel Kurt Thomas, le commandant du GQG, arrêtent leur choix sur Brûly-de-Pesche, dans les Ardennes belges.

    A 6 kilomètres au sud de Couvin, le hameau est niché au cœur d’une forêt de 12.000 hectares. Pour qui veut fomenter la fin d’un monde, une tanière rêvée. Le 24 mai, les 1.500 hommes de l’opération Todt débarquent. En moins de quinze jours, ils défrichent, labourent, creusent, construisent un bunker et trois baraques, une pour le logement du Führer, une pour l’Oberkommando de la Wehrmacht, une pour le mess des officiers. On démonte le clocher de Saint-Méen pour le remplacer par un château d’eau, on transforme l’église en salle de projection, l’école en salle des cartes, l’auberge en service de presse… Les 117 habitants de Brûly, qui n’ont pas évacué devant la progression allemande, sont sommés de quitter les lieux en 48 heures. Sans savoir pourquoi. Ils ne l’apprendront que deux mois plus tard.

    Un havre de paix…

    A 20 km à la ronde, 28 villages belges et français connaissent le même sort. A Regniowez, la prairie du « Gros Caillou » est transformée en piste d’atterrissage. Par précaution, 80 villageois sont arrêtés et internés à la prison de Dinant, au cas où Hitler serait victime d’un attentat. Chose improbable car le secret est bien gardé.

    Le 6 juin, trois avions se posent à Regniowez. Hitler est dans le premier, suivi d’une poignée de dignitaires dont les généraux Keitel et Jodl. Le Führer commence par débaptiser le nom du GQG de « Waldwiese » (le pré dans la forêt) en « Wolfsschlucht » (le Ravin du loup).

    De Brûly, il multipliera les déplacements, vers Münich, Berlin, Bruxelles… Au cœur de la forêt ardennaise, Hitler commande les derniers feux de la bataille de France et reçoit ses visiteurs : Göring, von Brauchitsch, Raeder, Hess, Himmler, von Ribbentrop, Geobbels, Speer… Le 19 juin, six plénipotentiaires français, dont le Général Huntzinger, le vaincu de Sedan, signent les conditions d’armistice dans l’église. Et c’est encore de Regniowez qu’Hitler décolle le 23 juin pour visiter Paris et se pâmer devant le tombeau de Napoléon. Le 24 au soir, le cesser-le-feu entre en vigueur. Dans son chalet de Brûly, Hitler fait observer une minute de silence.

    Le 28 juin, il repart de Brûly-de-Pesche. Cette fois pour Strasbourg et définitivement. N’était la présence des touristes, aujourd’hui, Brûly retourne à son anonymat. Un havre de paix, vraiment.

    Gilles Grandpierre

    Le musée de Brûly-de-Pesche se visite tous les jours de Pâques à septembre de 10 h 30 à 17 heures. Tél. 00 32 60340140


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    Union100719i - Marne
    MARGERIE-HANCOURT : Résistant de la première heure Georges Humbert n’est plus

    Georges Humbert s’est éteint vendredi. Ses obsèques auront lieu ce jour.
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  • Beaucoup se souviennent de lui pour son engagement sans faille dans la résistance. Dès 1940, il a accueilli et nourri dans sa ferme de la Cense-Neuve de Margerie-Hancourt, de nombreux prisonniers évadés de différentes nations.

    Résistant dès mai 1941 auprès du maquis de Vitry-le-François, réfractaire au STO en 1943, résistant de la première heure du maquis des Chênes à l’été 1943, avec son épouse Hélène, il a accueilli et caché dans la ferme familiale, des réfractaires au STO, des évadés et des prisonniers de guerre lituaniens évadés du Camp de Mailly au cours de la nuit du 3 au 4 mai 1944 à la faveur d’un bombardement allié.

    Pour son engagement dans la résistance marnaise, il a obtenu la médaille commémorative 1939-1945 avec barrette « Libération » (certificat FFI délivré le 1er août 1974) ; le diplôme de gratitude du président des Etats-Unis d’Amérique, sous la signature du général d’armée Dwight D. Eisenhower ; le diplôme de gratitude du commandant suprême des forces expéditionnaires alliées, en remerciement de l’aide apportée aux soldats et aviateurs du Commonwealth et depuis le 3 mars 2009 d’une lettre de remerciement de l’ambassade de Lituanie.

    A noter qu’en raison de la célébration des obsèques de Georges Humbert, ce lundi 19 juillet à 15 heures en l’église de Margerie-Hancourt, les cérémonies d’hommage aux aviateurs du Commonwealth tombés dans la nuit du 18 au 19 juillet 1944, organisées par l’amicale du maquis des Chênes à Chassericourt (Aube), Saint-Utin, Somsois, Saint-Ouen-Domprot, Châtelraould-Saint-Louvent, Lignon et Margerie-Hancourt sont annulées.


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    Union100719h - Marne
    MOURMELON-LE-GRAND : Fête nationale : Des milliers de personnes au 14 Juillet

    Le défilé militaire attire toujours la grande foule.

    Pour la fête nationale du 14 Juillet, Mourmelon a proposé une programmation alléchante. Dès le matin, les festivités ont débuté par une remise de décorations aux sapeurs-pompiers de la commune dans le square Jean-Jaurès, présidée par Brigitte Bourgery, adjointe au maire.

    A 21h, les Mourmelonnais ont assisté à la traditionnelle prise d’armes, présidée par le lieutenant colonel Aballéa, commandant d’armes de la place de Mourmelon. Après une remise de médailles, ce fut le défilé militaire, un des plus importants organisés en France.

    L’intensité des applaudissements a traduit une fois de plus la symbiose existante entre les communautés civiles et militaires.

    Après cette parade, petits et grands ont déambulé dans la rue Gouraud pour une retraite aux flambeaux.

    Le feu d’artifice du 14 Juillet, tiré à partir du stade de la garnison, a clôturé la journée.

    Plusieurs milliers de personnes ont admiré ce spectacle de lumière. De l’avis général, il n’a rien à envier aux grandes villes voisines.


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    Union100719g - Marne
    SOMMEPY-TAHURE : La fête patronale a battu son plein

    Les week-ends ne sont pas toujours de tout repos à Sommepy-Tahure.

    Pour célébrer la fête nationale, le village a donné dans la tradition des « branches ».

    Vendredi soir, les jeunes Somme-Pinards sont allés ramasser de grandes branches d’arbres aux alentours du village afin de décorer le chapiteau installé pour l’été sur le terrain de mini golf.

    Le week-end festif s’est poursuivi le samedi soir par un bal, jusqu’à 4 heures du matin.

    Le dimanche après midi, les jeunes sont passés chez divers habitants du village dans une ambiance très conviviale, à l’occasion des aubades. La Jeunesse était accompagnée des musiciens de la fête, ce qui n’a fait que renforcer les festivités.

    Enfin, le lundi, les jeunes organisaient, comme chaque année, un grand tournoi de pétanque sur le même site que la fête.

    Le succès a été au rendez vous et la météo aussi !


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    Union100719f - Marne
    COURTISOLS : Pompiers de la CCSV : Nouveau camion et local rénové

    Le passage en revue des pompiers par les élus.

    Malgré une chaleur caniculaire, les pompiers des CPI (centres de premier secours) de la CCSV (Courtisols, Poix, Somme- Vesle) étaient en tenue pour accueillir Charles de Courson, le colonel Colin du SDIS de Châlons ainsi que M. Arrouart, président de la CCSV pour l’inauguration du nouveau camion et du local des pompiers rénové. En effet, en mai 2009, le SDIS de Châlons offrait un véhicule réformé aux pompiers de Courtisols.

    Après une remise en état minutieuse et un équipement complet de secours, le camion est de opérationnel.

    Grâce au major Alain Tolitte, en retraite professionnelle, mais pompier et bénévole dans l’âme, le local s’est refait aussi une jeunesse. Nouvelle peinture et aménagement d’un coin « convivialité » où les pompiers pourront se retrouver et décompresser après des interventions éprouvantes.

    Le colonel Colin a félicité les pompiers pour le travail fourni sur le terrain et l’efficacité dans les interventions.


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    Union100719e - Marne
    CHAMPIGNEUL-CHAMPAGNE : Des jeux pour les Campaliens

    La cabane du trappeur a eu beaucoup de succès.

    Dans le cadre de la fête du 14 Juillet la Boule campalienne a prévu et organisé un après-midi ludique en plein air mais l’annonce des prévisions météorologiques étant peu favorable, le rendez-vous eu lieu à la salle des fêtes.

    Les enfants ont pu profiter des différents jeux d’adresse proposés et le château gonflable dans la « cabane du trappeur » a eu un beau succès surtout pour les plus petits.

    Les adultes ont pu maintenir leur forme physique en disputant un tournoi de pétanque qui regroupait 26 doublettes et les parties se sont déroulées dans une bonne ambiance.


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    Union100719d - Marne
    MARGERIE-HANCOURT

    Jeudi en fin d’après-midi, le maire de Margerie-Hancourt, le conseil municipal, les habitants et les enfants de la commune ont participé aux manifestations du 14 juillet.

    Les enfants ont déposé une gerbe au monument aux morts, puis de retour à la salle des fêtes, ont participé aux jeux organisés par la municipalité.


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    Union100719c - Marne
    SAINT-UTIN

    Profitant du 14 juillet, le maire a remis au sapeur-pompier Gilles Martiot la médaille d’argent pour ses 20 ans de service.

    Deux autres sapeurs-pom¬piers, Pascal Romieu et Jean-Paul Trisson, recevaient leurs galons de caporal.

    Patrice Royer prend un galon de plus, il a le grade de caporal chef.


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    Union100719b - Marne
    SONGY

    La population, venue en nombre, a répondu présente sous une forte chaleur au traditionnel barbecue offert par la commune à l’occasion dû 14 juillet.

    C’est au rythme de musiques et de danses variées que les Son¬genats, mais également leurs familles et amis ont pu danser jusque tard dans l’après midi.


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    Union100719a - Marne
    COUVROT

    Comme chaque année, la commune fête le 14 juillet au travers de nombreuses animations sportives.

    Pour le concours de pêche sur le bord du canal latéral à la Marne, le premier adulte est Vincent suivit d’Hervé.

    Le premier jeune est Sofian. Pour le concours de tir à la carabine à air comprimé à 10 mètres, le classement donne Lionel Pon¬sart à la première place.

    Le premier jeune est Quentin Mauco¬lot. Enfin, au concours de boules quarante triplettes étaient au rendez-vous.

    Après les efforts, tout le monde était invité à déguster du pain saucisson puis au bal pour finir la soirée…


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    Union100718g - Marne
    BASSUET

    La commémoration se déclinait ainsi : cérémonie au monument aux morts avec dépôt de gerbe, remise d’un dictionnaire à Aude Bourgeois pour son entrée en 6e, chant de la Marseillaise par les petits et grands, verre de l’Amitié en mairie à l’occasion de sa rénovation, repas champêtre puis défilé des lampions.


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    Union100718f- Marne
    CHANGY

    Trois anciens combattants décorés

    La médaille commémorative Algérie avec agrafe AFN pour Hubert Lequeux et François Ronez et l’agrafe Algérie pour Jean-Claude Margo.


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    Union100718e - Marne
    CHARMONT

    À l’occasion du 14 Juillet et après un dépôt de gerbes au monument aux morts par le maire Jean-Claude Manfé, le général de corps d’armée Jean-Marie Lemoine, en grande tenue, a décoré trois Camiciens de la médaille commémorative de la guerre d’Algérie.

    Un dépôt de gerbe, un discours prononcé par le maire et la Marseillaise chantée par les Charmontiers présents : la commémoration du 14 juillet était ainsi célébrée dans la commune.


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    Union100718d - Marne
    FRIGNICOURT

    Pour la soirée du 13 juillet, plus de 400 personnes se sont donné rendez-vous au bal populaire, après la retraite aux flambeaux.

    Le 14 juillet dans l’après-midi, beaucoup d’enfants ont pu participer aux jeux et au goûter offert par la municipalité sur le terrain de boules.

    Des promenades à dos-d’âne étaient également proposées.

    Pour les plus grands, le traditionnel concours de pétanque, organisé par l’ACCA, a réuni plus de 25 équipes.


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    Union100718c - Marne
    LIVRE : « Le voyage à Reims », un livre pour comprendre 1914-1918 : Trois générations unies au Chemin des Dames

    Jean-Max Costéja sur les traces de son grand-père, gueule cassée.
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  • ON le savait. Tous ceux qui sont revenus de la fameuse et terrible offensive Nivelle au Chemin des Dames n’en ont jamais parlé. Jean Costéja, ouvrier dans une usine d’espadrilles proche de Perpignan et soldat dans le 85e bataillon d’Infanterie, fait partie de ceux-là.

    Alors, pour lui rendre hommage, et surtout pour tenter de comprendre, son petit-fils Jean Max, médecin psychiatre, décide en 2001 de faire la route depuis Montpellier jusqu’à la ferme d’Heurtebise, avec son père atteint d’une tumeur au cerveau.

    Un pèlerinage qu’il raconte dans un ouvrage intitulé « Le voyage à Reims » aux éditions Bénévent. Poignant.

    Parcours de mémoire

    Le récit débute le 16 avril 1917. L’auteur qui a potassé tout ce qui s’est écrit sur le Chemin des Dames imagine parfaitement la guerre de son grand-père « englué dans la boue, momifié, pétrifiée dans les tranchées », bouffé par les puces, les poux et les rats, assourdi par le miaulement des obus de 75, l’assaut reporté trois fois, l’attente, toujours l’attente, prêt pour l’attaque juste derrière les Sénégalais, tremblant de froid avec des grands yeux apeurés. Une musette de grenades aux côtés, la topette de gnole dans une main, le fusil Lebel dans l’autre.

    Il n’aura pas l’occasion d’aller loin. Il reçoit une balle dans la bouche, entre dans la famille des gueules cassées. L’homme restera un éternel blessé, un héros muet au regard sévère. Les médailles, l’octroi d’un bureau de tabac n’y changeront rien.

    À sa mort, en complice, son fils René et son petit-fils (l’auteur), vont, comme Rossini, faire le voyage jusqu’à Reims pour mieux saisir ce qui fait la fragilité de la vie.

    De la cathédrale à l’hôtel Continental, de Fismes à Bourg-et-Comin, le père et le fils tentent de s’imprégner des stigmates de la guerre. Pas facile, sur le plateau d’Heurtebise là où grand père ne voyait que des trous d’obus et des arbres calcinés, les arbres ont repoussé.

    De Fismes à la caverne du Dragon

    La caverne du Dragon lui fait penser à une cabine téléphonique ou à la maison de James Manson dans « La mort aux trousses ».

    Mais le père et le fils en profitent pour se dire la vérité, se parler, de l’épouse, de la mère disparue, de la vie. René évoque quelques rancœurs contre son père qui lui a un jour refusé un prêt.

    Et l’auteur en arrive à parler des mutins de 1917. Avec colère. « Plus de quatre-vingts ans après, nous semblons admettre qu’il y a eu des victimes non consentantes, des révoltés, des mutins, nous les aimons aussi. Nous les aimons peut-être plus encore parce qu’ils ont réfléchi, ils ont décodé l’horreur, nous en faisons des victimes encore plus importantes, de plus grande valeur parce qu’ils ont pensé.

    L’homme moderne se reconnaît mieux dans la contestation que dans le sacrifice […] On est plus le héros parce qu’on est allé à l’attaque, mais justement parce qu’on a refusé de la faire. Le héros consentant est devenu suspect de bêtise et de passivité. Mince, il aurait fallu attendre qu’ils soient tous morts pour proférer de telle ineptie. »

    Hasard ou pas, durant leur périple, le père et le fils ont vu un film à l’Opéra de Reims. Son titre, on vous le donne en mile : « La chambre des officiers ».

    Alain MOYAT

    « Le voyage à Reims » de Jean-Max Costéja aux éditions Bénévent.


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    Union100718b - Marne
    VIENNE-LE-CHATEAU : Nouvelle page d’histoire de Vienne-le-Château en 1999 : Comment l’hospice a survécu aux guerres

    En 1999, une page s’est tournée quand les religieuses ont passé la main.
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  • La chapelle rappelle que l’hospice fut fondé par les Sœurs de la Providence.
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  • LES débuts de l’hospice sont liés au dévouement des Sœurs de la Providence de Portieux. Elles y ont vécu en communautés de 3, 4 ou 5 sœurs dans l’esprit du père J.-B. Moyé, fondateur de l’ordre et dont la maison mère est à Portieux, dans les Vosges. L’Ordre a essaimé d’abord dans la région, puis en Europe et par la suite jusqu’en Asie, surtout au Cambodge.

