« En ces temps-là, j’avais 20 ans… » chantait Pierre Bachelet, et René Vautier filmait Avoir 20 ans dans les Aurès. En ce temps-là, j’avais 20 ans en Kabylie, j’avais 20 ans dans l’Ouarsenis et aussi à Palestro et dans l’Oranais, le Constantinois, sur les frontières de Tunisie et du Maroc, à Biskra, à Ghardaïa et d’Alger à Tamanrasset…
J’avais 20 ans et je suis mort près de 30 000 fois, blessés dans ma chair et dans mon âme plusieurs centaines de milliers de fois sous l’uniforme, tandis que des Algériens - eux aussi par centaines de milliers - jeunes et vieux, hommes, femmes et enfants, du bébé au vieillard, paysan, bourgeois ou citadin, maquisard ou civil, mouraient par le fer et par le feu, la balle, le couteau ou sous la torture…
« C’était un temps déraisonnable, on avait mis les morts à table » avait écrit Aragon… Et plus de 320 soldats français tombaient chaque mois, plus de 10 par jour plongeant autant de familles françaises - et combien d’algériennes ? - dans la douleur fulgurante du deuil…
Enfin, les luttes des peuples français et algérien pour la « Paix en Algérie » allaient contraindre le gouvernement de notre pays à trouver le chemin de la raison. D’abord le 8 janvier 1961, lors du référendum sur l’autodétermination algérienne (75 % de Oui en métropole et 7o % en Algérie), puis le 8 avril 1962 pour la ratification des accords d’Évian sur l’indépendance de l’Algérie et le cessez-le-feu sur le terrain, le 19 mars 1962 (90,81 % de Oui).
C’était la porte enfin ouverte sur la paix qu’allait tenter d’empêcher la folie sanguinaire de l’ OAS (Organisation armée secrète) mettant durant des mois l’Algérie à feu et à sang, commettant, sur place et jusqu’en métropole, assassinats et plastiquages dont furent victimes plus de 2 700 civils, militaires, élus, magistrats, avocats, fonctionnaires de la République, hommes, femmes, enfants, vieillards français et algériens.
Il y a 50 ans que, du point de vue du droit international entre la France et l’Algérie, dure ce cessez-le-feu. Avec ce calendrier, l’ARAC propose à chacun de nous d’apporter sa contribution pour que soit mis un terme à cette situation en exigeant la signature d’un traité de paix pour l’amitié et la coopération entre nos deux peuples.
Un calendrier pour rappeler nos 20 ans, nous souvenir des disparus, faire œuvre de passage de la mémoire et rejeter toutes les tentatives de falsifier l’histoire en réhabilitant le colonialisme, en niant ses crimes et en glorifiant l’OAS. Un calendrier pour aider à préparer l’avenir en n’oubliant pas les terribles leçons d’une guerre dont le nom même fut occulté durant 37 longues années.
Acheter ce calendrier, c’est dire que nous n’oublions rien et c’est réaffirmer, à travers ce geste, notre engagement au service de la paix, de l’amitié, de la solidarité et de la coopération entre les peuples français et algérien, entre tous les peuples du monde.
André Filière
Il a fallu plus de 20 ans d’actions politiques et judiciaires, de revendications soutenues des victimes des ir-radiations dues aux essais nucléaires français au Sahara et en Polynésie, 20 ans de soutien apporté par l’ARAC, avec, notamment, son colloque tenu à Marseille en 2006, puis par l’UFAC, par certains parlementaires et des scientifiques… avant que ne voie le jour la loi Morin et son décret d’application.
Immédiatement dénoncée, cette loi imposait des conditions draconiennes à l’exercice du droit à réparation : liste des maladies reconnues atrophiée, incomplète, zones géographiques retenues arbitraires, etc. Tout cela dans un seul souci, avoué par Hervé Morin alors ministre de la Défense : « Cette loi ne concernera tout au plus que quelques centaines de personnes seulement auxquelles seront accordées les indemnisations prévues. » Aujourd’hui, les intéressés crient donc, justement, à la mascarade d’une loi votée pour rien, sinon pour enterrer leurs dossiers et leurs droits à réparation. Ainsi, sur les douze premiers dossiers déposés, tous remplissant les conditions imposées, onze viennent d’être rejetés par décision de la Commission d’indemnisation, le douzième étant accepté… au minimum du droit à réparation !
Bien sûr, les dossiers rejetés vont faire l’objet d’un recours au tribunal administratif… avec, donc, un surcroît de tracasseries, de paperasses et de temps d’attente supplémentaire quant à la réparation du préjudice subi.
Ce déni de justice est d’autant plus inacceptable que rien n’est réglé véritablement tant pour les victimes déjà irradiées qu’en matière de prévention au bénéfice des travailleurs actuellement soumis à ces mêmes dangers. Rappelons en effet que la loi Morin ne prévoit aucun suivi médical, ni pour les intéressés ni pour les populations, comme si la loi elle-même et la fermeture des sites arrêtaient immédiatement la radioacti-vité résiduelle !
De plus, des entreprises métropolitaines et polynésiennes ne travaillent-elles pas à l’heure actuelle, sans protection particulière, à la réhabilitation de Hao… et sans bénéficier, semble-t-il, des droits particuliers des travailleurs du nucléaire ?
Face à ces différentes situations, l’AVEN (Association des victimes des essais nucléaires) et Mururoa e tatou (Association des victimes polynésiennes) viennent de créer un observatoire des dispositifs de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français (OBSIVEN). Réunissant victimes, scientifiques, personnalités, parlementaires et autres spécialistes, l’OBSIVEN se fixe pour objet de rechercher, réunir et faire procéder à toutes études sociologiques, épidémiologiques, médicales et environ-nementales utiles à des propositions d’évolution de la loi et de son décret d’application.
Un OBSIVEN dont les travaux méritent d’être suivis avec attention et d’être soutenus, ce que fera l’ARAC et, à n’en pas douter, l’UFAC et l’ensemble du mouvement ancien combattant.
L’Assemblée générale de l’Union française des associations de combattants s’est déroulée les 5 et 6 octobre derniers dans l’Espace Reuilly à Paris dans le 12e arrondissement.
Si les participants à cette assemblée, représentants des 43 associations adhérentes à cette coordination et des 93 unions départementales d’associations d’ACVG, se sont félicités de la nomination durant l’été d’un secrétaire d’État en charge des Anciens Combattants et de la revalorisation, enfin obtenue, dans le projet de budget 2012, de l’indice de la retraite du combattant, porté à 48 points au ter juillet conformément à l’engagement du Président de la République lorsqu’il était candidat en 2007, on ne peut qu’être inquiet de deux des votes des administrateurs qui nous apparaissent particulièrement préoccupants.
En premier lieu, une majorité de délégués s’est prononcée pour revendiquer le Titre de Reconnaissance de la Nation pour les enrôlés de force dans l’armée allemande, les « Malgré nous », qui disposent déjà de la carte du combattant. En ce qui concerne l’ARAC et quelques autres associations, entre autres la FNDIRP (Fédération nationale des déportés internés résistants patriotes) et l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance), nous les reconnaissons comme des victimes de la guerre mais nous ne pouvons accepter qu’ils soient reconnus comme combattants français puisqu’ils ont été combattants sous l’uniforme allemand, d’autant plus que certains d’entre eux, ceux qui appartenaient à la division al-lemande « Das Reich » se sont conduits en criminels à Oradour-sur-Glane.
En second lieu à propos des résultats des élections au Conseil d’administration de l’UFAC, car dans le même registre de pensée, le seul représentant des Résistants, Jacques Weiller de l’ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance) n’a pas été réélu.
Oui aux « malgré nous », non à la Résistance ! N’y a-t-il pas là de quoi s’inquiéter ? Le général de Gaulle, en créant l’UFAC, le 14 mai 1945, s’appuyait sur des associations issues de la Résistance à l’occupant nazi et qui l’avaient soutenu avec Jean Moulin en créant le CNR.
Il n’est pas possible de méconnaître ce que représentaient ces associations fondatrices de l’UFAC. Parmi elles : les Amis des FTPF qui devint l’Association nationale des anciens FFI-FTP, se transformant, en 1953, en Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR). En excluant Jacques Weiller, c’est donc la Résistance à l’occupant nazi, en tant que telle, que certains ont voulu éliminer de la direction de l’UFAC.
C’est très grave et cela doit inciter chacun à analyser cette démarche pour y porter remède.
Nicolas Sarkozy rendra hommage aux harkis le 25 septembre 2011, mais persiste et signe à ne pas tenir ses engagements. Alors que le dimanche 25 septembre approche à grands pas, qu’il semble acquis que le Président de la République assistera à la cérémonie organisée à Paris, il apparaît que :
Tout ce contexte n’est pas sans rappeler le bon temps des années 1970-8o où les cars servaient à emmener les harkis voter depuis les camps où ils étaient relégués, où les médailles flattaient et calmaient les ressentiments, où Giscard d’Estaing offraient le pèlerinage à la Mecque aux anciens harkis en faisant fi des règles élémentaires de la laïcité dans notre République.
Tout ceci pour quoi ? Alors qu’il semble pour acquis que le Président de la République persistera à ne pas tenir son engagement du 31 mars 2007 (reconnaître, s’il était élu, « la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis en 1962, afin que l’oubli ne les abandonne pas une nouvelle fois »). La République restera indécente et salie, les anciens harkis repartiront avec un maigre lot de consolation (qui une médaille, qui un voyage à Paris, qui des petits-fours) qui n’est destiné qu’à les endormir et à les manipuler.
Cette péripétie n’entamera pas la détermination de tous ceux qui demandent le respect de l’engagement du Président.
Fatima Besnaci-Lancou
Présidente de l’association Harkis et droits de l’homme
A la séance du Conseil de Paris des 17 et 18 octobre 2011, Ian Brossat et Catherine Vieu-Charrier, conseillers de Paris au nom du Groupe communiste et des élus du Parti de gauche, ont déposé un vœu relatif à la demande d’audience des anciens combattants et victimes de guerre par le Président de la République et les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.
Considérant que le gouvernement va très prochainement procéder, dans les assemblées parlementaires, à l’examen du projet de budget 2012 des anciens combattants et victimes de guerre (ACVG).
Considérant que le mouvement combattant déplore du gouvernement que le montant du budget adopté, en régression une nouvelle fois, va aboutir au total à 468 millions d’euros de diminution en 5 ans.
Considérant que depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, décrets et décisions diverses ont porté atteinte aux fondements du droit à réparation.
Considérant que la réforme générale des politiques publiques (RGPP), totalement absente du contenu de la lettre du 2 avril 2007, aussitôt annoncée après l’élection du 7 juin 2007, et appliquée dès décembre 2007 aura, durant 4 ans, exercé ses effets néfastes : Direction des statuts, des pensions et de la réinsertion sociale (DSPRS), Directions interdépartementales des Anciens Combattants, tribunaux des pensions, délégués mémoire, services départementaux de l’ONAC affaiblis, étant rayés d’un trait de plume, sans la moindre concertation, selon les associations d’anciens combattants.