    En remontant aux sources, on peut retrouver l’origine de l’hospice dans le souhait de la duchesse d’Elboeuf, cousine de Louis XIV, de doter sa baronnie d’un établissement de bienfaisance. C’est un familier de la cour, le cardinal de La Roche-Aymon, qui lui aurait désigné, comme agents actifs sur le terrain, les filles de cet Ordre.

    Hôpital militaire pendant la guerre

    Les années 1764 et 1782 voient l’acquisition des terrains en même temps que la création de la maison, laquelle recevra en plus les biens de l’hôpital Saint-Jean de Vienne-le-Château, avec des terrains, une école, une maison, une chapelle pour y établir l’hospice et effectuer l’enseignement local.

    Depuis cette date, l’établissement a fonctionné sans interruption jusqu’en 1914, au profit de la population. On retient, dans l’évolution économique du village, qu’en 1882, 400 ouvriers travaillaient dans deux usines locales. Parmi les bienfaiteurs des lieux, on se souviendra de Mme Gouilly qui, après lui avoir légué sa fortune, viendra y mourir.

    La guerre de 14 transformera la maison en hôpital militaire. La proximité du front contraindra à l’évacuation à Bar-le-Duc des blessés hospitalisés ainsi que des religieuses, sur ordre de l’autorité militaire. Elles y seront employées dans d’autres services hospitaliers, seront menacées d’une nouvelle évacuation et ne rejoindront la maison de Vienne que sept années plus tard. Il avait fallu reconstruire l’hospice et la reprise fut difficile.

    La guerre de 40 apporta à son tour son lot de péripéties et de déplacements divers. D’abord, les arrivées en masse de réfugiés, dont des étudiants belges. Puis la transformation de la maison en « ambulance », avec les salles d’opération dans le jardin voisin, et l’hospitalisation dans les salles de l’hospice. Puis le départ de la formation sanitaire et des blessés.

    Le départ des religieuses et de leurs pensionnaires, ordonné par la suite, se fait par camions en deux convois, non pas pour Bar-le-Duc mais pour la Nièvre. Ils resteront à Heiltz-le-Maurupt avec un accueil peu fraternel, des difficultés de logement avec la population et les Allemands qui y séjournent. Enfin un retour, avec une autorisation de l’occupant, une pause à Noirlieu, un arrêt imposé à Chaudefontaine et des retrouvailles avec la maison mère.

    Joies et peines

    De 1940 à nos jours, la vie reprendra, avec son lot de joies et de peines pour les sœurs et leurs pensionnaires. Événements heureux notés : la première machine à laver en 1957, les nouveaux sanitaires en 1964, le chauffage central en 1959. En 1967, la réfection des installations de la cuisine, et la dotation d’une voiture 2 CV en 1968. La même année voit un poulailler en préfabriqué et la mise en place du jardin d’agrément. De nouveaux travaux vont se succéder jusqu’en 1980, date à laquelle démarre un nouveau bâtiment. On note en 1985 la médicalisation de quelques lits. Dans le domaine de l’organisation intérieure, on retiendra en 1958 que l’hospice communal devient départemental et passe sous l’autorité administrative de l’hôpital de Sainte-Ménehould et aussi, qu’en 1976 le contrat avec la maison mère de Portieux est renouvelé.

    Une page s’est tournée en 1999. Les religieuses, agents moteurs de charité locale, parties prenantes de la vie paroissiale et culturelle locale, « passent » leurs responsabilités. L’abbé Gandon, prêtre à Vienne-le-Château leur dédiera une page émouvante : « Mon souhait c’est qu’au souvenir de ces religieuses nous ayons tous à cœur d’y maintenir cette atmosphère de simplicité, de foi et de charité que le père Moyé a confié à ses filles lorsqu’il les envoyait en mission. »


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    Union100718a - Marne
    HISTOIRE : 1940

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    Le pavillon de la rébellion

    Honoré d’Estienne d’Orves.
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  • Alors qu’il a participé au sauvetage de la force X de l’amiral Godfroy à Alexandrie, le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves n’est pas de la race des officiers à demeurer spectateur alors que la France est sous le joug de l’occupant. S’il s’interroge sur le général de Gaulle qui est à Londres après l’action sanglante de la Royal Navy à Mers el-Kébir, il est intéressé par la position du général Legentilhomme, commandant interallié à Djibouti et qui, sous les ordres du général Archibald Wavell, est volontaire pour poursuivre le combat en Somalie. Avant de prendre sa décision, il rencontre le commandant du « Duguay- Troin », Jacques Trolley de Prévaux qui lui déclare : « Vous appartenez à un état-major dont l’activité va être réduite à peu de chose, votre valeur personnelle ne trouvera guère à s’exercer dans notre escadre, c’est-à- dire dans la force collective qu’elle représente. Vous pouvez donc prendre une décision individuelle ». Honoré d’Estienne d’Orves décide de partir parce qu’il tient à se battre. Le samedi 6 juillet 1940, les officiers français reçoivent à Alexandrie le colonel Edgar de Larminat, chef d’état-major du général Mittelhauser. Il vient d’être placé aux arrêts de rigueur. Il a tenté de rallier à de Gaulle l’armée du Levant ! Il arrive tout juste de Damas via Haïfa et Le Caire. Le colonel s’est mis au service du général Legentilhomme. Interpellé par d’Estienne d’Orves sur sa présence, il réplique : « Parce que j’ai sauté le mur et que je continue aux côtés des Anglais ». Alors le lieutenant de vaisseau lui signifie son état d’esprit et celui de ses camarades insurgés : « Se battre tout de suite, à terre, au couteau, au revolver, à la mitraillette contre les Italiens à défaut les Allemands ». Le rendez-vous est fixé au Caire.

    Le lundi 8 juillet, le lieutenant de vaisseau s’entretient avec le directeur de la Compagnie du canal de Suez, Louis de Benoît. Il est aussi favorable à la poursuite de la lutte avec les Britanniques. Benoît vient tout juste de créer un Comité national de Français libres composé de professeurs, d’archéologues. Fautil rejoindre les Anglais ou combattre sous les ordres d’une autorité française ? Benoît est favorable à la première solution, d’Estienne à la seconde. Le jour même il reçoit un télégramme de Djibouti du capitaine Moitessier signé Legentilhomme : « Je suis heureux d’accueillir ici tous les Français décidés à lutter avec nous jusqu’à la victoire finale ».

    Le mardi 9 juillet à 17h30, d’Estienne d’Orves qui est officier de service prend place à bord de la vedette de corvée « Lorraine ». Brusquement, il ordonne qu’on le conduise à quai. Il s’absente alors environ une minute au poste de police, revient et remet au quartier-maître Hamon la clé de sa chambre avec ordre de l’accrocher au tableau du bureau des mouvements du « Duquesne ». Il lui signifie alors de rentrer à bord. Hamon lui demande s’il doit venir le reprendre.

    La réponse tombe sèche et nette : « non ».

    Le vendredi 12 juillet 1940, le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves est déclaré déserteur. Il doit être traduit dans les meilleurs délais devant le tribunal maritime permanent. Le capitaine de frégate Tisserand n’en revient pas. Le pacha du « Duquesne » écrivait un mois plus tôt de son officier : « Caractère d’élite, nature ardente, enthousiaste qui se dépense sans compter. Est un collaborateur précieux et sûr. A faire commander le plus tôt possible ». Honoré d’Estienne d’Orves, cet officier hors norme arrive chez de Gaulle.


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    De Gaulle célèbre le 14 juillet

    Londres. Le 14 juillet 1940, le général passe en revue une unité de fusiliers marins.
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  • « Nous commençons de zéro » reconnaît le général qui, informé de la naissance de l’Etat français à Vichy, est conforté dans ce besoin d’opposition à un régime compromis et à la mise en œuvre d’une alternative qui passe par la poursuite de la guerre. Il sait fort bien que l’ambassade de France à Londres lui savonne la planche. Aux volontaires qui osent s’y adresser pour connaître l’adresse où ils peuvent trouver ce général qui appelle à se battre, ils se font recevoir ! « Comment osez-vous rejoindre ce renégat ? » « Comment pouvez-vous vous rendre chez cet allié des juifs et des communistes ? » Il est patent que la situation initiée par l’appel du 18 juin divise la communauté française de Londres. Le 10 juillet, environ deux mille volontaires gaullistes quittent l’Olympia de Londres pour être acheminés jusqu’au camp de Daleville. Le colonel Monclar en reçoit le commandement tout en conservant ses responsabilités à la tête des légionnaires de la 13e demi-brigade qui se sont ralliés à de Gaulle. Dans les jours qui suivent près de deux cents adolescents sont envoyés au Pays de Galles, au camp des scouts de Brynbach.

    Le 11 juillet au camp de White City, le colonel Williams rencontre un millier de soldats blessés sur les 2.500 qui sont soignés au Royaume-Uni. Il leur propose de rentrer en France ou de se rallier au général. De Gaulle choisit d’inviter les plus valides au cinéma de Central Hall et de leur faire servir une collation à l’occasion du 14 juillet. Même si c’est bien joué, les volontaires sont peu nombreux. L’idée que la guerre est terminée et qu’il est possible de rentrer chez soi prévaut. La propagande pacifiste a du poids et les officiers anglais veillent aussi à ce que ces soldats conservent leur liberté y compris devant les recruteurs gaullistes plus déterminés les uns que les autres. Cela ne décourage pas le général qui savoure l’enthousiasme des volontaires de la division de montagne du général Béthouart : « Ce sont de grands soldats et de vrais rebelles ».

    Le 14 juillet, jour de la fête nationale, les Français de Londres maréchalistes se retrouvent pour un office religieux autour du chargé d’affaires Roger Cambon à l’église Notre-Dame-de-France. En revanche, le général de Gaulle préside une cérémonie militaire avec dépôt de gerbes aux monuments de Whitehall et de Foch. Il passe en revue ses premiers volontaires. Il y a là des légionnaires, des aviateurs et des fusiliers marins. Les Anglais applaudissent et certains crient en cœur : « Vive la France » avant d’entonner la Marseillaise ! De Gaulle sait que les temps sont compliqués. Jean Monnet qui l’a aidé n’est pas en phase avec son installation à Londres et prend ses distances : « Je considère comme une grande faute de constituer en Angleterre une organisation qui pourrait apparaître, en France, comme une autorité créée à l’étranger sous la protection de l’Angleterre ». Monnet cherche à dissuader les hauts fonctionnaires prêts à franchir le pas : « N’allez pas chez de Gaulle, il n’écoute personne ». Hostile à l’armistice, Monnet et d’autres comme Alexis Léger (Saint-John Perse) ne se rallient pas au général. Ils sont défavorables à un gouvernement provisoire hors de métropole. Comme si le scénario d’une implantation métropolitaine pouvait être accepté par un occupant se comportant en grand vainqueur !

    Un temps privilégie

    De Gaulle tient à ce que la Fête nationale soit aussi pour lui un temps d’expression privilégié. Il écrit à ce sujet un papier pour le journal « 14 Juillet », une feuille occasionnelle : « Le 14 juillet fut jadis la fête de la nation française. Mais il n’y a plus de fête pour un grand peuple abattu. Cette fête naguère éclatante, cette fête où nos régiments défilaient sous les vivats, où nos avions passaient dans le ciel libre, où nos navires hissaient le grand pavois, cette fête qui faisait s’allumer les lumières, se grouper la jeunesse, s’épanouir les feux d’artifices, son souvenir même nous est lointain. Quelques affreuses semaines ont creusé un abîme entre notre présent et notre passé. Qu’ils sont longs les jours de désastre ! ». Le général soigne sa réplique pour servir de poil à gratter et réveiller quelques valeurs patriotiques qui ont vacillé avec l’épreuve de l’armistice. Il prend date et porte une appréciation sans concessions : « La France vaincue dans la bataille pour y avoir été mal préparée, la France livrée à la discrétion des ennemis, alors que son Empire, ses alliés, ses amis lui offraient l’espace, le temps, les moyens de vaincre, la France partagée, tyrannisée, pillée, la France évite de songer aux beaux jours d’autrefois pour ne point aviver encore les cruelles blessures d’aujourd’hui ». De Gaulle souhaite un sursaut, il en dessine les contours, il demande aux Français de ne pas perdre espoir et de ne pas se laisser porter par un défaitisme prompt à la soumission : « Est-ce à dire que ce 14 juillet de deuil n’aura pour notre peuple aucune signification ? Il faut que ce soit le contraire. Au fond de notre abaissement, ce jour doit nous rassembler dans la foi, la volonté, l’espérance ».

    A Londres, plus que jamais, il se veut bâtisseur et professeur des justes suggestions pour générer les initiatives à même de renverser la situation et de substituer au renoncement et à la docilité, l’envie de mordre : « Malgré le malheur, nous savons ce que nous sommes. Nous savons qu’une bataille perdue, une faillite des dirigeants, une capitulation signée ne scellent pas le destin du pays. La Résistance française continue et s’étendra. Quelques-uns, déjà, ont ramassé le tronçon du glaive, commencé de forger de nouvelles armes à la France ». Et le général d’oser une prospective qui s’inscrit dans la droite ligne de son appel du 18 juin : « Pour avoir réduit plusieurs de ses voisins immédiats, l’ennemi ne tient pas la victoire ». Et de prendre encore une fois date : « Nous sommes sûrs que les mêmes moyens qui lui permirent, hier, de l’emporter, permettront, demain, de le battre. Il a su nous écraser avec 6.000 chars et 6.000 avions. Il peut être un jour écrasé par 20.000 avions et 20.000 chars ou davantage ». Avant de conclure : « Le 14 juillet 1940 ne marque pas seulement la grande douleur de la patrie. C’est aussi le jour d’une promesse que doivent se faire les Français. Par tous les moyens dont chacun dispose, résister à l’ennemi momentanément triomphant, afin que la France, la vraie France, puisse être présente à la victoire ». Il en profite aussi pour remercier Winston Churchill. Le Premier ministre encourage en effet le général dans ses choix.

    Hervé Chabaud


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    Le Japon se place en Indochine

    M. Ho fait déjà parler de lui.
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  • M. Ho fait déjà parler de lui.
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  • Alors qu’il a participé au sauvetage de la force X de l’amiral Godfroy à Alexandrie, le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves n’est pas de la race des officiers à demeurer spectateur alors que la France est sous le joug de l’occupant. S’il s’interroge sur le général de Gaulle qui est à Londres après l’action sanglante de la Royal Navy à Mers el-Kébir, il est intéressé par la position du général Legentilhomme, commandant interallié à Djibouti et qui, sous les ordres du général Archibald Wavell, est volontaire pour poursuivre le combat en Somalie. Avant de prendre sa décision, il rencontre le commandant du « Duguay-Troin », Jacques Trolley de Prévaux qui lui déclare : « Vous appartenez à un état-major dont l’activité va être réduite à peu de chose, votre valeur personnelle ne trouvera guère à s’exercer dans notre escadre, c’est-à-dire dans la force collective qu’elle représente. Vous pouvez donc prendre une décision individuelle ». Honoré d’Estienne d’Orves décide de partir parce qu’il tient à se battre. Le samedi 6 juillet 1940, les officiers français reçoivent à Alexandrie le colonel Edgar de Larminat, chef d’état-major du général Mittelhauser. Il vient d’être placé aux arrêts de rigueur. Il a tenté de rallier à de Gaulle l’armée du Levant ! Il arrive tout juste de Damas via Haïfa et Le Caire. Le colonel s’est mis au service du général Legentilhomme. Interpellé par d’Estienne d’Orves sur sa présence, il réplique : « Parce que j’ai sauté le mur et que je continue aux côtés des Anglais ». Alors le lieutenant de vaisseau lui signifie son état d’esprit et celui de ses camarades insurgés : « Se battre tout de suite, à terre, au couteau, au revolver, à la mitraillette contre les Italiens à défaut les Allemands ». Le rendez-vous est fixé au Caire.

    Le lundi 8 juillet, le lieutenant de vaisseau s’entretient avec le directeur de la Compagnie du canal de Suez, Louis de Benoît. Il est aussi favorable à la poursuite de la lutte avec les Britanniques. Benoît vient tout juste de créer un Comité national de Français libres composé de professeurs, d’archéologues. Faut-il rejoindre les Anglais ou combattre sous les ordres d’une autorité française ? Benoît est favorable à la première solution, d’Estienne à la seconde. Le jour même il reçoit un télégramme de Djibouti du capitaine Moitessier signé Legentilhomme : « Je suis heureux d’accueillir ici tous les Français décidés à lutter avec nous jusqu’à la victoire finale ».