Considérant que les anciens combattants et victimes de guerre ont le sentiment profond d’avoir été trompés et qu’ils tiennent à rappeler le gouvernement et les élus de la Nation à leur devoir d’appliquer les lois fondatrices du droit à réparation.
Le Conseil de Paris demande que le Maire de Paris s’adresse au Président de la République ainsi qu’aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat pour leur demander de bien vouloir recevoir, comme ils le demandent, les délégations représentatives du mouvement combattant régional, afin d’aller plus avant dans l’exposé des attentes des anciens combattants et victimes de guerre.
Nous célébrons aujourd’hui le 93e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918 qui mettait fin à quatre années d’affrontements meurtriers. Ce jour-là, l’Allemagne a reconnu sa défaite militaire et a demandé l’arrêt des combats aux Forces alliées.
Rendons hommage aux combattants qui, par leur courage et leur abnégation, ont su la contraindre à déposer les armes.
Ce conflit a été particulièrement dramatique du fait de l’apparition d’armes meurtrières qui ont provoqué un véritable déluge de feu et de sang. De cette Première Guerre mondiale, notre mémoire collective conserve le souvenir de millions de morts, de mutilés, de veuves et d’orphelins.
C’est pourquoi le 11 Novembre est inscrit dans la mémoire historique de notre pays. Cette date doit demeurer une journée de recueillement et du souvenir de la Première Guerre mondiale, préparée au niveau local auprès de la population et spécialement de la jeunesse.
L’Union française des associations de combattants et de victimes de guerre s’emploie à transmettre aux jeunes générations la mémoire des événements passés et les appelle à une vigilance permanente pour la défense des droits de l’homme et de la paix.
Vive la République ! Vive la France !
L’UFAC souhaite que ce message soit lu par une jeune fille ou un jeune garçon. Il appartient à toute instance éducative ou associative contactant la future lectrice ou le futur lecteur d’assurer leur information sur le contenu de ce message.
Le Cubain René Gonzalez restera en liberté surveillée pendant trois ans. Presque libre. René Gonzalez est sorti vendredi de prison, attendu par sa famille. Il restera en liberté surveillée pendant trois ans, avec interdiction de quitter le territoire des États-Unis. La Havane réclame le retour au pays de son espion, arrêté par les autorités policières états-uniennes alors qu’il était chargé de recueillir des informations sur les activités des groupes terroristes de l’extrême droite cubaine, basés à Miami, en Floride.
René Gonzalez et quatre de ses camarades avaient été arrêtés en 1998. Il s’était vu infliger en 2001 une peine de quinze ans de privation de liberté, dont treize ans de prison. Selon la justice, outre les activités de surveillance de l’opposition, les Cubains avaient transmis des informations sur les installations militaires en Floride.
Cette libération se fait dans un climat de haine. Récemment, la représentante républicaine d’origine cubaine Ilena Ros-Lethinen a estimé que Gonzalez avait du « sang américain sur les mains ». C’est « pratiquement un appel au crime », craint Ricardo Alarcon, président du Parlement cubain, qui y voit une raison de plus pour demander le rapatriement de René Gonzalez.
La direction de l’Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre (ARAC), réunie en Conseil national les 4-5 et 6 février 2011, a pris connaissance avec étonnement de la situation de non reconnaissance à laquelle se heurtent encore - 29 ans plus tard - environ 8 000 combattants du TOAS (Théâtre des opérations de l’Atlantique Sud) de la guerre des Malouines de 1982.
L’État argentin ne reconnaît en effet la qualité de vétérans de la guerre des Malouine : qu’à ceux ayant combattu sur l’île elle-même et aux 17 morts sur le continent. Er 1990, la loi 23848 a exclu de la reconnais sauce officielle, pour des raisons budgétaires, 8 000 ex-soldats conscrits basés au suc du 42e parallèle (sur les côtes des provinces de Chubut, Santa Cruz et la Terre de Feu, ayant eu pour mission non seulement l’appui logistique destiné aux combattants de îles, mais aussi la défense du littoral. Ils ne peuvent, par conséquent, bénéficier de la loi 23.109 en matière de santé, logement et éducation.
L’ARAC a constaté avec émotion les similitudes existant entre la situation des ex-combattants TOAS argentins, non reconnus, et celle vécue par les anciens combattants français en Algérie (1952-1962), lesquels durent agir pendant des décennies pour la reconnaissance de leur qualité d’anciens combattants. Dans les deux cas, il s’agissait de guerres perdues (Malouines, Algérie) décidées par des gouvernements pour des raisons de politique intérieure, qui mirent sous les armes des civils appelés par la conscription.
En France, il fallut trente-sept années avant que le gouvernement ne reconnaisse officiellement le caractère de guerre en Algérie en 1999. En Argentine, il fallut attendre 21 ans pour que le Président Duhalde reconnaisse dans un discours du 2 avril 2003 à Ushuaia, la dette morale de l’Argentine envers ses combattants.
En France, il fallut 12 ans d’actions revendicatives menées par les anciens combattants en Afrique du Nord avant que ne leur soit reconnu le droit à la carte du combattant, droit encore non totalement satisfait en 2011. Dans les deux cas, par-delà les blessures physiques, les épreuves endurées et la non reconnaissance de la société envers ses soldats conscrits ont entraîné chez eux de très graves séquelles morales, de nombreux psychotraumatismes de guerre et des suicides par centaines.