    Le mardi 9 juillet à 17h30, d’Estienne d’Orves qui est officier de service prend place à bord de la vedette de corvée « Lorraine ». Brusquement, il ordonne qu’on le conduise à quai. Il s’absente alors environ une minute au poste de police, revient et remet au quartier-maître Hamon la clé de sa chambre avec ordre de l’accrocher au tableau du bureau des mouvements du « Duquesne ». Il lui signifie alors de rentrer à bord. Hamon lui demande s’il doit venir le reprendre. La réponse tombe sèche et nette : « non ».

    Le vendredi 12 juillet 1940, le lieutenant de vaisseau Honoré d’Estienne d’Orves est déclaré déserteur. Il doit être traduit dans les meilleurs délais devant le tribunal maritime permanent. Le capitaine de frégate Tisserand n’en revient pas. Le pacha du « Duquesne » écrivait un mois plus tôt de son officier : « Caractère d’élite, nature ardente, enthousiaste qui se dépense sans compter. Est un collaborateur précieux et sûr. A faire commander le plus tôt possible ». Honoré d’Estienne d’Orves, cet officier hors norme arrive chez de Gaulle.


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    Union100717m - Marne
    BROYES : Plus d’animations et moins de monde

    Les festivités avaient commencé le mardi soir par un très beau feu d’artifice tiré depuis le château.

    Jeux anciens de cartes, questionnaires, jeux pour les enfants, lâcher de ballons…

    Le 14 juillet, malgré le mauvais temps, a été fêté comme il se doit, dans la salle communale de Broyes.

    Si les participants furent moins nombreux que d’habitude, le partage de la traditionnelle rondelle et le barbecue de fin de journée ont permis de passer un excellent moment.


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    Union100717l - Marne
    CHAMPIGNEUL-CHAMPAGNE

    Mardi pour célébrer la fête nationale, la commune de Champigneul-Champagne a invité les habitants à participer au dépôt d’une gerbe au monument aux morts.

    Après la cérémonie, la population s’est rendue au bord de la Somme-Soude pour partager brochettes et desserts en attendant la tombée de la nuit.


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    Union100717k - Marne
    DAMERY

    Festivités en demi-teinte à Damery, perturbées dans l’après-midi par la pluie. Le14 juillet à Damery a cependant pu se dérouler au mieux, ainsi le feu d’artifice du 13 au soir a rassemblé plusieurs centaines de personnes dans le parc de l’hôtel de ville pour un superbe embrasement de façade de la mairie.

    Le 14, à l’issue du défilé, plusieurs sapeurs pompiers ont été mis à l’honneur recevant d’une part leur diplôme de formation de base pour six d’entre eux et la médaille des 30 ans pour Patrice Gout, caporal-chef et chef de corps. Après l’après-midi animé par les sapeurs-pompiers, un concert donné par la fanfare locale et un vin d’honneur à la population clôturaient cette fête nationale 2010.


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    Union100717j - Marne
    DAMPIERRE-LE-CHATEAU : 14 Juillet : Promotion chez les pompiers

    Promotions et médailles au menu de cette cérémonie.

    À Dampierre-le-Château, une petite cérémonie a marqué le 14 Juillet. La population était réunie autour des sapeurs-pompiers du centre de secours en présence du maire, Jean-Marie Viriot, et de Françoise Duchein, conseillère générale.

    L’adjudant-chef Damien Martin Prin a été promu au grade de lieutenant, le sergent-chef Bernard Renard au grade d’adjudant et le sapeur Anthony Roussel a reçu le diplôme validant sa formation de secouriste.

    Le lieutenant Martin Prin et le caporal Arnaud Beaudouin ont ensuite reçu la médaille d’honneur des sapeurs-pompiers pour vingt années de service.


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    Union100717i - Marne
    ÉPERNAY

    C’était la chasse au coin d’ombre en attendant la mise en place du dispositif. A l’heure dite, l’Avenir Musique, un détachement de sapeurs pompiers et les porte-drapeaux ont pris place autour du monument dédié aux Martyrs de la Résistance

    Après La Marseillaise, le défilé s’est rendu au monument aux morts pour un second dépôt de gerbe, suivi des remerciements de la municipalité sur le perron de l’Hôtel deVille et d’une réception officielle dans les salons.


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    Union100717h - Marne
    ESTERNAY : 14 Juillet : Médailles et désincarcération

    Les pompiers ont procédé à une manœuvre publique de désincarcération.

    Le soir du 13 juillet, le défilé de la retraite aux flambeaux à conduit les Starnaciens jusqu’au parvis du château d’Esternay.

    Les propriétaires, Ségolène et Franck de La Rochelambert, ont prêté les lieux pour tirer le feu d’artifice.

    Mercredi, la cérémonie officielle des pompiers se déroulait dans la Maison du temps libre à l’abri des pluies orageuses.

    Le lieutenant Sylvain Bukovec, sapeur-pompier volontaire, à reçu la médaille d’argent pour ses 20 ans de services. Guillaume Gruyer a été décoré du galon de lieutenant et Gilles Agrapart de celui de caporal.

    La surprise de la journée était la visite de Nelson Vaugham, maire de Chatham, ville de jumelage des Etats-Unis près de New York. « Il m’a demandé de passer lors de son périple touristique, pour tenter de renouer des liens », explique Patrice Valentin, tout à fait favorable à de nouveaux échanges.


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    Union100717g - Marne
    LA NOUE : Fête nationale : Retraite, feu et récompenses

    Les pompiers ont animé cette après-midi festive.

    L’entente « Comité des fêtes et mairie » a permis aux habitants d’apprécier une belle fête nationale.

    Le 13 juillet au soir, le comité a organisé une retraite aux flambeaux dans le village, suivie d’un feu d’artifice. « Plus de 75 personnes ont répondu à notre invitation », annonce Michèle Courtot, présidente du comité.

    Le lendemain, le maire, Bernard Queudret, a pris le relais pour remettre des prix aux écoliers.

    Les pompiers du village ont organisé quelques jeux avant et pendant « la rondelle », lorsque les habitants partagent un morceau de charcuterie ou de fromage et le verre de l’amitié offert par la commune.


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    Union100717f - Marne
    MAGENTA

     

    Les festivités ont été essentiellement marquées par un dépôt de gerbe au monument aux morts.

    La manifestation était rehaussée par la présence d’une imposante délégation de porte-drapeaux et de la Musique municipale.

    Lors de la réception qui a suivi, Serge Lépine a remis à Pierre Lobet l’insigne de porte-drapeau pour vingt années de bons et loyaux services.

     


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    Union100717e - Marne
    SAINT-THOMAS : Un diplôme pour l’ancien combattant

    Etienne Larcher a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale.

    À l’occasion de la fête nationale, une cérémonie a été organisée par l’association les Carats à Saint-Thomas-en-Argonne.

    Elle a été marquée par la remise d’un diplôme à un combattant de la Seconde Guerre mondiale, Etienne Larcher. Ce fils d’un héros de la Grande Guerre s’est engagé en 1944 alors qu’il venait de fêter ses vingt ans. Après la guerre, il a poursuivi une carrière militaire et a notamment combattu plus de deux ans en Indochine. Rentré à Saint-Thomas en 1948, il a d’abord travaillé dans les Ardennes puis à Noisy-sur-Marne et enfin à l’usine Tuboplast de Vienne-le-Château où il a terminé sa carrière.

    À l’occasion de la cérémonie, Etienne Larcher était entouré de sa famille.


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    Union100717d - Marne
    SUIPPES

    Le 13 juillet à Suippes, la retraite aux flambeaux ouverte par l’Union musicale et les pompiers a conduit le public jusqu’au parc Buirette où, devant une nombreuse assistance a été tiré un superbe feu d’artifices.

    Les festivités se sont poursuivies le 14 juillet par la cérémonie militaire en présence des différentes autorités.


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    Union100717c - Marne
    THIBIE

     

    Pour rester dans la tradition de la fête nationale la municipalité de Thibie a organisé un méchoui à la salle des fêtes.

    Une centaine de personnes étaient rassemblées et ont dégusté ce repas dans une très bonne convivialité.

     


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    Union100717b - Marne
    VANDIÈRES

     

    Entre autres animations, le 14 Juillet à Vandières est l’occasion depuis quelques années de remercier les mains vertes (bien souvent des dames) qui par leur travail embellissent la commune.

    Au palmarès cette année : la famille Berat, Mme Saintomer, la famille Liebart et Mme Leriche.

     


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    Union100717a - Marne
    VILLE-SUR-TOURBE/ Fête nationale : Feu d’artifice et méchoui

    Musique et ambiance pour tous.

    Soirée réussie pour la fête nationale à Ville-sur-Tourbe.

    À l’initiative de l’association des loisirs, un méchoui a réuni quelque cent trente convives.

    La nuit venue, un agréable feu d’artifice a été admiré par de nombreux spectateurs. La soirée s’est prolongée pour tous ceux qui le souhaitaient, au rythme d’une musique variée et dynamique qui a mis une jolie ambiance.


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    Union100716u - Marne
    MONDEMENT : Les cimetières militaires / Mondement au bois dormant…

    Le cimetière militaire de Souzy-aux-Bois.
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  • Photos : Christian Lantenois
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  • A contempler les champs blonds, les arbres et les prés d’un vert intense, on a du mal à croire qu’il y a presque cent ans, des obus explosaient en rouge, que des corps se convulsaient là où on vient d’arrêter la voiture à deux pas du château ; là où un touriste belge flamand, en vélo et en short, étale sa carte de la région pour vérifier s’il ne s’est pas trompé dans son périple. Sous le soleil qui écrase tout, on pense plus à un tableau de Van Gogh qu’à la boucherie de 14-18. La nature insouciante a tout absorbé.

    Pourtant, ceux qui ont survécu n’ont pas épargné leur peine pour donner une idée de ce que fut le déluge de fer et de feu à Mondement. Une statue de 35,5 mètres de haut faite de 2.000 tonnes de béton à base de granit rose de Moselle, posée sur 22 mètres de fondations, s’élève sous le ciel, domine la petite église qui n’a que faire des rêves de grandeur. Elle célèbre le général Foch et ses troupes, magnifie une victoire sur les Allemands dont on devine à quel prix elle fut obtenue. Effort surhumain mais futile s’il est vrai, comme l’a écrit l’écrivain Céline lui-même blessé en 1915, qu’« invoquer sa postérité, c’est faire un discours aux asticots ».

    « La fortune a voulu… »

    Tout près du géant de granit, dans le minuscule cimetière lui-aussi assoupi sous le soleil, les tombes s’effacent avec le temps. Peu de caveaux nouveaux. Et les regrets éternels fondent au fur et à mesure des inscriptions sur la pierre. Les tombes aussi sont mortelles, ce que ne disent jamais les récits militaires. Sur le mur de droite qui jouxte l’église, une inscription synthétise en creux sur la pierre le sens de cette bataille : « Ici, du 5 au 10 septembre 1914, les zouaves coloniaux, tirailleurs, artilleurs, sapeurs de la division du Maroc commandés par le général Humbert arrêtèrent la ruée de l’armée allemande et la rejetèrent dans les marais de Saint-Gond. Le maréchal Foch a écrit : « La fortune a voulu que la division du Maroc fût là. »

    Sur une autre plaque, les noms de 9 soldats tombés au combat. Neuf vies fauchées qui, contrairement aux blés, n’ont jamais repoussé. Le château, enjeu de la bataille, sommeille comme une certaine Princesse au bois dormant. Et des portes ouvertes de la bâtisse, personne ne répond. Une voiture qui ne semble pas d’une première fraîcheur paresse dans la cour. Les habitants de Mondement auraient-ils disparu avec la guerre de 14 ? On poserait volontiers la question à la petite mairie, si elle n’était pas fermée. On ressourcerait bien sa mémoire auprès du musée d’histoire locale s’il n’était obstinément clos. Seuls les canards s’affairent dans la cour de la maison juste en dessous, insouciants de l’Histoire. Peu de souvenirs donc si ce n’est cette énorme statue qui bataille avec le temps comme Don Quichotte avec les moulins à vent.

    Ossuaire

    En fait, pour trouver un cimetière militaire, il faut descendre deux kilomètres plus bas, à Souzy-aux-Bois. Là, en bordure de route, un modeste ossuaire de 610 m2. Une allée de graviers, un socle avec une croix, et au bout une stèle où sont inscrits les noms des 1.692 soldats français tombés lors de la bataille de la Marne. Près de la porte d’entrée du cimetière, une cavité où est inscrit le mot registre. Dans cette sorte de boîte aux lettres, on trouve un cahier pour les visiteurs. Est-ce pour dénoncer la modestie des lieux ? Une main vengeresse a écrit : « Nous sommes minables à côté des cimetières américains, à croire que nos compatriotes valent moins que les Alliés. Où est la reconnaissance ? ». Dans cent ans, y aura-t-il encore quelqu’un pour s’indigner de la sorte ? Il est permis d’en douter.

    Bruno Testa
    btesta@journal-lunion.fr


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    Union100716t - Marne
    AIGNY

    Organisée par le club des loisirs, la soirée du 13 juillet s’est déroulée dans une ambiance conviviale.

    Environ 80 personnes ont participé au repas servi sous une tonnelle.

    Vers 23 heures, la retraite aux flambeaux a mené jusqu’à l’étang où les pompiers ont tiré le feu d’artifice. Puis la soirée s’est prolongée par un bal.

    Mercredi, à 15 heures, la cérémonie au monument aux morts a rassemblé pompiers et villageois.

    Chloé et Lucas, élèves de CM, ont joué à la flute la Marseillaise.

    Le verre de l’amitié n’a pas eu le temps d’être dégusté en raison des bourrasques très violentes.


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    Union100716s - Marne
    COURTISOLS

    Une journée du 14 juillet sous le soleil, avec le traditionnel défilé des élus et des associations, encadré par les pompiers et les porte drapeaux des anciens combattants.

    De nombreux Courtisiens ont participé à la cérémonie aux monuments aux morts.

    Cette cérémonie fut l’occasion pour M.Arrouart, maire de Courtisols, de remettre la médaille d’honneur au porte-drapeau Alain Clowez, pompier de Somme-Vesle et porte-drapeau depuis quatre ans.

    M. Jean Gobillard, ancien combattant, a reçu le diplôme d’honneur 1939-1945.

    Un geste symbolique pour rendre hommage à ces soldats et les remercier du devoir accompli.


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    Union100716r - Marne
    GIFFAUMONT-CHAMPAUBERT : Une fête nationale bien arrosée

    Les enfants ont apprécié les jeux gonflables.

    Ce mercredi 14 juillet s’est déroulé sur le terrain de foot de la commune un méchoui organisé par la municipalité et l’association « foyer rural ». Comme chaque année, cette fête rencontre toujours un réel succès grâce aux nombreux bénévoles qui mettent tout en œuvre pour que les festivités soient réussies, d’ailleurs les Giffaumontais étaient nombreux au rendez vous. Cent vingt quatre personnes étaient en effet présentes.

    Un apéritif a été offert par la commune à la salle des fêtes, puis les habitants se sont dirigés sur le terrain de foot du village pour déguster un mouton cuit par les soins de Marc Robin, Jean Claude Julliard et Gérard Baudoin, depuis 5 heures.

    Cette année, les enfants étaient particulièrement gâtés puisque des structures gonflables étaient à leur disposition ainsi que de nombreux jeux tels qu’un chamboule tout, de la pêche à la ligne, des jeux d’eau…

    Dommage que le temps soit venu gâcher les festivités sur les coups de 16 heures car les enfants auraient bien continué de jouer.

    Une bourrasque de vent et une pluie battante ont obligé tout le monde à quitter le terrain en précipitation.

    Heureusement, enfants, parents et grands-parents se sont tous mis au travail et tout était réinstallé au « foyer » en moins d’une heure.

    Le repas a repris là où il était resté et la fête à donc pu continuer. Le mauvais temps n’aura pas réussi à gâcher le méchoui des Giffaumontais !


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    Union100716q - Marne
    GRAUVES.

    Beaucoup d’habitants s’étaient réunis sur la place de la Mairie pour les diverses attractions proposées par la commission des fêtes, 40 équipes au tournoi de pétanque, un record !


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    Union100716p - Marne
    LA CHAUSSEE-SUR-MARNE : La fête au 14 juillet

    Les enfants rentrant en 6e se sont vus remettre un dictionnaire.