Pour toutes ces raisons, l’ARAC (…) comprend et affirme son soutien et sa solidarité envers les ex-combattants argentins non reconnus des TOAS. Mobilisés sur un territoire d’opérations, armés pour défendre leur pays, ils ont accompli leurs missions avec honneur et méritent la reconnaissance pleine et entière de leur mère patrie et de leurs compatriotes, ainsi que le disent d’ailleurs les rapports n° 27869/08 et CIJ n° 1885/09 du ministère de la Défense qui précisent que « Il n’existe pas d’empêchements légaux, tant au niveau national qu’international, à la reconnaissance en tant que vétérans de la guerre des Malouines ».
C’est pourquoi l’ARAC s’adresse à Cristina Fernandez de Kirchner, à son gouvernement et à tous les élus argentins à qui elle demande que soient rendues justice et dignité à tous les militaires des TOAS en leur reconnaissant officiellement et sans plus tarder la qualité d’anciens combattants. Une telle décision ne pourrait que renforcer l’autorité morale de celles et ceux qui la prendraient, en même temps qu’elle serait de nature à renforcer la cohésion nationale et le sentiment de solidarité de tout le peuple argentin.
Confiant en l’accueil positif qui devrait être réservé à notre démarche, la direction nationale de l’ARAC adresse aux ex-combattants non reconnus des TOAS, à l’ensemble des associations d’anciens combattants d’Argentine et au peuple argentin lui-même son salut le plus fraternel et ses vœux de succès les plus chaleureux.
Le traitement des OPEX et de leurs unités au plan de la reconnaissance de leur qualité de combattant a été jusqu’ici problématique, puisque leur étaient appliqués les critères de la guerre d’Algérie en matière de définition des Unités combattantes (UC).
Or, les OPEX relèvent d’un nouveau type de conflits, dans lesquels même es définitions changent (soldats de la paix, missions humanitaires, forces d’interposition, force de police, etc.), tandis que le rythme des événements peut alterner des actions violentes suivies de périodes calmes plus ou moins longues, certaines mêmes de plusieurs années d’intervalle.
La professionnalisation des armées a, dans le même temps, entraîné des changements dans l’utilisation des unités, la guerre du Golfe étant un exemple flagrant de l’explosion du système ancien : ainsi, plus de 800 unités y ont été engagées, allant dei, 2 OU 3 hommes à l’échelon d’un régiment entier. Or, aucun journal de marche d’opération (JMO) n’existe réellement permettant d’identifier les militaires de telle unité détachés auprès de telle autre unité. Certes, ils comprennent réglementairement les noms des officiers ainsi que ceux de l’ensemble des pertes (tués, blessés, capturés, disparus) et des mutations. C’est beaucoup, mais encore insuffisant pour avoir une liste exhaustive des personnels en opération. Et le problème se pose également pour les personnels détachés dont les noms et les activités ne sont pas systématiquement intégrés aux JMO de l’unité principale.
Même problème pour la Yougoslavie, donc une réelle difficulté à identifier « l’Unité »… et les détachés : d’où la décision, pour le Golfe, de traiter au niveau de la division engagée dans l’opération « Daguet ».
Il y a donc une différence considérable de traitement.
Initialement, les services historiques ne pouvaient récupérer les JMO que 5 années après la fin de la mission, durée à laquelle s’ajoutaient ceux de leur identification par unité, de la vérification de leur contenu, etc. Depuis 2008, l’EMA fait paraître de nouvelles instructions qui permettent d’obtenir les JMO dès la fin du mandat de l’unité. C’est-à-dire dès son retour en France. A cela s’est ajouté un « flottement » dans le pilotage des dossiers. Ainsi, s’agissant de la carte du combattant pour les OPEX, les premières qualifications d’unités ont eu lieu en 1993, mais les réunions d’EM eurent lieu seulement en 1999 !
Initialement, chaque arme disposait de son Service historique distinct (Terre-Air-Mer) et c’est seulement depuis 2005 qu’existe un Service historique des armées commun à tous.
Encore faut-il savoir que, pour éplucher les JMO, il n’y a que 3 rédacteurs pour l’armée de terre, j plus 2 réservistes pour la marine, tandis que l’armée de l’air n’y emploie que des réservistes. D’où les délais allongés subis. Un groupe de pilotage de la carte a été créé cette année. Sa première décision a été d’ouvrir 5 postes de réservistes pour la qualification des unités combattantes de l’armée de terre. D’où, également, la prévision de création d’une division administrative de recherches et de défense des droits des militaires, travaillant sur une orientation unique.
Elles caractérisent l’examen des JMO et a conduit à un décret restrictif, lequel a décidé que si une unité avait déjà fait l’objet de qualification, il était impossible d’en reprendre l’examen avec les nouveaux critères définis, sauf éléments nouveaux sur son activité.
Depuis 2005, un mieux :
Elles sont conditionnées par le décret du 12 novembre 2010 et l’arrêté du 10 décembre 2010 ci-joint. A partir des théâtres d’opérations définis par arrêté en 1994 (et remis à jour), les critères définis sont plus larges, plus en adéquation avec la nature des opérations modernes, tels les contrôles de foule, les évacuations, etc.
D’où une complexité et un volume décuplé. A titre d’exemple, les archives de la guerre d’Algérie (1952-1962) représentent 5 000 cartons. Mais une seule OPEX avec 20 000 hommes sur quelques jours, c’est… 900 cartons ! Ainsi la guerre du Golfe a effectivement amené la création d’un fonds de 1200 cartons pour une brève opération. Et, entre la mise en place des troupes et leur rapatriement, il s’est écoulé quelques mois… pour seulement quelques jours de combats proprement dits.