    Mercredi 14 juillet à 11 h 30, rendez-vous était donné aux habitants, responsables d’associations et sapeurs-pompiers de La Chaussée-sur-Marne devant la salle des fêtes.

    Christian Grandjean, maire de la commune, a fait un bref discours pour débuter les festivités.

    Les pompiers ont ensuite été mis à l’honneur avec la remise, par leur chef de centre, des diplômes et brevets clôturant différentes formations.

    Puis ce sont les élèves qui entreront en 6e qui ont reçu un dictionnaire offert par la commune.

    S’en est suivi un verre de l’amitié puis un pique-nique convivial tiré du sac.

    L’après-midi, des jeux étaient proposés gratuitement aux petits et grands.


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    Union100716o - Marne
    LA CHEPPE

    « Nous sommes réunis en ce 14 juillet devant le monument aux morts, en mémoire de ceux qui ont perdu leur vie pour notre liberté. Nos valeurs sont représentées par une devise, Liberté, egalité, fraternité. De cette égalité de droit, la liberté qui nous est chère reste toujours à conquérir. » C’est en ces termes que Marcel Bonnet, maire, a rappelé le sens du 14 Juillet à ses administrés.


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    Union100716n - Marne
    LA GRANGE-AUX-BOIS : Cérémonies Dépôt gerbe et défilé pour le 14 Juillet

    Deux cérémonies ont été organisées, l’une au centre-ville et l’autre à la Grange-aux-Bois.

    Mercredi, deux cérémonies ont été organisées au centre-ville de Sainte-Ménehould - notamment marquées par le défilé des sapeurs-pompiers - et l’autre, traditionnelle mais émouvante dans sa simplicité, à la Grange-aux-Bois.

    Le monument aux morts y a été honoré par une assistance fournie et recueillie, dans laquelle on notait la présence de Françoise Mayeux, Jean-Pierre Louviot, Marcel Notat.

    Les porte-drapeaux encadraient le monument que Bertand Courot et Henri Jacquier ont fleuri.

    La Marseillaise clôturait la cérémonie.


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    Union100716m - Marne
    LA VILOTTE

    Le comité des fêtes a organisé le 14 juillet où 110 convives ont répondu à son invitation.

    Aux cuisines, le chef avait préparé à la braise trois culottes d’agneau.

    Des jeux étaient aussi prévus pour petits et grands avant le grand bal.


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    Union100716l - Marne
    MAIRY-SUR-MARNE

    Selon la tradition, les Mairyons ont fêté le 14 juillet.

    Après un repas champêtre, offert par la municipalité et réunissant 160 personnes, un feu d’artifice a agrémenté la soirée qui se finit dans la danse.

    Le lendemain, le village se retrouvait devant le monument aux morts où une gerbe était déposée par les enfants.

    La matinée se terminait par un apéritif offert par la commune.


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    Union100716k - Marne
    MANCY.

    Tir à la carabine, pêche miraculeuse, concours de boules et pêche à la truite, beaucoup d’activités pour les habitants qui ont passé une bonne journée !


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    Union100716j - Marne
    MAURUPT-LE-MONTOIS

    Ce sont deux adjointes qui ont déposé une gerbe au pied du monument aux morts en présence d’une courte assistance.

    La première adjointe Laurence Février a lu ensuite le message ministériel.


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    Union100716i - Marne
    MEIX-TIERCELIN

    Au menu de la cérémonie du 14 juillet, au Meix-Tiercelin, un dépôt de gerbes au monument aux morts suivi d’un discours du maire.

    Un vin d’honneur et un barbecue ont été offerts à la population.

    L’après midi, tout le monde s’est retrouvé pour les traditionnels jeux(courses en sac, concours de pénalty et lancer de l’oeuf)

    Le 13 au soir, un superbe feu d’artifice avait été tiré grâce à l’Esat des Antes.


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    Union100716h - Marne
    MONTHELON.

    Plus de 40 enfants se sont amusés sur la structure gonflable amenée spécialement pour le 14 Juillet, un moment de détente pour les enfants avec un beau lâcher de ballons en fin de journée


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    Union100716g - Marne
    MONTMIRAIL : La tradition respectée

    Les festivités ont duré deux jours.

    Dès le soir du 13 juillet, une retraite aux flambeaux a été emmenée par l’Union musicale de Montmirail.

    Vers 23 heures, la soirée s’est terminée par un magnifique feu d’artifice tiré sur le stade municipal.

    Le lendemain et malgré la pluie abondante, une gerbe de fleurs a été déposée au monument aux morts cantonal en présence des élus, des musiciens et des pompiers.

    Puis c’est dans la salle des fêtes que s’est déroulée la traditionnelle « rondelle ».

    Les hameaux n’ont pas été oubliés puisque dès 15 h 30, c’est à l’Echelle-le-Franc que le maire de Montmirail a déposé une gerbe, et à 17 heures à Maclaunay et à Courbeteaux.

    Puis, à 17 h 30, les habitants de Courbeteaux se sont réunis aux Ets Duteil à Mondant pour des jeux et le goûter traditionnel.


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    Union100716f - Marne
    NORMEE : Remise de médailles : Les pompiers décorés

    Remise de la médaille d’argent à l’adjudant Alain Rousselle par Pascal Rondeau.

    C’est à Normée, ce 14 juillet qu’a eu lieu la remise des médailles aux pompiers volontaires du centre de secours de Fère-Champenoise-Connantre.

    La cérémonie a eu lieu en présence de Claude Hardy, conseiller générale de la Marne, ainsi que M. Félix, maire de Normée, M. Gorisse, maire de Fère-Champenoise, et M. Rondeau représentant la commune de Connantre en tant qu’adjoint.

    Médaille Or : capitaine Roulot, caporal Laurain, caporal Duménil, caporal-chef Rittling. Médaille Argent : adjudant Rousselle et caporal Faber.


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    Union100716e - Marne
    PARGNY-SUR-SAULX

    Beaucoup de monde en cette fin de matinée du I 4 juillet sur la place du Général-de-Gaulle à Pargny-sur-Saulx.

    Sur le perron de la mairie le maire a lu le message officiel de ce 221e anniversaire de la prise de la Bastille. Une gerbe a ensuite été déposée au monument aux morts.


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    Union100716d - Marne
    SERMAIZE-LES-BAINS : Des citoyens honorés

    Pierre Colnard remet ici la médaille d’honneur de la ville

    Après les traditionnelles cérémonies, la ville de Sermaize a choisi le jour de la fête nationale pour honorer plusieurs de ses enfants.

    Tout d’abord le maire Raymond Dziéja a fait l’éloge des sapeurs-pompiers avant de remettre les insignes de caporal à Didier Langeron.

    La médaille d’honneur de la ville a été remise à Pierre Colnard. Pour finir, le premier adjoint Alain Pauphilet a révélé le parcours sportif de Myriam Bégel, 15 ans, championne de France minimes 2010 de marche athlétique.

    Et c’est Pierre Colnard qui lui a remis la médaille d’honneur de la ville : la boucle des générations est bouclée.


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    Union100716c - Marne
    SOMPUIS : Diplôme d’honneur pour Yvan Carré

    Yvan Carré est aujourd’hui âgé de 98 ans.

    En tout fin d’après-midi sur la place du général Barbade à Sompuis, une soixantaine de citoyens est venue au monument aux morts pour la cérémonie du 14 juillet.

    Après un défilé des pompiers et une allocution du maire de la bourgade, M. Lemoine, ce dernier a remis un diplôme d’honneur d’ancien combattant à M. Yvan Carré âgé de 98 ans. Ancien brigadier chef dans la police, il était en poste dans la région parisienne durant la dernière guerre et une grande partie de sa carrière.

    M. Carré est venu vivre à Sompuis en 1968 dans sa maison familiale.

    Un banquet républicain a clôturé cette journée.


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    Union100716b - Marne
    VESIGNEUL-SUR-MARNE

    C’était la fête ce samedi I 0 juillet à Vésigneul.

    Depuis trois ans, aux alentours du 14 juillet, la commune, aidée des associations et des pompiers du village, convie les habitants à un après-midi de jeux suivi d’un barbecue.

    Près de 200 participants ont répondu présents à ce rendez-vous convivial qui a démarré timidement en fin d’après-midi sous un soleil de plomb : les premiers arrivés cherchant l’ombre sous les tentes ou dans la salle des fêtes où une prestation du groupe Tradition danse permettait de patienter en attendant de passer à table.

    Quant aux enfants, ils ont profité des structures gonflables louées par la commune.


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    Union100716a - Marne
    VINAY.

    Tous les habitants s’étaient réunis dans l’ancienne école pour la fête nationale, combats de sumo, défilé aux lampions, structure gonflable et soirée dansante, un 14 Juillet organisé par la nouvelle association « Vinay en fête ».


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    Union100715i - Marne
    EPERNAY : Feu d’artifice du 14 Juillet : Un bouquet qui a mis le feu

    Un beau spectacle, partagé entre amis ou en famille.
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  • Avec les mauvaises conditions annoncées par météo France (une alerte orage de niveau orange) sur la région, le traditionnel feu d’artifice du 14 Juillet à failli prendre une douche froide.

    Finalement, les nuages se sont dissipés. Des vignes, les artificiers auront offert un beau panel de couleurs aux Sparnaciens, présents avenue de Champagne. Un spectacle chiffré à 9 000 euros.

    Un air de fête d’été flottait dans l’air. En famille, glace à la main, terrasse remplie, ce 14 Juillet aura été une réussite. Une fois de plus.


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    Union100715h - Marne
    LE GAULT-SOIGNY : Fête nationale : Flambeaux et rondelle

    Les enfants ont veillé longuement pour voir le feu d’artifice.
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  • Mardi soir, les enfants de la commune et leurs amis invités, munis de lampions, ont attendu que le soleil se couche pour défiler dans les rues. Pour un maximum de sécurité, la compagnie des sapeurs-pompiers de la commune a encadré la retraite aux flambeaux.

    Ensuite, petits et grands se sont retrouvés derrière la salle des fêtes, près du terrain de foot où un magnifique feu d’artifice a été tiré par Alain.

    Le 14, comme dans bon nombre de communes, la traditionnelle rondelle était offerte dans la salle des fêtes par la municipalité.


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    Union100715g - Marne
    LES ESSARTS-LÈS-SÉZANNE : Soirée moules frites réussie

    Le comité des fêtes n’a pas manqué d’originalité en ce mardi 13 au soir.

    C’est une soirée moules-frites qui a été proposée aux quatre-vingts convives présents.

    Les festivités se sont poursuivies le 14 avec un après-midi de jeux et la rondelle.


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    Union100715f - Marne
    SAINT-BRICE-COURCELLES : Deux nouveaux Caporaux

    Sylvain Guillaume, à gauche, et Michaël Noiron.

    C’est après le défilé et le dépôt de gerbe au monument aux morts lors de ce 14 Juillet que M. le maire à remis à Sylvain Guillaume et Michaël Noiron, deux jeunes sapeurs pompiers première classe, leurs galons de caporaux, pour dix ans de service.

    Ludivine Dopf a également été élevée au grade de caporal


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    Union100715e - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Feu d’artifice au stade et bal au jard Menou fête le 14 Juillet

    Deux ambiances distinctes se sont offertes aux Ménéhildiens lors de la soirée du 13 juillet.

    Il y avait bien sûr le bal qui se tenait dans le jard et puis, de l’autre côté de l’Aisne, une petite fête foraine. Manège, pêche aux canards et mini-casino faisaient le plein tandis que le patron du « Madison » gérait son chapiteau et ses tables dans le jard où amis et familles venaient consommer bière et champagne. « La soirée commence bien, il y a déjà du monde », annonçait déjà le gérant. Il fera effectivement tourner la boutique jusqu’à 3 heures et demie du matin.

    Mais la soirée n’a vraiment démarré qu’à 22 h 30, lorsque les six musiciens du groupe « Musicaliente » ont entonné leur première chanson.

    Un feu d’artifice réussi

    Un assortiment dynamique d’accordéon, de clavier, de basse, de batterie et de chant. Très vite, quelques couples s’empoignent pour une valse de circonstance et des enfants gambadent autour d’eux. Une petite foule s’amasse au bord du jard devenu piste de danse. « Il y a deux ans, j’étais venu avec un autre orchestre et ça avait déjà pas mal bougé », se souvient Stéphan, le claviste.

    Peu avant 23 heures, les Ménéhildiens partent presque en file indienne rejoindre le stade municipal. Les groupes d’amis se retrouvent sous le crépitement des pétards. Personne ne veut rater le feu d’artifice sur le thème de la Volga. La musique classique s’élève en même temps que les premières boules rouges et des mines ébahies fixent le ciel bombardé de couleur. Les explosions de lumière ne discontinuent pas pendant un quart d’heure. « Énorme ! Trop bien ! », s’exclament les enfants après le final en apothéose.

    Certains ont cru remarquer que le feu d’artifice était plus court que l’année dernière et s’en sont amusés en affirmant : « C’est la crise… ». « Je pense que ça a duré 5 minutes de moins que l’année dernière mais il pleuvait la dernière fois. Cette fois il y avait beaucoup plus de monde », commente Delphine, une jeune mère de famille. En tout cas, tout le monde a apprécié le spectacle. « C’est très bien pour une petite ville comme la nôtre.

    Après on peut toujours faire mieux », ajoute Sébastien. Comme beaucoup d’autres, il comptait bien se rendre au bal avec ses amis. La fête ne faisait que commencer.

    S.F.


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    Union100715d - Marne
    SEZANNE : 14 Juillet à Sézanne Tradition et festivités

    Le dépôt de gerbe a été effectué par le capitaine Renevey, le maire Philippe Bonnotte et le capitaine Poirel.
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  • Les jeunes sapeurs-pompiers de Sézanne.
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  • SÉZANNE n’a pas manqué à ses traditions des 13 et 14 juillet.

    La fête nationale a été célébrée dès 21 heures mardi soir avec la retraite aux flambeaux.

    Les habitants sont venus en nombre, marchant derrière l’harmonie de Sézanne et l’Etoile broyenne qui ont joué tout au long du cortège. Les sapeurs-pompiers et les jeunes sapeurs les ont suivis à pied. La population a pu les accompagner tout au long du parcours ou les regarder depuis les pas de la porte, tandis que la municipalité distribuait des lampions.

    Le cortège a fait deux haltes aux deux maisons de retraite pour jouer une aubade avant de finir le défilé devant le marché. Deux cents personnes ont assisté au concert de l’harmonie, qui a duré un peu plus d’une heure. La soirée s’est terminée par le traditionnel feu d’artifice, spectacle pyrotechnique où se mêlaient sons et lumières. Les habitants ont été conquis par ce spectacle original.

    Hier matin, les sirènes ont retenti dans toute la ville : les pompiers ont de nouveau défilé dans les rues de la ville avec leurs véhicules, avant de rejoindre le monument aux morts pour un dépôt de gerbe en présence du maire, des adjoints et des habitants. Les représentants de la gendarmerie de Sézanne, le lieutenant Beaujoin et le major Delahaye étaient également présents, ainsi que l’adjudant-chef Millot de la brigade motorisée.


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    Union100715c - Marne
    TINQUEUX : 14 Juillet : Henri Wenisch à l’honneur

    Les pompiers et les jeunes sapeurs-pompiers suivaient les porte-drapeaux.
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  • Jean-Pierre Fortuné, Véronique Marchet et Gilles Richard ont déposé les gerbes au monument aux morts.

    Ce 14 Juillet a été l’occasion d’une commémoration dans le plus grand respect des symboles de la République en présence de Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général de la Marne, Véronique Marchet, suppléante du député Arnaud Robinet, et Gilles Richard, président des anciens combattants de Tinqueux, avec la participation de la police nationale, des membres du conseil municipal, des pompiers et porte-drapeaux, des enfants, de nombreux administrés et responsables d’associations.

    Henri Wenisch, 93 ans, président d’honneur des anciens combattants, ancien mécano vétéran du commandant Marin la Meslée, un des as de l’aviation française, a été mis à l’honneur par Gilles Richard lors de cette fête nationale. Qui mieux qu’Henri Wenisch aura porté toutes les valeurs de la République, par un parcours exemplaire et un engagement pour la liberté. La cérémonie a été suivie d’un vin d’honneur à la salle des fêtes Guy-Hallet.


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    Union100715b - Marne
    TRIGNY : Des insignes pour les soldats de France

    Lors de la cérémonie du 14 Juillet, le maire Francis Blin et le président des anciens combattants Roland Marion ont remis les insignes d’honneur aux soldats de France de Trigny.