La base régimentaire devient impossible, car jamais (ou presque) un régiment n’est engagé entier. Il s’agit de GTIA (Groupe technique inter arme) soit une représentation « restreinte » sur le terrain, exigeant un traitement différent en matière de qualification. D’où, pour le Golfe 199i, la qualification de la « Division Daguet » globalement10à l’intérieur de laquelle sont pris en compte chaque élément la détaillant, unités, détachement, génie, différentes armes, etc.
Nécessairement et relativement lent puisqu’il faut voir l’ensemble des J M 0, ce qui amène à avoir plus d’unités qualifiées. Par contre, avec 3 rédacteurs seulement… comment aller plus vite ? Une nécessité : avoir des effectifs en plus… et plus de budget.
Face à ce travail de titan, ne faudrait-il pas déterminer d’autres critères d’activités plus simples permettant un traitement plus rapide (voir la dernière mesure d’attribution de la carte du combattant en Algérie : 4 mois de présence sur le terrain… consécutifs ou non) ?
Il faut revoir fondamentalement le système, lequel s’avère de plus en plus à bout de souffle, d’autant que la « suspension » de la conscription et le Livre blanc n’ont pas favorisé les effectifs disponibles en SHD.
Pour la guerre d’Algérie, il s’agissait de reconnaître des combattants selon les critères des guerres « classiques ». Donc c’était un système restrictif qui visait, fondamentalement au départ, à attribuer le moins de cartes possibles. Aujourd’hui, la logique est inversée : on voudrait en attribuer plus, avec un système fait pour en restreindre le nombre.
Certes, le nouveau système pose la1question « qu’est-ce qu’un combattant aujourd’hui ? » D’autant que le vocabulaire a changé. 1parle de soldat de la paix, de forces d’interposition, de misi11NU, humanitaire, etc. Où est le mot « guerre » ?
E1 il existe une ambiguïté, voire un ravin, entre l’absence du mot « guerre » et la réalité de la guerre sur le terrain ! C’est donc, à terme, le problème de la reconnaissance de la qualité de combattant qui se trouve aujourd’hui fondamentalement posé.
Le compte n’y est pas, malgré les 4 points prévus pour la retraite du combattant au 1er juillet 2012
Au moment d’imprimer le présent Réveil nous avons pris connaissance du contenu du projet de budget 2012 pour les anciens combattants et les victimes de guerre. L’an passé, les crédits budgétaires des ACVG reculaient de 4,5o % sur l’année précédente. Aujourd’hui, c’est pire ! Le recul est de 4,52 %… en dépit des 9 millions d’euros supplémentaires attribués pour porter la retraite du combattant à 48 points le… r juillet 2012 ! C’est d’ailleurs la seule mesure nouvelle contenue dans ce projet de budget, tous les autres postes - pensions, soins médicaux, appareillage, majoration des rentes mutualistes AC, institution nationale des Invalides, etc - étant en recul de crédits.
C’est donc un budget inacceptable Il traduit la faillite des engagements d’avril 2007 du candidat Sarkozy à la Présidence de la République. En fait, hormis la retraite du combattant - pour laquelle le mouvement anciens combattants aidé de certains élus, a dû batailler chaque année car, systématiquement, rien n’était prévu dans les projets de budgets successifs - aucun des autres engagements n’a été tenu, ou l’a été de telle façon que rien de positif n’en est ressorti. Exemple : la campagne double !
Si Nicolas Sarkozy n’a pas tenu ses engagements, ce n’est pas parce qu’il « n’aime pas les ACVG », ni que la crise l’en a empêché - l’a-t-elle empêchée de verser des millions aux banques ? non … C’est que sa politique ne vise pas à servir les intérêts de la France et de son peuple, dont les ACVG, mais ceux de ses copains milliardaires, Boloré, Bouygues, les barons patronaux du MEDEF, les princes de la Bourse et du CAC 40, etc. A eux les profits fabuleux, à nous la rigueur de l’austérité dans une France qu’ils ruinent et défigurent.
Le débat budgétaire aura lieu le 3 novembre à l’Assemblée nationale Il nous reste donc un mois pour ampli-fier notre protestation et imposer notre exigence d’un budget capable de satisfaire nos droits à réparation.
Multiplions nos interventions auprès des députés pour les amener à contraindre le gouvernement d’accepter des amendements enrichissant le contenu du budget. Dans la situation actuelle, à quelques mois des élections législatives, ils sont sensibles. A nous d’enfoncer le clou. D’autant que la situation a changé avec la majorité de gauche au Sénat. Désormais, il est possible que la Haute Assemblée soit amenée à reje-ter le projet de budget des ACVG, sous notre pression. Ce qui donnerait à réfléchir au gouvernement et à sa majorité déjà bien ébranlée par les résultats électoraux.
Le vent qui se lève est favorable aux intérêts des ACVG. Avec l’ensemble de tous ceux qui aspirent à des changements durables pour une vie meilleure, agissons avec force pour la satisfaction de nos droits.
• Le groupe de travail chargé de l’examen des demandes de carte du combattant s’est réuni à l’ONAC (aux Invalides, à Paris) le 16 juin dernier. André Filière y a participé.
Le groupe a travaillé sur 1251 dossiers, tous favorables, qui se verront attribuer la carte du combattant. Ces dossiers se répartissent ainsi : AC 1939-1945, 10 ; Indochine, 35 ; ATM, 543 ; OPEX, 663. Une évolution positive se manifeste donc au plan de ces combattants de la « 4e génération du feu », les cartes attribuées ce 16 juin portant sur 16 territoires différents (Afghanistan, Cambodge, Congo, Côte d’Ivoire, Ex-Yougoslavie, Gabon, Liban, Mauritanie, Ouganda, Golfe Persique et d’Oman, République centrafricaine, République du Liban et Israël, Rwanda, Somalie, Tchad et Zaïre) avec des pointes importantes, notamment pour l’Afghanistan (233 cartes attribuées) et l’Ex-Yougoslavie (248). Notons également la Côte d’Ivoire (21), le Liban (22), le Golfe Persique et d’Oman (3o), la République centrafricaine (49) et le Tchad (34).