    Le maire, à gauche sur la photo, avec les anciens combattants et les soldats de France.


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    Union100715a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Un 14 Juillet réussi Les associations fêtent la nation

    Les pompiers et les jeunes sapeurs-pompiers suivaient les porte-drapeaux.
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  • Derrière la fanfare du cercle des XVII, qui se charge de dynamiser chacune des cérémonies vitryates ; derrière des porte-drapeaux qui ne prennent pas une ride ; derrière les sapeurs-pompiers du centre de secours, c’est toute la jeunesse de la ville qui a participé au défilé du 14 Juillet.

    Si à Paris, ou à Châlons ce sont des militaires qui ont paradé, à Vitry, ce sont les Vitryats et leurs associations qui ont fêté la nation, en marchant avec leur maillot sur le dos : les bleus du FC Vitry, les verts du SAV Vétérans et du motoball, les noirs du handball, de l’univers cycliste, et de l’amicale des arbitres, mais aussi les gymnastes de la Champenoise, les tennismen du TCV et les membres de l’amicale du chien d’utilisation qui formaient une délégation des plus importantes.

    Parti vers 10 h 30 de la place Maréchal-Joffre, après le traditionnel dépôt de gerbe, tout ce beau monde a emprunté les promenades pour rejoindre la place d’Armes où les officiels les ont applaudis du haut de leur estrade. Les sapeurs-pompiers fermaient la marche avec leurs véhicules de secours, dont un camion incendie datant de 1954 !

    La cérémonie s’est poursuivie dans les jardins de l’hôtel de ville, où la mairie n’avait pas annulé sa « garden-party ». Dans son discours, le maire a fait part de son sentiment sur l’évolution de la France. « Aujourd’hui, la République a mal à sa devise, liberté égalité fraternité », a affirmé Jean-Pierre Bouquet. Et de conclure : « Deux batailles sont à mener en ce 14 juillet 2010 : celle de l’effectivité des promesses contenues dans ce triptyque et celle d’une République, mère de nouvelles espérances. »


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    Union100714e - Marne
    CHALONS-EN-CHAMPAGNE : Un 13 juillet de belle tenue

    Le 132e bataillon cynophile de l’Armée de terre : la formation qui a ouvert le défilé.
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  • Après les troupes à pied, place au défilé motorisé : un vrai succès avec applaudissements garantis.
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  • CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Hier soir, les cérémonies de la Fête nationale ont débuté par un défilé militaire. Les Châlonnais étaient en nombre, preuve qu’ils aiment leur armée…

    UNE prise d’Armes, un défilé de troupes à pied, puis un défilé motorisé… Hier soir, les cérémonies de la Fête nationale ont débuté à 18 h 45 devant une porte Sainte-Croix qui avait pris comme un petit air d’Arc de Triomphe. Nouveauté cette année, ou plutôt retour à un itinéraire emprunté il y a une quinzaine d’années, le défilé s’est déroulé sur l’allée Paul-Doumer. Il y en avait pour tous les goûts. Des « milis » en kaki, avec de fabuleux engins, des motards de la gendarmerie, des pompiers champions à l’applaudimètre : bref, les Châlonnais étaient venus en nombre afin d’admirer leur armée version 132e bataillon cynophile de Suippes, 501e RCC de Mourmelon, 1er régiment d’artillerie de Marine de Laon (qui s’installera à Châlons dans le cadre de la restructuration des armées), 402e RA ou encore 3e régiment du génie de Charleville.

    Des décorations

    A l’occasion de cette manifestation très carrée, plusieurs décorations ont été remises. Le lieutenant-colonel Ogier, chef de corps du « 402 » ; et le lieutenant-colonel de réserve Uscat, ont été faits Chevaliers de la Légion d’honneur ; le capitaine honoraire Boillot est devenu Officier dans l’ordre national du Mérite alors que le caporal-chef Jacquot a reçu la Croix de la Valeur militaire, agrafe bronze. Cérémonies traditionnelles et réglées au millimètre, avant que la fête, version feu d’artifice, et bal populaire n’attire encore bien du public tard dans la nuit.


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    Union100714d - Marne
    REIMS : Défilé de la Fête nationale / Sans avion mais avec bancs

    Coup de chapeau aux jeunes sapeurs-pompiers volontaires.
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  • Sous l’œil d’Elisabeth, André et René (ci-dessous).
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  • Les aviateurs de la base 112 ont constitué l’essentiel du défilé…
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  • Les médaillés du jour : lieutenant-colonel Groffe, adjudant-chef Pavard, major Chombart, capitaine Cereghetti.
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  • REIMS (Marne). Les premiers arrivés dans le public ont apprécié la présence de bancs pour suivre la cérémonie militaire…

    HIER en fin d’après-midi Elisabeth, André et René se trouvaient place de l’Hôtel-de-Ville, pour assister à la traditionnelle cérémonie militaire de la fête nationale. Ils n’étaient pas les seuls. Des centaines d’autres spectateurs les rejoignaient peu à peu aux barrières. Notre trio avait eu le nez creux d’arriver en avance ; ainsi il a pu profiter des bancs installés pour l’occasion. « C’est la première fois qu’il y en a ! » commentent-ils satisfaits, semblant tout de même regretter le temps où le défilé avait lieu rue Libergier, « et où il y avait des tribunes… » Mais que voulez-vous les temps changent ! Pas forcément à chaque fois aussi radicalement qu’entre l’Ancien Régime et la République, comme l’évoquait Adeline Hazan, maire, à l’heure des allocutions, mais tout de même !

    Ainsi cette année donc, on notait la présence de bancs pour les spectateurs, ainsi que l’absence d’avions pour rehausser le défilé des troupes.

    Ne restaient plus, pour constituer ce défilé, que six unités d’aviateurs à pied, qui rappellent que la base 112 n’a pas encore complètement fermé, et quelques véhicules de pompiers, qui eux, ne sont pas près de quitter Reims, du moins on l’espère. Peu de choses en définitive : l’exposé introductif présentant les différents participants à cette parade dura presque plus longtemps que le défilé lui-même…

    L’harmonie municipale, elle, ne change pas, apportant comme d’habitude la touche musicale adéquate sous la direction quasi géométrique de son chef.

    Et l’on finira par une autre nouveauté de cette année : le vin d’honneur, servi à l’issue de la partie protocolaire, avait pour cadre non pas la salle des fêtes de la mairie, mais la cour intérieure : les services avaient réussi, on ne sait par quel tour de force, à en dégager toutes les voitures qui l’encombrent généralement.

    Du coup les cocktaileurs ont pu découvrir que derrière le parking habituel se cache en réalité un remarquable ensemble architectural !

    Antoine PARDESSUS
    Photos : Christian LANTENOIS


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    REIMS : Le parc des expos était trop petit

    Même une demi-heure avant le début du concert, les spectateurs s’étaient massés en nombre au parc des expos. Très vite d’ailleurs, la capacité du parking s’est avérée trop faible pour contenir l’affluence.
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  • REIMS (Marne). Hier soir, plus de 8 000 personnes se sont massés au parc des expos. Et beaucoup n’ont pu accéder au spectacle. Faute de place.

    QUELQUES jours après le passage du Tour de France dans la cité des sacres, une autre occasion a été donnée au plus grand nombre d’admirer un spectacle gratis. Pour l’occasion, et c’est une bonne chose, des navettes étaient d’ailleurs mises gracieusement à la disposition des Rémois. Et il ne fallait vraiment pas arriver en retard pour espérer pouvoir apercevoir les prestations des trois groupes celtiques invités pour l’occasion. En effet, dès 22h20, les oreillettes des vigiles sonnaient l’hallali. Il n’y avait plus de places disponibles pour le public. Le parking du parc des expos était plein comme un œuf.

    Un peu frustrant pour de nombreux Rémois qui comptaient bien remuer les hanches au son des bombardes. Ils ont dû se contenter du feu d’artifice et attendre aux portes du site. Pour les chanceux qui étaient dans l’enceinte, le bagad de la vingtaine de Quimpérois a donné le ton.

    Avant que les Ecossais, puis les Irlandais, satanés peuplades celtes, ne finissent d’enchanter le public et de donner une légère touche iodée à la fête nationale.

    Th.D


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    REIMS : 14-Juillet / La maire de Reims parle de rupture

    REIMS (Marne). À l’occasion de la cérémonie militaire de la fête nationale, la maire Adeline Hazan a souligné l’acte de rupture que constituaient la prise de la Bastille et la Révolution française dans son ensemble.

    Cela dit, on peut difficilement rompre complètement avec son passé : n’est-ce pas le roi Louis XIII qui orne encore aujourd’hui le fronton de notre hôtel de ville, sur les marches duquel s’exprimait la maire ?


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    Union100714b - Marne
    TINQUEUX : 14 Juillet : Henri Wenisch à l’honneur

    Jean-Pierre Fortuné, Véronique Marchet et Gilles Richard ont déposé les gerbes au monument aux morts.
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  • Ce 14 Juillet a été l’occasion d’une commémoration dans le plus grand respect des symboles de la République en présence de Jean-Pierre Fortuné, maire et conseiller général de la Marne, Véronique Marchet, suppléante du député Arnaud Robinet, et Gilles Richard, président des anciens combattants de Tinqueux, avec la participation de la police nationale, des membres du conseil municipal, des pompiers et porte-drapeaux, des enfants, de nombreux administrés et responsables d’associations.

    Henri Wenisch, 93 ans, président d’honneur des anciens combattants, ancien mécano vétéran du commandant Marin la Meslée, un des as de l’aviation française, a été mis à l’honneur par Gilles Richard lors de cette fête nationale. Qui mieux qu’Henri Wenisch aura porté toutes les valeurs de la République, par un parcours exemplaire et un engagement pour la liberté. La cérémonie a été suivie d’un vin d’honneur à la salle des fêtes Guy-Hallet.


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    Union100714a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Fête nationale Une soirée éblouissante Une soirée éblouissante

    ALORS que les derniers rayons de soleil éclairent encore la ville, les Vitryats se pressent vers la place d’Armes.

    Les enfants tendent les bras pour obtenir leurs lampions au pied de la scène, une scène qui restera vide ce soir-là. Car le spectacle est ailleurs. Au milieu de la foule, six percussionnistes aux déguisements les plus kitsch les uns que les autres tentent d’entraîner la foule dans leur folie.

    Les sourires commencent à apparaître sur les visages, mais c’est quand arrivent quatre danseuses emplumées, aux vêtements bien ajustées, que les applaudissements se font plus vifs. La joyeuse troupe entraîne alors la foule vers le stade Fabien-Ghiloni d’où est tiré le feu d’artifice. Les pétards retentissent, des petites fusées traversent la nuit un peu partout sur le terrain de football, quand soudain, la lumière s’éteint. La musique démarre et la nuit s’embrase pour illuminer les centaines de visages levés vers le ciel. On dégaine son téléphone pour immortaliser l’instant, car un feu d’artifice comme celui-là, on n’en voit qu’un par an.


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    Union100711a - Marne
    HISTOIRE : 1940


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    De Gaulle vante ses aviateurs

    Petite photo souvenir de Saint-Nazaire !
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  • Le général de Gaulle tient à ce que les Français qui ont décidé de continuer à se battre soient visibles. C’est le sens de la note qu’il adresse le 9 juillet 1940 au ministère britannique de l’Air à Londres. La veille il a réitéré son sentiment dans un message à M. Strasbourg : « Dans ces heures tragiques de l’histoire du monde, tous ceux qui en ont encore la liberté doivent s’unir avec résolution pour résister et pour vaincre ». Que demande le général aux Anglais ? Qu’il est nécessaire de montrer qu’une force française continue la guerre aux côtés de la Grande-Bretagne.

    Il suggère qu’on utilise sans tarder les aviateurs français qui sont aptes aux combats aériens. Il reconnaît de fait la naissance d’une force aérienne française libre qui dispose pour l’heure d’une vingtaine de pilotes de chasse capables d’être employés dans la RAF en raison de leurs qualifications.

    De Gaulle recommande qu’ils soient dispatchés dans différents squadrons mais par groupes de trois de manière à y faire exister une patrouille française. Il évoque également des pilotes et des observateurs à confirmer, des pilotes et des observateurs débutants à instruire qui pourraient être envoyés dans un centre d’instruction et d’entraînement au Canada et rattachés à un organisme français d’administration et de liaison. Avant de préciser : « Les hommes y compléteraient leur instruction et reviendraient en Angleterre en vue de constituer des formations françaises ». Le général n’oublie pas les autres personnels radios et mécaniciens dont les compétences techniques sont indispensables et peuvent utilement renforcer les équipes des parcs britanniques pour mieux accueillir les pilotes français. Il promet : « Les effectifs de chacune de ces catégories de personnel, officiers, sous-officiers, légionnaires du ministère de l’air s’accroîtront au fur et à mesure que des aviateurs français arriveront ou viendront par Gibraltar et ailleurs ».

    Il rappelle que par le courage de certains pilotes comme le Vitryat Pierre Aubertin, Pierre Tassin de Saint-Péreuse ou le capitaine Gustave Lager et d’autres de la même trempe, des Glenn-Martin et des Blenheim vont pourvoir être intégrés aux moyens opérationnels anglais. Le général, une fois encore se projette dans l’avenir : « Ce matériel peut être utilisé par la RAF, étant entendu que du matériel moderne sera mis en échange, à la disposition des escadrilles françaises dès qu’elles pourront être constituées ».

    C’est en respectant la même logique que le général s’adresse le 10 juillet à Winston Churchill : « Il me semble qu’il est très important pour le présent et pour l’avenir, que la force française que j’organise en vue de combattre les ennemis communs comporte, non seulement des troupes de terre mais encore un élément de force aérienne et un élément de force navale ». Et de Gaulle d’imaginer : « Ce serait, à mon avis, un grand avantage pour notre cause commune s’il pouvait être, un jour prochain, officiellement communiqué, soit que des avions allemands auraient été abattus au-dessus de l’Angleterre par des aviateurs français, soit que des aviateurs français auraient contribué à bombarder la Ruhr ». De Gaulle qui compte sur ses aviateurs, ses marins et ses terriens réclame au Premier ministre britannique une simplification des exigences administratives pour les verser au plus vite dans des unités combattantes en formation.


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    La France découpée et soumise

    Une image de la propagande nazie à Strasbourg : des enfants rassurés auprès d’un soldat…
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  • Cette affiche s’oppose aux marchandises françaises encore présentes en Alsace-Lorraine.
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  • ANNEXION. Hitler est impatient de démembrer la France mais il tient à le faire en douceur pour ne pas nourrir politiquement un front du refus. Il ne croit pas à la capacité des Français de lui résister.

    Dès qu’il apprend que le maréchal Pétain a demandé l’armistice, Hitler adresse un ordre du jour sans ambigüité à ses troupes : « C’est une affaire d’honneur pour l’armée de terre de s’emparer aussi vite que possible des anciens territoires d’Empire allemands jusqu’à la ligne Verdun-Toul-Belfort ». En ce qui concerne l’Alsace et la Lorraine, la cause est entendue bien avant la victoire nazie sur le front de l’ouest. Ce sera l’annexion de fait.

    Le führer manœuvre mais Pétain ne mesure pas le danger qui consiste à renvoyer au traité de paix la question des revendications territoriales. Jamais il ne parle alors d’annexion mais elle est patente dans son raisonnement. « Si je ne la rends pas officielle, j’opère un repli tactique pour mieux imposer à l’ennemi mon plan et je ne manque pas d’idées ». L’autosatisfaction du maître du Reich n’est pas une surprise pour ceux qui l’ont lu ou l’ont vu manœuvrer depuis les accords de Munich. Sa décision de déterminer le périmètre d’une zone interdite revient à amputer la France, à tailler l’Hexagone et, à terme, à augmenter de manière significative la superficie du Reich.

    Les départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de la Meurthe-et-Moselle doivent selon ses vues être englobés dans cette zone interdite. Seuls les deux premiers sont sous l’autorité d’un général allemand qui est désigné chef de l’administration militaire de la Belgique. Bien sûr, dans ces départements sur lesquels le führer a jeté son dévolu, il demeure des autorités administratives françaises. Il y a toujours un préfet, des maires, des chefs de service, des responsables de la police et de la gendarmerie mais la cohabitation avec les dirigeants des Kommandanturs est d’une rare complexité.

    La mission confiée au Brigadeführer Werner Best ne rassure pas. Il rédige un rapport sur la Bretagne comme pierre angulaire de la garde atlantique de l’Allemagne. Bref, quel que soit le traité de paix franco-allemand, la Bretagne est susceptible de rester sous la coupe du Reich. Best qui ne manque pas d’idées suggère aussi d’utiliser la plate-forme du Pays Basque.

    L’Allemagne marque encore sa volonté de s’imposer en région. Le général Lemelsen qui prend son commandement à Rennes ne se proclame-t-il pas tout simplement gouverneur de Bretagne ? Une manière de se moquer de ceux qui avaient imaginé le réduit breton pour maintenir en métropole un immense château-fort de résistance.

    Le 1er juillet, Hitler reçoit a son quartier général de Tannenberg en Forêt-Noire le gauleiter Joseph Bürckel dont la mission est de « regermaniser » et nazifier l’Alsace Moselle. Est aussi convié le gauleiter du pays de Bade, Robert Wagner. Il s’agit de fixer les limites administratives entre la Lorraine et l’Alsace. Bürckel dont l’ambition est intarissable cherche à grignoter la zone d’influence de son collègue. Hitler frappe du poing sur son bureau et annonce au ministre de l’Intérieur, Frick : « qu’il a choisi de réaliser l’incorporation de l’Alsace- Lorraine dans le Reich ». Il confie même sous le sceau du secret que l’annonce pourrait en être faite lors de sa prise de parole du 19 juillet devant le Reichstag. C’est donc par des décrets secrets que le führer veut régler la question des régions de l’est de la France.

    La regermanisation est précisée au cours de l’entretien. Dans un délai de trois mois il ne doit plus y avoir : « ni monument français, ni affiche française, ni inscription française ». Dans une longue péroraison, Hitler justifie ses choix et critique avec vigueur la précédente politique appliquée par Guillaume II : « A l’égard de l’Alsace-Lorraine, la politique a été celle des demi-mesures. Désormais, tout ce qui est de nature française est nuisible et la population doit se mettre à l’heure allemande, adopter notre mode de vie, répondre à nos exigences, comprendre qu’elle est désormais intégrée au Reich définitivement et que pour elle une vie nouvelle commence ». Et de citer cette formule couchée dans « Mein Kampf » : « Il faut détruire brutalement et une fois pour toutes la tête de l’hydre française quitte à concéder ensuite l’égalité des droits ». C’est ainsi que le monument aux morts de Metz, inauguré en 1939 par le président de la République Albert Lebrun est amputé pour ne plus porter qu’une inscription allemande. Les statues de Ney et de Fabert sont déboulonnées et dissimulées dans un jardin. La regermanisation ne suffit pas. La nazification est vite à l’ordre du jour. A Metz encore, les Allemands entreprennent de débaptiser les rues et dissimulent les plaques antérieures par des bandes de papier collant portant de nouvelles appellations à la gloire du führer et des principaux dignitaires du régime. En Alsace, la réouverture des magasins est soumise à une autorisation préalable qui ne peut pas être délivrée si les enseignes ne sont pas en allemand. Ceux qui se satisfont de simples rafistolages sont sanctionnés ou subissent des fermetures administratives. Si en Lorraine Bürckel ne juge pas utile de germaniser les pierres tombales, son collègue Wagner estime cette disposition impérative.

    On arrive à des situations ubuesques et scandaleuses avec des traductions approximatives qui ne riment à rien. La détention d’un drapeau tricolore devient un délit. On assiste à des décisions inacceptables à l’exemple du zèle manifesté par le commissaire Brandt à Metz : « Je demande la destruction immédiate des vespasiennes qui, selon la conception allemande, constituent une honte pour la civilisation. Nos adversaires occidentaux se complaisent dans des baraques de tôle ondulée qu’ils ont édifiées. Un Allemand, lui, est bien trop distingué pour tolérer de telles indignités. C’est un homme d’honneur dont la classe et les bonnes manières le distinguent des autres ». Dans un autre genre, les nazis s’en prennent aux bérets basques : « Leur port assombrit l’esprit et est le signe de dispositions intellectuelles limitées ». C’est ainsi que les enfants sont pris à partie dans les rues messines, giflés ou se font botter les fesses parce qu’ils persistent à mettre n’importe quoi sur leur tête ! En Alsace Wagner éructe de colère parce qu’il estime que ses ordres ne sont pas appliqués assez strictement. Il ordonne des achats de casquettes et de chapeaux et envisagent des peines pénales pour ceux qui persisteraient à porter : « cette coiffe indigne ».

    Ces régions manquent de tout et les rations alimentaires sont insuffisantes si bien que 336 centres de subsistances sont ouverts.

    Pendant ce temps la priorité est la remise en ordre de l’industrie lourde. La SNCF apprend le 15 juillet que le réseau lorrain passe sous la tutelle de la Reichsbahn de Mayence. Les mines de potasse d’Alsace sont mises sous l’autorité d’une commission administrative. Wagner le martèle : « L’Alsace doit apporter sa contribution à la victoire finale de l’Allemagne ». Les gauleiters sont décidés à exercer leur pouvoir sans partage ni délégation. Ils pensent pouvoir s’appuyer sur les autonomistes mais très vite ils déchantent. Ils ne sont pas prêts à relier le sillage national-socialiste et n’ont pas envie de leur confier la moindre responsabilité.

    TEXTES : HERVÉ CHABAUD
    h.chabaud@journal-lunion.fr


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    Les Allemands font leur marché

    Les occupants épuisent les articles des grands magasins.
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  • Le tableau des taux de change relève de l’arbitraire imposé par l’occupant.
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  • PILLAGE. Les experts économiques et industriels du Reich tiennent à fournir un maximum de matières premières à leurs entreprises. Au détriment des usines de l’Hexagone. La saisie des biens français s’accélère et même pour des départements qui doivent faire partie de la zone libre, la Wehrmacht conforte son pillage en règle avant de se retirer.

    C’est le cas du département du Rhône et cela malgré la résistance des cheminots ou l’attitude courageuse du préfet Emile Bollaert et du maire Edouard Herriot. Pour les Allemands les ordres de transport proviennent des échelons supérieurs. Ils n’ont pas à être discutés mais simplement appliqués. Georges Villiers qui représente le patronat français de la métallurgie fustige le comportement de l’occupant provisoire directement auprès du général de brigade Henrici, gouverneur militaire de la ville qui se veut intraitable. « Les transferts de biens prévus seront exécutés ».

    Lorsque le 2 juillet, le général informe Bollaert et Herriot du repli des troupes allemandes, il ne lève pas immédiatement les réquisitions qu’il a signées. Elles ne seront levées que le 5 juillet à la mi-journée alors que les derniers prisonniers de guerre sont contraints de monter à bord de convois au départ pour Dijon. Le même jour, Henrici fait signer en présence du consul général de Suède Henry Robatel et chargé de défendre les intérêts allemands, un protocole : « les personnalités précédemment désignées comme otages s’engagent sur leur vie à veiller au bon traitement des ressortissants du IIIe Reich. Elles devront leur garantir la sécurité, le logement, l’alimentation, les soins médicaux, le voyage de retour avec toutes les garanties afférentes ».

    Parmi ces personnalités contraintes on retrouve le préfet et le maire !

    Le 6 juillet à 9 h 15, le drapeau allemand est descendu devant la Feldkommandantur. Une batterie rend les honneurs et défile devant le général Henrici qui quitte la ville un quart d’heure plus tard. Un dernier groupe d’observation se maintient au niveau de la gare en particulier pour veiller au rembarquement sans incident des chars à Perrache. L’ancien gouverneur militaire rend compte au Grand quartier général du Reich et se félicite de tous les prélèvements et confiscations opérées à un rythme très soutenu.

    Il évoque : « des trains entiers de matériels et de péniches remontant vers le nord et chargés à ras bord de butin ». A-t-il tort de se satisfaire ainsi ? Selon des documents relatifs au seul état-major de prise de matériel de guerre mis en place par l’ennemi il s’avère qu’à l’arsenal de Lyon comme à l’usine de fusées de Vénissieux, ce sont 1077 tonnes de plomb, 306 de cuivre, 401 de laiton, 185,4 d’antimoine, 1292 d’étain, 210 de zinc, 617 de nickel, 80 d’acier chromé, 43 de cire d’abeille paraffinée qui sont confisquées. De leur côté, lorsqu’elles dressent un bilan, les autorités de Vichy évaluent les prélèvements allemands à 24 863 tonnes dont plus de 2500 tonnes de denrées alimentaires. Pour assurer les transferts ce sont vingt et une péniches, cent soixante-deux locomotives et mille huit cents wagons qui ont été réquisitionnés.

    Dans le Nord et le Pas-de-Calais comme en Champagne, la situation n’est guère meilleure. Pour les deux premiers départements qui sont placés en zone interdite en raison de leur qualité de territoires d’opérations contre la Grande-Bretagne, la situation est des plus précaires. Les services publics sont toujours suspendus, le gaz et l’électricité ne sont qu’imparfaitement rétablis. La ligne de la Somme devient infranchissable à partir du 7 juillet : « Le trafic commercial est interrompu avec la zone libre et les échanges avec la zone occupée se limitent au charbon et à quelques produits non prohibés ». Les Allemands ne s’embarrassent pas malgré la grande détresse qui règne. Munis de bons de la Reichskreditkasse qui n’ont pas de valeur réelle, ils dévalisent les boutiques et les magasins.

    Si le potentiel industriel est moins entamé que pendant la Grande Guerre, l’occupant veut que l’exploitation de la houille reprenne au plus vite. Il compte aussi sur les usines métallurgiques et mécaniques du Valenciennois et du Lillois pour assurer des productions utiles à la guerre. Beaucoup d’usines textiles des secteurs de Roubaix et Tourcoing sont opérationnelles. Pour contrôler les activités économiques locales, les Allemands tiennent à mettre en place des offices de marchandises. C’est habile puisqu’il s’agit de placer aux commandes de ces institutions de droit privé des chefs d’entreprises et décideurs français avec l’obligation d’appliquer les ordres dictés par l’occupant.

    Si dans un premier temps ces organismes sont chargés de dresser l’inventaire des moyens de production, ils sont contraints de planifier des fabrications et de répartir les commandes entre les établissements.

    Les stocks de matières premières sont très surveillés par les délégués de l’administration d’occupation. Ils sont détenus dans des entrepôts surveillés et ne peuvent être cédés qu’avec des autorisations dûment contresignées par les Allemands. Ces procédures lourdes sont destinées à interdire les substitutions de biens avant le transfert des produits finis en Allemagne. On mesure combien la préméditation des industriels allemands confirme une complicité de fait avec la Wehrmacht.

    Des dossiers ont été préparés depuis 1936 de manière à ce que des commandos de techniciens soient affectés dans des entreprises identifiées au préalable, afin qu’elles concourent dans les plus brefs délais à l’effort de guerre du Reich. A Roubaix, le docteur Rausch membre des conférences lainières internationales précise à des patrons locaux stupéfaits : « La reprise immédiate du travail n’est en rien contraire à l’honneur français. La production sera destinée à un usage civil ».

    Mis en demeure de terminer des commandes passées par l’armée française, plusieurs industriels du textile décident d’exprimer leur souci au cardinal évêque de Lille, Achille Liénard et de s’en ouvrir à Léon Noël, délégué du gouvernement de Paris. Ce dernier répond : « Vous devez reprendre immédiatement le travail. Il faut faire face aux menées annexionnistes, adopter une politique de présence et mettre fin à l’utilisation par l’ennemi et par les communistes de la misère sociale. Il faut conserver au monde du travail une mentalité française ».

    Le chantage allemand est présent. C’est ainsi qu’à Clermont-Ferrand et pour éviter le chômage massif de leurs 10 000 ouvriers, les responsables de Michelin tentent de trouver un terrain d’entente pour se faire livrer le filé de coton dont ils ont besoin et qui est produit en zone occupée contre des kilos de caoutchouc très précieux pour les Allemands. Les négociations sont interminables et les négociateurs allemands sont intraitables : « En cas de refus, les cotons bruts et filés seront réquisitionnés ». Le Reich tient à ce que Friedrich, délégué de l’Office allemand de caoutchouc réalise lui-même le compromis avec Michelin. En réalité, les Allemands sont impatients d’importer du caoutchouc d’Indochine et ce n’est pas l’attentisme du général Huntziger devant la commission d’application de l’armistice à Wiesbaden qui change quoi que ce soit.

    Par leurs exigences, les Allemands cherchent à asphyxier Michelin qui, à terme, n’aurait plus de matières premières pour poursuivre sa fabrication de pneumatiques. La position allemande est simple : « Si la firme ne veut pas travailler pour le Reich, nous la laisserons crever ».


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    Union100710a - Marne
    MONTMIRAIL : Les anciens combattants en voyage

    Petite photo souvenir de Saint-Nazaire !
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  • Pour cette édition de 2010, les anciens combattants, leurs épouses et amis du canton de Montmirail, se sont rendus pendant une semaine en Loire-Atlantique, à Saint-Nazaire.

    En cours de route, ils ont visité la ville d’Angers en petit train, les vieux quartiers, son château fort.

    Puis à Saint-Nazaire, ils ont découvert une partie de la Bretagne, les chantiers de l’Atlantique, le plus gros bateau de croisières.

    Ils ont visité de nombreuses communes et aussi le parc de la grande Brière, 2e plus grand marais d’Europe.

    Ils ont découvert l’île de Noirmoutier avec le pont qui la relie au continent.

    Bernard Lefèvre, président de l’association, a indiqué : ce séjour a été pour tous un enchantement plein de découvertes, avec un accueil chaleureux et une bonne ambiance


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    Union100709a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Conférence Troupes africaines et conflits

    C’est Rachid Bouamara qui a animé cette conférence.
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    Le comité cantonal du Souvenir français de Vitry-le-François a organisé une conférence à l’espace Paul-Bert de Vitry-le-François sur le thème « Les anciens combattants d’Afrique et du Maghreb ».

    Rachid Bouamara, de Longuyon (54), auteur du livre « Le silence installé », a présenté les différentes troupes africaines impliquées dans les conflits, aux côtés de la France, depuis Napoléon.

    Son propos s’est terminé aux portes de Vitry-le-François avec la présence du 20e Rana (Régiment d’artillerie nord-africaine) le 13 juin 1940.

     

     

     


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    Union100705d - Marne
    MAURUPT-LE-MONTOIS : Devoir de mémoire

     

    Les élèves de CM I et CM 2 des écoles de Maurupt-le-Montois ont profité des beaux jours pour se rendre à Verdun et compléter leurs connaissances sur la Première Guerre mondiale.

    Accompagnés par les élèves de l’école de Trois-Fontaines, ils ont pu visiter la citadelle souterraine, le fort de Douaumont, l’Ossuaire, le village détruit de Fleury et le mémorial.

    Tous ont été impressionnés par les conditions de vie durant la bataille et ont pu participer ainsi au devoir de mémoire.

     


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    Union100705c - Marne
    MANCY : Les anciens combattants se réunissent à Mancy

     

    Il y avait une bonne ambiance à Mancy entre les différentes associations locales d’anciens combattants.

    Une soixantaine de membres s’étaient en effet donné rendez-vous à la Madelon pour un moment de détente.

    Certains sont même venus en Poilus.

     


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    Union100705b - Marne
    LA-NEUVILLE-AUX-LARRIS : Tombé au champ d’honneur : Honneur au soldat Féron

    Le soldat Edmond Féron retrouve une sépulture décente.
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    Tombé au champ d’honneur le 18 juin 1918 sur le terroir de Champlat à l’âge de 21 ans, le soldat Edmond Feron faisait partie du 161e régiment d’infanterie.

    Au cimetière militaire de La Neuville-aux-Larris, ce soldat fut le seul retrouvé et avec toutes les autorisations nécessaires, la commune décida de lui rendre une sépulture décente.

    La cérémonie de réhabilitation s’est effectuée en collaboration avec le Souvenir Français en présence de Mme Ferat, sénateur, des poilus de la Marne et de différents présidents représentants les anciens combattants et du maire de la commune, M. Guy.

    La plaque commémorative a été réalisée par les élèves d’une classe du lycée Croix-Cordier de Tinqueux.

     


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    Union100705a - Marne
    SUIPPES : Monument de Navarin : Hommage aux héros

    Fraternité, respect et tolérance ont été les maîtres-mots de cette cérémonie.
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  • Les décorés
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  • En cette année du 70e anniversaire des combats de 1940, la cérémonie annuelle au monument de Navarin, nécropole du souvenir aux morts des Armées de Champagne, a rendu « hommage à ceux qui, sur les mêmes lieux qu’avaient héroïquement défendus leurs anciens de la Grande Guerre, ont fait preuve du même courage, luttant jusqu’à la limite de leurs forces, jusqu’au suprême sacrifice en juin 1940 ».