• Le groupe spécial de travail de la Commission nationale s’est également réuni le 5 juillet dernier à l’ONAC, en présence d’André Filière.
Après avoir été informé que le logiciel Kapka, chargé de l’examen des demandes des cartes et TRN, classiques in au point et qu’il allait être en capacité de soumettre plusieurs milliers de dossiers à la commission dès la rentrée de septembre, le groupe de travail a ratifié l’attribution de 1 084 cartes du combattant, parmi lesquelles 3 pour la guerre 39-45, Indochine :11, Algérie 114, Maroc 20, Tunisie 3 et OPEX 933 ainsi réparties : Afghanistan 318, Bosnie-Herzégovine r, Côte d’Ivoire 5o, Ex-Yougoslavie 311, Gabon 8, Kosovo 2, Liban 27, Mauritanie 2, Ouganda r1, Golfe Persique et d’Oman 64, République du Liban et Israël ri11, Rwanda 4, Somalie 9, Tchad 71, Timor Oriental 1, Zaïre 1.
Le plan de travail suivant a également été retenu :
Le Conseil d’État a, le 2 août 2011 dernier, rejeté la requête déposée par l’Association nationale des cheminots anciens combattants et résistants (ANCAC) demandant l’annulation du décret n° 2010-890 du 29 juillet 2010 relatif à l’attribution de la campagne double en matière de retraite professionnelle pour les fonctionnaires, travailleurs de l’État et assimilés, anciens combattants en Afrique du Nord (1952-1962).
Rappelons que ce décret ne permet l’attribution de ce bénéfice de campagne qu’en faveur des demandes de retraite professionnelle déposées après le 18 octobre 1999, ce qui le rend inopérant, la quasi-totalité des départs en retraite ayant eu lieu avant cette date.
Par ailleurs, il subordonne cette attribution au calcul « jour par jour » des actions de feu ou de combat, ce qui, dans l’état de surcharge et de manque de personnels où se trouve le Service historique de la défense chargé de la gestion des journaux de marche des unités, est quasiment irréalisable.
Par ailleurs, les attendus du Conseil d’État, s’ils reconnaissent bien que « les dispositions en vigueur applicables à d’autres conflits ont prévu la possibilité d’obtenir le bénéfice de la campagne double pour l’intégralité de la période de service sans exiger la preuve d’une participation jour par jour » (Madagascar, Corée, Indochine, Suez), ils affirment que le gouvernement n’était pas tenu« d’adopter au cas présent des dispositions analogues » et qu’il lui appartenait de définir les conditions de la campagne double « eu égard aux circonstances particulières de chacun de ces conflits ».
Autrement dit, le gouvernement aurait pu appliquer les mêmes conditions à la guerre d’Algérie… et il s’y est refusé ! Les responsabilités sont donc clairement posées quant au gouvernement sarkozyste et son Président.
Alors, posons-les tout aussi clairement aux parlementaires. Que ceux-ci contraignent le pouvoir à accepter le vote d’un texte de loi abrogeant le décret scélérat, et à remplacer celui-ci par une mesure simple et concrète, identique à celle ayant régi la campagne double pour Madagascar, la Corée, l’Indochine et Suez. Ce qui ne serait après tout qu’égalité des droits et justice…
Conscient de l’inquiétude des associations représentatives des ACVG et faisant siennes leur vigilance et leur détermination, Guy Fischer, vice-président du Sénat, a interpellé le gouvernement sur la retraite du combattant, ainsi que sur les questions de la rente mutualiste AC, l’aide différentielle de solidarité, les modalités de la décristallisation des pensions et de retraites du combattant, l’attribution de la campagne double, celle de la carte du combattant aux militaires ayant séjourné en Algérie au moins 120 jours, le 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie, les cérémonies du 19 mars 1962 et le refus d’une date unique du souvenir en France. Ces interventions datent de juillet dernier. Notre ami Guy Fischer connaissant, depuis cette date, de sérieux ennuis de santé, le Réveil, l’ARAC et sa Mutuelle lui adressent leurs meilleurs vœux de rétablissement.
Enfin une stèle à la mémoire des victimes de l’OAS au Père Lachaise à Paris.
Raphaël Vahé, Président National et Henri Pouillot, membre du CN, y représentaient l’ARAC La stèle, dévoilée jeudi 6 octobre 2011, est le fruit d’un long travail des associations pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS où notre organisation l’ARAC a tenu toute sa place, ré-damée depuis 2008, a enfin vu le jour en cette année 2011.
Alors que dans le Midi de la France, notamment à Perpignan, Béziers et Marignane, fleurissent stèles et plaques faisant honneur aux criminels de l’OAS, Paris peut être fière d’être la première ville à rendre hommage « aux victimes de l’OAS en Algérie et en France, civils, militaires, élus, magistrats, fonctionnaires, défenseurs des institutions et des valeurs de la République ».
L’OAS, « organisation idéologiquement criminelle et barbare dans ses actions » devait déclarer Bertrand Delanoé. « Notre acte d’aujourd’hui ne peut pas simplement se situer dans l’enjeu de mémoire », ajoute le maire de Paris, « il ne peut y avoir d’unité du peuple français s’il n’y a pas de vérité. On ne peut pas penser sans avenir si subsistent des ambiguïtés ou lâcheté vis-à-vis de l’Histoire ».