    Les différentes tenues de campagne des combattants de la Seconde Guerre mondiale étaient représentées par des membres de l’association « le Miroir » qui se tenaient à la base de l’imposante sculpture de Réal Del Sarte.

    La prise d’armes et les honneurs étaient rendus par le Centre d’Entraînement des Brigades de Mourmelon, gardien du drapeau du 51e régiment d’Infanterie sur la soie duquel on peut lire, entre autres, les inscriptions Beauséjour 1915, Tahure 1918, Stonne 1940.

    Le drapeau est décoré de la Légion d’honneur, et porte la fourragère aux couleurs de la médaille militaire.

    16 juin 1940

    Devant les autorités militaires et civiles, le général Xavier Gouraud a centré son allocution sur les combats de juin 1940, passant la parole à l’ancien pilote de char, Martial Piot, qui a rappelé son vécu des événements du 16 juin 1940.

    Le directeur de cabinet du préfet, M. Kaci, a exprimé « sa grande émotion au pied de ce monument emblématique de la mémoire combattante », soulignant « le courage de ces unités que nous saluons ». Dans ce monde où « le sens des valeurs et des responsabilités ont tendance à se perdre… où les risques de conflits sont toujours latents, il est nécessaire de renforcer les liens entre générations ».

    La cérémonie s’est poursuivie par une remise de décorations. La croix de chevalier de la Légion d’honneur a été remise à Martial Piot par le général Perrodon, fils du chef de char qu’il pilotait.

    La médaille d’or de la Défense nationale a été remise au maréchal des logis Denis, au caporal-chef Houot, au sergent Launay par leur chef de corps le colonel Antropius qui dirige le Centre d’Entraînement des Brigades (CEB) dont la mission est de mettre à disposition des forces terrestres les matériels majeurs et l’infrastructure destinés à la préparation aux combats.

    Ensuite, une messe était célébrée par le père Claude Vignier, qui, dans son homélie a insisté sur « la fragilité de la paix et la nécessité de rester vigilant », sur la valeur de la fraternité, du respect des différences de ceux qui nous entourent, de la tolérance.

    A l’issue de la cérémonie au pied du monument, il est de coutume d’honorer une nécropole environnante.

    Cette année, il s’agissait du « cimetière de la ferme de Suippes » où un dépôt de gerbe a été effectué dans chacun des deux carrés, celui de 1914-1918 et celui de 1939-1945.


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    Union100704b - Marne
    BOUQUINS : Les batailles du printemps 40

    Dominique Lormier replace chaque action dans la particularité géographique des crêtes pré-ardennaises et illustre son propos de temps forts et effroyables à Stonne même ou encore aux Grandes-Armoises.
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  • HISTOIRE. En 1940, la bataille de Stonne dans les Ardennes fut comparée, par les Allemands, à l’enfer de Verdun en 1916. Récit.

    La bataille de Stonne est l’une des illustrations des combats héroïques qui ont été menés par les soldats français dans les Ardennes pendant la campagne de France. Si dans la région cet événement est reconnu comme une preuve de l’engagement sacrificiel de l’armée pour barrer la route aux blindés allemands, leur causer de lourdes pertes et ralentir le mieux possible leur progression, elle n’est pas assez prise en référence pour attester une bonne combinaison de l’emploi de l’artillerie, des chars et des fantassins au cours d’affrontements d’une rare violence.

    Dominique Lormier raconte ces journées effroyables qui, du 14 au 25 mai, laissent poindre un mince espoir de retourner la situation.

    L’auteur démontre combien le char B 1 dont l’armée française était encore insuffisamment dotée, disposait d’un armement adapté pour percer le blindage des panzers et causer de lourdes pertes dans les rangs ennemis.

    L’historien cite son homologue allemand Karl-Heinz Frieser : « Les soldats de la Wehrmacht ont toujours comparé l’enfer de Stonne en 1940 à l’enfer de Verdun en 1916 ».

    Dominique Lormier replace chaque action dans la particularité géographique des crêtes pré-ardennaises et illustre son propos de temps forts et effroyables à Stonne même ou encore aux Grandes- Armoises. La relation est très vivante à l’image de cette contre-attaque française conduite par une section de 3 B1 du 49e bataillon de chars, en soutien au 51e RI. Au cours de l’assaut, le B1 bis Riquewihr du lieutenant Domecq sème la terreur dans les rangs de l’adversaire. L’auteur mentionne : « Cela lui vaudra le surnom de boucher de Stonne ». N’écrase-t-il pas une colonne de fantassins avec ses chenilles ? Lorsqu’il pénètre dans le village, les chenilles couvertes de sang, les Allemands du 64e RI affolés s’enfuient et abandonnent Stonne ! Un récit palpitant et dramatique.

    LES INITIATIVES DE LA DERNIÈRE CHANCE

    Le même auteur sort un deuxième livre sur la bataille de France, jour après jour. C’est à la fois chronologique et intéressant pour comprendre la rupture en Belgique puis dans les Ardennes sur le front de Meuse mais également évaluer les initiatives de la dernière chance qui ont été prises. C’est tonique avec plusieurs dialogues qui donnent l’impression d’être présent à Monthermé ou Montcornet. On recense plusieurs récits de sacrifices d’officiers et de leurs hommes qui confirment que la débâcle n’a pas été générale et que, malgré des ordres parfois souvent contestables, les Français ont su tenir le front. En revanche, on regrettera que le nom de plusieurs villages soit écorché. Une relecture plus attentive aurait évité ce handicap qui n’échappera pas aux lecteurs de la région. Cela ne retire rien à l’intérêt des narrations mais cela laisse l’impression d’une édition sortie dans l’urgence.

    HERVÉ CHABAUD

    Dominique Lormier, « La bataille de Stonne », Perrin, 184 p., 18 euros.
    Dominique Lormier, « La Bataille de France jour après jour », Le Cherche Midi, 614 p., 19,50 euros.


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    HISTOIRE : 1940

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    Les espions Résistent

    Des Français des services secrets préparent une autre musique.
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  • Les conditions d’armistice imposent la dissolution immédiate des services de renseignements français. Ce qui ne signifie pas que tous les officiers et agents qui y travaillent sont de dociles exécutants. Le 1er juillet, au séminaire de Bon-Encontre près d’Agen, sur une table du réfectoire, le capitaine Paillole écrit sous la forme d’une note de service l’acte de naissance d’un service clandestin du contre-espionnage qui est dissimulé sous la raison sociale : « Entreprises de travaux ruraux ». Le document est signé d’un nom d’emprunt : Perrier. En réalité, Paillole avec la complicité du directeur du génie rural a imaginé cette supercherie. L’officier nous montre comment on peut ainsi habiller une officine. « A la date de ce jour, il est créé un service de contre-espionnage clandestin camouflé dans l’entreprise de travaux ruraux dont la mise sur pied est immédiatement entreprise avec la collaboration du génie rural. Le service TR a pour mission la poursuite de la lutte contre les services spéciaux de l’Axe. Les postes ci-après seront mis en place sans délai : TR 112 Limoges-lieutenant Rigaud, alias Richepin, TR 113 Clermont-Ferrand-capitaine Johannès alias Janson ; Lyon-capitaine Hujon alias Hurel ; Marseille-capitaine Guiraud alias Georges Henri ; Toulouse- capitaine d’Hoffelize alias Dohé ». En ce qui concerne la zone d’action, plusieurs secteurs géographiques sont découpés. En outre, Paillole demande à ses chefs de poste de composer pour le 1er août, la liste de leurs collaborateurs et de leurs moyens. Paillole qui est désormais M. Perrier s’installe à Marseille et est le directeur de « L’entreprise de travaux ruraux ». Il éprouve quelques difficultés à refuser la coopération que lui propose M. Levy, le propriétaire du siège social qui est très intéressé par la vocation professionnelle affichée de la société ! Dans le même temps, le commandant Perruche met au point la future organisation clandestine qui doit nécessairement avoir un pied à terre à Vichy. Il donne la priorité à la section allemande qu’il souhaite étoffer avant de la confier à de vrais experts. Il fonde aussi une section anglo-saxonne qui est attribuée au capitaine Luizet. Il s’occupe des dossiers britanniques et américains mais surtout de trouver les moyens de nouer avec de bons interlocuteurs des contacts secrets. Le colonel Rivet installe à l’hôtel Saint-Mart de Royat la direction de la nouvelle officine qui répond à la dénomination : « Office de retour à la terre ».

    Bien sûr, l’organisation clandestine ne peut être efficace que si la vitrine choisie favorise un bon fonctionnement d’ensemble. Aussi les officiers et leurs amis doivent jouer le jeu et faire des efforts particuliers pour s’intéresser à un sujet qui, dans leur quotidien habituel, n’est qu’accessoire. On profite du général Weygand pour l’ouverture d’un service des « menées antinationales » comprenant une direction centrale à Vichy et des bureaux dans chacune des divisions militaires, cela afin de mieux mailler le territoire métropolitain et d’être aussi présent en Afrique du Nord et dans l’Empire. Les bureaux s’avèrent d’entrée les intermédiaires entre les services clandestins et ceux de la Sécurité militaire et de la police. Ils constitueront bientôt le support logistique du Service de renseignements. Ils assureront aussi des plans de camouflage d’armes et mettront au point des capacités discrètes de mobilisation. Des complicités vont naître dans d’autres services de l’armée, ce qui va densifier les réseaux d’informations.


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    Les banques comptent en allemand

    Les services de la propagande nazie multiplient la diffusion de photos d’Hitler à Paris.
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  • Les services de la propagande nazie multiplient la diffusion de photos d’Hitler à Paris.
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  • CAPITAUX. La mise sous contrôle de l’économie française se poursuit et dissimule un pillage réglementaire justifié par des dispositions juridiques éloignées des principes généraux du droit.

    Il n’y a pas que l’industrie automobile qui est placée sous tutelle. La Banque de France subit le même sort avec l’imposition d’un contrôleur allemand. Une circulaire du Devisenschultzkommando exige de chaque maison de crédit un bilan de sa situation en devises étrangères, en or, en dépôts, en titres français libellés en valeur étrangères, en pierres précieuses, en diamants bruts. Rien que cela ! Plus grave, les ouvertures de coffres-forts ne peuvent plus se faire sans rendez-vous ni sans la présence d’un agent allemand. Pis, les banques sont sommées de fournir la liste exhaustive des locataires des coffres-forts ainsi que la date et l’heure de leur dernière visite. Cela équivaut à de l’inquisition.

    Ces mesures, même en zone occupée, sont contraires à la convention d’armistice puisqu’il est prévu que les autorités françaises conservent l’administration des territoires occupés. Hors, l’ingérence de l’ennemi dans la gestion au quotidien des services publics s’avère préoccupante. Les Allemands annoncent qu’ils veulent faire de même dans les établissements de la zone libre ainsi que dans l’Empire colonial. En clair, ils tiennent à surveiller tous les mouvements de fonds et interdire l’évasion de capitaux vers des pays étrangers. Les contrôleurs allemands pensent que la Grande-Bretagne va tenter de capter des avoirs avec la complicité de certains cadres français défavorables à l’occupation. Aux objections formulées par écrit sur ordre du cabinet du maréchal Pétain, les Allemands répliquent : « Les mesures que nous avons décidées n’ont rien de vexatoire. Elles ne sont pas une inquisition ni une diminution de la souveraineté du gouvernement français. Elles sont nécessaires parce que l’Allemagne a la responsabilité de la vie en France tant que la guerre contre l’Angleterre durera. L’Allemagne veut une collaboration avec la France pour assurer la nourriture de la population française, bloquée par l’Angleterre. La France va être amenée à baisser son niveau de vie et à le ramener à un niveau analogue à celui de l’Allemagne ». Ce point de vue est confirmé au cours d’un entretien à Wiesbaden entre le général Huntziger et le ministre plénipotentiaire allemand Hemmen.

    Les tensions avec Vichy sont patentes. Hitler n’entend pas les protestations françaises contre l’entrée en zone libre d’industriels français accrédités par le Groupe économique du Reich que dirige le maréchal Goering. Ce dernier qui est aussi le patron de la Luftwaffe exige que ses représentants visitent toutes les usines prestataires de service à l’aviation ainsi que les entreprises qui fabriquent de l’aluminium. L’occupant proclame : « Il est capital que des échanges, des visites, points de départ à la signature de commandes génèrent une collaboration économique s’établissant entre les industriels des deux pays ». Tous les télégrammes l’attestent, le führer n’est pas prêt à céder sur cette question.

    LES AVOIRS DES USINES SAISIS

    Certains délégués allemands sont plutôt arrangeants mais ils ne sont pas la majorité. Si le colonel Thoenissen joue les diplomates, ses collaborateurs exécutent les ordres. Le général Weygand constate début juillet que : « Dans toutes les régions de France, les autorités militaires font saisir et évacuer sur l’Allemagne les avoirs des usines (produits finis, matières premières) sous menace de sanctions par les tribunaux militaires en cas de refus. Elles font saisir également les approvisionnements réservés aux populations civiles ». Le rapport du ministre est en phase avec les épisodes désagréables vécus par les dirigeants de Citroën et de Renault.

    Weygand n’ajoute-t-il pas dans un courrier qu’il envoie au général Huntziger qui siège à la Commission d’application de l’armistice : « Dans certains endroits, les directeurs français d’établissements sont destitués. En d’autres, les directeurs d’usines qui se présentent sur la ligne de démarcation, c’est-à-dire entre la zone occupée et la zone libre pour rejoindre leur industrie et faire redémarrer leurs productions, sont refoulés par les autorités locales ». L’occupant entreprend des déménagements qui s’assimilent à des vols. Aux aciéries de Saint-Chamond qui travaillent principalement pour la marine, les Allemands investissent les lieux et, en un seul jour, prélèvent près de huit mille tonnes de machines, des matières premières et des dossiers de procédés de fabrication. Près de Rouen, l’occupant fait une descente aux Atelier et Chantiers de Seine-Maritime. Les ingénieurs de retour d’exode n’ont pas le droit de rejoindre leurs bureaux et un détachement de marins allemands assure une surveillance 24 heures sur 24. Un officier se veut rassurant. Il précise au directeur Pierre Abbat que les quatre sous-marins en cours de construction seront achevés et attribués à la Kriegsmarine. Au Creusot, chez Schneider, un officier supérieur de la Direction allemande des transports se présente avec un cahier des charges pour la fabrication de locomotives et de pièces détachées.

    Il exige que le personnel se remette rapidement au travail. L’information remonte à Vichy, le 8 juillet. Le Commissariat général à la reconstitution nationale classe la note sans vraiment réagir.

    Pourtant il est patent que le Reich considère que si les Schneider n’acceptent pas les commandes allemandes, ils n’en auront pas d’autres et ne pourront pas payer leurs ouvriers. Avec les contrats de profilés et de laminés offerts par l’occupant, il y a les moyens pour les dirigeants du groupe français de donner immédiatement du travail à 2.500 ouvriers. En revanche, pour la construction des locomotives destinées à des fins militaires, les Schneider sont réticents parce qu’ils ne veulent pas produire pour l’industrie de guerre. Cette situation est intenable car dès le 1er juillet, le colonel Hünermann prévient la Commission d’armistice qu’il « se réserve le droit d’exiger tous les dessins, plans, croquis et étalons servant à la fabrication du matériel de guerre dans toutes les usines de France ».

    HERVÉ CHABAUD


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    Mers El-Kébir : le drame

    Une des premières salves s’abat sur la « Bretagne » tandis que la « Provence » appareille avant de s’échouer.
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  • ALGÉRIE. L’opération « Catapult » validée par Churchill est une terrible désillusion pour la Marine française qui compte ses morts et ses blessés par centaines.

    Le 1er juillet 1940, les jeux sont faits. L’amiral Somerville reçoit l’ordre d’appliquer le plan visant à rallier ou détruire la flotte française qui stationne sur la base de Mers El-Kébir proche d’Oran. L’amiral britannique est arrivé la veille à Gibraltar et il sait que son gouvernement exige qu’il passe désormais à l’action le plus vite possible. Il place sa marque de commandement sur le croiseur de bataille « Hood ». Avant de retenir la solution extrême, il est mandaté pour présenter quatre propositions au vice-amiral Marcel-Bruno Gensoul commandant de l’escadre de l’Atlantique : le ralliement à la flotte britannique et la continuation de la guerre aux côtés de la Grande-Bretagne, l’acheminement des navires français dans un port anglais et le rapatriement ultérieur des équipages qui ne partagent pas la conviction qu’il faut poursuivre la guerre, la démilitarisation des bâtiments selon un protocole fixé exclusivement par Londres, le sabordage de l’escadre.