Il faut d’abord cesser de renvoyer dos à dos ceux qui sont en réalité les victimes et leurs crimes commis, évoquera Delphine Renard, défigurée à l’âge de 4 ans par une charge de plastique visant André Malraux.
On peut se féliciter, comme le souligne Henri Alleg, qu’enfin ce pan d’histoire de France ait sa place et que l’on cesse de considérer les assassins de l’OAS comme des combattants d’une orientation patriotique.
Que les gens de l’OAS aient été réintégrés dans leurs grades, indemnisés pour certains, c’est une injustice insupportable alors qu’un simple cessez-le-feu dure depuis 1962 du point de vue du droit international entre la France et l’Algérie en place d’un traité de paix et d’amitié entre les peuples soit signé entre les deux pays pour signifier la fin de la guerre d’Algérie.
Jean-Claude Fèvre
Le mardi 27 septembre, le comité du Village des Hauts-de-Seine a organisé à Bourg-la-Reine une soirée concert vietnamienne, avec le concours de l’ambassade du Vietnam et du centre culturel vietnamien en France.
Concert exécuté et présenté par le centre d’Art au Co, spectacle comportant des danseuses, chanteuses, musiciens virtuoses d’instruments typiques du Vietnam, ce qui a enchanté le public présent. Encore merci au groupe d’Art au Co.
L’ARAC est inquiète de l’état du monde actuel où la faim, la misère, les injustices progressent dangereusement. Elle condamne le règlement des conflits par la guerre.
Quoi de plus normal, de plus juste que les peuples se soulèvent, crient leur colère, leur indignation, que ce soit au Maghreb ou au Proche-Orient…
L’ARAC rappelle que ces pays sont d’anciens pays coloniaux qui, dans les années 1950-1970, se sont levés pour gagner leur indépendance. Il est légitime que ces pays aspirent à se libérer des profiteurs qui les dirigent souvent sous une poigne de fer au détriment de la démocratie.
Comment accepter que, depuis des décennies, les gouvernements français aient entretenu des liens obscurs et contestables avec le colonel Kadhafi et le régime qu’il a engendré ? Plutôt que de poursuivre cette politique néo-colonialiste, les gouvernements auraient mieux fait d’œuvrer à la démocratie et de répondre aux légitimes aspirations des peuples de cette région du monde, au lieu de favoriser l’intérêt des grandes sociétés capitalistes et financières.
Pas un pays n’échappe à ce combat, à ces aspirations, du nord au sud, de l’est à l’ouest.
L’ARAC est engagée dans le combat républicain pour la démocratie, le respect des droits fondamentaux des peuples à la liberté, s’oppose à tout règlement de conflit par la guerre. Défendre la démocratie, assurer la protection et le respect des populations civiles, répondre aux attentes des peuples n’implique jamais le recours à la force même sous prétexte d’ingérence humanitaire
La politique extérieure de la France doit s’exercer dans la durée, en respectant les intérêts de chaque pays et non en menant la guerre et en masquant l’alignement de la France derrière l’OTAN et les États-Unis. La Charte des Nations unies doit être respectée.
C’est aux peuples de construire leurs instances, leurs sociétés de demain, de s’attaquer à la pauvreté, aux inégalités. Un dur combat les attend qui porte beaucoup d’espoir. L’ARAC est solidaire de tous ceux qui se battent pour se libérer et accéder à une vraie démocratie.
La crise financière, la crise du monde capitaliste ne peuvent se régler sur le dos des peuples, ni en Europe ni ailleurs dans le monde.
Villejuif le 22 septembre 2011
fusillades de Châteaubriant.
13h00- Défilé Les droits des enfants, au théâtre de Verre
13h45- Défilé de la Mémoire, rond-point Fernand-Grenier (Châteaubriant)
14h30 - Cérémonie officielle sous la présidence d’Odette Niles, présidente de l’Amicale de Châteaubriant et d’Alain Hunault, maire de Châteaubriant
15h00- Allocution de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT et de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
15h30- Tous les Guy Môquet du monde, évocation historique et artistique - Mise en scène Alexis Chevalier - Théâtre Messidor
Cette année 2011 marque notamment le 50e anniversaire de l’échec du putsch des généraux factieux à Al-ger. Ce putsch fasciste fut vaincu à la fois par le refus des appelés du contingent, celui des sous-officiers et officiers républicains demeurés loyaux envers la République, ainsi que par le peuple de France dressé d’un seul élan, en grève générale massive, soutenant l’appel du général de Gaulle, Président de la République, et répondant par-dessus la Méditerranée à « l’opération transistors » des conscrits. Dans ce cadre, nous évoquerons ici quelques livres s’y rapportant.
Mohamed Sahnoun - Presses de la Renaissance - 17 euros
Après un livre sur le « maintien de l’ordre », il est indispensable de rappeler ce que fut ce « maintien » pour ceux qui le subirent.
Mohamed Sahnoun, aujourd’hui personnalité internationale, l’a bien senti passer. Diplomate algérien de haut rang, puis conseiller du secrétaire général de l’ONU, Mohamed Sahnoun a, entre autres, été envoyé spécial lors de plusieurs crises en Afrique, sous-secrétaire général de l’Organisation de l’unité africaine et de la Ligue arabe, conseiller du Directeur général de l’UNESCO pour la Culture de paix…
Il sait de quoi il parle lorsqu’il témoigne ici sur le devoir d’humanité, avec ce récit bouleversant de la souffrance indescriptible et gratuite infligée à des hommes, à de jeunes militants algériens luttant en 1957 pour l’indépendance de leur pays.
En la « Villa blanche », ils subissent supplices et humiliations. Et ils vont pourtant vivre le magnifique soutien de la part d’hommes et de femmes d’origines différentes, civils, religieux, appelés du contingent, officiers aussi, avocats, médecins, communauté des prêtres-ouvriers de Puteaux, tant d’êtres généreux dont certains donneront leur vie dans cette belle et courageuse solidarité humaine.
Jean-Louis Courtois et Michel Lejeune - Marnes Editions - 25 euros
Pas de mea-culpa quant au rôle des CRS durant la guerre d’Algérie. Non, l’intérêt de ce livre est ailleurs. Pour la première fois, les relations, souvent tumultueuses, entre les hommes politiques, les militaires putschistes, les officiers de l’armée et les CRS sont évoquées à partir d’archives confidentielles et secrètes jamais publiées. Bien des policiers ont payé au prix fort leur engagement légaliste, comptant de nombreux tués et blessés dans leurs rangs. Il est intéressant de percevoir la façon dont ils sont demeurés dans la ligne du gouvernement légal de Paris face aux putschistes et à l’OAS. Ainsi, dès 1956, au cœur de la « bataille d’Alger », des controverses vont naître quant aux méthodes des parachutistes. Controverses d’autant vives que les CRS passent sous la férule des militaires. Situation qui va empirer de 1957 à 196o, le Colonel Godard, directeur de la Sûreté d’Alger, se heurtant de plus en plus aux CRS jusqu’à son limogeage en 196o. Suivent alors des témoignages intéressants sur les journées des barricades, le putsch des généraux d’avril 19 61 à Alger, puis l’OAS et ses raids meurtriers contre les peuples algérien, français et les forces militaires loyales, dont les CRS à cette époque 1961-1962. L’évocation du contexte des fusillades de Bab-el-Oued, puis celle de la rue d’Isly sont révélatrices quant aux heures sombres de cette période qu’il nous faut aussi assumer.
Edmond Coêdelo Témoignage« Le Travailleur » BP 222 -47000 Agen Cedex- 20 euros +4 € frais de por
Il n’est ni historien, ni philosophe, ni écrivain, ni romancier. Il écrit à sa façon ce qu’il a à dire quant à « sa » guerre d’Algérie. Il essaie de décrire le chemin qui, là-bas, a fait de lui un rebelle… et témoigne, en même temps, de la lutte contre le colonialisme dans l’armée. Car ils étaient quelques-uns, parmi les soldats du contingent, à agir pour la paix en Algérie ; mais ils n’étaient que quelques-uns, anticolonialistes bien dispersés, clairsemés, isolés. Quelques-uns qui « voyaient plus haut que l’horizon », plus haut que les djebels.
Témoignages, articles de presse, photos, dessins humoristiques, chronologie de faits, sentiments personnels se mêlent dans ce livre au fil conducteur inversé. Vient, d’abord, le témoignage sur la guerre d’Algérie, précédant un retour sur la vie familiale, souvenirs d’enfance et d’adolescence, portraits de famille de la Bretagne à Cocumont, façonnage de la conscience du futur appelé. la lutte des fourmis contre le blindé, la lutte de solidarité avec « ceux qu’on accable et que l’on foudroie », la lutte… de Victor Hugo à Henri Alleg et la victoire des justes.
Fatima Besnaci-lancou - Préface de Boris Cyrulnik- Les éditions de l’Atelier - 19 euros
Les harkis et leurs familles occupent une place singulière dans l’histoire de notre pays face à la mémoire de chacun, la mémoire d’un pays face à la guerre Algérie et à ses séquelles.
Vingt-six femmes et trente-six hommes, fils et filles de harkis, c’est-à-dire de supplétifs de l’armée française engagés à ses côtés dans h guerre contre l’Armée de libération nationale algérienne, adultes aujourd’hui, venant d’horizons et exerçant des professions variées, témoignent
Dans sa préface, Boris Cyrulnik, psychanalyste, les interpellent : « Qu’est-ce que vous allez faire de ce qu’on a fait de vous ? » Qu’est-ce que vous allez faire de cet héritage que sont vos destins familiaux brisés ? Ils veulent reconstruire, mais on sent la difficulté de libérer la parole malgré le demi-siècle passé. Souffrances de la guerre, épreuve de l’exil, dureté de la vie dans les camps de réfugiés en France à Bourg-Lastic, Rivesaltes, Saint-Maurice-l’Ardoise, c’est tout le rapport délicat pour eux, mais aussi pour nous quant à l’histoire franco-algérienne hier, aujourd’hui et demain.
Claude Ragon - Fayard - 8,90 euros
Phénomène relativement nouveau, la guerre d’Algérie, ses suites, ses séquelles s’invitent maintenant dans certains romans policiers, à l’image de ce que furent l’importance et l’intrusion chi roman noir dans le travail de mémoire sur la Seconde Guerre Mondiale (Au balcon d’Hiroshima, La lune d’Omaha Beach..)
Le présent polar a reçu le prix du Quai des Orfèvres 2011, dont le jury est présidé effectivement par le directeur de la Police judiciaire. la précision est intéressante quand on sait que ce roman puise des racines dans la guerre d’Algérie, la torture, des douars massacrés, des paras et des appelés, des gens de cœur et des salauds en scène hier, et aujourd’hui des hommes, des ouvriers, des cadres face à des dirigeants, appartenant aux services de « barbouzes » et autres services secrets nationaux, voire internationaux. Un bon cru d’hiver jurassien goûteux et fruité comme un « comté » affiné par l’âge.
N° 776 - septembre 2011 a