    Ces instructions très claires font l’objet de vives réactions de la part des amiraux qui autour des commandants de navires participent à une réunion de finalisation opérationnelle de la force H. Somerville comprend qu’il lui faut reprendre en main la situation. Outre le « Hood », il dispose de deux cuirassés le « Valiant » et le « Resolution », un porte-avions « Ark Royal », deux croiseurs « Arethusa » et « Enterprise » ainsi que des destroyers « Wresler », « Vortigen », « Vidette », « Keppel », « Foxhound », « Foresight », « Forester », « Fearless », « Faulknor », « Escort ». Aucun des chefs réunis ne veut employer la violence à l’égard des Français, estimant que le coup de force impliquerait une vive réplique des bâtiments et de leurs équipages qui, jusqu’à preuve du contraire, doivent être considérés comme des amis.

    Celui qui est désigné pour avoir un contact direct avec le vice-amiral Gensoul est le capitaine de vaisseau Holland, commandant du porte-avions « Ark Royal ». Holland est rompu à la diplomatie. Il a été attaché naval à Paris, il parle très bien le français, dispose d’une parfaite connaissance de la Marine nationale et a de nombreux amis qui exercent des commandements y compris au sein de l’escadre visée par l’opération « Catapult ». Holland convainc les amiraux à l’idée qu’il faut tenter une ultime médiation avec les Français. Fort des recommandations du capitaine de vaisseau, Somerville télégraphie à Londres les derniers détails de son plan. Il est mentionné que Holland doit aborder le 3 juillet à 8 heures pour s’entretenir avec le vice-amiral français et l’inviter à se rallier à l’Angleterre dont la flotte stationnant au large d’Oran et lui souhaite la bienvenue.

    Une demi-heure après, la force H doit se présenter au large d’Oran et répéter avec ses projecteurs le sens du message délivré par Holland de manière à ce que la totalité des marins soient informés des intentions britanniques. Si Gensoul n’accepte pas, Holland proposera alors que les navires français gagnent le large avec des équipages réduits pour faciliter la capture des bâtiments par les marins de la Royal Navy. La Grande-Bretagne s’engage à ce qu’à la fin du conflit, les bateaux soient rendus au gouvernement français. La marine pourra alléguer qu’elle a agi sous la contrainte anglaise sans posséder des moyens suffisants pour s’opposer à l’armada de sa Majesté ! Holland est favorable à ce que les troisième et quatrième positions soient formulées sous forme d’invitation. Il craint qu’« une action de force transforme les Français d’alliés vaincus en ennemis actifs ». Et d’ajouter : « Notre prestige serait rehaussé si nous nous retirions d’Oran sans avoir employé la force ».

    Somerville est en phase avec cette analyse mais le 1er juillet à 18h20, la réponse de Londres est sans appel : « Si les Français n’acceptent aucune des propositions de l’ultimatum, leurs bâtiments doivent être détruits ». L’initiative de l’amiral anglais n’est pas un échec total puisque Churchill accepte que la troisième solution soit rectifiée et qu’on offre de conduire l’escadre de Gensoul avec des équipages réduits dans un port des Antilles où elle serait démilitarisée sous le contrôle des Etats-Unis et y stationnera toute la durée de la guerre. En outre Somerville est autorisé à accepter une démilitarisation totale sur place, à condition que l’opération soit effectuée en six heures. Avec ces derniers ordres de Londres, Somerville et sa force H quittent Gibraltar le 2 juillet à 16 heures, en direction d’Oran. Sont alors ancrés à Mers el-Kébir, à six heures d’appareillage avec grand pleine de mazout les croiseurs de bataille « Dunkerque » et « Strasbourg », les cuirassés « Provence » et « Bretagne », les six torpilleurs « Volta », « Tigre », « Terrible », « Mogador », « Lynx » et « Kersaint ». Toute cette force est opérationnelle avec des équipages complets mais l’état-major doit composer avec les réservistes qui sont impatients d’être démobilisés. Pour maintenir une certaine sérénité, des excursions à terre sont organisées ainsi que des jeux collectifs. L’idée d’un combat imminent ne semble pas occuper les esprits. L’arrivée des bâtiments britanniques suscite des prises de parole. A bord du « Provence », le capitaine de vaisseau Barois martèle : « Il est contraire aux intentions du gouvernement de céder aux prétentions anglaises ».

    Six batteries côtières défendent la région : Canastel, Saton, Gambetta, l’Espagnole et Mers el-Kébir (deux). A ce dispositif français s’ajoute en rade d’Oran, une dizaine de torpilleurs, six avisos et cinq patrouilleurs ainsi que des dragueurs de mines et des sous-marins sous l’autorité du contre-amiral Jarry. Sur les aérodromes de La Senia et de Saint-Denis-du-Sig, une cinquantaine de chasseurs et autant de bombardiers sont prêts à l’emploi.

    Les discussions n’aboutissent à rien

    Le 3 juillet à 7h57, le destroyer « Foxhound » se présente à l’entrée de la rade de Mers. A la proposition courtoise formulée par Holland, Gensoul oppose une fin de non recevoir. Le vice-amiral appelle sur le champ les équipages des bateaux aux postes de combat. Holland insiste pour remettre en main propre des documents de première importance au vice-amiral français. Cette hypothèse est refusée et la transmission d’une lettre cachetée par laquelle Holland escompte une réponse suscite cette remarque du lieutenant de vaisseau Dufay : « Je crains qu’il n’y en ait pas ». Gensoul lit l’ultimatum britannique et dicte à Dufay sa réponse : « En aucun cas les bâtiments français ne tomberont intacts aux mains des Allemands ou des Italiens. Etant donné le fond et la forme du véritable ultimatum qui a été remis au vice-amiral, les bâtiments français se défendront par la force ». Les discussions officieuses qui se développent n’aboutissent à rien. Les Anglais ne croient plus en la capacité de Darlan de commander la flotte et les Français pensent que les Britanniques veulent simplement leur confisquer leur flotte de guerre.

    Au gouvernement du maréchal, l’heure n’est pas à celle de la marine. Les communications avec Gensoul sont insuffisantes et incomplètes. Gensoul ne rend pas compte avec exactitude de ce qui se passe. Le vice-amiral cherche à gagner du temps et télégraphie aux Anglais : « Ne commettez pas l’irréparable ». Mais Somerville s’impatiente et déclare : « Si à 16h30, les conditions ne sont pas acceptées, la force H ouvrira le feu et coulera l’escadre française ». A 16h56, Somerville lâche sa première salve de 380. Si le « Strasbourg » réussit à prendre la fuite et à gagner Toulon, les autres bâtiments sont sérieusement touchés par les tirs monstrueux des Anglais. Le « Dunkerque « s’échoue avec 130 morts, le « Bretagne » explose et chavire : 1.012 morts. On enregistre de nouveaux morts et des centaines de blessés. Le 4 juillet, l’amiral Darlan confie : « J’ai été trahi par mes frères d’armes. Ils n’ont pas cru à la parole que je leur ai donnée ».

    HERVÉ CHABAUD


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    Union100702a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Bombardement du 28 juin 1944 : Hommage et dépôt de gerbes

    Hommage solennel aux 120 victimes civiles des bombardements.
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    À l’occasion de l’anniversaire du bombardement allié du 28 juin 1944, un dépôt de gerbes par le sous-préfet, le maire, le Souvenir français et le Comité d’entente des anciens combattants et victimes de guerre, a eu lieu ce lundi 28 juin en fin d’après-midi au monument aux morts en hommage aux 105 victimes civiles, en présence d’une cinquantaine de personnes, dont une dizaine de porte-drapeaux.

    Les 15 victimes civiles des bombardements de mai 1940 ont été associées à cet hommage annuel.

     

     

     


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    Union100701a - Marne
    VITRY-LE-FRANCOIS : Hommage aux anciens combattants de 1940 : Le temps du souvenir

    Une rose a été déposée devant chaque tombe par les participants.
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    À l’occasion du 70e anniversaire des combats des 13 et 14 juin 1940, le comité cantonal du Souvenir Français de Vitry a rendu hommage, ce dimanche 27 juin, à la nécropole nationale, aux soixante-quatre soldats tombés en juin 1940, dans le secteur de Vitry.

    Âgés de 22 à 39 ans, ces soldats venaient d’Algérie, de Haute Volta, du Soudan, mais aussi de France.

    Le président Gérald Gaillet a rappelé le nom des communes d’où étaient originaires les soldats ainsi que leurs régiments.

    Une rose a été déposée devant chaque tombe par l’ensemble des participants.

     

     


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    Union100630d - Marne
    WARMERIVILLE : Diplôme d’honneur

     

    Le maire de Warmeriville, Patrice Mousel, a organisé, en mairie, une réception, pour une remise particulière.

    En effet, deux habitants de Warmeriville se sont vus décerner un diplôme d’honneur d’ancien combattant.

    Les récipiendaires :

  •  Roger Sohet, né en 1911 et légèrement souffrant, n’a pu se déplacer ;
  •  Pierre Gaidoz, né en 1912, est quant à lui en maison de retraite à Reims.

    Aussi, le maire, a remis officiellement ces deux diplômes à Alain Leduc, président de l’association des anciens combattants du village, qui a en charge la remise aux destinataires.

     


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    Union100630c - Marne
    SEZANNE : Voyage à travers l’Europe Les anciens combattants en balade

    Avec le fleuve en toile de fond.
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    Si les artistes et les amoureux ont vu le beau Danube, d’une belle couleur bleue, Bernard Obara, responsable cantonal, et les 65 participants au voyage annuel, organisé par les ACPG-CATM, l’ont trouvé particulièrement sombre et chargé de limon.

    De Budapest, leur ville de départ en Hongrie, jusqu’à Passau, en Allemagne, ce fut une succession de villes étapes plus belles les unes que les autres.

    Le convoi est ainsi passé par Bratislava, capitale de la Slovaquie, en pleine rénovation, puis, Vienne, la superbe capitale de l’Autriche, avec ses palais plus somptueux les uns que les autres, ensuite, de Krems à Melk, la Wachau et les plus beaux rivages du fleuve, avec ses vignes et ses abricotiers plantés en terrasses, ses châteaux et ses petites villes verdoyantes nichées dans les courbes.

    De monuments en palais, de cloîtres en monastères, un voyage tranquille et romantique sur 600 km au fil de l’eau qui laissera pour chaque participant des souvenirs impérissables.

     


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    Union100630b - Marne
    SAINTE-MENEHOULD : Projet de développement touristique : En visite aux vestiges de la guerre 14-18

    Une sortie constructive.
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    Bertrand Courot, qui était accompagné de quelques membres du conseil municipal, a visité samedi matin les vestiges de la guerre 14-18 de la Main de Massiges et de la Vallée Moreau.

    « Dans le cadre de notre projet de développement touristique local, nous avons accepté l’invitation des responsables des différentes associations, afin de nous imprégner de ce qui se fait autour de Sainte-Ménehould », explique le président de la communauté de communes.

    « Le but ultime est de rassembler autour d’une même table tous les prestataires touristiques afin de créer ensemble un produit global basé sur l’histoire, le sport et la nature. En partenariat avec l’hôtellerie, ce packaging nous permettrait d’attirer les touristes et de les garder plus longtemps sur le secteur. »

     


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    Union100630a - Marne
    DOMMARTIN-DAMPIERRE : Les anciens combattants font la fête !

    Une joyeuse ambiance.
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    Le barbecue annuel organisé par Michel Glasko président des anciens combattants de la section de Sainte-Menéhould, le trésorier André Golbieski et quelques bénévoles, a rassemblé les membres de l’association et quelques sympathisants dans une ambiance fort conviviale.

    Comme chaque année, il a eu lieu à Dommartin-Dampierre dans une grange mise généreusement à disposition par M. et Mme Boivin.

    La journée était à la fête, jeux et danses musette ont diverti les joyeux lurons

    Comme a su le dire Georget, l’un des convives : « Merci aux organisateurs, à la famille accueillante et à toutes les personnes qui se sont investies pour que cette simple rencontre soit une réussite sous le signe de l’amitié ».

     

     



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    21. Déclarations de personnalités marnaises à propos de l’inauguration du Mémorial AFN de la Marne le 16 février 2007
      17 octobre 2007

    22. L’hommage à Guy Môquet dans la Marne à l’occasion du 22 octobre 2007
      23 octobre 2007

    23. Journal de l’AFMD51, N°1
      30 décembre 2007

    24. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1er semestre
      1er janvier 2008

    25. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 1/4
      1er janvier 2008

    26. Notre Camarade Fernand Eliet est mort.
      21 janvier 2008

    27. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2/4
      9 avril 2008

    28. Les derniers combats décisifs de la guerre 1914-1918
      7 juin 2008

    29. Journal de l’AFMD51, N°2
      12 juin 2008

    30. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Troisième trimestre.
      2 juillet 2008

    31. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2008 - 2ème semestre
      2 juillet 2008

    32. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2008 dans la Marne.
      17 juillet 2008

    33. Hommage aux Poilus marnais de 1914-1918 à partir des documents conservés par les familles.
      4 août 2008

    34. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2008 - Quatrième trimestre.
      1er octobre 2008

    35. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - Premier trimestre.
      2 janvier 2009

    36. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 1er semestre.
      2 janvier 2009

    37. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 8 mai 2011, pour le 66e anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazi.
      11 mai 2011

    38. Rapports des travaux de février 2009 des commissions de l’UDAC de la Marne.
      28 février 2009

    39. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - deuxième trimestre.
      2 avril 2009

    40. Les cérémonies et festivités du 64e anniversaire de la victoire sur le nazisme, le 8 mai 2009, dans la Marne.
      17 mai 2009

    41. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 - troisième trimestre.
      1er juillet 2009

    42. Actualités des Anciens Combattants de la Marne - 2009 - 2ème semestre.
      1er juillet 2009

    43. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2009 dans la Marne.
      30 juillet 2009

    44. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2009 -quatrième trimestre.
      6 octobre 2009

    45. Cérémonies du 11 novembre 2009 dans la Marne pour la célébration du 91ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2009

    46. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier trimestre.
      31 décembre 2009

    47. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - premier semestre.
      31 décembre 2009

    48. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième trimestre.
      2 avril 2010

    49. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - troisième trimestre.
      1er juillet 2010

    50. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - deuxième semestre.
      1er juillet 2010

    51. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale du 14 juillet 2010 dans la Marne pour la commémoration de la Révolution.
      23 août 2010

    52. Marche, le 30 octobre 2010 à Paris, pour la reconnaissance des soldats morts ou blessés en Afghanistan.
      13 septembre 2010

    53. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2010 - quatrième trimestre.
      2 octobre 2010

    54. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92ème anniversaire de la victoire de 1918.
      13 novembre 2010

    55. Les cérémonies et festivités dans la Marne, le 11 novembre 2010, pour le 92e anniversaire de la victoire de 1918.
      16 novembre 2010

    56. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er trimestre
      2 janvier 2011

    57. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 1er semestre.
      2 janvier 2011

    58. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème trimestre
      3 avril 2011

    59. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 2ème semestre.
      1er juillet 2011

    60. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 3ème trimestre
      1er juillet 2011

    61. Les cérémonies et festivités de la Fête Nationale dans la Marne, les 13 et 14 juillet 2011, pour la commémoration de la Révolution.
      17 juillet 2011

    62. essai
      10 août 2011

    63. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2011 - 4ème trimestre
      30 septembre 2011

    64. Les cérémonies dans la Marne, le 11 novembre 2011, pour le 93ème anniversaire de la victoire de 1918.
      14 novembre 2011

    65. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er trimestre
      2 janvier 2012

    66. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 1er semestre.
      2 janvier 2012

    67. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème trimestre
      1er avril 2012

    68. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 3ème trimestre
      24 juillet 2012

    69. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2012 - 2ème semestre.
      24 juillet 2012

    70. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er trimestre
      1er janvier 2013

    71. Revue de presse sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 1er semestre.
      1er janvier 2013

    72. Articles du journal « l’Union » sur les Anciens Combattants de la Marne - 2013 - 2ème trimestre
      18 avril 2013

    73. 70 ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940 dans le supplément du journal « l’union » du 18 juin 2010.
      18 juin 2010